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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Sam 1 Déc - 16:32

    « Tu allais lui fracasser le plateau sur la tête ?!

    - Pas moi ! C'est elle !

    - Ah non Andréa ! Ne commence pas avec ça ! Je t'ai déjà expliqué que vous ne faites qu'un. C'est toi et personne d'autre qui a cherché à massacrer ce client ! Si Snorri ne t'avait pas arrêté à temps tu te rends compte de ce qui se serait passé ?!

    - C'est elle je te dis ! Elle ne m'écoute pas. Arrête de rejeter la faute sur moi !

    - Tu n'en as pas assez de dire ça ! Tu n'es plus un homme Andréa, tu es un lycanthrope ! Toi et le loup, c'est la même chose ! Alors contrôle toi !

    - Non !! Je ne suis pas un animal !

    - Tu es un loup-garou que tu le veuilles ou non ! Assume le bon sang ! Elle est en toi et elle fait partie de toi ! Cesse de la rejeter à chaque fois que la pleine lune approche !

    - Aaah ! La ferme ! Pourquoi tu me dis ça ! Quand c'est ta June qui devient hystérique tu ne lui fais pas la leçon à elle !! »

    Le mot de trop, la fatigue, le stress et la lune bientôt ronde, tous eurent raison du calme d'Edward. La gifle partit, vive et forte. Et avant même qu'il ne s'en aperçoive, elle s'abattit dans un bruit sec sur le visage de son neveux.




    La lourde porte du commissariat principal de Paris s'ouvrit brusquement. Deux policiers entrèrent, trempés jusqu'aux os, accompagnés de deux hommes débraillés qu'ils venaient d'interpeller. Il était vingt heures, la pluie tombait à seaux sur la capitale française.

    « Chef ! On a interpellé deux individus qui se battaient comme des chiffonniers près d'la taverne du Trou ! »

    Debout au milieu du poste de police, Andréa se tenait droit et dépassait d'une bonne tête les deux agents ainsi que le troisième individu. Ses vêtements étaient sales et mouillés, il avait le visage crasseux et la lèvre légèrement ouverte. À l'annonce des policiers, il posa ses iris sombres et glaciales sur le commissaire, soutenant sans aucune hésitation son regard d'ambre. Menotté, comme son compagnon de rixe, il n'en gardait pas moins un aplomb bien inhabituel pour lui. L'un des agents invita le second interpellé à s'assoir, il le soutenait depuis leur entrée au poste et il fut visiblement ravi de se débarrasser de ce fardeau. L'homme, vêtu avec goût, se laissa choir de tout son poids sur la chaise. Il avait le visage tuméfié, la bouche gonflée et un bel oeil au beurre noir qui lui donnaient un air de poisson pas frais.

    L'un des agents se retourna vers son supérieur et tâcha d'expliquer plus en détail toute l'affaire.

    « Vous voyez chef, le gamin lui a sauté dessus. On a galèré à les séparer, j'vous dit pas ! C'est une petite mamie qui nous a appelé à l'aide. L'autre est rond comme une queue de pelle. Il a fallut que Jean l'aide à marcher pour rentrer jusqu'ici. On les coffre tous les deux ? Une petite nuit en cellule ça devrait les calmer non ? »

    Le mot cellule sembla sortir l'homme éméché de sa torpeur. Il bondit soudainement sur ses pieds, manquant de peu de passer définitivement par terre sous l'effet de l'alcool. Il lui fallut quelques secondes pour se remettre de son effort, mais dès qu'il fut en état, il se lança dans monologue pateux :

    « Oooooooh ! J'vais pas en prison moi ! V'savez pas qui j'chuis ! Je… Jbl… Noble hein !? Comte Beaumarchant ! 'suis plus important que ce p'tit crotteux. Puis c'est lui qui m'a agressé ! Hein ! Dis leur sale chien que c'est toi !

    Le sang d'Andréa ne fit qu'un tour. Il se retourna avec toute la rage et la vitesse d'un prédateur, se jetant sur le lord déjà bien abîmé. Celui-ci poussa un petit cri porcin et recula vivement. Il ne fut cependant pas assez rapide et déjà le louveteau avait enserré son col tâché de sang, le soulevant presque du sol. Les deux agents s'empressèrent de se jeter entre eux et les séparèrent non sans mal. Celui qui se présentait comme le comte Beaumarchant, tremblant comme une feuille, pointa du doigt Andréa maintenu à l'écart par les policiers, et tournant son visage gonflé vers Aldrick il bégaya d'une voix sur aiguë :

    « Vous voyez ! Vous voyez hein ! Il veut me tuer ! Il voulait me voler et maintenant il veut m'envoyer six pieds sous terre ! Faut m'aider m'sieur l'agent ! Faut m'aider ! Faut envoyer c'gamin s'balancer au bout d'une corde !! L'est dangereux ! C'est un monstre ! »

    Le dernier mot résonna comme une coup de poignard pour le pauvre louveteau. Tous ses muscles se tendirent sous l'effet de la lune et de la haine qui le rongeaient. Ce fut finalement dans un cri de rage qu'il répondit à son idiot d'interlocuteur :

    « Espèce de… J'vais te faire bouffer tes dents !! »

    Dévoré par le loup, Andréa en oubliait tout ce qui l'entourait. Il n'avait qu'une envie, se venger de l'affront qu'on lui faisait. Ce pauvre type méritait de se faire écraser son visage de larve sur un bureau et il allait être exaucé. D'un geste sec et puissant, Andréa se dégagea de l'emprise des deux policiers et se jeta une nouvelle fois sur cet abruti de lord. Si personne ne l'arrêtait, le comte Beaumarchant serait bientôt contraint à se nourrir exclusivement à la paille.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Mar 4 Déc - 10:47

Spoiler:
 

Le commissaire visa et par un coup de chance inouïe, son gobelet de chocolat chaud arriva directement dans la poubelle. Pour une fois qu'il y arrivait, il était plutôt fier de lui. Mais ça s'était avant d'ouvrir de grands yeux étonnés en voyant Andréa débarquer au commissariat, manifestement suite à une rixe. Stupéfait, il ne sut quoi dire et écouta ainsi sans l'interrompre son collègue qui lui expliqua les faits. D'un œil curieux il avisa Andréa, ce n'était vraiment pas dans ses habitudes d'agir ainsi. Que se passait-il?

*Serait-ce à cause de la lune?*

Lui aussi était plus irritable en ce moment, et ne doutait pas que cela joue un rôle dans le comportement du jeune lycanthrope, mais tout de même, de là à frapper un humain!

*Y'a anguille sous roche! Que s'est-il passé?*

L'ivrogne s'avança vers lui débitant tout un tas de propos dont il n'avait vraiment cure. C'était rare mais il lui arrivait aussi de trouver les humains stupides et d'être lasse de leurs déboires. Heureusement c'était vraiment exceptionnel. Le compte s'approcha de lui, débitant des absurdités.

-Surveiller votre langage! Le réprima Aldrick froid, en lançant un regard noir au noble. Vous... Il n'acheva pas, Andréa venait de se dégager, laissant pantois ses collègues tandis que son côté animal refaisait surface.

S'interposant entre les deux combattants, Aldrick subit de plein fouet l'attaque d'Andréa ; ce dernier, rendu fou de rage, se débattait pour se défaire de son emprise. La rage se lisait dans ses yeux, et il entendit en lui la Bête grogner.


-Emmenez le compte, en salle de dégrisement! Hurla le commissaire, une fois la surprise passée. Emmenez-le! Je me charge de lui, emmenez le dans une autre pièce! Vite! Le ton de sa voix ne laissait aucunement place à un autre choix et étrangement, s'y décelait également un stress peu courant. Quelque chose de malsain: de la crainte. Voilà c'était ça!

A cette entente le louveteau se débattit de plus belle, griffant sans ménagement le commissaire en criant qu'il allait payer, qu'il ne méritait pas d'être sur cette terre et tant d'autres propos que son aîné n'aurait jamais cru l'entendre dire.
Ses doigts se resserrent sur sa bouche pour l'empêcher d'aggraver son cas, tandis que l'humain sortait de la pièce, un bruit sourd indiquait que le dos du jeune homme venait de rentrer en collision avec le mur.
A son tour, Aldrick changea légèrement, son aura se fit menaçante, ses pupilles dorées dilatées laissaient clairement deviner la Bête en lui et la force avec laquelle il le maintenait contre le mur, ne faisait qu'écho à tout cela.


-Arrêtes! Hurla t-il sans même tenter d'éviter un énième coup qui cette fois lui marqua la joue. Calmes-toi!

Aldrick ôta finalement sa main pour laisser le garçon respirer.

-Vas-tu enfin de décider à me dire ce qui t'arrive bon sang?! S'emporta le lycanthrope plus durement qu'il ne l'aurait voulu, puis il dessera légèrement son étreinte, en restant malgré tout sur le qui-vive, prêt à inverser la polarité si cela devait se faire.

-Andréa! Tonna le commissaire. Comment veux-tu que je t'aide si tu ne m'expliques pas ce qui te mets dans cet état?!

L'agent se sentait incroyablement impuissant face à cet adolescent perdu en lui-même, et il détestait ça au plus haut point. Oui être impuissant face à la situation, était sans nul doute ce qu'il haïssait le plus au monde. Encore plus qu'Edward, c'était dire! Mais là c'était de son neveu dont il s'agissait, du garçon qu'il avait mordu, de son clan et quelque part un peu aussi -bien qu'il ne l'avouerait jamais aussi franchement- de sa famille.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Jeu 6 Déc - 14:22

    « Je… Andréa excuse moi, je ne voulais pas. »

    Edward tend doucement le bras pour caresser cette joue qu'il vient si vilainement de frapper. Mais c'est trop tard. L'enfant a peur. Giflé par cette main qui le soutient, qui le nourrit, par ce maitre, cet oncle… Andréa s'effondre. Il se laisse dévorer par la lune et l'instinct du lycanthrope. Il ne résiste pas. Il est fatigué, il est effrayé, il ne veut plus lutter contre cette chose qui lui fait si peur. Cette créature qui sommeil tout au fond de lui. Il lui laisse sa place.

    « Ne me touche pas ! »

    La bête surgit, blessée. Une entaille béante vient de lui broyer le coeur. La honte, la rage, la peur et la douleur, tout se mélange dans ce petit être fragile qui a perdu pied. L'animal est jeune et inexpérimenté. Il ne sait comment se protéger face à ce loup-garou si puissant. Elle reste là, tremblante et indécise. Le maître des lycans a un mouvement de recule devant ce rejet flagrant. Mais il ne se laisse pas abattre et tente une nouvelle fois sa chance. Il s'avance, calme, mais ses mains tremblantes trahissent le trouble qui le gagne.

    « Andréa, excuse moi. »

    Pourquoi semble-t-il la craindre ? Est-elle si monstrueuse que cela ? Il est pourtant comme elle ! Mais s'il a réellement peur, ne risque-t-il pas de frapper à nouveau ? Ne pourrait-il pas perdre son sang froid face à cette chose qui le met si mal à l'aise… Si. Si il pourrait. Mais alors, elle n'a pas le choix. Elle doit se protéger.

    « Ne me touche pas !!! »

    L'animal se dresse, puissant et le repousse de toutes ses forces. Dans un cri de rage, il rejette cette main tendue, ces excuses, cette famille, tout. Le roi s'éloigne. La bête s'enfuie.




    « Lâchez moiii !! Je vais lui arracher la tête à cette pourriture !! Je vais lui faire bouffer s… humpf !! Humnmfg !!! »

    Une main puissante venait de s'abattre sur sa bouche injurieuse tandis qu'un autre bras solide le maintenait fermement en place. Contraint au silence et à une immobilité partielle, le jeune loup se démena comme un beau diable pour se défaire de cette emprise. Il frappait, il griffait, s'il avait pu mordre, il l'aurait fait, tout son être se rebellait contre cette prison de chair injuste. C'était l'autre le méchant de l'histoire, c'était lui qui devait payer ! Pourquoi ne le laissait-on pas faire ! Pourquoi ne le laissait-on pas tranquille ?!

    Et puis se fut le choc. Son dos heurta le mur du commissariat avec force. Une lueur d'effroi passa dans ses iris fiévreuse. L'envie d'étriper le comte Beaumarchant s'évapora soudainement, aussitôt remplacée par une prompte panique face à ce nouvel opposant à la force impressionnante. La collision l'avait surpris et si cela le calma les première secondes, sa crainte ne fit que redoubler et son instinct de survie se réveilla pour une dernière lutte. Il était épuisé, mais avec une volonté prodigieuse il continua le combat contre cet ennemi imaginaire. Menotté, il essayait de se débattre avec les jambes, sans succès. Il voulait éloigner cette figure inquiétante et si forte. Posant ses mains sur le visage d'Aldrick, il chercha à le repousser. Il fit appel à toute l'ardeur qui lui restait, mais rien à faire, il était le plus faible des deux, il allait se faire dévorer. À bout de force et d'espoir, les coups de l'animal se firent plus lointain, se résistance était toujours là, mais elle avait perdu en intensité. Ce n'était plus qu'une question d'orgueil. Mourir au combat.

