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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]

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Ziggy Aseïr
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MessageSujet: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Jeu 4 Juil - 16:44

Ziggy était accoudé à la fenêtre et regardait la lune au dehors. Il avait les yeux triste et brillant, emplit de cette mélancolie qui lui étreignait le cœur et le corps. De soir en soir la Lune s’en allait et le laissait seul, la lune noire ne tarderai plus et il se sentait déjà si mal. Ses pas était lents, son humeur morose, ses yeux étaient certes brillant mais si triste. Le simple fait de le regarder provoquait la pitié. On vint ensuite le chercher, c’était bientôt l’heure de son numéro et il devait se préparer. Il délaissa à contre cœur les derniers rayons de lune pour se diriger vers les coulisses.

Il s’assit devant une glace et commença à se maquiller. Comme à son habitude il couvrit son visage de blanc puis souligna ses yeux triste d’un épais trait de crayon noir, il agrémenta son portrait de quelques traits et… voilà : La tête enfariné qui faisait la marque du mime. Il se leva et jeta un regard à son reflet. Pathétique. Il était pathétique, voilà comment il se sentait. Toute son apparence évoquait une telle pitié qu’il finissait par avoir pitié de lui-même. Dans ces périodes il se sentait vide et triste. Il n’avait envie de ne rien faire et avait l’impression de tomber chaque jour, de plus en plus vite dans un trou de plus en plus sombre.  Il se sentait tellement seul, il avait besoin de gens pour le rattraper dans sa chute, de gens sur qui il pouvait compter chaque mois pour le retenir… Il n’avait pas encore trouvé ces gens. Mais, il y avait déjà Edward qui lui avait offert ce boulot. Ce boulot, c’était tout ce qu’il avait. Alors il se raccrochait à ça de toute ses forces et pensait chaque soir plus au public qu’à lui-même, voulant le contenter du mieux qu’il le pouvait, même si ses numéros a cette périodes étaient empreint d’une tristesse sans nom.
Il se tenait derrière le rideau attendant son levé. Les yeux fermés il relâcha tout ses muscles et attendit. Un violon commença à jouer un air déchirant, comme une plainte, Le rideau se leva. Silence.

Au milieu de la scène se tenait une frêle silhouette les bras ballants. La musique se fit plus forte et la silhouette commença à s’animer. Des mouvements raides, désordonnés et sans âme comme un pantin, puis des mouvement plus lâches et souples qui se transformèrent en gestes gracieux et calculé.
La silhouette à la tignasse rousse semblait danser sur scène. Pas danser au sens propres du mot non, mais son petit corps semblait se mouvoir avec légèreté sur scène. Variant jeu de jambes complexes, déplacement au ralentis digne du cinéma et  mimiques tristes, le mime soudain s’arrêta. Il parcouru l’assistance d’un regard triste, le visage neutre. Puis il regarda en l’air en levant un bras, comme pour montrer quelque chose ou .. pour l’atteindre ? Les gens avaient beau lever la tête, il n’y avait que le plafond au-dessus d’eux. Que voyait donc le mime ? un trésors ? Une mouche ?  que voulais il décrocher ? La … Lune ?
Le roux se tenait maintenant le cœur, comme blessé par l’inaccessibilité de l’objet de ses désirs . Il se plia en deux et tomba à genou, toujours en regardant ce point invisible.
Il se traîna sur un autre bout de la scène et se releva en tournant le dos au publique. Il se retourna, jetant un regard triste au point imaginaire et retomba à genou. Le violon commença un air en boucle, pendant que le mime refaisait inlassablement les mêmes gestes, avec une précision étonnante. Il mimait … Un maçon ? Un maçon qui empilait des briques puis les soudait ensemble ? que faisait-il ? il construisait un mur ? non… quatre murs plutôt …
Une fois son travail finit il se leva et tourna autour de son œuvre ,invisible elle aussi, et passa ses mains contres comme pour caresser la pierre. Il se mit ensuite de profil, face à sa construction imaginaire et tourna une poigné. Par cette porte, il pénétra l’édifice invisible, et comme pour assurer au publique qu’il était bien entre quatre mur il fit la célèbre figure du mime, le mime dans la boite.
Soudain il se mit à chanceler et tira sur le col de son t-shirt. Il se retourna vers la porte et tira sur la poigné, elle ne voulait plus s’ouvrir . Il commençait à suffoquer à l’intérieur de cette boite qu’il avait construite. Il se tordit le cou  essayant de trouver de l’air mais ne semblait ne pas y arriver. Il se mit à frapper contre les murs invisibles, épuisant le peu d’air qui lui restait, il glissait contre les murs.
Dans la salle les gens commençaient à murmurer, le mime faisait-il une attaque ?  Mais voyons il n’y avait rien, il était seul, totalement seul sur scène. Pourtant le publique la voyait. Oui, Le roux jouait tellement bien que le public sentait la présence de cette boite dans laquelle il suffoquait.
La musique se faisait de plus en plus rapide et nerveuse au rythme du roux agonisant, ses gestes se faisait de plus en plus compulsif, ses ongles grattaient les murs, il se tordait contre eux, et tombait à genou. Il poussa comme des cris silencieux et se retrouva par terre, il se tendit une dernière fois vers le point invisible, tendant les bras, une larme roulant sur sa joue. Puis il s’effondra en même temps que la musique et ne bougea plus.

L’audience resta silencieuse. Les minutes passèrent. Rien. Les gens commençaient à s’agiter, ils n’arrivaient plus à distinguer le vrai du faux ? ou était la réalité ? était-il vraiment mort asphyxié ?
Les femmes couinèrent certain hommes se levèrent pour voir l’état du garçon, quand la musique repris tout d’un coup, douce et presque inaudible.
Dans un mouvement gracieux la silhouette se releva et regarda l’assistance d’un visage neutre, puis salua. Aucun ne voulut briser ce silence, trop troublé pour applaudir.

Ziggy s’effondra sur un fauteuil, dans la pièces des coulisses commune à tous les artistes. Il passa une serviette humide sur son visage et ferma les yeux en soupirant. Il était rompu, ce genre de numéro demandait un maîtrise extrême de son corps ainsi qu’une capacité a résister a la douleur de certain mouvements ou positions. Il laissa son corps se reposer en fixant d’un air triste la fenêtre à côté de lui.
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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Sam 6 Juil - 12:43

Rita était assise au centre de sa loge, les yeux rivés sur le sol. Elle répétait et répétait sans cesse les mêmes mots, les mêmes paroles, celles qu'elle devait bientôt énumérer sur scène. Elles étaient bloquées dans sa tête, revenaient en boucle sur ses lèvres froides, passaient à répétition devant ses iris verts. Elle était fin prête, elle le sentait, était rassurée. Pour une fois, Edward lui avait laissé quartier libre, lui avait laissé le choix de son horaire. Un soir où aucun autre chanteur ne montait sur scène, un soir où elle ne serait ni rongée par le doute ou par la jalousie malsaine des humains. Rita leur savait ce pouvoir, celui de faire naître en vous des sentiments ignobles d'inutilité et de fourberie : la déception, le doute, l'orgueil... La banshee, qui connaissait toute fin, ne pouvait lutter contrer leurs appréciations à très grandes répercussions.

Il n'y avait aucun autre numéro musical ce soir-là. Rita avait choisi de passer vers le milieu de la nuitée, lorsque les esprits ont perdus de leur rigidité et que l'alcool n'a pas tout à fait fini de les embourber. Mais autre que son propre spectacle, la banshee n'était pas au courant du programme. Lorsqu'on vint la chercher dans sa loge, portant sa robe aux reflets violacées et entourée un brouillard condensé, Rita était calme. Elle était même légèrement enjouée. Qui serait dans la salle ce soir ? Encore des âmes perdues, des aristocrates curieux ou des habitués des lieux ? Un ami, si elle avait de la chance. Dans les coulisses, assise à un miroir, elle fredonnait légèrement l'air préparé, tandis que le pianiste s'échauffait doucement. Un bien gentil bonhomme, qui avait accepté un peu renfrogné la demande de la jeune femme insolente, celle de l'accompagner. La musique avait accordé leurs moeurs. Alors, elle le regardait du coin de l'oeil, à la fois bienveillante et moqueuse, alors que des mains expertes rassemblaient ses longues mèches brunes pour les attacher en un chignon débraillé. Pour le décorer, Rita hésita longuement entre deux lourds couvre-chefs, puis opta pour une unique fleur blanche. Même si la banshee n'était pas aussi pure, la chanson qui habitait son esprit se prêtait à la douceur.

C'est donc avec toute la tendresse du monde que Rita se rendit sur scène, l'obscurité planant derrière le rideau de velours. Celui-ci s'éleva ensuite, laissant au public la vue d'une jeune fille aux yeux verts, fixant sans pudeur le public. Une odeur de pluie avait rempli la pièce, la pluie fine qui caresse doucement la peau de sa fraicheur vivifiante. Tout doucement, Rita ouvrit ses lèvres blanches et elle et le piano commencèrent à entonner une mélodie lente et mystérieuse. La banshee énonçait, avec mansuétude, de suaves phrases en gaélique, une langue qui existe depuis des temps immémoriaux, qui était autrefois le langage des Anciens et qui l'a longtemps été, jusqu'à ce qu'elle devienne celle des hommes, gagnant en rudesse et en pauvreté. Alors, Rita chantait avec l'accent d'autrefois, celui qui coule sur la langue et qui se répand délicieusement dans la gorge, comme le nectar divin dont rêve tous les mortels.
L'audience était silencieuse devant cet singulier spectacle. Les habitués commençaient à peine à s'y faire, alors que ceux qui découvraient Rita ne pouvait s'empêcher de béer, tandis que les derniers mots et les dernières notes de la chanson finissaient de découler dans leurs esprits.

A pure heart full of goodness
Is fairer than the pretty Lily,
None but a pure heart can sing,
Sing in the day and sing in the night.
Rita laissa échapper un soupir, essoufflée.  Quelques secondes de silence se déroulèrent, avant qu'une ovation générale surgisse dans toute la salle. la banshee sourit, jeta un regard vers le pianiste qui étonnamment, souriait aussi. Les deux quittèrent la scène, guillerets, puis se séparèrent sans rien se dire, ni remerciement, ni félicitations mutuelles. Rien qu'avec la satisfaction d'avoir bien accompli quelque chose. Rita s'apprêtait à rejoindre sa loge pour se reposer, lorsque une lueur inhabituelle attira ses sens. Parmi les employés du Lost, la jeune femme avait déjà aperçu des cas étranges, comme cet ombre de machiniste. Pourtant, un nouvel éclat était apparu, légèrement bleuté et faiblard. Elle se retourna vers lui, le pierrot aux cheveux roux et à l'air triste. Il s'apprêtait à monter sur scène, à exécuter son numéro. Intriguée, Rita ne put s'empêcher de l'observer depuis les coulisses, desquelles elle assista à un spectacle asphyxiant d'angoisse. La banshee fut d'abord emportée par l'élan de mélancolie qui jaillit de la danse désarticulée, mais elle se renfrogna vite. Ce ballet était malsain, trop pernicieux pour y trouver un quelconque merveilleux. Alors, lorsque le mime finit, elle n'hésita pas à s'abstenir de tout applaudissement. Non pas par jalousie ni par pur offense, mais parce que Rita ne voyait aucun plaisir à féliciter la souffrance à laquelle elle avait assistée. Lorsqu'elle retourna dans l'arrière scène, Rita aperçut le roux, effondré dans un fauteuil moelleux. Il fixait le ciel nocturne, avec cet air mélancolique qui ne le quittait pas. La banshee s'approcha de lui d'un pas hésitant, comme si la question qui lui brûlait ses lèvres glacées allait briser cet être opalescent. Une fois près de lui, elle le fixa d'un oeil méfiant, avant de s'adresser à lui d'un ton ayant été voulu léger.

