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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mar 17 Juil - 17:11

    Qu'est-ce qu'il foutait là déjà ? 

    Andréa passa sa main oseuse sur son visage de craie, dégageant quelques unes de ses mèches noires de devant ses yeux. Il observa les alentours et en conclu qu'il s'était encore égaré. Décidément Paris ne lui réussissait pas. Son regard parcouru la foule à la recherche d'un point de repère. Il aperçu au loin l'immense sculpture de fer et après avoir assimilé le sens dans lequel coulait la Seine, il se remit en route sans certitude. Il était venu récupérer son violon qu'il avait laissé à un luthier pour qu'il change le crin de l'archer et fasse un petit contrôle de routine sur le reste. Une bonne partie de ses économies y étaient passées, et idiot qu'il était, il n'avait pas prévu de quoi prendre un fiacre pour rentrer. Contraint de s'en retourner à pied, il avait pris le risque de couper par une ruelle qu'il pensait être un raccourci. Il avait finalement déboulé sur une toute autre rue, mais persuadé qu'il était sur la bonne route, il avait continué sans plus de précautions. Dorénavant complètement perdu, il se décida à remonter la Seine jusqu'au pont Neuf où il saurait s'orienter.

    Durant son périple, il déboucha sur une place où l'humeur était à la fête. Surpris et curieux, il sortit du chemin qu'il s'était tracé et s'avança timidement entre la foule applaudissante. Le spectacle qui se dressait devant lui le laissa sans voix. Il avait l'impression d'être arrivé dans un autre monde, celui de l'ouest sauvage. Des affiches étaient collées un peu partout et sur une grande pancarte on pouvait clairement lire : « Wild West Show ». Le louveteau qui n'avait aucune notion d'anglais ne put que se demander ce qu'était ce baragouin étrange lorsqu'on le tira soudainement de la foule. Une belle demoiselle rousse l'avait attrapé par le bras et le tira sur scène sans que le jeune homme puisse comprendre que ce soit. Il voulu protester, mais comme elle était jolie, il se laissa berner et ce ne fut qu'une fois debout devant le public qu'il se sentit vaciller. 

    « Mesdames et messieurs, demoiselles et damoiseaux ! Vous allez assister un numéro extrêmement périlleux et je remercie ce courageux gaillard de s'être porté volontaire. Vous pouvez l'applaudir, il le mérite ! »

    L'homme, grand, solide et moustachu asséna une tape vigoureuse dans le dos d'Andréa, plus pâle que la mort. La foule l'applaudit, siffla, mais le silence de mort qui suivit acheva le jeune homme qui blêmit. La jolie rousse le débarrassa de son violon et on le conduisit jusqu'à un mur de bottes de paille où on l'adossa. L'homme qui semblait présider le spectacle leva une pomme qu'il présenta à la foule, sous des murmures inquiets. Il déposa la pomme sur la tête d'Andréa qui commençait à comprendre ce qui l'attendait. Il jeta un regard désespéré à l'homme qui lui tapota l'épaule et lança :

    « Ne vous en faites pas jeune homme, en plus de cent cinquante représentations, il n'y a eu qu'un seul raté ! » 

    La foule poussa un « Ô » entre admiration et inquiétude et le numéro commença. On annonça la grande tireur Annie Oakley et c'est une belle brune au chapeau de Cow-Boy vêtue d'une robe jaune abondemment décorée de mille et une médailles qui monta sur scène sous les applaudissements. On sentait la femme forte, et sa présence impressionna aussi bien les hommes qui voyaient en elle leur égale, que les femme qui étaient fière que la tireuse fasse partie du beau sexe. Pour Andréa, ce fut plutôt le fusil qu'Annie tenait dans sa main droite qui lui donna des sueures froides.

    Le silence était absolu. La jeune femme arma, visa et fit feu. Elle toucha en plein dans le mille deux cibles situées à un bon mètre d'Andréa. On applaudit, elle inséra deux nouvelles balles et visa de nouveau. Deux autres cibles volèrent en éclat à une cinquantaine de centimètres du jeune homme. Puis deux autres, à vingt centimètres. Le coeur du louveteau battait si vite qu'il en avait mal aux tempes. La dernière cible explosa à une dizaine de centimètre au dessus de lui et ce fut au tour de la pomme. Son dernier espoir que tout cela soit une mauvaise farce s'envola lorsque la jeune femme, avec un sérieux à faire fuir un bison, se retourna. Elle se trouvait dos à lui, mais posa son fusil sur son épaule, la canon bel et bien dirigé vers Andréa. On lui apporta un petit miroir dont elle se servit pour mettre en joue le fruit. Le louveteau, terrorisé, ferma les yeux, certain qu'il allait mourir. Il crut que le temps s'était arrêté, lorsque le coup de feu retentit voilement à ses oreilles, suivit d'un tonnerre d'applaudissement. Il ouvrit les yeux. La tireuse acclamée levait son fusil vers le ciel, et lui… Il était en vie.

    On le fit s'avancer sur scène, il méritait aussi des applaudissement. Mais, encore sous le choc, Andréa ne comprenait pas ce qui se passait. Il était complètement étranger à la scène, incapable d'assimiler le fait qu'il s'en soit tiré intact. La foule était en liesse, mais lui, pâle comme un linge, était absent. Et enfin, comme un torrent qui l'emporterait, toutes ses émotions l'envahirent violemment, et incapable de les combattre, Andréa Eyssard perdit connaissance devant plus d'une centaine de personne. 

    Le maître d'œuvre, qui n'était autre que Buffalo Bill en personne, rattrapa le garçon de justesse et rassura son public d'une voix patriarcale :

    « Ne vous inquiétez pas, ce sont des choses qui arrivent très souvent avec ce numéro. Ce gaillard va être pris en charge par nos soins et sera vite remis sur pieds ! Mais que la fête continue ! »

    Musique, applaudissement et éclats de rires reprirent de plus belle et le jeune homme fut conduit dans les coulisses où l'on s'occupa de lui.

    Lorsqu'il se réveilla, Andréa était seul dans une petite tente de fortune aménagée en retrait du spectacle. Son violon était posé sur une petite table au pied du lit, avec une bouteille de lait et quelques biscuits. Le garçon vérifia immédiatement l'état de son violon et soupira de soulagement lorsqu'il constata qu'on ne l'avait pas touché. Il se servit un verre de lait et mangea quelques biscuits avant de se lever, et voyant qu'on ne venait pas le chercher, il décida de s'en aller sans demander son reste. Il sortit de son abri de fortune et s'engagea dans la première ruelle qu'il trouva, cramponné à l'idée de s'éloigner le plus possible de cette bande de fous. Encore pâle, il longeait tranquillement les murs en tenant fermement l'étui de son violon. Arrivé à un carrefour, il dut prendre une décision. La présence de la jolie rousse qui l'avait presque monté à la potence, l'influença grandement dans son choix et, grand amoureux qu'il était, il la suivit. Il faut dire que la demoiselle lui avait fait signe de la suivre avec un sourire si coquin qu'il était difficile de lui résister. Il prit donc à droite, mais au moment de tourner dans la même ruelle que la dame, il eut la dédsagréable surprise de se retrouver avec le canon d'une arme à feu dirigée sur son front.

    « Bouge pas, cri pas et t'être je te laisserais en vie. »

    Andréa frissonna. Il avait eu son quota d'arme pour la journée et il dut prendre sur lui pour que ses jambes ne se dérobent pas. Il resta silencieux, ne sachant pas encore ce qu'on voulait de lui, mais certain que l'affaire tournerait mal. L'homme lui attrapa le bras et le tira dans la ruelle qui finissait en cul de sac. La jolie rousse était assise sur une vieille caisse en bois et regardait le prédateur et sa proie avec le sourire.

    « Je t'avais dit Mich' qu'il avait craqué sur moi. Et puis, il est pas très malin alors c'était un bon pigeon ! Hein qu'c'était un bon pigeon, Mich' ?

    - Ouai ! T'es trop forte ma Jenny. Va surveiller la route le temps que j'm'occupe de celui-là tu veux ? »

    La jeune femme sourit, sauta de son pied d'estale et s'avança jusqu'à l'embranchement. Ses paroles avaient profondément blessé Andréa qui, manquant déjà cruellement de confiance, avait l'impression qu'on lui mettait une giffle à chaque fois qu'on lui rappellait qu'il n'avait un esprit des plus brillants. Il le savait, il essayait de le cacher, mais c'était toujours un échec. Et quand les autres s'en appercevaient, il se sentait plus minable que jamais. 

    « Allé l'débile, donne tout ton fric !

    - Je n'en ai pas, répondit rudement Andréa.

    - Bien sûr, fais pas l'malin ! Jenny m'a dit qu't'avais un violon tout neuf et t'es fringué comme un riche. File moi ton fric j'te dis !

    - J'ai rien ! Pas un sous ! Fouillez-moi si vous voulez ! »

    L'homme lui asséna un violent coup de crosse au visage et Andréa, sonné, tomba au sol tandis que du sang glissait le long de sa joue. Son assaillant n'était pas un habitué et le stresse commençait à l'envahir. Il s'accroupit près du louveteau, l'attrapa par les cheveux et lui fit relever la tête, posant le canon de l'arme entre ses yeux éteint. La désespoir et la colère se lisaient dans son regard et il se se mit à hurler :

    « Donne moi ton fric bordel ! J't'en colle une entre les yeux ! J'te jure j'vais t'en coller une ! »

    La tête d'Andréa raisonnait avec tant d'intensité que pas un seul des mots, si forts soient-ils, ne parvint à s'y frayer un chemin. Il avait mal, il avait peur et la bête n'était pas folle au point de se risquer contre une arme. Pour les quartier mal famés de Paris, c'était une scène de tous les jours, mais cette fois-ci, c'était Andréa qui y jouait sa vie. Et nul doute qu'il allait la perdre…

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mer 29 Aoû - 16:40

Parfois, Adèle regrettait d'être aussi petite. En particulier quand devant elle, la foule s'amassait comme un seul homme et masquait toute sa visibilité. Poussant des exclamations de stupeur et des cris d'émerveillement. Comme si elle voulait la dégoûter de ne pas voir l'incroyable spectacle qui se dévoilait à des centaines d'yeux curieux. La marionnette avait beau se hisser sur la pointe des pieds pour jeter un coup d’œil par dessus une épaule, ou tenter de se frayer un chemin à travers la masse compacte et uniforme, à chaque fois, ses tentatives étaient réduites à néant. Soit on l'éjectait sans même la regarder, avec tant de force qu'elle perdait l'équilibre et manquait de tomber. Soit une tête se dressait dans son faible champ de vision et lui ôtait toute visibilité.

La jeune fille avait bien tenté de trouver un monticule sur lequel se hisser pour mieux voir, mais là aussi, le barrage qu'on lui offrait était infranchissable. Tous les murets étaient d'ores et déjà totalement envahis. Ne lui laissant qu'un seul de ses sens pour profiter du spectacle : l'ouïe. Elle avait entendu les applaudissements. Puis le silence lourd de ceux qui sont tenus en haleine. Les coups de feu qui avaient entraîné peur et ravissement. Et maintenant, le tonnerre d'applaudissements marquant la fin du numéro. Zut. Elle avait tout loupé. Ç'avait pourtant l'air intéressant.

Déçue, Adèle commença à s'éloigner de la scène pour partir à la recherche d'une autre petite merveille de l'exposition, à nouveau envahie par le désir de découverte. Elle marcha un instant dans les ruelles qui circulaient autour du Wild West Show dont elle avait tant entendu parler. La tête ailleurs, le regard perdu vers les hauteurs.

Ce furent des bribes de conversation qui la firent redescendre sur terre. Ses yeux se posèrent sans attendre sur un étrange duo formé d'un homme au physique imposant et d'une jolie demoiselle à la chevelure rousse. Peu de temps lui fallut pour qu'elle remarque l'arme que lui portait à la ceinture. Inquiétée par cette apparition et ne voulant pas s'attirer d'ennuis inutilement, elle tourna immédiatement à gauche dans une ruelle, espérant ne pas avoir été repérée. Mais c'était sans compter sur la chance qui avait l'air de l'avoir abandonnée.

Diantre. Une impasse. Elle était bloquée. Les voix et les bruits de pas se rapprochaient. Tentant de conserver son calme, la marionnette se précipita vers les caisses qui s'empilaient au fond du cul de sac et se faufila avec souplesse de l'autre côté. Juste à temps. Les voix s'amplifièrent mais restèrent trop basses pour qu'elle n'en comprenne le sens. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle n'avait pas été repérée. Ouf.

Adèle se détendit et soupira de soulagement, les mains devant la bouche pour ne pas faire de bruit. Assise, dos aux caisses et face au mur, elle ferma les yeux et tendit l'oreille, attendant patiemment que les deux étrangers quittent l'endroit pour sortir de sa cachette.

Ce fut long. Très long. La position qu'elle avait prise lui devint bien vite insupportable. Et la situation se dégrada avec l'arrivée d'une troisième personne.

La marionnette sursauta au moment même où la rouquine s'assit sur une des caisses qui lui servaient d'abri. Elle retint sa respiration aussitôt et leva les yeux, de peur d'être repérée. Mais la chance ne l'avait apparemment pas totalement quittée, puisqu'elle avait gardé sa cape d'invisibilité.

Ce ne fut cependant que quand l'inconnue repartit qu'Adèle se permit de se détendre. Les mots prononcés derrière elle commencèrent à prendre un sens à ses oreilles, et il lui devint bien vite évident que quelqu'un passait un mauvais quart d'heure. Tout ça pour une histoire de vol d'argent. Le pauvre.

Prise d'un élan de compassion, la marionnette devint plus téméraire. Prenant le risque d'être repérée, elle se déplaça lentement, jusqu'à avoir un angle de vue entre deux caisses pour voir le spectacle. Elle reconnut l'homme qui l'avait effrayée au moment même où il frappait le troisième individu au visage, avant de vociférer :

« Donne-moi ton fric bordel ! J't'en colle une entre les yeux ! J'te jure j'vais t'en coller une ! »

Oh mon dieu. La situation se dégradait. Il fallait qu'elle intervienne pour empêcher un meurtre d'avoir lieu. Elle n'avait rien de l'héroïne qui sauve les âmes en détresse. N'avait pas vraiment de courage, et encore moins dans ce genre de situations. Mais elle savait que si elle restait immobile à regarder cette exécution sans rien faire, alors qu'elle était la seule capable de l'aider, elle s'en voudrait toute sa vie.

Alors, silencieusement, elle escalada le monticule de caisses et se laissa tomber de l'autre côté, minimisant au maximum le bruit que faisaient ses pas. Les battements de son cœur s'accélérèrent dans sa poitrine en même temps que la peur et l'appréhension gagnaient du terrain. Elle se précipita néanmoins vers les deux garçons et, sans même lui laisser le temps de faire un mouvement de plus qui aurait pu être fatal pour la jeune victime, elle fit ce qu'elle avait l'habitude de faire. Elle commença à prélever un fragment de son âme à cet homme violent, comme pour se nourrir, même si elle n'en avait pas l'appétit. C'était la seule chose qu'elle pouvait faire avec sa silhouette fragile et sa maigre force.

A peine avait-elle posé ses doigts fins dans le dos du dadais et les avait refermés dans le vide, en frôlant le tissu, que l'homme se figea avant même d'appuyer sur la détente. Ses pupilles s'étrécirent tandis que ses yeux s'élargissaient, démontrant sa surprise. Sa bouche suivit le mouvement en formant un petit O d'étonnement. Mais il n'y avait aucune marque de souffrance. Rien qui ne puisse expliquer ce soudain changement d'expression. Juste la marionnette, discrète et silencieuse, qui se tenait cachée dans l'ombre de l'imposante silhouette accroupie.

