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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]

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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Sam 1 Sep - 18:21

Le contact de la peau d' Aldrick contre la sienne plongea la contrebandière dans une situation d'apnée inédite. Sa respiration bloquée, elle attendait, trop consciente de son corps, de celui du commissaire en face d'elle. Un instant, elle envisagea d'oublier toute prudence et simplement se jeter dans ses bras en dépit de toute raison, de toute bienséance, en dépit de la situation. Mais il rompit le lien en se détournant, et, prenant conscience qu'elle manquait d'air, elle prit une profonde inspiration. Avant qu'elle n'ait pût renouer le contact de manière bien plus physique qu' Aldrick n'avait osé jusqu'à présent, celui ci s'était pris d'une soudaine passion pour son plafond.

La blonde, réfrénant son envie d' hurler de frustration, entreprit de satisfaire la curiosité du brun. Elle ramena ses jambes dénudées sous elle, éludant la question d'une voix ennuyée.

- «  Bien sur qu'il sait tenir sa langue. Et il est compétent. » Elle s'alanguit un peu plus entre les coussins du sofa. «  Après il est un peu... particulier. » Elle marqua une pause. «  J'veux dire... Il est persuadé d'avoir une ascendance de loups-garous … ou de géants peut être … Je sais plus vraiment ce qu'il m'avait dit exactement...  C'est un excentrique … Après je dois bien avouer qu'il est particulièrement grand mais... »

Le brun l'avait coupé, l'air visiblement plus si préoccupé par le plafond du salon. La blonde haussa un sourcil, une moue interrogative se peignant sur son visage alors qu'elle reprenait un peu plus lentement pour être sure qu'il saisisse.

- «  J'ai dit qu'il était particulier. Du genre à croire aux loups-garous et à toutes ces sottises. Un peu superstitieux, mais compétent. »


Au moment ou elle répétait ces paroles, l'étrangeté de la situation la frappa. Jusqu'alors, elle avait toujours considéré les digressions du médecin comme le fait d'un esprit fantasque et quelque peu troublé. Mais ce qu'elle avait appris récemment éclairait ces paroles d'une toute autre lumière. La contrebandière se demanda un instant jusqu'à quel point elle pouvait croire les dires de Weidmann. Un autre problème dont il faudrait qu'elle s'occupe lorsqu'elle aurait le temps. Rose reporta son attention sur Aldrick, scrutant son visage, incertaine de ce qu'il voulait entendre. L'idée saugrenue que peut être il savait quelque chose lui traversa l'esprit. Elle allait lui demander si tout allait bien quand on frappa à la porte et la voix de Julius se fit entendre à travers la cloison.

- «  Rose ! L'docteur Weidmann est là »

Et, sans attendre sa réponse, la porte s'ouvrit, laissant apparaître dans son encadrement un Julius toujours passablement agacé ainsi qu'un autre homme, grand, les cheveux blancs et longs, la soixantaine. Il pénétra dans l'appartement dans lequel il paraissait étrangement démesuré. Un sourire doux était peint sur son visage, adressé à la contrebandière. Lorsqu'il prit la parole, sa voix était anormalement grave.

- «  Miss Walkson. Encore dans de beaux draps à ce que je vois. »


Il s'avança vers elle, tendant une des ses grosses mains dans sa direction. La contrebandière, lui rendant son sourire, tout questionnement momentanément oublié, se redressa sur le sofa pour l'enjamber, laissant à nouveau apparaître un morceau de sa cuisse au travers de ses jupons déchirés. Julius ne put s'empêcher de détourner le regard, en profitant pour fusiller à nouveau du regard le commissaire. Weidmann n'y prêta guère attention, serrant les mains délicates de la blonde dans les siennes.

- « Je suis ravie de vous voir Weidmann. » Elle se retourna, ses yeux bleus se posant sur Aldrick. «  Je vous présente mon ami, Aldrick Voelsungen. Nous avons eu un petit imprévu. J'aimerai que vous l'examiniez, ainsi qu'Ange. »

Le médecin posa pour la première fois son regard sur le commissaire, son sourire toujours rivé au visage. Il s’avança jusqu'au sofa, et lui tendit à son tour la main.

- « Enchanté jeune homme. C'est toujours un plaisir de faire la connaissance des amis de miss Walkson. Il sont toujours si … particuliers. »

Il fixa quelques instants supplémentaires, le brun, ses yeux brillants d'une lueur amusée, mais toujours bienveillante que la contrebandière ne parvint pas à déchiffrer. Elle n'avait pas compris ce que voulait dire le vieux médecin et son ton énigmatique éveilla en elle quelques appréhensions. Elle s’apprêtait à demander des éclaircissements mais Julius lui grilla la politesse avant qu'elle n'ai pu émettre le moindre son.

