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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]

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Edward White
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MessageSujet: Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]   Sam 28 Jan - 15:31

    « Et merde… »

    Dans la pénombre de l’immense chambre du patron du Lost Paradise, une étrange forme s’anima sous les nombreuses couvertures qui jonchaient le lit. Sur la table de chevet, une petite pendule n’en finissait plus de sonner. Une main s’extirpa mollement du tas de couettes et essaya de faire taire l’horrible mécanisme, mais rien à faire. La main sembla renoncer et retourna se mettre au chaud, abandonnant la machine démoniaque à son chant cacophonique. On ne percevait plus aucun mouvement, à croire que l’étrange masse s’était résolue à supporter ce râle matinal. Mais soudain, une forme humaine s’extirpa violemment du lit et s’attaqua à la table de chevet. Agrippant les rebords du petit meuble, celui-ci fut soulevé à une trentaine de centimètres du sol avant de voler à travers la pièce. La pendule qui s'y trouvait traversa la chambre et tomba gracieusement sur l’épais tapis rouge. Coriace. La chute avait un peu plus déréglé son chant et une mélodie hachée sur un fond de rouage rouillé, raisonnait maintenant dans la pièce. Debout devant la petite table sens dessus dessous, la haute silhouette tourna un regard mauvais vers le choriste mécanique. Elle s’en approcha doucement, contemplant encore quelques secondes le cadran brisé de l’horloge. Sa jambe droite se leva et se plaça au-dessus de l’objet. Une pause, puis elle s’abaissa violemment, détruisant la pendule d’une unique attaque. Plusieurs engrenages traversèrent la pièce, tandis que l’individu s’acharnait sur le défunt objet. Il lui porta plusieurs coups et fit enfin taire cette horrible musique. La silhouette se détendit et traversa doucement la pièce jusqu’aux larges fenêtres. Il en tira énergiquement les rideaux et une lumière matinale inonda enfin la pièce.

    En chemise de nuit, Edward observa un moment le paysage parisien qui s’offrait à lui. Il grommela un juron en constatant que le manteau neigeux qui avait commencé à s’installer en début de soirée, n’avait fait que s’épaissir dans la nuit. On comptait maintenant une dizaine de centimètres de cette poudre blanche. Les enfants, ravis, en profitaient déjà, n’écoutant plus leur mère dont les jupons se trempaient à mesures qu’elles avançaient. Un sourire se dessina sur les lèvres du lycanthrope qui abandonna son point d’observation pour se concentrer sur les dégâts occasionné. Plus d’horloge, et beaucoup de bazar. Il s’en sortait remarquablement bien. Sa longue chevelure lui chatouilla le cou et le décida à filer sous la douche. Il quitta son sel vêtement, le jeta sur son lit et rejoignit la petite pièce attenante à sa chambre. Il ouvrit l’eau et patienta quelques secondes avant de s’y glisser. Les employés du cabaret pouvaient s’estimer heureux, peu de personnes possédaient ce système hydraulique, mais Edward tenant à ce que son cabaret soit d’une hygiène irréprochable, il l'avait fait installer dès son arrivée. Monsieur pris son temps et ce ne fut qu’au bout d’une demi-heure qu’il s’extirpa de sa salle de bain et enfila un peignoir bordeaux. Après avoir séché sommairement ses cheveux, il sortit de sa chambre et s’installa à son bureau où l’attendait une pile de papiers ennuyeux à souhait. Il les regarda longuement avant de lever ses yeux vairons vers l’imposante horloge qui trônait au-dessus du canapé. Huit heures vingt. Les employés devaient encore dormir et avec cette neige, il leur laisserait sûrement leur après-midi. Toute cette paperasse devait pouvoir attendre encore quelques jours ! Edward s’étira. De toute façon, il ne pouvait pas travailler le ventre vide.

