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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Une soirée comme les autres [LIBRE]

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Billy Langevin
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MessageSujet: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mer 23 Mai - 16:28

Avec contentement, je posais le point final de ce dernier rapport à finir. Comme toutes les fins de semaines, je terminais un peu plus tard pour finaliser tous les rapports et dossiers de la semaine. Il m'arrivait donc régulièrement de quitter le commissariat après la tombée de la nuit. Je fermais le dossier et le posais sur l'une des piles près de mon bureau. Je me laissais aller dans ma chaise et m'étirais de tous mon long jusqu'à entendre craquer quelques articulations. J'avais bien besoin de me dégourdir les jambes.

Je me levais souplement et jetais un dernier regard aux quelques dossiers que j'avais laissés à part. Des dossiers spéciaux, pas vraiment résolus. Le dernier en date concernait l’événement du cirque survenu quelques jours plus tôt. Les témoignages recueillis étaient tous plus confus les uns que les autres et le plus souvent farfelus et contradictoires. Ce dossier allait finir aux oubliettes et je n'en étais pas satisfait. Cela me préoccupait.

Soupirant, je me détournais de la question et m’emparais de ma cape, suspendue à la patère.  La faisant tourner dans l'air je la posai sur mes épaules mais le large mouvement entraîna une pile de document qui s'étala sur le sol le long du mur.

*Zut ! Il va falloir ramasser tout ça… demain.*

M'en détournant, je quittais la pièce et la fermais à clé. Bien que mon organisation personnelle en faisait réfléchir plus d'un avant d'entrer dans mon bureau, on y trouvait trop de documents sensibles et/ou secrets pour le laisser ouvert. De toutes façons, les personnes qui étaient susceptibles d'avoir besoin d'y entrer en avaient la clé.

Je jetais justement un regard vers le bureau voisin du mien, celui d'Aldrick Voelsungen, mon supérieur. La porte était fermée. Soit il était en rendez vous privé et il n'apprécierait pas que j'entre juste pour le saluer, soit il était déjà parti. Dans tous les cas, il était inutile d'essayer d'ouvrir cette porte. Je fis un salut dans le vide et me dirigeais vers la sortie.

Le commissariat était plutôt calme, l'équipe de jour était partie et celle de nuit, nettement moins nombreuse, était en train de s'installer. Je fis quelques signes, lâchai quelques mots d'encouragements et, avec mon plus grand sourire, souhaitais une bonne soirée à tous.

Une fois dans la rue, je respirais profondément l'air nauséabond de Paris. Ca faisait deux ans que j'étais dans cette ville, je m'y plaisais bien finalement. En prenant le temps de flâner un peu, j'allais vers mon bistrot favori pour manger une omelette et une salade avant de me diriger vers le lieu de ma soirée…

***

Il était environ 22h quand j'entrais au Lost Paradise. Je payais mon entrée et laissais l'ouvreuse me guider vers une table. Elle mit ma cape au vestiaire et je posais ma veste sur le dossier de ma chaise. Je m'installais confortablement, tirais sur les manches de ma chemise pourpre afin qu'elle tombe mieux et glissais mes doigts dans mes cheveux roux pour tenter de les discipliner un peu. En vain. Puis je commandais un verre de vin et quelques morceaux de fromage pour grignoter un peu tout en profitant du spectacle.

Je m'abandonnais au plaisir d'être là, profitant des représentations, applaudissant en même temps que tout le monde et savourant mon verre avec lenteur. J'aimais me laisser aller à l'ambiance de ce Cabaret, je m'y sentais bien et j'y connaissais quelques personnes. Entre chaque numéro, j'aimais bien observer les lieux, les clients, les serveurs. J'aimais imaginer ce que chacun vivait. J'aimais sentir la vie autour de moi.

Mon verre fini, je fis un signe à un serveur pour être resservi.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Sam 23 Juin - 14:33

Andréa ! Andréa j'ai besoin de ton aide.

Deux bras se posèrent sur les épaules d'Andréa qui leva la tête du plateau qu'il remplissait des plats de la table sept. Sully se tenait face à lui, son MacFarlane sur l'épaule, toujours tiré à quatre épingles si l'on oubliait sa petite moustache anglaise toute hérissée. Le louveteau cligna des yeux, prêt à l'interroger, mais son collègue dégaina le premier :

Andréa, il faut absolument que tu me remplaces.
Quoi ?
C'est une question de vie ou de mort.
Tu es un Dullahan, Sully…
C'est une façon de parler, enfin ! Soupira le concerné. Écoute, il y a eu une incompréhension et ma fiancée arrive ce soir par le train. Je dois absolument aller la récupérer. Elle ne parle pas français, elle va être perdue si je n'y vais pas.
Mais pourquoi moi ? Demande à Layth plutôt !
J'aimerai bien, mais je ne sais pas où il est. S'il te plaît Andréa.
Mais… Moi aussi je devais voir quelqu…
Pour ton mariage ?
Non ! Non bien sûr que non ! Rougit-il.
Et bien moi si.
D'accord ! C'est bon.
Merci. Je te revaudrais ça !

Il enfila son par-dessus et disparut aussitôt dans les couloirs menant à la sortie, ne lui laissant, en tout et pour tout, que son carnet avec quelques annotations griffonnées à la va-vite. Le louveteau le regarda, sans comprendre d'abord, puis un souffle de panique étreignit son petit cœur. Tendant le bras dans un geste désespéré, il s'exclama dans le vide :

Attends, Sully je n'ai jamais…

La porte claqua, crispant le jeune homme qui termina sa phrase dans un soupir :

…Pris de commandes.

Andréa ne travaillait pas si souvent que ça comme serveur. Généralement c'était pour dépanner lorsque la salle était pleine à craquer, ou en remplacement durant les jours de congés d'autres serveurs, et à chaque fois il se contentait d'apporter les commandes ou de débarrasser. Il ne les prenait pas. Jamais. Pour la simple et bonne raison qu'il était trop distrait pour ça et que son écriture maladroite faisait hurler Lûka en cuisine.
Alors, il commença à éplucher nerveusement les pages du calepin, ne comprenant qu'une note sur deux, tentant d'en lire une troisième où figurait un grand point d'exclamation.

T-12, Pas de la-sti…cot ? Pas d'asticot ? Mais qui voudrait des asticots ?
Andréa ! Les plats vont être froids !
Oui, oui, pardon !

Il rangea le carnet dans la poche de son uniforme, récupéra son plateau et franchit les doubles portes d'un pas bien moins assuré qu'une minute plus tôt. Machinalement, le garçon rejoignit la table sept, une fratrie de deux sœurs et leur frère, venus profiter du spectacle. Il les servit un à un comme il en avait l'habitude, mais décampa trouver refuge près du bar, alors peu courtisé, à la minute où il eut terminé.

J'en connais un qui a fait une bêtise, se moqua gentiment Celenna en s'accoudant au comptoir. Dis moi tout, j'adore te voir dans la panade.
Comment on fait pour prendre une commande ?
De quoi ?
Il faut que je note quoi ? Tout le détail ou juste le plat ? Et est-ce que je dois aller voir les gens uniquement s'ils m'appellent ou même si c'est pas le cas ?
Olah, doucement petit loup. Depuis quand tu prends des commandes ?
Je dois remplacer Sully, pour sauver son mariage.

Celenna cligna des yeux sans comprendre, mais face au sérieux du garçon elle finit par étouffer un rire derrière son torchon. Andréa n'en fut que plus dépité et se laissa choir contre le bar. Une pichenette de la démone l'obligea à se redresser. Il massa son front et elle reprit :

Ce n'est pas si difficile. Tu n'as qu'à t'occuper du rouquin là-bas pour commencer. Il est tout seul et il a fini son verre depuis quelques minutes. Tu passes et tu t'arrêtes s'il t'appelle. Tu notes ce qu'il veut et tu reviens ici.
Et s'il ne m'appelle pas ?
Tu reviens aussi, on trouvera un autre cobaye.
D'accord. Merci.

Elle sourit, puis lui fit signe de déguerpir au moment même où deux hommes s'installaient au bar. Le louveteau allait s'éloigner, mais il se ravisa au dernier moment et interrogea sa collègue avant qu'elle ne soit occupée :

Dis, tu sais si Edward est rentré ?
Je ne crois pas non, je ne l'ai pas vu passer en tout cas.

