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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 All alone :music: [PV:Libre] | [1889]

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MessageSujet: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Jeu 1 Nov - 20:21

Deux heures que quoi ? Deux heures que quoiiiiiiiiii ? Deux heures que Rebecca marchait et s'ennuyait royalement.

Il faut dire que ça faisait trois heures qu'elle marchait, elle avait réussi à se faire remplacer au cabaret, ce qui -étrangement- ne lui f'sait pas plus de bien que ça. Il était à présent trois heures du matin, et plus personne n'était assez fou pour se balader sous cette pluie battante et surtout à cette heure. Mis à part Rebecca, bien entendu.

C'est donc les cheveux trempés et collés à son joli minois qu'elle s'abrita finalement sous un immense chêne.

C'est pensive qu'elle s'assit sur une pierre , ses collants en dentelles frottant la paroi rugueuse de cette dernière , son jupon virevoltant sous l'effet du vent et son chemisier collant à sa peau plus pâle que d'ordinaire . Dans se silence , elle n'entendait que ses pensées. L'ambiance du cabaret l'étouffait en ce moment. Mais elle ne pouvait partir , elle n'avait rien , seulement ce cabaret , elle n'avait ni famille , ni amis. Mais elle n'en voulait pas non plus , soit dit en passant. Néanmoins , il fallait tout de même qu'elle se résigne à rentrer au cabaret. Elle se releva , soupira un instant et retourna au cabaret , marchant sur ses pas précédents -au sens propre , elle les voyait dans la boue- , elle pensait . Elle pensait à une autre vie, et si elle n'était pas née en Pologne ? Et si jamais elle n'était pas venue en France ? Et si jamais sa mère n'avait pas été une sorcière ?Et si elle ne l'avait pas envoûtée ? Et si , et si Rebecca était normale ? Et si, il n'y avait jamais eu de Rebecca ? Et si, il y en avait eu , mais qu'elle était déjà morte ? Ce qui , logiquement , aurait dû se passer-la mort- ne s'était pas passée. Pourquoi ? Car Rebecca est là , en chair et en os , devant sa vie , la vie qu'il l'accueille les bras ouvert mais qui pourtant , ne lui fit aucun cadeau.

À présent , Rebecca apercevait le cabaret , et les questions se bousculèrent une nouvelle fois dans sa tête , au rythme de ses talons qui martelaient le sol à chacun de ses pas ; et si Rebecca n'avait pas eu les parents qu'elle a eu ? Et si ses parents étaient encore vivants ? Si tous ces malheurs ne s'étaient pas succédés ? Si Rebecca n'avait pas hérité de cette beauté , serait-elle ici ? La peau de sa main frôle la porte , ses doigts fins enroulent la poignée , ses muscles la baissent , un 'clic' se fait entendre , la porte s'ouvre. Plus personne , ce qui est étonnant , d'habitude à trois heures il reste encore des gens. Cependant , tout semble éteint , sans vie , le néant. C'est donc sans un bruit qu'elle entra , lorsqu'elle referma la porte , elle ne voyait plus rien , c'est alors que la panique l'envahit : elle était seule , elle détestait la solitude , car c'est dans les moments de solitudes , que les souvenirs les plus enfouis réapparaissent . C'est alors que sa cheville fracassa le marbre de l'escalier. C'est alors qu'un hurlement retentit , suivi d'un bruit sourd , d'un corps , d'une poupée de chiffon lâchée par son propriétaire , le bruit du vide. Rien ne résonnait , seul le silence répondait a Rebecca.

Le vide.
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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Ven 30 Nov - 17:44

Spoiler:
 

Andréa éternua pour la énième fois, si bien que le commissaire lui fourra sur le dos son manteau. Il accorda en revanche peu d'attention à son air étonné. Il pleuvait à verse et si son parapluie les couvrait à peine tous les deux, cela n'avait pas été le cas durant le reste de la soirée -sans compter que le chemin était nettement moins facile d'accès qu'à l'accoutumée. Lui qui n'aimait pas les douches froides improvisées, il était servi!

*Quelle soirée!* Soupira intérieurement le brun, tandis qu'Andréa le remerciait ; le lycanthrope frissonna, ce n'était pas bon signe.

-Pas de quoi. De toute façon si tu attrapes quoique ce soit ton oncle se fera une joie de m'étriper, et je ne compte pas lui laisser ce plaisir.

Il tentait là de faire de l'humour, mais c'était vain et le louveteau s'arrêta net, lui assurant un pas de trop hors de leur abri de fortune. Le commissaire entama un chapelet de jurons et vint s'abriter à nouveau sous le parapluie que tenait Andréa.

*Flute! J'aurais mieux fait de me taire!*

Avisant le jeune homme, il lui passa une main dans les cheveux pour les lui ébouriffer.

-Allez! Ne fais pas la tête. Tu sais à quel point ton oncle peut-être "enquiquinant", n'est-ce pas? Là le garçon ne dit mot, mais son regard signifiait bien qu'il avait compris de quoi Aldrick lui parlait. Eh bien, disons qu'on se chamaille aussi un peu pour tout et rien lui et moi, d'accord? Donc c'était plus une façon de parler qu'autre chose...

Andréa n'eut pas l'air particulièrement convaincu mais l’officier n'était pas décidé à en dire plus, aussi, il le poussa légèrement en avant en prétextant pour qu'il avance:

-Allez viens, on va attraper la mort en restant là!

Sur ce, ils se remirent en marche et après dix bonnes minutes passées à esquiver-ci et là les flaques d'eau et les gouttières débordantes, ils arrivèrent enfin devant la porte du cabaret. Jetant un coup d'œil à son vis à vis, l'agent vit bien que son compagnon de la soirée n'était pas à l'aise, et il n'avait pas besoin de parier pour savoir qu'il aurait probablement préféré être partout ailleurs sauf là, mais bon. Maintenant qu'il avait appelé Edward depuis le commissariat, pour prévenir qu'ils arrivaient, impossible de faire demi-tour.
Paternellement, Aldrick posa une main sur l'épaule d'Andréa, et lui adressa d'un air calme:


-Eh! J'ai promis de rester avec toi, tu te souviens? Ne t'inquiètes pas ça ira. Je me charge de parler à Edward.

Enfin, il ouvrit sans frapper la porte du Lost. Ses pupilles dorées mirent quelques secondes à peine avant de s'habituer à l'obscurité et son visage exprima bien vite la perplexité. En effet sur le sol était étendue une jeune fille qui paraissait mal en point. Une silhouette familière se profilait quant à elle sur les plus hautes marches de l'escalier, manifestement surprise.

-Tout va...

Un éclair zébra dans le ciel, bien vite suivit par un coup de tonnerre retentissant, entrainant avec lui la fin de la phrase du commissaire. Instinctivement l'étreinte sur le parapluie se resserra, mais il lui sembla contre toute attente qu'Andréa n'avait pas sursauté pour autant.

-Pff! C’est vraiment pas un temps à laisser un chien dehors! Soupira l’agent, avant de reporter son attention sur la demoiselle.

Il ne savait pas bien pourquoi mais il avait un mauvais pressentiment. Si la personne en haut de cet escalier était bien Edward -et son flair le trompait rarement- il ne doutait pas qu'un quiproquo puisse s'installer rapidement, particulièrement vu la vitesse à laquelle il dévalait l'escalier…


Spoiler:
 

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Edward White
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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Sam 1 Déc - 14:05

    « Bon sang mais qu’est-ce qu’ils font !! »

    Edward White, le grand, le merveilleux Edward White, tournait en rond depuis bientôt sept heures entre les murs du cabaret. Il avait vaguement réussi à sortir son neveu de son esprit le temps de la représentation, mais il était maintenant presque trois heures du matin et Andréa n’était toujours pas rentré. Certes ce n’était pas comme s’il était perdu, sans défense dans les méandres de Paris. C’était pire que ça ! Il était avec Aldrick ! Avec Aldrick ! Bon sang de bon sang de bonsoir !

    Quittant pour la énième fois son bureau en chêne, Edward se dirigea vers sa fenêtre. Il avait habituellement une vue imprenable sur l’entrée du Lost Paradise, excepté ce soir là. Bien évidemment ! Il pleuvait des cordes et même les deux lampadaires qui habillaient l’entrée ne suffisaient pas à éclairer à plus de trois mètres. Impossible de savoir si quelqu’un arrivait ou non. Pas de fiacre non plus. Rien. Le désert. Ou plutôt le déluge. Il soupira, se tapa le front contre la vitre glacée et jeta un nouveau coup d’œil sur la ruelle. Vide ou presque.

    « Andréa… »

    Une lueur d'espoir gagna tout son corps qui sembla s'éveiller d'une soudaine torpeur. Se redressant de sa haute stature de loup-garou, il posa un regard brulant sur l'ombre qui se mouvait sous la pluie bâtante. L'eau ruisselait sur sa fenêtre l'empêchant de distinguer nettement cette chose qui avançait droit sur le Lost Paradise. C'était lui ! Ça ne pouvait être que lui. Le nez presque collé contre le verre, Edward scrutait avidement le rideau aqueux qui lui gâchait si vilainement la vue. Son coeur manqua d'exploser lorsqu'il se rendit compte que la personne était seule. Aldrick aurait-il osé laisser Andréa rentrer non accompagné ? Ah le sal… Non. Non, ce n'était pas son genre. Mais alors, se serait-il passer quelque chose ? Tendu comme jamais, le loup sentit un étau resserrer un peu fort plus son estomac lorsqu'enfin les pauvres petits éclairage révélèrent l'identité de cette masse informe. Une fille. Petite, brune, une artiste. Ce n'était pas Andréa. Ce n'était toujours pas lui.

    Fatigué et nerveux, le patron du cabaret sentit grandir en lui une rage terrible. Les poings serrés, il frappa violemment les carreaux de sa fenêtre. Dissimulée derrière les épais nuages noir, la lune, pleine dans sept jours, profitait pleinement de l'état de loup-garou pour s'amuser avec ses inquiétudes. Fourberie supplémentaire, sa pendule se mit à sonner les trois heures. Chaque gong résonnait comme une ultime raillerie aux oreilles du loup-garou, le rendant, finalement, fou de rage. Dans un grognement animal, il s'emporta violemment contre son bureau. D'un geste du bras il balaya tout ce qui s'y trouvait, envoyant sans pitié lampes et bibelots se briser au sol. Un mouvement suffit à faire renverser le meuble sur l'épais parquet. L'encre sombre s'infiltra dans le tapis, les feuilles retombèrent mollement au sol et Edward fulminait. Il s'en voulait. Il aurait dut le retenir ! Le loup fut forcé d'inspirer profondément pour réussir à se calmer. Son remue-ménage avait couvert le cri de l'artiste qui venait d'entrer. Et quand bien même il l'aurait entendu, il n'était pas certain qu'il serait aller la retrouver.

    Seul au milieu de la pièce mise à sac, il passa une main fiévreuse sur son visage fatigué et, dans un dernier espoir, ses iris dépareillées coulèrent jusqu'à sa fenêtre. Enfin. Enfin il les vit. Tous deux abrités sous un même parapluie, ils avançaient tranquillement jusqu'à l'entrée du cabaret. Dieu merci ! Rassuré, Edward se saisit d'une lampe à gaz, avant de sortir immédiatement de son bureau et c'est d'un pas vif qu'il descendit les marches qui séparaient ses appartement du rez-de-chaussée. Traversant la salle de spectacle, il marcha à grand pas vers l'entrée du Lost Paradise et à peine avait-il commencé à descendre les derniers escaliers pour atteindre le hall qu'il lança :

    « Trois heures !! Il est trois heures !! Tu attendais quoi pour… »

    La foudre s'abattit à quelques kilomètres de là, suivit par un claquement de tonnerre qui fit frissonner Edward. Quel temps exécrable. Deux silhouettes se détachèrent nettement sur le décor tandis qu'une troisième se distinguait vaguement, allongée sur le bas des marches. Edward n'eut nullement besoin de brandir sa lampe pour savoir qu'Andréa, Aldrick et la demoiselle qu'il avait vu rentrer étaient là. La voix du commissaire ne fit que le conforter dans ses déductions :

    « Pff ! C’est vraiment pas un temps à laisser un chien dehors ! »

    Edward descendit les dernières marches qui le séparaient des nouveaux arrivants. Son regard se posa immédiatement sur Andréa qui détourna tout aussi vivement les yeux. Gardant toute sa contenance, le maitre du cabaret n'en menait pourtant pas bien large et c'est d'une voix qui se voulait douce qu'il lâcha à l'égare de son neveu :

    « Va te coucher, il est tard. »

    Sans regarder son oncle une seule fois, le jeune loup rendit son manteau au commissaire et après un salut murmuré, il gravit les marches du hall quatre à quatre pour disparaitre, happé par l'obscurité du Lost Paradise. Edward leva un regard lourd de sens sur Aldrick, lui déconseillant visiblement de dire quoi que ce soit à ce sujet pour l'instant. Il reporta son attention sur la petite artiste. Qu'est-ce qu'elle faisait là celle là. Aldrick l'aurait-il malmenée ? Impossible, il venait juste d'arriver. S'accroupissant près d'elle, il leva sa lampe pour l'éclairer.

