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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]

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MessageSujet: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Jeu 27 Sep - 23:27

C’était une journée comme une autre. Du moins elle aurait pu être une journée comme une autre. J’étais là, les menottes aux poignets, assis sur un tabouret qui me faisait mal au derrière depuis une heure. Devant moi, un policier dégueulasse, puant la graisse pleine d’huile, de beurre et de confiture… qui me fixait – je sentais son haleine à plein nez- et qui me posait toujours la même question depuis 1h :

« Gamin… Ne te moque pas de moi… T’as fait peur aux nonnes du Sacré Cœur pour t’en taper une HEIN ?! »

Gamin. Pfff… Il puait le fromage moisi en plus. Sûr que l’autre police a plus de classe que celle-là. J’affichais une mine de dégoût avant de lui dire :

« Te fous pas d’ma gueule non plus, je ne vois pas leur gueule à tes nonnes ! J’SUIS AVEUGLE ! T’ES SOURD ! »

« C’est ça ! Et t’as juste pas fait exprès de foutre le bordel en leur racontant la mort d’un type écrasé par trois diligence et bouffé par les rats pendant l’office HEIN ?! Et cette prédiction de la mort de l’une d’entre elle !!»

Hein ?! Hein ?! il savait faire que ça. Il était nul, puait et cherchait juste un vulgaire prétexte pour me foutre en tolle. Nan mais j’ai même pas chercher à leur faire peur en plus ! Juste que j’ai pris l’habitude de dire à voix haute mes prédictions… Et j'allais pas lui dire que je voyais le futur mortel des gens, il me croira encore moins.

Mais faut que je vous explique. Ce matin j’avais eu envie de me ballader un peu dans Paris. Normalement Snorri me laisse pas sortir tout seul, mais cette fois, j’avais eu son accord. Et puis l’église du Sacré Cœur m’avait tapé dans l’œil. Je sais pas pourquoi. J’avais eu envie d’aller là bas. J’avais pris tout mon temps pour y arriver. Dans l’église il y avait un office. Un office de Bonne Sœurs. Intrigué j’étais entré dans le bâtiment. Et je fus… Perdu. Non mais c’est vrai, tout ces chants m’avait embrouillé le cerveau. Alors j’étais ressorti et m’était assis sur le parvis de l’église. Et à ce moment là, j’avais eu une vision. Ou plutôt deux. Et quand j’avais commencé à dire à voix haute mes prédictions, j’ai rendu malade au moins 5 nonnes qui venaient de sortir. Et le pire fut quand j’avais dit que l’une d’entre elle allait mourir dans 3 jours. Forcément ça a mis un mouvement de panique et j’ai failli me faire agressé par la victime de ma prédiction. Les policiers, ayant entendu le grabuge, m’ont arrêté et me voilà assis depuis un certain temps au commissariat à essayer de me défendre.
Je soupirais. Il m’exaspérait ce policier.

« Tu ne réponds pas hein… T’as juste honte de ce que t’as fait… »

« Honte de quoi ??? » Je pouffais. Il se foutait de ma gueule là en plus. Je soupirais, m’avachis sur ma chaise et m’apitoya sur mon sort :

« Aaaaah la poisse… Snorri doit être en train de m’attendre là pour le taff… Pfff… »

« Snorri ? C’est un complice ?! » m’interrogea le policier. Non mais il le faisait exprès ou quoi ?! Je fis la grimace à nouveau et lui cracha à la tronche :

« MON PATRON ! AU CABARET ! PARCE QUE MOI J’BOSSE AUSSI ! »

J’entendis le policier prendre le téléphone et me demander de composer le numéro. Je pouffais. Il allait quand même pas appeler le cabaret ! Il est con ou quoi !!! C’est un abruti de première celui là ! Il le fait exprès ! Même Aldrick Voelsungen n’est pas aussi nul. Et puis je me dis que ça ferait peut être sortir Edward de son trou à… Patron. J’avais jamais eu l’occasion de lui parler directement. Ce type j’avais envie de le connaître, mais il m’avait laissé sous les ordres de Snorri. J’eu un petit sourire en coin et donna à voix haute le numéro de téléphone du Lost Paradise.

Le policier appela, et bientôt ce que je devais apparenter à mon sauveur arriva au commissariat de ce concurrent ultra mauvais de Voelsungen.
Edward White
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MessageSujet: Re: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Ven 28 Sep - 20:18

    Une fois n’est pas coutume, Edward travaillait. Installé à son bureau, lunettes sur le nez pour un style impeccable, il fignolait ses comptes et finissait de déclarer les employés récemment embauchés. D’une main experte, il apposa sa signature sur une des dernières feuilles lorsque le téléphone — le seul du cabaret — sonna.

    « M. White, patron du Lost Paradise, j’écoute.

    - Un appel pour vous M. White, d’un commissariat.

    - Merci Rosie, je le prends. »

    La standardiste effectua les changements. Edward était curieux de savoir ce qu’Aldrick pouvait bien lui vouloir. Car, un appel passé depuis un poste de police, cela ne pouvait être que ce brave lycanthrope.

