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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Event | Le Bal des folles [1889]

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Edward White
l Dans l'ombre du loup l BIG BOSS l
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MessageSujet: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 8 Mar - 19:13


    « Andréa, arrête de t'agiter comme ça. Il te va très bien ce costume.
    - Il glisse ! Je vais attraper la mort à ce train-là.
    - Je t'avais dit de pendre un manteau.
    - Facile à dire, tu as deux couches de vêtements de plus que moi. Et puis pourquoi c'est moi qui fais le moussaillon ?
    - Parce que tu as refusé de faire mon perroquet.
    - Plutôt mourir ! Pourquoi je ne pouvais pas être capitaine aussi.
    - Allons bon. Sache que je suis l'unique capitaine du vaisseau du Lost Paradise. Si tu te mutines, tu subiras le supplice de la planche.
    - Tu veux me jeter aux requins !?
    - Pire... À la baronne de Dauvet.
    - Tu es...
    - Je sais ~ »

    La nuit venait de tomber sur la capitale française et leur cab filait à vive allure au travers de ses rues et boulevards, suivant la direction de l'hospice de la Salpêtrière. Edward avait reçu une invitation quelques jours auparavant, le conviant de participer à un bal costumé organisé chaque année à la mi-carême et judicieusement intitulé « bal des folles ». L'idée l'avait rebuté les années précédentes, mais il pouvait difficilement y échapper maintenant que son établissement avait gagné en renommée et que sa présence n'était pas des plus désagréable lors des diners mondains. De plus, il avait dans l'idée qu'il y retrouverait ce charmant Docteur Adams, dont il était très curieux de voir les performances en société.

    À mesure qu'ils progressaient, l'éclairage public se faisait de plus en plus rare. Quelques lampadaires éclairaient encore à intervalles irréguliers, les passages déserts, avant que l'obscurité de s'étende définitivement sur leur convoi. Ils venaient d'entrer dans la cours de l'hospice. Face à eux se dressaient la silhouette massive de la Chapelle Saint-Louis, dont la coupole se découpait dans les rayons de la lune montante. Il y avait quelque chose de déroutant dans cette demeure silencieuse dont la cloche refusa de sonner les huit coups de l'heure nouvelle. L'atmosphère s'alourdit alors que les roues de leur cab crissaient à peine sur les gravillons de l'allée centrale. Tout était silencieux et sombre, étrange ambiance pour précéder un bal costumer. Andréa s'enfonça un peu plus dans son siège, laissant son oncle observer les lieux en détails. Lui qui s'y était déjà rendu en plein jour, il reconnaissait à peine l'endroit.

    Ils dépassèrent la chapelle, longeant le chemin principal avant de bifurquer, s'engouffrant entre deux bâtiments qui diminuèrent leur champ de vision. Ils tournèrent à nouveau, gagnant un espace plus dégagé où la lumière des lampions servirent de phares à leur cochet. Le cab s'arrêta enfin à l'entrée d'un bâtiment simple, mais soigneusement décoré pour l'occasion. Edward descendit, paya la course et demanda à ce qu'on passe les chercher dès la fin des festivités avant de s'engouffrer dans la salle de réception, suivit de près par son neveu.

    Le patron du Lost Paradise avait fière allure dans son costume de pirate. Il en avait réuni toute la panoplie, le manteau rouge, la chemise au col jabot, les bottes et sa ceinture de cuir qui maintenait un sabre et un mousquet. Mais par-dessus tout, c'était son tricorne noir décoré de plumes qui donnait à son vêtement un air indéniable d'authenticité. Il avait uniquement renoncé au bandeau noir, préférant prévenir les catastrophes que cela pourrait engendrer. À côté de lui, Andréa avait tout du jeune moussaillon. Avec une simple chemine blanche au col ouvert, surmontée d'un veston sombre et son bandeau bordeaux habillait sa chevelure noire, il semblait prêt à prendre le large à la première occasion.

    Ils furent accueillis par un homme en frac qui les conduisit jusqu'à la salle de bal où ils furent introduits dans la discrétion la plus totale. La pièce était déjà animée. Sur une estrade, un orchestre jouait des rythmes entrainants, suivit par une foule de femmes aux gestes parfois désordonnés. Il y avait des reines moyenâgeuses, des marquises, mais aussi quelques bohémiennes, des paysannes et autres toges antiques, mais étrangement, elles étaient les seules à danser. Toutes au centre de la piste, elles prenaient plaisir à suivre la cadence, souvent aux bras des infirmières qui n'avaient pas troqué leur tenue habituelle contre un déguisement. On comptait également plusieurs internes, guettant les premiers signes d'une crise pour intervenir et emmener la patiente au calme. Beaucoup étaient de très jolies femmes dont le teint pâle et le regard, parfois cerné et vide, n'enlevait rien à leur grâce. Certaines, mêmes, avaient des allures de dame, avançant d'un pas noble dans la pièce sans prendre gare à leur coiffure légèrement défaite. Toutes semblaient heureuses, comblées de voir leur travail aboutir - car elles devaient préparer cette fête depuis des mois - et charmées de se retrouver ainsi au centre de l'attention. Les invités quittaient difficilement les bords de la pièce, mais ils observaient, d'un regard plus curieux que réprobateur, ces jeunes femmes danser et profiter de cette soirée qui était la leur.

    Andréa ne semblait pas trop à l'aise à la vue de ce nouveau spectacle aussi étrange que fascinant. Il préféra rester derrière Edward, prenant soin de ne pas le perdre de vue. Son oncle aussi, avait beaucoup plus de mal à regarder les patientes que les autres convives. Ses iris allaient et venaient au travers de la pièce, s'attardant davantage sur les rideaux et tentures que sur les ravissantes créatures qui baignaient la pièce de leur voix et quelques fois de leur cri. Il trouva refuge dans un coin de la pièce où il resta installé alors que la salle se remplissait tranquillement, saisissant au passage deux coupes de champagne dont l'une fut remise à Andréa qui lança :

    « Il a l'air très important l'homme avec le loup noir près de la fenêtre. Tous les invités passent le voir dès qu'ils entrent.
    - C'est le directeur de l'hospice, expliqua Edward. C'est lui qui a eu l'idée de cette fête il me semble.
    - Les autres sont des médecins ?
    - C'est très probable, beaucoup doivent tenter leur chance pour avoir une place ici. D'autres doivent venir pour partager leur point de vue.
    - Et nous ?
    - Nous, nous sommes polis et nous avons une belle bourse bien chargée. »

    Il indiqua d'un signe de tête une femme à la toilette irréprochable en grande discussion avec un praticien, alors qu'elle complétait un chèque qui serait sans doute destiné à l'établissement. Le louveteau parut sceptique jusqu'à ce qu'un homme en costume vénitien ne les accoste poliment, retirant son masque à plume pour se présenter. Il indiqua son nom et sa profession, soulignant qu'il connaissait fort bien l'établissement d'Edward pour s'y rendre fréquemment. Ce dernier lui fit bon accueil, l'écoutant avec attention tandis que son neveu préférait laisser ses iris bruns glisser le long des étoffes.

    Puis un cri et la musique s'arrêta.

    Une jeune femme était montée sur l'estrade de l'orchestre, s'agitant avec frénésie dans son habit de Marie-Antoinette. Les conversations cessèrent et la foule se tourna vers elle, alors que tous les visages se parèrent d'un trait d'inquiétude. Les internes et les infirmières se pressèrent à se rencontre, suivit de quelques médecins, mais ils ne furent pas assez rapides et, levants ses bras gantés au ciel, la folle s'écria :

    « Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

    Elle fut saisie par deux hommes dont l'un l'apaisa d'une friction sur le sommet de la tête. La jeune femme s'endormit aussitôt, soutenue par ses protecteurs en tablier blancs. On la sortit avec douceur, la conduisant très probablement dans un lieu calme où elle pourrait se remettre. La pièce resta silencieuse quelques minutes avant que le bal ne reprenne son cours sans qu'il n'y paraisse rien de changé.

    Andréa était livide, Edward circonspect, mais le médecin vénitien ne sembla pas troublé et leur expliqua sur un ton très serein :

    « Ne vous en faites pas, cela fait partie de certaines crises chez les hystériques. Calliope – c'est sous ce nom que nous l'appelons ici – fait partie des patientes dont les emportements sont les plus étonnants, il lui arrive même de parler un autre dialecte, mélange de français et d'une langue sans doute inventée.
    - Étonnant en effet, souffla Edward dont le regard n'avait pas encore quitté la porte par laquelle la jeune femme avait disparu.
    - Elle reviendra très certainement dans quelques minutes. Un peu de calme suffit à les remettre sur pied et puis, nous nous en voudrions de lui faire manquer le bal. C'est un moment important pour elles. Ah, excusez moi on m'appelle, j'en ai pour une minute. »

    L'homme s'inclina et rejoignit ses collègues, laissant une étrange impression aux deux lycanthropes qui ne purent que reporter leur attention sur les danseuses. Toutes avaient repris leurs valses, solitaires ou non, virevoltant, sautillant ou marchant simplement l'éclairage vif des luminaires à gaz, avec l'unique désir de plaire, exhibant leurs folies sans honte.

    Edward porta son verre à ses lèvres, songeant malgré lui qu'il aurait pu être à leur place.


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Paroles de fou


Il est 20 h, le « Bal des folles » vient de commencer à la Salepêtrière.

Vous pouvez vous rendre à ces festivités en ayant été invité ou non, par curiosité, devoir ou simple coup du sort. Le lieu étant immense, vous avez peut-être consulté le plan des lieux ? Évidemment, vous vous êtes déguisé pour l'occasion, sinon on ne vous aurait pas laissé entrer. Mais que vous profitiez du bal, de son buffet ou de ses boissons, vous avez tous assisté à l'étrange déclaration de Calliope.






Event | Le Bal des folles


Qui dit Carnaval dit costumes, et à la fête de la mi-carême, c'est un événement un peu particulier qui se déroule dans la capitale, plus particulièrement à l'hôpital de la Salpêtrière. Comme chaque années depuis près d'une décennie, l'hospice organise une fête que Paris connait sous le nom de « bal des folles ». Avez-vous eu votre carton d'invitation ?



Ce rassemblement se déroulera sur environ 1 mois et commencent dès aujourd'hui. Chaque fin de semaine, une intervention sera faite afin de relancer le RP qui vous réserve pas mal de surprises. Vous pourrez, à chaque fois, poster autant de fois que vous voulez, sans ordre précis. Le tout étant de s’amuser.

  • Ces postes ne sont pas du Hors RP, ils rejoignent une aventure parisienne que votre personnage aurait pu vivre. Ils compteront donc comme n’importe quel RP durant lequel vous pouvez retrouver des connaissances ou vous en faire de nouvelles.
  • Carnaval oblige, vous devez être costumés pour pouvoir entrer. Songez que nous sommes au XIXe siècle, on acceptera les petits anachronismes littéraires comme ceux souhaitant venir en Dracula (le livre n'étant pas encore sortie), mais évitez les personnages du XXe siècle o/
  • Comme vous l'avez constaté chaque poste de « transition » comptera, comme celui-ci, une indication « Parole de fou » (qui pourrait s'apparenter à une indication de maître du jeu). Elles pourront concerner plusieurs personnes, ou être individuelles, le tout étant de les respecter au mieux. Elles viseront à mettre un peu de piquant dans toute cette aventure riche en rebondissement.
  • Afin de vous aider, nous avons réalisé un plan de la Salpêtrière, qui ressemble davantage à un labyrinthe qu'à un hôpital, c'est certain. Pour afficher ce plan, cliquez sur le lien suivant. Vous pourrez ensuite afficher les zones en cliquant sur la légende. >> Accéder au plan
  • Si cela vous fait plaisir, vous pouvez modifier votre avatar pour l'occasion, mais cela n'a rien d'obligatoire.
  • Contrairement à celui de la Saint-Valentin, cet évent n'a aucun lien avec l'intrigue.

Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 16 mars (au soir) pour participer à la première partie o/


N'hésitez pas à contacter le staff s'il reste une zone d'ombre, on vous répondra au plus vite !

Entrez dans la danse !


Dernière édition par Edward White le Dim 26 Avr - 11:58, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 9 Mar - 0:36

Le fiacre l'attendait déjà depuis un petit moment alors qu'il descendait les marches de son manoir, arborant une magnifique armure de chevalier de la garde. Mais ce n'était pas n'importe quel garde. Il s'agissait de Phoebus, Capitaine de la garde, célèbre combattant volage de l’œuvre du grand Victor Hugo. Un déguisement qui lui convenait parfaitement et Bastian ne pouvait s'empêcher de bomber le torse, fier du résultat. Sa longue cape ondulait paresseusement sur ses épaules et suivait les mouvements de ses pas... Jusqu'à ce qu'un crétin pose son pied dessus alors qu'il descendait les marches.
D'un air mécontent, le démon se tourna vers le petit plaisantin qui le regardait avec un sourire moqueur.

"Victor ! Tu ne retiens donc jamais rien des règles de savoir vivre que je t'ai inculqué ?!"

"Pourquoi je ne peux pas venir à la fête moi aussi ?!"

"Tu n'es même pas capable de prendre une apparence humaine convenable et tu veux que je t'emmène ?

"Mais tout le monde est déguisé, je passerais inaperçu !"

Sur ce point là il n'avait pas tout à fait tord. Bastian hésita. Le fils 'prodige' de son frère qui était devenu son majordome pour apprendre la vie dans le monde humain, n'avait pas son pareil pour mettre le boxon là où il passait. Cependant ces derniers temps il avait fait de beaux efforts pour ne pas le faire enrager. Peut-être pouvait-il lui accorder une récompense ? A trop le brimer et le priver de distractions, il allait finir par le rendre véritablement insupportable.
Avec un léger soupire, il dégagea sa cape de sous le pied de cet étrange énergumène et le toisa.


"Très bien, mais je te préviens, si tu te fais remarquer ou qu'on se pose trop de questions à ton sujet, tu passeras le reste de la soirée dans le fiacre, je suis clair ?!"

"Limpide !"

Avec un grand sourire carnassier, Victor posa son chapeau haut de forme assez large sur sa tête rose foncé et grimpa sans aucune gène vers la porte du fiacre. Mais avant qu'il ne puisse se hisser dedans, le couturier l'attrapa par le veston et le tira en arrière, le faisant tomber sur les fesses.
Encore une fois, il oubliait son rang par rapport au sien, prenant des initiatives irresponsables. Un simple regard sombre remit le jeune démon à sa place et il se redressa et se frottant l'arrière train, attendant que son oncle monte avant lui.
Le trajet fut trop rapide pour Bastian qui avait dû faire entrer dans le crâne de Victor, les comportements qu'il devait adopter devant la populace présente au bal. Et également lui faire répéter que si jamais on lui demandait en quoi il était déguisé, qu'il annonce gaiment qu'il était en lutin. Après tout, sa tenue vestimentaire habituelle était assez loufoque comme ça.

Lorsqu'ils descendirent pour rejoindre l'entrée de la Salpêtrière, Bastian donna son carton d'invitation et précisa que l'illuminé qui l'accompagnait était son majordome. On l'avait convié à regarder des patientes de cet établissement danser et s'amuser. A supposer que les invités participent également, il avait accepté de venir, ayant déjà donner un peu d'argent. Il ne connaissait pas vraiment les personnes travaillant ou résidant là dedans, mais par principe, il était venu, curieux de voir ce que ce genre de petite fête pouvait donner, mais aussi parce qu'il y avait des clients potentiels à se faire.
Il y avait déjà pas mal d'activités et le démon fut assez déconcerté devant les femmes qui se déhanchaient en plein milieu de la salle. Alors c'étaient elles, les fameuses Folles ?
C'était à la fois aguichant et un peu malsain. pas qu'elles étaient désagréables à regarder ou à convoiter, juste que la simple idée qu'elles puissent être dangereuses. Non il avait beau aimer faire des expériences inédites, là... ce n'était pas du tout son terrain de chasse.

Victor regardait le spectacle avec un grand intérêt, n'affichant pas du tout la même gêne qu'éprouvait la plupart des personnes conviées ici. Beaucoup regardaient du coin de l’œil, d'autres essayaient de converser ensemble tout en tentant d'ignorer les rires et les cris que laisser échapper cette masse de donzelles.
Le Phoebus éphémère, donna un coup de coude au Lutin et lui demanda d'aller chercher de quoi boire, allant lui-même s'adosser à un mur pour contempler l'ensemble avec un grand amusement. Comme les humains avaient la vilaine manie d'être dérangés pour un rien... Dès que les mœurs et coutumes sortaient du quotidien, immédiatement, cela leur procurait un sentiment de malaise.
Le majordome fit la moue mais s’exécuta sous le regard menaçant de son oncle, allant chercher de quoi boire. Lorsqu'il finit par revenir, il affichait un air dubitatif, tout en tendant une coupe de champagne à Bastian, tout en s'enfilant sans aucune hésitation, celle qu'il tenait dans son autre main
.

"Ça pue ici..."

"Ton langage le marmot !"

Il lui asséna un violent coup à l'arrière du crâne qui manqua de lui faire tomber son chapeau. Ce gosse... L'homme secoua la tête d'un air agacé et bu une gorgée de l'alcool pétillant, tandis qu'il semblait reconnaître la silhouette d'une connaissance à lui. Tient donc, après les démons, voilà que les loups garou faisaient également leur apparition. Très amusant de constater cela. Finalement il était pas le seule à s'être fait avoir là dedans.
Mais il n'eut pas le temps de se demander s'il allait le saluer que soudain, une femme se mit à crier, récitant d'étranges choses, provoquant le silence dans tout le lieu, laissant médusé beaucoup d'invités. Une patiente, n'est-ce pas ?
Ce qu'elle dit captiva le couturier, friands de mystères. On aurait dit une énigme. Voilà qui soudain devenait finalement intéressant. Un tombeau de métal... un cadeau sans destinataire... du froid... Un garde manger ?
Allons bon, voilà que soudain il avait envie de fouiller l'endroit et de suivre la pauvre patiente dans l'idée de lui en demander plus sur ce qu'elle venait de dire. ce n'était franchement pas raisonnable... n'est-ce pas ? Dans un geste qu'il avait l'habitude de faire systématiquement quand il réfléchissait, il leva sa main libre vers son bouc et le caressa du bout des doigts.
Victor repéra ce tic et soupira. Son oncle allait encore vouloir mettre son grain de sel dans ce qui ne le regarderait pas et au final, allait le renvoyer dans un coin pendant qu'il tenterait de s'éclipser...
Mortimer Adams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 9 Mar - 3:35


    L'heure du thé .. Non attendez ce n'est pas ça, l'heure redouté !
    La voilà enfin cette heure qui se fait attendre depuis ce matin 8h00 !

    Il y a des journées similaires et sans grand intérêt pour Mortimer ... Et il y a CETTE journée particulière dans l'année, à la fois amusante et synonyme de corvée.
    Le bal des folles

    Pour le jeune psychiatre c'était comme lui annoncer un mariage forcé. Au dessus de la machine à écrire électronique, (fabuleuse et récente invention puisque beaucoup moins contraignante que l'imprimerie) on pouvait voir un calendrier avec entouré en rouge le cadre du jour maudit.

    Bien sûr Mortimer pesait aisément le pour (ses patients) et le contre (ses intérêts) :
    > test de reconversion à la vie sociale, bouffée d'air, libération des frustrations et pulsions, détente collective ...
    > Ambiance chaotique mais possible auditoire pour ses excursions verbales, devoir être "aimable" ; gérer les crises à venir, tensions et surtout : des êtres humains ennuyeux et dénués de toutes logique.

    Le problème résidait dans les connaissances et autres sources de problèmes qu'il allait devoir accueillir ... Sans compter le fait qu'il n'avait aucune envie de parler avec des personnes aux capacités intellectuelles très souvent limité comparé au sien. Il va de soi que l'arrogance de Mortimer n'a d'égale que sa franche modestie ...

    La journée du psychiatre oscilla entre névrose et désillusion. Il allait devoir sortir voir des gens et faire des choses en société ! D'habitude il pouvait se permettre d'être cynique voire sadique sous belle couverture, mais pour ce soir on lui avait fait promettre de dire au moins un : "bienvenu" et un "amusez vous bien" à chacune des personnes qui pourrait entrer dans ce bal.
    Cela allait lui demander un effort draconien.
    Il avait pu répéter cette phrase devant son miroir sans y croire et opta finalement pour l'improvisation.

    Vînt l'affaire du costume. Mortimer tenta de convaincre le personnel qu'il devait de se garder une figure professionnelle et que cela ne le regardait donc pas. Mais sous la pression d'un service qui comptait bien se venger de toutes ses remarques désobligeantes durant l'année, il du succomber à la demande générale. D'ordinaire il aurait pu se défaire d'une telle situation, mais le blocus de l'étage par le service lui fit changer d'avis.

    C'était scandaleux et du pur chantage ! Il fallait qu'il récupères des dossiers chez lui tout autant que d'aller s'organiser avec l'administration pour l'événement et quasiment tout l'établissement semblait avoir organisé ce petit coup d'état :

    - Monsieur Adams, les règles sont claires TOUT le monde doit être costumé !

    Mortimer, criant dans l'escalier vers le service infirmier ne pu s'empêcher de laisser échapper sa nervosité :

    - Laissez moi passer où je promets d'envahir l'infirmerie de phosphore à la première occasion !

    - Essayez donc Mortem ! Vous êtes cernés à moins de respecter la tradition !

    Des rires s'élevèrent dans les cages d'escaliers, et Mortimer décida de passer à l'action en dépit de cause. Ils ne bougeraient pas c'était évident. Un jour ordinaire, la voix grinçante du jeune Adams aurait fait détaller ces lapins de laboratoire, mais aujourd'hui les spécimens s'étaient réunis pour une cause commune : le costume qu'ils lui avaient confectionné.

    Le personnel pu entendre les pas agités de leur psychiatre en chef courir vers son bureau et s'emparer des dossiers les plus important ainsi que la liste des invités de marques qu'il allait falloir gérer.
    Dans un élan digne d'une souris courant vers son fromage, Mortem couru à l'autre bout du couloir et "enfonça" les portes au passage. L'étage était désert... Il était tellement concentré ans son bureau qu'il n'avait pas noté toute cette préparation. On n'est trahit que par les siens ...
    Il pensait qu'un escalier avait été bloqué, la bonne affaire ! L'autre devait sûrement être libre ! On pouvait entendre de l'agitation en dessous mais bizarrement personne ne le poursuivait.