    « Et bien ?! Si vous croyez que c'est l'endroit pour une sieste vous vous trompez Milady, ce n'est ni le lieu ni le moment, croyez moi. Vraiment, il y a pourtant plus confortable ! Allons. Qu'est ce qui vous arrive ? »

    Il la secoua légèrement avant de repérer sa cheville blessée. Visiblement gonflée et bleuie, l'articulation ne semblait guère en état de fonctionner. Fort peu joyeux d'avoir à s'occuper de ce problème alors qu'un autre venait de grimper dans sa chambre, il ne put retenir un discret juron transylvain. Il passa sa main sur son visage épuisé avant de se tourner vers Aldrick.

    « Je crains que j'ai à abuser de ta générosité mon cher. Aurais-tu la gentillesse de me donner un coup de main pour cette fois ? Je t'offre volontiers l'hospitalité en échange. Et puis par un temps pareil, mieux vaut rester au chaud non ? Cela me gênerait que tu tombes malade. »

    Un léger sourire et ses iris se posèrent une nouvelle fois sur la demoiselle trempée. Un soupire s'échappa de ses lèvres et l'air faussement inquiet il lança :

    « Et c'est valable pour vous aussi. Vous êtes trempée. Mieux vaut vous sécher si vous ne voulez pas attraper la mort. »


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Mer 4 Sep - 18:21

Il fixa Andréa jusqu'à ce qu'il s'engouffre dans l'obscurité, lui adressant un dernier sourire amical que l'adolescent ne vit pas ; puis il reporta son attention sur le maître des lieux, dont les yeux emplis d'éclairs, n'avaient rien à envier à l'orage qui tonnait dehors. L'agent ouvrit la bouche pour répliquer en dépit de la sommation silencieuse mais Edward s'adressa à la jeune femme. Irrité, il grogna sans s'en rendre compte, rongeant son frein pour éviter de lancer une parole de trop, en dépit de son envie grandissante de lui coller -sans autre forme de procès- son poing dans la figure, le brun maugréa intérieurement.

*Pff, coincé entre deux tempêtes, tu parles d'une fin de soirée !*

La voix teintée de hargne d'Edward lui arracha un haussement de sourcil et ses iris dorés coulèrent sur la jeune femme étendue au sol. Un soupir franchi la barrière de ses lèvres, songeant qu'après tout il n'était plus à ça près aujourd'hui, l'idée de devoir retracer le même chemin en sens inverse ne le tentait aucunement, à plus forte raison si son ennemi de toujours se retenait de lui exprimer le fond de sa pensée. Il acquiesça sans tenir compte de l'ironie que son interlocuteur, se penchant à son tour près de la belle.

- On dirait qu'elle a perdu connaissance. Elle a dû passer une sale soirée, elle aussi. Il ne précisa aucunement à qui il faisait référence à la fin de sa phrase laissant à Edward le soin de l'attribuer à qui bon lui semblerait. Jugeant que le ton insistant de sa voix en disait déjà bien assez long.  Il faudrait mieux soigner sa blessure. On peut aller dans une salle privée ? Ce sera plus pratique.

D’un geste un peu gauche, il passa ses bras sous son cou et ses genoux, et tenta délicatement de la soulever. Il la porta sans réelles difficultés, pourtant il fut surpris par son poids, s’étant vraiment attendu à ce qu’elle soit trois fois moins lourde.

Machinalement et sans attendre de réponse, il s’avança vers la pièce voisine, lâchant avec son air ronchon habituel que son professionnalisme n’arrangeait en rien.

- Il faudra sûrement des bandages et de l’eau, si tu as quelque chose de plat et d’un peu dur pour maintenir la jambe en place c’est mieux, sinon elle devra faire sans. Enfin, pour peu que tu t'intéresses à autre chose qu'à la santé de ton neveu. Oh mais j’oubliais ! Tu ne sais rien faire d’autre que de maltraiter les gens...

Le commissaire ne s'attarda pas, tournant les talons, et à l'aide de son coude, fit glisser la poignée, déclarant dans l'embrassure pour le faire rager :

- Ceci étant tu as raison de t'en faire : il ne veut plus jamais que tu l'approches !

Il entra dans la pièce qui -par chance- n'était pas verrouillée, rejoignit en quelques enjambées le canapé en dépit de l'obscurité et y déposa la jeune artiste. Le brun fit au mieux pour l'installer dans une position pas trop inconfortable, avant de se redresser. Il avisa ensuite la salle, profitant d'un éclair pour analyser la pièce  et se glisser jusqu'au chandelier le plus proche. L'agent sorti de sa poche de quoi allumer ce dernier et rangea ses affaires dans ses poches comme à l'accoutumée. Un nouveau coup de tonnerre retentit, à l'instant même où Edward passait sur le seuil, comme dans un mauvais film d'horreur.
Manifestement il n'avait aucunement l'intention d'apporter de l'eau ou quoique se soit d'autre qui permette à la jeune femme d'aller mieux.

Le visage d'Aldrick se durcit, son esprit se vida, ses yeux ambrés luisant comme ceux d'un prédateur dans la pénombre, lui adressèrent un regard glacial, un regard qui hantait encore les cauchemars d'Andréa. D'un pas lent, il vint ensuite se planter face à lui, un rictus mauvais enlaidisant son visage. Pour la première fois depuis une éternité, il ne chercha aucunement à réprimer les pulsions meurtrières qu'il avait à l'égard d’Edward. Il serra les dents, ne tenant aucunement compte de son cœur qui battait à tout rompre à ses tempes, du tremblement de ses doigts que la colère avait fait sienne, et des tréfonds de son âme laissa s'échapper un grognement rauque, empreint de l’agressivité et de la folie de la Bête : un hurlement excédé. Excédé, par son égoïsme et par sa façon d'imposer sans cesse aux autres, chacun de ses caprices, chacun de ses maux, son poing vengeur s'abattit sans aucune retenue sur le visage d'Edward, le défigurant sous la violence de l'impact, l'envoyant valser dans le hall, tandis que sa voix dénaturée par la rancoeur clamait :
 

- Celle-là c’est de la part d'Andréa ! C'est une habitude chez toi de t'en prendre aux plus jeunes, pas vrai ?

Il se craqua le cou,  puis les doigts, n'ayant cure d'une quelconque douleur endurée par sa main rougie. Son corps entier tremblait d'une haine sourde, de cette rage qui grondait en lui, et là, il n'arrivait plus à la réprimer. Il n’essayait même plus. Là, il voulait seulement appuyer là où ça faisait mal, et tourner doucement le couteau dans la plaie, comme une torture qu’on inflige, juste pour lui rendre, ne serait-ce qu'un dixième de tout ce qu'il lui avait fait endurer au fil de ses trop longues années passées dans le déshonneur de son nom. Que ce parjure soit encore en vie... Comment cette raclure pouvait-il encore avoir le droit de respirer le même air que lui ? Ca le dégoutait ! Son être tout entier était révulsé à cette simple idée. Le fait qu’il puisse toucher autre chose que les vers qu’il avait trop fait attendre dans sa tombe l’horripilait. Comme s'il n'avait pas fait assez de mal autour de lui, pour que le monde entier sache qu’il méritait uniquement de crever la gueule ouverte ?! D'abord son père, puis sa famille, le clan tout entier et maintenant Andréa ? Non là c'était au-dessus de  ses forces ! Il allait rayer purement et simplement Edward White de leur quotidien à tous ! Il allait l'étriper, sans aucune once de remords, il allait en faire de la charpie, il allait resserrer ses doigts autour de son cou jusqu'à ce qu'un ultime battement signe son arrêt de mort, et qu'aucune autre expression que celle figée dans laquelle il l'achèverait ne soit ancrée sur son visage pour l’éternité.

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Edward White
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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Sam 14 Sep - 17:22


    Edward n'écouta pas les paroles d'Aldrick, récemment penché sur la jeune femme. Ses doigts crispés sur la anse de la lampe et les traits de son visage tendus, indiquaient toute la tension accumulée durant ces dernières heures. Il se moquait éperdument de ce tas de jupons qui gisait à ses pieds, il la maudissait même. Il n'avait qu'une hâte, gravir ces foutus escaliers et rejoindre son neveu pour le prendre dans ses bras, mais voilà qu'une artiste venait s'échouer lamentablement dans son hall. C'était à le rendre fou ! Qu'elle aille au diable bon sang !

    Un faible grognement s'échappa de ses lèvres lorsque le commissaire s'occupa d'elle. Il la souleva sous le regard glacial d'Edward qui attendait, impatient de se retrouver seul avec lui, afin d'avoir une discussion sérieuse sur les moindres détails de cette soirée. Il s'était redressé en même que l'agent et l'avait suivi, n'ayant cure d'user de leur unique source de lumière pour l'aider dans sa tâche. La lampe éclairait le sol et le tapis détrempé du hall, laissant une lueur terrifiante découper la silhouette de chacun. L'orage avait beau s’époumoner, la pluie s'intensifier, les éclair aveugler, rien n'était comparable à l'atmosphère lourde qui baignait les lieux.

    « Tu ne sais rien faire d’autre que de maltraiter les gens… »

    Un instant de panique s’égara sur le visage d'Edward, dont les lèvres s'entrouvrirent légèrement. Andréa lui avait donc parlé. Il avait parlé à ce type qu'il connaissait à peine ?! Son cœur s'emballa dans une rage folle, teintée de jalousie et d'amertume. Il fit un pas en avant, tendant la main pour rattraper l'agent dont il maudissait l’existence, et il l'aurait atteint si un nouveau coup ne l'avait pas figé sur place :

    « Ceci étant tu as raison de t'en faire : il ne veut plus jamais que tu l'approches ! »

    Salaud… Edward resta planté là. La mâchoire serrée, les muscles contractés, ravalant toute la colère qui l'animait. Aldrick ne savait rien. Il n'avait aucune idée du dégoût que la gifle donnée à son neveu avait provoqué en lui. Il se méprisait comme il avait méprisé son propre père de longues années auparavant, mais il était hors de question qu'il se laisse juger par cet ignorant. Sortant de sa torpeur, il le rejoignit dans l'embrasure de la salle privée. Son arrivée fut saluée d'un violent coup de tonnerre qui ne sembla pas déranger l'artiste déposée sur le sofa. Tant mieux, il avait autre chose à faire que s'occuper de cette maladroite. Il fallait qu'il lui parle, qu'il lui explique ou au moins qu'il essaie de…

    Son regard croisa celui d'Aldrick désormais dressé face à lui. Il était puant de haine et de rancœur. Son poing vengeur s'abattit.

    La douleur et la violence du coup firent reculer Edward jusqu'au mur le plus proche, abandonnant sa lampe en cours de route. Sonné, il porta sa main à sa mâchoire endolorie grimaçant de douleur lorsqu'il referma lentement la bouche. D'un revers de manche, il essuya sa lèvre en sang, maugréa un juron transylvain, puis releva ses iris dépareillées sur son ennemi du soir. Encore cette rengaine. S'en prendre au plus faible, aux plus jeunes… Cet enfoiré devait jubiler. Il se délectait de l'infime pouvoir que ses paroles avaient sur lui, s'amusant avec pour assouvir son propre désir de représailles. Mais il existait une manière très simple de calmer ses ardeurs.

    « Ferme la ! »

    Edward se redressa brutalement et se jeta sur Aldrick avec la rage d'un animal. Il lui assena un coup de poing monumentale, rendant avec plaisir la monnaie de sa pièce à cette pourriture de flic. Mais il n'en avait pas terminé. Il ne lui laissa pas l'occasion de reculer sous la violence du choc et empoigna sa cravate de sa main valide, pour le plaquer contre le mur le plus proche. Ses iris baignées de rage percèrent le regard d'ambre du commissaire, alors qu'il appuyait son avant bras sur sa gorge. Le visage déformé par la fatigue et l'inquiétude de cette soirée, la bouche tordue dans une grimace furieuse, il abandonna dans un murmure enragé :

    « Tu ne sais rien. Rien ! Tu m'entends ! Alors épargne moi ta morale puante et hypocrite. »

    Il le relâcha d'un mouvement sec. Le souffle court, s’essuyant une nouvelle fois la bouche, Edward s'éloigna de quelques pas à peine avant de faire volt face, revenant à la charge avec hargne. Aldrick était allé bien trop loin cette fois et il était hors de question qu'il recommence son petit jeu. Il se planta devant lui, agrippant le col de son manteau trempé avec force, et lança dans un vif emportement :

    « Je t'interdis d'utiliser Andréa pour assouvir tes pulsions de vengeance malsaine. Je t'interdis de le défendre dans l'unique but de m'atteindre. C'est compris !? »

    Il s’écarta à nouveau, tentant vainement de retrouver un semblant de calme, secouant sa main encore engourdie dans l’espoir qu'elle reprenne un peu de vigueur. Le sang lui battait les tempes et malgré ses longues respirations, il ne parvenait pas à arrêter le faible tremblement qui avait envahi ses doigts. L'adrénaline, le sang, la bagarre, tout son corps en était dépendant et cette brève altercation avait un goût si agréable pour lui que cela en était terrifiant. Un soupire s'échappa de ses lèvres tandis qu'il reposait ses iris sur Aldrick sans que l'on puisse y lire une once d'apaisement.

    « Ne me traite plus jamais comme si j'étais une de ces pourritures qui battent leurs mômes. Tu n'as aucune idée de ce que c'est. »

    Il ne bougea pas, ne quittant pas le commissaire des yeux. Ses paroles avaient été prononcées sur un ton sec et dénué de toute compassion, mais sans aucune provocation. Ce n'était qu'un aveu.

