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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir

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Ester Jones
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MessageSujet: Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir   Ven 1 Juin - 15:59

Ester fixait la barmaid, les sourcils légèrement froncés. Elle n’allait pas s’y mettre elle aussi ? Elle n’allait pas faire comme ces vieux goujats de tout à l’heure ? Rien que d’y penser, elle revoyait cet homme grassouillet et sa moustache prétentieuse !
Cette après-midi là, elle était partie comme à l’accoutumer faire une livraison dans un des premiers arrondissements de la capitale. Ça faisait une petite trotte depuis leur Boite Noire. Mais ça faisait partie du métier, et la petite rousse aimait marcher dans ces ruelles inconnues. C’était comme découvrir des Paris dans Paris. Certains quartiers étaient très différents des autres, que ce soit par l’architecture, ou même les gens qu’on y croisait… ou les voitures qu’on y voyait. La photographe avait l’impression d’y être un papillon qui voletait de l’un à l’autre, se posait sur un balcon ou sur un chapeau, mais ne s’y attardait jamais trop.

C’était donc le coeur enjoué, qu’elle avait sonné à la porte. On l’avait annoncé et elle découvrit l’homme en train de s’empiffrer d’éclairs. Il ne daigna même pas se lever pour la saluer. Accompagné de… son banquier semblait-il, ils la détaillèrent de la tête aux pieds. C’était chose courante, toutefois elle le trouva assez persistant. Pourtant sa tenue n’avait rien d’étrange. Elle avait même son nouveau manteau rouge, tout juste décolleté pour faire apparaitre le col dentelé de sa robe !
Elle finit par engager la conversation. La livraison se passait finalement sans encombre, jusqu’au moment de payer, où elle ne reçut qu’une partie de la somme convenue. Pourquoi ? Sous prétexte que môsieur ne voulait pas confier une telle somme à une femme ! Elle avait tout bien préparé pourtant. Augustin lui avait fait le petit mot habituel, attestant qu’elle lui servait d’intermédiaire… mais non. Elle risquerait de la perdre, ou de se la faire voler ! Evidemment. Lui avec sa bedaine, il avait de quoi la cacher sa bourse !
Elle argumenta autant qu’elle put, tandis que le banquier le soutenait lui tacitement, par son mutisme. Rien n’y fut. Elle résista à l’envie de se servir elle-même dans la cassette ouverte et apparente sur la table, et ressortit, avec toutefois une preuve que l’homme rajouterait l’acompte qui manquait.

Elle revint furibonde au magasin. Comme il y avait des clients, elle garda tout juste contenance et expliqua à mi-voix la situation à son patron. Il hocha simplement la tête. Comme elle tapait impatiemment du pied devant si peu de compassion, il rajouta :

« Reste à la boutique, tu y seras plus tranquille… »
Rester là ? Entre ces quatre murs, à ne voir que ménage, rangement ou cuisine ? Non ! Elle avait besoin de se changer les idées. Elle commença par changer de vêtement, troquant son corset irrespirable, pour une simple robe crème aux extrémités brodées.
Puis elle reparut, fourrant quelques affaires dans son manteau, alors que les clients sortaient. Augustin la regarda et lui dit comme un avertissement :

« Tu es fatiguée.
- Oui M’sieur,
répondit-elle en enfilant de nouveau son vêtement et sa sacoche en bandoulière.
- Où vas-tu comme ça ?
- Au cabaret ! » Lança-t-elle.
Et avant qu’il n’ait répliqué, elle referma la porte derrière-elle.

A tous les coups elle se prendrait une soufflante en rentrant. Elle en frissonna d’avance. Elle se permettait avec lui une insolence qu’elle n’avait avec personne d’autre. S’il la reprenait toujours – elle était sous sa tutelle tout de même – il ne lui en tenait pas rancune.
« Le cabaret n’est pas un endroit sûr, tu devrais te méfier, beaucoup trop de rumeurs courent sur cet endroit… ». Voilà ce qu’il allait lui répéter. Si Ester accordait du crédit aux paroles de son patron, celles-ci ne l’atteignaient pas vraiment. Les rumeurs, elle savait ce que c’était, elle savait aussi combien elles pouvaient être éloignées de la vérité. Et surtout, le cabaret était pour elle le lieu où elle retrouvait les rares amis qu’elle s’était fait sur la capitale. C’était d’ailleurs pour en voir une qu’elle s’y rendait.

