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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 6 Déc - 10:02

Avachi sur l'un des bancs de la Place Dauphine, Aldrick se refusa à n'ouvrir ne serait-ce qu'un seul œil pour contempler l'étendue des dégâts. Autour de lui, gisait -sans honte aucune- un amoncellement de paquets en tous genres. De différentes tailles, couleurs et contenus, il avait probablement visité toutes les boutiques de la capitale avant d'échouer sur cette assise salvatrice. Pour la énième fois, il maudit le clairon qui l'avait déconcentré lors de leur duel à la Foire, lui faisant manquer d'une bonne dizaine de centimètres la cible décisive.

Depuis sa vie s'était transformée et il avait été contraint de se plier aux volontés de la gagnante. Ainsi, Rose l'avait trainé dans la capitale avec beaucoup d'amusement, se moquant régulièrement de lui en lui ajoutant un paquet supplémentaire qu'il payait puis traînait jusqu'à ce que le choix de la belle ne se porte sur autre chose. Même les jours d'affluence, il n'avait jamais vu autant de marchands de tapis au commissariat qu'en passant d'une échoppe à l'autre !


*Comment les femmes font elles pour aimer ça ?! Faire les boutiques relève plus de l'enfer que du loisir !*

Le brun prit d'avantage ses aises sur l'armature de bois vert foncé, laissant la brise matinale lui caresser le visage avec délice. Dans l'air, flottait encore une odeur de café, mêlée à celle du pain frais, en dépit des onze heures tout juste sonnées. L'herbe sentait encore l'humidité, qu'avait fait naître la pluie passagère de la veille, et s'il avait fait un peu plus froid, probablement que cela l'aurait rendu très nostalgique tant l'atmosphère semblait similaire à celle qui l'avait rendu heureux dans sa petite enfance.

Le commissaire croisa les jambes en étendant les bras de chaque côté de son corps, la tête penchée en arrière, il songea que jamais encore il n'avait autant apprécié d'être à l'ombre d'un arbre. Celle-ci se fit plus prononcée lorsque les pas de Rose s'arrêtèrent près de lui. Plus patiemment qu'à l'accoutumée, il attendit la réplique cinglante en se préparant psychologiquement au pire, mais à sa grande surprise rien ne vint.


Toi aussi tu commences à fatiguer ? Tenta-t-il sans bouger.

Sa curiosité prenant rapidement le dessus sur le reste, il finit par poser sur elle un regard doux, s'enquérant sans lui laisser vraiment le temps de répondre à la première question :


Oh laisse-moi deviner... Tu as encooooooore trouvé une boutique « intéressante » c'est ça ? La fin de la phrase était teintée d'ironie, car ses jambes en compote se refusaient à bouger de nouveau sans une pause digne de ce nom. D'autant qu'il la soupçonnait des pires détours, juste pour l'enquiquiner.

Sans s'en rendre compte pourtant, il détailla ses yeux d'un bleu profond, semblable au ciel, sa nuque blanche et ses mains fines. S'il n'y avait pas eu tous ses sacs autour de lui, le lycanthrope aurait probablement douté encore de la réalité. Combien de fois avait-il rêvé d'elle ainsi ? Si proche qu'il aurait pu enfin la toucher ? Et maintenant que c'était le cas, il n'osait se le permettre.


*Bon sang ce qu'elle est jolie !*

A moins que tu n'aies choisi un nouveau supplice à m'infliger ? S’enquit-il avec un sourire en coin, n'osant espérer que cela soit moins contraignant que celui-ci, tandis que le rouge teintait légèrement son visage. Néanmoins, une idée lui vint pour la déstabiliser, et avec un air qui se voulait détaché, il questionna pseudo innocemment : J'ai entendu dire que tu avais croisé Alexandre dernièrement, c'est vrai ?

Tapotant calmement la place inoccupée à côté de lui, tout en penchant la tête vers cette dernière, l'agent pria intérieurement pour que cela suffise à la convaincre de s'asseoir ou au moins de ne pas reprendre sa course effrénée contre le temps dans l’immédiat. Argumentant le tout par un sourire enjôleur qu'il n'adressait qu'à elle, le policier attendit la suite, les sens aux aguets, se tenant près à esquiver une désapprobation quelconque.

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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 4 Mar - 19:57

Il faisait un temps magnifique ce jour la. Un ciel d’un bleu éclatant de lumière  s’étendait au dessus de la tête des parisiens, sans qu’aucuns nuages ne viennent troubler cette paisible matinée. Même si il faisait encore un peu frais, c’était tout à fait agréable de déambuler à travers les rues de Paris pour y faire un peu de shopping. Rose Walkson n’aimait pas particulièrement faire les magasins de manière intense, mais l’idée d’infliger pareil supplice à Aldrick l’amusait au plus haut point. La  contrebandière avait donc décidé de trainer le brun un peu partout dans la capitale ; de sa boutique de macarons préférés, jusqu'à  la dernière  des boutiques de chaussures  à la mode, en passant par les librairies et les marchés aux puces.

Et maintenant, après cette matinée de marche intensive, le commissaire se tenait devant elle, avachi sur un des bancs de la place Dauphine,  l’air visiblement éreinté. Rose le regardait de loin, ne  cachant pas l’amusement que lui procurait le fait de le voir dans une pareille situation. Avait-il vraiment espéré gagner contre elle, l’autre jour, à la foire ?

* On peut dire qu’il s’est loupé en beauté en tout cas ! *

Cette pensée la fit sourire et, de son pas souple et léger, elle se rapprocha d’Aldrick, ne pouvant s’empêcher de laisser son regard vagabonder sur lui.  Rose le trouvait attirant. Diablement attirant même. Prise d’une subite envie de le toucher, la blonde tendit ses longs doigts blancs vers son visage, comme pour s’assurer qu’il était bien là devant elle. Mais le son grave de sa voix la ramena brutalement à la réalité. Avant même qu’elle reprenne ses esprits, le commissaire avait déjà répondu à sa propre question, une pointe d’ironie dans sa voix.  Rose prit un air moqueur, haussant innocemment les épaules en souriant.


- «  Aldrick, TOUTES les boutiques où je t’emmène sont intéressantes. Tu devrais être ravi d’avoir l’immense honneur de m’accompagner. »

Elle marqua une pause laissant le temps au commissaire de lui demander si elle avait trouvé de nouveaux supplices.  Rose se retint d’éclater de rire à l’entente du mot supplice. Oh que oui, elle avait des tas d’idées en tête  et pas forcément désagréables …

- «  De nouveaux supplices … ? Mmmmh …. Pourquoi pas. Tu sais que je suis imaginative. »

Un sourire pseudo-diabolique vint illuminer son visage, laissant apparaître une rangée de dents blanches et alignées.  Cependant son sourire se figea en entendant le prénom d’Alexandre. Les muscles de son corps se tendirent imperceptiblement, elle était soudain sur la défensive.

- «  Ou as tu entendu dire ça ? »


Elle avait plus grogné plus qu’elle n’avait parlé. La contrebandière savait qu’a présent, on pouvais lire le trouble sur son visage et ses yeux bleus tentaient de sonder ceux de son interlocuteur.  Ou avait-il bien pu entendre cela ? Elle avait revu Alexandre il y avait de ça à peine quelques jours mais ca avait été très rapide. A peine quelques heures, et qui plus est dans le propre appartement de Rose.  Il fallait qu’elle sache. Si lui savait, d’autres savaient peut être aussi.  Elle fit le dernier pas qui le séparait d’elle et se pencha vers lui. Elle attrapa  brusquement le brun par le col et laissa son visage en suspens à quelques millimètres du sien. La elle articula le plus calmement dont elle était capable, ne lâchant pas Aldrick du regard :

-  «  J’ai besoin que tu me le dise maintenant. »

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 11 Mar - 16:18

S'il avait espéré qu'elle lui accorde un instant de répit, il avait tout faux. Il s'était attendu à une gifle et à la place, elle l'avait agrippé pour le maintenir près d'elle. Si près qu'il contemplait son propre reflet au fond de ses iris bleutés. Son cœur manqua un battement avant de s'affoler, tambourinant contre sa poitrine dans une danse endiablé. Son parfum l'enivra, et il ne sut plus très bien si tout ceci était réel ou non, si la chaleur de ce corps si près du sien, n'était pas un mirage de plus. Comment s'en assurer ? Sa main gagna la sienne sur son nœud de lavallière, pour se soustraire à cette position inconfortable que la contrebandière lui avait imposé, capturant au passage ses lèvres fines dans un baiser simple. L'entrainant dans cet élan, ils s'étaient redressés, ses doigts s'étaient emmêlés aux siens dans une caresse d'une douceur sans égale, tandis que sa main de libre avait gagné sa joue pour lui faire relever le menton, savourant ainsi plus aisément cette étreinte interdite. Les yeux clos, il intensifia, sans s'en apercevoir d'abord, le baiser, raréfiant leurs souffles comme pour défier ce destin injuste qui les avaient éloignés.

Enfin, il se détacha d'elle, la contemplant comme s'il la voyait pour la première fois, à ceci près qu'il lui était impossible de masquer l'attirance qu'elle exerçait sur lui. Sans lui laisser le temps de réagir, il déclara avec une tendresse nostalgique :


- Il faut toujours que tu imagines les pires scénarios, pas vrai ? Ses doigts caressèrent délicatement sa joue. Je l'ai croisé dans un bar pas loin de chez moi.

Sa voix s'était emplie d'éclats de rire, et il ajouta avec un sourire :


- J'ai failli ne pas le reconnaitre ! Il est devenu sacrément musclé ! Même moi je pourrais avoir du mal à le battre...

Ce n'était pas tout à fait vrai, sa condition de lycanthrope lui garantissait tout de même une aisance indiscutable, néanmoins il ne savait que trop bien combien ils étaient proches tous deux. Plus d'une fois, en dépit de son air de gentleman posé, de ses mains lisses et de son mètre quatre-vingt-dix qui donnait à Aldrick l'avantage de quelques centimètres, le brun s'était dressé face à lui, de la hargne plein les yeux pour le dissuader de faire du mal à Rose. A chaque fois, ils avaient fini par trouver un terrain d'entente. Mais si ses traits s'étaient durcis, si sa stature avait gagné en volume, au fond, il avait peu changé. Après tout, il était comme un grand frère pour elle.

Son sourire s'élargit, et tandis qu'il tentait de se convaincre qu'il fallait qu'il s'éloigne, il ne put s'empêcher de se pencher à son oreille pour glisser :


- Il m'a affirmé qu'il t'avait trouvé radieuse, et m'a demandé juste après si on s'était vu. Dois-je en conclure que tu es heureuse, même un peu, que l'on se revoit ?

Aldrick se redressa de sorte à pouvoir soutenir son regard, il ne regrettait rien de ce qu'il venait de faire, si cela lui déplaisait, il ne doutait aucunement qu'elle saurait lui transmettre son ressenti, mais il voulait voir. Il voulait la voir, elle. Contempler son visage transformé par l'émotion, même s'il devait essuyer des insultes, ou des coups. Il n'y avait qu'elle qu'il se permettait de taquiner de la sorte. Il n'y avait que pour elle qu'il avait bravé les interdits imposés par son travail, et qu'il serait probablement prêt à recommencer. Même s'il ne connaissait que trop bien les conséquences que cela aurait sur leurs vies...

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 12 Mar - 12:14

Pour la première fois depuis un bon bout de temps, Rose Walkson fut déstabilisée. Le contact des lèvres d’Aldrick sur les siennes fit perdre tout sens commun  à la contrebandière presque instantanément. Son corps se souvenait visiblement, et de manière très précise, de la douceur de ces caresses,  de la chaleur que le commissaire dégageait et de ses baisers délicieux. Son corps était avide et désirait plus de tout cela.  Il  voulait que ce soit comme avant. Et tout de suite.

Lorsqu’Aldrick se détacha d’elle, chacune des cellules de la  peau de la blonde semblait avoir pris feu. Respirant profondément, Rose tenta de se calmer et de rassembler ses idées embrumées. Elle ne devait pas se laisser aller comme ça. Plus jamais. C’était fini entre eux pour une bonne raison. Il fallait qu’elle agisse de façon rationnelle et logique. Son corps ne devait pas la diriger. Elle devait faire fonctionner son cerveau et surtout ne pas écouter son cœur qui était à l’origine de bien trop de décisions stupides. Elle écoutait distraitement Aldrick lui raconter comment il avait rencontré Alexandre. Mais au fond, maintenant, cela importait peu à Rose. Elle était obnubilée par ce qu’elle venait de faire.  

Aldrick avait l’air heureux.  Et elle allait devoir lui dire que non, ca ne pouvait pas être comme avant entre eux. Sinon il aurait des soucis. Des soucis bien plus importants qu’elle n’en aurait si on découvrait leur manège.  Secouant résolument la tête pour chasser ses dernières pensées parasites, Rose s’avança vers le brun d’un air qu’elle voulait courroucé. Puis, attrapant la joue de ce dernier entre son pouce et son index pour la torde violemment, elle grogna :


- «  Mr Voelsungen, vous êtes le commissaire le plus stupide qu’il m’ait été donné de rencontrer. »


Relâchant la joue qu’elle tenait entre ses doigts, la blonde recula d’un pas pour observer le commissaire de haut en bas. Un air de défi brillait dans ses yeux.  


- «  Je me demande si je devrais te ficher une raclée en premier pour l’impudence dont tu viens de faire preuve, ou si je devrais plutôt aller tuer Alexandre pour avoir déblatéré des inepties dans mon dos …. »


Ses mains blanches virent alors fouiller son corset noir pour en sortir une cigarette qu’elle porta immédiatement à ses lèvres. Cependant, elle ne l’alluma pas, se contentant de scruter Aldrick, les mains croisées sous sa poitrine. Que pouvait il bien penser à ce moment même ? Autour d’eux, sous le soleil matinal,  les passants continuaient de circuler, avec l’air pressé de ceux qui ont une tonne de chose à accomplir. Se décidant finalement à allumer sa cigarette, Rose en inspira une profonde bouffée, comme si sa vie en dépendait.


