Aller en haut
Aller en bas
Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

Partagez | 
 

 Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Alice Lindel
Un cœur en chocolat
avatar

Messages : 57
Date d'inscription : 03/10/2013
Age : 28
Localisation : À la recherche d'aventures !

MessageSujet: Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)   Mer 17 Sep - 6:09

Chaque soir, les lumières du Lost Paradise s'allumaient.

S'il y avait bien un spectacle que je ne voulais pas manquer, c'était celui de cette acrobate aux rubans. Bien sûr, chacun des artistes du Lost Paradise était extrêmement talentueux, et la musique qu’on pouvait y entendre avait le don d’apaiser mes nerfs après une rude journée, mais les acrobates avaient le don de captiver mon attention, et ce numéro plus encore, car il alliait élégance à complexité. C’était comme si elle flottait sur la scène. Il y avait toujours ce sentiment qui remontait à la surface, mes entrailles retournées en un nœud douloureux. Une sensation de liberté. Inaccessible. Pourtant, je continuais à rester là, parmi le public, ne détournant pas mon regard grave. Peut-être était-ce tout simplement pour la même raison que tous les autres numéros. Ils me permettaient de rêver. J'avais encore besoin de m'accrocher à mes illusions. Car si les visages souriants se faisaient plus nombreux autour de moi, au fond, rien n'avait changé. Et l'absence d'une présence féminine dans mon cercle fermé d'amis, en dehors des politesses d'usages qu'obligeaient mon statut d'héritière, laissait derrière lui un vide douloureux, me rendant mélancolique, presque amère... N'étais-je pas suffisamment sympathique ?

Les applaudissements autour de moi me sortirent de mes pensées. Je pris une bouchée de la part de gâteau que j'avais commandée plus tôt, ou du moins ce qu'il en restait. Le blanc et le rose ne faisaient plus qu'un, écrasé d'un geste négligent, ayant gardé mon couvert en main tout ce temps. Le goût s'en retrouvait changé, trop sucré, ce qui m'en donnait presque la nausée. Peut-être en avais-je trop fait pour ce soir. Je déposai quelques pièces supplémentaires sur la table, un pourboire pour excuser mon comportement, en quelque sorte, pour laisser des restes qui seraient probablement jetés, gaspillés. C’était le genre de choses que les enfants de bonne famille apprenaient, il faut dire que lorsqu’on nait avec une cuillère en argent dans la bouche, la possibilité d’un vol n’était pas particulièrement inquiétante de toute façon. J’aurais dû demander un verre d’eau fraiche plutôt. Cela aurait pu me remettre de mes émotions, en m’enlevant le goût désagréable qui restait coincé au fond de ma gorge.

Préférant quitter ces murs étouffants, je me dirigeai vers l’arrière de la scène. Mon regard tomba cependant sur un bout de tissu vermeil près de l’un des murs. Une étoffe qui n’était pas là auparavant, une telle couleur, cela se remarque. Personne ne la portait tout à l’heure, à mon arrivée, j’en étais persuadée. La dernière personne à avoir quitté la pièce était l’étrangère, la Seele. Je fis de mon mieux pour me souvenir ; il était possible que cela lui appartienne, ou même que cela soit l’un de ses rubans, oui. Que faire ? Personne ne semblait y faire particulièrement attention. Tous les regards étaient tournés vers la scène, attendant avec impatience la suite de la programmation. Quelques secondes suffirent à me décider. Il faudrait agir vite si je voulais la rattraper, plutôt que d’avoir à faire affaire avec l’un des gérants du vestiaire. Et ainsi, je pourrais faire d’une pierre deux coups, en prenant un peu d’air frais. Heureusement, une fois la salle de spectacle quittée, dans le grand couloir qui composait le hall d’entrée, j’aperçus une silhouette familière du coin de l’œil.

« Mademoiselle Campbelle ! Vous … avez laissé tomber ceci ... »

Je tenais le tissu, entre mes mains, comme une idiote, ne sachant quoi dire de plus. Et mes joues qui rougissaient légèrement de mon audace, contre ma peau pâle, moi pauvre petite bourgeoise qui ne savait pas rester à la place qui lui était due. Tout prétexte était bon, lorsque l'on tenait à aborder quelqu'un, n'est-ce pas ? Peut-être le tout aurait mieux passé avec des fleurs à lui offrir pour complimenter sa performance. Non. Je crois que cela n’aurait été que plus ridicule encore.


