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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 6 Déc - 10:02

Avachi sur l'un des bancs de la Place Dauphine, Aldrick se refusa à n'ouvrir ne serait-ce qu'un seul œil pour contempler l'étendue des dégâts. Autour de lui, gisait -sans honte aucune- un amoncellement de paquets en tous genres. De différentes tailles, couleurs et contenus, il avait probablement visité toutes les boutiques de la capitale avant d'échouer sur cette assise salvatrice. Pour la énième fois, il maudit le clairon qui l'avait déconcentré lors de leur duel à la Foire, lui faisant manquer d'une bonne dizaine de centimètres la cible décisive.

Depuis sa vie s'était transformée et il avait été contraint de se plier aux volontés de la gagnante. Ainsi, Rose l'avait trainé dans la capitale avec beaucoup d'amusement, se moquant régulièrement de lui en lui ajoutant un paquet supplémentaire qu'il payait puis traînait jusqu'à ce que le choix de la belle ne se porte sur autre chose. Même les jours d'affluence, il n'avait jamais vu autant de marchands de tapis au commissariat qu'en passant d'une échoppe à l'autre !


*Comment les femmes font elles pour aimer ça ?! Faire les boutiques relève plus de l'enfer que du loisir !*

Le brun prit d'avantage ses aises sur l'armature de bois vert foncé, laissant la brise matinale lui caresser le visage avec délice. Dans l'air, flottait encore une odeur de café, mêlée à celle du pain frais, en dépit des onze heures tout juste sonnées. L'herbe sentait encore l'humidité, qu'avait fait naître la pluie passagère de la veille, et s'il avait fait un peu plus froid, probablement que cela l'aurait rendu très nostalgique tant l'atmosphère semblait similaire à celle qui l'avait rendu heureux dans sa petite enfance.

Le commissaire croisa les jambes en étendant les bras de chaque côté de son corps, la tête penchée en arrière, il songea que jamais encore il n'avait autant apprécié d'être à l'ombre d'un arbre. Celle-ci se fit plus prononcée lorsque les pas de Rose s'arrêtèrent près de lui. Plus patiemment qu'à l'accoutumée, il attendit la réplique cinglante en se préparant psychologiquement au pire, mais à sa grande surprise rien ne vint.


Toi aussi tu commences à fatiguer ? Tenta-t-il sans bouger.

Sa curiosité prenant rapidement le dessus sur le reste, il finit par poser sur elle un regard doux, s'enquérant sans lui laisser vraiment le temps de répondre à la première question :


Oh laisse-moi deviner... Tu as encooooooore trouvé une boutique « intéressante » c'est ça ? La fin de la phrase était teintée d'ironie, car ses jambes en compote se refusaient à bouger de nouveau sans une pause digne de ce nom. D'autant qu'il la soupçonnait des pires détours, juste pour l'enquiquiner.

Sans s'en rendre compte pourtant, il détailla ses yeux d'un bleu profond, semblable au ciel, sa nuque blanche et ses mains fines. S'il n'y avait pas eu tous ses sacs autour de lui, le lycanthrope aurait probablement douté encore de la réalité. Combien de fois avait-il rêvé d'elle ainsi ? Si proche qu'il aurait pu enfin la toucher ? Et maintenant que c'était le cas, il n'osait se le permettre.


*Bon sang ce qu'elle est jolie !*

A moins que tu n'aies choisi un nouveau supplice à m'infliger ? S’enquit-il avec un sourire en coin, n'osant espérer que cela soit moins contraignant que celui-ci, tandis que le rouge teintait légèrement son visage. Néanmoins, une idée lui vint pour la déstabiliser, et avec un air qui se voulait détaché, il questionna pseudo innocemment : J'ai entendu dire que tu avais croisé Alexandre dernièrement, c'est vrai ?

Tapotant calmement la place inoccupée à côté de lui, tout en penchant la tête vers cette dernière, l'agent pria intérieurement pour que cela suffise à la convaincre de s'asseoir ou au moins de ne pas reprendre sa course effrénée contre le temps dans l’immédiat. Argumentant le tout par un sourire enjôleur qu'il n'adressait qu'à elle, le policier attendit la suite, les sens aux aguets, se tenant près à esquiver une désapprobation quelconque.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 4 Mar - 19:57

Il faisait un temps magnifique ce jour la. Un ciel d’un bleu éclatant de lumière  s’étendait au dessus de la tête des parisiens, sans qu’aucuns nuages ne viennent troubler cette paisible matinée. Même si il faisait encore un peu frais, c’était tout à fait agréable de déambuler à travers les rues de Paris pour y faire un peu de shopping. Rose Walkson n’aimait pas particulièrement faire les magasins de manière intense, mais l’idée d’infliger pareil supplice à Aldrick l’amusait au plus haut point. La  contrebandière avait donc décidé de trainer le brun un peu partout dans la capitale ; de sa boutique de macarons préférés, jusqu'à  la dernière  des boutiques de chaussures  à la mode, en passant par les librairies et les marchés aux puces.

Et maintenant, après cette matinée de marche intensive, le commissaire se tenait devant elle, avachi sur un des bancs de la place Dauphine,  l’air visiblement éreinté. Rose le regardait de loin, ne  cachant pas l’amusement que lui procurait le fait de le voir dans une pareille situation. Avait-il vraiment espéré gagner contre elle, l’autre jour, à la foire ?

* On peut dire qu’il s’est loupé en beauté en tout cas ! *

Cette pensée la fit sourire et, de son pas souple et léger, elle se rapprocha d’Aldrick, ne pouvant s’empêcher de laisser son regard vagabonder sur lui.  Rose le trouvait attirant. Diablement attirant même. Prise d’une subite envie de le toucher, la blonde tendit ses longs doigts blancs vers son visage, comme pour s’assurer qu’il était bien là devant elle. Mais le son grave de sa voix la ramena brutalement à la réalité. Avant même qu’elle reprenne ses esprits, le commissaire avait déjà répondu à sa propre question, une pointe d’ironie dans sa voix.  Rose prit un air moqueur, haussant innocemment les épaules en souriant.


- «  Aldrick, TOUTES les boutiques où je t’emmène sont intéressantes. Tu devrais être ravi d’avoir l’immense honneur de m’accompagner. »

Elle marqua une pause laissant le temps au commissaire de lui demander si elle avait trouvé de nouveaux supplices.  Rose se retint d’éclater de rire à l’entente du mot supplice. Oh que oui, elle avait des tas d’idées en tête  et pas forcément désagréables …

- «  De nouveaux supplices … ? Mmmmh …. Pourquoi pas. Tu sais que je suis imaginative. »

Un sourire pseudo-diabolique vint illuminer son visage, laissant apparaître une rangée de dents blanches et alignées.  Cependant son sourire se figea en entendant le prénom d’Alexandre. Les muscles de son corps se tendirent imperceptiblement, elle était soudain sur la défensive.

