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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]

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Lydia Gray
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MessageSujet: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Dim 16 Fév - 11:55

             La nuit tombait doucement, et avec elle, les dernières lueurs de tranquillité mentale de Lydia.

Celle qui était déjà prompte au blocage le jour, tombant abasourdie devant un simple miracle tel qu'une roue tirée par des chevaux ou, pire, un automate servant la promotion d'un magasin, devenait bien plus dérangée la nuit. Là, toutes les rues éclairées par les réverbères ses amis, éclairant de leurs lumières timides les enseignes donnaient à la ville un aspect plus calme, plus solitaire, plus autonome, en quelque sorte. Un aspect qui lui plaisait beaucoup plus, et dans lequel elle pouvait elle aussi se révéler sous son vrai jour, en prenant garde toutefois de n'être vue par personne, non pas par peur d'enfreindre les lois élémentaires (elle les "connaissait", ou plutôt, un type bizarre les lui avait rappelés trois jours avant); mais par peur qu'encore une fois, on ne lui pose des questions du style 'comment faites-vous' auxquelles elle était fatiguée de toujours devoir donner la même réponse que son maître lui avait indiqué: " Je ne vous le dirais pas. " Invariablement, on lui répondait qu'il y avait un trucage, et furieuse, elle quittait les lieux. Ou continuait le spectacle pour se calmer, comme la colère la rendait violente ou folle, ce qui était, aux dires de Michael, pas terrible aux yeux des Humains (... les Enfants, c'est ça?)
Raison pour laquelle elle avait cessé depuis belle lurette de donner des spectacles de rue, sauf en quelques cas où elle savait que les gens sauraient apprécier le sense of wonder, et ne chercheraient pas à comprendre.

Pourtant, même quand elle ne faisait pas de magie, ni de blocage pour des éléments ridicules, soit, qu'elle écrivait, elle parvenait tout de même à faire peur. Son éditeur, quand elle lui avait apporté les résultats de sa première enquête sur le terrain à Paris lors de la Saint-Valentin, avait eu des sueurs froides quand elle lui avait remis son article, et déclaré qu'elle était ou folle, ou digne d'écrire aux côtés de Maupassant, chose qui avait fait crier de joie la jeune fille. En conséquence, il avait décidé qu'il l'enverrait en test écrire un article sur un cabaret dont il avait beaucoup entendu parler, soit... Le Lost Paradise.

      Maintenant, Lydia se dirigeait vers le fameux cabaret, mais avec sa façon d'écouter tous les réverbères et autres bouches d'égoûts, ou pire encore ! Les tracts dans les rues, il lui était presque impossible d'arriver a) à l'heure quelque part b) ou de trouver son chemin en temps voulu. Aussi s'était-elle complètement perdue, et ne semblait pas s'en trouver gênée le moins du monde, ne voyant en aucun cas en quoi ce pouvait être préjudiciable à son employer ou à quiconque, le seul moment important de communication avec le monde extérieur étant pour elle le moment où, attablée, elle rédigeait ses impressions.

Il faisait nuit maintenant, et elle errait toujours. Enfin, elle avait cessé d'errer. Serrant un manteau rose en totale inadéquation avec le reste de sa tenue contre son cœur, elle avait penché la tête, et en plein milieu de la rue, entre deux papiers gras qui volaient et avec qui elle venait de danser de bon cœur, elle était à présent absorbée dans une grande conversation avec les pavés qui lui racontaient leur sale journée. Le grand mystère des mages urbains, disait Michael, son maître, était qu'on ignorait si réellement ils entendaient la voix des objets et pouvaient converser avec eux, ou s'ils étaient tout simplement fous et disposaient d'un léger don de lecture des choses. Aussi, aux yeux de n'importe qui, de voir cette grande fille baissée près du sol en train de communiquer allégrement avec les pavés, ou plutôt de parler toute seule, les yeux fixés vers le sol, faisant tourner entre ses doigts ce qui semblait être un baton mais n'était en réalité qu'un vieux tuyau de plomberie décoré avec de l'or et des métaux orientaux, faisait invariablement penser qu'un psychiatre était en train de rater une cliente.
Du reste, aux yeux extérieurs, la conversation ressemblait à cela :

« Quelle horreur ! Des confettis, puis une crotte de chien ! C'est une infamie, je suis bien d'accord. On devrait botter les fesses de ces cabots ! Quelle idée de salir une pierre aussi belle que la vôtre... Non, vraiment, je serai vous, je collerai un procès à cette ignoble bonne femme. « Nana », c'est ça ? Ca m'a tout l'air d'être un nom de femme à trottoir, ça. Brr. Elles sont dégoûtantes. Ouais, hein ? La ville, ça la rend malade tout ça. Elle préférerait que tout soit comme les pavés du Louvre. Ah, là-bas, au moins ! Royauté, propreté... Ca, c'est l'élégance, hein ? Enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre ici, mais peut-être que je suis encore influencée par Londres. Ah, oui ! D'accord ! Bon, j'avais presque raison, alors. »

Puis, elle marqua une longue pause – et, oui – tapota le pavé du bout de sa robe, un air sincèrement contrit sur le visage, reprenant :

« Je suis désolée ! Je ne voulais pas vous faire éroder ! Je ne savais pas tout ce que vous aviez vu... Oh, quelle sinistre population ! Ne se rendent-ils pas compte de la chance qu'ils ont de marcher sur de braves gentilhommes comme vous ? » (elle rougit brusquement) « Euh, non, je n'ai pas d'ami masculin. Enfin, si, mais pas dans un sens romantique. Mais ma mère m'a toujours dit qu'il ne fallait pas écouter les mots d'amours proférés par un inconnu, et... »

Un bruit la fit sursauter, et elle releva ses yeux d'or vers un lampadaire, qui fit encore s'agrandir les étoiles dans ses iris. Elle se releva promptement, puis s'abîma dans la contemplation du lampadaire.

« Une Lampade... Enfin, l'écho d'une Lampade... Vous avez raison, monsieur le pavé, c'est superbe... Monsieur réverbère, vous avez là une bien charmante compagnie ! »

Puis, elle se mit à rire – pas très fort, mais de façon saugrenue, légèrement maniaque – tout en s'asseyant par terre, à côté du pavé à qui elle parlait, rabattant soigneusement sa robe sous elle ainsi que le pan bas de son manteau, ignorant tout ce qu'une femme qui à 22h30 s'assit par terre en pleine rue a tout l'air d'une folle ou d'une alcoolique, ou les deux.

La connaissant, elle pouvait y rester jusqu'au matin, et complètement oublier son rôle. On avait failli déjà la renvoyer sept fois à Londres, pour ce genre d'âneries.


Dernière édition par Lydia Gray le Mar 18 Fév - 17:56, édité 2 fois
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Mar 18 Fév - 14:00

D'un geste machinal, le lycanthrope remonta le col de son manteau avant de s'allumer une cigarette. S'il était indéniable qu'il fumait moins qu'avant, il était également forcé d'admettre qu'il préférait être seul quand l'envie lui en prenait. Histoire d'échapper à de trop nombreuses remontrances prodiguées par son entourage. Il savait pourtant parfaitement qu'il était de ceux qui font facilement la morale, mais dès que cela se retournait contre lui, difficile d'accuser le coup en gardant la tête froide. Toujours est-il, qu'il arpentait les boulevards en tentant de se remettre en cause, profitant d'une exceptionnelle ronde en solitaire pour faire le point sur son comportement de ses derniers jours. Bien sûr, il en cheminait également vers le lieu d'un vol signalé plus tôt dans la soirée. S'il ne comptait pas déranger les concernés, vu l'heure avancée, mais il avait songé durant la journée à plusieurs façons de procéder qu’auraient pu employer les coupables pour vider la maison sans éveiller les soupçons et voulait vérifier l'exactitude de ses hypothèses. Seulement le destin en décida autrement. Perdu dans ses pensées, seule la fin du propos lui parvint. Se tournant machinalement vers la voix féminine qui lui donnait raison, le commissaire laissa son regard doré couler sur la belle, surprit de la voir ainsi vêtue et assise, ne comprenant qu'ensuite, que ce n'était pas vraiment à lui qu'elle parlait.

- Oh mais vous êtes la jeune fille de l'autre jour ! S'exclama-t-il sans réfléchir en la reconnaissant.

Une main passa ensuite sur son visage, alors qu'elle poursuivait sa conversation avec le lampadaire.

- C'est pas vrai ! Je dois être maudit, ce n’est pas possible !  Lâcha-t-il en n'ayant cure d'être rustre, de ne pas l'avoir salué, et préférant laisser ses épaules s'affaisser, épuisé à l'avance à l'idée de devoir à nouveau tenter de la raisonner. Vous parlez encore avec l'éclairage public ? Combien de fois devrais-je vous rappeler qu'il ne peut pas vous répondre ? Je sais que vous êtes "spéciale",  il citait là sa nature de légendaire, mais ce n'est pas une raison pour agir de la sorte ! Vous voulez finir à l'asile ou quoi ?

Le brun soupira. Lui qui venait de prendre la résolution d'y réfléchir à deux fois avant de rejouer au moralisateur, voilà qu'en pratique il était bien piètre élève. Le policier étouffa un nouveau soupir et observa les yeux d'or de la belle. Semblables aux siens, une couleur si singulière que cela lui faisait étrange de la voir chez quelqu'un d'autre, plutôt que dans le reflet d'un miroir.
Il plia un peu les genoux et tendit la main pour l'aider à se relever. Pourtant la demoiselle ne sembla pas réagir et la patience -dont il était originellement dépourvu- acheva de le mettre de mauvaise humeur face à cette réaction qui se faisait languir au bout de quelques secondes à peine.

- Vous allez finir par avoir des ennuis !  Tonna-t-il plus agressif qu'il ne l'aurait voulu, en se rapprochant encore d'elle.

*Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à rester calme avec cette fille ?*

Leur première rencontre lui revint alors en pleine figure. Il faut dire qu'elle datait de moins de trois jours. C'était une rencontre fortuite, comme cela lui arrivait souvent dernièrement, à ceci près que c'était en pleine journée et qu'elle prétendait que le réverbère avec lequel elle discutait pouvait non seulement l'entendre mais aussi lui répondre ! Si -grâce à son flair- il avait de suite réussit à cerner sa nature de mage, ses propos ne lui paraissaient que pure fiction et sornettes. Un quart d'heure durant, il avait tenté de la raisonner, de lui dire qu'il n'y avait aucun symbole autour d'eux, aussi étrange ou attrayant soit-il, qui tournait et que non, puisqu'il ne faisait pas nuit, ce lampadaire ne diffusait aucune lumière. Que c'était elle l'illuminée et que si elle ne voulait pas finir dans une cellule, elle ferait mieux de partir.

Cette jeune femme, pour une raison qui lui échappait totalement, l'énervait au plus haut point en quelques minutes à peine ! Peut-être que cet air innocent sur son visage et cette manie de voir sempiternellement le merveilleux dans le monde qui lui rappelait bien de trop une certaine personne ? Pourtant par-delà les effets néfastes que semblaient avoir la drogue sur elle -comment expliquer ses visions autrement ? C'était une pratique courante chez les mages et les médiums d'ailleurs- il semblait à l'agent en son fort intérieur qu'il y avait une partie d'elle qui hurlait de détresse. Mais là, c'était bien trop s'avancer pour lui, que de pouvoir vérifier cet étrange pressentiment, surtout compte tenu de sa connaissance en matière de femmes...

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Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Ven 21 Fév - 15:06

Vingt-deux heures quinze. Une heure tardive en soit, mais qui se révélait être plutôt un début de soirée pour Randon. Ou, plutôt, un début de chasse. Effectivement, c'était vers ces horaires-là que les créatures les moins aimables de la ville de Paris aimaient s'afférer, en se donnant au plaisir de la chair accoutumé de quelques morsures...

Cependant, en cette soirée, le trentenaire n'avait aucune cible spécifique. Il faisait simplement ce qui pouvait s'apparenter à une "ronde" de policiers,  soit une demi-heure de promenade, pour s'assurer que les quartiers dans lesquels il résidait étaient saufs, ce qui lui promettait un sommeil on ne peut plus tranquille. C'était sa routine, lorsqu'il ne planchait pas sur une affaire en particulier.

De plus, ce genre de balades nocturnes lui permettaient bien plus que de sécuriser les pavés des rues, ou de se rassurer lui-même. Il profitait en effet de sa solitude sous le ciel étoilé pour se replonger dans un temps qui le rendait un tantinet mélancolique, et dans lequel il ne se permettait pas de se replonger durant le cours de sa journée.

Le passé.

Au fur et à mesure que ses pas résonnaient sur les dalles fraîches, quelque peu semblables à celles de sa bien-aimée Londres, des souvenirs ressurgissaient. Des souvenirs... joyeux. Pour la plupart. Mais... qu'était-ce le plus douloureux ? Se remémorer des événements traumatisants, ou repenser à un bonheur et à une innocence à jamais perdues, pour le restant de sa vie ? C'était dur de trancher. Le visage des gens qu'il avait tués, soit parce qu'un démon les possédait et qu'il ne parvenait pas à l'exorciser, soit parce qu'il s'agissait de malheureux récemment mordus par un loup-garou, lui revenaient quelques fois en tête. C'était douloureux, mais pas autant que cela devrait l'être. Randon avait développé l'immunité que possédaient les gens fréquentant trop souvent la mort. Tels les médecins légistes, ne parvenant plus à identifier le cadavre devant eux comme un humain ayant perdu ce qu'il avait de plus précieux, mais comme un sujet d'étude à examiner, et dont la dissection relevait d'une pure routine procédurale.  Il en était de même pour les chasseurs. Au début, la gâchette se faisait hésitante, lorsqu'ils se devaient de tuer des humains qui relevaient de traits surnaturels pouvant s'avérer dangereux pour le reste du monde. Puis, au fil des ans, les chasseurs, gardiens de la frontière entre le monde des Hommes et le surnaturel, ne se posaient pas davantage de questions. Seul le "Si ça a des crocs, des griffes ou des pouvoirs magiques, c'est pas humain. Donc, c'est à tuer" primait. Cette phrase transformait les plus braves et  valeureux défenseurs des Hommes en vulgaires machines à tuer. Pour Randon, qui n'avait jamais vraiment sollicité le titre de "héros", cela n'avait fait que plus l'enfoncer dans les meurtres de sang-froid, et renforcer son incapacité à l'empathie pour les créatures qui sortaient des critères humains de base.

Certes, ce n'était pas les fantômes, innocents ou non, de son passé de chasseur qui pouvaient l'émouvoir ou le blesser dans l'âme. Non...

Mais les souvenirs de son enfance à Londres, accompagné de sa mère et ... de sa sœur. Il pensait souvent à elle, bien qu'il préférait pouvoir être capable de l'effacer à jamais de sa mémoire. Il pensait aussi à sa mère... Recevait-elle bien les sous qu'il lui envoyait ? Avait-elle pu reconstruire quelque chose avec quelqu'un ? Etait-elle ... heureuse, malgré l'absence de son fils unique ?

Vous parlez encore avec l'éclairage public ? Combien de fois devrais-je vous rappeler qu'il ne peut pas vous répondre ? Je sais que vous êtes "spéciale", mais ce n'est pas une raison pour agir de la sorte ! Vous voulez finir à l'asile ou quoi ?

La voix d'un homme vint abruptement interrompre le fil de ses pensées. Durant un instant, Randon s'arrêta, hésitant si oui ou non il voulait voir à qui s'adressait cet homme. Hésitant même sur le fait si oui ou non, il avait bien entendu les paroles qui l'avaient troublé. Un moment passa.

Puis, il se remit en marche. Mais dans la direction d'où avait provenu la voix.

Et là, émergeant de sa ruelle, il constata deux individus. Un homme et une femme, sous l'éclairage d'un lampadaire. L'homme avait une main tendue en la direction d'une personne assise à terre. De loin, on pourrait croire à une personne alcoolisée qui se faisait secourir par un bon samaritain. Mais... les propos tenus par l'homme accroupi témoignaient d'une autre vérité...

Le pas mal-assuré, le visage perplexe, Randon s'approcha davantage, tandis que l'individu masculin perdait patience et montrait une tonalité agressive. La personne assise, quant à elle, une jeune femme, resta à sa position initiale, habillée d'une robe et tenant fermement un manteau rose plaqué contre sa poitrine.

Randon s'arrêta. Ainsi que sa respiration.

A la lumière du lampadaire, maintenant plus proche, il pouvait la distinguer. Il pouvait... identifier les deux personnes. L'homme arborait une mine qui ne lui était pas inconnue, peut-être avait-il passé dans les journaux, mais ce ne fut pas lui qui retint le plus son attention.

Une brunette aux yeux dorés. Une silhouette élancée, et un teint naturellement et légèrement bronzé, qui n'était pas sans lui rappeler celui de Mère. Elle qui, autrefois, était bien petite et ne lui arrivait même pas à hauteur d'épaules, avait bien grandi.

Seul, au milieu de la rue, le chasseur serrait les dents et crispait sa mâchoire. Si seulement il n'y avait pas ce satané homme qui s'interposait de par sa simple présence en retrouvailles mouvementées.

Randon l'avait pourtant prévenue... Il avait prévenu sa petite sœur qu'il valait mieux pour elle faire profil bas, pour le restant de sa vie. Ne pas se faire remarquer, ne pas sortir du lot par ses pouvoirs extravagants. Mais sa simple présence à Paris lui faisait comprendre qu'elle n'avait pas suivi ses conseils. Pire, elle avait dû les transgresser. Elle aussi, devait manifester de l'intérêt pour le cabaret, une grande foire aux monstres qui l'accepterait peut-être parmi ses rangs, pour se retrouver dans la capitale française.

Avait-elle découvert quelque chose à ce sujet ? En faisait-elle partie ? Depuis combien de temps était-elle ici ? Est-ce que ces pouvoirs avaient évolué ? Avait-elle réussi à avoir un tantinet de self-control sur ses dons magiques ? Pourquoi avait-elle abandonné Mère ? Allait-elle bien ?

Toutes ces questions lui taraudaient l'esprit. Il aurait aimé les crier, saisir Lydia par les épaules en la secouant tout en la bombardant de ces questions. Mais... il s'en abstint. Ses poings se refermèrent, faisant légèrement blanchir la jointure de ses mains.

Peu importait les raisons de la venue de sa petite sœur à Paris, il devrait tenter de se montrer civilisé. Il y avait un témoin. Un homme qu'il voudrait éviter de constater des dons de sa sœur, et de son statut de chasseur. Mais... quelque chose clochait avec cet individu. Randon ne savait pas vraiment quoi, mais il avait comme l'impression que le sang-froid de cet homme était exemplaire par  rapport au comportement incompréhensible de la cadette Gray. Enfin... c'était ce que lui en disait son instinct. Il pouvait des fois lui faire confiance, mais pas autant qu'à sa logique. Et sa logique constatait qu'effectivement, l'homme paraissait très patient pour une inconnue qui s'amusait à dialoguer avec le lampadaire. Après, ce n'était peut-être pas leur première rencontre à eux deux...

"Toujours à communiquer avec les composants ruraux, n'est-ce pas... ?"

Sa voix, dont le ton dissimulait mal sa déception et sa colère, s'éleva, signalant sa présence à eux deux. Randon avançait, d'un pas cette fois assuré et ses iris cherchant à accrocher le regard doré de sa sœur.

"Quand comprendras-tu que ça ne fait qu'entretenir ta folie, petite sœur... ? "

Il était désormais à trois mètres de leur positon, et n'avait d'attention que pour Lydia, ne se préoccupant guère de l'individu qui l'accompagnait. Avec un peu de chance, il pourrait se faire passer pour le grand frère qui ramenait sa folle et crétine de petite sœur à la maison, lui donnant l'occasion de s'entretenir seul à seul avec elle........ et d'emmagasiner alors un minimum de dommages collatéraux.