    On lui ordonna de se calmer. Il frissonna, mais le regard qu'il jeta à son assaillant signifiait clairement la négation. Pourtant celui-ci retira sa main. Le loup put reprendre sa respiration, mais il restait bloqué par cette poigne exceptionnelle.

    « Vas-tu enfin de décider à me dire ce qui t'arrive bon sang ?!

    - Non !! »

    Il s'attendait au pire, mais au lieu de cela l'étreinte se desserra légèrement autour de lui. Il crut le moment propice pour s'échapper, mais à peine s'était-il décollé du mur que son prénom résonna prodigieusement dans le poste de police. Ce simple mot fit l'effet d'une bombe sur le louveteau, lui martelant le crâne avec une force herculéenne et l'arrêtant net dans sa tentative de fuite. Andréa. C'était lui. Lui l'enfant, le garçon, lui… L'humain ? Cela suffit à légèrement tirer le jeune homme de sa torpeur. La bête se calma, ses muscles se détendirent un peu et il posa un regard égaré sur Aldrick. Sa bouche s'ouvrit et se referma aussitôt sans qu'un seul son n'en sorte.

    « Comment veux-tu que je t'aide si tu ne m'expliques pas ce qui te met dans cet état ?! »

    La question mit un moment avant d'atteindre l'esprit embué du garçon. Lorsqu'enfin il put en percevoir le sens, son visage se crispa, il resta droit et ne détourna pas ses iris noisettes de celle du chef de police, mais elles avaient retrouvé leur aspect froid et lointain. Il était sur la défensive, campé derrière un mur de glace qu'il venait de dresser entre lui et le commissaire. Il ne lui fallut pas plus longtemps pour répondre et levant ses poignets osseux cerclé des menottes, il lâcha d'un ton brutal :

    « Je n'ai pas besoin d'aide. Je veux juste m'en aller. Enlevez moi ça. »

    Il agita ses mains abimées par son travail et sa récente altercation. Il ne quittait pas des yeux son interlocuteur, espérant qu'il abdiquerait à sa demande. Et puis il se souvint de ce qu'il faisait là. Sans doute l'homme de loi ne pouvait-il pas le relâcher si facilement. Après tout cette saleté de Beaumarchant l'accusait de tous les maux. Jetant un coup d'oeil vers la cellule où le lord saoul avait été emmené, une expression de haine passa furtivement sur le visage plus calme du jeune homme. Puis se retournant vers Aldrick, il se décida à parler :

    « Il a agressé une dame. Il sortait d'une gargote et il lui a sauté dessus. Elle ne voulait rien de lui comme il puait l'alcool et il l'a frappé pour, soit disant, lui apprendre le respect. Je passait juste par là ! J'ai voulu l'arrêter et comme il m'a mis une droite, je le lui ai rendu. Voilà. Laissez moi partir maintenant. Je veux m'en aller. »

    Il leva ses poignets au niveau du regard du commissaire. Mais il avait la terrible impression que cela ne suffirait pas à le convaincre. Le louveteau était tendu et plutôt inquiet. Il savait qu'il n'avait aucune chance de se sortir de là par la force brute. Il fallait pourtant faire vite. Le dernier train qui quittait Paris partait dans une petite heure. Fort heureusement pour lui, la météo sembla jouer en sa faveur. Un coup de tonnerre phénoménal retentit à l'extérieur. Le bruit était si fort qu'il fit trembler les vitres du poste et l'éclair qui le précéda d'une petite seconde éclaira toute la pièce comme en plein jour. Profitant de cette diversion opportune, Andréa se dégagea d'un coup d'épaule et courut vers la porte d'entrée. Il l'aurait atteinte sans problème si sa maladresse légendaire ne lui avait pas value de se prendre les pieds dans ses propres lacets. Dans un magnifique élan il se vautra de tout son long sur le parquet sale du commissariat.

    Sa fuite se voyait durement compromise…


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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Mar 11 Déc - 11:03

Le jeune homme semblait plus agité et perdu que jamais. Il lutta et éleva même la voix contre lui. Puis profitant de l'orage qui grondait il s'élança vers la porte avant qu'un bruit sourd ne fasse écho à sa chute. Dire qu'il était si près de l'objet de ses désirs... Aldrick soupira, et refoula la Bête au fond de lui, il n'en avait manifestement pas besoin. Arrivé face au jeune lycanthrope il le releva sans tenir compte de ses plaintes, l'assis sur le siège face à son bureau, et lui ébouriffa les cheveux.

-Idiot! Tu vois quand tu veux! Si tu avais commencé par là... Il se planta face au garçon, s'appuyant sur son bureau en croisant les jambes, tandis qu'il arborait un sourire fier. Je savais bien que tu n'étais pas du genre à cogner sans raison.

Déformation professionnelle oblige il observa le jeune homme en le détaillant, il ne lui trouva rien d'anormal, mais s'enquit tout de même:

-Tu as mal quelque part Andréa? Le jeune homme semblait ailleurs, l'obligeant à se rapprocher pour plonger son regard mordoré dans le sien. L'agent claqua des doigts pour obtenir son attention. Oh tu m'écoutes? Il réitéra sa question.

Son vis à vis ne lui répondit pas, apparemment fâché.


-Eh! De quoi as-tu peur? On est dans le même camp tu te souviens? Andréa ne dit mot et Aldrick soupira avant de l'obliger à le regarder. Tu te souviens de la dernière fois qu'on s'est vus? Je t'ai dit que je mettais uniquement les méchants en prison et pas les personnes perdues. Tu n'iras pas en prison pour avoir aidé une personne âgée. Au contraire, cette dame te doit sûrement la vie.

Il jeta un bref coup d'œil à la porte, et reprit:

-Seulement si tu t'évertues à me fausser encore compagnie sans que j'ai pu rédiger un rapport, ça jouera contre toi et le compte pourra sans problème te faire porter le chapeau, tu comprends, Andréa?

Le louveteau sembla soudain plus attentif comme s'il venait de réaliser quelque chose d'important. Suite à cela un déclic se fit d'ailleurs dans la tête du commissaire et il se pencha pour décrocher le combiné du téléphone et composer un numéro court. Dans la pièce voisine Jean décrocha.

-Dis-moi, sur les lieux de la rixe, est-ce que tu as remarqué une personne âgée?
-Oui. Un médecin était déjà à son chevet. On a pris ses coordonnées, car elle semblait trop faible pour parler beaucoup. Maintenant que j'y pense elle a montré le compte du doigt, et elle a essayé de dire quelque chose mais sa voix était trop faible, on n'a rien entendu. Pourquoi? On aurait dû la ramener aussi?
-Peut-être...mais je doute que c'eut était faisable. Merci Jean. Envoie Billy chez elle, ce soir, qu'il aille l'interroger s'il te plaît.
-Bien chef, autre chose?
-Oui. Quand le compte sera en état d'avoir un discours cohérent prends sa déposition.
-D'accord.

Ils raccrochèrent simultanément. Ses yeux dorés se posèrent sur Andréa et il lui sourit. Calmement il reprit la même position que précédemment. Envisagea d'allumer une cigarette, puis se ravisa par égard pour le jeune lycanthrope, sortant finalement les clés de sa poche.

-Allez, viens par ici que je t'enlève ça. Le brun se rapprocha pour ôter les menottes des poignets d'Andréa. Ne bouge pas...

Précautionneusement, Aldrick tenta de les retirer sans lui faire mal.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Dim 16 Déc - 10:41

    Pourquoi ? Pourquoi fallait-il toujours que la malchance lui tombe dessus au mauvais moment ? C’était une malédiction ou quelque chose comme ça. Il n’y avait pas d’autre explication ! Un sale gnome lui collait aux pattes et s’acharnait sur lui, s’amusant à le voir s’humilier tout seul. Oui c’était forcément ça…

    Il était à deux mètres, deux petits mètres de la sortie, quand il se prit les pieds dans ses lacets et termina sa course en embrassant le parquet boueux du poste de police. L’échec lui arracha un grognement de rage et, comme si le sol était l’unique coupable de son malheur, il lui asséna un coup de poing sans force.

    Il était épuisé et si on l’avait laissé faire, il se serait résolu à s’endormir là sans aucune honte. Fort heureusement, il n’eut pas le temps de fermer les yeux qu’on empoigna le haut de sa veste et d’un geste puissant mais délicat, il fut remis sur ses deux pieds avant de terminer assis dans un confortable fauteuil. Ce geste surprenant arracha quelques grommellements au jeune homme, mais la fatigue l’avait envahi et il se laissa faire sans autre forme de contestation. Il se retrouva face au commissaire. Toujours lui. Adossé à son bureau, le grand homme le regardait, arborant un sourire fier. Andréa songea tout d’abord qu’il savourait sa victoire, mais il se trompait, et finalement Aldrick se contenta de le féliciter de ne pas avoir frappé le premier.

    Interdit, le garçon cligna des yeux sans comprendre ce qui se passait dans la tête de son interlocuteur. Il n’était pas méchant finalement ? La bête en semblait convaincue. Baissant sa garde, elle se retira discrètement, laissant le jeune homme reprendre ses péniblement tous ses esprits.

    Cette transition était loin d’être la bienvenue. L’adrénaline des récents évènements s’était envolée, l’instinct de survie l’avait suivie et le jeune homme se retrouva comme vidé. Il chancela légèrement, plongé dans une demi-absence durant laquelle il cherchait à faire un peu de ménages dans son cerveau désorganisé. Ses iris, auparavant hagardes, avaient retrouvé un peu de consistance, mais elles fixaient Aldrick sans vraiment le voir. Celui-ci ouvrit la bouche, sans qu'un un seul des sons qui en sortirent n'atteignent le louveteau. Cherchant à se faire entendre, le policier se rapprocha et claqua des doigts espérant l’arracher à sa torpeur. Ce fut chose faite, mais le son sec fit sursauter le garçon qui posa un regard fâché sur son interlocuteur.

    « Oh tu m'écoutes ? Tu as mal quelque part ? »

    La question resta sans réponse, mais rappela au jeune homme les raisons qui l'avaient conduites dans pareils tourments. Il sentit son cœur se serrer et préféra s'abriter dans son silence. La mine renfrognée, Andréa détourna le regard pour ne plus avoir affaire à ces iris d’ambre si déconcertantes. Il trouva bien plus intéressant de contempler le bureau en désordre de l’un des agents. Fronçant les sourcils, le jeune homme réussi même lire le nom de son propriétaire. Un certain Pilly, ou Billy.

    Il n’eut pas le temps de décrypter le nom de famille qu’une main lui força à tourner la tête. Il se retrouva nez à nez avec le commissaire qui s’acharnait à lui délier la langue. Lui remémorant leur petite rencontre à la Galerie des Machines, il essaya visiblement de le mettre en confiance mais sans grand résultat. Bien au contraire, le souvenir de cette visite en compagnie de son oncle, arracha un soupire plaintif au garçon. Une lueur de détresse alluma son regard épuisé et l’invita à se confier. Mais s'il ouvrit la bouche, pas un seul son ne s’en échappa. Il écouta sagement la fin des recommandations d’Aldrick. Ses dernières paroles le forcèrent à remettre en question son idée de fuite, fort peu aidé par son esprit encore embué. Tout se mélangeait dans sa tête et il était incapable de prendre une décision.

    Ce dilemme lui broyait ce qui lui restait d’énergie et quand le commissaire raccrocha le combiné, Andréa hésitait toujours sur la marche à suivre.

    « Allez, viens par ici que je t'enlève ça.

    - Oui… »

    Si d’abord, le louveteau lui tendit ses mains tremblantes, il se ravisa soudainement et sans attendre qu’Aldrick puisse insérer la clef, il replia ses bras contre son torse.

    « J’ai menti ! En fait c’est moi qui ait agressé la dame et c’est… C’est le conte qui m’a arrêté. C’est à cause de la lune. »

    Il avait prononcé ces mots d’une étrange façon. On aurait dit une réplique de théâtre tant la phrase avait été déclarée de manière complexe. Il fallait que ça fasse vrai. Que ça sonne juste. Le résultat n’était pas celui espéré et cette bévue se traduisit par une légère grimace sur le visage du louveteau. Le commissaire allait-il avaler ce gros mensonge ? Il le fallait. Car si Andréa s’était résolu à rater son train, il rejetait catégoriquement l’idée de rentrer au cabaret. Mais n’est pas aventurier qui veut, et sans le sous, il ne se voyait pas dormir seul sous un pont par une nuit pareille. La tempête faisait rage et effrayait le garçon qui, dans son esprit enfantin, croyait dur comme fer que les paresseux attiraient la foudre. Un racontar de son enfance pour faire rentrer les petits pâtres au plus vite lorsque le ciel se faisait menaçant. Fort de cette constatation, la solution s’était alors imposée d’elle-même. Passer la nuit en prison.