Elle avança le pas vif dans les rues et atteignit bientôt le bâtiment qu’elle cherchait. Elle détailla la façade. Tout avait l’air fermé. Alors elle sortit sa montre de sa poche. A peu près dix-huit heure. Pas étonnant que tout soit encore fermé, le cabaret n’ouvrait que dans deux heures. Elle soupira, elle n’avait pas envie d’attendre. Elle marcha autour de la bâtisse. Patienter serait plus sage mais… non ! Là, rester à rien faire c’était pas possible ! Et puis si ça se trouve, l’artiste travaillait ce soir, si elle ne la voyait pas maintenant, elle n’aurait peut-être pas d’autre chance de la voir aujourd’hui. Elle aurait du vérifier si le programme était indiqué à l’entrée…
Mais au même moment, elle aperçut la porte de service, où des coursiers s’affairaient à livrer quelques caisses. Ça devait être quelque chose de gérer un établissement pareil ! Déjà que gérer les stocks de la boutique n’était pas toujours faciles… mais c’était peut-être sa chance d’aller voir si son amie était là.

Elle les observa rapidement et avec discrétion. Elle se sentit revenir quelques années en arrière, quand elle fuguait de chez elle, pour aller parler plus tranquillement avec un fantôme. Lorsqu’elle revenait, mieux valait qu’elle ne se fasse pas prendre… mais ce n’était pas toujours facile.
Passant tout près d’eux, elle déplaça volontairement une caisse pour les distraire, puis profita qu’ils ne regardaient plus l’entrée pour s’y faufiler.
Elle atterrit dans les cuisines et s’arrêta une seconde. Tout le monde se préparait vivement. Si bien qu’elle passa inaperçu (ou du moins le crut-elle), et traversa la pièce comme un jeu d’obstacle pour ne bousculer personne et s’échapper de là au plus vite.
Elle atteint finalement la salle des spectacles et tourna sur elle-même. Elle n’était venue qu’une ou deux fois, et la pièce la fascinait toujours autant. Elle devina le majestueux piano à queue sur la scène et sourit. Qu’est-ce qu’elle aurait aimer l’entendre déverser sa musique. On disait que le propriétaire y jouait. Il devait être doué, ça lui donnait envie de…

« …Mademoiselle ! »
Une main sur son épaule la fit sursauter. Elle se retourna et aperçut le visage de la barmaid, sévère. Elle recula d’un pas, quelque chose chez elle la mettant mal à l’aise. L’employé la toisa un peu plus et énonça d’un ton sec.
« Puis-je savoir qui vous êtes ? Le cabaret est fermé, les visiteurs n’ont pas le droit d’entrer. »
Ester rougit, prise sur le fait. Son coeur s’emballa, elle bredouilla :
« Veuillez m’excuser… Je, je voulais voir June… je veux dire mademoiselle Lily ! »
Elle se reprit ne sachant ce qui était le plus sage. Demander son amie par son vrai nom, ou son nom de scène ? Elle regarda la jeune femme tout apprêtée. Comparée à elle, la photographe devait avoir l’air d’une simple fan des bas fonds dans sa robe campagnarde sous son manteau. Elle passa une main dans ses mèches rebelles, et replaça sa tresse dans son dos. Elle ne se laisserait pas intimider pour autant. Comme tout le monde elle appréciait la voix de June, mais il y avait plus que ça qui les liait toutes les deux. La démone répliqua simplement :