- Je viens d'assister à votre… numéro. Plutôt singulier, je dois dire. Ça vous arrive souvent de vous mettre dans des positions aussi inconfortables ?

En riant légèrement, Rita prit un autre fauteuil et s'y installa , essayant de paraître la plus sereine possible. Le pierrot avait à peine tourné les yeux vers elle, subjugué qu'il était par le sombre manteau étoilé. Elle se pencha en avant, incertaine de l'attention de son interlocuteur, puis libéra les mots qui lui consumaient sa gorge.

- Qui êtes vous ?

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"Maintes et maintes fois, maintes et maintes fois, j’ai cherché sans trouver la réponse à mon existence
Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
Je prie pour un jour y croire..."


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Ziggy Aseïr
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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Sam 6 Juil - 16:45

Il ne quitta le ciel nocturne des yeux que quand il sentit de l’agitation et du bruit à côté de lui. Ce n’était pas dans l’habitude des gens de venir le voir lorsqu’il se murait dans son silence, le visage triste. Mais au lieu d’être une marque de dédain profond comme le pensait la plupart, ce silence était un véritable appel au secours, que personne n’entendait jamais. Il était silencieux, un fantôme, une ombre. Oui il était l’ombre de lui-même. Et personne ne remarquait les ombres. Aussi fut il surpris de cette soudaine attention, pourtant il ne réussit pas à détacher immédiatement son regard de la voute étoilée, il se contenta d’écouter une voix lui parler.

« - Je viens d'assister à votre… numéro. Plutôt singulier, je dois dire. Ça vous arrive souvent de vous mettre dans des positions aussi inconfortables ? »

La voix était douce et envoutante, le ton employé léger mais… il semblait dissimuler quelque chose. Douce voix qualifiait donc son numéro de singulier ? était-ce une remarque acerbe ou bien un compliment ? Pourquoi cette hésitation entre « votre » et « numéro » ?  Avait-il fait quelque chose de mal ?Lui-même ne trouvait pas ses numéro singulier, bien qu’il soit le seul pantomime du cabaret. Ses numéro étaient une traduction de son état d’esprit. Jamais il ne se préparait un plan, il avait en tête des mouvements et des images et se laissait porter par celles-ci, au grès de son humeur. La douleur qu’il endurait avec son corps dans ces « positions inconfortables » traduisaient la douleur de l’âme.
Il aurait aimé lui répondre, mais il n’aimait pas parler. Il n’aimait pas devoir faire sortir des sons de sa bouche. Non pas qu’il se place au-dessus  des autres, ne daignant pas leur adresser la parole, ce n’était pas de l’orgueil ou de la vantardise, il se sentait juste toujours mal a l’aise et anxieux. Très peu sûr de lui il avait peur de la réaction des autres. Lui, il préférait écouter et observer en silence. Il n’était pas un beau parleur capable d’envouter les gens, ni une grande gueule, il était …. Pas grand-chose en fin de compte…
Sur ce triste constat, il soupira en fermant les yeux. D’ailleurs, douce voix sembla vouloir enfoncer le couteau dans la plaie en lui posant une question.

"- Qui êtes vous ?"

Qui il était ? mais voyons il venait de le dire, il n’était rien. Une ombre, une larve désespérément seule. De plus en plus seule chaque soir, se dit il en regardant la lune.
" Ô toi belle lune, toi qui me donne joie et bonheur. Pourquoi me fais tu tant souffrire ? pourquoi pars tu sans rien dire ? sans ta lumière je suis perdu, je ne suis rien ,j’étouffe comme enfermé entre quatre murs. Je le sais, je cours toujours vers toi. Et je sais pertinemment que jamais je ne t’atteindrai.. Ô ma belle, je meurs sans ta lumière…. "
Il eut envie de pleurer, ses yeux vairons plus brillant encore que d’habitude se fermèrent fortement et il se mordit la lèvre en silence tressaillant un peu. Son corps était agité d’imperceptibles soubresauts, mais il réussisait à contrôler son corps. Si bien que personne ne voyais jamais quand il pleurait en silence. Il continua à fermer les yeux, il ne voulait pas voir douce voix. Il ne voulait pas connaître son visage, du moins pas tout de suite. Il aimait juste écouter sa voix, et quelle jolie voix avec un son pareil, elle était surement chanteuse… Il aurait bien aimé qu’elle chante pour lui. La musique était une des seules choses qui lui donnait un peu de baume au cœur quand il se sentait mal. ça emplissait le trou au fond de son âme, il avait juste à se concentrer sur les notes et rien d’autre, juste laisser son esprit partir pour un moment de répit.
Il se plaisait à imaginer douce voix. Était-elle belle ? Grande ? rondouillette ? brune blonde ou rousse ? Avait-elle de long cheveux ? de jolies nattes ? des couronnes de fleurs ou des dorures accrochées dans sa crinière ? Avait-elle le visage suffisant de ceux qui pense avoir tout vu ?  La détresse de ceux qui au contraire en ont trop vu ? Ou bien l’innocence dessinée dans un sourire ? avait-elle le visage doux de ceux qui console ? ou la froideur des bourreaux qui abattent ?
Il sentait autour de lui une sorte de fraicheur, comme une jolie bruine printanière,  humide et douce bruine du soir qui brille dans les rayons de la lune comme des milliers de petites clochettes argentée. Et même le tintement de ces milliers de petites clochettes aurait fait pâle figure devant le timbre de douce voix.
Alors il se décida il lui répondit.

« - douce voix, douce voix… pourquoi es-tu si méchante avec moi ?. »

Sa voix n’était qu’un petit murmure tremblotant, plus fragile encore que du cristal, duquel transparaissait son accent du nord.

« - la lune est triste ce soir…. Et moi aussi je suis triste. Plus elle disparait plus j’étouffe. C’est une lente et douloureuse asphyxie dont je ne peux me défaire comme … bloqué entre quatre murs. »

Il resta les yeux fermés mais le pauvre pantin affalé sur le canapé comme coupé de ses ficelles, se remit à prendre vie. Il bougea ses bras à un rythme lents, comme des vagues s’échouant sur une plage, et fit danser ses doigts dans de gracieuses arabesques. Tout son corps semblait se passer un fluide, un fluide fragile qui dansait au bout de ses doigts presque palpable, mais toujours invisible.
Peut-être avait-il l’air idiot aux yeux des autres gens, mais sur le coup il n’en avait cure. De cette même petite voix il murmura, comme en transe.

« - Ziggy … mon nom c’est Ziggy .Et toi douce voix ? qui es-tu ? »
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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Sam 3 Aoû - 10:52

À peine Rita avait-elle posé sa question qu'elle s'était sentie coupable d'une peine capitale. C'était la première fois que le jeune fille se sentait aussi mal à l'aise à l'approche de quelqu'un. Quelqu'un, quelque chose, quelqu'un… La nuance était tellement infime entre cet être à l'éclat si particulier et entre une statue de marbre blanc que la banshee se sentit tout d'un coup ridicule de lui adresser la parole, comme si elle entretenait une conversation avec un objet. Elle crut même un instant que son esprit lui avait joué un tour, qu'elle avait aperçu une poupée et que son imaginaire l'avait faite bouger, danser et s'assoir en regardant la Lune. La journée devait avoir été trop longue, trop épuisante pour que la jeune fille ne puisse penser autrement.
La banshee était partagée entre admiration et méfiance face à cet être immobile, entre confusion et réalité, à laquelle elle fut trop brutalement ramenée, lorsque la poupée blanchâtre se mit à parler. Un murmure tellement fragile que Rita n'osa plus bouger, de peur de casser la corde d'un simple mouvement de doigt. Cette fragilité l'avait atteinte directement au coeur, transformant sa respiration en cercle de vapeur hésitante. Elle chercha son vice, l'offense faite au pantin, toujours au beau milieu de sa ronde tournante, évitant consciencieusement le verre cristallin. Peut-être aurait-elle pu demeurer dans son mutisme cyclique, si la Lune n'en avait pas été le centre. Que n'eut-elle pas envie de crier lorsque cette fragile poupée évoqua cet astre, trop souvent source de malheur aux yeux de la banshee. Et tandis que les membres du roux se déliaient magnifiquement, Rita elle, se recroquevillait pour adopter une attitude méfiante. Ses genoux se touchèrent sous sa jupe et ses mains se placèrent entre eux, instinctivement cherchant protection dans une coque solide.
Pour tous ceux qui passaient à côté de ce coin, où la brume et un rayon de lune s'abordaient subtilement sans bouger de leur fauteuil, tous pouvaient sentir l'atmosphère singulière qui s'y installait progressivement. Un côté du mur était scintillant et aérien, l'autre était gagné par l'ombre et l'humidité, et ces deux aspects se mélangeaient de façon obscure entre les corps des deux créatures. Rita jeta un coup d'oeil mauvais vers l'astre, qui les lorgnait depuis sa toile sombre parsemée de trous scintillants, puis se recentra vers le pantin lunatique, dont elle connaissait désormais le nom.

"- Ziggy … mon nom c’est Ziggy. Et toi douce voix ? qui es-tu ?"

Jusqu'ici, personne du cabaret ne l'avait nommé ainsi, et cette appellation réchauffa légèrement la poitrine gelée de la banshee, de part sa tendresse simpliste.  Son observation minutieuse se fit alors moins soupçonneuse, plus admirative, analogiquement à l'examen d'un tableau remarquable, mais dont on n'arrive pas à déterminer le détail qui nous gène, celui qui nous empêche de l'affectionner. Ziggy portait encore son costume de scène, débordant de fantasmagorie pourtant sommaire. Peut-être que les rayures de son pull étaient la raison de cette pensée contradictoire. Ou cela proviendrait de son maquillage légèrement effacé par la serviette qui jonchait au sol. Quel masque de peinture que le pantin avait appliqué sur son faciès ! Un fond encore plus blanc que leurs peaux respectives, toutes deux relevant d'une couleur ivoirienne, parcouru seulement par deux zébrures noires, fêlures ostensibles sur ses joues, et par la fente rougeâtre de sa bouche étroite.
Mais Rita ne désirait voir qu'une seule chose, la seule à laquelle le mime ne lui avait pas encore donné accès : ses yeux. Tantôt ceux-ci fixaient le firmament, tantôt ils étaient recouvert par l'inamovible barrière des paupières. Ainsi était inaccessible cette aura particulière qui s'était dégagée de lui auparavant, car sans en voir la couleur ni l'éclat, Rita ne pouvait percevoir sa lueur ni sa nature.
Frustrée, Rita se décida à lui répondre, légèrement plus éloquente que son voisin :

- Je me nomme Rita. Et si j'ai pu manquer de délicatesse tout à l'heure, sachez que ce n'était pas volontaire. Cependant, je ne m'en excuserai point, car telle était la façon dont j'ai ressenti votre prestation.

La jeune femme se redressa, toujours les mains entre les genoux, puis tourna à nouveau sa tête vers la fenêtre. Elle fronça les sourcils, tandis qu'elle constatait que la même lumière délicate, qui émanait de Sélèné, se rassemblait en aura discrète autour de Ziggy.

