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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]

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MessageSujet: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Dim 4 Mai - 19:20

Depuis que j’avais rencontré cet intriguant individu, mon esprit coquin était de nouveau en ébullition et mon moral avait remonté mystérieusement. Il était vrai que cet homme était vraiment séduisant, mais ce qu’il pouvait m’apporter, à moi et au Lost, surpassait mon envie de la chair. En l’invitant ainsi à mon spectacle, j’avais l’impression de revivre…. J’étais un démon après tout. Il était normal que je ne me tienne pas toujours tranquille  quant à vivre éternellement.

Je ne voyais plus ce que je pouvais trouver d’intéressant à ce cabaret si la seule personne qui me tenait vraiment à cœur, Nathanaël, m’avait oublié. Alors, l’idée de démissionner m’était venue, mais je m’appelais Wally, je ne pouvais pas faire comme tout le monde et aller dans le bureau de notre loup-loup préféré et de lui dire que je lui tirais mon chapeau. Je voulais qu’on se souvienne de moi et je voulais que ma sortie soit remarquable, et quoi de mieux que d’inviter un chasseur à son dernier spectacle pour marquer les gens… pour marquer Ed et le cabaret à jamais. Il me détesterait à coup sûr, mais l’amour n’est-elle pas près de haine?

Enfin… après toute cette histoire, j’imagine que Randon voudrait me féliciter de l’avoir ainsi entré dans la bergerie. J’étais bien hâtif de voir son cadeau, ho oui, espérons qu’il soit explosif!


***


Sur ces pensées, comme je l’avais si bien dit à Randon, je me rendis au Lost, ni vu ni connu, saluant au passage les autres artistes de ma bonne humeur habituelle et retrouver. Certains pourraient voir dans ce subit changement d’attitude signe d’un coup pendable à l’horizon, mais personne ne se douterait de la portée de ce coup.

Ah non. J’ai toujours dit que je m’amusais avec les humains sans les tuer, mais je n’avais JAMAIS parlé des autres créatures fantastiques qui pullulaient ce monde. Certes Ed m’a accueilli chez lui comme un bon père et je lui en suis redevable, mais il ne doit JAMAIS oublier qu’il abrite chez lui des monstres… des créatures damnées. Est-ce que notre loup-loup saura réparer ce que j’aurai engendré?

J’avais bien hâte de jouer avec lui. Je m’étais assez reposé. Je voulais que ça explose cette fois. Vous connaissez tous mon amour pour le feu, non? Il y aura feu au poudre, je vous le jure!

J’étais dans ma loge maintenant et je me préparais comme si de rien était, entendant la salle se remplir derrière le rideau. Je murmurai alors :


-Je t’attends mon amour, que le spectacle commence… Le meilleur de toute ma carrière. Les feux de la rampe t’appartiennent maintenant. Je te les offre, mais avant tout, laisse moi le plaisir d’animer la foule une dernière fois.

Sur ces mots, j’avançai vers la scène, habillé de la manière qu’Ed me l’avait prescrite, costard et nœud-papillon pour donner un spectacle qui, à première vue semblerait ce qu’il y a de plus ordinaire, mais qui serait en fait le début d’un long coup de théâtre où il n’y verrait que du feu (si vous me permettez le jeu de mots pourri).


Dernière édition par Walter Blackmoon le Lun 30 Juin - 3:03, édité 3 fois
Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Dim 11 Mai - 19:56

Dix heures et vingt minutes.
Randon réajustait la cravate à son col, l'alignant parfaitement avec la forme en V que formait le haut de son tuxedo, dont un bouton, celui du bas, restait bien évidemment décroché. L'homme fermait avec soin les boutons de ses manches, puis se baissa par la suite pour refaire le noeud de ses chaussures J. M Weston avec soin, ne laissant ainsi rien au hasard.

Pourquoi ?

Parce que sa fortune ainsi que ses fréquentations faisaient de lui une personne dite "huppée", les mêmes qu'il enviait, alors petit enfant des rues anglaises ? Parce qu'il avait un style à donner à la hauteur de sa réputation ? Parce qu'il se rendait dans un endroit dont le prestige était de renommée ?

