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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Mar 9 Déc - 15:05

Crôaa-Crôaaaa.



Crôaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.

Le vent souffle, les nuages passent par-dessus tête.
Les ailes tendues, le merle s'élève.
Sous lui, glissant, le monde grouille
Ça sent le froid et la tambouille
Paris défile, les rues se croisent
Ruelles, avenues en dalles

Puis une place un brin mondaine
Et trois gamins qui se promènent.


Le temps est plutôt gris sur Paris, en ce jeudi d'hiver, et les trois silhouettes qui martèlent les pavés d'un pas vif n'ont d'humain que les jambes : le reste de leur corps semble être fait d'un subtil amas de tissus, de cheveux et de laine. Seuls les petits nuages de vapeur s'échappant de la masse à intervalles réguliers permettent de deviner où les visages se trouvent. Une fois celui-ci bien situé, on peut se laisser aller à deviner dans l'ombre des bonnets et sous les couches d'écharpes trois visages, que l'on reconnaîtra sans peine.

Frédéric, Morgan et Le Nonnet s'en vont d'un pas énergique poursuivre une quête de grande envergure : ils cherchent un endroit susceptible de contenter leurs estomacs capricieux.
Oui, parce que la matinée a été dure pour nos trois compères.

~~ Revenons un peu en arrière :

Ce midi, les jumeaux se réveillent tard, fatigués de leur show de la veille : leur patron suprême, j'ai nommé l'illustre Monsieur White, leur avait demandé quelque chose de nouveau. La foule a aimé, heureusement pour eux.
Vers trois heures, ils commencent à se préparer pour le rendez-vous prévu de longue date avec leur nouveau comparse, Robin Goodfellow. Depuis qu'ils se sont rencontrés autour d'un brunch inédit, l'homme de ménage les a invités à manger un gâteau avec lui. C'est alors que, tandis que les jumeaux farfouillent leur bordel après des chaussettes propres, une soudaine odeur de brûlé chatouille les narines sensibles de Morgan. C'est le Nonnet qui toque à la porte, les cheveux en bataille, le regard triste et un air désolé à faire fondre un bloc de glace un soir d'hiver.


Vous l'aurez compris, voilà comment on réussit à motiver un ancien animal à sang froid à sortir de son trou par moins dix : en l'invitant à manger chaud.

Il n'a pas encore neigé sur la capitale, mais tandis que le jour s'assombrit doucement, c'est une fine bruine qui s'abat sur le trio et le silence qui l'entoure s'épaissit d'autant que la température baisse.
L'ambiance était bonne jusqu'ici, mais elle se détériore doucement : Le Nonnet est toujours gêné de n'avoir pu tenir sa promesse de gâteau, et Morgan se les pèle. Il n'y a que Freddy pour garder le moral, et comme il n'est pas du genre à laisser les ambiances se plomber longtemps, il brise le silence de sa voix chantante, s'adressant à la masse laineuse à sa gauche, que suit encore une douce odeur de cramé. C'est la bruine qui récupère ses propos, formant autour d'eux comme un cocon de froidure.

- Bon alors, on peut savoir c'qui s'est passé avec c'gâteau ?

L'ardennais est le moins frileux des trois : il a sorti le menton de l'écharpe pour parler et le sourire qui accompagne sa voix se traduit clairement dans les intonations. Connaissant leur nouvel ami, il sent que l'histoire va être cocasse.

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Dernière édition par Frédéric Lenoir le Sam 28 Fév - 9:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Mar 23 Déc - 10:26

Marchant dans la rue avec les deux jumeaux, Robin ne fait pas attention au froid ni au silence, qui s’installe. Il continue à contempler les dégâts de ce fichu feu de cheminé-four à pâtisserie sur son écharpe, à moitié brûlée et remercié intérieurement il ne sait trop qui que l’incendie ne se soit pas propagé à sa chambre. Il se demande comment se projet de gâteau a pu à ce point rater. C’était pourtant bien parti !  Tout absorbé dans ses pensées, il ne prête pas attention aux flaques d’eau glacée sur son chemin, ajoutant probablement ses chaussettes à la liste déjà longue des choses qu’il devra remplacer. Au moins il a une vague idée d’une pâtisserie où se rendre pour un chocolat chaud, mais il n’est plus très sûr de l’itinéraire à prendre : il l’a vu en volant la dernière fois, et les rues semblent prendre un malin plaisir à ne pas aller dans le bon sens.

