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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Event | Le Bal des folles [1889]

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Dominik Steadworthy
Walking in the Dark
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 23 Mar - 5:15

En un rien de temps, sa coupe était vide. Mais c'est que cela donne soif d'être un homme du désert! Un plateau à sa portée, une autre coupe. Rapidement, il lui sembla que tant de choses se produisaient autour de lui. Il ne savait plus où donner de la tête et, à vrai dire, c'en était étourdissant. Il regarda le fond de sa coupe où résidait une dernière goûte et se demanda si c'était ce qui perturbait ses sens. Peu importe, il avait soif. Il fit glisser la dernière goûte jusque sur sa langue, puis se leva. À boire! Assez à boire pour s'en fendre la pense!

Alors qu'il tentait désespérément de marcher avec attitude, le foulard sur le nez et un air de mystère planant dans ses yeux bleus, il remarqua une infirmière, tenant un livre dans ses mains. Drôle de moment pour lire. On avait toute l'année pour lire, et cet homme à qui l'infirmière avait donné l'ouvrage choisissait un bal pour s'y mettre! Et il osait prétendre avoir une intelligence supérieur à la moyenne. Dominik dû reconnaître son erreur de jugement lorsque celui-ci s'adressa à la foule, dévoilant la disparition de Calliope. Le pianiste avait presque déjà oublié cette histoire. Il avait l'impression qu'il s'était passé une éternité entre cet événement et ces quelques (plusieurs) verres. Enfin, du nouveau! Arif le bandit était prêt à agir!

Dès que le docteur mentionnant la collaboration des invités qui le désiraient, Dominik s'emballa. Il s'avança d'un pas assuré, prenant quelques petits-fours au passage, et s'arrêta devant le livre ouvert sur l'estrade. Il avait toujours voulu être enquêteur d'une certaine façon. En fait, il aurait voulu être bien des choses...voire tout. C'était son jour de gloire. Il allait devenir un enquêteur digne de ce nom, le Sherlock Holmes du désert, Arif Holmes! Il fourra sa dernière bouchée dans sa bouche et s'intéressa à l'indice.

Le trouverez vous, me trouverez vous ?
Il y a un secret!
La clef est à votre portée !

38.16.11 279.6.2
183.21.2 7.1.8
79.24.5 94.3.5 16.21.4 113.11.11
9.11.9 141.32.10


Il resta figé un instant, s'arrêtant même de mâcher, puis repris tout doucement le processus en se retournant pour s'éloigner. La tête haute, dégageant la plus grande assurance, il retourna parmi la foule, où il trouva une autre coupe pleine par pur hasard. En réalité, il n'avait absolument rien compris. Mais il refusait de le faire croire à quiconque. Le trouverez vous, me trouverez vous? Cette partie de l'énigme était relativement simple. Il y a un secret! Sans blague! Mesquine petite Calliope... L'espace d'un moment, il songea à simplement faire le tour du domaine en l'appelant. Si elle est si folle que cela, peut-être oublierait-elle son stratagème et reviendrait par elle-même. Mauvais plan. La clef est à votre portée...

Sans trop de raison, c'est cette phrase qui tourmentait le plus Dominik. Les chiffres, ce n'étaient que des chiffres. Probablement le plus important indice, n'empêche. La clef était proche. Au risque de paraître imbécile, il scruta subtilement le plancher et les objets comptant dans la décoration. Et si elle avait réellement voulu parler d'une clef, une vraie ?

Sa coupe terminée, le pianiste préféra au bout du compte se diriger vers l'extérieur. Il commençait à avoir chaud et son esprit s'embrouillait. De toute façon, il ne lui servait à rien de s'attaquer dès maintenant à l'affaire. Sans piste, il ne pouvait pas aller très loin. Arif le bandit était un peu décevant, tout compte fait. Il s'accouda contre une rampe et regarda le ciel. Les étoiles brillaient tellement qu'elles semblaient danser sous ses yeux. L'atmosphère de fête s'était donc entièrement envolée avec les étranges paroles de Calliope plus tôt et s'était jointe aux étoiles.

Un calme étrange s'installa alors en lui. Si ce n'avait été que de la foule qui se ruait dehors pour fouiller le terrain, il se serait sans doute endormi sur place. Il entrepris donc de se dégourdir les jambes pour réveiller ses sens du même coup. Dormir lors d'un bal était d'une impolitesse! Il ricana, vacillant un pas sur deux. C'était tout sauf un bal conventionnel, en fait. Le sommeil aurait sans doute pu s'y introduire et bien être reçu. Mais le mystère derrière Calliope nourrissait trop sa curiosité pour succomber.

Dominik avançait, non sans difficulté, vers l'inconnu du domaine. Il n'avait pas pris la peine de consulter le plan des lieux, il en réalisait la sottise à cet instant. Il était perdu dans le dédale d'un domaine plus grand que celui qui résidait au fond de son esprit. Il s'arrêta un instant pour prendre connaissance des environs et ainsi s'assurer de ne pas tomber par inadvertance. Non loin de là, un bâtiment, si ce n'était pas celui de la réception, s'offrait à lui. Comme la nuit était fraîche, il ne tarderait pas à geler, vu son costume peu couvrant. Le revenant ouvrit la lourde porte, qui se referma sur lui, le laissant dans l'obscurité la plus totale.

Il avança à tâtons, ne sachant trop où il avait atterri ni où il se rendait. Il s'habitua néanmoins rapidement à la noirceur, passant en temps normal le plus clair de son temps à errer dans la nuit. Il n'avait pas vraiment idée du bâtiment dans lequel il se trouvait, mais une drôle de sensation s'éprenait de lui à chacun de ses pas. Le fait était que peu importe, il était dans un hôpital psychiatrique. Combien de patients étaient morts ici? Combien d'âmes en peine, comme lui, arpentaient ces mêmes couloirs? En se concentrant bien, il pouvait presque entendre leurs gémissements... ou peut-être était-ce encore les effets du vin.

Dominik prit un couloir, puis un autre, et enfin un autre. Et le voilà perdu à nouveau dans le nouveau labyrinthe! Il soupira de façon exagérée. Il avait envie de retrouver cette Calliope, pas de finir cloîtré dans un asile où la lumière n'existe pas encore! Il allait s'emporter (contre qui ou quoi? La vie ou le vin?), quand des pas derrière lui attirèrent son attention. Et aussitôt, une voix s'éleva.

«S'il vous plaît ? Je suis un peu perdu...vous pourriez m'aider ?»

Quoi de mieux que deux perdus pour retrouver le bon chemin! L'espace d'un instant, Dominik se demanda s'il pouvait s'agir d'un esprit de la Salpêtrière. Au lieu de quoi il se retourna pour découvrir...un ange. Et pourquoi pas? C'était sans aucun doute un invité du bal, pourtant il ne se rappelait pas l'avoir vu dans la salle de réception plus tôt. Il n'arrivait donc pas à déterminer s'il le connaissait ou non, celui-ci étant encore trop loin pour bien distinguer ses traits. Cela le mettait dans un certain embarras. S'il le connaissait et qu'il ne le reconnaissait pas, il aurait l'air. ô combien stupide! D'autant plus que sa lucidité lui revenait, il n'avait plus d'excuses. Se forçant à afficher un certain aplomb, penchant vers un air hautain, comme pour se protéger.

«En fait, non. Voyez-vous... Je suis tout aussi perdu que vous l'êtes. »

Les traits de l'ange restaient toujours indistinguables. Était-il vraiment perdu? Où profiterait-il de sa vulnérabilité pour l'attaquer violemment et l'éventrer?! Ah non, je suis déjà mort! Un petit rire le secoua et il s'empressa de poursuivre pour éviter toute confusion.

« Vous cherchez la folle? »

Spoiler:
 

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 23 Mar - 20:02

Ypsilonne, l'héroïne à pattes de velour, avançait dans la pénombre de la nuit. Peut-être devait elle retourner voir le docteur Kellerstein pour s'assurer que son plan machiavélique n'arrive pas à son terme ? Non, cette fois ce savant fou pourra partir car notre guerrière nocturne s'était attelée à une autre affaire bien plus grave encore. De l'autre côté de la cour, sur un banc, trônait un petit amuse-gueule abandonné par son propriétaire. Hm, il était perdu, de toute évidence, et vu son état, il ne pourra pas rejoindre sa famille sans l'aide d'Ypsilonne la terrible féline. Après avoir parcouru l'allée du regard, d'un pas assuré et gracile, le chat traversa la cour sans un bruit et arriva à quelques centimètres de ce pauvre amuse-gueule perdu dans la nuit. Ni une ni deux, par son incroyable héroïsme, Ypsilonne fondit sur le petit apéritif, mais ses pattes ne rencontrèrent que la pierre froide du banc sur lequel sa cible était posée. Sa super-ouïe perçut alors un bruit d'aile qui la fit lever la tête, voyant sans difficulté grâce à sa vision nocturne la personne qui venait de prendre l'amuse-gueule en otage.

Marcel Moineau…

Elle l'aurait reconnu entre tous, ce petit oiseau grassouillet qui ne pensait qu'à manger. Ha ! S'il croyait s'en sortir aussi facilement, il se mettait la plume dans l'oeil ! Guettant les alentours du regard, Ypsilonne la sauvageonne monta sur le rebord d'une fenêtre par un saut incroyable puis, voyant que l'oiseau venait de se poser sur la goutière de la chapelle, réfléchit pour trouver une solution afin de monter là haut… Le plan terrible de Marcel Moineau était savamment fommenté, mais comme toujours, Ypsilonne saura le déjouer !

- Par ici, elle est peut-être dans le jardin !

Hm ? Des sbires ? Non, ils semblaient préoccupés par autre chose. Munis d'une lanterne, des humains insignifiants (car dépourvu de super pouvoir, des civils en somme) couraient dans tous les sens, pointant du doigt des directions diverses avant de s'y engager. Seraient-ils en train de chercher Ypsilonne afin qu'elle les aide ? Mais l'heure n'était pas à la devinette, son devoir était de sauver le petit amuse-gueule qui appelait sa mère, là-haut, isolé dans le bec de Marcel Moineau ! C'était un devoir pour Ypsilonne !

-----✚-----✚-----✚-----

- Je me demande ce que peux faire Yvonne… J'espère qu'elle ne s'est pas mise dans un mauvais pétrin.

Levant la tête vers le toît de la chapelle, Dolores se demandait si elle allait devoir chercher son chat pendant toute la nuit. Il était rare qu'elle s'enfuit de cette façon et sa moitié chien pouvait la pousser à aller se perdre dans un endroit peu commode. Bah, au pire elle enverra Manfred la chercher, il la retrouvera probablement. Pas de raison de s'inquièter en somme. Soudain elle sentit qu'on lui tirait la manche et revint à ses esprits, surprise de voir qu'un jeune homme s'était invité dans le petit groupe de Dolores et son amie.

- M…M…Mademadame … Euh… Docteur Keller ?
- Hm ? Je ne connais pas la personne que tu cherches, pour ma part je suis l'extraordinaire Docteur Kellersteeeeein ! Mouaaahahahaha ! Et ça c'est Manfred, ma création diabolique, il est pas mignon ?

L'homme regarda la jeune femme avec des yeux vitreux, il avait probablement perdu tous ses moyens face à la prestance non négligeable de la doctoresse. Cette dernière, voyant l'état de choc de l'interne (son accoutrement le laissait sous-entendre en tout cas), lui mit une pichenette sur le nez afin de le faire sortir de son état secondaire.

- Oui donc ? Il y a un problème ?
- V-vous dev-v-vriez rentrer m-mesdemoiselles...

Le jeune homme expliqua (non sans mal, c'était dingue comme dans une simple phrase il pouvait être incompréhensible. Dolores dû lui demander de répéter plusieurs fois pour enfin comprendre ce dont il s'agissait) la situation aux deux invitées. Apparemment, ladite Calliope s'est volatilisée et a laissé derrière elle une charmante énigme qui met tout le monde en émoi. La jeune femme sourit, elle adorait ce genre d'ambiance, d'habitude on ne les voyait que dans les livres mais cette fois cela semblait bel et bien réel ! C'est bête pour Yvonne, elle aurait pû repartir dans ses délires de super-héroïne de la nuit, l'occasion s'y prêtait bien… La doctoresse hésita néanmoins, si Edward voyait que Dolores embarquait June dans une histoire pareille, il risquait de lui tapait sur les doigts, mais bon après, plus on est de fous plus on rit n'est-ce pas ? De toute manière, ce fut June qui choisit pour  la doctoresse, lui ôtant toute hésitation.

- Il faut aller à son aide ! 

Ce n'était pas suffisant pour convaincre Edward, il lui faudra quelque chose de plus saisissant comme argument… Dolores afficha une mine faussement hésitante afin de tirer l'argument parfait pour éviter quelconque punition.

- Je vais mieux. J'ai été surprise, c'est tout. Et puis, je suis entre de bonnes mains, n'est-ce pas ? Monsieur peut même nous accompagner, si cela peut te rassurer.

Nickel ! Ça devrait suffir.

- Je n'y vois pas d'objection, et puis il faut toujours une petite touche de féminité dans ce genre d'enquête, c'est plus saisissant dans l'intrigue, n'est-ce pas ?
- ……Hm ? Hein ? Euh moi ? De ? Jejejejejeje… Oui ! Madamoiselle Keller…STEIN ! Kellerstein…

Manfred pencha sa tête de gauche à droite, amusé par la façon dont parlait le jeune interne. Dolores sourit elle aussi, c'est vrai qu'il était marrant.

- Ha ! Parfait ! Madame évanouissement et notre chère doctoresse ...

Dolores leva un sourcil. Mortimer Adams, un drôle d'énergumène aussi ennuyeux (parce qu'il était humain) qu'intéressant (parce que dans sa tête, il l'était moins). Elle savait qu'Edward l'aimait beaucoup et qu'ils aimaient se lancer des petits piques à longueur de journée. Un charmant compagnon de jeu ensemble, il serait amusant de le voir jouer aux échecs contre Louise. La doctoresse salua l'homme-chat (suivie par Manfred) sans dire un mot, le laissant continuer de parler à June qui semblait avoir piqué son intérêt.

En attendant, le jeune interne (qui s'était subtilement absenté), revint avec un livre et le papier sur lequel était indiquée l'énigme de la folle disparue.

- Je… Ils… C'est… Je crois.
- Je me suis permis d'emprunter le livre et le message. Ils me l'ont autorisé. C'est le livre avec l'énigme de la jeune femme disparue. Vous devriez pouvoir trouver la solution, je crois.

Le jeune homme retomba dans un état d'hébétude, ses yeux redevenant ronds comme il y a quelques minutes.

- Oh, j'ai tout bon ? Haha ! Trop facile ! Bon, voyons ça. Manfred, tu me dis si tu trouves hein !

Le trouverez vous, me trouverez vous ?
Il y a un secret!
La clef est à votre portée !

38.16.11 279.6.2
183.21.2 7.1.8
79.24.5 94.3.5 16.21.4 113.11.11
9.11.9 141.32.10

Une chose était certaine, cette Calliope avait l'esprit sacrément tordu pour pondre une énigme pareille malgré son hystérie. Dolores se gratta la tête jusqu'à ce que la solution lui vienne naturellement. En plus d'être folle, cette fille était d'une grande patience… L'interne se précipita dans la chapelle pour rendre les objets et revint vers le groupe, un peu gêné. Pendant ce temps, Dolores attira l'attention des personnes qui l'entouraient, la chasse à la folle allait commencer.

- Bien ! Mes petits chous, l'incroyable Docteur Kellerstein a résolu cette affaire ! Je suppose que vous allez tous faire partie de l'équipe ? Vous aussi monsieur le fantôme ? Dolores pensa qu'il avait dû s'incruster lorsqu'elle et l'interne planchaient sur l'énigme. Dans ce cas, nous allons résoudre cette mystérieuse affaire de la folle disparue !

Dolores se tourna vers les membres du groupes et pointa du doigt chacun d'entre eux à tour de rôle.

Le cygne noir ! Lorsqu'elle parle, on l'écoute car on ne peut que se taire,
Le miauleur Freudien ! Lorsqu'il parle, on écoute et on se tait parce qu'on ne comprend rien,
Le fantôme qui ne parle pas ! Lorsqu'il écoute, on parle et il se tait car il ne dit rien,
Le Thésée de la locution ! Lorsqu'il parle, on parle et personne l'écoute parce que c'est trop compliqué,
L'abomination démoniaque en plumes ! Lorsqu'il parle, on l'écoute et on se tait parce qu'il ne parle jamais,
Et enfin Le Savant génial ! Lorsqu'elle parle, elle parle parce qu'elle ne fait que ça !


Dolores s'applaudit alors, fière de sa présentation du groupe.

- Bien, les présentations sont faites, en route pour l'ancienne prison !

Sans trop se préoccuper de si les autres la suivaient, Dolores s'enfonça dans la Salpétrière, Manfred fièrement posé sur son dos.

-----✚-----✚-----✚-----

Il était acculé, Marcel le Moineau ne pouvait plus rien faire car Ypsilonne le tenait. Tous deux étaient face à face sur le toît, et de cet affrontement il n'en restera plus qu'un…

_________________
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Et Adam crie en deepskyblue /o/

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Narcisse Williams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 23 Mar - 22:43

Narcisse était content de lui. Il avait enfin réussi à ouvrir une réelle conversation avec une inconnue. Bien entendu, ce n'était pas exactement le statut de Mme Upset, néanmoins les deux jeunes gens n'avaient jamais réellement discuté. Au fil des secondes, une assurance nouvelle et inconnue vint s'immiscer dans le coeur palpitant de l'acrobate. Il se sentait capable de continuer à parler avec, s'il n'espérait pas d'éloquence, plus de dignité. Pour une fois, il n'agirait pas en hermite et saurait apprendre à bavarder un peu. Cela ne pouvait après tout pas lui faire de mal. Oui, il avait conscience qu'il était ridicule de gagner de l'aplomb pour une raison aussi enfantine et non, il n'en avait pas grand chose à faire. Plus tard, lorsqu'il repenserait à cette scène, il se ferait sûrement un sermon pour avoir agi de manière si grotesque, cela ne faisait aucun doute. Pour l'instant, il se complaisait donc dans son auto-satisfaction puisqu'il se complimentait rarement lui-même.

Mais un tel instant de calme et de sérénité ne pouvait durer, c'était évident.

Une grande agitation déferla sur la salle aux mots d'un docteur qu'il n'avait pas écouté, se répendant comme la peste. Il fallut un moment au jeune homme pour comprendre à quelle situation il avait à faire, au juste. Le constat était des plus alarmants, c'était certain. Comment une folle avait-elle bien pu s'échapper aussi facilement, surtout en la présence de gardiens ? C'était là une véritable énigme, ou du moins c'était là sa pensée. La foule qui l'entourait se démarquait en plusieurs réactions bien distinctes. Certains étaient effrayés, d'autres étaient offusqués, une autre partie était amusée... Et puis il y avait ceux qui attendaient une suite qui ne tarderait probablement pas à venir. Il se trouvait que Calliope avait laissé un mot derrière elle, ou plutôt une devinette. Décidément, le comportement de cette femme était étrangement réfléchi, pour une folle. Mais c'était là trop spéculer. Le plus hors du commun était sans aucun doute l'espèce de chasse au trésor que venait de lancer le personnel dans l'espoir de résoudre ce mystère.
Depuis tout petit, Narcisse était étrangement attiré par les énigmes. Peut-être était-ce l'aura d'aventure et de secret qui les entourait qui avait cet effet sur lui, ou peut-être pas, mais il avait toujours apprécié les résoudres. C'était quelque chose de grisant et de stimulant qu'il se refusait rarement de faire. Et là, alors qu'on lui donnait tous les moyens nécessaire pour s'adonner aux plaisirs de cette pratique... l'acrobate ne pouvait nier une pointe d'envie. Cela eut pu paraître contradictoire, au vu de son caractère craintif. Néanmoins il n'y avait pas grand chose de possiblement dangereux, déjà pour un humain, et encore moins pour un dragon dans cette situation, le seul potentiel risque étant de se perdre dans le dédale de couloirs que constituait la Salpêtrière. Plus il y réfléchissait, plus l'envie se faisait grande. Avec un peu de chance, sa collègue était aussi attirée que lui par ce mystère ? Il laissa son regard glisser vers le sien, hésitant. Un silence légèrement embarrassé s'installa quelques secondes entre eux avant que, rassemblant le peu de confiance en lui qu'il avait accumulé durant les dernières minutes, Narcisse ne trouve la force de parler:

« Que diriez-vous de... euhm... d'aller jeter un coup d'oeil à ce livre ? On pourrait trouver quelque chose d'intéressant qui nous divertirait de... enfin, vous savez. »

De toute évidence, non, Mme Upset ne savait pas puisqu'il s'était exprimé avec l'éloquence d'une huître avariée. Retenant un soupir de désespoir, l'acrobate préféra guider son interlocutrice jusqu'à la table sur laquelle on avait exposé le mot de la folle et l'ouvrage qui allait avec. Une petite foule s'était accumulée autour de ce dernier, chacun cherchant à trouver sa réponse. Le jeune homme mit sa souplesse à profit pour onduler entre les personnes et parvenir au livre. Si l'énigme était relativement bien trouvée, elle n'en était pas pour autant particulièrement alambiquée. Le lien entre les chiffres et la réponse était assez vite trouvé, aussi commença-t-il rapidement à feuilleter les pages. Quelques minutes plus tard, il revenait vers la jeune femme qui l'accompagnait, la réponse en tête et un petit sourire aux lèvres.

« Je crois que j'ai mis le doigt dessus.»

Il était un peu hésitant à prendre l'initiative de nouveau. Sa timidité avait tendance à prendre énormément de place dans sa vie quotidienne et, s'il arrivait parfois à la surmonter, elle n'en restait pas moins omniprésente. Cependant, la joie d'avoir résolu le problème et de la réponse qu'il avait rapportée atténuait ce trait de caractère, et ses yeux pétillants d'impatience trahissaient ses intentions. Pour une fois, la soirée avait pris une tournure amusante. Alors non, il ne fallait pas oublier la tension tragique qui risquait de l'imprégner si personne ne retrouvait la fugitive, mais pour le moment Narcisse aimait bien cette idée de "chasse au trésor". Il releva la tête, plongeant son regard dans celui de sa collègue, avant de finalement lancer sa proposition:

« Si vous le voulez bien, nous pourrions... aller voir ensemble ?»

Presque spontanément, l'acrobate tendit son bras à la demoiselle afin qu'elle le saisisse, comme il en était coutume. Ce geste le surprit probablement plus que quiconque, tant il ne s'attendait pas à réussir ce genre d'accomodement social. Mais ce n'était pas plus mal, il s'en félicita même. Peut-être, après tout, qu'il parviendrait à surmonter ses faiblesses au moins le temps d'une soirée ? C'était d'ores et déjà le cas, d'une certaine manière. Son coeur frétilla dans sa poitrine de délice à cette idée, et son visage se fit, sans être brillant de joie, plus avenant.

C'est donc bras-dessus bras-dessous que les deux jeunes gens s'engagèrent dans le labyrinthe qu'était la Salpétrière. Narcisse ne pouvait cacher une certaine appréhension quant à la direction à prendre. N'ayant jamais été très sûr de lui, le jeune homme hésitait devant presque chaque intersection avant de prendre une route en priant pour que ce soit la bonne.


Au détour d'un couloir, le dragon en arriva à la conclusion lamentable qu'il était définitivement nulle en orientation. Perdu était un grand mot pour sa situation, mais il n'en était pas très éloigné non plus. Péniblement embarrassé, il se confondit en excuses bablutiantes qui le rendirent encore plus ridicule que ce n'était déjà le cas... Stop. On arrête là les dégâts, si possible. Poussant un soupir, il finit par se retourner vers sa camarade:

« Vous n'auriez pas une idée de la direction à prendre pour aller à l'ancienne prison, par hasard ? »

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Edward White
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 24 Mar - 9:08


    La porte de la bibliothèque pivota lentement, laissant deux hautes silhouettes se faufiler dans son entrebâillement. Suivant les indications de Mortimer, Edward avait quitté la salle de réception pour rejoindre ce temple du livre où il dut mettre toute sa volonté pour ne pas en parcourir la moindre étagère. Leur vue de Lycanthrope aidant, ils n'avaient aucun besoin de source lumineuse pour se déplacer. Aussi, c'est avec son aisance habituelle que le bigarré traversa la pièce, suivit de près par son neveu.

    « Il doit y avoir un espace vide. Tu te souviens des indications du chat ?
    - Euh... Étagère 7, rangée 9 et quelque que chose à propos d'une côte. Mais c'était qui ce type d'ailleurs ?
    - C'est un psychiatre. Côte 256.3. C'est le numéro d'enregistrement du livre retrouvé dans la chambre de Calliope.
    - Tu fréquentes des psychiatres, toi ?
    - Disons que celui-là est distrayant. Mais tu n'aimerais pas, il a l'esprit trop tortueux pour toi. Tiens regarde, on y est. Deux cent quarante-sept...
    - Vous étiez fait pour vous entendre alors, soupira le louveteau avant de reprendre. C'est là. Deux cent cinquante-six et trois. C'est vide. Enfin non, il y a un morceau de papier. »

    Andréa passa ses doigts fins entre les tranches des autres ouvrages, retirant des rayons une feuille soigneusement pilée en deux. Il la confia à Edward, qui ne l'ouvrit pas immédiatement, notant avec surprise que, de tous les romans d'Alexandre Dumas, seul le tome de Joseph Balsamo manquait. Cette découverte lui arracha un grommellement, signe d'une profonde réflexion, et il fit brusquement demi-tour, rejoignant l'entrée de la bibliothèque. Atteignant le comptoir, le loup ouvrit l'épais registre des lieux, ce-dernier tenant compte des entrées et des sorties des œuvres. L'épaisse couverture de cuivre s'abattit avec force sur le meuble de chêne, et les mains expertes du loup se mirent à en tourner vivement les pages à la recherche d'une information précise.