    « Je vais chercher de l'eau. La gamine n'est plus la seule à en avoir besoin. »

    Il glissa l'une de ses mains sur sa mâchoire déjà légèrement colorée, avant de se mettre en route sans attendre de réponse, entreprenant de rejoindre les cuisines pour en rapporter un récipient plein.


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Ven 20 Sep - 11:39

Dans un bruit sourd, la lampe roula au sol, éclairant par endroits la scène de sa lumière. Il n'eut pas vraiment le temps d'y porter attention toutefois, car s'il s'était attendu à une répartie puissante il n'avait pas prévu de se retrouver en si peu de temps bloqué. De sa mâchoire endolorie, s'écoula un filet de sang, emplissant sa bouche d'une saveur désagréable, lui faisant fermer les yeux sous l'impact du choc, avant que son dos ne vienne entrer brutalement en contact avec la surface froide du mur, il en ressenti toutes les irrégularités, sentant sa peau râpée par endroits le long de sa colonne en dépit des diverses épaisseurs de vêtements. Sa respiration fut bloquée, et seul son regard vermeil trahissait la haine qui séjournait toujours en lui envers son vis-à-vis. Un fin sourire étira ses lèvres en dépit du manque d'air qui lui brûlait les poumons et de la poigne grandissante d'Edward.

Il avait visé juste et touché la corde sensible. C'eut été mentir que de prétendre qu'il n'était pas fier de lui en dépit de sa position actuelle, de prétendre qu'il ne ressentait pas un plaisir certain à le voir si excédé, ou à avoir en si peu de mots réussi à le mettre hors de lui, mais déjà le bigarré parut se défiler. Le relâchant. Le commissaire toussota grandement, profitant à loisir de ce répit pour réapprovisionner ses poumons en gaz salvateur. Il fixa un instant le plafond en inspirant profondément, puis reporta son attention sur le maître des lieux juste avant que ce dernier ne l'empoigne par le col et qu'il ne lui balance le fond de sa pensée en pleine figure. L'agent arqua un sourcil, il le sentait pourtant que ce n'était pas l'envie qui lui manquait à lui aussi de l'envoyer paitre bien plus violement que ça. Que ses mains tremblantes de rage sur son col ne demandaient qu'à lui clouer le caquet une bonne fois pour toutes. Alors pourquoi s'était-il contenté de ses mots ? Jadis, il aurait tué pour bien moins que ça. Jadis...

La pensée du commissaire s'arrêta là, en même temps qu'Edward le lâcha pour lui tourner le dos. Il eut alors dans la bouche un arrière-goût déplaisant, et ce n'était pas dû au sang qui s'y répondait -bien qu'il y ait contribué. Jamais par le passé il n'aurait eu ce comportement vis à vis d'un ennemi, surtout envers un lycanthrope, à plus forte raison s'il s'agissait d'un Voelsungen.
Ne le prenait-il pas au sérieux ? Impossible. Il avait frappé sans retenue, comme toujours, et la douleur été belle et bien là. Mais alors... Où était passé cet homme qu'il avait haï depuis le commencement de son adolescence ? Où était passé ce regard meurtrier qu'il revoyait encore dans ses cauchemards et qui allait de pair avec celui qui lui tailladait le buste ? Où était passé celui qui brandissait fièrement ce qu'il restait de son père pour assouvir sa suprématie ? Un grognement sourd s'échappa de ses lèvres tandis que la surprise de croiser face à lui un homme à des lieux de ses souvenirs le clouait sur place, plus encore que ces propos cinglants de vérité à l'égard d'Andréa. Son regard se fit vide, mais quelques secondes plus tard à peine, dans un sursaut d'orgueil, une lueur de défi passa au fond de ses iris dorés. Son visage se crispa et il lâcha alors même que le bigarré allait passer à la pièce suivante :


- Andréa été prêt à donner un faux témoignage pour ne pas rentrer ce soir. Il ménagea son suspens en essuyant à son tour sa lèvre ensanglantée, pas décidé pour autant à révéler qu'il avait amplifié ses dires un peu plus tôt. Appelle ça comme tu veux, mais il n'y a que la vérité qui blesse. Un nouveau silence, succinct, plana avant qu’il ne poursuive : Je n'ai peut-être pas d'enfants, mais moi au moins je ne lève pas la main sur ma famille !

Jugeant qu'il en avait fini, il quitta le hall pour s'engouffrer à nouveau dans la salle privée, son corps entier tremblait d'un trop plein de ressentiments qui ne demandait qu'à être déversé. La colère et l'amertume déformant ses traits, machinalement il avança au hasard dans la pièce, jusqu'à être de l'autre côté du divan et abattit son poing contre le mur le plus proche, jurant en transylvanien de cette ineptie à laquelle il refusait de croire. Il s'était lancé à corps perdu dans la bataille et tout ça pour quoi au juste ? Pour retrouver face à lui une pâle copie d'un monstre qui ne s'assumait plus ? Il enrageait ! Un cadre se décrocha du mur, se fracassant au sol dans un tintement de verres brisés, mais la belle au bois dormant ne réagit toujours pas. Dans son sommeil de plomb, elle semblait plus morte que vive. Cette pensée lui rappela le meurtre. Pas spécialement que son travail l'eut immunisé contre ce genre de vision, mais il en voyait tant, qu'à chaque fois qu'il pensait avoir connu le pire, un autre venait démonter un à un tous les engrenages de ses certitudes. Le brun leva les yeux vers le plafond, se demandant si Andréa réussirait à trouver le sommeil. Dans son esprit s'immisça la silhouette choquée du jeune loup, et contre toute attente, cela le calma un peu, juste avant que les paroles d'Edward, prononcées plus tôt, ne prennent réellement de leur véracité. Lui assenant une claque effroyable : * « Je t'interdis d'utiliser Andréa pour assouvir tes pulsions de vengeance malsaine. Je t'interdis de le défendre dans l'unique but de m'atteindre. C'est compris !? » *

Sa main endolorie passa sur son visage et il soupira. La douleur se rependit plus intensément encore dans son corps, lui faisant serrer les dents. C'était son orgueil qui en avait surtout pris un coup mais Edward n'avait pas tort sur toute la ligne. Sa colère avait été si grande qu'il n'avait pas pensé au jeune lycanthrope dans l'unique but de le protéger. Ce par deux fois. Il n'avait même pas encore évoqué le meurtre, trop occupé qu'il était à régler ses comptes en premier lieu. Ça avait été plus fort que lui, et ça l'était encore. Aldrick avait beau en avoir conscience, il n'arrivait pas à agir différemment. Comme sonnant le glas d'un condamné, un nouvel éclair zébra le ciel, suivit de près par l'odeur désagréable de son ennemi.

Il le fusilla du regard, ses pulsions meurtrières de nouveau à l'assaut de sa raison. Son regard fier, soutint celui du bigarré. Pourtant c'est d'une voix quasi neutre qu'il déclara :


- Avant que tu ne me le demandes : je n'ai rien fait à Andréa. Mais sur le chemin du retour on a découvert un cadavre...

Le tonnerre retenti à la suite de son annonce, paraissant vouloir figer dans leurs mémoires, la gravité de la situation.

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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Dim 1 Déc - 18:24

    La lumière vacillante de la lampe éclairait le dos du maitre des lieux plongeant son visage déformé de rage et de douleur dans une obscurité absolue. Il s'était figé, droit et fier comme à son habitude, combattant pour que ses jambes ne cèdent pas sous le poids de la culpabilité. Le roi ne pouvait pas faiblir devant le prétendant au trône s'il ne voulait pas voir son règne écourté. Alors il tenait bon, soutenu par l'orgueil du souverain. Une première réplique le fit tressaillir, la seconde lui coupa le souffle. Son regard se perdit dans les ténèbres du corridor à la recherche d'une présence salvatrice, mais rien. Il restait seul avec ses démons, jusqu'à ce qu'une dernière phrase l'arrache à son désespoir.

    « Je n'ai peut-être pas d'enfants, mais moi au moins je ne lève pas la main sur ma famille ! »

    Plus un bruit, le doute s'empare du patron du cabaret.

    Il n'avait pas compris. Bon sang, il n'avait rien compris ! Quel idiot ! Quel abruti ! Furieux, Edward se retourna brutalement, jetant un regard noir au commissaire dont la silhouette s'engouffrait déjà dans la salle privée. Ravalant sa fierté, il fit volte face et se dirigea d'un pas énergique vers la cuisine, renonçant à s'expliquer en détail sur le sujet avec la boule de nerf qui attendait son retour. C'était certainement mieux ainsi, Aldrick n'avait pas besoin de savoir.

    Pris d'un frisson soudain, Edward serra les dents au souvenir des paroles de son père. Elles s'étaient imposées avec force dans son esprit, le condamnant avec la même rage que celles dont Aldrick avait fait l'usage.

    « Eduard, mais qu'est-ce que tu as fait ? »

    C'était un accident ! Jamais il n'avait souhaité faire du mal à Andréa… Il déglutit avec difficulté, grimaçant lorsque le goût cuivré du sang glissa dans sa gorge. Il se concentra sur les raisons qui l'avaient amenées ici et eut tôt fait de saisir le premier récipient venu pour le remplir d'eau. Il l'accompagna des deux premiers chiffons qui lui tombèrent sous la main, et s'arrêta un instant face à la coupe pour nettoyer sa figure endolorie. Il dégagea d'une main tremblante les mèches de cheveux qui tombaient sur son front, avant d'inspirer profondément. Allé, réveille toi ! Il plongea ses mains dans le liquide glacé et l'appliqua à plusieurs reprises sur son visage. Puis, se redressant lentement, un sursaut d'horreur s'empara de lui lorsqu'il perçut, durant un bref instant, les traits de son père à la place de son reflet. Un mouvement brusque et le récipient chuta avant d'exploser sur le sol en une dizaine de morceaux.

    Il lui fallut plusieurs minutes pour parvenir à sortir de sa torpeur. Formidable ! La fatigue le faisait divaguer à présent. Encore un peu pâle, il s'essuya vivement le visage sans tenir compte de la douleur qu'il infligeait à sa mâchoire colorée, ramassa rapidement les bouts de la céramique brisée et remplit à nouveau une cruche d'eau. Puis tournant les talons, il reprit le chemin de la salle privée, prêt à affronter Aldrick.

    Un éclair zébra le ciel lorsqu'il rejoignit le commissaire. Il posa lentement la carafe et les torchons sur la table basse, s'attardant quelques secondes sur la jeune fille toujours inconsciente. Elle était fiévreuse. Il en serait presque venu à s'occuper d'elle si la déclaration de son cadet ne l'avait pas forcé à se redresser d'un bond. Il étrangla un juron, avant de s'exclamer :

    « Quoi ?! »

    Pris de court, Edward resta figé, observant le commissaire avec une surprise telle qu'il en avait gardé la bouche entrouverte. Il s'était préparé à tous les reproches du monde, mais certainement pas à cela. Son cœur s'emballa avec force dans sa poitrine et son regard se perdit sur les décorations du plafond, songeant avec inquiétude à son neveu. Puis, comme un réveil brutal, un frisson de rage secoua le corps du lycan et en une seconde, il fut sur le policier, l'enserrant au col avec tant de force qu'il l'étouffait à demi. Comment avait-il pu laisser faire ça ? Une furreur sourde mêlée à une douloureuse culpabilité teinta le regard d'Edward. C'était sa faute. S'il n'avait pas levé la main sur son neveu, rien de tout cela ne serait arrivé. La mâchoire crispée, il réussit finalement à articuler :

    « Comment as-tu pu le laisser monter se coucher seul ! Tu me détestes donc à ce point ? Quitte à abandonner un adolescent, juste pour pouvoir te venger ?! »

    Il desserra lentement son éteinte, laissant retomber son bras le long de son flanc, tandis que son autre main essuyait son visage livide. Un soupire s'échappa de ses lèvres, tandis qu'il plantait un regard calme, mais déterminé, dans celui du commissaire.

    « Ça fait plus de cinq ans Aldrick. N'en as tu pas assez de courir après le passé ? Crois-tu vraiment que je mérite ton acharnement ? Tu vaux mieux que ça bon sang ! »

    Edward prononça la dernière phrase avec plus de force et de sincérité qu'il l'aurait souhaité. Il s'en aperçut, et détournant promptement le regard, il s’éloigna du lycanthrope pour lui préférer la cruche récemment apportée. Il y trempa l'un des morceaux de tissus et l'essora avant de le jeter à Aldrick, lâchant d'une voix ferme :

    « Ne te laisse pas aveugler par la haine de ta mère. Ce n'est pas ainsi que tu honorera la mémoire d'Yvan. »

    Il se tut brusquement, craignant d'être allé trop loin en prononçant le prénom du chef défunt des Voelsungen. Inquiet, il chercha le regard d'Aldrick, tout en prenant soin de discrètement décaler ses appuis, prêt à recevoir le loup-garou si ses poings le démangeaient à nouveau…


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Mar 3 Déc - 21:53

La silhouette d'Edward lui avait rarement parut si humaine en dépit de toute la colère qu'elle dégageait. Pourtant, il n'y porta guère d'attention, ce fut plutôt une sorte de ressenti. Comme si sur son passage, elle avait laissé une trainée transparente qui en rendait compte, à l'instar de certaines photographies trafiquées qui laissaient sous-entendre l'apparition de quelconques spectres. Il y avait un peu de ça. Mais cette réflexion coupa court dès lors que son souffle se raréfia, grandement écourter par la main tremblante de rage qui lui enserra le col. Resserrant son étreinte avec la force inouïe qui l'avait jadis cloué au sol, Edward lui adressa un questionnement acerbe. Aldrick n'eut pour seul réflexe que de fermer un œil sous le choc. Ce n'était pas tant qu'il ne s'y était pas attendu pourtant, mais plutôt qu'il avait cru que cela arriverait plus tard. Un borborygme fut sa seule réponse, avant qu'il ne puisse à nouveau respirer convenablement. Il toussa fortement et porta par habitude la main à sa gorge, ne se privant pas au passage de lancer un regard noir à son assaillant qui pourtant se détachait grandement.