- «  Qu’est ce qui t’as pris Aldrick ?  s’emporta soudain la blonde, posant un doigt accusateur sur le torse du brun. Tu vas t’attirer des ennuis si ca se sait ! Je sais vraiment pas ce qui me retiens de …. »


Elle n’acheva pas. La contrebandière oscillait entre colère et désir, entre envie de tuer et d’embrasser cet homme devant elle.   Qu’allait elle faire à présent…. ?
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 13 Mar - 14:39

Aldrick fut contraint de fermer un œil sous la douleur et sa joue suivi le mouvement infligé par sa tortionnaire avant d'être relâchée.
 
- Aïïïeeeeuuuuh ! Maugréa-t-il en se massant la zone endolorie, répliquant par volonté de ne rien lui céder : Tu n'as pas dû en rencontrer beaucoup alors !
 
Il l'observa malgré tout, s'étonnant de ce mouvement de recul en dépit de ses paroles agressives.
 
*Elle espère que je vais lui répondre en toute franchise ?*

Il arqua un sourcil tandis que comme jadis elle piochait dans les replis de ses habits pour faire apparaitre une cigarette. Le brun détourna le regard, sentant ses joues chauffer légèrement. Ne se doutait-elle dont pas à quel point ce geste -à lui seul- pouvait le troubler ?
 
Quand l'odeur de la nicotine lui parvint, elle était de nouveau près de lui, et des reproches plein la voix, elle renoua le contact du bout du doigt, faisant manquer de nouveau un battement à son cœur. La suite lui arracha un air surpris, remplacé bien vite par un sourire comblé.

 
- Je n'aurais jamais cru que tu t'inquièterais encore de la sorte pour moi... Je note cependant que tu ne démens pas les dires d'Alexandre.~ Ses iris vinrent se plonger dans les siens. De... ?
 
Il récupéra le bâton de nicotine sur les lèvres de son interlocutrice, pour en soustraire un peu, l'avisant d'un air entendu.

 
*Elle me dit ça alors qu'elle pourrait se faire lyncher bien d'avantage. Elle est incroyable. Pas une seule seconde elle n'a penser qu'elle pourrait en pâtir ! Seul mon sort lui importe. Peut-être bien que je lui ai manqué un peu finalement ?*
 
Le lycanthrope la contempla intensément, il aurait pu dire bien des choses en somme, mais il savait pertinemment qu'elle ne lui délivrerait jamais aussi clairement le fond de sa pensée. Il rejeta du tabac et passa une main dans ses cheveux en fixant le ciel brièvement, avant d'afficher un air serein, son index glissant à son tour sur elle, appuyant doucement sur ses lèvres pour lui intimer le silence.
 
- Je ne sais pas être raisonnable en ta présence. Ce n'est pas nouveau pourtant, il me semble. Le commissaire ponctua le propos d'un sourire qu'il ne réservait qu'à elle et la libérant de ce mutisme, lui rendit sa cigarette.
 
Il fallait qu'il s'éloigne d'elle s'il ne voulait pas réitérer cet écart aux mœurs. Mais était-ce vraiment si essentiel ? Si elle s'approchait encore... Le brun alla presque jusqu'à le souhaiter, en dépit de toute la morale qu'on lui avait inculqué. Pourtant il ne bougea pas, préférant glisser, en se faisant violence pour ne pas laisser libre cours à ses envies :

 
- Tu as autant de soucis à te faire que moi, à ce sujet, il me semble. Mais si cela te chagrine, tu pourras toujours prétendre que j'ai agi pour t'embêter.
 
De sa main de libre, il effleura ses doigts, désireux encore de ce contact éphémère qu'il aurait voulu plus prononcé, mais n'alla pas plus loin, le rire d'un enfant aux alentours le rappelant subitement à la réalité. L'officier observa le trouble-fête comme s'il était l'un des plus grands bandits que la terre ait jamais porté, mais le concerné ne s'en aperçut pas, trop occupé à faire voler un avion aux couleurs éclatantes dans les airs à la suite de son camarade. Un soupir déçu franchi la barrière de ses lèvres, puis penchant la tête sur le côté, il finit par lâcher à contrecœur :
 
- Bien, puisqu'il convient que je sois sage, que fait-on maintenant ?
 
Pour une raison inexpliquée, cette simple constatation l'attristait plus qu'il n'aurait su le dire. Il fit au mieux cependant pour ne rien laisser paraitre, préférant afficher un sourire fictif auquel il ne croyait pas lui-même.

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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 18 Mar - 13:34

Rose avisa le sourire qui était venu étirer les lèvres d’Aldrick d’un air découragé. Le but de ses précédentes tirades n’était pas de lui faire comprendre qu’elle s’inquiétait, mais de lui rappeler les risques qu’il encourrait en fréquentant une fille dans son genre. Rose voulait le dissuader de s’approcher d’elle à nouveau, aussi douloureux que cela puisse être. Et cela la rendait malade, et ce, bien plus qu’elle ne voulait bien l’admettre.

Contrariée par ses réflexions, la belle laissa le brun s’emparer de la cigarette qui se consumait entre ses lèvres sans protester, s’enfermant dans un silence qui lui était inhabituel. Elle ne pouvait s’empêcher de se torturer en pensant que ç’aurait pu être différent. Que ça pouvait être différent.

Rose fut brusquement ramenée à la réalité par le contact du doigt de son ancien amant sur ses lèvres. Elle allait ouvrir la bouche pour protester, mais fut stoppée net. Ses joues avaient viré de façon incontrôlable à l’écarlate à la suite de la phrase d’Aldrick, qui en avait profité pour lui rendre sa cigarette.


* Bon sang mais contrôle toi Rose, on dirait une gamine de quinze ans qui vit son premier flirt ! *

Furieuse contre elle même, et ne sachant quoi répondre, la contrebandière écrasa rapidement le bâtonnet de nicotine à peine entamé sous le talon de sa botte, espérant ainsi masquer le trouble qui s’était à nouveau immiscé en elle. Il fallait qu’elle se focalise sur autre chose que sur cet homme en face d’elle si elle voulait garder la tête froide. Alors pourquoi pas sur cet fille la bas qui lisait un livre à la terrasse d’un café ? Rose était tellement concentrée, sur le contrôle qu’elle voulait avoir sur elle même et sur ses émotions, qu’elle ne sentit même pas la main d’Aldrick effleurer la sienne. Elle n’entendit pas non plus les paroles qu’il était en train de prononcer. A part sa dernière question. Et le soupir qui l’avait précédé. Ainsi que ce sourire qui sonnait faux et qui flottait à présent sur ses lèvres.

Pendant quelques longues secondes, la blonde resta immobile, ses yeux scrutant intensément ceux dorés de son interlocuteur. Puis elle finit par soupirer, résignée.

* Au diable la raison ! Ce n’est pas dans ma nature de toute façon *

Et, attrapant une nouvelle fois le nœud de lavallière d’Aldrick, Rose l’attira a elle, posant ses lèvres sur les siennes brusquement. Ce n’était pas un baiser doux. C’était quelque chose de violent, remplis des passions qui se déchainaient dans le cœur de la belle. C’était un baiser qui voulait dire, tu m’as manqué. Je veux tout de toi. Mais c’était également un baiser qui exprimait la rage qu’elle éprouvait à cet instant même. La rage d’avoir cédé. De s’être montrée faible.

Au bout de quelques secondes, Rose se décida à desserrer lentement ses doigts, libérant le commissaire. Pour toute explication, un souffle, un murmure tellement bas que la contrebandière crut un instant qu’elle même avait rêvé ce qu’elle venait de dire.

- « Peut être … Que tu m’as un peu manqué… juste un peu. »


La blonde recula prudemment d’un pas, laissant à son orgueil un peu de répit après cet aveu qui lui avait tant couté. Son sourire provocant et l’éclat assuré qui brillait habituellement dans ses yeux bleus avaient à présent repris leur place sur son visage, lui rendant cet aspect indomptable qui la caractérisait.

- « Ce que je te propose maintenant Aldrick, c’est de ramasser tout ces paquets. Le temps que je réfléchisse à ce que je vais t’infliger comme prochaine torture. »

Et, croisant les bras sous sa poitrine, Rose attendit, sa chevelure blonde flottant doucement autour d’’elle au rythme de la brise qui s’était levée. Elle était curieuse de voir ce qui allait se passer à présent. Qu’elles conséquences allaient découler de la spontanéité dont elle venait de faire preuve ? N’était elle pas allée trop loin ? De toute manière, il était trop tard pour faire machine arrière. Étouffant discrètement un soupir de résignation, la contrebandière alluma une nouvelle cigarette qu’elle comptait bien terminer ce coup ci.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 29 Avr - 21:09

Ce rouge qui teintait ses joues était adorable, et le commissaire aurait payé cher pour pouvoir le contempler encore, mais la suite vida si prodigieusement son esprit que cette pensée mourut alors même qu'elle glissait pareille confidence. Son sourire ne fit que s'élargir, son cœur avait manqué un battement avant de s'emballer de plus belle, et il lui semblait que rien au monde ne pourrait égaler la plénitude que faisait naître en lui ce moment. Jadis aussi, peu à peu, elle s'était livrée de la sorte, et il était heureux de constater qu'il était encore capable de provoquer cela en elle.

- Juste un peu ? Vraiment ? Argua-t-il taquin.

Il voulut tendre la main pour la toucher encore mais elle l'avait devancé et, ses propos et ses actes, ne firent que lui arracher un léger haussement de sourcils.


- T'éloigner de la sorte ne suffit pas comme torture ? Glissa-t-il dans un murmure, le souffle court en fermant brièvement les yeux.

Cette fille le rendait dingue ! Comment pouvait-elle de la sorte provoquer cette avalanche en lui et agir comme si rien ne s'était passé ?! Il voulait la toucher encore, savourer sa peau, s'enivrer de sa voix, se perdre dans le bleu de ses yeux, sentir sa chaleur, parcourir ses mèches blondes... Il la voulait toute entière. Peu lui importait que ça soit bien ou non. Le lycanthrope la désirait parce que c'était elle. C'était une vérité indéniable à son esprit depuis longtemps.
Aldrick la contempla intensément, tandis qu'elle lui semblait encore loin, si loin. Pourtant un pas seul les séparait. Un pas, qu'il combla sans réfléchir, se plantant face à elle, il posa la main délicatement sur sa joue, la caressa en ayant cure d'attirer le regard des curieux, et se penchant, près, très près de la belle, jusqu'à contempler son reflet dans ses yeux, il dévia pour glisser au creux de son oreille, d'une voix chaude, tandis qu'il kidnappait sa main en y entremêlant ses doigts :


- Toi aussi tu m'as manqué, Rose.

Le ton était celui de la confidence, il avait prononcé son prénom comme une incantation, comme un appel, comme pour recréer le lien qui les unissait, avant que ses doigts ne caressent les siens pour conclure le propos.
Aldrick dut se faire violence pour ne pas récupérer dans la seconde ses lèvres qui lui manquaient déjà, pour ne pas répondre à ce baiser qu'elle venait de lui donner, pour ne pas glisser ses bras autour d'elle et être ainsi certain qu'elle ne s'éloignerait plus, pour ne pas la soulever et l'enlever loin d'ici dans un endroit où il n'y aurait qu'eux, pour lui laisser simplement le choix, ne pouvant s'empêcher de murmurer encore, tant il lui semblait que son corps réclamait sa présence :


- Ça te dirait de rattraper le temps perdu ?

Le brun aurait pu parier qu'elle venait de le destituer de son cœur une seconde fois, malgré la danse endiablée dans laquelle celui-ci venait de se lancer. Mais, était-ce encore le sien ? Il n'en était plus sûr. Était-ce si grave au fond ? Ça non plus, il ne le savait pas.

Au prix de gros efforts, entrant dans son jeu, Aldrick s'éloigna ensuite, d'abord assez pour lui sourire, puis posant son front contre le sien, il glissa contre sa peau, les yeux clos :

- Tu n'es pas obligée de répondre maintenant si tu veux.

Le commissaire laissa un instant le silence les entourer, avant de lui voler un baiser, bref, furtif, par jeu, n'osant s'attarder malgré la saveur de reviens-y de ses lèvres cerise. L'agent lui confia un sourire de gamin sachant qu'il a fait une bêtise et qui en est fier, et fini par s'éloigner définitivement, pour ramasser les sacs qui jonchaient les alentours du banc. Alors qu'il en tenait déjà trois, il ajouta :


-Je serais patient. Enfin, disons que je tâcherais de faire au mieux.

Il eut une mimique étrange mais drôle. La patience et lui étaient fâchés depuis sa naissance, aussi cela lui était particulièrement complexe, mais pour les beaux yeux de la contrebandière, il voulait bien faire une exception. Le policier ramassa deux autres sacs et son regard d'or coula sur les alentours, pour être certain de ne rien oublier, sans se rendre compte qu'il lui tournait partiellement le dos, il précisa dans un murmure :

- Mais ça me plairait que ça soit le cas.

Ses joues avaient pris une teinte rosée, et il n'osa se retourner complétement pour paraitre ainsi devant la jeune femme. Craignant que sa résolution ne vole en éclats et qu'il ne succombe à une tentation à laquelle il résistait déjà depuis bien trop longtemps à son goût.

- Alors ? Abandonna-t-il après un long silence, en réajustant son nœud de lavallière malmené. Tu as trouvé ce que tu voulais faire ensuite ?