    * se pourrait-il que ... ? *

    Evidemment, l'autre escalier était bloqué aussi. Mortimer enragea !

    " Laissez moi sortir !! Je ne mettrais JAMAIS cette chose ! "

    Un retard de 45 minutes au rendez-vous fixé plus tard, Mortimer abdiqua. Il 'était 17h et il ne pouvait pas se permettre de prendre plus de retard que cela ou bien la correction serait sévère. On fournit à Mortem le déguisement qui allait être la source de ses souffrances.
    Il fut bien sûr avisé qu'on le re-bloquerai s'il tentait d'échapper à son "devoir", et le service avait l'appui de la direction ...

    Mortimer promit qu'il se vengerait, c'en était certain ! Le service allait au cours des mois prochains, vivre un véritable enfer dont il serait le seul seigneur.

______________


    19h30.
    Mortem regarda avec désespoir le costume qu'il allait devoir porter. Ce dernier avait peut être l'air sobre mais vous comprendrez assez vite pourquoi il dérangeait notre cher psychiatre.
    Un costume de chat, oreilles, queue, et gants blancs (dont le motif des coussinets avaient été cousu avec beaucoup d'amour) tous compris.

    Tous ces airs stricts et sadiques s'étaient évanouis lorsqu'il enfila le dernier gants et qu'il surmonta son dégoût pour apposer la touche finale : le serre-tête oreille.
    On n'avait jamais rien vu de pareil. Non seulement le personnel avait vraiment mit beaucoup de minutie et de soin dans les coutures, mais ils avaient réussit le miracle de rendre "mignon" le chef du service psychiatrique. Celui là même qui se faisait appelé Mortem, enfoiré, et indigne successeur de machiavel ...

    Mortimer inspira un bon coup en fronçant les sourcils, il essayait de garder cette agréable image en tête de chaque mutins le suppliant d'épargner leur misérable vie de cloportes.
    La plus grande mauvaise nouvelle était l'inévitable fatalité dans laquelle il allait devoir souhaiter une agréable soirée à Edward White dans cette tenue. Rien que l'appréhension lui fit parcourir un frisson dans le dos.

    Le bal allait bientôt commencer, aussi Mortimer se plaça sur le palier supérieur, là où l'orchestre n'allait pas tarder à s'accorder.
    Il pensait être à l'abri pour au moins un bon quart d'heure, et d'ici il avait une meilleur vue sur l'ensemble de la piste et notamment l'entrée.
    Il voyait bien de fabuleux costume passer la porte d'entrée mais il avait du mal à voir toutes les têtes avec ces chapeaux et ces masques.
    Il n'avait d'ailleurs pas reconnu certaines de ses connaissances sur l'instant. Il lui fallait plisser les yeux pour bien voir les personnes au fond.
    Devant lui dansaient "les folles" pour lesquelles il avait tamponné de sa signature l'autorisation de participation surveillée et/ou non.

    Pour son plaisir personnel (il en fallait bien au moins un dans cette soirée) Mortimer avait prit un carnet et un tableau en trois colonnes qu'il comptait remplir au cours du bal. Dans la première colonne se trouvait des noms, l'intitulé de la deuxième était "heure" , et celui de la troisième "effet".
    Il comptait cocher le nombre de crises effectuées durant la soirée pour passer le temps, et avait d'ailleurs dors et déjà parier sur trois patientes à risque avec un oeil amusé.

    « Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

    Alors que l'équipe d'infirmiers aux aguets se chargea de "la calliope" on pu voir un chat remplir avec enjouement son petit carnet.
    Alors que tout le monde semblait perplexe ou surpris, Mortimer était le seul à avoir échapper un petit rire de satisfaction. Il essaya de se faire aussi discret que possible, mais c'est quand l'orchestre s'était arrêté que les plus proches du palier ont pu entendre ce sarcasme phonique, si bien connu des services.

    Mortem se tue et continua de remplir son carnet tout en remplissant la case "effet" de sa patiente et les propos insensés qu'elle avait pu proférer.
    Une crise en à peine 20 minutes ... Voilà qui lassait présager un agréable moment.
    La musique reprit et avec elle le cours du bal.

    Les invités entraient en continu et Mortimer allait bientôt devoir présenter ses respects et ses amabilités au peuple distingués.
    Il devait s'attendre aux railleries des simples et aux questions incessantes des érudits. La fatigue l'en gagnait presque déjà.


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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 9 Mar - 14:44

Le bal des folles, une occasion inoubliable pour se pavaner devant les autres, de regarder pour comparer. De trouver l'inspiration aussi. Il était hors de question de rater cette occasion. Péniblement, Ombeline avait descendue les escaliers, aidée par des bras volontaires, elle c'était longuement préparée. Le costume qu'elle portait n'avait, en lui même, rien de bien compliqué. C'était ce qu'elle y avait ajouté qui le rendait si particulier. Des accessoires fabriqués à partir de papiers mâchés. Des cornes, des pics, une armada qui la faisait ressembler à nul autre. Son coté droit n'était qu'horreur. Un cauchemar digne de son talent, à l'image même de sa créativité. Son bras était remplacé par une patte griffue, un morceau de chair minutieusement peint, ou chaque veine semblait animée d'une vie propre. La centaure avait également mit ses jambes tordues en avant, et ne se déplaçait qu'à l'aide d'une béquille, soutenue par sa main gauche. Elle titubait, mais c'était l'effet recherché. Son costume était lourd, elle ne risquait pas de tomber. Le bal des folles, en temps que couturière, même apprentie, la jeune femme ne pouvait se permettre à rester classique. Inutile de préciser qu'elle était fière comme un paon, sa création, son bébé, elle n'aurait certainement pas pu le finir sans les conseils de son mentor.

Tendant son invitation, elle entra dans cet asile sans crainte. Les médecins allaient les protéger, c'était eux qui assuraient la sécurité. Un pas après l'autre, elle tenta de se convaincre. Ici bas, elle s'amuserait. Peut être de riches industriels l' aimeraient t' ils ? Peut être lui  demanderait t' on de s'occuper d'ouvrages importants ? C'était la son rêve, malheureusement, beaucoup ne semblaient pas partager son avis. Loin d'attirer les regards, la jeune femme suscitait le dégoût. Était t' elle vraiment un monstre ? Aucuns humain ne l'approchait. Cette belle soirée commençait décidément bien mal. Loin de se laisser décourager, la centaure s'approcha pourtant de gens qu'elle connaissait. Elle n'était pas du genre à fricoter avec son patron, mais voir un visage à peu près digne de confiance dans cette foule la rassurait. Alors qu'elle s'approchait tant bien que mal, un cris retentit. La musique s’arrêta instantanément.

« Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

Les médecins la prirent rapidement en charge, et la transférèrent dans un endroit plus calme. Plus qu'elle ne l’aurait souhaitée, Ombeline était bouleversée par la brutalité de cette scène. Lui rappelant instantanément ou elle était. La centaure avait perdue de vue le fait d'être dans un asile d' aliénées.

« Ne vous en faites pas, cela fait partie de certaines crises chez les hystériques. Calliope – c'est sous ce nom que nous l'appelons ici – fait partie des patientes dont les emportements sont les plus étonnants, il lui arrive même de parler un autre dialecte, mélange de français et d'une langue sans doute inventée.

Sortir, elle devait sortir maintenant. Dans cette atmosphère confinée, elle se sentait étouffer. Elle ne savait pas pourquoi, mais cet endroit lui donnait maintenant la chair de poule. Était ce parce que des hommes en blanc pouvaient, à tous moments les maîtriser ? Était ce parce que les folles pouvaient, d'un instant à l'autre s'en prendre à eux ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Concentrée sur sa petite personne, elle avait oubliée ou elle se trouvait. Et en compagnie de qui elle se trouvait. La joie de participer à un bal lui avait fait oublier dans quel lieu il avait été organisé. Elle avait cru que ce ne serait pas important, qu'ils étaient en sécurité. C'était faux, complètement faux. Jouant des coudes, titubant comme elle le pouvait, Ombeline tenta de se frayer un chemin vers la sortie.
Alice Lindel
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 10 Mar - 0:13

Je retournai l'invitation maintes et maintes fois sans trouver le moyen de m'y soustraire.

Un bal était organisé à la Salpêtrière. En tant que patiente, recevoir cette invitation ne m'avait pas trop surprise. Ce qui m'étonnais, plutôt, c'était le fait qu'il s'agisse d'un bal costumé. Ainsi, nous laissions nos identités derrière nous, pour quelques heures à endosser un rôle. Ce qui était justement le cœur du problème. Comment prétendre ne pas vouloir m'y rendre pour éviter d'être reconnue ? Après tout, aucune folie ne m'affligeait, autre que celle que l'on avait imaginée, jugement qui aurait pu changer si l'on m'apercevait là-bas, puisque je ne doutais pas que de grands noms s'y trouveraient. C'était ainsi que se déroulaient les fêtes. Seulement, du coup, je pouvais prétendre être l'une de ces personnes présentes par invitation ou curiosité. Il restait tout de même un risque qu'un autre patient me reconnaisse comme l'une des leurs. Et avec les événements qui s'étaient produits au cours du dernier rassemblement public, qui sait ce qui pouvait arriver ? Mais malheureusement, j'étais moi-même victime de cette curiosité, alors je finirais sans doute par craquer. Eh bien, dans ce cas, il ne me restait plus qu'à trouver un déguisement assez convaincant pour être méconnaissable...

J'avais troqué mon habituelle robe bleue toute simple pour une autre, rouge et blanche, qui comportait plusieurs étages de jupons, la rendant plus bouffante qu'aucune que je n'avais jamais porté auparavant. Un corser lacé, sans pour autant m'empêcher de respirer, rappelait les fils qui pendaient de mes épaules aux gants blancs, que j'avais moi-même cousus là. Mes cheveux étaient coiffés en boucles, couverts d'un ruban rouge, et ma peau couverte de poudre blanche, de même couleur que le loup qui venait cacher une bonne partie de mes traits, à l'exception de mes grands yeux soulignés d'un épais trait noir d'eye liner. Mes lèvres quant à elles ornées d'un rouge scintillant, et mes joues un peu rosées. Une marionnette, voilà ce que j'avais tenté d'incarner. L'image était frappante avec ma réalité, sans pour autant laisser savoir trop facilement qui se cachait sous le masque. J'aurais pu répandre du jus de groseilles sur mes jupons pour simuler du sang et coller avec le thème de la folie, j'en avais l'imagination, mais je préférais rester discrète...

À peine entrée dans la pièce, de grands cris se firent entendre. Apparemment, une jeune femme était en pleine crise d'hystérie, c'était du moins ce que disaient les médecins l'entraînant plus loin... Charmant. Cela rendait l'ambiance plutôt lourde, pour une fête. Au moins, de cette façon, mon entrée passa inaperçue. Et à quoi pouvait-on s'attendre, dans un lieu pareil ? Ce n'était pas tout le monde qui pouvait contrôler ses crises. De même, il y avait certains patients qui n'étaient pas surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre... Bon sang, c'était finalement une mauvaise idée. J'aurais dû laisser l'enveloppe dans ma corbeille comme à chaque année, comme pour chacun des papiers venant de la Salpêtrière. Au moins, les costumes étaient plutôt jolis. Sauf ceux qui étaient beaucoup plus glauques.

Histoire de faire passer cet horrible sentiment de malaise, j'approchai des cocktails. J'avalais d'une traite le verre que j'avais choisi, pour ses jolies couleurs. Les champagnes étaient monnaie courante dans les soirées mondaines, alors je ne m'étais pas demandé si c'était alcoolisé. Cette quantité n'était pas suffisante pour m'embrouiller l'esprit et les sens. J'en aurais bien besoin pour survivre à cette soirée. Quelqu'un me toucha le bras pour attirer mon attention, et je dus me faire violence pour me retourner tranquillement, le visage neutre, plutôt que de m'éloigner dans un geste brusque sous la nervosité, peut-être même en criant, au vu des déguisements de certains... J'avais peur. C'est vrai. Et je n'avais aucun moyen pour me sortir de là, personne pour me venir en aide.

« Vous avez vu l'oiseau ? »

Il fallait qu'il soit fou, évidemment, à moins de parler d'un costume ? Ou un élément du décor, peut-être... Ah la la... Décidément, j'aurais dû me faire la malle il y a longtemps, plutôt qu'ignorer ce mauvais pressentiment...
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MessageSujet: A demi invité   Lun 10 Mar - 20:53

Assis dans ma chambre, en désordre pour cause de déménagement imminent (j’ai finalement décidé d’accepter le logement au cabaret), je regarde un petit morceau de carton que viens de me donner ma propriétaire. C’est une invitation au bal de la Salpétrière, appelé, je le sais, bal des folles. Je me demande ce que je vais bien pouvoir en faire.
Il y a maintenant presque une heure, je rentrais, épuisé, d’une journée de travail au Lost Paradise. Et j’étais trop fatiguée pour me rappeler d’éviter ma propriétaire, en rentrant par la porte de derrière, ce qui est pourtant indispensable ces derniers temps. Elle sait que je vais déménager depuis maintenant plusieurs jours, et elle essaye de m’en dissuader, disant qu’elle ne trouvera plus jamais “un gentil jeune homme comme vous qui paye son loyer à temps”; chose que je fais depuis peu. Elle est surtout furieuse que je m’en aille quand je viens à peine de trouver un bon emploi et de devenir un locataire solvable. J’ai donc droit, à chaque fois que je rentre, à un long discours, d’où mes manoeuvres d’évitement. Aujourd’hui, cependant, son discours a été différent des autres jours, elle ne s’est pas plainte (peut-être avait elle autre chose en tête). Elle m’a simplement salué et m’a donnée cette invitation en me disant “Ah monsieur Robin, j’ai reçu cette invitation à un bal costumé, je ne peux pas y aller, prenez-le donc.” Je l’ai remerciée et suis monté dans ma chambre.
Je regarde mon papier de façon intense. J’aurais assez envie de me rendre à un tel évènement mondain, et l’occasion risque de ne pas se représenter, mais il faut être costumé et je n’ai pas les moyens, venant de payer mes retards de loyer, de me faire un costume. Je retourne ma carte dans tous les sens. Comment trouver dans ma chambre de quoi faire un déguisement convaincant ? Soudain, repensant aux vieilles histoires que ma fleuriste de mère adoptive racontait à propos de son père qui avait fait la campagne d’Egypte avec Bonaparte, j’ai une idée. Je m’approche de mon armoire à pharmacie, qui est toujours bien fournie, en raison de ma maladresse de somnambule. Mon stock de tissus pour bandages est très fourni, je l’ai renouvelé il y a peu, je devrais avoir de quoi faire mon déguisement et bon, espérons que je ne me blesse pas avant d’avoir renouvelé mon stock avec mon prochain salaire.

Le lendemain soir, je montre mon invitation à l’entrée du bal. Je suis impatient de voir à quoi cela ressemble. J’arrive enfin à la porte de la salle, déguisé en momie égyptienne. J’ai traversé tout l’hôpital, immense, avant d’arriver à la salle de réception et comme je suis venu à pieds, mon déguisement improvisé est tout sale et commence à se défaire par endroits. Heureusement que je suis vêtu en dessous. Enfin, je n’ai pas l’intention de me faire remarquer, et il m’a suffi pour pouvoir entrer. J’avance dans la salle, en rasant les murs. J’aperçois dans un coin le costume terrifiant est très bien fait de la couturière du Lost, que j’ai parfois croisée, sans jamais oser lui parler. Les costumes sont vraiment très beau, mais les gens ont l’air un peu mal à leur aise, à regarder les patientes du lieu danser et s’amuser. Je me mets dans un coin et observe : je ne sais pas danser mais j’ai bien l’intention de rire un petit peu en regardant ceux qui le font avec des costumes parfois fort peu pratiques. Ainsi, regardez à ma droite, cet homme déguisé en soldat que son sabre de bois , gène pour danser. Ou cette femme, aux talons si hauts qu’elle peut à peine faire trois pas sans trébucher. Les musiciens sont bons, la fête commence à s’animer, je me dirige vers le buffet en prenant soin de ne pas me faire remarquer quand soudain, une femme pousse un cri :

« Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

C’est semble t’il une patiente, et aussitôt des médecins s’approchent d’elles et l’emmènent à l’écart. Un d’entre eux, pour rassurer la foule qui bruisse d’inquiétude, dit :

« Ne vous en faites pas, cela fait partie de certaines crises chez les hystériques. Calliope – c'est sous ce nom que nous l'appelons ici – fait partie des patientes dont les emportements sont les plus étonnants, il lui arrive même de parler un autre dialecte, mélange de français et d'une langue sans doute inventée.

L’ambiance est un peu tendue, et ce bal en devient moins amusant. D’autant que je suis arrivé au buffet et qu’il ne comporte pas de confiture. La musique reprend, les gens se remettent à danser mais une certaine peur plane sur l’assistance. Chacun se demande ce que causera la prochaine crise. Je m’éloigne du buffet et me mets dans un coin d’ombre. Je me demande si j’ai bien fait de venir. J’hésite à partir, mais je reste, curieux de ce qui se passera ensuite, et je sais que si les choses tournent vraiment mal, je pourrai toujours, dans la confusion, me transformer en mouche pour quelques minutes, et fuir par une fenêtre ouverte. Et puis, en y repensant, la réaction de tout ces gens, c’est plutôt amusant. C’est décidé je reste.
Narcisse Williams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mar 11 Mar - 15:51

C'était une jolie carte d'invitation, ornée de motifs attirants et plaisants à l'oeil. Narcisse était assis sur son lit, jouant machinalement avec la lettre qui occupait ses mains. À franchement parler, il ne savait pas vraiment comment il s'était fait inviter au « bal des folles ». Peut-être était-ce l'un des spectateurs, ou un collègue... ou il s'agissait tout simplement là d'un tract qu'on avait envoyé à la totalité de la ville. La dernière option semblait plus plausible. Mais là n'était pas le problème. Cela faisait plusieurs minutes que l'acrobate se triturait les méninges pour résoudre un véritable dilemme. Y aller, ou déserter ?
Le jeune homme ne se sentait pas à l'aise dans les grands rassemblements et il savait qu'il finirait très probablement sa soirée assis dans un coin de la Salpêtrière avec un cocktail pour toute compagnie. Néanmoins, si quelqu'un avait réellement pris la peine de l'inviter, aussi étrange cela fut-il, n'était-ce pas malpoli que de ne pas se montrer ? Et puis, autre point non négligeable, le temps qu'il passerait au bal, il ne le passerait pas dans sa chambre à se faire hanter par ses vieux démons. Le dernier argument fut le meilleur : il était partant.

Désormais se posait la question du déguisement. Le dragon se voyait mal arriver dans son costume d'acrobate, qui était le seul qu'il avait. Il lui faudrait donc trouver quelque chose, en ville. Poussant un soupir, Narcisse enfila son long manteau noir et sortit. Il rentra dans la première boutique venue, une petite bicoque coincée à l'angle de deux rues. L'intérieur était bien plus attirant que l'extérieur ; une multitude de vêtements accrochés à des cintres ou dans des étagères et des accessoires si nombreux qu'on ne savait où donner de la tête. Une petite dame ne tarda pas à venir le voir avec un sourire aimable au visage, lui demandant gentiment ce qu'il voulait. Les seules exigences du jeune homme étaient que le déguisement ne soit pas trop extravagant et pas trop cher -bien qu'il se doutait qu'il allait y laisser un bras-, laissant libre court à l'imagination de la vendeuse désormais toute excitée. Ce qui n'était peut-être pas une bonne chose...

Une semaine plus tard, l'acrobate formait l'elfe parfait. Comme il l'avait demandé, le costume n'était pas particulièrement recherché, même si on ne pouvait nier une certaine richesse dans les détails et les tissus. Cela justifiait sûrement le prix exorbitant du déguisement. Ce dernier était constitué d'une longue tunique sombre à col montant dont la couleur oscillait entre bleu et gris avec quelques reflets clairs, accompagnée d'un pantalon noir serré et de bottes ébène montantes de sa propre collection. Par dessus l'ensemble saillant s'enfilait une grande robe pourpre qui lui faisait penser à un immense peignoir, en plus élégant. Les manches étaient énormes, tombant  de ses bras avec élégance. Mais, en soi, ce qui donnait toute sa singularité à cet accoutrement n'était autre que les accessoires. Une broche argentée tenait le col de sa tunique en place, semblable à des branches d'arbre entrelacées;ses oreilles s'étaient faites longues et pointues grâce à des embouts de cire. La vendeuse était particulièrement fière de lui présenter la touche finale : une coiffe argentée semblable à une couronne. À l'arrière de son crâne, elle formait un entrelacement de feuillages interrompus par quelques fausses fleurs forgée dans le même métal. Le tout finissait en deux chaînes qui se rassemblaient sur son front à l'aide d'un médaillon. La plus grande peur de Narcisse était de briser cette coiffe qui faisait probablement le plus gros du prix à elle toute seule. De plus, il n'avait fait que la louer et ne pouvait en aucun cas se permettre de la rendre en trois morceaux. Elle le forçait à se tenir complètement droit, ce qui était un peu fatiguant à la longue. Le jeune homme se sentit un respect nouveau pour les rois.

C'est ainsi qu'il se présenta devant la Salpêtrière. Il n'y avait qu'un mot pour qualifier l'édifice : gigantesque. L'intérieur était encore plus vaste qu'il n'en avait l'air, et l'acrobate manqua de se perdre un bon nombre de fois avant d'arriver à la salle de réception. Sur le chemin, il croisa bon nombre de déguisés dont les costumes le rassurèrent sur l'excentricité du sien. En réalité, Narcisse se fondait plutôt dans la masse. À peine pénétra-t-il l'immense pièce qu'une série de cris y retentirent, le faisant sursauter:

« Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »


L'hystérique fut emmenée par les médecins, laissant un voile de perplexité dans la salle. Le dragon haussa un sourcil, aussi incrédule que le reste de la population. Il semblait que le "bal des folles" méritait bien son nom, après tout... L'agitation finit néanmoins par reprendre la pièce, et le brouhaha diffus des conversations mondaines recommença. Haussant les épaules, le jeune homme s'avança dans la salle, laissant avec lassitude sa robe tomber de ses épaules pour reposer sur ses bras repliés. Il accepta poliment un verre coloré quand on le lui proposa, curieux et un peu effrayé de son contenu. N'ignorant pas que l'alcool était loin d'être son meilleur allié -il n'en supportait que très peu, à sa grande honte-, l'acrobate n'en prit qu'une petite gorgée, savourant le goût sucré qui envahit ses papilles. Son regard se perdit le long des murs, observant avec patience tous les détails qui s'offraient à lui, attendant calmement une nouvelle action.

