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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]

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Llewyn O'Malley
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MessageSujet: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Jeu 23 Jan - 22:52

Nuit calme. Etoiles brillantes. Rues grises.
Douces nuances de noir et de blanc,
jolis diamants dansant sur l’eau,
lune pâle et tremblante,
emmitouflée dans son halo
s’arrondissant de jours en jours.

La quiétude s’installe sur Paris, qui à cette heure-ci, est déjà endormie. Tout est calme alors ? sur- oh ! qu’est-ce donc ?
Une silhouette agile, bondit de toits en toits. D’une adresse féline elle retombe sur l’ardoise sans un bruit, dansant sur le silence comme les diamants dans la nuit. L’ombre file, comme un moustique sur le dos d’un géant assoupit. L’éclaire sombre se pose sur un balcon. Il s’avance doucement, la lumière de la lune dévoilant son visage.
Llewyn regardait la ville. Ses yeux n’étaient plus d’une flaque noire, le trou béant de sa pupille, d’un appétit gargantuesque dévorait toute la lumière. Ses yeux étaient pupille, absorbant en bon trou noir la vision des reflets de la lune sur l’eau. Un éclaire orange le rejoignit, ronronnant doucement, fixant avec lui le même point invisible.
Le brun leva la tête et fixa la lune croissante. Il sourit, dévoilant des canines pointues brillant dans la nuit et passa sa langue dessus tout en lâchant un soupire ronronnant.
La lune montante exacerbait toujours ses instincts, il retrouvait alors ce sentiment de puissance et d’omnipotence : tout voir, tout entendre, tout sentir. Même le souffle du vent de contenait pas d’effluves qu’il ne pouvait définir,
qu’en pensez-vous ? se dit-il, Vous Zéphyr et Alysée.
Il ricana un instant et se laissa tomber dans le vide. Sûr de ses mouvements, le regard acéré, il se rattrapa sur une corniche un peu plus basse, fila en marchant sur une gouttière et continua ses acrobaties silencieuses. Ça lui faisait aussi cet effet, il avait besoin de courir, de se dégourdir les pat-Jambes ! Jambes Llewyn ne l’oublie pas ! Il avait besoin de ces balades nocturnes, s’était un de ses rares plaisir que de retrouver toutes ses sensations animales, loin de toute ces brides que s’imposaient les humains, et loin des coins où allaient se cacher les légendaires. Il n’était ni comme l’un, ni comme l’autre. Plus un animal, mais pas un humain non plus. Il n’était pas une créature de mythe. Il était simplement… Lui. Llewyn O’Malley.
Les autres chats le regardaient passer, interloqués. Quel drôle de chat ! se disaient-ils. Qu’il est gros ! Et comme il a peu de poils ! Mais ça pour sûr, il sent le chat à plein nez, mais il a tout d’un humain.
Ils le saluèrent tout de même d’un petit concert de miaulements, auquel il répondit d’un signe de tête.

Il descendit des toits, sauta sur une poubelle et retourna sur le plancher des vaches, ces gros et lents feckin’ bouffeur d’herbe.
Il marcha d’un pas trainant le long de la rue, en direction des quais. Il reprenait son souffle tranquillement, sa respiration formant de légère volute de buée devant sa bouche, il ne faisait pas froid : juste assez bon.

Seul dans le silence résonnait le bruit de ses pas, il se sentait étrangement calme , peut être que la quiétude des quais y était pour quelque chose ?
Il regarda l’endroit où il avait laissé ses affaires quelques heures plus tôt, un rapide coup d’œil lui apprit que rien n’avait bougé. Il soupira et entreprit de se rouler une cigarette, debout face à la seine ondulant sous la lune.
Soudain un mouvement le fit se retourner d’un bloc. Ses yeux se rétrécirent en deux fente alors qu’il fixait la personne en face de lui.
Un homme. Entre 30 et 40 ans. Plus massif et plus grand que lui. Visage caché par l’obscurité. Des habits plutôt chic. Sent l’alcool et quelques relents de tabac froid. Un bosse dans sa poche : un couteau ?
Ils se toisèrent un moment. L’homme mystérieux brisa la tension grandissante en s’avançant vers le chat. Il le gratifia d’un sourire mauvais, étirant dans un rictus repoussant son visage rougeau. La voix éraillée et emprunte de méchanceté, fut comme une gifle dans le silence.

«  C’est pas très prudent de se balader seul dans la rue comme ça. Sois gentils, donne-moi ce que tu as, et je te laisserai tranquille. »

L’homme était un tel cliché du voyou de base que Llewyn en aurait presque rit. Avec ce genre de type, pas la peine d’essayer de discuter. Ce n’était pas comme les petits magouilleur ou les gens vraiment dans la misère qui n’avaient plus que l’agression en dernier recourt. Ce genre de type prenaient leur pied en faisant ça. Ils étaient répugnant. Ce qui répugnait le plus l’irlandais, c’était que cet homme n’avait même pas l’air d’avoir vraiment besoin de son argent .Costume assez chic, odeur d’alcool et d’opium : tout d’un habitué d’un cabaret ou d’un club. Un proxénète peut être ? C’était plus probable vu son allure…
Se campant lentement dans une position de défense il observa la montagne qui lui faisait face. Il Semblait lourdaud et avoir l’esprit embué par les drogues. Il devrait pas avoir de mal à le neutraliser.

« Hgn ! Et si je te dis que tu peux aller te faire voir ? ça te suffira ? »

Mauvaise Reponse.Previsible.
D’un coup le voyou fonça sur lui, il esquiva et se retourna juste assez vite pour voir un énorme poing s’abattre sur lui. Il plaça d’un geste rapide son bras en protection et encaissa le choc, essayant de soutenir la force de son adversaire. Mais si cela continuait ainsi, il serai vite écrasé. Il se reprit et donna un coup de talon dans la bedaine de l’autre. Il se plia en deux sous le choc, ce moment de répit fut crucial pour le chat qui put reprendre sa respiration. Mais il ne s’attendait pas à ce que le patibulaire reprenne aussi vite du poil de la bête et l’attrape par les poignets.
Il sera les dents, la poigne de l’autre était si forte qu’il ne pouvait plus bouger, sans compter que la pression sur les cicatrices de ses poignets était particulièrement désagréable. Il inspira de façon résignée et assena un bon coup de tête à son opposant, le faisant tomber et lâcher prise, complètement sonné. Lui aussi voyait tourner les pavés autour de lui mais il se ressaisit  et sauta sur son adversaire. Il enserra son large cou avec sa main, sans vraiment l’étrangler, juste histoire de le dissuader de bouger. Il haletait un peu mais souriait.

«  alors feckin’ guy ? tu fais moins le malin maintenant ! »

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Lun 24 Fév - 15:47


    « Andréa, où est-ce que tu vas ? Ton oncle sait que tu sors ?
    - Je ne rentrerai pas tard Snorri, promis.
    - Attends ! Tu pourrais quand même...
    - À plus tard ! »

    Le louveteau fila, happé par l'obscurité de la nuit tombante.

    Emmitouflé dans sa vieille veste brune aux coudes rapiécés, il enfila sa gavroche et prit la direction des quais d'un pas léger, l'étui de son violon en main. Un fin sourire éclairait son visage, tandis qu'il fredonnait en boucle une mélodie dont il avait eu l'idée dans la journée. C'était un air entraînant, coïncidant parfaitement avec son humeur du moment. La journée avait été agréable et pour une fois, elle ne comptait aucun accident majeur. Il y avait bien eu un verre de brisé, en plus d'une petite altercation avec une artiste capricieuse, mais rien n'avait réussi à entacher l'allégresse installée dans son cœur. Andréa se sentait prêt à soulever des montagnes, et n'avait qu'une hâte, celle de sortir son violon et de jouer sous le clair de lune.

    Il emprunta donc la rue des Grands Augustins, comme il en avait l'habitude, et entreprit de rejoindre la Seine. Il longerait ensuite le cour d'eau afin d'atteindre le Pont des Arts, situé à une quinzaine de minutes de marche du cabaret. C'était là-bas, qu'il avait trouvé un petit endroit, près des flots, où personne ne venait le déranger lorsqu'il jouait. Il se hissait sur l'une des arches de fer du monument et caressait les cordes de son archer, sans que l'on puisse le voir. Il restait des heures, enchaînant les notes pour lui et pour les quelques passants qui s'aventuraient sur la passerelle métallique voilée par la nuit.

    L'heure tardive avait rendu la rue déserte et seuls les pas du louveteau résonnaient sur le pavé glacial de la capitale. Il n'était pas pressé. Il avançait avec toute la quiétude d'un jeune homme de son âge, prenant même le temps de s'arrêter devant une petite boutique dont la devanture était éclairée par la faible lueur d'un lampadaire à gaz. C'était un petit magasin d'antiquité à la vitrine surchargée en vieillerie. L'une d'elles attira particulièrement Andréa qui colla son bout du nez tout contre la paroi glacée, écarquillant les yeux devant le chef d'œuvre qui s'offrait à lui.

    « Un Amati... » Murmura-t-il, comme s'il craignait qu'un éclat de voix ne brise l'instrument qui trônait fièrement dans le fond du magasin.

    C'était un vieux violon auquel il manquait plusieurs cordes et dont la caisse avait, visiblement, été bien abîmée. Il devait émettre un son atroce, mais Andréa le regardait comme s'il s'agissait d'un fabuleux trésor. Enfant, son père lui avait expliqué la différence entre les violons et il lui avait parlé de ce luthier, Andrea Amati, dont les instruments étaient réputés pour la douceur de leur son. Il lui avait dit qu'il avait eu la chance d'en entendre un, une fois, et qu'il devait son prénom à cet artisan de génie. Il n'en avait pas fallu d'avantage pour que le gamin qu'il était se promette de jouer, un jour, d'un tel violon. Et voilà que l'un d'eux se tenait face à lui. Il retint son souffle en essayant de lire le prix masqué par l'ombre d'une bibliothèque. Malgré sa vue de lycanthrope, il fut bien incapable d'en discerner les chiffres et reprit finalement sa route en se promettant de revenir dès le lendemain.

    Des idées plein la tête, le jeune homme allait atteindre les quais lorsque, arrivant à un embranchement, un éclat de voix lui fit tourner la tête.

    « Tu fais moins le malin maintenant ! »

    Dans la rue voisine, une rixe avait éclaté. Andréa y remarqua deux hommes, à quelques mètres de lui, dont l'un avait pris le dessus et s'apprêtait à étrangler son adversaire. Une faible odeur d'alcool vint lui chatouiller les narines, et il ne lui en fallut pas plus pour comprendre quelle triste scène se déroulait devant lui.

    « Hey ! Vous ! »

    Le louveteau n'hésita pas une seule seconde à se jeter dans la bataille. Il posa son étui au sol et rejoignit le duo en quelques rapides enjambées. Sans laisser le temps à l'agresseur de se dégager, le jeune homme l'agrippa des deux mains par l'arrière de son manteau et le souleva, l'éloignant d'un geste vif de sa victime. Et une fois l'individu sur ses pieds, Andréa, guidé par l'instinct, s'empressa de l'empoigner par le col et de le plaquer contre le premier mur venu, plongeant ses iris noisette dans celle de son vis-à-vis.