- Parce que ça t'a gêné jadis peut-être ? De parsemer nos nuits à tous de cadavres et de perpétuer la chose dès le lever du soleil le jour suivant, lors de la Grande Guerre ? Sais-tu seulement combien sont morts ? Ça a duré des années ! Mais ce soir, c'est différent... Je n'ai pas voulu ça et tu le sais très bien ! Si...

Edward le coupa. Il soutint son regard, d'un air glacial et détaché que seul la haine lui conférait. La surprise passa pourtant brièvement au fond de ses iris d'or et l'instant suivant il fronçait les sourcils, persuadé que le lycanthrope se fichait de lui. Le commissaire rattrapa la serviette humide avec une habilité militaire et lorsque le nom tomba, il serra si fort son poing que le tissu aurait pu s'incruster dans sa chair. Son corps entier se contracta d'un bloc, il serra dents et poings, et un rictus mauvais passa sur son visage.

- La ferme ! C'était sorti tout seul et il ne comptait pas s'en excuser. Loin de là. Le ton était abrupt et le regard hostile. Cette fois, sur le visage d'Aldrick, il y avait un air plus que similaire avec celui qu'arborait jadis lors des combats d'importance Yvan Voelsungen. Tu es mal placé pour me donner des leçons là-dessus ! Il pointa un index vindicatif vers Edward. Tout ça c'est de ta faute ! Si tu n'avais pas ex...

Il se tut brutalement. Ravalant orgueil et haine. Laissant son bras tomber le long de son buste en serrant brièvement les dents. Bouillant sur place. Certain à présent que s'il achevait, il ne vaudrait guère mieux que l'être qui lui faisait face et qu'il haïssait de toute son âme ; sans pouvoir toutefois s'empêcher de penser :

*Si tu n'avais pas existé, rien de tout ça ne serait arrivé ! Il aurait mieux valu que tu meurs !*

Mais au lieu de déverser son venin, l'agent dégluti, se tourna vers l'artiste, et posa le tissu sur sa cheville, sans que cette dernière ne réagisse.

Seul le bruit lointain du tonnerre vint ponctuer ses dires, laissant dans l'atmosphère un lourd malaise, avant qu'Aldrick ne reprenne avec dédain et froideur, en fixant Edward :


- Ne prononce plus jamais le nom de mon père devant moi ! Ordonna-t-il avec toute la suprématie de chef que lui avait légué Yvan. Tu n'en es pas digne !

Son cœur martelait à ses tempes, et s'il ignorait ce qui le retenait encore de lui sauter à la gorge pour l'étriper, le réduire en charpie et empêcher ce monstre de faire d'avantage de dégâts, le commissaire ne doutait pas que cela ne saurait tarder. Ce n'était qu'une question de temps. Mais...Plus que de s'opposer à un roi, plus que de subir les contre coups de ce genre de rébellion, plus encore que de laisser place à toute la haine à laquelle il été en proie, ce qu'il redoutait c'était de devenir un être capable des mêmes atrocités sans une once de remords.

- Tu as mis notre terre à feu et à sang, pour ton bon plaisir et tu aurais voulu que je fasse quoi ? Que je te regarde faire sans rien dire ? Il eut en quelques enjambées réduit grandement la distance qui les séparait, s'arrêtant à moins d'un mètre du bigarré pour le toiser. Que je m'exile dans une terre inconnue en attendant que tu choisisses un nouveau roi peut-être ? Mieux ! Que je dise à ma mère que sa soif de vengeance n'était qu'une idée stupide alors que tu arborais fièrement ce qu'il restait de mon père pour assouvir ta suprématie ? Ou que je fasse comme si rien ne s'était passé ? Cesses donc de te foutre de ma gueule tu veux ?! Un grognement mauvais lui échappa, laissant place à un silence charognard aussitôt rompu. Tu crois vraiment que c'est ça la vie que j'aurais voulu mener ?! Finit-il par lâcher excédé, dans un mouvement d'emportement en agitant son bras devant lui pour désigner l'ensemble de son existence actuelle ; réalisant à peine le sens de ses mots tant la colère qui l'animait était abyssale, et que la Bête à l'affut, hurlait en lui comme si la lune était pleine.

Sa respiration saccadée, ne fit que mettre plus en avant encore le trouble trahissant dont il suintait. Son corps entier tremblait, de rage, de dépit et d'une myriade d’émotions amalgamées. Il détourna le regard, et lui tourna le dos pour retourner au chevet de la jeune femme, honteux de cet aveu qu'il n'aurait jamais dû avoir pour son ennemi juré.

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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Jeu 19 Déc - 20:25

    Un frisson parcourut l'échine d'Edward et remonta jusque dans sa nuque. C'était un frisson de rage, une colère sourde qui le gagnait lentement et s'insinuait dans ses articulations, jusqu'à se glisser dans son oreille, où un murmure s'y développa avec toute la sournoiserie du serpent :

    « Il est faible... »

    L'image d'Aldrick, jeune lycan courageux, s'effrita lentement dans son esprit, remplacée par la vision du commissaire dont un éclair découpa brutalement la silhouette. Vide. Seul mot capable de le décrire en cet instant. Unique adjectif qui révulsait Edward, mêlant au sang qui baignait encore sa salive, le goût amer de la déception. Quel gâchis.

    Il n'y avait plus rien. Plus de loup-garou. Il était face à un pauvre hère sali par son envie de vengeance et rongé jusqu'au sang par le souvenir de son impuissance. Un être laid, incapable d'aller de l'avant, préférant tourner en rond, dévoré par le passé ; seul sujet qui réussit à traverser ses lèvres pour une nouvelle attaque.

    « Tout ça, c'est de ta faute ! Si tu n'avais pas ex... »

    Les mots s'étaient consumés sur les lèvres d'Aldrick avant d'atteindre leur cible, soulevant une colère insoupçonnée chez son roi, furieux de voir la lame d'un grand combattant émoussée à ce point après si peu d'année. Même le prénom de son père n'eut pas l'effet tragique craint brièvement par Edward. Le commissaire répondit avec l'autorité de son rang, mais cela apparut comme un simple caprice pour son vis-à-vis, dont le regard s'était teinté d'un tout nouveau sentiment ; le mépris.

    Un silence s'insinua dans leur face-à-face, que même l'orage n'osa pas troubler. Le maître des lieux mimait un sang-froid brillant, attendant patiemment l'instant où il pourrait prendre le dessus. Son regard ne quittait plus le commissaire, mais il avait renoncé à ses appuis, ne craignant plus ce minable qu'il avait osé – pauvre fou qu'il était – espérer se voir se dresser en rival. Ce dernier semblait bien moins serein. Les poings et la mâchoire serrée, Aldrick paraissait prêt à bondir.

    Le commissaire avança et Edward bougea à peine, se contentant de retenir sa propre rage avec difficulté. Enfin, une ultime phrase résonna dans la pièce, sonnant comme un aveu :

    « Tu crois vraiment que c'est ça la vie que j'aurais voulu mener ?! »

    C'en était trop.

    Hors de lui, Edward saisit le commissaire par l'épaule. Il l'obligea à faire volte face et lui asséna un coup-de-poing monumental qui le força à reculer sous le choc. Le bigarré profita de l'élan du lycan pour attraper sa veste et balayer ses pieds d'un geste maitrisé, le plaquant au sol avec plus de forces qu'il ne l'avait prévu. Par réflexe, il appuya son genou droit sur le torse d'Aldrick, tandis que le gauche bloquait son bras, l'empêchant de se relever. Ses iris dépareillés s'enfoncèrent sans gêne dans les ambres de son prisonnier, tandis que ses lèvres se déformaient en une moue méprisante :

    « Toi au moins tu as une vie ! Abruti ! »

    Il ne relâcha pas son étreinte, décollant légèrement les épaules du loup du parquet tandis que ses cheveux sombres glissaient avec insolence sur le visage tuméfié d'Aldrick :

    « Regarde-toi ! Tu crois réellement que tu pourras faire quoi que ce soit dans cet état ? Tu ressasses le passé encore et encore, alors qu'il est trop tard Aldrick ! Ton père est mort, comme des milliers d'autres lycans, alors venge le, mais pas en t'apitoyant sur ton sort ! Ce n'est pas cet Aldrick là que je veux combattre ! »

    Le souffle court, Edward abandonna d'une main son emprise sur le manteau du commissaire sans pour autant lui laisser la possibilité de bouger. Il s'essuya la bouche d'un revers de manche, tentant désespérément de retrouver un peu de calme, alors que le sang lui martelait si formidablement les tempes qu'il s'entendait à peine penser. Il perdait pied. La colère le dévorait, incontrôlable, et grandissant en lui aussi vite que la peur dont elle était accompagnée. Enivré par cette rage, il se rendait à peine compte du poids qu'il infligeait à la cage-thoracique d'Aldrick. Profitant de sa position, il saisit violemment la mâchoire de son prisonnier, planta son regard dans le sien et lâcha dédaigneusement :

    « Tu es pitoyable. »

    Un instant, sa main s'égara sur la gorge du commissaire et durant une seconde, Edward eut envie de la serrer de toutes ses forces pour sentir les dernières palpitations de ce cœur qu'il avait failli emporter quelques années plus tôt. Cette pensée lui fit l'effet d'un électrochoc. Lâchant brusquement Aldrick, il se releva le plus rapidement possible et recula de deux pas, dissimulant à grand-peine l'horreur qui l'avait envahi.

    Un éclair déchira le ciel, illuminant la pièce de sa lumière glaciale, alors que le son du tonnerre lui succédait dans un fracas tel, que les vitres en vibrèrent. Mais Edward ne l'entendit pas. Il avait brièvement porté ses deux mains tremblantes jusqu'à son visage dont la bouche s'était étirée pour former un rictus narquois dont il était l'unique destinataire. Un éclat de rire nerveux secoua ses épaules, puis, laissant retomber ses iris sur le commissaire, il abandonna dans un triste murmure :

    « Et je suis pire que toi. »

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Dernière édition par Edward White le Mar 14 Jan - 14:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Sam 1 Fév - 13:14

Alors qu'il avait retenu sa rage, il recevait à présent le coup qu'il aurait voulu asséner à son adversaire. Son corps entier entra brutalement en contact avec le parquet, lui faisant fermer instinctivement les yeux sous la douleur. Le sang se répandit à nouveau dans sa gorge, faisant vibrer son corps entier sous la rage. Pire encore, cette fois, il retrouva le regard qui hantait ses cauchemars ! Ce regard qu'il arborait jadis sur le champ de bataille, empli de haine et soif de sang si étroitement mêlées, qu'elles en étaient indissociables.

"Enfoiré ! Tu ne perds rien pour attendre ! "

Le propos le scia.

Quelque part au fond de lui, il savait tout cela, mais c'était différent de se l'entendre dire. De se l'entendre dire de visu, de surcroît par...LUI ! Un frisson de dégout lui parcouru l'échine. S'il n'avait pas été maintenu au sol probablement aurait-il vomi. A l'instant pourtant, où il s'apprêtait à frapper de sa main de libre, Edward le libéra de son étreinte, pour s'éloigner dans un rire désagréable.
Aldrick toussa violemment et se redressa à la hâte. Se massant d'un air mauvais la mâchoire, il lâcha hargneux :


- Pff, c'est bien la peine de me faire la morale pour aboutir à ça tiens ! Il dégluti avec difficulté et observa avec un mépris certain le visage angoissé de son ennemi de toujours. Alors c'est tout ?

*Il a peur* Songea-t-il en comprenant enfin ce que son instinct hurlait. *Ça sent la peur à des kilomètres*

- On dirait bien que je ne suis pas le seul à être resté bloqué dans le passé, pas vrai Edouard Wolkoff ?

Il n'avait cure d'avoir failli mourir un peu plus tôt, Aldrick n'envisageait même pas que cela puisse se reproduire lorsqu'il s'avança d'un pas décidé vers son agresseur, accentuant les derniers mots avec la prononciation transylvanienne. A n'en pas douter, le policier l'avait fait exprès. Peu importe que l'idée de s'opposer à ce lycanthrope ne soit pas bonne selon la majorité du clan. Il avait vu Edward tué, de nombreuses fois. De trop nombreuses fois ; pour qu'il puisse le lui pardonner totalement un jour. Pour les fixer tous deux sur cet avenir qu'ils cherchaient à atteindre, il n'y avait de toutes façons, qu'une seule route. Droit comme la Justice, Aldrick finit par se planter devant Edward pour lui coller un coup de poing herculéen dans la figure. Obligeant le bigarré à reculer, avant d'entrer en contact avec le bois ciré du bureau le plus proche, tandis qu'il lui agrippait le col, l'immobilisant au passage.

- Tu as bâti ton règne en faisant couler le sang ! Le sang des nôtres ! Le sang de nos familles !  