"Tu devrais rentrer avec moi, Lydia. Maintenant. Mère s'inquiète."

La seule interrogation qui tenait en haleine le chasseur était : Allait-elle ou non marcher dans son sens ?


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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Dim 23 Fév - 15:20

Décidément, bien peu de gens étaient sensibles à la magie et à la beauté urbaine. Enfin, parfois, cela désespérait Lydia... Au point de lui donner envie de leur mettre une correction pour leur rusticisme et leur incroyable manque de sensibilité. Cependant, comme cet homme, celui qui venait de lui dire qu'elle aurait des ennuis, s'était à leur première rencontre décrit comme un genre de policier, mieux valait ne pas l'ennuyer.

Et puis, il y avait cette règle contraignante qu'il lui avait rappelée (directement, ou indirectement ? Elle ne savait plus. La « police » était symbole de « contrainte », celle que Michael, son maître, lui avait expliqué un jour... Et qu'elle avait quasiment oubliée. Il ne faut jamais faire usage de magie en face d'humains, et encore moins les taper avec... Seconde règle qu'elle n'avait aucun mal à respecter, vu que la ville n'aimait pas la violence, mais la première ? Toute son enfance avait été passée à la transgresser, sous le simple couvert de l'artifice pour la magie. A partir de là... Avec la technologie, ce n'était pas trop trop compliqué d'improviser une explication, si vraiment il fallait en donner une, autre que « c'est un secret ! ».
Pourtant, dans la nuit, ça ne posait de problème à personne, pas vrai ? C'était là où toutes les créatures magiques se montraient le plus. Et puis, sous couvert de l'alcool ou des hallucinations nocturnes – la peur que décrivaient si bien tous ces écrivains français ! -, on pouvait faire passer beaucoup de choses. Sauf à ce type.
Il constituait aux yeux de Lydia une véritable énigme. D'abord, elle avait été stupéfaite par ses yeux d'or, et avait très fort espéré qu'il soit quelqu'un comme elle, puis ses remontrances « on ne parle pas avec l'éclairage public ! » lui avaient très vite montré que c'était un inculte comme les autres. Aussi ne s'était-elle quasiment même pas donné la peine de répondre. Et voilà qu'il venait l'ennuyer de nouveau ? Décidément, elle n'avait pas le droit de décompresser un peu avant d'aller au travail ?

Tiens, en parlant de travail...

« Ah ! Madame la Montre ! Désolée, voudriez-vous bien m'indiquer l'heure ? C'est que j'ai du travail à faire, moi ! (Elle adressa un regard féroce à Aldrick.) Voilà, vous êtes content, je retourne aux occupations des gens « normaux » ! Au fait, vous ne sauriez pas où est le Lost... Oh, laissez tomber...[/color] (Un long soupir s'échappa de sa poitrine, avant qu'elle ne grimace:) Enfin, cette Lampade est pourtant assez grosse, je ne comprends pas comment vous pouvez la louper... Espèce de rustre.... (Sursautant et se tournant vers le lampadaire:) Oh, pardon ! Je ne voulais pas te traiter de grosse ! Vous êtes superbe, tout comme votre am... »

Un pavé lui indiqua qu'on venait vers elle, et en tirant une tête digne des plus vilains méchants monsieur qu'elle avait rossé souvent dans sa jeunesse. Le genre de type que Michael avait un jour assommé (le terme correct était « tuer », mais elle ne l'avait pas su à l'époque, et elle n'avait jamais vraiment réfléchi au fait que se faire cogner par un lampadaire, justement, ça ne fait pas du bien à la boîte crânienne) lors d'un guet-apens très mal orchestré par des voyous un peu stupides. Lydia leva la tête, mais entendit à ce moment-même des mots... dits avec une voix qu'elle n'aurait su dire être heureuse ou malheureuse d'entendre à nouveau.

Toujours à communiquer avec les composants ruraux, n'est-ce pas... ?


Non, c'était certain. Ses yeux quittèrent enfin son « monde » pour se tourner vers ceux de son frère. A qui elle manqua de rétorquer qu'il était toujours aussi bête, « rural », c'est pour la campagne... … Puis il la traita à nouveau de « folle ». Ce qui, dans la bouche de certaines personnes, sonnait comme un compliment. Dans d'autres, cela chantait comme une insulte au mieux, au pire, comme une menace.

De la part de Randon, c'était une menace.

Comme si ce n'était assez, le frère qui avait disparu en la laissant seule avec sa mère, par deux fois, les deux fois par jalousie de son pouvoir, lui ordonna de rentrer chez eux, car leur mère s'inquiétait. La notion de « double-sens » étant totalement inconnue à Lydia, qui aurait pour cela dû s'intéresser un peu plus aux autres êtres vivants pour mieux comprendre leur psychologie, elle ne comprit non seulement pas du tout ce dont il voulait parler, mais en plus, se vexa profondément de ce qu'il racontait des âneries. Il y avait de plus quelqu'un de la police, qui, s'il la prenait elle aussi pour une folle (sauf que bon, il n'avait pas levé la main sur elle, lui, et il semblait plus déprimé qu'agressif quand ils « conversaient » - peut-on seulement qualifier ça de conversation ? - donc, il ne représentait pas une menace), prendrait sûrement aussi son parti si Randon se mêlait de vouloir lui faire du mal pour la simple raison qu'elle parlait avec les...

« Composants URBAINS. Cela s'appelle des composants urbains, Randy. Rural, c'est la campagne. Mais tu as un culot de monstre ! C'est toi qui est devenu fou – c'est toi qui a abandonné maman ! Si tu as oublié, laisse-moi te dire que c'est toi le fou ! Et puis, de toute façon, maman est sur le point de repartir en voyage. Tu n'as qu'à rentrer à Londres, avec un peu de chance tu la verras avant qu'elle ne rep... »

Elle se souvint d'un problème : « maman » n'était plus toute seule, et vu la réaction et l'air fâché de Randon, contrastant avec la mine épouvantée de Lydia, il était toujours aussi méchant envers ceux qui n'étaient pas... pas normaux. Ceux qui étaient atteints de « folie ». Alors s'il rencontrait Michael, et pire, pendant l'une des crises de folie de ce dernier (qu'apparemment, selon les lettres d'Elisabeth Gray, passaient très bien avec une bonne paire de claques et une beuglante), Randon le tuerait sûrement.

Ca, il n'y avait pas besoin... !

Puis, elle se souvint qu'il y avait un policier, et... Allez comprendre pourquoi, l'idée lui vint de faire les présentations. Et puis, le policier serait content que pour une fois elle s'adresse à lui comme une personne « normale ». Elle désigna donc d'une main Randon, de l'autre le policier, et se mêla d'indiquer le rôle de chacun dans sa vie, oubliant totalement qu'il s'agissait de deux personnes pensantes qui pouvaient très bien faire connaissance toutes seules et se fichaient sûrement de qui l'un était pour l'autre.

«  Lui, monsieur le rappeleur à l'ordre, fit-elle en montrant Randon, c'est mon grand frère! J'vous rassure, lui, il est comme vous, il voit que dalle! Mais quand il a décidé de pas me taper, il est gentil. »
Elle se fendit d'un grand sourire... Puis s'immobilisa, et se mit à parler au manteau de Randon. Oui, au manteau.

« Il joue toujours au justicier, hein ? Oui, n'est-ce pas ? Je suis sûr que vous êtes encore tous sales. » Elle pointa un doigt accusateur sur Randon. « Tu ne crois pas qu'ils ont peur du noir? » Elle s'adressa de nouveau à Aldrick, dont elle ignorait le nom. « Oui, c'est comme vous, un genre de justicier. Il aime pas les gens comme moi! Enfin, un peu comme vous... »

L'ambiguïté sur “un peu comme vous” reposant entre “Aldrick est quelqu'un comme Lydia” ou “Aldrick n'aime pas les gens comme Lydia”, la demoiselle n'ayant strictement aucune idée qu'une telle chose pouvait exister négligea totalement de préciser sa pensée. En revanche, elle réalisa subitement qu'il y avait maintenant deux personnes qui la trouvaient bizarre, et qu'elle était en infériorité numérique, les pavés refusant de s'en prendre aux deux hommes pour ne pas se salir et parce qu'ils se sentaient plus proches d'eux que de Lydia, chose compréhensible s'ils vivaient tous deux à Paris. Enfin, pour Lydia, bien sûr. Dans son univers de barge. Ainsi, la demoiselle recula légèrement, et fronça ses sourcils corbeaux, tout en faisant une grimace mal assurée et se tripotant les mains. La vérité était que la folie commençait à lui tinter aux tempes, et que Randon se trouvant dans le lot, elle ne voulait pas risquer de le blesser une seconde fois.

« Euh... »

En général, personne forte et probablement magique ou au courant de son existence + doute ou animosité à l'envers de Lydia menant systématiquement à des ennuis, elle décida de repousser sa visite au Lost Paradise – elle convaincrait les presses d'intercéder en sa faveur auprès de son éditeur, comment, allez savoir – et pour le moment, de courir se mettre à l'abri. Aussi, passant la main derrière sa nuque pour se gratter, la jeune femme balbutia en direction des deux hommes :

« Euh... Me tapez pas d'accord ? »

Et après cette superbe suggestion, elle s'enfuit en courant, essayant d'utiliser les voix des réverbères pour se guider. Enfin, elle ne les connaissait pas bien... Quelle utilité auraient-ils à la guider correctement ?
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Dim 2 Mar - 13:06

La belle sembla se souvenir de quelque chose d'important et se mit à interroger sa montre, en l'ignorant royalement, ce qui contribua à l'agacer davantage. Il se redressa et croisa les bras sur son torse d'un air renfrogné. Il afficha une grimace lorsqu'elle est évoqua le cabaret et il soupira intérieurement.

*Pourquoi ça ne m'étonne pas ?*

- Si, c'est par... L'agent n'acheva pas, coupé dans son élan tandis que son index levé indiquait une ruelle adjacente.