    « C'est quoi votre problème ? Laissez-le tranquille !
    - Ouais ! Laisse-moi tranquille bordel ! Et p'is file moi ton fric hein ! »

    Andréa resta interdit, observant son prisonnier avec attention sans comprendre pourquoi la voix qu'il venait d'entendre ne sortait pas de ses lèvres. Il entrouvrit la bouche, guettant une nouvelle parole, jusqu'à ce qu'une main ne se pose sur son épaule, le faisant sursauter. Il se retourna brusquement, relâcha son étreinte et tomba nez à nez avec la victime qui l'attrapa par sa boutonnière - ou tout du moins essaya - avant de vociférer à nouveau :

    « Toi aussi ma mignonne, file m... »

    Le coup partit avant même qu'Andréa n'en eut conscience. Une gauche magique qui s'écrasa violemment dans le visage déjà tuméfié du gorille, le déformant en une grimace ridicule et dont deux dents furent projetées de sa bouche tordue. Le malabar vacilla, reculant sur plusieurs mètres et porta ses mains à sa figure en maugréant rageusement. Visiblement bien décidé à revenir à la charge, il sortit se sa poche un couteau dont la longueur de la lame n'avait d'égal que la lâcheté de son propriétaire.

    Le louveteau frissonna, massant sa main encore endolorie par le choc, osant à peine se retourner vers l'homme qu'il avait malencontreusement malmené un peu plus tôt. Il trouva tout de même judicieux de glisser à mi-voix :

    « Peut-être que... »

    Mais déjà, un rugissement enroué résonna entre les murs de la ruelle et dans un élan animal, leur agresseur se jeta sur eux.


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Llewyn O'Malley
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Ven 7 Mar - 21:00

Sous les doigts du chat palpitaient faiblement de petites pulsations. Des boum-boum qui résonnaient lourdement dans la jugulaire de son propriétaire, écho au cœur qui bat, au sang qui coule et qui pulse dans ces veines gonflées par la peur et l’impuissance. Cela pouvait faire tourner la tête de plus d’un : cette situation de tout puissance, se sentir l’égal de dieu, pouvant décider d’une pression de la vie ou de la mort d’une de ces créations. Les chats sont des prédateurs, réputé pour être sadiques et cruels avec leurs proies, pourtant Llewyn n’aimait pas mettre fin à une vie, il avait depuis longtemps apprit à dépasser ses bas instincts et à estimer la valeur d’une vie humaine. Il aimait bien laisser parler ses poings (sans animosité) quelques fois, et même quand il avait trop bu il lui arrivait de se battre avec n’importe qui, mais tuer ? Être un assassin ? jamais, c’était pas pour lui et il avait autre chose à faire de sa longue vie que de purger une peine pour meurtre .Ou alors dans les règles de l’art du duel ! Deux témoins par personnes, le choix des armes  et un rendez-vous.
Enfin bien sûr, que si cela engageait son honneur.
En ce qui concerne l’instinct de survie par contre… Poussé dans ses derniers retranchement, il n’était pas sûr de garder ses si nobles valeurs. Il évita de s’étendre sur le sujet, il faut éviter de songer à certaines choses quand on a du vécu.
Perdu dans ses pensée toujours en exerçant une pression dissuasive sur la gorge du malfrat, il en avait oublié d’être prudent. Un erreur de débutant que de ce croire seul et protégé la nuit dans Paris.
Aussi sursauta-il quand un éclat de voix brisa le silence. Il eut un peu de mal à comprendre la suite des événements, complètement pris au dépourvu.
«  what the- »
Il se sentit vivement tiré en arrière par l’arrière de son manteau, la vivacité et la force du nouvel arrivant le surprirent d’autant plus. Mais que ce passait il ? Le couard avait un complice ? Bon dieu il s’était fait avoir comme un bleu, évidement que l’autre n’était pas assez bête et bien trop lâche pour s’attaquer seul a une personne. Son petit copain devait surveiller la scène depuis le début, caché dans un coin.
Il voulut se retourner pour faire face à son nouvel adversaire, mais n’en eut pas le temps car celui-ci s’en était déjà reprit a son manteau et s’en servait pour le plaquer durement sur un mur. Il sentit son dos claquer avec violence contre la pierre froide, cela lui tourna quelque peu la tête mais il s’obligea à ouvrir les yeux pour enfin voir le visage de son ennemi. Et, il ne put s’empêcher d’afficher un air complétement interloqué. Celui qui le tenait avec force contre le mur n’était qu’un gamin maigrichon, aux cheveux noir en bataille et au visage fin ces trait s’étant durci en perspective de la rixe. Ce gamin était-il vraiment l’allier du proxénète ? Llewyn eu un peu de peine pour lui croyant que c’était le cas : les gamins ne méritaient pas de fricoter avec de pareilles feckin’ fripouilles… Il voulut dire quelque chose, mais la pression que le garçon exerçait sur sa gorge l’empêchait de parler.
Et l’action suivante fit redoubler son sentiment d’être totalement perdu.

« ouais ! laisse-moi tranquille bordel ! et pis file-moi ton fric hein ! »

Il vit la main de l’autre se poser sur celle de son bourreau. Celui le relâcha et le chat du s’appuyer au mur sous le coup de la surprise, il releva la tête vers les deux autre et observant. Mais qu’est ce qui se passait ici ?

« Toi aussi ma mignonne, file m… »

Ma mignonne ? Ah, ça il doutait que ce lui soit adressé. Et le coup que le rustre prit dans la figure ne fit que le conforter dans cette idée. Le chat soupira, il commençait à comprendre… Mais quel sale gosse…
Un sauvage rugissement le rappela a la réalité. Ses reflexes félins lui permirent de bondir entre le gamin et l’autre animal, afin de placer un bon coup de pied dans le bas ventre de celui-ci, l’envoyant valser. Llewyn n’avait pas de force surhumaine, mais là, il était en colère et cela se ressentait dans toute sa physionomie. Il se retourna vers le gosse qui était peut-être en train de réaliser sa méprise, mais cela ne calma pas le barbu pour autant qui le saisit par l’oreille le foudroya du regard plongeant dans les iris noisettes la noirceur sans fond de ses pupilles totalement dilatées.

«  Non mais on peut savoir ce qui t’as pris toi ? » lui dit-il, criant presque, sa voix chargée de reproches  « T’as voulu jouer les héros ? c’est ça ? tu te rend compte que ça aurait pu mal finir pour l’un de nous deux ? Je pense pas que celui qui supporte un empoté comme toi aurait voulu te voir abimé ! Bloody…  Et puis ça va pas d’attaquer les gens comme ça ? Si ça ne tenait qu’à moi je te ramenerai chez toi et te ficherai la rouste de ta vie, non mais j’te jure ! You little f- »

Il aurait pu continuer ce sermons des heures, s’il n’avait pas été stupidement aveuglé par la colère…
Il avait en effet oublié l’autre lourdaud, pensant que ce coup de pied aurait été suffisant. Grossière erreur Llewyn, Déjà ta deuxième, et celle-ci eu des répercutions beaucoup plus grave.
Le vil truand attrapa Llewyn par derrière et plaqua la lame de son couteau contre sa gorge, se servant de ses autres bras pour entraver tous ces mouvements tirant son dos de façon très désagréable. Le chat émit un miaulement de surprise et de douleur mêlée.

« toi mignonne ! Sois gentille, file moi c’que t’as sur toi… et ton truc la-bas » Il désigna l’étui d’un coup de tête « J’te préviens pas d’embrouilles sinon, je le saigne comme un porc ! »

Comme une menace il accentua la pression sur le couteau, entaillant légèrement la gorge blanche de sa victime, y faisant perler quelques gouttelettes de sang.
Llewyn senti la main de l’homme passer sous son manteau, il fut agité d’un frisson de dégout alors que l’autre ne se gênait nullement pour palper ses poches, il détestait être dans une telle position de faiblesse tant et si bien qu’il esquissa un mouvement de recul. L’autre l’immobilisa encore mieux, remontant son couteau et enserrant la gorge du chat grâce à son bras, lui tirant la tête en arrière et bloquant sa respiration. Il suffoqua… il fallait que quelque chose se passe, vite, car à chaque minute qui défilait il sentait de moins en moins ses jambes et avait d’autant plus de mal à respirer…


meow:
 

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Dim 27 Avr - 11:02


    « Non mais on peut savoir ce qui t'a pris toi ? »

    Chose étonnante, Andréa se posa approximativement la même question lorsque, après son sauvetage – des plus manqués, il fallait l'avouer –, il eut droit à une tirade de réprimandes, ponctuée d'un vocabulaire aux sonorités étrange et sans la moindre signification. Il grommela, protesta même, en essayant de ce défaire ce cette étreinte humiliante infligée par un inconnu empestant la cigarette, mais ce fut en pure perte. Et comme il renonçait à le frapper il dut subir, avec le peu de patience qu'il possédait, ce monologue infernal que les grandes personnes croient indispensable, en particulier lors des instants les plus critiques de l'existence. Et ce cas ne fit pas exception.

    Aussi, tandis que son nouvel et charmant ami des leçons inutiles s'appliquait à enseigner sa méthode, leur assaillant revint à l'attaque dans le silence le plus total pour finalement passer sa lame sous la gorge du barbu, délivrant par la même Andréa. Le louveteau se redressa vivement, passa sa main sur son oreille endolorie tout en prenant rapidement ses marques sur la nouvelle scène dont il était désormais l'un des acteurs principaux. Il jeta un regard noir à leur agresseur lorsqu'il le confondit à nouveau avec une jouvencelle, mais ses iris se firent plus dures encore lorsqu'elles se posèrent sur cet idiot, au vocabulaire farfelu, qui venait de gâcher les secondes cruciales d'une fuite en remontrances. Les poings et la mâchoire serrés, frémissant de rage, le jeune homme ne put d'ailleurs pas contenir un mot glacial à l'encontre de ce dernier :

    « Ça vous arrangerez bien maintenant, que je joue les héros non ? Elles étaient bien utiles vos leçons à deux francs. »

    La petite montagne de muscle qui bloquait habilement le clochard s'impatienta. L'homme resserra son étreinte au moins autant que la pression de sa lame qui entailla très légèrement le cou de son prisonnier, lançant d'une voix aussi rauque qu'implacable :

    « Bouge-toi la demoiselle ! Vous règlerez vos affaires de couple une autre fois ! »

    Andréa du prendre sur lui pour ne pas lui sauter à la gorge et l'étriper vivant, mais la raideur de ses muscles et son visage fermé trahissaient sans mal le fond de sa pensée. Pourtant, il obtempérera. Mais avait-il le choix ? Rebroussant donc chemin d'un pas lent, le jeune loup tâchait de réfléchir à une solution, car il n'envisageait pas une seule seconde de laisser son violon aux mains d'un tel individu. Les pensées se bousculèrent avec rage dans son cerveau, s'entrechoquant avec tant de violences que la seule s'en échappant, martelait quelque chose semblable à : « Explose-lui le nez ! » Autant dire que, galvanisé par l'ardeur de l'animal grondant en lui, le garçon était incapable d'émettre la moindre stratégie. Tout ce qui comptait, c'était de le mettre en charpie et ça, il se l'était promis, il ne se raterait pas.

    Il récupéra l'étui de son violon.

    « Allé ma jolie, pas de geste brusque maintenant. Donne-moi ça comme une brave petite. »

    S'il visait bien, peut-être qu'en plus du nez, il pourrait faire sauter le reste de ses dents ? Le loup en lui hurlait. Il se savait capable de maitriser, et même de massacrer cet individu répugnant, mais l'humain tenait suffisamment bon pour qu'il se préoccupe encore de son otage, quand bien même ce dernier soit sensiblement stupide. Andréa inspira, discrètement, gorgeant ses poumons d'oxygène pour tenter de calmer la fureur instable qui coupait la circulation de ses poings, fermés avec la force du monstre qu'il était. Il s'avança d'un pas lent, la anse tordue de son étui en main.