    Toujours en peignoir, il prit le chemin de la cuisine et son visage s’illumina une fois arrivé au premier étage. Quel sot. Il avait oublié la jolie Maude ! La belle artiste avait proposé ses services comme secrétaire. Notre lycanthrope avait joyeusement accepté et il sentait que le jour était idéal pour la mettre à l’épreuve. Son bureau était plein de paperasse dont il aurait dû s’occuper depuis plus d’un mois. Quelle allait être la réaction de la dragonne en constatant que son patron n’avait toujours rien fait ? Cela s’annonçait intéressant. Fier de son plan, Edward poursuivit sa route jusqu’en cuisine. Là il engouffra un petit encas avant de remonter tranquillement jusque dans son bureau. Il ne jeta pas un seul regard au tas de papier, s’installa de façon nonchalante dans son divan et se saisit d’un jeu de carte. Un large sourire aux lèvres, Edward se lança dans une partie de solitaire, espérant avoir rapidement la visite de sa nouvelle secrétaire. Le roi de pique était en place, il ne manquait que la dame de carreau pour débuter le jeu.
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MessageSujet: Re: Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]   Sam 4 Fév - 5:47

Cela faisait des heures que Maude était réveillée, à regarder tomber la neige sur les toits de paris avec un sourire béat, voir enfantin, sur les lèvres. Assise à la fenêtre, le dos calé dans un coussin au tissu satiné et les jambes remontées contre sa poitrine, elle regardait la ville garnir son manteau blanc avec admiration. Elle eût envie de réveiller Stefan, à un moment, mais à la vue de son visage paisiblement endormi illuminé par la faible lumière qui filtrait à travers les carreaux, elle en fut dissuadée. Attendrie, elle l’avait regardé dormir un moment, puis s’était de nouveau tournée vers le paysage féérique qui dévoilait toute sa splendeur à l’extérieur. Devant ses yeux, le paysage nocturne se métamorphosa. La nuit devint jour, le soleil pointant à l’horizon et teintant le ciel de mauves et d’orangés, colorant dans les teintes de pastels les nuages cotonneux. Ce serait une belle journée aujourd’hui.

À un détail près.

Le sourire de la dragonne s’évanouit, remplacé par une grimace. Découragée, elle laissa aller sa tête contre le cadre de la fenêtre et resta ainsi un moment, pensive. La brunette poussa un soupir avant de se lever, étirant ses membres engourdis. Elle passa sa main sur son visage, puis dans son cou, pour s’arrêter sur sa plaque d’écailles, puis sa mitaine retomba lourdement le long de son corps. La créature à l’allure de jeune femme se dirigea vers la salle de bain, où elle laissa couler un peu d’eau dans la baignoire avant de se dévêtir et de s’y glisser sans prendre la peine d’aller fermer la porte. Ainsi, alors qu’elle plongeait un bol dans l’eau et le ramenait au-dessus de sa tête pour se laver les cheveux, elle pouvait voir encore la neige tomber dehors.

Après être sortie de la baignoire, elle s’enroula dans une serviette et retira le bouchon de la baignoire, regardant distraitement l’eau savonneuse disparaître, déjà partie vers autre chose. Un bref coup d’œil à l’heure lui indiqua qu’elle n’avait plus beaucoup de temps avant d’être demandée au bureau du patron. Et si elle tenait à la vie, valait mieux pour elle qu’elle arrive à l’heure. La dragonne hésita longtemps sur ce qu’elle devait porter. S’habiller, ne pas s’habiller, la danseuse était tenaillée par l’indécision. Edward n’était pas un client, elle n’avait aucune raison de démontrer de la gêne à son égard. Pourtant, elle le savait assez vicieux pour se permettre n’importe quel commentaire sur son apparence. Maude fronça les sourcils, puis se mordit la lèvre inférieure, pensive. Les vêtements étaient si inutiles. De nouveau découragée, elle décida d’y aller au naturel, comme elle se serait présentée devant n’importe quel autre artiste ou membre du personnel. Elle enfila des sous-vêtements, et passa sur ses épaules un kimono en soie léger. Ainsi accoutrée, elle avait l’air d’avoir été abruptement tirée du lit mais en général, c’était son allure naturelle, et personne n’avait rien relevé jusqu’à maintenant. Tant mieux.