« Mademoiselle Lily n’est pas là.
- Vraiment ?
- Elle est sortie. »
La photographe fouilla dans sa poche, et en sortie une petite boite ronde avec la carte de visite de la boutique.
« Pourriez-vous au moins lui remettre ceci ?
-  Vous lui donnerez vous-même.
- Dans ce cas, pourrais-je l’atten…
- Revenez quand le cabaret sera ouvert. Maintenant dehors je vous prie. »
La barmaid lui indiqua la sortie du doigt. Ester resta immobile quelques secondes, visiblement désappointée, mais pas prête à laisser tomber. Elle s’était déjà fait éconduire tout à l’heure et maintenant là ? Elles se fixèrent un instant. Mais devant la fermeté de Johnes, la petite rousse finit par abdiquer. Son bras retomba mollement dans sa poche.
Dire qu’elle lui avait ramener exprès cette douceur de chez elle pour qu’elles puissent la partager.


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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir   Mer 6 Juin - 19:19

Des reflets d'argent miroitaient à la surface d'un liquide bleuté. Une main s'en approcha par le haut et y plongea une tige en bois qui y fit trois petits ronds. Le liquide tournoya, avala les reflets d'argents qui tourbillonnèrent au cœur du verre.
Par-dessus le siphon, la main ajouta une écaille orange qui tomba d'abord à plat, flotta un instant, puis se désintégra peu à peu tandis que sa couleur se dissolvait dans le liquide, lequel prit une couleur brunâtre.
Sous le verre, une planche en bois couverte de runes et de symboles gravés en spirale. Penché sur le tout, un visage au regard noisette et une bouche qui murmurait une série de mots sans reprendre son souffle.
Une autre écaille, gris argenté, subit le même sort que la première ; le liquide s'éclaircit.
Une troisième et une pincée de poudre blanche, le mélange devint presque transparent, ne subsista qu'une légère coloration indéfinissable – tantôt bleutée, tantôt grise – tandis que les runes spiralant depuis le contenant se mettaient à briller, à pulser doucement d'une lumière qui leur semblait propre. Deux mains se tinrent de part et d'autre du verre pendant un instant et des bulles apparurent à la surface un moment. Puis les yeux du mage aussi semblèrent briller un instant et il finit son sort en répétant un mot trois fois. Un mot bien compliqué à l'oreille mais qu'il connaissait par cœur.
En le simplifiant beaucoup et en lui extrayant une bonne partie de sa signification, on aurait pu le traduire par « Poisson » avec un P majuscule.



La planche et les schémas préparatoires d'une précision millimétrique dûment jetés au poêle crépitant, Frédéric s'étira. Il était content de lui. Il ne savait pas si son expérience avait complètement fonctionné – il faudrait la tester sur quelque chose ou quelqu'un pour en être certain – mais il avait déjà obtenu un meilleur résultat que son oncle là-bas dans les Ardennes qui lui avait envoyé ses schémas parcellaires. Mônonc'Jean voulait essayer de capter, de manière simple et rapide, l'essence d'une chose. Ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Capturer son nom dans un flacon, rien que ça. Pour en faire quoi ? Un ingrédient bien-sûr ! Les potions du monde entier pourraient en être améliorées (mais surtout celles de la bibliothèque* des Lenoir). L'efficacité serait augmentée, les quantités nécessaires seraient réduites... Si on pouvait capter l'essence d'une chose dans une fiole de façon simple et rapide... les possibilités étaient infinies.

* La « Bibiothèque » : sept recueils de feuillets vaguement cousus ensemble, couverts d'encre et de charbon par les mains prétendument expertes d'autres Lenoir plus anciens. Plus deux volumes plus épais et plus présentables qu'ils n'avaient pas écrits eux-même mais dont le texte pleurait sous les annotations (souvent contradictoires et se répondant sur des générations entières).