Que nenni. Sa tenue vestimentaire dépassait ces raisons superficielles "d'image".
En réalité... le chasseur avait plutôt grand intérêt à avoir sa tenue impeccable, s'il voulait qu'elle dissimule l'ensemble de l'attirail qu'il avait passé toute la journée à préparer pour cette occasion si spéciale qu'était l'invitation de "Wally".

Encore une fois, l'aîné Gray reporta son regard sur la carte de visite que lui avait laissé le démon lors de leur dernière rencontre. Ses pupilles peinaient à se détacher de l'animation enchantée qu'il avait sous les yeux, alors que ses pensées défilaient...

Avait-il seulement pensé à tout ? Il se refaisait alors l'ensemble de son inventaire personnel :

Les coutelas durement accrochés par des fixations à ses mollets, un d'argent, pour toutes les créatures dites bestiales, un d'or, au-cas-où il y aurait des leprechauns, un revolver chargé avec des balles contenant du sel, le sel étant un purificateur qui blessait autant les esprits que les démons, son colt chargé à plomb, pour la grande majorité des autres monstres, tous deux dissimulés de chaque côté de ses hanches, un bracelet de crucifix au poignet gauche, même si son utilité n'avait jamais été prouvée à cent pour cent contre les vampires, un bracelet de protection contre les sortilèges sorciers sur les poignets droits, histoire de se protéger, un médaillon d'anti-possession accroché au cou, également comme protection, une fiole d'eau bénite calée derrière son dos par sa ceinture...

La seule absente dans tout cet équipement était sa machette. Malheureusement, il avait dû choisir entre elle et le revolver, et ce fut le revolver qui l'avait emporté. La courte portée de cette arme de poing et sa précision l'avaient remporté sur l'inutilité d'une machette en combat face à des monstres dont la force était cent fois décuplée par rapport à la sienne.

Rassuré par ce bref contrôle, le trentenaire regarda alors l'heure qu'indiquait sa petite horloge. Dix heures quarante. Le spectacle commencerait d'ici une vingtaine de minutes. C'était le moment pour Randon de partir.

Un dernier coup d'oeil devant le miroir afin de certifier qu'aucune arme dangereuse ne dépassait de son col ou de ses manches inférieures. Non, tout était bon. On ne parviendrait non plus pas à deviner sa dangerosité, avec sa veste tuxedo volontairement pas tout à fait à sa taille, une taille supérieure, histoire de ne pas trop le coller au corps et de pouvoir dissimuler son armada de guerrier.

Il passa rapidement sa main dans ses cheveux pour les discipliner avec intransigeance, puis en quelques secondes ferma la porte derrière lui.


Il ne fallut qu'une dizaine de minutes à l'aîné Gray pour se rendre au cabaret, avec l'adresse indiquée derrière la carte de Wally ce qui, à vrai dire, le frustra quelque peu. Son sens légendaire de l'orientation avait en effet toujours rendu la tâche de "Trouver le cabaret" difficile, et ce malgré les explications de ces contemporains riches à souhait qui s'y rendaient fréquemment. Bon, à vrai dire, ils en venaient à parler du cabaret à la quinzième coupe de champagne, ce qui expliquait les versions peu "concordantes" de l'itinéraire à emprunter...

Enfin, au moins cette promenade au parc lui avait permis de résoudre un de ces grands mystères: l'emplacement du cabaret. Et... il venait d'y arriver. Devant... une foule de chapeaux, des hauts de forme standards, des spécialement faits par de grands couturiers qu'arboraient ces dames, toute élégantes...
Une pancarte, à côté de cette queue, indiquait que le démon allait en effet bien démontrer son spectacle à vingt-trois heure piles, au rez-de-chaussée. Et apparemment, il avait du succès, au vue des gens présents...

Randon sentit la nervosité monter petit à petit, ce qui n'était pas forcément mauvais signe. Il se mettait simplement en condition. Combien des gens autour de lui pouvaient sentir l'odeur de sang qu'il dégageait ? Combien des personnes présentes pouvaient percevoir le chasseur qu'il était ? Combien d'êtres surnaturels se rendaient-ils à ces spectacles ? Combien d'artistes n'avaient rien d'humain ?