Pensant être assez décente – du moins, à son jugement, elle alla déposer un petit baiser sur le front de Stefan et quitta sa loge à pas de loup, pour se diriger vers les cuisines, affamée.

C’est avec deux tasses de café qu’elle monta finalement à la chambre d’Edward. Elle les prit les deux dans une main le temps de frapper à la porte, puis se permit de l'ouvrir.

« Bon Matin, Mr. White, dit-elle en allant poser les deux tasses de café devant lui. »

L’une d’elles contenaient du café noir, l’autre un café avec du lait et du sucre. Maude ne savait pas si son employeur buvait du café, mais elle s’était dit que si c’était le cas, c’était les deux combinaisons les plus probables.

« Je me suis dis que ça vous plairait, dit la dragonne en croisant les bras sous sa poitrine, attendant la réaction de la bête. »
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MessageSujet: Re: Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]   Lun 13 Fév - 12:34

    Edward avait déjà eu plusieurs secrétaires. Depuis l’ouverture du cabaret, une bonne dizaine de demoiselles s’étaient succédées dans l’espoir d’avoir le poste. Hélas, trop fragile, elle ne supportèrent leur horrible patron que pour quelques jours. Elles finissaient par craquer, toutes, et c’était d’ailleurs devenu l’un des passe temps favoris du maître des lieux. Les voir trembler lorsqu’il s’approchait sournoisement d’elles, les regarder retenir leur larme quand il les assommait de travail, les contempler se briser lentement et sombrer dans un état de nervosité avancé, voilà les spectacles qui le ravissait. Mais cette fourberie avait un prix, Edward finissait inexorablement assis devant son bureau à maudire toutes la paperasse superflue qu’il avait à remplir. Aussi avait-il décidé de s’attaquer sérieusement au problème et de trouver une bonne âme qui accepte de faire tout cela à sa place. Si Andréa avait su lire et écrire convenablement, nul doute que la tâche lui serait tombée dessus, mais voilà, il en était incapable. Et même si la raison n’est pas le caractère le plus développé chez Edward, confier un tel travail à un sot aurait été synonyme d’une condamnation pure et simple de son établissement à une mort certaine. La chance tourna tout de même pour ce grand feignant de lycanthrope et mit sur sa route la plus belle et terrifiante créature qui soit ; un dragon. Ou plutôt une dragonne, car de telles jambes ne pouvaient appartenir qu’à une dame, c’était évident. Et quelle paire de jambes ! Après une pareille rencontre, il est certain que le chevalier des comptes aurait laissé sa vilaine princesse aux fers pour plutôt charmer le terrible dragon qui gardait sa tour. Ajoutons à ça le fait que, sous forme humaine, ces créatures répugnent les vêtements et vous avez là, la femme idéale.

    Maude était une danseuse du cabaret. Lorsqu’elle était venu passer une audition, Edward avait rapidement flairé sa qualité reptilienne et fut conforté dans son analyse lorsqu’une plaque d’écaille se dévoila à son regard. Comment dire non à cette beauté ?! Elle fut évidemment engagée sur le chant, et dans sa grande magnanimité, il prit aussi son golem de fiancé qu’il fit placer comme portier. Évidemment, il aurait préféré pouvoir compter sur son absence pour pouvoir jouer au loup amoureux avec la belle, mais la chance n’est pas toujours au rendez-vous ! Que voulez-vous ! Du moins, c’est ce qu’il pensait, jusqu’à ce que la dragonne se propose de jouer les secrétaires. Intégrant immédiatement les nombreuses possibilités que cela offrait, Edward accepta bien vite et c’est ainsi que Maude se rapprocha un peu plus de la folie et de l’extravagance de son supérieur.