D'abord Frédéric ne s'était pas passionné pour ce projet ambitieux. Son oncle lui avait vainement écrit plusieurs fois pour tenter de capter l'attention autrement occupée de son jeune artiste de neveu. Puis il s'était souvenu du Freddy enfant (un vrai Lenoir : têtu comme une mule, persuadé d'avoir toujours raison) et lui avait tout simplement envoyé ses schémas par courrier – cet oncle-là, vraiment, ne souffrait d'aucune précaution... Or, miracle ! Frédéric y avait jeté un œil.
Bien-sûr il avait revu la plupart des runes, puis il avait revu leur disposition aussi. Puis il avait tout jeté au feu et recommencé à sa sauce. Trois essais pratiques avaient suivi dont le dernier résultat se balançait présentement dans sa poche de veste, dans une fiole fermée, enroulée dans un bout de tissu. Le mage, content de lui et ne travaillant pas ce soir, voulait s'auto-congratuler en allant se balader dans un parc. Si l'expérience n'avait pas réussi, au moins était-il convaincu que sa version était pour l'instant la meilleure qu'il puisse produire.

Comme il se faisait faim, un passage en boulangerie s'imposerait. Et puis il pourrait essayer de retrouver Llewyn pour lui demander une histoire... En sortant de sa loge, il chopa une pomme avec laquelle il joua dans le couloir qu'en descendant les marches il s'amusa à faire léviter en ronds au dessus de sa main tendue. C'était compliqué à faire, ça, mais il y parvenait de mieux en mieux... A la grande horloge du hall d'entrée il calcula qu'il pourrait peut-être trouver Morgan dans les coulisses pour lui dire qu'il sortait et il bifurqua vers la grande salle en essayant de faire faire des 8 à sa pomme. Ah, tiens peut-être qu'il devrait inviter Eglantine à venir rencontrer Llewyn de ces jou--
- ...lui remettre ceci ?
- Vous lui donnerez vous-même.
- Dans ce cas pourrais-je l'atten...
Frédéric croisa le regard d'une cliente qu'il connaissait déjà.
Seigneur, une cliente ?!
- Revenez quand le cabaret sera ouvert. Maintenant dehors je vous prie.
La panique enserra son cœur une fraction de seconde. La pomme fut rapidement récupérée à la main et, histoire de prévenir tout le monde qu'une CLIENTE potentiellement HUMAINE était dans les locaux, il décida de lancer une alarme, d'une grande voix qui traversa toute la pièce.

- OOOooooh, Mad'moiselle-la-photographe ! Bah qu'est-ce vous faites à c't'heure par chez nous ?

Célenna lui jeta un regard mi-courroucé mi-interrogatif. Il la regarda de même. Par où était-elle bien passée celle-là ? Pourquoi personne ne l'avait vue ?
- Mademoiselle s'en allait justement.
- Ah bah ça tombe bien, j'sors aussi. J'vous raccompagne. Z'êtes passée par les cuisines ?
Comme il le disait, ça lui parut évident.
- Elle cherchait Mademoiselle Lily et va donc l'attendre à l'extérieur.
June était sortie ? Ah bon ? Il l'avait croisée vers midi mais...
- Ah oui. Sortie depuis un moment. J'sais pas quand elle s'en r'viendra.
Avec Célenna, lentement mais sûrement, ils poussaient l'impromptue à se rapprocher de l'entrée – la grande – afin de la sortir des lieux illico presto.
- Mais dites voir a f'sait longtemps qu'on vous avait pas croisée. C'était pas à l'anniversaire du Baron chiche, quand M'dame Ducourt s'a affalée dans l'gâteau ?
Frédéric prit son chapeau dans le vestiaire et tendit son bras vers l'entrée dont Célenna souleva le loquet intérieur.
- V'savez pour croiser des artist' 'vaut mieux v'nir les soirs où ils jouent. Vous rendez pas compte, à c't'heure-ci c'est les répétitions, z'auriez pu tomber sur une des danseuses qui testent leurs robes ou des gens partout en train d'se changer...