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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mar 11 Mar - 22:45

La nouvelle du « Bal des Folles » avait fait le tour du quartier en moins de deux. Oh, ce n’était guère le désir de tous que de s’y rendre, mais, depuis une semaine, cette réception était devenue le centre des commérages (principalement féminins), lesquels étaient, soigneusement et quotidiennement, évités par Rita. « La danse-comme-des-malades », « La soirée dérangée », « la fête des cinglés »… La banshee avait pu entendre à toutes les dénominations, bonnes ou mauvaises, bien que cela la laissait presque indifférente, sinon l’agaçait par moment.
Du coup, cela faisait quelques jours que la jeune femme évitait soigneusement l’extérieur, et se terrait dans sa chambre, où la fraicheur la détendait assez pour pouvoir finir sa sculpture de cire. La cuisine aussi d’ailleurs était devenu un endroit hostile à la tranquillité, puisqu’il était de coutume que les chefs et les commises soient de paire avec les rumeurs et n’hésitent pas à exprimer le fond de leur pensée sur ces  « fêtes d’aristo ». Enfin, généralement, car Rita ne se sentait pas avoir assez de force ni de courage pour vérifier ce fait.
En vérité, en plus des agitations urbaines présentes, l’esprit était soumise à une véritable torture, forcée qu’elle était de fixer une lumière chaque jour plus intense, plus vive et plus douloureuse. Une lumière humaine, sans doute, mais dont Rita n’arrivait pas à déterminer la cause. La mort ? Combien craignait-elle que ce ne soit une fin très soudaine, car la banshee craignait que les changements, qui y seraient dû, pourraient bien être dévastateurs pour son moral. Ce pouvait également être le commencement d’un long tourment, d’un trouble interminable, qui ne ferait que s’empirer de jour en jour et qui laisserait, à l’humain en question et à l’esprit, des séquelles de plus en plus marquantes, jusqu’à ce que ce malheur se fasse enlever par l’oubli ou par la fatalité. De toute façon, cette torture était signe d’une fin inéluctable.
Alors, puisqu’il fallait de toute façon souffrir, Rita préférait encore que ce soit de moindre façon, en oubliant tout ce qu’y pouvait de loin ou de près la ramener à cette lueur, et donc, en s’acharnant sur ces pauvres bougies, disposées en vrac dans sa loge.

C’était sans compter sur la petite enveloppe beige, encadrée de dorures et scellée à la cire rouge, qui arriva un beau matin devant sa porte. On en avait envoyé une pour chaque employé du Lost, petit cadeau pour le grand patron et ses salariés soit-disant. Et c’était dans la grande intention de la jeune femme que d’ignorer cette invitation et de continuer à vivre en ermite (d’ailleurs Edward allait commencer à la réprimander pour ne descendre de son abri que pour faire le minimum de son travail).
Entre deux bonhomme de cire, cependant, la curiosité la poussa à prendre un plan de la ville, afin de connaître l’emplacement de l’hospice où se déroulait le bal. Il se trouvait que le bâtiment se situait exactement dans la même direction que la source de ses migraines.

« En voilà une belle coïncidence, dis donc… » soupira-t-elle, posant lourdement sa tête sur le bois humide de son secrétaire, sachant qu’elle ne réussira évidemment pas à se convaincre de rester bien au frais dans ses appartements.  

Ce fut donc dans l’état d’esprit le plus dépité que la banshee arriva devant le grand bâtiment, où seule sa lumière était là pour guider son chemin. Coiffe de plume en main, elle s’avança devant le portier, qui, jugeant son costume coloré, la laissa entrer dans le hall illuminé. En le traversant, Rita profita d’un petit miroir pour mettre son couvre-chef en place. Elle portait une de ses vieilles tuniques brunes, retouchée et rafraichie, comme d’habitude. Elle y avait ajouté des franges et y avait cousu une multitude de plumes vertes, blanches et pourpres, de façon à donner ce petit côté exotiques de ces « sauvages » de l’Amérique. Sa coiffe, quant à elle, sortait de la malle aux costumes du cabaret. Deux bandes larges soulignaient chacun de ses yeux verts, lesquels étaient cernés par la fatigue et la peine, et un léger trait vert traversait l’arrête de son nez. Elle n’avait pas été assez motivée pour y mettre quelques bijoux, mais la longue pipe brun clair, datant d’une période où la sculpture sur bois avait été plus qu’un passe-temps, faisait un accessoire de choix pour la banshee.  

Un homme s’empressa ensuite de conduire Rita, qui le suivait d’un pas trainant, dans la salle de réception. Celle-ci était déjà remplie de joie et de danse, débordante de cris et d’agitation qui ne manquèrent pas de marteler sur le crâne de la jeune femme, qui ne manqua pas l’occasion d’une chaise libre pour s’effondrer. Epuisée, ses yeux se fermèrent à moitié, laissant les danseurs se transformer en tâches colorées et les lumières se confondre entre elles.

Peut-être le sommeil aurait-il pu la gagner, et peut-être aurait-elle pu trouver, pendant quelques minutes, une paix qui lui avait été interdite ces derniers jours. Mais comme si la banshee était détestée par la providence, ses feux de douleurs furent ravivés violemment par la déclaration délirante de l’archiduchesse d’Autriche, déclamant dans le silence apeuré de la foule.

« Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

Archiduchesse qui fut rapidement descendue du trône par les Gilets Blancs, sortant, au passage, Rita de sa transe et la soumettant de nouveau à ses maux de tête. De nouveau alerte, cette dernière observa l’ensemble du public transit d’effroi, qui ensuite reprit sa valse comme si de rien n’était.
Cela paraissait assez fou (et c’était le cas de la dire), mais Rita avait pressenti dans cette phrase, comme une solution à son mal-être. Ou tout du moins une explication, sinon un début de piste. Aussi décida-t-elle de se diriger vers l’intérieur de l’hospice en douce, attrapant un verre d’alcool au passage, afin d’avoir le fin mot sur cette histoire.
Mais, comme depuis le début, sa petite aventure fut remplie de péripéties en totale contradiction avec sa volonté, la jeune femme ne manqua pas de heurter une grande silhouette filiforme, qui n’avait absolument pas demandé à être bousculé de la sorte. Un personnage que Rita ne manqua pas de reconnaître, puisque celui-ci s’était fait ami de son cher lorialet.

« Mr. Williams ? Vous êtes…» Elle marqua une pause, le temps de le dévisager. « Vous êtes quoi au juste ? »

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Quand je lance pas des vannes, je parle en #429D42


"Maintes et maintes fois, maintes et maintes fois, j’ai cherché sans trouver la réponse à mon existence
Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
Je prie pour un jour y croire..."


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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mar 11 Mar - 22:59

Dans une loge mal rangée, au paradis des légendaires portant le doux nom de Lost Paradise, deux silhouettes étrangement similaires observent les invitations qu'elles tiennent à la main.

Froissement de papier, soupir d'un côté, grande réflexion de l'autre.
Silence.
Puis une voix s'élève, légèrement excitée.

- On y va.
La brusque inspiration qui y répond pourrait fournir l'aération pour un théâtre entier un jour de canicule si on trouvait le moyen de la réitérer en boucle.
- Hein ? On y va ?!
- On y va.
Autant de doute dans cette voix que de désordre chez Mary Poppins. La deuxième voix, à peine différente de la première mais aux intonations clairement opposées tente une approche raisonnée :
- Mais...
- Ça a l'air drôle.

Silence. Puis un soupir qui s'il pouvait parler en dirait long.


Il y a certaines subtilités dans la dynamique des Lenoir qui sont assez simples à deviner, et d'autres qui semblent claires au premier abord mais ne sont, dans les faits, que de brouillons théorèmes erronés.
Beaucoup de gens pensent, sans en douter une seconde, que dans le « couple » Lenoir, c'est Frédéric qui mène la danse.
Dans 80% des cas, ils ont tort.

Chez les jumeaux Lenoir, il n'y a qu'une tête assez brûlée pour prendre des décisions stupides, et il s'agit de la plus aquatique des deux : celle de Morgan.

Parce qu'il ne comprend à moitié rien aux dynamiques humaines, l'hydre ne sait pas reconnaître un traquenard d'humains quand il en voit un. Et parce qu'il a vécu une grande partie de sa fin de vie d'hydre coincé près d'une cascade et malade comme un chien, il ne sait absolument pas refuser une invitation à un « événement encore inconnu probablement plein de surprises ». La prudence, cela va sans dire, est pour lui un drôle de mot dont il ne saisit pas encore toute les sages implications.

Or, comme son frère est presque aussi capable de lui refuser quelque chose qu'un ver de terre de claquer des doigts en dansant la musette, Morgan finit souvent par avoir ce qu'il veut, tant qu'il présente les bons arguments avec la bonne intonation (important ça, l'intonation).

Il faut dire que souvent (mais malheureusement ce n'est pas le cas cette fois-ci), Frédéric est partant pour les mêmes bêtises que lui, quoique pour des raisons différentes, et que le stade argumentaire est souvent réduit à « on y va ? » « carrément ».


Concernant cette idée-ci en particulier, on ne peut pas dire qu'elle rebutait Frédéric complètement, non. Il fallait avouer que, de tous temps et en tous lieux, la perspective d'un bal masqué (et donc anonyme), gratuit, dans un lieu inédit et animé par des jeunes femmes notoirement dépourvues de sens commun a toujours eu l'art d'émousser les pauvres esprits faibles d'adolescents mâles à peine sortis de la puberté.
N'empêche...

Frédéric Lenoir n'est pas n'importe quel adolescent mâle à peine sorti de la puberté (AMAPSP pour les intimes) : il est un AMAPSP mage, qui a de l'instinct.

Mais l'instinct, on le sait, fait rarement le poids face à un frère surexcité combiné à un bal masqué organisé par des folles dans un lieu inédit.

~◊~      ~◊~      ~◊~      ~◊~      ~◊~

Le problème principal, une fois la question du mauvais pressentiment écartée et toutes les recommandations de circonstances formulées, fut de trouver un costume.
Des costumes, les Lenoir en avaient quelques uns, tous déjà portés dans des spectacles, ou en passe de l'être. Les ébauches qu'ils avaient essayé de faire eux-mêmes n'avaient pas donné grand chose, et ils avaient finit par se résigner à aller voir Kaito, le couturier du Lost.
Il les avait renvoyés après leur avoir lancé deux bouts de tissus qu'il avait en rab pour qu'ils le laissent tranquille avec leurs « histoires de bal débauché » et de « costumes originaux ». Il avait surtout dit trois fois de suite qu'il n'avait pas que ça à faire, et les frangins en avaient conclus qu'il était en train de travailler à une robe pour June.
(seule une robe pour June pouvait stresser le couturier comme ça)

Kaito n'étant pas complètement borné non plus, les frangins avaient vite découvert que les tissus étaient en fait assez chouettes, et ne devraient presque pas être retouchés (heureusement pour eux)
Les masques n'avaient été qu'un détail : un peu de papier mâché, de plâtre et de peinture feraient l'affaire.

~◊~      ~◊~      ~◊~      ~◊~      ~◊~

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent devant l'entrée de la Salpêtrière, vaguement déguisés en soldats d'un étrange pays imaginaire.
Enfin, en théorie.

Leurs costumes se faisaient miroir l'un de l'autre, celui de Morgan était bleu, celui de Freddy rouge foncé, et était bêtement composé d'un pantalon impeccable, d'une veste à épaulettes, vaguement décorée d'accessoires rappelant confusément la mer pour Morgan et le feu pour Frédéric, et d'un genre de képi ridicule.
Ce qui faisait surtout le charme des costumes, c'étaient les masques : blancs, bordés et décorés de décorations peintes aux couleurs du costume, et faisant clairement référence à l'eau et au feu, ils étaient l'exact miroir l'un de l'autre.
Pour achever le tout, ils avaient chipé dans les vestiaires les gants blancs d'un des mimes.

Rien de bien folichon, mais qui fit assez l'affaire pour que le serviteur silencieux à l'entrée les laisse entrer malgré leurs bottines poussiéreuses et leur silence suspect.

Frédéric n'aimait pas vraiment ça, cette ambiance autour d'eux, ces gens de la haute qui se déguisaient en pensant qu'on ne les reconnaîtrait pas. Mais Morgan était tout excité à son côté, et comme toujours, ça déteignait sur Freddy, qui ne put s'empêcher de rire derrière son masque à une réflexion particulièrement absurde de son frère à propos d'une certaine bourgeoise là-bas au fond, d'une robe bouffante ridicule, d'un arrière-train étrangement bancal et du rituel de l'amour chez une certaine race de poissons des mers du sud.


Ils pénétrèrent plus avant dans la salle. Aucun des deux n'était jamais entré dans une salle aussi grande, et honnêtement, ils furent tous deux bien contents d'avoir pensé aux masques. Les gens, la décoration, la musique, la nourriture... tout était trop pour eux, d'une certaine manière. Les costumes, surtout, étaient aussi nombreux que variés, et ils reconnurent dans l'assistance plusieurs têtes du Lost. La petite couturière, par exemple, qui semblait s'amuser comme une folle. Et la jeune demoiselle Lindel bien-sûr, que Morgan reconnaissait toujours à l'inimitable odeur de chocolat qui la suivait partout. Sans ça il ne l'aurait probablement pas vue. Le patron aussi, là-bas au fond à gauche...

Et bien-sûr, ils virent les folles.
Les folles qui dansaient, qui chantaient, tourbillonnaient... On aurait pu écrire des chansons et des romans entiers sur la Danse des Folles. Elles étaient... étrangement fascinantes.
Un instant, elles firent l'effet à Frédéric de ces sabbats nocturnes des sorcières d'autrefois, et des cercles de fées qu'on trouvait dans les bois. C'était... étrangement fascinant.

Les autres gens, autour, semblaient les juger, et une fois de plus il s'offusqua de tout ça, de ce monde où les gens jugeaient tout, tout le temps. Il lui sembla soudain qu'on n'était venu ici que pour ça : que tous ces gens soi-disant bien éduqués n'étaient venus que pour satisfaire à une curiosité malsaine, et il se dégoûta lui-même d'y avoir succombé.

Mais un instant plus tard, son esprit critique répondit autrement : il y avait autre chose chez elles, ces abandonnées du monde réel.
Elles étaient belles.

Elles étaient belles, insouciantes car abandonnées à ce moment unique où elles étaient, enfin, comme tout le monde.
C'était ce qu'elles croyaient, ce qu'elles rêvaient. Et ils étaient là pour les admirer, les comprendre, les accompagner dans leur délire l'espace d'une soirée.
Comme les cercles des fées, pensa-t-il derrière son masque.

Morgan était loin de ces considérations. Les folles pour lui n'étaient pas plus intéressantes que la foule en elle-même : il regardait tout de plus haut. Les mouvements, les costumes, la musique.
Tout était nouveau, donc tout était beau. Aussi simple que ça. L'organisation d'un tel bal tordu relevait selon lui de l'esprit malade de la plupart des humains. Il avait voulu venir pour voir, pour ressentir, cet événement qu'il n'avait jamais vu ni ressenti.
Frédéric, grâce à lui, avait appris depuis quatre ans ce que c'était que de vraiment ressentir le monde autour de soi.

Ils étaient sur un côté, à contempler le buffet quand l'une des folles sortit du lot, et ils ne comprirent ce qu'il se passait qu'à la toute fin, quand la musique eut cessé et que les infirmiers l'eurent évacuée. Morgan ne comprenait pas vraiment.  C'était logique, non ? Puisque c'était le Bal des Folles.

Il avait raison, une fois encore : il fallait s'y attendre, venant de « folles ». Et tant qu'elles ne se feraient pas mal elles-mêmes, ça devrait aller.
Mais son mauvais pressentiment sonnait dans sa tête comme ces foutues cloches d'églises un jour de noces, et le champagne n'arrangerait pas grand chose.
Il avait l'impression qu'en emmenant la folle, on brisait le cercle des fées, et dans les bois du nord, briser un cercle des fées ou y entrer avait toujours des conséquences.

Mais la musique revint et la Danse des Folles reprit.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mer 12 Mar - 13:17

- Et si tu passais celui-là ? Tenta la blonde.
- Non.
- Je suis sûre qu'il t'irait bien.  Insista-t-elle avec plus d'autorité que nécessaire.
- C'est vrai. Renchérit la benjamine.
- Ah tu vois ! La vérité sort de la bouche des enfants, Aldrick !
- J'ai dit "non", mère. Laquelle des deux lettres n'avez-vous pas compris dans ce mot ? Son regard d'or coula vers Sabrina, alors qu'il glissait à demi-mots : Tu es de quel côté toi au juste ?
La belle haussa les épaules.
- Ce que tu peux être désagréable ! Fit la comédienne avec un air surfait. A ce rythme-là, tu ne trouveras jamais personne !
- C'est le cadet de mes soucis.
- Allé Aly, essaie au moins !
- Non, je refuse catégoriquement d'aller là-bas avec ce... Qu'est-ce exactement ? Une botte de foin ?
- C'est une crinière. Pouffa sa sœur. Une crinière de lion !  
- On dirait un tournesol géant ! Je refuse de porter ça ! Déclara-t-il en perdant patience.
- Celui la alors ? Tenta Sabrina en pointant un costume de sorcier, pince sans rire dans l'attente de sa réaction.
Le commissaire grimaça violemment, faisant naitre un éclat de rire général tandis qu'il portait une main à son front en soupirant.
- C'est un complot ? Vous vous liguez contre  moi ! Trois contre un c'est de la triche et je refuse catégoriquement de porter une robe ce soir. Que ce soit clair !
- Tu n'y mets vraiment pas du tien. Fit remarquer sa mère. Je pensais pourtant t'avoir appris les bonnes manières, la vie parisienne ne te réussit pas.
Aldrick ravala des paroles blessantes, se contentant d'un air sûr pour appuyer ses dires, campant sur ses positions.
- Et ça ? S'enquit Elena pour apaiser les esprits.
- Mm.
- Décides toi Aly ! S’impatienta-t-elle. On est prêtes nous ! Il ne manque plus que toi.
- Ca va, ça va, j'ai compris ! Je prends ça !
Il se saisit du costume et fila se changer en claquant la porte derrière lui.
- Un jour, il faudra qu'on m'explique pourquoi dès que ça vient de toi Elena, ton frère est plus enclin au dialogue qu'avec n'importe qui d'autre. Soupira Elise, alors que la brunette haussait les épaules,  peu encline à accorder du crédit à cette observation.

Deux heures plus tard, l'agent avait longuement maudit Billy pour son trop grand nombre de costumes prêtés. Sans omettre le commissariat entier, qui avait insisté pour qu'il soit le représentant à la place de Gaudefroy. Tant bien que mal, il avait enfilé le tout. Un pantalon bleu surmonté de bottes hautes de coloris similaire, une veste semblable à un long manteau aux manches courtes pas dessus sa chemise blanche. S'était attaché les cheveux et avait laissait ses bras saillants à l'air libre -chose rare- pour les recouvrir de gants décontractés et de protections pour les avant-bras. Ses sœurs avaient tenu à ce qu'il ajoute une bande bleue sur chaque biceps, et il avait été contraint d'accepter lorsqu'elles lui rappelèrent qu'il avait failli terminer en tournesol géant. Cependant l’uniforme de garde du pays d’Oz, quoique saillant, était au niveau du buste un peu trop petit. Ce qui le serrait au point de lui faire bomber régulièrement le torse pour pouvoir respirer convenablement, et le videur à l'entrée, ne manqua pas de lui en faire la remarque. Il dût se faire violence pour paraitre courtois. Davantage parce qu'il était rare que sa mère soit de si bonne humeur, et qu'il lui soit donné de passé un moment avec les filles de sa famille, que parce que le bougre n'avait finalement que ça à faire pour passer le temps.

- C'est immense ici ! S'exclama Elena en levant les yeux au ciel, dans sa tenue de magicien, relevant son haut de forme pour apprécier le spectacle et l'ensemble de la décoration.
- Dis Aly ! On jouera à cache-cache ? Oh allé, dis oui ! S'il te plaîîîît ! Renchérit Sabrina, déguisée en robot, en s'agrippant à son bras, avant de lui faire des yeux d'enfant sage et adorable.
Le brun avisa sa mère sous les traits de la reine blanche, l’interrogeant du regard, mais derrière le faste de sa tenue, elle n’eut pour seule réaction qu’un mouvement d’éventail rapide.
- Arf, c'est de la triche ce regard. Déclara-t-il en levant son bras valide à hauteur de son visage comme pour se protéger de cette attaque. Mais c'était sans compter sur Elena, qui -de mèche avec la belle- lui adressa le même air. Il soupira, vaincu. D'accord, d'accord, c'est bon. Vous avez gagné !
- Youpiiii ! S'écria la blonde en lui rendant sa liberté pour entamer une danse de la joie avec sa sœur.
- Cela fait longtemps qu'elles n'avaient pas été aussi joyeuses. Abandonna sa mère en posant sur lui un regard affectueux.