- «  Bon le vioque, dépêchez vous d'examiner Ange et l'autre flic de mes deux qu'on en finisse. »

Le docteur Weidmann ne parut pas se formaliser de son surnom ni des insanités, se détournant du commissaire pour récupérer son sac et venir se poster au chevet d'Ange qui reprenait peu à peu connaissance.

- «  Bien sur, c'est pour cela que je suis là. Je vais commencer par examiner Ange, il me semble que ses blessures ne sont que superficielles. Ce sera plus long pour M. Voelsungen. ». Il posa une main sur le front d'Ange. «  Comment te sens-tu mon garçon ? »

Pendant que le médecin s'activait, Rose en profita pour se rapprocher de Julius et lui pincer fortement le bras en un rappel à l'ordre douloureux. Elle le fusilla du regard, lui intimant ainsi de rester tranquille. Plus vite ils en auraient fini, mieux ce serait.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Jeu 27 Sep - 22:44

Debout face au médecin, Aldrick lui serra la main avec une poigne qu'il réservait aux Légendaires. Il lui avait suffi de passer le seuil en suivant les pas pressés de Julius pour qu'il en soit certain : il sentait le lycanthrope à pleine truffe. Ça, en plus d'une légère odeur poivrée, presque familière, alliée à du chloroforme.

- « Enchanté jeune homme. C'est toujours un plaisir de faire la connaissance des amis de miss Walkson. Il sont toujours si … particuliers. »
- Hum... Enchanté... ? Il pencha imperceptiblement la tête. Au moins autant que son médecin, apparemment.

Le commissaire lui rendit son sourire et le laissa examiner Ange. Pour un peu, il l'aurait presque félicité pour avoir réussi à prononcer convenablement son nom. Mais s’asseyant de nouveau sur le sofa, il acquit une certitude déroutante : ces trois grains de beauté sous son œil droit ne lui étaient pas inconnus.

* Weidmann, hein ? Ça, pour une surprise ! C'est comme ça qu'il se fait appeler maintenant ? Il a toujours eu un humour particulier, mais là ça frôle le mauvais goût. Choisir ce nom... *

Aldrick passa une main sur son visage, fatigué d'avance par les conséquences de cette rencontre et les discussions qui en suivraient. Si bien qu'il n'écouta que d'une oreille distraite la réponse d'Ange. Celle-ci se résumait en un grincement de chaise, rien de plus. Le garçon était encore inconscient. Le médecin grommela et s'enquit :

-  Hum. C'est pas joli à voir, mais aucun point vital n'est touché. Est-ce qu'il y aurait de la glace et des bandages ici, je vous prie ?

Contre toute attente, Julius frappa du poing dans sa main en pestant :

- Bordello ! C'est ça que j'voulais prendre chez Gus en bas ! De la glace ! J'y vais !

La porte claqua derrière lui, sous le regard perplexe d'Aldrick, qui s'en désintéressa dans la seconde pour s'allumer une cigarette.

- Ça fait longtemps que vous faites ça, doc' ? Je peux vous appeler doc' ?
- Assez pour savoir qu'il vaut mieux éviter de fumer dans ces moments-là.

Le loup grimaça, pesta, tira une nouvelle taffe et éteignit sa cigarette après avoir jeté un coup d’œil à Rose, comme pour l'inciter à le rejoindre silencieusement. Le docteur sembla s'en satisfaire, car le loup noir le vit sourire dans le reflet de la fenêtre entrouverte. Faisant comme chez lui ou presque, le praticien ouvrit un placard sous l'évier et en sortit une boite métallique dans laquelle se trouvait quelques bandes.

* On dirait qu'il est venu ici plus souvent qu'il n'y parait *

Il lui banda partiellement le visage, réveillant brutalement Ange qui se mit à crier comme un goret. Sursautant violemment, Aldrick observa Weidmann, qui précisa seulement :

- Le nez cassé, c'est jamais agréable. Que ce soit avant, pendant ou après.
- Enfin, sur le long terme, après remise en place, c'est mieux quand même. Souffla l'agent, une main sur son cœur affolé.