Malgré son rythme cardiaque un peu plus accentué que d'habitude, le trentenaire parvint à passer les vigiles, monter les escaliers avec une sérénité toute feinte, et à remettre sa carte à une jolie femme servant d'aiguilleuse. Non pas de mauvais jeux de mots... elle indiquait seulement les places qui correspondaient aux clients. Et quand ce fut son tour, Randon lui lança le sourire le plus charmeur qu'il avait en stock, démontrant ainsi une décontraction qui contrastait totalement avec son état réel. La dame ne lui répondit que par un rictus courtois et lui indiqua un siège.

Au premier rang.

Tout... devant.

Cette fois-ci, le sourire de Randon perdit quelque peu de son charme. Aux premières loges, tout lui serait permis de faire... Qu'avait donc en tête Wally ? ...

Un petit doute commençait à submerger dans la tête de Gray.... Et si le démon s'était finalement rendu compte de sa bêtise ? Ne risquerait-il pas d'y laisser sa vie, à cette fameuse place ? A cet instant, Randon, qui voyait déjà les gens l'entourant comme des potentiels monstres, scrutait les environs avec une inquiétude ressentie. Le riche au monocle de derrière aurait tout le loisir de l'étrangler si l'envie, ou l'ordre, lui en venait...

La pin-up à sa droite pouvait également à tout moment sortir des crocs et lui trancher la gorge... Tout le monde devint soudainement grandement suspect, et Randon, alors qu'il s'asseyait, glissa une main à l'intérieur de son blouson au moment où les lumières commençaient à faiblir, pour se rassurer.

Il était armé.

Sa protection ne dépendait que de lui.

Il devrait être vigilant à... tout. Vraiment tout.

Et tandis que le rideau s'étirait peu à peu, la méfiance de Randon regagnait en force.

Que lui avait donc préparé ce dérangé de Wally ?

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Edward White
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MessageSujet: Re: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Sam 31 Mai - 20:47


    Il était vingt-deux heures trente. Le spectacle avait commencé depuis près de deux heures et demi au Lost Paradise, sans qu'aucun des numéros proposés ne parvienne à rendre un peu de joie de vivre à Edward. Il avait passé une sale journée. Celle où dès l'instant où un pied est posé hors du lit, une sorte d'instinct de survie s'éveille violemment, conseillant de se recoucher immédiatement pour attendre un lendemain plus propice. Malheureusement pour le patron du Lost Paradise, ses responsabilités et le travail qu'il avait à faire l'avaient contraint à abandonner le moelleux de sa couverture pour lui préférer une table en chêne massif et les piles de lettres qui s'y amoncelaient. Il avait eu dans l'idée de traiter un dossier envoyé par l'administration française sur quelques aides financières dont il pourrait être le bénéficiaire, mais ses démarches allèrent de déconvenues en déconvenues jusqu'à tomber nez à nez avec un indescriptible et désagréable sbire du service public français qui le traita comme s'il avait face à lui un demeuré qui ne savait pas gérer ses propres comptes. Il suffisait alors d'ajouter la pleine lune du lendemain pour pardonner à Edward l'état dans lequel il avait laissé sa chaise lors de son rendez-vous, ainsi que son humeur morne et quelque peu colérique de la soirée.

    Installé dans les coulisses, il observait le va-et-vient des artistes, lâchant de temps en temps quelques mots pour apaiser les plus inquiets, mais sur un ton si sec que cela n'aidait en rien à les rassurer. Cette attitude desservant son établissement, Edward finit par faire les cent pas entre les salles privées, les cuisines et l'arrière de la scène, sans parvenir à se poser plus de quelques minutes. Il restait obnubilé par ce dossier de financement et ce petit cloporte dont il se serait bien fait un défouloir, mais un autre élément vint troubler son esprit et agiter ses nerfs.