C'était si rare que l'agent ne put réprimer un sourire comblé. Jadis, elle l'observait régulièrement ainsi. Cela lui manquait.
La fête battait son plein, les têtes connues se multipliaient, et si une jeune femme n'avait pas hurlé, probablement que personne n'aurait fait attention à elle. Ses paroles sibyllines, laissèrent l'assemblée sceptique. Ses sens de lycanthrope lui permirent d'entendre, en dépit de la distance, ce que confiait le médecin à Edward et il fut certain que ça n'échappa aucunement à sa mère également, alors il glissa :

- Calliope ? Original comme surnom. Ne serait-ce pas la muse de la poésie épique ?  
- Oui. On la disait aussi "à la voix harmonieuse". Mère des Sirènes, d'Hymen, d'Ialémos, d'Orphée, de Linos et sûrement d'autres que j'oublie.
- Eh bien, sacrée descendance. Il laissa un silence ponctuer le propos. Peut-être cette femme fait-elle référence à Orphée ou Linos ? N'est-ce pas Orphée qui, selon les versions, se rendit aux Enfers et n'ayant pas réussi à ramener Eurydice son aimée, se laissa dépérir ?
- Si. Je crois que ce sont les Ménades de Thrace qui s'offusquèrent de son désintérêt pour elles. Dans certains récits, chacune le désirait et elles se disputèrent tant pour l'avoir qu’elles le mirent en pièces, comme les Titans l'avaient fait pour Zagreus.
- Qui est-ce ?
- Un Dieu crétois. On prétend qu'à sa mort, c'est de son cœur que naquit Dionysos.
- Drôle de vision des choses.
- En effet ! D'autant que pour Orphée le cas est un peu similaire. De la dispute seule sa tête fut épargnée, elle tomba à l'eau, attint la mer, et échoua finalement à Lesbos, où les habitants l'enterrèrent, avant de fonder un sanctuaire et un oracle.
- Et le reste du corps ? S'enquit-il en rechignant intérieurement contre ses habitudes professionnelles.
- Les Muses les rassemblèrent et les ensevelirent.
- Heureusement qu'il y a aussi des versions où l'histoire finit bien. Déclara l'agent en réajustant son habit bleuté. Serait-ce la tête d'Orphée qui étoufferait ?
- Peut-être bien, ou son corps. Qui sait ? Linos, quant à lui, n’a pas hérité d’un sort beaucoup plus clément : abandonné à la naissance, il meurt dévoré par des chiens  dans les versions les plus tragiques, ou sauvé et élevé par des bergers.
- Aucune relation avec le feu alors ?
Elle haussa les épaules.
- Des chants funèbres en son honneur tout au plus, me semble-t-il. Dommage pour ce nouveau mystère. ~
- C'est vil de vous moquer ainsi. Ajouta-t-il tranquillement en levant les yeux au ciel, sans lui en tenir rigueur.
- Ne trouves-tu pas que cela ressemble un peu à notre histoire ? Lança-t-elle avec ironie alors que ses iris émeraude coulaient sur Edward avec amertume.
- Je n'ai pas la prétention d'être un dieu et....
Il fut troublé en remarquant qu'elle faisait tourner son alliance sur elle-même à l'aide de son pouce. Sans réfléchir, il lui prit la main et se pencha à son oreille.
- Détendez-vous, mère. Tout ira bien. C'est la fête ce soir.

Elise se défit doucement de cette proximité soudaine qu'elle n'avait pas envisagée, trop occupée à calculer comment elle pourrait nuire à l'ennemi juré des Voelsungen. Après un temps, elle finit par acquiescer dans un demi-sourire. Son visage se détendit un peu lorsqu'elle remarqua que ses filles se couraient après, esquivant les invités au dernier moment. Elles ne paraissaient pas troublées pour deux sous. L'innocence de la jeunesse probablement.

- Les filles faites attention vous allez finir par heurter...
Le choc se fit plus proche qu'elle ne l'avait imaginé, et perplexe, Aldrick fixa la personne qui lui était rentré dedans alors qu'il se tenait là, immobile. Il avait à peine reculé sous la collision, se contentant d'observer perplexe l'être qui lui faisait face.
- Tout va bien...Euh... Mademoiselle... ?

Il n'était pas certain de l'avoir déjà vu. Il voyait tant de gens, et ce maquillage si singulier n'arrangeait rien. Ce côté désincarné ne lui rappelait pas de bons souvenirs d’ailleurs. Même s'il devait reconnaitre que ce déguisement était admirablement bien fait. Naturelle d'un côté, monstrueuse de l'autre. Merveilleuse illustration de l'être humain. A ceci près qu'elle sentait bien trop l'équidé pour que ce soit le cas.

Couleurs:
 

_________________
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et le nombre de vérités qui sonnent comme un mensonge... »



 


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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Jeu 13 Mar - 14:42

Tout le monde savait que c'était la période du Carnaval, et c'était sans doute pour cela que plusieurs parlaient de ce bal costumé organisé à la Salpêtrière... Seulement, comment y aller sans la moindre invitation ? C'était le dilemme qui se posait à June, qui avait bien envie d'aller faire la fête. Du moins, jusqu'à ce qu'elle trouve cette enveloppe sur sa commode. Qui pouvait bien l'avoir posée là ? Ou alors oubliée, puisque cela pouvait être une possibilité... Peu importe, finalement, à cette heure. C'était sa chance ! Il est vrai que June regrettait un peu les soirées auxquelles elle assistait autrefois, même si alors, certaines choses lui étaient interdites. C'était toujours très divertissant, puisque c'était l'occasion de rencontrer tant de personnes, toutes plus étranges les unes que les autres. Mais il lui restait encore une chose à faire avant de se mettre en route : trouver un costume. Pas question de mettre l'un de ceux qu'elle portait régulièrement sur scène ! Pour autant, elle n'avait pas envie de se compliquer la tête en faisant quelque chose de plus personnel, car coudre prendrait des heures. Résultat, elle fit les choses assez simplement... Une robe courte noire, un mini chapeau haut de forme de même couleur, une cape pourpre... Ses bras délicats étaient recouverts de gants transparents et ses jambes de longs collants. Une étoile rose peinte sur sa joue, et elle avait tout de la magicienne pour enfants. Elle n'oublia pas son masque, bien sûr, fait d'un peu de bleu pour rajouter de l'éclat à tout cela...

La petite blondinette prit un fiacre pour se diriger vers le lieu de la fête. Les rues de Paris étaient remplies de costumes en tout genre, il n'y avait donc pas la moindre honte à y avoir. Et elle ignorait complètement où se trouvait la Salpêtrière, et donc le genre d'établissement dont il s'agissait. Peut-être serait-elle restée chez elle autrement, pour attendre une autre occasion... Mais au lieu de cela, elle entra le plus innocemment du monde dans ce bâtiment immense, qui heureusement comportait une carte à l'entrée. Cela lui prit tout de même un certain nombre de minutes pour arriver à la salle de réception principale, car elle en profita pour jeter un coup d'œil aux  nombreux jardins. Cette salle était bien décorée et la musique était agréable. Toutefois, June eut à peine le temps de manger quelques amuse-gueules en cherchant à reconnaître quelques visages familiers dans la foule, que de grands cris se firent entendre.

— Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je...

Intriguée, June se rapprocha, se demandant bien ce qu'il pouvait se passer, percevant alors les paroles que le médecin adressait à plusieurs des invités.

— Ne vous en faites pas, cela fait partie de certaines crises chez les hystériques. Calliope – c'est sous ce nom que nous l'appelons ici – fait partie des patientes dont les emportements sont les plus étonnants, il lui arrive même de parler un autre dialecte, mélange de français et d'une langue sans doute inventée.

Tout s'était passé si vite, et déjà cette Calliope avait été entraînée ailleurs pour un peu de calme. Mais June ne pouvait oublier ce qui venait d'arriver. Hystérique... Au couvent, on lui avait répété ce mot tant de fois. Était-ce donc ainsi qu'elle agissait, lors de ses crises ? Les couleurs se retirèrent peu à peu de sa peau alors que son imagination s'emballait. Elle imaginait déjà les regards qui se tournaient vers elle, pour ces quelques personnes qui en avaient déjà été témoins et qui pourraient l'avoir reconnue. Elle étouffait. Un peu de sueur vint recouvrir son front de porcelaine, elle tenta de l'essuyer avec son mouchoir, d'une main rapide, mais cela ne suffisait pas. Ses lèvres tremblotaient, sa poitrine se faisant douloureuse, sa respiration plus difficile, et les mots d'aide restaient coincés dans sa gorge sous la peur. Ses jambes ne la soutenaient plus. Elle s'effondra au sol, cachant son visage entre ses mains, un sanglot lui échappant. Son chapeau était tombé devant elle dans un bruit doux et feutré, emporté plus loin par l'air déplacé par les corps en mouvement jusqu'à un coin de sol libéré ou une autre personne, mais c'était bien le cadet de ses soucis. Elle ne voulait pas qu'on la voit ainsi. Et pourtant, elle était incapable de quitter la pièce d'elle-même pour aller retrouver l'air pur des jardins ou même tenter de retrouver la demoiselle éplorée. Pourtant, le sentiment d'urgence se faisait pressant : une fois que l'émotion serait passée, chez les convives, on remarquerait bien son comportement, même si elle n'avait rien fait tomber de bien important. Si la sienne n'était pas passée et qu'elle n'était pas assez convaincante pour mettre cela sur le dos de la nervosité, alors ils sauraient. Ils auraient chassé l'une des folles pour en trouver une nouvelle, et les rires s'élèveraient comme une mélopée sinistre dans l'air...
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Ziggy Aseïr
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 15 Mar - 17:08

Ziggy était très appliqué à bouder sur son lit. La lune dans le ciel se découvrait de jours en jours, gonflant Ziggy de vie et d’énergie inondant de sa douce lueur tout Paris. Oh, bien sur le petit mime n’était pas une pile électrique, mais il n’avait pas accroché au visage cet air de méduse asthmatique des mauvais jours, ayant autant de force qu’un spaghetti trop cuit. Il restait le ziggy calme et gentiment mélancolique de ses bonnes périodes… Mais pour l’heure il boudait.
Pourquoi boudait-il avec tant d’application, les bras croisé sur son lit, gonflant les joues et soupirant ?
Et bien parce qu’on l’avait encore oublié !
Beaucoup de membres du cabaret étaient partis à cette fête, et personne ne lui avait rien dit ! Et il n’avait pas de carton d’invitation non plus… Fichtre ! c’était toujours lui qu’on oubliait : Ziggy le silencieux. Il s’était réveillé il n’y a pas si longtemps, et déjà le calme régnait dans le cabaret d’habitude si vivant. Il avait cherché un ami dans les parages, mais personne. Il avait toqué à la chambre de son ami Narcisse, aucune réponse, il n’était pas là. Il avait cherché sa Rita adorée partout, dans les coulisses, sa loge, même dans la cave entre les caisses de pommes. Il était passé par la bibliothèque en quête de Dominik, peut-être y était-il encore tombé ? Mais il ne fut accueilli que par le pesant silence. Il en était même venu à monter dans la mansarde dans l’espoir de trouver la tumultueuse Ombeline, peut être accompagné de son cher Merry.
Mais il dû une nouvelle fois se rendre à l’évidence, on l’avait oublié.
Qu’allait-il faire ? Il ne pouvait pas faire son numéro, même le grand patron n’était pas là ce soir.
Faire des grimaces devant la glace ? non il n’avait pas le cœur a ça…
Lire un livre ? Il avait fini les Conan Doyle, ce nouvel écrivain qu’Edward semblait beaucoup apprécier et qu’il lui avait prêté. Et puis il avait envie de bouger, de sortir de retrouver ses amis…
Il prit un livre entre ses mains et observa la couverture. Que ferait donc Sherlock Holmes ? Ziggy avait toujours adoré lire, de plus il lisait beaucoup pour essayer d’améliorer son français et les autres langues, il avait fait d’énormes progrès depuis qu’il était en France et tous ces livres l’aidaient grandement. Il avait toujours rêvé d’être un grand aventurier parcourant le monde ou résolvant des mystères … mais au final il était simplement lui, alors lorsqu’il mimait, c’était pour lui l’occasion de vivre ces aventures magnifiques que seul lui et quelques privilégiés pouvaient voir.
Mais plissa les yeux et continua de se questionner.
Mais que ferait donc Sherlock Holmes ?
Il ne resterai surement pas là a se morfondre et grâce à ses talents il trouverai un déguisement et s’infiltrerai à cette fête pour y résoudre un mystère ! Parce que qui dit fête ou le héros n’a pas été invité, dit aventure et mystère !

Gonflé par l’adrénaline de cette nouvelle résolution il descendit dans les coulisses, dans l’espoir de se trouver un déguisement.
Le roux avait d’abord été tenté de reprendre ses habits de scène, mais il se rendit vite a l’évidence, il serait vite repéré et reconnu. Il fouilla les coffres et les malles en tira des accessoires en tout genre. boa colorés, plumes et peaux, perles et dorures : rien ne lui allait, et tout sur lui semblait ridicule. Prêt à abandonner il referma la malle qui, rabattant son couvercle violement fit tomber un étrange objet près des pieds du mime. Il le prit dans ses mains et son visage s’éclaira : il tenait entre ses mimines un vieux casque à corne qui semblait avoir été oublié ici depuis des années.
En tant que Suédois, il avait du sang de viking et puis, il ne s’appelait pas Aseïr pour rien non mais ! Il attrapa une sorte de cape de fourrure toute mitée prête à être jetée et posa le casque sur sa tête, certes il était un peu trop grand pour lui et lui tombait sur le visage mais l’intention y était. Fier, il se regarda dans la glace. Par la barbe d’Odin, ils allaient voir de quel bois Ziggy se chauffait !

_______________________pastèque_________________________

Il courait aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient, poursuivi par deux chiens des rues. Avec cette cape de fourrure ils avaient dû le prendre pour un gros chat et voulaient maintenant faire de lui leur quatre-heures. Il était pourtant si près du but, il voyait devant lui les bâtiments où la fête se déroulait, il arrivait bientôt à l’endroit qu’il avait repéré un peu plus tôt dans une carte de Paris… mais pour l’instant il avait d’autre préoccupations, comme sauver ses pauvres petits mollets. Il jeta son casque sur les chiens, espérant les ralentir mais les rata lamentablement. Les aboiements se rapprochèrent et des crocs frôlèrent ses gambettes. Le roux leva la tête, il aperçut un grillage. Encore un petit effort et il serait sauf. Donnant une dernière impulsion à sa course effrénée il sauta de toutes ses forces et grimpa agilement sur le grillage y accrochant sa cape par la même occasion. Il passa de l’autre côté et roula à terre, enfin sauf.
Avec la grâce d’une baleine échoué sur une plage il essaya tant bien que mal de reprendre son souffle le nez dans l’herbe rendue fraiche par la soirée commençante. Une fois rétablie il s’assit et soupira, il n’avait plus de déguisement maintenant … Tant pis pour le glorieux viking.
Il se releva et regarda autour de lui, puis il se mit à sourire en voyant ou il était : Devant lui s’étendait un petit champs ainsi que des fils à étendre le linge, de plus une musique et des bruits de voix s’échappaient des bâtiments : il était arrivé à destination !
Mais il n’avait plus de déguisement, il ne serait jamais accepté au bal comme ça…
Il se redressa : ce n’était pas le moment de s’avouer vaincu ! Sherlock Holmes ne s’avouait jamais vaincu… en ce moment même Watson serait démunit et Sherlock lui, gardant son impertinente assurance lui dirait qu’il lui suffit de regarder autour de lui, d’observer pour trouver une solution. Et Ziggy suivit ce précieux conseil. Il observa les alentours et découvrit qu’un drap avait été oublié sur un fil il l’attrapa et l’observa. Le visage du mime s’illumina : il sorti de sa poche un crayon qu’il gardait toujours avec lui. Il plissa les yeux, il y avait peu de lumière ici, de plus il était borgne ce qui n’était pas très pratique pour dessiner… mais il réussit tout de même à tracer quelques trait sur le linge.
Il enfila le drap et rit doucement, Les gens avaient tendance à le prendre pour un fantôme… et bien il allait leur donner raison.

________________pasteque__________________________

La suite de son périple fut d’autant plus laborieuse, effectivement, le drap n’offrait pas une grande visibilité et plusieurs fois, le mime s’était emmêlé les pinceaux, il remontait doucement, jusqu’à l’origine du bruit, avançant prudemment dans les rues et- SBAAM
Hein ? quoi un ennemi ? que ce passe t’il ! et …. Oh… un mur… le coup du mime et du mur, quoi de plus ironique.
Il se frotta le nez, ouille. Ziggy longea ce fourbe mur, de plus en plus près du but.

Il passa la réception sans encombres, passant entre les gens d’un pas silencieux, personne ne semblait le remarquer, même s’il se prenait quelque chose dans les pieds tous les dix mètres environs. Le roux s’extirpa de la foule et alla se placer dans un coin. C’est là qu’il remercia un instant le fait qu’il soit presque invisible pour la plupart des gens, il ne faisait absolument pas de bruit et était si immobile qu’on aurait pu le prendre pour un meuble recouvert d’un drap. La pièce était beaucoup plus illuminée et il pouvait distinguer des gens à travers son draps. Il crut un instant voir Edward et son neveu en chevaliers des mers, plus loin s’était surement Aly deguisé en … il ne savait trop quoi. Il lui sembla même entendre la voix de Rita.

Il jubila intérieurement. Ahaha ! ils ne se doutaient pas qu’il était là en train de les observer. Sa couverture était parfaite… enfin son drap ( bum-budum-tchi)
Mais tout d’un coup une voix lui fit relever la tête.

« Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je... »

Etranges palabres .. une prophétie énoncé par un Pitie en délire ? Un étrange message né dans un esprit tumultueux à cause des vapeurs d’opium ? dirait Sherlock Holmes … Mais pour sûr, ça parlait de trésor, et de quelqu’un a sauver ! ahaha il savait bien qu’il y avait quelque chose d’étrange dans cette fête !
Il secoua la tête ne comprenant pas trop le déroulement des événements, en vérité il n’avait pas bien saisit ce qui se disait : les gens étaient loin de lui et parlaient trop vite. Il décida néanmoins de se rapprocher, tout content de ne pas être reconnu.

De ce petit amas de personne il en reconnu une : June. Elle était artiste au lost paradise, il ne lui avait jamais vraiment parlé, mais tout dans sa prestance le portait à croire qu’elle était quelqu’un de gentil… et puis Edward semblait énormément l’apprécier.
Oh ; il allait essayer d’utiliser sa nouvelle condition de fantôme pour essayer de lui faire peur, gentiment bien sûr. Il s’approcha doucement, le pas léger presque flottant sur le parquet, il prit une inspiration levant les deux bras prêt à lancer un joyeux « bouh » comme il avait l’habitude de le faire quand la belle s’effondra devant lui.
Il resta pétrifié, stoppé dans son mouvement. Elle … elle … oh mon dieu…
Les gens ne pouvaient pas voir que derrière le drap le visage du mime étaient en train de se décomposer.
Il laissa échapper un couinement et balbutia dans un murmures des mots sans queue ni tête horrifié par ce qu’il venait de faire. Il l’avait tué ! mon dieu ! quel monstre était-il ? à quel point était-il affreux pour que cette pauvre jeune femme meurt sans même le voir. Il voulait juste lui faire peur, pas la faire mourir de peur !

_________________
outre le silence je parle en  : #E0FFFF
↪ Marcel Marceau. a écrit:
" Avant de dire quelque chose, il faut s'assurer que le silence ne soit pas plus important. "



Ziggy's song ~the sound of silence, by Simon and Garfunkel.
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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 16 Mar - 0:01

Son regard glissa sur l'étoffe lignée jaune et bleue qui gisait sur son lit. Il l'avait trouvée, lors de sa promenade matinale, enroulée bien serrée autour de la clôture du cimetière. Il avait déduit que ses couleurs vives contrastaient avec l'ambiance sinistre qui se dégageait de l'endroit et, comme elle n'était pas abîmée, il l'avait rescapée. Son tissu était doux comme il en avait rarement touché. On aurait dit un de ces foulards rapportés d'Inde par les explorateurs britanniques. Il déposa à nouveau le morceau de tissu sur son lit et s'avança vers la fenêtre. C'était un matin au ciel gris assez banal. En bas, il aperçu le facteur qui faisait sa ronde et qui se dirigeait tout droit vers l'entrée du Lost. Il y avait bien longtemps que plus personne ne lui envoyait de courrier. Ses connaissances et proches d'Angleterre avaient tous eu connaissance de son décès, et, mis à part ses collègues du Lost, il connaissait très peu de gens à Paris. Néanmoins, il était tout de même curieux de savoir ce qui se cachait dans le sac du facteur aujourd'hui.

Il longea le couloir des chambres et s'arrêta au beau milieu du grand escalier en bas duquel s'animait une foule en proie à une frénésie hors du commun après une nuit des plus dignes du Cabaret. Quelle était donc la cause de cette agitation? Au moment où le pianiste remarquait que tous tenaient une lettre semblable entre leurs mains, le facteur lui en flanqua une dans les mains et quitta avec un large sourire. Dominik baissa les yeux sur la chose rectangulaire qu'il tenait malgré lui. Du...courrier? Il retourna la missive et examina l'étampe. La Salpêtrière. Un hôpital...? Il déchira avec délicatesse l'enveloppe et en sortit une carte décorée de fioritures. Il en avait vu des semblables un tas de fois lors des réceptions que ses parents donnaient à Londres. Tel qu'il s'en doutait, il s'agissait d'un invitation à un bal. Le bal des Folles.

Dominik était confus. Alors qu'il retournait à sa chambre et relisait maintes et maintes fois l'invitation, il se questionnait sur l'origine de cette dernière. Il avait cru comprendre que tout le monde de l'établissement, et probablement de toute la ville, y étaient invités. Il avait toutefois du mal à établir ce qu'il devait faire suite à cette invitation. Il avait toujours eu horreur des bals, ces formalités qu'on se doit de tenir chaque fois. Celui-là était différent. Un bal costumé en l'honneur des folles de l'hospice, ça pouvait être intéressant. Ou effrayant, tout dépendait du point de vue. Les malades avaient le don de faire peur. Ils vivaient dans une réalité différente, que nul ne pouvait comprendre, et les hommes détestaient faire face à ce qui leur échappait. Mais Dominik était mort maintenant, on ne pouvait plus vraiment le considérer comme un homme. Ce bal-ci pouvait être une occasion pour lui de renouer avec cette pratique bourgeoise destinée à se faire oublier la vie. On ne lui reprocherait pas d'avoir revêtu un veston peu approprié, ou d'avoir une mèche de cheveux de travers et surtout pas d'avoir une attitude déplacée. De plus, à côté de femmes hystériques, les divergences de Dominik passeraient inaperçues. Il sourit à cette pensée. Un bal auquel il avait toujours rêvé de participer dans sa vie de vivant avait lieu, et il se demandait réellement s'il devait être présent. Il était temps de s'amuser un peu. Il ne lui restait plus qu'à trouver un costume digne de ce nom, ou il ne s'appelait pas Dominik J'aime-les-costumes Steadworthy.