    Edward n’avait pas envie de la ménager, bien au contraire. Dévoré par le vice et l’animalité, il était résolu à voir jusqu’où la belle demoiselle se risquerait à jouer avec lui. Les dragons étaient réputés pour leur sagesse, mais du point de vue du roi des lycanthropes, ils restaient de gros lézards aux crocs acérés qui devaient bien avoir un peu de bestialité dans un coin de leur tête. En plus sa journée avait mal commencé. Entre l’horloge folle et l’épais manteau de neige qui couvrait Paris, il lui fallait se changer les idées. S’amuser avec sa jolie secrétaire lui paraissait un excellent moyen de distraction. Alors qu’il constatait qu’il risquait de perdre sa partie de solitaire s’il ne s’adonnait pas à un petit bout de tricherie, Maude toqua doucement à la porte et entra, deux cafés à la main. Évidemment, Edward se délecta bien plus de la silhouette de la demoiselle que de l’odeur de la caféine. Il faut dire qu’elle portait une tenue plus que légère. Un kimono de soie glissait sur sa peau de pêche, laissant faiblement entrevoir ses jambes de biches à chacun de ses pas. Si seulement cette ceinture pouvait disparaître ! Maude le salua tandis qu’elle déposait les tasses devant lui. Pour toute réponse, Edward se contenta d’un léger sourire et se détournant de son solitaire perdu, il attrapa la tasse de café noire qu’il porta à ses lèvres. Il l’avala d’une traite, au risque de se brûler la langue et reposa tranquillement le récipient vide près de son homologue.

    « L’attention me touche Maude, mais ne vous encombrez plus avec deux tasses, je ne bois que du café noir. »

    Il lui sourit et d’un revers de main, balaya le solitaire du divan pour laisser une place à la jeune femme. Il tapota doucement l’assise, avant de lever son regard bicolore vers sa secrétaire, un fin sourire éclairant son visage.

    « Allons, asseyez-vous. Ne faites pas attention à ces cartes, j’avais perdu de toute façon. Elles méritent bien leur place. Mais venez donc vous installer près de moi, le travail peut attendre après tout. »

    Le peignoir lâche du lycanthrope dévoilait son torse d’athlète, et si l’on avait pu immortaliser l’instant par une photographie, nulle doute qu’un badaud supposerait une liaison entre les deux protagonistes. Pourtant, l’un deux avait simplement prévu de s’amuser de l’autre et de laisser à nouveau tout son travail de côté. Le regard du lycanthrope se tourna vers les grandes fenêtres de son bureau, Il y trouva un argument de taille pour détourner la jolie Maude du droit chemin des secrétaires.

    « Dites moi, la neige ici est tellement rare qu’il serait dommage de ne pas en profiter, ne croyez vous pas ? Que diriez-vous d’une petite promenade matinale. Oh, une quinzaine de minutes, pas plus, juste pour prendre l’air. »
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MessageSujet: Re: Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]   Lun 5 Mar - 3:50

En voyant le fanfaron bien affairé à sa partie de solitaire, Maude fronça presque imperceptiblement les sourcils. Son regard avisa la pile de dossiers qui amassait la poussière sur un des coins du bureau de monsieur, puis se concentra de nouveau sur le lycanthrope qui à présent buvait son café. Le café noir. Elle en aurait mis sa main au feu. Ou se serait craché du feu sur la main. Enfin, quoi qu’il en soit, une tasse orpheline restait toujours sur la table. Si bien qu’elle s’en empara et but, à plus petites gorgées, la boisson chaude sur laquelle Edward n’avait pas jeté son dévolu. Ce faisant, son regard ne se détachait jamais de son imprévisible patron. Elle savait qu’en acceptant ce rôle de secrétaire elle s’exposait à tous les caprices de celui qui lui avait donné asile, et qu’il valait mieux ne pas trop jouer avec ses nerfs au risque de se retrouver à la rue, mais elle connaissait aussi le côté moqueur de White pour l’avoir déjà vu à l’œuvre avec d’autres demoiselles.