    « Le Lost Paradise ? Ici l’agent Cailloune du poste 5, on a appréhendé un homme qui se dit être un de vos employés, un aveugle. Comme il est mineur, ‘faut venir le chercher si vous voulez qu’il sorte et lui mettre une bonne rouste au passage. »

    Diantre, ce n’était pas Aldrick. Edward resta interloqué quelques secondes avant de faire le lien entre l’aveugle et son cabaret. Henri. Mais que faisait-il dehors ce salopiaud ? Snorri devait veiller sur lui, c’était leur marché pour qu’il reste à l’abri entre les murs du Lost Paradise. Comment avait-il pu se retrouver seul en plein Paris ? Il était évident que laisser pareil énergumène sans surveillance allait poser des problèmes ! Vraiment. Pour une fois qu’il travaillait sérieusement, le voilà coupé dans son élan. Le lycanthrope soupira. Il retira ses binocles, passa la main sur son visage avant de lâcher d’une voix ferme :

    « J’arrive. »

    Il raccrocha. Hors de question de passer plus de temps à discuter avec ce malpropre. Edward attrapa sa longue veste rouge, son haut-de-forme et son portefeuille. Il descendit au rez-de-chaussée et interpella Snorri. Il lui exposa calmement la situation et lui expliqua qu’il allait s’occuper du problème. Évidemment, le berserker s’empressa de se proposer pour aller récupérer son protéger, mais Edward ne voulu rien savoir et se contenta simplement de lui demander que cela ne se reproduise pas. Il enfila sa veste et sortit, bien décidé à récupérer ce petit roi et à le ramener au cabaret par la peau des fesses si besoin. Il héla rapidement un fiacre et se mit en route vers le poste de police. En chemin, il put se faire une petite idée de ce qui avait dû se passer. Henri était retenu tout près du Sacré Cœur. Ce polisson avait sans aucun doute voulu visiter l’église à sa manière et il n’en avait résulté rien d’autre qu’une altercation. Bon sang. Comme s’il n’avait pas déjà assez à faire avec son neveu !

    Un nouveau soupire et le fiacre s’arrêta. Edward paya la course et se tourna vers le bâtiment de police n° 5. Il n’était pas aussi beau que le commissariat principal où travaillait Aldrick. Il était plus petit, plus tordu, mais les fausses colonnes grecques qui encadraient la lourde porte de chêne lui donnaient une certaine importance. Sans compter la magnifique devise française « liberté, égalité, fraternité » qui trônait fièrement au-dessus de l’entrée. Poliment, le loup-garou se décoiffa avant de pousser la porte et de pénétrer dans l’antre de la loi.

    Une horrible fumée baignait la pièce dans un léger brouillard. Plusieurs agents, affalés à leurs bureaux, rangeaient, classaient et archivaient de la paperasse tout en fumant de bon gros cigares. L’odeur mélangée à la sueur des hommes, agressa si vilainement l’odorat sensible du loup qu’il sentit les larmes lui monter aux yeux. C’était horrible. Il n’avait plus qu’une hâte, sortir de cet enfer malodorant au plus vite.

    « Je peux vous renseigner Monsieur ? »

    Un petit homme au faciès de rat venait de s’extirper de son bureau pour proposer son aide. Edward l’accepta à bras ouvert.

    « Certainement Monsieur. Je suis venu récupérer quelqu’un. Un jeune homme blond, aveugle, c’est l’Agent Cailloune qui m’a appelé pour demander ma présence.

    - Oh ! Je vois. C’est le bureau n°3, deuxième porte à droite Monsieur. »

    Edward le remercia et se dirigea vers l’emplacement indiqué. Il haussa un sourcil en entendant les braillements de ce qui devait être le policier. Et bien. Henri passait un sale quart d’heure. Avec tout l’aplomb d’un gentleman, Edward toqua et prit la peine de s’annoncer. La porte s’ouvrit violement devant lui et un homme bedonnant au visage porcin l’accueillit avec toute la grâce et la graisse d’un phacochère, et encore cela est insulté le phacochère.

    « Vous n’êtes pas Snorri ?!

    - Non Monsieur. Comme je vous l’ai dit, je suis Edward White, gérant du Lost Paradise, Snorri Nummelin est mon subordonné. »

    Une étrange grimace prit place sur le visage du policier. Ce devait être un semblant de sourire, mais cela relevait bien plus d’un rictus sadique et inquiétant. Il fit volte-face vers le pauvre Henri qui trônait sur une vieille chaise branlante, menotté. Qu’il était beau le roi.

    « Tu m’as menti ?! Je savais bien que t’étais un vaurien ! Un sale petit pervers qui aime faire peur aux nonnes, hein ? »

    Edward haussa un sourcil. Ce n’était donc que cela ? Une frayeur de nonnes ? Le lycanthrope soupira discrètement et se permit d’intervenir.