Le contraire l'eut étonné. Andréa retint un soupir et acquiesça. Il fixa ensuite sa cible et, prenant son courage à deux mains, s'avança vers elle. Il espéra secrètement ne pas être abordé, mais comme la chance l'avait définitivement abandonné pour la soirée, ce ne fut pas le cas. Il n'ouvrit pas la bouche, se contentant de s'arrêter à sa hauteur et fouilla nerveusement ses poches pour en arracher le calepin de Sully. Il mit une bonne minute à trouver une page vide et, quand enfin il y parvint, il se rendit compte qu'il n'avait aucun crayon sur lui.
Les lèvres pincées, il se maudit en silence et, croisant le regard de son interlocuteur, il se rendit compte qu'il n'avait rien écouté de sa commande. Ses iris noisettes préférèrent fixer la page à jamais immaculée de son calepin lorsqu'il se risqua à questionner :

Excusez-moi, je n'ai pas bien compris.

Cette fois, Andréa était prêt à l'écouter, vraiment. Mais son instinct se mit brusquement en alerte et toute sa concentration partie en fumée. Le nez en l'air, le regard fixé sur l'épais rideau rouge qui séparait le hall de la grande salle, il n'entendit rien de la seconde demande formulée et n'y répondit que par un vague et inadapté :

Humhm.


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Billy Langevin
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mar 26 Juin - 11:32

Un jeune homme répondit à mon appel et s'approcha de ma table pour prendre ma commande. Il était plutôt fin ce qui lui donnait l'air très grand, les cheveux bruns. Il était agréable à regarder. Mais lui ne me regarda pas. Ses cils cachaient ses yeux que je ne pouvais croiser. Il se mit à chercher son calepin pendant que je dictais ma commande :

« Un autre verre, s'il vous plaît, avec des olives. »

M'avait-il seulement entendu ? Il semblait très concentré sur son carnet, tournant les pages dans des gestes qui trahissaient une certaine fébrilité. Quand il délaissa son calepin, il se mit à fouiller ses poches mais ne trouva pas le crayon que je le soupçonnais de chercher. Ce garçon se rendait-il compte à quel point il était charmant ? Je l'observais en souriant quand son regard se posa un instant sur moi. Un instant très court. Il baissa aussitôt ses yeux vers sa page blanche comme un enfant pris en flagrant délit d'une bêtise honteuse.

« Excusez-moi, je n'ai pas bien compris. »

Il n'avait pas bégayé, ça me semblait un résultat extraordinaire vu son état de nervosité. Sans rien pour écrire, il semblait très concentré sur sa feuille pour retenir mes mots, je reprenais donc :

« Je voudrais du vin rouge, s'il vous plaît, au verre. Et... »

Son regard était parti ailleurs, il ne m'écoutait plus. Je cherchais des yeux ce qui avait pu attirer son attention. Le rideau qui menait au hall. Je ne notais rien de particulier et reportais mon attention sur lui. Il n'était clairement plus avec moi et lâcha un léger :

« Humhm »

J'explosais de rire.

Il ne m'avait clairement pas écouté, il n'avait pas non plus remarqué que je n'avais pas fini ma phrase. Il était tellement étrange, ce garçon, d'abord totalement perturbé par sa situation et ensuite totalement insouciant de ce qu'il se passait. Mon rire avait fusé, spontané, naturel. Comme souvent chez moi. Un nouveau numéro allait commencer sur scène et quelques regards désapprobateurs se tournèrent vers moi. Je me repris et posais de nouveau mes yeux sur le jeune homme quand un autre serveur apparu. Il s'adressa d'un ton réprobateur au jeune brun, bas mais pas assez pour que je n'entende pas :

« Andréa ! Depuis quand tu prends des commandes ? » Puis, se tournant vers moi, d'un ton très courtois : « Que désirez-vous, Monsieur ? »

« Un deuxième verre de rouge, s'il vous plaît, avec des olives. »

« Bien monsieur. » Et de nouveau au jeune serveur : « Retourne à ton poste, il y a des tables à débarrasser, tu le vois bien ! »

Puis il disparu aussi rapidement qu'il était venu. Au moins, j'allais être servi mais j'étais compatissant pour le jeune débutant, car c'était probablement un débutant.

« Je suis désolé que vous ayez été réprimandé par ma faute... »

Et soudain les liens se firent dans ma tête. Andréa ! Je connaissais ce nom. J'avais déjà vu ce garçon au Lost Paradise, ce n'était pas un nouveau, c'était une catastrophe ambulante. A force de le voir faire tomber les plats qu'il desservait, j'avais fini par demander à Kaito qui était ce maladroit et mon ami m'avait répondu que c'était le neveu du patron. Un proche d'Edward White. L'homme qui mettait toujours mon chef de mauvaise humeur. Comment un être si désagréable pouvait-il avoir un neveu aussi mignon et attendrissant ? Je le détaillais encore une fois et fus surpris par son expression.

« Ca va ? »


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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Lun 2 Juil - 17:38

« Oh ! June ! Tu veux du brownie ? Ch'est délichieux ! »
« Merci Pipistrella mais je n'ai pas faim. Tu devrais retourner dans les coulisses non ? »

La nymphe avala le reste du gâteau en s'exclamant avant de partir en courant, sans que June puisse vraiment comprendre autre chose que « Mmmmmphf ! ». Ce serait bientôt à son tour de présenter son numéro en effet. Mais au-delà d'une pure bonté d'âme, la cantatrice avait surtout espéré que cela soit suffisant pour qu'elle parte alors qu'elle-même entrait dans la pièce. Pipistrella n'était pas méchante, mais elle parlait tellement, et souvent pour ne rien dire ... Normalement cela la faisait rire, June l'aurait même rejointe dans les coulisses, mais depuis l'incident du Strano, la scène lui rappelait tout cela. Elle avait tenté de remonter sur les planches, au moins pour la répétition, mais tout son être s'y était refusé, entre les larmes qui embrouillaient son regard, son corps tendu, son souffle court. Bien sûr, on lui avait dit que la Lamia devrait survivre. Cela n'empêchait pas qu'elle avait été choquée et la Brume n'avait rien fait pour l'aider, bien au contraire. Elle s'était sentie malade tout le reste de la journée.

Alors, ce soir, au lieu de s'apprêter entre maquillage et costume, elle s'était dirigée vers la grande salle, simple spectatrice parmi tant d'autres. Peut-être pourrait-elle retrouver l'inspiration pour pouvoir remonter la pente. Tout de même ... Parfois, elle se disait qu'elle devait être maudite. Après tout, elle était médium, avec son propre spectre attitré qui plus est. Les morts ne trimballaient pas tous des énergies très positives. Mais à qui poser ses questions ? Ester ? La photographe avait l'air d'avancer plus à l'instinct qu'autre chose elle aussi ... Lily avait bien quelques livres sur le sujet, mais pour la plupart ce n'était que des contes, et puis la bibliothécaire lui avait déjà dit tout ce qu'elle savait. Il devait y avoir des informations à la Curia. Elle ne pouvait pas croire qu'aucun médium n'avait été catalogué pendant toutes ces années. Mais on ne la laisserait pas entrer aussi facilement. Elle ne voulait pas non plus attirer des ennuis à quelqu'un en prétextant une visite. Parfois, elle se disait que ce serait tout de même plus simple si ses parents étaient encore vivants. D'un autre côté, ils avaient toujours eu l'air si normaux, et cette véhémence à l'envoyer à l'asile .... Elle s'était longtemps posée des questions sur le sujet et aujourd'hui, elles remontaient à la surface en même temps que les autres. Sans parler de cette phrase ignoble qui jouait en boucle dans ses souvenirs. Alors ... ? Mais Adam n'avait jamais mentionné quelque chose qui pourrait confirmer ses doutes. En même temps s'il cherchait à la protéger ...

« Donne moi un verre de vin rouge s'il te plait Celenna. » soupira-t-elle en s'asseyant au bar, bien décidée à se changer les idées. Elle ne trouverait probablement pas ses réponses aujourd'hui.
« Rude journée hm ? »

Elle acquiesça et se retourna vers les rideaux, un sourire contrit aux lèvres. Elle aurait dû y être. Chanter était devenu comme respirer, petit à petit. Elle en avait besoin pour s'épanouir et extérioriser ses sentiments. Mais dans son état, c'était impossible de donner un spectacle digne de ce nom. Il lui fallait encore un peu de temps. Au moins sa collègue avait eu le tact de ne pas lui poser trop de questions sur le sujet même si d'habitude elle était curieuse. Les clients ne seraient peut-être pas tous aussi aimables. Enfin sinon cela viendrait peut-être plus tard ...