N'y tenant plus, il se risqua à lui jeter un regard, sans parvenir à réprimer le sourire qui naissait sur son visage et qui témoignait de la joie qu'il éprouvait à être simplement là en sa compagnie.

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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Lun 11 Sep - 14:55

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Il était aisé pour Rose d’oublier qui elle était lorsqu’elle était avec Aldrick. D’oublier qu’elle était cette contrebandière dangereuse et sans scrupules, d’ouvrir toutes les barrières qu’elle avait érigées entre elle et les autres, de se défaire de son armure patiemment construite.  Lorsqu’elle était en sa compagnie, elle n’était plus un chef de gang impitoyable, une trafiquante aux mains sales. Elle était juste Rose. Une jeune femme bien trop jeune pour porter ses crimes.

La blonde plongea son regard dans celui du commissaire savourant ce moment de douceur que la vie lui offrait à nouveau. Elle aimait le voir sourire. Malgré elle, comme en miroir, un sourire vint illuminer son propre visage. Elle ne voulait pas répondre tout de suite à la proposition du brun. Elle voulait juste profiter de l’instant, de cette journée paisible.


- «  Je crois que j’ai ma petite idée sur la suite des événements… Que dirais tu de… »

Sa phrase demeura en suspens. Un homme était entré dans son champ de vision, à l’autre bout de la place Dauphine. Grand, blond, battit comme un guerrier viking, sa tête culminait au dessus de la foule. Son regard balayait l’espace comme si il cherchait quelque chose. Ou quelqu’un. Les muscles de Rose se tendirent imperceptiblement, ses doigts cherchant le contact de la lame cachée dans la manche de sa robe. Que faisait Dolf Rietveld, accoutré comme un bourgeois, se pavanant dans Paris à la vue de tous ? D’après les dernières informations de Rose, la police parisienne le recherchait pour trafic, meurtre,  et vol à main armé.  Quelque chose l’avait poussé à sortir du  club ou il se terrait habituellement en journée.

* L’appât du gain * souffla une petite voix dans la tête de la blonde * Quelque chose se prépare *

Dolf se rapprochait dangereusement d’eux, scrutant toujours la foule en dessous de lui. Rose savait que si jamais il les apercevait, ils seraient en danger. Sa réputation risquait d’être ternie et Aldrick deviendrait un potentiel moyen de pression contre elle.  Il fallait frapper la première. Savoir ce qu’il faisait là.

Rose attrapa le poignet du commissaire l’entrainant à sa suite vers une des arcades qui bordaient la place Dauphine. En se postant dans un des renfoncements, ils pourraient observer sans être vus. Sans se retourner elle marmonna entre ses dents :

- «  Changement de plan Aldrick. J’ai une meilleure idée pour nous divertir aujourd’hui. »

En quelques pas elle était sous l’arche. Elle se retourna, s’adossant au mur. Elle attira Aldrick à elle un peu brutalement, se dissimulant derrière lui du mieux qu’elle le pouvait.

- «  Il y a un type sur la place. Dolf Rietveld. Tu as du entendre parler de lui, aux dernières nouvelles il est recherché. Il n’est pas censé être ici. Pas maintenant »


Rose bascula la tête en arrière, son regard cherchant à capter celui d’Aldrick. En l’espace de quelques minutes les barrières s’étaient à nouveau érigées. L’armure qui entourait Rose avait repris sa place. Son cerveau tournait à cent à l’heure, cherchant des réponses.  Elle attrapa la main du brun, prenant un air enjôleur.

- «  C’est ma journée pas vrai ? J’ai gagné à la foire, donc aujourd’hui mes envies doivent être satisfaites »

Malgré son apparente détermination Rose se sentait déchirée.  Elle ne voulait pas impliquer Aldrick dans ses affaires. Elle avait juste voulu s’amuser un peu pour une fois. Mais on ne construit pas un empire en prenant du bon temps. Il fallait qu’elle sache ce qui se tramait dans les bas fonds de Paris. Pourquoi cette espèce de viking agissait comme si il était en terrain conquit. Elle avait besoin d’Aldrick. Il était surement beaucoup plus doué qu’elle pour suivre quelqu’un à la trace. Après tout il était dans la police.  Elle se rassurait en se disant qu’il pourrait toujours refuser. Rentrer chez lui et la laisser se débrouiller. Au plus profond d’elle même une petite voix espérait que c’était ce qu’il ferait.

- «  Commissaire, je sens que vous avez une envie folle de faire un peu d’espionnage aujourd’hui… n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Lun 2 Oct - 22:57

Le cœur d'Aldrick monta dans les tours, autant face au sourire enchanteur de la belle, que face à cette série d'hypothèses qu'il envisageait avec sa phrase en suspens.

- Oui... ?

Elle n'écoutait pas. Ses iris d'or suivirent le même chemin que ceux de la contrebandière pour se perdre dans la foule, scrutant les alentours avec attention, les sens aux aguets.

- Un problème ?

Une silhouette plus haute que les hautes lui fit ouvrir de grands yeux surpris, puis froncer le nez. Il n'eut pas le temps de s'assurer qu'il ne rêvait pas que déjà, il se retrouvait planqué derrière une arche. S'il écouta Rose avec un intérêt qu'on lui connaissait peu, cela n'empêcha pas une moue fâchée de s'emparer de ses lèvres.

- Ne me dis pas que tu as encore logé une balle ou deux dans des cervelles stupides ? Je te l'ai déjà dit, non ? Même si tu rends service à l'humanité, personne ne t'applaudira pour ça, hélas.

Il lui adressa un sourire trop grand pour être innocent avant de soupirer quand le nom tomba. Il ne s'était pas trompé. Sa main passa sur son propre front, et une certaine lassitude gagna ses traits. Voilà qui sentait les embrouilles. Ne pouvait-on pas lui accorder une seule journée de répit ? Le loup grommela et finit par demander en posant les paquets, croisant ses bras sur son torse, ses iris d'or plongés dans les siens.

- Qu'entends-tu exactement par "pas maintenant" ? Si tu m'annonces que tu dois échanger quoique ce soit avec lui en soirée, je te préviens tu te...

Il avait levé un index vindicatif vers elle, avant qu'elle ne lui prenne la main et ne lui adresse cet air envoûtant qui le faisait si aisément craqué. Le loup grimaça, ses épaules s'affaissèrent sous une moue désemparée, sa truffe levée vers le ciel, Aldrick se sentit brimé d'être ainsi rappelé à l'ordre. Sa grande main passa dans ses mèches brunes tandis qu'il soupirait en rendant les armes :

- C'est bon, tu as gagné. C'est quoi le plan ?

Malgré le timbre intriguant de la jolie blonde, Aldrick dut se faire violence pour ne pas énoncer sur une liste longue et non-exhaustive tous les inconvénients de l'espionnage. Particulièrement à Paris. Mais il croisa son regard bleuté et s'éternisa une seconde de trop sur ses lèvres. Il n'en toucha mot. À la place, il se pencha légèrement en dehors de l'arche et après une brève analyse, souffla :

- Tout est à découvert, notre seule chance, c'est de profiter de la foule. Sinon, il nous repérera en deux secondes. Tu avais acheté un chapeau tout à l'heure, non ? Je crois que c'est l'occasion de l'inaugurer.

Machinalement, il récupéra les sacs et réajustant le col de son manteau pour qu'il colle au plus près de son cou, le brun se redressa un peu, et glissa :

- Prête ? On y va. Il lui tendit son bras, et l'incita à se dépêcher. Plus tard les remords, il va filer, et il ne s'attendra jamais à nous voir ensemble. On se séparera en temps voulu.

Dans la foule, Dolf Rietveld laissa une pièce à un gamin pour s'acheter un journal, qu'il ouvrit en grand, tout en continuant de marcher. Il se dirigeait vers la rue de Harlay, probablement pour se rapprocher de la Seine.

- Tu pourras même "emprunter" un bébé si tu veux pour brouiller les pistes, et...

Aldrick n'acheva pas, la trouvant magnifique avec cet accessoire supplémentaire. Il s'éclaircit à peine la gorge, lui emboîta le pas, la truffe en l’air, bien décidé malgré tout à ferrer ce gros poisson, et s'enquit, taquin :

- J'imagine que tu ne comptes pas lui demander l'heure quand tu l'auras face à toi, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 7 Oct - 19:55

Rose lança un regard de gratitude au brun tandis qu’il énonçait les précautions à prendre pour réaliser une filature digne de ce nom. Selon les conseils d’Aldrick, elle avait recouvert ses cheveux blonds si reconnaissables du grand chapeau noir orné d’un ruban dont elle avait fait l’acquisition un peu plus tôt. Une voilette noire agrémentée de perles dissimulait une partie de son visage.

- «  Merci Aldrick, souffla-t-elle doucement. Je te revaudrais ça d’une manière ou d’une autre, je te donne ma parole. »

Devant eux, Rietveld continuait à se mouvoir assez aisément dans la foule malgré sa haute silhouette. Rose se rendit compte qu’il prenait la direction de la Seine et donc des quais. Cela l’arrangeait, c’était une partie de Paris qu’elle connaissait bien. C’était une partie de son territoire.

* Quel culot, * se dit-elle, * d’aller impunément là bas alors que je contrôle les quais. Toute la pègre sait que c’est chez moi. Il y forcément quelque chose qui lui donne du courage, qui lui assure la victoire *

La jeune femme attrapa le bras d’Aldrick, imitant les couples qui déambulaient autour d’eux. Il fallait qu’elle transforme sa démarche, habituellement conquérante et féline –attirant beaucoup trop l’attention- en quelque chose de plus banal. La blonde avait calé ses pas sur les jeunes femmes autour d’elle, maladroites, graciles, délibérément fragiles à côté de leurs compagnons.

Sans quitter du regard leur cible, elle répondit au commentaire d’Aldrick de manière évasive.

- « Non en effet, je compte le tuer. »

Elle marqua une pause, et, se rappelant qu’elle parlait tout de même à un agent des forces de l’ordre, elle ajouta, un grand sourire innocent aux lèvres :

-«  Enfin, tu me connais. Uniquement si c’est un mal nécessaire, si il met en danger mes affaires ou mes hommes. »

Devant eux, Dolf Rietveld bifurqua dans une rue moins fréquentée, les yeux toujours rivés sur son journal. Rose s’appuya un peu plus contre Aldrick. Elle ne voulait pas l’impliquer dans son milieu en lui  en révélant  trop. Et puis il était flic. C’était théoriquement un ennemi. Mais il fallait qu’elle le mette au courant de ses relations avec le géant hollandais. Elle s’éclaircit la voix :

-« Mmmh… il y a quelque chose que tu dois savoir à propos de ce type. Il ne m’apprécie pas vraiment. J’ai euuuh… comment te le dire …. ? Coupé l’index et le majeur de son bras droit il y a moins d’un mois ? »

Rose tourna son visage de poupée vers le brun, d’un air faussement désolé. Le commissaire devait savoir que ce genre de pratique était courante pour punir les mafieux qui avaient trahi. C’était un moyen de s’assurer qu’ils ne tiendraient plus jamais une arme.

- «  Mais pour ma défense, ajouta-elle en haussant les épaules, Rietveld avait voulu nous arnaquer. Tu sais bien qu’Alexandre n’aime pas tellement qu’on le prenne pour un idiot. »

Rose se stoppa net et lâcha le bras d’Aldrick. Dolf Rietveld venait de s’arrêter devant la devanture d’un bar. Le «  Proelium ».  Il scruta la rue autour de lui sans remarquer le couple à quelques mètres derrière lui et fini par entrer. Rose ferma les yeux et soupira longuement.  Le bar appartenait à un petit gangster local peu dangereux mais qui était censé lui rendre des comptes. Or, le voilà visiblement en train de pactiser avec un rival. Rose envisageait de moins en moins une issue raisonnable à toute cette histoire. Ça ne pouvait que mal se terminer.  Les paroles d’Aldrick n’arrêtaient pas de tourner dans sa tête « Ne me dis pas que tu as encore logé une balle ou deux dans des cervelles stupides ? ».  Elle se détacha du brun se reculant d’un pas.

-«  Tu sais Aldrick, moi aussi un jour, surement, quelqu’un logera une balle dans ma cervelle stupide. »

Son ton ne trahissait aucune tristesse, aucune émotion particulière. Son petit sourire étirait toujours ses jolies lèvres roses. C’était ce qui l’attendait à la fin,  ce qui attendait  aussi Alexandre et ceux de leur espèce. Elle lui tira la langue, d’un air malicieux.

-«  Votre travail s’arrête ici Monsieur Voelsungen. Je vais me débrouiller à présent. »
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 19 Oct - 13:08

Quand l'annonce de la tuerie tomba, Aldrick visa son regard dans celui de la jolie blonde et la phrase qui suivit lui arracha une grimace de colère. Il détourna aussitôt le regard, une part de lui voulait la croire, mais une autre ne savait que trop bien combien Rose pouvait être encline à faire respecter son autorité dans le milieu.

* « Uniquement si c’est un mal nécessaire... », ça pue quand même le mensonge ce genre de phrase.*

Il n'en toucha mot. La présomption d'innocence n'avait pas toujours été son fort et cela lui avait joué de bien mauvais tours par le passé. Il n'était pas bon de s'entêter dans cette voie.

- Oh, vraiment ? Moi qui pensais que tu avais déjà tué pour moins que ça...