- «  Ou as tu entendu dire ça ? »


Elle avait plus grogné plus qu’elle n’avait parlé. La contrebandière savait qu’a présent, on pouvais lire le trouble sur son visage et ses yeux bleus tentaient de sonder ceux de son interlocuteur.  Ou avait-il bien pu entendre cela ? Elle avait revu Alexandre il y avait de ça à peine quelques jours mais ca avait été très rapide. A peine quelques heures, et qui plus est dans le propre appartement de Rose.  Il fallait qu’elle sache. Si lui savait, d’autres savaient peut être aussi.  Elle fit le dernier pas qui le séparait d’elle et se pencha vers lui. Elle attrapa  brusquement le brun par le col et laissa son visage en suspens à quelques millimètres du sien. La elle articula le plus calmement dont elle était capable, ne lâchant pas Aldrick du regard :

-  «  J’ai besoin que tu me le dise maintenant. »

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 11 Mar - 16:18

S'il avait espéré qu'elle lui accorde un instant de répit, il avait tout faux. Il s'était attendu à une gifle et à la place, elle l'avait agrippé pour le maintenir près d'elle. Si près qu'il contemplait son propre reflet au fond de ses iris bleutés. Son cœur manqua un battement avant de s'affoler, tambourinant contre sa poitrine dans une danse endiablé. Son parfum l'enivra, et il ne sut plus très bien si tout ceci était réel ou non, si la chaleur de ce corps si près du sien, n'était pas un mirage de plus. Comment s'en assurer ? Sa main gagna la sienne sur son nœud de lavallière, pour se soustraire à cette position inconfortable que la contrebandière lui avait imposé, capturant au passage ses lèvres fines dans un baiser simple. L'entrainant dans cet élan, ils s'étaient redressés, ses doigts s'étaient emmêlés aux siens dans une caresse d'une douceur sans égale, tandis que sa main de libre avait gagné sa joue pour lui faire relever le menton, savourant ainsi plus aisément cette étreinte interdite. Les yeux clos, il intensifia, sans s'en apercevoir d'abord, le baiser, raréfiant leurs souffles comme pour défier ce destin injuste qui les avaient éloignés.

Enfin, il se détacha d'elle, la contemplant comme s'il la voyait pour la première fois, à ceci près qu'il lui était impossible de masquer l'attirance qu'elle exerçait sur lui. Sans lui laisser le temps de réagir, il déclara avec une tendresse nostalgique :


- Il faut toujours que tu imagines les pires scénarios, pas vrai ? Ses doigts caressèrent délicatement sa joue. Je l'ai croisé dans un bar pas loin de chez moi.

Sa voix s'était emplie d'éclats de rire, et il ajouta avec un sourire :


- J'ai failli ne pas le reconnaitre ! Il est devenu sacrément musclé ! Même moi je pourrais avoir du mal à le battre...

Ce n'était pas tout à fait vrai, sa condition de lycanthrope lui garantissait tout de même une aisance indiscutable, néanmoins il ne savait que trop bien combien ils étaient proches tous deux. Plus d'une fois, en dépit de son air de gentleman posé, de ses mains lisses et de son mètre quatre-vingt-dix qui donnait à Aldrick l'avantage de quelques centimètres, le brun s'était dressé face à lui, de la hargne plein les yeux pour le dissuader de faire du mal à Rose. A chaque fois, ils avaient fini par trouver un terrain d'entente. Mais si ses traits s'étaient durcis, si sa stature avait gagné en volume, au fond, il avait peu changé. Après tout, il était comme un grand frère pour elle.

Son sourire s'élargit, et tandis qu'il tentait de se convaincre qu'il fallait qu'il s'éloigne, il ne put s'empêcher de se pencher à son oreille pour glisser :


- Il m'a affirmé qu'il t'avait trouvé radieuse, et m'a demandé juste après si on s'était vu. Dois-je en conclure que tu es heureuse, même un peu, que l'on se revoit ?

Aldrick se redressa de sorte à pouvoir soutenir son regard, il ne regrettait rien de ce qu'il venait de faire, si cela lui déplaisait, il ne doutait aucunement qu'elle saurait lui transmettre son ressenti, mais il voulait voir. Il voulait la voir, elle. Contempler son visage transformé par l'émotion, même s'il devait essuyer des insultes, ou des coups. Il n'y avait qu'elle qu'il se permettait de taquiner de la sorte. Il n'y avait que pour elle qu'il avait bravé les interdits imposés par son travail, et qu'il serait probablement prêt à recommencer. Même s'il ne connaissait que trop bien les conséquences que cela aurait sur leurs vies...

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 12 Mar - 12:14

Pour la première fois depuis un bon bout de temps, Rose Walkson fut déstabilisée. Le contact des lèvres d’Aldrick sur les siennes fit perdre tout sens commun  à la contrebandière presque instantanément. Son corps se souvenait visiblement, et de manière très précise, de la douceur de ces caresses,  de la chaleur que le commissaire dégageait et de ses baisers délicieux. Son corps était avide et désirait plus de tout cela.  Il  voulait que ce soit comme avant. Et tout de suite.

Lorsqu’Aldrick se détacha d’elle, chacune des cellules de la  peau de la blonde semblait avoir pris feu. Respirant profondément, Rose tenta de se calmer et de rassembler ses idées embrumées. Elle ne devait pas se laisser aller comme ça. Plus jamais. C’était fini entre eux pour une bonne raison. Il fallait qu’elle agisse de façon rationnelle et logique. Son corps ne devait pas la diriger. Elle devait faire fonctionner son cerveau et surtout ne pas écouter son cœur qui était à l’origine de bien trop de décisions stupides. Elle écoutait distraitement Aldrick lui raconter comment il avait rencontré Alexandre. Mais au fond, maintenant, cela importait peu à Rose. Elle était obnubilée par ce qu’elle venait de faire.  

Aldrick avait l’air heureux.  Et elle allait devoir lui dire que non, ca ne pouvait pas être comme avant entre eux. Sinon il aurait des soucis. Des soucis bien plus importants qu’elle n’en aurait si on découvrait leur manège.  Secouant résolument la tête pour chasser ses dernières pensées parasites, Rose s’avança vers le brun d’un air qu’elle voulait courroucé. Puis, attrapant la joue de ce dernier entre son pouce et son index pour la torde violemment, elle grogna :


- «  Mr Voelsungen, vous êtes le commissaire le plus stupide qu’il m’ait été donné de rencontrer. »


Relâchant la joue qu’elle tenait entre ses doigts, la blonde recula d’un pas pour observer le commissaire de haut en bas. Un air de défi brillait dans ses yeux.  


- «  Je me demande si je devrais te ficher une raclée en premier pour l’impudence dont tu viens de faire preuve, ou si je devrais plutôt aller tuer Alexandre pour avoir déblatéré des inepties dans mon dos …. »


Ses mains blanches virent alors fouiller son corset noir pour en sortir une cigarette qu’elle porta immédiatement à ses lèvres. Cependant, elle ne l’alluma pas, se contentant de scruter Aldrick, les mains croisées sous sa poitrine. Que pouvait il bien penser à ce moment même ? Autour d’eux, sous le soleil matinal,  les passants continuaient de circuler, avec l’air pressé de ceux qui ont une tonne de chose à accomplir. Se décidant finalement à allumer sa cigarette, Rose en inspira une profonde bouffée, comme si sa vie en dépendait.


- «  Qu’est ce qui t’as pris Aldrick ?  s’emporta soudain la blonde, posant un doigt accusateur sur le torse du brun. Tu vas t’attirer des ennuis si ca se sait ! Je sais vraiment pas ce qui me retiens de …. »


Elle n’acheva pas. La contrebandière oscillait entre colère et désir, entre envie de tuer et d’embrasser cet homme devant elle.   Qu’allait elle faire à présent…. ?
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 13 Mar - 14:39

Aldrick fut contraint de fermer un œil sous la douleur et sa joue suivi le mouvement infligé par sa tortionnaire avant d'être relâchée.
 