    « Pardonnez moi, agent Cailloune, mais ce jeune homme n’a pas réellement menti. Il s’agit plutôt d’une omission. M. Nummelin est son supérieur et je suis le supérieur de M. Nummelin. J’ai fait le déplacement pour pouvoir m’entretenir avec vous et connaître les raisons de l’arrestation d’Henri. »

    La lèvre inférieure du policier se déforma d’indécision. Il était visiblement face à un homme du monde, bien loin de ce petit sacripant impoli. Après un grognement rauque, il se dandina jusqu’à son bureau où il s’assit. La pauvre chaise qui soutenait tout son poids grinça sordidement comme la plainte d’un torturé. Il posa ses gros bras sur le bureau, usé par le temps, et observa tour à tour le grand Edward White et son prisonnier avant d’expliquer la situation. Edward resta silencieux devant l’exposition des faits, mais il n’en pensait pas moins. Cette arrestation n’était ni plus ni moins qu’un caprice d’agent en mal de pouvoir. Et puis les menottes ?! Vraiment ! De qui se moquait-on ?

    « Vous devriez mieux choisir vos employés M. White, celui-là n’est bon qu’à vous attirer des ennuis si vous voulez mon avis. Vous devriez le mettre à la porte et fissa !

    - Je vous remercie de vos recommandations agent Cailloune, mais j’aime laisser leur chance aux plus jeunes. Cependant, soyez certain que ce garçon sera durement puni pour ce qu’il a fait et je vous garanti que vous ne l’y reprendrez plus. N’est-ce pas Henri ? »

    La dernière phrase avait été dite avec insistance. Il n’était pas question que ce petit s’amuse à jouer les rois alors qu’il était plus ou moins en tort. S’il voulait sortir d’ici au plus vite, il allait devoir rentrer dans le rang et supporter les remarques désagréables de ce malotru. L’homme s’était d’ailleurs un peu calmé. La forte présence et les manières d’Edward devaient y être pour beaucoup. Il renifla sans gêne avant de se lever. Il essuya d’un revers de manche son visage en sueur et se dirigea vers Henri. Après d’innombrables grognements et autres bruissements buccaux disgracieux, il retira un petit trousseau de clefs de ses poches et retira les menottes au garçon. Il donna un coup de pied dans la chaise, signe qu’il valait mieux pour le jeune homme de déguerpir.

    « Et tu peux dire merci à ton patron ! Gare à toi si je te revois là-haut, je ne te raterai pas ! »


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MessageSujet: Re: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Sam 29 Sep - 14:58

Gamin… Gamin… Gamin.. J’suis pas un sale gamin ! Et même si je suis mineur ça change que dalle ! Je n’avais vraiment rien fait de grave ! Même Aldrick ne m’aurait pas mis les menottes juste parce que j’aurai dit des prédictions comme ça, sans même me rendre compte que l’un des concernés était pas loin… Nan mais faut bien se rendre compte d’un truc. Quand j’étais sorti du sacré cœur et que je m’étais bien installé sur le parvis, je n’avais pas vu la sortie des nonnes moi ! Dos à la porte comment voulez-vous que je le sache ! D’autant qu’en plus je suis aveugle, et que les portes étaient ouvertes ! Un troupeau de nonnes ça sort pas en piaillant ou gloussant comme des oies ! Alors, j’ai juste fait comme d’hab’. Et puis suite au raffut, y’a la police qu’a débarqué. Un agent est venu foutre son nez au moment où la pauvre nonne qui allait mourir me frappait et me secouait en me traitant de menteur et de fils du diable en hurlant. Ce n’était pas moi qui passais pour un fou là ! La personne qui faisait le plus de bruit ce n’était pas moi ! C’était elle ! Mais voilà, l’agent arrivant, la mère a pris la pauvre petite sœur en disant à l’officier d’ « embarquer cet énergumène qui ne fait que raconter de fausses histoires à ses filles pour leur faire peur et leur donner des cauchemars ». L’officier a demandé plus de détail et forcément, tout fut exagéré. J’avais beau dire des « Hein ? Hey mais… NAN ! C’est n’importe quoi ! » on m’écoutait pas, et paf ! J’ai eu droit au cliquetis des menottes et de leur contact glacial sur mes poignets. J’avais eu un moment d’arrêt et puis bon j’me suis fait embarquer en hurlant des injures sur les poulets qui m’embarquaient pour rien.

Trois heures. TROIS HEURES DANS UN COMMISSARIAT PUANT ! J’avais les narines qui me grattaient, les yeux qui me piquaient et un goût fade dans la bouche. Un enfer remplis de rats. Ce n’était pas un commissariat, mais un dépotoir ! Et trois heures passées pour voir qui venir me chercher ? Edward. Senti et reconnu par le flair. Un loup-garou a toujours une odeur particulière. Et celle d’Edward est assez présente dans le Lost. Et puis sa démarche. Même le son de ses pas sur le sol poisseux du commissariat permet de l’identifier en tant qu’Edward White. Et enfin sa voix. Toujours une voix agréable et pleine de politesse quelles que soient les circonstances. Pff... Quelle idée de bien parler poliment à un type qui pue franchement ! Quand le policier vit Edward lui parler et tout voilà-t-il pas qu’il commence à me traiter de menteur.

« Tu m’as menti ?! Je savais bien que t’étais un vaurien ! Un sale petit pervers qui aime faire peur aux nonnes, hein ? »

Vaurien. Petit pervers… Nan mais il me cherchait là ! Je me mis à grogner. J’allais frapper sur son bureau mais les menottes me firent mal au poignet. Je me restais donc assis sur ma chaise, sans rien dire vu qu’Edward commença à expliquer que non, je ne lui avais pas menti.