Son discours ne lui plaisait pas. Mais il était bien mal placé pour lui faire la leçon à ce niveau-là. Il fallut que la contrebandière évoque sa propre mort pour que le loup se crispe définitivement. Il n'écouta pas la fin de sa phrase suivante. Agacé, il l'avait plaqué contre le mur le plus proche, ses grandes mains maintenant ses bras fins contre la paroi rocheuse avec force. Au fond de ses iris d'or une colère sourde éclatait, et sa voix ne réussit pas à la dissimuler. Avant même qu'il ne s'en soit rendu compte, il répliquait avec irritation, son visage très proche du sien, dans un discours accessible pour elle seule :

- Ça suffit ! Tu sais très bien ce que je pense de cette finalité ! Ce n'est pas l'unique choix que tu as. Alexandre non plus. Alors ne fais pas comme si c'était normal et inévitable. Ça ne l'est pas et ne le sera jamais. Tu peux choisir une autre vie !

Le loup se redressa à peine, se renfrogna, mais la relâcha tout de même.

- Tu veux quoi ? Tenter une attaque suicide ? Et tu espères que je vais te regarder sans rien faire ? Ne comptes pas sur moi pour ça !

Le silence n'eut pas son mot à dire, pas plus que Rose, tandis qu'il reprenait :

- Utilisons plutôt notre cervelle pendant qu'elle fonctionne encore sans mal.

Il lui jeta un regard courroucé de colère et d'inquiétude mêlées, mais par la force de l'habitude, et parce qu'il ne savait que trop bien qu'elle ne changerait pas d'avis pour autant, il lui indiqua également la ruelle derrière.

- Je sais que tu préfères les entrées fracassantes, mais il y a une issue à l'arrière et le temps qu'on arrive jusqu'à Rietveld en passant par la grande porte, il se sera peut-être déjà fait la malle. Mieux vaut s'assurer de ce qui l'amène ici, avant de lui chercher des crosses. Si ça se trouve il vient juste souhaiter un bon anniversaire à une vieille connaissance...

Le ton était celui de la confidence, à peine teinté d'ironie, et malgré un certain professionnalisme, l'agitation du loup était palpable. Elle avait bien choisi son moment pour mettre sur la table ce genre de sujet, tiens ! Il s'écarta d'elle d'un pas en l'avisant, à peine plus calme, après avoir cru voir un sourire illuminer ses lèvres.

- Quoi ? Tu crois que tu es la seule à arpenter les quais de... Julia ! Pour l'amour du ciel, écoutez-moi ! Reprit-il plus fort en lui prenant subitement les mains avant de lui indiquer du regard un des hommes de « Tonny les deux poings », le patron du bar.

Ce dernier, le nez sur une liste de courses semblait ne pas les avoir remarqués, mais Aldrick poursuivit alors qu'il passait près d'eux :

- Ma mère n'est pas celle qu'elle parait être, si vous appreniez seulement à la connaitre, je suis sûr que...

Il n'acheva pas, cette fois, l'homme avait bifurqué.

- Allons-y.

Lui emboîtant le pas, il se stoppa pourtant rapidement en passant sou l'une des fenêtres. Un cri suraiguë venait de s'échapper de l'intérieur. Le loup jura et pressant la contrebandière l'invita à passer la première, tout en récupérant son arme de service :

- Bon sang ! On dirait que la fête a déjà commencé ! Sois prudente.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mar 24 Oct - 14:11

Les pierres d’un mur tout proche s’enfoncèrent subitement dans le dos de la contrebandière tandis qu’une prise désagréable enserrait ses bras. Les paroles d’Aldrick la frappèrent de plein fouet, son ton lui donnait envie de grincer des dents, son visage se crispa, elle sentait la vague de colère affluer en elle, enflant inévitablement.

Elle avait envie de crier. Il ne comprendrait donc jamais que c’était la seule manière dont elle savait vivre ? Que voulait-il qu’elle fasse ? La colère enflait, enflait, enflait en miroir de celle qu’elle lisait dans les prunelles du brun.  Tout son corps hurlait à la révolte, à l ‘envie d’envoyer valser ce raisonnement d’homme persuadé qu’elle pouvait mener une autre vie que la sienne.

* Respire Rose, respire… Utilise cette colère à bon escient,  ce n’est pas le moment de se quereller avec Aldrick. *

La blonde, maintenant le regard d’Aldrick et, faisant abstraction  de ses grandes mains qui enserrait ses bras, se força à respirer calmement. Bientôt sa respiration se fit plus régulière. La vague reflua comme elle était venue, mais Rose la savait prête à resurgir à tout moment. Alors qu’il la relâchait, elle se força à écouter les paroles du commissaire, absorbant les informations qu’il déversait de manière tactique.

Un sourire fugace étira les lèvres  de la blonde lorsqu’il mentionna ses entrées fracassantes, et il se fit totalement franc en le voyant jouer la comédie pour donner le change face au larbin de Tonny. Elle ne pouvait pas rester fâchée contre le brun. Elle lui chuchota, une lueur amusée dans les yeux :

- «  Tu as bien fait d’entrer dans la police,  tu n’aurais pas fait carrière au théâtre si tu veux mon avis ».

Rose, se détachant alors de lui, s’avança vers la porte de derrière.  Le cri qui s’échappa de l’une des fenêtres la fit soupirer d’un air agacé. Sortant son arme, elle l’arma immédiatement, la tenant prête à l’emploi.  
Le pistolet pointé devant elle, elle ouvrit lentement la porte de service et se faufila sans bruit à l’intérieur de l’établissement. Le rez-de-chaussée semblait désert, un mince filet de lumière éclairait faiblement la salle principale au travers de volets mal fermés.
De nouveaux cris se firent entendre, plus effrayants cette fois, des cris de douleur. Ils venaient de l’étage. La contrebandière se retourna vers le commissaire, posant un doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence. Agile comme un chat, elle se faufila sans bruit vers l’escalier raide qui menait à l’étage, tous ses sens l’affut.  

Elle monta les premières marches,  se forçant à se focaliser sur l’objectif en cours. Mais elle n’y arrivait pas. La présence d’Aldrick dans son dos la troublait. Il avait catégoriquement refusé de la laisser agir seule, mais il était un poids sur sa poitrine. Une partie de l’esprit de la blonde restait focalisé sur ses pas derrière elle. Rose faisait toujours ce qu’elle avait à faire, même si cela revenait à tuer. Et Aldrick savait qu’elle le faisait. Mais savoir et voir ne sont pas les mêmes choses. La blonde se sentait terrifiée à l’idée qu’il ne veuille plus la voir après tout ça. Cette idée lui laissait un gout amer en bouche.

Elle continua à monter. Sur le palier de l’étage, un jeune homme, dos à eux, fouillait dans un buffet, son arme posée à côté de lui négligemment. Il ne les avait pas entendu arriver.  La contrebandière se faufila derrière lui, et posa le canon de son arme sur sa nuque, faisant sauter le cran de sécurité. Derrière la porte les cris avaient repris. Elle chuchota doucement.

- «  Les mains en l’air jeune homme. Tu ne fais plus un geste et  tu ne dis pas un mot si tu ne veux pas que je te troue la cervelle. »

L’homme s’exécuta, levant deux mains tremblantes au dessus de sa tête. Il avait beau être nouveau dans le milieu, il avait reconnu la voix  de celle que tous appelaient Miss Walk’. Il connaissait sa réputation. Sans hésitation, Rose attrapa l’arme posée sur le buffet et frappa sa cible de toutes ses forces à la tempe avec la crosse de l’arme. Le pauvre garçon s’effondra de tout son long sur le sol  mais au moins il respirait encore. La blonde se tourna vers Aldrick, ses yeux cherchant les siens de sous sa frange, et lui lança doucement :

- «  Tu vois, pour l’instant je suis sage. »


Elle se retourna vers la porte, réfléchissant au moyen le moins kamikaze de pénétrer dans la pièce.
Soudain la porte s’ouvrit  en grand sur la silhouette de Dolf Rietveld qui semblait trop grande pour l’embrasure. Il avait la tête baissé, trop occupé à remonter les manches de sa chemise tachées de sang.

-«  Luc, abruti, qu’est ce que tu fous on t’avais dis que c’était dans le buffet que… »

Sa phrase resta en suspens. Il avait entendu le clic significatif de la sécurité qu’on enlève. Son regard croisa celui de la contrebandière qui le tenait en joue, une arme dans chaque main. Un sourire sans joie étirait  ses lèvres roses.

-«  Alors Dolf. On fait la fête sans m’inviter ? Ce n’est pas très gentil. »

C’est alors qu’elle l’aperçu. Derrière le hollandais, attaché sur une chaise se trouvait Ange, un de ses hommes les plus proches. Son visage habituellement si délicat qui lui valait de nombreuses railleries était à présent boursoufflé et en sang. Il semblait à peine conscient. La respiration de Rose se fit saccadée, sa vue se brouilla un instant, la rage affluait en elle avec une puissance destructrice. Il fallait la contrôler. Il fallait….

- «  J’espère que  tu as fait la paix avec Dieu, Rietveld. »

Alors que l’autre se ruait dans la pièce pour atteindre son arme, Rose tira.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 17 Nov - 12:44

Seul un bref acquiescement avait suivi la remarque sur l'échec de sa carrière théâtral, et le loup préféra garder pour lui que sa mère, également, était de cet avis. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir passé du temps à s'entraîner pour améliorer son jeu d'acteur.

Son arme au point, les sens aux aguets, le brun suivi la belle dans l'escalier, heureux que l'unique garde de l'étage n'ait pas été une victime de plus de la blonde. Mais cette allégresse dura bien peu, car l'instant suivant, leur suspect réapparaissait, laissant entrevoir dans son sillage un homme mal en point.

*Ange ? C'est vraiment lui ?*

Resté en retrait, à cause d'un bruit sourd en contrebas, Aldrick assista impuissant au déferlement de la rage de Rose. Celle-ci éclata dans l'air aussi furieusement que les coups de feu qui suivirent et qui se figèrent pour la majorité dans le mur blanc en fond. Couvrant sa voix, alors même qu'il pointait à son tour son arme vers le Hollandais, en se détachant de la porte :

- Police ! Les mains en l'air !

En une seconde, la table la plus proche fut retournée et Dolf derrière elle, bien qu'imposant restait très agile, ce, malgré qu'il soit blessé à l'épaule. En effet, il était parvenu, de surcroît, à se saisir de son arme pour répliquer. Ce qu'il fit sans attendre.

- Walkson à terre !

Le lycanthrope avait à peine eut le temps de se jeter sur la blonde pour l'obliger à se cacher derrière le vaisselier qu'une nouvelle salve redécorait le bas du meuble. Le brun pesta dans sa langue natale, une douleur vive lui mangeait le mollet, où une balle s'était logée. Aldrick se maudit intérieurement de ne pas avoir briefé davantage Rose sur ce qu'elle pouvait faire ou non. A son tour, le commissaire répliqua en se redressant à peine : deux coups de feu brefs se logèrent dans la table à l'autre bout de la pièce. Cela n'empêcha pas leur opposant de répliquer ; une nouvelle salve de balles éclata les vitres et ricocha sur une partie de l’argenterie entassée dans le meuble, les obligeant à baisser la tête, tandis que le brun pestait :

- Bon sang, mais qu'est-ce qui t'a pris ?! Tu vas nous faire tuer !

Tâchant de faire taire la colère qui le gagnait, il se contenta de vérifier qu'elle n'était pas blessée avant de souffler pour elle seule :

- Ses amis ne vont pas tarder, 'faut pas traîner.

Inspirant profondément, comme pour se défaire de la douleur, il ajouta le souffle court, en tendant sa main à plat vers elle :

- File moi l'autre flingue, je te couvre.

D'un geste vif, il récupéra la seconde arme de Rose avant de lui indiquer de la tête, l'autre côté du buffet.

- C'est Ange là-bas, non ? Sors-le de là, je m'occupe de Dolf.

En contrebas, l'agitation gagnait l'établissement et ce n'était désormais qu'une question de temps avant qu'ils ne se retrouvent inférieurs en nombre. Un frisson parcourut l'échine du loup lorsqu'il se rendit compte que le Hollandais avait réussit à ouvrir un des tiroirs du buffet et à récupérer des munitions. Une balle frôla d'ailleurs la main du malfrat tandis qu'Aldrick tirait à nouveau pour le maintenir à distance et permettre à Rose de se rapprocher de son comparse.

- Rends-toi Dolf ! Le bâtiment est cerné ! Personne ne viendra t'aider ! Bluffa le loup.

Seulement, c'était sans compter sur le garçon précédemment assommé, qui non-content d'avoir repris ses esprits, était également parvenu, au nez et à la barbe de tous à se fournir une arme à son tour, en piochant de le buffet.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 9 Déc - 15:15

Tout s'était passé très vite. Avant même qu'elle ne s'en rende compte, Rose se retrouva accroupie derrière un immense vaisselier qui se faisait cribler de balles. Elle se retourna vers Aldrick, prête à l'incendier pour son geste.

«  Non mais qu'est ce que tu… »

Ses yeux se posèrent sur la blessure du brun et sa phrase demeura en suspens. Il était blessé. A cause d'elle. Elle se sentait encore plus en colère. Il allait falloir qu'elle arrête de se comporter comme une enfant impulsive et qu'elle les sorte de là à présent. Elle laissa le brun prendre sa deuxième arme sans opposer de résistance. Elle riva ses yeux dans ceux du commissaire.

«  Très bien. Couvre moi. Je te fais confiance. »

Elle attendit que Dolf  soit obligé de recharger son arme pour s'élancer hors de leur abri de fortune. Elle pesta intérieurement contre les lourds jupons de sa robe qui entravaient ses mouvements. Elle eu juste le temps le temps de basculer la chaise sur laquelle était attaché Ange derrière le bureau le plus proche qu'elle entendait déjà le cliquetis significatif de l'arme prête à l'emploi. Ce n'était peut être pas la solution la plus douce pour le mettre en lieu sûr, mais au moins il était en vie. Pendant qu'Aldrick tenait le hollandais occupé, elle s'employa à défaire les liens d'Ange, à l'abri derrière le bois épais du bureau. L'agitation commençais à se faire entendre en bas, il leur fallait se dépêcher Elle saisi le visage tuméfié de son second entre ses mains.