    En effet, cette soirée devait être l'ultime test pour Walter dont les tours devenaient de moins en moins adaptés au cabaret. Le lycanthrope avait bien essayé de l'inviter à assister à un spectacle de magie humaine pour lui montrer ce qu'il était possible de faire, même sans capacités démoniaques, mais il n'en avait pas eu la possibilité. Aussi, les paroles du démon n'avaient cessé de raisonner dans son esprit depuis leur première confrontation, le mettant plus que tout sur ses gardes lors de cette soirée :

    « N'oublie pas à ton tour que Wally est peut-être un démon de salon, mais pas un démon apprivoisé. Je jouerai ton jeu, mais selon mes règles. »

    Selon ses règles ? Comme s'il pouvait en avoir. Savait-il seulement ce que le mot signifiait ? Edward soupira, passant une main moite sur son visage alors que l'heure de la montée en scène du démon approchait.

    Le loup avait prévu de rester dans l'ombre ne désirant pas se donner en spectacle dans la grande salle où il savait que la moindre petite dinde trop poudrée risquait de lui faire lâcher un mot qu'il aurait aussitôt regretté. Alors il se cantonnait aux cuisines dont la position permettait de voir une partie de la scène ainsi que les spectateurs. Cette soirée comptait, pour l'instant, beaucoup d'humains. Des légendaires, il ne reconnut que le vicomte de Truchet, un mage assit au second rang, aux côtés de son épouse, une ravissante Sphinge dont Edward appréciait les mots d'esprit.

    Il ne restait plus que dix minutes. Dix longues minutes. Le dernier numéro venait de se terminer sous les applaudissements et la pause permettait au ballet des serveurs de reprendre, le temps de servir tous les clients, ceux installés depuis vingt heures tout comme les nouveaux arrivants. L'apparition de l'un d'eux fit d'ailleurs tressaillir Edward jusqu'à l'échine.

    Un chasseur.

    Il en était certain. Cet homme en costume, c'était un chasseur, l'un de ceux qu'il connaissait bien d'ailleurs, car le loup-garou l'avait déjà affronté par le passé. Agrippé au battant de la cuisine, Edward le regarda se faire guider jusqu'à l'un des fauteuils réservés aux habitués ou aux invités des artistes. Sachant pertinemment que ce vil individu n'avait rien d'un client redondant, l'esprit d'Edward se mit à tourner à vive allure pour tenter de savoir qui avait bien pu commettre une telle énormité. Frissonnant de rage, il alpagua son neveu d'une voix transpirant la colère :

    « Ramène-moi Clarisse. Tout de suite. »

    Le louveteau se garda bien de tout commentaire, et après avoir soigneusement délivré ses boissons, il revient avec la goule en charge du placement des spectateurs. Il était vingt-trois heures moins deux.

    « Tu vois l'homme assis au premier rang ? Il a été invité par l'un des artistes, tu te souviens de qui il s'agit ?
    J'ai dû garder la carte... Hum... Tenez, la voici patron. C'est celle de Walter.
    Wal... Retourne à ta place et dit aux autres de rester loin du premier rang. Andréa, fais passer le mot à Snorri. »

    Les deux jeunes gens se regardèrent sans comprendre, mais à la vue de l'état de leur supérieur, ils appliquèrent à la lettre ses indications. Edward disparut dans les cuisines et ce fut au pas de course qu'il se précipita dans les coulisses, renversant au passage tout un attirail de nettoyage qu'il insulta avec une hargne féroce. Le danger était immense. Il devait à tout prix éviter à Walter de monter sur scène.

    Il bifurqua à nouveau, atteignant le bas des escaliers menant à la scène. Mais alors qu'il cherchait du regard le démon, un tonnerre d'applaudissements. Le levé de rideau qui suivit lui indiqua qu'il était trop tard. Walter était en piste.

    Retenant son souffle, Edward gravit les marches d'un pas lent atteignant un espace de la scène protégé de la vue des spectateurs par le rideau replié, et abrité du regard des artistes en représentation par un angle de mur, sur lequel on avait déposé quelques éléments de décor. Sa place lui permettait de voir le dos de Walter, mais également de distinguer le bras droit du chasseur.

    Et pour la première fois de sa vie Edward se demanda si, lui aussi, avait une bonne étoile.