- Aïïïeeeeuuuuh ! Maugréa-t-il en se massant la zone endolorie, répliquant par volonté de ne rien lui céder : Tu n'as pas dû en rencontrer beaucoup alors !
 
Il l'observa malgré tout, s'étonnant de ce mouvement de recul en dépit de ses paroles agressives.
 
*Elle espère que je vais lui répondre en toute franchise ?*

Il arqua un sourcil tandis que comme jadis elle piochait dans les replis de ses habits pour faire apparaitre une cigarette. Le brun détourna le regard, sentant ses joues chauffer légèrement. Ne se doutait-elle dont pas à quel point ce geste -à lui seul- pouvait le troubler ?
 
Quand l'odeur de la nicotine lui parvint, elle était de nouveau près de lui, et des reproches plein la voix, elle renoua le contact du bout du doigt, faisant manquer de nouveau un battement à son cœur. La suite lui arracha un air surpris, remplacé bien vite par un sourire comblé.

 
- Je n'aurais jamais cru que tu t'inquièterais encore de la sorte pour moi... Je note cependant que tu ne démens pas les dires d'Alexandre.~ Ses iris vinrent se plonger dans les siens. De... ?
 
Il récupéra le bâton de nicotine sur les lèvres de son interlocutrice, pour en soustraire un peu, l'avisant d'un air entendu.

 
*Elle me dit ça alors qu'elle pourrait se faire lyncher bien d'avantage. Elle est incroyable. Pas une seule seconde elle n'a penser qu'elle pourrait en pâtir ! Seul mon sort lui importe. Peut-être bien que je lui ai manqué un peu finalement ?*
 
Le lycanthrope la contempla intensément, il aurait pu dire bien des choses en somme, mais il savait pertinemment qu'elle ne lui délivrerait jamais aussi clairement le fond de sa pensée. Il rejeta du tabac et passa une main dans ses cheveux en fixant le ciel brièvement, avant d'afficher un air serein, son index glissant à son tour sur elle, appuyant doucement sur ses lèvres pour lui intimer le silence.
 
- Je ne sais pas être raisonnable en ta présence. Ce n'est pas nouveau pourtant, il me semble. Le commissaire ponctua le propos d'un sourire qu'il ne réservait qu'à elle et la libérant de ce mutisme, lui rendit sa cigarette.
 
Il fallait qu'il s'éloigne d'elle s'il ne voulait pas réitérer cet écart aux mœurs. Mais était-ce vraiment si essentiel ? Si elle s'approchait encore... Le brun alla presque jusqu'à le souhaiter, en dépit de toute la morale qu'on lui avait inculqué. Pourtant il ne bougea pas, préférant glisser, en se faisant violence pour ne pas laisser libre cours à ses envies :

 
- Tu as autant de soucis à te faire que moi, à ce sujet, il me semble. Mais si cela te chagrine, tu pourras toujours prétendre que j'ai agi pour t'embêter.
 
De sa main de libre, il effleura ses doigts, désireux encore de ce contact éphémère qu'il aurait voulu plus prononcé, mais n'alla pas plus loin, le rire d'un enfant aux alentours le rappelant subitement à la réalité. L'officier observa le trouble-fête comme s'il était l'un des plus grands bandits que la terre ait jamais porté, mais le concerné ne s'en aperçut pas, trop occupé à faire voler un avion aux couleurs éclatantes dans les airs à la suite de son camarade. Un soupir déçu franchi la barrière de ses lèvres, puis penchant la tête sur le côté, il finit par lâcher à contrecœur :
 
- Bien, puisqu'il convient que je sois sage, que fait-on maintenant ?
 
Pour une raison inexpliquée, cette simple constatation l'attristait plus qu'il n'aurait su le dire. Il fit au mieux cependant pour ne rien laisser paraitre, préférant afficher un sourire fictif auquel il ne croyait pas lui-même.

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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 18 Mar - 13:34

Rose avisa le sourire qui était venu étirer les lèvres d’Aldrick d’un air découragé. Le but de ses précédentes tirades n’était pas de lui faire comprendre qu’elle s’inquiétait, mais de lui rappeler les risques qu’il encourrait en fréquentant une fille dans son genre. Rose voulait le dissuader de s’approcher d’elle à nouveau, aussi douloureux que cela puisse être. Et cela la rendait malade, et ce, bien plus qu’elle ne voulait bien l’admettre.

Contrariée par ses réflexions, la belle laissa le brun s’emparer de la cigarette qui se consumait entre ses lèvres sans protester, s’enfermant dans un silence qui lui était inhabituel. Elle ne pouvait s’empêcher de se torturer en pensant que ç’aurait pu être différent. Que ça pouvait être différent.

Rose fut brusquement ramenée à la réalité par le contact du doigt de son ancien amant sur ses lèvres. Elle allait ouvrir la bouche pour protester, mais fut stoppée net. Ses joues avaient viré de façon incontrôlable à l’écarlate à la suite de la phrase d’Aldrick, qui en avait profité pour lui rendre sa cigarette.


* Bon sang mais contrôle toi Rose, on dirait une gamine de quinze ans qui vit son premier flirt ! *

Furieuse contre elle même, et ne sachant quoi répondre, la contrebandière écrasa rapidement le bâtonnet de nicotine à peine entamé sous le talon de sa botte, espérant ainsi masquer le trouble qui s’était à nouveau immiscé en elle. Il fallait qu’elle se focalise sur autre chose que sur cet homme en face d’elle si elle voulait garder la tête froide. Alors pourquoi pas sur cet fille la bas qui lisait un livre à la terrasse d’un café ? Rose était tellement concentrée, sur le contrôle qu’elle voulait avoir sur elle même et sur ses émotions, qu’elle ne sentit même pas la main d’Aldrick effleurer la sienne. Elle n’entendit pas non plus les paroles qu’il était en train de prononcer. A part sa dernière question. Et le soupir qui l’avait précédé. Ainsi que ce sourire qui sonnait faux et qui flottait à présent sur ses lèvres.

Pendant quelques longues secondes, la blonde resta immobile, ses yeux scrutant intensément ceux dorés de son interlocuteur. Puis elle finit par soupirer, résignée.

* Au diable la raison ! Ce n’est pas dans ma nature de toute façon *

Et, attrapant une nouvelle fois le nœud de lavallière d’Aldrick, Rose l’attira a elle, posant ses lèvres sur les siennes brusquement. Ce n’était pas un baiser doux. C’était quelque chose de violent, remplis des passions qui se déchainaient dans le cœur de la belle. C’était un baiser qui voulait dire, tu m’as manqué. Je veux tout de toi. Mais c’était également un baiser qui exprimait la rage qu’elle éprouvait à cet instant même. La rage d’avoir cédé. De s’être montrée faible.

Au bout de quelques secondes, Rose se décida à desserrer lentement ses doigts, libérant le commissaire. Pour toute explication, un souffle, un murmure tellement bas que la contrebandière crut un instant qu’elle même avait rêvé ce qu’elle venait de dire.

- « Peut être … Que tu m’as un peu manqué… juste un peu. »


La blonde recula prudemment d’un pas, laissant à son orgueil un peu de répit après cet aveu qui lui avait tant couté. Son sourire provocant et l’éclat assuré qui brillait habituellement dans ses yeux bleus avaient à présent repris leur place sur son visage, lui rendant cet aspect indomptable qui la caractérisait.