- Et telle est la façon dont je me sens lorsque je l'observe. Particulière, féérique, merveilleuse et tellement détestable. Sous prétexte de son apparence bienfaitrice et de son éloignement, elle confond, peut-être inconsciemment, tous les torts qu'elle provoque avec les nombreux crimes nocturnes. Alors croyez-moi bien lorsque je dis ne pas comprendre cette empathie néfaste que vous avez avec elle.

Le regard de Rita regagna Ziggy, alors que sa main droite décollait de son articulation pour se poser délicatement sur le dextre du mime, espérant lui décrocher une réaction, au moins grâce à la surprise.

- Les gens comme moi ne pourront jamais saisir ce lien, car nous aimons plus à regarder la terre que le ciel. Ou tout du moins sommes-nous y obligés.

Sa voix s'était faite un peu plus terne, mais la banshee demeurait immobile, laissant sa froideur empiéter la peau étonnement tiède de Ziggy. Face à ce corps opalescent, Rita n'aurait guère été surprise s'il avait été aussi glacé que le sien, ni à ce que celui-ci réagisse en se retirant du contact par la main. Mais l'être lunaire ne recula pas immédiatement, toujours aussi figé et la banshee attendait avec impatience le moment où elle pourrait enfin croiser son regard.

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Dernière édition par Rita Upset le Jeu 15 Aoû - 23:16, édité 1 fois
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Ziggy Aseïr
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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Ven 9 Aoû - 23:07

Dans le silence sifflant autour de cette scène Ziggy sentait un souffle, et même il l’entendait. Il le sentait courir dans l’air expulsé, comme un dératé , comme un fou, comme un homme fuyant son destin. Le souffle se perdit, un nouveau le remplaça. Ainsi était le souffle de douce voix. Il se focalisa dessus pendant de longues minutes, qu’il était agréable d’avoir dans ses oreilles le doux bruit d’une respiration autre que la sienne. Le souffle, témoin de la vie, témoin du fait qu’il n’était actuellement pas seul. C’est juste ce qu’il voulait, ne pas être seul. Il ne voulait pas se retrouver seul face à sa détresse et le fait que douce voix s’immisce dans sa bulle de solitude réchauffait un peu son cœur glacé. Il fut tiré de ses pensées pas cette même voix.

« - Je me nomme Rita. Et si j'ai pu manquer de délicatesse tout à l'heure, sachez que ce n'était pas volontaire. Cependant, je ne m'en excuserai point, car telle était la façon dont j'ai ressenti votre prestation. »

Rita. Ainsi c’était le nom de douce voix. Quelle joli nom, enfin … Elle aurait pu s’appeler  Clairance ou Guenièvre, n’importe quel nom aurait était magnifique pour peu que ce soit le sien.

«   Rita… »

Il répéta ce nom dans un murmure comme pour s’imprégner de toutes ses sonoritées, de toute façon Rita était bien plus joli que Clairance et Guenièvre . Dans ses paroles elle semblait faire référence à ce qu’elle avait dit sur son numéro, elle semblait croire que ces remarques l’avaient blessés. Il n’en était rien,  ce type de numéro angoissant  étaient fait pour provoquer différentes réactions chez les gens le dégout en était une réaction comme une autre. Si ses numéros de « bonne période » étaient fait pour apporter joie et bonheur, ceux de la mauvaise n’était que tristesse et souffrance de plus en plus insoutenable chaque nuit.
Rita ne lui avait dit que deux chose, l’une l’avait blessée, l’autre pas. Elle avait une chance sur deux mais c’était trompée, ce n’est point son avis qui avait heurté le mime, mais plus ça petite question. Question pouvant paraitre banale, une question utile que l’on posait souvent mais… si on prenait la peine de s’intéresser à son vrai sens on se heurtait à quelque chose de bien difficile : « Qui êtes-vous ? » Et cette Question terrifiait le petit lorialet.
Il aurait pu disserter la dessus encore longtemps et se re-enfoncer dans la noirceur des réflexions si la douce voix de Rita ne l’avait pas une fois de plus tiré de ses pensées. Douce voix parlait beaucoup mais c’était un plaisir pour les oreilles de l’écouter.

« - Et telle est la façon dont je me sens lorsque je l'observe. Particulière, féérique, merveilleuse et tellement détestable. Sous prétexte de son apparence bienfaitrice et de son éloignement, elle confond, peut-être inconsciemment, tous les torts qu'elle provoque avec les nombreux crimes nocturnes. Alors croyez-moi bien lorsque je dis ne pas comprendre cette empathie néfaste que vous avez avec elle. »

Parlait elle de la lune comme ça ? Il est vrai que se mère était parfois causes de malheurs, mais il était un de ses fils, était-il lui aussi en définitive une cause de malheur ? Les gens ne pouvais pas comprendre… quand la lune était pleine les malheurs arrivaient, les loups se transformaient, les meurtres étaient commis. Pourtant lui à ces périodes il rayonnait. Être heureux alors que le malheur était partout le rendait il coupable d’un quelconque crime ? Non … décidément il était encore plus seul, personne ne comprenait..
«  pourquoi est-il si bizarre celui-là ? il n’y a pourtant pas de lune ce soir. »
Oui pas de lune, et c’était bien ça le problème.
Il était de plus en plus mal, il se sentait replonger dans ces abysses noir et semblant sans fond, dans cette eau opaque dans laquelle il se noyait si souvent, asphyxie lente et douloureuse…
Et encore une fois ce fut douce voix qui le sortie de ce cauchemar, de la plus douce des façons.
Contact, elle apposa sa main sur son bras. Ainsi se nouèrent brume et rayon de lune. La morsure froide fut accueilli par la peau du mime.
Il ne tressaillit pas, il ne réagit pas. Il se contenta de soupirer de contentement. Ziggy aimait le froid, il était né et avait grandi dedans. Les longs hivers rigoureux, la neige qui tombe en milliards de flocons, le vent glacé qui s’infiltre partout, cette caresse mordante, cette douce griffure : toutes ces sensations constituaient pour lui des souvenirs doux.
Très lentement il posa sa main sur celle de Rita il la prit et vint la poser au creux de son cou. Un geste pour le moins étrange et sans aucune méfiance, il était à sa merci. Tout ce qu’il voulait c’était profiter encore de cette froideur qui lui était offerte. Le mime aimait ce froid humide qui emmenait de douce voix, il aimait cette atmosphère cette odeur de pluie fraiche, de prè et de grand air, d’algues et d’eau limpides . Pas un parfum synthétique que l’on porte pour se faire beau, mais une odeur de nature, une odeur de vie, une odeur douce et fraiche. Il aimait douce voix mais … elle ne semblait pas l’aimer car il était un fils de la lune. La Brume haïrait donc la lune ? Quelle tristesse, lui qui se sentait si bien… Ça lui l’effet d’un poignard dans le cœur.
Il toussa un peu pour masquer sa tristesse apparente puis lança quelques mots.

« - je suis un fils du froid, mais avant tout je suis un fils de la lune. Est-ce pour cela que tu ne m’aime pas ? … oh non .. non ne m’écoute pas… je ne suis pas intéressant je ne suis rien, rien. Rien qu’un reflet, une ombre, une esquisse. Mais parle toi, parles moi. Tu as une si jolie voix….. »

Mais il ne tenait plus, oui elle avait une belle voix mais il voulait pouvoir contenter ses yeux. Douce voix avait d’abord remplie ses oreilles, puis sa peau, ensuite son nez … de ses sens il ne restait que la vue qui n’était pas servie. Ses yeux était comme vide et désireux de se remplir de l’image de Rita. Alors dans un geste gracieux, tenant toujours la douce main fraiche, il releva la tête et souleva ses paupière, dévoilant ses deux orbes vairons anormalement emplis d’un mélange de joie et de tristesse s’affrontant tout le temps…
Mer et Pré des yeux de Ziggy rencontraient une Emeraude profonde d’un vert parfait, dans le laquelle ils se perdirent. Mais quel vert, quel vert ! un vert si beau qu’aucune palette de peintre n’aurait jamais pu se vanter d’avoir. Un vert si parfait que même mère nature n’aurait pas pu le créer dans ses plus folles fantasmagories. Les Marins de Malmö racontaient souvent des histoires, il parlaient d’un «  rayon vert », un phénomène qui ne se produit que dans des rares cas : quand une légère brume recouvre le crépuscule sur la mer. On dit que qu’au moment où le soleil disparait à la surface de l’eau un rayon , un flash lumineux vert apparait. On dit que ce vert est le plus beau qui n’ai jamais existé.
Mais ce vert, Ziggy l’avait devant les yeux.

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Jeu 15 Aoû - 23:14

Sous ses doigts fins, Rita sentait passer la tiédeur du jeune homme, affluant dans cette main si tendre et gracile qu'était celle du mime. La jeune fille n'aurait jamais pu croire qu'une main d'homme, bien que celui-ci ne soit encore que dans la fleur de l'âge, puisse être aussi souple, aussi agile pour l'amener avec la délicatesse la plus extrême vers cette jonction si lisse de la tête avec les épaules. La banshee sentit encore une fois sa chaleur modérée, empruntant avec méfiance ce chemin si vulnérable du nectar vital. Elle aurait pu si facilement le plonger dans une asphyxie tellement complaisante, mais Rita avait décidé et s'était juré, jusqu'à ce jour, que jamais elle n'interromprait le cours d'une vie. La jeune fille avait un tout autre office à mener. Alors, elle profita de la chaleur agréable qui se dégageait de la gorge fragile du mime, sans arrière-pensée ni fourberie.
Mais son corps et son essence, puisqu'on ne peut point parler d'âme, désiraient tant pouvoir enfin placer sur le pantin une odeur et une couleur à son coeur. Durant les quelques secondes où le silence fit son règne, Rita s'empêcha mille fois d'attirer le roux vers elle, de l'enlacer avec une délicieuse brusquerie et de plonger son nez dans ses mèches rousses, respirer, vivre de son arôme, avant de l'obliger à briser la muraille qui la sépare de ses yeux.
Heureusement que son interlocuteur eut la prévenance de la sortir de sa transe délirante, au moyen de mots, bien trop porteurs de mélancolie, pour que Rita puisse les ignorer.

« - Je suis un fils du froid, mais avant tout je suis un fils de la lune. Est-ce pour cela que tu ne m’aime pas ? … oh non .. non ne m’écoute pas… je ne suis pas intéressant je ne suis rien, rien. Rien qu’un reflet, une ombre, une esquisse. Mais parle toi, parles moi. Tu as une si jolie voix….. »

La banshee en fut à la fois touchée et choquée. La tristesse audible dans la voix de cristal venait rajouter une poids de plus dans l'atmosphère étrange de leur rencontre et la nouvelle inattendue de sa nature pesa dans la gorge de la banshee. Un fils de lune. Devant elle s'était asphyxié, s'était désarticulé avec douleur et s'était enfermé dans ses murs de solitude le descendant d'Artemis. Devant elle s'était figé, s'était statufié et avait tristement fixé sa reine le prince lunaire. Devant elle s'était incarné, délié, articulé avec aisance  un doux lorialet désespéré.
La bouche de Rita s'entrouvrit, laissant échapper le souffle qu'elle avait oublié de relâcher sous la surprise. Surprise qui ne fut qu'encore plus grande lorsque ses yeux verts croisèrent ceux dissociés du jeune homme. La lueur bleutée d'auparavant y rayonnait de plus belle, laissant tout le plaisir et le dégout à Rita de contempler son magnifique éclat funeste. Elle s'en voulut tellement, tellement, tellement de ne pas avoir reconnu cette lumière pourtant si familière, que sa brutalité précédente lui fit l'effet d'un poignard en plein coeur. Et ces couleurs, cette mer qui menaçait de s'écouler le long de sa marque longiligne et ce pré où le vent et le soleil allaient de concert pour faire scintiller les brins d'herbes gorgés de rosée. Tout cela ne faisait qu'ajouter du poids à la culpabilité de la jeune femme.
Hésitante, elle fit glisser sa petite main vers le coeur du lorialet, avec le besoin pressant de le savoir toujours en vie, de savoir que la corde n'avait pas cassé, que le cristal n'était pas brisé. Il n'avait pas peur de sa fraicheur, mais Rita le touchait le plus délicatement possible. Elle souhaitait de tout son corps que le coeur de Ziggy ne le lâche pas, pas lorsque la Brume et la Lune se sont ainsi entremêlés.
Ce fut à-au tour de la banshee de fermer les yeux. Sous ses doigts se manifesta la petite palpitation, légère et sereine. Elle la sentit, laissant la pulsation parcourir son corps jusqu'au bout de ses orteils, laissant l'imprégner de sa lueur si agréable et volatile, avant de murmurer doucement :

- Cela fait bien cinq-cents années que je n'ai pas croisé de fils de Lune. Cinq-cents années que je n'ai pas ressenti cette aura.