« HA ! T’fais moins l’malin… J’suis pas un menteur, et encore moins un pervers, puisque je ne vois rien ! »

Après les explication pendant lesquelles je laissais Edward juger lui-même du cas complètement stupide, imbécile, idiot, débile de ce troupeau de rats, le policier en vint à ajouter à la fin de son baratin :

« Vous devriez mieux choisir vos employés M. White, celui-là n’est bon qu’à vous attirer des ennuis si vous voulez mon avis. Vous devriez le mettre à la porte et fissa !

Je me remis à grogner. C’est lui qu’on devrait éjecter de la terre pour cause d’odeur pestilentielle !

- Je vous remercie de vos recommandations agent Cailloune, mais j’aime laisser leur chance aux plus jeunes. Cependant, soyez certain que ce garçon sera durement puni pour ce qu’il a fait et je vous garantis que vous ne l’y reprendrez plus. N’est-ce pas Henri ? »

Répondit mon patron. Et c’était quoi ce « N’est-ce pas Henri » ? Il voulait que je me plie devant un… porc ? Déjà que c’est dur de se dire qu’en tant que Roi j’suis sous les ordres d’un Roi au Cabaret, si c’est pour qu’il me fasse plier devant un porc, il peut toujours crever ! Je ne dis rien d’ailleurs. Pensant très fort : « Qu’il aille crever rôti sur une rôtissoire de fortune et qu’il aille se faire bouffer par des manants qui crève de faim ! » Et genre il allait me punir ! J’avais rien fait ! C’était juste… Rageant. Je serrais les dents mais aussi les poings. Hors de question qu’on me punisse pour un crime que je n’avais pas commis… enfin en partie…

A la fin de cette belle discussion agaçante, on me retira mes menottes et on donna un coup dans la chaise. Je me retins de lui sauter dessus, mais je lui fis bien comprendre que c’était moi qui la prochaine fois n’allait pas le rater. Un porc ça va dans une porcherie pleine de boue pour bouffer des ordures. Je me retins très fort de faire une connerie devant Edward. Je me contentai de mettre mes mains dans mes poches et de partir très vite du bureau puant à grand pas, sans vraiment attendre Edward. A la sortie, j’inspirai un coup d’air frais avant de dire à Edward :

« T’sais t’aurais pu envoyer Snorri… Et puis… »

Je fus interrompu dans mon baratin quand un hurlement déchirant et larmoyant perça mes tympans. Je tournais la tête. Une odeur de sang et de cheval troubla mes narines. Des expressions de surprises se faisait aussi entendre. Un mort ? Ecrasé ? Hum. Ca me rappelait trop quelque chose… Jusqu’à ce que des gens passent pas loin d’Edward et moi en disant :

« Trois fois de suite… Il y a vraiment trop de circulation aujourd’hui… Il faudra revoir aussi la sécurité des rues ! C’est devenu beaucoup trop dangereux de traverser les rues ! »

Je compris tout de suite ce qui c’était passé. Et le pourquoi ça me disait quelque chose. Je fis claquer ma langue contre mon palais et me contenta de murmurer :

« J’ai toujours raison et je ne mens jamais… »
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MessageSujet: Re: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Mar 2 Oct - 20:46

    Henri ne répondit pas à la question d'Edward. Ce n'était pas plus mal à vrai dire. Ce petit asticot aurait bien été capable de tout mettre par terre et de passer une nuit au poste pour outrage à un agent de police. Pour cette fois, il s'en sortait relativement bien. Edward n'eut même pas à payer de caution. Pas un sous ne sortit de sa poche, mis à par pour le trajet en fiacre. Ce serait retenu sur le salaire d'Henri. Non parce qu'il voulait bien être gentil, faire le déplacement tout ça, mais si c'était pour que ça devienne une habitude, alors il ne s'en sortirait pas. L'Agent eut la bonté de détacher Henri sans plus insister et le jeune homme s'empressa de quitter la pièce en silence. Il était visiblement de mauvaise humeur, ce qui était fort peu étonnant de sa part. Bien évidemment, Edward se confondit en politesses et en remerciement, invitant même M. Cailloune à venir passer une soirée au cabaret. Il prit ensuite congés, souhaitant une bonne fin de journée à tous les officiers. Il retrouva Henri sur le pas de la porte et fut bien heureux de quitter l'air vicié du poste de police.

    « T’sais t’aurais pu envoyer Snorri… Et puis… »

    Un brouhaha l'interrompit. Il fut immédiatement suivi par une odeur de sang humain. Un accident venait d'avoir lieu à quelques rues de là. Edward eut l'intelligence et s'écarter un peu de l'entrée et tira Henri par le bras pour qu'il fasse de même. Une flopée d'agents, dont Cailloune, s'en extirpa dans un formidable chaos. Les uns maugréant, les autres s’époumonant inutilement dans leurs sifflets, certains même se rambraillaient à la hâte tout en courant jusqu'au lieu du drame.