«  Ange … ? Ange tu m'entends... ? »

Le blond hocha faiblement la tête, mais la contrebandière voyait très bien qu'il était totalement hors d'état de se battre. Relevant brièvement la tête elle eu juste le temps de voir le garçon qu'elle avait assommé précédemment pointer une arme dans la direction d'Aldrick. Sans réfléchir elle tira. Une première balle atteignit sa cible à l'épaule. La deuxième se ficha dans le crâne du garçon qui s’effondra définitivement. Rose ne put s’empêcher de crier à l'attention d'Aldrick tout en replongeant à couvert.

«  Tu vois ! C'est pour éviter ce genre de problèmes que je les tues ! »



La blonde considéra rapidement la situation. Elle était bloquée derrière un bureau, avec Ange à demi inconscient tandis qu'Aldrick était à l'autre bout de la pièce et blessé à la jambe. Ça s'annonçait plutôt mal. Elle se força à ordonner ses pensées. La première chose qu'il fallait qu'elle fasse c'était se débarrasser de tout ce tissus qui l'encombrait. Elle entreprit de déchirer le bas de sa robe jusqu'au niveau de ses genoux. Plutôt indécent mais beaucoup plus pratique. Avec un peu de chance une paire de gambettes déstabiliseraient pendant quelques secondes ceux qui risquaient fort de rappliquer. Son regard détailla ensuite Ange quelques instants. A part son visage salement amoché, son corps ne semblait pas présenter de plaies. Peut être avait-il une ou deux cotes cassées mais rien de mortel.

L'attention de Rose se reporta sur Dolf. Il ne croyait visiblement pas au mensonge d'Aldrick concernant l'encerclement du bâtiment par les forces de l'ordre. Mais il ne pouvait pas jouer sur les deux tableaux. Faire face à Aldrick et elle à la fois. Surtout que cachée ainsi derrière ce bureau elle le tenait pile dans sa fenêtre de tir. La table qui lui servait de barricade ne pouvait pas le protéger en face et sur sa gauche. Elle arma son semi automatique. Une balle lui frôla le visage. Elle se força à faire abstraction de ce qu'il y avait autour d'elle et tira à son tour. Si les deux premières manquèrent leur cible la troisième atteignit le bandit à la  main, lui faisant lâcher son arme dans un grognement de douleur.
Avant qu'il n'ai le temps de la récupérer de sa main valide, Rose sauta pas dessus le meuble qui lui servait d'abri. Elle se rua vers lui, et, donnant un coup de pied dans son arme, l'envoya valser à l'autre bout de la pièce. Dolf laissa échapper une flopée de jurons tandis que Rose pointait le canon ce son pistolet vers lui. Elle avait eu une chance folle qu'il n'ai pas d'autres armes que celle ci à disposition. Le hollandais leva ses deux mains au niveau de son visage en signe de rémission. Celle qu'elle avait touché saignait abondamment.

«  Walkson...  On peut trouver un terrain d'entente... ? »

Rose haussa un sourcil. Il essayait de gagner du temps pour laisser à ses hommes le temps de rappliquer. Elle lui jeta un regard dédaigneux et, ne prenant pas la peine de lui répondre, lui tira dans les genoux. Ne lâchant pas Dolf du regard tandis qu'il se tordait à ses pieds, elle lança à l'attention d'Aldrick.

«  Il faut qu'on barricade la porte Aldrick. Les autres vont rappliquer. On peut s'enfuir par les toits, mais si on ne met aucun obstacle entre eux et nous on va manquer de temps »

La blonde se rendait bien compte de la difficulté de se retrouver sur les toits avec Ange à demi conscient et Aldrick blessé, mais actuellement, elle ne voyait pas de meilleure solution pour sauver leurs peaux à tous.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mar 26 Déc - 22:34

Tout le répertoire de jurons transylvains d’Aldrick répondit par intermittence à Rose. Le début se fit lorsqu’elle justifia son crime envers le mort et la suite survint quand elle parla de barricader les lieux. Les cris d’agonie de Dolf lui laissèrent bien peu de chance d’espérer une fin heureuse où ils pourraient le ramener vivant dans un poste de police.

*Je savais bien que ce n’était pas une bonne idée*

Dans un cri de rage et de douleur mêlées, le loup noir pesta :

- Si tu tires encore une seule balle sans raison, c’est moi qui t’en collerai une Walkson ! Si tu le tues, on est morts !

Aldrick ne plaisantait pas, pourtant, il puisa dans ses forces pour traîner l’imposant vaisselier criblé de balles jusque devant la porte, sans crainte aucune d’être une cible parfaite pour la contrebandière. Dans un grincement sinistre, le meuble marqua le sol de bois avant de bloquer enfin suffisamment l’entrée. Alors, comprenant enfin ce qui s’était passé, le lycanthrope grogna de mécontentement et rejoignit la belle aussi rapidement que le lui permettait sa jambe touchée. En trois pas, il fut près d’elle, saisit son poignet avec une force surhumaine pour en éloigner le canon de Dolf et planta son regard d’or dans le sien, articulant lentement pour être certain qu’aucun mot ne lui échapperait :

- Qu’est-ce que tu fiches bon sang ?! Tu viens de flinguer notre ticket de sortie ! Personne n’aurait tiré s’il avait été en état de marcher ! On aurait pu se servir de lui comme otage ! Au lieu de ça, ils vont nous traquer par vengeance !

La relâchant avec dédain et colère, il avisa la pièce. Dolf gémissait insupportablement, et Ange mal en point semblant à deux doigts de s’évanouir. Pointant un doigt vindicatif vers elle, le brun poursuivit :

- C’est comme ça que tu veux protéger tes hommes ? En t’assurant qu’ils seront la cible d’un autre gang ? Bravo, tu as réussi un coup de maître !

Il secoua la tête avec une colère sourde, balayant l’air de sa main comme pour chasser cette merveilleuse idée. Enfin, la toisant de toute sa hauteur, une rage certaine passant au fond de son regard, il abandonna avec dureté sans ciller :

- T’as raison finalement : tu finiras bien tôt ou tard avec une balle en plein milieu du front !

La plantant là, il alla jusqu’à la fenêtre qu’il ouvrit sans prendre la peine de la déverrouiller, faisant sauter le loquet d’un seul geste. Sa fureur si intense, lui faisant oublier jusqu’à la douleur. Songeant seulement qu’il y avait des claques qui se perdaient, il se pencha à l’extérieur et avisa les hauteurs. Les premiers mètres n’étaient pas faciles d’accès, mais tout semblait plat ensuite.

* On va galérer, mais c’est jouable*

Rejoignant la belle, il tenta de se calmer en annonçant aussi sereinement qu’il le put :

- Faut que tu montes la première, j’aiderai Ange, mais faut quelqu’un en haut pour le hisser, sinon il n'y arrivera pas vu son état.

Le vaisselier s’ébranla vivement, les voix se faisaient de plus en plus proches derrière la porte annonçant qu’il était plus que temps de bouger.

- Vite !

Agrippant Ange par le bras, le loup noir le remit sur ses pieds rapidement et l’aidant à se glisser jusqu’à la fenêtre, pressa Rose de passer la première à nouveau avant d’ajouter pour éviter qu’elle ne tente une énième objection :

- Je me charge de Dolf tu en as bien assez fais avec lui.

Le silence n’eut pas son mot à dire que déjà, il ordonnait :

- Allé, monte !


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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 13 Jan - 23:21

Face aux propos cinglants d'Aldrick, Rose se contenta de serrer les dents. Elle ne pouvait pas mener deux combats de front, et celui avec Dolf et sa bande d'abrutis l'occupait bien assez à l'heure actuelle. Elle lui jeta un regard glaçant lorsqu'elle passa devant lui pour accéder à la fenêtre. Elle avisa à son tour les hauteurs. Elle n'aurait pas de soucis à monter sur le toit du fait de son petit gabarit mais parvenir à hisser Ange et le commissaire allait se révéler une autre paire de manches. Devant le ton pressant du brun et l'insistance des coups derrière la porte, la blonde glissa son arme dans l’élastique de sa jupe au bas de son dos. Elle ne put cependant retenir un petit commentaire qui trahissait sa colère sourde.

- «  Même avec un otage ils ne nous auraient pas laissés partir. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas Aldrick »

Et sur ces paroles, sans se retourner, elle se hissa sur le rebord de la fenêtre. La partie supérieure de son corps disparu alors qu'elle prenait appui avec ses pieds sur la rambarde pour se hisser sur le toit.

* Non mais quel idiot. On protège ses hommes en tuant l'ennemi, pas en l'épargnant. Ceux qu'on épargnent revienne toujours *

Elle avait hissé la moitié de son buste sur la toiture quand sa main saisi une tuile qui était mal fixée. La contrebandière fut déséquilibrée, ses pieds battants dans le vide un peu anarchiquement. Elle se raccrocha à la prise la plus proche et, inspirant un grand coup, fini de mettre la totalité de son corps à l' abris du vide. Ce n'était pas le moment de se tuer bêtement.

La blonde se mit ensuite à plat ventre et pencha sa tête hors du rebord de la toiture, tendant les bras, elle saisit ceux de Ange pour le mettre à son tour dans la sécurité toute relative que leur procurait ce perchoir. Elle grogna entre ses dents, grimaçant sous l'effort que représentait pour elle l’ascension de ce corps qui devait bien peser une vingtaine de kilos de plus qu'elle. Lorsque la totalité d'Ange totalement amorphe fut affaissé sur les tuiles, Rose se pencha à nouveau au bord du toit.

- «  Allez commissaire, à votre tour de faire un peu d'escalade ! »

Rose lui tendit la main lorsqu'une balle vint siffler à ses oreilles, faisant exploser une tuile tout près de son visage dont les éclats lui entaillèrent la joue. La blonde laissa échapper une flopée de jurons anglais bien sentis en apercevant en contrebas une poignée d'hommes de Dolf.  Il ne manquait plus que ça. Heureusement qu'ils visaient mal.

* Bon sang mais ils vont rameuter la moitié du quartier ! *

Alors qu'elle sortait son arme, Rose ne pu s'empêcher de questionner Aldrick d'un ton à la fois acerbe et ironique :

- «  J'ai l'droit de tirer là, ou on n'est pas encore assez dans l'urgence à ton goût ? »

Elle tira Ange à couvert derrière le conduit de la cheminée jurant sous ce nouvel effort. Elle ne put s’empêcher de marmonner entre ses dents

- « Ces foutus larbins.... Je devrais tous leur mettre une balle entre les deux yeux ! »

Au lieu de ça elle se contenta de rester à couvert et de les neutraliser à distance. Elle visait de manière à les empêcher de tirer, mais s'assurait que ses tirs ne soient pas mortels. Enfin, elle essayait.

* Comme ça je peux espérer ne pas avoir à gérer une crise de nerfs d'Aldrick en plus de tout le reste *

Une fois que leurs opposants semblèrent neutralisés, Rose s'empressa de crier  :

- «  Aller ! Cette fois ci on se tire pour de bon ! »

Avec un peu de chance ils réussiraient à descendre de ce toit vivants et à attraper le premier cab qu'ils trouveraient pour s'éloigner le plus possible d'ici.

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Dim 14 Jan - 18:02

Aldrick serra les dents, tiraillé entre une répartie qui lui brûlait la langue et la possibilité que la blonde puisse avoir raison. Brimé de ne pouvoir affirmer avec certitude qu'un chef de gang mort, abattu par ses propres hommes lui paraissait plus que débile, il se contenta de lui conférer au mieux une impulsion de départ lorsqu'elle passa par la fenêtre. Seulement, son écart dans le vide, fit manquer un battement vital à son cœur, et craignant pour elle, il ne put s'empêcher de l'appeler, la peur inondant sa voix :

- ROSE !

Un soupir de soulagement échappa au loup noir lorsque sa chevelure blonde réapparut dans le ciel bleuté.

* Cette fille va me rendre dingue !*

Reportant son attention dans la salle il fit la moue, en s'avançant vers Ange.

- Bon, à ton tour, serre les dents, ça ne va pas être agréable.

Ange n'eut pas le temps d'ajouter quoique se soit, que déjà Aldrick l'empoignait par le col et le haut de son pantalon, avant de le propulser vers les hauteurs du toit. Presque catapulté sur la contrebandière, le jeune homme n'avait eu qu'un bref cri de douleur avant de craindre définitivement de passer l'arme à gauche. Heureusement, Rose était efficace et il ne mit que quelques secondes à s'accrocher à la toiture.

Une salve de balles en provenance de l'extérieur lui arracha un grognement de mécontentement. Ce qui contre toute attente, ne fut pas le cas de la répartie de la blonde.

* Bon sang ! Il en vient de partout ! *

- Éloigne-les, je t'envoie Dolf.

Rejoignant le concerné, le loup noir le gratifia d'un regard noir qui lui interdisait tout simplement de gémir davantage. Déchirant ses vêtements à la hauteur de ses genoux cinglants le commissaire en fit des garrots, qu'il noua avec force autour des parties blessées du gangster.

- Te fais pas d'idées : ce n'est pas un traitement de faveur, on a juste besoin que tu restes en vie.