La jeune femme lécha ses lèvres sèches, remontant à nouveau vers sa joue, cette joue si douce et opalescente, et de lui adresser le plus tendre des sourires, les paupières désormais ouvertes.

- Jamais je ne pourrais… te haïr. La compagnie des tiens m'a tellement manquée. Et c'est bien la première fois que je peux parler avec ou en toucher un ou avant que-

Elle coupa net à ses paroles, préférant garder le reste de sa phrase à l'intérieur de son crâne. Sans cesser de fixer les iris du jeune homme, Rita se redressa et posa lentement sa main sur ses genoux, car il n'y avait désormais plus besoin de s'assurer de la vitalité du jeune garçon. Un peu affalée dans son fauteuil, la banshee poussa un soupir de contentement. Un lorialet en bonne santé, un lorialet vivant, un lorialet pleurant. Elle-même ne saurait dire pourquoi rester à ses côtés lui semblait si agréable, elle n'a jamais su l'expliquer pour les autres. Rita était toujours arrivé trop tard pour en profiter, trop tard pour leur parler. Ce n'est que durant une fraction de seconde que le plaisir était là, que la banshee ressentait ce bien-être, avant qu'il ne soit remplacé par les hurlements. La jeune femme eu une période où seule la fin des enfants de la Lune lui convenait, où elle trouvait celle des hommes tellement ingrate et sommaire. Ces hybrides ne manquaient pas aux temps anciens et Rita se rassasiait pleinement de ces délices mortuaires. Mais les siècles passant, les hommes et les femmes endurcirent leur corps et leurs esprits, les rendant encore plus âpres à mourir et à procréer avec les entités mythiques. La jeune créature qu'elle était dû se résigner.
Faisant désormais partie des anciennes de sa race, Rita était encore une des seules à connaître l'existence des lorialets. Toutes celles qui étaient avant elle ont disparus ou se sont exilés dans les brume des montagnes, loin des hommes, alors que les nouvelle-nés n'avaient que pour doctrine l'irrémissible oubli. Aucune d'elles ne souhaitait garder en mémoire un tel monde, un marqué par la nostalgie dévorante de leurs ancêtres et par la présence oppressante des êtres humains.
Son sourire se fit encore plus large, car Rita se rendit compte qu'elle avait de la chance, qu'elle pouvait encore poursuivre ce petit plaisir presque impudent de sa… Est-ce que l'on pourrait dire jeunesse ?

- Je veux bien parler, lança-t-elle légèrement. Si tu le souhaites, je pourrai même chanter ! Mais ne t'avises pas de redire que tu n'es rien, ajouta-t-elle d'un ton moqueur.Les gens qui se dévalorisent ont une fâcheuse tendance à s'éclipser de honte lorsque je veux leur offrir un verre.

Elle se leva et tendit sa main chétive vers le jeune homme. Non seulement heureuse de cette rencontre, elle souhaitait que le petit mime se réjouisse également, même au devant de son humeur. Qu'il sente également que cette soirée était un présent exceptionnel ! Car, à ses yeux, Ziggy était déjà le plus beau cadeau que le destin ait pu offrir à la banshee.

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Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Lun 9 Sep - 22:06


Personne.
Personne n’aurait eu idée de briser cet instant si magique. Tant plus que deux âmes se liant en une rencontre le spectateur avait tout autre chose devant les yeux.
C’était un lac quiet et calme sur lequel dansait la brume, farouche et insaisissable. Silhouette gracile et fantomatique, apparition soudaine, sublimée amoureusement par la pureté fraiche des rayons de la lune. Se mêlant aux nuance de gris et d’argents, affirmant les courbes et adoucissant les mouvement de la danse fantomatiques que lui offrait sa partenaire. Et en concert les herbes vibraient sous la caresse du vent, les roseaux craquaient et ployaient, le lac se ridait dans des clapotis régulier : toute la nature les accompagnait, plus magnifiquement encore qu’un orchestre symphonique. Le violon du vent dans les feuille, le piano de l’eau qui s’écoule, les vents des grillons guilleret. L’harmonie de la nature irréelle et fantastique
Deux fantômes s’éprenaient dans un ballet vespéral, s’attachant et se repoussant avec grâce.
Le spectateur ne pouvait en être que médusé, et même gêné. Il avait l’impression d’assister ici a une rencontre très personnelle, à un moment d’intimité entre ces deux être que tout semblait opposer. Il était un voyeur, surprenant la brume étreignant la lune.
Pas même les regards, pas même l’agitation, pas même le bruit aurait pu les faire réagir tant une bulle c’était installée autour d’eux.

Ziggy dévorait des yeux le visage de sa douce voix, qu’il était joli ce petit minois pale aux accents ivoiriens. Quelle belle poupée de porcelaine a la peau froide et lisse, dont le visage maintenant éclairé par un coruscant sourire bienveillant à son égard était sans ambages et allié a une ineffable aménité. Ce facies si agréable était paré de doux et fin fils scintillant à la couleur agréable, retenus et entrelacé dans de simples parures, fleures et broches. Autour d’elle flottait cette si douce aura caligineuse qui faisait tout le charme de ce petit voile de brume.
Etrangement son cœur , habituellement saigné à vif par la tristesse sentait courir sur ses blessures un petit vent frais, apporté par la présence de Rita.
Ses paroles qu’il buvait était mille fois plus rafraichissante que de l’eau de source et tant plus salvatrice que ce diamant aqueux lors d’une traversée du désert.
Et c’est tout en souriant qu’il entendis Rita murmurer :

« - Cela fait bien cinq-cents années que je n'ai pas croisé de fils de Lune. Cinq-cents années que je n'ai pas ressenti cette aura. »

Cinq-cents années ? Douce voix était-elle alors si âgée ? Elle ne les faisait pas effectivement Elle était belle, très belle, peut-être l’âge rendait il beau. Si votre visage est immortel il n’en altère pas les traits mais leur donne cette sagesse et cette impression de sécurité.
Ils étaient vraiment très différents. Rita, elle avait cette prestance, cette sagesse propre aux arbres centenaires fier et résistant à tout. Voyant grandir toute chose et les observant de haut, non pas de façon dédaigneuse, juste planant au-dessus d’eux. Il n’eut pas le temps de réfléchir plus que déjà la mains de la poupée de porcelaine s’animait pour se poser avec une douceur non dissimulée sur sa joue. Il se plu un instant à la comparer avec une petit papillon de glace posé sur son visage.

« - Jamais je ne pourrais… te haïr. La compagnie des tiens m'a tellement manquée. Et c'est bien la première fois que je peux parler avec ou en toucher un ou avant que - »

Cette phrase, ce fut la phrase qui le déchira le plus. Il était à ce moment suspendu à ses lèvres écartelé entre des sentiments contradictoires.
La joie d’avoir la confirmation que ses frères et sœur existaient, de savoir qu’il n’était pas seul comme un erreur ou une aberration de la nature et qu’il était aimé.
Mais l’épée de Damoclès s’abattit sur lui, il connaissait très bien la fin de la phrase de douce voix. Il savait que son destin était scellé et qu’un jour il s’en irait. Et ça le terrifiait. Chaque fois plus, chaque mois lors des lunes noires quand sa souffrance atteignait son paroxysme, il avait peur de craquer, de s’enfermer dans cette tristesse qui l’étoufferai de l’intérieur, et il se noierait, il appellerait à l’aide mais jamais personne ne l’entendrait, il finirait seul, seul, seul et oublié…
Il ferma les yeux alors que le papillon de glace vint se poser sur sa poitrine. « Que veux tu papillon ? veux-tu vérifier que mon cœur qui saigne et se traine bat toujours comme il peut ? C’est un soldat, toujours au front, sale et estropié caché dans une tranchée. Il souffre, il agonise à chaque assaut. Mais il se relève et continue le combat comme il peut, cachant ses cicatrices. Un jour peut-être il ne se relèvera pas. » songea-t-il.

Il était désemparé, au bord de la panique. Mais il n’en montrait rien, son corps ne le trahirai pas, il était trop entrainé pour ça. Ce n’était qu’un autre masque, un autre personnage, ce n’était pas lui. Sur son visage marmoréen aucun sentiment ne devait se peindre, mais les yeux… les yeux sont le miroir de l’âme et il est impossible de les faire mentir.

« - Je veux bien parler, Si tu le souhaites, je pourrai même chanter ! Mais ne t'avises pas de redire que tu n'es rien. Les gens qui se dévalorisent ont une fâcheuse tendance à s'éclipser de honte lorsque je veux leur offrir un verre. »

Et elle tendit sa main vers lui toujours en souriant de plus belle, souhaitant lui communiquer sa joie sans doute.
Mais voilà, cette main tendue symbolisait tellement plus pour lui. Après la douloureuse noyade, l’eau dans la gorge, la panique, les mouvement douloureux, les prières, les silencieux appels au secours, quelqu’un avait entendu ses cri. Quelqu’un avait compris et lui tendait la main comme pour le sortir de l’eau.
Le masque se fissura, il craqua.
Il en avait besoin, craquer pour aller mieux, déverser tout ses ressentiments, toute ses choses gardées au fond du cœur, qui pourrissaient là et gangrenaient son esprit. Sa respiration se faisait plus saccadée, plus difficile, il ne put réprimer, malgré sa grande maitrise corporelle, le tremblement de ses lèvres. Il leva sa propre main, toujours avec cette grâce innée dans ses mouvements savamment étudié, mais cette fois si alliée à ces tremblements et cette faiblesse caractéristique de la bombe humaine, prête à exploser … ou à se briser.
A peine eut il saisit la main que les prémices d’une cascade coulèrent silencieusement le long de ses joue, emportant avec elles encore un peu de son maquillage.
Totalement désespéré et paniqué il fit fi des convenances et de l’espace installé entre eux et se jeta sur les genoux de Rita. Les épaules secouées de sanglot salvateurs il s’accrocha désespérément aux jupons de la chanteuse, peut être allait elle le réprimer pour cet écart, cette proximité. Peut-être allait elle le repousser, mais il était trop heureux de se débarrasser enfin de cette mélancolie qui lui pétrissait le cœur. Se laissant aller, car pour une fois il avait une confiance aveugle en quelqu’un, sous le regard bienveillant de sa mère.