    « C'est ici. Le livre a été emprunté il y a un peu plus d'un mois par une certaine... Magalie.
    - C'est le nom de l'infirmière qui a apporté le livre. J'ai entendu deux employés de l'hôpital prononcer son nom à son arrivée dans la pièce, entre deux poignées de petits fours.
    - Vraiment ? Voilà qui est étonnant. Il a également été rendu à la bibliothèque il y a une semaine, et depuis personne ne l'aurait repris.
    - Calliope serait venue le récupérer en douce alors ?
    - Peut-être. Voyons ce que dit ce papier. »

    Edward referma le répertoire avec un soin tout relatif, puis déplia la feuille qu'il parcourut rapidement. Son contenu lui ôta une faible éclamation, tandis que sa bouche s'entrouvrit à demi, et que la surprise s'imprimait sur son visage, arrachant un regard interrogateur à son neveu, incapable de déchiffrer le moindre des mot tracés. Finalement, son oncle replia la feuille et expliqua :

    « Je ne sais pas comment c'est arrivé ici, mais c'est la signification du code. Allons prévenir le directeur. »

    Comment décoder le message:
     

    Les loups quittèrent la bibliothèque d'un pas leste, retournant dans la salle de réception où ils espéraient trouver le gérant de l'hôpital afin de lui remettre le document. Edward semblait tout de même préoccupé, il marchait droit devant lui, mais ses iris balayaient inlassablement les alentours, comme pour s'en approprier chaque détail. Le nom de « Balsamo » revenait régulièrement entre les lèvres, preuve qu'il cherchait à l'associer à un de ses souvenirs, sans succès. Andréa avançait à ses côtés, bien d'autres idées en tête, jusqu'à ce qu'ils atteignent le lieu du bal où il repéra immédiatement le directeur en grande discussion avec une foule oppressante. Celle-ci le noyait de questions, dont certaines laissaient franchement à désirer. Tous avaient le mot « clé » pendu aux lèvres et Edward eut un mal fou à se frayer un chemin entre eux, se retrouvant, bien malgré lui, témoin des solutions les plus extravagantes pour expliquer le message de Calliope et sa disparition :

    « Avez-vous pensé au complot ?
    - Pardon.
    - Ou à un enlèvement ? A-t-on pu vouloir l'éliminer ?
    - Excusez-moi.
    - Une clé, elle a dit une clé, mais elle ne nous a rien laissé de tel !
    - S'il vous plait !
    - Et ces numéros... Peut-être des coordonnées. Il faut un globe, avez-vous un globe ?
    - Allons, mais laissez moi passer ! J'ai trouvé la solution », finit par s'exclamer Edward qui n'en pouvait plus d'être bousculé.

    Le silence tomba dans le petit groupe et tous les regards se tournèrent vers le Capitaine du Lost Paradise qui parvint enfin à rejoindre le directeur. Le pauvre était livide, et essuyait son visage d'un petit mouchoir de coton. Le loup lui tendit sa découverte et annonça, après avoir décoincé son manteau bloqué entre deux déguisements de chevaliers :

    « Tenez Monsieur. Nous l'avons découvert dans la bibliothèque, à la place du livre d'Alexandre Dumas. »

    Le message fut lu à haute voix, redonnant petit à petit un rouge vif au visage de l'orateur. Une fois au bout, il le parcourut à nouveau en silence avant de relever ses yeux qu'il laissa passer d'un invité à l'autre dans un instant d'égarement. Puis s'arrêtant sur Edward, il lui fit signe de l'accompagner, ordre auquel le loup obtempéra immédiatement, entraînant par la même occasion son neveu qu'il ne comptait pas lâcher de la soirée, surtout avec Élise dans les parages. Mais alors qu'ils s'apprêtaient à quitter la salle, le directeur interpella deux internes avec un emportement sensiblement excessif :

    « Vous deux. Allez me chercher le Docteur Adams. Dites-lui de nous retrouver dans le bâtiment numéro deux des anciennes prisons. Et trouvez moi aussi le docteur Chartier ! »

    Les deux jeunes gens se mirent presque au garde-à-vous, essuyant pour l'un, ses lèvres colorées par la myrtille, quand l'autre cachait un verre d'alcool dans son dos. Ils acquiescèrent tout de même à la demande de leur supérieur, mais à peine les avait-il dépassait qu'un jeu de noms d'oiseaux fusa, probablement juste assez fort pour que seul le louveteau, qui fermait la marche, ne l'entende. Il ne put d'ailleurs pas retenir un sourire tant la comparaison avec un « hibou déplumé » lui semblait adaptée. Leur petit groupe quitta les lieux, tandis que l'information sur l'endroit indiqué par Calliope se rependait déjà comme une trainée de poudre dans la salle.

    Ce fut donc guidé par le directeur qu'Edward et Andréa quittèrent la salle de bal. L'homme connaissant l'hospice, il avait même récupéré une petite lanterne dans l'un des placards du hall, et c'est à pied que leur trio traversa les allées éclairées au moins autant par les rayons de lune que par leur source de lumière. Finalement, le silence fut rompu par la voix du plus âgé des loups-garous :

    « Pensez-vous que le livre a été choisi au hasard ?
    - C'est fort probable, ou il lui aura fait une forte impression lors d'une première lecture par un membre du corps médical.
    - En effet, mais plusieurs des éléments de ce mystère se concentrent autour du XVIIIe siècle.
    - Vous pensez à l'affaire du « collier de la Reine » que Dumas relate dans ses romans ?
    - Entre autres. Se pourrait-il que ce soit le trésor annoncé ?
    - C'est grotesque. Cela serait accordé une grande logique à Calliope, chose dont je doute que la pauvre fille soit capable.
    - Vraiment ? Elle a pourtant fait preuve d'adresse avec ce cryptogramme.
    - On l'aura aidé. Tout cela est certainement une mauvaise farce M. White. »

    Le bâtiment des anciennes prisons se dessina face à eux alors qu'à nouveau, plus aucune parole n'animait le groupe. Ils atteignirent la porte principale et entrèrent sans avoir besoin d'en déverrouiller les gonds. Il était vrai que peu de personnes se risqueraient à cambrioler un lieu pareil. Ils arrivèrent dans un long corridor froid et austère, dans lequel on avait aucun mal à imaginer les barreaux des cellules bien que ces derniers aient été retirés suite à la transformation de la Salpêtrière en hôpital. Bifurquant ensuite à droite, ils arrivèrent devant une rangée de portes en bois, dont la distance entre elles révêlait des compartiments plus grands que ceux devant lesquels ils étaient passés. Ils atteignaient à peine la trente, lorsqu'un une voix s'en éleva, arrachant une grimace de dégoût à Andréa qui ne la reconnut que trop bien.

    La cellule en question était déjà ouverte, et trois personnes s'y trouvaient. Bastian Wagner, son neveu et Gabriel Delcroix avaient visiblement décodé le message à quelques minutes d'intervalles et s'apprêtaient à en percer les mystères. L'arrivée du directeur et des deux loups-garous les coupèrent néanmoins dans leur élan, tandis que les bruits de pas d'autres curieux les rejoignant se faisait déjà entendre.

    « Messieurs, les salua le directeur. Je vois que vous avez réussi avant nous, à décrypter le message de ma résidente. Je constate également qu'elle n'est pas ici, mais peut-être votre découverte nous aiguillera-t-elle. Poursuivez, je vous en prie. »

    Bastian acquiesça et par un geste habile, il parvint à soulever les dalles mal fixées dans le sol. Ces dernières avaient visiblement été déplacées auparavant, puisque aucune trace de poussière ne s'y trouvait, contrairement au reste de la pièce. De plus elles n'avaient pas été repositionnées correctement, si bien que le jeu entre elles était plus important qu'il n'aurait dû.
    Le creux ainsi découvert révéla la présence de deux documents. L'un était vétuste, le papier était épais et plié en deux avec soin, semblant reposer là depuis des années, tandis que le second, plus clair, datait vraisemblablement d'une période contemporaine. Les deux feuillets furent remis au directeur qui les consulta avec soin. Il commença par le plus ancien, avant que le second ne lui arrache une exclamation dépitée :

    « Encore une énigme ! Mais on se moque de nous ! »

    Messages découverts sous les dalles:
     

    Les papiers passèrent de main en main tout en prenant garde de ne pas les abîmer. On s'interrogea, raisonna, certains sortirent, d'autres songèrent que la réponse ne devait pas être loin. Edward put à son tour les consulter et son réflexe premier fut de tirer sa montre de sa poche. Il nota qu'il était vingt et une heure quinze.

    « Oh... Il faut attendre un peu alors ? » Demanda Andréa qui n'avait réussi à interpréter que quelques mots par-dessus l'épaule de son oncle.

    Edward fronça les sourcils et leva brièvement les yeux au plafond décoré de toiles d'araignées, contraint de faire un effort de concentration inhabituel afin de vérifier sa théorie. Puis un sourire illumina son visage et il décoiffa doucement son neveu qui dut resserrer le bandeau rouge qui lui ceignait le front, avant d'annoncer dans un murmure :

    « Tu verras. »


-----------xxx-----------xxx-----------xxx-----------

Paroles de fou



Nouveau rebondissement dans la mystérieuse disparition de Calliope. Alors que la première énigme a été percée à jour par bon nombre d'entre vous, une seconde a été découverte sous des dalles d'une cellule de l'ancienne prison de la Salpêtrière.

Si certains sont déjà sur place lors de l'arrivée du directeur, les autres ont été mis au courant que le message laissé par la jeune femme conduisait jusqu'aux cellules désormais inutilisées. Cela à pu se faire en entendant la rumeur qui courrait à ce sujet, ou parce que vous avez assistés à la lecture de la solution découverte par Edward, à moins qu'un interne soit directement venu vous en informer. À vous de voir si vous rejoignez l'endroit indiqué, ou si vous préférez poursuivre la danse dans la salle de bal, ou que vous êtes complètement perdu ? Ceux désireux de ce mêler de près à ce nouveau mystère pourront, dans tous les cas, avoir accès aux deux messages sortis par Bastian et continuer leur recherche de la folle.

Histoire qu'il n'y ait pas de mauvaises interprétations du message contenant l'énigme, il a été retranscrit ici, l'autre étant, je pense, assez lisible :
Vous vous réchauffez !
Mais l'histoire n'est pas terminée.

Ce n'est qu'à 2 h 20 que vous pourrez me délivrer.

Rwpbqgt igtxot.
Advtbtci bpjsxi
À nouveau, il va falloir faire travailler vos méninges pour découvrir ce qui se cache derrière ce langage étrange et inconnu, et à nouveau, afin de ne pas compromettre la recherche des participants qui s'y intéresseront, évitez de donner la façon dont vous vous y êtes pris pour le comprendre ou l'endroit ou vous vous rendez (sauf si vous postez le dernier jour de la date limite) !

Quelques rappels. Vous pouvez toujours utiliser un membre du corps médical pour vous aider à vous retrouver, ouvrir une porte, trouver une lampe et autres interventions inopinées. De même, le plan des lieux (cliquez) reste à votre disposition.

Enfin, voici pour quelques participants, des obligations plus précises découlant directement de votre premier poste :
  • Nath & Domi : Vous êtes égarés, mais heureusement pour vous le docteur Nathaniel Chartier vient à votre rescousse. Surnommé affectueusement Nathanatos par les autres employés de la Salpêtrière, il est, ce que l'on peut appeler un original. Le visage toujours encapuchonné, on perçoit sans mal les cernes qui lui descendent jusqu'aux joues et l'absence de sourire qui le caractérise. Il vous invite à boire le thé. Oserez-vous refuser ?

  • Bastian : Quel que soit ton choix après la découverte des nouveaux messages, tu croiseras une ravissante jeune femme sur ta route. Elle te rappelle une ancienne conquête qui t'a particulièrement marquée. Un détour s'imposera peut-être.

  • Narcy & Rita : Vous aussi vous êtes perdus ?! Et bien… Manque de chance, vous avez abouti dans l'une des construction du bâtiment Pinel (une zone de patients). Vous trouverez rapidement une infirmière pour vous aider, sans vous rendre compte immédiatement que ce n'est qu'un costume sous lequel se trouve une folle. Elle vous entraîne dans le dédale des corridors.
Bon jeu à tous !







Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 30 mars (au soir) pour participer à la deuxième partie o/

N.B. Le directeur écrit toujours en khaki.

Vous pouvez toujours me joindre par MP pour la moindre question ! Je répondrais au plus vite, comme d'habitude ~
Un grand merci à tous pour votre participation !
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Mortimer Adams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 24 Mar - 18:14

Enchevêtrement

Spoiler:
 

    " Oh. June Ravenclose. Et je préfère mademoiselle, merci. "

    Soit. La demoiselle lui rappelait quelque chose mais Mortem n'aurait su dire qui ou quoi. Il était certain d'avoir déjà entendu ce nom, reste à savoir où et quand. Le grand malheur de tout retenir c'est que si on ne revisite pas assez ses tiroirs on ne se souvient plus où ils sont. Peut être arriverait-il à refaire le chemin qui l'avait un jour amené à ranger le nom de June Ravenclose quelque part ... Si ça se trouve, il l'avait même lu ! Mais, s'il se fiait à son instinct, il se trouvait qu'il l'avait entendu. Ce n'était pas si clair ou si simple pour lui, lorsqu'il parle ou pense, tous les mots s'écrivent en même temps, si bien qu'il lit en même temps qu'il parle. Cela dit, cela ne l'empêche pas de penser en images, mais ça, c'est une autre histoire.

    Le Psychiatre acquiesça et re-nota donc ce nom au cas où.

    Un petit fantôme avait fait son apparition, ou plutôt sa chute. Mortem se garda bien d'ajouter au pathétique le sarcasme, l'heure n'était malheureusement pas d'accord pour prendre son temps.
    Il avait levé un sourcil tandis que la serviable Ravenclose se pencha sur le sujet.

    Cela eut le don de ramener l'esprit sarcastique dans l'oreille du psychiatre :
    *
    - Hey Morty ... C'est le boulet que tu cherchais ?
    - J'en ai jamais cherché, mais un peu de challenge ne fera pas de mal e présume.
    - C'est rare quand même un rouquin aux yeux vairons non ?
    - Ha ça y est ! ... ça y est là tu m'ennuies ..
    -pfff
    *


    Le jeune arrivant avait l'air tout aussi déboussolé que l'infirmier. C'était bien sa veine ..
    De toutes façons, maintenant qu'il "tenait" Dolores (oui c'est un bien grand mot quand on voit l'énergumène) et son étrange familier, il allait pouvoir débloquer la situation Calliope.
    Il savait en effet où aller, mais Mortimer n'allait pas cracher sur une personne douée d'intelligence autre que Edward qui avait prit une direction différente. Le psychiatre soupçonnait un coup monté, Calliope ou non, et n'aimait pas grandement l'idée de se jeter dans la gueule du loup.



    Durant sa réflexion il vit Dolores faire l'aller retour entre la réception et le Jardin. Parfait ! Si elle avait récupéré le livre et la note, il n'aurait plus à s'inquiéter de plus de sujets incontrôlables. Il avait lui même tenté la filouterie, mais un chevalier l'avait devancé.
    Avec son déguisement de chat, le psychiatre avait un drôle d'air alors qu'il souriait au retour de KellerStein !

    - Je me suis permis d'emprunter le livre et le message. Ils me l'ont autorisé. C'est le livre avec l'énigme de la jeune femme disparue. Vous devriez pouvoir trouver la solution, je crois.

    Elle était en effet déjà trouvée, mais encore fallait il qu'il puisse toucher deux mots à la savante folle pour avancer dans son entreprise.

    - Bien ! Mes petits choux, l'incroyable Docteur Kellerstein a résolu cette affaire ! Je suppose que vous allez tous faire partie de l'équipe ? Vous aussi monsieur le fantôme ? Dans ce cas, nous allons résoudre cette mystérieuse affaire de la folle disparue !

    Mortimer laissa échapper un soupir. Il adorait jouer, mais il n'avait pas confiance en l'équipe qu'ils formaient tous (et peut être certainement à tort). Réflexion faite, s'il avait des expériences à faire il n'aurait qu'à les convaincre de faire ce qu'il dit.
    Et lorsque Dolores commença l'étrange jeu de rôle, il se conforta dans ses spéculations :


    Le cygne noir ! Lorsqu'elle parle, on l'écoute car on ne peut que se taire,
    Le miauleur Freudien ! Lorsqu'il parle, on écoute et on se tait parce qu'on ne comprend rien,
    Le fantôme qui ne parle pas ! Lorsqu'il écoute, on parle et il se tait car il ne dit rien,
    Le Thésée de la locution ! Lorsqu'il parle, on parle et personne l'écoute parce que c'est trop compliqué,
    L'abomination démoniaque en plumes ! Lorsqu'il parle, on l'écoute et on se tait parce qu'il ne parle jamais,
    Et enfin Le Savant génial ! Lorsqu'elle parle, elle parle parce qu'elle ne fait que ça !


    Mortimer joignit l'applaudissement avec un étrange enthousiasme. Il appréciait le point de vue de la doctoresse, même s'il ne se serait pas appelé "miauleur freudien" mais passons, les différentes branches du corps médical ont chacune leur pré-avis sur les autres.
    Haaaa, parfois Mortem regrettait l'innocence d'Axel. .. ... Naaaaaaaaan c'est une blague !

    Le psychiatre emboîta le pas de cette chère KellerStein avant de profiter de cette distance pour une petite aparté :

    " Si vous voulez mon avis, sa disparition est moins mystérieuse que sa cause. Aussi avant d'entrer dans la prison, il sera sage de regarder qui n'y entre pas. "


    L'intuition de Mortimer lui défendait d'entrer mais sa curiosité l'y poussait grandement, alors il concilia les deux de cette manière, pour l'instant. Cependant, le psychiatre avait une sensation étrange. S'il se souvenait bien, la cellule dont la Calliope parlait (ou la personne qui la faisait parler) était cette ancienne prison où l'on entassait toutes les filles hystériques dégénérées et parfois même les deux. C'était avant qu'il ne devienne chef psychiatrique, et aussi il ne se souvenait plus si c'était vraiment cette cellule ou non, mais le doute commençait à creuser sa conscience.



    Les bruits de pas s’agglutinaient autour de l'ancien bâtiment, tandis que Mortimer cherchait des yeux Edward. Il ne doutait pas que la curiosité l'aurait au moins un peu piquée, et avec un peu de chance il aurait consulté la petite bibliothèque.

    Le psychiatre laissa échapper un grognement :
    " Pourquoi fallait il avertir autant de monde ? ... Plus j'y pense, plus j'ai des doutes sur ce qu'on ne cherche pas ... Dolores, méfiez-vous des jeux trop simple ... "

    Il tourna son regard vers la doctoresse qui continuait de marcher vers sa curiosité. Son étrange moineau semblait être l'extension de son enthousiasme, il aurait bien voulu se pencher sur cet étrange déguisement (il aurait alors peut être vu sous la lumière que ce n'en était pas un), mais son regard se porta sur deux infirmiers qui gardaient l'entrée. Ils avaient l'air de chercher quelque chose ou plutôt quelqu'un.

    C'est lorsqu'ils reconnurent les oreilles de chat et le son du grelot que le plus rapide des deux lui fit signe tout en hélant :

    " Ha ! Monsieur Adams ! On vous cherchait."

    Le psychiatre soupira de frustration, il allait avoir encore des bâtons dans les roues. Mortimer hésita quelques instants et du se rendre à l'évidence ; mobiliser deux infirmiers à l'entrée de la vieille prison ne pouvait être que l'oeuvre d'un supérieur ou d'une personne extrêmement persuasive. De plus, pour s'intéresser à la présence de ce "très aimable" psychiatre, il fallait soit être fou soit être masochiste. Il pensa alors qu'Edward pouvait le chercher suite à ses indications, ou, plus probablement, le directeur nécessite ses savoirs sur l'esprit de la Calliope.
    Dans les deux cas, cela ne l'égayait pas vraiment.

    Mortem fit signe au petit groupe de continuer sans lui tout en râlant :

    " Bon, je suis ... navré, mais il semble qu'il y ait urgence on se retrouvera peut être tout à l'heure. Donnant un léger coup de tête à l'intéressée ; KellerStein ..."

    ---

    Après avoir joué de quelques coups de coudes, Mortimer atteignit les deux infirmiers :

    - Monsieur Adams, le directeur cherche à vous voir vous et le docteur Chartier .. Il nous a demandé de vous donner rendez-vous dans le bâtiment 2."

    - Allons donc, ce charmant docteur ... Vous comptez m'expliquer pourquoi où vous avez suivit des ordres sans discuter ? ... Hm, laissez cela je connais déjà la réponse.

    - C'est que .. Le directeur avait l'air vraiment énervé alors .."

    - Et bien il n'est pas le seul !
    Et ne croyez pas que j'ai oublié que vous faisiez parti de ceux qui m'empêchaient de descendre et de porter cet accoutrement ridicule !


    L'un d'eux essaya de retenir un rire moqueur, tandis que l'autre avait le tînt livide et avait du mal à soutenir le regard incisif du psychiatre.
    Mortem poussa l'un à fin d'entrer :

    " Il est toujours en bas je présume ? Tchh poussez vous !"

    ---

    Mortem s'engouffra dans le couloir, et finit par atteindre le directeur, Edward et son acolyte, Bastian et une autre personne dont il ne se souvenait pas l'avoir déjà vu. Tout le monde s'était massé par endroit ce qui rendait la circulation difficile, mais peu à peu les visiteurs sortaient.

    Le psychiatre était habitué à pratiquer l'inhibition de ses sentiments, mais toute cette histoire commençait à l'impatienter, aussi, malgré son visage toujours aussi neutre on pu, pour les plus observateurs, reconnaître quelques manifestations d'anxiété entre ses deux sourcils et sur le coin de sa narine droite.

    " A ce que je vois, ce n'est pas la fin du voyage ? .. Monsieur le directeur, pourquoi Chartier ? En quoi avez vous besoin de nous ? "

    Mortimer vit Edward consulter sa montre et presque chuchoter à la jeune personne qui l'accompagnait une sorte d'arrangement.
    Ce qui avait été retrouvé (la dalle était soulevée et une cavité vide avait prit sa place) passait de mains en mains. Mortimer arracha les récentes découvertes, alors qu'un individu commençait à le passer à l'un des invités que Mortem avait aperçu en début de soirée.

    Tout en ne lui portant aucune attention il se plongea dans une lecture toutefois rapide tandis que le directeur lui répondait, visiblement exaspéré :

    " Ah vous voilà vous. Je commençais à croire que vous étiez de mèche avec cette pauvre fille et ces messages farfelus. J'espère que ce n'est pas une de vos séances qui l'a détraqué. Et où est Chartier ? Pourquoi diable n'avez-vous pas encore réglé ce problème. Génie, génie… Et puis quel est donc cet accoutrement ? Enfin Adams, vous prendrez vous au sérieux un jour ?"

    Mortimer répondit d'une voix lasse et monotone alors qu'il continuait de lire le code et le récit historique de cette femme :

    " Si j'en avais été l'auteur vous n'auriez pas été en mesure de le deviner ...  Heureusement pour vous, vous êtes mon supérieur hiérarchique et je ne me risquerais pas à vous discréditer en vous proposant une séance pour vérifier vos suppositions. "

    Mortimer leva les yeux à la fin de sa lecture tout en provoquant avec un sourire arrogant encore une fois son directeur :

    " Oh pardon, l'aurais-je fait ? "

    A en lire le récit et le mystérieux code, notre cher chat freudien commençait à croire qu'on risquait plus de retrouver un cadavre plutôt qu'un trésor.
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mar 25 Mar - 21:16

A peine avait-il posé sa main sur la dalle creuse que beaucoup d'événements de précipitèrent. Et toute les plus désagréables les unes que les autres. Gabriel avait finit par apparaître dans la cellule, ne pouvant s'empêcher de lui faire une petite réplique piquante comme il en avait le don. Mais cela ne toucha aucunement le démon, tournant la tête vers lui, il se contenta de l'observer avec calme. Victor semblait avoir frôlé l'infarctus face à l'arrivée silencieuse du vampire et toisait à présent l'avocat avec un profond agacement.
Le couturier s'en délecta un moment puis lui répondit, sur le même ton.


"Et toi ce lieu te va parfaitement au teint. Tout aussi lugubre et poussiéreux."

Il devinait sans mal qu'une nouvelle réplique allait lui revenir dans la figure mais au même moment, de nouveaux individus s'incrustèrent, s'arrêtant pour les observer. Bastian se figea alors qu'il jouait avec le contour de la dalle alors qu'il observait Gabriel. Il reconnu Edward, ainsi que son neveu. Ah, ainsi donc il n'était pas le seul à sortir en famille. Les loups face aux démons, égalité partout, la balle est au centre. Sauf qu'ils étaient accompagnés du directeur et à en croire les bruits qui résonnaient dans le couloir, la pièce allait être bondée. On lui demanda d'ouvrir la fameuse dalle et il s'exécuta poliment. Lui aussi avait envie de voir ce qu'il y avait en dessous après tout.
Pas d'objets brillants ou de morceaux d'os, mais deux lettres. Une qui semblait dater d'une époque révolue et une plus récente, plus courte.