- « Ce que je te propose maintenant Aldrick, c’est de ramasser tout ces paquets. Le temps que je réfléchisse à ce que je vais t’infliger comme prochaine torture. »

Et, croisant les bras sous sa poitrine, Rose attendit, sa chevelure blonde flottant doucement autour d’’elle au rythme de la brise qui s’était levée. Elle était curieuse de voir ce qui allait se passer à présent. Qu’elles conséquences allaient découler de la spontanéité dont elle venait de faire preuve ? N’était elle pas allée trop loin ? De toute manière, il était trop tard pour faire machine arrière. Étouffant discrètement un soupir de résignation, la contrebandière alluma une nouvelle cigarette qu’elle comptait bien terminer ce coup ci.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 29 Avr - 21:09

Ce rouge qui teintait ses joues était adorable, et le commissaire aurait payé cher pour pouvoir le contempler encore, mais la suite vida si prodigieusement son esprit que cette pensée mourut alors même qu'elle glissait pareille confidence. Son sourire ne fit que s'élargir, son cœur avait manqué un battement avant de s'emballer de plus belle, et il lui semblait que rien au monde ne pourrait égaler la plénitude que faisait naître en lui ce moment. Jadis aussi, peu à peu, elle s'était livrée de la sorte, et il était heureux de constater qu'il était encore capable de provoquer cela en elle.

- Juste un peu ? Vraiment ? Argua-t-il taquin.

Il voulut tendre la main pour la toucher encore mais elle l'avait devancé et, ses propos et ses actes, ne firent que lui arracher un léger haussement de sourcils.


- T'éloigner de la sorte ne suffit pas comme torture ? Glissa-t-il dans un murmure, le souffle court en fermant brièvement les yeux.

Cette fille le rendait dingue ! Comment pouvait-elle de la sorte provoquer cette avalanche en lui et agir comme si rien ne s'était passé ?! Il voulait la toucher encore, savourer sa peau, s'enivrer de sa voix, se perdre dans le bleu de ses yeux, sentir sa chaleur, parcourir ses mèches blondes... Il la voulait toute entière. Peu lui importait que ça soit bien ou non. Le lycanthrope la désirait parce que c'était elle. C'était une vérité indéniable à son esprit depuis longtemps.
Aldrick la contempla intensément, tandis qu'elle lui semblait encore loin, si loin. Pourtant un pas seul les séparait. Un pas, qu'il combla sans réfléchir, se plantant face à elle, il posa la main délicatement sur sa joue, la caressa en ayant cure d'attirer le regard des curieux, et se penchant, près, très près de la belle, jusqu'à contempler son reflet dans ses yeux, il dévia pour glisser au creux de son oreille, d'une voix chaude, tandis qu'il kidnappait sa main en y entremêlant ses doigts :


- Toi aussi tu m'as manqué, Rose.

Le ton était celui de la confidence, il avait prononcé son prénom comme une incantation, comme un appel, comme pour recréer le lien qui les unissait, avant que ses doigts ne caressent les siens pour conclure le propos.
Aldrick dut se faire violence pour ne pas récupérer dans la seconde ses lèvres qui lui manquaient déjà, pour ne pas répondre à ce baiser qu'elle venait de lui donner, pour ne pas glisser ses bras autour d'elle et être ainsi certain qu'elle ne s'éloignerait plus, pour ne pas la soulever et l'enlever loin d'ici dans un endroit où il n'y aurait qu'eux, pour lui laisser simplement le choix, ne pouvant s'empêcher de murmurer encore, tant il lui semblait que son corps réclamait sa présence :


- Ça te dirait de rattraper le temps perdu ?

Le brun aurait pu parier qu'elle venait de le destituer de son cœur une seconde fois, malgré la danse endiablée dans laquelle celui-ci venait de se lancer. Mais, était-ce encore le sien ? Il n'en était plus sûr. Était-ce si grave au fond ? Ça non plus, il ne le savait pas.

Au prix de gros efforts, entrant dans son jeu, Aldrick s'éloigna ensuite, d'abord assez pour lui sourire, puis posant son front contre le sien, il glissa contre sa peau, les yeux clos :

- Tu n'es pas obligée de répondre maintenant si tu veux.

Le commissaire laissa un instant le silence les entourer, avant de lui voler un baiser, bref, furtif, par jeu, n'osant s'attarder malgré la saveur de reviens-y de ses lèvres cerise. L'agent lui confia un sourire de gamin sachant qu'il a fait une bêtise et qui en est fier, et fini par s'éloigner définitivement, pour ramasser les sacs qui jonchaient les alentours du banc. Alors qu'il en tenait déjà trois, il ajouta :


-Je serais patient. Enfin, disons que je tâcherais de faire au mieux.

Il eut une mimique étrange mais drôle. La patience et lui étaient fâchés depuis sa naissance, aussi cela lui était particulièrement complexe, mais pour les beaux yeux de la contrebandière, il voulait bien faire une exception. Le policier ramassa deux autres sacs et son regard d'or coula sur les alentours, pour être certain de ne rien oublier, sans se rendre compte qu'il lui tournait partiellement le dos, il précisa dans un murmure :

- Mais ça me plairait que ça soit le cas.

Ses joues avaient pris une teinte rosée, et il n'osa se retourner complétement pour paraitre ainsi devant la jeune femme. Craignant que sa résolution ne vole en éclats et qu'il ne succombe à une tentation à laquelle il résistait déjà depuis bien trop longtemps à son goût.

- Alors ? Abandonna-t-il après un long silence, en réajustant son nœud de lavallière malmené. Tu as trouvé ce que tu voulais faire ensuite ?

N'y tenant plus, il se risqua à lui jeter un regard, sans parvenir à réprimer le sourire qui naissait sur son visage et qui témoignait de la joie qu'il éprouvait à être simplement là en sa compagnie.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Lun 11 Sep - 14:55

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Il était aisé pour Rose d’oublier qui elle était lorsqu’elle était avec Aldrick. D’oublier qu’elle était cette contrebandière dangereuse et sans scrupules, d’ouvrir toutes les barrières qu’elle avait érigées entre elle et les autres, de se défaire de son armure patiemment construite.  Lorsqu’elle était en sa compagnie, elle n’était plus un chef de gang impitoyable, une trafiquante aux mains sales. Elle était juste Rose. Une jeune femme bien trop jeune pour porter ses crimes.

La blonde plongea son regard dans celui du commissaire savourant ce moment de douceur que la vie lui offrait à nouveau. Elle aimait le voir sourire. Malgré elle, comme en miroir, un sourire vint illuminer son propre visage. Elle ne voulait pas répondre tout de suite à la proposition du brun. Elle voulait juste profiter de l’instant, de cette journée paisible.


- «  Je crois que j’ai ma petite idée sur la suite des événements… Que dirais tu de… »

Sa phrase demeura en suspens. Un homme était entré dans son champ de vision, à l’autre bout de la place Dauphine. Grand, blond, battit comme un guerrier viking, sa tête culminait au dessus de la foule. Son regard balayait l’espace comme si il cherchait quelque chose. Ou quelqu’un. Les muscles de Rose se tendirent imperceptiblement, ses doigts cherchant le contact de la lame cachée dans la manche de sa robe. Que faisait Dolf Rietveld, accoutré comme un bourgeois, se pavanant dans Paris à la vue de tous ? D’après les dernières informations de Rose, la police parisienne le recherchait pour trafic, meurtre,  et vol à main armé.  Quelque chose l’avait poussé à sortir du  club ou il se terrait habituellement en journée.