C’est finalement une remarque de Fred qui sort Robin de sa stupeur :
Bon alors, on peut savoir c'qui s'est passé avec c'gâteau ?

En effet, la question est légitime se dit Robin, se rappelant un peu honteux de la façon dont il est arrivé chez les jumeaux ce midi. Complètement paniqué par le début d’incendie qu’il venait juste d’éteindre et par ses conséquences en terme de non-gateau, il a déboulé chez les jumeaux et servi cette explication peu claire :
-Je….Le  gâteau… Il est pas mangeable.. Je suis désolé… vraiment….je….
Sa mine désespérée avait du faire pitié aux jumeaux qu’il avait semble-t’il et pour ne rien arranger, surpris au saut du lit, car ils avaient fini par prendre le chemin d’une boulangerie pour réparer sa bêtise et sauver leur goûter.

La question est légitime, mais comment y répondre ? Tout cela était un peu confus, et Robin avait du mal à comprendre lui-même comment un plan de pâtisserie si bien organisé avait pu si lamentablement rater. Car pour une fois, la chimère avait fait les choses bien. Il avait retrouvé dans la cuisine, en y faisant le ménage, une vieille recette de gâteau au chocolat, qu’il avait recopiée, lentement, de son écriture hésitante d’écolier. Puis, dans l’après-midi, il était allé acheter les ingrédients nécessaires. Il avait d’abord pensé se servir de la cuisine mais, hélas, il n’avait pas pu, et c’était là que ses ennuis avaient commencé. C’est  donc là, se dit-il qu’il commencerait son récit :

-Ben, ce matin, quand je m’sui levé tôt pour faire mon gâteau dans la cuisine avant que les cuisiniers arrivent. Et puis, juste avant que je le mette au four, je les ai entendu arriver. Ch’ais pas pourquoi ils étaient là plus tôt que d’habitude. Alors…je me suis enfui…

A ce stade de son histoire il s’arrêta. Il ne raconta pas sa fuite : il lui avait fallu se cacher sous la table, puis derrière la porte en attendant que le cuisinier soit suffisamment occupé pour qu’il puisse sortir sans être vu. Ce n’était pas passé loin. Arrivé dans sa chambre, il avait longuement regardé son gâteau, cru, mais déjà si appétissant, et son poêle à bois, au fond de sa chambre, qui la rendait si douillette. Et il mit son gâteau à cuire sur le poêle. Ça aurait pu bien se passer, l’instrument était somme toute aussi conçu pour ça. C’est là que le déroulement exact des évènement devenait un peu confus dans l’esprit du métamorphe.

-Je…J’ai mis le gâteau à cuire dans mon poêle. Et puis j’ai voulu remettre du bois, alors j’ai ouvert l’endroit où il y a du feu. Et puis un chat est entré par ma porte, elle ferme mal… Le chat a essayé de m’attaquer…

Robin se doute bien que son histoire, telle qu’il la raconte, ne tient pas la route. Les chats ne se jettent généralement pas sur les humains comme ça. En fait, il n’était pas sous forme humaine à ce moment là, occupé qu’il était à manger les vers qu’ill avait repéré dans le bois, et qui auraient pu, s’était-il dit, en gêner la combustion. Et puis on allait pas gâcher de bons vermisseaux. Enfin bref, il était un corbeau, et donc une proie intéressante. Le chat s’était jeté sur lui, Robin s’était envolé, une course poursuite avait suivi et l’un ou l’autre des participants avait fait tomber une buche enflammée sur le sol, laquelle avait mit le feu au bout de l’écharpe, elle-même en contact avec un drap tire-bouchonné par terre. Oui, la chambre de Robin était en désordre. Robin avait finalement pensé à se changer de nouveau en humain, et avait chassé le chat mais le mal était fait et le feu prenait.

-Il a fait tomber une buche avant que je l’chasse et ça a pris feu. Alors j’ai pris mon seau d’eau, et j’ai éteint le feu. - comme la dernière fois, pensa-t’il mais il préféra ne pas rappeler aux jumeaux qu’il avait détruit leur poisson- Et puis, comme le foyer était ouvert, ça a détruit le gâteau, aussi….Voilà….