Dernière édition par Alice Lindel le Lun 2 Mar - 15:57, édité 3 fois
Voir le profil de l'utilisateur
Campbelle Jones Wilson
♥ Âme Dansante ♥
avatar

Messages : 16
Date d'inscription : 24/04/2014
Age : 21
Localisation : Tu ne devineras jamais, mon chaton. ♥

MessageSujet: Re: Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)   Dim 22 Fév - 22:34

Paris, la nuit. Le Cabaret du Lost Paradise illuminé. Les rues brillantes de mille feux. De nombreuses personnes présentes... Soir de spectacle.

S'il y avait bien une chose que Campbelle détestait, c'était la préparation avant son entrée. Elle adorait se produire sur scène, mais elle ressentait une anxiété incommensurable lors de sa préparation...
Elle devait gérer la qualité de son maquillage, veiller à ne pas abîmer son costume en l'enfilant, mais aussi faire tout cela dans les temps. Aucune seconde de plus ne lui serait accordée.
Alors comme à son habitude, elle tenta de s'apaiser en arrêtant de dévisager les jeunes danseuses se presser et courir dans les coulisses. En arrêtant d'écouter le présentateur annoncer les prochains spectacles. Et surtout en arrêtant de fixer l'horloge et son Tic-Tac hypnotisant. Elle arrêta et ne pensa plus qu'à ce qu'elle devait être ce soir : Seele. La jeune femme aux rubans. À la fois sensuelle et époustouflante. Et c'est ce qu'elle fit. Elle abandonna cette vieille peau meurtrie et se laissa enivrer par le personnage de l'artiste.
Campbelle n'était plus. Elle allait dormir tout le long de la prestation.
Elle n'oserait jamais se donner en spectacle, elle était bien trop timide et fidèle à son défunt maître pour ça. Bien trop discrète et silencieuse telle, une ombre de passage que l'on ne remarque qu'une unique fois ou alors que l'on ne voit pas.
Campbelle passait toujours inaperçu comme encrée dans les murs. Invisible comme dissimulée dans l'air. Insaisissable comme un astre. Évanouie comme un vieux souvenir.
Seele était la fascinante, la fantastique. Après chaque spectacle, les hommes et les femmes ne prononçaient que ce nom. Il était sur toutes les lèvres.
Tous les spectateurs connaissaient Seele, la femme aux lèvres teintées d'un rouge sang, mais personne n'avait jamais rencontré Campbelle, la femme aux mains couvertes de sang rouge.
Seele était son substitut, elle lui permettait de s'oublier, de s'évader. Et c'était uniquement pour cela qu'elle désirait plus que tout, après chaque nuit, remonter sur les planches. Pour incarner l'acrobate talentueuse qui la ferait se désincarner, elle.

Ainsi Seele monta sur scène... Elle fit tout pour offrir un spectacle plus professionnel et spectaculaire que la veille et elle salua comme à son habitude la salle. Les applaudissements se firent d'abord timides puis plus francs. Elle sentit le sang se précipiter dans ses joues : elle était heureuse et gênée par tant d'engouement. Puis elle quitta l'estrade pour retourner dans sa loge.

Seele se dirigea dans les couloirs de l'arrière scène. Mais elle n'eut pas l'envie de retirer sa peau étincelante pour une autre, bien trop discrète. Elle eut le plaisir coupable d'aller se montrer dans le hall d'entrée pour attiser les curiosités.
Les individus la reconnurent immédiatement. Les hommes la contemplaient. Les femmes chuchotaient. Des murmures bourdonnaient dans tout le lieu.
Campbelle en fut amusée. Tout ceci était très gratifiant. Elle brûlait d'envie d'aller parler avec tous ces civils... Mais elle devait garder son visage envoûtant... Alors elle attendait que quelqu'un vienne s'adresser à elle...
Le temps sembla passer lentement quand elle eut comme un frisson dans le dos. Quelqu'un se tenait derrière elle. Elle se tourna lentement, ne sachant pas trop à quoi s'attendre... Soudainement, elle baissa légèrement les yeux et fut agréablement surprise : une jeune fille angélique peu grande se tenait face à elle. Seele se devait de rester très satisfaite, mais Campbelle lâcha un sourire émerveillée. La Femme aux cheveux d'or vit ses joues s'empourprer. Campbelle pinça ses lèvres ne sachant que dire et ce ne fut pas nécessaire de dire quoi que ce soit, car la fille la devança :

« Mademoiselle Campbelle ! Vous … avez laissé tomber ceci ... »

L'artiste tendit la main pour récupérer son accessoire et se pencha vers la joue de son interlocutrice pour y déposer un baiser. Soudainement tout un tas de messes basses s'éleva.