Son regard coula sur le lampadaire qu'elle lui désignait, et il eut pour elle un air dépité avant de secouer négativement la tête comme si rien ne pouvait la sauver. Quelque part elle lui faisait presque pitié. Piégée dans un monde saugrenu, incapable même de communiquer basiquement avec son entourage quotidien. Il plaignait franchement ceux qui la fréquentaient. Ça ne devait pas être de tout repos. Son bras retomba le long de son corps, avant qu'il ne plante son regard dans le sien, à la recherche d'un élément qui lui aurait échappé. A moins que ça ne soit elle qui ne se soit échappée d'un endroit ? Il s'apprêtait à lui demander où elle séjournait quand un homme fit son apparition, prétendant être son grand frère.
D'abord surprit, puis septique, le policier ne put s'empêcher d'adopter une posture qui marquait sa mise en garde, à son approche.


*Il empeste le sang. Impossible de définir s'il est humain ou Légendaire, l'odeur est trop forte. D'où il sort celui-là ? *

Vaguement, les propos incohérents de la demoiselle lui parvinrent, lui arrachant un visage fermé.

- Eh ! Je ne vous permet pas ! S'offusqua-t-il. Si vous continuez je vous coffre pour outrage à agent !

C'était trop tard, elle ne l'écoutait déjà plus, commençait à parler de coups et de Londres. Son regard passa frénétiquement sur les membres de cette étrange famille, si diamétralement opposée. Perdu entre les délires et les mensonges, l'agent ne sut pas bien sur quel pied danser. Qui disait la vérité ? D'un côté, le frère lui paraissait grandement plus sensé, mais de l'autre il doutait que la jeune femme en vienne à porter des accusations si graves sans un fond de vérité.

*Mais qu'est-ce qu'elle raconte celle-la encore ? C'est quoi cette histoire de justicier ?*

Les sourcils froncés, il interrogea les deux autres, un étrange pressentiment s'incrustant dans son esprit :

- Est-ce que l'un d'entre vous pourrait m'expliquer ce qui se passe ? Ce sont de graves accusations que...

Mais plutôt que de répondre à sa requête, la jeune femme balbutia un baragouinage étrange et s'en fut à toutes jambes dans la direction du Lost, laissant les deux autres plantés là.

- Attendez !

Aldrick tendit la main et fit un pas en avant mais déjà la silhouette s'éloignait grandement, il arqua un sourcil, et lâcha d'un ton plus abrupt qu'il n'aurait voulu, en se rapprochant du jeune homme :

- Mais qu'est-ce qu'elle a ? Elle est toujours comme ça ou quoi ? Est-ce qu'elle aurait peur des hommes ? Ou il y a un autre problème ?

Le policier s'éclaircit la gorge.

- Hum, pardon. C'était indiscret.

Le commissaire l'observa de pied en cape, intrigué, se demandant s'il devait mettre en doute les dires à venir du brun. Il émanait de lui quelque chose de troublant qu'il n'appréciait particulièrement, sans arriver toutefois à définir de quoi il s'agissait.

- Ne la laissons pas seule, qui sait ce qui peut lui arriver…

Aussi sans attendre de réponse de la part de son interlocuteur, il se mit en marche, sur les traces de la mage. Elle avait si peur qu'il lui serait aisé de la suivre à la trace. Mais le fraternel le laisserait-il faire ? En tous cas, il ne pouvait décemment pas la laisser arpenter Paris dans un état d'esprit aussi troublé. C'était dangereux, autant pour elle que pour les autres, et il avait déjà bien assez de morts sur la conscience, pour ne pas au moins tenté d'empêcher ceux pour lesquels tout n'était pas encore perdu.

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Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Mer 12 Mar - 22:11

Spoiler:
 

La tonalité de sa question avait paru se figer dans le temps. Les secondes semblèrent se ralentir; l'ambiance nocturne, déjà peu rassurante, se tendre davantage. L'attention complète de Randon était dédiée aux lèvres de sa sœur, sur lesquelles il espérait repérer un quelconque tique qui serait un indice de sa réponse. Allait-elle ou non, jouer le jeu ? Irait-elle s'engouffrer avec lui dans une ruelle, et mettre les choses au point, peut-être définitivement ? Ou au contraire allait-elle paniquer... Utiliserait-elle l'homme qui l'accompagnait comme rempart derrière lequel se cacher ? Ou lèverait-elle le menton fièrement et s'opposerait à lui avec la même force de caractère que possédait Mère ?

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Lydia, en une seconde chrono, parvint à faire rappeler à Randon qui elle était vraiment. Un être dont l'imprévisibilité et le chic pour toujours détoner par rapport aux convenances s'avéraient remarquables. Forcément. Comment avait-il pu oublier son comportement si... enfantin ? Ou... fou ? Bien qu'elle eût raison, mais le surdoué en grammaire de la famille, c'était pas lui

Mais la suite de la phrase de sa cadette n'avait pas la même intonation dépourvue de gravité. Au contraire. Randon sentit bien derrière ses mots toute la rancune engendrée à travers ces années. Mais elle, que dirait-elle, si elle pouvait l'entendre, sa rancune à lui ? Y survivrait-elle ? Sûrement pas... Mais heureusement pour le policier présent, Randon n'eut pas l'occasion de répliquer. Non. Les paroles de sa sœur l'intriguèrent bien trop...

Mère était à Londres... mais plus pour longtemps. La nouvelle qu'elle voyageait fut bien la seule chose qui sut lui donner un léger baume au cœur... mais l'interruption soudaine de Lydia, et son changement de sujet abrupt, témoignait que... Qu'elle ne voulait pas finir sa phrase. Que cela voulait-il dire ?
Etrangement, ça lui rappelait les nombreuses fois où, gamine, elle venait à le trahir de ses méfaits d'enfant auprès de Mère, par la faute de sa trop grande spontanéité. S'agissait-il de cela ? Voulait-elle lui cacher l'existence que menait Mère ? Pour quoi faire ? La protéger ? De qui ? Pas de lui ?

Tant de questions se chamboulèrent dans sa tête à l'instant présent. Il connaissait malgré tout trop sa sœur pour savoir qu'elle n'avait pas changé de sujet juste par saute d'humeur, mais bien à dessein. Et, vu que ça concernait un des seuls êtres que Randon ait vraiment estimé et aimé, ça l'obsédait de suite.

Aussi, pendant qu'elle faisait des présentations bien à sa sauce entre lui et le policier, Randon la fixait avec une intensité malveillante. Tôt ou tard, elle finirait cette phrase devant lui, à genoux s'il le fallait.

Mais l'instant n'était pas à là. Non.

L'instant était à la discussion avec... un manteau. Et sa propreté.

S'il avait été aussi spontané que sa sœur, il aurait fait le plus magistral des facepalm.
Mais il s'en abstint. Préférant crisper la mâchoire et accorder un air de dépit au gendarme.

Surtout quand elle lui témoigna avec toute la conviction du monde que oui, les manteaux avaient peur du noir.
Dans un coin de sa tête, une pensée vint effleurer le chasseur. Il se demandait ce que lui répondrait son manteau s'il était doté d'un esprit et d'une bouche. Certainement quelque chose comme "Toute façon, avec lui, propre ou pas, on va finir troué".

Il ne put s'empêcher de sourire. Etait-ce la folie de sa sœur qui était contagieuse ? Peut-être. Dans tous les cas, une once de légèreté s'abattait désormais sur son humeur. Après tout... la situation était sienne. Lydia n'avait pas beaucoup d'opportunités de fuite, et certainement que le représentant des forces de l'ordre lui accorderait plus de crédit à lui qu'à elle...

Mais c'était sans compter l'imprévisibilité de la cadette Gray.

Sous un " Euh... Me tapez pas d'accord ? »" empli de mal-assurance et de crainte, elle prit soudainement la fuite, provoquant la réaction immédiate du policier, qui, jusqu'alors, avait fait de son mieux juste pour comprendre un peu le contexte de la situation.

Mais sa tentative d'arrêter sa sœur fût vaine, et il resta la main béante dans le vide avant que son bras ne retombe lourdement contre son corps. Puis, dépassé par les événements certainement, l'homme ne put s'empêcher de lâcher son mécontentement.

- Mais qu'est-ce qu'elle a ? Elle est toujours comme ça ou quoi ? Est-ce qu'elle aurait peur des hommes ? Ou il y a un autre problème ?

Le trentenaire posa ses yeux sur ceux de Aldrick. A cet instant, il constata la lueur dorée des iris de son interlocuteur, et en fut quelque peu intrigué. Il remarquait pour la première fois ce trait si distinctif des gens... hors-normes.
Mais il garda cette pensée pour lui, et fit mine de ne pas paraître intrigué. Même si désormais il classait cet homme parmi la liste de ses "victimes" potentielles, bien que ce dernier ne montrait aucune trace de méchanceté, et vint même à s'excuser de sa question. Randon balaya cette excuse d'un revers de main, et prit un ton neutre, quoiqu'un peu solennel.

"Disons simplement que... ma petite sœur est malade. Et je suis le seul à pouvoir la soigner."

Il avait croisé ses bras entre deux, et une de ses mains alla trouver refuge auprès de son colt qu'il avait ceinturé au torse. Un instant, son regard fut perdu dans le vide, comme... indécis.

Son pouce quant à lui tritura la crosse de l'arme.
Et, à peine qu'il relevait le regard, Aldrick était parti, à la poursuite de sa petite sœur.

- Ne la laissons pas seule, qui sait ce qui peut lui arriver…

Randon fut tenté de lui répliquer que la seule chose à craindre qui pourrait arriver à Lydia, c'était lui-même. Mais forcément, il se tut et se mit à la poursuite de son sang.

Des réponses, il aurait des réponses.