    Avec ses déclarations, aussi fausses soient-elles, il espérait pouvoir s’accorder une nuit au sec avant de sauter dans le premier train à l’aube. Cherchant à éviter tous soupçons de la part d’Aldrick, il trouva judicieux d’insister :

    « C’est moi le méchant. Je suis pas perdu. Mettez moi en prison ! »

    Il y avait tant d’espoir dans sa voix que sa demande avait bien plus l’air d’une supplication que d’un aveu. Il s’en rendit lui-même compte, et tenta, tant bien que mal de garder le peu de prestance qu'il s'était donné. Mais un malheur n’arrivant jamais seul, ce fut le moment que choisit Jean pour les rejoindre. Il tenait un bout de papier griffonné et sans prendre garde à la scène qui se déroulait, il lança :

    « J’pense que le garçon n’y est pour rien, chef. On a parlé de la victime à Beaumarchant et il a très gentiment lâché qu’il lui « collerait bien une deuxième rouste ». J’vous jure… Enfin, là il ronfle sur sa paillasse. »

    Cette annonce fut un coup dur pour Andréa qui voyait tous ses espoirs s’envoler. Un coup de tonnerre gronda. Il frissonna. Il n’avait plus le choix. Levant un regard désespéré sur Aldrick, il finit par lâcher d’une voix éteinte :

    « Je ne veux pas rentrer… S’il vous plait…»

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Mer 2 Jan - 22:40

Aldrick eut un air perplexe face au soudain changement de version du jeune garçon, mais après les dires de son collègue, il reprit avec lassitude:

-Tu disais?

*Ce doit être sérieux pour qu'il est à ce point envie de rester là*

Devant l'air de lycanthrope apeuré que fit Andréa, le commissaire soupira et se massa la nuque avant de poursuivre pour son collègue:

-Merci Jean, bon boulot! Je me charge de lui. Il désigna Andréa d'un signe de tête. Tu peux nous laisser s'il te plait?
-Mais chef! Il est dangereux! Argua-t-il avec fougue. Il a failli...
-JEAN! Le ton sonna comme un reproche, et comme pour lui faire écho un coup de tonnerre vint éclairer la pièce dans un fracas assourdissant. Jean ferma instinctivement les les yeux comme un enfant prit en faute alors qu'il commettait une bêtise. Mais une fois la surprise passée, il le regarda droit dans les yeux, faisant naître ainsi une esquisse de sourire aux coins des lèvres de son supérieur devant cet acte de bravoure.
-Vous n'arriverez pas à le maîtriser si...
-Ah vraiment? Là le lycanthrope lui lança un regard noir, il n'était plus question de défi entre collègues, là Jean s'aventurait sur un terrain bien glissant en s'attaquant directement à l'orgueil du brun. Le ton presque méprisant qu'il avait employé n'en était que le signe avant-coureur.
-Enfin, euh...ce n'est pas ce que je voulais dire... Baragouina l'autre.
-Tiens donc? Donc ce cas je suis tout ouïe, que voulais-tu dire?
Il dégluti difficilement et entreprit de faire une phrase compréhensible:
-C'est à dire que...Je...Je crois juste que vous auriez peut-être du mal à le maîtriser si...
-"Du mal à le maîtriser"? De mieux en mieux! J'en ai assez entendu, Jean. Franchement, si un adolescent est capable de "causer des difficultés" à toute la police, j'aurais effectivement du souci à me faire, mais étant donné que ce n'est pas le cas, je pense que ça va aller. Je me charge de lui.
Jean ouvrit la bouche mais il ne trouva rien de bien à répondre et après avoir acquiescé, il avisa Andréa de pied en cap d'un œil menaçant, avant de quitter la pièce en marmonnant des propos incompréhensibles.

Le commissaire soupira, puis une fois certain que Jean n'écoutait pas à la porte, il ôta délicatement les menottes des poignets d'Andréa, les attacha à sa taille comme à l'accoutumé et s'adossa de nouveau contre son bureau avant d'entamer une cigarette.


-Bon et si tu me disais ce qui ne va pas avec ton oncle? Le jeune garçon paru surpris, arrachant un petit rire à l'agent. Allons, ne fais pas cette tête! Je suis policier, tu te rappelles? Un cercle de fumée vint s'immiscer à l'intérieur d'un précédent cercle, avant qu'il ne poursuive, plus sérieusement. Entre nous, pas besoin d'être un détective hors pair pour se douter que tu n'as pas envie de rentrer parce qu'il y a de l'eau dans le gaz entre vous deux.

Une nouvelle bouffée de fumée vint mourir dans la pièce. Le lycanthrope ne pouvait affirmer avec certitude de l'exactitude de ses propos mais il se doutait bien qu'il y avait anguille sous roche.

- Dis-moi...Que s'est-il passé?

Son regard détailla Andréa, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi, Aldrick savait qu'il était à présent en terrain miné et que tout ce qu'il dirait pouvait soit permettre au jeune homme de s'exprimer d'avantage soit le faire se refermer comme une huitre. En tous cas la balle était dans son camp, et il n'était pas près de s'arrêter au premier obstacle de toute façon, particulièrement après avoir envoyé paitre ainsi son collègue.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Dim 6 Jan - 13:34

    L’altercation entre le commissaire et son subordonné laissa comme une impression de déjà-vu au louveteau. Le pauvre Jean, venu informé son chef de ses découvertes, se retrouva bien malgré lui dans une triste position. Quelques mots malheureux s’échappèrent de ses lèvres réveillant chez son supérieur tout l’orgueil d’un mâle dominant. Un peu comme chez Edward finalement… Le jeune homme observa en silence le jeu qui avait lieu entre les deux agents, l’un d’eux se faisait cruellement exterminé à chaque renvoie de balle. Aldrick le menait d’une main de maître. Et même le fougueux Andréa n’osa pas ouvrir la bouche lorsqu’il se fit ouvertement afficher comme « adolescent ».

    Finalement, Jean abdiqua et quitta la scène non sans un regard lourd de sens pour le plus jeune. Cela ne fit que réveiller vaguement la bête. Les muscles du loup se tendirent et un léger grognement s’échappa de ses lèvres crispées.

    Il ne se détendit qu’une fois certain que le petit policier ne pouvait plus lui nuire et tourna vers Aldrick ses iris noisette. Le commissaire avait retrouvé son calme et se pencha tranquillement vers lui. Avec toute l’adresse de son corps de métier, il ôta en un rien de temps les bracelets de fer au jeune homme. Ce dernier se massa légèrement les poignets et murmura un léger remerciement. Était-ce bon signe pour lui ? Accepterait-on de le garder ici cette nuit ? Se réinstallant plus confortablement sur la chaise, il attendit le verdict.

    « Bon et si tu me disais ce qui ne va pas avec ton oncle ? »

    La phrase sonna tel un coup de massue sur le crâne de l’enfant qui en resta hébété. Clignant machinalement des yeux, il fixait Aldrick comme s’il venait d’exécuter un formidable numéro de magie. Mais comment savait-il ? L’explication ne se fit pas attendre et, vantant ses mérites de policiers et la relation tendue qu’entretenait l’oncle et le neveu, il avança sa déclaration comme la plus simple des déductions. En bon coupable, le louveteau détourna le regard pour se concentrer à nouveau sur le bureau du dénommé Billy. Il y avait tant de désordre à sa surface qu’on aurait pu en faire une monographie de toute façon. Pourtant le commissaire ne lâcha pas, et après une nouvelle bouffée de sa cigarette, il réitéra sa question.

    « Rien… »

    Ce fut la première réponse d’Andréa. Il était tiraillé. D’un côté il mourrait d’envie de parler, de vider son sac, de l’autre il était absolument terrorisé à l’idée que son oncle finisse en prison. Il ne l’aurait pas supporté. Comprenant toute la maladresse dont il avait fait preuve en demandant de l’aide à des hommes de loi, il se leva et posant son regard dans celui d’Aldrick, il lâcha :

    « C’était une mauvaise idée. Oubliez ce que j’ai dit. Je vais me débrouiller tout seul. »

    Il fit un pas sur le côté sans quitter l’agent des yeux. Après tout c’était un loup-garou, qui sait quelle réaction allait être sienne. Il n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire. Il voulait juste sortir. Il avait quelques sous en poche, peut-être qu’un cab accepterait de l’emmener jusqu’à son terminus ? Sinon il marcherait, histoire que la foudre ne le prenne pas pour cible… On lisait toute son incertitude dans son regard d’enfant. Pourtant, il ne cédait pas. Il se tenait droit, grand, et affrontait le commissaire avec tout l’aplomb d’un loup têtu mais fatigué.

    « Je m’excuse de vous avoir fait perdre de votre temps avec des histoires. Tant que ce Beau… Beaumarché ? Enfin, tant que ce saoulard a ce qu’il mérite ça me va. Est-ce qu’il faut que je signe quelque chose ? »

    Il éloignait la conversation de sa personne. C’était un moyen comme un autre d’éviter que le policier n’insiste. Andréa était têtu, mais il était au moins autant fragile et l’événement qui s’était précédemment déroulé au cabaret ne cessait de le ronger de l’intérieur. Pourquoi ? Pourquoi avait-il fait ça ?

    Et comme le destin s’acharnait ! Il voulait qu’il cède, c’était évident. Alors qu’il tenait bon, et ce à bout de bras, ce fut le moment que choisi son corps pour lui rappeler son existence. Le froid, la faim et la fatigue l’envahirent. Telles trois dames qui vous torturent d’une caresse, elles se penchèrent sur Andréa et le firent vaciller. Le jeune homme trouva un soutien solide en s’appuyant d’une main sur le bureau du commissaire. Il voulait cette position comme naturelle, celle que prendrait un homme qui attend, mais un œil aguerrit ne s’y tromperait pas. Il ferma brièvement les yeux, mais les rouvrit bien vite de peur de s’assoupir. Il se redressa lentement et croisa les bras dans l’espoir de se réchauffer un peu.

    « Je vais avoir des problèmes aussi ? Après tout je l’ai assez bien amoché. » Un semblant de sourire satisfait se dessina sur ses lèvres tandis qu’il reprenait : « Mais Edward n’avait qu’à pas commencer, c’est lui qui a frappé le premier. »

    Lapsus. Terrible lapsus. Alors qu’il avait tant lutté pour garder ce secret, voilà que sa propre bouche qui le trahissait. L’enfant ne s’en rendit pas compte, mais il comprit bien vite qu’il venait de dire quelque chose de trop. L’attitude du commissaire l’inquiéta et c’est d’une voix éteinte qu’il demanda :

    « Qu’est-ce qu’il y a ?… »

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Mar 8 Jan - 9:44

Ce jeune loup espérait-il vraiment balayer tous ces doutes avec un seul mot? Franchement, ça n'avait rien de convainquant.
Mais Aldrick ne répondit pas, après tout son interlocuteur avait déjà voulu prendre la poudre d'escampette, autant éviter qu'il ne recommence.


-Comme tu voudras. Lâcha-t-il sur un ton qui se voulait calme.

L'agacement avait dû percer pourtant dans sa voix car le garçon s'excusa rapidement en le regardant droit dans les yeux comme pour prouver que sa décision était inébranlable. Droit et fier comme la Justice, il le fixait avec toute la bravoure qu'il pouvait puiser au fond de lui, s'aventurant à demander quels papiers il devait remplir.


-Eh bien, selon ce que dira le compte lors de sa déposition, il vaudrait peut-être mieux que tu fasses une déclaration sur l'honneur. Envisagea-t-il sans décroiser les bras, en penchant légèrement la tête sur le côté.

Une fois debout, Andréa se rapprocha, semblant au prise avec un duel intérieur, allant même jusqu'à s'appuyer sur le bureau. Il ne l'avait encore jamais vu comme ça.


*Mais à quoi joue-t-il?*

A sa question un sourire contrit vint s'imprimer d'abord sur le visage du commissaire, qui en profita pour lui ébouriffer les cheveux par jeu, c'était étrange qu'il se soit en si peu de temps attaché à lui.

-Je ne te cache pas qu... La surprise engendrée par cette idée le cloua sur place. Sans bruit sa cigarette atterrit mollement au sol.
-Qu'est-ce qu'il y a...?
Il répéta interloqué:
-Edward t'a frappé?
Sans réfléchir d'avantage le commissaire se releva d'un bond et attira le louveteau à lui, pour mieux l'examiner. Mais c'était peine perdue: entre la bagarre et Edward, impossible de faire la différence des coups. L'inquiétude passa au fond de ses yeux dorés et la colère l'emporta sur tout le reste.