Weidmann haussa les épaules en administrant une piqûre de morphine dans le bras d'Ange. Le jeune homme sembla retrouver sa léthargie de princesse de contes de fées. Un violent frisson parcourut pourtant l'échine du loup noir, qui sut, rien qu'en contemplant le sourire sardonique du guérisseur, nouvellement face à lui, que sa blessure également serait tout sauf une partie de plaisir.

Cela se confirma dès qu'il entreprit de retirer la balle « délicatement ». Si tant est que délicatesse rime avec boucherie. La poigne de l'agent fit criser désagréablement le tissu du sofa, allant jusqu'à faire craquer sinistrement le bois, tandis qu'il serrait les dents avec force. Pas un mot, pas un cri pourtant ne franchit la frontières de ses lèvres.

- Vous essayez de l'impressionner ?

Il n'eut droit à aucune réponse.

- Pas sûr que ça marche. S'amusa le médecin après un coup d’œil à la contrebandière.

Aldrick n'en toucha mot, préférant ne pas s'arrêter sur le visage meurtri de la blonde, de crainte que ses mots dépassent sa pensée. L'extraction de la balle lui parut interminable, mais seul un soupir de soulagement lui échappa, tandis que le médecin nettoyait la plaie pour la recoudre. Cette fois, le praticien fut plus habile et précis, abandonnant simplement au milieu de la couture :

- Miss Walkson, lorsque Julius ramènera de la glace, pourriez-vous la mettre dans un gant et faire en sorte qu'Ange la maintienne contre sa tempe, je vous prie ?

Comme s'il l'avait entendu, Julius ouvrit la porte pour laisser respectueusement passer une jeune femme qu'il ne quittait pas du regard. Un sourire étrange vissé sur le visage, l'Italien avait l'air plus ahuri encore que d'ordinaire.

* C'est la première fois que je lui vois cette tête. Quel sourire débile. Qu'est-ce qui lui arrive ? Il a fumé de l'opium au passage ou quoi ? *

Le commissaire n'eut guère le temps de s'y attacher davantage que déjà la nouvelle venue fondait sur eux.

- Docteur ! Vous auriez pu m'attendre ! C'était vraiment mesquin de me laisser avec ce petit vieux ! Elle afficha une moue vexée avant de remarquer les autres et d'afficher un sourire professionnel en changeant presque aussitôt d'humeur. Bonjour la compagnie ! Vous allez bien ? Un silence. Oh, mon Dieu ! Aldrick ! Tu es blessé ?! Ô mon pauvre ! Comment est-ce que c'est arrivé ? Laisse-moi deviner ! C'est encore à cause de toi Rose, c'est ça ?!
- Euh...

La belle poursuivit sans attendre, mais il ne l'écouta pas, trop sidéré de l'attitude de l'originale. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas d'où elle le connaissait ; espérant trouver des indices, il la détailla avec minutie. Vêtue d'une élégante, mais peu discrète, robe orangée, la demoiselle croisa les bras sous sa poitrine généreuse avant de fusiller la contrebandière du regard. Sa peau blanche contrastait avec le pourpre de sa chevelure, savamment agencée en chignon tressé. Ses lèvres pulpeuses s'agitèrent pour charger la blonde de reproches.

- Tu ne peux vraiment pas t'empêcher d'embarquer tous les hommes dans les pires ennuis, pas vrai ?! Tu voulais qu'il se fasse tuer ou qu...
- I..Iris ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Et c'est quoi cette tenue ?! Coupa Aldrick en la reconnaissant enfin.

La dernière fois qu'il l'avait croisé, elle était beaucoup moins féminine, si bien qu'il avait peine à croire qu'il s'agissait bien d'elle à présent. Se défaisant aussitôt d'une horrible mimique de garce, la concernée tourna vers lui un visage adorable et souffla en battant plusieurs fois des cils :

- Allons, ne sois pas timide, tu peux m'appeler comme la dernière fois si tu veux, mon chou. ~ Elle lui fit un clin d’œil entendu, en se rapprochant langoureusement, éludant le reste.

Le brun ouvrit la bouche sans comprendre, immobilisé par l'opération, il ne put se soustraire à ce rapprochement subite et rougit copieusement de la distance si réduite entre leurs deux visages, avant de grimacer sous les doigts du docteur. Alors seulement, il remarqua les poings serrés de Julius et son regard furieux. Du mieux qu'il put, il reprit contenance en ajoutant :

- Je... Ne vois pas de quoi tu parles...