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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Dim 16 Mar - 15:45

L'instant était...Gravissime.
Même s'ils avaient été assez longs à se décider à lui courir après, ce qui aurait pu lui donner l'opportunité de s'enfuir loin, très loin (et ne jamais revenir), le sens de l'orientation phénoménal de Lydia la trompa totalement et lui fit faire un simple cercle autour de l'endroit où le policier l'avait trouvée... Et plus grave, là où Randon l'avait dénichée. Il était absolument clair qu'il voulait toujours la tuer, et qu'il n'était pas revenu à de meilleurs sentiments. Pauvre sotte ! Comment s'imaginer qu'il ait pu en être autrement ?
Comment s'imaginer qu'il aurait pu faire preuve de regrets ?
Ce n'était plus son petit frère... Ce n'était plus celui qui ignorait que sa sœur était une mage, et qui allait lui voler des jouets. Et c'était quelqu'un qui pourrait vouloir tuer Michael s'il découvrait qu'il était devenu « ami » avec leur mère. Alors s'il venait à apprendre que ce mage avait essayé d'empoisonner un lavoir...

Des bruits de course, au détour d'une rue, la firent se plaquer contre un mur et jeter un timide regard, pour apercevoir le dos de deux personnes. Le policier et Randon venaient de s'allier, fort malheureusement, contrairement à ce qu'elle avait voulu espérer. Elle n'avait aucune envie de se battre...
… Pourtant, il allait bien falloir. Enfin, s'ils se décidaient à l'attaquer. Ce qui, connaissant Randon, ne saurait tarder...
Une échelle l'appela, ce qui lui donna une idée. Il y avait vraisemblablement un balcon à l'étage de la maison à côté d'elle, qu'elle se hâta de rejoindre le plus vite possible, tout en essayant de ne pas faire de bruits (enfin, elle l'ignorait, mais un loup et un prédateur de monstres qui comptait sur le bruit de ses proies ne risquaient pas de ne pas l'entendre). Elle finit même par glisser sur une crotte de pigeon, et au lieu de jurer, demanda pardon à la façade pour l'avoir abîmée. Une fois arrivée en haut, elle tira le tuyau qu'elle utilisait comme canalisateur de pouvoir, déguisé sous forme d'un joli bâton, et se rapprocha du bord à quatre pattes, d'où il lui sembla voir ses deux... opposants.
Encore une fois, il convient de rappeler que Lydia est.... assez habituée des conversations avec les objets, et a sombré dans ce qui semble être de la folie, ce qui lui permets d'ignorer presque totalement la portée du raisonnement humain. En conséquence, il ne lui viendrait pas à l'esprit que, s'ils la voyaient en haut de ce bâtiment, ils pourraient en faire le tour pour trouver un accès. C'est-à-dire que, si elle y avait pensé, elle aurait fait en sorte de détruire l'échelle ou de la faire tomber, tout en s'excusant auprès d'elle.
Au lieu de cela, elle se pencha par dessus le toit et les appela avec d'abord une toute petite voix que personne n'aurait pu entendre, puis comme un tuyau de cheminée à côté d'elle se moquait de cette bravoure phénoménale, reprit à voix plus haute, peut-être même un peu trop haute :

- Bon ! Et si au lieu d'essayer de s'entre-tuer, on allait discuter de tout ça bien gentiment ?

Comme si Randon allait vouloir entendre quoi que ce soit. La robe de Lydia lui signala qu'elle n'y croyait absolument pas. Pour clarifier, elle expliqua :

- Je veux dire, si vous voulez me tuer, va falloir que je me défende, et je suis sûre que ça va blesser plein de murs et puis aussi vos jolis vêtements, ça serait vraiment dommage... Alors, bon, si on pouvait régler tout ça bien gentiment dans un salon de thé, et si possible, juste à côté d'un endroit avec plein de monde comme ça aucun de nous ne s'amuse à faire l'idiot, je suis sûre que ça serait mieux pour tout le monde. Vous n'êtes pas d'accord ?

Son bâton lui-même, oui, son propre bâton, lui signala que son raisonnement était complètement tordu. Ce à quoi Lydia répondit, en le serrant un peu plus fort et en cherchant dans sa poche un bout de craie pour tracer des runes sur les tuiles, qu'elle n'avait pas vraiment le choix, comme elle ne voulait blesser personne. Sa main trouva le bout de craie et se hâta de dessiner des symboles sur le sol, tandis qu'elle reprenait :


- Non parce que je sais que monsieur le policier vous me croyez folle, et que les gens quand ils croient les autres fous, au lieu d'essayer de les comprendre, les font taire... Mais bon, mes amis et moi, nous ne sommes pas si dangereux que ça, si ?

Au moment précis où elle tentait de se défendre, un lampadaire dans la rue choisit d'éternuer, et se servit de ses pouvoirs pour se faire. En d'autres termes ou de façon plus visuelle, le lampadaire se courba en deux et s'éteignit trois secondes, pour se rallumer ensuite. Mais ça ne pouvait pas être vu comme une agression, hein... ? Non... Mais ce lampadaire pouvait devenir une arme, si elle choisissait de manier ses flammes, ou de leur projeter ces runes. A condition qu'ils ne montent pas la rejoindre, mais elle était bien cachée, non ?
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Ven 28 Mar - 14:42

L’agent s'était lancé à sa poursuite, courant à travers les rues, suivant son odeur tandis qu'il arrivait à distinguer sa silhouette grâce à la lumière blafarde des lampadaires. Non loin, le frère de la belle suivait. Mais le peu d'inquiétude qu'il avait affiché plus tôt ne lui disait rien de bon.

*"Le seul à pouvoir la soigner", hein ? Cet homme ressemble d'avantage à un boucher qu'à un médecin. Est-ce qu'il espère vraiment me faire croire ça ?*

Avec ces deux-là, indéniablement il y avait anguille sous roche quelque part. Ayant perdu la belle en visuel, il tenta de se concentrer mais l'odeur virulente du sang dont le brun était recouvert le troublait grandement.  Hagard, l’officier s'arrêta au détour d'une rue et n'eut guère qu'à lever les yeux pour que la réponse tombe presque du ciel.
Lydia sur le toit d'un bâtiment s'époumonait comme d'habitude en propos incompréhensibles. L'agent grommela.


- Qu’est-ce qu’elle raconte ? C'est quoi ce raisonnement à la mords-moi le nœud ?

Les sourcils froncés sous l'incompréhension, le policier hésita à accorder du crédit à la belle.

- M'enfin ! D'abord, on veut la tuer, ensuite la faire taire, et le tout sans pouvoir en placer une ! Elle n'a pas l'impression de faire des conclusions trop hâtives des fois ?

Aldrick parut irrité et porta une main à son front pour tenter de garder son sang-froid. Il analysa les alentours, essayant de juger quelle était la meilleure façon de faire descendre cette jeune fille en évitant qu'un accident arrive. Après quelques secondes de réflexion intensive, il hurla pour la belle :

- Calmez-vous. Personne ne va mourir ce soir, d'accord ? Descendez s'il vous plaît. Un mauvais pressentiment avait envahi le policier pourtant depuis que la belle avait sorti une sorte de tuyau. Si ça peut vous faire plaisir, nous irons dans un salon de thé pour parler calmement. Le brun se tourna vers le frère pour juger de sa réaction, attendant qu'il daigne lui certifier que c'était le cas. N'est-ce...

Le lycanthrope n'acheva pas ; le lampadaire à côté d'eux se plia et instinctivement il sorti son arme pour la pointer vers la source lumineuse, avant de rester bête devant la scène, lorsque ce dernier se redressa comme si de rien n'était.

- Qu'est-ce que...? Abandonna-t-il sous la surprise avant de reporter immédiatement son attention sur la brunette, après avoir à peine baissé son arme.

* C'est elle qui a fait ça ? Elle ne compte tout de même pas utiliser ses pouvoirs ici ? En présence d'un humain ? Même s'il s'agit de son frère, et qu'il est déjà au courant, c'est une rue passante, bon sang ! Aurait-elle déjà oublié la Curia ?*

Un grognement sourd lui échappa à cette pensée, et il dût se faire violence pour ne pas lui expliquer clairement ici le fond de sa pensée, jetant un regard furtif au jeune homme avant de s'avancer vers l'échelle. Il y posa une main et leva le menton pour distinguer la distance à parcourir. Glissant d'un air qui se voulait confus pour le pseudo guérisseur :

- J'y vais. Attendez-moi là, s'il vous plaît. Les choses ont l'air...déréglées. Je vais essayer tirer ça au clair. Restez éloigné de... Le commissaire pointa le lampadaire d'un vague signe de la main, dans laquelle son arme trônait encore, peinant faussement à trouver un terme convenant à cette bizarrerie, pour finalement achever : ... ça.

Il rangea finalement son pistolet et entama sa montée, non sans un dernier baragouinage au sujet d'une ville qui devenait folle.

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Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Mar 15 Avr - 20:55

Il n'y avait que sa sœur pour s'inquiéter, au moment où un affrontement meurtrier entre elle et lui était imminent, et qu'un policier armé s'approchait d'elle, de l'état de santé des murs et des vêtements de ses agresseurs, ou bienfaiteur, concernant l'agent. Randon ne put s'empêcher de hausser un sourcil de dépit. Un salon de thé ? Franchement ? Elle s'imaginait qu'il allait prendre le thé, et discuter sciemment avec elle de la meilleure manière de comment s'entretuer sans traumatiser les pavés des rues ?

La raison avait décidément déserté le corps de sa malheureuse petite sœur. Il mima un air concerné, voire attendri par sa démarche enfantine, tout ça pour faire bonne figure auprès d'Aldrick. Mais... le fait que le poteau se cambra soudainement dans un cliquetis de bruit métallique ne lui fit pas tenir la pose très longtemps, et afficha de la surprise sur son visage.

Le policier avait dégainé et, perturbé, rangeait son arme. Randon avait failli faire de même, mais heureusement, son colt était resté caché sous son manteau. Autrement... les choses auraient pu se corser d'avantage.

Mais Adrick était trop absorbé dans sa tâche de "comment faire en sorte que tout le monde s'en sorte sans bobos majeurs" pour s'apercevoir de son réflexe, et il entamait déjà l'échelle. Néanmoins, avant de monter, il crut bon de l'avertir de sa démarche. Prétextant de le tenir éloigné des armes. C'était... mignon.

Randon ne répondit que par un sourire courtois, et profita que le chef de la police lui tournât le dos, pour s'éclipser. Derrière l'habitation, il devrait bien y avoir un moyen d'accès, via la gouttière notamment, ou des briques mal assemblées.