H.R.P:
 
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MessageSujet: Re: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Lun 30 Juin - 4:41

Spoiler:
 

Certains disent que je suis fou, d’autres, tout simplement suicidaire; moi je trouve que je suis brillant. Comment pouvais-je dire une telle chose alors que je me mettais directement dans le champ de mire d’un potentiellement dangereux chasseur de créatures telles que moi- j’avais vu mon invité dès vingt heures à la place que je lui avais assignée, main dans sa poche droite?

Et bien, c’était simplement parce que j’avais arrangé mon spectacle de telle sorte pour que le chasseur puisse jouer un moment avec moi avant de trop faire de ravages et d’ici là, au nombre de créatures fantastiques que nous étions ici, je ne pouvais croire qu’on soit assez faibles pour tous se faire avoir. J’étais fatigué de ce petit jeu au Cabaret qui nous excluaient du monde… je voulais que les gens du Lost Paradise prouvent leurs valeurs et s’amusent dans la danse endiablé que je leur avais préparé… qu’ils le veulent ou non, petits et grands, ha!ha!ha! Je voulais que ça pète, que ça explose!

Et de toute façon, je me foutais bien des conséquences que pouvaient amenés une telle situation sur ma carrière, car je quittais la scène et de manière grandiose mes amis! Quoi de mieux qu’un carnage pour qu’on se souvienne jusqu’à la fin de mes jours de mon nom et de mon dernier spectacle? C’était bien connu… les drames marquaient bien plus l’imaginaire que les histoires sympathiques et les petits tours de salon que tout le monde avait trop vu. Moi, mon spectacle serait mémorable. Marquerait les lieux à jamais. Et puis, la salle était bondée d’humains. Certes, il y avait quelques créatures mythiques qui venaient à mon spectacle, mais il ne pleuvait pas des tonnes non plus. Comme le disait Edward : je n’attirais plus les foules comme avant, Randon serait probablement déçu et puis le fait qu’il soit en avant changeait tout. Je pouvais le garder à l’œil et l’intégrer au spectacle quand je le voulais… Il n’aurait pas le dessus sur moi : foi de Wally. J’allais le dompter ce chasseur.

Enfin, assez de rêveries, laissez place au spectacle.

Vingt heures et demies, je foule le sol de la scène, le rideau se lève et une tonne de projecteurs s’allume sur une salle encerclée de miroirs. J’avais bien vu qu’Edward était derrière le rideau à m’observer et comme seul indice que je l'avais vu, je lui fis un sourire sadique.

J’étais donc au milieu de tous ces miroirs laissant donc ma propre personne se répéter en plusieurs exemplaires. Clamant d’une voix forte, je déclarai :


-Mesdames et messieurs, compagnons de jeu, cher patron et autres créatures, je vous annonce en primeur que je tiendrai ce soir ma dernière représentation et je vous le jure, vous ne m’oublierai pas!

Mon regard malicieux brilla d’une flamme rougeâtre lorsque je croisai le regard méfiant du chasseur au moment où je lançai :

-Enfin, place au spectacle!

Je fis ma révérence habituelle , puis je révélai à la foule que sous leurs yeux ébahis, j’allais disparaître pour réapparaître ailleurs! Je me mis donc à courir parmi les miroirs, me déplaçant selon un ordre méthodique entre chaque miroir placé dans un angle pour donner l’illusion que j’avais disparu et effectivement, dans toute cette course folle et avec les reflets des miroirs, il n’y avait plus de traces de ma personne… mais où allait-on me retrouver? Je ne m’appelais pas Wally le magnifique pour rien, j’avais un plan.


Je réapparus alors derrière mon invité spécial. Les lumières se dirigèrent tous vers nous! Les gens étaient partagés dans leurs réactions, certains criaient à l’arnaque; d’autres y croyaient, mais ça ne pouvait qu’être de la magie, je m’étais déplacé bien que trop vite. Je murmurai alors à l’oreille de Randon :

-J’espère que tu apprécies le spectacle, mon amour, j’ai tout orchestré pour toi! Commençons maintenant à jouer, veux-tu?