Le couturier avait envie de lire tout ceci sous leur nez, histoire d'abreuver sa curiosité maladive, mais il les donna au Directeur, se permettant enfin de se redresser et de s'épousseter. Il attendait patiemment que le vieil homme cesse de râler. Tient donc, une nouvelle énigme avait donc été placé dans l'un des deux bouts de papiers. Intéressant.
Il les prit lorsqu'on voulu bien les lui confier et se mit à le lecture avec le plus grand sérieux. Le petit mot était rapide et assez illisible, laissant des mots étranges à la toute fin. Allons bon qu'est-ce que cela voulait donc dire ?
Il était sûr que si on lui laissait un peu de temps il pourrait décoder tout cela, mais avec la précipitation, il ne pouvait que passer à côté et lire la lettre suivante.
Elle était assez triste. Une pauvre femme enfermée ici qui n'avait plus de nouvelles de son amour. Si ce papier était authentique, alors il s'agissait d'une pièce à mettre au musée.

Un détail titilla tout de même Bastian, réalisant quelque chose. Il était évident que tout le monde allait relever cela, mais il le nota tout de même dans un coin de sa tête avant de confier les deux lettres à une autre personne.
A présent le plus important était de trouver la pauvresse disparue... Quoi que...
Le démon leva les yeux vers Edward et le regarda avec curiosité, il semblait en pleine réflexion et un petit sourire apparu sur ses lèvres. Tient donc, il avait trouvé la solution. Allait-il le faire partager ? Dans tous les cas, si le patron du cabaret avait déjà mit le doigt dessus, le démon n'avait plus aucune raison de chercher aussi. Après tout, la première énigme n'avait été amusante que parce qu'il avait pu prendre ses avances et dénicher le lieu. Mais si tout un groupe se réunissait ici, plus la peine pour lui d'y réfléchir.

L'arrivée de Mortimer mit fin à ses réflexions. Puisque que toutes leurs cliques étaient là, le couturier n'avait plus rien à faire ici. Il soupira légèrement et tourna la tête vers Victor et Gabriel. Ce dernier ne semblait pas apprécier cette arrivage et le démon savait pertinemment qu'il valait mieux que lui aussi, prenne la poudre d'escampette.
Bastian prit congé sans un mot, laissant tout ce beau monde bavasser entre eux. Leurs conversations ne l'intéressait guère, il avait besoin de sortir de ce trou à rat humide.
Il slaloma entre les personnes qui faisaient la queue devant la porte de la cellule et après plusieurs pas droit devant lui, il se permit enfin de freiner et de regarder derrière lui afin de vérifier que son majordome l'avait suivit. Et c'était le cas... en compagnie du suceur de sang.


"Tiens donc tu m'as suivit... Tu éprouves secrètement des sentiments pour moi, ne le nie pas, je sens toute ta frustration en me regardant... A moins que se soit juste parce que tu veux me coller un pain injustifié ? ... Ou alors t'as besoin d'aller aux toilettes peut-être ?!"

Il n'avait pu s'empêcher de sortir des bêtises plus grande que lui. Il était comme ça, il ne pouvait pas s'en empêcher. Il savait déjà qu'il allait se faire rouspéter et se prendre quelques regards assassins de la part de Gabriel, mais comme d'habitude, il ne prit pas la mouche, le laissant dire, gardant son petit rictus aux coins des lèvres.
Victor n'en croyait pas ses oreilles, n'entendant pas souvent son oncle sortir des âneries pareilles. Certes il savait en sortir aux créatures réfugiées au manoir, mais à un tel niveau... Jamais !
Mais cette phase se calma d'un coup, Bastian reprenant un air sérieux. Il observait toujours le vampire et cette fois-ci, ce qu'il lui dit n'était pas une blague ou une taquinerie.


"Je me contrefiche du code, ils semblent déjà l'avoir. En revanche, la 2eme lettre est très intéressante. Cette Cassandre d'Abervillié semblait détenir un objet qui attise ma curiosité. Je devine qu'elle ne doit plus l'avoir avec elle, mais si elle était mourante, j'ose imaginer qu'elle est enterrée actuellement dans le vieux cimetière de l'établissement. J'ai bien envie d'aller lui rendre visite, juste histoire de vérifier cela. je suppose que tu t'en manque royalement, mais sois-en prévenu de ma nouvelle destination si tu as encore envie de me suivre ♥"

Oui, il l'avait deviné. Par vraiment de l'omniscience ou de l'intuition extrêmement développé. Juste... qu'il se doutait bien que si le vampire avait soudain pointé son nez, c'était bien pour l'emmerder et non chercher à sauver une folle. Quel intérêt aurait il eu à le faire, hein ?
Il l'observa un long moment, puis se tourna vers Victor et lui indiqua le groupe un peu plus loin.


"Restes avec eux. Tu seras mes yeux et mes oreilles. Je suis curieux de savoir jusqu'où cela va les mener. Notes tout et n'oublie rien, tu as bien comprit ?"

"Sinon je vais attendre dans le fiacre, oui tonton..."

Victor soupira, un peu blasé. Il avait répondu cela automatiquement, savant pertinemment qu'il lui aurait dit cela de toute façon. Enfin, il n'allait pas se plaindre, le groupe de fanfaron semblaient plus passionnant que de regarder son oncle et l'acolyte aux dents pointues, papoter devant une tombe. Plus ennuyeux, tu meurs !
Il hocha la tête d'un air entendu et s'éclipsa vers les individus près de la cellule, se fondant dans la masse et écoutant déjà attentivement ce qu'ils colportaient.
Bastian le suivit du regard avant de reporter son attention sur le vampire, attendant voir s'il allait l'accompagner contre fortune bon gré, ou s'en aller dans son coin.

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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Jeu 27 Mar - 21:32

Spoiler:
 

Il sembla à l'agent qu'Ombeline avait acquiescé mais il n'en était pas certain, d'autant que l'agitation ne tarda pas à fuser de parts et d'autres. Elise proposa de l'asseoir sur une chaise et de lui apporter de l'eau. Mais avant qu'aucun d'eux n'ait pu s'éloigner d'elle, un interne passa, remarquant le trouble de cette drôle d'invitée, proposa de la prendre en charge. Les Voelsungen échangèrent un regard perplexe, insistant pour savoir si tout irait bien mais devant la motivation du jeune homme, ils abandonnèrent la brunette aux bons soins de l'apprenti médecin.

Ils n'eurent pas le temps de souffler que déjà Sabrina et Elena les avait rejoints et insistaient pour qu'ils aillent aider à retrouver Calliope. Trainés de force jusque devant un livre et un bout de papier, avant que ceux-ci ne soient kidnappés par un jeune homme, l'agent soupira. Devinant sans mal son trouble, sa mère souligna :

- Si tu voulais être tranquille ce soir on dirait que ça tombe à l'eau. Sur son visage un sourire un brin sadique apparu, et elle ne chercha aucunement à dissimuler l'amusement que créait en elle le dépit de son fils.
- Le sort s'acharne… Déclara-t-il en soupirant de plus belle, après avoir compris où tout cela allait le conduire. On dirait que je ne peux aucunement me défaire de mes obligations.
- Au moins tu ne seras pas dépaysé ! Le taquina-t-elle, ayant manifestement élucidé à son tour le mystère.

Il passa une main dans ses cheveux en analysant le plan pour mieux le retenir, mais déjà une nouvelle vague d'agitation secouait la pièce et bien vite, Edward apparu au-devant de la scène. Elise ne put retenir une grimace haineuse, et seule la main de Sabrina venant se lover au creux de la sienne put mettre fin à la longue liste de tortures qui défilait dans l'esprit de la comédienne.
Intrigués malgré tout, ils écoutèrent ce qu'il avait à dire ; et comme l'ensemble des présents suivirent la majorité jusque dans l'ancienne prison.

- C'est sinistre. Murmura la benjamine en réajustant son costume de robot.
- Ça manque surtout de lumière. Grimaça Elena en avisant les rares présents qu'elle pouvait distinguer grâce aux torches.

Aldrick reconnu Bastian et Gabriel, tandem de choc -quoique souvent en désaccord- et les salua d'un signe de la tête, juste avant qu'ils ne sortent. Il fit de même pour Andréa, tandis qu'Edward consultant sa montre ne le remarqua pas. Préférant ne pas laisser sa mère se rapprocher de trop du bigarré, en dépit de la foule, le policier ne bougea pas. On leur distribua des mots, et ses sœurs se mirent immédiatement en tête de résoudre ce nouveau mystère. Au bout de quelques minutes, Elena le tira par le bras.

- Tu aurais un papier et un crayon ? J’ai trop d’hypothèses.
Le brun ne put réprimer un sourire.
- Bienvenue dans mon monde petite sœur. Il lui sourit et fouilla dans ses poches. Non, désolé, mais je peux te laisser ça pour écrire si tu veux. Il défit l’un des bandeaux qu’il avait au bras. Demande à quelqu’un si tu peux emprunter un crayon. Suggéra-t-i en montrant les présents d’un geste de la tête.
Le magicien d'Oz d'un soir acquiesça en le remerciant et s'en fut, accompagné de son robot quérir de quoi écrire.
- Qu'est-ce que tu en penses Aldrick ? S'enquit sa mère en se rapprochant.
Longuement le brun garda le silence, fixant un point dans l'horizon, sans réellement avoir conscience du monde qui l'entourait, une main posée sur le bas de son visage, signe d'une réflexion intense chez lui. Il fallut qu'Elise réitère la question pour sortir le lycanthrope de sa torpeur. Ouvrant brièvement de grands yeux, le commissaire fit la moue :
- Je dirais que pour cette personne le temps était sans conteste quelque chose qui la happait. Une grimace étira un peu plus ses traits. J'ai l'impression que les gens ici passent facilement d'un bâtiment à un autre. On dirait qu'on les balade beaucoup.
- Hum, il y aurait des passages secrets ?
- Je ne sais pas. Ce ne serait pas très surprenant au vue de la tournure des évènements. Je doute que nous resti... Il fronça les sourcils. Quelque chose ne va pas mère ?

Suivant son regard, il découvrit que parmi tous les présents, Elena n'avait rien trouvé de plus judicieux que d'aller demander de l'aide à Andréa. Il eut à peine le temps de reporter son attention sur elle que déjà elle parcourait la pièce en grandes enjambées, créant place nette sur son passage à cause de l'aura maléfique qui semblait l'entourer. Aldrick la rattrapa pile au moment où elle tombait truffe à truffe avec Edward.

- Bonsoir. Abandonna-t-elle glaciale pour les deux lycanthropes, en gratifiant son aînée d'un coup d'œil courroucé.

Elena n'y prêta pas attention, trop occupée à noter ci et là d'éventuelles pistes. Le commissaire jaugea Edward, espérant que la situation n'irait pas de mal en pis et adressa un sourire à Andréa avant que le directeur ne semble en pleine prise de bec avec un médecin, qu'il reconnut comme l'homme qu'il avait croisé au Café d'Allan. Apparemment il y avait du règlement de compte dans l'air.

Un instant, Aldrick se demanda vaguement s'il devait intervenir, puis jugeant que s'il y avait prochainement un meurtre ici, il n'y aurait pas d'endroit mieux placé pour l'empêcher que celui où il se trouvait actuellement : à côté d'Elise Voelsungen.
Cette dernière poursuivit d'ailleurs avec animosité :

-  Une patiente disparait et devinez qui est dans les parages ? Ce cher Edward White ! Est-ce réellement une coïncidence ? La comédienne ne chercha aucunement à laisser planer de doutes sur ce sous-entendu, et le rictus qui s'imprima sur son visage ne fit que confirmer ce fait.

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« C'est incroyable : le nombre de mensonges qui sonnent comme une vérité
et le nombre de vérités qui sonnent comme un mensonge... »





Dernière édition par Aldrick Voelsungen le Lun 31 Mar - 10:15, édité 2 fois
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Nathanaël Cartier
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Ven 28 Mar - 0:16


Nathanaël était perdu. C'était un fait et il ne pouvait pas y changer grand chose pour le moment. Bon sang ! Pourquoi n'avait-il pas mieux regardé le plan ? Une pauvre âme était en danger et il ne pouvait même pas la sauver et ce, parce qu'il avait une mémoire de poisson rouge, ce soir ! Il poussa un soupir et se signa, demandant pardon à Dieu d'avoir failli à sa mission – le tout en un murmure. Cela pouvait paraître idiot aux yeux de n'importe qui, mais Nathanaël avait besoin de ces petits gestes. Bref, alors qu'il pensait ne jamais ressortir de ce labyrinthe, il aperçut une silhouette non loin de lui, silhouette qu'il interpela aussitôt en demandant à l'aide. Quelle ironie ! D'ordinaire, c'était lui qui aidait les autres, pas le contraire. Surtout quand on savait qu'il demandait vraiment rarement à l'aide. Mais là, c'était un cas de force majeure ! Il n'avait pas le choix s'il voulait encore avoir une petite chance de sauver cette femme. Sauver ? Personne n'avait dit qu'elle était en danger, juste qu'elle avait disparu. Néanmoins, il y avaient sans doute des tas de dangers qui guettaient en ces lieux lugubres, il ne fallait donc pas prendre cette disparition à la légère !

La silhouette lui répondit enfin, mais ne lui donna pas la réponse escomptée. C'était un homme, manifestement. Et probablement un autre invité. Manque de pot, il semblait aussi perdu que Nathanaël. Ce dernier réprima un soupir. Super ! Le sort s'acharnait contre lui, ce soir ! Enfin, ce n'était pas son genre de désespérer. Alors, il s'avança vers l'inconnu, un petit sourire aux lèvres. Car oui, Nathanaël avait presque toujours un sourire aux lèvres, même s'il était perdu et qu'il s'était senti plutôt frustré à peine quelques instants plus tôt. Le fait de ne plus être seul dans ce couloir sombre avait probablement contribué à sa joie de vivre retrouvée. C'était idiot et très simpliste, mais on parlait de Nath, là.

  « La folle ? Je dirais plutôt qu'il s'agit d'une pauvre âme égarée dans son propre esprit. Mais oui, je la cherchais...quand je me suis perdu. Je suppose que je n'ai pas bien mémorisé le plan. »

Parfois, il pouvait vraiment raconter n'importe quoi. Peu importe. Ce qui était dit, était dit. Et puis, on pouvait très bien être égaré dans son esprit ! Si, si ! Enfin, il était arrivé à hauteur de l'inconnu qui, au final, n'était pas si inconnu que ça. Nathanaël le reconnut comme le pianiste de talent du Lost Paradise. Il ne lui avait certes jamais adressé la parole jusque-là, mais il l'aurait reconnu entre mille, malgré son déguisement. D'ailleurs, ce déguisement le changeait de son petit air mélancolique et tristounet qu'il aroborait généralement. Son nom de scène était d'ailleurs pour le moins...lugubre. Comme cet endroit. Le Pendu. Nath s'était toujours demandé pourquoi l'artiste avait choisi un nom pareil. C'était peut-être enfin l'occasion de le lui demander. Surtout que, comme pour la plupart des artistes, le brun ignorait son véritable nom.
Il lui adressa un grand sourire chaleureux et lui tendit la main. Autant commencer par le commencement, même dans cet endroit improbable.

  « Je m'appelle Nathanaël Cartier. Et vous êtes Le Pendu, n'est-ce pas ? Je vous écoute souvent jouer au Cabaret. Vous êtes vraiment doué...Mais...je me suis toujours demandé..pourquoi un tel nom de scène ? »

A peine eut-il posé la question qu'il entendit des bruits de pas se rapprocher de l'endroit où ils se trouvaient. Le prêtre se retourna et aperçut alors une silhouette encapuchonnée s'avancer vers eux, une bougie à la main. La faible lueur qu'elle dégageait lui procurait un air des plus inquiétants. L'espace d'un instant, Nathanaël crut qu'il s'agissait d'un esprit ou d'une apparition. Instinct d'exorciste oblige ! Néanmoins, il se rendit bien vite compte qu'il s'agissait d'un homme. Certes, il avait l'air un peu effrayant, mais c'était bien un homme. Du moins, l'espérait-il ! Car il n'avait pas apporté son arsenal, ce soir. Il échangea un regard rapide avec Dominik, puis se tourna vers le nouvel arrivant.

« Euh...Bonsoir ? Vous êtes venu nous montrer le chemin ? »

L'homme garda le silence un moment, moment que saisit Nathanaël pour le regarder d'un peu plus près, enfin, autant que la faible lueur de la bougie et l'obscurité alentour le permette. Il avait un petit air effrayant et des cernes à n'en pas finir. Manifestement, il ne dormait pas beaucoup. Sans doute encore moins que notre prêtre. Le silence commençait à devenir pesant et au moment où Nath allait reprendre la parole, l'homme encapuchonné se décida enfin à faire entendre sa voix, voix qui provoqua un frisson auprès du brun. Et si c'était un démon ? Avec une telle apparence et une telle voix... Non, non. Ce n'était tout bonnement pas possible !

« Vous vous êtes égarés ? Je peux vous aider. Néanmoins, j'aimerais beaucoup vous inviter à prendre le thé avec moi avant. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas eu d'invités. »

Nathanaël aurait peut-être dû se méfier, mais Nath étant Nath, il esquissa un sourire, manifestement l'air ravi. Peut-être y aurait-il des gâteaux ?

 «Oh, c'est très aimable à vous ! Ce sera avec plaisir ! Je m'appelle Nathanaël Cartier, enchanté ! »

Nathanaël laissa le soin à son compagnon d'infortune de se présenter à son tour et lorsque ce fut fait, il reporta son attention sur l'homme en face d'eux, remarquant que ce dernier affichait un rictus étrange avant qu'il ne reprenne la parole.

« Comme c'est amusant. Voyez-vous, je me nomme Nathaniel Chartier. Je suis médecin ici. »

Nathanaël écarquilla les yeux. Quoi ? Cet homme avait quasiment le même nom que lui ! C'était quoi, ça? Qu'est-ce que ça signifiait ? Il n'était tout de même pas en train de se moquer de lui, si ? Il secoua doucement la tête. Pourquoi un illustre inconnu ferait-il une chose pareille? Ça n'avait aucun sens. Et puis, les médecins étaient des gens de confiance, non ?

« En effet, c'est...amusant. Quoique...je dirais plutôt que c'est étrange... »

Intrigué, Nathanaël s'approcha un peu plus de son quasi homonyme, histoire de pouvoir le dévisager d'un peu plus près. Il ne portait pas de lunettes, mais il y avait une certaine ressemblance malgré tout, c'était même presque troublant ! Le brun fronça les sourcils. Soit c'était son imagination qui lui jouait des tours, soit il venait de rencontrer son frère presque jumeau. C'était idiot ! Mais quand on y réfléchissait, ça ne l'était pas tant que ça, finalement. Après tout, Nath n'avait jamais connu sa vraie famille. Le prêtre secoua à nouveau la tête et s'éloigna, ayant remarqué le regard un peu agacé du médecin. Il se faisait des idées. C'était l'obscurité, l'endroit...rien de plus.
Reprenant ses esprits, Nathanaël esquissa un nouveau sourire.

« On vous suit ! Faites-nous sortir de ce couloir, je l'ai assez vu ! »

Le médecin ne dit rien et se mit à marcher dans la direction par laquelle il était arrivé, les emmenant sans doute dans son antre.

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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 29 Mar - 10:53

Rita avait réussi de justesse à se remettre sur ses pieds, sans que sa coiffe ne tombe ou qu’elle ne marche accidentellement sur les franges de sa robe. Lorsqu’enfin la banshee put reprendre son souffle et observer plus amplement le garçon en face d’elle, la jeune femme s’aperçut du silence gênant qui s’était installé, marqué par les rougeurs de l’acrobate. Il entama une conversation un peu pataude, sans doute n’avait-il pas l’éloquence comme qualité. Rita aurait pourtant pu en jurer l’inverse, au vu de sa tenue extravagant de noblesse.  Cependant, en dépit de sa grande taille gracile, le pauvre n’avait pas la langue souple.
L’esprit aurait pu en profiter pour lancer quelques piques, mais son crâne et ses yeux cognaient trop forts entre eux pour que sa propre bouche puisse sortir quoi que ce soit d’ironique ou même quelque chose de construit. De toute façon, les cris des danseurs couvriraient toute tentative de moquerie. Rita décida alors d’observer ce jeune homme qui se tortillait de manière assez cocasse. Elle remonta des iris depuis le bas de sa tunique grise jusqu’à ses yeux violacés, qui ne tardèrent pas à croiser les siens. La banshee fut surprise par la profondeur de ces derniers, s’attendant à ce qu’ils soient mauves sans aucune saveur. Cependant, ce furent deux améthystes brillants de timidité qui la scrutèrent, deux globes remplis d’une puissance doucereuse et suave, deux miroirs qui reflétaient le monde dans un couffin, atténuant la dureté et les lumières acérées. La jeune femme, alors, ne put s’empêcher de se sentir déçue, lorsque l’acrobate romps le contact. Ses maux de têtes l’auraient presque quitté, tiens. Mais malgré ses ressentiments, Rita eut de la sympathie pour ce jeune homme, et ne put s’empêcher de sortir :

- Il est vrai, cette soirée est splendide.


Elle n’en pensait pas un mot. Cependant, cela suffit à égayer le jeune artiste, soudainement plus confiant. Un silence confortable s’installa entre eux, rempli aisément par les exclamations de joie et le brouhaha ambiant. Et aurait-elle pu reprendre une conversation passionnante, oublier avec ce garçon les sombres raisons de sa venue, si le maître de la soirée n’avait pas fait une déclaration des plus alarmantes pour les invités : la folle s’était volatilisée.
La migraine reprit de plus belle. Peut-être était-ce dû l’anxiété du moment, ou peut-être que l’angoisse qui avait saisit Rita durant plusieurs jours revenait la frapper en plein crâne, la pliant presque en deux, sous le coup de la douleur. Cette femme, était-elle celle que la banshee avait tant redoutée ? Celle qui lui apporterait des semaines de souffrances ou une expérience traumatisante ? Combien souhaitait-elle que son cher lorialet soit à ses côtés, lui permettant de s’apaiser par sa lueur bleutée. D’ailleurs, avait-il également reçu une invitation ? Rita n’avait pas eu l’idée de scruter ses connaissances et, désormais, elle le regrettait. La seule compagnie qu’elle avait, c’était ce jeune homme dont elle ne savait même pas la véritable nature. Une couleur qu’elle n’avait jamais vue sur un être vivant.
La jeune femme s’était tenue au bord d’une table, évitant une situation embarrassante devant l’acrobate. Ses yeux se levèrent vers ce dernier, qui ne se prononça qu’au bout de quelques minutes.

« Que diriez-vous de... euhm... d'aller jeter un coup d'oeil à ce livre ? On pourrait trouver quelque chose d'intéressant qui nous divertirait de... enfin, vous savez. »

De toute évidence, non, Rita ne savait pas, car elle avait fait aussi attention à l’intrigue de cette soirée et aux sous-entendus du roi elfe, qu’une perle enfermée dans une huître avariée. Le fixant avec des yeux de merlan frit, la jeune femme se laissa trainer par Narcisse, vers un bouquin qui semblait être le sujet de l’attention générale. Le garçon laissa la banshee un peu en retrait, cette dernière étant toujours aussi confuse. En écoutant les conversations ci et là, Rita parvint tout juste à comprendre qu’une énigme bien coton avait été posée et que sa rencontre de ce soir était parti pour la résoudre et revenait l’air tout égayé. Avait-il trouvé, cela importait guère à la banshee. Aussi, quand le jeune homme revint et lui bégaya sa proposition de l’accompagner, elle ne put s’empêcher de soupirer. Rien ne l’obligeait à le suivre, si ce n’étaient les mirettes parmes du candide. Alors, malgré elle, Rita empoigna le bras fin du grand Roi Elfe, ce dernier complètement guilleret.

*Bon sang, je ne suis pas en état de répondre à des devinettes, je dois retrouver cette personne. Et, s’il le faut, j’abrégerai ses problèmes, par moi-même.*


Aussi décida-t-elle de ne se concentrer plus que sur la lueur source de sa migraine, se laissant guider par le pas non assuré de l’acrobate. Au fil des couloirs, ses yeux et sa gorge la piquaient de plus en plus, tellement que la peur de se dévoiler, contre sa volonté, au jeunot, finit par s’installer au milieu de son inquiétude et de ses migraines.
Elle se rendit compte, par après, de leur égarement, lorsque la seule lumière qui leur parvenait était celle de la Lune. Un malaise pesant alourdit encore le coeur de Rita, la faisant encore plus désirer Ziggy ou O’Malley. Même le matou aurait été rassurant à ce moment-là de leur exploration, car les excuses embrouillés du grand dadet à ses côtés n’avaient pas pour caractéristiques d’être réconfortants. L’ancienne prison ? Mais pourquoi donc l’ancienne prison ? Tout ce qu’elle avait souhaité, c’était aller vers le sud de la salle de réception, toujours dans cette même direction assommante, toujours vers cette fichue loupiote qui la tourmentait depuis déjà trop longtemps ! Et voilà qu’elle était perdue, perdue avec un gracieux et immense gosse. Gosse dont les yeux la fixaient intensément, ses fins iris pénétrant, craintifs et majestueux en même temps.  Et bien que son regard avait quelque chose d’envoûtant, Rita se sentait plus d’humeur à le frapper avec sa pipe que de le féliciter pour son côté naif. Aucun moyen qu’il ait l’oeil apaisant, pas comme l’aura affectueuse de son lorialet ou les mains chaleureuses de son matou.

- Vous êtes bien malin à me faire déambuler comme ça. N’avez-vous donc aucun sens de prévoyance ?