Puis, elle éloigna lentement sa main, tirant doucement sur l'aile du grand papillon dont elle pouvait déjà apercevoir la couleur. Un marron caca d'oie. Soulignant la perversion qui l'avait mené au vol et à la violence dont il faisait preuve pour mettre fin à son dessein. Adèle n'aimait pas cette couleur. Elle l’écœurait. Lui coupait l'appétit. Une chance pour elle qu'elle n'ait pas besoin de se nourrir aujourd'hui.

Mais alors qu'elle s'effectuait, un nouveau changement opéra sur le bourreau devenu victime. Son visage devint amorphe. Ses paupières se baissèrent légèrement tandis que son regard devenait atone. Les muscles de son visage s'affaissèrent pour laisser place à de l'hébétude. Son bras retomba mollement le long de son corps et il lâcha son arme, qui s'écrasa au sol, dans un lourd fracas.

« Mich' ? »

La marionnette en avait presque oublié la rousse qui montait la garde. Elle avait du être surprise de ne soudainement plus rien entendre. Et le bruit de chute de l'arme avait dû l'alerter. Autrement dit, son petit manège de super héroïne improvisé n'était pas passé inaperçu le moins du monde. Heureusement, le grand gaillard ne réagit pas à l'appel de son acolyte. Il ne devait plus vraiment être avec eux, en cet instant. Il fallait dire que la poupée n'avait pas retenu sa main et lui avait arraché un morceau conséquent de son âme.

Le colosse semblait incapable de réagir. Juste d'encaisser ce qui lui arrivait et se perdre dans les méandres de l'oubli. De sa main libre, comme pour s'assurer qu'elle s'était définitivement débarrassée d'un des assaillants du violoniste, Adèle effectua une pression sur le côté du crâne de la brute. L'homme, sans même chercher à se retenir ni à garder son équilibre, tomba au sol comme une masse, dévoilant la mystérieuse sauveuse. Son tour de passe-passe avait visiblement parfaitement fonctionné. Désormais étalé au sol, il respirait doucement, comme blotti dans les bras de Morphée.

La blonde faisait maintenant face à Andréa, de toute sa hauteur, agrippant du bout des doigts l'aile du papillon qui se débattait pour retrouver sa liberté. Une liberté qu'elle finit par lui offrir, relâchant son emprise sur ce petit être. Il s'envola maladroitement vers les hauteurs, zigzagant dangereusement pour aller se poser sur le rebord d'une fenêtre.

« P'tin, mais c'est quoi ça ? Hey ! Mich' ! Tu m'entends ? »

La rouquine utilisait sa salive pour rien. Le dénommé Mich' ne pouvait déjà plus l'entendre, et ce serait ainsi pendant encore quelques heures. Mais la jeune femme ne s'octroya pas le temps de sourire de satisfaction face à cette petite victoire et l'incompréhension de l'humaine. Il fallait profiter de la zizanie pour quitter cet endroit, et vite.

Adèle se pencha et tendit la main au brun pour l'aider à se relever. Ce ne fut qu'à cet instant précis qu'elle le reconnut. Elle l'avait déjà vu, elle en était certaine. Sur les bords de la Seine, jouant de son violon. Il était un artiste, tout comme elle. Elle avait bien fait de l'aider.

« Viens ! Il faut partir. Et vite ! »

Mais au moment même où elle allait tirer sur la main du jeune homme, un bruit attira son attention. Elle tourna la tête juste à temps pour voir la rouquine, beaucoup plus proche, lever droit sur elle l'arme qu'elle avait cachée à sa ceinture. Adèle avait été naïve de croire que seul l'homme était armé. Et elle allait en payer le prix.

« Tu vas payer pour c'que t'as fait à Mich' ! »

Elle était dans la merde.


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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Sam 8 Sep - 14:06

    « Viens ! Il faut partir. Et vite ! »

    Le regard éteint d’Andréa se posa sur une jeune fille. Une fille ? Wow… Il avait raté quelque chose là. Où était passé le fou furieux qui voulait absolument lui mettre une balle dans la tête ? Encore sonné, le jeune homme fronça les sourcils sans piper mot. Il était peut-être déjà au paradis et devant lui se tenait un ange. Oui voilà. Ça devait être ça. Il était finalement mort dans cette ruelle alors. Oh, mais pourquoi voulait-elle qu’il se dépêche alors ? Serait-il en retard ? Ah non ! Pas pour son premier jour, ce serait trop bête. Mais pourquoi avait-il si mal à la tête… Elle résonnait comme un gong et avec tant d’intensité ! C’était une torture. Il se sentait si pâteux et si rouillé. Si c’était le paradis, le confort laissait à désirer. Un faible soupire s’échappa de ses lèvres, il s’apprêtait à refermer les yeux, attendant que son ange soit un peu plus convaincante et le tire définitivement de sa torpeur.

    « Tu vas payer pour c'que t'as fait à Mich' ! »

    Andréa frissonna. Cette voix, il la reconnaissait, c’était celle de la rousse. Celle qui l’avait menait dans ce piège, celle qui avait causé sa mort. Hey ! Une minute. Qu’est-ce qu’elle faisait dans son Paradis celle-là ?

    Le louveteau ouvrit une nouvelle fois les yeux, et il comprit enfin. Il n’était pas mort, il était toujours dans cette ruelle sale et son ange n’en était pas un. Son regard s’égara quelques secondes sur le corps inconscient de « Mich’ ». Il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre. Elle l’avait sauvé. Il y voyait à nouveau clair et constata avec désespoir que la jolie rousse menaçait désormais d’une arme, la demoiselle qui l’avait aidé. Soit, ils mourraient donc tous les deux dans cette ruelle. Dommage.

    Le jeune homme se redressa, cherchant à se mettre un peu plus à l’aise pour attendre la mort et il remarqua avec étonnement, que l’agresseuse ne le remarquait pas.

    « Et puis qu’est-c’que tu lui as fait d’abord ?! Pourquoi il’se réveille pas ? Si tu l’as tué je… je… J’te préviens, j’te tue ! »

    Andréa bougea à nouveau. Toujours aucune réaction. Il lui revint alors en mémoire les paroles si cruelles de la jeune femme. « Pigeon. » Une rage sourde lui enserra l’estomac et une terrible envie de vengeance s’éveilla en lui. La bête s’était éveillée. Elle avait bien vu qu’elle n’était pas en danger et que toute l’attention se concentrait sur cette pauvre poupée blonde. C’était le moment d’en profiter. Lentement, Andréa s’accroupit, s’installant fermement sur ses appuis, prêt à bondir. Comme un prédateur expérimenté, il surveillait attentivement la menace qui planait sur eux. Il était face à la rouquine, ce qui le mettait en position de faiblesse, mais elle était si inexpérimentée et si paniquée qu’il était certain d’atteindre son but. Ses mains tremblaient et son regard allait et venait entre celle qu’elle tenait en joue et son homme, toujours inerte. Elle ne savait pas quoi faire. Elle n’osait pas se baisser pour tâter le pouls, mais elle craignait aussi de faire feu. Elle n’était pas une meurtrière. Bien dommage pour elle. Le loup se décala légèrement une dernière fois, prêt à l’attaque. C’était risqué, mais il n’avait pas le choix.

    « Hey ! »

    La jeune femme sursauta, elle l’avait oublié celui-là ! Paniquée, elle tourna son arme en direction d’Andréa et tira, sans réfléchir. C’était trop tard. Déjà la bête s’était dressée sur ses pattes, grande, forte et d’un bond elle se jeta sur sa proie. La balle ne fit qu’une fissure de plus au mur qui leur tenait lieu de scène. Le loup était sur elle. D’un geste rapide, il s’abattit sur son corps frêle avec toute la puissance d’un monstre et le renversa sur le sol poussiéreux. Il lui arracha l’arme des mains et la jeta en arrière. Son genou posé sur l’abdomen de la frêle demoiselle, il n’avait aucun mal à la maintenir sous son emprise. Elle hurlait. Effrayée comme une petite fille. Mais la bête était déjà là et elle était en colère. Elle avait été humiliée, trahie, malmenée par ces pauvres idiots. C’était inadmissible. Le premier avait déjà payé, maintenant c’était à elle.

    Le visage déformé par la rage, le lycanthrope se pencha sur sa proie. La pauvre peinait maintenant à respirer sous le poids du monstre. Plus un son ne sortait de sa bouche, mais elle ne cessait de s’agiter avec ardeur, tentant vainement de se dégager.

    « Qu’est ce que ça te fais de te sentir si faible hein ?! Tu trouves ça drôle de te piéger les gens ? Te te moquer d'eux ?! Sale garce ! »

    Il la secoua violemment, lui arrachant un petit cri de désespoir. Elle l’implorait du regard, ses doigts s’agrippaient à la chemise tachée de sang de son bourreau. Elle essayait de le repousser, mais il ne bougeait pas, et toujours ce genou et cette force qui se maintenaient sur sa poitrine. Maintenant elle le savait, elle allait mourir.

    Andréa était bien loin. Il avait laissé place au monstre. Il était prêt à la regarder étouffer sous son poids, mais ce n’était pas important. C’était sa faute après tout. Elle lui avait fait mal. Un simple mot qui lui avait broyé le cœur. À son tour de souffrir… Pourtant, un rien suffirait à lui faire reprendre ses esprits. Un mot, une secousse, quelque chose qui le sorte de cette transe avant qu’il n’ait du sang sur les mains. Il fallait faire vite. Très vite. Dans sa détresse, l’animal blessé était prêt à tout pour sauver sa vie.


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mar 26 Mar - 18:28

HS:
 

    « Wild West Show » ? Acesmé haussa un sourcil devant l'affiche présente devant ses yeux. Qu'est-ce que c'était que ça ? Un spectacle sur l'ouest sauvage ? Ah, oui ! Ça lui parlait, la conquête de l'ouest et tout ce qui allait avec. Il y avait donc un spectacle là dessus ? A la base le sylphe était juste sorti pour rendre visite à ses parents et était actuellement sur le chemin du retour... mais puisqu'il était là... Autant jeter un coup d'œil. Ce n'était pas comme s'il était attendu dans l'immédiat au cabaret, il avait du temps devant lui.

    Ainsi donc, le jeune homme vint se glisser dans la foule. La plupart des évènements parlaient de l'histoire de la conquête, il y avait aussi des rodéos ou des spectacles de tir. Toute une culture qui était totalement étrangère au blond. Bien sûr, il avait déjà lu des livres sur l'Amérique, mais il ne connaissait rien de concret à propos de ce pays. C'était intéressant de découvrir tout ça, même si les américains présents semblaient avoir moins de tenue que les parisiens. Le côté « sauvage » sans doute, pensa le sylphe avec amusement. En tout cas, cette façon d'être semblait en séduire plus d'un, des personnes rêvant d'aventure peut-être.
    Tout en avançant, Acesmé laissa vagabonder son regard au hasard... avant de tomber avec surprise sur un visage familier. Bah... C'était Andréa là bas ? Il n'eut pas le temps de l'interpeller que le garçon avait déjà disparu dans la foule, mais il lui avait semblé qu'il s'agissait bien du louveteau. Peut-être était-il venu regarder le spectacle... ou alors il s'était encore fourré dans une situation délicate. Bizarrement, le sylphe avait remarqué que le brun était doué pour manquer de chance. Cela mis de côté, et n'ayant pas d'idée précise quant à l'endroit où il voulait aller, l'élémentaire de vent décida simplement de prendre la même direction que son camarade. Qui sait, avec un peu de chance il allait le recroiser.

    Et en effet, cela arriva... mais bien de longues minutes plus tard et totalement par hasard alors qu'Acesmé quittait la fête. En prenant un chemin plus calme pour le retour, il avait entendu du bruit non loin. Comme quelqu'un qui criait. Se passait-il quelque chose ? La seule façon de le savoir était d'aller voir, ce que fit le blond sans tarder. Il espérait que ce n'était rien de grave en tout cas... mais il ne s'était certainement pas attendu à ce genre de scène.
    Il ne remarqua ni l'homme à terre, ni la demoiselle non loin. Son regard s'était figé sur une femme rousse au sol qui tentait de se débattre pour sauver sa vie et... et Andréa qui la maintenait au sol. Andréa qui avait un air haineux qui effraya presque le sylphe. Qu'est-ce qu'il se passait ici ?! Pas le temps de chercher dans les détails, la seule chose qu'il comprenait était que le loup risquait de tuer la rouquine.

    « Andréa ! » Cria-t-il en filant vers lui. « Qu'est-ce que tu fais ?! »

    Il lui agrippa l'épaule, cherchant à le dégager de là.
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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Dim 7 Avr - 19:04

    Le prompt mouvement du jeune loup-garou avait réveillé son crâne douloureux. Le sang encore chaud glissait le long de son visage alors que les gouttes les plus rapides imbibaient déjà la robe claire de la rouquine. Son regard se troublait légèrement alors que toute sa tête résonnait avec force au moindre mouvement, mais rien ne l'arrêtait. Il était blessé, physiquement, moralement, il devait sauver sa vie. Un instant d’inattention avait suffit pour que la bête se dresse, et attaque. L'ennemi était à terre tandis qu'elle dévoilait toute sa puissance et sa rage dans un sursaut de haine. Il fallait s'assurer qu'elle ne risquait plus rien et pour cela, le meilleur moyen était d'en finir avec la criminelle. Oui. C'était le mieux à faire.

    Le visage de plus en plus livide, la jeune femme sentait ses dernières forces l'abandonner. Dans un dernier élan d'espoir et de détresse, ses ongles griffaient tout ce qui passait à proximité, un ultime geste de défense qui n'eut aucun effet sur son assaillant. Elle mourait donc là. Punie pour avoir malmené un innocent.

    « Andréa ! Qu'est-ce que tu fais ?! »

    Deux mains s'agrippèrent à l'épaule grêle du jeune loup. Il n'avait rien entendu, rien sentit, il était trop occupé à assurer sa survie pour cela. Alors il prit peur. Le louveteau se redressa brusquement et balaya d'un geste puissant la silhouette inconnue qui venait de l'attraper. Son cœur battait à tout rompre et sa tête douloureuse le fit vaciller. Il s'appuya sur le mur tout proche, essuyant d'un revers de manche le sang qui inondait son œil gauche. Le souffle court, les muscles parés à l'attaque, il se ferait front et se défendrait jusqu'au bout. Son regard glacial se posa sur le nouvel arrivant, laissant ainsi le temps à sa première sauveuse de s'éclipser et Jenny l'occasion de reprendre son souffle. La bête était prête à tout pour survivre, mais lorsque ses iris sombre découvrir l'individu qui l'avait effrayé, elle s'apaisa et Andréa sortit de sa torpeur.

    « Acesmé ? »

    Il fit un pas en avant. Un de trop sans doute car son corps abimé manqua de peu de s'écrouler sur le sol poussiéreux. Il s'agrippa à l'une des imposantes caisses qui se trouvaient là, fermant les yeux dans l'infime espoir de retrouver un semblant de stabilité. Tout se mélangeait encore dans sa tête. Le spectacle, l'agression, le coup et… Son cœur s'emballa. Mon dieu mais qu'avait-il fait ? Pâle comme la mort, il releva la tête en direction de la jeune femme, priant de toute son âme pour qu'elle soit encore en vie, mais ce qu'il découvrit lui glaça le sang.