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Dim 6 Oct - 15:55

Tous.
Elle espérait bien que tous ceux qui auraient pu passer au devant du duo si magique, aient la convenance d'aller se faire voir ailleurs. Et à cette pensée Rita laissa tomber tout attachement à ce qui les entourait, elle et Ziggy, car rien ne pouvait - ne devait - briser cet instant magnifique, ce moment si propice qui ne devait ni être dû au hasard ni aux coïncidences, bien que le concept de destin soit un peu obscur pour la banshee. Elle savait juste que toute chanson avait une fin, qu'elle connaissait tous les airs possibles et pouvait deviner chaque dernier refrain, ainsi que sa propre chanson était juste un peu plus longue que celle des autres, beaucoup plus longue que certaines mélodies.
Elle lui tendait la main, sûrement plus pour elle que pour lui. Spontanément, elle voulait le faire entrer dans cette aria délirante et interminable qui guidait ses pas, les faisaient glisser sur la fine couche, celle qui sépare ce monde de celui que Rita est la seule à apercevoir, la seule pour laquelle cette plaque parfaitement transparente. Elle se démenait, entre le Pays des Valses Claires des vivants et le Royaume des Sombres Tangos Assourdissants, sur le Miroir, ainsi fut-il nommé. Et souvent lui arrivait-il d'autres ballets, tombant d'au dessus, venus eux-aussi côtoyer cette petite scène, entre les deux amas tournoyants.
Ces danseurs, c'était les enfants des stellaires. Il lui en était venu de toutes les étoiles, le plus souvent du soleil, tellement éclatant de jaune doré. Mais tous arrivaient avec l'arrogance aussi brûlantes que leur rayons, avec le mépris qui va de pair avec la lignée étoilée.
"Ha ! Pourquoi en serait-il autrement ?" s'exclamait la banshee en virevoltant, entourée de son tissu humide, à laquelle aucun des enfants ne se joignit. Ils tenaient trop à leur propre chorégraphie, de même pour Rita. Alors cette dernière montrait aux voyageurs la fontaine, d'où s'échappent les habitants du Royaume Sombres Tangos Assourdissants, celle où naissent les créatures de l'ombre et les malédictions. Aucun des voyageurs ne bronchaient, plutôt intéressés par le fait que cette obscurité pouvait être aussi vivante, alors que la leur était tellement silencieuse. Ensuite, Rita leur présentait le puits, où s'engouffrent les exilés du Pays des Valses Claires. Aucun des voyageurs ne revint chez la banshee.

Elle continuait sa danse infinie sur le fin dioptre, accompagnée par tous les gardiens de cette unique barrière, ses parentes, le vent, le temps, et tous poursuivaient leur propre chant. Les lunaires étaient les seuls à briser cette règle, car tous avaient la même danse. Et Rita accueillait leur passage avec joie, leur cachant la fontaine et le puits, rendant le miroir opaque et le ciel indiscernable, grâce à son voile de brume. Autrefois, seuls les rayons de lune pouvaient percer son nuage, au cours de leur périple dans le Pays des Valses Claires.
Maintenant que Rita avait appris à s'accorder à la mélodie des autres, bien plus de monde lui avaient rendu visite sur le Miroir. Mais les lorialets dansaient toujours de la même façon. Leurs sauts majestueux les emportaient loin dans le Pays des Valses Claires, là où leur Mère leur souriait avec fierté et parfois les emportait avec elle. Ceux qui n'étaient pas rattrapés, finissaient par redescendre. Mais ils ne savaient jamais comment faire, ils retombaient lourdement sur le Miroir, le perçant et plongeant un bref instant dans le Royaume des Sombres Tangos Assourdissants. Soit ils savaient comment refaire surface, soit ils s'y noyaient. Puis ils sautaient à nouveau. Rita ne pouvait rien faire. Sa danse était toujours trop lente, toujours trop trainarde pour les rattraper au vol ou pour les agripper au col.

Elle lui avait tendu la main, sûrement plus pour elle que pour lui. Spontanément, elle avait voulu l'entrainer dans son ballet, le sortir de l'eau dans laquelle il était déjà plongé, avant qu'il ne puisse plus remonter. Ce moment si propice n'était sûrement pas dû aux coïncidences ni au hasard, car Rita avait réagi à son appel, à sa simple présence, ce qui lui avait permis de se lancer plus tôt. La main du jeune homme s'était levée pour rejoindre la sienne, alliant élégance et convulsions, tandis que son visage auparavant impassible commençait à se tordre, sortant de son immobilité. Et ses yeux, ses beaux vairons, se brouillaient indépendamment.
Maintenant Ziggy pleurait, de soulagement et de désespoir, car leurs mains étaient liées. L'eau avait effacé toute trace de maquillage sur son visage et réprimé son souffle, que Ziggy reprenait lentement en hoquetant. Au lieu de le repousser avec taquinerie ou indifférence, chose qu'elle ferait pour tout autre créature quelconque, elle se pencha en avant et entoura ses bras autour des épaules sursautantes de Ziggy. Bien sûr, elle faillit tomber à la renverse en s'agenouillant, tant le jeune homme s'était accroché à sa jupe aux reflets violacées.

- Étais-tu donc si mal installé que ça ? Tu n'aurais peut-être pas du te contorsionner ainsi, tenta-t-elle d'en rire.

Il continuait ses sanglots, livrant toute sa faiblesse maladives aux mains de Rita, avides de ce contact entre eux deux. Elle caressait la tête de Ziggy, doucement, hésita, puis déposa trois baisers sur le front du mime, rapide et glacial. Un baiser pour le consoler, un baiser pour le protéger et un baiser pour l'aimer.
Ainsi posa-t-elle son voile de brume sur le diadème du lorialet, sur son rayon de lune, le bénissant de son action glacée. Elle l'invitait à suivre ses pas, à devenir son partenaire de danse, pour cette soirée en tout cas. C'était comme si, à son tour, elle était devenue mère, en accordant sa plus pure des protections au jeune prince. C'était comme si, à son tour, elle était devenue fille, en recevant un présent tombé du ciel et qui s'écoulait désormais sur ses genoux. C'était comme si, à son tour, elle était devenue amante, en attachant si fort sa destinée à ce seul être dont la chanson était si courte. Un voeu d'union et de confiance, marqué dans l'éther, sous le regard insistant de la Lune.
Rita s'empara ensuite d'un des pans de sa jupe, avant de l'essuyer sur les joues du lorialet. Elles avaient rougi, autant que ses yeux, et sursautaient toujours à chaque hoquets.

- Allons, allons, ces larmes sont-elles si justifiées ? C'est le rire qui me vient aux lèvres et toi, tu es affligé. Le verre peut bien attendre que tu sois asséché, cela ne te donnera que plus envie de l'avoir ! s'exclama la banshee, prenant entre ses mains ténues celles graciles de Ziggy. Ne pleures donc pas, pas au premier soir. Car c'est ici que commence l'acte où nous sommes premiers danseurs, et tes larmes auront bien le temps de s'écouler. Je te le promets.

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Sam 28 Déc - 22:57

Le fil de l’eau, indomptable et insaisissable est une femme à deux visages.
Tantôt douce et calme elle laisse porter en son sein les amours, les espoirs, les amants d’un jour….
Mais quand sa face cachée s’éveille :  prend garde à toi âme en peine.
Vengeresse et sauvage elle racle le fond des rivières de ses griffes acérées , arrachant, entrainant sans discernement, avec force et cruauté tout ce qui se trouve sur son passage. Ainsi va la fureur de la rivière.
C’était une rivière semblable à celle-ci qui coulait maintenant sur la face lisse des joues du mime : cette rivière salvatrice qui dans son sillage emmenait la peine, la douleur, les poussière et les relents de maquillages. Eau salée. Eau de rivière ? non, eau de mer. Eau de mère ? non, liquide de douleur, de tristesse, liquide de joie ou de bonheur. Petit cristal humide qui glisse sur cette face lisse. Chutant de mer et pré, roulant sur l’ivoire, tombant dans la brume : dans les jupons de sa douce.
La rivière est vengeresse, certes, mais elle purifie.
Pleure, pleure petit homme : exorcise tes peurs. Ouvre les vannes ,décompose toi dans ta tristesse , et renait de tes cendre, plus fort encore, tel un phénix. Mais quel Drôle de phénix es-tu ! Ta vie est si courte, ton plumage si terne. Pourquoi  ne brille tu pas ? pourquoi ne scintille tu pas ? pourquoi es-tu invisible aux yeux des autres ?
Tu n’es pas un phénix ? un étrange phénix lunaire ….

Qu’allait donc penser douce voix de cet écart ? Dans cet élan de détresse avait il fait un faux mouvement, dispersant la brume ? Il s’était effondré en plein milieu de la dance, quel malheur…
Mais loin de brusquer la brume, il entendit des grelots tinter dans un éclat de voix de Rita, qui lui envoya une douce pique, pour le faire réagir.

« Étais-tu donc si mal installé que ça ? Tu n'aurais peut-être pas du te contorsionner ainsi ,»

Alors la brume ne lui en voulait pas, et riait doucement à cette situation plutôt cocasse. Entre les hoquets de sa respiration erratique,  cette petite phrase lui arracha un timide sourire.
Il continua de hoqueter alors que Rita lui caressait la tête gentiment. Il sursauta quand il sentit trois petit papillons gelés se poser sur son front, trois petit diamant doucement posé par les lèvres douces de Rita. Aussi fragile qu’un souffle, douce lèvres comme des pétales de fleurs gorgées de rosée. Petit talisman, petit gris-gris, protège le petit homme et recoud son cœur.
Il rougit un peu surpris, par ce geste si maternel. Oui maternel. C’était cette impression là qu’il avait quand il voyait douce voix : celle qui sait, celle qui a déjà beaucoup vécu, celle qui sait panser les blessures, qui promet milles et une choses sans rien dire et qui protège de tous les maléfices. Mais semblable à la lune sa mère, elle restait mystérieuse et insaisissable. Flottant au-dessus des autres, inaccessible, de toute la hauteur de sa sagesse, couvant les vivants de son voile de brume…
Il se laissa faire, contrôlant peu à peu ses hoquets, se délectant de ces gestes si doux, des jupons frais essuyant ses larmes. Ces gestes pourtant si simple qui lui avaient tant manqué depuis qu’il était à Paris. Depuis qu’il avait perdu ses mères de substitution. Non, ça remontait même a plus loin que ça : depuis cette horrible nuit, depuis l’incendie. Il se crispa un instant, il ne devait pas penser à ça, ça ne ferait que le rendre encore plus triste. Depuis ce jour-là, l’enfant qu’il était avait été propulsé dans la noirceur du monde des adultes. Les lorialets , éternels enfants n’étaient pas fait pour ce monde-là, trop dangereux pour eux. Mais Ziggy avait su s’adapter, bien sûr sans le cabaret et ses occupant il serait surement….
La voix de Rita le tira de sa rêverie.

«  Allons, allons, ces larmes sont-elles si justifiées ? C'est le rire qui me vient aux lèvres et toi, tu es affligé. Le verre peut bien attendre que tu sois asséché, cela ne te donnera que plus envie de l'avoir !. Ne pleures donc pas, pas au premier soir. Car c'est ici que commence l'acte où nous sommes premiers danseurs, et tes larmes auront bien le temps de s'écouler. Je te le promets.»