    Se posa alors un dilemme pour leur agresseur. Ses bras étaient occupés et il lui était donc impossible de récupérer les prises de sa soirée. Son petit cerveau dut actionner le peu de mécanismes qui le composaient à vive allure, à la recherche d'une solution efficace. Cette réflexion était bien visible par le louveteau qui, tout près de l'individu, tendant son bien, attendait en silence qu'on l'en dépossède. Il remarqua sans mal les diverses mimiques qui déformaient tour à tour les lèvres, le nez ou les yeux de son vis-à-vis, restant sur ses gardes pour saisir la première occasion venue. Finalement, le musculeux mais piètre voleur, préféra abandonner la caresse de sa lame sur le coup du vagabond pour lui préférer une étreinte féroce, qu'il appliqua en enroulant son avant-bras autour de sa gorge et en serrant avec un soin insoupçonné chez lui. Cela lui permit de libérer son autre main qu'il tendit vers l'étui, un sourire édenté s'étalant sur son visage.

    Puis la poubelle tomba, le tirant de ses rêveries dans un sursaut.

    Andréa eut à peine le temps de voir une boule de poil s'en extraire que déjà, instinctivement, il enfonçait la tranche de son étui à violon dans le visage abîmé de leur agresseur. Et il l'y appliqua avant tant de force qu'il réussit, effectivement, à lui briser le nez en plus d'une dent de sa mâchoire supérieure. La caisse de bois et de cuire était tordue, mais le sans-le-sou était libre, son agresseur aillant abandonné sa prise sous le choc. Il tituba. Andréa revint à la charge avec rage, lui envoyant un coup de coude dans l'estomac qui le plia en deux, avant que ses jambes ne lâchent et qu'il ne se retrouve à genoux à terre la respiration coupée. Le jeune loup se dressait devant lui, essoufflé, mais fier, l'arguant d'une voix dénuée de toutes craintes :

    « Je suis un gars bougre d'andouille ! »

    Un petit gémissement s'échappa de ses lèvres pincées. Le jeune homme réprima difficilement un frisson plus intense que le tremblement qui agitait déjà tout son corps et il recula d'un pas. Le souffle court, il eut la naïveté de croire que tout cela était terminé et qu'il avait gagné. Andréa relâcha sa garde, vacillant un peu, encore sous le choc de cette violente adrénaline bestiale qui venait de lui ronger les nerfs. Puis un cliquetis le fit se raidir d'un bloc. Une voix le suivit.

    « Et bien Mulot, on se fait maltraiter par un gamin et un crève-la-faim ? J'peux vraiment pas te laisser tranquille plus de deux minutes.
    - F'uis dévolé Busard. J'voulais juste m'amuver un peu.
    - Ouais, bah te voilà bien avancé. »

    Le point rouge d'une cigarette brilla un instant dans l'obscurité de la rue. Elle fut rapidement remplacée par la pointe d'un canon de revolver qui sortit des ténèbres. Il précédait un bras fin appartenant à un individu pas très grand, glabre et au nez aquilin. Ses cheveux sombres étaient recouverts d'un petit chapeau de feutre qu'il releva pour mieux saisir la scène. Son regard perçant, glissa d'Andréa, qu'il avait en joue, jusqu'au vagabond qu'il sembla reconnaître. Un sourire fin étira ses lèvres, et tirant une bouffée de cigarette de sa main libre, il lança :

    « Allé, on vous emmène. J'suis sûr qu'vous amuserez l'patron tous les deux. Puis comme vous m'avez bien l'air de deux pouilleux, ce s'ra une façon d'rembourser les dégâts que vous avez faits à Mulot. »

    Les iris d'Andréa glissèrent jusqu'à son compagnon d'infortune qu'il questionna d'un air inquiet, avant qu'un soupir ne lui soulève les épaules. Finalement, il ne jouerait pas sa mélodie ce soir.



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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Ven 27 Juin - 22:30

Ah la mort. Une drôle de chose que la mort. Llewyn y avait été confronté plusieurs fois. La mort, c’était comme une fille un peu collante dans un bar, ou la pluie qui tombe au mauvais moment sur votre tête.
Il ne pensait pas vraiment mourir en ce moment, où cela aurait été bien bête pour lui. S’échiner à survivre après moult péripéties et une bonne centaine d’année le tout pour finir saigner au fond d’une ruelle, un soir qui avait pourtant si bien commencé. Alors quoi ? ça vie allait s’arrêter ici ? Après tout qu’est-ce que la vie quand on a vécu si longtemps et vu tellement de choses ?

Llewyn, Llewyn, lui souffla la petite voix dans sa tête, crois-tu qu’il est vraiment temps de s’abandonner à de telles réflexions métaphysiques ? Il y  a actuellement plus important non ?
Gourde de petite voix, elle avait bien souvent raison. D’ailleurs ou s’était-elle fourrée lorsqu’il en avait besoin ? Non évidement il fallait que madame s’absente, le laisse faire des conneries et puis vienne lui faire des remontrance une fois qu’il était en très mauvaise posture.
Etait-il vraiment en train de se parler a lui-même ? Mon dieu c’est que l’air commençait à lui manquer.
Mais actuellement la pression et la doucereuse caresse du fer sur sa gorge nue commençait à l’inquiéter plus sérieusement.

« Ça vous arrangerez bien maintenant, que je joue les héros non ? Elles étaient bien utiles vos leçons à deux francs. »

Il grogna. Oui, bon il s’était un peu emporté, mais était-ce vraiment le moment de faire de l’esprit ? Ce gamin continuait de l’agacer, même lorsque sa vie était menacée. D’ailleurs, oui il aurait bien aimé qu’il joue les héros là tout de suite, parce que c’est pas qu’il commençait à baliser, mais c’était un peu le cas.
Il avait dans le nez l’odeur de la panique, de l’adrénaline et de la mort ; En plus des horribles effluves qui emmenaient de son bourreau, ce pupilles étaient devenue invisible tant elles étaient fendues et étrangement , ses ongles semblaient plus pointu et tranchant de même pour ses canines qui brillait lorsqu’il ouvrait la bouche, tentant vainement de reprendre de l’air, mais ne pouvant que sortir un gargouillement étouffé.

« Bouge-toi la demoiselle ! Vous règlerez vos affaires de couple une autre fois ! »

Il donna un coup de pied à l’autre lourdaud. M’enfin, était-ce possible d’être idiot à ce point et de ne pas faire la différence entre un garçon maigrichon et une jouvencelle ? Pas que l’insulte le touche directement, il se fichait que la fierté du gamin soit piquée au vif, car actuellement c’était la sienne qui était en jeu. Il n’aimait pas se faire avoir par plus idiot que lui.
Bien sûr Llewyn ne se targuait pas d’être un homme intelligent ou cultivé. Il se savait assez fin lorsqu’il le voulait, mais le voulait rarement, alors le reste du temps il préférai passer pour un inculte et un imbécile, au moins on lui foutait la paix. Et puis dans la rue c’est pas des mots qu’il te faut c’est de la gueule, et un peu de ruse.

« Allé ma jolie, pas de geste brusque maintenant. Donne-moi ça comme une brave petite. »

C’est ça, c’est ça, songea Llewyn, obéit lui, libère moi et promis je m’excuserai. Mais avant je lui pèterai les dents et lui ferai bouffer une à une, jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter. Mais évidemment sans dents ça sera beaucoup plus long de supplier et entre temps j’aurai le temps de faire milles autres…
D’un coup la pression sur sa gorge se fit beaucoup plus forte. Il suffoqua légèrement et s’arrêta dans son monologue des plus sadiques.
Puis le reste, ça se passa plutôt vite. En même temps le manque d’air dans sa cervelle lui embrumait un peu l’esprit et la rapidité des événement ne l’aida pas non plus. Un bruit de ferraille, des pas feutrés, Et puis le craquement si particulier d’une mâchoire qu’on démolit.
L’autre l’ayant lâché, il tomba à terre à genoux, tentant de reprendre sa respiration, mais l’air si quémandait entrait à grosse goulée dans ses poumons de fumeur, lui brulant la trachée et lui dilatant les bronches. Promis, il arrêtait de fumer.

« Je suis un gars bougre d'andouille ! »

Le chat ne put s’empêcher de sourire à la remarque. Et bien au moins ça savait se faire respecter quand ça voulait, et jouer des poings d’ailleurs quelle force eton…
Il se stoppa de suite. Mais… Comment n’avait-il pas remarqué plus tôt ? Comment avait-il pu être si aveugle, enfin pourquoi il n’avait pas senti ça ?
Dieu que ça empestait le loup. Ou plutôt le loup déguisé en humain, une bête en cage, furibonde dans des frêles barreaux de chaire. Il déglutit, s’il avait su, il n’aurait pas été si énervant avec l’adolescent maigrichon, il tenait à la vie et savait qu’il en coutait d’énerver un Feckin’ Werewolf…
Prenant appuis sur ses mains encore un peu tremblantes, il se releva alors qu’un éclair orangé lui filait entre les pieds. Le chat ? Il était donc l’auteur de ce grabuge dans les poubelles, sacré bonhomme et…
Le brun haussa un sourcil voyant le poil hérissé et les yeux luisant de son compagnon, une voix lui fit tourner la tête.

« Et bien Mulot, on se fait maltraiter par un gamin et un crève-la-faim ? J'peux vraiment pas te laisser tranquille plus de deux minutes.
- F'uis dévolé Busard. J'voulais juste m'amuver un peu.
- Ouais, bah te voilà bien avancé. »

Il ricana en entendant la voix de son agresseur, le petiot ne l’avait pas loupé, mais il se stoppa immédiatement en croisant le regard du nouveau venu. Feck, ils étaient mal.
Ils se jaugèrent un instant, se reconnaissant, fouillant dans leurs mémoire respective où ils avaient bien pu se croiser.
Puis, cela fit tilt dans la caboche du chat.

Busard, ouais le nom lui disait vaguement quelque chose, mais la tête lui parlait plus. Il se souvint avoir croisé cet homme au nez de piaf un soir dans une ruelle, il était parti aider Lizzie aux prises avec des clients trop insistant…Une fois la rixe terminée et les malotrus qui importunait la jeune fille mis en fuite, il avait vu tapis dans l’ombre cet homme qui veillait au grain. Bien sûr il avait assisté à toute la scène, croyant voir sans être vu, mais c’était sans compter sur la vision du chat.

« Allé, on vous emmène. J'suis sûr qu'vous amuserez l'patron tous les deux. Puis comme vous m'avez bien l'air de deux pouilleux, ce s'ra une façon d'rembourser les dégâts que vous avez faits à Mulot. »

Shit. Llewyn commençait à comprendre dans quel merdier ils s’étaient fourrés, et ça n’allait pas être facile d’en sortir. Il essaya d’analyser toutes les potentiels échappatoires, jusqu’à ce que son regard tombe inexorablement sur le canon du revolver. Ils avaient l’avantage sur eux effectivement.
Le brun croisa le regard inquiet du petit et nota bien son soupire. Lui aussi avait compris que maintenant leur petite querelle de tout à l’heure était bien dérisoire, c’était à oublier s’ils voulaient s’en tirer vivant, ou du moins avec tous ce qu’il faut, là où il faut.
Il s’approcha lentement levant une main, signe qu’ils n’étaient pas armés, puis il posa l’autre doucement sur l’épaule du plus jeune et dis à voix basse .