Je dis alors plus fort, pour la foule :

-Vous croyiez que je vous avais déjà quitté? Pas tout de suite mes chers, maintenant, j’inviterais mon très cher ami à ma gauche à me suivre sur scène. Encouragez-le! il devra me retrouver à travers toutes les illusions.dis-je en attrapant le chasseur par le bras, le regard toujours brillant. Je sentais très bien, à cette proximité, l’artillerie de ce dernier et je frissonnai. Dès que je fus sur scène et que je lâchai son bras, je commençai à courir parmi les jets de lumière et les miroirs qui reflétaient, à certains moments, mon reflet. Une étrange fumée se leva aussi dans la salle, rendant le tout encore plus confus pour le chasseur. Tout était près pour le spectacle final.

*Je me demande ce que tu feras maintenant, Edward…Amusons-nous.*


Dernière édition par Walter Blackmoon le Ven 18 Juil - 16:26, édité 1 fois
Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Ven 18 Juil - 14:44

Les rideaux étaient levés, et déjà une rimbanbelle de Wally s'affichaient sur le devant de la scène, sous un tonnerre d'applaudissement. Randon ne rejoignit pas le mouvement de clappement collectif, et préféra soutenir son menton par sa main libre, ne quittant pas des yeux les différents démons devant lui.
Malheureusement, la tâche ne fut pas aisée. Directement après avoir annoncé son numéro, Wally disparut derrière un slalom de miroirs, ce qui fit rire d'étonnement quelques personnes dans la salle, et ne fit qu'accroître le rythme cardiaque déjà élevé du trentenaire. Puis, un doux murmure vint lui effleurer les oreilles, ce qui eut, comme effet de crisper la prise que Randon avait sur son revolver.

-J’espère que tu apprécies le spectacle, mon amour, j’ai tout orchestré pour toi! Commençons maintenant à jouer, veux-tu?

Directement après, un projecteur éblouissant vint aveugler le chasseur qui entendit très distinctement la voix du démon derrière lui affirmer quelque absurdité. Lui, Randon, aller sur scène ? Ce ne pouvait être qu'une piètre farce. Mais la poigne ferme du Démon sur le bras du chasseur l'en convainc que non, et le trentenaire fut bien obligé d'obtempérer et de se laisser guider. Il avait cru reconnaître un agent de la paix dans les rangs lorsqu'il se leva, et savait son visage déjà fortement connu. Massacrer Wally devant de tels témoins ne lui apporterait rien de bon.

Même si l'occasion... était plus que parfaite. Wally à sa droite, absorbé par son spectacle, mais qui devait quand même sentir l'aura dangereuse du chasseur à ses côtés, et l'odeur de la poudre dans la culasse de ses armes.

Mais cela ne l'empêcha pas de le hisser sur scène et, en une fraction de seconde disparaître derrière ce cheminot de miroirs en tout genre. Des fois son visage apparaissait, d'autre fois il n'apparaissait pas, ne suivant pas un tracé logique ou répétitif, ce qui rendait la tâche impossible. Aussi, Randon ne put s'empêcher de sourire et de regarder la foule d'un air perdu, faisant bonne mine, malgré toute la tension qui dominait son corps.

L'aîné Gray joua la comédie encore quelques instants, tentant en vain de chopper la créature surnaturelle qui venait et partait aussi vite que l'éclair, faisant courir ce dernier de droite à gauche, puis de gauche à droite. Durant cette course navette, Randon en profitait plus pour réfléchir que pour réellement tenter d'atteindre Wally.

Il ne tuerait pas le démon. A quoi bon lui serverait-il mort ? Mais... il se devait de l'atteindre, de le prendre par surprise et de l'avoir à sa merci, s'il voulait avoir tous les renseignements qu'il convoitait... Qui étaient-ils, dans ce cabaret ? Qu'étaient-ils, plutôt. Qui dirigeait ? Quel était leur plan ? Quels secrets cachaient-ils derrière leur tour de passe-passe ? Pouvait-il, lui tout seul, obtenir ce genre pouvoirs ? Et si oui, comment ?!

Le meilleur moyen d'obtenir réponse, serait d'interroger avec force Wally. Mais son agilité, ses dons psychiques, et sa nature démoniaque rendaient la tâche impossible physiquement. Il devait d'abord le blesser.... Arrêtant de courir partout, Randon, essoufflé, accorda encore un regard dépité à la foule avant de poster sa main sur sa anche, à proximité de son arme, prêt à l'usage si l'occasion se présentait.