-Comment a-t-il osé faire ça? Lâchant Andréa il abattit un coup de poing vengeur sur la table, ébranlant tout ce qui gisait sur le bureau. Même celui de Billy fut sujet au séisme. Ses mains et sa voix tremblaient d'une colère sourde. Il tourna les talons, prit son manteau et l'enfila dans un mouvement brusque. Je vais lui remettre les idées en place moi à cet abruti! En trois enjambées il était à nouveau devant Andréa et toute la haine qu'il cumulait au quotidien se faisait à présent ressentir dans la violence de ses gestes. Réajustant son chapeau il tonna plus pour lui-même qu'autre chose: Frapper celui qu'il considère comme son fils! Et puis quoi encore?! Il avait atteint la porte, abattu la poignée et s'était engouffré dehors en dépit de la pluie qui tombait à verse en maugréant: Il est grand temps que quelqu'un remette les poings sur les "i"!

Poussé hors de lui par la colère, alors qu'il revoyait devant ses yeux chacun des coups portés à son père, du plus infime jusqu'à celui mortel qui avait clos leur combat, la bête en lui grogna avec férocité. L'agent n'avait que faire de la pluie ou des éclairs qui zébraient le ciel, il avançait déterminé comme jamais à empêcher son plus grand rival de foutre une vie de plus en l'air.

-Il tient pourtant à ce louveteau plus qu'aux autres, non? Sinon, il ne serait pas là à chaque fois dès qu'il lui arrive quelque chose! Maugréa-t-il alors que son esprit essayait de comprendre en dépit de son aveuglante colère ce qui avait pu créer une telle situation. Malgré tout, il n'entendit pas lorsqu'on l'appela plusieurs fois, et il proféra bien d'autres menaces pour le chef de son clan, avançant toujours, grognant d'autres choses incompréhensibles. Il n’y a pourtant qu’avec lui qu’il est capable de sourire sincèrement, il lui faut quoi en plus pour s’en rendre compte ? Une notice ? Un mode d’emploi ?! Non mais sérieusement ! Une série de jurons transylvaniens vint ponctuer le propos.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Dim 13 Jan - 12:10

    « Edward t'a frappé ? »

    Andréa ouvrit la bouche, la referma, avant de l’ouvrir à nouveau et de porter vivement ses deux mains devant elle, le visage défait par la surprise et la honte. Il l’avait dit ? Quand ? Pourquoi ?! Bon sang mais qu’avait-il fait ! Un flot intense de doute, de crainte et autres sentiments peu sympathiques s’emparèrent de lui. Ses traits se décomposèrent au fur et à mesure qu’il se rendait compte de ce qui venait de sortir de sa bouche. Mon dieu. Il l’avait vraiment dit.

    La réaction du commissaire ne se fit pas attendre. Empoignant Andréa qui se crut mort, il l’inspecta minutieusement sans pouvoir discerner qui de la bagarre ou de l’oncle avait fait le plus de dégâts. Relâchant le jeune homme, une vive inquiétude traversa les iris mordorés du policier, rapidement remplacée par une fureur sans nom. Son poing, arme première des hommes, s’abattit comme un coup de tonnerre sur le bois de son bureau, ébranlant tout ce qui s’y trouvait en plus de son jeune interlocuteur. Plus pâle que la mort, Andréa regardait ce monstre s’emporter pour lui, s’inquieter pour lui, enrager pour lui… À moins que ce ne soit contre son oncle. Avant même que le louveteau n’ait eu le temps de s’en rendre compte, Aldrick enfilait sa veste, puis son chapeau, avant d’ouvrir la porte béante du commissariat et de s’engouffrer sous la pluie battante. Emporté par sa colère, le loup parlait pour lui-même, maudissant bien plus que de raison Edward White. Cet homme, ce loup, qui semblait avoir réveiller en lui une colère assourdissante.

    Non non non non NON !!

    Debout, seul au milieu du poste de police, Andréa regardait la pluie glaciale happant doucement la silhouette du commissaire. Il disparaissait lentement de son champ de vision, emportant avec lui l’image d’Edward croupissant derrière les barreaux. Le jeune homme se sentit vaciller. Il voulut faire un pas, mais son corps tout entier se déroba et il termina sa course à genoux sur le sol crasseux. Aldrick disparut. Le cœur d’Andréa manqua d’exploser. Non !! Pas ça, tout mais pas ça ! Ravalant ce qui lui restait de force, le garçon se remit sur ses pieds et, emporté par la peur de voir disparaître son seul soutien dans ce monde hostile, il se mit en marche. Ses jambes frêles enchaînèrent les pas, lentement, avant de s’emballer dans une course frénétique. Il repéra bien vite la haute silhouette du commissaire, dont chaque enjambée le rapprochait un peu plus du cabaret et de son maître. Andréa ne ralentit pas, il le rattrapa et agrippant finalement sa manche, il se dressa devant lui.

    Éclairé par la faible lueur d’un lampadaire, leur duo trahissait sans peine l’intensité de la scène. Face à face sous la tempête, l’instant était intense.

    « Il ne faut pas le mettre en prison ! S’il vous plait ! »

    L’orage gronda et un éclaire illumina brièvement le visage terrorisé de l’enfant. Edward était tout pour lui, absolument tout. S’il disparaissait, que deviendrait-il ? Une larme roula sur la joue du garçon épuisé, masquée par les centaines de gouttes d’eau qui ruisselaient sur son visage. Sans vraiment comprendre ce qu’il faisait, Andréa agrippa la veste trempée du commissaire d’une poigne tremblante, mais forte.

    « C’était ma faute ! Je vous interdis de l’arrêter ! Il… Il faudra me passer sur le corps pour ça ! »

    Sa voix était saccadée par la crainte. Il n’avait aucune chance face à la stature et la puissance d’Aldrick et il le savait éperdument. Il le lâcha, essayant tant bien que mal de faire le tri dans son cerveau désordonné. Que dire ? Que faire pour qu’il change d’avis ? Peut-être lui raconter ?… Oui ça pourrait marcher. Inspirant profondément tout en essuyant d’un revers de manche son visage livide, Andréa chercha à se souvenir de cette folle soirée. Son regard parcourrait rapidement les pavés, le temps qu’il parvienne à tout remettre en ordre dans son esprit, puis il se posa sur les iris d’ambre du commissaire, et finalement le garçon lâcha :

    « On s’est disputé… À cause de la bête. Je me suis laissé emporté, je crois que j’ai dit quelque chose de mal. C’est tout. »

    Il baissa la tête. Il ne se souvenait pas vraiment de ce qu’il avait dit, ni même de la réaction de son oncle. Tout ce dont il se souvenait clairement c’était cette gifle. Ce soufflet qui lui avait coupé le souffle et arrêté le cœur, qui l’avait meurtri en une fraction de seconde. Il frissonna. Reculant d’un pas, il passa sa main osseuse sur sa figure d’adolescent. Son cœur dansait sourdement sur un rythme endiablé qui résonnait jusque dans sa tête. Comment réfléchir avec un vacarme pareil ! Il éternua. Frottant son nez d’un bout de sa manche dégoulinante, Andréa fronça les sourcils avant d’ajouté :

    « Mais je ne veux pas rentrer. Si je ne peux pas rester au commissariat, je trouverai autre chose. »

    Il croisa les bras, plus têtu que jamais. Préférant ne pas regarder l’agent en face, il laissa ses iris noisette parcourir vaguement les ruelles sombres de la capitale. L’orage grondait toujours et la ville était plus inquiétante que jamais. Les lueurs frémissantes des réverbères dessinaient sur les murs des silhouettes inquiétantes tantôt accentuées par la vivacité de la foudre.

    Alors qu’un nouvel éclair embrasait Paris de son halo, Andréa hoqueta de surprise. Là, dans l’ombre, il était sûr d’avoir vu quelqu’un.


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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Mer 23 Jan - 17:17

{ Ce poste est lié à l'intrigue. Le meurtre qui y est découvert est le premier d'une longue série. }


Son corps tremblait ; pas à cause de la pluie et du froid qui allait de mise avec l'orage, non, il tremblait de colère contre Edward. Ce lycanthrope n'avait-il donc aucune limite? N'était-il donc pas capable de se maîtriser comme il le prétendait toujours de son air supérieur?

Le brun fut stoppé dans son élan, face à lui, l'enfant meurtri réclama la clémence, lui arrachant un air surpris avant que la colère ne reprenne le dessus sur son être et que l'enfant devienne homme, se dressant contre lui avec toute la force qu'il restait de son adolescence. Arguant qu'il faudrait lui passer sur le corps.

Le lycanthrope eut un bref rire étouffé, croyait-il vraiment que la tâche serait si ardue? Dans l'état dans lequel il était, seul le désespoir le maintenait encore debout. Une désespoir qu'il ne comprenait pas, et que sa colère refusait même d'essayer de comprendre. D'un seul mouvement du bras, il aurait pu balayer ce louveteau et lui faire ravaler bien plus que ses mots.
Mais à l'instant même où son geste allait prendre l'élan nécessaire à cela, Andréa déclara que son oncle n'était pas le seul fautif. Cette seule idée le calma grandement et il écouta son vis à vis s'entêter.


-Qu'est-ce que tu racontes enf... Il n'acheva pas, fronçant les sourcils devant la réaction de surprise du jeune homme.

Aldrick suivit son regard, et frissonna. Ses iris dorés parcourant la ruelle voisine, cherchant une présence qui n'était déjà plus là, il n'en restait que le lointain bruit d'une course mais un nouveau halo vint éclairer la nuit et le brun grogna, les sens en éveil, il en était sûr à présent:


-Ça sent le sang. Lâcha-t-il gravement avant d'ordonner sans même un regard pour le louveteau. Reste là.

Il s'avança vers la ruelle, la pluie rendant sa visibilité moindre, il sorti par précaution son arme de service. Le canon pointé vers l'avant, il déboucha dans une impasse et mit quelques secondes à distinguer au-dessus d'un amas de détritus un corps.
S'avançant prudemment, fit quelques pas avec son arme pointé contre un ennemi invisible et quand enfin il fut sûr qu'il n'y avait plus aucun danger, il posa sa main gantée sur le corps qui lui faisait face avec des yeux vidés de toute vie.

Si autrefois la beauté avait pu se lire sur les traits de cette harpie, il n'en était rien à présent, son visage avait gardé une grimace qui démontrait la violence des coups, et son corps était transpercé à de multiples endroits par de grandes lacérations. Il était inutile de prendre son pouls, là elle ne pouvait être plus morte. L'odeur lui démangeait la truffe, ne faisant qu'empirer le mélange fétide qui émanait des poubelles avoisinantes.


"On s'est acharné ma parole! Dix-sept... dix-huit... dix-neuf...plus d'une vingtaine de coups rien que sur le buste" Songea le commissaire tandis que le sang s'écoulait abondamment à ses pieds dilué par l'eau. "Elle en a aussi sur les jambes et les bras, seul le visage semble avoir été épargné, elle a pris un sacré coup sur le crâne pourtant, transpercée en plein cœur par un poignard… aurait-elle fait des ravages auprès des hommes ? Mais ça qu'est-ce que c'est...?"

L'agent prit entre ses doigts une substance crème, presque molle, semblant légèrement aérée. Il fit au mieux pour la maintenir à l'abri de la pluie qui semblait la dissoudre, et de sa main valide, il saisit dans sa poche intérieure une petite enveloppe et l'y logea. Inspectant le corps, et les alentours, son regard se perdit sur le bout de la ruelle, du sang en jonchait le sol, le corps avait été déplacé. Etrangement alors qu'il y en avait presque partout le sang semblait totalement absent du cou de la victime, il n'y avait aucune trace de strangulation. Il mit donc un certain temps avant de remarquer qu'il y avait quelque chose de nicher entre deux des plis de l'écharpe originellement entièrement bleutée. Un morceau rose plutôt flasque, pas plus grand qu'une boite d'allumettes, avec un côté blanc, un peu translucide y était attaché. L'échantillon atterrit également dans une enveloppe.

"Comment diable s'est-elle débrouillée pour laisser du jambon dans un endroit pareil?"

Un peu plus loin, deux poubelles en métal étaient renversées et des ordures éparpillées ci et là. Aldrick fouilla le corps, il trouva un porte-monnaie ; de l’argent et des cartes de visite y gisaient.

"Un billet pour l’opéra, une note de teinturerie, une carte du Lost...pourquoi ça ne m'étonne pas tiens? Un formulaire de divorce ? Eh bien ! Et celle-ci c'est quoi?"