    « Où est-elle ? »

    Se regard glissa de quelques mètres. Jenny avait rampé. Passant au dessus de son complice toujours inconscient, elle avait réussi à se traîner sur une courte distance, un effort exceptionnel pour un but bien précis. Récupérer l'arme. Au moment où Andréa s'en aperçut, elle se saisissait déjà du révolver. Épuisé, le louveteau ne fut pas assez rapide pour intervenir et à peine avait-il fait un pas en avant que la rouquine actionnait le chien d'une main tremblante et pointait le canon de son arme sur le maigre torse du garçon. L'homme et le loup étaient pris au piège. C'était terminé et ce n'était peut être pas un mal. La suite de déroula en une fraction de seconde. Un sourire conquérant éclaira le visage aux lèvres bouffies de Jenny, Andréa ferma les yeux et le coup partit.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mar 9 Avr - 16:26

    C'était vraiment le genre de situation auquel Acesmé n'avait jamais fait face avant. Certes, il lui était parfois arrivé d'assister à des bagarres, voir d'être lui-même provoqué par un autre. Le plus souvent il s'en sortait pour éviter la violence, même s'il lui était déjà arrivé de prendre quelques mauvais coups -bien qu'il aurait pu les éviter, c'était une mauvaise idée de prendre forme élémentaire devant des humains. Mais jamais, au grand jamais, il n'avait assisté à une tentative de meurtre. Le mot lui faisait mal. D'autant plus qu'il s'agissait d'Andréa. Dans la tête du blond, ces deux choses étaient incompatibles. Il ne pouvait simplement pas imaginer le gentil garçon maladroit qu'était le brun ainsi. Et pourtant, c'était bien ce qu'il avait vu. Pourquoi ? Comment ? Il ne doutait pas une seule seconde du fait que le louveteau avait des raisons de réagir de la sorte, que s'il était ainsi, c'était parce qu'il n'avait pas eu le choix. Mais peu importe ces raisons, il était impensable pour le sylphe de le laisser aller jusqu'au bout de son acte.
    Alors il y était allé, pour essayer de l'arrêter. Maladroitement, peut-être. Il ne savait pas comment on se devait d'agir dans ce genre de situation. Mais sans doute avait-il été trop brusque, car il ne s'attendait pas à ce qu'Andréa le balaie dans le décor. A vrai dire, il ne s'attendait à rien. Il avait juste bougé sans réfléchir au conséquence. La réflexion n'avait pas eu sa place devant l'urgence des fais. Toujours est-il que non préparé au choc, ni à sa force, le sylphe se retrouva quelques mètres en arrière et la tête face au ciel. Il avait mal au dos aussi.

    Il fallut quelques secondes au sylphe pour comprendre ce qu'il venait de se passer. Se redressant tout en se massant la tête, et en se maudissant de ne pas avoir été assez réactif pour quitter sa douloureuse et lourde enveloppe de chair, le blond posa son regard sur Andréa. L'espace d'un instant, il cru que le garçon allait se jeter sur lui... mais le soulagement l'habita aussitôt que le brun le reconnu. Dieu merci, il semblait être revenu à lui.
    Acesmé ne put prendre la parole que le louveteau se retourna à la recherche de la rouquine, et le sylphe ne put s'empêcher de suivre son regard. Plus de femme à terre. Elle n'était donc pas morte puisqu'elle s'était enfuie. C'était déjà une bonne chose. Mais le sylphe ne s'était pas attendu à la revoir un peu plus loin, près d'un homme inconscient -ou mort, il était trop loin pour en juger mais espérait que ce n'était pas du fait d'Andréa- et avec une arme en main. Une arme à feu, le canon droit pointé sur Andréa. Même si l'ensemble de la situation restait flou pour le sylphe, il lui fallut moins d'une seconde pour comprendre ce qu'elle voulait faire.

    Le coup parti. Une détonation de quelques secondes pour une balle qui avait franchi la distance entre l'arme et sa cible en un dixième à peine. Mais la seconde d'avant le tir, la seconde où les intentions de la femme était claire, la seconde où tous avaient compris ce qu'elle allait faire, la seconde qu'il lui fallut pour appuyer sur la détente... cette seconde suffit à Acesmé pour réagir.
    Un corps humain, c'était lourd, souvent disgracieux même, c'était lent, pensant. Mais le vent, lui, était rapide, libre de toute restriction. Alors, entre le temps où la femme commença à appuyer sur la détente et le temps où la balle eut fait le trajet, Acesmé avait disparu de l'endroit où il se tenait précédemment pour réapparaître devant le brun, dos à la femme. Et un cri de douleur s'échappa de ses lèvres alors que ses mains venaient se crisper sur les épaules d'Andréa. Pour peu, lui qu'on avait toujours éduqué dans la politesse, il en aurait lâché un juron. La balle venait de se figer dans son dos et ça faisait un mal de chien. Plus que ça même. Il était devenu pâle comme un linge.
    Tout son corps tendu encore quelques secondes, le sylphe relâcha alors la pression et tomba à genoux. L'une de ses mains vint serrer sa chemise. Ça faisait mal, mal, très mal... Mais malgré la blessure, il n'y avait pas de sang. Rien. Pas même la moindre goutte de liquide carmin. Acesmé ferma les yeux. Ce truc le brûlait, c'était juste atroce. La douleur de l'impact, le trou dans son corps... ça, il pouvait supporter. Mais la chaleur de la balle, c'était juste insoutenable pour lui. C'était comme s'il avait du feu à l'intérieur de son corps.

    Doucement, son dos se répara comme s'il n'avait jamais été touché par la balle tandis que cette dernière était lentement poussée hors du corps du sylphe. Bientôt, elle apparut au niveau de son torse avant de tomber au sol accompagnée d'un léger son métallique. Acesmé lâcha un soupir de soulagement. Il était bien mieux sans ça, même si son corps lui faisait encore mal.


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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Dim 21 Avr - 14:15

    « PAN ! »

    Le corps d'Andréa se crispa. Tous ses muscles se tendirent avec force, dessinant une grimace de douleur sur son visage tuméfié. Pourtant il ne sentit rien. Pas de brulure, pas d'os brisé, seul l'odeur de la poudre lui rappelait que l'on venait de faire feu. Mais pourquoi n'avait-il pas mal ? Était-il mort ou Jenny avait-elle manqué son coup ? Il y avait bien eu un cri, mais ce n'était pas le sien, il en était certain. Et puis quelque chose lui enserra l'épaule, arrachant par la même occasion un frisson de terreur au jeune loup. Non sans appréhension, il ouvrit les yeux et son cœur manqua d'exploser lorsqu'il découvrit, face à lui, le visage d'Acesmé, plus pâle que jamais.

    Andréa le cru mort. Le jeune homme s’affaissa, ses genoux heurtèrent le sol poussiéreux alors que ses belles petites mains agrippaient douloureusement sa chemise immaculée. Mais ce ne fut pas le détail que retint le jeune loup, et ce fut ses mains tremblantes qu'il posa sur les épaules du blessé avant de s'accroupir auprès de lui. Il allait mourir. Mourir par sa faute. La balle était pour lui ! Pourquoi, pourquoi s'était-il interposé ?! Les iris sombres du louveteau quittèrent la victime pour se poser sur la coupable. Adossée contre le mur, elle tenait encore l'arme fumante en joue sur le vide. Son visage s'était figé dans une expression d'horreur qui la rendait plus hideuse que jamais. Le lycanthrope profita de cette absence pour bondir sur elle. Il lui arracha l'arme des mains pour la retourner contre sa peau laiteuse. Il appuya avec rage le canon brulant sur sa gorge, l'arrachant à la torpeur qui la dévorait dans un petit cri de panique.

    « Pitié ! Pitié !! Je ne voulais pas, je ne voulais pas lui faire du mal ! Ne me tuez pas s'il vous plait ! »

    Son visage se couvrit de grosses larmes tandis que son petit corps hoquetait entre deux sanglots. Désespérée, elle ne quittait pas les prunelles d'Andréa, enflammé de haine et de tristesse, il était près à la punir, à lui ôter à son tour la vie. Sa mâchoire, crispée de rage, il accentua la pression sur sa trachée, lui arrachant un toussotement plaintif. Sa figure sale s'inonda de plus belle, tandis que ses forces l'abandonnait. Un léger bruit métallique survint. Le chien ! Il actionnait le chien ! C'en était donc finit d'elle ! Adieu… Adieu la vie. Un frissonnement intense lui parcouru le corps et soudain, sa main tomba sans vie sur le sol glacée de la rue. C'en était terminé. Jenny avait perdu connaissance.

    Cette vue glaça le sang d'Andréa qui se redressa prestement. L'arme lui glissa des doigts et rencontra mollement le dos de Mich', toujours inerte. Était-ce lui la cause de cette misérable scène ? Étaient-ils morts tous les deux ? Non… Faites que non ! Tremblant, le jeune homme se retourna vers Acesmé. Il remarqua la balle au sol et ce ne fut qu'à cet instant qu'il se souvint que le garçon n'était fait que d'air. Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres, surpris par sa propre bêtise dans un moment où la lucidité était plus que requise. Il essuya d'un revers de manche les larmes de stresse perlant à ses yeux, balayant par la même occasion le sang qui s'y déposait encore puis, il se pencha auprès de son collègue :

    « Acesmé ? Ça va ? Tu m'as fait une sacrée peur… Est-ce que… Est-ce que tu te sens de marcher ? »

    L'adrénaline retombait lentement. Andréa avait de plus en plus froid et de plus en plus mal. Son crâne le rappelait à l'ordre à chaque mouvement de tête un peu trop brusque tandis que ces jambes semblaient de moins en moins aptes à le maintenir sur pied. Mais le pauvre duo n'était pas au bout de ses peines. Le coup de feu avait alerté la troupe du Wild West Show et on entendait, non loin, des éclats de voix dont la tendance était à se rapprocher.

    La peur gagna le jeune loup, certain qu'en découvrant un tel spectacle, ils seraient fusillés sur le champ. Deux de leurs membres étaient KO, ils n'auraient pas à chercher loin pour déduire que les coupables seraient ceux restés debout. Mieux valait donc déguerpir au plus vite. Ramassant Acesmé, il le souleva avec la plus grande simplicité et le remit sur pied. Cet effort, bien que minime, fit vaciller le louveteau qui dû se maintenir la tête entre les mains quelques secondes afin de ne pas céder sous la gravité. Il releva ses iris inquiètes qui happèrent celles du Sylphe au passage avant de lâcher d'une voix étranglée :

    « On… On devrait filer… »

    Il n'attendit pas sa réponse pour quitter le cul de sac dans lequel ils étaient et emprunter la première ruelle qui se présenta avec l'espoir qu'elle ne les dirige pas droit dans une nouvelle impasse. Le groupe de Buffalo Bill ne devait plus être très loin, il fallait faire vite. Andréa bifurqua à nouveau, mais alors qu'il s'engageait dans un nouveau passage, proche de leur salut, le louveteau s'arrêta net, en proie à une panique plus terrible encore. Son cœur s'emballa à une vitesse folle, tandis que son regard ahuri se perdait dans le vague et c'est le souffle court qu'il lâcha :

    « J'ai oublié mon violon… »

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Jeu 2 Mai - 10:01

    Acesmé aurait voulu dire à Andréa que tout allait bien, qu’il n’allait pas mourir, qu’il avait un peu –beaucoup en vérité- mal pour le moment mais que dans un instant il serait sur pied. Mais il n’avait pas réussi. Lui, élémentaire de vent, se trouvait pour la première fois le souffle coupé. Ce paradoxe aurait presque pu le faire sourire si la situation n’était ce qu’elle était. Mais pour le moment, le jeune sylpe avait encore trop mal, il était encore sous le choc du coup de feu. Même s’il en sortirait indemne, c’était tout de même la première fois qu’on lui tirait dessus… et il avait un peu de mal à s’en remettre il devait l’avouer. Et la chaleur de la balle… elle n’était plus là mais rien que son souvenir lui faisait mal. Mais il était soulagé. Il avait réussi à l’intercepter à temps et Andréa était en vie. C’était tout ce qui comptait.

    D’ailleurs, où était passé le louveteau ? Se reconnectant doucement avec la réalité, le sylphe ne remarqua que bien après que le brun n’était plus à ses côtés. La femme l’avait eu ? Non, il n’avait pas entendu de second coup de feu. Pris par l’inquiétude, il tourna la tête pour chercher son camarade du regard. Le soulagement le prit quand il le vit indemne et revenant vers lui. La femme, elle, était à terre… mais il voyait sa poitrine, bien que lentement, se soulever et redescendre. Elle était en vie elle aussi. C’était une bonne chose. Il ne voulait pas voir le garçon accablé d’un meurtre.

    « Acesmé ? Ça va ? Tu m'as fait une sacrée peur… Est-ce que… Est-ce que tu te sens de marcher ? »

    Le sylphe eut un léger sourire devant sa mine déconfite. Il avait du lui faire une peur bleue sans le vouloir.

    « Ça va, souffla-t-il. Donne-moi juste deux secondes et je me lève. »

    Acesmé prit le temps de souffler à fond. Il se sentait un peu fébrile malgré tout, mais ça allait. Il pourrait tenir debout. Il faudrait qu’il aille faire un tour dans le ciel plus tard, ça lui ferait du bien. Le blond voulut demander à son camarade si lui allait bien, remarquant bien sûr le sang sur sa figure, mais il n’en eut pas le temps que des voix se firent entendre. Ah… ce n’était pas bon pour eux ça. Peu importe ce qu’il s’était vraiment passé ici, devant les deux corps à terre ceux seraient eux qui seraient accusés. Toutefois, ce fut Andréa qui fut le plus rapide à réagir. Avant même d’avoir eu le temps de se relever, ce fut le louveteau qui le remit sur pied. Surpris, le sylphe manqua d’en perdre l’équilibre mais il se rétablit.

    « On… On devrait filer… »

    Acesmé fut de son avis, et c’est pourquoi il le suivit sans tarder dans les ruelles. Mieux valait ne pas trainer plus longtemps ici. Toutefois, il ne comprit pas pourquoi Andréa se stoppa net quelques rues plus tard le visage aussi pâle que s’il venait de voir la grande faucheuse en personne. Mais la réponse ne tarda pas à arriver. Le violon. Il avait oublié son violon. … Ah. Oui. Mais difficile de faire demi-tour à présent, bien que le blond savait à quel point son ami tenait à son instrument. La solution lui sembla pourtant toute trouvée.

    « On ne peut pas y retourner comme ça… Attend, je sais. Toi, tu restes ici. Je vais le chercher, je reviens vite. D’accord ? Tu ne bouges surtout pas. »

    Et sans lui laisser le temps de répliquer, Acesmé fit demi-tour. Plus loin, les deux inconscients avaient été découverts et on essayait de les réveiller ou simplement de comprendre ce qu’il s’était passé. Qui avait tiré et mis ces deux-là dans cet état ? Quant au violon d’Andréa, sagement rangé dans son étui, personne n’y faisait attention pour le moment. Mais mieux valait vite le récupérer. Une fois les gens calmés, nul doute qu’il serait remarqué et que le premier venu déciderait de l’emporter avec lui, ne serait-ce que pour le revendre.

    Et pourtant, ce ne fut pas un des grands baraqués aux allures de cow-boy qui attrapa l’étui, mais un petit garçon qui semblait à peine avoir la dizaine et avait des cheveux blonds en bataille. Une fois l’objet en main, bien qu’un peu grand pour sa taille actuelle, Acesmé se dépêcha de faire demi-tour. Personne n’irait soupçonner un enfant, le sylphe avait donc jugé cette apparence bien plus pratique et cela éviterait que quelqu’un le reconnaisse comme travaillant au cabaret. Edward n’apprécierait sans doute pas qu’on vienne fourrer le nez dans ses affaires pour une histoire de vol, meurtre ou on ne sait quoi d’autre. Ça éviterait peut-être aussi un savon à Andréa.

    Ainsi donc, le gamin commença à faire demi-tour vers les ruelles ni vu ni connu… quand un homme se rendit compte de sa présence et surtout de ce qu’il transportait.

    « Et petit, appela-t-il. Qu’est-ce tu as avec toi ? Montre-moi. »

    Aie. N’ayant pas envie de s’attarder, et encore moins de prendre le risque de se faire prendre l’instrument, Acesmé s’enfuit sans demander son reste. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’on ne le poursuive pas.
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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Dim 2 Juin - 15:50

    Andréa attendait. Tournant en rond malgré son abominable mal de tête, essuyant de temps à autre son visage d'un revers de manche où quelques gouttes de sang se déposaient. Il songeait qu'il aurait mieux faire de se taire, d'oublier son foutu violon et de courir sans se retourner. Mais non, il n'avait pas pu. Abandonner son instrument c'était comme laisser un petit morceau de lui dans cette ruelle. Il aurait mis des mois à s'en remettre. Acesmé le savait et il était allé le chercher pour lui. Il était parti depuis une dizaine de minutes maintenant, mais le louveteau avait perdu la notion du temps, et son absence lui semblait durer une éternité. Son cœur d'adolescent s'était recroquevillé et battait plus vite à chaque seconde, tandis que son cerveau douloureux ne cessait d'imaginer le pire.