Heureusement pour lui, des défauts de construction rendaient possibles l'escalade du mur sans échelle, en toute discrétion.

Aussi rapidement que lui permettaient son agilité et ses muscles, il se rendit sur le toit, qu'il gravit encore de quelques mètres pour avoir en visuel sa petite sœur. Sans prendre garde de si oui ou non son "allié du jour" était déjà en train de l'appréhender, ou si Lydia se contentait de le regarder monter, Randon, à pas furtif, se glissa derrière la jeune femme aux yeux d'or.

Durant un instant, derrière elle, les secondes lui parurent une éternité. Tant.... de possibilités.

Il aurait pu la pousser. Elle aurait chuter. Ca aurait pu paraître accidentel, mais difficilement, et elle aurait sans doute survécu. Ou... la piquer avec une fine aiguille empoisonnée, elle aurait eu l'air de faire un malaise , et ne s'en serait pas sortie indemne. Ou... la poignarder. Là, cela aurait été meurtrier. Devant un policier, ce n'était pas son idée de la discrétion. Mais au moins, il aurait sécurisé les rues de Paris. Il aurait... mis fin à une querelle qui lui paraissait éternelle.

Son cœur accéléra son rythme et il lui sembla n'entendre que le mot "Murder" dans sa tête, comme un écho répétitif. Comme si... cela représentait son devoir, ou pire, son obsession.

Néanmoins, ses mains restèrent immobiles, son corps inerte, malgré la flamme meurtrière qui animait ses iris. Que lui manquait-il, pour mettre fin à la vie de sœur, maintenant, là ?

Il ne sut y répondre.

Il remarqua qu'Aldrick était parvenu jusqu'au toit, et n'eut d'autre choix que d'apposer sa main sur l'épaule de sa sœur, tel le grand frère rassurant qu'il devrait être.

"Sois gentille Lydia. Rentre avec moi, et cesse de causer des troubles à cet agent."

Il savait pertinemment sa sœur suffisamment intelligente pour ne pas accepter. Là était le but. Son regard simulait la fatigue et la lassitude, mais ses yeux n'exprimaient que l'envie de confrontation.

Allez, petite sœur... donne-moi une raison de t'en coller une. Résiste...

Pensait-il tout bas, alors que sa voix se faisait suave et douce.

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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Sam 3 Mai - 19:36

Elle n'avait pas prêté attention... Trop préoccupée par le fait que Aldrick montait à son tour, et qu'il lui fallait trouver quelque chose... Pour le convaincre de ce que son frère était dangereux, et qu'elle n'était pas folle. Mais comment faire ?
Et surtout, que voulait-elle vraiment faire en convainquant le policier que son frère était dangereux... L'arrêter ? Le mettre en prison ? Ou tout simplement être sûre que celui qui n'avait pas changé, sauf pour devenir plus haineux encore, ne blesserait plus aucun être surnaturel... Ou peut-être tout simplement pour être protégée de lui ?
Elle ne voulait pas se servir de ses pouvoirs pour la violence. C'était fait pour émerveiller les gens... Rien de plus. Et lui permettre d'aider la ville. Le monde et ses règles passait en numéro deux. De plus, en présence d'un policier, à moins qu'il ne constate que sa vie était vraiment en danger, elle risquait d'avoir des problèmes. Les prisons étant des endroits extrêmement tristes et malsains, elle n'avait aucune envie d'y aller.
Mais ça ne rendrait pas Randon plus gentil non plus...

A présent, l'un grimpait vers elle, et l'autre... Venait de poser la main sur son épaule. Diantre. Trop affolée par les sentiments se confrontant en elle, et l'incertitude, elle avait négligé d'écouter l'environnement qui l'avertissait pourtant du danger. Randon lui parla, pour la « convaincre » de jouer le jeu de la folle. Mais que se passerait-il si elle le faisait ? Rien de bon, c'était sûr. Pendant ce temps le policier continuait à s'avancer, force qui pouvait être adjudante comme antagoniste selon la manière dont chacun de ces acteurs joueraient. Elle avait perdu des points en faisant s'agiter le lampadaire un peu plus tôt, ce qu'elle ne faisait en général que lors de spectacles de rues pour amuser la population. L'homme aux yeux d'or avait sorti son arme... Forcément : elle n'était pas sensée faire usage de ses pouvoirs, comme il lui répétait sans arrêt. Pour quelqu'un qui se fait passer depuis toujours pour une prestidigitatri...

Non, c'était pas le moment de se perdre dans ses pensées. Le policier était en haut du toit, et Randon derrière. Alors que lui restait-il comme option ? Pousser Randon à commettre une faute. Elle inspira et s'exclama :

_ Tu veux vraiment le savoir ? Ce que maman a fait ?

Ses lèvres se courbèrent en un grand sourire. Elle voulait apparaître le plus candide possible. De façon à ce que Monsieur Aldrick voit à quel point Randon était dangereux.

_ Elle est partie en voyage autour du monde avec le monsieur qui m'a appris la magie. Un autre mage, lui aussi ! (Son bâton canalisateur lui souffla alors des âneries qu'elle ne comprenait même pas – oui, candide, très candide – en lui indiquant que ce serait l'idéal pour pousser à bout son frère) … Qui sait, peut-être qu'un jour on aura un petit frère ou une petite sœur ? Ça serait génial, non ? (Elle baissa la voix et murmura) Est-ce que tu voudras le tuer, lui aussi ?

La petite bombe lancée – même si Lydia ignorait totalement ce qu'elle était en train de sous-entendre, ne comprenant pas trop le rapport avec la choucroute – elle fit un grand sourire à Aldrick, comme si de rien n'était, et fit joyeusement :

_ Vous avez vu, il est athlétique mon frère ?

Oui, parce que bien évidemment, elle était pas fichue de trouver une idée qui la fasse paraître moins tarée aux yeux du policier. Néanmoins, les frissons qui la parcouraient indiquaient clairement qu'elle n'était pas à l'aise, quitte à se mettre à littéralement transpirer la peur, la surface du toit se mettant à faire des petits graviers sur le dessus, tremblotant. Malgré le fait qu'elle les implorait mentalement d'arrêter...

"Please, someone, help me!"

Qu'allaient choisir de faire ces deux-là ?
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Mer 14 Mai - 9:42

Dans un grondement sourd, il atterrit finalement sur le toit, et se fut à l'odeur d'abord qu'il sut que Randon n'avait eu cure de l'attendre en bas. Aldrick grimaça malgré lui, les effluves de sang, de haine et de peur se mêlant bien trop rapidement à son goût pour lui parvenir. Ses iris allèrent rapidement de l'un à l'autre des protagonistes. Décidément, il n'aimait pas la façon dont cette famille lavait son linge sale. S’apprêtant à prendre le parti du jeune homme, il ouvrit la bouche pour parler mais face aux révélations de la belle qui n'annonçait rien de moins que sa nature de mage de but en blanc, et -de surcroît- que son maître avait pris la poudre d'escampette avec sa mère, il ne put que rester à la fixer bêtement. Le lycanthrope en tomba véritablement dénues ! Si bien qu'il laissa choir ses bras le long de son corps, scotché sur place devant si peu de retenue vis à vis des règles de survie les plus primordiales pour les Légendaires. La bouche grande ouverte et les yeux exorbités par un mélange de surprise et d'aberration, l'agent sembla se statufier, aussi sûrement que si une gorgone s'était chargée de lui tirer le portrait.

* Non mais je rêve, c'est pas possible ! Oui c'est ça ! Je rêve ! Il n'y a que ça !*

Un instant, il fixa la famille comme s'il n'était pas véritablement en train de vivre cette scène. Comme si cela arrivait à d'autres gens, des gens qui ne se trouvaient pas devant lui. Enregistrant dans un état second la réaction du jeune homme, sans s'en alarmer pourtant. Mais bien vite, cet étrange amalgame de sentiments se mua en une colère sourde. Le policier s’apprêtait à rembarrer cette mage de pacotille pour son inconscience qui frôlait le suicide lorsque le murmure de la belle lui parvint, lui faisant froncer encore davantage les sourcils.

Exaspéré par leurs façons de faire respectives, il serra poings et dents, puis d'un geste professionnel ressorti son arme qu'il pointa entre eux deux, pour être certain de pouvoir toucher chacun, à tout moment.


- Bon ça suffit maintenant ! Dans sa voix, une colère virulente tonnait, semblable à une tempête dévastatrice. Éloignez-vous l'un de l'autre ! Miss Gray, lâchez ce... Truc. Anticipant une éventuelle réclamation, il ordonna sur un ton qui ne laissait place à aucun choix : MAINTENANT ! Les mains en l'air, tous les deux ! Allé !

Sur le qui-vive, les sens aux aguets, le policier se rapprocha encore des deux autres. Si sa raison le poussait à prendre le parti du brun, de par ses arguments recevables et sa logique plus que compréhensible -en plus de paraître compatissant à l'égard de la belle- son instinct en revanche, allait vers la demoiselle. Lui suggérant qu'aucune fille capable de formuler une phrase avec un sujet, un verbe et un complément, dans le bon ordre, n'aurait été rassurée à côté d'un homme qui dégageait tant de haine. Il fut certain -dans un premier temps- qu'elle avait capté ce ressenti d'ailleurs, lorsque le toit de l'immeuble trembla légèrement. Instinctivement, il baissa la tête pour tenter de comprendre ce qui se passait. Une lueur d’inquiétude s'immisçant au fond de ses iris dorés lorsque ceux-ci se posèrent à nouveau sur les deux autres.

*Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle ne veut quand même pas détruire le bâtiment ?*

- Lydia ! Qu'est-ce que... ?

Il n'acheva pas, redressant aussi rapidement que possible son arme, regrettant déjà cette erreur de débutant : d'avoir quitté des yeux les personnes qu'il tenait en joue. Vaguement, il se demanda si, au final, ce n'était pas parce qu'il avait hurlé précédemment que la belle avait ainsi réagit, mais il n'eut guère le temps d'y songer davantage qu'une nouvelle secousse plus prononcée, ébranla le toit ; faisant naître la crainte dans la voix des occupants au-dessous d'eux.