Le même sang qui lui battait les tempes. Ses mains tremblaient de rage, être si près de cette pourriture le dégoutait. Il en avait assez de l’entendre, lui et ses propos débiles. Assez de contenir tout ça. Assez de leurs lâchetés respectives.

Et puisqu'il y tenait tant, ils régleraient ça ce soir. Définitivement !

Cette fois, la bête hurla en même temps que lui. Cette fois, ils étaient d'accords. Cette fois, les choses seraient différentes. Pour la première fois, il ne chercha pas à réprimer la bête en lui, puisque de toutes façons la bête c'était lui. Il était ce monstre qui hurlait contre Edward. Ce monstre qui ne le laisserait plus faire. Ce monstre qui serait toujours en travers de sa route. Cette fois, il affichait un regard similaire, à celui assassin, qu'Edward arborait lors de la Grande Guerre. Aldrick le frappa à nouveau au visage, si fort que son poing émit un bruit d'os cassé tandis qu'il arguait :


- Jamais plus je ne te laisserais tuer qui que ce soit ! PLUS JAMAIS !

Il resta là. Sans tenir compte de la douleur, à le fixer, sans le lâcher, les doigts crispés sur son col, ses jointures blanchies par la tension, la veine à ses tempes gonflant à une vitesse prodigieuse. Ses iris d'or détaillant ceux dépareillés de son adversaire. Sa mâchoire endolorie articulant d'une voix pareille au tonnerre :

- Ce trône est mien et je ne tôlerais pas que tu le déshonores d'avantage !

Un nouvel éclair illumina la pièce, traçant sur leurs visages des stries sombres et lumineuses. Le lycanthrope grogna comme jamais, simultanément avec la Bête, et de toute la stature que lui avait donné sa race et son rang, il décréta :

- Ton règne touche à sa fin Edward !  

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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Ven 28 Fév - 20:43


    Eduard Wolkoff.

    Deux mots. Deux mots qui firent vaciller le roi des loups. Ils résonnèrent comme une accusation cinglante et violente qui ne laissa aucune place au doute. Edward recula d'un pas, le regard vague, teinté de visions passées terrifiantes et l'esprit embué de souvenirs ensanglantés. Il frissonna. Ce nom, unit à jamais au massacre de la grande guerre lycane, n'était qu'un synonyme de mort et de barbarie, dont chaque loup-garou craignait encore l'évocation. C'était Vyresh, le Sanglant, le sauvage, celui qui avait tué sans pitié tous les réfractaires, jusqu'à se hisser au plus haut sommet ; devenant roi dans la douleur et le sang des siens. Une histoire qui avait tout du mythe, et pourtant. Il était bel et bien là ce monstre sans cœur, il avait même droit à une vie douce et tranquille. Injustice atroce qu'avait occultée Edward White, abandonnant son nom d'assassin pour un autre, si insipide.

    Le voilà égaré. En une seconde, sa vie entière lui était revenue en pleine figure, si violemment, que le poing féroce qui s'abattit sur son visage lui sembla d'une douceur toute relative. Edward perdit l'équilibre, se heurtant à un bureau d'ébène sur lequel il prit appui d'une main moite et si fébrile qu'elle semblait appartenir à un enfant. Il toussa, recrachant un flot carmin qui dégoulina le long de ses lèvres, pour venir souiller davantage sa chemise odieusement blanche. Du sang, toujours du sang. Qu'il soit sien ou non, ce liquide brulant de culpabilité inondait chaque jour de sa vie, sans lui laisser l'espoir de ne pas s'y noyer.

    Absent, il observa Aldrick. Le loup bouillait à nouveau d'une rage folle dont il se savait l'unique destinataire. Il s'époumonait en reproches lourds, martelant avec haine la liste des crimes de son souverain, tentant avec toute sa fureur de le faire ployer, lui, l'infâme contre lequel il était le seul à se révolter.

    Un second coup fusa, heurtant de pleins fouets la joue abîmée d'Edward dont les mains se crispèrent sous la douleur. Il s'était à nouveau mordu la langue. Encore du sang. Il déglutit avec difficulté, grimaçant alors que le liquide au goût si désagréablement cuivré glissait dans sa gorge, réveillant brutalement le Roi. Ce fut ce sang, met favori de Vyresh, celui-là même qui l'avait enivré pendant des années, qui réussit enfin à l'extraire de sa torpeur. Le vide des ses iris s'envola, laissant place à une détermination sans faille.

    Les paroles d'Aldrick lui parvinrent, ponctuées d'un prodigieux éclair.

    « Ce trône est mien et je ne tolérais pas que tu le déshonores davantage ! »

    Impossible. Il n'était pas temps.

    Le Seigneur grogna. Il inclina sa tête en arrière, essayant de s'extraire à l'étreinte que son assaillant conservait sur son col. On le sentait nerveux, agité. Son corps se soulevait dans des soubresauts désordonnés, tandis que ses iris se perdaient sur les poutres, les cadres et les meubles, sans jamais s'y attarder. Son souffle était court, son cœur battait la chamade. Son attitude avait tout de celle d'un animal acculé, prêt à défendre son titre jusqu'à la mort.

    « Ton règne touche à sa fin Edward !
    - Non ! »

    La réponse avait été immédiate et violente, un cri du cœur qui rivalisait sans peine avec l'orage grandissant. Un coup la suivit. Fort et rapide, droit dans le ventre de son adversaire. Et profitant de la douleur provoquée, Edward se défit de son étreinte, l'agrippant à la gorge, alors qu'il se jetait sur lui de tout son poids. Il se hissa, se projeta même, faisait chuter leurs deux corps massifs avec la violence d'un combat titanesque. Ils s'abattirent sur la petite table basse en bois, qui se brisa dans un bruit sec sous leur poids. Aldrick, en première ligne, avait dû amortir l'impact, car Edward se redressa aussitôt.

    Le fils d'Yvan Voeslsungen était à sa merci.

    Son vêtement déchiré et couvert de sang, le visage tuméfié, son regard fou, il se tenait au-dessus de son sujet, lui maintenant le col des deux mains et le soulevant du sol jonché de débris sans se soucier de la douleur qu'il pouvait lui infliger. Il plongea ses iris dépareillés, noyés de sentiments disparates, dans les siens, finissant par s'exclamer avec fureur :

    « C'est impossible, tu entends ! Tu ne l'auras pas ! Pas tant que j'en aurais besoin ! »

    La respiration saccadée, Edward secoua le pauvre commissaire avec la rage du désespéré. Désespéré que quelqu'un comprenne pourquoi, pourquoi il gardait ce trône sale et sanglant qu'il avait acquit dans une honteuse folie. Il ne savait pas comment se justifier, il craignait même de le faire, persuadé que personne n'accepterait ses explications. Il était fou de rage. Furieux contre lui-même, haïssant sa propre maladresse ; celle de l'animal devenu homme, celle qu'il dissimulait avec l'ardeur des politesses et des bonnes manières. Elle le dégoutait.

    Alors, au risque de tout perdre, il se décida. Sa poigne se resserra, tremblante, son regard se fit plus humain que jamais, malgré l'étrange dissemblance de son iris écarlate. Son souffle se perdit dans un dernier grognement coupable, qui précéda une prodigieuse exclamation :

    « Tu ne comprends pas ! C'est tout ce qu'il me reste ! C'est la seule chose qui me permette d'expier mes fautes ! J'en ai besoin Aldrick ! Je ne te laisserai pas le prendre ! »

    Puis il le relâcha brutalement dans un soupir de rage, certain qu'il avait eu tort. Mais ce nom, Eduard Wolkoff, avait été trop douloureux à entendre. Il avait changé, ou du moins essayé, et il estimait que ses efforts et ses souffrances étaient assez chers payés pour que l'on ne se permette pas d'ouvrir ses placards où pourrissaient des piles entières de cadavres. Leur odeur lui suffisait.

    Alors le Roi se redressa avec difficulté. Son regard, empreint de fatigue, quitta celui d'Aldrck avant de se colorer de douleur. Un mal vif avait gagné sa jambe que le bois éclaté avait sévèrement marquée. Pourtant, il resta digne et simple. L'arrogance l'avait abandonné pour la stature plus noble d'un homme combattant ardemment ses démons. Il essuya sa bouche, lentement, puis se penchant vers Aldrick, il lui tendit la main, soufflant enfin :

    « Laisse-moi une chance. »


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Ven 28 Mar - 9:57

Ce cri du cœur ne l'ébranla aucunement, contrairement au coup qui le suivit. La respiration coupée nette, Aldrick n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait qu'à nouveau il était projeté au sol, des éclats de bois s'enfonçant dans sa peau. L'objet s'était disloqué sous son poids et une douleur vive lui cisaillait outrageusement la colonne, tandis qu'il se sentait à nouveau soulevé, puis étranglé. Edward hurla, et en dépit de la douleur, le policier s'allia à la Bête pour répondre sur un ton à peine moins audible compte tenu  de l'étreinte sur sa gorge :

- Tu en as besoin ? Un rictus haineux ternit son visage. Massacrer les nôtres c'est ça que tu appelles un "besoin" ?!  Ne te fous pas de ma gueule Edward !
- Tu ne comprends pas ! C'est tout ce qu'il me reste ! C'est la seule chose qui me permette d'expier mes fautes ! J'en ai besoin Aldrick ! Je ne te laisserai pas le prendre !

*Expier ses fautes ?*

Ses mots lui firent l'effet d'un coup de massue immense. Le ciel tout entier lui serait tombé dessus qu'il n'aurait eu plus mal. La Bête en lui hurla à la mort et le grognement qu'il émit en fut le juste reflet.
Sa descente en enfer commença alors. Son corps chuta jusqu'au sol où il se retrouva presque assit. Pourtant, il lui sembla que cela dura une éternité, et que d'un coup, toute source lumineuse venait de disparaitre autour de lui, alors qu'il fixait Edward de ses deux yeux d'or agrandis sous la surprise.
Il resta là, de longues secondes, l'air hagard, ne sachant plus très bien comment gérer ses émotions, sentant ses mains trembler incessamment.

Pouvait-il seulement dire vrai ? N'est-ce pas une ruse supplémentaire pour nuire aux siens ? Ce regard qu'il arborait malgré tout, le déroutait bien plus qu'il n'aurait ne l'aurait jamais admis. Même sous la torture. C'était le regard d'un homme. Un regard qu'il n'aurait jamais pu imaginer sur Eduard Wolkoff.


*Et s'il disait la vérité ?*

Sa pensée première alla pour sa mère.

*Non c'est impossible ! Pas après tout ce qu'il a fait !*

Aldrick, tremblait de toutes parts. Il songea ensuite à sa promesse, et le visage de son père à sa mort réapparu si nettement à son souvenir qu'il aurait pu jurer que le lycanthrope face à lui le narguait encore. Il serra poings et dents, son pouls s'accélérant de plus belle, ses sens aux agents, peinèrent un instant à maintenir sa vue stable. Il grimaça, enlaidi à l'idée de s'être fait rouler par de belles paroles et la vague impression -sans fondements- d'avoir pu déceler un peu d'humanité chez son pire ennemi.

- Tu crois vraiment que tu vas t'en sortir comme ça ? Avec une simple requête ? Après tout ce que tu nous as fait subir ? Rugit-il.
- Laisse-moi une chance.

Tombant dénues, il observa la main tendue, de longues secondes durant, peinant à retrouver un semblant de calme et de lucidité. Bouillant de rage face à cet être fatigué. Edward ne lui demandait rien d'autre que de reporter sa vengeance, presque de trahir son engagement, de bafouer la mémoire et l'honneur perdus de sa famille ! De son père ! Tout ça pour quoi ? Pour qu'il puisse "expier ses fautes" ? Lui faire confiance ? A lui ! L'assassin de son père ! Le responsable de sa déchéance ?!
Il ne s'agissait pas que de ça. Aldrick le savait. Il ne le savait que trop bien.
Il s'agissait du futur. Un futur dans lequel Edouard Wolkoff ne serait plus jamais le Vyresch. Plus jamais "Le Sanglant". Plus jamais ce monstre incontrôlable assoiffé de sang qui avait jadis uni les clans par la guerre.
Puis, ses iris croisèrent à nouveau ceux de son vis à vis. Ce regard... C'était le regard d'un homme. Un regard qu'il n'aurait jamais pu imaginer sur Edward White.

Aldrick chassa cette vision, fermant les yeux, fort, mais cette fois, il y vit la Bête et il sut.

Le lycanthrope sentit son corps tout entier se tendre comme un arc et leva un poing vengeur qui s'abattit sur le sol, formant un creux dans le parquet, dans un bruit sourd couvert par un juron transylvanien, saignant davantage au passage sa peau déjà contusionnée. Enfin, tentant tant bien que mal de se redresser, il serra les dents et fini par s'agripper avec force à la main de son roi, pour se hisser jusqu'à sa hauteur ; arguant dans un grognement excessif, en marquant la paume du brun jusqu'au sang :


- Si tu faillis. Une fois. Une seule fois. Je viendrais moi-même prendre ce que tu as de plus cher, Edward. Il leva le menton vers les étages supérieurs. Et je ne parle pas là du trône. Souligna-t-il pour signifier qu'il ne plaisantait pas en citant Andréa.