Il leva la tête vers la Brume, se reprenant peu à peu. Oui, pourquoi pleurait il ? Il était enfin délesté de ce poids, et cette douce brise à la voix si douce venait emplir son cœur si vide en cette sombre soirée.
Peut-être était ce qu’il attendait, un point d’ancrage, une solide branche d’arbre à laquelle s’accrocher pour ne pas sombre, pour ne pas chuter durement…
Une personne qui entend sa douleur silencieuse et qui a défaut de la guérir, l’endigue comme personne, un barrage solide faisant se stopper les flots de douleur.
Au fond le voile de la brume et les rayons de la lune, si différents , semblaient pourtant si proche !
Il se claqua les joues et passa ses mains sur son visage, le tirant dans tous les sens : allons Ziggy, un peu nerfs ! ne sois pas si mou, si déprimant, si … si .. si toi !
Trouve quelque chose à dire…
Ah, quelle ironie : quelque chose à dire, toi Ziggy le silencieux….
Rita voulais un verre… mais il n’avait pas envie de bouger de cet endroit si calme qu’étaient les coulisses. Il se sentait mieux, mais n’avait pas encore la force d’affronter la salle pleine de monde, le bars si vivant et animé : il préférait rester ici, dans ce moment de quiétude entre vie et mort.
Il se rappela soudain d’une chose, il se leva et marcha vers sa loge, farfouilla quelques instant et revint l’instant d’après avec une bouteille contenant un liquide doré et deux verres.

«  e-euh, c’est du j-jus de pommes, je l’avais caché dans ma loge. Peut-être pourrions-nous boire ce verre auquel tu tiens tant … ici ? »

Il avait encore du mal à s’exprimer et entre ses mains tremblante la bouteille s’agitait dans tous les sens, diable ! s’il continuait comme ça, il allait transformer ce jus de pomme en cidre.
En fait, il ne savait pas trop quoi faire de lui, posté devant douce voix, il commença à se tortiller mal à l’aise. Soudain il rougit un peu, et regarda par terre.

« E-en fait, c’est bien la première fois que j’invite une fille à boire un verre…. » avoua-t-il timidement.

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Dim 30 Mar - 0:07

Rita fut enchantée de voir que l’humeur de son cher lorialet (rien que l’idée qu’il pouvait être sien la fit frissonner d’extase) s’était nettement améliorée. Elle soupira, car elle avait eu peur de ne pas avoir trouvé les mots justes, des mots assez tendres, ceux dont elle n’avait guère l’habitude, ceux qui auraient assez de force pour tirer Ziggy hors des eaux profondes et pour l’amener à son regard émeraude. Alors, lorsque son désormais protégé claqua ses joues de manières tellement mignonne, la banshee ne put s’empêcher de glousser discrètement. Elle riait encore silencieusement, lorsque celui-ci repartit chercher quelque chose dans sa loge et lorsqu’elle se rassit en rabattant sa jupe, soupirant d’allégresse. Durant les quelques instants où elle fut seule, Rita reprit enfin conscience du monde extérieur à leur bulle. Les bruits assourdissants du bar lui parvenait que trop bien, les cochets faisaient claqueter les sabots de leurs destriers un peu trop fort et les techniciens beuglaient encore comme des marins, préparant un prochain numéro. Rien que cela fut fichu de mettre un début de migraine dans le crâne blanchi de Rita. Quel numéro devait-il y avoir de toute façon ? La jeune femme avait perdu la notion du temps et du déroulement de la soirée, à force de s’être concentrée sur le fils de la Lune. Elle fixa cette dernière d’ailleurs. Toujours aussi blanc et lointain, l’astre semblait, désormais, observer avec consternation ce qui venait de se passer et lancer un regard désapprobateur à la banshee, se drapant dans ses nuages gris par orgueil. Rita lui lança un sourire narquois, se sentant d’un coup victorieuse. Oui, elle s’était, en partie, approprié un de ses fils, elle avait dérobé la seule chose pour laquelle Sélénée dédiait son véritable amour. Autant dire que cela avait en quelque sorte satisfait son ego.

Une bataille gagné sur les centaines d’autres qu’elle avait perdues.

Ziggy revint avec une bouteille dorée, plus hésitant que jamais. Rita fut un peu surprise par son approche malhabile, mais la vue et la  mention de sa boisson préférée ne manqua pas de faire mouche dans le coeur de la banshee. Elle se leva de suite et serra le lorialet, qui dépassait la jeune fille d’une quarantaine de centimètres tremblotants, tellement fort qu’elle faillit briser la bouteille entre leurs deux corps.

- Quelle joie ! Mais quelle joie ! Débouchons donc cette bouteille de suite et régalons-nous ! Tu es vraiment une merveille Ziggy, une merveille !

Sentant la gêne chez le jeune homme, Rita s’écarta en riant et alla de suite quérir une petite table, qui servait à poser du maquillage (qu’elle ne se gêna de déplacer la totalité sur une chaise) et la plaça entre les deux fauteuils, invitant Ziggy à y placer le précieux flacon et et les deux récipients. L’impatiente voulut remplir les verres elle-même, afin d’obtenir son objet de désir au plus vite, mais, pour une fois, celle-ci fit place à la convenance et laissa Ziggy la servir, comme toute lady qui se respecte. Ou toute banshee qui se doit d’être. Rita n’était pas sensée être aussi extatique, devait ne pas s’enorgueillir de choses aussi futiles qu’une rencontre merveilleuse.
La brume doit se laisser le temps de s’installer dans le coeur de chacun, d’emprisonner toutes choses par ses longs bras sinueux, blancs et translucides, et de cacher au monde ce qu’elle a de plus précieux ! Les banshees, quant à elles, se doivent de suivre ces mêmes règles, car ce sont elle qui dansent ces lents mouvements de fumée, depuis la nuit des temps, tout en suivant les douces et terribles lumières qui percent leur rideau humide. Secrètes, distantes, impartiales, mais toutes désireuses de s’échapper du brouillard intense. Et, plus les jours au cabaret défilaient dans la longue histoire de Rita, plus celle-ci pensait s’écarter de sa véritable nature. Elle prenait peur, lorsque dans les instants de solitude et avec autant de certitude, elle constatait apprendre ici un caractère nouveau, et qui semblait lui correspondre plus qu’il ne le fallait.

Elle fixa Ziggy toujours aussi tremblant, et surtout la douce lumière bleutée qui émanait de son corps frêle. Il était à moitié humain et à moitié créature, moitié monstre et moitié merveille. Là était la raison de la couleur de son âme, car autant les hommes arborent un éclat aussi alcalin que du quartz, autant les autres brillaient de prestance avec leur multitude de nuances, plus ou moins chatoyantes. Cependant, parmi tout ce qui était vivant, les banshees étaient les seules à ne pas avoir de lumière.  

Alors croyez-moi sur ce point, écoutez moi, tous ceux qui pourraient un jour entendre mes pensées et mes craintes. À ce jour, l’unique et horrible peur que possédait Rita, celle enfermée au fond de son coeur de brume, était qu’apparaisse sur sa poitrine une lumière, qu’elle seule pourrait apercevoir. Une lumière blanche comme du quartz.

Le liquide ambré remplit son verre et Rita prit un moment pour l’observer. Qu’allait-elle faire maintenant de ce nouveau bonheur ? L’exposer aux yeux du monde et en profiter à pleine voix, ou le dissimuler à tous les regards et en profiter lors de messes basses ?
Pour l’instant, la petite intimité entourée par la brume et surveillée par la Lune lui suffisait amplement. Elle se reforma lentement, sur leurs sourires conjoints, sur la main que Rita approchait des cheveux flamboyants du mime, sur la douceur des idées qui traversaient son esprit en cet instant, comme si jamais elle n’avait eu les sombres souvenirs de sa vie passée. Comme si toutes mes peurs n’avait jamais eu lieu d’être.

Je posai le verre sans bruit, puis m’approchai sans hésiter de Ziggy. J’avais besoin de son contact, j’avais besoin d’agir, là maintenant, de faire le premier pas et d’oublier ce qu’était Rita Upset. Je l’entourai de mes sinueux bras d’humidité, touchait sa peau de poussière de Lune, y versait non pas une pluie torrentielle, mais un vague manteau de gouttes, des larmes si fines que c’est à peine s’il les sentait. Elles s’évaporaient tellement vite, plus vite que je ne les déversais. Le gaz doucereux et entêtant, qui en résultait, couvrait la scène d’une blancheur fantomatique, l’esprit malin qui occupait mon coeur depuis bien trop longtemps.  Je serrais un peu plus le lorialet. Cet esprit, c’est moi, cet esprit, c’est tout ce que j’ai. Si je le perds, plus de lumières, plus de cris, plus de morts. Je sentais l’approche d’une liberté sans appel, alors que les larmes formaient ce rideau de pluie. Lorsque que j’aurais fini de les écouler, peut-être que moi aussi je m’évaporerai. Que restera-t-il alors ?

« La lumière cachée au fond de ton coeur. »

Rita recula, ses yeux rouges révulsés. En un instant, ses cheveux et sa peau devinrent blancs comme la neige, la banshee perdant tout contrôle sur sa fausse apparence. Ou, au contraire, l’apparence qu’elle ne souhaitait plus posséder en cet instant. Elle se jeta en arrière, s’éloignant au plus vite possible de la vue du lorialet. Pourquoi, pourquoi au soir de leur rencontre ? Pourquoi devait-il voir sa vraie nature ? Pourquoi ne devait-il pas la voir ? C’était tellement confus, quelle partie d’elle-même devait-elle haïr ?
Retranchée sur le sol, Rita se recouvrit la tête d’un pan de sa robe, recroquevillée. Au contact du lorialet, elle avait fini par trop accepter son non-aspect, à trop se rapprocher de ce qu’elle ne souhaitait absolument pas. Car, comme les lorialets, les banshees oscillent entre la vie et la mort, entre la monstruosité et l’humanité et, pour la première fois, Rita avait hésité sur lequel il fallait retrouver.

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Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Dim 13 Avr - 14:59

Quelques épines encore s’enlevèrent de son cœur meurtrie quand la brume accepta son invitation, avec sur le visage une joie discrète et au fond des yeux une lueur enfantine de convoitise envers ce liquide ambré aux senteurs acides.
Se lever et bouger, sortir de leur bulle avait réveillé ses sens, l’agitation qui les entourait semblait si proche, et pourtant entres les bras de la brume tout lui avait semblé si lointain et silencieux. Un doux silence comme il les aimait, sans aucun bruit malsain. Maintenant le brouhaha du cabaret grondait comme pour leur rappeler ou ils étaient : pas dans leur monde, par sur ce lac ou un rayon de lune fait étinceler la brume, pas sur ce miroir où ils dansaient. Dans le monde réel, cruel, bruyant et solaire monde réel. Un monde qui n’est pas pour ceux qui vivent de la nuit, pour ceux qui sont trop fragile et graciles pour se décharner sous les rayons inquisiteur de l’astre solaire, celui-ci fou asservissant la nuit. La nuit qui enveloppe dans ses bras  les âmes des endormis, elle vieille sur eux comme une mère, aidé de la lune, comme un phare dans sa maternelle et opaque noirceur. Mais le soleil et le jour ne semble pas se soucier d’elle et chaque nouveau matin il n’a pas de remord à bruler sa si douce peau noire de ses barbares rayons, la déchirant d’une poigne de fer, la poussant à se cacher dans l’ombre, saignante et tremblante, pleurant sur ces cicatrices lumineuses que les hommes appellent étoiles…

Il jeta un coup d’œil à la lune, un pincement saisit son cœur en la voyant disparaitre dans la grisaille des cotonneux nuages, mais le dernier éclat dont elle le gratifia le fit doucement sourire. Peut-être que ce n’était qu’une façon pour elle de dire qu’elle le savait en sécurité en la présence de Rita. Il aimait se leurrer et se dire que si sa mère la lune s’en allait un instant du ciel c’était pour veiller sur un de ses frères ou sœurs plus malheur que lui, car grâce à douce voix son cœur ne saignait plus, ou du moins le flot de tristesse qui coulait de ces plaies avait été endigué par leur danse immobile. La lune voulait de lui qu’il soit courageux et qu’il ne se laisse pas abattre par les vicissitudes de la vie. Tenir un discours si optimiste dans une pareille période : Rita faisait réellement des miracles.