Si Aldrick ne doutait aucunement de son efficacité sur le plancher des vaches, c'était une autre paire de manches sur un sol qui se prenait pour une vague. Cette seule idée le crispa violemment, au point qu'il en vienne à penser :


*Bon sang ! MAIS ELLE VEUT NOUS TUER OU QUOI ?!*

Cette tension augmenta lorsqu'il aperçu la crosse d'un pistolet dépassant du vêtement de Randon. Probablement qu'il n'aurait probablement jamais soupçonné sa présence si la main de Lydia n'avait pas glissé par mégarde, sur le part dessus de son frère, pour le révéler. Cette nouvelle découverte le laissa coi de surprise quelques secondes, avant que les traits de son visage ne s'étirent dans un air particulièrement perplexe.

*MAIS QUI EST CE TYPE A LA FIN ? C'EST QUOI CETTE FAMILLE ?!*

Excédé de cette situation nébuleuse, l'agent fini par tirer dans le ciel avant de déclarer avec un sang-froid qui n'était qu'une façade fragile :

- Comme vous le voyez mon arme est chargée, alors maintenant vous allez vous éloigner et m'expliquer chacun à votre tour ce qui se passe ici et sans coups-fourrés, vu ?

Son arme retrouva sa place originelle, tandis que le policier plissait les yeux, il n'avait nul besoin de lumière pour viser juste, mais ce petit jeu commençait sérieusement à lui sortir par les yeux. Ils avaient intérêt à être convaincants !

Spoiler:
 

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Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Mer 9 Juil - 22:22

Spoiler:
 

_ Tu veux vraiment le savoir ? Ce que maman a fait ?


Cette simple phrase sut déclencher une succession d'émotions à Randon tant violentes qu'il ne sut que garder le silence et rester immobile. L'image de sa mère apparut alors dans son esprit, il la voyait, sourire alors qu'elle tentait de faire une soupe plus ou moins consistante des restes de légumes que voulaient bien lui donner le voisinage. Ses rides n'étaient que légèrement marquées, mais vu son âge, cela manifestait à quel point ses nuits étaient courtes...

A quoi pouvait -elle bien ressembler aujourd'hui ? Un peu plus grisonnante ? Plus... aisée ? Ses réponses, il repousserait Aldrick en bas de l'échelle s'il le fallait pour avoir le temps de les écouter sans dérangement.

Mais lorsque sa petite soeur lui donna des explications, les émotions lointaines et nostalgiques de l'enfance se transformèrent en une rancune, une haine et une peur incompréhensible qui lui durcirent monstreusement les traits faciaux....

Un voyage ?..... le Monsieur qui lui a appris la magie ? Les sourcils du chasseur se froncèrent... des images floues de l'ancien nouveau compagnon de maman, homme qui ne lui parlait que très peu et qui se montrait presque inexistant.... le père de Lydia... était-ce lui dont elle parlait ? Et elle ne savait même pas que c'était son père ? Ou avait-elle quelqu'un d'autre en tête ?


_  … Qui sait, peut-être qu'un jour on aura un petit frère ou une petite sœur ? Ça serait génial, non ?

La seule réplique qui sauta à l'esprit de Randon fut "La ferme, Lydia", mais il fut coupé par la voix douce, soufflée, presque inexistante de sa soeur qui lui demandait s'il tuerait cet hyopthèque autre Gray...  

Un regard bleu intense s'enfonça dans les prunelles d'or de sa soeur. C'était une réponse en soit.
Il n'y avait comme du regret, au fond de ses yeux, mais pourtant une détermination froide s'en dégageait, tellement froide qu'elle signifiait que Lydia risquait bien de passer la pire journée de sa vie...

Mais pas pour le moment.

_ Vous avez vu, il est athlétique mon frère ?

La gaieté soudaine de Lydia ne fut pas assez contagieuse ni pour enlever l'ombre qui assombrissait le visage de son grand frère, ni pour décrocher un sourire à l'agent de police qui semblait sur-analyser la situation, ce qui alarma le chasseur.
N'importe quel homme... normal aurait essayer de les calmer encore par le dialogue, du moins, c'était ainsi qu'étaient vues les forces de l'ordre. Un tantinet patientes. Mais... pas pour cet homme, qui désormais pointer un pistolet entre la mage et le trentenaire, comme une menace planant sur eux deux. Puis, il les injoncta de s'éloigner l'un de l'autre.

Randon comprit.

L'avait-il entendue ? Avait-il entendu sa petite soeur parler de tuer ? Ceci expliquerait ce comportement si soudain, mais si tel était le cas... Randon était cloué. Il valait mieux pour lui rester sage, et ne rien tenter contre la cadette, du moins tant qu'il y aura présence policière. Aussi, le noiraud s'exécuta sans histoire, mais sans lâcher Lydia de son regard de tueur.

Puis, alors qu'une tension jusqu'alors inédite venait perturber ce trio de malfortune, une terrible secousse se fit, qui fit perdre contenance à l'agent qui rangea son arme. Mais ça, Randon ne le vit pas, sa petite soeur, déstabilisée, lui était tombée dessus, écartant les pans de son manteau et laissant dévoiler son Colt librement. Mais l'aîné Gray eut cure que le policier en fût témoin, car il en profita pour saisir sa petite soeur par le cou furtivement.
Il la serrait fermement, néanmoins ses doigts ne s'enfonçaient pas trop profondément dans sa chair; elle pouvait respirer. Il l'amena à lui, qui était stable malgré le raffût environnant, et, une fois qu'elle fût à quelques centimètres de son visage, lui susurra :

"Lydia... Qui est cet homme... Qui est ce "voyageur magique""

Ses yeux clignèrent quand il prononça son surnom mais néanmoins il soutint sans faillir le regard de sa soeur, y recherchant peur et désespoir.

Etait-elle effrayée, apeurée ?

Il n'eut assez de temps pour le découvrir, perdant soudainement son équilibre, se voyant contraint de la repousser avec force tandis que les secousses s'estompaient peu à peu.

Le pire était passé pensez- vous ? Que nenni. Un coup de feu résonna, forçant l'attention soudaine de Randon pour l'homme de loi en face de lui.

- Comme vous le voyez mon arme est chargée, alors maintenant vous allez vous éloigner et m'expliquer chacun à votre tour ce qui se passe ici et sans coups-fourrés, vu ?

Randon leva les mains au ciel et prit encore une distance supplémentaire avec sa petite soeur, puis offrit le regard le plus consterné et perdu au monde à Sir Voelsungen.

"Monsieur l'agent, il doit y avoir méprise... Je... Je ne comprends pas ce qui vient de se passer, sans doute un tremblement de terre banal mais.... ma petite soeur a absolument besoin d'aide, vous comprenez ? Elle a besoin de retrouver Mère pour qu'elle se calme, sinon cela risque de très mal finir... et, la connaissant, je sais qu'elle s'en voudrait de blesser des tierces personnes... N'est-ce pas, Lydia ?"

Il se retourna, pour avoir le regard de sa petite soeur, et fit un clignement discret de l'oeil à son encontre, que l'agent ne put apercevoir.
Cela signifiait clairement que... si elle ne voulait pas que son frère implique le noiraud obscur dans leur combat meurtrier, il valait mieux pour elle d'obtempérer et d'aller dans son sens.



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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Jeu 10 Juil - 0:45


Spoiler:
 

Quand la terre trembla, mais qu'elle n'en était pas responsable, tout du moins pas consciemment, Lydia eut... un réflexe... bizarre. Qu'elle tombe sur son frère, ce n'était pas étonnant. Enfin, pas trop. Qu'elle fasse voler les pans de son manteau, révélant son arme, mais qu'elle n'en voit rien (ce dont elle n'avait pas besoin, comme l'arme en question venait de s'exclamer un « Oouuuh c'est froid » magnifique), pas étonnant non plus. Normal, on va dire.

Par contre, que, par réflexe, alors qu'elle pensait qu'il l'aurait tuée au premier moment venu, elle s'agrippe à lui l'espace d'une seconde comme s'il pouvait la protéger du tremblement, ça, c'était bizarre. Elle se rendit compte immédiatement de sa méprise et agrandit les yeux d'horreur à l'idée de ce qu'elle venait de faire, mais ceux-ci s'emplirent aussi d'une telle tristesse à l'unique pensée que ce n'était pas normal d'avoir peur de faire cela. Ce fut pourtant le moment que Randon choisit pour l'empoigner par la peau du cou et lui demander qui était ce fameux voyageur... Pourtant, l'émotion la submergea et elle fut incapable de répondre.
Cependant, le brusque coup de feu brusque la tira de sa transe (et apaisa ainsi les secousses) et la ramena à la réalité, en plus des cris généralisés autour d'elle l'informant qu'elle était en danger de mort.

I'm going to die.

Cette simple pensée la plaça dans un état rarement vu.  Les rares fois où cela s'était produit... Elle était toujours à deux doigts de faire quelque chose qu'elle aurait regretté. Des tremblements incontrôlables firent frémir son corps tout entier, mais repoussée par son frère, elle resta sur place, offrant l'image d'une femme traumatisée. Néanmoins, elle restait consciente de ce qui se passait, et capable de parler, comme elle se relevait, simplement incapable de s'arrêter de trembler.
Mais d'entendre la voix de son frère... Qui tentait d'arranger les choses pour lui évidemment, disant que y avait simplement méprise… Et en plus lui donnant un clin d'oeil en disant qu'elle ne voulait pas blesser des tierces personnes... Résonna simplement comme une menace.

… Who do you think I am ?

Ses frémissements à elle s'arrêtèrent, et bien qu'elle eut toujours la chair de poule, elle eut cette fois le soutien du sol pour stabiliser sa position. Son expression, qu'elle vit dans une fenêtre qui la conforta sur ce qu'elle devait se rebeller et ne pas se laisser faire, changea du tout au tout et devint clairement déterminée. Ce n'était peut-être pas la bonne chose à faire, comme elle pouvait, en ayant l'air traumatisée, attirer la sympathie du policier ce qui pourrait l'aider à se tirer de cette impasse.
Surtout qu'elle était visée par une arme, et que cette arme l'informait clairement, reprenant la voix d'Aldrick, de ne pas faire l'idiote, qu'il pouvait tuer. Mais c'était aussi ce que disait l'autre, que portait Randon. Alors Lydia, debout, leva les mains et se déplaca sur le coté, afin d'être éloignée de son frère et d'obéir aux ordres du policier.