Aldrick le lâcha, certain que s'il conservait une telle distance, il ne faudrait pas moins de dix secondes supplémentaires avant qu'ils ne reprennent là où ils s'étaient arrêtés plus tôt. Ce, même en dépit de ce pari fou qu'ils venaient de faire sur l'avenir. Il déglutit avec difficulté, s'avançant lentement jusqu'au milieu de la pièce, vacillant dangereusement, il parvint à arracher un bout de bois enfoncé dans son dos, se massa ensuite la mâchoire, tentant de définir où il n'avait pas mal. En vain. Il avisa Edward, qui ne paraissait guère en meilleur état, et abandonna :

- Ne vas pas croire que je te pardonne tout pour autant.

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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Jeu 8 Mai - 12:29


    Il en avait coûté au Roi. La difficulté était atroce à surmonter face à l'ennemi. Il avait dû admettre sa faiblesse, avouer sa honte, demander à ce qu'on le laisse se repentir. L'humiliation pesait sur les épaules du souverain solitaire. En avouant la triste vérité et les raisons qui le poussaient à conserver ce trône transpirant la mort, il avait reconnu ses fautes passées, sa cruauté, sa bestialité. Il admettait le monstre et sollicitait la clémence pour toutes ses erreurs. Oui, lui le Roi, il s'était plié sous l'exigence de la vengeance, allant jusqu'à quémander une faveur ; celle de faire oublier son existence.

    Mais c'était une erreur. Edward le savait, il l'avait su dès l'instant où l'aveu de culpabilité avait franchi ses lèvres. Courber l'échine devant l'assaillant, pour un monarque, c'était fournir le bâton pour se faire battre. En bon sujet avide de représailles, Aldrick accueillit la nouvelle avec défiance, avant de profiter lâchement de cette position de supériorité fragile que les évènements lui offraient sur un plateau. Il voulait plus. Et il demanda plus.

    « Andréa... »

    Le mot n'avait été qu'un murmure entre les lèvres d'Edward qui sentit son cœur se serrer plus violemment qu'il n'aurait dû. La menace était clairement annoncée, sans honte. Aldrick désirait inclure l'innocence d'Andréa dans un conflit qui n'était pas le sien. Cela suffit à révulser son Roi, écœuré par cette lâcheté. Le commissaire parla à nouveau, mais le mal était fait. Le reste de ses mots dérapa sur son interlocuteur, dont la rage grandissait à vue d'œil. Ses muscles s'étaient lentement contractés, redonnant à sa silhouette toute la gloire d'un combattant chevronné. Son visage se crispa en une expression détestable, emprunte d'un dégout plus prononcé encore que la colère qui envahissait son regard. La bête s'était redressée, protectrice, et prête à préserver sa lignée jusqu'à la mort.

    La foudre illumina la pièce. Juste assez longtemps pour permettre d'assister à l'assaut d'Edward. Même blessé, épuisé, il ne renonça pas à l'affrontement pour défendre ce qu'il sût juste. Des deux mains, il empoigna le col d'Aldrick, collant presque son visage au sien, pour hurler avec force :

    « Nu ai nici un drept!1 Andréa n'a rien à voir avec ce qui s'est passé sur les monts du Bihor. Rien ! Je t'interdis de le mêler à ta vengeance. El nu avea nevoie de asta.2 »
    1. Tu n'as pas le droit ! | 2. Il n'a pas besoin de ça !
    Tel fut son emportement que le loup mélangea les langues, sans même s'en rendre compte. Le sang lui battait les tempes, et l'adrénaline avait supprimé toutes traces de fatigue, il était prêt à combattre à nouveau pour protéger Andréa. Puis il croisa le regard d'Aldrick. Ces iris aux couleurs si particulières le renvoyèrent à celles qui s'étaient éteintes entre ses mains quelques années plus tôt. Le choc le fit lâcher prise, et ce fut le souffle court, les mains blanchies par sa poigne féroce, qu'il assimila enfin sa perte de sang froid. Il ne la regretta qu'à demi.

    « Rah ! »

    Tentant de retrouver un soupçon de calme, Edward essuya brutalement son visage, pour ensuite gagner la fenêtre de la petite pièce de deux enjambées sèches, sans un regard pour le commissaire. Le cœur battant la chamade, il trouva un peu de sérénités lorsque son front entra en contact avec la vitre glacial battue par la violence de la pluie. Mais rapidement, son esprit repassa en boucle les paroles du dernier fils des Voelsungen et la brève accalmie qui avait détendu son corps, disparue pour laisser place à un rugissement furieux suivit d'un coup-de-poing sourd qui fendilla la plaque de verre. Edward fit volt face. Grand, puissant, il lança aussitôt :

    « Tu ne sais rien Aldrick ! Tu es resté un enfant capricieux, mais je ne te laisserai pas toucher un seul cheveu d'Andréa. Jamais ! »

    Le roi des loups s'interrompit, laissant l'information gagner lentement son destinataire. Il devait faire la part des choses. Alors il se décida à mettre de côté sa colère d'individu, pour réagir comme le souverain qu'il était. La tâche était ardue tant le sujet lui tenait à cœur, mais il lui semblait qu'Aldrick n'abandonnerait jamais cette idée terrible s'il réagissait de la sorte à chaque fois qu'Andréa se retrouvait concerné. Massant sa main endolorie et sensiblement tremblante, Edward fit l'effort de chercher le regard de son interlocuteur avant d'expliquer sèchement :

    « Tu te trompes si tu crois qu'Andréa est mon mordu. Il a été la victime d'un autre loup, probablement un solitaire, lâche et égoïste, qui l'a laissé pour mort dans les bois. Il a été chassé, parce qu'il est devenu comme toi et moi ; ce que ces humains appellent un « monstre ». »

    Sa voix s'élevait aux fur et à mesure qu'il parlait, ne parvenant pas à dissimuler, malgré tous ses efforts, la fureur que cette histoire accroissait en lui.

    « Il a été abandonné par son mordant. Par ce barbare ! Il n'avait personne, tu entends ! Et pourtant, il s'est battu jusqu'à tomber sur notre camp. Blessé, mais enragé plus que tu ne l'as jamais été. Il n'avait qu'un seul bras en état et pourtant il voulut nous voir tous mort. Je l'ai recueilli. Je l'ai soigné. C'est avec moi qu'il a fait sa première transformation. Je lui ai donné une famille, un toit, une nouvelle vie ! Pendant qu'un autre poursuivait sa route sans se soucier de son existence ! Alors écoute moi bien. Andréa a sa propre guerre à mener et je ne te laisserai pas l'impliquer dans une seconde ! »

    Il déglutit. Une main nerveuse s'égara sur visage, le dégageant des mèches noires qui s'étaient collées au sang coagulé le décorant. Un effort fut fait pour parvenir à s'exprimer de manière plus posée, mais le tressaillement de la voix d'Edward trahissait sans mal tout le mépris qu'il dissimulait :

    « Andréa est sous ma protection, parce qu'un méprisable loup n'a pas assumé ses actes. J'ai toujours assumé les miens. Alors, j'endosse sa responsabilité, et il te faudra me passer sur le corps pour l'atteindre. »

    Edward se tut. Bien décidé à camper sur ses positions. C'était là l'unique sujet sur lequel il ne pouvait flancher. Au dehors, l'orage gronda, plus lointain, avant qu'un coup de vent ne vienne fouetter la vitre, l'inondant de pluie. Juste assez pour que la silhouette qui traversa la rue, au loin, passe inaperçue.


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Dim 12 Oct - 21:12

Encore, son souffle se raréfia sur l'étreinte que son adversaire assena à sa gorge. De nouveau, il put lire la colère sur ses traits, entendit le bruit du tonnerre tomber plus loin, et ses dents serrées prononcer une langue si chère à son cœur tel un coup de fouet dans l'air. Un avertissement de plus. Le brun toussota en retrouvant subitement la respiration qui lui manquait, portant instinctivement la main à son cou, tandis que ses iris d'or se réhabituaient à l'obscurité avec rapidité. Cette animosité à son égard n'avait fait qu'attiser la sienne. Un grognement féroce suivi les dires de son vis à vis.

– Je n'ai que faire de ton baratin ! C'est ma condition. Elle est non négociable. Tu pensais pouvoir exiger tant sans contrepartie ? Quelle ineptie Edward !

Seul le verre brisé répondit à ses mots avant qu'une tirade interminable ne peigne un portrait peu flatteur. Contre toute attente pourtant il ne déclara rien. Ne contredit pas un seul de ses arguments. Accepta avec une pseudo sérénité fragile sa vision de l'une de ses plus grandes erreurs passées. Il aurait voulu hurler que lui non plus ne savait pas ce qui s'était passé cette sombre nuit. Mais il se fit violence pour ne pas laisser filtrer même un son, serrant les poings jusqu'au sang pour parvenir à ravaler son argumentaire. C'était égoïste. Mais comme il l'avait été lors de ce soir-là, il souhaitait qu'Andréa soit le seul juge de cet acte. Que lui seul décide de ce qu'il ferait lorsqu'il saurait de quoi il en retournait. Ce, même si ce roi devait à nouveau se dresser face à lui pour lui réclamer des comptes. Jamais il n'accepterait d'autre juge qu'Andréa pour cette faute. Jamais. C'était sa seule liberté, et sa seule façon d'expier sa faute aussi. Lui laisser le choix. Il n'avait que ça à lui offrir. Ça même Edward White ne saurait le lui ôter.

– C'est bon ? Tu as fini ? Tu as vidé ton sac ? Cingla-t-il glacial sans bouger d'un iota, le corps tendu à l'extrême sans parvenir à se défaire de son regard disparate.

Effronté et fort, il le fixa comme la bête hargneuse qu'il était, prêt à user de la force encore s'il l'y contraignait. Le bruit de la pluie au dehors s'intensifia avec le vent, battant contre les carreaux, mettant à rude épreuve la résistance de celui qui venait de se faire maltraiter. Le soulèvement du buste de son vis à vis s'était fait plus irrégulier, et chaque seconde égrainée par le silence ne faisait qu'augmenter la possibilité d'un nouvel assaut. Un rire bref et mesquin souleva ses épaules.


– Ton attachement t'égare ! Crois-tu que j'aurais ramené autre chose que son cœur ce soir si je n'avais pas voulu lui épargner ce combat ? Un air dédaigneux passa sur la figure du commissaire avant qu'il ne s'avance, sérieux, sûr de lui, sans crainte aucune, en dépit de la force de son adversaire, pour pouvoir se planter face à lui. Quand il fut près au point qu'ils puissent en découdre juste en tendant le bras, il répliqua : Ne déforme pas mes propos ! Je n'ai jamais parlé de le tuer ! Je ne reproduirais pas les mêmes erreurs que toi.

L'un de ses poings ensanglanté se desserra, tâchant davantage le sol d'un liquide pourpre. Quelle ironie de constater qu'il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Que chacun se dresserait devant lui pour défendre son comparse. Qu'il avait fallu qu'Edward White s'attache à un enfant qui ne savait que faire de la bête en lui, pour devenir plus humain.

*Ainsi ce louveteau c'est ton talon d'Achille, tout autant qu'il est ta force. Qui l'eut cru ?*

Un sourire s'effaça de son visage : il ne savait que trop bien combien sa mère aurait payé cher pour savoir cela. Aldrick n'en toucha pourtant mot, détaillant ce roi qui lui paraissait fatigué malgré l'ardeur avec laquelle il défendait l'être qui lui était cher.

– Ta seule chance de protéger efficacement Andréa, c'est de contrôler le Vyresh qui est en toi, pour qu'il n'apparaisse plus jamais. Si cela devait arriver, même une seule fois : sois sûr que tu me trouveras sur ta route ! Et roi ou non, je reprendrais ce qui me revient de droit !

Sur cet avertissement, le courroux le défigura. Un nouvel éclair illumina la pièce, teintant leurs profils de touches plus colorées alors qu'ils s'observaient en chien de faïence. Enfin, l'agent déclara avec insolence :

– Alors quoi ? Tu as peur de ne pas y arriver ?

Un sourire narquois déforma ses traits, tandis qu'il tendait la main pour conclure leur accord, non sans avoir insisté sur le ressenti supposé de son ainé.



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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Ven 6 Mar - 16:20

    Les épaules d'Edward s'abaissèrent doucement et un peu de la tension formidable qui lui crispait les muscles abandonna son corps.

    Ainsi, il ne souhaitait pas la mort d'Andréa.

    Les poings desserrés laissèrent le sang reprendre son circuit fou et rejoindre un cœur dont le tambourinement reprit un rythme régulier. La mâchoire aussi se détendit. Les muscles secs, qui crispaient ces joues pâles, avaient perdu de leur rigidité et le visage abîmé qu'ils sculptaient arbora, un temps seulement, une sérénité douce.
    Seul le regard d'Edward semblait figé dans une expression froide et lointaine, sans haine ni dédain pourtant. Il écouta en silence, les paroles sévères de son interlocuteur.

    Droit, impassible, il essuya les coups de verbes, les gifles de mots et les estoques des syllabes. Certains, plus acérés que d'autres, agitèrent ses nerfs, allant jusqu'à faire tressaillir faiblement un sourcil dont le froncement s'accentua. Un autre lui arracha un grincement de dents désagréable et il lui fallut une profonde inspiration pour ne pas perdre le peu de sang-froid que la fatigue et le stress s'accordaient à lui laisser. Un murmure fusa pourtant :

    Ne parle pas comme s'il n'était pas moi.