«  tache de tenir la bête, j’te promets qu’on s’en sort sans rien si on fait pas les cons. » il ajouta dans un sourire «  dur pour un vieux con comme moi hein ? »
Le ton se voulait rassurant. Il ne pensait pas vraiment que le gamin avait peur, non il n’avait pas l’air farouche, mais c’était une manière de montrer que pour le coup, il avaient tout intérêt à se serrer les coudes.


Dans une ruelle étroite, cinq ombres se détachaient dans la pénombre. Llewyn, sa guitare à la main le chat à ses pieds, détaillait avec de rapide coup d’œil chaque recoins, essayait de retenir chaque détails pour se retrouver. Une chose était sûre, ils étaient encore près des quais et le barbu reconnaissait le quartier… pour sûr il y était déjà venu !
A côté de lui marchait le Gamin... Le Gamin faudrait peut-être qu’il songe à lui demander son prénom. Bien sûr ce n’est pas dit qu’il l’appellerait par ce même prénom, le vieux étant plutôt du gère à fonctionner par surnoms. Il s’apprêta à dire quelque chose mais l’édenté et son copain qui enfermaient la marche de chaque côtés, lui firent signe de se taire.
On les fit entrer dans une sorte de bouiboui déluré, perdu au milieu d’une vieille ruelle. Il était totalement vide pour le moment.
Y’avait de quoi se sentir mal à l’aise la dedans, surtout pour deux mi-animaux comme eux. L’odeur de luxure se mélangeait avec celle de la pourriture. Les effluves de moisit des gros rideaux de velours qui retenaient toute la poussière empêchaient de respirer correctement et, pour quelqu’un dont la vision était lambda, il était surement difficile de se repérer dans la pénombre.
Ils se retrouvèrent seul, leurs deux voyous s’étant pour un moment absentés dans les profondeur  du lupanar. Ils en revinrent bien vite, avec un type –leur chef a n’en point douter- que Llewyn connaissait tout de suite un peu mieux. Un type d’âge mur, qui avait surement fait de la flanelle dès son plus jeune âge. Un type qui sentait le malsain à plein nez et qui pourtant en apparence avait l’air propre sur lui dans son trois pièces de bonne qualité.

«  Tiens donc… ça ne serait pas l’Irlandais ? Tu fais parler de toi tu sais… oui… j’me souviens. C’est toi qui avait filé une rouste à mes clients ! »

Et voilà, ça lui revenait maintenant. Ce type était le proprio du boxon dans lequel bossait sa petite Lizzie. Cela expliquait pourquoi il avait aperçu Busard en collant une bonne raclé à ses troufions de clients, ouch, ce n’était pas vraiment un bon point pour lui.

«  Monsieur Seguret en personne » il siffla d’admiration feinte, où transparaissait l’ironie. «  quel honneur de s’faire sermonner par le chef des bordels de Paris »

Mauvais plan Llewyn. Il reçut en tout et pour tout un bon coup de poing dans le ventre, alors qu’il était tenu par le mulot édenté.  Il grogna alors que l’autre s’étirait la main. Il était susceptible effectivement, il avait appris par Lizzie que les temps étaient rude pour les bobinards de la capitale.

«  Ne joue pas au plus malin cours-misère…  Qu’est ce qui t’amène ici ? C’est le patron du Lost qui t’envoie c’est ça ? en échange d’un verre tu lui vends des informations sur moi ? Et c’est qui lui ? un nouveau gosse qui s’est entiché de toi ? il t’aide c’est ça ? » lui cracha Seguret au visage alors qu’il le tenait par le col. «  me roule pas. Je sais que tu traine au 52 rues des arts. »

Ah c’est vrai, Seguret ne supportait pas les cabarets qui lui faisaient de la concurrence. En particulier celui du lost paradise qui actuellement jouissait d’une publicité inouïe avec ces affaires de meurtre, ça avait le don de mettre leur hôte en rogne, alors mieux valait-il éviter le sujet.
Un chose le rassurait cependant. L’autre semblait penser qu’il connaissait le Gamin… ça pouvait lui donner matière à broder un joli petit mensonge qui pourrait les sortir de là. Effectivement Llewyn était doué pour mentir, il était un conteur, raconter des bobards c’était son rayon.
Mulot l’ayant lâché il se dégagea violement de l’étreinte du type qui lui faisait face.

«  Lâche moi ! » feula-t-il en remettant le col de sa chemise en place «  Tu sais très bien que j’fricotte pas avec les types qui ont la gueule en coin de rue et que j’peux pas cerner ! » Puis d’un geste réprobateur de la main il intima à Busard de lâcher le petit loup qu’il tenait par les épaules « et toi tronche de navet lâche mon associé ! »  

«  associé ? tu t’associe avec des gamin maintenant ? ça te suffit plus de leurs raconter tes bobards ? Tu bats la breloque mon vieux… »

«  tss la ferme » lui rétorqua t’il alors qu’il allait mettre un bras autour des épaules du plus jeune comme si effectivement ils se connaissaient. « Laisse ce pauvre petit tranquille, sa vieille tante fume une souche depuis peu. God bless her. J’la connaissait et sur son lit d’mort elle m’a supplié de prendre le gamin sous mon aile. Evidemment, j’ai pas dit non. »

Ça partait bien, très bien même. Les autres l’écoutaient parler relevant un sourcil, nullement touchés par cette histoire tragique fraichement inventée, mais c’était une histoire tellement plausible qui avait eu lieu tant de fois qu’elle en devenait comme banale. Et par conséquent tout à fait acceptable. Rajoutez à cela l’éloquence et la vivacité du chat, et vous voilà avec un beau mensonge bien monté. Par sécurité il continua quelques peu, priant pour que le petit ai la présence d’esprit de ne pas tout gâcher.

« Du coup me voilà entiché de ce gamin. Il est un peu simplet mais heureusement pour moi il sait gratter l’crincrin, du coup il m’aide à mendigoter. Ça fait toujours bien un gamin, ça fait s’apitoyer les donzelles et… »

«  C’est bon, épargne moi tes leçons de gueusage… » Le coupa Seguret, les bras croisés, impassible.

Le chat de Llewyn lui tournait entre les jambes, le poil hérissé. Effectivement il y avait de quoi ne pas être rassuré. Mais pour l’instant tout allait bien.
Enfin, c’est ce que le chat pensait avant que son vis-a-vis ne le gratifie d’un sourire mauvais, dévoilant une rangée de dents blanches étrangement bien rangées. Trop bien rangées. Ça donnait envie au chat d’y mettre un peu de désordre avec un coup de poing bien placé. Mais il se ravisa vite, essayant de garder le peu de clame qu’il avait réussi à rassembler.

«  Eh bien, eh bien. Qu’elle drôle de coïncidence. J’imagine qu’en plus de lui apprendre à mendier tu lui apprend à rixer avec les honnêtes gens, qu’avez-vous fait à ce pauvre Mulot… tutututu vraiment vous allez devoir vous faire excuser. »
il porta la main à son visage et se lissa le menton, prenant un faux air de réflexion intense. Puis, quand il parla  il accompagna ses dires d’un regard des plus torves vers nos deux infortunés. «  ouais c’est ça, vous allez commencer par nous jouer un petit morceau ensemble, c’est pas trop demandé non ? »

Le barbu se crispa. Feck. Double triple Feck de feckin’ sang de navet de proxénète de…
Il se força à se calmer une nouvelle fois, colla un sourire tout en dents sur son visage, et prétexta d’aller se préparer avec son binôme. Il entraina le gamin assez loin dans la pièce, assez pour que leurs trois ennemis qui parlaient entre eux leur lançant de temps a autre un regard méfiant, ne les entendent pas.
Llewyn posa son étui à terre, et l’ouvrit dévoilant sa guitare. Un bel instrument et qui, malgré les marques montrant qu’il avait bien vécu et beaucoup voyagé, ne pouvait cacher sa bonne facture.
Il attrapa l’instrument, le sortant de son carcan et commença à faire courir ses doigts sur le bois et les cordes cuivrées, triturant les clefs çà et là pour l’accorder.
C’est en observant les mains de Llewyn lorsqu’il jouait qu’on pouvait se rendre compte d’un détail, un détail qui passait jusqu’alors inaperçu  et qui pourtant pouvait interloquer. Les mains du barbu étaient certes grandes et abimées – c’est ce qu’on attendait des mains d’un vagabond-, mais en réalité en regardant de plus près on pouvait remarquer qu’elles étaient en fait extrêmement fines. Ses doigts étaient très long et leurs coupes ciselées, rien à voir avec des mains d’ouvriers ou de bucheron. On pouvait en être surpris car ces mains ne collaient absolument pas au reste de la silhouette.
Et c’était tout le contraire. Elles n’étaient que révélation.
En réalité Llewyn était très fin, voir maigre, très maigre. Sa grande taille accentuant ce détail. Mais montrer de tels signes de faiblesse extérieure alors qu’on vivait dans la rue, c’était courir à sa perte. Alors il usait de subterfuges, comme un chat qui gonfle ses poils pour paraître plus imposant. Un épais manteau et une chemise large suffisaient à masquer la maigreur d’un corps, ainsi qu’une épaisse barbe camouflait sans mal les joues creuses et les pommettes saillantes. Seules choses qui le trahissaient : Ses mains.
Mains qui d’ailleurs couraient à un rythme effréné sur les cases, tirant, pinçant les cordes, jouant une sorte de mélodie gitane dans le simple but de masquer leurs paroles.

«  Ecoute petit, j’espère que tu te débrouille avec ton violon, parce que ça risque de nous sauver la peau. Ils attendent de nous qu’on joue, et bien… j’te laisserai une base et à toi de montrer ce que tu sais faire dessus… » Il pencha la tête, et abandonna son éternel air grincheux pour quelque chose de plus engageant, un demi sourire d’où transparaissaient des dents pointues «  Au fait Gamin, moi c’est Llewyn. »

Lâcha-t-il avant de changer radicalement sa manière de jouer, voyant les trois filous approcher, préférant quelques accords, une base solide sur laquelle il serait aisé au gamin d’improviser. Il ne connaissait rien de son expérience en musique mais, dans le pire des cas, il pourrait rattraper les fausses notes. Il lui lança un regard, ça reposait sur lui maintenant.

hors jeu:
 

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Dim 13 Juil - 16:19


    Un mouvement et son épaule heurta celle de son acolyte d'infortune, sur il posa ses iris noisette, se souvenant des quelques mots échangés un peu plus tôt. Soit disant qu'il devait rester tranquille s'ils voulaient s'en sortir vivants, tenir la bête en somme. Encore une leçon de savoir vivre. Et puis quoi encore ? S'il y avait bien un endroit où elle lui était utile, c'était lorsque qu'il avait des ennuis !

    Minute... Comment savait-il ?

    Le jeune homme ouvrit la bouche, mais il n'eut pas le temps de placer un mot qu'une voix au timbre nasillard s'élevait dans la pièce. Un homme étroit, au regard pervers s'échappa de l'obscurité d'un couloir, Busard et Mulot sur ses talons. Vêtu d'une manière étonnement chic et coloré, il ne détonnait pourtant pas dans ce décor lugubre, les lumières vacillantes découpant nettement les traits vicieux de son visage. Andréa recula d'un pas. Tous ses sens étaient aux aguets, il était certain que quelque chose de dangereux se tramait. Son instinct lui hurlait de filer au plus vite, mais ses iris avaient trouvé la main de Busard toujours posée sur son arme, le faisant hésiter. C'était pour l'autre surtout, qu'il doutait. Le barbu était en grande discussion avec le barbillon et les retrouvailles étaient salées, dérapant sur une conversation qui convainquit Andréa de rester.