* L’appât du gain * souffla une petite voix dans la tête de la blonde * Quelque chose se prépare *

Dolf se rapprochait dangereusement d’eux, scrutant toujours la foule en dessous de lui. Rose savait que si jamais il les apercevait, ils seraient en danger. Sa réputation risquait d’être ternie et Aldrick deviendrait un potentiel moyen de pression contre elle.  Il fallait frapper la première. Savoir ce qu’il faisait là.

Rose attrapa le poignet du commissaire l’entrainant à sa suite vers une des arcades qui bordaient la place Dauphine. En se postant dans un des renfoncements, ils pourraient observer sans être vus. Sans se retourner elle marmonna entre ses dents :

- «  Changement de plan Aldrick. J’ai une meilleure idée pour nous divertir aujourd’hui. »

En quelques pas elle était sous l’arche. Elle se retourna, s’adossant au mur. Elle attira Aldrick à elle un peu brutalement, se dissimulant derrière lui du mieux qu’elle le pouvait.

- «  Il y a un type sur la place. Dolf Rietveld. Tu as du entendre parler de lui, aux dernières nouvelles il est recherché. Il n’est pas censé être ici. Pas maintenant »


Rose bascula la tête en arrière, son regard cherchant à capter celui d’Aldrick. En l’espace de quelques minutes les barrières s’étaient à nouveau érigées. L’armure qui entourait Rose avait repris sa place. Son cerveau tournait à cent à l’heure, cherchant des réponses.  Elle attrapa la main du brun, prenant un air enjôleur.

- «  C’est ma journée pas vrai ? J’ai gagné à la foire, donc aujourd’hui mes envies doivent être satisfaites »

Malgré son apparente détermination Rose se sentait déchirée.  Elle ne voulait pas impliquer Aldrick dans ses affaires. Elle avait juste voulu s’amuser un peu pour une fois. Mais on ne construit pas un empire en prenant du bon temps. Il fallait qu’elle sache ce qui se tramait dans les bas fonds de Paris. Pourquoi cette espèce de viking agissait comme si il était en terrain conquit. Elle avait besoin d’Aldrick. Il était surement beaucoup plus doué qu’elle pour suivre quelqu’un à la trace. Après tout il était dans la police.  Elle se rassurait en se disant qu’il pourrait toujours refuser. Rentrer chez lui et la laisser se débrouiller. Au plus profond d’elle même une petite voix espérait que c’était ce qu’il ferait.

- «  Commissaire, je sens que vous avez une envie folle de faire un peu d’espionnage aujourd’hui… n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Lun 2 Oct - 22:57

Le cœur d'Aldrick monta dans les tours, autant face au sourire enchanteur de la belle, que face à cette série d'hypothèses qu'il envisageait avec sa phrase en suspens.

- Oui... ?

Elle n'écoutait pas. Ses iris d'or suivirent le même chemin que ceux de la contrebandière pour se perdre dans la foule, scrutant les alentours avec attention, les sens aux aguets.

- Un problème ?

Une silhouette plus haute que les hautes lui fit ouvrir de grands yeux surpris, puis froncer le nez. Il n'eut pas le temps de s'assurer qu'il ne rêvait pas que déjà, il se retrouvait planqué derrière une arche. S'il écouta Rose avec un intérêt qu'on lui connaissait peu, cela n'empêcha pas une moue fâchée de s'emparer de ses lèvres.

- Ne me dis pas que tu as encore logé une balle ou deux dans des cervelles stupides ? Je te l'ai déjà dit, non ? Même si tu rends service à l'humanité, personne ne t'applaudira pour ça, hélas.

Il lui adressa un sourire trop grand pour être innocent avant de soupirer quand le nom tomba. Il ne s'était pas trompé. Sa main passa sur son propre front, et une certaine lassitude gagna ses traits. Voilà qui sentait les embrouilles. Ne pouvait-on pas lui accorder une seule journée de répit ? Le loup grommela et finit par demander en posant les paquets, croisant ses bras sur son torse, ses iris d'or plongés dans les siens.

- Qu'entends-tu exactement par "pas maintenant" ? Si tu m'annonces que tu dois échanger quoique ce soit avec lui en soirée, je te préviens tu te...

Il avait levé un index vindicatif vers elle, avant qu'elle ne lui prenne la main et ne lui adresse cet air envoûtant qui le faisait si aisément craqué. Le loup grimaça, ses épaules s'affaissèrent sous une moue désemparée, sa truffe levée vers le ciel, Aldrick se sentit brimé d'être ainsi rappelé à l'ordre. Sa grande main passa dans ses mèches brunes tandis qu'il soupirait en rendant les armes :

- C'est bon, tu as gagné. C'est quoi le plan ?

Malgré le timbre intriguant de la jolie blonde, Aldrick dut se faire violence pour ne pas énoncer sur une liste longue et non-exhaustive tous les inconvénients de l'espionnage. Particulièrement à Paris. Mais il croisa son regard bleuté et s'éternisa une seconde de trop sur ses lèvres. Il n'en toucha mot. À la place, il se pencha légèrement en dehors de l'arche et après une brève analyse, souffla :

- Tout est à découvert, notre seule chance, c'est de profiter de la foule. Sinon, il nous repérera en deux secondes. Tu avais acheté un chapeau tout à l'heure, non ? Je crois que c'est l'occasion de l'inaugurer.

Machinalement, il récupéra les sacs et réajustant le col de son manteau pour qu'il colle au plus près de son cou, le brun se redressa un peu, et glissa :

- Prête ? On y va. Il lui tendit son bras, et l'incita à se dépêcher. Plus tard les remords, il va filer, et il ne s'attendra jamais à nous voir ensemble. On se séparera en temps voulu.

Dans la foule, Dolf Rietveld laissa une pièce à un gamin pour s'acheter un journal, qu'il ouvrit en grand, tout en continuant de marcher. Il se dirigeait vers la rue de Harlay, probablement pour se rapprocher de la Seine.

- Tu pourras même "emprunter" un bébé si tu veux pour brouiller les pistes, et...

Aldrick n'acheva pas, la trouvant magnifique avec cet accessoire supplémentaire. Il s'éclaircit à peine la gorge, lui emboîta le pas, la truffe en l’air, bien décidé malgré tout à ferrer ce gros poisson, et s'enquit, taquin :

- J'imagine que tu ne comptes pas lui demander l'heure quand tu l'auras face à toi, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 7 Oct - 19:55

Rose lança un regard de gratitude au brun tandis qu’il énonçait les précautions à prendre pour réaliser une filature digne de ce nom. Selon les conseils d’Aldrick, elle avait recouvert ses cheveux blonds si reconnaissables du grand chapeau noir orné d’un ruban dont elle avait fait l’acquisition un peu plus tôt. Une voilette noire agrémentée de perles dissimulait une partie de son visage.

- «  Merci Aldrick, souffla-t-elle doucement. Je te revaudrais ça d’une manière ou d’une autre, je te donne ma parole. »

Devant eux, Rietveld continuait à se mouvoir assez aisément dans la foule malgré sa haute silhouette. Rose se rendit compte qu’il prenait la direction de la Seine et donc des quais. Cela l’arrangeait, c’était une partie de Paris qu’elle connaissait bien. C’était une partie de son territoire.