« Est-ce que tu sais si Alex aura un peu de temps libre après le service ? » demanda-t-elle finalement. Leurs discussions tranquilles lui manquaient.

Une voix forte comme une dispute couvrit la réponse. Un nouvel employé peut-être ? La curiosité attira son regard vert en direction d'Andréa en train de se faire sermonner. Bon sang. Qu'est-ce qu'il faisait aux tables ? Et puis s'il la voyait ici alors qu'elle était supposé se reposer, il risquait de rapporter tout ça à son oncle non ?

« Voilà ton verre ma belle. »

Ah ! Raté. Elle ne pouvait pas repartir aussitôt maintenant ...

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mer 11 Juil - 20:38

Comme d'ordinaire, la musique battait son plein au cabaret lorsque la haute stature d'Aldrick en franchi les portes. Une fois débarrassé de sa veste, il s'avança dans le hall et marqua un temps d'arrêt en se demandant comment aborder les choses. Quelques heures auparavant, Andréa était venu le voir au commissariat pour lui parler de son oncle. L'initiative était si inhabituelle, qu'elle n'avait pas manqué de surprendre le loup, entraînant une myriade de questions, qui étaient restées sans réponse : Jean avait eu besoin de ses services et ils avaient dû repousser leur entrevue.

Depuis leur mésaventure au cirque, ils n'avaient guère eu le temps de discuter avec le loup blanc et d'après les dires du louveteau, il ne semblait pas dans son état normal.

* Pas sûr qu'il ait vraiment envie de me voir, mais bon... Il va bien falloir que je lui rende ça. *

L'objet oblong qu'il gardait sur lui, lui paraissait devoir revenir aux "Leurs" plus qu'aux Humains. Même s'il avait un peu l'impression -malgré lui- de transgresser la loi. Un soupir lourd de sens lui échappa lorsqu'il franchit finalement l'épais rideau de velours pourpre pour gagner la salle de spectacles.

Sempiternellement, le numéro commença sous les applaudissements du public, et il ne fallut que quelques secondes au brun pour repérer de l'agitation près d'une table. La silhouette filiforme d'Andréa n'était pas loin. Encore à se faire houspiller par un autre employé. Il aurait dû s'en douter. Ce louveteau avait vraiment une poisse intersidérale. Ce qu'il n'avait pas prévu en revanche, c'était la tignasse rousse à ses côtés, dont il ne connaissait que trop bien l'odeur.

D'un pas rapide, il avala les quelques mètres qui le séparait de la table, croisant l'autre employé qui grommelait, fâché :

- Si je croise l'abruti qui a demandé à Andréa de prendre les commandes ce soir, il va m'entendre !

L'agent n'en tint pas compte, se contentant d'arriver derrière le louveteau avant d'interroger d'un air professionnel, en posant brusquement sa main sur son épaule :

- Un souci messieurs ?

Un sourire trop grand pour être innocent étira ses lèvres, avant qu'il ne salue les présents plus convenablement en leur serrant la main. Il ne put s'empêcher de taquiner un peu Billy au passage :

- Eh bien, c'est rare de te croiser ici. Je suis heureux que tu aies réussi à sortir du dédale de dossiers qui mène à ton bureau.

Il lui tira brièvement la langue pour appuyer la plaisanterie, puis ajouta :

- Tu me préviens si jamais il t'embête, d'accord ? Puis avisant le roux, il ajouta en lui faisant un clin d’œil : Et inversement.

Retrouvant un peu de son sérieux, il écouta leur échange avec attention avant de se tourner vers le plus jeune une fois qu'ils eurent fini, en indiquant :

- Blague à part : tu as l'air occupé. Je vais attendre au bar que tu aies fini, prends ton temps.

Libérant finalement Andréa, Aldrick préféra ne pas imposer davantage sa présence à Billy. Après tout, ils se voyaient déjà au travail et même s'il le considérait comme un ami proche, il pouvait comprendre qu'il n'ait pas forcément envie de passer la soirée en sa compagnie.

- Allé, je vous abandonne, j'ai une terrible envie de rakiou ! ~

Aussi, après avoir salué les garçons, il s'éclipsa, impatient de savourer à nouveau cette violente eau-de-vie de prune qu'on trouvait surtout chez eux et qu'Edward réussissait miraculeusement à se procurer. Il ne fallut pas longtemps avant que la voix envoûtante de Celenna ne le questionne. Le loup noir la salua et commanda, réalisant alors qu'à ses côtés, se tenait la jolie June. Cela suffit à colorer ses joues d'un rouge bien trop vif à son goût. Oubliant un instant l'objet de sa présence, il se risqua à se pencher vers la belle pour lui parler, mais elle semblait si troublée, si différente, qu'il en fut interloqué. Après un temps et avec une douceur qu'on lui connaissait peu, il tenta :

- Bonsoir June. Est-ce que tout va bien ?

Une inquiétude réelle pulsait dans sa voix. Dolores l'avait pourtant prévenu, elle était chamboulée par ce qui s'était passé au Strano et la Brume n'aidait pas. La chanteuse avait besoin de temps pour s'en remettre. Il n'était rien qu'il ne puisse faire de son côté pour accélérer ça.

Il hésita et tenta d'une voix maladroite :

- Si jamais... Vous avez besoin de parler... Je sais qu'on se connaît peu, mais... Content je serai vous aider.

Tel était l'embarras du loup noir. Si grand qu'il n'envisagea même pas la traîtrise de ses propres mots, dont certains n'avaient pas pris pas la peine de sortir en même temps que les autres. Le laissant étonnement silencieux et rouge.


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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Sam 28 Juil - 19:11

Le commissaire Voelsungen entra dans la salle.

Andréa le suivit du regard, une seconde seulement, car le rire de son client le rappela à l'ordre. Le garçon, conscient de l'avoir à nouveau oublié, rougit jusqu'aux oreilles de son erreur et bredouilla un pardon timide, le nez collé à son carnet. Comme il n'avait pas l'air fâché, il aurait eu le courage de l'interroger une dernière fois si le ton réprobateur de Jakob ne l'en avait pas empêché.

Mais c'est…

La commande prise, une dernière remontrance fusa sans que le jeune homme puisse se défendre. Son collègue s'éloigna et Andréa ravala sa fierté dans une grimace expressive qui s'effaça à la seconde où l'homme attablé s'excusa. Un sentiment de culpabilité lui colora un peu plus les joues tandis qu'il détournait le regard. Il froissa le carnet dans ses mains nerveuses en essayant de le ranger dans sa poche, ne prit pas garde à la couture qu'il déchira sur un centimètre dans la précipitation et bafouilla, décontenancé par l'égard de son interlocuteur.

Oui, oui ça va. Excusez-moi pour le… ce désagrément je… Enfin, Jakob va s'occuper de votre com–

Un violent sursaut emporta son dernier mot. Une main solide venait de se refermer sur son épaule. Le louveteau eut si peur que ce soit celle de Snorri, qu'il s'écarta d'un pas rapide et s'empêtra les pieds. Sans l'étreinte et le sourire d'Aldrick, il aurait fini par terre. Remis de ses émotions, le visage du louveteau s'illumina à la vue de son homologue à qui il demanda spontanément :

Vous allez bien Aldrick ?

Il écouta l'échange, comprit que le client était une de ses connaissances, espéra secrètement qu'il ne rapporterait pas au commissaire quel piètre serveur il faisait et s'attrista lorsque ce dernier lui rappela qu'il avait à faire. Le regard de Jakob perça au-dessus de la table neuf et le louveteau sentit qu'il était dans son intérêt de reprendre rapidement le service.
Aldrick parti, le jeune homme s'éloigna à son tour après un dernier mot :

Je vous apporte votre commande dès qu'elle est prête.