Le pianiste, décidé, fit virevolter la carte, qui alla s'écraser sur son lit sur l'écharpe jaune et bleue. Un sourire se dessina sur son visage pâle. Un signe? Peut-être. Il prit délicatement le tissu et le plaça à hauteur de ses yeux pour mieux le détailler. Tous le monde ne pouvait pas se payer un tissu exotique d'une si bonne qualité. La personne qui l'avait laissé à l'abandon n'avait pas idée de son erreur. Celle-ci faisait toutefois un heureux. Dominik avait trouvé un costume qui le changerait de sa routine de revenant britannique encré dans la mélancolie qui joue du piano pendant la nuit. Il se tourna vers son miroir où on le voyait à peine, mais où l'écharpe resplendissait, même sur lui. Le soir du bal, Dominik serait un Dominik oriental un peu bohème avec du sable dans les poches.

Les jours qui suivirent, il s'efforça de trouver tout le strict nécessaire pour finaliser son costume. Un de ses draps lui servirait de couvre-chef et de haut, il avait trouvé des bijoux couleur or dans une boutique en ville. Il s'était même incrusté dans l'antre de Kaito où il avait trouvé un pantalon ample noir parfait.
Le jour du bal des Folles, il était fin prêt. Il revêtit son costume, laissant ses chaussures de côté. Un vrai homme du désert n'avait pas besoin de chaussures. Il s'observa un long moment dans le miroir de sa loge. On aurait dit un homme nouveau.

Il était encore tôt, mais Dominik avait bien l'intention d'être à fond dans son rôle, et pour ça, il lui fallait prendre le temps de l'habiter entièrement. Il sorti donc, deux heures avant l'heure d'arrivée inscrite sur le carton d'invitation du bal, et se pavana dans tout Paris affublé de son costume qui dévoilait son ventre. Il marchait la tête haute et sentait l'air de la ville-lumière avec une nouvelle fraîcheur, teintée de soleil et texturée de sable. L'air frisquet frappait sur sa peau à découvert, mais il s'en fichait. Les yeux fermés, chantonnant, il marchait d'un pas léger et excité vers l'hôpital de la Salpêtrière où, de toute évidence, il aurait beaucoup de plaisir.

Le jour s'en était allé depuis un moment quand il s'arrêta enfin devant le bâtiment de réception. Il inspira profondément, impatient et curieux de voir ce qui allait se dérouler une fois la porte passée. Dès qu'il eut posé un de ses pieds nus à l'intérieur, l'exaltation des invités se faisait déjà sentir. La salle de bal était déjà bien remplie quand il y pénétra. Les costumes de toutes sortes rendaient fidèlement le portrait de son imagination enfantine. Les célèbres personnages de toutes les époques se rencontraient dans un décor des plus invitant. Le pianiste remarqua assez rapidement que la frénésie ressentie plus tôt se dégageait d'avantage des patientes de l'hospice que des invités, qui, pour certains, se contentaient de boire dans un coin ou de papoter. Les folles, elles, ne se souciaient pas des regards déplacés qu'on leur portait. Elles dansaient comme des pieds, riaient comme des folles, et c'était le cas de le dire! Elles étaient naturelles, et c'est ce qui les rendaient belles à voir. Dominik les sentait plus humaines que tous les hauts placés qui faisaient acte de présence.

Son regard parcouru l'assemblée et il remarqua plusieurs collègues et même le patron du Cabaret, ainsi que quelques visages probablement déjà aperçus au détour d'une rue. Mais il ne se sentait pas encore tout à fait prêt à entrer en jeu d'un air convivial auprès de ses prochains. Dominik se couvrit le visage avec le foulard qu'il affectionnait tant pour se la jouer bandit du désert et se faufila entre les chevaliers, les princesses et les bouffons pour aller se chercher à boire. Lorsqu'il trouva enfin un verre de vin posé sur un plateau, une voix féminine et criarde s'éleva, faisant sursauter tout un chacun, y comprit le domestique qui tenait le-dit plateau. Le verre qu'il s'apprêtait à prendre glissa et éclata par terre. Il resta là à observer le liquide rouge s'étendre en une grosse flaque alors que les paroles de l'hystérique venaient à lui comme un cri de douleur.

« Sauvez-le! »
Oui, sauvez mon verre!
« Sauvez-moi »
Ne pleure pas, mon cher verre!
« Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid! »

À cette phrase, Dominik leva enfin les yeux sur celle qui faisait tout ce grabuge, se sentant en quelque sorte interpellé. Il écouta le reste de son discours décousu, n'y comprenant rien. Un mince pincement au cœur qu'il interpréta comme de la peur s'imprégna en lui. Malgré tout, il était intrigué.

« Qu'on l'aide! Je brûle! »

Qu'on aide qui? Est-ce que cette femme essayait vraiment de faire passer un message, ou sombrait-elle seulement dans la folie? De toute évidence, elle n'était pas très lucide. Voilà qu'elle brûlait, alors qu'un instant plus tôt elle avait froid! Le pianiste la regarda s'éloigner avec les deux infirmiers qui étaient venus la cueillir. Ils la traînaient comme un vulgaire sac de farine. Qui sait, peut-être ces femmes étaient-elles devenues hystériques à la suite de leur internement ici? Ces mots de paniques, presque poétiques, devaient bien provenir d'une source quelconque, ne serait-ce que d'un vieux traumatisme. L'ambiance était devenue lourde, comme si un certain danger planait. Après tout, n'étaient-ils pas entourés de dérangées? De femmes qui, en temps normal, étaient tenues à l'écart de la société, étaient tenues enchaînées à leurs lits pour que, aux prises avec leur folie, elles ne commettent pas certains actes. En elles se cachaient de multiples facettes dont personne ne connaissait les méfaits et les fortes tendances de psychopathe. N'empêche, Dominik était curieux.

Oubliant son verre, il tourna les talons, la tête haute, en digne bandit du désert investigateur qu'il était. Quelqu'un s'en chargerait. Il en profita pour analyser les visages des invités, qui se remettaient peu à peu de leur surprise. Visiblement, il n'était pas le seul à être sceptique. Les paroles de la folle se bousculaient dans sa tête. Il avait senti une telle détresse dans ces propos, il ne pouvait rester simplement là à faire la fête. Malgré l'inquiétude qui le rebutait et ce lourd sentiment qui intimait à quitter l'endroit, il avait envie d'investiguer. Il prit place sur un banc aux contours de bois sculptés à côté duquel un verre plein était posé. Il le ramassa et croisa les jambes. Le mieux serait d'attendre la suite des événements. Cette soirée s'annonçait à la hauteur de ses attentes. Il allait prendre une gorgée, puis remarqua que son écharpe était toujours bien montée sur son nez. Pas de gaffes ce soir, Dominik! Ou plutôt... Arif le bandit!

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Narcisse Williams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 16 Mar - 1:22

Les valses avaient repris, tranquillement, et bientôt l'atmosphère festive était revenue planner sur la grande salle. Toujours seul, Narcisse se complaisait dans l'observation. Il aimait regarder. C'était un passe-temps comme un autre lorsqu'on n'était accompagné que d'un verre d'alcool, certes, mais il était probablement plus intéressant que la moyenne. Enfin ça, ce n'était que son avis. Ce soir tout particulièrement, le spectacle qui s'offrait à ses yeux améthyste était passionnant. Les costumes étaient aussi variés que hauts en couleurs, le décor détaillé et riche... Son regard se perdait sur les folles qui dansaient, un sourire aux lèvres dans une expression d'allégresse, sur les bourgeois et la noblesse qui discutaient avec un verre à la main, le visage courtois, sur les quelques solitaires dans son genre qui occupaient différentes zones de la salle avec leur boisson en écoutant la musique qui flottait délicatement dans l'air, sur l'orchestre qui s'occupait glorieusement de l'ambiance festive, lançant valses et autres danses avec brio... Bref, le dragon était suffisamment diverti pour ne pas remarquer une silhouette familière qui s'approchait de lui.

Au vu de la collision qui s'en suivit, la personne ne l'avait pas plus remarqué que l'inverse. Brusquement sorti de sa transe, le jeune homme mit plus de temps qu'il n'en eut fallu d'ordinaire à regagner son équilibre. Ce fut néanmoins avec sa grâce habituelle qu'il se redressa -vérifiant par la même occasion que son costume n'était pas tâché par une hasardeuse goûte de vin- pour regarder son vis-à-vis. Il baissa les yeux sur une indienne d'Amérique, vraisemblablement, dont l'accoutrement coloré enchantait la silhouette. Entre les plumes et les franges, elle formait la parfaite Apache. Le déguisement lui seyait tant qu'il fallut un moment à l'acrobate pour reconnaître l'une de ses collègues, Rita Upset, chanteuse de talent au cabaret.

« M. Williams, vous êtes... Vous êtes quoi, au juste ? »

Narcisse sentit une vague d'embarras l'engloutir. Il était mal à l'aise dans son costume, trop riche à son goût, et l'interrogation à elle seule suffisait à le destabiliser. Il n'avait pourtant rien à se reprocher, ni faux pas vestimentaire, ni extravagance agaçante, lui aurait-on dit. Il s'agissait là d'un profond manque de confiance en lui-même dont il n'arrivait pas à se détacher. Une légère couleur rosée vint tainter ses joues, à son grand dam, sans qu'il puisse rien y faire. Au bout de quelques instants, le jeune homme réalisa que son absence de réponse frôlait l'insolence et l'impolitesse, ce qu'il refusait particulièrement de montrer en cette soirée. Passant une main gênée dans ses cheveux -en prenant garde à ne surtout pas toucher sa coiffe-, l'acrobate laissa un petit sourire embarrassé étirer ses lèvres avant de prendre une profonde inspiration, trouvant petit à petit les mots et le courage pour répliquer:

« Oh, bonsoir Mme Upset. Et bien, je suis... »

Pendant un bref instant, il considéra l'option de mentir pour donner une réponse plus sérieuse et plus mature. C'était une alternative de facilité, ni plus ni moins, grâce à laquelle il gagnerait peut-être un peu de crédibilité. Néanmoins Narcisse était quelqu'un d'honnête et il ne se laisserait pas aller à changer par gêne ou par peur d'être jugé.

« Un elfe, je suis un elfe. Enfin, normalement... »

Tout cela était minablement dit, il s'en fit la réflexion, mais au moins c'était dit. Ce n'était pas la première fois que le dragon se disait que son éloquence posait problème, non, il se faisait cette remarque quotidiennement. Il n'y avait pas grand chose à faire, semblait-il malheureusement, pour son cas désespéré de maladresse. Pourtant, la volonté ne manquait nullement de sa part; il souhaitait vivement devenir quelqu'un de plus audacieux et de plus ouvert. Chaque jour était un combat contre sa timidité qu'il avait une tendance fâcheuse à perdre répétitivement. Mais pas ce soir. Il était là à un bal, et il ne laisserait pas sa gaucherie gâcher une soirée qui, pour une fois, ne commençait pas si mal. Après tout, il n'était déjà plus seul, ce qui était d'une grande rareté ! C'était un signe encourageant qu'il ne comptait pas saboter par un silence coincé. Son visage tenta de se faire plus avenant -s'il y arriva, il n'en avait aucune idée-, et il entreprit d'engager la conversation.

« Belle soirée, n'est-ce pas ? »

À croire que le destin n'était pas vraiment de son côté ce soir. Non seulement sa prise de parole fut absolument ridicule à son avis, mais en plus elle fut à moitié couverte par quelques exclamations diffuses sur le côté, qu'il n'écouta pourtant même pas. Inconsciemment, il ne devait pas vouloir qu'on lui vola le peu d'attention qu'il avait réussi à attirer vers lui, ou tout simplement ne voulait-il pas voir la situation alarmante des gens en question. Il laissa donc son regard améthyste plongé dans celui de sa collègue, ne rompant le contact que le temps de boire une gorgée de boisson fraîche. Il était plutôt fier de lui, tout de même. Se féliciter pour une vulgaire conversation était absolument grotesque, mais il ne pouvait empêcher une certaine joie de l'envahir et d'agrandir imperceptiblement son sourire. Oui, ce serait une bonne soirée...

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 16 Mar - 22:34

Le ciel était de plus en plus sombre, les rues de Paris se vidaient peu à peu, ses habitants fuyant les ombres qui envahissaient la capitale. Elle avança… Cette nuit à patte de velours que beaucoup craignent continua son chemin et s'approcha du sanctuaire d'où s'échappait un drôle de bruit. Guettant ses adversaires, elle leva la tête et fixa le plafond, certaine d'avoir entendu un craquement, avant de s'approcher encore plus prêt de la porte encadrée par la lumière qui s'échappait de la pièce de derrière. Son nez de félin se posa sur la planche de bois et la poussa délicatement afin de ne pas se faire repérer. Le génie du mal était dans une experience maléfique, et c'était le devoir de l'héroïne Ypsilonne d'y mettre un terme. S'appuyant sur ses coussinets de devant, l'alliée de la justice prépara son assaut, mais fut interrompue par un rire qui lui gela l'échine.

- Mwaaaaahahaha ! Il eeeeest eeeeeen viiiiiiiiiiiiiiie !

La lumière de l'ampoule se réflétant dans ses iris félins, Ypsilonne assista au réveil du monstre qui allait causer la fin de l'humanité ! C'était… C'était …!

- Hm ? Oh Yvonne ! Qu'est-ce que tu fais cachée sous le meuble, allons sort de là, tu va être toute sale.

L'animal se glissa hors du meuble et secoua sa fourrure avant de pousser un petit aboiement de sympathie. Dolores passa alors la main sur son front et aida Manfred à se remettre debout sur ses deux pattes, l'oiseau sortant tout juste d'une opération délicate. Le pigeon eut d'abord du mal à garder sa tête droite, destabilisé par les deux vis qui en sortaient. Satisfaite de son travail, la doctoresse tapota la tête du pigeon et rangea ses outils tâchés de sang de pigeon dans l'évier avant d'enlever sa blouse de docteur.

- Manfred tu feras un parfait monstre de Kellerstein, je suis fière de toi. Yvonne tu viendras aussi, je sais que tu n'aimes pas le monde mais j'ai décidé que comme tout savant fou, j'aurai un chat que je pourrai câliner dans mon fauteuil au coin de ma cheminée.
- Waf !
- Tu seras le chat de Kellerstein du coup. Hm bon, faut que je mette mon costume moi aussi.

Ce soir c'était le bal des folles, une soirée dont Dolores rafolait. Ce n'était pas tant les hystériques qui l'intéressaient, d'autres médecins comme Breuer ou ce cher Sigmund s'en occupaient bien assez. En revanche personne ne se préoccupait des monstres qui entouraient ces adorables folles. Beaucoup de Cauchemars et autres Croquemitaines cotoyaient les histériques car leur sommeil avait un goût particulier qui suscitait une certaine dépendance chez les monstres, et ça, Dolores rêvait de l'étudier. Des Croquemitaines hystériques ! Ah ! Si seulement elle pouvait en attacher un dans son cabinet et lui faire faire toutes les expériences possibles et inimaginables pour voir ses réactions ! Qui plus est, certaines filles étaient considérées comme hystériques à cause du fait qu'elles soient plus ou moins oracles ou magiciennes, et pour Dolores, qui dit non-humain dit études et choses à découvrir. En clair, le bal des folles c'était le terrain de chasse préféré de l'homonculus pour dégôter de nouveaux cas à étudier et de nouveaux patients. Le rêve !

- Oh mon dieu, pauvre Manfred, tu es sûre que ces vis ne le gênent pas ?
- T'inquiète pas, je les ai gréffées à sa peau, elles ne sont pas suffisamment profonde pour toucher son adorable cerveau ou ses nerfs. C'est un peu comme des grosses plumes lourdes pour lui, il s'y habituera.

Contemplant l'oiseau tenter désespérement de se relever après être lamentablement tombé de la table d'opération, Louise poussa un soupir et jeta un coup d'oeil par la fenêtre tandis que Dolores se changeait dans la pièce d'à côté.

- Les rues ont l'air plutôt agitées ce soir, je fais quoi si des clients viennent alors que tu n'es pas rentrée ?
- Ils verront que je ne suis pas là et feront demi-tour. S'ils insistent arrose les de paperasse et ils comprendront que je ne suis pas disponible.
- Ce ne serait pas plus simple de mettre un mot sur ta porte ?
- Meeeuh non, de toute manière ils me connaissent suffisamment pour savoir que la nuit du bal des folles je suis absente. Voilà !

La doctoresse ouvrit la porte et entra dans la pièce, vêtue d'une blouse blanche d'infirmière avec un petit chapeau blanc assortit.

- Oh, tu es drôlement élégante dans ce costume.
- C'est pour ça que c'est un costume ! Vois-tu, le Docteur Kellerstein est une infirmière génialement géniale qui est restée trop longtemps dans l'ombre de son boss, si bien qu'un jour elle s'est vengée et lui a fracassé la tête avec une scie avant de récupérer son cerveau pour créer le Mooooonstre de Kellersteeeeein.
- … Manfred est petit pour recevoir un cerveau humain non ?
- Non mais c'est plus complexe que ça, car en fait Kellerstein a raté de nombreuses expériences et le dernier morceau de cerveau qui lui restait faisait la taille de celui d'un pigeon. Et Yvonne c'est mon chat démoniaque que je caresse quand je prépare la conquête du monde.
- Ah, je vois. Ça n'aurait pas été plus simple de te déguiser juste en Docteur Frankenstein pour éviter de créer toute cette histoire ?
- Trop impersonnel, Edy aurait été déçu.
- Évidemment… Ah, ton chauffeur est arrivé.
- Bien, en route !

Attrapant à la volée sa blouse de médecin tâchée de sang (pour faire plus réaliste, une blouse toute blanche est trop propre pour appartenir à une infirmière savant fou), Dolores posa Manfred sur son épaule et attrapa Yvonne dans ses bras avant de saluer rapidement Louise et sortir de chez elle. Entrant rapidement dans le cab, l'homonculus demanda au cocher d'aller à la Salpêtrière. Le cheval se mis en marche et s'engouffra dans les rues de Paris, laissant le temps à Dolores d'admirer le costume de son pigeon préféré. Yvonne s'enroula quant à elle sur son siège le temps du trajet, fixant de ses iris félins les lampadaires qui défilaient à travers la fenêtre du cab.

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Après avoir payé le cocher, Dolores rajusta son chapeau d'infirmière et avança en direction de la chapelle Saint-Louis, Yvonne la suivant fidèlement et Manfred toujours posé sur son épaule, sa tête balançant de gauche à droite afin qu'il puisse garder son équilibre. Un homme vint alors accuellir la jeune femme qui lui présenta son invitation (elle était avant tout invitée en tant que professionnelle de la médecine) avant de la guider à l'intérieur, là où les folles dansaient joyeusement. Il y pas mal de monde, le brouhaha global enveloppait toute la salle mais pas suffisamment pour couvrir la musique sur laquelle les hystériques dansaient. D'un coup d'oeil rapide, Dolores fit rapidement le tour de l'assistance, elle reconnut certains médecins qu'elle avait déjà rencontré, certains de ses patients étaient là eux aussi, Edward et Andréa étaient aussi de la partie ainsi que beaucoup d'autres.  Mais plutôt que s'attarder à aller saluer tout ce beau monde, l'homonculus préféra se diriger vers le buffet, intriguée par tous ces fabuleux petits-fours qui ne demandaient qu'à être mangés. Yvonne commençait à être dérangée par le bruit et commença à se faufiler sous la table du buffet, mais un violent cri l'arrêta net.

Toute l'assistance se tourna en direction de l'estrade de l'orchestre, surpris d'y voir une Marie-Antoinette en pleine crise d'hystérie. Le personnel médical accourut pour la maîtriser mais la malade eut quand même le temps de crier quelques paroles.

- Sauvez le ! Sauvez le ! Sauvez moi ! Dans mon tombeau de métal, j'ai si froid ! Je suis là et j'attends, j'attends, j'attends ! Je suis le trésor oublié. Je suis un cadeau sans destinataire et j'étouffe ! Qu'on l'aide ! Je brûle ! Je...

Penchant la tête sur le côté tout en se goinfrant de petits-fours, Dolores ne remarqua même pas qu'Yvonne s'était enfuie à l'extérieur, effrayée par le délire de la jeune femme. L'homonculus, ayant déjà assisté à de nombreuses crises en compagnie de son père, était à peine troublée par cette histoire qui fut rapidement étouffée sous la musique de l'orchestre qui avait repris de plus belle. Hm, au moins ce genre de bal était bien plus amusant que les autres plus classiques. Tiens, une autre venait de s'écrouler au sol, mais aucun infirmier ne se précipita sur elle cette fois. Peut-être qu'elle était suffisamment silencieuse pour que sa crise ne soit pas considérée comme gênante. Une minute… Le sang de Dolores ne fit qu'un tour lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait de June. Engloutissant son dernier petit-four, la doctoresse se fraya un passage parmis la foule et se baissa au niveau de son amie dont le visage était caché dans ses mains, probablement choquée par ce à quoi elle venait d'assister. Une autre personne, déguisée en fantôme, était à côté d'elle et semblait culpabiliser d'avoir choqué l'employée du cabaret bien que ce ne soit aucunement le cas.

La jeune femme soupira et accomplit alors son devoir de doctoresse, oubliant non sans mal l'appel des petits-fours qui trônaient toujours sur le buffet. En cas de crise de panique, il y avait plusieurs solutions plus ou moins efficaces. Pour le fantôme qu'elle ne connaissait pas ou qu'elle ne reconnaissait pas, la Doctoresse se contenta de prendre la personne par les épaules et de le secouer comme un sac à patate (se faire secouer par une homonculus étant, bien entendu, tout à fait différent de ce qu'on pourrait ressentir s'il s'agissait d'un humain). Elle saisit ensuite June par la main et l'aida à se relever avant de l'aider à sortir dans le jardin sans trop la brusquer vu l'état de choc dans lequel elle était. Finalement, les deux jeunes femmes s'assirent sur un banc dans le parc à l'est de la chapelle, suffisamment à part de la musique et des danses pour que la jeune blonde reprenne un peu son souffle. Voyant que ses yeux étaient encore embués de larmes, Dolores se leva et leva délicatement la tête de son amie dans sa direction avant de lui claquer efficacement la paume des mains sur ses joues afin de la sortir de sa torpeur.