Il disait n'importe quoi. Il était incapable de se souvenir la dernière fois qu'elle était venue et il était rare que les répétitions se fassent en tenue, mais tout son être lui criait de la faire sortir d'ici avant que Mary n'apparaisse dans un des miroirs de l'entrée pour constater le problème et l'annoncer à tout le monde, ou avant qu'un des chats de Snorri occupés à miauler dans le hall ne se révèle soudain être Lucy en vadrouille, ou, pire... Avant que quelqu'un ait la bonne idée de demander à Layth de se transformer en M'sieur White en jupette en plein milieu d'un couloir avant de vérifier qu'aucun(e) client(e) cambrioleur(se) ne s'était introduit chez eux en catimini.

Quoi qu'elle ait répondu, il n'y prêta qu'une vague attention, la poussant gentiment – suivi de Célenna toute proche – vers la porte à présent ouverte du bâtiment en faisant de grands signes dans le dos de la clients à un des fantômes occupé à traverser un mur du hall.
Kaboum:
 

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Ester Jones
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MessageSujet: Re: Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir   Mar 19 Juin - 0:59

Ester regarda dans le vague une seconde, à la recherche d’une solution miraculeuse. Déjà, elle n’était pas tombée sur le propriétaire du cabaret. Ça valait mieux non ? Et par chance ! Elle crut apercevoir quelque chose, comme une ombre ou une lueur. Rien à voir avec un argument pour faire plier l’employée du cabaret, mais qui intrigua la médium tout autant. Parce qu’à dire vrai, elle ressentait comme quelque chose de familier… ou de déjà-vu peut-être ? Serait-ce un f…

- OOOooooh, Mad'moiselle-la-photographe ! Bah qu'est-ce vous faites à c't'heure par chez nous ?
L’intéressée se retourna vers la voix tonitruante. Si elle n’avait pas été aussi stupéfaite par un tel entrain, elle aurait rougit d’orgueil. « Mademoiselle la photographe »… qu’on la reconnaisse par sa profession, mais en plus « photographe » alors qu’elle n’était encore qu’apprentie !
Au lieu de s’empourprer, elle inclina seulement la tête pour saluer le jeune homme qu’elle reconnut
.

- M. Lenoir…

Pas le temps d’en dire plus, la barmaid rappelait « gentiment » qu’elle la mettait à la porte. Tout se passa ensuite assez vite. Les deux membres du cabaret échangèrent quelques mots et chacun de son côté, la dirigèrent vers la grande porte. Cernée, la demoiselle n’eut d’autres choix que de suivre le mouvement. Cette fois c’était fichu. Elle ne trouverait plus aucune excuse pour rester. Assommée qui plus est par le monologue vivace de l’artiste qu’elle suivait comme elle pouvait, elle arriva dehors. Elle eut seulement le temps d’apercevoir une autre ombre pendant qu’elle passait le pas de la sortie. Son intuition se confirma, ce lieu était hanté – enfin par d’autres fantômes que juste celui de June. Elle n’avait pas dû le remarquer la dernière fois qu’elle était venue, avec toute la foule et le spectacle qu’elle était venue voir.

Elle se retourna une dernière fois vers la bâtisse. Flute ! Elle aurait dû demander de l’aide à un esprit dès le départ. Avec eux c’était du tout ou rien, mais ça valait le coup d’essayer. Ça lui aurait peut-être évité la déconvenue du jour ?

Elle se reporta sur son escorte du moment, alors que Johnes claquait la porte. Ester fronça les sourcils, irritée tant de la façon dont la situation lui avait échappée, que parce qu’elle s’interrogeait. Quel frère avait-elle en face d’elle au fait ? Visuellement, elle était incapable de distinguer les jumeaux, mais dans l’attitude, chacun avait leur propre caractère. Tandis qu’elle y réfléchissait, les derniers mots du garçon lui revinrent en tête, et elle rétorqua toujours vexée :


« Je n’étais pas venue voir vos spectacles figurez-vous ! – ils sont très bien au demeurant mais… je venais discuter ! elle croisa les bras, ce n’est pas comme si on pouvait vous parler pendant que vous faites votre numéro tout de même ! Si ? »