* Quel culot, * se dit-elle, * d’aller impunément là bas alors que je contrôle les quais. Toute la pègre sait que c’est chez moi. Il y forcément quelque chose qui lui donne du courage, qui lui assure la victoire *

La jeune femme attrapa le bras d’Aldrick, imitant les couples qui déambulaient autour d’eux. Il fallait qu’elle transforme sa démarche, habituellement conquérante et féline –attirant beaucoup trop l’attention- en quelque chose de plus banal. La blonde avait calé ses pas sur les jeunes femmes autour d’elle, maladroites, graciles, délibérément fragiles à côté de leurs compagnons.

Sans quitter du regard leur cible, elle répondit au commentaire d’Aldrick de manière évasive.

- « Non en effet, je compte le tuer. »

Elle marqua une pause, et, se rappelant qu’elle parlait tout de même à un agent des forces de l’ordre, elle ajouta, un grand sourire innocent aux lèvres :

-«  Enfin, tu me connais. Uniquement si c’est un mal nécessaire, si il met en danger mes affaires ou mes hommes. »

Devant eux, Dolf Rietveld bifurqua dans une rue moins fréquentée, les yeux toujours rivés sur son journal. Rose s’appuya un peu plus contre Aldrick. Elle ne voulait pas l’impliquer dans son milieu en lui  en révélant  trop. Et puis il était flic. C’était théoriquement un ennemi. Mais il fallait qu’elle le mette au courant de ses relations avec le géant hollandais. Elle s’éclaircit la voix :

-« Mmmh… il y a quelque chose que tu dois savoir à propos de ce type. Il ne m’apprécie pas vraiment. J’ai euuuh… comment te le dire …. ? Coupé l’index et le majeur de son bras droit il y a moins d’un mois ? »

Rose tourna son visage de poupée vers le brun, d’un air faussement désolé. Le commissaire devait savoir que ce genre de pratique était courante pour punir les mafieux qui avaient trahi. C’était un moyen de s’assurer qu’ils ne tiendraient plus jamais une arme.

- «  Mais pour ma défense, ajouta-elle en haussant les épaules, Rietveld avait voulu nous arnaquer. Tu sais bien qu’Alexandre n’aime pas tellement qu’on le prenne pour un idiot. »

Rose se stoppa net et lâcha le bras d’Aldrick. Dolf Rietveld venait de s’arrêter devant la devanture d’un bar. Le «  Proelium ».  Il scruta la rue autour de lui sans remarquer le couple à quelques mètres derrière lui et fini par entrer. Rose ferma les yeux et soupira longuement.  Le bar appartenait à un petit gangster local peu dangereux mais qui était censé lui rendre des comptes. Or, le voilà visiblement en train de pactiser avec un rival. Rose envisageait de moins en moins une issue raisonnable à toute cette histoire. Ça ne pouvait que mal se terminer.  Les paroles d’Aldrick n’arrêtaient pas de tourner dans sa tête « Ne me dis pas que tu as encore logé une balle ou deux dans des cervelles stupides ? ».  Elle se détacha du brun se reculant d’un pas.

-«  Tu sais Aldrick, moi aussi un jour, surement, quelqu’un logera une balle dans ma cervelle stupide. »

Son ton ne trahissait aucune tristesse, aucune émotion particulière. Son petit sourire étirait toujours ses jolies lèvres roses. C’était ce qui l’attendait à la fin,  ce qui attendait  aussi Alexandre et ceux de leur espèce. Elle lui tira la langue, d’un air malicieux.

-«  Votre travail s’arrête ici Monsieur Voelsungen. Je vais me débrouiller à présent. »
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 19 Oct - 13:08

Quand l'annonce de la tuerie tomba, Aldrick visa son regard dans celui de la jolie blonde et la phrase qui suivit lui arracha une grimace de colère. Il détourna aussitôt le regard, une part de lui voulait la croire, mais une autre ne savait que trop bien combien Rose pouvait être encline à faire respecter son autorité dans le milieu.

* « Uniquement si c’est un mal nécessaire... », ça pue quand même le mensonge ce genre de phrase.*

Il n'en toucha mot. La présomption d'innocence n'avait pas toujours été son fort et cela lui avait joué de bien mauvais tours par le passé. Il n'était pas bon de s'entêter dans cette voie.

- Oh, vraiment ? Moi qui pensais que tu avais déjà tué pour moins que ça...

Son discours ne lui plaisait pas. Mais il était bien mal placé pour lui faire la leçon à ce niveau-là. Il fallut que la contrebandière évoque sa propre mort pour que le loup se crispe définitivement. Il n'écouta pas la fin de sa phrase suivante. Agacé, il l'avait plaqué contre le mur le plus proche, ses grandes mains maintenant ses bras fins contre la paroi rocheuse avec force. Au fond de ses iris d'or une colère sourde éclatait, et sa voix ne réussit pas à la dissimuler. Avant même qu'il ne s'en soit rendu compte, il répliquait avec irritation, son visage très proche du sien, dans un discours accessible pour elle seule :

- Ça suffit ! Tu sais très bien ce que je pense de cette finalité ! Ce n'est pas l'unique choix que tu as. Alexandre non plus. Alors ne fais pas comme si c'était normal et inévitable. Ça ne l'est pas et ne le sera jamais. Tu peux choisir une autre vie !

Le loup se redressa à peine, se renfrogna, mais la relâcha tout de même.

- Tu veux quoi ? Tenter une attaque suicide ? Et tu espères que je vais te regarder sans rien faire ? Ne comptes pas sur moi pour ça !

Le silence n'eut pas son mot à dire, pas plus que Rose, tandis qu'il reprenait :

- Utilisons plutôt notre cervelle pendant qu'elle fonctionne encore sans mal.

Il lui jeta un regard courroucé de colère et d'inquiétude mêlées, mais par la force de l'habitude, et parce qu'il ne savait que trop bien qu'elle ne changerait pas d'avis pour autant, il lui indiqua également la ruelle derrière.

- Je sais que tu préfères les entrées fracassantes, mais il y a une issue à l'arrière et le temps qu'on arrive jusqu'à Rietveld en passant par la grande porte, il se sera peut-être déjà fait la malle. Mieux vaut s'assurer de ce qui l'amène ici, avant de lui chercher des crosses. Si ça se trouve il vient juste souhaiter un bon anniversaire à une vieille connaissance...

Le ton était celui de la confidence, à peine teinté d'ironie, et malgré un certain professionnalisme, l'agitation du loup était palpable. Elle avait bien choisi son moment pour mettre sur la table ce genre de sujet, tiens ! Il s'écarta d'elle d'un pas en l'avisant, à peine plus calme, après avoir cru voir un sourire illuminer ses lèvres.

- Quoi ? Tu crois que tu es la seule à arpenter les quais de... Julia ! Pour l'amour du ciel, écoutez-moi ! Reprit-il plus fort en lui prenant subitement les mains avant de lui indiquer du regard un des hommes de « Tonny les deux poings », le patron du bar.

Ce dernier, le nez sur une liste de courses semblait ne pas les avoir remarqués, mais Aldrick poursuivit alors qu'il passait près d'eux :

- Ma mère n'est pas celle qu'elle parait être, si vous appreniez seulement à la connaitre, je suis sûr que...

Il n'acheva pas, cette fois, l'homme avait bifurqué.

- Allons-y.