Sans lui laisser le temps de répliquer, il lui assena un violent coup de poing sur le crâne. L'effet fut immédiat : Dolf perdit conscience, à l'instant où le vaisselier s’effondrait sur le plancher, vaincu par une salve de balles plus violente que les autres. L'un des projectiles vint d'ailleurs se figer dans le mur près de la tête de Dolf, et Aldrick ne demanda pas son reste. Trainant le bougre sur le sol à la hâte, sa mâchoire se crispa à l'instant où il jeta le corps inconscient sur son dos, avant de fuir par la fenêtre sous une rafale de balles et de cris.
L'ascension ne fut pas des plus aisées, mais le visage d'un des larbins fit un parfait trampoline et lui permit de les hisser plus facilement qu'il n'avait envisage sur les toits.

* Elle n'a pas dû y aller de main morte, on ne s'est même pas fais canarder d'en bas ! Heureusement qu'on est dans le même camp ce coup-ci !*

Le souffle court, le cœur affolé, un bras de Dolf ballant dans le vide, Aldrick et son colis s'étendirent quelques secondes à peine près de la belle. Un cri en contrebas, indiqua que leur tremplin avait été secouru de justesse et ne finirait finalement pas défenestré.

Puisant dans ses forces, le loup noir se redressa, dans un soupir, avisa les environs et plongea son regard dans celui de la jeune femme, avant d'ajouter en fixant Ange :

- Faut qu'on trouve un médecin, on s'occupera des autres plus tard.

De nouveaux cris leur parvinrent, plus proches :

- Bougez-vous ! Ils sont sur le toit !
- Il ne faut pas qu'ils nous échappent ! Ils ont pris Dolf !

Le lycanthrope grimaça et rapprocha le gangster d'eux, avant de se relever, puis de le porter comme un sac de patates sous son bras. Avisant Ange, il grimaça, et après quelques secondes de réflexion, finit par s'agenouiller devant le jeune homme.

- Aide le à monter sur monter sur mon dos, on ne s'en sortira pas sinon.

Avisant la blonde, il ajouta, perplexe :

- Quoi ? Un otage ne sert à rien, non ? Mais un mort non plus. Il n'est pas trop tard pour eux. Aide-moi, ils ne vont pas tarder.

Attendant que la jeune femme soit près de lui, le commissaire ne put s'empêcher de lui glisser d'un ton plus calme :

- Il va falloir que tu nous couvres, désolé.

Il n'aimait guère lui laisser ce genre de tâches, mais chargé comme il l'était, il ne voyait pas d'autres solutions. D'autant qu'il lui était alors impossible de tirer.

- Faut qu'on arrive à traverser le pont, sinon on est cuits.

Le brun émit un cri animal en se remettant sur pieds, vacillant brièvement, avant d'ajouter, le souffle réduit de moitié, pour elle seule, en feintant de pouvoir passer outre sa propre douleur :

- C'est la dernière fois que je te laisse choisir le programme de la journée.

Sans attendre de réponse, le loup noir prit une grande inspiration et s'élança aussi vaillamment et rapidement que le lui avaient enseigné la Grande Guerre et l'armée, pour s'éloigner le plus possible de cet immeuble où l'on voulait leur faire la peau.


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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 18 Jan - 20:44

A contre coeur, Rose s'avança vers Aldrick et l'aida à hisser Ange sur son dos. Son visage se tordit dans une grimace inquiète en le voyant le relever sous son fardeau. La blonde n'était pas dupe, la blessure du brun était préoccupante : combien de temps tiendrait-il avant de s’effondrer ?  Elle acquiesça à la demande du commissaire, re-armant son pistolet d'un geste rapide.

- «  Bien sur que je vous couvres. »

La remarque d'Aldrick  étira les lèvres de la blonde en un sourire alors qu'il s'éloignait avec son chargement vers l'extrémité du toit. Elle les suivait à reculons, s'appliquant à viser tout ceux qui osaient mettre une main sur le rebord de la toiture. Le flot de prétendants à l'ascension au toit s'amenuisa jusqu'à devenir inexistant.

Sans hésiter elle se retourna, se mit à courir, oubliant qu'elle pouvait glisser et se briser la nuque en tombant quelques mètres plus bas. Rejoignant Aldrick à l'extrémité de leur perchoir elle désigna le petit balcon en dessous d'eux.

- «  C'est notre meilleure porte de sortie. On rentre dans l'appartement, on descends par la cage d'escalier et on attrape le premier cab qui passe, direction chez moi. Je ferais venir un médecin de confiance pour s'occuper de vous. »


Rose avisa Dolf, toujours inconscient.Avec le plomb qu'elle lui avait mis dans les jambes il ne remarcherait plus jamais.C'était un poids mort pour eux. La blonde mourrait d'envie de le jeter par dessus bord et de le laisser s'écraser sur le pavé.

Pourtant, rivant ses yeux dans ceux du commissaire, elle ordonna d'une voix qu'elle voulait ferme pour cacher son angoisse grandissante :

- «  Tu descends le premier, tu es le seul à avoir la force de réceptionner nos deux belles aux bois dormants. Je reste la haut et je vous couvres le temps que vous entriez. »


Elle attendit que le brun descende, sans quitter des yeux l'autre côté du toit par où ils étaient montés. Tout semblait calme. Trop calme. Peut être s'étaient ils rendus compte que leur chef était un imbécile qui ne valait pas la peine qu'on meure pour lui ? Rose en doutait fortement.

La blonde reporta son attention vers le balcon en contrebat lorsqu'une main s'abattit sur son épaule, la faisant pivoter d'un coup. De surprise elle lâcha son arme qui heurta les briques du toit dans un bruit étouffé. Un douleur sourde se diffusa dans tout son visage, la rendant aveugle quelques secondes et son dos vint heurter le conduit de cheminée derrière elle. Le goût du sang envahit sa bouche. Elle entendit un ricanement alors qu'elle peinait à rouvrir les yeux.

- «  Quand je vais dire aux gars que je me suis fait la grande Rose Walkson en la boxant, ils vont pas en revenir. »


Les pensées de la blonde avaient du mal à se focaliser. Ce type était passé par une autre fenêtre... Elle ne l'avait pas entendu approcher, trop empêtrée qu'elle était dans son inquiétude pour Aldrick et Ange.  Du sang coulait abondamment de son nez et de sa lèvres inférieure fendue.Une flopée de jurons explosa dans sa tête.

La jeune femme attendit qu'il se rapproche faisant mine d'être totalement sonnée- ce qu'elle était partiellement-. Le type avançait vers elle d'un pas conquérant, il était tellement enorgueillit de lui même qu'il n'avait même pas pris soin de sortir une arme. Il ne savait visiblement pas à qui il avait à faire. Une chance pour la contrebandière. Lorsqu'il fut assez proche, prêt à frapper à nouveau, elle remonta son genoux de toute ses forces dans ses parties intimes. L'autre hoqueta de surprise et de douleur mêlées, baissant sa garde quelques instants.

La blonde se saisit de son arme restée à terre et tira plusieurs coups un peu au hasard. La tête lui tournait. Sans qu'elle arrive à distinguer si elle avait fini par le toucher ou si il avait simplement trop reculé, le type fini par basculer du toit pour s'écraser dans la cours intérieure de l'immeuble.

La blonde essuya le sang qui continuait de goutter de son nez d'un revers de main et revint sur le rebord du toit qui donnait sur la rue et le balcon, faisant signe à Aldrick que tout allait bien.

- «  Ce type avait vraiment beaucoup d'égo pour croire que... »


Soudain, Rose avisa un coche qui s'arrêtait en contrebat, surement pour attendre quelque client fortuné de l'immeuble. Elle eu un instant d'hésitation, laissant la phrase qu'elle venait de prononcer en suspens et finalement, se mit à hurler de toute ses forces d'un ton autoritaire en gesticulant :

- «  Police de Paris ! Ne laissez monter personne nous réquisitionnons ce véhicule pour les besoins d'une enquête ! »

Le cocher en bas leva les yeux vers elle. Forcément une femme qui clamait être de la police, ça étonnait. Qui plus est lorsque le bas de son visage et son décolleté étaient maculés de sang. Il ne fallait pas se démonter.

- «  Restez ou vous êtes surtout ! »

L'autre en bas écarquilla les yeux, et acquiesça, visiblement partagé. Rose se pencha vers le commissaire un grand sourire aux lèvres.

- «  Ça sert finalement d'être dans la police ! »

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mar 10 Avr - 22:56

À peine Aldrick eut-il atteint le balcon tant convoité, qu'une salve de tirs virulente retentit, le faisant frissonner d'angoisse. À plusieurs reprises, il scanda le prénom de la belle, son cœur se serrant un peu plus à chaque silence. Mort d'inquiétude, il s'apprêtait à escalader la façade qu'il venait à peine de descendre pour lui prêter main forte, lorsque sa silhouette amochée apparut. Un soupir de soulagement lui échappa. Il était à deux doigts de lui faire la morale quand le corps inerte de Dolf lui tomba dessus, l'instant suivant elle s'était mise à hurler sur un pauvre cocher en contre-bas. Aucun doute : cette fille était la délicatesse incarnée !

Se dégageant de Dolf dans un juron coloré, Aldrick se redressa au mieux, maudissant la balle qui lui rendait tout geste plus complexe. Heureusement, il parvint, au prix de nombreux efforts, à se hisser sur le rebord du balcon. Le brun sortit son insigne et beugla le plus distinctement possible :

- Z'avez entendu la dame ? Bougez pas d'là !

Il se redressa bon gré, mal gré, rangeant son badge avant d'acquiescer pour la blonde :

-Je parie que tu as toujours rêvé de dire ça. ~ Le taquina-t-il en agitant les mains pour lui faire signe de lui envoyer Ange.

Le jeune homme eut davantage de difficultés à descendre le premier tiers de la façade. Probablement, que sa vision réduite ne devait être particulièrement efficace à ce genre d'exercice. Quand enfin, il gagna le balcon, l'infortuné parut à deux doigts de défaillir à son tour. Le commissaire se pencha vers lui, pour lui administrer quelques claques amicales.

- Hey ! Reste avec nous ! 'Faut pas que tu t'endormes, petit !

Ange –qui ne semblait plus si bien porter son prénom que ça– émit un bref grognement, qui contenta le loup noir. Au-dessus d'eux, une nouvelle série de cris se fit entendre. Son cœur s'emballa. De là où il était, le commissaire ne distinguait rien d'autre que le dessus de la façade, reflétée par le soleil. Sans réfléchir, il avisa la porte vitrée à double battant et l'enfonça d'un coup d'épaule. Déboulant dans la pièce déserte, l'agent observa le décor soigné, pour un peu, il se serait cru en train de rêver, mais d'autres tirs sifflèrent sur le toit. Aussitôt, déboulant sur le balcon, il pressa Rose.

- Allé, descends vite ! Saute !

D'ordinaire, il aurait même proposé de la rattraper, mais là, la balle fendit distinctement l'air près de sa joue. Par réflexe, il remonta ses bras à hauteur de ses yeux, espérant se protéger. La seconde suivante, l'idée lui vint qu'un second trop ambitieux puisse tenter de faire d'une pierre deux coups. Après tout, qui saurait dans le feu de l'action, si, au cours de la bataille, ce cher Dolf avait bel et bien était descendu ou non par les malandrins venus le kidnapper ? Cette simple idée le révulsa, au point de réveiller en lui une colère sourde. S'il n'y avait eu une brise plus forte pour lui donner accès malgré lui au paradis, probablement qu'Aldrick aurait hurlé de rage. À la place, penaud et perdu, il contempla, comme hors du temps, la dentelle fine qui s'était joliment détachée de la contrebandière, juste assez pour lui laisser entrevoir la courbe délicate de sa cuisse et plus encore.
Puis, telle une punition, un cri étouffé mourut sur ses lèvres et le décor devint sombre. Une vive douleur lui martela ensuite le crâne, les bras et le buste. Sans savoir s'il avait atterri en Enfers ou au Paradis, le brun se contenta de maugréer bêtement :

- Rose, la prochaine fois que tu veux me tuer : privilégie la balle plutôt que la suffocation...

Aldrick ne l'aurait jamais admis, mais c'eut été une mort pour le moins acceptable que de rendre l'âme sous ses jupons.

Ce ne serait pas pour tout de suite, et à peine retrouva-t-il un semblant d'air frais qu'un nouvel échange de balles s'entretenait. Le loup n'eut le loisir que de se redresser à la hâte, forcé de passer outre sa douleur, pour récupérer les garçons par le col, avant de se mettre à couvert dans l'appartement. La lumière lui piquait encore les yeux, mais soulevant Ange, il le balança sur son dos en lui hurlant de s'accrocher. Pour Dolf en revanche, le cas fut différent, et le fait que son pied entre malencontreusement –et tout à fait fortuitement– en contact avec une chiffonnière, au point de faire tomber le meuble, ne l'inquiéta aucunement. Rose semblait hurler, mais le concert de balles de plus en plus proche l'empêcha d'en comprendre un traître mot. Il jeta un regard en arrière, beuglant en hissant Dolf sur son flanc, pour faciliter leur évasion :

- Au fond, il y a un escalier ! Vite !

Le fracas des projectiles résonnait toujours plus fort à ses oreilles, et la respiration irrégulière d'Ange n'y changeait rien : l'ennemi était proche et eux encore bien loin de la sortie.