- Ça va mieux ? Tu vas t'irriter l'épiderme lacrimal si tu continues de pleurer, et c'est vraiment pas joli à voir. Tiens, prend Yvonne elle te réconfortera… Hm ? Yvonne ? La doctresse tourna la tête dans tous les sens à la recherche du félin, hm elle a dû rester vers la table des petits-fours. Tu veux que je reste un peu avec toi pour-

Près de la fontaine qui trônait au centre du jardin, un homme croisa le regard de Dolores et lui fit un signe discret avec son chapeau. La doctoresse s'excusa auprès de son amie qui se remettait un peu de son choc et rejoignit l'homme qui venait de la saluer. Elle l'avait immédiatement reconnue, cet « homme », ou plutôt, cette créature désagréable et démoniaque que l'ont trouvait toujours là où on s'y attendait le moins. Cette fois-ci elle avait opté pour le genre de gentleman moustachu à chapeau haut-de-forme, dégingandé mais plutôt athlétique, ce n'était pas souvent.

- Et bien Aiko, je ne pensais pas te trouver ici. Tu es venue danser avec les hystériques ? Charmant costume au passage.
- Merci, je trouve que je me suis pas mal débrouillée cette fois-ci. Comment me trouves-tu en gentleman ?
- Étonnament masculine pour une Tanuki.
- Hm ! Manfred est très en beauté ce soir en tout cas. On se revoit dans la soirée ! Byyyye ~

La jeune femme moustachue s'engouffra dans la foule amassée dans la chapelle, laissant Dolores rejoindre son amie qui avait repris des couleurs. Elle s'installa à côté d'elle et lui confia Manfred tout en pensant à autre chose. Pourquoi Aiko était venue à un bal pareil ? Elle tout ce qu'elle cherchait c'était les produits bizarres et autres objets à revendres, les cas scientifiques ne gonflaient pas suffisamment son porte-monnaie pour qu'elle soit interessée…

Hm, en attendant, Yvonne n'était toujours pas revenue.

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Dernière édition par Dolores Keller le Lun 17 Mar - 11:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 17 Mar - 9:17


    Le calme était revenu dans la salle et plus rien ne rappelait aux participants l'étrange discours tenu pour Calliope quelques minutes plus tôt. Edward et Andréa reprirent également leur discussion, commentant de temps en temps les costumes plus ou moins réussis, et notant l'arrivée de telle ou telle connaissance sans que l'envie de les saluer ne détache ni l'un ni l'autre de leur position. Le patron du Lost Paradise, fut assez surpris d'y trouver bon nombre de ses artistes. Visiblement tous avaient été piqués de curiosités pour cet événement, mais ils ne semblaient pas s'être remis de la même manière de l'étrange discours de la folle.

    Alors qu'il délaissait les jumeaux du regard, Edward remarqua une jeune femme troublée, légèrement en marge de la fête. Sa silhouette lui paressait férocement familière, mais il lui fallut une minute supplémentaire avant qu'il ne la reconnaisse avec effroi.

    « June... Mais qu'est-ce qu... »

    Impossible, mais pourquoi diable était-elle venue !? La belle s'effondra sous ses yeux, abandonnant un sanglot qui arracha son supérieur à l'immobilisme qu'il conservait jusqu'alors. De nombreux regards s'étaient portés vers elle. Le loup fit un pas en avant et remarquant alors le fantôme qui était figé aux côtés de la jeune femme, il enragea de le voir ne rien faire pour l'aider. Edward ordonna à Andréa de ne pas bouger et chercha une sortie du regard pour que la jeune femme puisse prendre l'air et retrouver ses esprits. Mais à peine s'était-il mis en marche que la vue de Dolores l'arrêta. Elle marcha d'un pas assuré jusqu'à June, la prenant sous son aile avec sa légèreté habituelle après avoir secoué la personne dissimulée sous le drap. Un regard suffit pour définitivement rassurer Edward. Ce dernier abandonna un soupir, retournant auprès de son neveu qui s'enquit dans un murmure :

    « Elle va bien ?
    - Si Dolores est avec elle, il n'y a plus rien à craindre.
    - Tant mieux. »

    Le silence retomba sur les deux loups-garous. Tous deux avaient l'esprit occupé par une femme, et si celle qui agitait les pensées d'Edward n'était pas difficile à identifier, pour Andréa la surprise était de taille. Le louveteau finit d'ailleurs par questionner son oncle, tout accaparé qu'il était :

    « Qui est-ce ? »

    Andréa pointa du doigt une demoiselle à la chevelure brune, joliment déguisée en magicien. Elle s'amusait avec celle qui devait être sœur, car malgré la différence flagrante de leur physique, elles avaient toutes deux des traits similaires. Edward s'étrangla, ses iris ne s'attardant guère sur leur petit duo, pour préférer trouver le visage anguleux du commissaire avant de dévier jusqu'aux traits délicats de sa mère ; belle blonde dont le charme n'avait égal que la haine qu'elle vouait à son roi. Instinctivement, ce dernier se plaça entre Andréa et la famille Voelsungen, le dissimulant derrière sa silhouette imposante, sans que son neveu n'en comprenne la raison. Il insista d'ailleurs, visiblement très intéressé par la jolie brune dont les éclats de rire restaient couverts par la musique. Son oncle secoua lentement la tête, s'éloignant dans une direction opposée et l'entraînant avec lui sans le permettre de protester :

    « C'est l'une des demi-sœurs d'Aldrick. Mais tu ne dois pas t'en approcher, est-ce clair ?
    - Quoi ? Mais pourquoi ?!
    - Ce serait te mettre en danger Andréa, un danger mené par la pire des croisades. Celle de la vengeance. »

    Le louveteau resta interdit, jetant tout de même un dernier coup d'œil à la jeune fille, il n'insista pas. Edward reculait rarement face au danger, mais son neveu avait appris à l'écouter, car dans ces moments-là, la fuite prévenait à coup sûr d'une catastrophe.

    Ainsi les deux pirates s'éloignèrent discrètement, rejoignant le buffet où le capitaine se servit un second verre pendant que son mousse essayait désespérément de faire son choix entre les petits feuilletés fourrés au fromage et ceux à la viande.

    Les folles dansaient toujours, la foule se distrayaient avec elle, laissant le dirigeant du Lost Paradise le soin de détailler chaque invité sans que l'on ait le temps de croiser son regard. Puis il toussa, s'étouffant avec sa boisson, alors qu'il venait d'apercevoir le docteur Adams dans une adorable livrée de chat. Le rire avait gagné sa gorge alors que sa langue baignait dans l'alcool, résultant une désagréable sensation qui s'envola aussitôt qu'il posa de nouveau ses iris sur le psychiatre. La tentation était bien trop forte, et il se décida d'aller lui présenter ses respects.

    Connaissant les caractères respectifs d'Andréa et de Mortimer, mieux valait éviter une rencontre entre eux, aussi, c'est seul que le capitaine White se glissa jusqu'au médecin.

    « Monsieur Adams. Ravi de voir que vous avez daigné quitter votre bureau pour vous mêler aux mortels, qui plus est dans un vêtement d'apparat tout à fait sublime. Les oreilles sont en fourrure véritable ? »

    Impossible à contenir, un sourire écarta lentement les lèvres d'Edward, tandis qu'il ôtait brièvement son couvre-chef afin de respecter les usages du monde. Il lui proposa une coupe de champagne, glanée lors de son cheminement dans la salle, aussi curieux qu'amusé par l'accoutrement de Mortimer. Il remarqua également le petit carnet qu'il tenait en main et arqua un sourcil, cependant, il n'eut pas le temps de le questionner davantage. Un claquement violent de porte lui fit tourner le regard, alors qu'une infirmière se précipitait vers le directeur de l'hospice, tenant en main un livre imposant dont le loup-garou ne put lire le titre. Elle aborda rapidement son supérieur qui l'écouta avec attention alors que quelques regards curieux s'étaient posés sur eux. Il y eut un échange vif, et le livre fut remis au gérant de la Salpêtrière qui rejoignit l'estrade où il demanda à l'orchestre d'arrêter la musique.

    « Voilà qui est curieux. » Abandonna Edward, interrogeant tout de même le psychiatre du regard.

    Le silence tomba comme une masse sur la salle qui crut à une nouvelle crise. Quelques folles continuèrent de danser, d'autres protestèrent, alors que tous les invités retenaient leur souffle. On se tourna vers les musiciens, et un murmure s'éleva, envahissant l'espace dans un bourdonnement désagréable. Edward s'assura d'un coup d'œil qu'Andréa allait bien avant de reporter son attention sur le directeur qui, après avoir ôté son loup noir, prit la parole d'une voix ferme et forte :

    « Mes Chers Amis, je crains que nous ayons à écourter cette soirée et je m'en excuse grandement. Une de nos infirmières vient de me rapporter que la jeune femme qui vous a causé tant d'émoi un peu plus tôt avait disparu de sa chambre malgré notre surveillance. »

    Le cri d'une bourgeoise perça à peine l'atmosphère pesante de la pièce. Le dirigeant réajusta sa cravate et reprit :

    « Elle n'est en rien dangereuse, mais nous craignons qu'il ne lui arrive un malheur si nous ne la retrouvons pas au plus vite. Aussi, je demanderais à ceux qui le souhaitent de nous aider à la retrouver. Elle est très probablement toujours dans l'enceinte de l'hôpital, et votre concours sera le bienvenu. »

    Le brouhaha constant gagna en volume, les hôtes se tournant vers leur voisin pour débattre de cette si soudaine proposition. Le temps de tergiverser ne leur fut pourtant pas laissé, et c'est rapidement que le directeur reprit, couvrant le bruit des bavardages non sans mal :

    « Il semblerait que sa fuite soit guidée par sa folie. Elle souhaite être retrouvée et elle nous a laissé un message dans sa chambre, coincé dans ce livre dont vous avez certainement tous connaissance. C'est le premier tome de la série « Mémoires d'un médecin » d'Alexandre Dumas, soit le roman tiré « Joseph Balsamo ». Le papier qui y a été trouvé comporte un texte étrange qu'il nous faut certainement interpréter afin de la retrouver. »

    Le message fut lu à haute voix, puis laissé, avec le livre, à la disposition des curieux qui souhaitaient percer ce mystère. Edward le consulta avec intérêt.

    Message de Calliope:
     

    Enfin, on ouvrit les portes et les volontaires se dispersèrent en compagnie de plusieurs membres du personnel, les autres invités, majoritairement des femmes, restèrent dans la salle de réception en compagnie des folles et d'infirmières. Andréa rejoignit Edward lorsque l'agitation cessa :

    « On va les aider ?
    - Évidemment. Je m'en voudrais de passer à côté de ce mystère.
    - Un morceau de papier et un livre ? Je doute que ça ait un sens.
    - Je n'en serais pas si sûr à ta place.
    - Tu l'as compris, c'est ça ? Chuchota le louveteau. Le mot, j'veux dire...
    - Viens. »

    Un sourire malicieux éclaira la figure d'Edward. Voilà qui laissait présager une belle soirée en perspective ~


-----------xxx-----------xxx-----------xxx-----------

Paroles de fou


Surpriiiise ! Calliope a mystérieusement disparu, ne laissant derrière elle qu'un livre et un morceau de papier étrangement griffonné. Quel secret plane donc sur le bal ?

Dans tous les cas, le ton est donné, vous avez tous entendu le directeur, vous voici face à un choix. Rester à l'abri dans la salle de réception ou vous porter volontaire pour aider la folle égarée. Sachant qu'il fait nuit noir et que l'extérieur de la salle de réception n'est pas éclairée, vous avez peut-être intérêt à y réfléchir soigneusement.

Pour les plus téméraires, vous pourrez compter sur les infirmières, les médecins et les internes dont un grand nombre est parti pour tenter de retrouver Calliope. N'hésitez pas à demander votre chemin, ou la possibilité d'ouvrir une porte, un bâtiment, une source de lumière… Ils sont majoritairement très serviable et vous aideront volontiers. De plus, si vous avez une bonne mémoire, le plan des lieux (cliquez) doit vous revenir en tête.

Notez aussi que, comme indiqué dans le poste d'Edward vous avez tous eu accès aux deux éléments abandonnés par Calliope, soit le livre et le message. Vous pouvez feuilleter le livre (cliquez), ou relire le message, retranscrit ici afin qu'il n'y ait pas d'erreur de lecture :
Le trouverez vous, me trouverez vous ?
Il y a un secret!
La clef est à votre portée !

38.16.11 279.6.2
183.21.2 7.1.8
79.24.5 94.3.5 16.21.4 113.11.11
9.11.9 141.32.10
Si ce code a une réelle signification, comme le loup le sous-entend, il va falloir trouver comment le déchiffrer. Aussi, afin de ne pas compromettre la recherche des participants qui s'y intéresseront, évitez de donner la façon dont vous vous y êtes pris pour en percer le secret dans votre poste !

Enfin, voici pour quelques participants, des obligations plus précises découlant directement de votre premier poste :
  • Alice : Tu sembles t'être fait une nouvelle amie. La jeune femme qui t'a abordé est une patiente d'une quarantaine d'année, souffrant de manière avancée du syndrome de Peter Pan. Plongée dans son enfance, elle s'est déguisée en poupée et trouve en toi la partenaire idéale. Elle a donc perdu un « oiseau ». À toi de voir comment réagir face à cette nouvelle rencontre !

  • Fred & Morgan : Après avoir fait votre choix d'aider à la recherche ou de rester en salle, vous repérez sur le buffet… Du poisson frit merveilleusement cuit qui n'attend qu'à être dévoré ! Un dilemme se profil donc.

  • Dolores : Un interne est venu de trouver pour requérir ton aide et t'expliquer la situation. Visiblement c'était un grand fan, car il avait un mal fou à articuler. Ta beauté naturelle est peut-être en cause à moins que ce soit Manfred et sa tête de vis qui mette à mal les conviction du pauvre garçon. Quant-à Yvonne, lui ne l'a pas vu.
À vous de jouer !







Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 23 mars (au soir) pour participer à la deuxième partie o/

N.B. Le directeur écrit en khaki.

Vous pouvez toujours me joindre par MP pour la moindre question ! Je répondrais au plus vite, comme d'habitude ~
Et un grand merci à tous pour votre formidable participation à la première partie !


Dernière édition par Edward White le Lun 7 Avr - 20:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 17 Mar - 18:57

Il s'était passé tellement de choses en si peu de temps, cela en était des plus fascinant. Des individus étrangers au bâtiment qui arrivaient avec des costumes singuliers, venaient sans cesse, s'installant au buffet, bavardant avec des personnes de leurs connaissances...
Bastian reconnu derrière maquillage et accessoires d’apparat, des visages familiers, que se soit des clients, des amis, et même des artistes du cabaret où il était un habitué.
Quand à leur réaction lorsque Miss Calliope fit son petit numéro, le démon en eu pour son argent. Certain paniquèrent, d'autres ne réagirent même pas. Une femme tomba dans les pommes, aussitôt prise en main par une autre. Et de ce que sa mémoire lui soufflait, elles étaient toutes deux du Lost. Même ici ils savaient se faire remarquer...

Affichant un petit rictus, le démon ne bougea pas d'un cils, continuant d'observer comme les choses se passaient et de toute façon, personne n'avait réalisé qu'il était là alors pourquoi se manifester.
Seulement voilà, lorsqu'une infirmière pointa la bout de son nez pour parler avec le directeur et que celui-ci dût interrompre la petit sauterie pour annoncer que leur patiente venait de disparaître, il ne put s'empêcher d'avoir soudain envie de montrer qu'il n'était pas une statue prenant poussière, mais bien un invité. Un mot mystérieux avec des codes, un livre laissé à la disposition des hôtes désirant aider à retrouver la disparu. Très bien !

Il avait bien envie de faire jouer un peu sa matière grise.
Réveillant Victor qui piquait du nez dans son coin après qu'il ait fait le tour cinq ou six fois du buffet, il s'avança vers l'estrade où reposait le livre et le petit mot. Son majordome le suivit sans réfléchir, l'esprit complétement embrumé par une digestion active.
Avec un sourire charmant et une légère courbette polie, le couturier observa le directeur et indiqua le livre.


"Puis-je ?"

Il prit l'objet, l'ouvrit là où le mot avait été laissé et observa attentivement les numéros. Des codes... Mais à quoi servaient-ils ? Il ne lui fallut que peu de temps à faire le lien et afficha un sourire triomphant. Il se tourna vers le lutin endormit et lui demanda d'être attentif, de prendre notes de tout ce qu'il allait lui dicter. Victor ne semblait saisir l'importance de cet ordre mais dans l'idée qu'il allait se faire tirer les oreilles s'il n’exécutait pas la tâche demandée, il le fit avec ferveur.
Cela ne prit que quelques minutes à Bastian pour décrypter le code, même s'il le fit dans la plus grande discrétion, ayant soudain envie de jouer bande à part.
Aux autres de comprendre également le sens de ce message des plus étranges.
Lorsqu'il eu terminé, il demanda à son majordome de lui dire ce qu'il avait écrit. Celui-ci le fit d'un ton blasé, avant de soudain réaliser le sens de ce qu'il énonçait.


"Ouah Tonton, comment t'as su ?"

"Un jeu d'enfants quand on a un peu de logique. A présent arrêtes de bailler aux corneilles et suis moi, on a un bâtiment à visiter..."

Il reposa le livre en remerciant le Directeur et prit congé de lui, lui disant simplement qu'il allait mener son enquête. Inutile d'en dire plus là dessus.
En descendant de la balustrade, il put apercevoir Edward non loin de là, ainsi qu'Aldrick dans une direction opposé. Deux loups au caractère dominant qui ne cessaient de se manger la truffe. Il ne manquait plus qu'ils essayent de trouver avant l'autre où se trouvaient la demoiselle. Ils étaient malin, bientôt eux aussi perceraient le mystère. Et ils n'étaient pas les seuls. Bastian devait se hâter. Pas qu'il avait envie de fanfaronner en disant qu'il l'avait trouvé avant les autres, juste qu'il voulait confirmer son idée avant que cela ne soit balayé par un intervenant qui gâcherait tout.
C'était d'ailleurs pour cela qu'il n'avait en aucun cas dit à voix haute ce qu'il avait trouvé. D'abord il élucidait le mystère, après il penserait aux autres.
Car malgré la gentillesse qu'il avait à l'égard des autres Légendaires et créatures inhumaines, il restait un démon, convoitant toujours ce qui pouvait l'amuser le plus. Et là, il s'agissait de cette énigme.

Lorsqu'il arriva dans un des couloirs adjacents, plongés dans les ténèbres, Victor s'arrêta soudainement, peu rassuré. Il regardait derrière eux, comme s'il avait peur que les personnes encore présentes, ne les réprimandent.


"Euh, attends, on va se faire gronder si on s'éloigne !"

"Cela se voit que tu dormais. Nous recherchons une femme perdue dans ce bâtiment. Il faut donc pouvoir accéder aux autres parties pour la dénicher. Nous avons le droit de partir de la salle."

"Mais... dans le noir ?"

"Oui, dans le noir. Si tu as peur, retournes au fiacre, je ne veux pas d'une mauviette dans mes pattes !"

Victor sembla prendre cette remarque comme un ton de défis et fronça les sourcils, soudain réveillé et motivé. Il dépassa son oncle et entra dans le couloir dénué de lumière. Mais à peine avait il fait quelques pas qu'il s'arrêta. Il ne savait pas où aller, ni comment s'orienter en réalité.
Avec un air sardonique, Bastian s'approcha d'une lampe mural et en prit la bougie. La tenir suffit à animer la mèche qui s'alluma. Après tout, n'était-il pas un démon de feu ? L'obscurité n'avait jamais été un problème pour lui.


"Suis moi. Je vais te dévoiler quelque chose d'amusant..."

Il prit une direction d'un pas rapide, puis, à une intersection, tourna à droite. Il semblait comme guidé, même si en réalité, il avait juste prit le temps de mémoriser les lieux sur un plan. Il ne fallut pas très longtemps pour arriver à la zone recherchée. Silencieuse et un peu angoissante. On aurait presque pu entendre le gémissement des personnes ayant résidé là.
Il se mit alors à regarder les portes, regardant leur numéro, cherchant quelque chose en particulier. Puis il trouva le bon emplacement et entra par l'ouverture, découvrant... rien en vérité, mais il n'avait pas terminé ses recherches.
Il s'avança vers l'extrémité gauche de la salle et compta. Un... deux... trois...
Il s'interrompit lorsque son pied se posa sur une partie du sol qui lui semblait bien singulière. Même si en temps normal il ne se serait pas intéressée à elle, il sembla fasciné.
Il s'accroupit devant elle et l'éclaira de sa bougie.
Sa main libre se serra en un poing et d'un geste convaincu, il frappa dessus. Curieusement, le bruit ne fut pas étouffé mais résonna légèrement. Il tourna la tête vers un Victor surprit, et lui fit un sourire de triomphe.


"Jackpot..."
June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mar 18 Mar - 23:31

Tout s'était déroulé si vite, et pourtant, à la fois si lentement. June n'avait remarqué la présence des autres près d'elle que par quelques bruits de pas. Elle n'aperçut qu'une fraction de seconde le petit fantôme tristounet, avant d'être entraînée ailleurs par la main de Dolores... Pourtant, même loin des autres, June restait un peu renfermée sur elle-même, le regard hagard jusqu'à ce qu'elle reçoive ces petites claques au visage. Au lieu d'être choquée comme plusieurs l'auraient été en d'autres circonstances, surtout avec le léger manque de tact dont pouvait parfois faire preuve la doctoresse, le regard de June était rempli de reconnaissance. Rien de plus efficace pour retomber les pieds sur terre... Malgré tout, elle était heureuse d'avoir quelques instants toute seule pour reprendre ses esprits. Dolores devait avoir vu quelque chose ou quelqu'un piquant son intérêt, mais puisqu'elle s'était interrompue avant de s'être assuré que sa patiente la plus régulière se porte bien, cela ne faisait aucun doute, elle allait revenir. C'est d'ailleurs bel et bien ce qui se passa.

June lissa un peu les plumes du pigeon qui lui avait été confié, se remettant doucement de ce grand choc. C'était l'ignorance qui lui avait scié les jambes en deux, car si entendre parler de ces crises d'hystérie était une chose, en être témoin était tout autre... Relevant les yeux, elle aperçut plusieurs passant devant eux sans s'arrêter, dépassant même la chapelle. Pourquoi tant d'agitation ? Elle tira légèrement sur la manche de son amie qui était toujours perdue dans ses pensées pour attirer son attention. Non seulement pour avoir son avis sur la question, mais aussi parce qu'un jeune homme s'était arrêté près d'elles. À sa tenue, il pouvait s'agir d'un employé des lieux, mais avec les costumes, deviner n'était pas si simple... Seuls ses mots confirmèrent les soupçons de la blonde.