Lui emboîtant le pas, il se stoppa pourtant rapidement en passant sou l'une des fenêtres. Un cri suraiguë venait de s'échapper de l'intérieur. Le loup jura et pressant la contrebandière l'invita à passer la première, tout en récupérant son arme de service :

- Bon sang ! On dirait que la fête a déjà commencé ! Sois prudente.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mar 24 Oct - 14:11

Les pierres d’un mur tout proche s’enfoncèrent subitement dans le dos de la contrebandière tandis qu’une prise désagréable enserrait ses bras. Les paroles d’Aldrick la frappèrent de plein fouet, son ton lui donnait envie de grincer des dents, son visage se crispa, elle sentait la vague de colère affluer en elle, enflant inévitablement.

Elle avait envie de crier. Il ne comprendrait donc jamais que c’était la seule manière dont elle savait vivre ? Que voulait-il qu’elle fasse ? La colère enflait, enflait, enflait en miroir de celle qu’elle lisait dans les prunelles du brun.  Tout son corps hurlait à la révolte, à l ‘envie d’envoyer valser ce raisonnement d’homme persuadé qu’elle pouvait mener une autre vie que la sienne.

* Respire Rose, respire… Utilise cette colère à bon escient,  ce n’est pas le moment de se quereller avec Aldrick. *

La blonde, maintenant le regard d’Aldrick et, faisant abstraction  de ses grandes mains qui enserrait ses bras, se força à respirer calmement. Bientôt sa respiration se fit plus régulière. La vague reflua comme elle était venue, mais Rose la savait prête à resurgir à tout moment. Alors qu’il la relâchait, elle se força à écouter les paroles du commissaire, absorbant les informations qu’il déversait de manière tactique.

Un sourire fugace étira les lèvres  de la blonde lorsqu’il mentionna ses entrées fracassantes, et il se fit totalement franc en le voyant jouer la comédie pour donner le change face au larbin de Tonny. Elle ne pouvait pas rester fâchée contre le brun. Elle lui chuchota, une lueur amusée dans les yeux :

- «  Tu as bien fait d’entrer dans la police,  tu n’aurais pas fait carrière au théâtre si tu veux mon avis ».

Rose, se détachant alors de lui, s’avança vers la porte de derrière.  Le cri qui s’échappa de l’une des fenêtres la fit soupirer d’un air agacé. Sortant son arme, elle l’arma immédiatement, la tenant prête à l’emploi.  
Le pistolet pointé devant elle, elle ouvrit lentement la porte de service et se faufila sans bruit à l’intérieur de l’établissement. Le rez-de-chaussée semblait désert, un mince filet de lumière éclairait faiblement la salle principale au travers de volets mal fermés.
De nouveaux cris se firent entendre, plus effrayants cette fois, des cris de douleur. Ils venaient de l’étage. La contrebandière se retourna vers le commissaire, posant un doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence. Agile comme un chat, elle se faufila sans bruit vers l’escalier raide qui menait à l’étage, tous ses sens l’affut.  

Elle monta les premières marches,  se forçant à se focaliser sur l’objectif en cours. Mais elle n’y arrivait pas. La présence d’Aldrick dans son dos la troublait. Il avait catégoriquement refusé de la laisser agir seule, mais il était un poids sur sa poitrine. Une partie de l’esprit de la blonde restait focalisé sur ses pas derrière elle. Rose faisait toujours ce qu’elle avait à faire, même si cela revenait à tuer. Et Aldrick savait qu’elle le faisait. Mais savoir et voir ne sont pas les mêmes choses. La blonde se sentait terrifiée à l’idée qu’il ne veuille plus la voir après tout ça. Cette idée lui laissait un gout amer en bouche.

Elle continua à monter. Sur le palier de l’étage, un jeune homme, dos à eux, fouillait dans un buffet, son arme posée à côté de lui négligemment. Il ne les avait pas entendu arriver.  La contrebandière se faufila derrière lui, et posa le canon de son arme sur sa nuque, faisant sauter le cran de sécurité. Derrière la porte les cris avaient repris. Elle chuchota doucement.

- «  Les mains en l’air jeune homme. Tu ne fais plus un geste et  tu ne dis pas un mot si tu ne veux pas que je te troue la cervelle. »

L’homme s’exécuta, levant deux mains tremblantes au dessus de sa tête. Il avait beau être nouveau dans le milieu, il avait reconnu la voix  de celle que tous appelaient Miss Walk’. Il connaissait sa réputation. Sans hésitation, Rose attrapa l’arme posée sur le buffet et frappa sa cible de toutes ses forces à la tempe avec la crosse de l’arme. Le pauvre garçon s’effondra de tout son long sur le sol  mais au moins il respirait encore. La blonde se tourna vers Aldrick, ses yeux cherchant les siens de sous sa frange, et lui lança doucement :

- «  Tu vois, pour l’instant je suis sage. »


Elle se retourna vers la porte, réfléchissant au moyen le moins kamikaze de pénétrer dans la pièce.
Soudain la porte s’ouvrit  en grand sur la silhouette de Dolf Rietveld qui semblait trop grande pour l’embrasure. Il avait la tête baissé, trop occupé à remonter les manches de sa chemise tachées de sang.

-«  Luc, abruti, qu’est ce que tu fous on t’avais dis que c’était dans le buffet que… »

Sa phrase resta en suspens. Il avait entendu le clic significatif de la sécurité qu’on enlève. Son regard croisa celui de la contrebandière qui le tenait en joue, une arme dans chaque main. Un sourire sans joie étirait  ses lèvres roses.

-«  Alors Dolf. On fait la fête sans m’inviter ? Ce n’est pas très gentil. »

C’est alors qu’elle l’aperçu. Derrière le hollandais, attaché sur une chaise se trouvait Ange, un de ses hommes les plus proches. Son visage habituellement si délicat qui lui valait de nombreuses railleries était à présent boursoufflé et en sang. Il semblait à peine conscient. La respiration de Rose se fit saccadée, sa vue se brouilla un instant, la rage affluait en elle avec une puissance destructrice. Il fallait la contrôler. Il fallait….

- «  J’espère que  tu as fait la paix avec Dieu, Rietveld. »

Alors que l’autre se ruait dans la pièce pour atteindre son arme, Rose tira.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 17 Nov - 12:44

Seul un bref acquiescement avait suivi la remarque sur l'échec de sa carrière théâtral, et le loup préféra garder pour lui que sa mère, également, était de cet avis. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir passé du temps à s'entraîner pour améliorer son jeu d'acteur.

Son arme au point, les sens aux aguets, le brun suivi la belle dans l'escalier, heureux que l'unique garde de l'étage n'ait pas été une victime de plus de la blonde. Mais cette allégresse dura bien peu, car l'instant suivant, leur suspect réapparaissait, laissant entrevoir dans son sillage un homme mal en point.

*Ange ? C'est vraiment lui ?*

Resté en retrait, à cause d'un bruit sourd en contrebas, Aldrick assista impuissant au déferlement de la rage de Rose. Celle-ci éclata dans l'air aussi furieusement que les coups de feu qui suivirent et qui se figèrent pour la majorité dans le mur blanc en fond. Couvrant sa voix, alors même qu'il pointait à son tour son arme vers le Hollandais, en se détachant de la porte :

- Police ! Les mains en l'air !

En une seconde, la table la plus proche fut retournée et Dolf derrière elle, bien qu'imposant restait très agile, ce, malgré qu'il soit blessé à l'épaule. En effet, il était parvenu, de surcroît, à se saisir de son arme pour répliquer. Ce qu'il fit sans attendre.

- Walkson à terre !