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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mer 18 Avr - 1:11

Après son atterrissage anarchique sur le balcon Rose n'eut pas le loisir de répliquer aux maugréments d'Aldrick que déjà, ils devaient essuyer des tirs ennemis.  La jeune femme répliqua immédiatement, ne retenant pas un juron d'agacement.  Du coin de l'oeil elle vit Aldrick récupérer les garçons pour s'engouffrer dans l'appartement. Elle hurla par dessus le bruit de la fusillade :

- «  Je vais bientôt être à court de munitions ! »


La blonde s'engouffra à leur suite dans l'appartement. Elle scruta autour d'elle à la recherche de quelque chose d'utile pour bloquer la grande fenêtre qui donnait sur le balcon et ainsi ralentir leurs poursuivants. Avisant le buffet du salon, elle cria au commissaire qui la devançait :

- «  Commence à passer ! Je vais les ralentir un peu ! »

Elle savait qu'il leur fallait gagner du temps. Ses munitions s'étaient réduites comme peau de chagrin et Aldrick entre sa blessure et la charge des deux hommes n'avançait pas aussi vite qu'elle l'aurait voulu. Si elle laissait les autres entrer dans l'appartement, ils étaient cuits. Coinçant son arme dans sa jupe une nouvelle fois, elle poussa de toute ses forces l'énorme buffet. Par chance, le parquet fraichement ciré rendait le déplacement du meuble possible pour son petit gabarit. Après une bonne minute d'effort, elle parvint à bloquer la fenêtre, juste à temps pour voir un premier poursuivant atterrir sur le balcon. L'homme la regarda, l'espace d'une seconde, interdit. Il reprit vite ses esprits lorsqu'elle lui tendit ostensiblement son majeur, un sourire moqueur aux lèvres. Elle n'entendit pas distinctement ce qu'il hurlait de l'autre côté de la vitre alors qu'elle s'éloignait, mais elle crut deviner des jurons à caractère fortement misogyne. Rose ne se retourna pas, renversant tout ce qu'elle pouvait trouver dans l'appartement susceptible de ralentir ceux qui allaient finir par entrer.

La jeune femme déboula en trombe dans les escaliers, manquant presque de tomber lorsqu'elle arriva à la hauteur du brun. Elle se rattrapa de justesse à la rambarde pour ne pas basculer la tête la première.  Elle retrouva son équilibre sans cesser de descendre vers leur porte de sortie. D'un coup d'oeil, elle s'informa de l'état d'Ange. Il gisait, toujours amorphe sur le dos d'Aldrick. Elle serra les dents et lança à l'attention du brun :

- «  On est presque en bas, courage ! »

Au moment ou elle prononçait ces paroles, un bruit de verre brisé se fit entendre à l'étage. Les hommes de Dolf n'allaient pas tarder à débarquer dans la cage d'escalier pour les tirer comme des lapins. Heureusement, ils arrivaient à la porte de service. En haut, les bruits de pas se faisaient plus proches. La contrebandière ouvrit la porte à la volée, la tenant grande ouverte pour permettre au commissaire de passer avec son chargement. A quelques mètres d'eux attendait le cocher qu'ils avaient interpelé quelques minutes plus haut depuis le toit.

La jeune femme réfléchit quelques secondes à l'adresse qu'elle allait donner au cocher. Devait elle lui indiquer celle de leur planque ou celle de son appartement personnel ? Si elle amenait le commissaire au quartier général, elle avait peur que ses hommes soient plus obnubilés par la présence d'un flic parmi eux qu'autre chose. Et elle ne tenait pas à devoir gérer une crise de plus dans l'immédiat. Elle opta donc pour son propre appartement. C'était plus dangereux si jamais les hommes de Dolf les suivaient – ce dont elle doutait, car ils ne disposaient pas de voiture-, mais ils seraient plus tranquilles par la suite.  Elle fini par arriver près de l'homme assis sur le banc de conducteur. Elle lui dit d'un ton pressant :

- «  97 rue de Lille ! »

Puis, se rendant compte qu'elle avait perdu son argent – comme tout ce qu'elle avait acheté plus tôt dans la journée – au cours des événements, elle enleva la chaine en or qu'elle portait autour du cou, cadeau d'Alexandre pour un de ses anniversaires et la fourra dans la main du cocher.

- «  Je crois que ça paiera largement la course. »

Son ton était ferme et sans appel. Elle retourna vers la porte de la voiture pour aider Aldrick à hisser Dolf à l'intérieur. Se gardant bien de regarder le commissaire elle glissa l'air de rien :

- «  La prochaine fois je te laisse choisir le programme, c'est promis. Tout ce que tu voudras. »

A peine prononçait elle ces paroles que la porte du bas de l'immeuble s'ouvrait à la volée, laissant apparaître leurs poursuivants essoufflés. La contrebandière grimpa sur le marchepied de la voiture, tenant son arme prête à l'emploi.

- «  On dégage pour de bon cette fois. »

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 19 Mai - 23:06

En d'autres circonstances, Aldrick aurait tant adoré entendre Rose prononcer « Tout ce que tu voudras »  qu'il aurait arboré un sourire beaucoup trop grand pour être innocent, en la chambrant largement. Mais là, il se contenta de finir d'installer Dolf et Ange du même côté de la banquette, avant de hocher la tête en soulignant :

- C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd ! ~

Le fouet claqua dans l'air comme un coup de tonnerre, aussitôt les chevaux s'embardèrent, faisant vibrer tout l'habitacle avant de partir au galop, sous les injonctions pressantes du cocher.

- T'as pas déjà dit ça tout à l'heure ? Nota-t-il pile à l'instant où une balle explosa le bois, juste à la hauteur de son visage. Bon sang, c'est qu'ils insistent !

Par réflexe, Aldrick avait refermé sa main sur le poignet de la blonde pour la tirer à l'intérieur, craignant qu'elle ne disparaisse dans la cohue, pour botter les fesses aux méchants, comme il lui arrivait trop souvent de vouloir le faire.

- Baisse-toi ! Hurla-t-il, en se pliant en deux entre les sièges à ses côtés, sous les salves de leurs ennemis.

Les tirs de balles fusèrent, transperçant l'habitacle de part en part, le tatouant de cicatrices rondes, dont certaines s'étaient miraculeusement logées entre les deux endormis, sans les toucher. Dans la rue, résonnaient les cris de leurs assaillants. Les plus téméraires se lancèrent à pied dans une course-poursuite, s'acharnant sur le cab avec la hargne de la vengeance, n'hésitant pas à viser le cocher qui maugréa dans un patois campagnard :

- 'Sont complét'ment cinglés ceux-là, ben diou ! Argua-t-il en longeant le quai de l'Horloge.

Aldrick ne put s'empêcher d'acquiescer, en se redressant au mieux, trouvant qu'il fallait tout de même manquer sacrément de jugeote pour faire un tel tapage à deux pas du Palais de Justice et de la Préfecture de Police qui trônaient fièrement sur l'île.

- A'crochez-vous ! Ça va s'couer !

Quel bel euphémisme, ce fut là ! Crachotant leurs corps blessés dans l'habitacle, le cab évita une fillette, monta sur un trottoir, en redescendit, et prit finalement un serré virage en épingle sur la gauche, aussi délicatement que s'il avait espéré les vomir ainsi. Aldrick se cogna à de multiples reprises, son corps trop grand, peinait à trouver une position salutaire à ce voyage. Particulièrement, lorsqu'ils manquèrent de chavirer totalement sous la force centrifuge. Malgré leurs poids, le cab resta quelques secondes en lévitation sur deux roues, avant de retomber lourdement sur la route, les malmenant encore bien davantage. Après une douloureuse contorsion, Aldrick finit par passer sa tête hors de la cabine en hurlant au cocher :

- Bon sang ! Vous voulez nous tuer ou quoi ?!
- Mwa non m'sieur, mais eux j'n'doute pas !

D'un signe de la tête, il indiqua les hommes de Dolf, dont les plus rapides avaient réussi à se positionner à l'entrée du Pont Neuf, en coupant à travers la place Dauphine. Un juron salé échappa à Aldrick.

- Ne vous arrêtez pas !

Le cocher acquiesça, faisant claquer les rênes pour pousser les chevaux au triple galop. Un nid de poule les molesta davantage, nul doute qu'il aurait laissé échapper un nouveau juron s'il n'avait pas manqué de se mordre la langue, à la place, il s'enquit, pressant :

- Si on passe le pont on sera tranquille. Il te reste des balles ?

La réponse sembla être bien inférieure à ses attentes, car son regard se fit subitement glacial, son visage se ferma, un air menaçant capturant ses traits tirés et sans un mot, son poing se leva à la hauteur du visage de la belle, prêt à frapper. Mais sans crier gare, il fit basculer Rose contre la fenêtre ouverte d'un geste ample, cognant avec force contre le poing de Dolf, qui semblait bien mécontent d'être là, maintenant qu'il était réveillé.

- Bah alors, en voilà une façon de traiter les dames ! On t'a jamais appris les bonnes manières ou quoi ?
- La ferme sale flic ! S'insurgea-t-il, en se ruant sur lui, pour tenter de le frapper au visage. Je vais te faire la peau ! Puis je me chargerais d'elle !
- Dans tes rêves !

Aldrick voulut l'assommer de nouveau, mais la cabine dévia sur la droite pour éviter d'autres tirs. L'agent pesta, hurlant à la belle :

- Occupe-toi des gars sur le pont !

Dolf en profita pour lui couper le sifflet d'un crochet du droit et la réciproque fut d'autant plus violente que le loup était bien décidé à ne pas passer pour le dernier des badauds devant la contrebandière.


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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 15 Juin - 22:46

Malmenée depuis plusieurs minutes à l'intérieur de l'habitacle, Rose tenta de garder son équilibre quelques instants afin de compter ce qui lui restait de munitions. Une nouvelle embardée de la voiture fit à nouveau se rencontrer sa tête et le mur le plus proche, lui faisant froncer les sourcils d'agacement :

- «  Pas assez si ça continue comme ça, pesta-elle. Il faudra faire au mieux. »

Lorsqu'elle releva la tête son regard croisa celui devenu glacial du brun. Pendant un instant, Rose crut bien que c'était dans sa figure qu'allait finir le poing du commissaire. Mais se fut contre celui  de Dolf qu'il s'écrasa et la blonde se retrouva subitement projetée contre la vitre ouverte ou elle put apercevoir les hommes de main de Dolf, prêts à les trouer comme des passoires pour récupérer leur chef. Soupirant, elle repassa la tête à l'intérieur de la voiture ou Aldrick et Dolf étaient toujours en plein pugilat. Evitant un coup de Dolf elle se pencha pour récupérer le pistolet d'Aldrick attaché à sa ceinture.

- « Je t'emprunte ça tant que tu es occupé... »

C'est avec une arme dans chaque main que la contrebandière ressortit la moitié de son buste à l'extérieur de la cabine, tentant de se maintenir dans une position stable. Le cahotement de leur véhicule et le l'inégalité de poids entre son arme et celle d'Aldrick risquait de rendre son tir imprécis.

* De toute manière, tout ce qu'il faut que je fasse c'est les immobiliser. Pas besoin de précision pour ça. *

Elle fit mouche dès les premiers tirs, un homme s'écroula en se tenant l'épaule, un autre la cuisse. La réplique fut prompte et la jeune femme se replia a l'intérieur de l'habitacle pour éviter de prendre une balle en pleine tête. A l'intérieur Aldrick semblait avoir le dessus sur son opposant, alors, dès la salve de balles terminées, Rose repassa par la fenêtre pour achever le travail et leur laisser le champ libre.

Mais tout ce raffut avait attiré des policiers de la préfecture, qu'elle aperçut arriver au loin. Elle fit une prière intérieure pour qu'ils se contentent de ramasser les hommes de Dolf sur le pont sans chercher à suivre leur cab. Elle serra les dents en se rasseyant, constatant qu'Aldrick avait réussit à maîtriser le Hollandais avec succès. Quelques minutes passèrent ou ils furent malmenés par leur conducteur mais sans qu'aucun policier n'intervienne pour le stopper au soulagement de la blonde.

Soudain, le cab s'arrêta brusquement et la contrebandière se retint de justesse au cadre de la fenêtre pour ne pas basculer tête la première. La voix du cocher se fit entendre :

-  "Z'êtes arrivés M'sieurs Dames !”


La blonde répondit par un grognement et fini par s'extirper de ce qui avait bien faillit leur tenir lieu de cercueil. A peine avait elle posé le pied par terre qu'une voix qu'elle ne connaissait que trop bien lui fit pousser un long soupir.

- «  Rose ! Ca fait une heure que je t'attends ! Alexandre te cherche pour …  per tutti i diavoli mais qu'est ce qu'il se passe ici !? »
- «  Pas le temps de te faire un résumé Julius. On verra ça plus tard. Aide moi à sortir Ange de là. »

Le bras droit de Rose laissa tomber sa cigarette en maugréant l'air contrarié. Le froncement entre ses sourcils s'accentua lorsqu'il aperçu enfin Aldrick et Dolf en se rapprochant du véhicule, sa voix laissant transparaitre toute son animosité.

- « Qu'est ce qu'il fout encore là ce flic ?! Et...  Rietveldt ?! »
- «  Oh for God's sake !  Aide moi à les sortir de là ! »


La contrebandière lui fit signe d'attraper le mafieux pendant qu'elle passait le bras d'Ange autour de ses épaules pour le soutenir.  Elle lança au conducteur alors qu'il s’apprêtait à repartir :

- «  Et pas un mot à la police compris ? »

Le vieux lui lança un regard dubitatif, ses yeux se posant sur Aldrick dans un air d’incompréhension flagrante. Il fini par hausser les épaules

- « Comme vous l'souhaitez Mam'zelle »

Leur stationnement dans la rue commençait à attirer le regard curieux des passants. Rose se tourna vers le commissaire tout en rajustant sa prise sur son chargement qui s'affaissait tandis que Julius s’engageait dans le hall de l'immeuble en maugréant, disparaissant presque sous la silhouette de Dolf.