    À quoi bon poursuivre ce jeu de dupes, alors qu'Aldrick savait. Edward White était Eduard Wolkoff et Eduard Wolkoff était Vyresh. Le raisonnement était simple, et l'intérêt de se cacher derrière un nom d'emprunt devenait discutable dès lors que l'interlocuteur n'ignorait pas la mascarade. Trois identités pour un seul et même être, qui supportait seul le poids de ses erreurs, de son passé et du sang dans lequel il baignait depuis sa naissance. Aussi, Edward ne souhaitait pas se voiler la face, ni se décharger de son fardeau en accusant un être imaginaire. Et il lui était insupportable qu'Aldrick s'y laissa tenté.

    Il ne s'étala pourtant pas sur la question, les derniers mots du commissaire ayant réveillé en lui un frisson d'orgueil qui lui rendit la force de dégager d'un geste, la main qui lui était tendue.

    Peur ? S'étrangla-t-il. Tu ne m'as donc pas assez insulté ce soir ? Tu m'as accusé de battre mon neveu, qualifié d'être le plus impropre des usurpateurs et désormais, tu me prends pour un lâche ?!

    L'incompréhension déforma les traits du visage d'Edward une brève seconde, avant qu'un ressenti navré, perdu entre le dégoût et la colère ne lui arrache un grognement douloureux. Il passa une main sur sa lèvre abîmée, l'essuyant d'un geste nerveux qui étala un peu plus de sang sur sa figure. Puis il écarta les bras, et lança en indiquant la pièce d'un mouvement :

    Crois-tu que je serais arrivé jusqu'ici si j'avais peur de ma propre existence ?

    Sa bouche se déchargea d'un soupir las, et levant les yeux au ciel, il laissa ses bras retomber le long de son corps dans un instant de reddition. Son cœur et son esprit étaient pourtant à la révolte. Le regard dédaigneux qu'Aldrick avait porté sur lui et ces mots, cette peur, que lui et les autres s'acharnaient à voir comme sa maîtresse, tout cela l'insupportait.
    Il voulait hurler, comprendre, dépassé par cette idée que l'on essayait de faire entrer dans sa tête depuis son enfance. Comme s'il était évident qu'il devait être effrayé par sa simple présence sur cette terre.

    Mais il ne l'était pas. Était-ce si inconcevable ?

    Troublé, Edward releva la tête vers Aldrick. Il l'observa quelques secondes, un temps suffisant pour qu'une marée de questions l'assaillent. Lui devait savoir. Peut-être même accepterait-il de lui parler ? Il y avait tant d'années brumeuses pour Edward et tant de brides de souvenirs dont l'ordre chaotique le perdait chaque fois qu'il y songeait... Son frère avait bien essayé de l'aider à reconstruire ce puzzle impossible, mais les sujets trop sensibles qu'il abordait, avaient toujours écourté l'affaire.

    Quelques mots brisèrent le silence avant qu'Edward n'ait le temps de les retenir :

    Tu te souviens d'avant ? Avant la guerre ?

    Ses propres paroles résonnèrent comme un écho lointain, dont la dernière répercussion dans son esprit le tira brutalement de sa torpeur. Comme pris d'un hoquet électrique, Edward retrouva une prestance solide ainsi que sa physionomie de chef et de gérant, dont les fondations semblaient inébranlables. Il effaça de son pouce la trace de sang qui lui colorait le coin des lèvres, et abandonna d'un ton sérieux, sans qu'aucune allusion ne soit faite à ses demandes précédentes :

    Je n'ai pas peur. Concernant cela au moins, tu n'as aucun souci à te faire.

    Non décidément, cela faisait des années qu'il ne tressaillait plus lorsqu'il croisait son reflet. Il n'avait rien d'humain et de loup il lui restait bien peu de chose. Il était monstre, et monstre, il se supporterait. Mais il existait à ses yeux, un sujet plus important sur lequel il désirait revenir, et peut-être réussir par la même occasion, à faire oublier son agitation.

    Tu vas me trouver insistant, mais je voudrais reparler d'Andréa. Rien qui mérite un coup supplémentaire ne t'inquiète pas, la pièce est suffisamment en désordre comme ça.

    Cherchant le regard d'Aldrick, il ne reprit qu'après être certain d'avoir obtenu son attention :

    Si je suis son oncle, tu te doutes que Vladimir est son père. Et si c'est de moi dont tu souhaites la mort, c'est à lui que tu dois la vie. J'espère que c'est là une donnée qui entre dans ton équation.


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Sam 15 Aoû - 0:26

La surprise peignit les traits d'Aldrick. Pour la première fois depuis la fin de la Grande Guerre, il eut l'impression qu'Edward venait de reconsidérer leur vécu commun. Non pas comme ce flot de haine que le sang et les meurtres leur avaient imposé, mais comme deux lycanthropes capables de communiquer. Cela ne l'empêcha pourtant pas de froncer les sourcils sous l'incompréhension tandis qu'il repoussait sa main. Incompréhension qui fit rapidement place au choc.

*Serait-ce seulement ça ? Admettre que nous ne sommes qu'un ? La Bête et moi ? Serait-ce seulement ça qui fait la différence ? Qui permet de se contrôler lors de la transformation ?*

Une crainte subite et incompréhensible lui noua l'estomac, comme si des milliers de nœuds venaient de se former parmi ses intestins. Combien de personnes avait-il privé de leurs proches lui aussi, les soirs de pleine lune ? Combien auraient pu se dresser face à lui avec autant de hargne qu'il le faisait pour Edward en réclamant des comptes ? Était-il véritablement capable d'assumer les crimes qu'elle... Qu'IL avait perpétué ? Toutes ces vies arrachées sans même se souvenir d'un nom, d'un lieu, d'une raison. Y en avait-il jamais eu ? La faim ? Pas toujours non.
Un frisson de dégoût le parcourut : il n'y avait pas de raison. Juste une
envie. Une effroyable et délectable envie de tuer, de sentir les dernières palpitations d'un cœur dans sa gorge, la plénitude procurée par la chasse, l'odeur de la peur, de la mort, le craquement des os sous ses crocs, tout ça pour juste se repaître de sang. Ce sang qu'il découvrait à l'aube, parsemant son propre corps arasé mais parfaitement repu. Était-il prêt à endosser tout ça ?

Sa réflexion le plongea dans des abysses intemporels, si profonds et paradoxaux qu'il n'entendit la voix de son vis-à-vis que lorsque celle-ci évoqua leur passé meurtrier. Là seulement, il découvrit Edward, fatigué et absent. Cet être qui lui faisait face, pourquoi paraissait-il si perdu ? Lui qui avait toujours su suivre son instinct, toujours à foncer la tête la première et à réfléchir ensuite, pourquoi se préoccuper de ça de cet air presque apitoyé ? Était-ce une nouvelle feinte ? Une plaisanterie douteuse de plus ? Ou ignorait-il tout de l'avant-guerre ? C'était impossible ! Profondément inconcevable ! Pour quelles raisons, la guerre aurait-elle éclaté autrement que pour une lutte de pouvoir ?

Le commissaire toussa malgré lui, faisant naitre sur la main, une tâche carmin au creux de sa paume. Sa garde se reforma instinctivement, malgré les blessures que l'adrénaline ne parvenaient plus complétement à évincer de son esprit. Le brun l'observa comme une bête curieuse et sans réfléchir, argua :


Qu'est-ce que tu racontes ? Jamais je ne pourrais l'oublier !

Ses iris le détaillèrent, le trouvant étrange, la méfiance s'empara de son visage amoché.

Où veux-tu en venir ? Si tu as quelque chose à dire, dis-le !
Je n'ai pas peur. Concernant cela au moins, tu n'as aucun souci à te faire.

Paradoxalement, ce propos fit sourire Aldrick. Sans moquerie aucune cependant. Mais une évidence s'était imposée si vivement à son esprit, qu'il n'avait pu faire que ça. Une logique si imparable qu'il s'étonna seulement de ne le réaliser que maintenant.

* Tout était là ! Depuis si longtemps... Il n'y avait que ça. Ce qu'il cherche depuis toujours, c'est tout bonnement quelqu'un qui pourra le regarder en face et l'accepter tel qu'il est actuellement. Juste ça. Simplement ça...*

Le lycanthrope passa une main sur son visage dans un soupir étouffé. Dépité par sa propre lenteur d'esprit. Étouffant de peu un rire jaune, face à tant de temps perdu à essayer de comprendre une situation qu'il avait imaginé bien plus complexe. Mais déjà Edward reprenait au sujet d'Andréa.

*Voilà qu'il déraille ! Pire qu'une maman poule jalouse ! Pff ! Quelle famille !*

Il roula des yeux, lassé de ces boniments stupides dont l'oncle et le neveu lui rabattaient bien trop volontiers les oreilles. Aldrick dût d'ailleurs se faire violence pour ne pas lui écraser son poing dans le ventre, au moins le temps de lui couper le sifflet.

Oui tu es insistant. Insistant et stupide ! Là c'est toi qui m'insultes ! Il grogna fortement et déclara dans un grondement violent en écrasant son poing dans le mur le plus proche : Y a t-il seulement une seule parole qu'un Voelsungen n'ait jamais tenue ?

Il le défiait du regard -piqué à vif dans son orgueil- de trouver, ne serait-ce qu'un exemple, allant dans ce sens. Jamais ! Jamais le monde n'avait engendré un seul Voelsungen, qui ait pu faillir à sa parole ! Quand bien même cette utopie invraisemblable eut été une réalité saugrenue, nul doute qu'un descendant aurait mis un point d'honneur à l'appliquer. Chacun d'eux étant trop fiers pour laisser à un autre le soin d'accomplir son objectif... Il n'y avait jamais eu de promesse ou de dette qui ne fut honorée comme il se devait.

Cette affaire ne concerne pour l'heure que ton frère et moi. Personne d'autre ! Surtout PAS TOI ! Alors garde toi bien d'y fourrer ta sale truffe !

Un grognement plus dissuasif que les précédents s'échappa de lui. Rauque. Bestial. Rageur et frustré.

*Sauver ce gosse, c'est tout ce qui l'importe ! Et vice-versa, franchement, ils sont épuisants !*

Pourquoi crois-tu que je te le ramène ce soir, alors qu'il était prêt à braver la tempête pour s'éloigner le plus possible d'ici, hein ?

S'il détestait avoir une dette, il exécrait encore plus qu'elle soit envers un Wolkoff. Surtout si l'aîné mettait un point d'honneur à le lui rappeler. L'irritation jusqu'alors partiellement contenue, reprit le dessus sur son sang-froid et il clama plus vindicatif qu'il n'aurait cru, en s'éloignant du mur :

À t'entendre, Andréa compte à lui seul bien plus que tout le clan ! Il arriva à sa hauteur, et glissa dans un murmure, pour lui uniquement, d'un ton amer plus que réprobateur : Que crois-tu qu'il adviendra, si tu te conduis de la sorte en public, en réclamant la quiétude pour son futur ?

Un air différent passa sur ses traits. Mélange détonnant de regret et de révolte. Il ne savait que trop bien qui se ferait une joie de tirer parti d'une telle information si le lycanthrope laissait libre cours à ses sentiments. Pourtant, il n'en toucha mot, préférant masquer le tremblement de ses mains sous la rage qu'il tentait de maintenir en s'éloignant. Peu lui importait en réalité qu'Edward fasse passer Andréa en premier lieu en tant que lycanthrope, mais ce ne serait probablement pas l'avis de la majorité concernant son statut de dirigeant.


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Mer 11 Nov - 14:27

L’éclair frappa à point nommé. Une coïncidence parfaite qui éclaira très justement le visage d’Edward lorsqu’il reporta son regard dépareillé sur le commissaire. Les paroles d’Aldrick se ponctuèrent d’un grognement furieux. Son corps tout entier était crispé dans une rage bestiale, la même qui habitait un peu plus tôt le corps de son opposant. Pourtant, les déclarations incisives que jetaient ses lèvres ne firent que riper sur l'esprit fatigué de son roi. Pas une des attaques ne fit mouche, jusqu'à ce qu'un assaut clamé plus fortement ne tire le souverain de sa torpeur :

À t'entendre, Andréa compte à lui seul bien plus que tout le clan !
Ce n'est pas ce que je…
Que crois-tu qu'il adviendra, si tu te conduis de la sorte en public, en réclamant la quiétude pour son futur ?

Le cœur d'Edward se figea. Ce ne fut que de l'ordre d'une fraction de seconde et pourtant cela déforma les traits du lycan en une grimace douloureuse. Comment ? Il venait de faire un pas en avant, s'approchant d'Aldrick, mais arrêté dans son élan par une incompréhension soudaine, sa main tremblante enserrait à présent l'armature de chêne de la causeuse. Blême et immobile, ses iris hagards se perdirent aux quatre coins de la pièce, s'arrêtèrent brièvement sur son interlocuteur avant stopper leur course sur le plafond. Andréa…
Son étreinte se resserra et, si d'un côté les jointures de son poing clôt blanchissaient sous sa force, de l'autre ce fut un craquement sévère du bois qui révéla son mal-être. Ce son soudain lui fit prendre conscience de son emportement. Il effectua un brusque mouvement en arrière et heurta violemment une petite table qui se renversa sous le choc. Cette banale chute et l'écho inattendu qui en résulta arrachèrent Edward à son silence dans un hoquet malheureux :

Alors quoi ? Vous me condamnez à un règne sans sentiment ? Ce n'est pas assez que le poids de vos reproches ?