— V-vous dev-v-vriez rentrer m-mesdemoiselles...

Il leur expliqua tant bien que mal la situation. Un sourire revint enfin sur le visage de la magicienne d'un soir. Oh, ce n'était pas pour se moquer ! Elle trouvait tout simplement cela fascinant qu'un des médecins soit lui-même atteint d'une certaine pathologie... À moins que quelque chose chez elles ne le gêne. Mais elle laissa passer ce moment, sans poser de questions, se levant, même si son visage conservait une certaine pâleur.

— Il faut aller à son aide ! Sentant venir quelques protestations de la part de Dolores, elle ajouta : Je vais mieux. J'ai été surprise, c'est tout. Et puis, je suis entre de bonnes mains, n'est-ce pas ? Monsieur peut même nous accompagner, si cela peut te rassurer.

Évidemment, ce n'était pas vraiment aussi simple. C'était l'angoisse étouffante qui avait failli déclencher la crise, et en cet hospice, nul lieu n'était sûr. Seulement, June pouvait se montrer têtue, et par leurs états respectifs, elle sentait que c'était son devoir de venir en aide à la patiente. Et il fallait encore qu'elle aille présenter quelques excuses à ce pauvre fantôme... Non seulement c'était contre ses principes, mais ce serait entacher à jamais sa réputation de médium ! Affronter ses peurs n'est-il pas parfois le meilleur des remèdes, mène si cela doit être le plus éprouvant ?

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Mortimer Adams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mer 19 Mar - 11:49


    D'autres invités entraient encore. Malgré ou grâce à la réputation de la salpêtrière, on voyait les personnes entrer l'un après l'autre, tous aussi bigarés les uns que les autres.
    Mortimer était amusé pour une chose : Qui sont les fous maintenant ?

    S'il avait pu, il aurait exposé à tout ce beau monde ce qu'il pensait de leur faibles esprits, ou par chance de leur brillant esprit ... Mais malheureusement, il devrait se contenir : "soyez aimable"

    Un grognement plus tard, Mortimer décida enfin de descendre de son perchoir. Le psychiatre prit une grande inspiration, comme pour se préparer à la plongée sous-marine. Bien sûr il n'allait pas rester en apnée plus longtemps. Le brouhaha masqua son soupir contrit.
    Aussitôt il vit arriver à lui une sorte de reporter prendre des notes habillé en espèce encore inconnue d'abeille. Cela lui allait bien compte tenu de la nuisance qu'il allait devenir.

    - Ha ! Monsieur Adams, chouette déguisement ! Vous tombez bien parce que ....

    Mortem avait déjà haussé un sourcil d'irritation et ne se priva pas de couper a parole de cet incongrus. Le son de grelot lui revint aux oreilles, le collie rne devait pas aider à sa persuasion, tant pis.

    - Gardez votre salive, vous avez manifestement assez de fous à interroger ce soir, et mes patientes n'en font pas partie ...

* "Aimable" Mortem ... "Aimable" .. *

    - Si vous ... voulez bien .. m'excuser.

    Une expression de dégoût était visible sur les commissures de ses lèvres tandis qu'il se frayait un passage vers le buffet. Peu être qu'une crise ne resurgira pas avant qu'il ait pu goûter ces petits amuse-gueules ...

    Manque de chance, alors que sa patte gantée allait arriver jusqu'à son objet de convoitise, un petit fantôme voulu faire une blague qui finissait dramatiquement. Enfin aux premiers abords, il semblait que la demoiselle ait déjà quelques chaleurs du peut être à son corset trop serré ? Une jolie magicienne ténébreuses s'il en est, venait de choir non loin de là. Les gens commençaient déjà à se masser autour, encore un nouveau spectacle.

    * Tchhhhh !*

    S'il n'y avait que les dérangements ... Sa malédiction revenait et on aurait pu croire à une propre crise interne. Tous ces détails qui dansaient dans sa tête c'en était presque insoutenable si Mortimer n'avait pas la technique mentale à ce sujet : Second plan / Premier plan.
    Pour le bien de ses nerfs, le jeune Adams décidait de garder une note majeure en tête et de la tenir au dessus de tout ce qu'il pouvait enregistrer pour l'heure. Il allait bouillir, mais pas imploser, le résultat était satisfaisant. Avec le temps il s'y faisait, mais les déguisements en plus laissent place à tant de possibilités et théories à explorer que c'est assez frustrant de ne pas pouvoir arrêter le temps.

    Une jeune personne déguisée en infirmière que Mortimer reconnu tout de suite se pencha sur le nouveau cas.
    Dolores Keller, aussi appelé par Mortem un merveilleux cas science qu'il aurait rêver étudier si Edward ne la gardait pas si jalousement. Le psychiatre se figea et ne pu que secrètement applaudir les méthodes du corps médical (et à proprement parlé, si vous voyez ce que je veux dire ...).

    Le psychiatre tenta de se faufiler un peu plus près de son sujet d'observation, mais à mesure que la foule se faisait plus dense il était repoussé un peu plus loin perdant de vue Dolores et la magicienne qui semblaient se diriger au dehors. Excellent réflexe, à tel point que Miss Keller lui rappelait le professionnalisme d'Axel Roméan avec le côté ennuyeux en moins.
    * Mmmh .. Cela dit, la comparaison est touchante quand on parle d'un médecin légiste ...*

    Sans le savoir, Mortem s'approchait dangereusement de son meilleur ennemi. Son regard ne quittait pourtant pas Dolores, perdu dans ses pensées et théories qui commençaient à refaire surface au premier plan. Haaa la fatigue ! On se ferait vieux Mortem ?
    Un petit bruit retint son attention et c'était celui de l'étranglement, quoi qu'assez discrets vu les circonstances (on aurait pu s'attendre à un éclat de rire).

    Le psychiatre tapota machinalement son carnet de notes, il stressait en même temps qu'il jubilait. Il n'y avait rien de plus divertissant et stimulant qu'une conversation avec ce cher Edward, mais les circonstances étaient telles que, encore une fois, il allait se retrouver en fâcheuse posture. Mortimer tâcha de garder un minimum de dignité alors qu'il priait secrètement pour que son grelot ne sonne pas au moment où Edward allait l'atteindre.

    « Monsieur Adams. Ravi de voir que vous avez daigné quitter votre bureau pour vous mêler aux mortels, qui plus est dans un vêtement d'apparat tout à fait sublime. Les oreilles sont en fourrure véritable ? »

    Le chapeau de corsaire que le chef du Lost Paradise arborait ne manquait pas de panache. Et il fallait avouer que ce costume lui donnait une certaine allure qui devait en ravir plus d'une.
    Le rire qui s'en suivit était assez inévitable et Mortimer complimenta secrètement Edward d'avoir tenu jusque là. Le psychiatre prit délicatement la coupe qu'on lui proposa par courtoisie tout en fixant le regard de son interlocuteur. Il lui sourit (si si je vous jure !) et fit semblant de porter la coupe à ses lèvres avant de lui renvoyer un compliment.

    Alors qu'il allait répondre, sa parole fut coupée par le claquement de la porte intérieur. Il semblait que Magalie est encore fait des siennes. Puis, le psychiatre ravala vite son jugement hâtif quand il entrevit le regard de cette infirmière. Elle serrait dans ses bras un ouvrage qu'il cru reconnaître comme le journal de la Calliope, mais à cette distance il n'en était pas sûr. Et pourquoi l'aurait elle remis au directeur et non à lui ?

    Mortem fixait alors la scène, distrait pour un court instant de son dangereux jouet (a.k.a Edward White), au dessus de son verre encore pétillant.

    « Voilà qui est curieux. »

    La musique était en train de s'arrêter, Mortimer sentit le regard interrogateur d'Edward à son égard mais ne pu détacher ses yeux de ce qui était en train de se passer. Il y avait quelque chose qui clochait mais il n'aurai su dire quoi. Il était comme, captivé.
    Tenant compte de l'esprit fortement aiguisé de sa compagnie, Mortem risqua le code :

    " C'est en effet ... Bien étrange. A croire que j'ia bien fait de me mêler aux .. "mortels" ce soir ... "

    Sa voix planait, mais Mortimer était on ne peut plus attaché au moment présent.

    « Mes Chers Amis, je crains que nous ayons à écourter cette soirée et je m'en excuse grandement. Une de nos infirmières vient de me rapporter que la jeune femme qui vous a causé tant d'émoi un peu plus tôt avait disparu de sa chambre malgré notre surveillance. »

    * Pardon ?! *
    Un tic de nervosité vînt se coller à ses lèvres.

    « Il semblerait que sa fuite soit guidée par sa folie. Elle souhaite être retrouvée et elle nous a laissé un message dans sa chambre, coincé dans ce livre dont vous avez certainement tous connaissance. C'est le premier tome de la série « Mémoires d'un médecin » d'Alexandre Dumas, soit le roman tiré « Joseph Balsamo ». Le papier qui y a été trouvé comporte un texte étrange qu'il nous faut certainement interpréter afin de la retrouver. »

    Le psychiatre hésitait entre la mauvaise plaisanterie ou le complot. Le directeur n'était pas vraiment dans son coeur mais il savait qu'il n'étais pas si stupide. Lancer une chasse à l'homme était à la fois le meilleur moyen de couvrir des faits et gestes douteux comme de créer le chaos général.
    A moins qu'il s'agisse d'une perte de responsabilité notoire, Mortem envisageait déjà de provoquer la crise de l'une de ses patientes encore présente pour gagner du temps. Jeter un verre d'eau sur Aurore était suffisant pour la lancer en crise de tétanie, mais il se ravisa, craignant de provoquer plus de problèmes qu'il n'allait en régler dans cet espace de temps si court.

    L'étrange livre fut mit à disposition, et on pu voir Edward suivit de près par Mortimer aller le consulter.
    Le psychiatre n'avait pas touché à sa coupe et entreprit de la poser quelque part sur un rebord de meuble où qu'il soit. Une jeune personne rejoignit Edward, et le psychiatre ne pu s'empêcher de s'interroger sur la nature des leur relations (en tout bien tout honneur bien entendu).
    Il pencha un regard au dessus de l'épaule d'Edward non sans mal étant donné sa taille et eut un petit sourire. Il était difficile de refuser une friandise quand bien même il avait des soupçons. La Calliope aimait jouer, mais elle s'était toujours retenue en présence du psychiatre qui lui posait des questions gênantes concernant son autre monde.

    Elle s'était caché et avait donné un code. Mortem avait bien son idée à ce sujet et pensa bien qu'Edward ne tarderait pas à découvrir lui aussi la source du problème.
    Le psychiatre comptait s'emparer du livre filoutement quand une tête familière l'interrompu courtoisement :

    "Puis-je ?"

    Occasion ratée, mais un autre esprit vif avait rejoint les festivités.
    Il vit son meilleur ennemi commencer à partir et ne pu le rejoindre tout de suite, car il allait être occupé avec la seconde personne d'ici peu.
    Mortem lança tout de même une amabilité au corsaire avant qu'il ne s'éloigne dans un grognement frustré :

    " Rha, Edward ! Etagère 7, rangée 9 côte 256.3 , On en rediscutera. "

    Avec un peu de chance, il comprendrait qu'il parlait de la petite bibliothèque, si le livre y manquait la Calliope s'y trouverait peut être pour masquer ses traces. Bien que la réponse soit ailleurs dans son code en lui même.

    Code que notre nouvel ami avait eut le temps d'étudier ce qui ne pu empêcher un sourire du psychiatre.

    "Un jeu d'enfants quand on a un peu de logique. A présent arrêtes de bailler aux corneilles et suis moi, on a un bâtiment à visiter..."

    Le psychiatre nota l'heure sur son carnet, et ce temps fut assez "long" pour que Bastian et son acolyte partent à l'aventure.
    Il aurait voulu les accompagner dans leur ... folie mais c'était Dolores Keller qu'il voulait trouver. Elle était une habituée du bal des folles et, il le savait, adorait étudier les personnes qui y venait. Aussi finirait-elle bien par apporter certaines réponses qui lui démangeaient la cervelle.

    Mortimer sortit de la salle, son carnet de note bien serré en main et alla vers le jardin. Il n'y voyait pas grand chose mais ce qu'il entendit le mit sur la bonne voix.

    Je vais mieux. J'ai été surprise, c'est tout. Et puis, je suis entre de bonnes mains, n'est-ce pas ? Monsieur peut même nous accompagner, si cela peut te rassurer.

    Des bruits de pas qui se pressaient en leur direction se fit entendre, et l'ombre découpait un peu les formes de chat de Mortimer :

    " Ha ! Parfait ! Madame évanouissement et notre chère doctoresse ...

    Mortimer entrevit la silhouette de l'un des internes, et il était visiblement choqué. Par sa voix il ne su dire si c'était le jeune en formation d'infirmier qui était arrivé un mois plus tôt ; ou si c'était toujours le même et désespérant Nathan qui oubliait toujours de cogner à sa porte quand il osait aller à sa rencontre.

    " Il semblerait que vous avez de la bonne compagnie médicale madame ... ? Evanouissement ne vous va pas si bien que ça en fin de comptes. "
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Alice Lindel
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Jeu 20 Mar - 15:38

Un oiseau ? Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ?

Comme si la situation n'était pas déjà suffisamment étrange, voilà que cette patiente aux cheveux bruns venait m'aborder, cherchant cet oiseau mystérieux... Je suppose qu'elle voyait une alliée de choix en moi à cause de mon déguisement, étant elle-même vêtue comme une poupée, chose étrange pour une personne de son âge. J'aurais pu l'envoyer dans les pattes de Mortimer, cela aurait été sans doute assez marrant, mais il aurait d'abord fallu le trouver dans cette grande salle... De toute façon, le connaissant, il aurait trouvé un moyen de me le faire payer. Il était sans doute plus simple de donner à cette femme ce qu'elle voulait. Ou du moins essayer de toutes mes forces. Parce que trouver un oiseau, ce n'était pas aussi facile que cela pouvait en avoir l'air. Je commençai par observer la salle, cherchant un costume qui pourrait rappeler un oiseau. Il y avait bien cette demoiselle non loin d'ici, avec quelques plumes dans sa coiffe d'indienne, mais cela n'était pas suffisant, à mon avis. Autrement, je n'aurais pas eu à supporter cette compagnie un peu embarrassante, ne sachant guère comment me conduire en sa présence.

D'autres médecins firent leur apparition parmi les invités. Voilà qui devrait éclairer un peu ma lanterne ! J'allais me mettre en route pour poser quelques questions au premier membre du personnel se postant devant moi, quant on interrompit une fois de plus la musique afin de passer une annonce. La patiente qui avait fait une crise un peu plus tard s'était apparemment enfuie de sa chambre. Plusieurs personnes me connaissant auraient pu croire que j'aurais voulu me mêler à cette histoire, puisqu'on retrouvait un livre en son cœur. Eh bien non ! J'avais mon propre mystère à résoudre, et j'étais sûre que tout le monde, ou presque, se lancerait à la recherche de cette Calliope. Une personne de plus ou de moins ne changerait rien. Problème, tous les infirmiers étaient trop occupés maintenant pour répondre à mes questions. Ah, mais c'est que la demoiselle continuait d'avancer même sans moi ! Elle se dirigea vers le buffet, où se trouvaient non loin Morgan et Frédéric, qu'il était difficile de ne pas identifier vu leur ressemblance frappante. Seulement, je ne m'arrêtai pas pour les saluer, me sentant un peu responsable de cette dame qui n'avait pas l'air d'avoir toute sa tête... Avec raison apparemment, puisqu'au lieu de se servir dans les petits fours et les boissons, elle se saisit d'un plat entier avant de continuer sa route joyeuse.

« Attends ! C'est un poisson, pas un oiseau ! »

Ma voix était étranglée, horrifiée par ce qui était en train de se passer. J'imagine qu'elle pensait attirer son oiseau avec une prise pareille, mais tout de même, cela ne se faisait pas de kidnapper le plat de résistance, surtout sans demander la permission ! Je me lançai donc à sa poursuite, pour tenter de redonner ce thon frit aux invités qui auraient pu vouloir y goûter. Et puis, il était bien trop gros pour une seule personne, et son oiseau n'était peut-être même pas vivant ! Mais résultat, à être trop concentrée sur cette silhouette plutôt que sur ce qui m'entourait, je bousculai quelqu'un et m'étalai comme une crêpe sur le parquet.

« Aie ! Ah... Pardon... Je suis vraiment confuse.., »

Je relevai la tête vers cette personne déguisée en momie sans doute, avec toutes ces bandelettes, mes joues bien rouges d'embarras, ignorant les petites blessures que je m'étais faites aux coudes et aux genoux, la peau rougie même s'il n'en sortait aucune goutte de sang. En plus, j'avais perdu de vue mon « amie » ... Ah la la, je n'étais franchement bonne à rien dans certaines situations ! Je ne savais tout simplement pas comment réagir, ayant trop longtemps eu à vivre recluse...
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Ziggy Aseïr
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Ven 21 Mar - 8:10

Tous ses muscles étaient figés par l’horreur. Aucuns d’entre eux ne voulait répondre à ses mouvements, si bien que ce combat intérieur faisait tressauter ses muscles de toutes part. Il l’avait vu s’effondrer devant ses yeux, et n’avait rien su faire, tétanisé. Et les gens autour qui ne semblaient se soucier de rien, peut-être aurait-il dû les appeler au secours ? Si sortir un son de sa gorge n’avait pas été si difficile il l’aurait peut-être fait… en fait s’il avait eu une sorte d’aptitude pour prendre des décision, il aurait surement fait quelque chose, mais lui n’était pas comme ça. Aussi, apeuré et paniqué il fut surpris de voir surgir une jeune femme brune de nulle part : elle se précipita sur June comme conditionnée par de savants reflexes. Mais avant toutes choses elle entreprit de le secouer violement. Cela lui fit plutôt mal, il n’était pas bien épais et sa condition chétive n’arrangeait rien, surtout que la brune avait une force surnaturelle, il senti à chaque coups ses articulations craquer, ses dents s’entrechoquer et sa cervelle cogner contre les paroi de son crane tandis qu’il se faisait secouer à lui en déboiter les épaules.
Complètement sonné, il tomba sur les fesses. Sa tête tournait et des étoiles semblaient danser dans toute la salle. Il était sûr que pendant un instant ses yeux avaient quitté leurs orbites…
Le temps qu’il reprenne ses esprits, il entraperçu à travers le draps qu’il avait toujours sûr lui les gens s’agiter autour de June, la doctoresse ( puisque ça devait être son métier, aux vues de ses réflexes) l’emporter dehors comme une tornade et Edward, qui lui lança un regard rageur. Cela n’avait duré quelques secondes, mais il avait parfaitement vu ce regard qui lui était surement adressé plus qu’à un autre, puisqu’il était à côté de June et qu’il n’avait pas bougé pour l’aider. Il se sentit de plus en plus mal, tout ce qui arrivait était sa faute… Il se redressa vivement et couru dehors lui aussi, trébuchant quelques fois et s’étalant par terre, entre les gens qui ne le remarquaient pas.
Une fois dehors il s’effondra contre un mur et sorti le draps qui lui cachait la tête. Il relâcha tout le contrôle qu’il avait sur ses membres et fondit en larme silencieuse, reniflant de temps à autre. Il n’aurait jamais dû venir, c’était une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Bravo Ziggy, toujours à te fourrer dans les situations les plus compliquées… Tu l’as bien cherché.
Faire s’évanouir la fille que ton patron aime… t’en as d’autre des comme ça ?
Il s’en voulait énormément, il avait causé de la peine à Edward qui l’avait sorti du pétrin de nombreuses fois, et il avait surement causé de la peine June, qui avait l’air si gentille et douce. Ce regard rageur l’avait blessé, mais ce qui faisait d’autant plus mal, c’est qu’il était amplement mérité. Il prit sa tête entre ses mains et renifla, les larmes traçaient des sillon sur ses joue et un peu de mucus lui coulait du nez, un portrait bien misérable de ce petit reflet pâlichon dont la peau scintillait à la lumière de la lune.
Pourquoi n’arrivait il jamais à prendre de décision ? à être réactif ? à aller vers les autres ? à les aider ?
C’était contre sa nature, il resterai toujours proscrit et silencieux : passif.
[ nous coupons ici le monologue Ziggy sur «  bouhouhouh ma vie est nulle, je suis un sombre caca bouhouhouhouh » j’vais pas vous faire un dessin, vous avez compris]

Il étouffa un hoquet, ressasser toutes ces pensées avait considérablement fait baisser son moral, et il sentait que quelques chose se tramait… il était une éponge à émotions, et l’ambiances, le malaise, la crise le tout combiné à son chagrin avaient fini par faire tourner son moral, de même que la lumière de la lune avait du mal à lui faire retrouver le sourire. Il sortit un mouchoir de sa poche et se moucha vivement, enfin comme un Ziggy peut le faire, et se frotta vivement les yeux pour en essuyer les larmes les faisant rougir par la même occasion
Il leva la tête vers le ciel et ferma les yeux, se gorgeant un peu de la douceurs des rayons de sa mère, cela lui fit du bien, l’apaisa un peu… Il fallait qu’il retourne à l’intérieur et qu’il s’explique… hooo non, les gens allaient être en colère contre lui… Il se donna deux bonnes claques. Bon sang ! Il fallait qu’il trouve le courage de s’excuser, surtout auprès de June. Il eut un pincement au cœur en pensant à elle, il espérait qu’elle allait bien.
Il se releva et regarda son drap, holala, il allait se faire gronder… mais tant pis. Il s’en entoura et en posa une partie sur sa tête, laissant son visage et ses boucles rousses a découvert. Le mime prit une grande inspiration et sorti de son coin, avec son drap sur la tête et son visage triste.
Il observa les environs… Des voix lui parvenaient de la salle. Il semblerait que la patiente ai disparu… Il hésita un instant à aller les aider à chercher, mais il se dit qu’il en avait peut-être déjà trop fait, et que s’il se retrouvait en face d’une femme en crise d’hystérie, il ne saurait que faire pour la calmer, au risque de se faire blesser ou pire que ladite Calliope se blesse. Il laissa son regard dériver vers les jardins, il y aperçut des silhouettes, deux hommes qu’il ne connaissait pas et deux femmes qu’il identifia comme June et la dame qui l’avait secoué dans tous les sens. Au moins Edward n’était pas là, il aurait eu trop peur d’affronter le lycan… Peut-être qu’en fait celui-ci était vraiment en colère ? peut-être le serait-il encore plus en voyant qu’il s’était introduit à la fête ? Peut-être qu’il allait le virer ? le jeter au soleil ? le manger ? et puis danser sur sa dépouille et. .et ..et ..
STOP !
Stopstopstop !
Il recommençait à paniquer et se força a se calmer. Quand il était mal il avait tendance s’imaginer le pire de la façon la plus improbable qui soit, en fait c’était une habitude de se raconter des histoires chez lui. Edward n’était pas méchant, et il était surement en colère parce qu’il avait eu peur pour June, pas parce qu’il haïssait particulièrement le mime. Il souffla longuement et décida de s’approcher du groupe.
Il arriva près d’eux et entendit leur conversation, ceux –ci n’avaient pas dû le remarquer. Il faut dire qu’il était silencieux à outrance, Il n’était qu’un pale éclat, un reflet des rayons de lune. Sa peau d’ailleurs scintillait légèrement, faisant apparaitre cette aura fantomatique qui se formait autour de lui à chaque fois qu’il sortait sous les rayons de lune. Mais au lieu de le faire apparaitre cela le fondait dans le paysage, comme un élément de décor. Et puis, il était du genre à s’effacer dès qu’il était triste.
Tant de raison qui pouvaient expliquer, qu’il était et serait toujours invisible.
Il essaya de dire quelque chose, mais il restait silencieux, les mots mourant dans sa gorge. Il les força à venir, mais rien n’y fit il resta muet comme une carpe. Il s’avança alors un peu plus, mais se prit les pieds dans son draps, aussi il s’étala dans les gravillons qui formaient un petit sentier au milieu du jardin.
Ou, comment attirer l’attention d’une manière distinguée et très virile par Ziggy Aseïr.
Il se redressa vite et essuya ses mains légèrement égratignée par les petits cailloux sur son pantalon. Le roux releva la tête et regarda le groupe, aussi rouge que ses cheveux, ses yeux vairon inquiet circulant frénétiquement de l’un a l’autre des membres de cette petite assemblée.