    Et s'ils s'étaient réveillés ? S'ils avaient arrêté Acesmé ? S'ils lui faisaient du mal ?

    Pâle comme la mort, le jeune loup tendait l'oreille, trop mal en point pour oser rebrousser chemin de peur de tomber à nouveau sur le canon d'une arme à feu. Il restait là, à fixer la ruelle, guettant un souffle, un courant d'air, n'importe quoi qui l'aurait rassuré. Mais rien. Pas un bruit, ou presque.

    Enfin. Enfin il perçut un mouvement provenant de chemin qu'ils avaient emprunté. Il avait réussi, dieu merci ! Le jeune homme fit un pas en avant, pressé de retrouver le jeune artiste et son violon, puis une silhouette se détacha sur les murs de briques.

    « Acesmé ? »

    Non. Ce n'était pas lui. L'ombre arracha un hoquet de terreur à Andréa. Face à lui se tenait un être immense à la corpulence prodigieuse. Placé à contre jour, il était impossible de voir son visage. Le louveteau recula d'un pas, le monstre avança de deux. Il tendit une gigantesque main vers l'enfant qui s'éloigna à nouveau, arrachant un grognement sourd à la montagne qui s'approchait encore et toujours. Andréa frissonna en remarquant qu'une longue corne pointue s'élançait d'un côté de son crâne et que son visage, dont il commençait à percevoir les traits, était couvert d'une peau bleuâtre. Jamais il n'avait entendu parler d'une créature pareille ! Il voulu reculer encore, mais son talon heurta le bord d'un pavé et, déséquilibré, il termina à terre. Et merde. Vu d'ici le monstre était pire encore ! Sa large bouche s'ouvrit sur des dents d'une blancheur inquiétante. Il se pencha, tendant vers Andréa les cinq immenses doigts qui ornaient sa main disproportionnée. Le louveteau se recroquevilla instinctivement, couvrant son visage blessé de ses deux bras grêles. Mais c'était trop tard. Une force incroyable lui enserra le poignet et le hissa au-dessus du sol.

    Dans un sursaut instinctif, sa main libre chercha à repousser la tête affreuse dont il se rapprochait trop vite, mais elle fut à son tour arrêtée par le monstre qui l'agrippa à peine s'était-elle redressée. Andréa s'agita dans tous les sens, grognant, rageant, se débattant sans que son assaillant ne bouge. Il chercha à le couvrir de coup de pieds, mais c'était comme frapper dans mur. Aucune réaction. Épuisé, le jeune homme se résigna. Il reprit le peu de souffle qui lui restait et relevant le tête, lâcha dans un ultime geste de défis :

    « Et bien vas y ! Mange moi ! Pas la peine de m'observer comme ça ! »

    Le regard de son interlocuteur se teinta de surprise. Puis son immense bouche s'ouvrit, béante, et un gros rire s'en échappa, soulevant avec irrégularité son immense poitrail.

    « Amusant petit homme. »

    Andréa fut déposé sur le sol. Le pauvre ne comprenait plus grand chose et c'est médusé qu'il observait ce mastodonte rire aux éclats. Devait-il en profiter pour fuir ? C'était certainement ce qu'il aurait fait si la montagne de muscle ne s'était pas soudainement tue pour le fixer avec insistance. Sa grosse main glissa jusqu'au visage terrifié du garçon qui ferma les yeux de toutes ses forces. Mais au lieu de prendre un coup, elle dégagea les quelques mèches de ses cheveux sombres prises dans le sang sec qui lui marquait encore le visage.

    « Viens. »

    Andréa secoua vivement la tête, mais cette protestation fut inutile et en un instant, il se retrouva à marcher devant l’énorme personnage, empruntant le passage qu'il avait fuit un peu plus tôt aux côtés du Sylphe.

    Ils bifurquèrent plusieurs fois jusqu'à ce qu'une voix familière ne pousse le louveteau à s'arrêter.

    « Hé petit ! Qu’est-ce tu as avec toi ? Montre-moi. »

    Son imposant « compagnon » l'invita à se remettre en route d'une tape dans le dos et leur étrange duo déboucha dans le cul de sac où il avait rencontré Mich' et Jenny. Une dizaine de personnes se tenait là, dont Buffalo Bill, qu'Andréa reconnu à ses moustaches et Annie Oakley toujours en possession de son fusil. Si quelques uns s'occupaient des deux jeunes gens inconscients, la majorité des protagonistes s'étaient tournées vers un petit garçon blond comme le soleil tenant entre ses mains le violon du louveteau, qui paniqua en silence. Et Acesmé ? Andréa le chercha du regard sans résultat. Tout lui semblait terriblement compliqué et il n'était pas certain que cela irait en s'arrangeant.

    « Bill, tonna la voix du solide gaillard toujours derrière Andréa. Trouvé ce petit homme dans la rue. Derrière. Blessé. »

    La troupe se tourna comme un seul homme vers Andréa qui rentra la tête dans ses épaules tant il était mal à l'aise. Pire encore, il constata que Jenny était en train de se réveiller. Les ennuis lui fonçaient droit dessus et se préparaient à l'écraser avec une force dont il se serait bien passé.

    Buffalo Bill tira lentement sur sa moustache, observant avec curiosité Andréa et l'enfant aux cheveux blonds.

    « Merci à toi, Pâquerette-du-matin, je le reconnais, il a participé à au numéro d'Annie. » Il se tut quelques secondes, enfonçant son regard piquant dans celui des deux jeunes garçon, avant de reprendre avec fermeté. « Alors ? Il semblerait que vous étiez tous deux dans les parages lorsque deux de nos amis se sont fait attaquer. Auriez vous vu quelque chose mes enfants ? »

    Andréa avait arrêté son cerveau sur « Pâquerette-du-matin ». Se retournant lentement, son regard glissa avec inquiétude sur le monstre auquel l'expression devait faire référence. À la place de l'affreuse créature cornue qu'il avait imaginé se tenait un amérindien au visage colorée de peinture guerrière bleue et dont l'unique corne s’avérait être une longue plume de faisan. Le jeune homme ne sut s'il devait rire ou pleurer, mais le regard et surtout la musculature de Pâquerette-du-matin le dissuada de toute réaction.

    « C'est lui ! C'est lui qui nous a attaqué ! Mich' a voulu se défendre avec son arme, mais il la lui a prise ! Salaud ! »

    La voix suraiguë de Jenny avait résonné avec force dans la tête d'Andréa qui s'offusqua immédiatement, fou de rage.

    « Sale garce ! Tu mens encore ! J'aurais du appuyer sur la gâchette au lieu de te laisser en vie ! »

    Le sourire triomphant de Jenny éclaira le louveteau sur l'immense bourde qu'il venait de faire. Bégayant une vague explication, il sentit la poigne de fer de l'indien emprisonner son épaule, alors que Buffalo Bill récupérait le violon de la main du petit blondinet.

    « Bien… Je crois que tout est clair. Nous sommes donc en compagnie d'un petit voleur et d'un dangereux jeune homme. Je pense qu'en les confiant au premier agent de police venu nous rendrons un fier service à cette belle ville française. Jenny, te sens tu te nous accompagner pour expliquer ce qui s'est passé au policier ? 

    - Ou… Oui… Je devrais pouvoir. Il le faut de toute façon… lâcha-t-elle d'une faible voix. »

    Elle tourna rapidement le tête vers Andréa, elle était déformée par un regard dédaigneux et un sourire si vile et si mesquin qu'il lui donnait un air de diablesse. Et si la poigne de Pâquerette-du-matin n'avait pas été si prodigieuse, nul doute que le louveteau, bouillant de rage, aurait étripé la jeune femme sur place.

    Une seule question persistait dans son esprit furieux. Où était passé Acesmé ?

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Jeu 13 Juin - 18:21

Coincée entre ses lèvres, sa cigarette commençait à plier légèrement. Lentement, le lycanthrope en extirpa sa dose quotidienne de nicotine. Retirant son chapeau, le brun passa sa main de libre dans ses cheveux et s'essuya le front, il commençait à trouver la journée particulièrement longue et savoir qu'il devrait en plus veiller au bon déroulement de l'exposition universelle durant toute sa durée ne l'enchantait guère, même si ça faisait partie intégrante de son travail et que ça le changeait de son quotidien.
Machinalement, l'agent reposa son large chapeau noir sur sa tête et fit quelques pas, jugeant après un bref coup d'œil à sa montre à gousset, que sa pause avait été suffisamment longue. Billy le rejoignit avec un large sourire, lui montrant d'un air triomphant un panel de gants de bonne facture, lui certifiant qu'ils avaient un intérêt essentiel pour ses missions d'infiltration. Aldrick l'écouta avec peu d'attention lui vanter les mérites d'un bon déguisement avec un enthousiasme qui faisait pourtant plaisir à voir. Mais il aurait pu répéter après son second bien des mots tant le discours avait peu de variantes. Il s'en abstint. En agissant ainsi, le policier n'avait pas besoin de réfléchir à un sujet de conversation et pouvait à loisir paraitre concerné tandis qu'il surveillait les environs.
Ses yeux dorés passèrent sur la foule, s'arrêtant parfois sur une œuvre insolite, sur un visage perplexe ou admiratif, et allait même jusqu'à se perdre sur les courbes avantageuses du sexe opposé, mais jamais ne s'attardaient ; du moins pas jusqu'à ce que face à eux n'arrive -au détour d'une ruelle- un groupe pour le moins cocasse.

Le brun devina sans mal que son collègue avait eu la même réaction de perplexité face au tableau qui se peignait devant eux: un indien, grand, imposant, l'air détaché et froid, tenant par l'épaule un jeune homme brun, au front ensanglanté que le commissaire reconnu aussitôt. Ce dernier semblait particulièrement contrarié au vu de la mine renfrognée qu'il affichait et des pulsions meurtrières qui émanaient de tout son être. Face au duo décalé, se tenait un groupe de personnes semblant faire un spectacle, dont se détachait le désormais célèbre Buffalo Bill ainsi qu'une jeune femme mal en point

Billy le devança en s'enquérant d'un ton suspicieux:


-Que se passe-t-il ici? Tout va bien messieurs, dames?

Le lycanthrope ne dit mot, son regard fixé sur Andréa, s'éternisa un instant, avant qu'il ne passe sur chacun des présents. Alors seulement il remarqua le violon dans les mains du moustachu.
Le roux sorti sa plaque et sourit aux concernés, tentant ainsi d'avoir une réponse plus rapidement.
Haussant un sourcil, le commissaire laissa sa main gagner ses lèvres et en ôta enfin la cigarette qu'il avait consumée et qui venait de s'éteindre, pour la jeter avec nonchalance dans la poubelle la plus proche -qu'il avait atteint d'un pas lent. Sur ses gardes, il avait laissé l'une de ses mains glisser jusqu'à sa ceinture, près de son revolver, mais n'y toucha pas, se contentant d'observer la jeune femme qui s'avançait vers Billy d'un air rassuré, comme s'il était le messie ou n'importe quelle autre figure libératrice.


-Dieu soit loué! Vous tombez à pic! Pour une fois que la police est là quand il faut! C'est lui! Il a tenté de me tuer! Son index vindicatif pointa Andréa et toute la haine qu'elle semblait porter au jeune homme émanait de ces quelques mots. C'était horrible!

Aldrick s'avança jusqu'au louveteau, droit comme la Justice, il le fixa de toute sa hauteur, faisant ainsi lâcher prise à Pâquerette-du-matin, qui recula d'un pas. Il le connaissait peu, mais -alors qu'un duel visuel paraissait s'échanger entre eux deux- il s'enquit d'une voix sourde:

-Alors on maltraite les dames, gamin?
-Regardez! Il a pointé son arme ici, sur ma gorge!
Insista Jenny, en agrippant Billy pour lui montrer son visage sale.

*Son arme? Depuis quand aurait-il besoin d'une arme pour réduire à néant tous ceux qui lui causeraient du tort ici?* Songea le commissaire tandis que passait sur son visage un rictus sceptique.

-Quelle arme? S'enquit le roux.

Les regards convergeaient vers le pistolet que leur chef avait ramassé plus tôt. Buffalo Bill sourit et mit ensuite une tape sonore dans le dos d'un gamin blond qui jusque-là été passé complétement inaperçu, pour le faire s'avancer.


-Quant à celui-là, il a voulu nous voler! Lâcha le moustachu comme une moquerie, sans se défaire de son violon.
-Vous voler quoi? S'enquit l'officier roux en se défaisant habillement des griffes de l'estropiée sans paraitre discourtois, pour récupérer l'arme du crime avec un mouchoir. Bien, on verra ce qu'en dit le légiste.

Il y eut ensuite un moment de silence, trop long pour que ça semble être naturel. L'assemblée parut soudain mal à l'aise, sans pourtant qu'aucun d'eux n'échange un mot, laissant à Billy tout le loisir de réitérer sa précédente question.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Sam 13 Juil - 10:10


    Si Acesmé avait pensé pouvoir filer sans se faire remarquer, c'était loupé à présent et ça le contrariait fortement. Il s'était dit que personne ne ferait attention à un enfant, c'était loupé. Une grosse brute l'avait poursuivit et il s'était fait attrapé avant qu'il n'ait eu le temps de disparaître tel un courant d'air, au sens littéral du terme, à un tournant. S'il avait tout à fait les capacités de s'enfuir de la poigne de l'homme qui le ramenait vers le groupe, en revanche ça signifiait abandonner le violon d'Andréa, et ça c'était hors de question. Il était venu pour ça après tout et il n'était pas dans ses plans de retrouver de lycanthrope les mains vides. Il allait falloir qu'il trouve un moyen de s'échapper...

    Enfin... du moins il avait cru qu'il n'aurait qu'à penser à sa propre évasion. En retournant vers le groupe de personnes, Acesmé ne s'était aucunement attendu à ce qu'Andréa ne le rejoigne. Visiblement, le pauvre garçon s'était fait attrapé. Et pas un espèce de mastodonte sur patte qui plus est. Au vu de sa taille actuelle, l'indien avait l'air d'un géant pour le sylphe. Mais Acesmé ne chercha pas à détailler l'homme pour reposer son regard sur Andréa. Ce dernier semblait complètement paniqué et regardait partout autour de lui. Il n'avait pas l'air de le reconnaître, mais le sylphe pouvait le comprendre. Après tout, jamais il n'avait dévoilé cette capacité au lycanthrope.

    Quand l'homme qui s'avérait être Buffalo Bill leur demanda ce qu'il s'était passé, Acesmé n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour répondre qu'on prit la parole.

    « C'est lui ! C'est lui qui nous a attaqué ! Mich' a voulu se défendre avec son arme, mais il la lui a prise ! Salaud ! »

    Ah, la rousse était revenue à elle. Et elle retournait la situation à sa façon bien sûr... Enfin, Acesmé devait bien avouer n'avoir aucune idée du commencement des événements et quand il était arrivé Andréa tenait bel et bien une arme avec la jeune femme comme cible. Mais il doutait que le lycanthrope ait eu l'initiative de l'attaque, ça ne lui ressemblait pas.

    « Sale garce ! Tu mens encore ! J'aurais du appuyer sur la gâchette au lieu de te laisser en vie ! »

    Acesmé se passa une main sur la figure. Il était obligé de répliquer ? Maintenant c'était sûr, le louveteau allait être étiqueté comme « coupable ».  Et voilà qu'on le traitait lui-même de voleur maintenant, il ne manquait plus que ça. Ils étaient  bons pour être envoyé tous les deux chez un agent de police, Bill le mentionna d'ailleurs. Si lui s'en sortirait avec un sermon sans doute au vu de son jeune âge apparent, Acesmé avait toutefois peur de ce qui attendait Andréa.