    Edward les observa, un léger sourire aux lèvres. Ce qu’ils étaient amusants tout de même ces humains ! Les voir courir à leur devoir, se croyant indispensables à l’affaire ! Ou plutôt, pressé de voir l’état de la victime. La pauvre était certainement défigurée par les sabots du cheval, fracturée par les roues du fiacre et avec un peu de chance, ces messieurs arriveraient avant qu’elle n’ait rendu son dernier soupire. Ils la plaindraient, sans prendre la peine d’ôter leur coiffe pour témoigner un peu de respect au décédé. Et puis, d’ici à demain, ils en riront à gorge déployée comme les êtres cruels qu’ils sont. Et dire que ce sont eux qui qualifient les êtres étranges de monstres. Comme c’est laid. Un petit coup d’œil au miroir ne vous ferait pas de mal messieurs.

    « J’ai toujours raison et je ne mens jamais… »

    Edward posa ses iris vairons sur le blondinet. Visiblement, il l’avait prédit. Peut-être même était-ce l’une des nonnes qui venait de filer tout droit vers le seigneur. Un soupire de satisfaction s’échappa des lèvres du lycanthrope. Il tapota gentiment la tête d’Henri avant de lancer :

    « Tu as au moins le mérite de les avoir prévenus. C’est presque gentil de ta part compte tenu de la manière dont cela a été accueilli ! »

    Il se mit en route, résolu à ne pas prendre de fiacre pour rentrer. De toute évidence, l’accident avait en plus bouché une des rues principales, ils iraient donc bien plus vite à pied.

    « J’ai préféré faire le déplacement. Snorri s’est empressé de vouloir venir te récupérer, mais je le lui ai interdit. Comme il doit s’inquiéter en ce moment. Tu lui cause du souci tu sais ? Je suis certain qu’il pense que je vais te passer une « bonne rouste » comme dirait ce cher Cailloune. »

    Un léger rire s’éleva de la bouche d’Edward qui jubilait par avance en imaginant la tête de son chef de salle. Pauvre Snorri ! Il devait tourner en rond entre les murs du cabaret, songeant au pire pour ce petit renard qu’il avait pris sous son aile. Il avait ses raisons. Le maître du Lost Paradise n’était pas du genre à laisser passer une faute, encore moins lorsqu’elle pouvait mettre en péril la notoriété de son établissement. Il préférait prendre immédiatement des mesures draconiennes pour s’assurer que l’incident ne se reproduirait pas. Mais cette fois-ci, Snorri s’en chargerait lui-même. C’était sa responsabilité et le lycanthrope veillerait à ce que la tâche soit exécutée.

    « Tu sais Henri, j’ai invité l’agent Cailloune à passer au cabaret un jour. Je compte sur toi pour t’occuper de lui le jour où il en poussera la porte. Si tu fais ça bien, je pense que tu auras largement vengé les trois longues heures passées dans son poste. »

    Un fin sourire se dessina sur les lèvres d’Edward. Quel délicieux moment que celui où cet homme appellerait sa petite maman à l’aide, tellement épouvanté qu’il se ridiculisera tout seul en essayant de dissimuler sa graisseuse personne dans le coin d’une pièce. Ah ! Qu’il avait hâte !

    Ce fut une odeur de parfum qui extirpa le loup de ses pensées. Pas une de ses senteurs qui vous agresse tant elle est forte. Non. C’était doux. Doux et sucré. Edward tourna la tête et aperçut non loin de là une demoiselle. Une toute jeune demoiselle d’à peine dix-sept ans. Elle était seule et observait avec insistance l’intérieur d’une pâtisserie. Se promenait en plein Paris et sans chaperon relevait tout simplement de la folie et cela titilla la curiosité du lycanthrope, qui mourait d’envie d’aller jouer de son charme.

    « Une pièce s’il vous plaiiiiiiit… Pour un pauvre, M’sieur… »

    Une figure édentée venait de se dresser devant Edward qui recula avec empressement. L’haleine âcre qui s’en échappa lui arracha une grimace. Quelles horreurs ce type avait-il put avaler pour que sa bouche sente si affreusement mauvais !? Le vagabond, sortit d’on ne sait où, prenait appui sur le pauvre Henri. Il se soutenait de tout son poids sur l’épaule du garçon le forçant à se plier en deux et tendait son bras vers Edward. Il était impossible de voir sa main, dissimulée sous une longue manche sale.

    « Une pièèèèèce M’sieur ! »

    L’homme s’agita d’une étrange manière et laissa entrevoir à Edward l’intérieur de la manche. Le reflet qu’il y décela ne lui laissa aucun doute. Il avait une arme à feu. Un rictus vide de dent s’étira sur les lèvres de l’homme. La rue était bondée. Edward soupira et leva les yeux au ciel :

    « Ais-je le choix ? »


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MessageSujet: Re: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Mer 17 Oct - 15:49

« Tu as au moins le mérite de les avoir prévenus. C’est presque gentil de ta part compte tenu de la manière dont cela a été accueilli ! »

Ouais sauf que celui qui venait de mourir n’a pas été là quand j’ai fait la prédiction. Je fis une moue presque boudeuse. Les humains étaient tous des idiots. Je pourrais être vu comme le messie pour les nonnes ! Mais non ! On me prend pour le diable. C’est énervant. Je suivis Edward. Heureusement qu’il ne prit pas un fiacre ou un truc du genre parce que je n’aimais pas ça du tout. Ça puait le canasson et en plus on était toujours secoué. Nul et pas confortable du tout.