Le lycanthrope avait à peine eut le temps de se jeter sur la blonde pour l'obliger à se cacher derrière le vaisselier qu'une nouvelle salve redécorait le bas du meuble. Le brun pesta dans sa langue natale, une douleur vive lui mangeait le mollet, où une balle s'était logée. Aldrick se maudit intérieurement de ne pas avoir briefé davantage Rose sur ce qu'elle pouvait faire ou non. A son tour, le commissaire répliqua en se redressant à peine : deux coups de feu brefs se logèrent dans la table à l'autre bout de la pièce. Cela n'empêcha pas leur opposant de répliquer ; une nouvelle salve de balles éclata les vitres et ricocha sur une partie de l’argenterie entassée dans le meuble, les obligeant à baisser la tête, tandis que le brun pestait :

- Bon sang, mais qu'est-ce qui t'a pris ?! Tu vas nous faire tuer !

Tâchant de faire taire la colère qui le gagnait, il se contenta de vérifier qu'elle n'était pas blessée avant de souffler pour elle seule :

- Ses amis ne vont pas tarder, 'faut pas traîner.

Inspirant profondément, comme pour se défaire de la douleur, il ajouta le souffle court, en tendant sa main à plat vers elle :

- File moi l'autre flingue, je te couvre.

D'un geste vif, il récupéra la seconde arme de Rose avant de lui indiquer de la tête, l'autre côté du buffet.

- C'est Ange là-bas, non ? Sors-le de là, je m'occupe de Dolf.

En contrebas, l'agitation gagnait l'établissement et ce n'était désormais qu'une question de temps avant qu'ils ne se retrouvent inférieurs en nombre. Un frisson parcourut l'échine du loup lorsqu'il se rendit compte que le Hollandais avait réussit à ouvrir un des tiroirs du buffet et à récupérer des munitions. Une balle frôla d'ailleurs la main du malfrat tandis qu'Aldrick tirait à nouveau pour le maintenir à distance et permettre à Rose de se rapprocher de son comparse.

- Rends-toi Dolf ! Le bâtiment est cerné ! Personne ne viendra t'aider ! Bluffa le loup.

Seulement, c'était sans compter sur le garçon précédemment assommé, qui non-content d'avoir repris ses esprits, était également parvenu, au nez et à la barbe de tous à se fournir une arme à son tour, en piochant de le buffet.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 9 Déc - 15:15

Tout s'était passé très vite. Avant même qu'elle ne s'en rende compte, Rose se retrouva accroupie derrière un immense vaisselier qui se faisait cribler de balles. Elle se retourna vers Aldrick, prête à l'incendier pour son geste.

«  Non mais qu'est ce que tu… »

Ses yeux se posèrent sur la blessure du brun et sa phrase demeura en suspens. Il était blessé. A cause d'elle. Elle se sentait encore plus en colère. Il allait falloir qu'elle arrête de se comporter comme une enfant impulsive et qu'elle les sorte de là à présent. Elle laissa le brun prendre sa deuxième arme sans opposer de résistance. Elle riva ses yeux dans ceux du commissaire.

«  Très bien. Couvre moi. Je te fais confiance. »

Elle attendit que Dolf  soit obligé de recharger son arme pour s'élancer hors de leur abri de fortune. Elle pesta intérieurement contre les lourds jupons de sa robe qui entravaient ses mouvements. Elle eu juste le temps le temps de basculer la chaise sur laquelle était attaché Ange derrière le bureau le plus proche qu'elle entendait déjà le cliquetis significatif de l'arme prête à l'emploi. Ce n'était peut être pas la solution la plus douce pour le mettre en lieu sûr, mais au moins il était en vie. Pendant qu'Aldrick tenait le hollandais occupé, elle s'employa à défaire les liens d'Ange, à l'abri derrière le bois épais du bureau. L'agitation commençais à se faire entendre en bas, il leur fallait se dépêcher Elle saisi le visage tuméfié de son second entre ses mains.

«  Ange … ? Ange tu m'entends... ? »

Le blond hocha faiblement la tête, mais la contrebandière voyait très bien qu'il était totalement hors d'état de se battre. Relevant brièvement la tête elle eu juste le temps de voir le garçon qu'elle avait assommé précédemment pointer une arme dans la direction d'Aldrick. Sans réfléchir elle tira. Une première balle atteignit sa cible à l'épaule. La deuxième se ficha dans le crâne du garçon qui s’effondra définitivement. Rose ne put s’empêcher de crier à l'attention d'Aldrick tout en replongeant à couvert.

«  Tu vois ! C'est pour éviter ce genre de problèmes que je les tues ! »



La blonde considéra rapidement la situation. Elle était bloquée derrière un bureau, avec Ange à demi inconscient tandis qu'Aldrick était à l'autre bout de la pièce et blessé à la jambe. Ça s'annonçait plutôt mal. Elle se força à ordonner ses pensées. La première chose qu'il fallait qu'elle fasse c'était se débarrasser de tout ce tissus qui l'encombrait. Elle entreprit de déchirer le bas de sa robe jusqu'au niveau de ses genoux. Plutôt indécent mais beaucoup plus pratique. Avec un peu de chance une paire de gambettes déstabiliseraient pendant quelques secondes ceux qui risquaient fort de rappliquer. Son regard détailla ensuite Ange quelques instants. A part son visage salement amoché, son corps ne semblait pas présenter de plaies. Peut être avait-il une ou deux cotes cassées mais rien de mortel.

L'attention de Rose se reporta sur Dolf. Il ne croyait visiblement pas au mensonge d'Aldrick concernant l'encerclement du bâtiment par les forces de l'ordre. Mais il ne pouvait pas jouer sur les deux tableaux. Faire face à Aldrick et elle à la fois. Surtout que cachée ainsi derrière ce bureau elle le tenait pile dans sa fenêtre de tir. La table qui lui servait de barricade ne pouvait pas le protéger en face et sur sa gauche. Elle arma son semi automatique. Une balle lui frôla le visage. Elle se força à faire abstraction de ce qu'il y avait autour d'elle et tira à son tour. Si les deux premières manquèrent leur cible la troisième atteignit le bandit à la  main, lui faisant lâcher son arme dans un grognement de douleur.
Avant qu'il n'ai le temps de la récupérer de sa main valide, Rose sauta pas dessus le meuble qui lui servait d'abri. Elle se rua vers lui, et, donnant un coup de pied dans son arme, l'envoya valser à l'autre bout de la pièce. Dolf laissa échapper une flopée de jurons tandis que Rose pointait le canon ce son pistolet vers lui. Elle avait eu une chance folle qu'il n'ai pas d'autres armes que celle ci à disposition. Le hollandais leva ses deux mains au niveau de son visage en signe de rémission. Celle qu'elle avait touché saignait abondamment.

«  Walkson...  On peut trouver un terrain d'entente... ? »

Rose haussa un sourcil. Il essayait de gagner du temps pour laisser à ses hommes le temps de rappliquer. Elle lui jeta un regard dédaigneux et, ne prenant pas la peine de lui répondre, lui tira dans les genoux. Ne lâchant pas Dolf du regard tandis qu'il se tordait à ses pieds, elle lança à l'attention d'Aldrick.

«  Il faut qu'on barricade la porte Aldrick. Les autres vont rappliquer. On peut s'enfuir par les toits, mais si on ne met aucun obstacle entre eux et nous on va manquer de temps »

La blonde se rendait bien compte de la difficulté de se retrouver sur les toits avec Ange à demi conscient et Aldrick blessé, mais actuellement, elle ne voyait pas de meilleure solution pour sauver leurs peaux à tous.

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Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]

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