« Quelle joie ! Mais quelle joie ! Débouchons donc cette bouteille de suite et régalons-nous ! Tu es vraiment une merveille Ziggy, une merveille ! »

Il sourit, heureux du compliment et se dit tout bas que la merveille, c’était douce voix. Celle-ci d’ailleurs s’était agitée et apportait maintenant une table pour leur désuet banquet, l’invitant à prendre place en face d’elle, a présider comme un roi. Roi Ziggy et Dame Rita. Le roi de la lune, La reine de la brume. Il la vit s’agiter d’impatience, et ne la fit pas plus attendre lui servant un verre de liqueur dorée avec application, sans en mettre une goutte à côté mal grès les petits tremblement qui agitaient son corps frêle.

Il soupira et plissa les yeux, laissant danser devant lui les volutes de brumes émanant de Rita, cette douceur et ces arabesques savantes qui semblaient se battre dans un combat extrêmement lent pour apparaitre sous ses prunelles.
Il passa sa main au travers et usa de mouvement gracieux pour s’amuser avec elles, sa peau pale aux allure ivoiriennes se mariant parfaitement avec ces volutes brumeuses. Ziggy n’était pas quelqu’un de lumineux, quelqu’un que les gens remarquent, il restait le fantôme invisible et éteint auquel personne ne faisait attention. Mais si sa peau scintillait de douces et apaisantes lumières c’est parce que à l’image de sa mère il se contentait de refléter la lumière émanant des autres. Comme un miroir brisé qui fragmente la lumière en une multitudes de petit diamants doux et scintillants. C’est peut-être pour cela qu’il ne transperçait pas la brume de lumières, qu’a la différences des autres il ne passait pas au travers mais s’y arrêtait pour se nicher dans ses bras. Peut-être est-ce pour cela qu’il s’entendait avec douce voix, alors que leur rencontre qui semblait avoir toujours été ne remontait qu’a cette soirée. Mais était-ce vraiment la même soirée ? Il n’avait plus la notion du temps, peut-être s’était-il écoulé avec ses larmes…

Soudain il senti entre ses doigts la brume frémir, elle s’agita comme tiraillée par une interrogation soudaine.

Un contact.

Il sentit un nouveau contact, doucement, une main se posa sur sa tête carrassent ses cheveux. Il ferma les yeux et se pencha plus en avant s’offrant corps et âme à cette demande. Oui il avait su reconnaitre dans la sensation fébrile du bout de ses doigts tremblant l’avide désir de contact, comme un être ayant peur d’une chute, se raccroche en tremblant à la première branche venue. La brume lécha sa peau de la pulpe de ses doigts la faisant. Il serait une branche, la plus solide des branche, une ancre, un rocher, une corde, il serait immuable.
Une seule chose en tête : il ne bougerait pas.
Il ne bougea pas quand le contact se fit plus fort, il ne bougea pas quand il devint plus oppressant, il ne bougea pas lorsqu’il sentit les soubresauts figés des pleurs silencieux. De ses pleurs qui s’évaporent comme honteux d’avoir été lâché, mais il n’y a pas de honte à pleurer, tout être le peut qu’il soit vivant, légendaire ou mort. Il se sentit enserré dans cet étau de tristesse et de désespoir un peu plus encore, son ventre se tordit dans un avertissement. Et soudain l’irréparable.
La violente et soudaine séparation, une douleur dans le cœur comme s’il avait était arraché de force a cet être auquel il venait de se livrer. Il tomba à terre, et releva les yeux vers Rita. Mais était-ce toujours elle ? Oui plus que jamais il la sentait là. Mais ses yeux étaient troubles et sa vison sautait à chaque battement de douleur de son cœur effréné ,qui sans relâche martelait sa poitrine comme pour sortir de la prison de ses côtes voulant retrouver l’esprit dont il avait été séparé.

Il aperçut un rouge transperçant, un blanc pur et une agitation : une fuite.
Il tendit sa main pour essayer de rattraper un pan de cette robe, une once de brume qui lui semblait si compacte, mais celle-ci se referma sur le vide. L’inquiétant et oppressant vide.
Douce voix l’avait elle fuit ? était-il la cause de son malheur ?
Mut par une irréelle envie de la suivre, il courut à sa suite, trébuchant sur le parquet, s’écorchant les genoux, sa hâte et son cœur dépassant son corps qui ne suivait plus. Il ne fit pas attention aux épines dans ses mains et dans ses genoux perlant de minuscules gouttes de liquide rubis et se releva. Qu’importe le corps quand le cœur est sans épines.

Il la vit. Là. Assise par terre plus tremblante que jamais. Peut-être ne l’aurait-il pas reconnu. Le vert de ses yeux remplacé par le rubis, le brun de ses cheveux maintenant aussi blanc que les neiges de son enfance. Mais il sut indéniablement que c’était elle. Et plus que jamais, dans cette état fantomatique il la trouva belle. Leur existence se situait quelque part en mort et lumière, ils étaient tous deux des sortes de fantômes, aussi bien des intrus dans le monde des vivant que dans celui des mort. Eux n’avaient pas de monde et se contentaient de survivre quelque part, ou de s’abandonner à la faucheuse.
Si proche mais si contraires : lui l’éphémère, le cassant, le pâle reflet reflétant sa tristesse. Elle l’immarcescible, scarifiée par la vie refusée par la mort.
Celle qui était pour lui l’arbre centenaire résistant à tous les maux semblait en cet instant plus fragile que lui.

Mais non, lui n’était plus fragile. Il n’était plus le verre cassant et translucide, si limpide qu’alors invisible. La brume l’avait entourée, avait fumé et durcit ce verre pour le rendre à cet instant opaque. Elle avait de ses bras blancs et fumant sortit sa tête de l’eau et l’avait entouré d’une carapace contre laquelle la vie frappait avec dureté, mais n’atteignait pas son cœur. Ne l’atteignait plus.
Il n’était plus le fragile non. Il serait à son tour l’ancre et la main tendue. En cet instant, oui en ce seul instant et pour cette fois seulement il serait fort : pour Rita.

Toujours la même rengaine : Il ne bougerait pas.
Avec toute la douceur dont il était capable il s’approcha d’elle. Doucement il enleva le pan de robe de son visage il caressa sa joue froide, il passa ses bras autour d’elle et la pris dans ses bras. Pas une emprise possessive non, mais de la même façon que la brume l’entourait doucement tout à l’heure. Il cala la tête de cheveux de neige toute tremblante contre son torse frêle et caressa ses cheveux en fermant les yeux.
Il ne bougerai pas.


Même s’il elle se mettait à se débattre.
Il ne bougerait pas.
Même si elle lui crachait dessus.
Il ne bougerait pas.
Même si elle le frappait.
Il ne bougerait pas.
Même s’il se mettait a saigner.
Il ne bougerait pas.
Même si elle l’insultait, voulant briser son cœur.
Il ne bougerait pas.
Même si son visage saignait sous ses griffes.
Il ne bougerait pas.
Même s’il se brisait en petit morceau.
Il ne bougerait pas.
Même si elle se mettait à crier.
Il ne bougerait pas.
Même si ses tympan saignaient.
Et même si elle en faisait rien de tout ça.
Il ne bougerait pas.
Il resterait.

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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Dim 27 Juil - 9:14

C’était comme si milles épines venaient juste de se planter en plein dans sa poitrine vaporeuse, comme si la vue même de ses mains au grain de sable blanc lui brûlait les orbites et s’enfonçait sous ses paupières. Sa gorge ne lui était pas douloureuse, et pourtant Rita hésitait à prendre de l’air, comme si quoi que ce soit qui allait toucher sa langue pouvait la meurtrir. Les larmes découlaient de ses pupilles rougeâtres et donnait à sa peau blanche une texture de boue, souillée. Quant à la brume froide qui constituait son être, elle commençait à se condenser et à former une fine couche de glace autour de son coeur apeuré. Pour une des rares fois de sa vie, Rita voulait plus que jamais prendre les jambes à son cou. C’est incroyable que son corps n’avait pas déjà trouvé la force de se relever et de parcourir les rues de Paris. Elle tremblait pourtant, c’est qu’elle était vivante. Elle ne respirait pas pourtant, c’est qu’elle était morte. Rita ne savait plus.

Tout ce qu’elle pouvait constater, c’était le regard que Ziggy lui portait, indescriptible. Il ne bougeait pas, comme la statue recouverte de lueur nocturne, couvée par sa créatrice, qui remontait derrière les rideaux, attendant la première occasion pour arracher à la banshee le fils qu’elle avait elle-même enlevé. Elle l’avait béni et accueilli au sein de sa brume, presque comme si Rita avait voulu établir un pacte éternel entre elle et le lorialet. Et ce pacte était sur le point d’imploser, de par sa faute en plus. Oh oui était-elle angoissée, apeurée à l’idée que d’autres puissent les voir, terrifiée d’effleurer même la pensée que son cher mime ne s’enfuisse à sa place. Un instinct de défense la prit et la brume les entoura dans un cocon protecteur, pas tellement grand, mais assez épais pour figer tout ce qui s’y trouvait, et pour les dissimuler à toute influence. Personne ne pouvait y entrer, personne ne pouvait en sortir. Surtout pas lui.

Avec toute la grâce dont il était pourvu, Ziggy commença une magnifique chorégraphie. Au lieu de se figer d’horreur, il avança son corps souple en glissant sur le tourbillon de gouttes fines et s’attacha à la poussière qu’était la banshee. Au lieu de clore ses beaux yeux de honte, il ouvrit les paupières tellement grandes que la Lune venue les épier, y resplendissait de plus belle, puis les referma pour conserver cette lueur dans leur étreinte. Au lieu d’utiliser ses mains fines pour la repousser, il les fit glisser le long du tissu qui la dissimulait et sur sa joue embourbée, puis sur ses mèches cassées, résumant ses mouvements à de simples caresses. Et enfin, au lieu de protéger son coeur si pur, il l’offrit aux oreilles de la banshee trop habitué aux cris.

Rita fut si surprise par sa réaction, qu’elle eut pour réflexe de l’éloigner d’elle. Elle s’attendait à ce qu’il la rejette, qui prenne peur à l’idée d’être enfermé avec cette infante de la mort. Elle voulait se détacher de cette étreinte, se défendre en y venant aux mains, à la parole des hommes, à celle des esprits, à le briser lui et elle même, rien que pour plus personne ne soit bloqué dans la cage de brume. Elle posa même une main sur son épaule afin que la distance entre eux ne se réduise pas.

Mais il ne bougea pas.