- «  Je suis désolée de pas pouvoir de prêter une épaule aussi mais, sans vouloir t'offenser, je crois que tu serais un peu trop lourd pour moi. Un sourire furtif passa sur ses lèvres. J'espère tout de même que tu parviendras à atteindre le second étage. Julius va aller chercher le docteur, puisqu'il est là, autant qu'il se rende utile. »

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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 12 Juil - 21:37

Aldrick laissa à Rose le soin de gérer la "crise Julius". De toutes façons, il ne comprenait pas vraiment lorsqu'il parlait italien. Se contentant d'un signe de tête en guise de salut, l'agent remercia surtout le cocher en lui serrant la main, avant de lui tendre une de ses cartes.

- Suivez ses conseils : n'en parlez pas. Envoyez-moi la note de frais pour les impacts de balle à cette adresse. Il allait faire demi-tour, mais se ravisa, ajoutant : Après, si jamais ça vous intéresse, on cherche des cochers courageux pour aider la police.

Le commissaire eut un air entendu et le cab s'éloigna pour de bon, à l'instant où Rose s'excusait. Acquiesçant dans un sourire, Aldrick récupéra son arme et voulut prendre la relève de Julius, mais il ne put forcer le passage vu l'état d'Ange. Il fut donc condamné à monter les marches seul en bon dernier.

Une fois arrivé dans l'appartement, une vague de nostalgie le submergea. Même s'il n'était pas venu souvent, il aimait l'odeur qui s'en dégageait. Son odeur à elle, mêlée à celle du tabac, autant qu'à la légère fragrance de roses en pot près de l'entrée. Le simple fait de les voir le fit sourire. Il ne pensait pas qu'elles survivraient plus d'une semaine lorsqu'il les lui avaient offertes jadis pour la taquiner. Comme quoi, Nath avait raison : les miracles existaient.
Ses iris d'or coulèrent sur le plan de travail de la cuisine : il était impeccable. Probablement, qu'il servait toujours aussi peu. La table en face de celui-ci semblait à peine encombrée de dossiers, d'un épais livre et plusieurs cigarettes avaient achevé leur existence dans le cendrier qui trônait en son centre. Julius abandonna sans ménagement Dolf sur l'une des chaises attenantes.
Lui décochant un regard noir, il se précipita vers Rose pour l'observer, grimaçant violemment en découvrant les marques sur son visage. Aussitôt, il tonna, haineux, la mâchoire crispée :

- Fous le camp d'ici ! C'est de ta faute si elle est blessée !

Aldrick l'avisa avec une stupéfaction froide, tandis que Julius poursuivait :

- Dégage j't'dis ! T'apportes toujours les emmerdes ! Et après on s'retrouve à payer les pots cassés !
- Tu ne sais même pas de quoi tu parles... Soupira Aldrick.
- À d'autres ! Ça ne t'a pas suffit la dernière fois ? Tu ne te souviens pas de son état ce jour-là ?! D'un geste ample, le contrebandier désigna sa patronne, sa voix bouillonnant de rage.

Aldrick fit un pas, les poings serrés, oubliant toute forme de douleur, une colère sourde marquant violemment ses traits, son regard visé dans celui de Julius. Il ne savait rien ! Rien ! Il n'était pas là ! Il n'avait aucune idée de combien cette mésaventure l'avait marqué, de combien il s'en était voulu de n'avoir pas pu la protéger davantage ce jour là ! Aucune ! Et il l'ouvrait sans prendre la peine de...

Il fallut que le loup noir regroupe les miettes de son sang-froid pour abandonner avec un calme tout relatif :

- Je ne partirai pas d'ici sans Dolf. Il laissa un instant le silence se coucher entre eux, avant de fixer Rose. Ce n'est pas négociable.

Anticipant toutes réclamations, il ajouta :

- Vous avez Ange, je garde Dolf. Il croupira en prison et vous pourrez poursuivre votre commence sans en être inquiété.

Le visage amoché de Rose lui serra le cœur, et il détourna le regard, interrogeant sèchement Julius :

- Tu comptes attendre qu'elle tourne de l’œil pour aller le chercher ce médecin ou quoi ?!

Il savait que ça n'arriverait pas. Rose était robuste et vaillante. Il aimait ça aussi chez elle. Mais si elle venait à le frapper à cause de sa remarque, il ne répliquerait rien.

- Vai all'inferno !* Plutôt crever que d't'obéir sale flic !
* Va au diable !

Le poing d'Aldrick se serra jusqu'au sang. Ce qu'il aurait aimé être seul avec elle, pouvoir la toucher, s'excuser, l'étreindre. Dieu qu'il aurait payé cher juste pour ça. Mais Julius n'avait pas tord sur toute la ligne : il ne lui apportait pas que joie et bonne humeur. Cette simple pensée suffit à le rendre particulièrement amer. Malgré lui, un désespoir profond marqua ses traits et il lui fallut tout son orgueil pour retenir un soupir lourd de sens. À la place, il ajouta dans un murmure parfaitement audible pour tous, en crispant sa main de libre sur les mèches brunes de son front :

- S'il te plaît. Va chercher un médecin pour la soigner...

Les joues rougies, Aldrick se détourna légèrement, incapable de soutenir le regard des présents et lorsque sa main saisit le dossier de la chaise de Dolf, le bois craqua sinistrement, comme pour inciter Julius à faire au plus vite.


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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Mar 17 Juil - 10:50

Rose assista à l'échange houleux des deux hommes d'abord un peu perplexe, puis franchement agacée. Elle repoussa d'une main les sollicitudes de Julius à son égard. Elle jugea bon de leur rappeler qu'elle se trouvait dans la même pièce qu'eux et qu'elle n'était certainement pas en train d'agoniser comme leur échange tendait à le laisser penser.  

- «  Je vous signale que je suis toujours là et en pleine capacité de mes moyens. »

Enfin presque. Son visage était douloureux et contusionné même si son nez et sa lèvre inférieure avaient cessé de saigner. Une des chaises de la cuisine craqua sinistrement sous la pression de la main d'Aldrick  tandis qu'elle sentait la colère de Julius s'accroitre. La blonde estima qu'il était temps de désamorcer les tensions. Elle se tourna vers son subordonné et s'adressa à lui fermement :

- «  Fais ce qu'il dit Julius. Va chercher le docteur Weidmann »

L'italien serra les poings, son regard passa de sa patronne au commissaire à qui il adressa un regard lourd de sens. Il finit par marmonner un « très bien » à contre-coeur, entre ses dents serrées, avant de se diriger vers la porte d'un pas rageur. Ses maugréments en italien finirent par s'éloigner dans les escaliers.

La contrebandière poussa un léger soupir de soulagement lorsque la porte se fut refermé sur lui. Son regard bleuté coula vers Aldrick. Elle n'aimait pas le voir comme ça. Il agissait comme si il avait quelque chose à se reprocher dans cette affaire alors que tout était de sa faute à elle. Elle avait le chic pour se fourrer dans des situations impossibles, ce n'était pas nouveau. Et encore une fois elle l'avait embarqué dans ses problèmes. La jeune femme s'approcha doucement de lui, esquissant un sourire aussi large que sa lèvre fendue lui permettait. Sa main s’empara de la sienne et elle pressa ses doigts dans les siens.

- «  Je vais bien, tenta-t-elle d'une voix qu'elle voulait rassurante. Tu sais bien que les blessures au visage sont toujours impressionnantes. Mais il n'y a rien de grave. »

Elle avait connu bien pire. Elle baissa les yeux vers les jambes du brun en grimaçant.

- «  Toi en revanche j'aimerai autant que tu t'assoies en attendant l'arrivée du médecin. »

Elle lui désigna le sofa d'un geste de la tête.

- « C'est pas une suggestion mais un ordre. Assied toi le temps que je regarde l'état de Ange. »


Ses doigts relâchèrent les siens et elle disparue dans la salle de bain. Elle en profita pour frotter le sang séché qui lui maculait le visage. Ses blessures auraient l'air moins impressionnantes ainsi. Satisfaite d'elle même et un peu plus propre elle se saisit d'un linge humide et réintégra la pièce principale. Elle se pencha vers le visage d'Ange qu'elle avait abandonné dans un fauteuil lorsqu'ils étaient arrivés. Son visage était amoché et il était toujours à moitié dans les vapes mais il respirait régulièrement. Ses jours ne semblaient pas en danger.

La jeune femme entreprit des nettoyer le visage du jeune homme méthodiquement. Elle avait l'habitude d'accomplir de telles tâches. Lorsqu'elle eu terminé, elle jeta la serviette maculée de sang dans le panier à linge. Elle s'accroupie, farfouillant dans le bazar sous l'évier de la cuisine pour en ressortit une petite fiole remplie d'un liquide transparent ainsi qu'une seringue. Elle attrapa le bras de Dolf toujours inconscient et lui en injecta le contenu.  

- «  Tu auras Dolf. Je m'assure juste qu'il reste tranquille.»

Elle sentit bon d'ajouter :

- «  C'est de la morphine »

Et vu la dose qu'elle lui avait injecté, il allait somnoler, voir, dormir jusqu'au lendemain. D'un geste habile elle lia les mains de Dolf à sa chaise avant de revenir se laisser tomber sur le sofa. Elle bascula la tête en arrière, peut être qu'ainsi la douleur la lancerait moins se disait-elle sans trop d'espoir, laissant son regard errer sur les roses en pot de l'entrée. Fermant les yeux un instant elle souffla :

- «  Ne prête pas attention à ce que dit Julius. Il exagère toujours tout. Il se prend pour ma gouvernante. »

Elle n'ajouta pas «il ne pense pas ce qu'il dit» car la blonde savait qu'il pensait chacun des mots qui étaient sorti de sa bouche. Julius n'aimait pas Aldrick, ce n'était pas nouveau. Mais elle l'avait trouvé injuste dans ses propos à l'encontre du brun un peu plus tôt. Cette fois là aussi elle s'était mise dans le pétrin toute seule.

La jeune femme rouvrit les yeux et se redressa, tournant son minois amoché dans la direction du commissaire. Elle aurait voulut lui faire comprendre que rien de tout ceci n'était sa faute malgré ce que pouvait en dire Julius. Qu'elle était la meilleure pour s'attirer des ennuis et qu'au final il était bien trop souvent le dommage collatéral de ses frasques. Mais la contrebandière n'avait jamais été très douée avec les mots. Son truc à elle c'était plus l'action que les paroles.

Elle leva la main à hauteur de la joue du commissaire et la frôla du bout des doigts.

- «  Le médecin ne devrait pas tarder. »
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Lun 13 Aoû - 17:07

Aldrick n'eut pas à cœur de contredire la belle cette fois. Il avait encore la sensation de sa peau contre la sienne et cette douceur dont elle avait fait preuve, le troublait plus qu'il n'aurait osé l'avouer. Accoudé au sofa, il la regarda faire, incapable de la quitter des yeux. Il fallut qu'elle évoque la morphine pour qu'il détourne le regard, en se mordant la lèvre. Encore un peu et il répondait « Je sais ». Il en prenait si régulièrement qu'il la repairait aisément rien qu'à l'odeur.

Ses iris d'or se perdirent sur la pièce, sans réellement la voir, avant qu'elle le rejoigne. Un fin sourire égaya ses traits en imaginant le fier et robuste Julius dans les habits stricts d'une préceptrice. Ce tableau mental se volatilisa dès qu'il lut sur son visage un trouble qu'il ne s'expliqua pas. Le brun ouvrit la bouche pour la questionner, mais n'en fit rien. Récupérant ses doigts, il les garda contre sa joue. L'instant suivant, il déposait un baiser contre son front, furtif mais sincère, un remerciement silencieux. Bien qu'il garda sa main prisonnière, le loup reprit une distance plus raisonnable et glissa, comme un gosse boudeur :

- J'espère que l'ordure qui t'a amoché de la sorte l'a payé cher.

Il aurait aimé s'en charger lui-même. Pourtant, un sourire trop grand pour être innocent se peignit sur ses traits : il était bien placé pour savoir qu'elle rendait les coups, parfois même au centuple.

De sa main de libre, il replaça derrière l'oreille de la blonde une mèche de cheveux, qui n'avait pourtant pas bougé, avant de poser son front contre le sien. Les yeux clos, il ajouta après un léger soupir, dans un murmure :

- Tu triches.

Anticipant sa question, il poursuivit en se redressant à peine, la dévorant du regard, trop conscient du rouge à ses joues :

- Même blessée tu me donnes terriblement faim.

Pressant brièvement son index de libre sur son nez, Aldrick s'amusa de sa bouille avant de s'éloigner davantage. Il était sérieux. Ses oreilles le chauffaient, il avait envie de l'étreindre, d'entendre son cœur pulser près du sien, de dévorer chaque parcelle de ce visage malmené, et plus encore. Bien plus.
Mais à la place, il déposa simplement un baiser sur le bout de ses doigts. Un silence se coucha entre eux, avant que le loup n'envisage de la mettre mal à l'aise. Alors, à contre cœur, il changea de sujet, semblant trouver soudainement un intérêt incroyable au plafond.

- Ce doc', il sait tenir sa langue, n'est-ce pas ?

Après leurs exploits, il n'avait pas grand espoir de ne pas être convoqué dans le bureau de son supérieur et probablement mis à pied quelque temps, mais si au moins il pouvait s'éviter d'avoir tout son gang sur le dos, il ne serait pas contre. Cela dit, leurs dernières bagarres avaient eu le mérite de l'étonner, ce qui devenait de plus en plus rare comparées à celles qu'il avait au commissariat.

Son intérêt retourna bien vite se perdre sur la silhouette de la jolie contrebandière, détaillant ses hanches fines, son port élégant, la blancheur de sa peau, fièrement marquée par endroits, la courbe parfaite de sa clavicule, le bleu addictif de ses yeux, jusqu'à ce qu'enfin, le loup ne tique.

- Attends, attends. Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Plus attentif cette fois, Aldrick se concentra pour ne pas louper une seule des paroles de la belle.


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