Julie Dewis
Banque de Paris
12 Rue de Rivoli


"Elle ne porte rien d'autre d'important apparemment, son chapeau...Ah! Il est là-bas! Il a dû rouler dans le coin durant la rixe? Ses boucles d’oreilles…il en manque une, mais son sac à main est toujours là, ainsi que la broche qu'elle porte au col."

Cette dernière semblait être en piteux état, et malgré la pluie le policier distingua sans mal qu'elle n'était pas de grande valeur. Aldrick leva les yeux, la main en barrière en plus de son chapeau, et reporta son attention sur le macchabé, en se relevant.

"Elle a quoi? La trentaine? C'est un peu trop violent pour une simple agression...Serait-ce un règlement de compte, dans une ruelle sans issue, ni voisin? "

Un bruit attira son attention et il se retourna d'un bloc, pointant son arme à feu sur la source de ce trouble, là au bout de la ruelle, Andréa sembla encore plus pâle que précédemment. Le lycanthrope soupira de soulagement, en rangeant son arme, un peu honteux de l'avoir oublié l'espace d'un instant.

-Je t'avais dit de m'attendre! Gronda-t-il tel un parent inquiet. Ne regarde pas, ce n'est pas un spectacle qui fait rêver la nuit, crois-moi! Le ton était dur, mais si Aldrick savait quels étaient les inconvénients de son métier, il n'aimait aucunement les infliger à d'autres -particulièrement lorsqu'ils s'y trouvaient mêlés par hasard.

Rangeant avec une dextérité peu commune son arme, le commissaire agrippa Andréa avec force par les épaules jusqu'à ce que ses yeux noisettes soient plongés dans les siens.


-Andréa! Andréa! Ecoute moi attentivement. Il laissa un silence s'immiscer entre eux et poursuivit sur un ton professionnel, haut et fort: J'ai besoin que tu retournes au commissariat chercher Jean. La grimace qu'il fit ne lui échappa pas mais il poursuivit. Je sais, vu ce qui s'est passé tout à l'heure, il va pester, mais j'ai absolument besoin de lui ici. Dis lui qu'il y a eu un meurtre. Là encore il laissa un temps, la première fois cela faisait toujours bizarre à entendre et reprit comme s'il n'y avait pas eu de coupure pourtant: Que je suis sur les lieux, et que tu dois l'y conduire. Demandes lui d'aller chercher aussi Axel le légiste et Allan. Qu'ils prennent un brancard et de quoi mettre des preuves à l'abri de la pluie ; quelque chose d'assez grand de préférence. Le brun sembla réfléchir à toute vitesse. Il faut que vous rameniez aussi un appareil photo, un des plus puissants, avec la pluie qui tombe, ça ne donnera rien autrement, et un parapluie pour le protéger. Pour le reste ils sauront quoi faire. C'est très important, d'accord?

Il attendit qu'il acquiesce et le regarda s'éloigna dans l'allée, avant de soupirer à nouveau.

"Pff, comme si j'avais besoin de ça ce soir en prime!"

L'agent jeta un dernier coup d'oeil dans la ruelle, il ne distinguait déjà plus Andréa, et s'en retourna auprès du cadavre en maugréant contre Miss Dewis, que s'il ignorait sa vie, il la plaignait au moins pour sa mort.

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Dernière édition par Aldrick Voelsungen le Lun 4 Fév - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Sam 26 Jan - 16:05

{ Ce poste est lié à l'intrigue. Le meurtre qui y est découvert est le premier d'une longue série. }



    « Ça sent le sang… Reste là. »

    Andréa ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Il n’eut pas le temps de protester que le commissaire tournait déjà les talons et prenait la direction d’une ruelle voisine. Le jeune homme frissonna. Le sang ? Il ne sentait pas. Il n’avait pas encore assez d’expérience pour discerner une telle odeur par pareil temps. Il resta planté là comme un idiot. Son regard fatigué se balançait ça et là sans savoir où s’arrêter. Il était trempé jusqu’aux os, mais ne semblait même pas s’en apercevoir. Et puis il se sentit soudain mal à l’aise. Il avait l’impression qu’on l’observait. Se dandinant nerveusement sur place, un bruit sourd dans l’une des rues adjacentes le fit sursauter. Sans oser se retourner, il se mit en marche à grands pas. Une seule idée en tête, rejoindre Aldrick. Dans sa précipitation, le jeune loup ne s’aperçut même pas que, débouchant derrière lui, un chat s’extirpa de l’allée obscure qui l’avait tant effrayé.

    Enchaînant les enjambées plus rapidement qu’il ne l’aurait voulu, le louveteau percevait de plus en plus l’odeur du sang, du sang et de la mort. L’inquiétude le gagna immédiatement, et courant sur les derniers mètres, il finit par déboucher sur ce qu’il aurait préféré ne jamais voir. Un effluve affreux lui monta au nez et il plaqua ses deux mains sur son visage pour réprimer un haut-le-coeur. Allongée sur un tas d’ordures, éclairée par une lumière tremblante, une femme gisait sans vie. Massacrée. Lacérée de toute part. Sa peau sans doute lisse et pâle il y a quelques heures à peine, était désormais d’un rouge effrayant. Tout le corps d’Andréa se raidit dans un frisson d'épouvante.

    La scène macabre, le relent de mort et de sang, tout le replongea quelques années plus tôt. Il se souvenait aussi clairement qu’il distinguait le cadavre de la jeune femme. L’horreur, les hurlements, les bouts de chairs arrachés, les derniers râles d’enfants… Plus pâle que jamais, il fut incapable de réagir lorsqu’Aldrick pointa le canon de son arme sur lui. Ses iris ne parvenaient plus à quitter la défunte. Que s’était-il passé ?

    Paralysé par le spectacle sanglant dont il n’aurait pas dû être le public, il fallut attendre que le commissaire l’empoigne et l’interpelle fermement avant qu’il ne revienne à la réalité. La voix d’Aldrick était forte et rassurante. Il lui expliqua clairement quoi faire. Le commissariat. Il devait y retourner, il fallait ramener tout le monde. Machinalement, Andréa enregistra toutes les paroles du policier. Mais il n’était pas vraiment là. Il sentait simplement qu’il devait lui obéir. Il réprima tous les sentiments qui se bousculaient en lui et courut jusqu’au commissariat. Il agissait comme un automate. Son regard était vide, hagard, mais il n’avait aucun doute sur la marche à suivre.

    Entrer. Pousser avec empressement le battant du poste de police. Trouver Jean. Avancer entre les bureaux et frapper à l’unique porte où il entendait encore du bruit. L’agent lui ouvrit et grimaça à la vue du garçon détrempé. L’informer…

    « Qu’est-ce que tu me ve…

    - Il y a eu un meurtre. Le commissaire est déjà sur les lieux. Il lui faut de l’aide, un brancard, un appareil photo puissant, un parapluie. »

    Il avait récité la liste dans un ton monocorde étrangement lointain. Jean voulut protester, mais son coéquipier le rejoignit à la porte. Il avait déjà enfilé sa veste et sa coiffe.

    « Dépêchons nous, si le commissaire nous attend, il vaut mieux faire vite. Va chercher Axel petit, il est dans la pièce du fond. On prépare tout. »

    Encore une fois Andréa acquiesça et se remit en marche. Il ouvrit la porte du fond et se retrouva devant un jeune homme de fine allure. Il lui récita le même baratin de manière machinale. Le médecin légiste, visiblement surpris par l’arrivé de cet inconnu, se rapprocha de l’enfant qu’il saisit par les épaules. Il claqua plusieurs fois des doigts devant son regard fixe avant d’obtenir une réaction.

    Le louveteau se réveilla enfin. Tout son corps vacilla dans les bras d’Axel qui le rattrapa de justesse et l’installa sur la première chaise venue.

    « C’est rien mon grand, tu étais en état de choc. Rétablis toi vite, il va falloir se remettre en route. »

    Vidé de ses forces, Andréa sentit son estomac se serrer de dégoût. Tout son être se révulsait devant le spectacle abominable qui lui hantait encore l’esprit. Un soubresaut et il manqua de couvrir le parquet du contenu de son estomac. Une main se posa sur son épaule. Il leva ses iris noisette sur le médecin légistes qui lui fit signe qu’il était tant d’y aller. Le jeune loup encore déboussolé se leva tant bien que mal et rejoignit Allan et Jean qui les attendaient sur le pas de la porte. Toutes les affaires étaient prêtes. Il les aida à en transporter une partie et pris la tête de leur insolite petit cortège, s’engouffrant pour la deuxième fois dans la nuit glaciale.

    « C’est par là. »

    Sa voix était à peine audible. Il bifurqua sur la bonne ruelle et en quelques minutes ils débouchèrent à nouveau sur la scène de crime pestilentielle. Les hommes accoururent auprès de leur supérieur et s’attelèrent à sécuriser le lieu. Andréa voulut les aider, mais tremblant comme une feuille, on l’invita à sa tenir en retrait. Ce qu’il fit bien volontiers. S’asseyant contre un mur, il ferma les yeux et porta ses mains devant sa bouche et son nez pour ne plus avoir à supporter l’insoutenable effluve. Prêtant malgré lui l’oreille à la conversation, il entendit tout de même ce qui se disait.

    « Et bien… On ne l’a pas raté. Vous avez le chic pour trouver de jolis morts Commissaire ! » Un léger silence s’installa. «La plaie à la tête n’était pas mortelle apparemment. Elle est entièrement vêtue, donc a priori pas de sévices sexuels. Aucune trace de lutte. Je dirai qu’on l’a eu par surprise et qu’elle devait être bien sonnée ou inconsciente quand on s’est amusé à en faire un gruyère. Arme du crime… Poignard classique. Un bon choix. Je doute que vous puissiez en tirer des empreintes avec cette flotte. »

    Axel renifla et affublé de ses gants, il retira l’arme avec doigté et la glissa dans une des enveloppes. Il parcourut d’un œil expert le reste du corps.

    « Il faudrait la ramener au poste. La lumière est trop faible ici pour que je puisse vous dire les détails sans me planter. Par contre je ne sais pas ce que donnera la photo. » Il rejoignit Aldrick et laissa Allan et Jean s’occuper du reste. Son regard parcourut les parages avant d’aboutir sur les iris d’ambre du commissaire.

    « À première vue, je dirais crime passionnel. Mais encore une fois, je n’ai pas encore assez d’éléments pour affirmer quoi que ce soit. » Il soupira. « Et qu’est-ce qu’il faisait là le gamin ? »

    Assis en boule, Andréa n’avait perçu qu’une infime partie des propos. Engourdit par le froid et la fatigue, il se sentait lentement sombrer dans le monde de Morphée avec l’idyllique espoir que tout cela n’était qu’un mauvais rêve.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Lun 4 Fév - 15:57

Axel lui arracha un haussement de sourcil en ironisant un peu sur le cadavre, mais ça ne le détendit pas spécialement. Il détailla avec ce professionnalisme qui le caractérisait, la mort et les circonstances qui selon lui allaient de mise avec le crime. Le commissaire n'opina pas cette fois. Sur les motifs son avis différait mais il était encore un peu tôt pour en faire part à toute son équipe -en pleine rue qui plus est. En revanche il posa sur lui un regard indescriptible quand il évoqua Andréa. Ses iris dorés allant de ce dernier à Jean. Un soupir s'échappa de ses lèvres, et il posa une main sur l'épaule d'Alex, déclarant simplement:

-Disons que c'est une longue histoire... je me suis laissé emporter et…enfin…il était au mauvais endroit au mauvais moment du coup… mais on en reparlera plus tard, d'accord? Il lui adressa un sourire contrit.

Axel étant nouveau, il tentait de s'intégrer, et pour Aldrick c'était loin d'être un souci. Mais lui parler de tout ceci...c'était une autre paire de manches. D'ordinaire il l'aurait fait, seulement là, ce n'était pas le moment, aussi lui confia-t-il les deux enveloppes dans lesquelles il avait mis les preuves.


-Tiens c'était sur elle. La plus petite était sur son buste, j'ignore ce que c'est, mais on dirait que ça se désagrège avec l'eau. L'autre c'est du jambon, c'était dans son écharpe, je ne sais pas si ça vient des poubelles avoisinantes ou si c'est réellement une preuve, mais bon, dans le doute... Tu pourrais me l'analyser prochainement?

Le légiste acquiesça, sans toutefois paraitre complétement satisfait des explications de son supérieur. Mais là Aldrick n'en avait cure. Tout ça ne lui disait rien qui vaille et là-dessus, son instinct le trompait rarement. Quand une dizaine de minutes plus tard, ils eurent fini, ils emportèrent le corps ; la silhouette massive du commissaire se planta devant Andréa, avant de s'accroupir et de lui poser une main sur l'épaule.

-Viens, rentrons.