Quoique, une interrogation lui vint soudainement. Pourquoi diable continuait-elle à comparer l’acrobate à ses chers confrères ? Aussitôt trouvait-elle cela normal de comparer les gens avec ceux qu’on aime et, dans le même temps, elle se dégoutait, à toujours trouver mieux chez d’autres que chez ce jeune homme.

*Il ne mérite pas ça* pensa-t-elle, *Il peut, lui aussi, être important *

Important. Auparavant pour Rita, la valeur d’une personne ne s’étendait guère plus à la lueur de leur âme. Classer les êtres vivants en couleur et en éclat, tel était son lot. Or, de plus en plus de ses rencontres se faisaient inestimables. C’était trop étrange et trop de réflexion pour que Rita pour son débat interne plus en profondeur, mais ses yeux glissèrent de nouveau vers les nobles améthystes.

- Bon, sortons déjà de ce bâtiment, peut-être par cet esc-…
- Qui êtes vous ?

Une voix sortit soudainement de l’obscurité. Une voix de femme, un peu effrayée, mais avec assez d’aplomb pour avoir osé s’adresser aux intrus, à ces deux personnages, un Elfe géant et une Sauvage naine. La voix en question s’approcha à pas hésitant, jusqu’à ce qu’enfin son visage soit visible : une jeune dame en uniforme, blouse et coiffe, les cheveux attachés en un chignon serré et les jambes recouvertes d’un collant d’une blancheur immaculée, sans aucun filage. Cette demoiselle aux traits tirés et crispés stoppa quelques mètres devant les deux jeunes gens éberlués, avant de lancer :

- Vous vous trouvez dans un bâtiment privé.


Rita s’attendait à ce qu’elle ajoute des ordres effarouchés ou même une demande inquiète, mais l’infirmière resta muette après cette courte déclaration. Du moins, jusqu’à ce qu’elle remarque l’allure inhabituelle des deux égarés.

-  Vous êtes des invités ? Oh, mais quelle joie ! Vous vous êtes perdus ? Mais quel bonheur ? Rien ne vaut mieux que d’explorer de nouveaux endroits ! Vouliez-vous en savoir plus sur l’hospice ? Ce serait avec plaisir de vous guider !


La banshee lança un regard hagard à son compagnon, étonnée qu’elle était par ce soudain revirement d’ambiance. Ce dernier semblait mal à l’aise, mais seulement pour pouvoir s’adresser à la nouvelle venue. Timidité maladive, au travers de laquelle la créature ne parvenait pas à percer si Narcisse était aussi méfiant qu’elle, ou s’il ne s’affolait guère quant aux intentions de cette étrangère. Bon, après tout, s’il s’agissait d’une infirmière, peut-être valait-il mieux se tranquilliser. Alors, sur la proposition de la demoiselle, Rita et Narcisse suivirent cette dernière, qui avait allumé un cierge au passage.

- Excusez moi si je suis indiscrète, lança Rita, mais pouvons-nous au moins connaître votre nom ?
- Je m’appelle Charlotte, répondit leur guide après un curieux silence, je suis la responsable de ce bâtiment.
- Vous êtes seule pour tout cet immeuble ?
- Il faut bien le croire, toutes les autres sont en train de danser.
- Il n’y a donc personne ici ?
- Ceux qui dorment, si. Et ils ont bien de la chance. Mais vous n’avez pas à vous inquiéter, ils ont bien pensé à ce qu’ils ne se réveillent pas.

Au contraire, Rita s’inquiétait. Car, en plus de s’éloigner des clameurs et de la musique de la salle de réception, un autre facteur bien plus important affola la banshee : sa lueur avait disparu de sa vue.

Spoiler:
 

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Quand je lance pas des vannes, je parle en #429D42


"Maintes et maintes fois, maintes et maintes fois, j’ai cherché sans trouver la réponse à mon existence
Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
Je prie pour un jour y croire..."


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Gabriel Delcroix
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 30 Mar - 15:14

Gabriel fulminait intérieurement. Il avait voulu arriver avant Bastian, lui voler la vedette et découvrir la suite avant tout le monde. Hélas, cela ne se passa pas vraiment comme il l'avait espéré étant donné que le démon était déjà sur les lieux lorsque le vampire arriva, en compagnie de Victor, son majordome. Monsieur avait-il besoin d'une escorte ? Peu importe. Gabriel ne se fit pas prier pour lancer une remarque à son couturier, ce dernier répliquant évidemment aussitôt. Gabriel réprima un petit soupir. Tout ceci était ridicule.

  « N'as-tu donc trouvé rien de mieux ? De nous deux, c'est incontestablement toi, le plus poussiéreux. »

A vrai dire, il ignorait quel âge avait vraiment le démon, mais il devinait sans mal qu'il devait avoir au moins quelques siècles d'avance sur lui. Peu importe. Alors que Bastian était sur le point de découvrir ce qui se cachait sous cette dalle, un petit groupe fit son apparition. Ce cher Edward White, accompagné par son neveu et par le directeur. Gabriel les salua d'un simple signe de tête avant de reporter son attention sur Bastian qui venait de dévoiler deux lettres, cachées sous la dalle. Bon sang. Pourquoi tout le monde arrivait maintenant ? Il resta là où il était, observant et écoutant ce qui se disait. Une nouvelle énigme. Un nouveau code à déchiffrer. Cela commençait à devenir lassant. Toutefois, on pouvait se poser la question si la folle disparue était vraiment à l'origine de tout ça ou si elle s'était faite aider par une tierce personne. Bah, il s'en fichait un peu, à vrai dire.

Finalement, il se rapprocha un peu, histoire de jeter un œil sur les lettres, lui aussi. Edward semblait avoir trouvé la solution en un rien de temps vu le petit sourire qu'il arborait. Tss. Toujours à se la péter, celui-là. Gabriel aussi avait trouvé, mais il ne manifesta aucune forme d'émotion.
Et bientôt, d'autres personnes arrivèrent, dont Aldrick et sa famille. Cet endroit devenait vraiment trop petit pour tout ce monde. Sérieusement...pourquoi avoir parlé de tout ça à tous les invités ? Cela leur servirait à quoi de se perdre dans les couloirs de l'hôpital ? Gabriel soupira et se tourna vers Bastian qui venait de s'éloigner du groupe. Un peu contre toute attente, l'avocat en fit de même en rejoignant le démon, ne masquant pas son agacement, cette fois.

Il n'eut pas le temps de dire grand chose, puisque Bastian lui lança une énième pique, devant les yeux effarés de Victor. Pourquoi était-il aussi étonné ? Peu importe.

« Mais oui. Tout le monde sait que j'ai des sentiments pour toi et que je rêve de te sauter au cou afin de te murmurer des mots doux à l'oreille. »

En fait, il était tenté de filer tout de suite vers l'endroit indiqué par le code et de coiffer tout le monde au poteau. Mais au lieu de cela, il resta sur place, écoutant de nouvelles déclarations idiotes de Bastian...qui s'avérèrent pas aussi idiotes que ça finalement.

« Est-ce parce que tu n'as pas réussi à déchiffrer le code que tu veux aller profaner une tombe ? »

Evidemment, il savait que Bastian devait avoir trouvé et que ce n'était certainement pas ça qui lui avait fait changer d'avis. De plus en plus de gens s'agglutinaient devant la cellule, ça en devenait limite oppressant. Gabriel s'éloigna encore un peu, tandis que Bastian donnait ses instructions à Victor. Puis, ils se retrouvèrent seuls dans leur coin. Entendre toutes ces personnes jacasser non loin de là commençait vraiment à lui taper sur le système !

« Allons-y avant que je ne commette plusieurs meurtres. Et puis, il ne faudrait pas voler la vedette à ce cher Monsieur White, n'est-ce pas ? »

On pouvait déceler toute l'ironie dans ses propos et aussi le fait qu'il n'appréciait pas plus que ça le patron du Lost Paradise. En même temps, Gabriel n'appréciait pas grand monde. Toutefois, on pouvait dire qu'il tolérait au moins la présence du couturier, sans quoi jamais il n'aurait envisagé de le suivre dans cette expédition pour le moins singulière.
Ayant parfaitement mémorisé le plan des lieux, il prit les devants, fatigué de rester au même endroit et d'entendre les autres. Il se dirigea donc vers le cimetière, tout en se demandant ce qu'il foutait là, au juste.

« Qu'espères-tu trouver, au juste ? Un bijou ? Et ensuite ? Tu vas le porter, assorti à ta nouvelle robe ? »

C'était toujours comme ça entre eux, mais cela ne voulait pas dire que Gabriel ne savait pas apprécier le travail du démon. Au contraire. Sinon voilà longtemps qu'il aurait cessé de passer commande auprès de lui ! Mais là n'était pas la question. De toutes les personnes présentes en ces lieux, c'était probablement Bastian le moins pire. Difficile à croire, hein?
Au bout de quelques instants, ils sortirent enfin de ces couloirs sombres et furent bientôt arrivés au cimetière. De nombreuses tombes s'y trouvaient, la plupart appartenant sans doute aux patients ayant jadis foulé le sol de cet hôpital. Gabriel n'aimait pas particulièrement les cimetières, il trouvait le concept ridicule. Pourquoi les gens aimaient-ils mettre leurs défunts dans des cercueils avant de les couvrir de terre, les laissant ensuite se faire dévorer par les vers ? C'était parfaitement répugnant. Et puis, ils venaient se recueillir sur cette même tombe pour pleurer la personne disparue. Comme si on avait besoin de se retrouver dans un endroit précis pour penser à quelqu'un.

Le vampire soupira et se mit en quête de la tombe qu'ils cherchaient. Qu'est-ce qu'il faisait là, déjà ? Il n'avait même pas demandé son avis à Bastian avant de partir dans la direction opposée de la sienne. Ils seraient plus efficaces en se séparant. Et puis, il la trouva.

"Hé, le clown ! J'ai trouvé."

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 30 Mar - 22:07

En entrant dans la prison, Dolores ne put s'empêcher de jeter son regard sur les murs poussiéreux et autres toiles d'araignées qui y pendaient. Étrangement, c'était le genre d'atmosphère qui lui plaisait beaucoup, ce silence étouffé et unique en son genre, uniquement ponctué par le bruit des pas résonnant jusque dans l'obscurité des couloirs. Vraiment, ces endroits étaient parfaits pour entretenir le mystère, suffisamment en tout cas pour éveiller les frissons le long de la peau de l'homonculus. Derrière elle elle pouvait entendre les bruits de pas de June et ceux du petit fantôme dont elle ignorait encore l'identité. Le miauleur freudien quant à lui s'était fait capturer par des subordonnés de son ennemi juré, Dolores avait jugé qu'il s'agissait là du combat du psychiatre et qu'y interférait serait contre ses principes (en vérité elle n'était pas trop friande de la communauté des docteurs de Paris, la plupart étaient trop avides et orgueilleux à son goût).

Beaucoup de personnes avaient résolus la première énigme, en tout cas beaucoup avaient trouvés la réponse (ce qui est tout à fait différent), si bien qu'entrer dans la prison ne fut pas une mince affaire. Manfred dû jouer de son charme afin d'écarter les gêneurs, permettant à la petite troupe d'entrer dans la vieille bâtisse aux fenêtres brisées mais aux cellules toujours bien fermées. D'après l'énigme, il fallait se rendre jusqu'à la cellule 30, Dolores laissa le petit interne la guider, lui qui connaissait parfaitement l'endroit, il était sacrément utile.

- J'y pense Le Thésée de la locution, je sais qu'une identité secrète est fondamentale pour nous, mais quel est ton nom ?
- H-H-Hein ? Moi ? J-J-J
- Jean ?
- N-Non !
- Jeanne ? C'est bizarre pour un garçon. Vos parents ne devaient pas vous désirer.
- Adam ! C-C'est Adam…

Avant de pouvoir répondre à son jeune subordonné (elle l'avait décidé), la doctoresse aperçut enfin la cellule 30 en question. Il restait quelques personnes mais visiblement, la découverte a été faite un peu plus tôt. Déçue d'être arrivée en retard, Dolores prit les devants et entra dans la cellule où elle ne trouva rien de plus qu'une dalle vide. Elle approcha alors son visage à quelques centimètres de celui d'un des internes posté près de la dalle ouverte, souhaitant savoir ce qui s'y trouvait.

- Répond, subordonné morbide et infâme du docteur Munch ! Qu'y avait-il dans ce trou ?
- Hein ?
- … Tu préfères le silence, c'est ça ? Ce n'est pas avec moi que tu trouveras la quiétude ! Manfred ! Attaque !

Le pigeon, perplexe, se contenta de pencher la tête à droite (le faisant tomber de l'épaule de sa maîtresse), provoquant un silence grotesque dans la cellule. L'interne se gratta la tête, ne comprenant pas trop d'où venait la furie qui lui parlait.

- Si vous cherchez l'énigme, mon collègue doit être dehors afin de la montrer aux gens. Qu'est-ce que vous faites ici au juste ? Adam, c'est qui elle ?

Dolores grommela, ramassa Manfred et le reposa sur son épaule avant de sortir toute énervée de la prison, agacée d'avoir perdu la main face à l'un des subordonnés du Docteur Munch (qui est, comme tout le monde le sait, l'un des concurrents principaux du Docteur Kellerstein dans la voie de la conquête du monde). Embêté, Adam prit quand même la peine de répondre à son collègue avant de rejoindre la doctoresse.

- C'est elle ! Le D-D-Docteur Keller !
- Ah ? La fille de l'ancien patron de ton père ?
- O-O-Oui !
- Tu comprendras enfin que tes délires de création de je-sais-pas-quoi c'est du n'importe quoi.

Déjà disparu dans le couloir de la prison, Adam rejoignit rapidement Dolores à l'extérieur, déjà penchée au dessus des deux feuilles sur lesquelles était écrite la seconde énigme. L'interne qui conservait les papiers tenta une approche mais fut rapidement remis à sa place par la doctoresse.

- Vous savez, la solution a déjà été trouvée et…
- Non chut TU TE TAIS ! Ce n'est pas une énigme qui va faire reculer le docteur Kellerstein, loin de là.

La jeune femme analysa attentivement l'énigme puis commença alors à grimaçer et grogna, pencha la tête, rapprocha son visage de la feuille, s'en écarte, fronça les sourcils, regarda Adam, se mordit la lèvre, regarda Manfred, puis leva la tête et se la prit dans les mains.

- Mmmmmggggnnnnnnnnnnmmmmmfffffffffff… JE COMPRENDS RIEEEEEEEEEEN ! Manfred, cherche !

L'oiseau tourna la tête vers Dolores puis jeta son dévolu sur un de ses cheveux, bien décidé à l'attraper dans son bec. C'était pas gagné.

-----✚-----✚-----✚-----

Bigre, cette prison était vraiment sale, à tel point que les papattes de notre héroïne préférée Ypsilonne étaient toutes noires. Le piège de Marcel le moineau était des plus réfléchis cette fois-ci, il avait savamment préparé son coup.

La jeune féline se remémora l'incroyable combat qui eut lieu sur le toit cette nuit là. Elle sentait encore le souffle du vent sur ses moustaches et le regard vil et sournois de Marcel le moineau, tenant fièrement l'amuse-gueule dans son petit mec, bien décidé à s'en défaire si Ypsilonne l'attaquait. Malheureusement, l'affrontement s'était soldé par une chute vertigineuse du haut du toit de la chapelle. Marcel le Moineau avait finalement laissé derrière lui son otage, mais c'était uniquement dans le but d'attirer sa pire ennemie dans son terrible piège.
Énervée, le chat l'avait poursuivi dans une bonne partie de la Salpètrière, jusqu'à glisser sur une des tuiles mouillées de l'ancienne prison et tomber dans un des trous qui décorait le toit. Ypsilonne revoyait encore la silhouette sombre de Marcel le moineau, orgueilleusement perché au bord du trou, surplombant de sa silhouette illuminée par la lune notre fière guerrière, piégée dans ce dédale poussiéreux. Elle devait sortir, Marcel le moineau ne pouvait pas gagner aussi facilement. C'était ainsi que cette longue traversée débuta pour Ypsilonne, emprisonnée dans sa solitude.

Les oreilles à l'affût, le chat avança à pattes de velours dans la terrible prison, guettant de ses yeux nyctalopes la moindre fissure, le moindre mouvement qui pourrait lui servir. La justicière nocturne aperçut alors une petite tâche noire courir à toute vitesse sur le sol puis disparaître dans l'une des fissures d'un mur. Elle n'était pas seule. Était-ce une autre victime de Marcel le moineau ? Ou alors un de ses sbires ? Une seule solution pour le savoir, il fallait l'attraper. Attendant la première occasion, elle sauta immédiatement sur la petite tâche noire et plaqua ses pattes dessus afin d'éviter toutes fuites de sa part. Les relevant alors, elle découvrit un jeune cafard un peu étourdi, probablement un des habitants de la prison. L'insecte la voyant, il lui fit signe de sa petite antenne et lui demanda de le suivre car il connaissait la sortie. Heureuse de cette découverte, Ypsilonne suivit Oscar le cafard bien décidée à prendre sa revanche sur Marcel le moineau.

(Note : Tout ceci est vu par Yvonne, il ne tient qu'à vous de croire que le cafard l'aide vraiment ou s'enfuit seulement sans prendre le chat en considération).

-----✚-----✚-----✚-----

- OUUWAAAAAAAAAAAH ! J'ai trouvé ! Manfred tu es un génie ! Ah non, c'est moi, toi tu es ma création. Manfred ! Tu es la création d'un génie !
- V-V-Vous avez compris ?
- Ha ! Exactement, et je n'en suis pas peu fier, mais les honneurs reviennent à Manfred. Si vous voulez mon avis, la personne qui fait ses énigmes est quelqu'un d'aussi tordu qu'intelligent et vu sa complexité, elle a été préparée bien à l'avance. C'est pas génial !?
- Si si si ! Oui ! Je crois !
- Adam, vous a-t-on déjà dit que vous étiez drôles ?
- … Non ?
- Alors on vous a menti. Y a-t-il des logements par ici ?
- Oui tout-à-fait ! En fait c'est des logements qui sont plutôt là pour habiter plutôt que loger et… Suivez-moi je pense.

Fière d'avoir résolu l'énigme, Dolores s'assura de bien lire la lettre de ladite Cassandre afin de parfaitement la mémoriser (merci Papa), puis partit à la suite d'Adam, suivie ou pas par June et le petit fantôme dont elle ne s'était plus vraiment préoccupée à cause de cette histoire d'énigme. Elle n'avait même pas prêté attention au fait que sa chère et tendre rivale la suivait dans son coin, un morceau de papier dans la main et un sourire aux lèvres (cachées sous une vraie fausse moustache, c'était à préciser).

-----✚-----✚-----✚-----

Enfin à l'extérieur, Ypsilonne se secoua afin d'enlever toute la poussière qui s'était attachée à sa fourrure. Afin de mettre à terre Marcel le moineau une bonne fois pour toute, elle allait devoir employer les grands moyens et appeler des renforts. Elle demanda donc à Oscar le cafard d'avertir ses frères et sœurs avant de partir à la recherche d'alliés pour son ultime combat.

Sa recherche s'interrompit rapidement, voyant un magnifique homme chat qui serait idéal pour son combat. Ypsilonne s'approcha alors de la personne en question (il lui semblait l'avoir déjà vu au Lost Paradise ou alors dans ses alentours) et se frotta à sa jambe, poussant un petit aboiement afin d'appeler à l'alliance. Ce fut la première rencontre entre le Miauleur freudien et Ypsilonne la guerrière nocturne !

HRP:
 

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Narcisse Williams
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 30 Mar - 23:38

Le ridicule ne tue pas.
C'est ce que Narcisse se répétait en tentant de ne pas tressaillir sous le regard de sa collègue. Celle-ci n'appréciait vraisemblablement pas le magnifique voyage à travers l'hôpital psychiatrique qu'il lui offrait, ce qui était, en soi, parfaitement compréhensible. Quel imbécile ! Qu'est-ce qu'il lui avait pris ?! Il n'avait jamais eu ce genre d'attitude avec des inconnus avant, alors pourquoi avait-il décidé de changer ça ?! De toute manière il était incapable de faire quelque chose de bien de bout en bout, il eut dû le savoir, sentir qu'il allait planter cette fois-ci comme toutes les autres ! Un soupir las et agacé s'échappa de ses lèvres. Il y avait des fois, comme là, où passer de dragon à souris paraissait particulièrement tentant. Au moins un rongeur sait se repérer... Théoriquement, sa nature lui inculquait le don de savoir s'orienter, à lui aussi, mais force était de constater qu'il était l'exception qui confirme la règle. Il fallait dire que le jeune homme était cette exception dans énormément de situations. Youpi... Quelle joie immense qu'est celle d'être unique...
Décidément, son esprit était bien sarcastique ce soir.

- Vous êtes bien malin à me faire déambuler comme ça. N’avez-vous donc aucun sens de prévoyance ?


Aille.
Non, je ne suis pas malin, et non, visiblement je n'ai aucun sens de prévoyance.
L'estime de soi que se portait l'acrobate était en pleine chute libre. Ou plutôt, au point où il en était elle était en train de creuser un tunnel vers le centre de la Terre. Terriblement gêné, Narcisse feignit l'indifférence pour se focaliser sur les détails du couloir qui pourraient, avec un peu de chance, lui indiquer où il avait embarqué Mme Upset. Quelque part dans son esprit se formulaient des dizaines de prières pour tous les dieux existant afin que, par pitié, ils n'aient pas atterri dans le quartier des malades. Il n'eut plus manqué que cela pour gâcher définitivement la soirée des deux artistes... si ce n'était pas déjà fait. La prochaine fois, plutôt que de tenter de jouer les héros, je me contenterai d'un cocktail et d'une chaise pour passer le soir. Ou mieux encore, je ne viendrai pas. Il avait vraiment un don inimaginable pour s'attirer des ennuis, tout de même. Peu de temps auparavant, il avait entendu une théorie selon laquelle toutes les actions qu'un individu faisait dans sa vie et dans les précédentes avaient une incidence sur sa fortune. Un truc appelé karma, ou quelque chose du genre, qui venait du bouddhisme. Si cette idée était fondée, alors il avait dû commettre d'horribles crimes durant ses vies antérieures. Niveau malchance, on pouvait difficilement faire pire. Ou peut-être, tout simplement, que le jeune homme ne faisait que récolter ce qu'il avait semé. Dans tous les cas, si sa bourde ne faisait pas fuir sa collègue dès qu'ils seraient sorti de là, il lui achèterait une bonne boisson pour s'excuser, ou des fleurs. La dernière option semblait la meilleure.

- Bon, sortons déjà de ce bâtiment, peut-être par cet esc-…
- Qui êtes vous ?

Narcisse avait commencé à se retourner vers la chanteuse pour jeter un coup d’œil à l'escalier en question quand une seconde voix, inconnu, coupa la première. Il fit volte-face vers là d'où venait l'élocution et fut surpris de voir une infirmière surgir de l'obscurité. Elle ne paraissait pas vraiment sûre d'elle, même si sa démarche portait tout de même une touche de confiance, ou du moins suffisamment pour s'adresser avec aplomb à deux inconnus. Curieux, l'acrobate examina les traits un peu trop fins de l'arrivante. Son visage semblait marqué par les tourments et la fatigue, tiré et crispé, ce qui était encore renforcé par le chignon strict qui tenait ses cheveux sombres en place. Son uniforme était impeccable, si semblable à tous les autres. Absorbé par son observation, il ne prêta qu'une oreille à ce qui suivit.

- Vous vous trouvez dans un bâtiment privé.

Là, le jeune homme haussa un sourcil, légèrement agacé. Cela faisait la deuxième fois qu'on retournait le couteau dans la plaie. Alors oui, il avait encore fait une erreur, mais n'importe qui devait avoir le droit de circuler dans la Salpêtrière, puisque l'enquête en cours demandait à tous de pouvoir se déplacer. A moins que... Son visage pâlit légèrement à l'idée qui venait de lui traverser l'esprit. Néanmoins il eut tôt fait d'être coupé par une soudaine jovialité dans l'attitude de l'infirmière.

-  Vous êtes des invités ? Oh, mais quelle joie ! Vous vous êtes perdus ? Mais quel bonheur ? Rien ne vaut mieux que d’explorer de nouveaux endroits ! Vouliez-vous en savoir plus sur l’hospice ? Ce serait avec plaisir de vous guider !


Narcisse écarquilla les yeux, ahuri. Le comportement de la nouvelle arrivante était des plus étranges. Qui eut réagi ainsi à la vue de deux jeunes gens perdus dans un hôpital, vraiment ? C'était un drôle de discours, et une singulière proposition que lançait cette femme. Il n'était d'ailleurs vraisemblablement pas le seul à le penser, puisque sa collègue échangea avec lui un regard éberlué.

Mais ce n'était pas tant ses paroles qui inquiétaient le dragon. A vrai dire, il ne se sentait pas à l'aise en la présence de l'infirmière. Il n'eut su mettre des mots sur ce qu'il ressentait, mais quelque chose de déplaisant s'échappait d'elle et ne lui inspirait pas confiance. Il garda pourtant le silence, peu désireux de crisper tout le monde alors qu'il faisait sûrement mauvaise route. Une gaffe suffisait en une soirée, il n'avait en aucun cas besoin d'en rajouter une couche. Il suivit donc le mouvement qu'imbriqua la femme avec calme, malgré une légère réticence à s'engouffrer plus en avant dans les couloirs. Pas qu'il avait peur, non. Il était peut-être craintif, mais de là à avoir peur d'une simple humaine, il y avait des limites. Il ne fallait pas oublier qu'il pouvait faire sortir des flammes de sa bouche, après tout. Sa collègue se lança sans tarder dans une sorte d'interrogatoire:

- Excusez moi si je suis indiscrète, mais pouvons-nous au moins connaître votre nom ?
- Je m’appelle Charlotte, répondit leur guide après un curieux silence, je suis la responsable de ce bâtiment.
- Vous êtes seule pour tout cet immeuble ?
- Il faut bien le croire, toutes les autres sont en train de danser.
- Il n’y a donc personne ici ?
- Ceux qui dorment, si. Et ils ont bien de la chance. Mais vous n’avez pas à vous inquiéter, ils ont bien pensé à ce qu’ils ne se réveillent pas.