Et cette occasion, Wally la provoqua de lui-même, lorsque des fumigènes vinrent diminuer la visibilité de la scène. On ne voyait distinctement que le haut du corps de Randon, et celui de Wally qui venait et disparaissait toujours à sa guise entre les miroirs.

Fini la plaisanterie.

Randon sortit son arme, camouflée par l'épaisse fumée, et tira dans un miroir où il lui semblait avoir aperçu le démon. Cela brisa la glace dans une détonation forte qui fit sursauter la foule, mais la fit également applaudir, croyant être un énième tour de magie qui pimentait davantage le spectacle.

Randon poursuivir ses tirs, mais ne toucha jamais Wally. Il se contentait non plus de viser le démon, mais de détruire tour à tour l'ensemble des miroirs. Une fois qu'il ne pourrait plus se cacher, il serait à découvert, et l'occasion serait rêvée pour faire passer ce coup de feu par un accident banal. D'autant plus que la fumée aidait réellement à dissimuler les tirs du trentenaire, et masquait quelque peu son expression concentrée et glaciale qui lui seyait au visage depuis qu'il avait l'arme en main. Néanmoins, il avait conscience de devoir se dépêcher. Plus vite il détruirait les miroirs, plus vite il en finirait, et ce, avant que la fumée ne s'estompe.

Néanmoins, trop concentré sur sa tâche de détruire les miroirs, puis de toucher Wally à la cuisse, Randon ne remarquait pas que quelqu'un, à l'écart, l'observait certainement avec une forte rage...


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Edward White
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MessageSujet: Re: Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]   Dim 31 Aoû - 14:46


    « Je vous annonce en primeur que je tiendrai ce soir ma dernière représentation… »

    Ça il pouvait en être sûr.

    Edward ne regretta jamais autant d'être devenu un loup raisonnable. Le spectacle qui se jouait devant lui s'annonçait effroyable, pouvant mettre en péril des années de travail et il lui était impossible de s'en mêler sans risquer plus gros encore. La gorge serrée, la mâchoire contractée de rage, le sang lui battait les tempes avec fureur. Si son instinct lui ordonnait d'intervenir et de mettre à terre cet insupportable démon une bonne fois pour toute, sa raison le confinait dans sa cachette de fortune. Il était condamné à rester simple spectateur d'un jeu du chat et de la souris dangereux, qui pouvait mal finir pour lui et pour tout son établissement.

    Il devait réfléchir.

    Un nuage de fumée s'éleva sur la scène sous les acclamations du public. Edward fronça les sourcils, sentant venir les ennuis. Tout son corps se tendit lorsque le bruit d'une détonation résonna. Chacun de ses muscles se crispèrent et l'odeur caractéristique de la poudre réveillèrent en lui des instincts de bête furieuse. Ses doigts se resserrèrent sur le mur, heureusement épais, et il lui fallut tout le sang-froid du monde pour ne pas bondir sur scène et massacrer les deux individus qui s'y trouvaient. La chance voulut que les spectateurs ne comprennent pas ce qui se passait et ils se mirent à applaudir naïvement cette chasse sans gêne qui se jouait sous leurs yeux. Mais que faire ? Une intervention mal préparée et c'était mettre la puce à l'oreille de ce satané chasseur !
    Frénétiquement, son regard dépareillé parcourut les alentours à la recherche d'un plan d'action. Nerveux, il peinait pourtant à réfléchir, ses iris revenant inévitablement vers le duo infernal qui s'affichait sur scène. Chaque coup de feu supplémentaire le faisait grincer des dents, et il comptait machinalement : un, deux, trois... Revolver à six coups, restait trois. Huit coups, encore cinq balles. Et s'il avait une seconde arme ? Probablement l'entendrait-il faire le changement, mais serait-il assez fou pour déverser la totalité de ses munitions sur scène ? Un coup d'œil en l'air et une idée folle lui traversa l'esprit.

    Cela s'annonçait risqué. Il devait faire vite et surtout, il devait faire bien.