Le garçon tourna vers son aîné un regard qu'il aurait préféré ne jamais revoir. Ce même regard vide qu'il avait eu le soir de leur rencontre. De cette nuit funeste, il ne restait au lycanthrope que des flashs mêlés à de la douleur, et ce regard. Ce regard d'enfant qui paraissait mourir tandis que tout son corps incapable de bouger le maintenait en vie comme autrefois, un regard au fond duquel peur et chagrin se mêlaient. Le commissaire détourna hâtivement ses iris dorés vers l'endroit où gisait autrefois la femme. Puis dans un mouvement brusque, il se releva, entrainant le louveteau avec lui.

-Rentrons. Répéta-t-il simplement sans oser le regarder mais d'une voix qui trahissait l'émotion du moment.

Il ne lâcha pas son bras de suite, sa poigne se faisant plus ferme qu'il ne l'aurait voulu. Peut-être avait-il à son tour besoin d'Andréa pour exorciser le mal qu'il lui avait fait ce soir-là et pour qu'ils puissent enfin tirer un trait sur ce douloureux passé?
Mais le pouvait-il vraiment? Aldrick en doutait, de même qu'il doutait pouvoir un jour pardonner complétement à Edward.

Se remémorant tardivement les derniers propos d'Andréa, Aldrick soupira et finit par prendre son courage à deux mains avant de plonger son regard dans le sien. Ils étaient à présent seuls dans la ruelle, les autres les suivant, la pluie tombait toujours à verse, et le commissaire apposa chacune de ses mains sur les épaules du louveteau avant de préciser:


-Tu es trempé, il faut te sécher. On va aller chez moi, et je te ramènerais au Lost ensuite. Je parlerais à ton oncle ne t'inquiète pas. Avant que son vis à vis n'émette de protestation, il leva la main droite et posa l'autre sur son cœur. Je resterais avec toi, c'est promis. Il lui adressa un sourire et lui donna une petite tape dans le dos. Viens, je crois qu'on en a eu assez pour ce soir, toi et moi.

Il attendit que le jeune homme daigne réagir, avant d'avancer à ses côtés pour regagner avec lui le commissariat. Quand ils furent arrivés, il lui indiqua une chaise et le pria de l'attendre là quelques instants, gageant qu'il ne serait pas long. Priant intérieurement pour que l'idée de partir seul dans Paris ne traverse pas à nouveau la tête du jeune homme. Délivrant les dernières instructions auprès de son équipe, il leur exposa rapidement son point de vue sur l'affaire et les remercia pour leur réactivité précédemment. Enfin il demanda à Jean, devant tous d'excuser son comportement de tout à l'heure et le remercia d'avoir eu la présence d'esprit de passer outre ses sentiments pour que son travail soit accompli. Sur ce il leur souhaita à tous une bonne fin de soirée, et rejoignit Andréa dans la pièce voisine. Le commissaire sourit soulagé en le voyant.

-On y va? Oh j'allais oublier!

Il contourna son bureau, décrocha le téléphone et composa le numéro du Lost. A l'autre bout du fil, la voix de la standardiste puis de son pire ennemi se fit entendre, grognant qu'il n'avait pas de temps à lui consacrer. Manifestement Edward White était d'une humeur de chien.

-Je t'appelais juste pour te prévenir qu'Andréa est avec moi. Je le raccompagne.
A l'autre bout du fil, Edward émit un son incompréhensible, signe de sa surprise et de son incompréhension mêlées, là le commissaire éloigna le combiné et en dépit des 50 centimètres qui le séparait de l'appareil il entendit distinctement son interlocuteur hurler:
-QUUUUOOOOIIII????!!!
Jouant la prudence, l'agent ne rapprocha pas de suite le combiné de son oreille, et après un bref silence Edward s'enquit en hurlant sur un ton à mi-chemin entre le reproche et le doute:
-Qu'est-ce qu'il fait avec toi? Il va bien? Tu ne lui as rien fais de louche j'espère!
Aldrick fit la moue, le propos lui confirmant uniquement sa pensée sur le fait qu'Edward White était irrécupérable, il raccrocha simplement au nez du patron du Lost.
-Il est désespérant! Bon allons-y!

L'agent sourit, tout fier de ce tour joué à son ennemi de toujours et invita Andréa à le suivre.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Sam 16 Fév - 8:41

    « Viens, rentrons. »

    La phrase fut courte mais prononcée avec douceur, tandis qu’une main chaude s’abattait tranquillement sur son épaule. Les mots coulèrent sur la peau de l’enfant, caressèrent délicatement sa joue avant de glisser jusqu’à son oreiller. Là, ils résonnèrent prodigieusement dans son esprit assoupit, l’arrachant plus violement que prévu au demi-sommeil dans lequel il venait de sombrer. Lentement, il releva la tête. Ses iris vides croisières les deux beaux ambres du commissaire.

    Ces yeux… Il les avait déjà vus.

    Un frisson lui parcouru l’échine. Un tremblement d’horreur qu’il fut incapable d’expliquer. Il chercha le regard du policier, mais celui-ci avait déjà tourné la tête et fixait avec une insistance étrange, le cadavre de la pauvre Julie. Innocemment, sans même sans rendre compte, le garçon tendit la main vers ce visage qui, durant une infime seconde, l’avait terrifié. Pourquoi ? Pourquoi avait-il eut si peur ? Il voulait savoir, mais aucun son n'accepta de sortir de ses lèvres. Toujours engourdi par le froid, la fatigue, et le souvenir de ce corps mutilé jonchant les ordure, Andréa n’était que l’ombre de lui-même.

    Et puis soudainement, on l’arracha au sol glacial de la capitale. Un poigne de fer avait enserré son bras maigre et sans effort, elle hissa le garçon sur ses pieds. Retrouvant toute sa hauteur, le corps du louveteau se remit en marche. D’abord de manière saccadée, les muscles se contractèrent, maintenant l’enfant debout, un frisson le gagna et il se réchauffa un peu. Le jeune homme reprenait couleur et force, suivant le grand policier sans une once de protestation. Il pleuvait toujours des cordes. Derrière eux, les trois hommes chargeaient la défunte sur le brancard détrempé, essayant de la protéger avec les moyens du bord. Une couverture, une veste, un parapluie, des linceuls bien ternes pour une mort si douloureuse.

    Puis s’arrêtant brusquement, le jeune loup manqua de percuter Aldrick qui avait fait de même. Ce dernier fit volt face, et posant ses deux mains sur ses épaules du garçon, il plongea ses prunelles d’ambre dans le regard fatigué du louveteau. Ce fut étrange car cette fois-ci, Andréa n’eut pas peur et il l’écouta sans le quitter des yeux. Le sursaut d’horreur n’était donc rien ? Peut-être la fatigue ? Oui, ce devait être cela, la fatigue… L’empoignant fermement, le commissaire lui annonça qu’ils allaient passer à son appartement avant de rentrer au Lost Paradise. Le louveteau vacilla, prêt à se récrier avec vigueur, mais il ne put le concrétiser. Aldrick le rassura et lui sourit. Épuisé, l’enfant abdiqua, les quelques heures écoulées lui avaient ôté toute forme de protestation. Il finit donc par acquiescer et se laissa entraîner jusqu’au poste de police qui lui apparaissait plus chaleureux que jamais.

    Une fois entré, Aldrick indiqua une chaise au garçon, où il lui demanda de l’attendre. Andréa s’y laissa choir de tout son poids sans qu’à aucune seconde, l’idée de fuir l’établissement ne lui vienne à l’esprit. Il avait froid, il avait faim, et une terrible envie de dormir. Cherchant à s’occuper pour ne pas sombrer, il récupéra un bout de papier griffonné sur l’un des bureaux et commença à le plier machinalement. Kaito lui avait appris à faire des grues en papier et le petit loup s’était tellement entraîné à plier le modèle, que désormais, dès qu’il avait une feuille entre les doigts, il répétait inlassablement les mêmes mouvements. La diagonale, on retourne, on repli, encore un peu, et voilà. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de l’enfant contemplant son œuvre. Elle était réussie. Puis, son regard fut attiré par un mot tracé à l’encre rouge sur l’une des ailes. « Important ». Rougissant jusqu’aux oreilles, Andréa s’empressa d’enfermer la grue dans le premier tiroir venue, dans l’espoir de dissimuler sa bêtise. Juste à temps car Aldrick le rejoignit.

    Juste avant de partir le commissaire contacta Edward, au grand damne de son neveu qui espérait rentrer en toute discrétion. La réaction du maître du cabaret fut quelque peu disproportionnée et contraignit l’agent à écarter le combiné de son oreille afin de préserver ses tympans. La scène arracha une mimique amusée au jeune loup qui ne put retenir un sourire à la remarque de son interlocuteur. Désespérant. C’était bien le mot.

    Abrité sous un parapluie, le petit duo s’échappa du poste de police. Rivé au manche en bois de leur unique protection, le louveteau se traînait un peu. Il avait les jambes lourdes et le froid l’engourdissait à nouveau, mais Aldrick prenait apparemment soin d’ajuster ses pas aux siens et en une vingtaine, de minutes, à peine, ils étaient arrivés. Andréa le suivit, grimpant les trois étages qui le séparaient de son appartement. La chaleur du lieu réveilla le garçon qui s’empressa de rejoindre la cheminée encore chaude. Là, il retira sa veste trempée, son veston humide et défit rapidement ses chaussures avant de s’accroupir devant l’âtre pour se réchauffer. Que c'était agréable ! Un sourire béat éclaira son visage avant qu’il se s’aperçoive se son geste et se retourne vers son hôte, les joues légèrement rougies :

    « Désolé, je n’ai pas résisté. C’était encore un peu chaud alors… »

    Il dissimula maladroitement un bâillement, oubliant de se soucier de sa chemise mouillée qui lui collait à la peau. Malgré les plis et les replis du vêtement, on distinguait sans mal la large cicatrice qui lui ceignait l’épaule. Mais l’enfant est bien trop fatigué pour se souvenir de cela. Son regard parcourut timidement l’espace confortablement aménagé :

    « C’est joli chez vous, ça a l’air confortable. »

    Son regard croisa à nouveau celui d’Aldrick, mais il lui semblait que quelque chose clochait. Il avait l’air beaucoup moins serein qu'auparavant. Il paraissait presque, déstabilisé. Le sang du louveteau ne fit alors qu’un tour, et il se souvenu. De la scène, de la rage, de sa peur… De tout. Son cœur s'emporta dans une allure folle, son visage pâlit et ses traits se décomposèrent et vacillant, il finit par demander d’une voix éteinte :

    « Vous allez arrêter mon oncle une fois au cabaret ? »

    Ce n’était que ça. Toujours cette peur de voir son oncle lui filer entre les doigts, l’abandonnant à son tour. Bien sûr, il existait quelque chose de bien pire et de bien plus secret qu'Andréa aurait put deviner. Mais non. Pour l'instant seul Edward comptait. Aussi blême que la mort, le louveteau s'appuya sur le dossier d'un canapé. Ses doigts crispés révélaient sans peine le nervosité qui le dévorait. Dans un ultime espoir, une ultime prière, quelques mots s'extirpèrent de ses lèvres tremblantes :

    « Mais c'était ma faute… »


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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Ven 22 Fév - 18:56

Après vingt laborieuses minutes passées à esquiver les flaques et la pluie qui tombait à verse, ils arrivèrent enfin. Son invité retrouva une énergie qui ne lui soupçonnait plus pour se glisser jusque devant l'âtre qui émettait encore un semblant de chaleur. Il délaissa son manteau, amusé par le louveteau qui au final avait gardé beaucoup de son âme enfant. Chose aussi rare que précieuse. Le commissaire saisit une buche qui trônait près de la cheminée, agita les cendres avec et finit par le jeter dans le feu, après avoir placé auparavant un peu de petits bois pour en attiser la flamme. Cette dernière éclaira la pièce dans un halo chaleureux. Jusque-là Aldrick écoutait Andréa avec attention, mais la cicatrice qui lui parcourait l'épaule lui fit fermer instinctivement les yeux. Un air indéchiffrable s'imprima sur son visage, heureusement pour lui, le brun regardait ailleurs. Il se releva et fit un pas pour s'éloigner, il n'aurait su dire si Andréa lui avait ou non posé une question lorsqu'il croisa à nouveau son regard.

Mal à l'aise, il détourna les yeux, tandis que des flashs lui revenaient.


*Bon sang...je ne l'ai pas loupé! Il a pris cher le gamin*

Le lycanthrope revoyait ces amis qu'il avait tué, sous la faim et la douleur mêlée. Il pensait d’ailleurs avoir fait de même avec lui. Son estomac se noua et son vis à vis afficha un air désespéré. Venait-il de comprendre? Se souvenait-il à présent? L'agent était bien placé pour savoir que la découverte d'un corps ramenait bien volontiers des souvenirs dont chaque être se passerait bien. Il craignit que ce fut le cas et ouvrit la bouche pour répliquer mais aucun son n'en sorti et quand enfin les propos d'Andréa évoquèrent quelque chose dans son esprit, il soupira, mi rassuré, mi blasé.