« J’ai préféré faire le déplacement. Snorri s’est empressé de vouloir venir te récupérer, mais je le lui ai interdit. Comme il doit s’inquiéter en ce moment. Tu lui cause du souci tu sais ? Je suis certain qu’il pense que je vais te passer une « bonne rouste » comme dirait ce cher Cailloune. »

Non mais pourquoi il le lui a interdit d’abord ??? Snorri ne me foutera pas de bonne rouste, parce que je le connais et que je lui dirai direct tout ce qu’il s’est passé… J’ai rien fait de mal au fond. Juste parlé à voix haute. Je soupirais, et marchait à côté de mon patron les mains dans les poches.

« Il m’a autorisé à prendre l’air tout seul et il faut qu’il m’arrive un truc. C’est rageant ! En plus, c’est même pas mon intention de lui foutre les boules. C’mon chef quoi. J’tiens à sa santé. Et si tu sais qu’il est mort d’inquiétude, pourquoi tu lui as interdit hein ? Pfff… Si je me prends une rouste, ce sera de ta faute.»

Ouais je le tutoyais. Parce que c’était toujours comme ça. Il était peut-être plus vieux et mon patron, mais non. Je n’arrivais pas à le vouvoyer. C’était au-dessus de mes moyens. Je tutoyais tout le monde d’ailleurs. Et en plus j’avais le culot de lui foutre toute la responsabilité sur SES épaules. Avec lui j’étais toujours comme ça. Parce que je n’arrivais pas à avoir de l’estime pour lui ? Ou alors… Non ouais j’admettais pas qu’il soit mon patron voilà. C’est tout. Sinon il est sympa comme type.

« Tu sais Henri, j’ai invité l’agent Cailloune à passer au cabaret un jour. Je compte sur toi pour t’occuper de lui le jour où il en poussera la porte. Si tu fais ça bien, je pense que tu auras largement vengé les trois longues heures passées dans son poste. »

… C’est aussi un être détestablement vicieux ! Je fis une grimace. « Nan mais pourquoi tu as invité cette truie masculine puante et désagréable ??? Tu veux qu’il se fasse bouffé ? Mais qui voudrais bouffé un truc pareil… T’es tordu Ed’… Juste tordu… » Ouais totalement tordu. Et je me disais que si jamais je venais à prédire le meurtre de ce gros truc puant chez lui avec en prime la disparition en une du journal, il ne pourra s’en prendre qu’à lui-même parce que moi j’aurais fait mon travail, sous le regard bienveillant de Snorri.

Mais je sentis qu’il ne m’écoutait pas. Il s’était arrêté de marché et n’avait pas réagi à ma remarque. Je compris vite ce qui avait fait qu’il ne m’avait pas du tout entendu. Un parfum doux et sucré titilla mes narines. Il y avait aussi l’odeur de satin, des souliers de cuir fraîchement cirés. Une fille. Autant moi ça me donnait faim, autant Edward devrait retenir aussi ses ardeurs. Je soupirais et allait lui dire qu’on devait rentrer vite au Lost parce que sinon Snorri allait encore plus mourir d’inquiétude, mais nous fûmes interrompus par un individu puant lui aussi, à l’haleine putride. Il avait en plus osé prendre appui sur ma personne. Je le détestais déjà.

« Une pièce s’il vous plaiiiiiiit… Pour un pauvre, M’sieur… »

Je sentais de tout et du n’importe quoi chez se type. C’était si fort que ça me donnait la nausée. Ail, alcool, charogne, n’importe quelle merde s’était installée chez lui. Un bruit dans sa manche me fit comprendre aussi qu’il n’était pas si malheureux que ça. Pour s’être procuré une arme à feu de ce genre il avait du menacer combien de gens avec un couteau ? Pff… Les humains m’exaspéraient. Doucement je commençais à me redresser, faisant en sorte que je puisse me dégager de sa poigne.

« Une pièèèèèce M’sieur ! »

« Ais-je le choix ? »

Une fois dégagé, je fis une prise au mec lui tordant le bras qui tenait l’arme.

« Aaaargh ! Monsieur ! Que faites-vous à un pauvre ! »

Je serais les dents, récupérant l’arme à feu. Je ne faisais que donner une bonne leçon à un pauvre malsain.