Curieusement - ou peut-être pas du tout, en fait - la dernière phrase de l'infirmière eut l'effet inverse de celui escompté. Déjà parce que l'hypothèse selon laquelle Narcisse avait belle et bien une malchance chronique et qu'il s'était perdu en plein dans un bâtiment de patients venait de se vérifier, et ensuite parce que la femme avait une jolie mais cruelle manière de signifier que les patients recevaient des sédatifs, donc qu'ils étaient probablement dangereux pour la plupart. La légère hésitation qu'avait marqué sa guide lorsque Mme Uspet lui avait demandé son prénom ne lui avait pas échappé non plus, et il craignait d'avoir affaire à une usurpatrice. S'agissait-il là de Calliope ? Hésitant, le dragon la détailla un peu plus, mais cela ne semblait pas être le cas. Ou peut-être que je suis paranoïaque. Malheureusement, c'était de loin l'option la plus crédible. Tournant gracieusement la tête vers sa collègue, le jeune homme réalisa avec nervosité que celle-ci semblait malgré tout partager son anxiété. Ce n'était pas très bon signe. Néanmoins les deux artistes continuèrent de suivre cette étrange infirmière à chaque virage qu'elle semblait prendre soit par pur hasard, soit par connaissance parfaite des lieux. Sincèrement, il préférait le deuxième choix.

Au fil des minutes, les couloirs continuaient de s'enchaîner, les bruits mondains de la salle de réception de s'atténuer, et la nervosité du dragon de s'amplifier. C'est à ce moment là qu'il décida, presque contre lui, de prendre la parole:

- Excusez-moi de vous importuner, madame, mais où nous emmenez-vous ?
- Je connais cet endroit mieux que vous, jeune homme, et je me permets de vous guider à travers lui.

La manière qu'avait l'infirmière d'éluder ses questions n'était pas pour lui plaire, et il fronça légèrement les sourcils, jetant un regard perdu à Mme Upset. Dans quoi s'était-il encore embarqué ? Si sa mémoire et son sens de l'orientation ne le trompaient pas, ils se dirigeaient vers l'entrée principale de la Salpêtrière, soit vers le Sud... donc l'opposé de là où ils voulaient aller.

- Madame, notre seul souhait est de se diriger vers la salle de réception... s'il vous plaît.

Il avait conscience que son insistance frôlait l'insolence, mais il ne se sentait guère à l'aise et cette dame semblait déterminée à les emmener, lui et sa collègue, à un endroit bien précis. Celle-ci se retourna brièvement vers eux pour les gratifier d'un regard inquisiteur, mais ne répondit pas. Visiblement elle ne lâcherait pas prise. Cependant, il y avait quelque chose d'intéressant dans cette histoire. Plus le temps passait, moins cette "infirmière" semblait en être une. Et si elle n'était pas du personnel soignant, alors il y avait de grandes chances pour qu'elle soit... Une folle, simplement. Vraisemblablement, elle ne leur voulait aucun mal, si ce n'était les perdre dans l'hôpital. Peut-être que la suivre les aiderait à résoudre le mystère de Calliope plus rapidement ?

Où cela va-t-il nous mener ?

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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 31 Mar - 0:13

À mesure que son interlocuteur se rapprochait, Dominik pouvait le distinguait un peu mieux. Outre son déguisement, son visage devint également plus clair et il sembla au revenant qu'il l'avait déjà aperçu quelque part, sans qu'il ne puisse se rappeler où. D'abord, c'était une question stupide. Il était vrai qu'il lui arrivait de sortir beaucoup dans ses longs moments d'ennui, mais il était à 98.5% certain qu'il s'agissait d'un client du Lost.

Les deux hommes se toisaient du regard, se détaillant à leurs tours. Dominik n'osait pas bouger, laissant l'autre venir à lui. Si ce n'était de l’absence de lumières, le pianiste aurait presque pu croire à une apparition divine. Ce n'était pas tous les jours qu'on voyait un ange s'approcher de vous dans un long couloir où vous vous êtes, par le truchement de l’inadvertance, stupidement égaré. C'était un envoyé de Dieu qui venait à son aide! Au contraire de lui. Il n'était pas bête au point de n'avoir pas perçu la déception, voire l'agacement, de son vis-à-vis suite à sa réponse de l'instant plus tôt. Pourtant, ce dernier n'en fit pas mouche plus longtemps et exprima son opinion sur la définition d'une folle.

Il s'arrêta finalement devant lui. Dominik n'avait toujours pas bougé d'un poil, le moindre mouvement lui donnant la nausée. L'autre se présenta et lui tendit la main. Nathanaël... Il lui semblait que... Non, ce nom ne lui disait absolument rien. Dominik hésita une seconde avant de saisir sa main comme la convention le lui obligeait, pour aucune raison en particulier. Il aimait hésiter. C'était comme une passion. Ou plutôt une très  mauvaise manie. Il venait de la saisir quand Nathanaël continua.

« Et vous êtes Le Pendu, n'est-ce pas ? Je vous écoute souvent jouer au Cabaret. Vous êtes vraiment doué...Mais...je me suis toujours demandé..pourquoi un tel nom de scène ? »

Le pianiste ne savait pas s'il devait d'abord s'étonner qu'on le reconnaisse, être stupéfait d'entendre un compliment de la sorte, ou bien être dérouté par une telle question. Il hésita à nouveau (alerte mauvaise manie). Sa réelle identité lui suivrait donc partout, même en tant qu'Arif pas-si-bandit-que-ça-finalement. Embarrassé, il baissa légèrement la tête.

« C'est très aimable à vous... C'est en fait... une... image... Une métaphore? Gardons une touche de mystère, vous voulez bien? »

Mais son interlocuteur ne l'écoutait déjà plus. Son regard se portait vers autre chose. Tss tss. Mais où va donc ce monde s'il n'y a plus de politesse! Dominik suivit alors son regard et sursauta presque à la vue d'une lueur avançant dans la nuit, de laquelle se dessinait... LA FAUCHEUSE! (TUN TUN TUN) L'homme portait une grande capuche sombre – ou était-ce à cause de la noirceur du couloir? -  bien enfoncée sur sa tête. On distinguait ainsi très mal son visage. C'était la Faucheuse, il n'y avait plus aucun doute! Mais Dominik n'avait pas à avoir peur d'elle, évidemment. Il se voyait déjà lui lancer : « Vous êtes en retard! ». Mais Nathanaël lui jeta un furtif coup d'oeil, comme s'il eut cherché une approbation quelconque, ou simplement un peu de réconfort, l'en empêchant. Il interpella la créature qui s'avançait vers eux, et un long silence s'en suivit. Ça y est, elle vient de mourir. Le pianiste constata alors les énormes cernes sous les yeux de la chose, comme deux grosses taches ternes. Les cernes ambulantes se prononça finalement et... les invita à prendre le thé. Nathanaël s'empressa d'accepter tout en se présentant tout bonnement à nouveau. Devant son silence, Dominik en conclut qu'il devait faire de même.

« Je suis perdu... Euh! pendu... Enfin plutôt Dominik, et pas du tout Arif »

Dominik avait visiblement laissé tombé son cerveau quelque part. Oui, même s'il n'en avait plus depuis des années déjà. Tout c'était passé si vite, voilà qu'il allait prendre le thé avec... cette chose qui prétendait être un médecin. Médecin qui avait un nom étrangement similaire à celui de son acolyte ci-présent. Et un visage qui ne lui revenait simplement pas. En fait, il était plutôt effrayant. Quel genre de médecin déambulait ainsi caché sous une énorme capuche? Maintenant qu'il y pensait, quel genre de pianiste déambulait généralement dans les couloirs d'un hospice le nombril à l'air aux côtés d'un ange? Il ne devait pas oublier, c'était le bal des folles. Voilà qui lui rappelait également que l'une d'elles avait disparu et qu'au lieu d'aller tout bonnement prendre le thé avec un inconnu, il devrait, tel un Sherlock d'une soirée digne de ce nom, aller à ses trousses!

Il n'avait su dire quel chemin ils avaient pris, mais après quelques minutes de marche, ils arrivèrent devant ce qui semblait être les appartements du médecin Chartier. Ce dernier déverrouilla une large porte de bois et si engouffra. Dominik n'était plus tout à fait sûr d'avoir envie d'y entrer. L'avait-il jamais été, d'ailleurs? Ce n'était pas qu'il manquait de courage mais... en fait si. Cet homme ne lui disait rien de bon et malgré toutes les créatures étranges qui traînaient au Lost, une mauvaise intuition restait une mauvaise intuition et une excellente raison pour rebrousser chemin. Mais Nathanaël semblait impatient de se réchauffer la gorge avec un breuvage chaud et la curiosité l'emportant toujours sur tout, Dominik entra à son tour.

La pièce était mal éclairée, mais il pu distinguer quelques meubles ça et là, après avoir buté sur l'un d'eux, qui semblait assez luxueux. Il était médecin, après tout. Chartier déposa la chandelle qu'il tenait sur la petite table basse et leur fit signe.

« Prenez place, je vous en prie. »

Ce n'est pas la peine de prier. Dominik rêvait d'un siège depuis des lustres! Le pianiste prit donc place sur le premier siège à sa portée, Nathanaël suivant également les conseils du médecin. Chartier ne tarda pas à leur emmener deux tasses de thé bien fumantes, toujours fourré sous sa large capuche. Dominik hésita longuement avant de se décider à prendre une gorgée. Il observait le liquide brunâtre avec appréhension. Et si c'était... du poison? D'ailleurs, le médecin lui-même ne touchait pas à sa tasse, attendant patiemment que ses invités le devancent. Que ferait-il une fois que le revenant aurait porté à sa bouche sa tasse? Se lèverait-il d'un bon en riant machiavéliquement? À cette pensée, Dominik réalisa qu'il n'avait pas sourit une seule fois depuis qu'ils l'avaient rencontré dans le couloir. Tiens, tiens...

« Pourquoi nous avoir invité à prendre le thé si spontanément? »

Le médecin eu l'air surpris.

« Eh bien, comme je vous l'ai dis plus tôt, il m'est assez rare d'avoir des visiteurs. »

Dominik crut entendre un léger rire pas très réconfortant, mais il ne put en être certain. Il jeta un coup d’œil du côté de Nathanaël, mais ce dernier ne sembla pas avoir décelé quoi que ce soit. Le pianiste se força à recouvrer ses esprits. Son imagination lui jouait encore des tours.

« Cela vous arrive-t-il très souvent de prendre de parfaits inconnus comme visiteurs? »

L'homme ne répondit pas. Dominik sentait toutefois l'atmosphère de malaise qu'il avait créée. Loin de là son idée, ses craintes le poussaient toutefois à mener sa petite enquête peu lucrative sur M. Cerné. Il cherchait de quoi l'accuser d'autre, le sentant déjà au pied du mur, quand, hors de toute attention, le médecin revint à la charge.

« Est-ce un interrogatoire? »

C'est ce moment que choisit Dominik pour prendre une première gorgée de thé et fut agréablement surpris. Il y avait bien longtemps qu'il n'en avait pas goûté d'aussi bons.

« En effet. Cela va de soi, non? Je veux dire, dans le cas où l'une de vos patiente s'est éclipsée, il est surprenant que vous preniez la peine de prendre le thé. »

« Tout le monde est sur son cas dans le moment. J'ai bon espoir qu'on la retrouve au plus vite. Et puis, à voir la foule qui se masse aux mêmes endroits, je ne serais pas plus utile qu'une carpe dans un bateau, agglutiné parmi tous ces gens. De plus, j'ai également accès à toutes les informations trouvées. Voyez par vous même. »

Il plongea alors ses grandes mains dans ses poches, d'où il sortit deux morceaux de papiers. Après les avoir contemplé un moment, comme pour s'assurer qu'il s'agissait des bons documents, il les lui tendit.

« Ce sont des retranscriptions, mais c'est ce que nous avons trouvé dans l'ancienne prison. »

Dominik déposa alors sa tasse et s'appliqua à lire attentivement les deux documents, l'une étant une lettre datant d'un bon moment, et l'autre visiblement un indice ajouté par Calliope. À défaut de n'avoir rien pigé du premier indice, il devenait important pour la petite estime personnelle du pianiste de réussir à déchiffrer celui-ci. Sans se soucier si Nathanaël désirait en prendre connaissance également, il retourna la lettre dans tous les sens et émis toutes sortes d'hypothèse. Comment pouvait-il ne pas le comprendre d'un coup? Si cette énigme avait été créée par une folle, il ne devrait pas être si compliqué. Dominik se sentait terriblement sot.

« L'interrogatoire est finit? »

Dominik acquiesça, mal à l'aise.

« Bien. Sur ce, vous m'excuserez, on m'attend. Ne bougez pas, je serai bientôt de retour. »

Le médecin se leva et quitta les lieux, laissant le pianiste et Nathanaël seuls. Où était-il allé et qu'allait-il faire? Allait-il revenir les mains ensanglantées? Allait-il placer un autre indice à la place de Calliope, qui sait? Dominik jeta un coup d’œil vers son compagnon. Devaient-ils rester ou fuit les lieux tant qu'il en était encore temps? Sa tasse de thé ne fumait plus. Elle était désormais froide comme la glace.

Spoiler:
 

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Dernière édition par Dominik Steadworthy le Ven 4 Avr - 1:56, édité 2 fois
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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 31 Mar - 5:26

June était tiraillée, mais c’était finalement l’envie de venir en aide à la jeune demoiselle perdue qui avait gagné, plutôt que l’envie de prendre la poudre d’escampette en compagnie du petit mime. Toutes ces énigmes l’intriguaient, et elle attendait non sans enthousiasme le fin mot de l’histoire, c’est vrai. Notamment, la raison précise de cette fuite. Pourquoi la Calliope avait-elle quitté sa chambre au beau milieu de la nuit ? C’était sans l’ombre d’un doute pour quelque chose d’important. C’était du moins ce dont June était persuadée. Voilà donc comment elle se retrouvait à parcourir les sentiers de la Salpêtrière en compagnie de ce petit groupe de personnes fort différentes les unes des autres, à la suite de quelques mots trouvés dans un livre. Oh, la cantatrice avait elle aussi résolu l’énigme, du moins, elle en était persuadée. En tant que férue de lecture, entre histoires fantastiques et enquêtes policières, ces codes n’étaient pas exactement nouveaux. Seulement, puisque la doctoresse avait été plus rapide pour prendre la parole, elle la laissa se saisir de l’heure de gloire. De toute façon, chaque membre de leur groupe aurait leur utilité tôt ou tard, en toute logique, n’est-ce pas ? Par exemple, le dénommé Adam, jeune interne fraîchement arrivé dans la cour et atteint de bégaiement, les mena à la cellule 30 comme un véritable chef connaissant les moindres recoins de l’établissement. Oui, franchement, cela mériterait des applaudissements ! … Sauf qu’apparemment, ils étaient parmi les derniers arrivés, les quelques personnes repartant déjà dans une autre direction.

Quelle déception. D’un autre côté, June était soulagée de ne pas encore avoir à croiser Edward… Elle s’attendait déjà au regard réprobateur qu’il poserait sur elle. Un soupir échappa d’ailleurs ses lèvres à cette simple pensée, et elle préféra se pencher sur le bout de papier. Ouille. Les chiffres avaient fait place à une série de lettre dans un ordre assez particulier. June avait beau retourner les lettres dans tous les sens, au fin fond de son esprit, pas la moindre réponse ne voulait faire surface. Peut-être était-elle fatiguée, tout simplement. Son esprit refusant alors de lui offrir les informations que sa mémoire pouvait bien posséder. Peut-être un fantôme finirait-il par passer par-là, et éclairerait sa voie. En autant que ce ne soit pas celui de la disparue, ce qui serait tragique. En attendant, elle suivait gentiment Dolores, celle-ci semblant encore atteinte d’un éclat de génie bien que donnant le mérite à son fidèle compagnon à plumes, tout en jetant des coups d’œil inquiets à Ziggy de temps en temps pour s’assurer que tout allait bien pour lui. Même s’il ne voulait pas prendre la parole, ils trouveraient bien un autre moyen de communiquer ! Elle se mit même à fredonner une courte mélodie pour leur donner à tous du courage. Évidemment, certains en avait davantage besoin que les autres, mais quelle importance ! Direction les dits logements. C’était toujours mieux que rien. Toutefois, il valait sans doute mieux mettre quelque chose au clair.

— Il faudra m’expliquer ce que voulait dire tout ce charabia…

Elle se sentait un peu idiote, à avouer ainsi qu’elle ne suivait plus tout à fait les évènements. Surtout si elle était la seule du groupe. Ah ! Cela la rendait presque triste, sinon jalouse, et ses traits devinrent un peu alourdis par cette ombre passant sur son cœur. Mais tout de même, avec la façon de penser assez excentrique de Dolores Keller, comment être certains qu’ils étaient sur la bonne voie, autrement ?
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Edward White
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 31 Mar - 9:37


    La pièce avait beau ne pas être bien grande, elle se remplissait au fur et à mesure que les curieux se pressaient pour décortiquer la nouvelle énigme de la folle. Edward perdit d'ailleurs rapidement son sourire. Se sentant de plus en plus oppressé dans cet espace clôt, son instinct de lycanthrope et le besoin vital d'air qui l'accompagnait se fit cruellement ressentir. Les muscles tendus et le visage plus fermés qu'à son habitude, il gardait un œil sur la porte de la cellule, comme s'il eut craint qu'elle ne vienne se refermer à jamais sur lui.

    On se bousculait pour entrer, les messages étaient consultés, puis les gens se tassaient contres les parois humides, laissant d'autres invités aller et venir, les femmes souvent cramponnées aux bras de leur époux, mimant une faiblesse, alors que leur regard transpirait l'excitation. Pourtant, l'une des nouvelles arrivantes se distingua nettement du reste de la masse par son maintient de reine et l'aura glaciale qu'elle véhiculait. Élise. Les iris d'Edward ne prirent gère le risque de croiser les siens, préférant retrouver les traits apaisant du visage d'Andréa sur lequel un sourire s'était dessiné.
    Le louveteau fut enchanté de revoir la jolie brune déguisée en magicienne gagner la pièce et ce plaisir s'étirait sur ses lèvres sans même qu'il s'en aperçoive. Bien qu'il n'ait nullement le droit de la rejoindre, le sort semblait en avoir décidé autrement, car ce fut la jeune fille qui vint le retrouver et lui demanda son aide pour résoudre cette enquête. Le jeune homme s'empressa d'accepter, réquisitionnant le crayon et le carnet que son oncle conservait sur lui, sans remarquer l'état tendu de ce dernier.

    Edward eut à peine le temps de le quitter des yeux, qu'il se retrouva vis-à-vis de la mère d'Aldrick., qui le salua sur un ton suintant de fiel. Le loup-garou ne répondit pas, leur rencontre étant interrompu par une exclamation agacée du directeur qui venait de récupérer l'un de ses plus éminent psychiatre dont le tintinnabulement du grelot sembla particulièrement déplacé dans l'enceinte d'une prison. Leur échange fut bref, mais suffisant pour qu'Edward délaisse momentanément la querelle dans laquelle on tentait de l'entraîner. Cela ne sembla pas décourager Élise qui reprit avec fouge, accusant ouvertement le parton du Lost Paradise de la disparition de Calliope.
    Andréa, dont les oreilles trainaient toujours dans les conversations qui ne le concernait pas, releva si précipitamment la tête qu'Edward dut ouvrir la bouche plus promptement encore afin d'éviter à son neveu de s'attirer les foudre de la louve.

    « Bonsoir… Madame Voelsungen. Commissaire. »

    La chaleur de l'épaule d'Andréa contre la sienne le dissuada de répliquer bien que l'attaque lui ait laissé dans le cœur une amertume certaine.

    « Si vous voulez bien m'excuser. Andréa, viens avec moi.
    - Ah euh oui… Excusez moi mademoiselle, mais je… Oh ! Ça alors ! Mais vous avez trouvé ! »

    Edward s'arrêta dans son élan et se tourna vers la jeune fille, sans passer par le regard noir de sa mère. Un faible sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'il revenait sur ses pas et demanda :

    « Accepteriez vous de me confier votre solution ? J'irais la donner au directeur, afin que nous puissions retrouver la disparue. Vous pourrez conserver mon carnet et mon crayon, en remerciement. Et puis, quelque chose me dit que vous en aurez encore besoin. »

    La demoiselle sembla hésiter un très bref instant, puis détachant la page, elle la remit à Andréa qui l'accueillit avec remerciement avant de rejoindre son oncle. Edward abandonna leur petite famille pour rejoindre le directeur avec un sang-froid tout relatif. Les poings serrés, la mâchoire crispée, il dut faire un effort conséquent pour dissimuler son trouble lorsqu'il rejoignit les environs du perspicace docteur Adams. Accordant un rapide coup d'œil à celui-ci, il se tourna vers le directeur et annonça le plus calmement possible :

    « Tenez monsieur, c'est l'aînée des filles de Madame Voelsungen qui a trouvé comment décoder le message. »

    Comment décoder le message:
     

    L'homme lui prit le papier des mains et après deux ou trois grimaces, quelques froncement de sourcils et un regard vers la petite magicienne, il le rendit à Edward d'un geste emporté.

    « Chambre treize. Le logement maudit. Allons bon, cette fille a définitivement perdu l'esprit. Mais dépêchons nous avant qu'elle ne nous échappe à nouveau ! Il faut faire cesser cette mascarade ! »

    Il fendit la foule comme une flèche aurait traversé une pomme et après une courte hésitation, Edward lui emboîta le pas, suivit d'Andréa qui posa une dernière fois ses iris sur la jolie jeune fille. Ils descendirent droit vers une petite cours, marchant d'un bon rythme au son des graviers et des grommellements du gérant de l'hospice, passèrent et repassèrent entre les constructions avant d'atteindre les bâtiments réservez aux logements. Ils entrèrent dans le premier, dont les habitations allaient du numéro un jusqu'au vingt, grimpèrent à l'étage et enfin, parvinrent devant la chambre treize.

    Contrairement aux autres pièces dont les portes bleues étaient toutes impeccables, celle du petit appartement voyait sa peinture s'écailler, le vernis craqueler et le numéro ainsi que la poignée, s'étaient teintés d'une couleur rouille. Il y avait tout lieu de croire que la pièce était laissée à l'abandon depuis des dizaines et des dizaines d'années, cependant, le fait que le battant soit entrouvert laissa Edward perplexe, de même que le directeur qui épongea à nouveau son visage de son mouchoir brodé :

    « Bigre… Elle a été ouverte. Impossible.
    - Pourquoi cela vous étonne-t-il autant, cette chambre n'est donc vraiment pas habité ? Questionna Edward.
    - Non, elle est verrouillée depuis presque soixante-dix ans à cause d'une histoire de malédiction.
    - Le verrou était complètement grippé regardez, il a fallu d'un rien pour qu'il cède. Nous devrions entrer.
    - Vous êtes sûr ?
    - Bien sûr. S'il existe un autre indice nous ne le trouverons que dans cette pièce. Que craignez vous donc ? Ce n'est pas une tombe antique, mais un banal logement de fonction.
    - Oui c'est vrai mais…
    - Vous croyez à cette histoire de malédiction ?
    - Non non ! C'est ridicule ! Allons y et mettons un terme à cette histoire ! »

    S'il avait prononcé ces paroles sans une once d'hésitation, le gestionnaire de l'hospice fut beaucoup plus hésitant dans ses gestes. Un pas en avant, deux en arrière. Il essuya encore une fois son front avant de proposer :

    « Après vous M. White. »

    Edward leva les yeux au ciel et poussa la porte qui grinça comme une âme en peine lorsqu'elle pivota sur les gonds. Elle s'ouvrit sur un petit espace poussiéreux et illuminée par la lune, dont les araignées avaient pris possession. Face à eux, un petit bureau, posé contre une fenêtre obstruée par les toiles de soie et sur lequel on avait déposé une lampe à huile qui peinait à éclairer à plus d'une cinquantaine de centimètres. Le halo fut cependant suffisant pour qu'Edward remarque la trainée au sol. Un chemin d'où la poussière avait été balayée, probablement par une robe, et qui conduisait directement à la table.

    « Toujours rien !
    - Pas tout à fait. Je crois qu'on nous à à nouveau laissé un mystérieux cadeau. »

    Le loup-garou entra, suivi du directeur et des quelques curieux qu'une possible damnation n'effrayait pas. La pièce était vide ou presque. Il ne restait qu'un sommier, au dessus duquel était toujours fixé un crucifix en bois, en plus du pupitre sur lequel attendait un petit carnet. Il avait été ouvert à une page précise comportant un morceau de mot-mêlés à demi-déchiré sur lequel un autre morceau de papier, soigneusement plié, avait été déposé. Edward les prit tous trois avec précaution, jetant brivement un coup d'œil à la première page du journal sur lequel il lut :

    « Journal de Céleste Girault, infirmière.
    - Céleste Girault vous dites ? Je crois me souvenir qu'elle est la dernière employée à avoir logé ici avant que la chambre ne soit verrouillée.
    - Vous l'avez connu ?
    - Sacrebleu, ai-je l'air si vieux que cela ! C'est dans les dossiers de l'hospice, il faut presque tout mémoriser lorsque l'on en prend les rennes. Tenez, donnez moi ça ! »

    Il prit des mains d'Edward le document plié et l'ouvrit. Son visage se tendit à peine en avait-il parcourut quelques lignes. Il était évident qu'il réfrénait son envie de trépigner sur place, mais finalement, non sans un soupir, il tendit le message au patron du Lost Paradise qui le consulta avec intérêt.