*Il n'y a pas qu'Edward qui soit obsédé par Andréa, l'inverse se fait également*

-Tais-toi donc... Lâcha-t-il plus durement qu'il ne l'aurait voulu, les sourcils froncés. Tu dis des bêtises plus grosses que toi! Allez assieds-toi plutôt, tu payeras pas plus cher va.

Il avait fait de son mieux pour déclarer la dernière phrase sur un ton plus léger, tentant de se calmer, comme si son accès de colère avait été aussi bref qu'un des nombreux coups d'éclair qui zébraient encore le ciel parisien. L'agent traversa le salon, sans trop comprendre pourquoi il se sentait irrité, et fini par inspirer profondément. Tout cela ne mènerait à rien, ce gosse n'avait rien fait de mal, il était juste inquiet pour son oncle. Sortant deux tasses, il mit du lait à chauffer et sorti du cacao, et du sucre avant de déclarer sans oser lui faire face:

-Rassures toi je n'arrêterais pas ton oncle...

*...Pas aujourd'hui, en tous cas. En revanche je lui mettrais bien volontiers mon poing dans la figure*

Il délaissa le lait, et s'engagea dans la salle de bains, et sortit d'un placard les deux plus grandes serviettes qu'il avait, il revint avec et jeta la plus grande au visage d'Andréa.

-Tiens, en attendant que le chocolat soit prêt...Fais comme chez toi. Tu seras toujours le bienvenu ici, d'accord? Si tu veux prendre une douche aussi, tu peux ; en revanche je te conseille de faire couler un peu l'eau d'abord. La chaudière est capricieuse. Je te passerais des vêtements de rechange, ne t’inquiètes pas.

Il s'essuya les cheveux avec l'autre serviette avant de la délaisser sur le siège le plus proche. L'agent se rapprocha de la cuisine, sorti un plateau et le posa sur le bar qui scindait l'espace en deux pièces différentes, éteignit le lait sous le feu et prépara des chocolats qu'il posa dans le plateau. Le brun alluma ensuite une lampe et entreprit de fouiller les placards à la recherche de gâteaux. Cinq minutes plus tard il posait le tout sur la table, lançant un regard qui signifiait clairement "c'est pas drôle !", puisqu'il avait dû tout sortir avant de se rendre compte qu'il y avait un paquet juste sous sa truffe. Il fit la moue et esquissa finalement un sourire devant la bouille d'Andréa.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Dim 10 Mar - 19:03

    On lui demanda de se taire, puis de s’asseoir, mais droit et tendu par la crainte, le louveteau ne bougea pas. Jusqu’à ce que la phrase libératrice ne s’échappe des lèvres du commissaire.

    « Rassures-toi, je n'arrêterais pas ton oncle... »

    Quelques mots qui arrachèrent un soupir de soulagement au garçon dont tout le corps se détendit. Ses épaules s’affaissèrent, ses jambes se fléchir légèrement et essuyant au plus vite une larme de fatigue, il posa un regard reconnaissant sur Aldrick et lâcha dans un murmure : « Merci ».

    S’asseyant sur la première chaise qu’il trouva, le jeune homme observa les allées venues de son hôte qui, abandonnant les chocolats qu’il préparait, s’en alla lui chercher une serviette. Le tissu lui atterrit sur la tête, et l’ôtant délicatement, il écouta en silence le commissaire l’invitant à faire comme chez lui. L’idée d’une bonne douche enchanta le jeune homme qui jeta un coup d’œil envieux en direction de la salle de bain. Le temps de trouver la force d’ôter son postérieur à la chaise, il observa le commissaire avec curiosité. Vidant un à un ses placards, le pauvre avait l’air à la poursuite d’un élément clef pour achever ses boissons, mais impossible de mettre la main dessus. Andréa ne put retenir un sourire amusé, lorsque son interlocuteur s’aperçut que le trésor tant cherché était devant lui depuis tout ce temps.

    Une fois le plateau de chocolat près, il vint trouver sa place sur la table et l’odeur délicieuse qui s’en échappait acheva de tirer le garçon de son siège. La serviette enroulée autour de son maigre corps, il rejoignit Aldrick et lui demanda poliment :

    « Je crois que je vais emprunter votre douche si cela ne vous dérange pas. Je n’arrive pas à me réchauffer avec ces vêtements trempés sur le dos. Je ferais vite, juste le temps pour les chocolats de refroidir un peu. »

    Il lui adressa un timide sourire et se dirigea vers ce qu’il avait analysé comme étant la salle de bain. Une fois la porte close, il déposa la serviette sur un petit meuble et retira un à un ses habits détrempés après avoir allumé la douche. La fatigue rendait ses gestes lents et chacun d’entre eux nécessitait une grande concentration. Abrité sous sa grande serviette, il plia ses vêtements et les entreposa dans un coin, puis vérifia la température de l’eau. Parfaite. Il abandonna son dernier linge et glissa lentement son corps fatigué sous la délicieuse chaleur du liquide.

    Se recroquevillant sous la pluie de gouttelette, ses muscles se décontractèrent un à un et il ferma les yeux pour mieux profiter de l’instant. Juste cinq minutes. Ce fut une forte odeur qui le força à se redresser, une odeur désagréable qu’il ne connaissait que trop bien, celle du sang. Frissonnant, il chercha à se lever, mais lorsque son regard se posa sur le fond de la douche, il ne put retenir un cri de terreur. Rouge, l’eau était rouge. Se redressant le plus rapidement possible, il manqua de peu de perdre l’équilibre et se plaqua contre le carrelage glacial du mur. Le souffle court, tremblant comme une feuille, il leva la tête vers le jet d’eau qui crachait le même liquide carmin. Paniqué, ses mains cherchèrent désespérément le bouton pour éteindre cette machine infernale, mais il avait disparu. Il s’en prit alors aux tuyaux, impossible d’arrêter l’écoulement. Son cœur tambourinait avec une force incroyable dans sa poitrine, la peur lui retirait lentement toutes ses forces.

    Aldrick.

    Ses iris se posèrent sur la porte salvatrice. Oui, Aldrick saurait quoi faire. Bondissant hors de la douche, il se précipita jusqu’à la sortie, mais au moment de se saisir de la poignée celle-ci s’évaporait entre ses doigts. Non ! Aldrick, au secours ! Aucun son ne sortit de ses lèvres, même ses poings, tambourinant sur la porte, ne semblaient pas vouloir émettre le moindre bruit.

    Pitié…

    Le garçon se retourna et découvrit avec effroi que la douche avait débordé, le sang coulait désormais à flot dans toute la salle de bain et le liquide lui arrivait aux chevilles. Dans un dernier élan d’espoir, il voulut se mettre à l’abri sur le petit meuble où trônait encore sa serviette, mais dans sa course il percuta quelque chose et tomba tête la première dans la mer de sang. Se redressant au plus vite, il fit l’erreur de tourner la tête pour connaître les raisons de sa chute. Julie Dewis. Elle se tenait là, affalée sur le sol, son regard vitreux posé sur le garçon. Incapable de retenir un cri, Andréa recula pour se heurter à un mur. Il sentit quelque chose dans sa main et tourna ses prunelles paniquées vers celle-ci. Entre ses doigts tremblants se tenait le poignard ensanglanté. La surprise et la terreur le firent lâcher l’arme qui coula à pique. Le niveau montait toujours et atteignait maintenant ses genoux. De l’aide… Se recroquevillant lentement sur lui-même, il se laissa glisser le long du mur, incapable de contenir un flot de larmes qui ruisselait sur ses joues.
    Une voix résonna alors comme le tonnerre, sans qu’aucun de ses mots ne parvienne à l’enfant. Andréa releva la tête. Un gigantesque loup aux crocs acérés lui faisait face. C’était terminé. Incapable de bougé, il observa le monstre se préparer à l’assaut. Ses iris d’ambre brillaient avec une intensité effrayante alors que dans sa gueule, le corps décharnait d’un enfant annonçait le sort réservé à sa future proie. Tremblant de peur, son épaule gauche lui faisait souffrir le martyre. Ses lèvres pâles s’agitaient dans le vide, suppliant la bête sans qu’un seul son ne daigne s’en extraire. L’horrible créature bondit. Andréa se réveilla.

    Le cœur battant, la peau aussi blanche que la mort, il porta la main à son épaule douloureuse. Il tremblait encore, et plusieurs secondes lui furent nécessaires avant de comprendre qu’il s’était endormi. L’eau coulait toujours sur son corps crispé, la salle de bain était aussi immaculée que lorsqu’il l’avait laissée. Reprenant son souffle, il se releva lentement et éteignit l’eau d’une main hésitante. Combien de temps s’était écoulé ? Il recouvra ses esprits et s’extirpa de la douche avant de s’enrouler dans sa serviette. Essuyant son visage, il s’avança lentement vers la porte. Il inspira profondément avant actionner la poignée et de passer dans le salon. Rien n’avait changé. Absolument rien. Il tourna la tête à la recherche d’Aldrick et lâcha faiblement :

    « Je… Excusez-moi, je me suis endormi… »

    Il lui fallut lutter avec force pour ne pas se jeter dans les bras de cet inconnu. Le cauchemar hantait encore son esprit. Agrippé à sa serviette, tout son corps frissonna et c’est à la chaleur de la cheminée ajoutée à l’odeur du chocolat qu’il dut son salut. Il ne craignait plus rien. Rassuré, un soupir s’échappa de ses lèvres sèches alors qu’il secouait vigoureusement la tête pour se défaire des dernières images qui l’avaient tant effrayé. Puis, rougissant fortement, il s’aperçut de l’accoutrement indécent dans lequel il se montrait. Levant son regard vers Aldrick, il finit par demander avec un sourire gêné :

    « Vous acceptez toujours de me prêter des vêtements ? Je vais mettre les miens à sécher. »

    Si son hôte ne le prenait pas pour un fou, c’était que la chance ne l’avait pas encore tout à fait abandonné.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Lun 18 Mar - 16:37

Il resta seul, face au deux chocolats qui fumaient, et à peine Andréa eut-il franchi le seuil de la salle de bain, qu'il ne put retenir un soupire, avant que sa main ne glisse jusque sur le bas de son visage, le laissant troublé. Aldrick avisa la porte, et reporta son attention sur la cheminée.

*Décidément, je n'aurais jamais cru que ce serait si dur de voir la cicatrice que je lui ai infligé...Je devrais peut-être lui en parler?*

Un nœud dans son estomac chassa bien vite cette idée et seul dans la pièce, le commissaire secoua négativement la tête.

*Bien sûr! Au moment où il s'est disputé avec son oncle et qu'il craint de rentrer chez lui! Pff, n'importe quoi!*

Le brun se laissa choir dans le siège le plus proche et alluma une cigarette.

*Qu'est-ce que je fabrique bon sang? Ce gosse...il a dû en baver depuis. Ce n’est pas le moment de lui parler de ça*

Il extirpa une nouvelle bouffée de sa cigarette, et tenta de faire des ronds de fumée. D'un geste lent et presque automatique il se pencha pour récupérer la tasse et entoura un instant ses mains autour du récipient, s'enivrant de leur chaleur avant de fermer brièvement les yeux. Le lycanthrope resta ainsi quelques secondes puis retrouva le décor familier de son appartement, se leva, bu une gorgée de chocolat et écrasa sa cigarette à peine entamée dans le cendrier le plus proche. Ses pas le menèrent à la cuisine, où il termina son breuvage avant d'y abandonner sa tasse dans l'évier. Négligemment il passa une main dans ses cheveux encore humides et songea que le louveteau n'avait pas encore coupé l'eau, puis repensant au corps maculé de l'employée de banque, il finit par se dire qu'après tout cela n'avait pas une grande importance. Ils avaient bien le temps, même si Edward râlerait de le voir rentrer tard.
Pourtant le bruit de l'eau mourut alors pour laisser place au grincement de la porte, puis à Andréa, blanc comme un linge. Aldrick fronça les sourcils, sans comprendre ce que semblait chercher le jeune homme. Avant même qu'il ne s'en rende compte, il avait déjà parcouru la distance qui les séparait et l'observait d'un air inquiet, à sa question muette concernant sa forme, le louveteau répliqua qu'il s'était endormi. Le tremblement de ses mains sur sa serviette lui arracha un air perplexe, mais le fait qu'il rougisse ainsi, le fit sourire, manifestement il n'était pas dans son assiette. Il acquiesça simplement et pencha la tête sur le côté par habitude. L’officier se rapprocha ensuite instinctivement du jeune homme et porta une main à son front, posant l'autre sur le sien.