Un silence soudain se nicha dans le cocon, avant d’étendre ses ailes délicates autour des deux jeunes gens, transmettant les battements de coeur du lorialet dans le crâne de la banshee, trop remplis de souvenirs. Ces pulsations comblèrent la tête de Rita et lui insufflèrent le chant de son existence, qui lui vint malgré elle sur les lèvres. Dans un murmure, les vocalises lui prirent, se modulaient d’elles-mêmes sur les souffles brumeux imperceptibles. Rita n’avait pas la force de crier, elle ne pouvait désormais plus que chanter. Chanter contre ce torse de porcelaine, la plus solide du monde, celle qui avait la force de résonner au son de sa voix sans se briser. Chanter entre leur deux corps meurtris, l’un trop éphémère et l’autre trop constant, tous les deux trop épuisés. Chanter dans ce nid de gouttelettes, caché de ce monde rempli par les lumières des vivants et de celles des astres. Chanter pour eux.
Chanter pour Ziggy, le gentil mime si désarticulé qu’elle avait attendu et qui désormais la serrait tendrement, pour qu’il soit entouré de son affection pour lui. Pour lui donner l’ultime bénédiction, celle que sa soit disante mère ne lui donnerait jamais, celle qui préfère qu’il danse sur l’air qui provient de son coeur, plutôt que d’executer cette acrobatie périlleuse au-dessus du Miroir, entre le Pays des Valses Claires et le Royaume des Sombres Tangos Assourdissants.
Chanter pour elle, car elle ne voulait plus douter de ce qu’elle était, car elle ne souhaitait plus faire partie de la mélodie qui entoure les être vivants et qui les suit dans les tréfonds. Car, ardemment, elle désirait suivre l’air de son coeur.

Chanter, désigner enfin le chemin qui la mènerait vers son propre apaisement. Enfin en avait-elle compris l’essence même, elle qui depuis toujours s’égosillait sur des cacophonies bruyantes, dansait sur des airs déchainés, sans pour autant en saisir la raison. Elle avait envie soudainement de s’élancer sur le Miroir, de montrer à toutes ces âmes en peine que sa danse valait la peine d’être admirée, ainsi que celle de Ziggy, car aucune des deux n’appartenaient aux deux faces. Et cela grâce à Ziggy, qu’elle avait enfin réussi à attraper au vol.

Il n’avait pas bougé. Au cours des longues heures de chant sans paroles, Ziggy l’avait écouté. Par moment, Rita crut même l’entendre l’accompagner, mais ses pensées étaient tellement embrouillées que la banshee n’aurait pu discerner si le lorialet avait hurlé à pleins poumons ou s’il s’était gardé d’émettre le moindre son.
Il n’avait pas bougé, lorsque la complainte avait monté en puissance, en vivacité, ou qu’elle redescendait dans une marche mélancolique, passionnée. Répétitive, ardente, volage, on en espérait presque que les deux se mettent à y danser éperdument. Mais Rita était beaucoup trop exténuée pour se mouvoir, et Ziggy demeurait de marbre, solide et magnifique.
Il n’avait pas bougé, après que la gorge de Rita se soit éteinte d’elle même, au contraire de la brume qui, elle, persista. Rita remonta les mains pour entourer la taille fine de Ziggy, ses yeux rubis fermés, et, n’osant toujours pas ouvrir la bouche, elle se prononça dans l’éther.

« Ziggy… »

Empreindre un nom de cette sorte le conservait à jamais dans les mémoire de la Terre, et le lorialet était le premier que Rita marquait de la sorte. Peut-être qu’ainsi, la Lune n’oserait jamais le prendre.

« Reste avec moi.»

Elle pensa que, en se remettant tout doucement à respirer, elle préparerait doucement son retour dans le monde des vivants. Alors, elle prit sur elle de ne prendre aucune bouffée d’air.

« Surtout, surtout… » 

La jeune femme centenaire haletait, serrait de plus en plus fort, avec toute l’intensité qu’elle pouvait fournir. Toujours plus de contact, toujours plus de sa peau, toujours plus de Ziggy. Mais son odeur restait lointaine, puisque l’air ne parvenait plus à la banshee, puisqu’elle suffoquait de se tenir aussi longtemps loin des vivants. Alors, n’y tenant plus, elle respira.
La brume autour d’eux se dissipa. Rita avait retrouvé ses boucles brunes et ses yeux émeraudes, toutefois rougis par les larmes, et osa les détacher du lorialet pour enfin retrouver le monde réel. Tout était sombre autour d’eux, plus aucune lumière, plus aucun son. La Lune même était empêchée de tout regard sur les deux jeunes gens, par un épais rideau noir tiré, et les lueurs des vivants étaient occultées par celle de Ziggy. La table n’avait pas bougé, les deux verres étaient toujours pleins. Seul un mot résidait sous celui de Rita, où, de loin, celle-ci reconnut l’écriture d’Edward. La banshee eut un frisson en pensant qu’ils avaient été chanceux de ne pas avoir été remarqué par les clients, en fut encore plus anxieuse lorsqu’elle songea à la Curia et le fut encore plus lorsqu’elle envisagea les remontrances qu’allait lui faire son employeur. Rita conçut, tout de même, que toutes ces voilures opaques aux fenêtres avaient été une bonne idée de la part de leur patron.
La banshee retourna vite au contact du prince de lune, avant d’en oublier un détail qui faisait sa beauté. Elle observa chaque parcelle, chaque fil dépassant de son costume, chaque trace que le maquillage avait laissé sur son visage, chaque cheveu libre de l’amas roux, et puis se laissa retomber contre le buste délicat, bougeant enfin les lèvres.

- Ziggy…

Rita avait toujours trouvé la langue des hommes râpeuse, acide, difficile, beaucoup trop lourde de sens pour être utilisée à bon escient. Et même si elle n’était qu’éphémère, sa puissance était assassine.

- Resteras-tu avec moi ?

Le doute, l’affection, le besoin, la peur. Une courte énumération de ce que ces mots venaient d’exprimer. Ils asséchaient la bouche, frottaient la langue contre les dents d’ivoire, usait la muqueuse qui les maintenait.

- Surtout, surtout… 

Elle hésitait. Un ordre donné dans cette langue valait tellement plus que n’importe quelle autorité, que n’importe quelle déité. Sa bouche se ferma et s’ouvra, prête à garder le silence au moindre mot prononcé de travers. Au moment où elle s’apprêtait à se taire, elle lança un dernier regard vers les yeux de Ziggy. Son vert lugubre contemplait des paupières fermées, mais la jeune fille s’imaginait avec aisance les couleurs cachées. Elle priait pour que, installés sur le parquet humide et translucide, ils aient tout deux l’éternité à partager.

- Ne bouge pas. 



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MessageSujet: Re: Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]   Mar 15 Nov - 20:57

     Il était étrange d’enserrer l’éternité entre l’espace de ses bras. On y pensait pas assez souvent à ça : Qu’une chose si grande comme le poids des ans puisse être contenue dans un corps assez petit pour que le mime puisse l’entourer de ses membres, décorant l’être d’une écharpe de peau pâle.  C’est comme si la vieillesse, l’ancienneté était un instant devenu petite fille. Il ne savait pas quoi faire, que fait on dans ce genre de situation ? Il avait dit de ne pas bouger. Il ne bougerait pas. Il ne savait pas à quoi il devait s’attendre : des cris, des pleurs, des griffures. Cent doigts glacés sur son visage déchirant la peau comme les roues d’un fiacre déchirent la neige. Mais rien de tout cela, juste le calme. Un calme ne sonnant pourtant pas la résignation, juste le calme d’une âme qu’on apaise : une âme aussi vieille soit elle, aussi abimée soit elle, ce n’est qu’une chose toute petite, toute molle et dont la lumière vacillante à l’instar de celle d’une bougie, menace de s’éteindre si d’aventure on parle trop fort. Et cette petite âme Ziggy pouvait la serrer entre ses doigts. Il avait l’impression qu’en la gardant dans le carcan de ses phalanges, malgré l’apparence de son corps de glace, fantomatique, il pourrait la réchauffer; comme on prendrait entre ses mains, avec un soin constant, un oiseau tombé du nid. 
Il ne pensait pas qu’il était possible de retenir la brume dans la chaleur de ses bras.
Et pourtant elle était là. 

Et tandis que sa main appliquait un mouvement de caresses sur l’épaule de la brume, juste assez fort pour faire passer toute sa tendresse, juste assez doux pour ne pas froisser l’étoffe vespérale et intangible, il sentait naitre en lui une petite chaleur : alors qu’il tentait de protéger la flamme de cette petite bougie il semblait qu’une autre s’était allumée en lui. Peut être était-ça, leur vie, leur feu interne, leur soleil. À eux, ces créatures de nuits, ces monstres qui fuient la lumière inquisitrice du jour. C’est dans la nuit et son manteau d’ombre qu’on voit briller les étoiles. Ziggy aimait le noir, c’était idiot d’avoir peur du noir. Le noir était semblable à cette étoffe maternelle qui vous berce car douce et chargée d’un parfum familier. Le genre de tissu, doux et fluide, qu’on presse contre son visage pour s’en emplir et le nez, et les yeux.  Et cette étoffe, cette odeur avait en cet instant une odeur de scène, de poudre et de paillettes, de verger dans les premières heures du matin. L’odeur de ces milliers, que dire, ces millions de gouttelettes en suspension dans l’air, créant la brume, qui venait caresser sa peau, comme si l’air ambiant c’était mis à pleurer avec elle. Il se sentait aventurier dans une grotte pleine de mystères, humide et sombre, ancienne, décoré de ces milliers de cristaux brillants alors qu’il avait l’honneur de tenir entre ses mains le plus précieux des joyaux. 

«  Reste avec moi. » Et le cristal entre ses doigts, maintenant ampli de la tiédeur de sa peau, de son sang pulsant dans ses veines se mit à vibrer de cette voix ancienne. Il il apparu que toute la pièce, son propre corps comprit se mit à vibrer à l'unisson. «  Surtout, surtout…  » joli, joli petit monologue qu’il écoutait avec attention, en buvant tous les mots comme assoiffé après une traversé du désert. « Ziggy… » une petite litanie, psaume doux qu’on se chante a soi même pour se rassurer. En murmurant on se rassérène, chantant, en se balançant, en se recroquevillant sur soi même on se protège de son monde trop grand, bien trop grand pour eux.  «  Resteras-tu avec moi ? »
Il ne répond pas.  Il n’a pas besoin de répondre. Les mots qu’est ce que c’est les mots, juste un moyen de se défendre du silence. Il fait peur aux gens le silence, l’absence de communication verbale les effraie ça Ziggy l’avait compris. Les gens parlent pour ne rien dire et ont oublié comment parler sans rien dire. Il bouge ses bras doucement pour venir prendre en coupe le visage rond de la petite femme de brume, histoire de figer son visage en face du sien. D’un air neutre il établi un contact visuel, vissant ses yeux dans les siens, se perdant dans le vert. Il lâcha son visage, la soutenant non plus pas la force de son corps, seulement par la force de son regard. 

  Il approche ses doigts dans un mouvement fluide de ses lèvres encore à moitiés colorées du maquillage de mime. Il fait mine, du bout des phalanges de tirer un pan de son visage vers le haut, figeant ainsi son faciès dans une expression grotesque de de demi-sourire. Ainsi, il s’attela à reproduire le même artifice de l’autre côté de son visage, se dessinant pour de bon un véritable sourire, doux et tiède à son image, qui valait tout les mots du monde.
Il fit glisser ses doigts dans le cou de la brume, les remonta jusqu’à ses joues, et avec une douceur infinie appliqua deux doigts sur les coins de ses lèvres. C’était peut être ironique pour un être comme lui, mais il allait lui apprendre à sourire. 

_________________
outre le silence je parle en  : #E0FFFF
↪ Marcel Marceau. a écrit:
" Avant de dire quelque chose, il faut s'assurer que le silence ne soit pas plus important. "



Ziggy's song ~the sound of silence, by Simon and Garfunkel.
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Voile de Brume et Rayon de Lune [ Rita Upset ]

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