    Carnet & message:
     

    « Quand diable cette mascarade va-t-elle cesser ! Il nous faut aller au Champs de Mars maintenant ! Est-ce possible de passer une si mauvaise soirée ?
    - Ah, j'ai trouvé un mot… Euh… Ja, ah non, « Gare » ! » Lâcha Andréa un peu plus haut qu'il ne l'aurait souhaité, mais fier de son petit exploit.

    Le directeur lui adressa un regard réprobateur, mais cela fit sourire son oncle qui le félicita avant de se pencher à nouveau sur les documents qu'il fit suivre aux autres personnes désireuses d'avoir ce nouveau mystère en main. Le loup-garou consulta sa montre et nota qu'il était presque vingt-deux heures. Cela sembla exaspérer davantage le directeur qui croisa les bras sur son torse et retroussa sa lèvre inférieure dans une moue renfrognée avant de baragouiner :

    « Il est hors de question que je fasse apprêter une voiture à une heure pareille. Quant-aux cabs, il ne doit plus y en avoir beaucoup en ville. C'est fichu. »

    Edward secoua lentement la tête, tandis que son neveu l'interrogeait du regard, visiblement inquiet à l'idée que la pauvre Calliope passe le reste de sa nuit seule dans les ruelles parisiennes. Son oncle posa une main sur l'épaule du garçon et souffla tout bas, craignant de s'attirer les foudre de son proche voisin :

    « Ne t'inquiète pas. Nous allons la retrouver. »


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Paroles de fou


Un nouveau et dernier mystère se profile avant la résolution complète de ce mystère. Calliope a conduit les plus téméraires et même certains retardataires, jusqu'au logement numéro treize sur lequel la malédiction qui plane semble dater de plus de soixante-dix ans. Une nouvelle énigme est donc laissé aux bon soins des curieux, les invitant à suivre le même chemin que la jeune femme pour la retrouver.

Histoire qu'il n'y ait pas de mauvaises interprétations du message contenant l'énigme, il a été retranscrit ici, l'autre étant, je pense, assez lisible :
C'est la fin. L'histoire se termine, mais serais-je délivrée avant qu'elle ne se répète ?
Il faut du courage pour reprendre la route, en aurez-vous assez pour me suivre ?

Mon périple commencera au bout du Champs de Mars. Il me faudra remonter d'un pas vers le nord-est et ce ne sera que lorsque que j'aurai épuisé la moitié de ma raison que je changerai d'avis. Je grimperai sans doute vers le nord et puis je tournerai, encore, mais juste un peu. J'arriverai au bout du Pont-Marie et la vue sera belle.
Oh si belle...

Mais le froid me happera et je prendrai un fiacre. Je fermerai les yeux pour ne les rouvrir qu'une fois arrivé à la rue Clavel. Alors je descendrai. Je marcherai sans relâche, j'arriverai à un carrefour, mais je continuerai tout droit, au second, je bifurquerai. Nord-est, encore, pour une seule rue, puis je suivrai l'étoile du berger jusqu'à être à bout d'espoir.

Mais ce ne sera que lorsque j'atteindrai la fin de ma peine, que je serai arrivée.
À nouveau, il va falloir faire travailler vos méninges pour découvrir ce qu'à voulu dure la jeune femme et où ces indications pourront vous mener. De même, comme toujours, afin de ne pas compromettre la recherche des participants qui s'y intéresseront, évitez de donner la façon dont vous vous y êtes pris pour le comprendre ou l'endroit ou vous vous rendez (sauf si vous postez le dernier jour de la date limite) !

Quelques rappels. Vous pouvez toujours utiliser un membre du corps médical pour vous aider à vous retrouver, ouvrir une porte, trouver une lampe et autres interventions inopinées. De même, le plan des lieux (cliquez) reste à votre disposition.

Enfin, voici pour quelques participants, des obligations plus précises découlant directement de votre premier poste :
  • Nath & Domi : Votre partie de thé tourne court. Les lumières s'éteignent, une volet claque, l'ambiance s'alourdi considérablement et ce n'est que lorsque vous tenterez de quitter la pièce que vous vous apercevrai qu'elle est vérrouillée. Visiblement le docteur Chartier était sérieux lorsqu'il vous demander de ne pas bouger. Pourrez-vous vous sortir de là ?

  • June : Grâce à ton sens de l'observation, tu t'aperçois rapidement qu'un homme (qui en fait n'en est pas un, mais ça tu ne le sais pas) suit Dolores depuis un petit moment. Il te semble le reconnaitre, Dolores ne serait-elle pas allée lui parler en début de soirée ? Tu te demandes si ce n'est pas un admirateur secret de la doctoresse et en bonne magicienne que tu es, tu vas tenter d'organiser leur rencontre afin de peut-être, remplacer cupidon pour cette soirée.

  • Bastian & Gaby : Vous allez retrouver Calliope. L'idée du cimetirère était bonne, mais vous découvrez la folle sur la tombe de Celeste Girault. La pauvre est morte de fatigue et ne dira pas grand chose, mais une étrange inscritpion sur la pierre usée vous laisse dubitatif. N.B. Si ce mystère n'est pas résolu lors de cette manche, ce n'est pas grave, du coup je ne donnerai pas d'indice pour le résoudre avant la dernière manche o/
Inscription mystère:
 
En avant !







Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 06 avril (au soir) pour participer cette avant dernière partie o/

N.B. Le directeur écrit toujours en khaki.

Vous pouvez toujours me joindre par MP pour la moindre question ! Je répondrais au plus vite, comme d'habitude ~ Et si vous avez besoin d'indices pour résoudre l'énigme principale, prévenez moi. Mais je n'en fournirai qu'à partir de mercredi, d'ici-là vous aurez le temps de vous creuser les méninges ! ;P
Encore merci à tous pour votre participation !
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Bastian Wagner
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 31 Mar - 18:15

Victor avait été brillant sur ce coup là. Non vraiment, il était très content de lui. Il avait suivit White jusqu'à la chambre que le vieil agaçant avec lui, avait dit hantée. De son ouïe affutée, il avait noté tout ce qui avait été dit, écrit cela soigneusement dans le carnet que lui avait donné son oncle et avait même réussit à dérober l'espace de quelques minutes les objets présents pour consigner soigneusement ce qui avait été noté dedans. Il en avait encore une légère crampe au poignet, mais au moins on ne pouvait pas lui reprocher d'avoir fait du zèle !
Au final, lorsqu'il redonna les objets à une autre personne qui avait suivit la marche, il quitta l'endroit très rapidement. Après tout, Bastian lui avait demandé de regarder et de tout noter. Pas de résoudre l'énigme ! Cela, c'était au plus vieux de deux démons de le faire.

Le plus jeune s'avança dans le couloir, un peu perdu. Où avait-il donc dit qu'il allait déjà ? Le cimetière c'est ça ? Victor chercha un plan et entreprit de le dessiner sur une nouvelle page vierge. Au moins comme ça, il n'allait plus s'égarer ! Par chance, il avait aussi gardé la chandelle que son oncle avait dérobé pour les éclairés. Il n'avait donc aucun soucis pour avancer sans se prendre les pieds dans des marches dissimulées dans l'obscurité.
Il avançait donc d'un pas rapide, freinant aux intersections, un peu hésitant, mais toujours déterminé à trouver ce fameux cimetière !

Le couturier était effectivement là-bas à présent. Sans rien répliquer aux commentaires désagréables du vampire, il observait les tombes dans une direction opposée à celle de Gabriel. Ce très cher avocat... une véritable bouffée d'air, si agréable et tellement convivial ! Il arrivait parfois au barbu de rêver de lui montrer toute son affection dans un chaleureux serrage de main... et l'incendier. Oh bien sûr ce n'était que quelques divagations de sa part. Avoir des pensées démoniaques était une chose, les réaliser en était une autre. Et puis il s'agissait d'un bon client, il n'allait pas lui cracher dessus tout de même !

Il observait le nom sur les différentes dalles présentes, découvrant des identités d'inconnus, ayant vécus à une autre époque. Et eux, quel avait été leur histoire ? Si jamais ils avaient commit des actes importants que se soit en bien ou en mal, ils n'étaient plus que des noms gravés, une date de naissance et de mort. Pas plus. C'était un peu triste quand on y pensait. On avait beau se débattre du mieux que l'on pouvait, au final, la mort finissait par nous faire disparaître, nous effacer tout simplement. Après on se rappelait de vous ou non. Pour le démon, ce n'était pas la mort le plus triste en réalité... Mais l'oublie. Une fois qu'on oubliait l'être disparu, c'était comme s'il n'avait jamais existé.
L'histoire permettait de se rappeler des personnalités les plus illustres, mais les autres ? Une fois qu'il n'y avait plus de famille pour s'occuper de leur tombe, il n’intéressait plus personne ?

Affichant un air attristé, il mit quelque seconde pour réaliser ce que ses iris en amandes s'étaient posés sur quelque chose de très surprenant. Un corps. Une femme était allongée sur une tombe. Si on avait un humour noir prononcé, on aurait pu dire qu'elle aurait pas pu trouver meilleur endroit pour passer l'arme à gauche. Il venait de reconnaître son visage. Calliope, la folle qui avait disparu. Finalement il l'avait retrouvé. il était loin de se douter que sa petite fantaisie allait lui faire faire cette étrange découverte.

Il entendit Gabriel plus loin, lui disant qu'il avait trouvé la tombe de la femme de la lettre. Mais était-ce vraiment utile à présent ? Il semblerait qu'ils avaient plus important à faire dorénavant.
Il soupira et répondit d'une voix posée et basse. Il n'avait pas envie de crier et de toute façon, le vampire n'avait pas besoin de cela, il avait une très bonne ouïe.

"Moi aussi j'ai trouvé quelque chose, tu devrais venir voir..."

Puis il s'approcha d'elle, posant un genou à terre, il leva une main vers la gorge de la jeune femme et essayant de relever un pouls. Cela sembla vague, mais il cru distinguer de faibles battements. Elle était toujours en vie. Cela était un véritable soulagement. Ils se donnaient tous tellement de mal pour la retrouver, si jamais elle ne se relevait pas, ce serait probablement la panique.

Il sentit la présence de Gabriel dans son dos mais ne se retourna pas, continuant d'observer Calliope, comme s'il était au chevet d'un enfant endormit. C'était un peu ça à vrai dire. Elle était en train de dormir, comme une enfant qui avait joué sans arrêter durant toute la journée. Elle devait surement reprendre des forces pour la suite... mais quelle suite ?


"Eh bien... Il semblerait qu'on a eu de la chance en venant ici. Sans le vouloir nous avons trouver cette petite joueuse sans même passer par les énigmes disséminées partout."

Il soupira à nouveau, plus doucement. Il ne comptait pas la réveiller, pas maintenant. Et puis c'était contre son éthique de déranger une demoiselle lorsqu'elle est plongée dans les bras d'un autre homme, ceux de Morphée. Il continuait simplement de l'observer sans rien ajouté.
Pourtant le regard avisé du démon ne put s'empêcher de noter une inscription à côté d'elle. Une nouvelle énigme ? Malgré le fait qu'elle était épuisée, elle avait quand même marqué quelque chose pour la suite ? Ou était-ce déjà là et elle voulait qu'on le découvre en même temps qu'elle ? Étrange... Qui était cette Celeste Girault ?


"Une nouvelle ou une très ancienne énigme, selon toi ?"

Il tourna enfin la tête vers le vampire pour observer sa réaction. Peu importe si celui-ci allait tenter de lui faire quelques répliques cinglantes, cela lui passait outre. Il n'était plus d'humeur à plaisanter ou se chamailler bêtement.
Mais Victor se manifesta presque au même moment, les rejoignant tout essoufflé. Il semblait assez fier de les avoir retrouvé mais tira une drôle de tête lorsqu'il aperçu Calliope.


"Tonton vous l'avez pas tué quand même !?"

"Ne racontes pas de sottises, elle est en train de dormir."

"Oh non, ça veut dire que j'ai noté pour rien les nouvelles informations ?"

"Nouvelles informations, dis tu ? Montres nous cela Victor."

Le Majordome tendit son carnet à la bonne page et laissa Bastian lire attentivement ses écrits. Il fronça les sourcils en lisant le nom de la dernière propriétaire de la fameuse chambre maudite. Tient donc...
Il remercia Victor et confia l'objet à Gabriel pour qu'il lise également les informations.
Puis il s'approcha à nouveau du dessin, prit d'une grande réflexion.


"Voilà qui devient de plus en plus étrange et intéressant... Que se cache-t-il donc derrière toute cette mise en scène ?"

Il parlait plus pour lui que pour les deux autres. Perdu dans ses pensées, il essayait de mettre un peu d'ordres dans ses idées et autres théories. Décidément, quelque chose d'énorme se profilait et il était très impatient de découvrir le fin mot de l'histoire...

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Nathanaël Cartier
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Jeu 3 Avr - 22:16

L'un des plus grands défauts de Nathanaël était probablement le fait qu'il fasse trop rapidement confiance aux gens, même à ceux qu'il venait à peine de rencontrer. Sinon, pourquoi aurait-il si rapidement accepté l'invitation du mystérieux médecin qui avait presque le même nom que lui. S'il avait été surpris et même un peu troublé au premier abord, à présent, il ne se posait même plus de questions. Après tout, ce devait être un simple hasard.
Il était toutefois un peu déçu de ne pas avoir obtenu de réponse de la part de l'artiste qui l'accompagnait à présent. Son nom de scène demeurerait donc un mystère pour lui...Mais Nathanaël était curieux et pas du genre à abandonner, alors il se jura de découvrir le fin mot de l'histoire un jour !

Mais pour l'heure, ils se dirigeaient vers les appartements du médecin pour une petite partie de thé. Après tout, il serait peut-être enclin à leur indiquer le chemin ensuite ? Et en plus, Nathanaël connaissait enfin le vrai prénom de l'artiste ! Dominik...Le jeune homme l'observa un moment, se demandant vaguement d'où il venait et comment il en était venu à devenir pianiste au Lost. Quand je vous disais que Nathanaël était curieux...
Ils arrivèrent à destination et le médecin ouvrit la porte avant de les inviter à s'asseoir une fois qu'ils furent à l'intérieur. L'endroit était tout aussi mystérieux que son propriétaire et Nathanaël ne put s'empêcher de regarder autour de lui pendant un moment.
Ils prirent enfin place tous les deux et Dominik se mit à poser tout un tas de questions au médecin qui ne semblait pas très ravi. Nathanaël garda le silence pendant ce temps, se disant qu'il valait peut-être mieux qu'il n'ajoute rien, sous peine de réveiller le courroux du médecin !

Contrairement à son compagnon d'infortune, le prêtre n'attendit pas pour goûter le délicieux thé servi par le médecin. Il n'avait même pas songé qu'il aurait pu y avoir quelque chose de bizarre dedans. Il esquissa un sourire avant de s'adresse à leur hôte.

"Votre thé est délicieux ! Il est à quoi ?"

Le médecin l'observa un instant en silence avant de hausser les épaules.

"Quelle importance ? Vous en aimez le goût, c'est le principal, ne croyez-vous pas ?"

Décidément, ce type adorait les mystères. Enfin, Nathanaël n'insista pas et écouta la suite avec plus ou moins d'intérêt. Dominik marquait un point, mais d'un autre côté, il comprenait également le point de vue du médecin. Toutefois, en repensant à cette pauvre femme perdue, le brun ne put s'empêcher d'adresser une prière silencieuse à son attention, espérant de tout coeur qu'elle soit retrouvée saine et sauve.
Et puis, le médecin sortit une retranscription de ce qu'on avait manifestement trouvé dans la cellule que Nathanaël avait désespérément tenté d'atteindre plus tôt. Dominik ne perdit pas une seconde pour lire le tout et sans doute tenter d'en déchiffrer le code. Le prêtre l'observa, mais son compagnon se mit à tourner et retourner les feuilles dans tous les sens, rendant leur lecture quasiment impossible pour Nathanaël. Bah, il attendrait.

Et puis, le médecin leur annonça qu'il devait s'absenter un moment, leur demandant également de ne pas bouger avant de quitter la pièce. Nathanaël fronça les sourcils, perplexe.

"Ce n'est pas une façon de traiter ses invités..."

Le brun termina son thé et reposa sa tasse en soupirant, se laissant aller contre le dossier de son siège, non sans avoir ôté ses ailes au préalable car ce n'était quand même pas très pratique de se promener avec ça sur le dos ! Puis, il se tourna vers Dominik.

"Vous avez terminé d'analyser tout ça ?"

Il parlait évidemment des indices qu'il finit par prendre à son tour, les lisant l'un après l'autre, un air concentré sur le visage.

"Ah ! Je crois que j'ai trouvé !"

Il n'en avait pas toujours l'air comme ça, mais Nathanaël était loin d'être idiot. Il avait effectivement trouvé la solution à l'énigme et savait où aller. Du coup, il se leva et se dirigea vers la porte.

"On ne va pas attendre ici indéfiniment. Cette pauvre femme a besoin de toute l'aide possible. Allons-y !"

C'était bien beau, mais au fond, il n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Peu importe. A cet instant, un volet claqua, faisant légèrement sursauter le prêtre. Cet endroit serait-il hanté ? Bah, il se faisait des idées. C'était probablement juste le vent !
N'y prêtant pas plus d'attention, il posa sa main sur la poignée de la porte dans l'optique de l'ouvrir...sauf que la porte resta fermée. Quoi ? Le médecin les aurait-il enfermés ici ? Dans quel but ? C'était insensé ! Il se tourna vers Dominik, l'air dépité.

"C'est fermé...On dirait que nous sommes coincés ici jusqu'au retour du médecin..."

Mais quand reviendrait-il ? Nathanaël n'était pas content pour la peine ! Quel piètre hôte ! Il se mit à parcourir l'endroit à la recherche d'il ne savait trop quoi. Les fenêtres étaient fermées, tout comme les volets et bien entendu, rien ne bougeait ! A croire que le sort s'acharnait contre eux !
Eh bien, il n'avait plus le choix ! D'un pas assuré, Nathanaël se dirigea vers la porte, prit un peu d'élan et se jeta contre elle. Il se rendit bien vite compte que c'était une idée totalement idiote étant donné que la porte n'avait pas bougé d'un pouce et que le brun avait très mal à l'épaule maintenant.

"Aïe...bon...ça ne marchera pas. Des idées ?"

Il poussa un soupir. Cette soirée aurait dû être une bonne soirée et au lieu de cela, une patiente avait disparu, Nathanaël s'était perdu en route et à présent, il était enfermé chez un médecin bizarre ! Il prit un air pensif alors qu'il laissait son regard voyager à travers la pièce. Et si c'était l'oeuvre d'un sort ? D'un démon ? Ce n'était pas improbable, après tout ! Mais même si c'était le cas, que pouvait-il bien faire ? Il n'était pas équipé pour un exorcisme ou quoique ce soit d'autre.

"Essayons de défoncer la porte à l'aide de ce fauteuil ! Aidez-moi !"

Il attrapa un côté du fauteuil en question et attendit que Dominik en fasse de même, quitte à ressembler à un gros bourrin.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Ven 4 Avr - 23:57

Elena rougit jusqu'aux oreilles, flattée qu'Andréa et son oncle s'intéressent si rapidement à ses trouvailles. Pourtant, elle ne comprenait pas bien pourquoi sa mère paraissait soudainement de si mauvaise humeur.
Sabrina arqua d'ailleurs un sourcil face à l'accusation lancée et fut soulagée que cet homme si grand aux yeux disparates ait la présence d'esprit de ne rien répliquer qui puisse aggraver la situation. Le commissaire, quant à lui, s'était contenté d'un bref salut pour le concerné, posant une main calme sur l'épaule de l'aînée avant de la gratifier d'un sourire, glissant d'un ton parfaitement neutre à son oreille :

- Comptez-vous lui chercher querelle ce soir ?
- Pourquoi pas ? Répliqua la blonde plus sèchement qu'elle n'aurait voulue.
- Pensez à Elena et Sabrina, mère. J'imagine qu'elles ne savent rien de la Grande Guerre ?

Un silence suivit ses propos, il s'éternisa tant qu'Aldrick craint un instant que la folie qui avait gagné sa génitrice ne se soit pas étendue qu'à faire de lui un instrument de vengeance. Une lueur de crainte passa au fond de ses iris d'or, tandis que son estomac se nouait.

*Non, elle n'aurait pas osé ? Elles sont à peine plus âgées qu'Edward et moi lorsque la Grande Guerre a commencé ! Elle ne leur a quand même pas raconté ça ?!*

Une pointe de colère naquit en lui, aussitôt dissoute lorsqu'Elise soupira, achevant en baissant le regard :
- Ce ne sont pas des histoires que l'on raconte aux jeunes filles de bonne famille.

L'agent esquissa un demi-sourire, mi-rasséréné, mi-las. Qu'aurait-il dû dire, lui, qu'on avait envoyé en première ligne, du haut de ses quatorze ans, à l'époque ? Mais l'heure n'était pas aux questions d'éthique et grommelant à peine, il suivit tout ce beau monde dans un nouvel espace, lisant au passage, la nouvelle énigme par-dessus l'épaule de Sabrina. Quelques minutes plus tard, après avoir emprunté le crayon, il déclara faiblement en fronçant les sourcils :

- Cette chère Calliope a un humour des plus singuliers : une obscure énigme dont la conclusion tend au limpide. C'est l'hôpital qui se fiche de la charité. Décréta-t-il en levant les yeux au ciel, rendant le crayon à sa sœur avant que cette dernière pose un doigt sur ses lèvres.

Le policier se tût, observant en silence, comme le suggérait le petit robot, le magicien d'Oz s'éloigner à la hâte pour rejoindre Andréa. Le lycanthrope resta bête quelques secondes, puis ne put s'empêcher de sourire en se grattant l'arrière du crâne.

*Finalement peut-être que cette génération saura faire fît de nos erreurs passées.*

Il croisa le regard d'Edward et leur conversation musclée au Lost lui revint en mémoire, jusqu'à ce que Sabrina, agitant frénétiquement les bras, s'enquiert curieuse :
- Dis grand frère, qu'est-ce qu'elle veut dire la dame quand elle écrit... Son doigt suivit les lignes qu'elle avait notées à la hâte. "En même temps... Une recommandation du médecin, il n'était pas prudent de refuser ! Et puis bon... Je voyais bien qu'il en crevait d'envie le pauvre garçon. J'aurais été cruelle de lui refuser cette gentille demande" ? Je ne comprends pas. De quelle demande parle-t-elle au juste ?
Le brun piqua un fard et ses iris dorés allèrent et vinrent sur les présents, tandis qu'il cherchait une solution à ce problème bien plus complexe que tous les autres. En vain.
- Eh bien... Euh... Comment dire ? C'est lorsqu'un papa et une maman s'aiment très fort... Bon c'est pas toujours un papa et une maman mais... Enfin... Tu vois l'idée ?
- Oh !
- Mon pauvre Aldrick, tu ne sais vraiment pas y faire. Soupira Elise que la scène avait désabusée. Se penchant ensuite vers sa fille, elle intima sur un ton qui était à des lieux de la réprimande en dépit de son index levé. Sabrina, cesse d'embêter ton frère, tu vois bien que tu l'embarrasses avec tes questions sur le désir. On en reparlera une fois rentrés si tu le souhaites, mais ce n'est pas ni le lieu, ni le moment.
La demoiselle acquiesça, un sourire immense d'enfant ayant fait volontairement une bêtise imprimé sur le visage. Après tout, elle était passée maître dans l'Art de détourner l'attention des adultes pour laisser le champ libre à sa sœur.

Eléna se rapprocha un peu plus d'Andréa, notant leurs idées communes. Le courant passait bien, et elle n'allait pas s'en plaindre.
- Tiens y'a le mot "déni" en bas à droite à la verticale. Ils n'ont pas dû le faire exprès. La majorité des mots semblent liés à Paris. Elle se tut un instant et s'enquit timidement : Tu sais pourquoi ma mère a du mal avec ton père ?
Le jeune lycanthrope éclata de rire à cette idée avant de préciser :
- C’est mon oncle en réalité. Puis comme un secret partagé entre eux deux, le brun avoua : Il fait cet effet-là à beaucoup de personnes.
- Oh. C’est vrai que vous ne vous ressemblez pas trop. Ah et si on met ça là ? Non ça ne veut rien dire. Pff ! Un silence se coucha entre eux. Navrée, je passe souvent du coq à l’âne quand j’essaie de résoudre un problème.

La demoiselle ouvrit la bouche à nouveau mais le tintement d'un grelot détourna son attention de sa question.

- Oh un chat. Aly aussi en a un, il sait faire des tours maintenant, il miaule quand on prononce mal son prénom. Tu crois que c'est pareil avec celui-ci ? Interrogea-t-elle en désignant le psychiatre d'un signe de la tête.