Elle réajusta la lanière de sa sacoche sur son épaule et renchérit en s’avançant vers lui :

« Et d’ailleurs ! Pourquoi vous n’êtes pas avec les autres à vous préparer dans ce cas ? »

Elle le fixa le visage bougon, mais découvrant l’absence d’animosité sur son vis-à-vis, elle recula. Elle détourna les yeux, honteuse et hébétée de s’être ainsi emportée. Elle serra la hanse de son sac entre ses doigts et reprit penaude :

« Excusez-moi… m… M. Lenoir. Je… vous devez avoir à faire vous aussi… »

Elle regarda les passant dans la rue. Qu’allait-elle faire maintenant ? Elle pourrait bien retourner au cimetière et retrouver quelques personnes, mais ce n’était pas la compagnie dont elle avait envie. Elle esquissa un regard vers le jeune brun, se demandant si elle l’avait agacée lui aussi.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir   Jeu 28 Juin - 12:25

A peine sorti sur le pas de la porte, Frédéric se sentit soulagé. Un grand soupir lui échappa tandis qu'il enfonçait son chapeau sur sa tignasse rebelle.
Il avait tellement l'habitude d'habiter le bâtiment maintenant qu'il oubliait parfois, comme tout pouvait être ruiné en un instant. Il allait falloir qu'il fasse plus attention, même "à la maison" sinon un jour il allait se retrouver à jouer à "flamme bleue flamme mauve" ailleurs qu'au cabaret.
Du coup il était soulagé, car à un rien près, la cliente aurait pu être confrontée à n'importe quoi.
La vision de la photographe, appareil en mains, prenant un cliché de surprise avec un Dullahan en fond d'image lui arracha une grimace.

C'est alors qu'il fut attaqué par ladite cliente.
- Bah non, mais on est là après, sinon. Y'a les salles... Ou la sonnette...
Elle l'interrompit. Comme elle se rapprochait, il eut presque un mouvement de recul.
Presque.
Il répondit d'un ton sec, mais pas agressif. Il était plus étonné qu'autre chose à vrai dire.
- Bah moi j'bosse pas c'soir. Si ça vous r'garde, z'aviez l'programme dans l'entrée.

Un ange passa, durant lequel il regarda le profil courroucé, puis déçu de la demoiselle. Elle n'était pas laide à regarder, il fallait se l'avouer... Il se demanda ce qu'elle pouvait bien garder dans la petite boite en bois qu'elle tripottait entre ses doigts.
- Excusez-moi… m… M. Lenoir. Je… vous devez avoir à faire vous aussi…
Il s'adoucit également et lui sourit légèrement.
- Bah, à vrai dire, pas vraiment.

Un autre ange passa, qui devait bien se demander comment occuper ces-deux-là. Fred enfonça les mains au fond de ses poches, considérant ses options. Son programme de félicitations post-potion n'avait pas inclut à la base d'avoir de la compagnie, mais il décida que si la demoiselle était apparue à ce moment là, c'est qu'elle méritait aussi une invitation.
Par ailleurs, il lui en devait une. Plusieurs mois auparavant, déjà, lui et Morgan avaient "ruiné" un de ses clichés dans un parc en passant, par ignorance, entre l'objectif et les modèles. Elle avait demandé compensation en les prenant eux en portrait quand ils auraient le temps.
Faute d'en avoir, ils ne l'avaient jamais re-contactée...

- Boh allez, faites pas c'te tête. J'm'en allais grailler un truc, si ça vous dit on attend l'ouvertur' du Lost en mangeant un bout ? Y'a la Boulange' au coin d'la rue pis y'a du saucisson près du P'tit Paul qu'en vend en rue. J'vous invit'rais, j'vous doit bien ça.

Un troisième ange passa. Puis un Cab, un chien errant et un couple en dispute.
Fred avait toujours les mains dans les poches, campé sur ses deux jambes à la regarder bien en face. Le vent agita ses mèches à lui et fit le même sort à celles de la jeune femme. Il ne saurait jamais pourquoi, mais c'est cette image là, d'Ester Jones, qui resterait toujours à sa mémoire : debout devant le cabaret, le vent dans les cheveux, à triturer sa boite en bois.
Il attendit. Si elle acceptait, ils passeraient sûrement une belle après-midi.