    Le nom de son oncle était entré dans l'affaire, ainsi que celui de son cabaret. Tendant l'oreille, il ne perdit pas une seule miette de la conversation, bien qu'incapable d'en comprendre certain passage. Plusieurs fois cependant, il ouvrit la bouche pour protester, n'appréciant nullement qu'on invente des sornettes à son sujet. Il n'avait pas de tente, et quand bien même il aurait compté la sœur d'Anastasia, elle ne fumait absolument pas des souches d'arbres ! Le vieux pouilleux ne se gêna pourtant pas pour en ajouter une couche, réveillant la colère d'Andréa à son encontre. Simplet ?! Le jeune homme lui asséna un coup de coude dans les côtes, et il lui aurait très certainement sauté à la gorge sans l'intervention de Busard qui l'éloigna de son « associé » en l'attrapant au collet, lançant plutôt amusé :

    « En tout cas il a pas peur de cogner le p'tit gars ! Pas vrai Mulot ?
    F'confirme... Mais f'est pas drôle Bufard. »

    Cela fit pourtant rire le concerné, qui desserra son étreinte sur la chemise d'Andréa, lui laissant un peu plus de libertés. Le jeune homme réajusta son col, posant un regard sombre sur leur interlocuteur que la remarque avait fait sourire, – un sourire bien trop propre pour être honnête – suivit de paroles qui firent tressaillir le garçon :

    « Ouais c'est ça, vous allez commencer par nous jouer un petit morceau ensemble, c'est pas trop demandé non ? »

    Jouer ? En public ? Andréa déglutit, resserrant son étreinte sur la hanse de son étui à violon. On l'entraîna à l'écart, et il observa, la mâchoire crispée, le vieux vagabond sortir sa guitare. Un rire nerveux souleva ses épaules, lorsqu'il comprit ce qu'on attendait de lui. Il recula d'un pas. Pâle comme un linge, il observa les doigts décharnés et abîmés de son interlocuteur parcourir ses cordes avec dextérité. La voix grave de ce dernier parvint difficilement à se frayer un chemin jusqu'à l'esprit paralysé du jeune homme qui comprit tout juste son prénom. Il y répondit d'une manière mécanique :

    « Andréa. »

    Devant eux, les trois truands prenaient tranquillement place à l'une des tables, arrachant un grincement sordide au bois de leur chaise lorsqu'ils s'y installèrent. Leur vue dégoûta Andréa, qui refusait de voir sa première scène se jouer devant un public de dépravé. Même la douce mélodie de Llewyn ne parvint pas à l'apaiser. Les mains tremblantes de rages, il ne bougea pas d'un pouce, soulevant une salve d'indignation. Les pieds posés sur la table, Seguret tira une bouffée de cigare, avant de se redresser visiblement mécontent. Son regard glissa du guitariste au violoniste avant de lâcher :

    « Tu fais ta diva l'miochard ? Pourtant j'ai pas l'impression qu'on t'laisse le choix, pas vrai Busard ?
    Tout juste patron. »

    De nouveau, le rapace retira le chien de son revolver, pointant le canon sur Andréa qui ne broncha pas, tenant tête avec l'assurance stupide des adolescents résolus à périr plutôt qu'à satisfaire l'égo disproportionné d'une petite bande de bandits ratés.

    « Pas lui triple buse ! Reprit Séguret en décalant la main de son subalterne vers Llewyn. C'est sur l'irlandais qu'il faut tirer s'il l'minot s'décide pas. Allé l'môme, j'suis grand prince, j'te laisse trois secondes. Une... »

    Andréa serra les dents. Sans un regard pour le guitariste, il resta debout, l'étui de son violon en main. Tous les muscles de son corps s'étaient tendus, dégageant les veines saillantes de son cou où le sang affluait et battait jusqu'à ses tempes endolories. Il cherchait une parade. Son regard passait frénétiquement d'un objet à un autre dans l'espoir d'y trouver son salut. Un cendrier, une carafe, une chaise abîmée, n'importe quoi qui lui aurait permis de réagir vite et bien. Mais rien.

    « Deux... Héhé, on dirait que ton associé te lâche l'escargot. Votre affaire aura pas fait long feu. »

    Busard ajustait son tir. Le jeune loup ferma les yeux et se pinça les lèvres. Parvenu à la conclusion qu'aucune autre solution n'était envisageable, il releva son étui, tâchant d'en défaire la serrure capricieuse de ses longs doigts tremblants. Son palpitant battait le rythme à une vitesse folle et il avait l'estomac prit dans l'étau de la colère et de l'écœurement, ce qui lui rendait la tâche, si simple en apparence, plus complexe que jamais. Malgré ses efforts, le verrou tenait bon, le plongeant dans une incompréhension totale. Balbutiant des excuses, il s'acharna sur le loquet lorsqu'une voix féminine, mêlée à un embrun douceâtre de rosée, gagna la pièce.

    « Alors Séguret, on inquiète les enfants ? Tu sais que c'est mal vieux grigou, les mômes sont chasse gardées quand je suis dans le coin et celui-ci plus qu'un autre. »

    Une très belle femme quitta les coulisses, engoncée dans une robe d'un rouge passion qui marquait à merveilles ses courbes pulpeuses. Une large capeline couvrait son visage, dont on ne percevait que la rondeur des joues et les quelques mèches brunes qui les encadraient. La dame amena son porte-cigarette à ses lèvres, tirant une bouffée de tabac qu'elle souffla presqu'aussitôt, un sourire perlant sur ses lèvres lorsque l'interpelé siffla admiratif et fit signe à Busard de ranger son arme. Le souteneur se leva, rejoignant la nouvelle arrivée à qui il voulut embrasser la main gantée que la belle retira d'un geste langoureux dès que ses lèvres en furent trop près.

    « Gigi la Croqueuse... Si j'm'attendais. La maquerelle des hauts de ce monde. Elle habille tout le richissime Paris en luxe et en débauche.
    Merci, mais je te laisse la débauche, je ne veux pas de ça chez moi.
    C'est trop d'honneur... Grommela Séguret. Mais je peux savoir la raison de ta visite ? Tu as réfléchi à ma proposition peut-être ? »

    Gigi ne répondit pas immédiatement et retira tranquillement son chapeau, dévoilant une figure de femme mure dont les yeux s'étaient parés d'un maquillage délicat qui lui ôtait au moins dix ans. Ses iris émeraude glissèrent sur Llewyn à qui elle sourit, avant de passer sur Andréa qu'elle ne quitta plus des yeux. Surpris par cette attention, le louveteau avait lentement ouvert la bouche, la refermant aussitôt lorsque gronda en lui l'intuition féroce qu'il faisait face à une lycanthrope. La jeune femme s'en amusa, et monta tranquillement sur scène. Elle déposa un baiser rouge sur la joue du petit loup dont les pomettes s'échauffèrent, puis elle se tourna vers Séguret qu'elle toisa sans hésitation :

    « Non. À vrai dire, j'étais venue voir si tu n'avais pas une ou deux filles à me laisser en échange d'un petit pécule, mais je crois que je vais porter mon choix sur un tout autre marcher. »

    Recoiffant Andréa avec soin, elle se mit à l'aise tranquillement sous le regard hébété du jeune loup-garou. Elle s'installa sur une petite chaise branlante qu'elle ramena des coulisses et épousseta au préalable. Le grincement du bois lui fit hausser les sourcils, mais elle ne s'en formalisa pas et réajusta sa robe avant de s'adresser de nouveau au petit proxénète :

    « Sais-tu que l'oncle de ce petit t'écorcherait vif s'il apprenait à quoi tu t'amuses ? Vraiment, ce n'est pas prudent.
    Quoi son oncle... L'irlandais m'a dit qu'il n'avait plus qu'lui.
    Et tu crois un irlandais ? Toi ? Mazette ! Trésor, tu te fais trop vieux pour les affaires ! Sans vouloir vous offenser jeune homme, ajouta-t-elle à l'adresse de Llewyn.
    Et bien quoi ? Parle ! C'est qui cet oncle alors ?
    Edward White.
    L'patron du Paradise ?! S'étrangla Séguret dont le masque de décence avait volé en éclats. Sale batteur de comptine, et j'savais bien que tu trafiquais avec c'dandy à deux francs !
    Du calme, trésor. Je voudrais te récupérer ces deux-là. »

    Un silence ponctua la phrase. Silence plein d'espoir pour Andréa qui voyait en cette femme la sauveuse idéale. Il n'eut pas une seule seconde de doute, certain qu'une lycanthrope, connaissance d'Edward, ne pouvait qu'être de leur côté. Malheureusement, Séguret était en position de forces et les dernières nouvelles l'avaient quelque peu agacé :

    « N'y compte pas. J'vais régler mes comptes d'abord. »

    Gigi en fut terriblement contrariée. Erreur à laquelle il valait mieux éviter de se risquer.


H.R.P:
 

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Llewyn O'Malley
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Ven 31 Oct - 22:21

Ok.
Ok peut être que son plan très ingénieux n’avait pas marché comme prévu. Il avait peut être légèrement surestimé le gamin en lui disant de jouer. Il aurait peut-être dû dire qu’il l’avait volé ce violon, ou peut être inventer une histoire d’héritage familial à la noix. Enfin l’heure n’était plus inventions farfelues et aux mensonges.
Il avait jeté des coups d’œil au gamin pendant tout son échange avec Seguret. Il avait bien vu la manière dont il était tendu, dont il ne tenait pas en place. Il avait prié ( lui qui pourtant ne croyait plus en grand-chose) pour que le petit, enfin Andrea comme il s’appelait, ne s’énerve pas, tienne en place. Il avait par le passé rencontré des lycans, si bien sûr les jeunes n’avaient pas encore la force de leurs ainés il leur manquait aussi le contrôle, c’est ce qui les rendaient plus dangereux encore. Une furie aux crocs acérés lâchée dans cette pièce ferait bien des dégâts… Elle les tuerait peut être même tous qui sait.

Voyant le gamin mort de trouille, pétrifié à l’idée de jouer, il s’était arrêté. Il avait passé une main sur son visage fatigué aux traits tirés et avait rangé lentement sa guitare dans son étui. Le brun tiqua néanmoins quand cette triple buse pointa son revolver sur le loup, c’est pas comme ça qu’il allait le décider à jouer, ça non. Seguret eu vite fait de rectifier la trajectoire. Et merde, se dit-il, est ce que cette fois c’est la fin ?
Il prenait la chose avec une lassitude bien étrange. Pour une fois il n’était pas en colère. Il avait déjà trop vécu pour que sa mort soit un véritable problème, d’ailleurs il n’en voulait pas non plus au mouflet qui ne semblait pas décidé à arrêter de trembler. Après tout c’est lui qui avait été vantard, inventant cette histoire de toute pièce, il aurait dû faire plus sobre, comme toujours. Mais bon son tare était qu’il aimait les histoires avec un peu de panache. Tant pis. Cyrano le comprenait lui.
Et leur ennemi, vautré sur sa chaise, les pieds fièrement dressés sur la table commença à perdre patience mais semblait néanmoins amusé par la situation. Ça lui faisait plaisir de les mettre à genoux, de démanteler leur belle petite histoire.