    Buffalo Bill prit alors le violon des mains du sylphe, jugeant sans doute que si c'était un objet volé il pouvait très bien se l'approprier. Ce dernier protesta évidement pour qu'on lui rende, mais personne ne chercha à l'écouter. Évidement... Le problème quand on avait la tête d'un enfant c'était que personne ne prenait la peine de voir ce que vous aviez à dire. Il aurait dû prendre une apparence plus âgée peut-être, suffisamment pour ne pas être reconnu par la femme.

    « Que se passe-t-il ici? Tout va bien messieurs, dames? »

    Et maintenant la police. Ça allait de pire en pire pensa le sylphe avec une note de désespoir. Comme allaient-ils se sortir de là ? Alors que les deux agents arrivés échangeaient avec les membres de la troupe, qui bien évidement faisait accuser Andréa de tous les mots du monde, Acesmé réfléchissait à une façon de s'en sortir.
    Enfin, quand le silence se fit maître de la ruelle, le sylphe profita de cette occasion pour faire entendre sa voix. Autant user de cette chance ou jamais personne ne le laisserait parler !

    « Ce qu'ils disent est faux ! S'exclama-t-il en tachant de prendre le vocabulaire d'un enfant pour ne pas paraître louche. C'est la dame rousse qui a attaqué la première ! »

    Ça, il ne l'avait pas vu, mais il arrivait à le deviner sans trop de mal. Et puis, si la rouquine cherchait à arranger l'histoire à sa convenance, il pouvait très bien en faire de même après tout.

    « Et après, quand le monsieur s'est défendu il s'est enfui et a laissé son violon ! Je ne suis pas un voleur, j'allais lui rapporter. C'est vous qui le volez ! »

    Sur ce, il imita la moue contrariée d'un enfant. Autant être crédible jusqu'au bout dans son rôle.


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Sam 27 Juil - 10:48


    Tout le monde est bien installé ? Oui ? Alors c'est reparti pour une adaptation en live, et en improvisation s'il vous plaît, d'une grande scène tragique. L'héroïne, une sale garce menteuse et sournoise, doit convaincre, dans un cri de désespoir déchirant, un agent de police de sa grande détresse. Dans son éloquente prestation, elle rejette avec adresse tous les maux sur la victime de l'histoire, qui sent en lui une envie grandissante de lui faire bouffer ses jupons. Hélas pour ce pauvre hère, une poigne ferme le retient, l'obligeant de se contenter d'une excellente imagination quant-aux mille et unes envies meurtrières qui lui passent par la tête. Ajouté à cela que son salut dépend d'un rouquin et d'un loup-garou visiblement peu enclin à le croire et vous obtenez un Andréa bouillonnant de rage et regrettant sévèrement de ne pas avoir transformé cette truie rousse en passoire lorsqu'il en avait l'occasion.

    Un personnage clef se manifeste. Aldrick, le grand et merveilleux Aldrick, joue de sa prestance et de sa carrure d'exception pour que Pâquerette-du-matin daigne libérer son prisonnier. Ce fut chose faite sans une once de protestation de la part de l'immense armoire à glace, mais la louveteau se trouvant soudainement libre, s'empressa de faire un pas vers celle qu'il voulait réduire au silence. Il lui aurait sauté dessus si encore une fois, la stature du commissaire n'avait pas interféré dans ses plans.

    3, 2, 1… Action !

    « Alors on maltraite les dames, gamin ? »

    Le visage d'Andréa se tordit dans une grimace de haine. Son regard sombre coula rapidement jusqu'à la jeune femme dont les serres étaient toujours agrippées au bras du second agent, puis il revint se planter dans les iris d'ambre du commissaire, et c'est sans aucune compassion qu'il lâcha entre sa mâchoire crispée :

    « Pas assez pour qu'elle la ferme visiblement… »

    Pas un seul instant il ne chancela, son regard n'était que rage et détermination. Maintenant qu'il était enfoncé jusqu'au cou dans les emmerdes, il préférait ne pas se débattre inutilement, concentrant toute son énergie dans sa volonté de rayer Jenny de la carte.
    Cependant, un élément nouveau s'ajouta à leur représentation surprise, élément qui bouleversa plus encore le louveteau. Son violon. Il était au cœur de la seconde affaire confrontant le jeune blondinet avec la troupe du Wild West Show. Le sang d'Andréa ne fit qu'un tour lorsqu'il comprit ce que Bill était en train de faire. Il voulait s'approprier son instrument ! Mais pourquoi ?! Pourquoi ?! Il n'était pas idiot tout de même, il avait bien dû le remarquer lorsqu'Andréa avait participé au numéro d'Annie Oakley. C'était bel et bien son violon. Il n'y avait qu'à voir l'état de l'étui pour ne pas en douter. Le cuir fatigué, la poignée branlante… Serrant les poings, la mâchoire crispée, le loup attendit le bon moment pour intervenir. Cette fois c'en était trop. Pourtant, au-lieu de la fureur d'Andréa, ce fut la petite voix d'un enfant qui rompit le silence.

    Le garçonnet, d'une dizaine d'année à peine, s'était courageusement dressé contre ces menteurs pour tenter de rétablir un brin de vérité dans tous ces témoignages. Cela surprit Andréa car tout au long de son agression, il n'avait pas remarqué ce petit homme. Il est vrai qu'il était bien sonné, aussi cela ne l'étonnait guère qu'un tel détail lui ait échappé. Malheureusement pour l'enfant, le douce Jenny préféra couper court à son témoignage, pour ajouter une bonne couche de mensonges propre à son rôle de demoiselle en détresse. Enserrant le bras de Billy comme s'il s'agissait de sa propre vie, elle hoqueta dans un sanglot d'actrice confirmée, avant de lâcher d'une voix balbutiante :

    « Oh monsieur ! Jamais… Jamais je n'aurais pu ! J'ai eu si peur, et maintenant on m'accuse ! Je… Je crois que je vais défaillir… »

    À vomir.

    Andréa serrait si fort ses poings, que le sang n'y circulait presque plus. Il tremblait de rage. Comment était-il possible que personne ne se rende compte qu'elle mentait ? Pourquoi aucun de ces idiots ne remarquait son manège ?! La respiration saccadée du louveteau et le regard assassin qu'il lança à Jenny ne laissait aucun doute sur le sort qu'il lui réservait. Ils se payaient tous sa tête, et c'était loin d'être terminé.

    « Il a avoué. Il a également admi qu'il aurait dû tirer, nous en sommes tous témoin ainsi que le petit ici présent. Quant-à ce violon, je ne peux ni vous confirmer, ni vous démentir la version du garçon. J'admets que j'ai peut-être parlé trop vite à ce sujet. Il faudrait que je fasse le tour de ma troupe pour m'assurer que l'instrument n'est pas à eux. »

    Buffalo Bill tira longuement sur sa moustache, l'air songeur. Ses iris se promenaient entre l'étui abîmé et le blondinet, sans qu'il arrête son choix. Une chance pour lui, Jenny s'en chargea à sa place. Trop heureuse de pouvoir enfoncer un peu plus son « pigeon » préféré, elle s'affaissa contre Billy, murmurant d'une voix éteinte :

    « C'est… C'est le violon de Mich'… Il voulait me jouer un nouveau morceau quand… Quand il nous a… »

    Sa phrase s'acheva par un sanglot. La goutte d'eau qui fit déborder le vase. Andréa explosa.

    « Sale petite trainée ! C'est mon violon ! Arrête de dire n'importe quoi ! C'est toi la cause de ce bordel, toi et ton crétin de petit copain ! Si tu n'avais pas tiré sur… »

    Il se tut brutalement. Il y avait comme un hic dans son argumentation. Acesmé. Acesmé sur qui on avait effectivement tiré, mais comment expliquer qu'il ne soit pas là, qu'il ne soit pas mort ?! Son unique témoin s'étant volatilisé, il lui devenait impossible de justifier son geste. Cette frustration ne fit qu'accroitre le malaise et la colère du loup qui se sentait pris au piège. La rouquine sauta sur l'occasion pour enfoncer le clou d'une voix chétive :

    « Il est fou… Fou. Il était comme enragé ! Oh monsieur l'agent par pitié, il ne faut pas le laisser en liberté, il est dangereux ! C'est un animal… »

    Son regard de cocker trouva sans peine les iris bleues de Billy, alors que ses mains faussement tremblantes cherchaient un soutien dans les plis de sa veste.

    Le mot de trop. Encore une fois…

    Andréa se rua vers elle. Elle avait raison, il était fou. Fou de rage devant tant de mensonge, fou de tristesse face à un tel acharnement. Il se fichait de finir au bout d'une corde. Il voulait juste qu'elle se taise et qu'elle se taise maintenant.

    « Crève ! »


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Ven 30 Aoû - 19:49

La répartie du jeune lycanthrope arracha un air amusé au commissaire. Pour ça il tenait de son oncle apparemment. C'était pas son genre d'avoir sa langue dans sa poche quand ça n'allait pas et ce n'était pas plus mal. Car là ils avaient affaire à un sacré sac de nœuds. Entre la belle qui prétendait à l'agression puis au meurtre, le patron qui ramassait l'arme du crime sans même avoir appelé les autorités pour leur en référer, le jeune passant blond qui clamait le vol présumé d'un violon...sans compter tous les Légendaires impliqués. Il avait de quoi faire.

Son regard se perdit sur Pâquerette du Matin, tentant de définir par l'odeur qui était en réalité cet homme mais déjà les phrases se faisaient assassines et les répliques mauvaises. L'agent fronça les sourcils, il y avait du mensonge dans l'air ou il n'était pas flic ! Billy lui lança un regard de biais, Aldrick approuva, et avec cette habileté qui était sienne, se défit dans une aisance hallucinante des pleurs de la princesse pour venir récupérer l'étui.


-Nous allons aussi examiner cet objet dans ce cas. Sa voix était ferme et sans appel, il attendit un peu, sortant un autre mouchoir, et un haussement de sourcil suivit d'un regard insistant lui permit d'avoir l'instrument entre les mains. Merci bien m'sieur.

Le commissaire sourit, il y avait dans les frasques de Billy quelques fois des petites étourderies qui lui permettaient de trouver la journée moins longue. Ainsi il savait fort bien que ce petit rictus imprimé sur ses lèvres n'était autre qu'un signe d'agacement. Vraisemblablement il n'appréciait guère le chef de la troupe. Comment lui en vouloir alors que le gredin avait déjà fait tourner en bourrique pas mal d'agents avant même l'ouverture de l'exposition ?

-Bien, commençons par régler ce qui peut l'être... Déclara le commissaire dans un soupir.

Mais déjà la belle glissait que le violon était à un certain Mich', et la bombe à retardement face à lui, à ses mots fini par exploser, Andréa hurla qu'on avait tiré sur quelqu'un sans plus de précisions puis s'élança avec une rage qu'il ne lui avait encore jamais vu sur Jenny.

Là tout alla vite. Très vite. Le visage crispé du brun, n'articula qu'un seul mot avant de s'élancer. Il ne fallut que quelques secondes à Aldrick pour réaliser ce qu'il allait faire et son corps entier se mit en mouvement à sa poursuite.


- EH ! En quelques enjambées il fut sut lui. ARRETES ! Ordonna-t-il d'un ton sec et souverain avant de l'attraper par le bras.

Billy quant à lui, s'était rapproché de Jenny, pour s'interposer entre eux, sans lâcher le violon. Il salua d'un soupir de soulagement l'action. Manifestement il avait hésité à sortir son arme. Jenny quant à elle avait eu un mouvement de recul tel qu'on aurait cru qu'elle avait vu un fantôme ou une créature diabolique. Elle semblait à deux doigts de tomber dans les pommes.

Aldrick soupira sans lâcher Andréa pour autant, pestant intérieurement contre son impulsivité avant de demander d'un ton qui se voulait calme au jeune lycanthrope :


- Quels sont les signes distinctifs de ton violon ? Un silence s'en suivit. Le commissaire insista : Eh ! Je te parle ! Le gosse là, il désigna Acesmé d'un signe de tête, dit aussi que ce violon est à toi. Si c'est le cas, il doit bien y avoir quelque chose que toi seul connait à son sujet, non?

Billy, qui jusque-là était resté silencieux, reprit un semblant de contenance, invitant le garçon blond à se rapprocher, non sans avoir gratifier son supérieur d'un regard perplexe. Mais son professionnalisme reprenant le dessus, il avisa les présents, et se pencha vers l'enfant.

- Approches s'il te plait. Dis-moi, comment t’appelles-tu ? Tu veux bien nous raconter ce que tu as vu tout à l'heure ?

Le roux le gratifia d'un sourire dont il avait le secret, un de ceux qui ne sont là que pour apporter réconfort et pardon. Un sourire qui rassure. D'une voix calme il poursuit :

- Tu connais ce garçon ? Tu as dit tout à l'heure que Miss Jenny l'avait attaqué, tu veux bien nous dire comment ça s'est passé ? Ne t'inquiètes pas personne ne te fera de mal.

Buffalo semble soudain s'indigner.

- Allons messieurs, ce n'est qu'un enfant ! Peut-être même son complice !
- Ecoutons au moins ce qu'il a à dire voulez-vous ? Lanca Billy d'un ton sans appel.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Ven 30 Aoû - 22:19


    Franchement, toute cette situation commençait à sérieusement donner mal à la tête à Acesmé. Tout le monde parlait en même temps, voir criait pour certains. Un brouhaha incessant où le mensonge se mêlait à la vérité pour tenter de l'étouffer. Et il était épuisant de se faire constamment contredire sans avoir aucun moyen de prouver sa version des faits. Mais le sylphe prit sur lui. S'énerver ne mènerait  à rien, voir même ça empirerait la situation si lui aussi perdait son sang froid. Alors il tâcha d'oublier tout le monde autour et de se concentrer uniquement sur les protagonistes de l'affaire. Andréa, l'agent de police, et la rousse qui mentait comme elle respirait.

    D'ailleurs, elle faillit bien lâcher son dernier souffle.

    Ce fut très rapide, et n'ayant pas du tout vu venir la chose Acesmé ne put réagir. D'un seul coup, tel un animal enragé, Andréa venait de se jeter sur la rousse. Non ! Pensa le sylphe, horrifié. Peu importe sa colère, s'il la frappait, devant la police en plus, il était fichu ! Il ouvrit la bouche pour crier le nom de son camarade, mais il n'eut pas le temps d'émettre un son que l'agent de police venait d'intercepter le louveteau. Plusieurs choses passèrent alors par la tête du blond. D'abord, du soulagement. Un peu d'inquiétude pour Andréa aussi. Puis, de l'étonnement. Que le brun ait pu réagir aussi vite et avec assez de force pour stopper le jeune lycan l'intriguait. Occupé à chercher une solution à leur situation, il n'avait pas vraiment pris le temps de détailler les nouveaux venus... mais une idée vint germer dans sa tête. Un non-humain … ? Ce n'était pas une possibilité à exclure. Après tout, il était bien placé pour savoir que les créatures dîtes surnaturelles ne se cachaient pas qu'au Lost.

    Le sylphe aurait voulu l'examiner plus longtemps, dans l'espoir de trouver un indice qui confirmerait son hypothèse. Il aurait pu le repérer à l'odorat mais avec autant de monde autour et Andréa qui émettait des ondes négatives très fortes, l'odeur du lycanthrope adulte s'en trouvait étouffée. Le blond l'assimilait plutôt à Andréa du coup... Quoi qu'il en soit, Acesmé ne put poursuivre ses interrogations intérieures car l'assistant, du moins c'était ce qu'il avait l'air d'être, du policier vint à sa rencontre.