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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 5 Avr - 6:14

Sans un mot de plus, le médecin s'était levé et avait quitté, laissant Dominik et Nathanaël seuls. Le pianiste n'en était pas plus rassuré quant à cet étrange personnage. Aussitôt, il se concentra à nouveau sur le nouvel indice. Ses méninges étaient sur la voie de la victoire quand Nathanaël le sorti de sa rêverie. Il s'excusa brièvement, quelque peu honteux de sa conduite pour le moins égoïste, et tendit les documents à son compagnon. Dominik profita de ce temps de silence pour explorer les lieux un peu mieux. Il n'eut le temps que de faire quelques pas lents, déjà Nathanaël se levait à son tour, prêt à aller secourir la Calliope. Enfin, un peu d'action!

D'un pas décidé, son comparse s'apprêtait à ouvrir la porte quand un volet claqua brusquement, les prenant par surprise. Dominik n'était pas du genre craintif (rires), mais partir lui parut soudain comme la meilleure idée du siècle. Il pressa donc son compagnon du regard, qui posa la main sur la poignée, mais rien ne se produisit, excepté un petit cliquetis ô combien désagréable.

« C'est fermé...On dirait que nous sommes coincés ici jusqu'au retour du médecin... »

Quoi? Impossible! Dominik se jeta sur la poignée et la secoua de toute ses forces, sans succès. Quand il la lâcha, Nathanaël prit la relève avec son épaule pour seule arme. Toujours rien.

« C'est mauvais... », murmura le pianiste, surtout pour lui-même.

Ils étaient pris au piège. Celui du médecin du Docteur Chartier... alias Charron. Mais à quelles fins? Il ne les avait certainement pas enfermés par simple plaisir pour rire de leurs airs dépités à son retour. C'était certainement plus. Toutefois, Dominik n'était pas certain s'il avait réellement envie de savoir ce que c'était. Cela ne sentait pas bon du tout. Ou peut-être était-ce Nath? Ce dernier se frictionnait l'épaule, visiblement endolorie, et semblait pensif.

« ...Ça ne marchera pas. Des idées? »

Des idées? Cette question se répercuta dans son esprit comme au fond d'une vieille caverne où l'écho se répond sans cesse. Visiblement... non. Il restait là, l'air absent, à écouter ses pensées paniquer. Lorsqu'il revint à lui, le seul réflexe qui lui vint fut de sauter sur la poignée et de la secouer à nouveau. Les résultants étant tout aussi peu convaincants que la précédente tentative, il essaya d'améliorer la technique en y ajoutant des coups de pieds et de coudes. Rien n'y fit. Alors qu'il reprenait son souffle, Nath l'interpella.

« Essayons de défoncer la porte à l'aide de ce fauteuil ! Aidez-moi ! »

Bien sûr! Si l'épaule, désormais fracassée, de Nathanaël n'avait pas réussit à démolir la porte, le fauteuil le fera sans doute! Le pianiste s'empressa de soulever l'autre côté du fauteuil. Il regarda son compagnon dans les yeux, cherchant à créer un contact visuel pour assurer un synchronisme de mouvement. Prenant une profonde inspiration pour s'armer de force, il débuta le décompte tout en donnant de l'élan au meuble. Trois. Deux. Un. Le fauteuil s'envola et, l'espace d'un instant, Dominik y cru, mais le siège rencontra la porte et cette dernière ne s'ébranla pas d'un poil. Le pianiste s'emporta.

« Mais c'est quoi, ces portes indestructibles! »

En proie à une subite colère, ses poings s'acharnèrent sur la porte qui leur faisait obstacle. Au bout de quelques coups, épuisé, il soupira et se laissa glisser au sol. Qu'allait-il leur arriver, désormais? À eux et à la disparue. À la recherche d'une réponse ou d'un mot d'encouragement quelconque, il leva ses yeux bleus sur Nathanaël. Sans ses ailes, il n'avait plus la même allure du tout. On aurait dit un tout autre homme. Ses lunettes lui donnaient un air sérieux. Il n'avait pas l'air comme les autres habitués du Lost, des miséreux, sans le moindre sous et qui pourtant buvaient des chutes d'alcool. Son regard se porta alors sur la chaîne à son cou qui s'échappait de sous son costume. Dominik comprit vite de quoi il s'agissait.

« Vous êtes croyant. Pourquoi ne demanderiez-vous pas à Dieu de nous sortir de là? »

Il n'y croyait pas vraiment. Cependant, il lui semblait que c'était là leur dernier espoir. Dominik se leva avec peine, comme dépouillé de toute énergie, alors qu'il était une énergie en lui-même. Il s'avança vers le mur du fond, sans but précis. Pour passer le temps, sans doute. Il le détailla un court instant, mais un bruit le tira rapidement de sa rêverie. Quelqu'un était à la porte. Et ce quelqu'un était forcément Chartier. Il avait en effet été bref... mais Dominik aurait de loin préféré l'inverse. Ce personnage ne lui inspirait rien de bon.

Ne sachant que faire, il recula d'un pas et son dos se heurta au mur. Un bruit sourd se fit alors entendre, comme si la petite collision avait déplacé quelque chose. Le pianiste laissa glisser sa main pâle sur la paroi. Elle n'était plus lisse comme il s'y serait attendu. Un creux important s'était formé derrière son dos. Dominik leva un regard entre l'affolement et l'intrigue vers Nathanaël. La serrure de la porte se faisait entendre. Bientôt, on l'ouvrirait et nul ne savait ce qu'on leur réservait. Dominik commençait à croire que ce bal n'avait pas été organisé pour le plaisir. Des choses étranges se tramaient à la Salpêtrière. Les doigts fins du pianiste ne se résignaient pas à lâcher l'ouverture dans son dos. Ils devaient agir vite.

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Gabriel Delcroix
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Sam 5 Avr - 15:52

Gabriel avait fini par découvrir la tombe qu'ils cherchaient. Il aurait pu garder ça pour lui et tenter de trouver ce fameux bijou par lui-même, mais il n'était pas vraiment d'humeur. Et puis, que ferait-il d'un bijou ? Il n'en avait nullement besoin. Il appela donc Bastian, s'attendant à ce que ce dernier le rejoigne. Mais au lieu de cela, le démon lui demanda de le rejoindre, lui. Qu'avait-il découvert ? Peu importe, il le saurait bien assez tôt. Le brun prit donc la direction du barbu et le retrouva agenouillé devant une tombe. Tombe sur laquelle se trouvait une femme, manifestement endormie. Était-ce la folle que tout le monde cherchait ? Apparemment, oui, d'après les dires du démon.

Ainsi, ils avaient, sans le vouloir, retrouvé la folle et sans avoir eu à se prendre la tête avec les énigmes en tout genre. Il se demanda l'espace d'un instant ce qu'ils devaient faire avec cette femme, à présent. La ramener ? Ou attendre que le troupeau de curieux se ramène au cimetière ? Quand on connaissait un peu Gabriel, la réponse allait de soi. Peu importe. Son attention fut attirée par une sorte d'inscription sur la pierre tombale. Il suivit donc le regard de Bastian et fronça les sourcils. C'était quoi ça, encore ?

"Je n'en sais rien. Mais j'ai l'impression d'avoir déjà vu ce schéma..."

Il en était même sûr. Encore fallait-il savoir le resituer. Alors qu'il était en pleine réflexion - on se demandait pourquoi - la petite fouine de Bastian refit son apparition avec des informations récoltées auprès des autres dans la cellule. Gabriel laissa le démon en prendre connaissance avant d'accepter les notes que ce dernier finit par lui tendre. Bien entendu, lui aussi remarqua immédiatement le rapport entre la tombe et le nom de la propriétaire de la chambre maudite. En même temps, il fallait être aveugle pour ne pas le voir. Du coup, cette femme devait être liée à tout ce cirque, d'une façon ou d'une autre. Ah, que tout cela était fatiguant ! Pourquoi diable était-il venu ici ? Il avait d'autres chats à fouetter que de résoudre des énigmes !

"Que proposes-tu, à présent ? En ce qui me concerne, j'aimerais autant partir avant que le troupeau n'arrive ici."

Le troupeau. Ce qu'il était sympa envers les autres invités ! Toutefois, c'était bel et bien l'impression que cela lui donnait. Tout le monde s'était agglutiné dans cette cellule et tout le monde était sans doute en route pour le cimetière à l'heure actuelle, tel un troupeau à la recherche de son berger. Gabriel détestait les comportements de ce genre et ne comprenait d'ailleurs toujours pas pourquoi tout le monde s'évertuait à résoudre le mystère et à retrouver la folle - qui était juste sous ses yeux. Quelques personnes auraient suffi et les autres auraient pu profiter du reste de la soirée. Ils étaient tous plus idiots les uns que les autres.
Il avait envie de rentrer chez lui, là, tout de suite. Néanmoins, s'il résolvait le mystère, même en compagnie du couturier, on parlerait de lui par la suite et ça, ce n'était pas une mauvaise chose. Après tout, il fallait qu'il travaille constamment sur sa réputation.
Il finit donc par se tourner vers Bastian, l'incitant à le suivre.

"Je crois avoir une petite idée quant à cette inscription."

Il lança un regard entendu au démon, sachant pertinemment que ce dernier en était venu à la même conclusion que lui.

"Les autres ne vont pas tarder. Ils pourront s'occuper de la folle. A moins que tu ne veuilles jouer les héros."

Sans un mot de plus, il se mit à marcher en direction de la sortie du cimetière. Il savait que Bastian ne pourrait pas résister au mystère, qu'il voulait découvrir le fin mot de cette histoire...Du coup, il ne fut pas surpris de l'entendre juste derrière lui.



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Alice Lindel
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 6 Avr - 4:14

Très franchement, rien ne se passait comme prévu, ce soir.

Un carnaval, c'était supposé être amusant, non ? Quel mauvais goût que la fête soit soulignée en même temps que le bal des folles, dans ce cas... C'était tenter le diable. Qui s'était peut-être invité à la fête, d'ailleurs, au vu de tous les malheurs qui affligeaient cette soirée, les uns après les autres. Si toutefois les autres étaient aussi malchanceux que moi, mais j'avais peu de mal à le croire. Toute cette soirée avait commencée par la disparition de cette patiente, ayant échappé à la surveillance de ses gardiens. Un bien mauvais signe, surtout dans cet endroit précis. Cependant, l'heure de jouer les détectives n'était pas encore venue, puisque j'étais tombée. De façon bête en plus, il fallait bien l'avouer... Après m'être excusée à ce jeune homme que j'avais bousculé – encore heureux qu'il n'ait rien eu en main, sans quoi il aurait dû dire adieu à ses vêtements – j'entendis une voix familière à mes côtés, celle d'un certain Lenoir. J'acceptai son aide pour me relever, quittant ainsi cette position agréable au regard des pervers, arrêtant à ces quelques mots mes excuses. De toute façon, Monsieur Momie n'avait pas l'air bien bavard, pour une raison qui m'échappait !

« Ça va aller, il n'y a pas eu trop de mal... Merci Frédéric. »

Je balayai la salle du d'égard pour tenter de retrouver la patiente. C'était elle qui m'inquiétait, plutôt que mon état. Cela nous ferait à tous une belle jambe, si une autre des folles s'échappait de la Salpêtrière, tout de même... C'était déjà bien assez compliqué comme cela. Heureusement, elle était tout près du second jumeau, qui semblait avoir récupéré le poisson. Avoir un coup de main n'était pas de trop ! D'ailleurs, peu de temps plus tard, un jeune infirmier vint l'accoster. Sans doute voulait-il la raccompagner jusqu'à sa chambre. Dommage pour son « oiseau » toujours porté disparu. Elle semblait si triste... C'est vrai qu'au fond, ce n'était pas de sa faute si elle se comportait étrangement. Quelques plumes attirèrent mon regard, par terre, laissées derrière par un autre costume, sûrement. Je les ramassai et avec un ruban, je les attachai ensemble pour tenter de former quelque chose de semblable et qu'elle pourrait mettre dans ses cheveux, en attendant qu'elle retrouve son cher oiseau. Elle repartit un peu plus heureuse, sans que j'aie pu apprendre son nom toutefois. Il faudrait que je tente d'obtenir l'information, lors de ma prochaine séance... Étrange. Ce serait peut-être la première fois que j'aurais hâte à retrouver ce bureau morose. Ce fut à ce moment qu'un détail me frappa.

« Euh ... Au fait. Où sont passés tous les autres ? La fête est déjà terminée ? »

Il n'était pourtant pas si tard que cela, d'un certain point de vue, puisque la fête avait commencé à 20 h tapante. Les événements avançaient-ils seulement, à l'extérieur de ces murs ? Difficile à dire. Pourquoi personne ne venait-il donc nous mettre au courant ?
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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 6 Avr - 19:40

C’était beaucoup trop. Leur errance au coeur de l’hospice s’était trop éternisée, ce qui n’était pas pour rassurer Rita, qui sentait l’affolement l’envahir peu à peu. Le seul motif de sa venue ici s’était tout simplement volatilisé et, désormais, la banshee crut perdre tous ses repères. Une âme ne se volatilise pas comme cela, nom de nom ! Ses jambes fatiguées suivaient avec difficulté leur guide, cette dernière dansant presque devant les deux jeunes gens. Narcisse, quant à lui, marchait un peu gauchement, comme retenu qu’il était par la méfiance et l’inquiétude. Ce n’était pas la chanteuse qui allait lui donner tord, puisqu’elle était tout simplement terrifiée. Pour elle, la nuit s’obscurcissait de plus belle, son chemin se faisait de plus en plus incertain et ses pas de plus en plus lourds. Pour lui, il semblait que sa nervosité était tellement débordante qu’il ne put se restreindre à rester silencieux :

« - Excusez-moi de vous importuner, madame, mais où nous emmenez-vous ? »

C’était une question que Rita aurait bien voulu poser également. Le ton sec de l’infirmière lui coupa pourtant toute envie d’ouvrir la bouche pour autre chose que de gonfler sa poitrine avec un air chargé d’anxiété.

- Je connais cet endroit mieux que vous, jeune homme, et je me permets de vous guider à travers lui.

Ce n’était pas dans ses habitudes d’être impressionnée par de simples humains. Cependant, peut-être était-elle trop épuisée pour pouvoir faire preuve d’orgueil et de sang froid, et Rita se put s’empêcher de frissonner. Nerveusement, elle lança un coup d’oeil vers Narcisse, qui, pour une fois, se montrait plus courageux que la banshee. Cela lui donnait un petit côté vaillant, du moins depuis la hauteur de Rita. Voir son visage en pleine lumière et avec vingt centimètres en plus lui aurait peut-être pu faire changer son avis à ce moment, toutefois, la jeune femme ne put s’empêcher de le trouver incroyablement valeureux, en tout cas beaucoup plus qu’elle ne l’était.

- Madame, notre seul souhait est de se diriger vers la salle de réception... s'il vous plaît.

Cependant, il était plausible que Rita avait déjà perdu la tête en cet instant, car elle ne s’empêcha pas de se rapprocher sensiblement de l’acrobate et de saisir un morceau de sa tunique grise, s’y accrochant fermement. Autant avoir perdu toute fierté, autant ne pas le cacher. Elle garda pourtant le silence, ne souhaitant pas rajouter de la gêne entre eux, même si elle avait senti le garçon tressaillir légèrement. Ce contact n’eut pas l’effet de tranquilliser la banshee, mais au moins ne se perdrait-elle pas dans les longs couloirs et escaliers de plus en plus étroits.

Néanmoins, au fil des minutes à déambuler dans le bâtiment, un léger réconfort la traversa lorsque les portes menant à l’extérieur la ramenèrent sous le faible éclat de la Lune. Même la lueur de ce si détesté astre lui permettait d’alléger son coeur.
Mais le trajet n’était de toute évidence pas encore terminé, car l’infirmière les héla, afin que les deux compagnons poursuivent leur marche incertaine. Tous les trois longèrent de nombreux murs d’une hauteur presque titanesque, derrière lesquels se dégageait une forte odeur de fleur, invisibles dans l’obscurité, jusqu’à arriver devant un énorme bâtiment noir, en contre-jour du rayonnement de la Lune.

- Les invités attendent ici. C’est toujours là qu’ils les amenaient, avant. C’est ce qu’ils m’ont dit.

Par un ton et par des gestes doucereux, l’infirmière leur indiqua une petite porte entamée par les vers. La blouse blanche de cette dernière flottait doucement, apportant un air fantomatique à cette scène, une apparence à laquelle Rita aurait dû être habituée. Au contraire, cela lui fit froid dans le dos. Lentement et un peu réticent, les deux invités pénétrèrent dans la sombre construction, suivis de près par leur guide, qui referma lentement la porte vermoulue derrière eux, coupant le passage à toute lumière, qui aurait pu encore sauver le peu de courage de la banshee.
L’infirmière indiqua l’emplacement d’une lanterne électrique, accrochée au mur, que Narcisse attrapa car il était le seul, entre les deux errants, à l’atteindre. Le jeune homme l’alluma promptement, révélant un long couloir en pierre et sans aucune ouverture, même pas quelques meurtrières. La nurse les pressa d’avancer, encore plus rapidement. Rita trébuchait sur sa robe et sur les dalles irrégulières, ne voyant presque rien sur son chemin. Et l’infirmière allait de plus en plus vite, eux aussi, transformant la ballade en véritable course-poursuite. C’était comme un instinct de survie qui prit les deux jeunes gens, qui se précipitaient dans les sinueux couloirs, cette fois-ci dans le but de semer leur accompagnatrice. Elle riait, ils s’essoufflaient. Narcisse et Rita prenaient tous les embranchement possibles entre les salles fermées par des barreaux, humides et insalubres. Une prison, cette folle les avait amenés dans une prison ! Et maintenant elle les pourchassait de son rire irrégulier, qui résonnait dans les cages glacées.

Et enfin, le silence se fit. Le dernier écho de l’éclat malsain les atteignit, puis s’éteint entre les pierres des murs et les anneaux en fer. Rita reprit lentement son souffle, avant de redresser sa tête en sueur et ébouriffée. Zut, sa coiffe était tombée, Rita avait pourtant promit de la ramener sans une plume manquante. Encore un coup à se faire sermonner par l’accessoiriste. Elle lança un regard fatigué à son compagnon, qui se remettait de ses émotions de son côté. La lanterne qu’il tenait clignotait faiblement, comme sur le point de s’éteindre, mais elle suffisait encore pour que le corps de l’acrobate lui apparaisse en entier. Tout d’un coup, Rita hoqueta, se sentant sur le point de pleurer. C’était beaucoup trop. Elle avait dû subir trop de contrariétés pour rester stoïque, ce qui l’ébranlait considérablement. Elle n’avait presque plus la force d’être ironique, même en voyant l’air débraillé que les deux s’exhibaient l’un à l’autre. Et, bien qu’il manquait des franges à sa robe, la banshee ne s’en plaignit pas. Néanmoins, elle émit un sourire fatigué au manteau froissé et à la couronne de l’acrobate, qui pendait lamentablement le long de sa chevelure argentée.

- Voyez-vous ça, un Roi Elfe au diadème abimé et une indienne à qui il manque des plumes, c’en est pathétique.

Rita s’assit contre un mur, glissant le long de celui-ci. Des gouttes d’eau tombaient à intervalle régulier, berçant presque la banshee dans un sommeil dont elle n’avait que trop besoin. S’il s’agissait de réussir à sortir d’ici, ce n’était pas sur la pauvre jeune fille qu’il fallait s’appuyer, le poids de sa propre fatigue pesant déjà lourdement sur ses épaules. Ha, « pauvre jeune fille », la bonne blague. Lentement, Rita songea à se fondre dans les ténèbres environnantes, et à n’en bouger que lorsque que son envie d’errer la reprendra. Comme autrefois, dans les marais et les lochs.

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Quand je lance pas des vannes, je parle en #429D42


"Maintes et maintes fois, maintes et maintes fois, j’ai cherché sans trouver la réponse à mon existence
Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
Je prie pour un jour y croire..."


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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Dim 6 Avr - 21:56

Dolores passa plusieurs minutes en chemin à expliquer à son amie June la solution de l'énigme. Elle se sentait plutôt fière d'avoir compris cela toute seule, grâce à son propre cerveau made in Keller. Finalement, le chemin jusqu'aux logements était plutôt long, si bien qu'Adam eut le temps de poser quelques questions au scientifique démoniaque, en fait il était le seul du groupe à se soucier vraiment de la demoiselle disparue. Doctoresse, elle, ne pensait qu'à suivre les pistes données, sans trop réfléchir au résultat.

- D-D-Docteur Kellerstein ?
- Parle novice, je t'écoute.
- Vous pensez que Calliopée est…
- Une femme ? C'est probable oui.
- Non est…
- Un homme ? Je n'ai pas regardé si elle avait de la barbe…
- Non ! Est morte !

Dolores s'arrêta net et tourna sa tête en direction du petit interne, effrayé à l'idée d'avoir énervé la doctoresse. Par précaution, il fit deux pas en arrière et grimaça légèrement, inquiet à l'idée de se faire hurler dessus par la jeune femme. Cette dernière le fixa droit dans les yeux puis approcha son visage à quelques centimètres du sien avant de lever la tête, réfléchissant vaguement à l'idée de son jeune sous-fifre.

- Hmmm, non, ce serait trop décevant.
- D-D-Décevant ? J'aurai dit rarassurant !
- Rarassurant ? Oh la vie d'une hystérique, aussi intéressante soit-elle, ne mérite probablement pas tant d'inquiétude, mon petit, aucune vie ne le mérite en fait… Sauf peut-être celle de Manfred.
- J'espère qu'on la retrouverera bientôt…
- Je préfèrerai plutôt savoir qui a écrit ces deux énigmes, il devait être sacrément tordu comme type. Peut-être qu'il s'agit d'un hystérique lui aussi.
- Cette maladie ne se limite pas au sexe féminin ?
- Elle ne se limite pas qu'aux êtres humains non… Enfin, je crois. Je parle beaucoup non ? Manfred, quand je parle autant, met moi un coup de bec sur la joue, ça me fera taire, d'acc-Aïeuh !

Le petit groupe reprit alors sa route, cette fois ponctuée par les coups de becs de Manfred sur la joue gauche de Dolores. Adam semblait pensif, la dernière phrase de la doctoresse l'avait laissé dubitatif. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce dont lui avait parlé son père lors de l'apparition du docteur Keller à Paris. Cette idée de l'existence de créatures qui côtoient les humains depuis de nombreux siècle semble tout-à-fait irrationnelle, pourtant elle n'est pas impossible. Et puis, qu'est-ce qu'un interne récemment diplômé comme lui pourrait y faire ? Il a à peine peur de son ombre, rencontrer des vampires ou des Loup-garous serait impensable pour lui.
Le jeune homme leva discrètement les yeux, fixant la doctoresse du regard, cette dernière étant trop préoccupée par son pigeon pour le remarquer.
Et elle, qu'est-ce qu'elle était au juste ? Elle avait tout l'air d'une simple humaine, pourtant d'après son père elle aurait été créée par ledit Franz Keller, médecin et scientifique de renommé qui a cessé de donner de ses nouvelles après le décès de sa femme. Se pourrait-il que cette doctoresse soit en fait la femme du docteur Keller mais ressuscitée ? Oh ! Est-ce qu'elle serait une morte-vivante ? Non, d'après certains livres ils dégagent une odeur pestilentielle.

- À quoi penses-tu mon petit novice ? Tu n'espères quand même pas détrôner ton maître absolu ?
- Hein ? Ah ! Non ! Je sais pas… V-v-v-v-voilà les logements en question !

Le jeune interne accéléra la marche, trop gêné à l'idée de recroiser le regard de la doctoresse. La jeune femme aperçut quelques personnes errer autour du logement 13, différent des autres de part son état délabré et sa porte complètement rouillée. La jeune femme s'approcha de celle-ci et la gratta avec son ongle avant d'entrer dans la pièce, portant son regard sur ses moindres recoins, attirée par l'apparence délabrée de la chambre.
Finalement, les yeux du petit groupe se posèrent sur le journal de la dernière résidente des lieux ainsi que sur un petit papier qui y avait été glissé, provenant d'un jeu de mot mêlé à peine entamé.

- Oooooh ! Louise aurait adoré y jouer ! Mais il y a peu de cases, ça se fait vite…
- J-J-Je ne comprend rien… Il faut partir de la Salpètrière ?
- Hm ? Pourquoi donc novice ?

Ainsi, le petit groupe se concentra pour trouver la solution qui avait probablement été trouvée quelques minutes plus tôt par ceux qui étaient déjà sortis. Dolores n'aimait pas vraiment avoir une longueur de retard sur les autres, mais visiblement pour ce petit jeu d'énigmes elle ne pouvait pas rattraper les autres. Surtout que cette fois-ci l'énigme était aisément compréhensible mais difficile à mettre en pratique. Glissant ses doigts le long des cases lettrées, l'homonculus réfléchit quelques secondes puis repartir gratter la porte rouillée, avant de revenir chercher la réponse à l'énigme. Elle répéta le petit rituel trois ou quatre fois, trop agacée par ces résidus de rouille qu'elle adorait gratter avec ses ongles pour une raison qui échappait à tout le monde.

- Docteur Kellerstein vous…
- Chhhht ! CHHHHHHHT ! Novice, taisez-vous ! Arrêtez de parler je suis sur le point de trouver !
- Mais…
- Une petite seconde, je vais ressourcer mon esprit.

L'homonculus repartit gratter un petit reste de rouille qui restait dans son esprit depuis qu'elle était entrée dans la pièce. Aussi vicieux que cela puisse paraître, Dolores ne pouvait pas s'empêcher de penser à ce petit morceau de rouille et le grattait presque compulsivement, cherchant à retrouver la peinture bleue qui se cachait derrière. Ce ne fut que lorsque que le morceau tomba enfin que la doctoresse poussa un cri de joie, levant les bras en l'air comme signe de la victoire.