Le traîner dans la boue, le poursuivre pour réclamer vengeance, l'accuser, marteler la honte de son couronnement ne suffisait donc pas. Il était Vyresh, le sanglant, le sans-cœur et on l'avait blâmé pour cela, mais à présent qu'il montrait de la compassion, celle-ci devait devenir l'arme qui le mettrait à genoux. Cela n'avait pas de sens ! Tous ces efforts pour changer n'avaient finalement pas rassasié leur appétit de vengeance. Il n'y avait donc que le sacrifice de sa vie pour apaiser ces fous.

Mais pourquoi ? Quel mal y avait-il à désirer vivre ?

Réponds Aldrick !

L’orage gronda. Mais si fort que fut sa colère, elle ne suffit pas à masquer la détresse qui teinta la voix d’Eward. Agité, le regard du loup s'ancra un instant dans celui du commissaire, à peine assez longtemps pour lui laisser voir le trouble qui lui ceignait le cœur. Alors, un soubresaut secoua brusquement sa silhouette massive et ce fut d’un mouvement brutal qu’il porta ses mains écorchées à son visage. Le souffle soudain absent, il tonna alors qu’il lui semblait étouffer dans cette vaste salle :

J’en ai assez !

Ses doigts crispés se portèrent sur son cou, avant d’étreindre le col rougit de sa chemise. D’un geste fou, il en fit sauter les premiers boutons avec l’espoir que cela lui rendrait un peu d’air. Mais rien n’y fit. Aussi ce fut dans une précipitation sauvage qu’il se rua sur la fenêtre contre laquelle la pluie battait avec autant de force que le cœur dans sa poitrine. Dans ce mouvement désespéré, il trébucha, portant tout son poids sur sa jambe blessée. Un hoquet de douleur lui souleva le buste à l’instant où il atteignit l’ultime rempart qui le séparait de sa liberté.

Le contact glacé de la vitre sur ses paumes le fit tressaillir. Sa respiration bruyante et rapide couvrait de plus en plus de la surface froide sur laquelle ses iris s’étaient figés. Les yeux perdus dans l’image floue que lui renvoyait les carreaux trempés, il se redressa un peu au souvenir de cette silhouette filiforme guettée un peu plus tôt depuis son bureau. Il repensa à ce garçon et à l’interminable attente. Puis il se remémora la gifle et son corps se raidit. Vint enfin leur rencontre, leur affrontement et les longs efforts qu’ils avaient fait pour s’apprivoiser à leur manière.
Les poings d’Edward se resserrèrent et il laissa doucement tomber son front en sueur contre la fenêtre. Une profonde inspiration lui permit de reprendre un semblant de calme, juste le temps pour lui de murmurer :

Peu m’importe ce que vous pensez de moi.

Ses bras glissèrent le long de son corps, il releva la tête et poursuivit, le regard toujours porté sur l’extérieur :

Je me suis promis d’utiliser ce trône au nom de tous les lycanthropes, mais je ne le ferais pas en m’interdisant le maigre atout de cette couronne sanglante. Je régnerai comme je l’entends.

Le silence n’eut pas son mot à dire. Déjà sa fierté et sa force revenaient le soutenir dans ce combat qu’il menait seul contre tous depuis sa naissance. Il se tenait droit, grand, royale et reprit plus vivement après s’être tourné vers Aldrick, balayant l’air de la main :

J’écraserai les lâches prêts à s’en prendre à mon neveu pour m’atteindre, et pour les autres… S’ils rejettent la manière dont j’entends utiliser ce titre, qu’ils viennent me le prendre ! Je les attends !

Le ton était puissant, déterminé. Une interrogation suivit, plus douce cette fois, mais d’une voix qui ne permettait pas d’ignorer la sincérité avec laquelle elle était posée, ni l’importance que lui accordait son auteur.

Aldrick, de quel côté es tu ?

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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Mar 21 Fév - 21:47

Les mains de son homologue à nouveau sur son col, il parut manquer d'air, mais Aldrick n'eut qu'un regard glacial pour accompagner sa réponse :

- Aussi longtemps qu'un des nôtres te considérera comme le Vyresh, tu ne seras pas en paix apparemment.

Il en avait à présent la certitude. Mais le loup blanc ne semblait pas prêt à l'admettre.

La suite lui arracha un rire jaune tandis qu'il se rapprochait en applaudissant lentement. Plongeant son regard dégoûté dans celui du bigarré. Ravivant par la même occasion une colère profonde.

- Alors c'est ça ton plan ? Tant d'originalité, que c'est merveilleux... Souffla-t-il avec cynisme. « Diviser pour mieux régner ». Juste ça ?

La pluie battit plus intensément contre le carreau froid, tandis qu'un grondement bestial échappait au commissaire.

- Dire que j'ai cru un instant que tu étais sincère ! J'ai cru que...

Une fraction de seconde seulement le silence s'installa avant que le cri du cœur d'Aldrick n'explose dans l'air autour d'eux, telle une indicible vérité poignardant l'espace avec une vindicative intensité :

- ...Tu étais différent maintenant ! Que tu avais changé !

Il serra les dents, et les poings, avant de secouer négativement la tête. Le loup porta une main à son front, blasé. Le mépris se peignit ensuite violemment sur ses traits.

*Quel idiot ! Le croire capable d'autre chose...*

Il lui tourna le dos, agacé, agité, intensément brimé, frustré d'avoir envisagé un instant, une seule seconde même, un futur meilleur. Un futur qui somme toute, ne verrait jamais le jour. Mais auquel pourtant, il ne parvenait pas à renoncer.

- Alors quoi ? Je suis avec toi ou je trépasse ? Je n'ai que ces deux options ? Rien d'autre ? Vraiment ?!

Clama-t-il en se plantant à nouveau face à lui, droit, fier, indomptable et inébranlable. À l'instar d'un frère qui réfute la vision de son aîné.

- C'est pour ça que je suis censé te laisser expier tes fautes ? Pour tuer ceux qui n'iront pas dans ton sens ? Tout ça, pour... Comment disais-tu déjà ? Ah oui ! « Utiliser ce trône au nom de tous les lycanthropes ». Pff ! Tu parles ! C'est fou ce que se sera utile à chacun dans ce cas oui !

Feintant de réaliser quelque chose, il reprit en appuyant son poing serré dans sa paume ouverte, comme s'il venait d'avoir une illumination.

- Oh, j'oubliais ! De surcroît, j'aurais -bien sûr- l'immense honneur de planter mes crocs dans la gorge de ma mère pour prouver ma fidélité ! Ou quelque chose comme ça ?

Il visa son regard dans le sien, la colère déformant ses traits avant qu'il n'articule lentement :

- C'est ça que tu veux ? Un règne où il faut choisir "son camp" ? Encore une fois ?

Sans lui laisser le temps de répondre, il argua avec dédain, récupérant son col pour être certain qu'il comprendrait sans mal chacun des mots qu'il énoncerait :

- Que ce soit clair : je ne laisserais personne faire de mal à Andréa sans en payer le prix. Jamais. Ma mère pas plus qu'aucun des nôtres ! Mais si c'est ce futur sanglant que tu envisages, alors je n'en veux pas !

Rageur, il le libéra d'un geste vif et tourna les talons, fit quels pas et frappa brusquement du poing le mur le plus proche, ébranlant la pièce quelques secondes en murmurant malgré lui :

- Si les lycans doivent encore subir une nouvelle guerre quel intérêt ?

* Sommes nous donc condamnés à répéter nos erreurs ? *

Cette idée l'excéda au plus haut point. Si bien qu'il tonnât, déterminé en le détaillant intensément :

- Je refuse de bâtir un monde où les nôtres seront divisés !

Le grondement proche du tonnerre soutint ses dires, alors qu'il interrogeait, avec un calme illusoire, mais pourtant emprunt d'une sincérité vivace :

- Choisi Edward : renonce définitivement à être le Vyresh ou c'est ton trône que je prendrais ce soir !

Avec toute la puissance de sa race et la stature de son père, le loup noir se dressa face au loup blanc, prêt à en découdre à nouveau, et malgré sa colère, Aldrick ne tremblait pas : il était on ne peut plus sérieux. Pour une des rares fois de sa vie d'ailleurs, la bête et lui semblait parfaitement en phase sur ce point. Ils n'étaient d'ailleurs plus qu'un.


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MessageSujet: Re: All alone :music: [PV:Libre] | [1889]   Sam 29 Avr - 20:31

L'assaut fut vif et violent. Chaque coup, justement porté, effritèrent la défense d'Edward jusqu'à le faire sévèrement vaciller. La pièce lui laissait peu d'échappatoire et inévitablement, le loup blanc se retrouva acculé. Il luttait pourtant et avec force. Mais chaque fois qu'il se rebellait contre une attaque, chaque fois qu'il osait dresser une parade, un coup d'estoc tranchait l'air et le repoussait un peu plus dans ses retranchements. Bête sauvage prise au piège, ce fut un regard noir de défi et de méfiance qu'il adressa à son homologue lorsque celui-ci se saisit de son col. « Frappe si tu l'oses ! » hurlaient ses yeux fatigués. « Frappe puisque tu penses comme eux ! »

Mais jamais son poing ne s'abattit. Aldrick desserra son étreinte et tourna le dos. Quelques mots quittèrent encore ses lèvres et tous martelèrent violemment l'esprit fatigué de son opposant. Ils s'y imprimèrent profondément, jusqu'au dernier, jusqu'à l'ultime sentence qui arracha Edward à son immobilisme. Un torrent de colère se déversa dans ses veines pour d'infiltrer jusqu'à son cœur dont les battements redoublèrent de rage. Sa respiration subit le même sort et son corps crispé se serait jeté sur le loup noir s'il n'avait pas trouvé sur son chemin la table renversée. Son plateau de bois fendit l'air sous le coup de pied magistrale qu'il asséna au meuble. Il explosa contre le mur, à un mètre à peine d'Aldrick, en même temps que s'élevait le rugissement furieusement désespéré du roi des loups :

Mais qu'est-ce que tu ne comprends pas !?

Il l'aurait étranglé. Il aurait broyé chacun de ses os entre ses doigts tremblants si sa cheville ne s'était pas dérobée à son premier pas. Déjà fragilisée par leur chute précédente, elle saignait désormais nettement à travers le tissus déchiré de son pantalon. Edward avait évité de justesse la chute, mais ainsi coupé dans son élan, sa rancœur n'en devenait que plus ardente au point de modeler les traits de son visage en un masque cruel. Il en avait assez. Il ne supportait plus cette obstination qui les habitait tous à ne jamais l'accepter tel qu'il était. Qu'ils aillent au diable !

La foudre fendit l'air à une rue du cabaret. Les vitres tremblèrent. Sa lumière crue cisela la pièce en une estampe dentelée et froide, illuminant brièvement la figure abîmée du loup. Elle se refléta dans son regard écarquillé, mal dissimulé par ses mains moites, pour en révéler tout le trouble. Puis l'obscurité tomba. Un bref silence précéda le grondement retentissant du tonnerre. Il éclata en même temps que le loup s’époumonait la voix coupée de son accent transylvain :

C'est moi Vyresh ! Et ça le sera toujours ! Ce n'est ni un cauchemar, ni un être fabuleux qui peut disparaître en un claquement de doigt ! C'est moi tu entends ! Comment veux tu que je renonce à être moi !?

Les années de patience et d'efforts envolés, il ne restait plus à Edward que l'aigreur monstrueuse du loup qui avait tout tenté pour paraître homme sans jamais y parvenir. Il s'était brimé, il s'était tu, il avait échangé sa liberté contre un costume trois pièces étriqué et étouffant, mais on lui demandait plus encore. On lui demandait l'impossible. Pour la première fois, Edward comprit qu'il luttait en vain depuis des années. Le gorge et le cœur serrés, écœuré par toute l'ardeur qu'il avait déployée et qu'on lui renvoyait dans la face sans considération, l'aigreur du roi explosa :

Vous réclamez quelque chose d'infaisable et d'injuste ! J'ai fait la guerre comme vous tous ! J'ai tué comme vous tous ! Pourquoi dois-je payer autant ?! Je me battais pour ma vie ! Comme vous ! Mais contrairement à vous, je me bats encore et encore ! Je n'arrête pas de combattre pour cette vie qui vous dégoûte !

Ses souvenirs étaient vagues, mais il se rappelait nettement que cette rage de vivre ne l'avait jamais quittée. Elle l'avait guidé jour après jour et il l'avait poursuivie sans relâche, avide d'une existence que son entourage avait toujours regrettée. Rien n'avait changé. Rien. Et rien ne changerait.

Ses épaules secouées par son souffle rapide, la mâchoire serrée à l'extrême par une rancœur brûlante et inextinguible, un rire nerveux et brisé fendit ses lèvres.

Mais merci ! Merci de m'avoir éclairé sur mon inévitable défaite ! Merci de m'avoir montré à quel point tout ça est inutile !

Son poing traversa la fenêtre. Cinq carreaux volèrent en éclat. Le verre entailla sa main et son poignet, le vent s'engouffra, avec lui une pluie intense qui ne l'arrêta pas. Sa main abîmée enserra un pied de la table détruite et toute sa rage se déversa sur la vitre. Il en détruisit les montants, explosa les carreaux, en arracha le cadre. Le vase exposé sur le petit guéridon goûta à son tour à sa fureur, puis le meuble qu'il renversa d'un geste avant d'en arracher les portes.

Parce que tout ce qu'il avait battit n'était que chimère, il anéantirait tout, sans exception. Ce cabaret d'abord. Puis il jetterait sa couronne maudite en pâture à ces loups affamés. Il les regarderait s'entre déchirer et poursuivrait seul et sans fardeau son combat pour la vie.

H.R.P:
 
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