    Le loup tourna les talons, abandonnant son recoin pour gagner l'arrière scène où se tenaient les installations techniques qui permettaient la mise en place rapide des éléments de décors. Une chance pour lui, elle était actuellement vide, aucun numéro de ce soir ne demandant de mise en place particulière. Le cœur battant, songeant au sabotage de sa propre représentation qu'il s'apprêtait à faire, Edward marcha pourtant droit sur les fils de commandes. N'ayant aucune idée de leur fonctionnement, il observa ces gros cordages, presque fébrile, cherchant le mécanisme qui lui permettrait de couper court au numéro de Walter. Un nouveau coup de feu lui ôta toute forme d'hésitation. Il se saisit avec force d'une l'une des roues métalliques, mettant en branle la machinerie dans un bruit sourd inhabituel. L'une des cordes se détacha soudainement et fila vers le plafond, entraînant par la même occasion la chute brutale de l'un des décors.

    Le souffle absent, les yeux fermés, Edward attendit et écouta. Le bruit sourd d'un craquement lui indiquait que le panneau en bois s'était fracassé au sol, le brouhaha qui suivit, l'interrogation et la stupeur du public que cela avait engendré. Puis la voix puissante de Snorri ordonnant que l'on baisse le rideau avant de rassurer les spectateurs que tout allait bien et qui les invitait à patienter le temps de savoir si le spectacle pouvait reprendre ou non. Le lycanthrope patienta encore quelques instants. Il fallait que le timing soit bon. Il ne bougea pas encore plusieurs secondes, puis au pas de course il gagna la scène par les coulisses, arrivant sur cette dernière plus essoufflé qu'il n'aurait dû l'être, comme s'il venait de l'autre bout de la salle. Le voici dans le rôle d'Edward White, directeur paniqué, inquiet de savoir si tout allait bien après ce malheureux « accident ».

    « Tout le monde va bien ? Rien de cassé ? »

    Le ton était légèrement saccadé, laissé en suspend. Il y dissimulait sa rage avec difficulté, mais son jeu était primordial pour ne pas éveiller les doutes du chasseur. Il s'appliqua. Avançant au travers des décombres d'un pas qu'il fit hésitant, il observa les dégâts de l'œil critique du gérant qui notait déjà le montant des frais que la catastrophe allait lui coûter. Puis relevant la tête, il rejoignit tout à fait l'artiste et son invité. Il les observa un moment, la bouche légèrement entrouverte, les parcourant de pied en cap à la recherche d'une blessure dont il se moquait tout à fait. Il s'attarda pourtant, davantage sur le chasseur, guettant la moindre silhouette d'une arme à feu, d'un couteau ou d'un autre objet susceptible d'être un danger. Puis il eut un coup d'œil pour le décor en miette, et croisant le regard de ses interlocuteurs, il abandonna sur le ton d'une imprévisible fatalité :

    « Je suis désolé pour cet incident, c'est la première fois que cela nous arrive... Bien sûr, nous rembourserons votre place Monsieur. Croyez bien que nous sommes confus. Walter, nous reporterons à demain la présentation de ton nouveau numéro si tu le veux bien. »

    Le ballet des employés avait déjà commencé sur scène, la déblayant rapidement tandis que l'on vérifiait méticuleusement le reste des installations. Edward savait qu'il perdrait de l'argent ce soir, et probablement, que l'on parlerait de cet accident dans les journaux du lendemain, mais c'était un détail. Il avait bien d'autres inquiétudes. Un démon et un chasseur lui restaient sur les bras et il devait s'occuper de l'un et de l'autre avant que leur présence ne mette la vie de tous ses employés en dangers. Alors, il releva la tête, et posa son regard sur celui du tueur de légendaire, et espérant que ses iris ne le trahiraient pas, il demanda :

    « Après tant d'émotion, je vais faire ouvrir une salle privée pour que vous puissiez reprendre tranquillement vos esprits. Pour toi aussi, Walter. Je peux également faire appeler la doctoresse de l'établissement si vous le désirez. »

    Avec un peu de chance, il refuserait et partirait comme il était venu. Dans un autre cas, il les isolerait. Il n'avait malheureusement pas trouvé mieux…


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Le loup dans la bergerie [PV Randon et Ed]

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