Il fit un détour par la table douze qu'il débarrassa, rapporta le tout en cuisine et revint avec les entrées commandées par la table quinze. Quatre assiettes, pour quatre hommes occupés à commenter le spectacle. Andréa y jeta un coup d'œil avant de déposer les plats. Épona était sur scène et dansait avec sa grâce habituelle. Elle réussit un pas sur lequel le louveteau l'avait vu longtemps travailler et il en fut si ravi pour elle, qu'un sourire se glissa sur ses lèvres fines. Après avoir déposé les deux salades ainsi que la soupe froide, il était en train de servir le feuilleté au saumon, quand l'un des gentilshommes l'interpela :

Dîtes moi jeune homme, est-ce bien la délicieuse Lily qui est assise au bar ?

Il insista sur le mot « délicieuse » aussi férocement que s'il s'apprêtait à dévorer une pâtisserie. Andréa en éprouva une vive réticence, mais poli, il se redressa tout de même. C'était bien June installée au bar. Persuadé qu'elle clôturait la représentation de ce soir, le louveteau en fut très étonné et tarda à répondre. L'autre en profita pour se vanter :

C'est mon jour de chance les amis. Je vais enfin avoir ce tête à tête avec–
Ce n'est pas elle.
Pardon ? Vous êtes sûr ? Pourtant elle lu–
Ce n'est pas Lily, insista fermement Andréa. Je ne suis pas certain qu'elle soit là ce soir.
Hum… Bon très bien. Merci.

Les trois comparses du dandy le chambraient avec plaisir lorsqu'Andréa quitta la table. Il en débarrassa une autre en cours de route, mais au lieu de retourner directement en cuisine, il fit un crochet par le bar.
Il resta quelques minutes à faire le poireau à un mètre du comptoir, craignant d'interrompre la discussion entre Aldrick et la belle artiste. Il y serait encore si Celenna ne l'avait pas remarqué. Elle lui fit signe d'approcher et Andréa avala la distance qui lui restait d'un pas nerveux, puis articula, le regard rivé à ses chaussures :

Pardon Mademoiselle June mais… En fait, il y a un homme qui cherche à parler à Lily à la table quinze. Il n'a pas l'air très agréable alors, hm, faîtes attention.
Qu'il approche de mon bar, répliqua Celenna. Si c'est pour embêter June, je lui servirai un cocktail de mon cru et il s'en souviendra.
Le même que celui du banquier grossier ?
Un pire !

Andréa écarquilla les yeux. Cela fit rire Celenna qui reprit l'instant suivant :

Allé, fais moi passer ton bazar. Je vais te donner le vin à servir à ton cobaye.
J'avais presque réussi à prendre sa commande tu sais.
Oui je sais. Tiens. Et essaie de ne pas le lui en renverser dessus.
Je vais éviter. Jakob me tuerait.
Tu cours plus vite que lui.
Vrai, répondit le petit loup dans un sourire complice. Merci.

Elle lui déposa un plateau avec deux petites coupelles d'olives, des noires et des vertes, puis lui tendit la bouteille et le torchon à employer. Andréa les récupéra et s'engagea d'un bon pas en direction de la table du rouquin, mais se figea en cours de route.

Il ne restait plus que trois hommes à la table quinze.


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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mer 22 Aoû - 12:56

Le serveur avait été rude avec le jeune brun et je sentais qu'il était difficile pour lui de garder contenance et de trouver où se placer dans cette situation. Ma compassion à son égard semblait même ajouter à sa gène, j'en étais désolé pour lui. J'aurai eu plaisir à discuter d'avantage avec lui pour le mettre à l'aise mais non seulement il était évident qu'il ne pouvait se permettre un tel éccard, on le gardait à l’œil, mais en plus, nous fûmes interrompus.

Je n'avais pas vu Aldrick entrer dans la salle, je fus donc pris par surprise par son intervention. Mais j'étais clairement moins surpris que le jeune serveur qui failli tomber à terre. Pour ma part, je manquais d'éclater de nouveau de rire mais je me retins par égard pour le pauvre garçon. Visiblement, mon chef, collègue et ami était plutôt détendu. Il me gratifia d'une boutade et d'une grimace. Je pris la remarque au premier degré :

« Ah, tu ne crois pas si bien dire, pour une fois, j'ai envisagé de ranger… enfin, de l'idée à l'action, il y a un pas, tu t'en doutes… que je n'ai pas franchi. »

Complice, je répondis à son sourire.
J'étais assis à ma table, entouré de ces deux grands bruns, je commençais à me sentir un peu petit, moi qui ne le suis pourtant pas, j'hésitais entre me lever et inviter Aldrick à ma table quand celui-ci prit congé.

Dans un coin de mon esprit je notais que mon chef et le dénommé Andréa semblaient assez proches malgré l'ombre de l'oncle du jeune homme que je savais détesté par mon ami. J'ignorais quels étaient les vrais liens entre ces personnages mais je devinais qu'il ne s'agissait pas de quelque chose d'anodin ni même de banal. J'étais pourtant incapable de justifier cette impression. Si mon intuition était pratique d'un point de vue professionnel, elle me torturait parfois l'esprit en hypothèses et déductions partielles quand j'étais de repos et c'était parfois pénible. Certains parlent de déformation professionnelle… je préférerais m'en passer, pour ma part…

Quoi qu'il en soit, Aldrick s'éloigna, Andréa fit de même et le spectacle sur la scène continua. Je suivi un instant le jeune homme du regard. Il semblait avoir repris le contrôle de lui même. Quoi qu'il en soit, il ne renversa rien et ne cassa rien. Je remarquais, qu'au bar, Aldrick était en conversation avec l'une des artistes du cabaret puis je reportais mon attention sur le numéro en cours.

Soudain, mon regard fut attiré par un mouvement dans le coin de mon champ de vision. Je tournais la tête juste à temps pour voir un homme bousculer mon jeune serveur assez brusquement. Le contenu du plateau qu'il tenait se répandit par terre avec fracas et je reconnus mon vin et mes olives. Pauvre gosse, il allait encore se faire réprimander. Mais l'altercation n'était pas terminée, car c'en était une. L'homme saisit Andréa par le col et lui grogna quelque chose au visage. Je n'en saisi qu'une bribe :

« … moqué de moi… Lily… minable... »

Lily, c'était la jeune artiste au bar, maintenant que j'entendais son nom, je m'en souvenais. Elle était toujours en compagnie d'Aldrick. Je ne pris pas le temps de chercher à analyser d'avantage la situation, je me levais d'un bond et comblais la distance entre eux et moi en quelques enjambées. Je jetais un rapide regard à mon collègue et décidais qu'il n'était pas pertinent du tout de jouer la carte professionnelle. Le cabaret avait ses videurs, l'homme serait probablement mis dehors et j'avais une bonne excuse pour intervenir. Je saisis donc l'importun à l'épaule afin de l'écarter du jeune serveur et pointais le sol avec une colère légèrement surjouée :

« Dites donc, c'est ma commande que vous venez de jeter par terre, Monsieur ! Et ça n'est pas en molestant mon serveur que vous allez me dédommager. »

Alors que des rires fusaient de la table voisine et que j'entendais l'homme moqué par d'autres qui semblaient le connaître, je le vis changer de couleur plusieurs fois, oscillant entre la honte, la rage et la gêne. Je vis les gros-bras arriver derrière lui et je décidais de l'ignorer ouvertement pour me tourner vers le serveur afin de m'assurer qu'il n'était pas blessé. Mon geste acheva de décider le fâcheux à choisir la colère et son bras se leva, poing serré, dans ma direction. C'est son grognement qu'il attira mon attention et je l'évitais de justesse. Il manqua mon visage mais toucha mon épaule assez durement, me projetant sur Andréa.

Il avait vraiment la poisse ce gosse !

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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Sam 1 Sep - 15:34

Comment était-il possible d'avoir une malchance pareille ? Voilà ce que June se demandait devant la scène qui se déroulait sous ses yeux et ceux de tous les autres qui pouvaient être intéressés par ces éclats de voix. C'était avant qu'un autre homme entre en scène. Le commissaire ... Aldrick ! De loin, elle ne saisit pas tous les détails, mais la situation semblait moins tendue à présent. Un sourire doux vint flotter sur ses lèvres, rassurée, avant qu'elle ne les trempe dans son breuvage à la robe sombre, bien décidée à le terminer avant que quiconque ne vienne l'aborder.