« Deux... Héhé, on dirait que ton associé te lâche l'escargot. Votre affaire aura pas fait long feu. »

Rectification, Llewyn n’était pas en colère. Il brulait de rage au fond de ses tripes, sa mâchoire était crispée, ses crocs apparents et ses pupilles avaient presque disparue tant elles se faisaient fines. Tant qu’à mourir, il refusait catégoriquement que ce soit de la main de cet imbécile de busard devant cette ordure de Seguret. Il ne répondit pas à la pique, se retenant tant bien que mal de feuler de dégout.
Il glissa un rapide coup d’œil vers l’adolescent qui semblaient perdre ses moyens, ripant contre la fermeture de son étui, s’excusant, tremblant. Ça lui fit de la peine tout de même, le gosse était jeune et ne méritait pas vraiment de finir comme ça, tiré comme un poulet, humilié devant une saleté comme le proxénète et sa clique.

Alors que tout espoir semblait perdu, une voix retentie entre les murs sales du bouiboui.

« Alors Séguret, on inquiète les enfants ? Tu sais que c'est mal vieux grigou, les mômes sont chasse gardées quand je suis dans le coin et celui-ci plus qu'un autre. »

Le chat se retourna vers la source du bruit, comme une bonne partie de l’assistance. Quelle douce créature que celle qui sortie de l’ombre : une femme d’âge mur aux courbes pleines soulignées par le velours de sa robe rouge qui se plissait à chacun de ses pas, ondulant au fil de sa démarche chaloupée.
Une aura de mystère l’enveloppait, la voilait à l’image de cette capeline qui mangeait une partie de son visage, dévoilant des lèvres rouges et des joues rebondies. Une douce brise s’échappa d’entre les murs moites, une odeur de rosée qui détonait avec l’air lourd et empestant le tabac froid et une autre odeur que Llewyn senti… Une odeur de loup.
Et la belle inconnue était sans nul doute une invitée de marque, car le canon de l’arme qu’on pointait sur lui fut abaissé bien vite. Quand elle bouda le baisemain de l’homme le chat ne put retenir la commissure de ses lèvres de s’étirer en un petit sourire. Ooooh.. La suite des évènements s’annonçait extrêmement passionnante et… Amusante. Il ne pouvait retenir le désir sadique et puéril de voir Seguret se faire ridiculiser et mener à la baguette par cette lady.

« Gigi la Croqueuse... Si j'm'attendais. La maquerelle des hauts de ce monde. Elle habille tout le richissime Paris en luxe et en débauche.
Merci, mais je te laisse la débauche, je ne veux pas de ça chez moi.
C'est trop d'honneur... Grommela Séguret visiblement pas honoré du tout. Mais je peux savoir la raison de ta visite ? Tu as réfléchi à ma proposition peut-être ? »


Gigi la croqueuse. Mais quel doux sobriquet que celui-ci. C’était l’habitude des tapineuses que d’avoir un petit sobriquet, un nom de travail comme un artiste aurait un nom de scène, et bien souvent celui-ci résultait d’un trait caractéristique de la demoiselle. Ainsi sa petite Lisbeth se nommait Lizzie la porcelaine à cause de sa peau de nacre et son air de poupée fragile. Gigi la croqueuse ça avait quand même de la gueule et quelque chose d’assez ironique  pour un lycan, chose dont bon nombre des clients ne devaient pas être au courant.
La belle aux yeux verts délicatement maquillé lui lança un regard accompagné d’un sourire. Ne sachant trop quoi répondre et ne voulant pas paraître rustre il se contenta de sourire et d’abaisser la tête en un petit signe respectueux.
Elle se dirigea ensuite vers le louveteau le gratifiant d’un bécot sur la joue qui lui fit prendre des airs de bouilloire. Il ne put s’empêcher cette fois, voyant le loup fondre, rouge tomate, de laisser sa bouche s’étirer en un sourire très large tout en dents pointues, lui fendant le visage en deux.
Ce sourire-là était légèrement désagréable et moqueur, mais c’était le sien. Il avait d’ailleurs inspiré un personnage de roman. Aah, ce bon vieux Charles quelle âge devait-il avoir maintenant… ? Enfin Charles, Mister Lewis Caroll plutôt. C’est fou comme ce type avait eu besoin de son aide pour son papier… Alice et les trois mousquetaires… non… Alice 2000 lieues sous les mers… Alice… au pays des merveilles oui !
Mais oui, d’où croyez-vous que vient le chat du Cheshire… ?

Il secoua la tête abandonnant ses réflexions et souvenirs pour se reconcentrer sur l’action qui se jouait en face de lui. La pièce devrait-il dire, puisque Gigi s’était à présent installée sur une chaise au milieu de la scène, légèrement nimbée de lumière.

« Sais-tu que l'oncle de ce petit t'écorcherait vif s'il apprenait à quoi tu t'amuses ? Vraiment, ce n'est pas prudent.
Quoi son oncle... L'irlandais m'a dit qu'il n'avait plus qu'lui. »

L’irlandais en question ricana nerveusement et lui offrit le sourire le plus mauvais dont il était capable. Ça ne sentait pas très bon pour lui si effectivement toute son histoire tombait à l’eau. Il n’était pas vraiment sûr que Seguret approuve les badinages, ou même le simple fait qu’on le roule.

« – Et tu crois un irlandais ? Toi ? Mazette ! Trésor, tu te fais trop vieux pour les affaires ! Sans vouloir vous offenser jeune homme » ajouta-t-elle à l'adresse du chat, celui-ci fit une petite moue vexée. Mais même si son honneur était mis en jeu il ne pouvait nier que la femme avait raison : il était un menteur. Si on l’admirait parfois pour son franc parlé ( enfin, ça grande gueule, c’est moins glorieux ) il savait se sortir de situations avec un minimum de finesse, c’est-à-dire en mentant sans vergogne.  
«  Et bien quoi ? Parle ! C'est qui cet oncle alors ?
Edward White. »

Le chat perdit immédiatement son sourire pour laisser place à un état de profonde surprise. Comment ? Quoi ?
Mais qu’avait-il donc fait au monde pour qu’il se retrouve dans de pareilles situations ? Coincé dans un lupanar avec deux lycans dont un qui était le neveu d’un type que détestait celui qui tenait le revolver par le bon bout.

« L'patron du Paradise ?! S'étrangla Séguret manifestement aussi surpris que lui. Sale batteur de comptine, et j'savais bien que tu trafiquais avec c'dandy à deux francs ! » Le chat leva les bras au ciel voulant jurer qu’il n’en n’avait pas la feckin’ moindre idée de qui était ce gamin mais  tant-pis pour lui,  ça lui ferait les pieds à ce type en costard qui semblait perdre toute son assurance.

« Du calme, trésor. Je voudrais te récupérer ces deux-là. »

Un long silence pris place dans la pièce. Un silence lourd de sens. Llewyn soupira : première bonne nouvelle de la soirée, il voulait bien se faire récupérer par quelqu’un de plus agréable visuellement que Seguret et sa bande, et d’aussi plus sympathique. Mais ce dernier ne semblait pas l’entendre de cette oreille…

« N'y compte pas. J'vais régler mes comptes d'abord. »

La belle eu une moue contrariée et Llewyn déglutit. Seguret était un inconscient. Un humain idiot.
Le chat voulu reculer un petit peu mais les hommes de main s’évertuaient déjà à les cerner. Busard l’attrapa et lui tordit le bras, collant le canon froid de son arme contre sa tempe tandis que l’autre s’approchait du petit loup.
La sensation n’était pas du tout agréable et l’irlandais en avait plus qu’assez de jouer les demoiselles en détresse. Enfin pour l’heure il espérait que la belle Gigi s’avait ce qu’elle faisait. Il lui lança un regard auquel elle répondit silencieusement. Le barbus n’aimait pas trop la lueur bestiale qui y brillait, mais leur rapide échange silencieux lui appris quoi faire. Il était parfois pratique que les autres créatures ai un certain instinct animal.

«  J’déteste qu’on m’roule. Et qui plus est qu’on fasse entrer chez moi le mouflet de cet ordure de White. Tu vas me le payer cher cours-misère, et ton p’tit copain aussi
- Seguret » répliqua la louve d’une voix froide ou avait disparu toute trace de légèreté  « tu regretterais à m’énerver. »
Mais le principal interpellé semblait n’avoir cure des conseils de la femme, et continua de s’enfoncer. Un peu trop surement.

« … J’me demande quelle tête ferait son oncle si je le lui rendait en pièces détachées. »

Ce fut les mots de trop, un grognement retentit, comme un signal. Llewyn envoya un coup de coude bien senti dans la bedaine de Busard grâce à son bras libre. Déstabilisé et trop occupé a écouter les déboires de son patron il ne pensait pas avoir quelque chose à craindre du chat. Raté. Celui-ci l’attrapa par le col de sa veste et dans une roulade l’envoya sur son acolyte qui était aux prises avec le louveteau.
Un coup de chance : l’autre avait lâché son arme dans la foulé, il secoua la tête et se dépêcha de s’en saisir pour se placer devant Andrea pointant les deux ziggoto un sourire supérieur sur les lèvres.

«  éhéh on fait moins les malins bande de buses ».
« Toujours trop fier l’Irlandais…dégage moi se sourire de ta trombine » Rappela la voix de Seguret qui lui-même les tenait en joug.

Mauvais, très mauvais. Ils étaient coincé.

Puis un gargouillement qui ressemblait à une sorte de cri se fit entendre. Le chat releva la tête vers Seguret et ce qu’il vit ne l’étonna pas vraiment.
Une main gantée, fluette et fine avait attrapé son poignet pour le tordre en un angle plus qu’improbable, comme s’il n’avait été qu’un vulgaire fil de fer.

« allons donc trésor… Tu as toujours été si impulsif hein ? tu m’as froissé tu sais ? » lâcha Gigi, d’un ton extrêmement détaché, comme si elle se sentait à peine concernée par le type à moitié à genoux qui se tordait à ses pieds.

«  AArarrrrggbhhh… C-comment ?.. » gargouilla-t-il, ne comprenant pas comment elle avait pu se glisser derrière lui en si peu de temps, mais surtout d’où lui venait cette force surhumaine.

« J’insiste… » continua t’elle en appuyant encore plus fort sur l’articulation, bien que cela ne lui coute presque aucun effort. Sensuellement elle approcha sa bouche de son oreille pour lui susurrer lentement. «  Mon chou… Tu serais bien embêté sans ta main droite… non ? ».

La mâchoire serrée à l’extrême, il se tourna vers le chat et le loup, les foudroyant d’un regard noir alors que toute sa face était tordue dans un horrible rictus.

« Dégagez… DEGAGEZ DE CHEZ MOI… et que je vous revois plus… Si j’vous retrouve, si j’vous retrouve…. Fais gaffe à toi  l’Irlandais… J’m’assurerai d’me venger.. t’en fais pas pour ça-arrrrrgh.. »

Le barbus jeta un coup d’œil à la louve, qui lui rendit un sourire espiègle et ne se fit pas prier, narguant une dernière fois le proxénète dans un sourire il attrapa sa guitare, siffla le chat et poussa le petit jusqu’à la sortie.

« Allez joli cœur, on s’arrache ! »

Jetant des coups d’œil derrière lui il le traina au bout de la rue. Décrétant qu’il n’y avait plus à craindre il soupira longuement, expirant de la buée dans l’air frais de la nuit. Il se gratta l’arrière de la tête et remarqua qu’il tenait toujours l’arme de Busard, il entreprit de la vider de ses balles et les jeta dans une bouche d’égouts.

« Ton oncle va me tuer loupiot… »
« Oh voyons ne soyez pas si défaitiste Chaton.. »

La voix suave le fit sursauter. De sa démarche dansante Gigi s’approcha d’eux, caressant au passage les cheveux de l’adolescent. Elle les observa et laissa un petit rire passer la barrière de ses lèvres rouges.