Détournant le regard, il avisa Rose. Mauvaise idée. Sentant venir les ennuis, il tenta en dernier recours, en jetant un regard désespéré au médecin, espérant que son homologue lui viendrait en aide :

- Vous avez fini doc' ?
- Bientôt, encore un peu de patience.

Il reprit son ouvrage avec une lenteur déroutante, alors que l'agent insistait d'un ton quelque peu paniqué :

- Est-ce qu'il faudra que je reste encore longtemps immobile ?
- Au moins jusqu'à ce que j'ai fini de vous recoudre.

Son impatience ne se calma pas pour autant et Weidmann poursuivit son point de croix en avisant Iris de temps à autre, puisqu'elle s'était enfin donnée la peine de reprendre une distance plus raisonnable. L'instinct d'Aldrick s'affola et sentant venir une nouvelle intervention d'Iris, le loup noir la devança, ajoutant pour son interlocuteur :

- Doc', Dolf a pris une balle dans chaque jambe et peut-être aussi dans les mains, je ne sais plus, vous pourriez les lui retirer aussi, s'il vous plaît ? Normalement il est déjà sous morphine...

Le lycanthrope avisa son nouveau patient et acquiesça, alors que Julius et Iris déclaraient simultanément :

- Z'êtes pas sérieux ? On va pas l'sauver  quand même ! Il a que c"qu'il mérite !
- Oh ! Le pauvre ! Tu as raison, Aldrick, il faut lui retirer tout ça !

Cette fois c'était sûr : entre Julius et Iris, ils n'étaient pas rendus...


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Rose Walkson
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MessageSujet: Re: Un pari de perdu... Dix ennuis d'assurés ! [PV Rose Walkson] | [1889]   Ven 5 Oct - 17:11

Rose s'était retirée vers le petit îlot de la cuisine pour donner au médecin l'espace nécessaire à la réalisation de son travail. Elle l'observait s'agiter de loin, d'abord auprès d'Ange puis auprès d'Aldrick, se contentant de poser un regard absent sur toute la scène. Les effets de l’adrénaline s'estompants, sa tête l'élançait et la blonde décida qu'elle avait besoin d'un verre pour tenir le coup. Elle fouilla dans le placard de la cuisine jusqu'à trouver une bouteille de rhum à moitié entamée dont elle se servit une bonne rasade. Concentrée sur le fond de son verre elle ne prêta guère attention au retour de Julius lorsque la porte s'ouvrit. Mais la voix qui s'éleva soudain lui hérissa l'échine et ses yeux se détachèrent à regret du liquide transparent pour se poser sur la nouvelle venue. Nouvelle venue qui s'empressa de l'accuser de tous les maux, ce que Rose aurait ignoré, comme à son habitude, si seulement Iris ne s'était pas littéralement jetée sur le brun. Rose tenta tant bien que mal de rester stoïque, mais le « mon chou » et sa proximité inattendue avec le commissaire eurent raison d'elle.  La contrebandière s'étouffa avec sa boisson, forcée de se détourner pour continuer à s'étrangler tranquillement dans le bac de son évier. Ses mains se serrèrent sur son verre, rendant leurs jointures blanches pendant que le sort de Dolf était évoqué. C'était soi ça, soi le cou d'Iris.

- «  Il a pris au moins trois balles. Dans les genoux c'est sur, peut être dans la main et dans l'épaule. J'ai pas vraiment fait le compte. » confirma la blonde en se retournant. «  Si vous voulez le maintenir en vie, il faut le recoudre rapidement. »

La contrebandière croisa les bras sous sa poitrine, rivant ses yeux bleus dans ceux d'Iris comme un défi. Elle ne voyait pas comment elle pouvait connaître Aldrick, et la constatation que le commissaire avait une potentielle vie sentimentale en dehors d'elle lui donna une soudaine envie de hurler. Elle sentait une jalousie dévorante grandir au creux de son ventre. Or, ce genre d'émotions violentes ne donnaient jamais rien de positif lorsqu'elles se manifestaient chez elle.

Weidmann se redressa, ayant achevé de recoudre la plaie de la jambe du commissaire. Son regard passa d'une jeune fille à l'autre. La situation avait l'air de lui procurer beaucoup d'amusement.

- «  Je vois. Recousons donc ce pauvre Dolf. Il faudrait que quelqu'un fasse un pansement à M. Voelsungen pendant que je m'attelle à cette nouvelle tâche »
- «  Je m'en occupe ! »
- «  Je m'en occupe ! »

Le deux jeunes femmes se fusillèrent du regard. Le feu contre la glace. La scène aurait pu être tiré d'un vaudeville si il n'y avait pas eu tous ces blessés disséminés dans le salon. Instinctivement, Rose se positionna entre Iris et le sofa ou était toujours assis Aldrick. L'assistante se composa un visage angélique et avança, d'un ton doucereux.