Manque de chance, une grande ombre tomba à ses côtés comme pour rire au nez de ses souhaits silencieux. Elle ne dit rien, espérant presque que son voisin ne la remarque pas. Il serait terriblement déçu qu'elle ne chante pas ce soir. Il ne serait pas le seul d'ailleurs. Autre raison pour laquelle June n'avait pas commandé un simple jus de framboise ; elle ne devrait pas être aussi faible, aussi émotive. Elle esquissa un mouvement pour se relever, persuadée à présent qu'elle n'aurait pas du venir. Le regard mordoré coulant vers sa silhouette l'en empêcha finalement. À quoi pensait-elle ? Elle était une artiste du cabaret. Elle devait au moins saluer les clients, écouter leurs requêtes et leur offrir un sourire. Même si le cœur n'y était pas ...

Tiens donc. Pourquoi rougissait-il avant même de lui avoir adressé la parole ? Elle se remémora les paroles de Dolores tandis qu'il posait sa question. Oui ... Il était inquiet. Sa carte était rangée dans un tiroir, presque oubliée, vu les circonstances. Puisque la docteure exagérait toujours et parlait avec trois fois plus d'enthousiasme qu'une personne normale, elle décida de ne pas faire de cas de tout ceci. Une question serait déplacée, de toute façon, en échange de sa gentillesse. Il était clair qu'il n'était franchement pas à l'aise, pourtant, il lui offrait de l'écouter et cette simplicité la touchait. Les mots passèrent ses lèvres, doucement, presque en un murmure.

« Chaque fois que je ferme les yeux, les images tournent en boucle dans ma tête. C'est comme si j'avais du sang sur les mains. »

Inutile de préciser de quoi elle parlait n'est-ce pas ? Il était présent ce jour là. Tout comme Edward. Elle n'avait pas eu le courage de l'interroger. Elle n'était pas complètement idiote. La Curia avait débarqué, alors ... Se doutait-il de ce qui allait se tramer ? Pourquoi n'avaient-ils pas tenté d'empêcher ce bain de sang ? June ne voulait pas douter ainsi mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. On la laissait dans l'ignorance à propos de tant de choses ... En fin de compte, elle n'avait pas sa place ni dans le monde des humains, ni dans celui des Légendaires. Pourquoi était-elle si différente ? Sans réponses, un désespoir profond hantait ses jours et ses nuits. C'était égoïste. Mais son esprit avait toujours été fragile, au bord du gouffre. June ferma les yeux et compta jusqu'à dix. Tranquillement, tout son visage se referma. Ce n'était pas contre le commissaire. Mais il ne savait rien. Pour lui ... Elle était la cantatrice, l'ange du Lost. Elle ne pouvait pas être une femme ordinaire, bien moins que parfaite.

« Je ne peux pas en parler. »

Pas ici. Et pour dire quoi, de toute façon ? Que la Lamia était bien réelle ? Qu'elle voyait déjà la mort partout ? Non. L'histoire se répéterait. Il la croirait folle. Alors inutile de poursuivre cette conversation ! Les yeux lui brûlaient. Pourquoi avait-elle envie de pleurer tout à coup ? Tous ces secrets ... Heureusement, Andréa fit son apparition, coupant court à cette atmosphère de malaise. Elle détourna les yeux, honteuse, terminant son verre d'une traite. Elle aurait dû aller se réfugier dans les salles privées. Le mot Attention lui fit toutefois tourner la tête en direction de la table mentionnée. Devait-elle vraiment s'inquiéter ? Oh. Cet homme, elle l'avait souvent aperçu dans la salle, sans vraiment lui prêter attention. Une certitude s'imposa à son esprit. Aucun endroit n'était sur. Elle serra des mains tremblantes sur l'ourlet de sa jupe. Non, non ... Ce n'était pas le moment de flancher. Celenna venait de dire qu'elle ne le laisserait pas approcher et elle n'était certainement pas la seule. Après tout, si le neveu d'Edward était venu seul au bar, c'était sans doute pour une raison. Elle lui adressa donc un petit sourire d'encouragement avant qu'il ne reparte.

« Ah ... Vous le connaissez ? Le client d'Andréa. »

Puisqu'elle ne croyait pas pouvoir se confier à propos de ce qui la tracassait vraiment, elle pouvait au moins relancer une conversation à peu près normale pour se faire pardonner son moment de faiblesse et lui montrer qu'elle ne refusait pas de lui parler. Peut-être réussirait-elle mieux à dissimuler son trouble, cette fois. Tout à coup, un grand bruit de fracas se fit entendre, couvrant partiellement la réponse d'Aldrick et la faisant sursauter. Le plateau avec le vin et les olives était tombé. Il y avait de la bagarre et ... C'était l'homme de la table quinze qui y était mêlé. Lorsque le client aux cheveux roux reçut un coup de poing, sans aucune hésitation, June se précipita entre les tables. Personne n'avait vraiment besoin de son aide, certes, mais elle avait l'impression qu'elle était responsable de tout ceci. Elle ne laisserait personne interrompre le spectacle par sa faute. Pas une seconde elle ne s'inquiéta de sa sécurité.

« Arrêtez, arrêtez, par pitié ! »

« Enfin ... Je ... Lily ... » bredouilla-le coupable.

Pris sur le fait, il ne savait plus comment tourner la situation à son avantage pour obtenir ce qu'il désirait. Ridicule ! Tout le monde aux alentours en avait été témoin ! Ce serait sans doute le dernier spectacle auquel il pourrait assister. Heureusement que cela s'était passé entre deux numéros, une personne trop sensible aurait pu être déconcentrée ! Voire même se blesser ! Le visage de June pâlit davantage, entre peur et colère, et pendant que d'autres employés s'affairaient à sortir le trouble fête malgré ses faibles protestations, tout en s'assurant que ses bras soient immobiles cette fois-ci, elle s'effondra aux côtés d'Andréa et du chevalier roux. Même si on lui offrirait sûrement une compensation, cela commençait à faire beaucoup d'accidents ...

« Je suis désolée ! » s'écria-t-elle, le visage caché derrière ses mains.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mar 11 Sep - 11:36

Il fut rarement donné à Aldrick d'être aussi reconnaissant d'être né avec l'ouïe fine des lycanthropes. Sans elle, probablement qu'aucun des mots murmurés par June ne lui seraient parvenus. Il grimaça néanmoins, sans trop savoir ce qu'il convenait ou non de répondre à pareil propos. Il lui fallut de longues secondes avant qu'il ne se décide enfin à répondre sur un ton apaisant, en posant une main sur celles de la jeune femme.

- Je crois surtout que votre compassion n'a d'égale que votre altruisme, June. Rien de ce qui est arrivé au Strano n'est de votre faute, et...
- Je ne peux pas en parler.
- Oh. Aldrick retira sa main. Je comprends.

* J'imagine qu'Edward serait un meilleur confident après tout *

Il allait parler, mais Andréa les rejoignit, ennuyé. Heureusement, Célénna vint à la rescousse et le commissaire ne put que sourire après pareille répartie. Avisant ensuite les troubles fêtes, il mit quelques secondes avant de comprendre que June lui parlait, honteux, il baragouina des excuses, alors que des éclats de voix fusaient. La rixe éclata. Célénna se retrouva seule au bar.

- Hey, ça va vous deux ? Rien de cassé ?

Machinalement, il agrippa le bras du louveteau pour le relever, espérant qu'il ne serait pas trop échaudé, avant d'aviser Billy, un peu inquiet, mais il n'eut pas le temps d'ajouter un mot que June semblait défaillir. Pourtant, le malotru était bien escorté par deux employés hors du cabaret. Si Aldrick ne comprit pas pourquoi elle s'excusait ainsi, son cœur se serra si violemment à cette vision que dans l'instant, il mit un genou à terre, avant de poser sa main sur son avant-bras, cette fois, sa voix était inébranlable.

- June regardez-moi. Tout va bien à présent. C'est fini. Tout va rentrer dans l'ordre.

* Elle est si pâle...*

A l'image frêle de June, se superposa celle de Sabrina.

~*~*~*~*~*~
La nuit de l'incident au Strano :

Dans la chambre, un cri. Violent et terrifié.
La lumière de la table de chevet s'allume progressivement. Face à Sabrina, Aldrick, accroupi près du lit, inquiet. Sa large main hésite, puis se pose sur son épaule. Le loup déclare doucement pour ne pas l'effrayer davantage :

- Hey, tout va bien. Tu as fait un cauchemar.

Il éloigne les quelques mèches trempées de sueur du front de la benjamine. Elle tremble comme une feuille.

- C'est à cause de la Lamia ? La femme-serpent.