Pourquoi avoir accepté, alors? Pourquoi avoir décidé de prendre le poste? C’était du suicide, littéralement. Maude jugeait qu’elle avait un caractère plus fort que les autres filles. Elle les comprenait de craquer sous la pression de ce patron aux mille et une surprises, mais elle croyait qu’avec elle comme secrétaire, des innocentes allaient arrêter de souffrir injustement. Super-héroïne? N’allons pas jusque là. Disons seulement qu’elle était déterminée à prouver sa valeur, non seulement à Edward mais à tous ces gens du cabaret qui seraient tentés de lui chercher des poux. Les gens verraient si elle ressortait en un seul morceau de cette première rencontre qu’elle pouvait faire face au courroux du patron, et qu’elle n’était pas faible.

Quoi que pour l’instant, elle croyait plutôt avoir affaire à un paresseux qu’à un dictateur. Ce qui n’était pas mal, en soi. Elle préférait de loin avoir affaire à un Edward d’humeur frivole qu’à un Edward d’humeur massacrante. Lorsqu’il tapota la place à côté de lui, elle prit finalement conscience qu’elle était encore debout à le regarder, tasse de café vide entre les mains. Elle se pencha pour la reposer délicatement sur la table basse et ramena une mèche de ses cheveux derrière son oreille avant d’aller s’asseoir sur le canapé, comme le lui avait proposé le jeune patron. Néanmoins, elle crut bon de faire remarquer :

« Je n’ai rien contre le fait de discuter un peu, mais il faudra se mettre au travail avant la fin de l’après-midi… »

Elle n’eût pas le temps de terminer sa phrase que déjà Edward attirait son attention vers Paris revêtue de son manteau blanc, à travers les carreaux de la fenêtre. Ce même paysage, vu de plus haut, qu’elle avait admiré de sa chambre quelques instants plus tôt. Le lycanthrope ne semblait pas insensible au charme qu’offrait la ville sous la neige et il exprima même le désir d’aller se promener. Le visage impassible, elle se tourna vers lui et haussa les épaules. Que pouvait-elle dire? Non? Ne soyons pas stupides, il s’agissait d’une balade, pas de la fin du monde.

« Si cela peut vous faire plaisir, allons nous promener. »

Maude le toisa un instant avant d’ajouter :

« Permettez-moi de vous suggérer de vous habiller pendant que je jette un œil au travail qui nous attend. »

Parce qu’en effet, s’il décidait de sortir accoutré ainsi, c’était la crève qui l’attendait au bout de 15 minutes. Assise bien calée dans le dossier du canapé, elle avait croisé ses jambes l’une par-dessus l’autre, et avait croisé ses bras sous sa poitrine. D’un air qui se voulait sérieux, elle guettait sa réaction, essayant de déceler ce qu’il avait derrière la tête. Pourtant, c’était loin d’être facile. Tout ce qu’elle disait pouvait être retenu contre elle, et il fallait qu’elle reste sur ses gardes car son patron avait tout d’un imprévisible.
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MessageSujet: Re: Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]   Sam 17 Mar - 17:10