«  Vous faites une drôle de paire tous les deux… » commença-t-elle en prenant les deux garçons par les bras «  oouh… après cette rixe, vous me devez bien un verre non ? »



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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Jeu 14 Mai - 20:28


    La porte vermoulue du sombre établissement de Seguret se referma sur les plaintes douloureuses de leur propriétaire et les exclamations inquiètes de ses subalternes. Seul un mince filet lumineux s'échappait encore du lieu sordide par le jeu des gonds rouillés et éclairait faiblement l'étrange trio qui s'était formé.

    Andréa passa sa main sur son épaule endolorie, seul séquellee de l'affrontement. Mulot l'avait eu en traître, et l'agitation soudaine l'avait empêché de voir le coup venir. Heureusement, le suivant n'avait pas pu atteindre son but, l'immense main du louveteau ayant arrêté le poing sans difficulté, engageant la lutte qui se termina par la chute peu gracieuse de Busard sur son comparse.
    Tout s'était passé très vite, et les longues minutes d'impuissances s'étaient transformées, sur une fraction de seconde, en une victoire éclatante.

    Ils sortaient glorieux, rejoignant dans un mouvement de tissu commun, la nuit à peine voilée et sa fraîcheur salvatrice qui rendit un peu de sang-froid à chacun.
    La main encore moite du jeune homme, vint dégager fébrilement quelques mèches sombres de son visage, quand sa consœur refusait encore à desserrer l'étau maintenu sur l'étui à violon. Le regard noisette d'Andréa se posa sur le vagabond qui l'avait entraîné là, tentant de se remémorer son nom qui, jeté au cœur de la bataille, lui avait échappé. Il fronça un peu les sourcils, plongé dans ses réflexions, jusqu'à ce que le timbre grave du barbu ne l'en arrache dans un sursaut :

    « Ton oncle va me tuer loupiot… »

    Un rire nerveux fut l'unique réponse du jeune homme. Il détourna le regard pour fixer son reflet débraillé que lui rendait une petite échoppe de parapluie aux rideaux tirés, songeant dans une grimace que si Edward apprenait ce qui s'était passé, son châtiment serait terrible. Et il l'apprendrait. Comme toujours…

    « Oh voyons ne soyez pas si défaitiste Chaton ! »

    Une main délicate passa dans les cheveux d'Andréa, les remettant en désordre tout en apaisant le jeune homme. Gigi les avait rejoints, son parfum de louve les embaumant tous deux, mélangé à une odeur plus douce, plus sucrée, qui avait tout de la confiserie délicate qu'on ne trouvait que dans ces magasins luxueux qui vendent leurs bonbons dans des écrins. Elle leur saisit le bras, demandant à ce qu'on lui offre un verre, ce qui, il fallait l'avouer, était amplement mérité. Ce qui ne fut pas sans créer le trouble chez le louveteau qui balbutia :

    « Mais je… Je n'ai pas d'argent sur moi ! »

    Le rire musical de Gigi répondit à son angoisse, alors que sa main gantée se resserrait sur son bras. Elle se tourna brièvement vers le guitariste, lui accordant un clin d'œil qu'Andréa ne put voir, puis revenant au jeune homme, elle répondit d'une voix chargée de malice qu'accompagnait un ton faussement déçu :

    « Pas d'argent ?… Moi qui me faisais une joie de partager ce verre avec vous…
    Mais je… Je rembourserai après si besoin ! S'empressa d'ajouter Andréa. Si Monsieur… Monsieur… Euhm… S'il peut avancer la consommation, je rembourserai.
    Non, non ! Ça ne fait rien. Ce n'est pas grave, poursuivit la louve, tournant le visage pour ne pas dévoiler le sourire qui s'y étirait.
    Je peux aller en chercher ! Le cabaret n'est pas…

    L'éclat de rire cristallin de Gigi résonna dans les ruelles à peine éclairées, laissant le louveteau complètement désemparé. Il bredouilla quelques paroles incompréhensibles, cherchant un soutien quelconque auprès de son compagnon d'infortune, mais déjà, la louve reprenait :

    « Tu es bien comme ton oncle me l'a dit. Pauvre petit loup, je te fais danser après toutes ces émotions, Edward se fâcherait s'il me voyait. D’autant plus que je vais encore abuser de votre gentillesse. »

    Les relâchant doucement, elle tira une cigarette de son décolleté généreux, en plus d'une pochette cartonnée dont elle retira une allumette. La lueur rougeoyante de la flamme dansa l'espace d'une seconde, avant qu'un nuage de tabac ne la souffle. Les iris de Gigi se posèrent tour à tour sur les présents. Un sourire tendre égaya ses lèvres devant la mine d'Andréa, un autre plus polisson fut réservé au matou. Puis se détournant, elle abandonna en relevant sa capeline du bout de l'index :

    « J'ai une visite à faire. Venez. Après, c'est promis, je paye ma tournée. »

    Elle quitta l'artère principale dans un déhanché sauvage, que sa robe rouge rendait plus sensuel encore. Ses talons claquaient le pavé parisien comme elle devait traiter les hommes venus trouver les plaisirs de sa chaire. Un pas net, ferme, décidé.
    Ce soudain changement de cap laissa Andréa interdit. Son regard ne quitta pas la silhouette de la lycanthrope, qu’il vit disparaître derrières l’éclairage maladif de l’ultime réverbère du passage. La raison aurait voulu qu’il rentre, qu’il retrouve la chaleur et la sécurité du cabaret, mais il n’en fut rien. Un frisson suffit à remettre tout son corps en branle.
    D’un pas hâtif, il rejoignit Gigi et marcha un moment derrière elle sans oser l’interrompre. Puis, la curiosité l’emportant, il s’avança à sa hauteur et interrogea :

    « C’est loin ? »

    Les lèvres rouges de la brune sifflèrent un nuage de nicotine et son regard pétillant se posa sur Andréa. Un sourire laissa entrevoir ses dents blanches, avant qu’elle n’indique la porte tordue d’un de ces petits immeubles étriqués où s’entassent la populace. Le silence se fit. Le reliquat de cigarette tomba sur le sol, et Gigi gagna le perron d’un pas tranquille, se souciant peu du couinement des rats et de l’odeur désagréable d’insalubrité qui suintait des murs.

    Elle s'apprêtait à entrer, lorsqu’un bruit sourd leur fit lever la tête. Il semblait venir du second étage, seul encore illuminé malgré l’heure tardive. Une ombre s’y découpa en contre-jour, puis une seconde, toutes deux en proie à une vive agitation. Un air sombre passa sur le visage de Gigi qui poussa le battant et s’engouffra dans le hall minuscule de la bâtisse. Au-dessus d’eux, les voisins s’éveillaient un à un. La lumière naissait çà et là, en même temps que les ombres nettes au dessin parfois effrayant. Puis, un craquement. Une vitre vola en éclats.

    Andréa eut juste tout juste le temps de se jeter sur le côté, afin d’éviter la chaise qui explosa violemment sur le sol. Son regard remonta vers la fenêtre brisée d’où des éclats de voix virulents étaient désormais perceptibles. Gigi avait disparu. Le cœur encore affolé, le louveteau abandonna dans une grimace :

    « Pourquoi j’ai l’impression qu’on ne s’arrêtera pas au premier palier… »

    Et à son tour, la silhouette filiforme du jeune homme disparue, happée par les ténèbres de l’habitation.


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Llewyn O'Malley
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Mar 15 Nov - 23:25

Humant l’air frais de la nuit, son bras gardé par ceux plus graciles mais néanmoins puissant (il en avait été témoin) de la louve, il laissa son pouls se calmer tandis que l’adrénaline se drainait de ses veines. Des soirées comme ça, si forte dans leur tension romanesque, il ne devait en exister que dans les bouquins. C’est ce que se dirait tout un chacun. Mais dans leurs monde animal de bêtes fantastiques les romans prennent vie et chaque soirs des les ruelles sombres de la capitale se jouent de nouvelles histoires. Ils n’étaient que les malheureux protagonistes d’un soir. Deux demoiselles en détresse sauvées in extremis par cette héroïne mystérieuse sortie d’un coin d’ombre.
Lorsqu’elle reprit la parole et gratifia le chat d’un battement gracieux d’un de ses yeux il ne pu s’empêcher de sourire. Tandis que la belle faisait tourner le gamin en bourrique il eu le loisir d’admirer dans le reflet tremblant des vitrines close le profils des deux loups. Son regard dériva sur la courbe espiègle du nez puis la rondeur généreuse des joues de Gigi, s’achevant sur une bouche ensanglantée, lui collant un frisson qui lui lécha l’échine. Cette bouche n’avait rien de rassurant et était de celles qui pouvaient vous croquer tout cru, au sens littéral.  Ses yeux fendus délaissèrent la belle pour s’ancrer sur le louveteau. Du profil juvénile à cet air renfrogné, par dessous des mèches ébènes, il ressortait néanmoins une paire d’yeux sombres et perçant brûlant d’un mélange étrange et pourtant si bien connu : de la révolte adolescente, de l’air ingénu, au besoin de paix et de silence à celui de crier ce qu’on est à la face du monde. Dans les yeux sombres il voyait aussi bien la bête que l’adolescent. 
Un morveux de chez White alors ? Il ne voyait pas vraiment l’étrange patron du Lost avec la fibre familiale. Mais après tout qui était-il pour en juger ?
Il s’interrogeait à propos des loups-garou. Grand nombre d’entre-eux sont hommes avant de devenir cet être hybride. Quelle blessure à l’égo de l’homme cela doit-il être que de se trouver rabaissé à l’état d’animal. comment l’homme embrasse t-il cette seconde nature qui s’offre à elle ? Llewyn avait eu l’air de comprendre qu’il en résultait une lutte sans fin entre deux parts d’un même être. Les loups sont des créatures fières, mais les humains le sont tout autant. Deux êtres avides de contrôle dans un même corps ne pouvaient décidément pas faire bon ménage. Llewyn n’avait pas forcement ce problème de lutte. Il avait toujours été un imposteur : un félin derrière le masque d’un homme.

Il regarda en l’air, la lune comme un oeil malicieux perçait au travers des toits, s’amusant surement de leur péripéties. Et ce mauvais oeil ne lui inspirait rien de bon. Qu’elle heure était -il ? A éprouver depuis si longtemps le passage du temps il en avait perdu toutes notions.

Il s’arrêtèrent devant un immeuble à la façade miteuse et décrépie, c’est ici que Gigi les abandonna, allant s’enquérir de l’agitation causée dans un appartement. Le chat déposa sa guitare à ses pieds et entreprit de fouiller dans ses poches : celles de l’extérieur, celle de l’intérieur gauche, puis celle de l’intérieur droit qui était trouée. Enfin il glissa ses doigts dans l’étroite boutonnière juste à côté de son coeur pour y trouver avec triomphe une vieille cigarette roulée qui avait du connaitre de meilleur jours. Entreprenant de lui redonner une forme à peu près droite il tapa le filtre contre le dos de sa main gauche. dénichant une allumette il la craqua contre sa semelle et l’allumant, tira un nuage épais d’un tabac qui semblait beaucoup trop luxueux pour un type dans son genre et qu’il avait du chaparder dans la poche d’un passant. 
Mais aussitôt la cigarette allumée un grand charivari se fit entendre du haut de l’immeuble ou quelques silhouettes se découpaient, maintenant agitées comme de fébriles marionnettes. Il évita de justesse la chaise qui tomba dans un grand fracas.