Robin, son histoire terminée, se trouvait embarrassé et ne savait pas trop quoi ajouter. Alors, il essaya de déterminer où ils étaient.
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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Lun 29 Déc - 14:02

Le Nonnet prend son temps avant de répondre, et Fred voit Morgan le manger des yeux d'anticipation. Lui-même se contente de l'observer du coin de l'oeil, remarquant sa nervosité aux flaques qu'il ne semble pas remarquer.
Lorsqu'il commence son récit, deux paires d'oreilles attentives se dressent en même temps.

- Ben, ce matin, quand je m’sui levé tôt pour faire mon gâteau dans la cuisine avant que les cuisiniers arrivent. Et puis, juste avant que je le mette au four, je les ai entendu arriver. Ch’ais pas pourquoi ils étaient là plus tôt que d’habitude. Alors…je me suis enfui…

Le mage sourit à l'explication. Cette fuite in extremis ne l'étonne guère, et il demanderait bien quelques détails si le Nonnet ne passait pas dessus volontairement : apparemment ça a dû être épique. A ce stade il préfère ne rien dire pour ne pas lâcher une blague qui pourrait être mal prise par son ami encore tout secoué. C'est Morgan qui offre un mot de réconfort inopiné car l'hydre sait très bien ce que Robin a dû subir en cet instant : l'hydre connaît mieux que quiconque cette peur panique de l'humain qui débarque. Hochant la tête en connaisseur, il soutient le Nonnet.

- Bon réflexe ça. bien vu Robin !
Fred s'interroge cependant : « Comment t'as fait du coup ? »

L'explication le laisse sans voix. Un chat ? Le coup du poêle lui a paru sensé, mais... un chat ? Quel genre de Légendaire est-il pour se faire attaquer par un chat depuis la fenêtre ?
D'instinct, le mage a bien senti que Robin était lié à la nature, d'une manière ou d'une autre. Il a même pensé un moment avoir affaire à un garou, mais le caractère du Nonnet est tellement incompatible, qu'il a résilié les chats et les loups. Il ne sait toujours pas ce qu'il est, mais les indices s'allongent, et puisqu'ils sont amis, il se promet d'en savoir plus tôt ou tard. Il ne lui demandera pas, cependant, car sa question pourrait lui être retournée, et Frédéric détesterait avoir à refuser de répondre. Il ne peut s'empêcher une exclamation de surprise, cependant.

- Un chat... ? S'étonne-t-il. Tu... puis un détail le frappe. Par la porte ?

Il n'a pas le temps d'élaborer que Robin continue, et les jumeaux ne sont pas au bout de leurs surprises.

Il a fait tomber une buche avant que je l’chasse et ça a pris feu. Alors j’ai pris mon seau d’eau, et j’ai éteint le feu. Et puis, comme le foyer était ouvert, ça a détruit le gâteau, aussi….Voilà….

Fred est tellement étonné que son cerveau n'arrive pas à choisir entre la surprise, le rire et la compassion : son visage prend un air détonnant de merlan frit, bouche ouverte, retenant un spasme au coin droit de la bouche. Morgan, lui, rit franchement, mais sans animosité. Il aime les situations cocasses. Puis Fred se remet, et tapotte l'épaule du Nonnet en riant de bon cœur.

Ils rient un instant en observant Robinle temps qu'il se détende puis Frédéric revient sur cette histoire de chat qui le chiffonne.

- Ce chat qui t'attaque, c'est un peu vache, non ? Puis, souriant, il demande : Tu t's'rais pas fâché avec un employé d'ces jours-ci ?

Mais tandis qu'il attend la réponde de Robin, il se rend compte qu'ils se sont arrêtés à une intersection. Morgan, toujours le plus perceptif des deux, demande d'une voix intriguée car il n'est jamais sûr de bien comprendre les comportements humains :

- On est perdu là ?