_________________
outre le silence je parle en  : #E0FFFF
↪ Marcel Marceau. a écrit:
" Avant de dire quelque chose, il faut s'assurer que le silence ne soit pas plus important. "



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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 22 Mar - 0:38

La nouvelle voix grave s'élevant dans l'air avait un peu pris June au dépourvu, puisqu'elle s'adressait tout particulièrement à eux, mais très franchement, avec toutes les allées et venues, certainement pas autant que cela aurait été le cas en d'autres circonstances... Disons que d'habitude, si un homme sortait de l'ombre sans un bruit, c'était qu'il était habité de mauvaises intentions. Cependant, en ce lieu, en cette heure, et pour ces mots, il était évident qu'il était un habitué des lieux. La question se posait toutefois, faisait-il partie du corps médical ou des patients ? La cantatrice affronta son regard quelques secondes, les traits sérieux mais sereins, se demandant simplement si elle devrait répondre ou non à ses questions, puisqu'il avait été témoin de ce qui avait presque tourné à la catastrophe. Après tout, répondre à une seule de ces questions suffisait parfois pour qu'elles se succèdent l'une après l'autre... Mais Dolores se serait interposée, si elle reconnaissait cet homme comme un danger potentiel. Ou alors, peut-être la doctoresse préférait-elle laisser June gérer la situation, en attendant de voir de quoi il retournait au juste.

— Évanouissement ... ? C'était un soulagement de savoir que cela n'était pas allé plus loin. Puis elle se reprit, faisant mine qu'elle n'avait tout simplement pas compris l'allusion sur le coup, comme le ferait une simple d'esprit, gardant un calme limpide : Oh. June Ravenclose. Et je préfère mademoiselle, merci.

Entendant un bruit sourd et un tout petit cri juste après avoir refermé ses lèvres, la blondinette n'écouta que son instinct et se leva pour en trouver la source, qui ne tarda pas à montrer le bout de son nez. C'était le fantôme de tout à l'heure et apparemment il était tombé. À présent, ses traits semblaient plus familiers. Peut-être était-ce parce que sa conscience lui appartenait davantage, ou simplement parce que le drap était mal placé ? Quoi qu'il en soit, des cheveux roux contre une peau si pâle, d'un personnage qui se faisait discret... Oh ! C'était donc Ziggy qui était arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Car elle se souvenait du petit mime du cabaret, bien sûr; même s'ils ne s'étaient jamais parlé, elle l'avait souvent admire de loin, dans sa gestuelle délicate et pourtant lourde de sens... Elle lui offrit un sourire très doux, comme à chaque fois qu'il ne pouvait la voir, ainsi qu'un mouchoir immaculé pour ses plaies ou ses larmes, si jamais il en avait besoin. L'hystérique attendrait encore un peu. Quant au nouvel arrivant, il était déjà en charmante compagnie, n'est-ce pas, surtout qu'il semblait déjà connaître un peu Dolores. Il ne fallait pas fermer les yeux sur la douleur qui se trouvait sous ses yeux.

— Bonsoir... Tu ne t'es pas fait trop mal ? Et j'espère que je ne t'ai pas trop effrayé tout à l'heure...

Il y avait toujours eu cette beauté naturelle chez June, celle qui savait laisser de côté ses propres soucis pour prendre ceux des autres sur ses épaules, dans une élégance des plus fraîches, sans pour autant faire figure de martyr. Parce qu'elle savait rester digne, tout du moins, en autant que les crises d'hystérie restaient loin. À vrai dire, June espérait simplement le mettre assez à l'aise pour qu'il n'hésite pas à dire s'il avait besoin de quoi que ce soit, même s'il semblait assez timide et qu'il y avait plusieurs personnes tout près. Mais très franchement, s'il voulait bien rentrer pour diverses raisons, cela rendrait un peu service à la demoiselle, car il valait mieux le faire accompagné, et avant que l'événement ne marque trop l'esprit des autres. Malgré tout, manquer la fête était dommage...
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Nathanaël Cartier
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 22 Mar - 18:26


Nathanaël était en retard. Très en retard. Il avait reçu l'invitation au bal et s'était évidemment fait une joie de s'y rendre, n'ayant pas songé une seule seconde à refuser et à ne pas faire acte de présence. Après tout, il arrivait de rendre visite à quelques patients de temps en temps, lorsque ses services étaient demandés. Bref, il avait tout préparé à l'avance, y compris son costume. Et là, au moment de le revêtir et de partir, on vint quérir son aide. Ou disons plutôt qu'une jeune femme voulait absolument se confesser dans la minute. Et comme nous connaissons Nathanaël, il lui impossible de refuser. Du coup, il avait perdu un bon moment à recueillir la confession de cette femme, visiblement à bout de nerfs. Non. Ce temps n'était pas perdu puisque cela lui avait permis de venir en aide à une pauvre âme dans le besoin !

Il parvint à la rassurer et lui donna quelques conseils après l'avoir écoutée, content d'avoir pu faire une nouvelle bonne action. Sauf que maintenant, il était en retard pour le bal ! Bal qui avait sans doute déjà commencé à l'heure actuelle. Il se dépêcha donc d'enfiler son costume d'ange - what else ? - et d'entrer dans le premier fiacre qui passait par là, ignorant les regards amusés de ceux qui l'avaient aperçu. Enfin...quand on connaissait Nathanaël, ce genre de tenue n'était finalement pas si surprenante. Il portait donc une longue robe blanche, toute simple, des sandales à la romaine et de grandes ailes blanches dans le dos. Sans oublier l'auréole !
Impatient et s'en voulant d'être en retard, il ne fut pas mécontent d'enfin arriver à destination. Il était curieux de voir si certains de ses amis seraient présents et surtout, il voulait voir leurs déguisements !

Il s'excusa auprès des personnes chargées de l'accueil, puis entra dans la salle de réception, un peu essoufflé. Après tout ça, il avait bien mérité une petite récompense ! Donc, notre cher Nathanaël se dirigea aussitôt vers le buffet, sans même avoir pris la peine de regarder autour de lui pour voir s'il reconnaissait quelqu'un. Il commença par vider un grand verre d'eau - si, si, je vous jure ! - avant de chiper quelques douceurs pour les grignoter.
Il avait loupé l'intervention de Calliope et ignorait donc ce qui s'était passé ici quelques instants plus tôt. Les joies d'être en retard. Ou pas.
Bref, il décida enfin de faire face à la salle, observant les invités en train de danser ou de discuter entre eux. Son regard fut bientôt attiré par quelqu'un qu'il connaissait bien: son meilleur ami, Aldrick. Et ce dernier semblait en bonne compagnie. Nathanaël n'avait jamais rencontré la famille du commissaire et ignorait donc que ce dernier se trouvait actuellement en présence de sa mère et il ignorait également que ses soeurs étaient en train de s'amuser un peu plus loin.

Il s'apprêta donc à aller saluer son ami lorsqu'il vit la catastrophe arriver de loin. En effet, Aldrick venait de percuter une femme et était à présent en train de s'enquérir de son état. Du moins le supposait-il. Le brun hésita un moment, avant de finalement s'avancer vers lui. Toutefois, avant qu'il n'ait pu atteindre son ami, le directeur de l'établissement interrompit les festivités. Apparemment, l'une des patientes avait disparu et cela semblait inquiéter tout le personnel. Mince alors ! La pauvre femme devait être terrorisée, errant toute seule dans les couloirs sombres de l'hôpital... Finalement, Nathanaël aura à peine eu le temps de grignoter un peu ! Mais peu importe. Quelqu'un avait besoin d'aide et il était hors de question de rester là à ne rien faire !

Il vit plusieurs personnes s'approcher du livre et du message laissés par le directeur, histoire que les intéressés puissent les consulter. Il reconnut Edward et son neveu, ainsi que Bastian qu'il ne connaissait toutefois presque que de vue. Il les laissa faire, restant un peu en retrait pour l'instant, même s'il se disait que tout le monde ferait mieux de travailler ensemble, de s'entraider pour comprendre le message et d'ensuite tous partir à la recherche de la disparue. Cela lui paraissait la meilleure chose à faire et pourtant, les uns et les autres finirent par partir de leur côté après avoir manifestement déchiffré le message. Nathanaël en resta coi. Les gens étaient-ils donc égoïstes au point de vouloir s'attribuer le mérite tout seuls ? Il ne comprenait pas et cela l'attristait plus qu'autre chose. Toutefois, il ne fit rien pour les arrêter, à quoi cela aurait-il servi ?
Il s'approcha donc à son tour du livre et commença à le feuilleter en espérant y trouver la solution à ce code étrange. Dans tous les cas, la disparue pouvait bien être traitée de folle et de tout ce qu'on voulait, elle était loin d'être bête.

Le prêtre examina le livre un moment avant de le reposer. Il avait trouvé la réponse, lui aussi. Il regarda autour de lui, se demandant s'il devait prévenir Aldrick et lui proposer de l'accompagner, mais le commissaire avait l'air déjà bien occupé. Du coup, il décida de partir seul et sans plus attendre. Une pauvre âme perdue avait besoin de lui ! Il quitta donc la salle de réception et prit une direction bien précise, dépassant d'autres salles et couloirs, pour la plupart plongés dans l'obscurité. Quel idiot. Il aurait dû prévoir une source de lumière parce qu'il n'y voyait pas grand chose. Et puis, ce qui devait arriver, arriva. Il regarda autour de lui d'un petit air perdu. Il avait regardé le plan de l'établissement, mais il fallait croire qu'il ne l'avait pas assez mémorisé. Car le voilà planté là, devant un embranchement, ne sachant pas où aller. A gauche ? A droite ? Il avait beau se concentrer, il ne s'en souvenait absolument pas ! Il ne pouvait pas rester planté là éternellement non plus ! Alors, il prit une direction au hasard. A droite, tiens !

Il marcha et marcha...avant de s'arrêter à nouveau. Il devait se rendre à l'évidence, il était complètement perdu ! Mais ce n'était pas son genre de céder à la panique pour si peu...alors, il garda son calme en espérant tout de même tomber sur quelqu'un qui pourrait l'aider. Et comme si ses prières avaient été entendues, il finit par apercevoir une silhouette un peu plus loin. Impossible de distinguer de qui il s'agissait, mais peu importe.

"S'il vous plaît ? Je suis un peu perdu...vous pourriez m'aider ?"


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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 22 Mar - 20:20

Spoiler:
 

Et les folles dansaient.
Et le cercle des fées avait été brisé. Qu'importe.

Frédéric & Morgan profitaient du spectacle. L'un absorbant la nouveauté, l'autre réfrénant son instinct ( lequel lui rappelait étrangement les cris des bêtes gosses de La Tante, des années plus tôt : « T'as rien à faire là, rebouteux, t'as rien à faire là ! »).

Ils firent vaguement un tour de salle, entendant l'une ou l'autre remarque sur leurs costumes, en faisant eux-même sur ceux des autres. Des autres employés du Cabaret, ils n'en virent pas plus, tant la foule était dense, tant leurs pensées étaient ailleurs.

Puis la Danse des Folles s'arrêta à nouveau, et une nouvelle annonce se fit entendre, qui glaça le sang du plus sang-chaud des deux.
Le cercle des fées avait été brisé. La folle s'était enfuie, elle avait laissé un message.

Derrière son masque, Fred haussa un sourcil.
Alors soit c'était le destin de cette fête qui était pourri, soit c'était un canular, un jeu prévu d'avance par les organisateurs pour soit :
1) cultiver la réputation du Bal des Folles
2) animer la soirée
3) s'assurer une ligne dans le journal
4) choquer les convives ?

Peu importait en vérité. Frédéric Lenoir était un rebouteux. Un mage, comme on dit dans la bonne société. Il avait vu la danse des folles, il était resté à les regarder comme un moustique fasciné par l'humain qui l'écrasera d'une pichenette.
Même si c'était un jeu, il voulait y participer. Et leur énigme n'avait pas l'air si compliquée que ça. C'était presque trop simple pour être vrai (enfin, si son instinct ne le trompait pas).

Pour en avoir le cœur net, il allait devoir vérifier dans ce bouquin à la noix, lequel était englouti sous les âmes charitables désireuses de venir en aide à la pôvre, pôvre malheureuse âme égarée de la Salpêtrière.
Un vrai confessionnal la veille de noël.
(Bien entendu il ne savait pas vraiment à quoi ressemblait un confessionnal la veille de Noël, puisque le curé avait toujours eu une dent contre les Lenoir, mais il se l'imaginait bondé et décoré d'une file de stupides pécheurs impatients de réciter 3 Notre-Père et 18 Je-Vous-Salue-Marie).

Pour le livre, ça n'était pas gagné. Prévenant à peine son frangin, il tenta quand même sa chance.
------
Et il y était presque, quand d'un coin de la salle, il entendit un « HÉÉÉÉ ! » retentissant, sur un timbre de voix et une intonation (important ça, l’intonation) qu'il connaissait trop bien, pour savoir les imiter à la perfection.
Morgan.

Le demi-tour qu'il effectua aurait pu être inscrit au Guiness Book des demi-tours sur soi-même si celui-ci avait déjà été inventé et si quelqu'un avait eu le moyen de filmer l'événement avec un prototype de caméra quelconque (lesquelles, à bien y penser, n'existaient pas non plus à l'époque de notre récit. Mais je m'égare).

Un regard sur la salle à présent presque désertée de convives l'informa que son frère était à présent en train de courir désespérément après une... poupée ? Qui partait en courant avec un... un plat du buffet dans les mains ??
Clignant des yeux une fois, il les rouvrit sur Alice (que Morgan avait reconnu plus tôt à son inimitable nuance chocolatée dans le parfum), qui courait elle aussi après tout ce beau monde.

Qu'est-ce que c'était que ce bordel ?

Dans le doute, n'écoutant que son instinct (encore lui), Fred se lança dans la mêlée. Interceptant la poupée-au-plat, laquelle fut forcée de freiner devant l'inconnu qui lui barrait la route.
C'est là qu'il comprit. Cette odeur... ce délicieux arôme de chaire aquatique... ce doux parfum plein de caractère d'une friture à peine tiédie... ces immanquables tintes d'épices et de citron...
Seigneur qu'on le damne si cette soirée avait un sens. Morgan avait trouvé du poisson frit !

Trop abasourdi pour faire autre chose que rester planté là, il enregistra à peine l'arrivée de Morgan, peinant et transpirant, ni la remarque étrange de la poupée (plus très fraîche d'ailleurs, la poupée, vu les rides...).
- Gardes Royaux, rapportons maître poisson en mer !

Pof-bim-zip-badaboum.
« Aie ! Ah... Pardon... Je suis vraiment confuse.., »
Sortant de sa torpeur culinaire, Frédéric aperçut derrière Morgan, Mamzelle Lindel.
Ou plutôt son pied, en l'air, par dessus la forme écrabouillée de la demoizelle.
Et à côté d'elle, une momie qui n'était restée debout que de justesse, et dont la silhouette lui disait vaguement quelque chose. (Instinct, instinct, quand tu nous tiens !)

Sa première pensée fut : ouch.
La deuxième : 'faut la relever
La troisième : est-ce qu'elle va bien ?
La dernière : pas question d'abandonner le poisson.

Morgan devait avoir eu le même raisonnement, quoique peut-être dans un ordre différent : il se saisit du plat, que la poupée lui laissa sur un « Mais et pour l'oiseau ? » énigmatique.

Frédéric en profita pour relever son masque un brin et se pencher sur Alice.
- Mademoiselle Lindel ? Ça va ?
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Gabriel Delcroix
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 22 Mar - 21:32


Un bal costumé. C'était ridicule. Néanmoins, cela faisit partie des événements mondains qu'il ne fallait pas rater quand on voulait préserver son image au sein de la (haute) société. Gabriel avait passé trop de temps à se construire une réputation pour risquer de tout ruiner, sous prétexte qu'il n'avait aucune envie de se déguiser et de voir du monde. Tous ces hypocrites... Enfin, de toute façon, notre avocat n'avait aucunement l'intention de s'attarder à ce bal. Il allait faire une petite apparition, entretenir ses relations et repartir ensuite. N'allez pas croire qu'il s'était procuré un déguisement ridicule pour l'occasion, hein ! C'était hors de question. Gabriel, il avait la classe en toutes circonstances. Après tout, il se devait de préserver une certaine image... Alors, il ressortit tout simplement l'une de ses vieilles tenues qu'il avait soigneusement conservée depuis pas mal de temps. Quoi de plus classe qu'un aristocrate tout droit sorti du 18e siècle, je vous le demande !

Sa tenue était essentiellement rouge, ce qui le changeait du bleu qu'il portait habituellement.

Spoiler:
 

Il avait mis un simple loup noir, c'était sensé être un bal masqué, et il avait coiffé ses cheveux en arrière avant de les attacher – dans la mesure du possible. Le voilà fin prêt ! Il emprunta un fiacre et arriva bientôt à destination. Evidemment, il avait reçu une invitation. Qui pouvait se passer d'un invité aussi prestigieux, après tout !
Il était à l'heure, cela allait de soi. Gabriel n'était jamais en retard. Toutefois, il s'était fait très discret dans un premier temps, se mettant dans un coin un peu à l'écart, histoire de pouvoir observer tout ce beau monde. Il fut donc évidemment témoin du petit incident avec cette chère Calliope. Cette petite intervention avait au moins eu le mérite de mettre un peu de piment dans cette soirée déjà tellement ennuyante... Bref, il n'avait pas réagi, même s'il gardait les paroles de la folle en mémoire. Parfois, les fous ne l'étaient pas tant que ça....il fallait se méfier ! Enfin, non pas qu'il s'en soit vraiment préoccupé...

Il se prit un verre de vin rouge, comme à son habitude, et commença enfin à faire le tour des autres invités. Il aperçut quelques visages connus, dont le commissaire Voelsungen, mais aussi le grand patron du cabaret et son neveu. Gabriel réprima un soupir. Il n'avait aucune envie de se coltiner ce louveteau ce soir. Alors, il prit bien garde à ne pas croiser son chemin. Et là, il aperçut Bastian, son couturier personnel. Ce dernier faisait des merveilles, mais il était également très agaçant quand il s'y mettait. Or, Gabriel n'avait aucune envie d'écouter ses balivernes. Oui, il se demandait finalement ce qu'il foutait là car il était évident qu'il n'y mettait pas du tout du sien. Il devait se ressaisir. Alors, il alla se présenter à un couple de nobles, ne lésinant pas sur les bonnes manières et les paroles hypocrites telles que « Je suis ravi de faire votre connaissance, gente dame. » Ravi ? Pas vraiment. Mais il devait entretenir son réseau.

Et puis, un nouvel incident se produisit. Le directeur de l'hôpital arriva, annonçant que Calliope avait disparu en laissant un message derrière elle. Gabriel n'en avait pas grand chose à faire et il avait déjà décidé de repartir comme il était arrivé, c'est-à-dire ni vu ni connu. Toutefois, lorsqu'il vit Edward et Bastian s'intéresser au message, il changea soudainement d'avis. Surtout en voyant partir Bastian, en fait. Il s'approcha à son tour des éléments laissés par le directeur. Il ne lui fallaut que peu de temps pour déchiffrer le message codé et pour partir à la suite de son couturier préféré. L'occasion de l'embêter était trop belle. Et si en plus, il pouvait trouver la folle avant lui, alors là, il en ressortirait triomphant ! C'était idiot, puérile même, mais quelle importance ?
Il avait parfaitement mémorisé le plan et savait donc exactement où il allait. Il n'allait pas tarder à rattraper ce foutu démon, mais peu importe. Bon, d'accord, ça l'embêtait un peu qu'il soit parti avant lui, mais que voulez-vous ? On ne peut pas gagner à tous les coups.

Lorsqu-il arriva sur les lieux, il aperçut le démon accroupi devant une dalle. Gabriel s'avança donc vers lui, le ton un peu moqueur.

  « Bien le bonsoir, Bastian. Vous avez une telle prestance dans cette position. »

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Event | Le Bal des folles [1889]

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