« Pourquoi j’ai l’impression qu’on ne s’arrêtera pas au premier palier… » 

Il siffla à travers ses dents serrées, qui s’écrasèrent le filtre de sa cigarette, attrapant l’étui de sa guitare d’une main il jeta sur le macadam d’un geste pressé son cylindre de tabac à peine entamé, avant de s’engouffrer dans l’immeuble à la suite du loup.

Montant les marches quatre à quatre il sautait agilement de paliers en paliers. L’escalier craqua et trembla sous leur tonitruant passage. Arrivant devant une porte à moitié sortie de ses gonds qu’il poussa, Il ne s’attendait pas à découvrir ce spectacle. 
Il reconnaissant l’endroit, ou plutôt en avait vu de nombreux semblables.
La pièce était une simple chambre : un lit, une table basse, un guéridon et un vieil édredon gisait éventré sur le sol. Le papier peint vieillot qui avait déjà été décollé par le mur infiltré d’eau était couvert d’éclaboussure écarlates. Le sol, un vieux parquet inégal était lui aussi recouvert d’hémoglobine et de plume. La fenêtre sur la droite donnant sur des toits en contre-bas était entrouverte, tandis que celle d’en face brisée en milles morceau donnait sur la rue. Face à eux, Gigi, méconnaissable, échevelée était de dos. Le chat pouvait voir que la dame avait perdu de sa superbe ses épaules se levant et se baissant sous le poids d’une colère maîtrisée à travers une respiration forte. Devant elle le dos tourné à la fenêtre, nimbée dans la lumière des lampadaire venant de la rue une autre silhouette se découpait. Monstrueuse et pourtant humaines, sa bouche (si tant est que c’était sa bouche) dégoulinait du même liquide écarlate qui souillait ça et là la chambre. 
Tournant sa tête vers la gauche les pièces du puzzle s’enclenchèrent dans la tête du chat. horreur. Au pied du lit gisait le corps décharné d’une jeune fille gargouillant ses derniers soupires dans sa gorge coupée, agonisant contre le parquet. A côté d’elle, une autre tremblait, le visage griffé et les habits malmenés, essayant de se faire la plus petite possible dans un coin de mur.

Le chat sans vraiment réfléchir se glissa près d’elle et attrapa son visage entre ses mains doucement, pour ne pas l’effrayer plus que de raison. Elle n’était pas vraiment jolie, elle avait un visage un peu rougit assez poupin pour plaire, assez mature pour ne pas se sentir coupable. Elle avait le faciès marqué de ces filles qui pratiquent le métier depuis un moment, des cheveux bruns tirés en arrière par des nattes qui agrandissaient son front. Ses yeux auraient pu être doux s’il ils n’étaient pas figés dans une expression d‘horreur profonde, emplit de larmes et complètement vide. Elle était cathartique. Doucement il se mit caresser son visage, elle ne réagi pas. Elle n’avait pas l’air d’être blessée gravement : une entaille sur son bras saignait un petit peu, elle avait du se couper avec le verre autour d’elle.
« Hey, sweetheart, tu m’entends ? hey.. » il passait sa main dans son dos à un rythme régulier.
La fille sembla se réveiller et, ses yeux se posant sur le corps de la morte puis sur le monstre devant elle, elle commença a paniquer portant une main à sa bouche pour étouffer ses cris et les larmes coulant de ses yeux pleins d’effroi. Le chat la serra plus contre elle, sans relâcher la pression dans son dos, essayant de la détourner de ce qui se passait dans la pièce. La fille de joie s’accrocha à sa chemise désespérément, le griffant au passage, étouffant ses sanglots dans sa veste.
« there, there » 
Le visage inquiet, il releva les yeux vers Andrea, une question muette dans les pupilles. Qu’est ce qui se passe maintenant ?
Il n’était jamais bon d’impliquer les humains dans des affaires de légendaires, et déjà il sentait les voisins rappliquer, se réveillant et s’agitant à cause du bruit.




HRP:
 

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]   Dim 4 Déc - 19:44

Andréa n'entre pas !

Ces mots, Gigi les hurla trop tard. Derrière elle, le pas hésitant de l'adolescent fit gémir le plancher. Elle ne se retourna pas, elle n'en avait pas besoin. La vitre brisée reflétait sans même la déformer une figure livide aux traits ravagés par l'horreur. Le regard de l'enfant s'était d'abord posé sur la marre de sang dont le relent abominable l'étouffait depuis qu'il avait atteint ce pallier maudit. Sa vue, parfaite même dans l'obscurité, ne lui avait pas épargné l'éclaboussure écarlate qui s'infiltrait dans le sol pourri de la chambre. Une peinture crue dont la figure centrale, pâle comme la lune, tranchait avec ce tapis sanguin sur lequel elle était couchée. Sa gorge rouge était son unique parure, d'une main elle masquait son sein que sa chemise légère avait découvert, de l'autre elle semblait appeler à l'aide son amie prostrée dans le coin de la pièce, la suppliant encore d'un regard vide du moindre souffle de vie.

La peur fit monter les larmes aux yeux d'Andréa en même temps qu'un profond dégoût lui révulsa l'estomac. Un hoquet violent lui souleva le cœur, l'obligeant à porter une main à ses lèvres blanches tandis qu'il reculait vivement. L'étui de son violon lui échappa. Il heurta le vagabond, monté derrière lui. L'horreur de la scène ne l'ébranla pas, sans même tressaillir il se jeta aux côtés de la rescapée.

Derrière eux s'engagea le ballet des portes grinçantes du voisinage. Quelques éclats de voix parvinrent jusqu'à eux, des bruits de pas, la supplique des marches fatiguées et Gigi s'exclama :

Ferme la porte !

Andréa se tourna vers le battant aux gonds rouillés. C'était une porte quelconque, fatiguée, au dos de laquelle on avait fait fixer de gros clous en guise de parterres. Derrière elle, il pouvait apercevoir le pallier et les premières marches qui l'auraient conduit loin de cet enfer. Il entendait la bête hurler, impatiente de fuir, mais ses jambes étaient comme scellées, clouées à ce sol rougeoyant. Alors il fixait bêtement la porte grande ouverte, absent, se demandant pourquoi personne ne venait la refermer alors qu'une première ombre se détachait déjà sur le pallier.

Andréa ! Ferme moi cette porte bon sang !

Jamais on n'avait hurlé son prénom avec un tel mélange d'autorité et de crainte. Il lui perça le crâne pour s'infiltrer jusqu'à son esprit figé et le tirer enfin de sa torpeur. Un frisson brutal réveilla ses muscles et ce fut avec un emportement transpirant de maladresse que le louveteau se jeta sur le panneau de bois, le refermant de toutes ses forces. De ses doigts fébriles, il peina à passer le verrou, puis s'adossa de toute sa haute et grêle silhouette contre le battant. Ses mains moites plaquées sur ce dernier, le cœur au bord des lèvres, il eut toutes les difficultés du monde à rester debout lorsque l'on frappa avec force dans son dos :

Foutredieu ! Mais qu'est-c'qui s'passe là-d'ans ?

L'interrogation tomba à point nommé, car dans la petite chambre décrépit s'engagea un étrange échange dont la belle Gigi fut l'instigatrice. Après avoir essuyé un assaut soudain du meurtrier, elle avait réussi à saisir son bras et à le plaquer dos au sol. Un genou fortement appuyé sur ses côtes, elle maintenait sa main gauche au sol en écrasant son poignet du talon de sa bottine. Le soufflet claqua fermement et, empoignant son col, la louve lâcha :

Reprends-toi trésor ou tu vas nous mettre dans un sacré pétrin.

La créature s'agita, trépigna, battit le sol de ses jambes sans parvenir à se défaire de la force exceptionnelle de sa geôlière. Il voulut hurler, mais une nouvelle gifle lui coupa le souffle.

Guillermo ! Ressaisis-toi !

D'interminables secondes s'écoulèrent, puis un couinement plaintif fit sursauter Andréa. Le louveteau n'avait pas quitté la scène des yeux, au point d'en oublier les éclats de voix qui retentissaient dans son dos. L'incompréhension marqua tout d'abord ses traits, avant qu'un frisson d'horreur ne lui glace l'échine. Elle le connaissait ? Gigi connaissait ce monstre ?  

Une voix enraillée de sanglots et d'effroi s'éleva faiblement :

Gigi… Gigi ! ¡ Dìos mìo ! Qu'est-ce que yay fait ? ¡ Perdòn ! ¡ Perdòn ! Gigi aìde moa ! Ye no vôlais pas !
Baisse d'un ton trésor, souffla la louve en lui collant sa main sur sa bouche. On va te sortir de là, mais pour ça il va falloir te rendre présentable.
Le… sortir de là ?

Les mots d'Andréa n'avaient été qu'un murmure, mais ils n'échappèrent pas à la louve. Elle leva la tête vers lui et se pinça les lèvres en le découvrant défiguré par le doute. Elle prit alors le temps de se redresser, jeta un mouchoir à Guillermo pour qu'il essuie son visage maculé de sang et de larmes, puis s'avança vers l'enfant. Elle tendit la main vers lui, mais le garçon s'éloigna aussitôt. Il secoua vivement la tête, ses chaussures de cuir baignaient à présent dans le sang de la morte. Il tremblait. Un mélange de peur et de rage agitait son corps. De grosses larmes coulaient sur ses joues de gamin, il ouvrit la bouche, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.  

Guillermo, à présent calmé, tripatouillait nerveusement le carré de soie confié par la louve. Remit sur pieds, il transpirait de malaise et assistait impuissant à la scène en bredouillant milles excuses. Il avait beau être un solide gaillard, il n'en était pas moins terrifié et la révolte d'Andréa ne faisait qu'accroitre ses angoisses.

Perdòn, perdòn, perdòn…
Andréa nous n'avons pas le choix, abandonna fermement la louve, prenant garde de ne pas trop élever la voix.
Non ! Non ! C'est faux ! On peut…
Le laisser là ? Il mettra tous les gens comme nous en danger.
Je m'en moque !
Y comprit ton oncle.

Andréa pâlit brusquement et chancela. Écœuré, répugné, une amertume atroce lui noya le cœur s'accompagnant d'un haut-le-cœur virulent qui le contraignit à se plier en deux. Il pleurait toujours, des larmes de rage tombaient en cascade sur le parquet. Sa respiration saccadée ne lui laissait aucun répit et même la caresse tendre que Gigi porta dans sa chevelure d'ébène n'y changea rien.

La patience venait de définitivement quitter le pallier et on s'acharnait avec plus de force sur la petite porte verrouillée. La louve n'attendit pas davantage. Elle se tourna vers Llewyn et abandonna :

Je suis désolée Chaton, cela ne devait pas se passer ainsi, mais je n'ai malheureusement pas le temps de vous expliquer de quoi il retourne.

Elle marqua une brève pose, referma son col légèrement défait et reprit avec tout le sang-froid que la situation exceptionnelle s'accordait à lui laisser :

Il faut qu'on y aille. Je ne peux pas vous obliger à nous accompagner, mais si vous le faites, je vous conseille de laisser cette demoiselle ici.

Avec la hardiesse et la détermination des grandes dames, Gigi se recoiffa rapidement, ferma doucement les yeux de la défunte et d'un pas décidé, elle gagna l'entrée de la chambre après avoir récupéré l'étui d'Andréa. Il était l'heure pour elle d'une grande représentation, une de celles qui ne pardonnent aucune erreur. Elle retira le verrou et fit pivoter la poignée.

Derrière elle, si Guillermo la suivait comme son ombre, Andréa n'en était quant à lui, plus qu'une.


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Hobo's Blues - feat Andrea. [1889]

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