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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Dim 4 Jan - 12:53

La question de Fred étonna franchement Robin. S’était-il fâché avec quelqu’un ? Oh, il voyait bien où l’autre voulait en venir, mais il n’avait jamais vraiment pris en compte l’idée qu’il pourrait y avoir d’autres métamorphes qui prendraient la forme de chat, même s’il en comprenait fort bien la possibilité théorique. Idée terrifiante d’ailleurs, il avait déjà bien assez peur des loups-garous, et maintenant, des chat ?  La réponse à la question était négative d’ailleurs. Lui, se disputer avec quelqu’un… Ses horaires faisaient qu’il ne rencontraient presque jamais personne. Oh, il apercevait bien l’homme a tout faire du cabaret de temps en temps mais il l’évitait. Il lui faisait peur. Et même quand il croisait quelqu’un, il était rare qu’on le remarque, ce qui lui convenait très bien d’ailleurs : sa discrétion était sa meilleure technique de survie. Certes, il avait, la dernière fois qu’il avait rangé la cuisine, interverti à dessein la position du pot à sel et celle du pot à sucre, mais on ne le soupçonnait pas. Robin était occupé à se demander s’il allait dire la vérité à ses amis, quand un problème bien plus pressant lui fut posé par Morgan, qui demandait si l’on était perdu. Parce qu’en l’occurrence, la réponse était oui.

-Euh ? dit-il, très éloquemment

Et bien perdu de surcroit. Et quel froid. Il ne reconnaissait absolument pas l’endroit. Et en regardant autour de lui, un frisson lui courut entre les épaules. Ils étaient entourés d’immeubles mal entretenues et lézardées, et il n’y avait personne dans la rue. Il n’étaient décidément pas au bon endroit. Aucune chance qu’il y ait une bonne pâtisserie dans le coin.

-Je crois qu’on est perdu, oui. Je…

Il se sentait bien idiot d’avoir perdu leur groupe de cette façon. Il regarda autour de lui, cherchant à s’orienter. Vraiment, l’endroit lui était peu familier. Peut-être que, d’en haut, il saurait s’orienter… Mais changer de forme, là dans la rue, devant les Lenoir… non…La situation n’était pas si désespérée que ça, même si son ventre et, semble-t’il, celui de Morgan, criaient famine. Il regardait la rue, assez perplexe. Il essaya de se souvenir mentalement du chemin qu’ils avaient fait jusque là et d’en déduire où ils devaient aller. Il lui semblait que de tourner à droite serait sans doute le plus sûr. Aussi il entraîna ses amis dans cette direction :

-Je crois que c’est par là…ça devrait…sans doute.

Il prit la ce chemin là et se remit en marche. Il lui semblait qu’il faisait de plus en plus froid, il avait les pieds glacés. Il commençait à pleuvoir. Et puis, petit à petit, le nonnet  eut moins froid. Ce qu’il ne savait pas c’est que des plumes lui avaient poussées un peu partout, sans qu’il y fasse trop attention, trop occupé qu’il était à chercher la route. A vrai dire, il avait si froid qu’il était un peu endormi, il n’avait jamais bien résisté au froid sous forme humaine. Il était en train de se transformer par mégarde.
Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Mar 20 Jan - 9:29

Spoiler:
 

Frédéric ne fut pas si surpris que ça d'entendre le presque-aveu de son ami. Se perdre, avec Morgan à droite et Robin à gauche, relevait quasiment d'un fait-exprès. Il commençait à s'inquiéter légèrement pour l'hydre d'ailleurs, qui commençait à claquer des dents de façon très explicite. Robin non plus n'avait pas l'air très bien : il était pâle à faire peur, et ses lèvres n'étaient pas tout à fait violettes, mais pas tout à fait roses non plus. Pour une fois il bénit son sang du nord : les crachins comme celui-ci, on en subissait tout le temps sur la frontière.

Il suivit donc le Nonnet un instant, jusqu'à ce qu'ils aient marché dix bonnes minutes. Bon, là, il fallait se rendre à l'évidence : leur destination d'origine n'était sûrement pas dans un quartier pareil. Il allait proposer son aide à Robin quand il remarqua quelque chose d'étonnant : se tournant vers lui, il vit que son ami grelottait plus que de raison et que ses cheveux semblaient bien plus grands que la normale. Il ne dit rien et observa... Oui, il grandissaient vraiment à vue d'oeil ! Morgan le remarqua aussi, et osa un petit « Euh... Robin ? » éloquent.