-Je... Te remercie. Tenta-t-elle de dire dans un Français très approximatif. Hmm, tu voudrais faire l'honneur, à moi, de prendre un café ? En signe de grat... Gratitude. Me semble que cela se dit comme ça. Elle attrapa la fille et l’entraîna dans les coulisses pour s'éloigner de tout ce monde.
Mais d'abord, je dois me changer si nous voulons être plus tranquilles. Elle lui fit un large sourire en espérant lui donner l'envie de partager sa compagnie... Cela faisait bien trop longtemps que Campbelle rêvait d'un moment de rencontre. Et ce visage frais lui rappelait la jeunesse et l'insouciance. Elle déposa sa main sur son épaule et l'emmena dans sa loge avec l'immense satisfaction qu'elle allait enfin pouvoir discuter avec un être de chair.

_________________
Voir le profil de l'utilisateur
Alice Lindel
Un cœur en chocolat
avatar

Messages : 57
Date d'inscription : 03/10/2013
Age : 28
Localisation : À la recherche d'aventures !

MessageSujet: Re: Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)   Mar 7 Avr - 6:09

Des étoiles plein les yeux.

Si je m'attendais à cela. Au lieu de prendre le bout de tissu et de repartir sans plus de cérémonies, voilà qu'au lieu de cela, l'une des artistes que j'avais tant admiré de loin m'adressait le plus adorable des sourires et récompensait mon geste d'une bise. Comme si cela ne suffisait pas, voilà que la belle m'invitait à prendre un café en sa compagnie. Que dire ? Les mots restaient coincés au travers de ma gorge fragile. En temps normal, je n'aurais que répliqué que tout l'honneur était pour moi, mais cela serait peut-être insulter son offre attentionnée, son français approximatif et que sais-je encore. Les manières, je les envoyais paître, la plupart du temps, mais elles demeuraient encrées en mon être. Il n'y avait alors qu'une réponse appropriée. Je jetai tout de même un coup d'œil distrait à l'horloge. Tant pis pour le couvre-feu.

« Ce serait avec plaisir. »

Je m'apprêtais donc à attendre son retour, mais à ma grande surprise, une fois encore, elle m'entraîna à sa suite. Avais-je vraiment le droit d'entrevoir l'envers du décor ? C'est l'objection que je lui aurais partagée si nous ne nous étions pas dirigées vers les salles privées plutôt que l'étage inférieur. L'interdit aurait été plus grisant, mais j'étais bien soulagée de ne pas avoir à affronter la colère du cabaret tout entier. Cependant, je n'étais pas certaine que son stratagème fonctionne... Son visage resterait le même quoi qu'elle fasse après tout ! Enfin, c'est certain qu'un costume pareil ne passerait pas inaperçu. Cela devait être ce qu'elle voulait dire. L'idée de paraître ridicule m'empêcha de poser des questions à ce sujet. Une fois arrivées à la salle, je m'assis sur une petite chaise, face à la porte, histoire que Campbelle puisse se changer à bon loisir, ou pour attendre son retour si elle devait bel et bien passer par sa loge. Je n'aurais pas osé lui imposer mon regard. Malgré tout, cela ne m'avait pas empêché de remarquer quelques détails, à gauche et à droite, maintenant ou un autre soir où je pouvais arpenter ces murs.

« Vous devez avoir plus de rubans que vous ne savez quoi en faire ... Non ? »

Oh. Oh non. Avais-je bien dit cela tout haut ? J'avais encore laissé mon esprit s'égarer ! Un argument de plus pour la théorie de la folie. Quoi qu'il en soit cela devait sembler horriblement déplacé. Je rajoutai donc bien vite quelques mots, une explication maladroite, retenant un rire nerveux.

« Je me demandais simplement, pourquoi faire tout cela plutôt que discuter avec l'un de ces gens distingués dans le hall, ou même vous reposer. »

Avec ma petite robe simple, mon sourire idiot et ma maladresse, je ne devais pas bien ressembler a une lady, c'est vrai. Je cherchais simplement à comprendre si c'était une bonne chose, pour une fois. Au lieu de m'extasier devant son spectacle, sa simple présence, ou encore lui demander si elle savait déjà où aller prendre ce café, avant de me lancer au besoin dans une liste de suggestion d'endroits tous plus colorés les uns que les autres. Et profiter au maximum de ce moment privilégié. Tel que n'importe quelle jeune femme de mon âge le ferait. Cela aurait été trop simple, n'est-ce pas ?
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)   

 

Scratched Record [Pv Campbelle] (1889)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Alphabeta grec ! *jeux* (style record du monde)
» Jiri Sekac établit un record au test navette
» Daniel Edouard, boxe ayisyen, chanpyon WBA pwa mwayen latin/ameriken
» Nouveau record
» Who is Viter Juste?'' Istwa yon Ayisyen Diaspora.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG :: Cabaret du Lost Paradise :: Rez de chaussée :: Salles privées-