-Mmm, tu n'as pas l'air d'avoir de fièvre pourtant...Couvres toi, je vais te chercher ça. Ton chocolat est sur la table basse si tu veux, en attendant.

Sans rien ajouter il se dirigea vers la chambre et choisi quelques vêtements qu'il pensait pouvoir lui aller. L'agent revint quelques minutes plus tard, les bras chargés de deux tenues différentes, des fois que la première ne convienne pas. Bien entendu, il savait qu'Andréa flotterait dedans au niveau des épaules, mais pour la taille, il en était beaucoup moins sûr.
C'est qu'il était grand ce louveteau l'air de rien! Il attendit que son cadet fut changé pour s'enquérir:


-Ça va? Ce n’est pas trop juste?

Cela lui fit un drôle d'effet de voir ses vêtements sur quelqu'un d'autre mais il se contenta de regarder son vis à vis curieux. Comme s'il espérait qu'il lui confierait ce qui le faisait trembler plus tôt ou qu'il tentait de définir si le blanc et le noir lui allait mieux qu'à lui.

-Tu n'es pas trop fatigué? Il frissonna, éternua et s'excusa rapidement, en dépit du temps passé devant la cheminée, il était encore trempé, et commençait à avoir froid. Ses pupilles d'ambre plongèrent dans celles de son compagnon de fortune, comme pour définir s'il avait ou non le temps d'aller à son tour jusqu'à la douche.

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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Dim 14 Avr - 15:24

    Andréa eut un mouvement de recule. La main de commissaire s'approcha de lui avec trop d'empressement à son goût et, craignant d'avoir abusé de l'hospitalité d'Aldrick, son esprit embrumé l'avait persuadé qu'il aurait droit à une vigoureuse remontrance. Mon Dieu, il avait dû dormir des heures. Tout son corps de crispa et il ferma les yeux avec force, prèt à affronter la sentence, mais au lieu de cela, une légère caresse couvrit simplement son front. Perplexe, il ouvrit un œil, puis deux et se rendit compte de toute l'étendue de sa bêtise. Il n'y avait pas une once de méchanceté dans le mouvement de son interlocuteur, mais de l'inquiétude. Il est vrai qu'après ce douloureux cauchemar, il devait avoir mauvaise mine. Mal à l'aise, le louveteau s'en voulut d’immédiatement d'avoir eu de si méchantes pensée à l’égare d'Aldrick et c'est avec un plaisir d'enfant qu'il le laissa faire.

    Quelques minutes plus tard, il ressortait de la salle de bain vêtu d'une belle chemise et d'un pantalon simple qu'il tentait de faire tenir sur sa taille osseuse grâce à une ceinture. Il flottait dans le tissu, mais sa haute taille lui avait permis de ne faire que deux petits ourlets aux manches et aux jambes. Ses iris noisettes se posèrent sur son hôte et c'est avec un faible sourire qu'il lui répondit :

    « C'est parfait. »

    Il se dépêcha de rejoindre la table où trônait un remontant bien mérité. S'essayant sur l'une des chaises, il se saisit de sa tasse et profita de la tranquillité environnant pour se délecter de sa chaleur et de son parfum avant d'en prendre une gorgée. Le chocolat était juste chaud, près à être bu ce que s'empressa de faire le jeune homme. Son épaule le lançait encore. Une douleur purement psychologique qui lui rappelait sans-cesse la manière dont il avait quitté le monde des humains. Aldrick l'observait d'un œil curieux dont Andréa n'arrivait pas à déterminer la signification et duquel il préféra se détourner. La tasse était vide et une légère moustache de chocolat avait pris place au dessus de ses lèvres. Il l'essuya d'un revers de main, puis sursauta légèrement lorsque le commissaire s'enquit de son état de fatigue. Celui-ci enchaîna avec un éternuement qui fit froncer les sourcils du jeune homme.

    « Vous aussi vous devriez aller vous prendre une douche. Ce n'est pas bon de rester mouiller comme vous l'êtes, c'est comme ça qu'on attrape la mort. »

    Par habitude, Andréa quitta sa chaise pour rejoindre la petite cuisine où il nettoya soigneusement sa tasse avant de la ranger à sa place originale, non sans avoir quelque peu hésité auparavant. Puis se souvenant de la question posée, il retourna prestement aux côtés d'Aldrick pour lui répondre :

    « Excusez-moi, j'en oublie votre demande. J'avoue être un peu fatigué, mais rien de bien méchant. C'est la chaleur de l'eau qui m'a contrait à m'assoupir, rien de plus. Et puis mes vêtements sont loin d'être secs, alors vous devriez en profiter pour vous réchauffer sous une bonne douche ! »

    Il sourit et mit toutes ses forces pour contenir un bâillement qui le submergeait soudainement. À vrai dire il était épuisé, s'il avait eu le malheur de se laisser tomber sur un sofa, il y avait fort à parier pour que Morphée n'ait guère à attendre plus d'une minute avant de le voir rejoindre son royaume. Que n'aurait-il pas donné pour remplacer cette princesse de conte au sommeil centenaire ! Mais il fallait qu'il tienne bon, au moins le temps de retrouver son lit. Cherchant une dernière excuse pour envoyer Aldrick à la douche, il prit place devant la bibliothèque de ce dernier, et après avoir fait mine de s’intéresser à ce qu'elle renfermée, il prit un livre au hasard, prétextant qu'il voulait le lire depuis longtemps. Si le jeune loup avait été plus attentif, il se serait aperçu qu'il tenait entre ses mains un banal guide touristique traitant de la ville de Paris, mais suite à une lecture maladroite et trop rapide, il était certain d'avoir affaire à un roman dans lequel il se plongea de la manière la plus cocasse debout devant la cheminée.

    « Je vais le feuilleter un peu, voir s'il est aussi bien qu'on le dit si cela ne vous embête pas. Vous pouvez prendre tout votre temps pour vous réchauffer comme ça. »

    Il tourna brièvement son visage au sourire fatigué vers lui, puis repris sa lecture avec une mine qu'il voulait captivée. Ce ne fut qu'une fois la couverture ouverte et les pages tournées qu'il se demanda, perplexe, pourquoi l'histoire commençait avec la carte de Paris et le coût des trajets dans la capitale. Décryptant plusieurs fois de suite l’intitulé du volume, il ne put retenir le rouge qui lui envahissait les joues. À vouloir paraître cultivé, il devait passer pour un simple d'esprit avec son pseudo roman. Il ne savait plus où se mettre et ne sachant comment minimiser l'erreur grotesque dont il était l'auteur, il se concentra plus encore sur les lignes du livre, sans pour autant qu'un seul des mots n'intègre son esprit. Comme il se sentait bête. Qu'allait donc penser le commissaire de lui ? Priant de tout cœur pour que celui-ci n'ait rien remarqué, il songea que, si un pareil instant devait être renouvelé, il lui faudrait préférer le sommeil à n'importe quelle autre mauvaise excuse.

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MessageSujet: Re: Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}   Jeu 25 Avr - 11:33

Cela lui fit un drôle d'effet de voir Andréa vêtu de manière si classique, mais il devait reconnaitre que ça lui allait plutôt bien, même si c'était un peu grand pour lui, et encore pas de beaucoup. Avec sa croissance qui était loin d'être achevée, il finirait par dépasser tous les lycanthropes qu'il connaissait s'il continuait ainsi. Il siffla admiratif.

-Pas mal. Il esquissa un sourire et l'avisa de pied en cap. Tu vas pouvoir imiter ton oncle et tester "l'Art de la séduction", j'espère juste que tu arriveras à faire mieux que lui là-dessus. Juste pour l'embêter j'avoue que ça me ferait bien rire, en plus de te trouver peut-être une compagne agréable. Enfin de ce côté-là Edward a bon goût, il faut tout de même le reconnaitre...

L'agent n'acheva pas. L'image de June souriante au bras d'Edward s'était fixée dans sa mémoire, il secoua la tête pour chasser ses pensées et posa une main sur la tête du louveteau.

-Tu as bien le temps pour tout ça, de toute façon.

Un nouvel éternuement résonna dans la pièce, tandis qu'Andréa le pressa pour aller sous la douche, le commissaire haussa un sourcil, devant l'entrain du jeune loup pour un livre sans grand intérêt.
Pas convaincu pour deux sous, le brun secoua négativement la tête en levant les yeux au ciel brièvement.


*A qui veut-il faire croire ça?* Un léger soupire s'échappa de ses lèvres. *Il ne ment vraiment pas bien*

-D'accord j'y vais, sers toi de ce dont tu as besoin.

Sur ces mots, Aldrick l'abandonna dans le salon, et délaissa le reste de ses vêtements sur la chaise de la salle de bains après avoir pris au préalable des affaires de rechange.

Arrivé face à la glace, il ne s'attarda pas devant son reflet, y jetant tout juste un coup d'œil furtif, il avait une tête à faire peur...une fois de plus. Il se frotta les yeux sous la fatigue, bailla et après avoir frissonné intégralement à cause du changement de température, entra sous la douche d'un bloc. En deux minutes à peine, il avait poussé le bouton d'eau chaude presqu'à son maximum, n'ayant cure de rougir sa peau blanche avec l'eau à demie bouillante. La diminuant uniquement pour pouvoir se mouiller les cheveux.
Fermant les yeux, il écouta avec attention le ruissellement de l'eau, le bourdonnement de la chaudière, un frottement dont il ne parvenait à définir la provenance, et sentit une chaleur apaisante l'entourer pour dénouer ses membres. S'il s'était écouté il serait resté là des heures. Seulement voilà il ne pouvait pas. A ses oreilles résonnaient les propos d'Andréa au début de la soirée :
« Mais Edward n’avait qu’à pas commencer, c’est lui qui a frappé le premier. »
L'agent expira fortement pour désapprouver le tout, et fini par éteindre complétement l'eau. Rapidement il se sécha et fut prêt, l'habitude reprenant le pas sur la fatigue.

En poussant la porte pour regagner le salon, un miaulement attira son attention. Le commissaire fixa d'un air blasé le chat à ses pieds, ce dernier se frotta contre lui en poussant des miaulements de plus en plus forts, alors que le brun lui lança un regard qui signifiait clairement: "Qu'est-ce que t'as encore à râler toi?" et dans un soupir fini par le saisir dans ses bras, s'interrogeant vaguement sur la quantité de lait restante dans l'appartement.
Quand il mit la patte sur le Graal, il reposa le chat roux et plaça devant lui une coupelle de lait froid.


-Tiens. Voilà, pour toi, Chamallow.

Le délaissant finalement dans la cuisine, il sourit à Andréa en passant près de ses affaires. Elles étaient encore trempées.

-Peut-être vaudrait-il mieux les emmener ainsi? Songea le lycanthrope à voix haute, par pure rhétorique.

Son regard doré passa sur Andréa, il avait l'air de lutter difficilement contre la fatigue. S'ils restaient encore là, nul doute qu'il finirait par s'assoupir et lui avec. Seulement s'ils faisaient ça, il ne le ramènerait pas avant le matin. Bien que l'idée de faire enrager un peu plus Edward ainsi ne fût pas pour lui déplaire, le lycanthrope se dit tout de même qu'il s'était engagé et qu'il n'était pas sûr que la chambre d'ami soit assez rangée pour accueillir convenablement quelqu'un. Le transylvanien passa une main dans ses cheveux en réfléchissant, il faudrait vraiment qu'il songe à ranger un peu plus souvent, en cas de visites improvisées, ce qui devenait de plus en plus fréquent en ce moment. Par ailleurs après leur dispute, s'il laissait Andréa dormir ici, il serait plus complexe de le convaincre de rentrer ensuite. Mieux valait battre le fer pendant qu'il était encore chaud.


-Je vais te ramener maintenant Andréa. Ton oncle doit être mort d'inquiétude vu l'heure qu'il est.

La pendule au plafond affichait plus de deux heures. Avec tout ce qui leur était arrivé, il n'avait pas vu le temps passer. Edward serait sûrement de fort méchante humeur, mais l'agent n'en avait cure. Le temps de faire l'aller-retour, sa nuit serait grandement compromise. Il soupira et sourit.

-Je te ramènerais tes affaires. Inutile de te tracasser avec ça. Ou tu reviendras les chercher comme tu préfères? Ça te donnera une excuse pour sortir comme ça si tu veux. Aldrick lui fit un clin d'œil, reprit son manteau encore un peu froid et le réenfila, farfouilla dans un placard et en sorti un grand parapluie noir avant de faire un signe de tête à son compagnon de la soirée, pour l'inviter à le suivre. Une fois dehors, ils prirent la direction du Lost.

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Triste fuite. [PV Aldrick] {fini}

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