- J'ai trouvééééé ! Allons vous autres ! Partons sauver cette donzelle !

Quittant les logements en courant, le petit groupe rejoignit la jeune femme sans trop comprendre quoi que ce soit. Il suffisait de suivre le chemin ! Ce n'était pas compliqué. À présent, plus aucun problème ne saurait faire face à la doctoresse, sauf peut-être le fait qu'Adam avait remarqué que la main de Kellerstein était entièrement recouverte de rouille…

HRP:
 

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Edward White
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Lun 7 Avr - 9:09


    Un soupir s'échappa des lèvres d'Edward lorsque, après avoir peut-être compris quel mystère renfermait ce nouveau code, il chercha d'un œil alerte son neveu dans la chambre. Ce dernier avait réussi à retrouver la proximité de l'aînée des filles Voelsungen, pour le plus grand désarroi du loup-garou qui voyait là une alliance dangereuse que la matriarche n'hésiterait certainement pas à exploiter. Il s'était pourtant juré de ne pas intervenir dans les relations d'Andréa, mais celle-ci l'inquiétait au plus haut point. Pourtant, il resta sagement à sa place, se contentant de surveiller le jeune homme en coin, non sans songer qu'Anastasia le tuerait si elle apprenait avec qui son fils chéri se trouvait à cet instant.

    Préférant laisser le jeune homme en charmante compagnie, il attendit que le message de Calliope et le carnet qui l'accompagnait ait fait le tour des quelques curieux avant de le récupérer. Il eut alors l'occasion de le relire en détail et de mettre en pratique ses théories. Plusieurs minutes lui furent nécessaires avant d'arriver à un réel résultat. À nouveau, le nom d'un lieu était mentionné et Edward fut plus que surpris de constater que ce dernier était tout proche de la prison visitée un peu plus tôt. Afin de ne pas perdre davantage de temps, il se présenta à nouveau au directeur qui l'accueillit avec un ton où perçait une pointe de soupçon :

    « Encore vous ? Qu'allez vous m'annoncer cette fois. Vous avez à nouveau trouver comment déchiffrer ce charabia ? Qu'il ne faut pas prendre de fiacre ?
    - Précisément.
    - Allons bon ! Voilà qui est de plus en plus étrange M. White.
    - Peut-être préférez vous que je n'en dise rien ?
    - Ne soyez pas stupide. Alors, quel chemin doit-on suivre pour retrouver cette pauvre fille ?
    - Et bien voyez-vous, il suffit de lire la route indiquée par cette demoiselle en empruntant les mots de la grille présentée. Ainsi nous commençons au bout du mot « Mars », ici, puis il suffit de suivre les indications en prenant en compte que chaque mot représente une rue. Si vous voulez bien… »

    Empruntant un crayon au directeur, Edward traça sur le papier la suite de lettre révélée par le texte de Calliope.

    Comment décrypter le message:
     

    « Saint-Claire, lut le gérant de l'hospice avec surprise. Parbleu, mais nous étions à côté !
    - Il semblerait.
    - Et nous n'avons rien vu ?
    - Rien. Mais ce serait là l'occasion de nous rattraper si la demoiselle s'y trouve.
    - Dépêchons nous, cette fois-ci, elle n'aura pas le temps de nous poser un autre de ces mystères.
    - N'ayez crainte monsieur, je pense que nous arrivons au bout de nos peines. »

    L'homme jeta un regard interrogateur à Edward, puis bombant le torse il se remit en marche suivit de sa petite cour dans laquelle le lycanthrope remarqua deux patientes qui semblaient grandement s'amuser. Il les laissa prendre de l'avance, poursuivant la lecture du carnet avec intérêt.

    -----------------------

    Andréa ne fut pas mécontent lorsque la jeune et jolie magicienne perça la foule amassée dans cette obscure petite chambre, dont le trop plein de poussière commençait à lui chatouiller la truffe. Un sourire illumina davantage son visage lorsque la belle vint le trouver pour résoudre ce nouveau mystère, sourire que même ses difficultés à lire ne pouvait entacher. Ils discutèrent un peu, le louveteau s'amusant de l'idée tout à fait saugrenue qu'Edward puisse être son père, sans vraiment songer que la tension entre Élise et ce dernier puisse t'être forte.

    Il essaya de lui apporter son aide au mieux, le tout en dissimulant ses problèmes illettrismes car d'après son oncle, les jeunes filles aimaient les gens cultivés. Fort heureusement pour lui, Éléna – ce fut ainsi qu'elle se présenta – avait eu la bonne idée de lire la lettre de Calliope à haute voix, ce qui fut d'un grand secours pour son chevalier servant du soir. Tous deux penchés sur le message, ils en oubliaient le reste du monde, jusqu'à ce que la demoiselle ne remarque un chat en pleine lacération du pantalon d'un autre matou. Andréa reconnu ce dernier comme le psychiatre que son oncle avait catalogué d'« amusant », avant que ses iris noisette ne retournent au félin qui émit un aboiement discret.

    « Yvonne ! » Lâcha le louveteau en se précipitant jusqu'à l'animal qu'il arracha avec un peu de difficulté à sa nouvelle conquête.

    Il s'excusa avec insistance auprès du médecin et retourna auprès d'Éléna, le chat maintenu dans ses bras avant de faire les présentations, évitant de justesse un coup de griffe.

    « Éléna, voici Yvonne. Elle appartient à la doctoresse qui vient au cabaret. On se connait bien, mais je crois que là… »

    Il fut coupé par un aboiement. Visiblement la féline n'avait pas du tout appréciée que l'on écourte sa nuit de noce. Elle s'agita avec insistance, remuant entre deux jappement, avant de parvenir à se dégager de l'étreinte de son kidnappeur, ce dernier écopant d'une belle griffure avant que l'animal ne prenne la fuite. Andréa inclina la tête, perplexe, puis gêné, il passa une main derrière sa tête et sourit innocemment à jeune fille, abandonnant finalement :

    « Elle doit être fâché. J'ai dû l'empêcher de se trouver un M. Chat. »

    Mais alors qu'ils reportaient toutes leur attention aux indications laissées par la disparue, toute la salle se mit en branle, puis se vida peu à peu. Éléna fut appelée par sa famille et les deux jeunes gens durent se séparer. Le message avait dû être décodé, pourtant le louveteau fut surpris de voir que son oncle n'avait pas quitté la salle, plongé dans sa lecture. Il s'en rapprocha, s'installant sans un mot à ses côtés alors qu'il guettait par la fenêtre le passage de la famille d'Aldrick.

    -----------------------

    « Elle est mignonne non ? Souffla Edward, sans délaisser le carnet de l'infirmière.
    - Qu… Euh… Oui.
    - Pourquoi tu n'es pas partie avec elle ?
    - Parce que tu es resté là.
    - Et tu crois que je ne peux pas me débrouiller ?
    - À vrai dire… Non. »

    Edward leva le nez de ses pages, posant un regard curieux sur son neveu qui lui souriait avec malice. Il haussa un sourcil, ne comprenant pas où Andréa voulait en venir. Ce-dernier, n'ajoutant rien, engagea la conversation sur un tout autre sujet :

    « Tu as trouvé quelque chose ?
    - En fait oui. Les dernières pages sont sans queue ni tête, mais on y retrouve presque les même déclarations que celles que Calliope a fait avant sa disparition. Cette idée d'enfermement, de chaleur, de froid…
    - Vraiment ? L'infirmière était également folle alors ?
    - Sur les derniers mois de sa vie, oui. Elle parle aussi de la place Sainte-Claire.
    - De ?
    - C'est là que se rend ta demoiselle.
    - Ce n'est pas…
    - Il semblerait que Céleste Girault y ait dissimulé le « trésor », en offrande à la Sainte.
    - Il y a bien un trésor alors ?
    - Oui, mais je crains qu'il n'ait rien avoir avec l'image que l'on s'en fait. »

    Andréa voulut en savoir plus, mais à peine avait-il ouvert la bouche que son oncle reprenait la parole, lui confiant un morceau de papier arraché au carnet sur lequel il avait rapidement griffonné quelque mots.

    « Tu donnera ça à Aldrick. En espérant qu'il ait le sens de l'humour et que sa mère te laisse approcher.
    - Euh… D'accord mais j…
    - Viens, nous devons faire vite, ils ne savent pas encore où chercher.
    - Et toi tu sais ?
    - Céleste l'a indiqué. »

    Ils quittèrent la pièce d'un pas rapide et rejoignirent en un clin d'œil le petit groupe posté au centre de la place Sainte-Claire. Edward fit alors signe à Andréa d'aller retrouver Aldrick, pendant qu'il se dirigeait vers l'espace indiqué dans le carnet. Malheureusement pour lui, le directeur l'avait remarqué et il fut forcé de s'interrompre dans son élan :

    « Ah M. White. J'ai une question pour vous. Dites moi si vous voyez Calliope quelque part ?
    - Et bien… Il semblerait que non Monsieur le directeur.
    - Bien. C'est ce qu'il me semblait aussi. En ce cas, savez-vous où nous pouvons trouver la patiente.
    - Pas le moins du monde, mais je suis persuadé que votre réponse se cache ici.
    - Allons bon ! Si c'est encore une de ces satanée éni…
    - Regardez ! C'est mademoiselle Calliope, elle a été retrouvée ! »

    La dizaine de personne qui composait leur cortège se retourna d'un bloc. Edward lui-même fut surpris de voir deux internes les rejoindre avec la malade, très probablement assoupie, dans les bras du plus âgé. Un médecin présent se précipita rapidement à sa rencontre, récupérant délicatement la jeune femme sans l'éveiller, alors que les noms des deux héros étaient déjà sur toutes les lèvres. On voulait savoir où ils l'avaient retrouvé, si elle avait évoqué d'autres énigmes, comment elle les avait accueilli… Les questions se bousculaient et Edward crut voir là le moment le plus opportun pour lui de disparaître. Mais à nouveau, le destin en avait décidé autrement.

    « Attention, elle se réveille ! »

    Calliope avait été installée sur un banc de la promenade, mais elle sortit si violemment de sa torpeur que le docteur qui l'encadrait n'eut pas de temps de l'arrêter. Elle fendit la foule qui s'écarta sur son passage, finissant sa course dans les bras d'Andréa qui tenta de la contenir. Visiblement déboussolée, la pauvre tendait les bras avec la force du désespoir, son regard vitreux figé dans une unique direction. Edward voulut venir en aide à son neveu, mais déjà les deux internes l'avaient récupérée. Elle se débattit avec une force insoupçonnée, mais lorsqu'elle vit que le combat était perdu d'avance, elle hurla d'une voix qui semblait sortir d’outre tombe :

    « Enfermé pour chanter dans ce cri la Sainte en boite pleure trop à sa douce musique. Elle danse. Le cerveau du génie jamais ne dors. »

    Un silence. Tout le monde se regarda. Puis dans un ultime soubresaut, Calliope s'écria :

    « Enfermé, au compte de trois… »

    Incapable de terminer sa phrase, la pauvre s'évanouit. Elle fut soutenue par les médecins, mais la nouvelle crise de la jeune femme avait fait tomber une chape de plomb sur la petite assemblée. Le silence dura un temps, jusqu'à ce que le directeur ne reprenne la parole :

    « Mesdames et messieurs, cette terrible aventure est terminée. Je vous remercie pour votre aide. Cette jeune fille va être prise en charge avec soin par notre hôpital.
    - Mais et ce qu'elle vient de dire. Ce ne serait pas une nouvelle énigme ?
    - J'en doute. Vous avez bien entendu, cela ne voulait absolument rien dire.
    - C'est vrai, mais peut-être que…
    - Dans le cas où il y aurait, effectivement, un sens caché, je pense qu'il vaut mieux éclaircir tout cela au chaud, il serait dommage que ce sauvetage se solde par la maladie de l'un d'entre vous.
    - Oui, bien évidemment. Nous vous suivons Monsieur le directeur. »

    Et l'on regagna la salle de réception pendant que Calliope était emmenée dans sa chambre où elle serait, très probablement, installée sous bonne garde. Pourtant, si la majorité suivit sagement le maître des lieux, quelques irréductibles restèrent sur la place Sainte-Claire, probablement certains de démêler l'ultime énigme de cette affaire.



-----------xxx-----------xxx-----------xxx-----------

Paroles de fou


L'histoire arrive à son terme et la pauvre Calliope a été retrouvée saine et sauve. Pourtant, tout le monde ne semble pas croire à la fin de l'aventure. Y aurait-il un dernier mystère à percer ? Les dernières paroles de la malade semblent sans queue ni tête, mais cette aventure nous a prouvé qu'elle pouvait-être d'une adresse rare dans l'art de la dissimulation.

À vous de voir ! À vous de déduire, à vous de choisir. Si votre personnage a suivi le petit cortège de curieux ou que vous vous trouvez sur place au moment de l'arrivée de Calliope, il vous faudra choisir entre la raison du directeur et l'entêtement d'autres participants. Si un secret se cache bel et bien dans ces mots, afin de ne pas compromettre la recherche des participants qui s'y intéresseront, évitez de donner la façon dont vous vous y êtes pris pour le comprendre ou l'endroit ou vous vous rendez (sauf si vous postez le dernier jour de la date limite) !

Quelques rappels. Vous pouvez toujours utiliser un membre du corps médical pour vous aider à vous retrouver, ouvrir une porte, trouver une lampe et autres interventions inopinées. De même, le plan des lieux (cliquez) reste à votre disposition.

Enfin, voici pour quelques participants, des obligations plus précises découlant directement de votre premier poste :
  • Nath & Domi : Dominick, toutes mes félicitations, tu as trouvé le passage qui mène au placard ! Mais rassurez vous, votre calvaire se termine. Ce cher Docteur Chartier est revenu vous libérer, s'excusant à cause des plombs qui ont sauté et de cette satanée porte qui se bloc au moindre courant d'air. Ce ne sera que plus tard que vous apprendrez qu'il est expert dans le domaine des phobies. N'auriez vous pas été ses cobayes ?

  • Rita : Narcisse ne pouvant pas répondre à la dernière manche, tu seras sauvée par une infirmière, une vraie cette fois, et tu découvrira que c'est du'elle que vient la lumière que tu cherches.

  • Gaby et Bastian : Que ce soit en cours de route ou alors que vous quittiez à peine l'ancien cimetière, vous avez probablement croisé deux internes à qui Calliope sera confiée. Vous êtes libres de vous organiser comme vous le souhaitez, tant que la jeune femme termine dans les bras de l'un d'entre eux o/ Et désolé pour la première version où vous bougiez.

  • Aldrick : Andréa est parvenu à franchir la barrière maternelle pour te confier discrètement le petit mot d'Edward. Ce dernier ne perdant pas le nord, c'est une petite énigme qu'il te faudra découvrir au plus vite !
Message mystère:
 
Le mystère se dévoile !







Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 13 avril (au soir) pour participer à cette dernière partie o/

N.B. Le directeur écrit toujours en khaki, et notre folle préférée en palevioletred.

Vous pouvez toujours me joindre par MP pour la moindre question ! Je répondrais au plus vite, comme d'habitude ~
Encore merci à tous pour votre participation !
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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Event | Le Bal des folles [1889]   Mer 9 Avr - 17:09

Le petit groupe atteignit rapidement la cour Sainte Claire, prochaine étape du jeu de piste. Durant le trajet, Dolores put expliquer à ses compagnons comment elle s'y était prise (non sans fierté), sans prêter attention au regard interloqué d'Adam qui marchait à ses côtés. En arrivant, ils virent que plusieurs personnes s'étaient déjà regroupées au centre de la cour, cherchant du regard où se trouvait la prochaine énigme. L'homonculus aperçut au loin des personne qu'elle connaissait, dont ce cher Edward qui avait toujours une longueur d'avance sur elle à son plus grand malheur. Quoiqu'il en soit, une chose était sûre, le jeu d'énigmes touchait à sa fin, enfin, probablement, qui pouvait être suffisamment tordu pour concocter de nouvelles énigmes de ce genre là ? Et puis, les énigmes c'était marrant, mais à longue cela énervait les gens (surtout ceux qui ne trouvaient pas les réponses en fait). Soudain une voix s'éleva au-dessus du brouhaha ambiant, accompagnée d'un doigt pointé en direction de deux hommes, dont un portant une jeune femme inconsciente dans les bras.

- Regardez ! C'est mademoiselle Calliope, elle a été retrouvée !

Le personnel médical se précipita en direction des deux internes qui avaient récupéré la disparue. Adam s'apprêta à les rejoindre mais Dolores le saisit à temps par le col, le forçant à rester à ses côtés. Il manquait quelque chose, l'histoire ne pouvait pas se finir aussi rapidement et Adam était son sous-fifre, pas celui de la Salpêtrière. On approcha alors Calliope au centre de la cour, tous les regards étaient posés sur elle, se demandant si elle avait été agressée ou si elle était encore en vie. Un médecin posa ses doigts sur le pouls de la demoiselle, et fit un signe de la tête en assurant tout le monde qu'elle était simplement endormie. Dolores préféra rester en retrait et regarda l'état de la robe de la folle ainsi que celui de ses chaussures en quête d'indices pour savoir si elle avait réellement fugué ou non.

Elle lança un regard à Manfred puis leva les yeux, essayant d'imaginer concrètement ce qui avait bien pu se passer. Une autre voix la fit alors sortir de sa torpeur.

- Attention, elle se réveille !

Adam semblait à la fois excité et effrayé, tout comme Dolores il s'était pris au jeu et s'attendait déjà à guider le groupe pour trouver la solution d'une autre énigme. La folle se redressa de façon inattendue puis commença à se débattre lorsque les médecins essayèrent de la laisser allongée. Son corps sembla alors convulser énergiquement jusqu'à s'arrêter d'un coup. Calliope parla alors d'une voix froide et vierge de tout sentiment, faisant circuler un frisson général dans toute l'assemblée.

- Enfermé pour chanter dans ce cri la Sainte en boite pleure trop à sa douce musique. Elle danse. Le cerveau du génie jamais ne dors.

Plus personne n'osa prononcer un mot, tout le monde se regarda, interloqué, jusqu'à ce que Calliope continua sa faible tirade.

- Enfermé, au compte de trois…

Elle s'évanouit à nouveau, précipitant tous les médecins de l'assistance sur son cas. Adam se gratta la tête, n'ayant pas vraiment compris les paroles de la folle. Les autres spectateurs agirent de même et, guidés par le directeur, presque la totalité de l'assemblée sortit de la cour, laissant quelques retardataires derrière eux. Le jeune interne, hébété et ne sachant que faire, commença à partir lui aussi, mais encore une fois Dolores l'attrapa par le col et le tira dans sa direction.

- M-M-Mais madame Kellerstein, qu'est-ce que…
- Chhhhht ! Mon instinct de docteur machiavélique me dit que ce n'est pas fini !
- C-C-Comment ça ?

Dolores se redressa alors et scruta les alentours. Elle sourit alors malicieusement en voyant un charmant gentleman lui faire discrètement signe au loin.

-----✚-----✚-----✚-----

Oh, la vie de super-héroïne de la nuit était parfois tellement ingrate ! Beaucoup de choses leurs sont interdites, comme une vie normale, un quotidien, une histoire d'amour… Ces deux-là étaient faits pour être ensemble ! Elle, une charmante féline aussi belle et élégante que son regard est acéré, et lui, un grand et beau mâle aux oreilles de velours. Oui, ils avaient tout pour eux, mais comment allait-il réagir lorsqu'il découvrira la véritable identité d'Ypsilonne la guerrière ? Prendra-t-il peur ? Ou est-ce qu'il la rejoindra dans sa quête de la justice ? Pourront-ils devenir le couple le plus redouté de tout Paris ? Et leurs enfants ! Ce serait une dynastie d'héros nocturnes ! Ah, oui, il comprendra, il est différent des autres, c'est le chat parfait.

- Yvonne !

Qu- !?

La fabuleuse Ypsilonne se retourna alors et aperçut une silhouette s'approcher d'elle avant de l'emprisonner dans son étreinte et de l'approcher de son visage. Lui ? Une connaissance du terrible Docteur Kellerstein ? Mais qu'est-ce qu'il faisait ici ? Et comment connaissait-il sa véritable identité ? C'était impossible ! Seul un véritable génie du mal en était capable ! Ah ! Voilà que son tendre amour s'écarte et disparaît dans les volutes de la nuit ! Non ! Impossible ! Pas toi !

Ypsilonne perdit ses moyens, ce monstre venait de détruire le peu d'espoir qu'elle avait. Brandissant fièrement ses griffes acérées, la féline enchaîna ses techniques les plus puissantes, ce n'est pas lui qui la vaincra ! Dotée d'une rancune terrible, la guerrière de la nuit ne recule devant aucun obstacle, surtout pas devant un de ses plus terribles ennemis qui venait de la séparer de son futur amant ! Elle jura, utilisa sa voix supersonique, mais rien n'y faisait, il était bien plus fort qu'auparavant.

- Éléna, voici Yvonne. Elle appartient à la doctoresse qui vient au cabaret. On se connait bien, mais je crois que là…

ESPÈCE DE SUPER-VILAIN CRUEL ET DÉMONIAQUE QUI SENT LE POISSSON ! Sa technique ultime eu enfin raison de la prison de son ennemi juré. Retrouvant enfin le sol, Ypsilonne opta pour une retraite finement calculée afin d'éviter d'être piégée à nouveau. L'usage de tout son éventail de techniques l'avait fortement épuisée, elle allait devoir se ressourcer dans son QG grâce au soutien de Miss Fantôme. On se reverra scélérat ! À ses mots, Ypsilonne traversa un mur sylvestre (un buisson en fait) et s'arrêta, fixant l'extérieur pour s'assurer de ne pas avoir été suivie.

Son souffle résonnait dans tout son corps, une intensité aussi rare pouvait la conduire à faire de graves erreurs, elle devait se calmer. C'est bon, personne ne l'avait suivi, Ypsilonne avait à nouveau vaincu son combat ! Mais en tant que guerrière de la nuit, elle ne pouvait pas se reposer, et elle le comprit en sentant quelque chose sur sa patte de devant. C'était Oscar le cafard ! Il était venu avec toute sa famille et était prêt à en découdre avec le terrible Marcel le moineau. C'était maintenant ou jamais pour Ypsilonne la guerrière aux pattes de velours, il fallait régler son compte à cet oiseau de malheur.

La féline partit alors en toute hâte, suivant Oscar et suivie par tous ses alliés. Il ne fallait pas avoir peur de la mort, la peur liait à la haine et la haine à la mort. Telle une flèche, Ypsilonne courut sans hésitation et atteignit enfin le repère de Marcel le moineau. Dans les fourrés, la tigresse rampa doucement, jusqu'à avoir en vue le terrible volatile. Il était là, en face, perché sur une boîte de bois, probablement un nouvel artifice pour ses plans diaboliques ! Croisant le regard du cafard, Ypsilonne et ses alliés coururent sur l'oiseau et se jetèrent sur lui, toute griffe dehors.

-----✚-----✚-----✚-----

- Q-Qu'est-ce que cet homme vous a donné au juste ?
- Hm ? Un petit indice, quelque chose qu'elle, enfin il, avait remarqué depuis le début. Aucun sens du défi, vraiment…

Toujours dehors, le petit groupe de Dolores suivait la jeune femme qui semblait suivre un itinéraire bien précis. Elle tendit le morceau de papier qu'elle venait de recevoir d'Aiko (qui en fait avait fait toutes les énigmes mais à l'envers, pour gonfler son orgueil), cherchant quelque chose du regard. Le jeune interne pencha la tête, se demandant la signification de la petite énigme.

- Ce sont des carrés ? Et une croix ? Qu'est-ce que cela signifie ? … Oh ! M-Mais ça ressemble à…
- Bingo ! Adam tu es plus malin que je le pensais, je suis fière de toi ! Ce doit être… ici !

Au moment même où le groupe s'immobilisa, une grosse boule de poil surgit aux pieds de la doctoresse, complètement affolée, tenant dans ses pattes une petite boîte en bois.

- Oooooh Yvonne ! Tu tombes à pic ! Finalement tu étais partie à la chasse aux trésors toi aussi ?

La jeune femme se pencha et au prix de quelques griffures saisit la boîte en bois et l'examina sous toutes ses coutures avant de l'ouvrir. Elle sourit alors et la confia à Adam avant de prendre son gros matou dans les bras, la pauvre semblait toute stressée et énervée. Dolores lui gratta alors derrière les oreilles pour la calmer et s'adressa à son groupe.

- Bien, mes chers amis, je crois que le fabuleux Docteur Kellerstein et ses incroyables compagnons ont résolu le mystère de la Folle de la Salpêtrière ! On applaudit tous Manfred bien fort !

Et tandis que Dolores et les autres applaudirent le pigeon sans trop comprendre pourquoi, Adam remarqua avec stupeur que les griffures sur les bras de la doctoresse avaient déjà disparues.

HRP:
 

---------------------

Bravo à Dolores qui a résolu ce dernier mystère !


Dotty ayant trouvé chaque énigme de cet évent en des temps records, c'est avec mon accord qu'elle est parvenue la première jusqu'au trésor après avoir décodé les paroles de Calliope. Cela ne vous empêche cependant pas de poursuivre l'aventure avec votre personnage /o/

Vous pouvez d'ailleurs continuer vos recherches, car la solution pour décoder le message ne sera donné que dans un poste de conclusion, lundi matin, lors duquel tout vous sera expliqué.

D’ici là, bonne chance à tous et beaucoup de courage à tous ceux qui se sont perdus o/

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