« Un pauvre type dans ton genre ferait mieux de faire la manche normalement comme tout le monde sans menacer les gens. »
Je vidais l’arme de ses balles et la jeta dans les mains d’Edward. « Garde tes sous pour le Lost, toi. Ou alors donne-les à des gens qui en valent la peine. »

Je tenais encore le type. Edward pourra me remercier aussi, parce que l’ange qu’il avait vue, alertée par le bruit et sans doute choquée de me voir faire du mal à un pauvre type habillé en haillons s’était pointée devant moi :

« Lâchez le ! Vous ne voyez pas que vous lui faites mal ! »

Le pauvre gémissait de plus en plus. J’eu un rire léger. C’était ironique parce que :

« C’est exact, mademoiselle, je ne vois pas. »

J’avais le don de pas être poli non plus, et encore moins conscient que je pouvais foutre un bordel en deux minutes, juste par mes actes et mes mots. Bah que voulez-vous que je lui dise ? « oups, désolé mademoiselle, je ne le ferais plus » ? Je n’allais pas me soumettre à une midinette encore nourrie par ses parents et qui se baladait les cheveux aux vents.

« Lâchez le ! »

Et vas-y qu’elle me donnait des ordres. J’eus un sourire fin.

« Très bien. Sachez juste que j’ai aussi sauvé une vie par la même occasion » Je pointais du doigt mon patron. Je lâchais le bras du pauvre, et l’attrapa par le col pour le relever. Je lui dis alors légèrement froidement : « Ne vole plus d’arme à feu et conduis toi comme les autres : fais la manche sans menacer des gens » Je le lâchais et le laissa partir. Oh mais Ed’ pourra me remercier tout en me foutant une rouste pour finir par me remercier à nouveau d’avoir ainsi pu ramener l’ange vers nous sans qu’il n’ait pu faire un petit pas.
Edward White
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MessageSujet: Re: Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]   Mer 14 Nov - 13:46

    Henri était un jeune homme… Intéressant. Il lui manquait beaucoup de tact, pas mal de prestance, un peu de politesse et un bon paquet de savoir vivre, mais mis à part ces petits défauts c’était un garçon… Intéressant.

    Quand Snorri avait annoncé à Edward qu’il voulait l’engager et l’avoir comme bras droit, tous les poils du lycanthrope s’étaient dressés dans un frisson de mâle dominant. Il laissait entrer dans son cabaret un petit roi absolument incontrôlable. C’était risqué et complètement idiot et nul doute que s’il avait été un homme sensé, il aurait refusé. Mais voilà. Snorri avait insisté. Tout son argumentaire était prêt. Il voulait prendre ce petit bout d’homme sous son aile et rien ni personne ne l’en aurait empêché. Même le refus d’Edward n’aurait pas arrêté ce grand gaillard dans sa croisade pour aider Henri. Intelligemment, le loup-garou préféra donc accepter. Il était bien plus utile de savoir Snorri sous sa gouverne, travaillant sérieusement bien qu’accompagné d’un petit blondinet au vilain caractère, plutôt que d’imaginer le berserker l’esprit ailleurs, zonant entre ses murs sans but, trop concentré sur un Henri à la rue. C’était purement tactique et, il fallait l’avouer, c’était bien joué. Pour l’heure, Edward n’avait pas à regretter son choix. Henri s’entendait plutôt bien avec les autres employés, excepté avec Andréa, et il faisait correctement son travail. S’il pouvait éviter de finir au commissariat le plus proche pour un rien, ce serait un employé modèle !

    Mais revenons à la petite scène qui se déroulait dans la ruelle. Edward était en fâcheuse posture. Menacé d’une arme, il allait devoir vider sa bourse entre les doigts crasseux de ce mendiant. Il aurait pu intervenir. L’homme tenait son arme comme un manche et son bras balançait de droite à gauche sans parvenir à fixer un point de tire. C’était un pitoyable assaillant et le maître des lycanthropes n’en aurait fait qu’une bouchée si l’envie le lui avait pris. Mais non. Il n’était pas du genre à se donner en spectacle pour un si piètre public et un si mauvais ennemi. Cela n’avait aucun intérêt mis à part celui de réveiller l’instinct animal qui sommeillait toujours en lui. Et pensez bien qu’il avait autre chose à faire plutôt que calmer des ardeurs sauvages attisées par un rat puant.

    Henri, en revanche, fut beaucoup moins gêné par l’idée d’en découdre. Avec toute l’adresse d’un voyant, il attrapa le bras menaçant du malotru pour le plier dans un sens fort douloureux, lui arrachant par la même occasion un cri désagréable. Le jeune homme désarma prestement son prisonnier et donna l’arme à Edward qui ne put qu’hausser un sourcil. Que diable allait-il faire d’une arme vide ?

    C’est à cet instant qu’accourut la belle demoiselle qui lorgnait un peu plus tôt sur les pâtisseries. D’une voix fluette, elle ordonna à Henri de lâcher le pauvre malodorant, sous prétexte qu’il lui faisait mal. La scène était cocasse, mais elle fit frissonner Edward qui commençait à sentir que quelque chose clochait. Son acolyte ne sembla rien percevoir de la scène et répondit à la jeune femme avec sa verve habituelle. Ne s’outrant nullement de la remarque du garçon, la nouvelle arrivante réitéra son ordre avec plus d’aplomb. Tout cela était de moins en moins normal. Tous les sens d’Edward étaient aux aguets, mais son odorat ne parvenait pas à se frayer un chemin entre la forte odeur de parfum et l’immonde effluve du mendiant.