    « Approches s'il te plait. Dis-moi, comment t’appelles-tu? Tu veux bien nous raconter ce que tu as vu tout à l'heure?  »

    Ah... Oui, forcément. Vu son apparence, on allait s'adresser à lui comme à un enfant. Et sans doute que s'il en avait été vraiment un, il se serait laissé rassurer par le ton amical et le sourire du jeune homme. Mais il semblait sympathique. Et puis, les policiers étaient là pour rétablir la vérité et rien de plus. Inutile de se montrer méfiant.

    « Ne t'inquiètes pas personne ne te fera de mal.  »

    Acesmé retint un sourire. Ce n'était pas vraiment ça qui l'inquiétait... Il se souciait surtout du sort d'Andréa plutôt que du sien. Il doutait qu'on puisse le blesser et son apparence d'enfant n'était qu'un déguisement, si l'on pouvait dire. Quoi qu'on décide pour lui, il pourrait se tirer de cette histoire sans aucun dommage. Il fronça un peu les sourcils en revanche en entendant la répartie de Buffalo. Évidement, ça ne l'arrangeait pas que des membres de sa troupe soient accusés. C'était tellement plus simple d'aveuglement reporter la faute sur les autres.  Quoiqu'il en soit, c'était maintenant à lui de prendre la parole. Il jeta un bref coup d'œil à Andréa, puis ouvrit la bouche.

    « J'étais parti m'acheter des crêpes, commença-t-il, mais je me suis perdu en chemin. On m'a indiqué une mauvaise route je crois. Là, j'ai vu la dame rousse qui menaçait le garçon pour avoir son violon. Il a réussi à la repousser et il s'est enfui. Mais comme il avait oublié son violon j'ai voulu le lui rapporter, mais on m'a attrapé à ce moment là et puis vous êtes arrivés. »

    A deux ou trois détails près, il ne mentait pas après tout. Toutefois, il espérait qu'Andréa ait compris les indices qu'il avait laissé dans son histoire. Il ne pouvait décidément pas lui dire comme ça, devant tout le monde, qu'il était Acesmé. Même si les gens ne comprendraient pas, ça semblerait étrange. Il ne pouvait qu'espérer que le lycanthrope le devine par lui-même, sinon, il devrait attendre encore un peu avant que le sylphe ne puisse lui dévoiler son identité.


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Dim 22 Sep - 16:10


    « Arrêtes ! »

    Une poigne de fer se saisit de son bras, le contraignant une fois de plus à rester sur place. Andréa décocha un regard noir au commissaire, la rage lui broyait l'estomac. En temps normal il se serait débattu, quitte à finir menotté et balancé dans le premier panier à salade venu. Il ne craignait pas de frapper, de griffer ou de mordre tant que cela lui permettait d'enfoncer son poing dans le visage de Jenny. Mais l'ordre ferme d'Aldrick l'avait littéralement cloué sur place. Il bouillait intérieurement, enrageait en silence, tandis qu'une force inconnue l'empêchait de faire tout mouvement. Il se sentait injustement piégé et l'attente à laquelle on le condamnait, le rendait plus vulnérable encore aux assauts de la vipère rousse.

    Aldrick reprit la parole.

    Un signe distinctif sur son violon ? Le regard du louveteau se teinta de désespoir et un lourd soupire souleva ses épaules. Ses iris abandonnèrent celles du commissaire sans qu'un soupçon de réponse ne vienne troubler ses lèvres. Pourtant il existait bel et bien une particularité, mais il était hors de question qu'il en révèle l'existence. De toute façon, à part lui attirer des ennuis supplémentaires et provoquer un éclat de rire général, cela n'aurait servi à rien.

    S'enfermant dans un mutisme absolu, il observa d'un œil distrait le second agent interroger le blondinet accusé de vol. Les paroles du garçon résonnèrent étrangement dans l'esprit d'Andréa, lui rappelant une sortie mouvementée qu'il avait faite avec Acesmé. Il resta sceptique quelques secondes avant d'écarquiller les yeux, comprenant enfin de quoi il retournait. Ces cheveux blonds, ces beaux bleus et cette allure gracieuse qu'arboraient l'enfant des rues, sa gestuelle si fluide qui semblait familière à Andréa. C'était évident, il était là depuis le début. Ce gamin c'était Acesmé ! Mais par quel miracle pouvait-il…

    Un élan d'espoir s'empara du corps du louveteau qui dut plaquer une main sur sa bouche pour empêcher le nom du jeune sylphe de s'en échapper. Il écouta avec attention son histoire, et souhaita même y participer pour tenter de se sortir du pétrin, mais Buffalo Bill avait décidé autrement :

    « Minute petit… Tu ne mentionnes pas Michael dans ton récit. Pourtant si Jenny a, comme tu le dis, attaqué ce garçon, cela n'explique pas que notre employé ait été retrouvé inconscient sur les lieux. »

    Le cœur d'Andréa se serra. Ce type avait raison. La première partie de l'histoire était bien plus complexe que ça, d'autant que l'un des témoins manquait à l'appel. La jeune femme qui l'avait sauvé de la mort s'était volatilisée, et il serait plus que complexe de faire entendre raison à cette troupe solidaire. Acesmé ne sachant rien des quelques minutes qui avaient précédé l'altercation avec Jenny, aussi Andréa choisit de prendre la parole pour tenter une dernière fois de rattraper ses bourdes.

    Il avait retrouvé un semblant de calme, se sentant sans doute soutenu par le fils de l'air, et lança d'une voix légèrement hésitante :

    « C'est parce qu'ils m'ont tendus un piège tous les deux. Ils ont cru que j'avais de l'argent alors… Michael devait me détrousser pendant que Jenny surveillait le passage. Mais je n'avais rien et il a commencé à s'emporter. Il m'a frappé le premier et je me suis juste défendu ! »

    Le patron du Wild West Show haussa lentement un sourcil et tira sur sa moustache d'un air songeur. La déclaration le laissait visiblement perplexe et il étudiait le probabilités pour qu'un tel événement ait pu avoir lieu. Finalement, ses iris vinrent trouver celle du commissaire, et il s'expliqua lentement :

    « Pensez bien commissaire, que si j'ai engagé Michael c'est parce qu'il me semblait un honnête travailleur. Je ne nie pas qu'il a tendance à s'emporter, mais jamais il ne m'a paru dangereux. Cependant si ce que décrit ce garçon se révèle exact, je vous prie de croire qui j'y suis tout à fait étranger. »

    « Mais c'est faux ! » s'époumona Jenny, soudainement ravivée par la flamme de la méchanceté.

    Ses mains se glissèrent fébrilement autour du bras de Billy, s'y agrippant comme les serres d'un rapace autour de sa proie. Elle jouait toujours le jeu de la victime, posant son regard humide dans les iris de l'agent, le visage crispé dans une moue proche de la crise de larmes.

    Mais ses tremblements n'étaient que jubilation, ses sanglots dissimulaient des éclats de rire et ses larmes étaient de joie. Elle s'adorait. Elle était fière d'avoir le dessus et ne comptait pas s'arrêter là.

    « Vous… Vous avez bien vu. Il a failli me sauter à la gorge. Il est violent ! Il… Il me fait si peur ! Et cet enfant doit être terrorisé à l'idée d'être accusé de vol… Il ne faut pas lui en vouloir, il est bien normal que ce pauvre petit se défende comme il le peut… »

    Elle adressa un regard de pitié à Acesmé, s'attribuant désormais le statut de jeune femme sensible et proche des opprimés. Elle était si convaincante, que même Pâquerette-du-matin essuya de sa grosse main, une petite larme qui perlait au coin de son œil. Et à son tour, Andréa commença à douter. Il vacilla légèrement sous la poigne d'Aldrick, se demandant s'il n'avait pas rêvé toute la scène. Après tout… Il avait perdu connaissance et…

    Un quart de seconde suffit à le rappeler à l'ordre. Le bref coup d'œil que venait de lui accorder Jenny le fit frissonner d'effroi tant il était cruel. S'il ne se battait pas, elle le mettrait à mort sans hésitation.

    « C'est dans l'étui. Il y a une poche. » abandonna Andréa dans un souffle.

    Il leva la tête vers Aldrick. Ses iris noisettes trahissaient son état d'inquiétude et de malaise à révéler  un tel secret, mais il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas faire justice lui-même, il lui fallait compter sur les autres, quitte à éprouver le plus terrible des embarras. Alors il inspira profondément, et reprit très lentement d'une voix éteinte :

    « Sous le couvercle, il y a une poche tout en bas, l'ouverture est presque collée contre la paroi et dedans… Il y a la photographie d'une famille pliée en quatre… Au dos il y a quatre prénoms et… »

    Il se tut, refusant de poursuivre. Dieu qu'il avait honte.

    Parmi ces quatre noms il y avait le sien et celui de ses sœurs. Deux autres mots, inscrits de sa plume maladroite, s'y trouvaient également : «Père» et « Mère ». En observant le recto, on comptait bel et bien une famille de six, mais ce n'était pas celle d'Andréa, il n'y avait aucun doute là dessus. D'ailleurs, la chevelure blonde du jeune garçon avait été coloriée en noir avec maladresse. Non. Ce n'était qu'une pale imitation de la famille Eyssard. Le mieux qu'Andréa ait trouvé pour ne pas les oublier…


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Lun 25 Nov - 11:48

Billy arqua un sourcil devant la scène, ayant comme un sentiment de déjà vu lorsque Jenny se rapprocha. Lui qui pensait s'en être défait voilà qu'elle revenait à la charge de plus belle. Mais plus que sa lassitude à cet égard, il était surpris que le jeune homme ne soit même pas daigné lui donner son prénom. Le chevalier roux l'aurait bien cru timide s'il n'y avait eu cette tirade ensuite. Pas que ce fut spécialement long, mais assez tout de même pour que l'enchainement de la totalité des faits lui semble un peu surprenant. Qu'est-ce qu'un gosse de cet âge pouvait bien avoir à cacher ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir d'avantage que le gamin retenu par Aldrick intervenait. Billy fut troublé devant cet air qu'il afficha sous la gêne. Un instant, il lui rappela terriblement son supérieur face à certaines dames. Son regard coula de l'un à l'autre puis atterrit finalement sur le violon d'où il extirpa avec précaution le cliché cité -non sans quelques difficultés pourtant. Il chercha l'écriture au dos, qu'il trouva sans mal, tremblante et peu sûre d'elle. Le roux ne lut pourtant aucun des noms à voix haute, se contentant de le déplier doucement sans en laisser la vision à la belle, puis le replia avant d'annoncer :

- Le petit a raison, c'est bien son violon. Il eut un fin sourire, à peine perceptible et remit la photo dans la poche de l'étui, préférant ne pas la replacer au même endroit car il n'était pas sûr de réussir à réitérer la manœuvre inverse sans  l'endommager d'avantage. Sa main se posa ensuite doucement sur celle de Jenny et un étrange air passa sur son visage jadis protecteur. Je crois que vous nous devez à tous quelques sérieuses explications Mademoiselle.

Buffalo et Pâquerette-du-Matin de leurs côtés tiraient une tête de trente-six pieds de long sous la surprise, ne semblant plus rien comprendre aux évènements. Les épaules du commissaire s'affaissèrent de soulagement, et il desserra un peu sa poigne sur le bras du brun, avant de glisser dans un murmure pour lui seul :

- Bien joué. C'était le moment opportun.

Pour un peu, il lui aurait ébouriffé les cheveux mais  il n'en fit rien, laissant ses iris dorés analyser le jeune homme blond. S'il sentait bien que lui non plus n'était pas humain, il lui était complexe de savoir réellement de quoi il en retournait, mais manifestement il était du côté du louveteau alors il jugea qu'il était inutile de s'inquiéter pour des choses qui n'en valaient pas la peine. Cependant tout n'était pas des plus limpides en dépit de ce point maintenant éclairci. Le lycanthrope réfléchissait à toute vitesse.

*Alors, le violon est à Andréa. Ça c'est prouvé, c'est bon. Jenny et ce Michael lui auraient tendu un piège. Jenny aurait tiré sur...Sur qui au juste ? Il n'y a pas de corps. En revanche j'ai deux Légendaires dont j'ignore tout dans les pattes. L'un d'eux serait-il la cible originelle ? Comment expliquer qu'il n'y ai pas de corps ? La personne aurait-elle été simplement blessée ? Ou bien s'agirait-il d'un Légendaire ? Ça semble être l'option la plus probable. Alors quand Andréa aurait-il eut l'arme en main ? Au moment où il se serait défendu ? Vu l'état dans lequel il est, c'est un miracle qu'il tienne encore debout...*

Sur son visage passait tout un panel de petits tics dont il n'avait pas réellement conscience et qui s'activaient volontiers lors de ses réflexions personnelles.
Le visage nouvellement empourpré de Jenny le persuada de soutenir Billy dans leur quête de vérité :


- Allons miss, ne nous faites pas languir, croyez-moi, ce n'est vraiment pas dans votre intérêt. Il avait insisté lourdement, et peinait à réprimer un semblant d'air narquois à cet égard. Il ne faisait à présent plus aucun doute que la belle était passée maitre dans l'art de la dissimulation. Vos talents de comédienne auraient sûrement trouvé d'avantage leurs places dans une troupe de théâtre mais maintenant que le dernier acte touche à sa fin, si vous nous disiez la vérité, pour changer ?
- Sans omettre de détails de préférence. D'ailleurs où est donc ce fameux Michaël ?
- Dans une tente du Wild West Show, certains de mes hommes l'ont déplacé, il semblait juste sonné.
- Bien, et concernant ses impacts de balle ci et là ? Quelqu'un saurait-il nous expliquer de quoi il en retourne ? Vous peut-être monsieur Buffalo ? Ou peut-être que notre jeune ami a vu quelque chose ? Son regard coula vers le blond. Comment as-tu dis que tu t'appelais déjà ?
- Moi je pense pouvoir. Déclara une voix fluette qui jusque-là n'avait pas encore été entendue.

Comme un seul homme, tous se tournèrent vers Annie Oakley, qui s'avança d'un pas, réajustant avec classe son fusil sur son épaule, avant d'afficher un air sûr.


- Après tout s'il y a bien une chose qui ne ment pas, c'est la trajectoire d'une balle ~ Conclue-t-elle, tout sourire en dépit de l'ambiance pesante.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Ven 13 Déc - 14:39

Quand il était plus jeune, la mère d'Acesmé lui avait raconté que les élémentaires étaient rares en ville, beaucoup préféraient de loin vivre dans des endroits reculés où aucun humain ne mettait jamais les pieds. Pour le sylphe qui avait grandi dans la société humaine, il avait du mal à voir sa vie autrement qu'ici. Mais parfois, il comprenait ses paires. Trop de bruit, trop d'agitation, de cris, des voix qui se coupent et s'entrechoquent... et c'était précisément ce qu'il se passait maintenant. Et tout ça donnait mal à la tête au blond.

Tandis que la discussion se poursuivait, certains essayant de démêler le vrai du faux et d'autres de couvrir la vérité de mensonges, Acesmé suivait du regard cette joute verbale. Si les membres de la troupe de Buffalo Bill soutenaient bien sûr leurs collègues, le sylphe eut la sensation que le commissaire était plus du côté d'Andréa. Plutôt que de croire la version de la majorité, il s'attachait aux mots du louveteau et cherchait toujours une façon de les prouver. Qu'il fasse simplement bien son travail ou que ce soit pour autre chose, ce fait rassura l'élémentaire de vent. Tout espoir pour tirer le brun de cette situation n'était pas perdu. D'autant plus quand Andréa se décida à dévoiler un élément que seule lui connaissait sur son violon, une photo. Enfin ! Se dit le sylphe quand Billy vint tirer la dite photo de l'étui. Maintenant, tous avait bien la preuve qu'Andréa était innocent. Cette histoire allait enfin se terminer, et d'une bonne façon... du moins c'était ce que pensait le sylphe jusqu'à que l'assistant du commissaire n'ouvre la bouche.