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MessageSujet: Re: Trois petits ronds - et puis s’en vont ! Eter Jones, Frédéric Lenoir   Jeu 19 Juil - 22:59

Agacée par les récents évènements de la journée, Ester s’en était pris à la première bonne pâte qu’elle avait croisé, soit Frédéric Lenoir ici présent. Bon, ça allait… elle ne l’avait pas giflé lui, non plus. Mais sachant qu’ils se connaissaient à peine, et qu’il n’avait strictement rien à voir avec ses désagréments… ce n’était pas très courtois. Elle qui était éduquée dans les principes du respect et de la bienveillance inconditionnelle… elle ne montrait pas vraiment bonne figure. Alors elle se rétracta légèrement.

Pendant ce temps, malgré l’approche son irritée, le pyromane avait su placer sa répartie. Il ne se débinait pas. M. Lenoir répondait simplement et avec justesse à ses interrogations-accusations. Si bien que c’eut été un quizz « rencontre entre Ester Jones et Frédéric Lenoir », l’apprentie photographe aurait eu le sentiment d’avoir données les trois réponses éliminatrices d’affilées.
Embrigadée dans sa mauvaise humeur, la photographe s’était arrêtée sur ses empêchements sans plus rien considérer d’autre. Il était pourtant possible de voir les artistes pendant les horaires d’ouvertures. Tout comme il était possible de savoir légalement si un des employés étaient là ou non. Bah flut alors ! C’était plus simple et c’était autorisé en plus ! Ester se sentit d’autant plus ridicule. Le ton du garçon était si spontané et sans jugement que sa colère fondit comme neige au soleil. Il restait peut-être un peu d’eau là, dans le fond. Mais de l’eau c’était toujours plus inoffensif qu’une grosse boule de neige.
Quand en plus il lui annonça qu’il était libre… la demoiselle resta muette pendant une minute.

Tous deux se mirent à regarder les passants de la rue. C’est qu’ils avaient l’air nombreux sur ce trottoir… Comparé à la campagne, il n’y avait que pendant les jours de fêtes qu’Ester voyait autant de passage. La cohue parisienne, elle ne s’y faisait pas. Tout juste avait-elle appris à s’y faufiler et croyait qu’elle y échappait. La foule peut-être, mais le caractère parisien…
Frédéric reprit la parole d’un ton un peu plus compatissant. Plutôt que de bougonner toute seule dans son coin, ils pouvaient aller manger quelque chose ensemble.

Elle le regarda un brin surprise et esquissa enfin un sourire. Avec son accent et ses expressions, lui non plus n’avait pas grandit par ici. Il lui rappelait l’air débonnaire des gens de son village. Ceux qui t’disaient franch’ment ce qu’ça pensait, sans détour, mais qui dans l’fond t’voulaient pas de mal. Ça la rassurait un peu.
Elle attendit que le couple en désaccord sur leur récent achat de vaisselle soit passé, puis elle répondit en hochant la tête.

« D’accord. Mais si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais marcher un peu… j’ai besoin de me dégourdir les pattes ! »
Elle tapota sa cuisse pour joindre le geste à la parole. En vérité, elle avait encore un peu de mal à tenir en place. Si sa colère était passée, l’irritation était encore trop vive dans son corps, pour restée figé sur une chaise à échanger des sourires de courtoisie. Quoi qu’avec le Lenoir, elle n’aurait peut-être pas à s’embarrasser de ces facéties. Mais demeurer trop près du cabaret ne l’inspirait pas non plus. Elle craignait inconsciemment que la barmaid ne les épie pour s’assurer que la demoiselle ne reviendrait pas avant l’heure autorisée.

(Ce n’est pas fini ! La suite est par là Wink !
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