La belle acquiesce et le brun semble plus triste. Les mots lui manquent.

- Elle va bien, n'est-ce pas ? Interroge finalement sa sœur après un temps, l'observant comme si cette simple réponse allait bouleverser l'avenir du monde.
- Oui, c'est sûr. La doctoresse que j'ai vue aujourd'hui a certifié que sa blessure se soignerait facilement.
- C'est vrai ?

Aldrick opine, la main de Sabrina s'agrippe à sa chemise.

- Tu crois qu'elle a peur toute seule là-bas ?

Il s'assoit près d'elle et laisse sa main parcourir son dos pour la réconforter.

- Je ne sais pas, mais je ne crois pas qu'elle soit toute seule. Les gens qui l'ont emmené sont sûrement près d'elle.
- Et c'est bien ?
- Peut-être mieux que d'être seule dans une vitrine ?

La blonde baisse la tête, encore inquiète.

- Mais tu sais, peut-être que comme toi, d'autres gens s'inquiètent et prient pour qu'elle aille bien. Du coup, si beaucoup de gens espèrent très fort que quelque chose de positif lui arrive, il y aura forcément quelque part une magie à l’œuvre pour que ça se réalise.
- Comme le Père Noël ?

Aldrick a un blanc, il arque un sourcil : celle-là, il ne l'a pas vu venir ; mais il se détend finalement et acquiesce.

- Voilà, c'est ça, comme le Père Noël.

Rassurée, la blonde l'étreint plus fort, alors qu'il glisse :

- Allé, il est tard, mais tu as de la chance ! Le marchand de sable m'a laissé du rab'.
- C'est le petit monsieur qui fabrique les rêves, c'est ça ?
- Oui, il a grandi dans un désert, alors il sait faire des sculptures enchantées comme personne !

Après un clin d’œil, piochant dans le vide, il fait mine de saupoudrer du sable au-dessus d'elle, bâille et glisse en se calant mieux sur le lit :

- Je reste avec toi, jusqu'à ce que tu t'endormes, d'accord ?

La belle sourit et ferme les yeux.
~*~*~*~*~*~

Les iris d'or d'Aldrick coulèrent sur les deux autres, s'enquérant auprès d'Andréa :

- Est-ce que tu peux aller chercher de l'eau ou une boisson chaude, s'il te plaît ? À moins que Dolores soit dans le coin ?

Il balaya la salle du regard, mais ne trouvant aucune trace de la doctoresse, il reporta son attention sur le louveteau et poursuivit :

- Si tu peux la trouver, ce serait vraiment bien.

Observant la belle, l'agent reprit en l'aidant à se relever davantage :

- Viens, prends une chaise. Voilà. Inspire un grand coup.

* Elle tremble encore ? *

Il se défit de sa veste et la passa autour des épaules de la demoiselle en continuant :

- Ferme les yeux. Pense à quelque chose de rassurant, quelque chose de joyeux.

Si elle se mettait à pleurer là, le loup serait bien en peine de l'apaiser. Alors il voulut lui proposer du chocolat, mais son manteau était resté au vestiaire, et avec lui le précieux remontant. À la place, il lui tendit un mouchoir, craignant que le pire n'arrive. Aldrick pesta mentalement avant d'observer son collègue, un peu paniqué, lui demandant en silence de l'aider d'un signe de tête. Il lui proposant par la même occasion, sans un mot, de l'imiter et de s'asseoir aussi. Après tout, il savait y faire avec les plus jeunes. Se penchant un peu vers Billy, il murmura pour lui seul :

- Pas trop amoché ? Tu connais ces types ? Ils sont encore tous à la même table ?

De là où il était, il ne pouvait se retourner pour voir sans être sûr d'inquiéter la jeune femme. Jamais elle ne lui avait paru si perdue.

* Elle a l'air choquée.*

Le loup noir attendit de croiser les iris émeraude de la blonde pour passer une main réconfortante dans son dos, sans réfléchir, comme il l'avait toujours fait avec sa sœur pour la calmer, se rapprochant même instinctivement. Il ajouta, dans l'espoir de la faire sourire :

- En tout cas, tu leur as fait forte impression Sabrina. Sans toi, Billy ici présent, aurait probablement dû vêtir son armure de chevalier pour défendre Andréa !

* Même si Andy n'a pas particulièrement besoin d'être défendu, mais bon... *

Il cligna des yeux. Sa vision se troubla un instant avant qu'il réalise. Ce dos fin, n'était pas celui auquel il était habitué, ce n'était pas celui de Sabrina. C'était celui de June. C'était elle qu'il traitait comme sa sœur et depuis trop longtemps sans doute. Il en rougit violemment, entrecroisa vivement ses doigts entre eux et baragouina gauchement :

- Tu... Vous... Les salles privées... Aller vous voulez ?

Aldrick baissa la tête, honteux, préférant ne pas savoir ce qu'il avait bien pu annoncer, certain que Billy ne le louperait pas de toutes façons. Ce fut tout juste s'il releva la truffe en entendant les gens applaudir pour un nouveau numéro. Il pria intérieurement pour qu'Andréa ne soit pas long et qu'il ait la bonne idée de ramener aussi un de ses saucissons qui embaumaient la pièce.


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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Sam 22 Sep - 20:46

En cuisine, Andréa versa de l'eau dans trois verres. Il tremblait. Son geste imprécis inonda le plateau qu'il préparait. Il reposa la carafe et saisit un torchon. Il voulut éponger, mais son geste trop nerveux encore renversa l'un des contenants qui se vida et roula lentement au milieu de l'eau. Le garçon étouffa un soupir et passa ses mains fébriles sur son visage. Il mouilla quelques unes de ses mèches brunes avant de laisser retomber ses bras. Il ferma les yeux, doucement et inspira profondément.

Calme toi…

Mais le loup ne se calma pas. Agité et furieux, il restait sur ses gardes aussi tendu que n'importe quel animal sauvage qu'on aurait pris par surprise. Les sens en alerte, le moindre bruit lui semblait un danger, la moindre odeur représentait un potentiel ennemi. Le monde n'était pour lui, plus qu'une terre hostile et inhospitalière dont il souhaitait s'échapper.

Andréa est-ce que ça va ?!

Le louveteau sursauta. Il fit un large écart sur le côté, son coude heurta le plateau qui dépassait légèrement la table. Son contenu s'envola. Jakob tendit le bras et d'un geste, il figea verre et eau. Un mouvement gracieux du poignet suffit pour que tout retrouve sa place, même le pichet fut à nouveau rempli.

Est-ce que tu veux aller te reposer un moment ? On se débrouillera pour le service.
C'est gentil Jakob, mais ça ira.
Tu es sûr ? Tu es bien pâle. Lûka ! Vous auriez un morceau de lard pour Andréa ?
Je vous assure que ça va. Et puis je dois apporter quelque chose au client qui s'est pris le coup et à June, je crois qu'elle va pleurer.
Je te prépare ça, mais par pitié assieds toi. Tiens, mange un bout.
Mais…
Mange.

Alors Andréa mangea. Assit sur une chaise, dans un coin de la cuisine où l'animation battait son plein, il grignota une petite assiette de charcuterie préparée rien que pour lui.

Lorsqu'il reparut dans la salle de réception, il ne tremblait plus. Son teint avait conservé sa pâleur, mais il était plus calme et loup aussi. Jakob l'avertit que tout attendait sur le comptoir du bar. Andréa récupéra le plateau.

Attends !

Il releva la truffe. Celenna passa ses doigts fins entre la vaisselle d'un support déjà trop chargé et y déposa une coupelle pleine à ras bord. Elle expliqua avec un sourire :

Les fruits préférés de June.
Oh… Merci !

Elle lui fit un clin d'œil, puis retourna à son poste. Andréa gagna le sien.

Pardon, j'ai été long.

Il déposa son fardeau sur la table et spécifia que tout était offert par la maison. Jakob n'y était pas allé de main morte et chacun y trouverait son compte. Il leur faudrait juste faire le service, car Andréa oublia de s'en occuper. Son regard noisette c'était arrêté sur June pour s'en détacher aussitôt. Le garçon entremêla nerveusement ses mains dans son dos, il passa d'un pied sur l'autre, les fixant avec hésitation. Finalement il se figea une seconde lorsqu'il trouva le courage de demander :

Ça va aller Mademoiselle June ?