    Henri avait relâché l'homme qui courut trouver refuge auprès de la belle jeune femme. Il trouva judicieux de se vanter d'avoir sauvé la vie de son supérieur et recommanda fortement au mendiant de se tenir tranquille. Ce ne fut qu'alors qu'Edward put observer le mendiant en détail. Son visage, rouge et laid, se composait d'un nez retroussé, de grand yeux globuleux et de quelques touffes de cheveux hirsutes qui décoraient vainement son crâne dégarni. Mais le plus frappant était sans contexte la disproportion de ses membres. De grands bras vissés sur un torse rachitique, lui même monté sur de petites jambes trapues. Cet homme l'à n'en était certainement pas un et notre loup-garou commençait à se faire une idée précise des créatures qui lui faisaient face. Car nul doute maintenant que la jeune femme et l'horrible vagabond se connaissaient. À peine celui-ci s'était-il glissé derrière la jeune fille, qu'elle s'empressa de lui couvrir le visage d'une capuche d'un geste tendre.

    Henri comprenait-il que quelque chose d'anormal se déroulait ? Peut-être, mais rien n'était moins sûr. La demoiselle se tourna vers Edward et son subordonné et les jugea d'un seul coup d'oeil. Elle était ravissante. Un visage poupin, aux traits asiatiques, encadré par une chevelure sombre joliment attachée, un tableau parfait si ce n'est ce regard glacial qu'elle arborait. Le loup-garou n'avait plus aucun doute, le voilà face à une adepte du onmyōdō et son shikigami. Une sorte d'équivalent à l'alchimiste occidentale et son démon familier, à ceci près que les shikigami sont des onis versions miniatures souvent un brun plus violent que les créatures occidentales.

    « Veuillez excuser l'emportement de Mōmoji, il voulait simplement s'amuser un peu. Vous n'étiez pas obligé de le violenter de la sorte, il est encore très jeune vous savez. »

    Edward se crispa légèrement. Pour leur parler ainsi, il fallait que la jeune femme ait deviné leur nature exacte, chose qui ne lui plaisait guère. Il jeta un coup d'oeil à Henri, avant de tendre l'arme récupérée à leur interlocutrice.

    « Pardonnez également mon compagnon, il a cru bien faire en me protégeant. Mais, je vous conseille de ne plus laisser votre familier jouer avec ce type d'objet, un malheur est vite arrivé et vous en seriez la première affectée Milady. »

    Elle acquiesça silencieusement et récupéra le petit revolver qu'elle glissa habillement dans son corsage. Le dénommé Mōmoji s'agita légèrement, une fumée âcre s'échappa de ses haillons laissant tout le loisir à nos deux canidés d'apprécier la véritable odeur d'un être de son espèce. Elle fut suivie d’un rire porcin qui résonna sous son épaisse capuche, aussitôt calmé par un regard assassin de sa maîtresse. Le sourire aux lèvres, elle se retourna une nouvelle fois vers les deux hommes et salua d'une révérence le talent d'Henri.

    « Si l'on omet le fait que vous êtes fort peu galant jeune homme, je dois vous admettre que votre dextérité m'a surprise et je vous en félicite. Vous auriez fait un excellent guerrier. »

    Dans une ultime moquerie, son shikigami imita son geste, s'inclinant à son tour avec le moins de grâce dont il était capable. Il avait visiblement la rancune facile et le mauvais traitement que lui avait fait subir Henri lui restait en travers de la gorge. Le renard avait plutôt intérêt à rester sage, ou le démon d'orient risquait de lui sauter à la gorge malgré la présence de sa maîtresse. Cette dernière s'inclina une nouvelle fois.

    « Il est temps pour nous de prendre congés. Toutes mes excuses pour cette malheureuse altercation et bonne journée messieurs. »

    Edward s'inclina poliment en ôtant son chapeau, mais à peine s'était-il redressé que l'affreuse créature se jeta sur ce pauvre Henri. Finalement, il lui en voulait bien plus que prévu. Les cris de sa maîtresse n'y changèrent rien. Cependant, le démon miniature eut la surprise de ne pas atteindre sa proie. Il se retrouva à plus d'une soixantaine de centimètres du sol, maintenu en l'air par l'arrière de sa veste. Au bout de cette poigne de fer se tenait Edward. Le shikigami le fixa avec surprise avant de s'agiter avec fougue tout en poussant un cri indescriptible. Cela ne fit qu'hausser un sourcil au loup-garou qui jeta un coup d'oeil à la jeune femme pâle et honteuse.

    « En voilà de bien vilaine manière, n'êtes-vous pas d'accord Milady ? »

    Il secoua fermement le pauvre Mōmoji qui couina une dernière fois avant de croiser le regard assassin de sa maîtresse. Le loup le reposa tranquillement au sol, et c'est sans demander son reste que la créature accusa les reproches incendiaires de la jeune femme dans leur langue maternelle. Après lui avoir asséner un bon coup derrière le crâne, elle tourna les talons et prit la direction de la petite pâtisserie qu’elle avait été contrainte de quitter. Edward haussa un sourcil dubitatif et se tournant vers Henri, il lui lança :

    « Et bien. N’est-ce pas là une bien étrange rencontre Henri ? »


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Quand le loup sauve le renard... [ft. EDWARD]

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