Mais, faisant cela, elle demanda à des gravillons de danser pour elle. Et ceux-ci, calmes, se mirent à s'élever à peine à quelques centimètres du sol, et formèrent une reconstitution de la situation en se groupant pour simuler des bonhommes, puis après, formèrent un petit cœur qui se déplaça. Elle respira profondément, et regarda Randon un temps, pour baisser la tête, brisant la danse des cailloux.

— Ce que je sais faire, moi... Ce n'est pas blesser les gens. C'est essayer de leur faire plaisir en leur montrant ce que je peux voir, ce que je peux faire. Avant, c'était avec des spectacles, c'était comme ça en partie qu'on a survécu, avec Randy et maman. Maintenant, je n'ai plus besoin de faire des spectacles... Mais j'essaie toujours de montrer ce que je peux voir, cette fois par l'écrit... C'est tout...

Un nouveau frisson la fit frémir des pieds à la tête, comme elle n'était toutefois pas capable de tant se calmer. Mais ses yeux, bien que son expression fut assez dure, s'humidifièrent.

— … Mais aux yeux de mon frère, je suis un monstre. Un monstre qui, je crois, selon lui, ne mérite pas de vivre. Voilà toute l'histoire, monsieur le policier. Parce qu'on a pas les mêmes yeux. (Et, la voix étranglée) Je sais que vous me prenez pour une folle, mais... Je crois que j'aimerais mieux être en asile et sauve, que menacée par mon propre frère.

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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Dim 12 Oct - 21:14

Le policier eut un air surpris, puis blasé, et feinta mal une certaine décontenance lorsque les cailloux cessèrent leur agitation. S'il avait était seul avec cette mage nul doute qu'il l'aurait assommé et collé d'office en prison pour lui passer l'envie de reproduire des tours si flagrants devant un humain. Mais il lui sembla que son frère ne s'étonnait guère plus de sa capacité. A toute allure, l’agent les détailla tous deux, jugeant l'un et l'autre pour tenter de limiter la casse dans ce coupe gorge.

– Bon... Euh... Bien. Puisque telle est votre volonté à tous deux, qu'il en soit ainsi.

Aussi lentement et calmement qu'il le put, malgré son irritation, il baissa son arme. Toujours à l'affut du moindre geste suspicieux, il détacha ses menottes de son ceinturon et fit signe à Lydia de s'avancer, alors qu'il faisait de même. Mimant aussi adroitement que possible une crainte fictive.

– Je ne sais pas trop comment vous faites ça... Mais je connais quelqu'un à la Salpêtrière qui sera ravi d'exaucer votre souhait.  

Habilement, le policier défit la première attache pour la passer autour du poignet de la jeune mage. Posant son regard dans le sien il poursuivit gauchement :

– Évitez de... Refaire ça là avec les pierres d'ici là. Le lycanthrope se pencha davantage vers elle, simulant un tremblement corporel peu rassuré, tandis qu'il glissait dans le creux des mains de la brune un petit objet rond qui se prolongeait en une ligne plus ou moins droite. Relevant les yeux vers le jeune homme, le lycanthrope interrogea : Vous et votre mère n'auraient qu'à vous y rendre. C'est plus sûr.

Un cliquetis singulier indiqua que la seconde attache venait de se refermer. Tardivement, Aldrick songea qu'il n'avait pas informé la mage du caractère spécifique de ses menottes. Lui seul dans tout le service en possédait d'ailleurs de telles. Ses collègues eux-mêmes ignoraient leurs particularités. Forgées par un certain cyclope, elles annihilaient partiellement les capacités des Légendaires. Toutes races confondues. Le procédé n'était pas immuable, car il était à l'état de prototype, mais cela avait suffi à calmer les ardeurs d'un gobelin effronté lors de l'Exposition Universelle.

Maintenant sur l'épaule de la belle une poigne conséquente, comme pour lui imposer de garder son calme, son autre main retenant toujours son arme, il ajouta d'un air qui se voulait plus serein :


– Il faut mieux aller directement là-bas. A moins que vous n'y voyez un inconvénient ?

Le canon de son pistolet, s'agita, comme s'il ne s'agissait ni plus ni moins que de sa main qu'il bougeait pour parler, le policier l'orienta vers le brun, puis vers sa benjamine, avant de s'arrêter entre eux. Aldrick les sonda du regard, reprenant sans s'en apercevoir de ce professionnalisme qui l'immunisait contre les situations rocambolesques. Les sens aux aguets, le commissaire fini par conclure d'un ton presque jovial :

– Avec un peu de chance, il nous offrira peut-être même un caramel ! Puis jetant un coup d'œil furtif à Lydia, le lycanthrope souligna en amplifiant sa joie de vivre : Rassurez-vous la première consultation est gratuite, alors ne tardons pas ! ~

L'agent fit un pas vers l'escalier, espérant sans trop y croire, que la famille suivrait sans faire d'histoires.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]   Lun 6 Juil - 22:58

Spoiler:
 

Don't do it....

Ce fut la seule pensée qui jaillit de l'esprit du chasseur quand sa petite sœur se recula, faisant virevolter des cailloux qu'elle fit danser, sous les yeux du policier et de lui. Randon se serait attendu à une défense, visée autant sur l'homme des forces de l'ordre que lui, mais il n'en fut rien. Un cœur se forma à partir des gravillons, et le noiraud se sentit alors étrangement visé, bien qu'il savait que la situation ne se prêtait pas à l'émotion.

Puis... les paroles de Lydia... le touchèrent. Pas dans le sens qu'il venait à regretter ses actions ou sa façon d'être, non, mais elle mettait l'accent sur... à quel point sa sœur était... enfantine, naïve, et de ce fait, profondément dangereuse dans le monde civilisé dans lequel ils vivaient.

Elle ne se rendait pas compte, non. Elle voyait cela comme une situation de punition, alors que pour Randon, c'était de la prévention... De la prévention, face aux grandes compétences magiques difficilement contrôlées par une jeune femme qui restait une petite fille dans sa tête.

Une petite fille... A little girl. C'était tout ce que la cadette Gray avait représenté pour Randon.

His little girl...

Cette soudaine pensée le fit grimacer, incontrôlée, soudaine, invoulue...

– Bon... Euh... Bien. Puisque telle est votre volonté à tous deux, qu'il en soit ainsi.

Le policier s'était imposé, et Randon se rendit alors compte de sa bêtise. Il n'avait pas feint de surprise ou de crainte face aux pouvoirs de Lydia. Mais le chasseur réalisa soudainement que l'agent non plus, n'avait pas paru grandement étonné de tant de magie...

Le parisien s'approcha alors de la jeune femme, répondant à sa demande. Randon se crispa. Que devait-il faire ?

Devrait-il assommer le policier par un coup furtif à la nuque ? devait - il se lancer contre lui et l'assommer de coups de poing pour s'assurer qu'il ne se réveillerait pas avant qu'il en eût fini avec sa sœur ?

Son cœur battit à la chamade, son esprit se faisant hésitant sur les démarches à suivre. Une chose était sûre : il ne laisserait pas Lydia lui échapper.

Heureusement, un détail le frappa. Les menottes, de l'homme. Son œil de chasseur surnaturel sembla lui susurrer que peut-être, elles n'étaient pas ordinaires, de part leur conception et leur affinage. Mais... rien n'était sûr... En cas normal, Randon croirait à de vulgaires menottes.

Mais le calme du policier, le fait qu'il ait gardé son sang-froid alors que des graviers gravitaient à quelques mètres devant lui....... Le doute était moins conséquent. Et, même s'il restait une chance que l'aîné Gray se soit trompé sur toute la ligne, Lydia demeurait enchaînée, et le parisien avait baissé sa garde, en guise de confiance en les dires des sa sœur...

Ils étaient à sa merci.

Un sourire s'afficha sur son visage, alors que l'homme plaisantait au sujet de caramel.

Le noiraud lança, plein d'entrain : Rassurez-vous la première consultation est gratuite, alors ne tardons pas ! ~, puis fit son premier pas en direction des escaliers.

C'était le signal.

Furtivement, dégainant d'un geste rapide et précis son Colt, Randon visa et...

Tira. A plusieurs reprises.

Des successions de bruits de terre cuite éclatant se déchaînèrent à la suite, les tuiles recouvrant le toit éclatant les unes après les autres, créant des petits projectiles et surtout, un léger voile de poussière d'argile. Une diversion, qui avait certes mis en état d'alerte l'homme aux yeux d'or, mais qui permettrait au chasseur de récupérer la femme aux yeux d'or !

Se hâtant, Randon piqua un sprint en direction de Lydia et lui sauta carrément dessus, la faisant basculer de par-dessus du toit.

Il la saisit fortement, durant leur chute, désireux de se confronter à elle et de trouver des réponses. Son arme toujours en main, il se débattait avec elle pour tenter de l'immobiliser pour pouvoir s'enfuir avec elle plus aisément. Il était au-dessus d'elle, et la serrait fortement de sa main libre par le col.

Mais, alors que ses yeux bleus se détachèrent de ceux désespérés de la benjamine, il vit le sol se rapprocher, et, stupidement, sans vraiment comprendre, par un réflexe qui relevait de l'automatisme plus que de la réflexion, il alterna sa position avec celle de sa sœur, afin qu'elle ne ramasse pas son poids dans la chute, risquant de lui casser les vertèbres.

Au final, ce fut elle qui tomba sur lui, lui coupant le souffle et lui brisant deux côtes. Toutefois, il se releva.

Son premier réflexe fut de guetter par - dessus le toit où en était le policier, et s'il était en train de le mettre en joue.

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Trois monstres à Paris (PV Randon et Aldrick) | [1889]

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