Il n'eut pas l'occasion d'entendre sa réponse. Les sens encore aiguisés par l'altercation, le loup le prévint d'un danger. Les trois derniers clients de la table quinze venaient de régler leur note et avançaient dans leur direction. Les doigts de la main gauche d'Andréa se refermèrent sur le dossier de la chaise d'Aldrick. Le bois craqua légèrement, compressé par ses muscles tendus de prédateur. Le trio s'arrêta face à leur table. Un pas de trop et la bête sortait les crocs.

Excusez-nous de vous déranger Mademoiselle Lilly. On voulait s'excuser du comportement d'Eugène.
Vous savez, il n'a pas un mauvais fond. Il vous admire beaucoup d'ailleurs.
Mais quand il boit trop, il devient un peu idiot.
On l'aurait arrêté si on avait su, mais on pensait qu'il allait vous faire du charme, bégayer trois mots et revenir tout troublé à notre table.
Il n'est pas du genre bagarreur d'habitude, mais il n'a pas dû digérer qu'on lui mente.

Le cœur d'Andréa manqua un battement, le bois sous ses doigts se fendit. Le regard noir, le loup articula sèchement :

Si c'est une excuse que vous voulez…
Et désolé pour votre épaule aussi Monsieur, le coupa le plus grand du groupe. Mais vous avez de la chance, dans un sens, parce qu'Eugène ne fait de la boxe que depuis une semaine. Un mois plus tard, il ne vous aurait pas raté.
On devrait y aller maintenant, nota le dernier jeune homme resté en retrait.
C'est vrai qu'Eugène doit nous attendre.
Encore désolé Mademoiselle Lilly, j'espère que vous pardonnerez ce benêt. À bientôt.

Un signe de la main et il gagna le hall à la suite de ses amis. Le louveteau ne les quitta pas des yeux jusqu'à ce qu'ils disparaissent derrière l'épais rideau rouge. Même là, sa poigne blanche ne se détacha que péniblement du dossier et ce fut lentement qu'il retrouva l'usage de ses doigts. Il porta discrètement sa main à son buste où son cœur battait encore la chamade. Le gorge serrée et les tempes battantes, il entrouvrit les lèvres sans savoir quels sons en sortiraient.

Ces rupins…

Le mot lui avait échappé, sec et plein d'amertume. Il s'en rendit compte trop tard et sentit ses joues chauffer lorsque son regard s'attarda sur June, puis sur les deux hommes attablés avec elle. Sa tension s'évapora, remplacée par sa timidité maladive. Il fixa ses manches qu'il s'était mises à tirer nerveusement et bredouilla une excuse. Personne ne l'entendit.
Une cacophonie métallique la couvrit. On se tourna vers les cuisines. Les portes s'ouvrirent, laissant passer à la hâte trois serveurs et un commis qui n'allèrent pas plus loin que l'entrée. Visiblement inquiets, ils s'étaient massés devant l'un des battants gardé entrebâillé. Andréa devina quel terrible danger ils évitaient.

Edward était rentré.


H.R.P:
 

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Billy Langevin
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Lun 24 Sep - 22:05

Tout finissait plutôt bien. Le jeune serveur n'était pas blessé, la belle chanteuse était à mon chevet et le malotru était éjecté de la salle. Mon épaule engourdie était un moindre mal. Mais voilà que la jeune fille semblait au plus mal. Aldrick en bon sauveur arriva a point pour protéger les faibles. J'eus un sourire pour moi en me relevant. Je massais mon épaule un instant, rien de cassé, tout allait bien. Alors que mon ami gérait la proximité (envoyer Andréa en cuisine, asseoir le demoiselle sur une table…), je regardais autours de moi pour juger de la situation. L'expulsion du bellâtre avait fait perdre tout intérêt à la rixe et le public se tournait de nouveau vers la scène où un numéro allait commencer.

Aldrick était incroyablement maître de la situation, je l'avais déjà vu perdre ses moyens face à une jeune fille pour moins que ça. En plus, celle-ci n'était pas n'importe quelle jeune fille, il me semblait que mon supérieur n'était pas insensible au charme de Lily. Il ne l’appelait d'ailleurs pas par son nom de scène, me semblait-il. Mais voilà que son regard croisait le mien et j'y vu tout autre chose que la maîtrise dont il semblait faire preuve. Après un dernier regard sur la salle et avec un sourire entendu, je vins m'installer près de la demoiselle non sans m'être d'abord penché vers mon collègue pour lui murmurer quelques mots que je savais qu'il capterait, aussi incroyable que cela puisse paraître avec ce brouhaha.

« Je vais bien. Ils sont toujours là, je les ai à l’œil. »

Et je pris la chaise de l'autre côté de Lily, m'installant de manière à pouvoir capter son regard sans perdre les autres hommes des yeux. Sentant la demoiselle encore troublée, je m'abstins de la toucher mais je me présentais pour la rassurer :

« Tout va bien, mademoiselle, je suis un collègue d'Aldrick, je m'appelle Billy. »

Mais voilà que mon ami appela la jeune femme par un nouveau nom. Un nom que j'avais déjà entendu et qu'il me fallu un instant pour resituer : celui de sa sœur. Zut alors, pensais-je. Il ne maîtrisait rien du tout, en fait. J'étais en train de le détailler quand je le vis réaliser ce qu'il venait de dire. Il rougit comme jamais et se mit à bégayer. Je ne pus retenir mon sourie et je réussi à ne pas exploser de rire, il m'en aurait tenu rigueur. Surtout devant la demoiselle.

J'allais détourner l'attention de la jeune femme en reprenant la parole quand Andréa refis son apparition. Juste à temps. Je détaillais le jeune homme, il y avait quelque chose de changé. Bien que toujours très intimidé, il semblait plus alerte. C'était un drôle de mélange mais c'était un drôle de jeune homme. Je me penchais vers le plateau pour remplir les verres et en tendit un à la chanteuse et un à mon amis qui en avait probablement bien besoin… Au moins pour se donner une contenance. Ils avaient pensé à tout et je trouvais même des biscuits au chocolat pour mon collègue. Je lui en déposais un près de lui sans un mot, pas besoin de commentaire. Et je pris la parole, m'adressant à Lily presque en même temps que le jeune serveur :

« Vous souhaitez manger quelque chose ? »

Mais un mouvement dans mon champs de vision détourna mon attention. Andréa semblait lui aussi sur le qui-vive et mon regard se posa sur les trois hommes qui approchaient. Instinctivement, je me redressais. Pas besoin de dire quoi que ce soit à Aldrick, je supposais que, quelque soit son état, il remarquerait ce changement d'attitude chez moi. Les hommes prirent la parole et je me levais, j'étais mal à l'aise, assis face à eux trois. Je les détaillais alors qu'ils parlaient. Je fus surpris par la hargne dans le ton du jeune serveur mais je n'eus pas le temps d'y réagir que le dandy s'adressa à moi. Ainsi le bellâtre ne faisait de la boxe que depuis une semaine, je ris de la remarque avant d'y répondre :

« J'ose espérer que dans un mois il aura appris que la boxe sert à se défendre et non à agresser les gens… aucun entraîneur ne cautionnerait son attitude de ce soir. »

J'allais ajouter quelque chose quand le plus discret des trois évoqua l'idée de partir. Ca me semblait une bonne décision et les deux autres l'approuvèrent. Je décidais de leur rajouter une petite dose de peur puisqu'ils  semblaient trouver l'acte anodin et justifiaient leur ami. J'attrapais le plus calme par la manche avant qu'il ne s'éloigne et lui glissait à l'oreille :

« Pensez bien à préciser à votre ami qu'il s'en est pris à un policier, ce soir… même en ayant trop bu, il y réfléchira peut être à deux fois, la prochaine fois... »

J'eus la satisfaction de voir l'homme pâlir quand je le lâchais et croisais son regard. Je lui souris, quelque peu menaçant et je ne le quittais pas des yeux tant qu'ils n'eurent pas passé le rideau. C'est seulement à ce moment là que je me rendis compte que, comme moi, le jeune serveur avait porté toute sa concentration à suivre leur disparition. Il était vraiment plein de surprise. Souriant, je repris place près de la jeune femme.