« Bien, et concernant ses impacts de balle ci et là ? Quelqu'un saurait-il nous expliquer de quoi il en retourne ? Vous peut-être monsieur Buffalo ? Ou peut-être que notre jeune ami a vu quelque chose ? Son regard coula vers le blond. Comment as-tu dis que tu t'appelais déjà ?  »

Pourquoi avait-il fallu qu'il remette ça sur le tapis ? Et surtout, comment expliquer que justement, c'était lui qui s'était fait tirer dessus... sans avoir aucune trace d'impact. Sans parler du fait que Jenny risquait de ne pas comprendre pourquoi à la place d'un adulte il y avait maintenant un enfant. Éludant la question de son prénom, Acesmé réfléchit à toute allure quand une nouvelle personne fit son apparition. Une jeune femme avec un fusil, chose peu commune dans les rues de Paris, s'avança vers eux. Elle devait être de la troupe elle aussi vu son accoutrement, du moins c'est tout ce que le sylphe put en déduire car il ne la connaissait pas. Mais ce qui l'inquiéta fut ce qu'elle pouvait bien avoir à dire. Elle n'avait pas assisté à la scène, donc il ne voyait pas tellement en quoi elle pouvait faire avancer les choses. Toutefois il préféra ne pas prendre de risque.

Acesmé observa alors rapidement le commissaire et son associé. Si le second avait l'air tout ce qu'il y avait de plus humain, pour le premier en revanche... Il n'y avait pas fait attention, pensant que ça venait d'Andréa, mais le policier avait une odeur particulière lui aussi. A l'inverse d'autres créatures, le sylphe n'avait pas de « flair » à proprement parlé. Mais en tant que fils de l'air, il captait naturellement les odeurs autour de lui. Le blond décida alors de miser sur lui, s'il ne s'était pas trompé avec un peu de chance Aldrick l'avait aussi repéré, et il s'approcha. Il lui prit alors doucement la manche, tel un enfant réclamant timidement l'attention d'une personne pour lui dire un secret.

« J'ai vu quelque chose d'autre, mais je ne le dirais qu'en privé. Les gens me font peur. »

Il espérait que ça suffirait pour que la nouvelle venue ne fourre pas son nez ici, il y avait assez de personne dans cette ruelle déjà, et pour clore tout ça.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mer 15 Jan - 20:45


    « Le petit a raison, c'est bien son violon. »

    Un soupir de soulagement s'échappa des lèvres d'Andréa qui vacilla légèrement. Jusqu'à présent, son état de stress et la rage qui l'accompagnait l'avaient maintenu debout, mais la fatigue commençait à se faire cruellement sentir, sans compter sa blessure à la tête qui martelait continuellement son crâne bien trop fort à son goût.

    Certains éléments restant tout de même obscurs, on questionna alors Acesmé. L'enfant répondit à mi-voix dans l'espoir d'éloigner un peu tout ce monde. Mais c'était sans compter su le tempérament de la nouvelle protagoniste. Lorsqu'Annie Oakley se manifesta, le louveteau décela un changement de comportement chez Jenny. Jusqu'ici, la rouquine n'avait pas ouvert la bouche, visiblement consciente que son petit manège touchait à sa fin. Mais elle n'en était pas moins restée alerte, prête à retourner la situation à son avantage dès que l'occasion se présenterait, bien que son visage n'affichât plus la pointe d'orgueil qu'il conservait jusqu'alors. Cependant, l'arrivée de la tireuse d'élite la força à revoir ses positions et Andréa songea qu'elle venait de se plonger dans une intense réflexion, car elle n'accorda pas même un regard à la belle américaine.

    « Voyez-vous messieurs, on ne trouve qu'un seul impact, dans le coin gauche du mur. La balle de revolver s'y est enfoncée, ce qui signifie que l'on a tiré à peu prêt d'ici, reprit Annie en se positionnant quelques mètres en arrière, au centre de l'impasse. Et si vous observez bien, l'inclinaison de la balle est caractéristique d'un tir de droitier. Or, je crois avoir remarqué que ce jeune garçon est gaucher, n'est-ce pas ? »

    Andréa acquiesça avec tout l'empressement d'un homme dont on prouve enfin l'innocence, réveillant davantage la douleur lancinante qui lui battait les tempes. Buffalo Bill accueillit la nouvelle dans un grognement léger, tirant sur sa moustache grise alors que l'inclinaison de ses sourcils indiquaient qu'il était en train d'établir son jugement. Le louveteau ne le quittait pas des yeux sauf pour surveiller la rouquine toujours perdue dans ses pensées. Il avait un mauvais présentement, une crainte sourde qui lui indiquait qu'un danger guettait, puis il retint son souffle lorsque le directeur du Wild West Show prit la parole :

    « Bien... Je m'excuse jeune homme, il semblerait que vous disiez bel et bien la vérité. Aussi, Jenny, je te prierai de raconter ce qui s'est réellement passé dans cette ruelle. Soit raisonnable, à ce stade, mentir ne fera qu'aggraver ton cas. »

    La demoiselle ouvrit lentement la bouche, sans qu'aucun son ne s'en échappe. Puis une moue désolée s'y dessina. Elle laissa lentement tomber sa tête en avant, ses boucles de feu glissant sur son visage de porcelaine où ruissela une larme. Puis elle se reprit. Elle se redressa fièrement, se défaisant délicatement de l'étreinte douce du policier, essuya sa joue et fit quelques pas pour rejoindre Annie :

    « Je vais vous montrer... »

    Elle tremblait comme une feuille, mais elle ne dévia pas. La tension semblait redescendue, Jenny abdiquait, elle s'expliquerait et tout le monde rentrerait sagement chez soi.

    Pourtant, Andréa tremblait. Un instant, il pensa que c'était à cause de ses nerfs qui lâchaient, mais il y avait cette boule qui lui compressait l'estomac et cette terreur qui ne faisait que s'accroitre. C'était autre chose... Il agrippa la manche d'Aldrick, cherchant brièvement son regard, mais aussitôt, la situation dégénéra.

    Arrivée à hauteur d'Annie, Jenny lui porta un coup à la trachée. Personne ne vit rien venir, pas même l'Américaine qui se plia en deux sous le choc, portant ses deux mains jusqu'à sa gorge. Son agresseuse en profita pour se saisir de sa carabine et en un éclair, elle arma, et pointa l'arme sur Acesmé après s'être écartée d'Annie. Un sourire diabolique s'étirait sur son visage, dont les traits se déformaient en un masque de méchanceté. D'une voix suraiguë, elle ordonna :

    « Allez messieurs, on pose ses armes, ou je lui fais exploser la tête. Et toi le minot, tu t'éloignes gentiment du commissaire si tu veux rester en vie. »

    Elle se rapprocha de l'enfant, l'attrapa brièvement par le col et le fit reculer afin de l'éloigner raisonnablement d'Aldrick. Une fois à une distance respectable, elle posa lentement le canon de son fusil dans ses belles boucles blondes et l'appuyant contre sa peau avec insistance, tout en observant les deux hommes de loi. Sa menace sembla crédible au vieux Bill, qui jeta un coup d'œil désolé aux policiers et hocha la tête pour appuyer la demande de la rouquine.

    Andréa retenait son souffle pâle comme la mort. Puis il se souvint qu'Acesmé avait déjà essuyé un coup de revolver, qu'il était fait de vent et que, peut-être, l'issue de cette journée ne serait pas aussi tragique que ce que les évènements laissaient sous-entendre. Aussi, le louveteau s'empressa de glisser quelques mots au commissaire, espérant pouvoir faire pencher la balance en leur faveur :

    « C'est un sylphe... Il est fait en air.

    - Vous deux ! Pas de messes basses ! Interrompit brusquement la jeune femme. Je vais être claire commissaire, je n'ai pas l'attention d'attendre que cet idiot de Mich' se réveille pour m'éclipser. Alors, soyez tous bien sages et coopératifs et dès que je serais loin, je relâcherai le petit. Compris ? »

    Pour appuyer ses propos, elle inclina d'avantage l'arme à feu et approcha son doigt de la gâchette. Elle n'avait plus rien à perdre désormais, et visiblement, elle était prête à tout pour ne pas finir dans les griffes de la police française.

    Andréa tressaillit.


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mer 22 Jan - 18:22

Le lycanthrope avisa le jeune homme qui lui tirait sur la manche et acquiesça doucement. Il n'était pas très patient, mais avec les enfants, il essayait toujours de faire un effort. Particulièrement dans ce cas de figure.

- Tu veux qu'on en parle plus loin ou tu peux me le dire à l'oreille ? S'enquit-il en se penchant un peu vers l'adolescent après avoir jeté un rapide coup d'œil à Andréa, comme pour vérifier qu'il pouvait s'éloigner sans qu'il n'ait à nouveau des pulsions meurtrières poussées.

Mais dans ce laps de temps pourtant court, Jenny entrait à nouveau en scène. Armée de toute sa superbe, elle avait réussi à détourner assez longtemps l'attention pour que personne ne soupçonne rien de ce qui allait suivre. Probablement qu'elle aurait fait une excellente magicienne si elle n'avait pas choisi de s'illustrer d'avantage dans cette voie.

Son regard doré glissa sur Andréa pile au moment où le canon de l'arme vint soulever les mèches blondes du sylphe, faisant sursauter le policier. Quand il comprit ce qu'il se passait, il avait déjà sorti son arme et jetait un regard noir à Jenny, agacé de n'avoir pas pu pallier à ça ; lâchant avec dureté en se redressant :


- Même pour une femme s'en prendre à un enfant est un acte impardonnable Miss. Relâchez-le et je garantis que vous sortirez de cette ruelle sans une égratignure.

Mais la belle ne semblait pas l'entendre ainsi, resserrant sa poigne sur le col du jeune garçon, tandis que le canon embrassait la peau du Légendaire. Le commissaire observa son second et acquiesça finalement, en reportant son attention sur la rousse. Une grimace de mécontentement déforma ses traits.

*La garce ! S'en prendre à un innocent !*

D'un geste habile pourtant, l'agent fit tourner son arme dans sa paume, la mettant à la verticale avant d'écarter un peu les doigts en signe d'apaisement.

- D'accord Jenny. Ne faites rien au petit.

Aldrick se pencha ensuite lentement, pour atteindre le sol, ouvrant de grands yeux surpris aux propos d'Andréa, ses iris coulant sur l'otage.

* Un sylphe ! C'était donc pour ça que son odeur était si singulière ! *

Le policier se figea aux dires de la jeune femme, l'écoutant avec une attention toute particulière. Incitant Andréa, par un geste lent de la main, à rester en arrière.

- Qu'est-ce qui nous prouve que vous allez le laisser en vie ? Déclara-t-il tandis qu'il pliait les genoux pour poser l'arme, sans que celle-ci n'atteigne encore le sol, restant collée à sa paume.

Jenny serra plus fermement le vêtement d'Acesmé, se sentant obligée de rapprocher encore la carabine pour dissuader quiconque de bouger.


- Vous n'êtes pas en mesure de négocier messieurs ! Aller posez vos armes fissa ! Ou le gosse va finir version gruyè...

Le cliquetis d'une arme glissa au creux de l'oreille de la belle ; Billy, un brin essoufflé, pointait à présent le canon sur sa tempe.

- Vous savez mademoiselle, c'est dangereux de jouer avec une arme à feu...

La rousse surprise, sursauta, et pressa machinalement sur la détente.
Le chevalier roux ferma instinctivement les yeux. Mais rien ne se passa, hormis un petit bruit de ressort enclenché : l'arme était vide.


- ...La mienne est chargée en revanche, et je n'hésiterais pas à m'en servir si nécessaire. Acheva le chevalier, en lui arrachant la carabine d'un geste vif pour la placer la lanière en bandoulière par-dessus son épaule. Une colère sourde se lisait sur ses traits, signe que cette fois il ne serait pas vraiment aimable si elle persévérait. Les mains en l'air, et pas de gestes brusques.

Avec un professionnalisme irréprochable, l'agent lui saisit le poignet droit, pour la forcer à le placer dans son dos et éviter qu'elle ne se défende de trop. Le lycanthrope en profita pour éloigner Acesmé de Jenny, en lui saisissant le bras de sa main de libre, et l'attirer vers lui.


- Tout va bien ? Tu as été très courageux jeune homme, tu sais. Un sourire rassurant se peignit sur son visage, alors qu'il posait sa main de libre sur son épaule, l'autre maintenait toujours son pistolet. Tu peux être fier de toi, en tous cas.

L'agent attendit que le sylphe réagisse puis fit un pas en avant pour toiser Jenny de toute sa hauteur :

- Il semblerait que le destin ait joué en votre défaveur... Glissa-t-il à la dame, en souriant à son coéquipier, pour le féliciter de cette intervention rondement menée, ...estimez vous heureuse, ça vous évitera d'avoir la mort d'un innocent sur la conscience.

- Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Récita machinalement Billy en récupérant les menottes que lui confiaient Aldrick, pour les passer autour des poignets de Jenny. La rousse, tentant le tout pour le tout, se débattit violemment et griffa Billy au visage, avant de foncer sur Andréa, semblant animée d'une rage effroyable, à la limite de la folie.

- Arrêtez ! Plus un geste ! Hurlèrent synchros Aldrick et Billy -dont les corps conditionnés par de nombreuses heures d'entrainement, s'étaient déjà remis sur la défensive- la fixant chacun avec son arme au poing.

Mais Jenny, n'en fit rien, tendant le bras, elle parut vouloir saisir Andréa par les cheveux, tout en beuglant :


- Tout ça c'est à cause de ce sale mioche ! S'il n'avait pas étai...

Un sifflement net avait résonné dans la ruelle, figeant les présents, comme les protagonistes sur la toile d'un tableau ; de sorte que seul tintement d'une douille entrant en contact avec le sol, prouva à chacun que tout ceci était bel et bien arrivé. Un mince filet de sang glissa le long de la jambe de Jenny, qui perdit l'équilibre et se retrouva étalée de tout son long dans un cri de douleur bestial.

Le commissaire grimaça, un filet de fumée s'échappait encore de son pistolet, mais pas un son ne s'extirpa de ses lèvres, alors qu'il délaissait Acesmé pour vérifier que l'arnaqueuse ne pouvait plus faire de mal.
Le canon de son arme toujours braqué sur elle, il finit par incliner la tête sur le côté en direction de son second. Ce dernier le rejoignit à la hâte, après avoir rangé son arme à lui dans son étui, et jeté un coup d'œil rapide à la douille abandonnée là par son supérieur. Cette fois, Billy lui bloqua fermement les bras à l'aide des menottes d'acier, paraissant prendre sur lui pour ne pas répliquer aux nombreux noms d'oiseaux dont les gratifiait la belle. La veine qui s'élargissait pourtant à sa tempe, ne présageait rien de bon de ce côté-là. Si bien qu’avant même de s’en apercevoir, Aldrick s’était écrié de but en blanc, sur un ton sans appel :


- Taisez-vous ! Vous feriez mieux de garder le silence si vous ne voulez pas qu'on ajoute "outrage à agents" à la liste de vos exactions.

Il la planta là, n'ayant cure de ce qu'elle pouvait avancer d'autre, rangeant machinalement son pistolet, le policier posa ensuite une main réconfortante sur la tête du brun, l'observant d'un air inquiet :

- Est-ce que ça va ? Tu as mal quelque part ? Il fronça les sourcils, le trouvant bien pâle, craignant qu'il ne perde connaissance d'une minute à l'autre.

Obnubilé par l’état de santé Andréa, il ne songea aux autres que lorsque Billy demanda si tout le monde allait bien, puis se tournant vers Buffalo, s'il y avait un médecin dans sa troupe -un type honnête de préférence- pour examiner les présents, et empêcher Jenny de perdre d'avantage de sang. Aldrick ouvrit la bouche et la referma avant d'esquisser un sourire, en observant son collègue. Billy serait un flic de renom un jour, il en était certain ! Avisant les deux plus jeunes, il s'enquit d'un ton paternel :


- Vous vous sentez de marcher jusque là-bas ? Il détailla ensuite Annie. Et vous ?