- «  Rose, ne soit pas ridicule. Je suis l'assistante du Docteur Weidmann. Tu ne proposes pas si facilement tes services d'habitude. »
- «  Je pense, Iris, que tu seras plus utile au docteur en l'aidant à extraire toutes ces balles que j'ai logé dans ce pauvre Dolf dont le sort semble tant te préoccuper. Mais je sais faire un pansement ne t'en fait pas. »

Le médecin s'était accroupi aux côté de Dolf pour l'examiner et il leur tournait le dos, mais Rose aurait mis sa main à couper qu'elle l'avait entendu glousser.

- «  Allons, allons, mesdemoiselles. Iris, venez m'aider, Miss Walkson à raison, ce pauvre bougre est troué comme une passoire, nous ne serons pas trop de deux pour le recoudre. En revanche, je réitère ma demande, quelqu'un pourrait-il appliquer de la glace sur les tempes d'Ange »

Julius, qui était jusque là resté immobile, captivé par la rixe des deux femmes, sembla brusquement revenir à la réalité. Prenant conscience que c'était lui qui avait la glace il s'exclama :

- « Ah ! Oui ! C'est vrai ! J'm'en occupe, vous faites pas d'bile ! »

La blonde leva les yeux au ciel, se désintéressant de Julius et son air stupide, et vint s'accroupir sur le tapis du salon pour faire le pansement du commissaire. Ses prunelles bleutées brillaient d'une lueur dangereuse, lourde de sens. Elle enroula la bande autour de la plaie, serrant le pansement plus que raison.

- «  Alors comme ça, » marmonna-t-elle entre ses dents, pour qu'il soit le seul à entendre ses paroles, « On a du succès auprès des filles ? Je l'ignorais. Comment connais-tu Iris ? »

Elle fit un nouveau tour avec la bande, serrant un peu plus encore. A chaque fois qu'Iris venait assister Weidmann, elle pouvait être sure que tous les hommes du coin la reluquaient de cet air bovin. Rose haïssait cette peste en temps normal. Mais là, c'était pire encore.

- «  Je ne pensais pas que toi aussi tu tomberais dans ses griffes. » lâcha-telle, amère. « Qu'est ce qui t’attire chez cette vipère hein ? »

Elle avait beau savoir que ce ressentiment était stupide, Rose n'arrivait pas à cacher son animosité. Après tout, tous deux étaient des adultes libres, et la blonde ne se sentait pas le droit de réclamer l'exclusivité de l'affection d'Aldrick. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être un peu déçue.  Elle leva la tête juste à temps pour voir Julius baver sans s'en cacher devant les jolies formes d'Iris.

Un profond soupir lui échappa malgré elle et la voix du médecin toujours affairé raviva son attention.

- «  M. Voelsungen, il faudra que vous refassiez le pansement régulièrement dans les prochains jours. A commencer par ce soir. »

La crinière rousse de l'assistante émergea de l'autre côté du corps de Dolf.

- «  Si tu veux Aldrick je pourrais passer chez toi tout à l'heure pour  te montrer comment faire correctement un pansement... Les heures supplémentaires ne me dérangent pas... »

Rose pressa une main contre son front et se redressa uniquement pour se laisser choir à côté d'Aldrick sur le sofa. A chaque fois que cette fille parlait sa migraine empirait, ainsi que son envie de la faire passer par la fenêtre.

- «  Ton professionnalisme est admirable Iris, mais ce ne sera pas nécessaire » La contrebandière n'avait même pas pris la peine de lui faire face pour lui répondre. À la place elle s'était tournée vers Aldrick, lui jetant un regard qui ne laissait pas de place à la discussion. Du moins pas maintenant. «  Ce ne sera pas nécessaire, parce d'Aldrick reste ici ce soir n'est ce pas ? » Un sourire mauvais apparut sur ses lèvres pour faire face cette fois ci à l'assistante. «  Mais ne t'inquiète pas, je te le répète, je sais faire un bandage. »


Rose se laissa à nouveau sombrer entre les coussins du sofa, tentant de ne trop prêter attention à sa tête qui la lançait. Si personne ne faisait évacuer cette garce de son appartement dans les dix minutes, la contrebandière ne jurait plus de rien.
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