« Les voilà tous partis. Voulez vous que nous vous accompagnons ailleurs ? Les salles privées me semblent une bonne idée pour vous remettre. A moins que vous ne préfériez être raccompagnée dans les loges ? »

Je lançais un regard à Andréa, le seul parmi nous pouvant l'accompagner en coulisse, il était tellement tendu et mal à l'aise, je n'étais pas certain que lui laisser la responsabilité de la demoiselle était la meilleure idée possible. J'échangeais un regard avec Aldrick quand un bruit attira mon attention vers les cuisines. Encore du grabuge ?

Quatre hommes étaient sortis en trombe de la cuisine et regardaient, inquiets, ce qu'il se passait à l'intérieur. Lentement, je me levais et observais. Les quatre hommes ne faisaient mine ni d'entrer ni de fuir. Les serveurs les plus proches semblaient avoir remarqué l'agitation mais personne ne se dirigeait vers les cuisines. La jeune femme au bar ne semblait pas plus rassurée que les autres, elle jetait des regards vers les portes entrebâillées et gardait ses distances. Quant à notre jeune serveur, son regard était fixé vers les portes et il m'était impossible de lire son expression tellement elle était complexe. Etait-il en colère, inquiet ou soulagé ?

Personne ne bougeant, je réprimais mon envie première de me précipiter en cuisine pour savoir ce qu'il se passait. Non seulement je n'étais pas en fonction mais en plus je n'étais pas responsable. Personne n'intervenait mais personne ne criait non plus. L'événement devait avoir un sens pour les salariés et il n'était pas censé déranger les clients. Je m'étais assez fait remarquer pour la soirée. Il valait mieux, vu l'état de la demoiselle, nous éloigner de cette nouvelle agitation. Je baissais les yeux vers la table :

« Aldrick, allons vers les salles privées. Mademoiselle... » Je tendis la main vers elle en m'inclinant légèrement pour l'aider à se relever, comme un parfait galant homme que je savais être quand c'était nécessaire.

Je ne connaissais pas assez les lieux pour avoir déjà visité les salles privées. Mais il me semblait en avoir déjà vu l'accès et c'était dans la bonne direction : loin de la cuisine. Aldrick avait-il assez repris ses moyens pour nous guider ? Le jeune serveur nous suivrait-il ? Prendrait-il le plateau avec lui ? Ca n'était pas forcément le plus important, d'ailleurs… Je jetais un bref regard à Aldrick pour savoir s'il décidait de nous accompagner ou non mais je ne pensais pas qu'il me laisserait sans réagir lui enlever sa belle puis je m'engageais entre les tables vers se qui me semblait être la bonne direction. Quand je me rendis compte que l'accès à ces arrières salles ne serait peut-être pas aussi aisé que d'encaisser un coup de poing… Je me penchais vers ma cavalière, artiste des lieux, elle devait en savoir davantage sur le fonctionnement :

« Mademoiselle June, vous pensez que nous pourrons avoir une salle ? »

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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Une soirée comme les autres [LIBRE]   Mar 2 Oct - 19:58

Devant le trouble qui envahit soudainement son admirateur-pas-si-secret qui venait de réaliser son erreur, June se saisit de la main qu'il retirait déjà de son dos. Elle n'avait pas trouvé d'autre moyen pour le remercier, ne pouvant pas encore ouvrir la bouche sans craindre de relâcher tout un tourbillon d'émotions. Soit, elle avait été un peu confuse, entre le tutoiement et le mauvais prénom. Chose dont elle n'avait pas besoin en ce moment, dans son état. Mais si la cantatrice lui faisait penser à quelqu'un d'autre, quelqu'un de bien, et que c'était ce qui le poussait à être toujours si gentil envers elle, alors cela devait être une bonne chose.

Penser à quelque chose de réconfortant. Sur le coup, la jolie blonde avait hésité entre éclater de rire ou de sanglots devant ce conseil. Mais une fois assise, la chaleur du vêtement posé sur ses épaules, le calme qui avait repris son cours dans la pièce, les voix rassurantes, tout cela l'avait aidé à éviter le pire. Succomber à une crise de panique en plein milieu de la salle ... Elle ne voulait même pas y penser. Sa vie d'artiste était son seul réconfort. Elle n'avait nulle part ailleurs où aller. En remontant tout doucement le fil de ses souvenirs, elle s'était donc concentrée sur une mélodie, une vieille berceuse qu'on lui chantait avant que sa vie soit transformée en véritable tragédie. Lorsqu'Andréa revint, les mains pleines, sa frayeur s'était quelque peu atténuée.

Était-ce une bonne idée de porter un verre à ses lèvres ? Si ses mains se remettaient à trembler violemment, elle l’échapperait sûrement. Entre le briser et salir sa tenue ou même celle des autres ... Par contre, le plateau avait attiré son attention. Le saucisson, le fromage, les raisins, tout cela lui donnait envie. Sa pâleur avait une explication très simple : elle dormait mal, elle mangeait peu, n'importe quelle humaine finirait par succomber à la pression. Normal que l'on s'inquiète à son sujet ... Mais avant même que June puisse en profiter ou remercier Andréa, une sorte de tension s’installa autour de leur table. En relevant la tête, son regard tomba sur un groupe d’hommes. Sous la surprise, June relâcha la main du commissaire. Lorsqu’ils furent suffisamment près, elle leur adressa un faible sourire, qui n’atteint pas le reste de son visage, plus par politesse qu’autre chose. Ces hommes ressemblaient-ils à leur ami ? Elle écouta ce qu’ils avaient à dire, fixant ses mains plaquées contre ses genoux, les poings serrés, ne trouvant rien à répondre, encore un peu bouleversée. Ce n’était pas à elle de s’excuser. Tout de même, elle arriva à trouver un côté un peu rigolo à la situation ; son amie Lily lui avait déjà fait remarquer qu’elle avait un don pour s’attirer les chevaliers servants et force était de constater qu’elle avait peut-être raison, finalement.

Un grand fracas empêcha malheureusement ses pensées de rester aussi légères, peu de temps après que le groupe se soit éloigné. June ne put s’empêcher de couler un regard rapide vers les cuisines. Que se passait-il ? Même lorsque Lûka n’était pas satisfait d’un plat, le chef ne créait jamais autant d’agitation. Cela ne pouvait dire qu’une seule chose : Edward. Tout le corps de l’artiste se tendit d’un coup. Il allait certainement apprendre ce qui était arrivé. Ne lui créait-elle pas déjà assez de soucis ? Elle préféra se concentrer sur autre chose et on lui présenta la distraction idéale. En bonne artiste qui devait offrir une compagnie agréable aux clients, June prit la main du collègue d'Aldrick, jetant tout de même un coup d'œil perdu derrière elle avant de le suivre, pas exactement comme un appel au secours, mais elle se sentirait tout de même plus à l'aise s'il restait une personne qu'elle connaissait à ses côtés. Enfin, peut-être avaient-ils à faire, maintenant qu'Edward était rentré. Au moins, le jeune homme qui l'accompagnait était charmant. Aurait-elle dû en douter, puisqu'il semblait proche du commissaire ? Il ne l'assommait pas de questions et il l'avait même appelée par son prénom. C'était plutôt rare. Alors, lorsque son tour vint de le rassurer, elle s'empressa de le faire.

« Oui. Vous êtes avec moi. » répondit-elle comme une évidence.

Il y avait toujours beaucoup de personnes qui s'amassaient près des portes pour rencontrer leur star préférée. Cela pouvait sembler assez impressionnant sur le coup mais les gérants savaient faire preuve d'ingéniosité pour que tout le monde puisse être à l'aise. Cela prendrait peut-être juste quelques minutes. Elle devait rester forte. Il ne restait qu'à espérer que personne d'autre ne viendrait l'aborder trop directement. Il y avait tout de même moins de risques que cela se produise maintenant qu'elle était clairement accompagnée ... Devait-elle tenter de faire la conversation ? Mais elle ne tenait pas particulièrement à revenir encore et encore sur ce qui s'était passé tout à l'heure ... Malgré tout, peut-être était-ce une bonne idée de s'expliquer un tant soit peu.

« Je suis navrée si votre soirée a été gâchée par tout ceci. Oh ... Avouez, en fait, vous espérez obtenir un concert privé ! »

Un sourire éclaira son visage, montrant bien qu'elle plaisantait doucement. Elle n'était pas encore tout à fait prête à rire. En attendant, ils pouvaient toujours écouter les musiciens qui étaient remontés sur la scène. Un peu de silence était agréable, aussi, parfois.
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Une soirée comme les autres [LIBRE]

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