Ça pouvait paraitre anodin, mais parfois après un choc émotionnel, le corps refusait de réagir. Alors peut-être valait-il mieux vérifier si le dit-médecin ne pouvait pas de déplacer, plutôt que de faire bouger tout ce petit monde.

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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Sam 1 Fév - 22:52


    Finalement, il s’avéra que la nouvelle venue ne fit qu’aider à démontrer l’innocence d’Andréa, ce qui rassura Acesmé. Enfin, tout allait s’arranger. Mais le sylphe eut le malheur de se détendre à cette pensée et de relâcher son attention, car brusquement il se retrouva avec le canon d’une carabine pointé sur lui. Puis Jenny le tira en arrière pour s’en servir d’otage. Sur le coup de la surprise l’élémentaire ne put qu’obtempérer. Oubliant un instant son rôle d’enfant sage, il fronça les sourcils. Celle-là, maintenant que la culpabilité l’écrasait elle pensait vraiment pouvoir s’en sortir de la sorte ?
    Acesmé réfléchit rapidement. Il pouvait tenter de créer une bulle de vide autour d’elle pour lui couper la respiration afin qu’elle s’évanouisse, mais ce petit exercice lui demandait plusieurs minutes et de la concentration. Il n’était pas sûr de pouvoir le faire avant qu’elle ne décide de prendre la fuite. En plus cette furie l’étranglait à moitié en tirant sur son col. Il ne pouvait pas se transformer en courant d’air avec autant de témoins non plus. A la rigueur, si elle partait en l’entraînant avec elle, il pourrait faire quelque chose.

    Toutefois, Acesmé n’eut pas tellement l’occasion de trouver une solution à cette situation car elle se présenta d'elle-même sous le nom de Billy. L’autre policier venait de mettre Jenny en joue… et cette dernière actionna son arme par surprise. Le cœur d’Acesmé, ou du moins la chose qui servait de cœur à un élémentaire, rata un battement en s’attendant à recevoir une nouvelle fois l’atroce brûlure d’une balle. Mais rien ne se produisit. Aucune détonation ni douleur.
    Surpris, le blond leva les yeux vers son agresseur. Visiblement, elle ne s’était pas rendue compte que son arme était vide. Acesmé poussa un soupir de soulagement tandis que l’agent la maîtrisait. Une chance, il ne se serait pas vu expliquer pourquoi il ne saignait pas ni pourquoi un coup de feu ne l’avait pas tué…Aldrick vint ensuite vers lui.

    « Tout va bien ? Tu as été très courageux jeune homme, tu sais. Tu peux être fier de toi, en tous cas. »

    Le sylphe lui offrit alors un sourire qui n’avait rien à voir avec celui d’un enfant qui devrait normalement être traumatisé après une prise d’otage armée.

    « Tout va bien, elle n’aurait pas pu me faire grand-chose. Une chance que son arme était vide ou j’aurais eu du mal à m’expliquer. »

    Inutile de continuer son petit jeu avec l’agent tant qu’il ne parlait pas trop fort pour ne pas être entendu des autres. Il sentait bien qu’il n’était pas humain et il avait vu Andréa lui souffler quelque chose lorsque Jenny l’avait menacé de son arme. Il avait supposé que ça le concernait. Il laissa ensuite les policiers s’occuper de mettre les menottes à la rouquine… qui bien sûr comme si elle n’en avait pas assez fait voulut encore plus s’enfoncer. Une brusque montée d’angoisse s’empara du sylphe quand il la vit foncer sur Andréa. Mais il ne put réagir qu’une détonation eut lieu et la jeune femme s’écroula à terre la jambe ensanglantée. Une fois qu’il eut réalisé que c’était le commissaire qui avait tiré, Acesmé eut une grimace. Il n’aimait pas vraiment voir le sang couler, même s’il comprenait que l’acte avait ici été nécessaire. Il laissa Jenny aux mains de Billy et il vint s’approcher d’Andréa dont il attrapa doucement le poignet.

    « Ça va ? le questionna-t-il d’un air inquiet. »

    Il répondit ensuite à Aldrick.

    « Je peux marcher sans soucis pour ma part. »

    Annie quant à elle hocha légèrement la tête, bien qu’un peu sonnée visiblement. Le choc avait été violent, surtout par le fait qu’elle ne s’y attendait pas du tout, et un membre de la troupe la soutenait. Mais bien qu’elle restait choquée de ce qu’il venait de se passer, elle restait capable de réfléchir correctement.

    « Je vais l’aider à marcher. » Se proposa l’homme qui la soutenait.


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Sam 19 Avr - 20:11


    Le coup de feu retentit alors que Jenny se précipitait sur Andréa. Le son, résonnant entre les murs, fit fermer les yeux au louveteau, qui plaqua ses mains contre ses oreilles, ne supportant plus d'entendre ces détonations. Il en avait essuyé au moins dix en une seule journée, dont la majorité avait été dirigée vers lui, et chaque nouveau coup de feu faisait croître en lui la peur de la bête. Tendu, vacillant sous le poids du stress, il tangua. Il resta ainsi une bonne minute, renfermé dans une bulle fragile, mais salvatrice. Puis, lorsqu'il constata qu'aucune main ne venait lui enserrer la gorge, et que pas un coup ne lui était porté, il ouvrit les yeux, posant un regard vague sur la fourmilière qui œuvrait face à lui.

    Le cœur encore battant, seul le bruit de son souffle lui parvenait. C'était un vacarme assourdissant qui couvrait le brouhaha ambiant, laissant au garçon son seul sens de la vue pour comprendre ce qui s'était passé. Jenny était à terre, on lui passait les menottes. Tout semblait terminé lorsqu'une main se posa dans les cheveux d'Andréa, lui arrachant un sursaut d'effroi avant qu'il ne s'aperçoive que ce n'était qu'Aldrick. Le disputait-il ? Le jeune homme déglutit avec difficulté, ne parvenant à percevoir aucun des mots prononcés par le commissaire. Puis ce dernier s'éloigna, la douleur qui martelait son crâne depuis son agression revint plus forte encore, et on lui saisit doucement le poignet. Le jeune loup tressaillit violemment et porta ses iris noisette sur l'enfant qui lui tenait ainsi le bras. Tout d'abord surpris, il lui fallut plusieurs longues secondes pour reconnaître Acesmé. Il semblait inquiet.

    « Ça va ? »

    La voix du garçonnet fit l'effet d'un électrochoc à Andréa qui entendit ses paroles plus distinctement que jamais. Son souffle retrouva un volume normal et le flot ininterrompu des clameurs parisiennes lui revinrent si violemment en tête qu'il en perdit l'équilibre. Épuisé, blessé, égaré... Les jambes du louveteau lui firent défaut et il manqua de s'écrouler sur le sol. Ce fut Buffalo Bill qui le rattrapa pour la seconde fois de la journée, le remettant doucement sur ses pieds aussi simplement que s'il avait soulevé un oreiller de plumes.

    « Allé, mon gars, c'est bel et bien fini cette fois. Faut pas s'écrouler comme ça. T'es un homme non ?
    - Ou... Oui excusez-moi. »

    Andréa retrouva une certaine stabilité bien précaire et put reprendre peu à peu tous ses moyen. Il était encore livide, mais ce fut avec courage qu'il se redressa, parcourant la ruelle d'un air légèrement hagard. Il cherchait le commissaire, espérant pouvoir lui demander si lui et Acesmé pouvaient se retirer sans avoir à supporter un détour par le poste de police pour y faire une déposition, mais son regard fut arrêté par une silhouette imposante qui le fit reculer de quelques pas, bien que cela fut insuffisant pour éviter une énorme main qui s'abattit avec une douceur étonnante sur son épaule. Le jeune homme leva la tête, plaça l'une de ses mains en visières pour ne pas se faire aveugler par les rayons du soleil, et fut surpris de découvrir le large sourire que Pâquerette-du-matin lui adressait, ce dernier lançant d'une voix rauque et riante :

    « Petit homme solide et courageux. Bien aimer bien petit homme. Digne d'être un Sioux.
    - Un... Sioux ? Répondit Andréa qui pensa brièvement qu'il s'agissait peut-être là du mot « suie » avec un étrange accent.
    - Oui. Un Sioux. Loup-au-cœur-valeureux pourrait être ton nom. »

    Andréa ouvrit lentement la bouche. Il mit quelques minutes à comprendre, mais lorsqu'il fut en mesure de traiter l'information, un rouge vif colora ses joues. Il bredouilla un remerciement qui fit éclater de rire son interlocuteur, ce dernier l'invitant à suivre la petite troupe qui semblait se diriger vers le campement du Wild West Show.

    Les poings liés, Jenny savait qu'elle était bonne pour finir entre les barreaux, et n'ayant plus eu le choix, elle avait pris le parti de ne pas tomber seul et ce fut avec le plus de détails possible qu'elle assaisonna les agissements de son « Mich' ». Ces allégations ne pouvant être vérifiées sans l'intervention du concerné, il avait alors été décidé de se rendre à son chevet et, dans le cas où son état de santé l'aurait permis, de l'emporter au poste.

    « C'est le pire de nous deux, vous verrez. Lui il voulait tuer le petit richeton. J'avais réussi à l'faire changer d'avis, mais j'aurais dû la fermer ça m'aurait évité bien des emmerdes.
    - Je vous ai dit de garder le silence, informa Billy qui n'en pouvait visiblement plus de l'entendre déverser sa haine sur tout ce qui l'entourait.
    - J'suis bonne pour le trou non ? Alors à quoi ça m'servirait de la fermer excepté pour vos beaux yeux. Aie ! »

    L'agent avait resserré son étreinte, de manière a presque lui tordre l'un de ses poignets. Il s'excusa sans une once de sincérité, ce qui lui valut probablement la plus belle pluie d'insulte qu'il avait dû recevoir d'une jeune femme. Même Andréa, qui en entendait pourtant tous les jours, fut tout à fait décontenancé par certaine aussi imagées qu'explicites.

    « Je vous colle un outrage à agent si vous ne vous taisez pas !
    - Faites-vous plaisir ! C'est pas ça qui me forcera à me taire ! »

    Ils avaient rejoint les petites tentes blanches d'où Andréa avait fugué un peu plus tôt et après une minute laissée à Buffalo Bill pour se renseigner, ils furent conduits à la plus à gauche de la rangée. Jenny avait un peu pâli, mais elle tenta de ne montrer aucun signe de faiblesse, restant aussi droite et hautaine que possible, elle préféra tout de même le silence lorsque l'on entreprit d'entrer sous le triangle de tissu. Ce fut Pâquerette-du-matin qui fut dépêché pour l'occasion, Michael ayant tout de même une adresse au couteau poussée ainsi qu'une force non-négligeable dant Andréa avait fait les frais. Malgré sa taille, l'indien s'engouffra sans difficulté sous la tente, pour en ressortir presqu'aussitôt, annonçant avec colère :

    « Le vicieux serpent est parti Monsieur Bill. Le lit est vide et froid. »

    Andréa frissonna. Ses iris coulèrent vers Jenny qui avait repris toutes ses couleurs et arborait un sourire de satisfaction effrayant. Buffalo Bill secoua lentement la tête, entortillant sa moustache entre ses doigts nerveux alors qu'il annonçait sans grande joie aux agents de police :

    « Navré messieurs, mais je crains que nous n'ayons pas fini d'entendre parler de Michael Dagworth... »


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MessageSujet: Re: Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]   Mar 20 Mai - 14:22

L'intégralité du groupe s'était mut vers la tente retrouvée vide. Entre deux propos aberrants de Jenny, la voix de Buffalo avait déclaré telle une sentence :

« Navré messieurs, mais je crains que nous n'ayons pas fini d'entendre parler de Michael Dagworth... »

Le commissaire grinça des dents. Cela ne lui plaisait guère mais il y avait fort à parier que retrouver ce sale type prendrait probablement du temps et avec le nombre de blessés qu'ils avaient sur les bras, il préféra jouer la carte de la prudence.

– Nous verrons cela plus tard si vous voulez bien. Commençons par panser les plaies.

Les plus gravement meurtris furent conviés à s'asseoir sur le lit de Michael, tandis que Jenny bénéficiant d'un traitement de faveur, resta seule sur un tabouret branlant. Billy à ses côtés, le visage renfrogné, semblait n'avoir qu'une hâte : celle que la jeune femme soit bâillonnée. Une dizaine de minutes plus tard, alors que la veine sur la tempe de Billy paraissait sur le point d'éclater, le médecin de la troupe arriva enfin. C'était un petit homme rondouillard, mais au visage chaleureux, avec des cheveux gris, une barbe du même ton, et des yeux bleus rieurs. Dans un soupir de soulagement, les policiers le regardèrent endormir partiellement Jenny qui ne put plus émettre le moindre son compréhensible. Chacun fut soigner et nourrit, afin d'éviter une baisse de tension tardive.

Les policiers firent le tour des témoignages et une heure plus tard, tout semblait à présent plus clair.


– Bien, puisque tout est en ordre, merci de votre collaboration. M. Buffalo je vous prierais de nous appeler si Michael venait à vous recontacter. Voici ma carte, n'hésitez pas. Il lui en tendit plusieurs afin que chacun des concernés puisse faire de même. Puis ils échangèrent une poignée de main en guise de salut et le quintet sorti enfin de la tente, dès lors que le médecin fut remercié.

Une fois éloignés du Wild West Show, le commissaire s'alluma une cigarette dans un soupir, avisant Jenny qui semblait être tellement dans les vapes qu'il douta presque qu'elle n'ait pas été droguée. Laissant là son interrogation pourtant, il avisa les plus jeunes, en déclarant calmement :


– On va vous raccompagner, on repassera ensuite au commissariat. Il fixa Andréa avant d'ajouter : C'est plus prudent.

*Déjà qu'il est salement amoché, si je le laisse rentrer dans cet état, l'autre abruti va en faire toute une maladie. Même s'il est accompagné.* Songea-t-il en tirant un peu plus que nécessaire sur son bâton de tabac.

Sentant le regard insistant de Billy sur lui, l'agent envisagea une fraction de seconde de justifier plus spécifiquement ce choix, mais renonça, préférant rétorquer :


– Ça serait bête qu'il vous arrive autre chose sur le chemin du retour, pas vrai, Billy ?

Le concerné sursauta en entendant son nom, fixant son supérieur d'un air particulièrement perplexe avant d'acquiescer lentement.

– Oui, c'est préférable. Le roux n'ajouta rien, bien que l'échange visuel avec son supérieur soit lourd de sous-entendus.

Il était en effet plutôt rare que le commissaire se montre si prévenant avec les victimes, d'ordinaire il faisait son travail en restant aimable autant que possible et après ce n'était plus tellement ses affaires. Le brun finit par achever sa cigarette, puis la jeta dans une poubelle, avant de fourrer ses mains dans ses poches d'un geste brusque, ne sachant que trop bien qu'une fois qu'il serait seul avec son second, ce dernier tenterait au maximum de lui soutirer des informations. Pourtant, ce fut le chevalier qui eut le réflexe premier de mander un cab pour leur faciliter la vie, priant juste avec sa classe naturelle les deux autres de bien vouloir prendre place. Rognant sur sa galanterie habituelle, il attendit que ce fut fait pour faire monter à son tour Jenny, Aldrick fermant le cortège.


- Vous devriez voir le médecin du Lost tout de même en rentrant. J'ai entendu dire qu'elle avait des compétences... "spéciales". Son regard coula sur Acesmé qui paraissait somnoler moins qu'Andréa, tandis qu'il évoquait la capacité du médecin à guérir les Légendaires. Puis il laissa un instant le silence se coucher entre eux, avant d'ajouter sarcastique : Si jamais Edward te tiens pour responsable de ce qui est arrivé aujourd'hui, n'hésites pas à lui dire de me contacter, je me ferais une joie de lui expliquer tout ça.

Une demi-heure plus tard, ils s’arrêtèrent enfin devant les portes massives du Lost, où ils se séparèrent.

Spoiler:
 

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Un Cow-boy sachant chasser… [P.V. Acesmé]

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