    Si l'on dit que la neige à tendance à exciter les jeunes enfants, il faut ajouter que cela à le même effet sur certains Lycanthropes. Edward n'était pas ce ceux qui s'émerveillent devant ce manteau blanc. Il en avait soupé des années entières de ces flocons et ce n'étaient pas quinze petits centimètres qui feraient une différence. Il faut dire qu'en grandissant en Transylvanie, il lui aurait été difficile d'y échapper. Pourtant, voir Paris ainsi recouverte avait réveillé en lui une pointe de nostalgie, sans compter l'horrible envie d'observer un dragon se promener sous la neige. Ces créatures étaient tellement rares qu'il aurait été malvenu de laisser cette chance lui fier entre les doigts. Un vrai gamin. Il n'avait aucune envie de travailler et il ferait tout pour que sa paperasse reste à traîner un jour de plus. Il préféra d'ailleurs devancer Maude à ce sujet, car bien que la jeune femme ait tenté de lui rappeler son rôle, il prit soin de la couper avec politesse et lui proposa une promenade. Elle allait refuser avec emportement avant de l'installer de force à son bureau. Elles avaient toutes agi comme ça. Elles pensaient qu'il fallait mater le prédateur pour mieux pouvoir le dresser, alors au premier écart, elles jouaient les mégères et ne faisaient qu'agacer le monstre qui finissait par mordre. Edward est un loup, une bête sauvage qui n'en fait qu'à sa tête et il refuse de se laisser apprivoiser.

    « Si cela peut vous faire plaisir, allons nous promener. »

    Le regard du loup se posa sur la jolie Maude, visiblement surpris. Comment ça elle acceptait ? Et lui qui avait prévu tout un numéro pour la convaincre, jusqu'à l'obliger à le suivre ! Voilà qui n'allait pas du tout. La dragonne semblait avoir compris qu'il valait mieux brosser le Lycanthrope dans le sens du poil plutôt que risquer de finir sous ses crocs. Le patron du Lost Paradise, trop souvent en contradiction avec son entourage, voulu protester. Après tout il avait une tonne de paperasse à s'occuper dont certains de la plus haute importance. Il ouvrit légèrement la bouche, mais la referma aussi tôt, laissant un léger sourire se dessiner à la place. C'est qu'elle était presque parvenue à le convaincre de travailler la vilaine. Il allait devoir rester sur ses gardes. La dragonne lui proposa alors de s'habiller plus chaudement le temps qu'elle prenne note de la dose de travail qui leur restait à accomplir. Le patron du cabaret jeta un coup d'oeil à son bureau et songea qu'elle n'allait pas être déçue. Ah ! La journée ne s'annonçait pas si catastrophique finalement ! Edward lui adressa un sourire charmeur et se leva. C'est qu'elle était mignonne la secrétaire avec son petit air sérieux. Il s'étira et avança vers la fenêtre de son bureau. Il neigeait toujours et de plus en plus fort. Un fiacre était bloqué au coin de la rue et ses deux passants se retrouvaient obligés de le pousser avec peine pendant que le coché hurlait à ses chevaux de tirer. Que c'était drôle ! Il ne pouvait définitivement pas se priver d'un tel spectacle. Il se tourna soudainement face à Maude et lança :

    « Vous avez bien raison, je vais de ce pas m'habiller pour profiter de ce spectacle d'un peu plus près. Vous devriez oublier ces papiers et faire de même d'ailleurs. Car, bien que vous soyez à croquer dans cette étoffe de soie, je refuse que vous dévoiliez vos jambes par pareille température. Je suis certain que Stefan m'approuverait. »

    Il ne la laissa pas répondre et retourna dans sa chambre pour se préparer à sa sortie. Sa grande penderie lui laissait amplement le choix, mais il s'arrêta rapidement sur un pantalon brun, de hautes cuissardes de cuir, une chemise claire autour de laquelle il passa une cravate sans prendre le temps de la nouer et surtout un long manteau blanc au col bordé de fourrure. Il vérifia le résultat dans la glace et, content de lui, il retourna dans son bureau une trentaine de minutes plus tard. Lançant son épaisse veste sur le divan, il s'approcha de Maude un sourire prédateur peint sur le visage.

    « Faites moi mon nœud de cravate, je n'y arrive pas ce matin. Je veux un Windsor. »

    Il sourit, certain qu'il allait passer une excellente matinée. Il fallait juste espérer qu'un incident ne viendrait pas troubler son programme matinal.

H.R.P:
 
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Quand le dragon n'est pas là, le loup danse ~ [P.V. Maude]

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