Ils commencèrent à comprendre un chouilla trop tard : en ce qui parut un instant aux jumeaux, leur ami sembla tout à la fois céder à la somnolence qui le guettait depuis un moment, et rétrécir de façon inquiétante. Frédéric compris qu'il se transformait alors que l'autre s'affaissait dans ses vêtements jusqu'à faire la moitié de sa taille. Sa peau se couvrait d'un duvet intriguant. Pour arrêter le processus, il cria : « Robin ! Robin, réveille-toi ! » en le prenant par les épaules. Il crut que ça avait fonctionné quand l'autre ouvrit de grands yeux et le fixa ; seulement pour que ceux-ci virent soudainement au noir et qu'il ne reste plus de l'humain qu'un tas d'habits au sol cachant une forme gigotante très suecte.

Les jumeaux mirent une seconde à réagir, durant laquelle leurs yeux fixèrent le tout et leurs esprits tentèrent de se rejoindre instinctivement.
Puis ils agirent.

- Morgan, la ru—y'a rien..si, un m'sieur ! Merde, prends Robi—les habits auss-- ? Prends tout, tiens-le au chaud. Crôaaa ? Meeeeerde ! 'Vache ! Fred y'a un adulte aussi...

Fred hocha un coup. Morgan se pencha vers le corbeau d'assez belle stature qui le regardait d'un air gêné et prit les vêtements qu'il plia, puis invita le corbeau à sauter par-dessus le tas, ce qu'il fit, à son plus grand soulagement.
Frédéric, lui, découvrit avec horreur que c'était un groupe d'une petite dizaine de personnes qui entrait maintenant dans la rue, sortant d'un bâtiment mal famé. On entendait depuis ses portes ouvertes des clameurs joyeuses : sûrement un repère de combats illégaux, on en trouvait un peu partout, quand on savait où chercher.
Ça faisait trop de témoins à la transformation du Nonnet, qui s'approchaient maintenant en s'exclamant. Frédéric paniqua une milliseconde, puis il plongea ses mains dans la boue à ses pieds et se mit à la frotter frénétiquement, formant entre ses paumes une zone incroyablement chaude qui sécha la terre en une ou deux secondes. Les gens se rapprochaient, doucement : ils avaient peur d'eux. Frictionnant le tout encore un instant, il obtint un tas de terre assez fine pour se désagréger entre ses doigts. Marmonnant dans ses dents, il la tint devant son visage un instant, puis soufflant dessus, il l'envoya voleter devant eux, en direction du gosse et du père effrayés qui les regardaient fascinés comme un moustique s'approche de la bougie qui va le cuire. La poussière de terre sembla s'épaissir à mi-hauteur, prenant de l'espace comme un mur de fumée, formant un barrage de ténèbres entre eux et les témoins gênants. Quand elle fut tombée au sol, le trio avait disparu dans une ruelle adjacente.

Une fois à l'abris plus loin, les jumeaux reprirent leur souffle, et Morgan osa poser au sol le corbeau qu'il avait failli écrabouiller entre ses bras durant la course. Frédéric et lui se lancèrent un regard, comprenant tous deux. Se tournant vers le corbeau qui reprenait ses esprits au sol, le mage souffla :
- Un Change-peau hein ? Ou bien t'es une sorte de corbeau-garou ?
Il souriait en posant la question, plus amusé qu'autre-chose, mais il dût revenir à la réalité quand il sentit Morgan, près de lui, se remettre à grelotter de façon inquiétante. Prenant une fiole dans son sac, il la tint entre ses doigts un instant puis la passa à son frère qui la passa avec bonheur dans la poche intérieure de son veston.
Le corbeau, lui, s'était envolé, et les clones ne purent que l'observer faire des ronds en l'air, coincés au sol qu'ils étaient.

Le volatile finit par redescendre et se poser au sol. Il y fit plusieurs petits sauts comme s'il voulait communiquer, ou comme s'il hésitait.
- Si la question est « Avez-vous mes habits ? », la réponse est oui.
- Y sont là, j'les ai gardés pour toi.
- Si non, j'espère que d'un, tu nous comprends et d' deux, t'as pu r'pérer un endroit chaud...
- Et sec !  
- ...de là-haut..?

Qu'on ne s'y méprenne pas : les jumeaux avaient été surpris, mais connaître l'esprit de son jumeau presque aussi bien que le sien, pour avoir fusionné avec à une époque, aide énormément à faire face aux situations imprévues.
Morgan, bien que transi de froid, trépignait de curiosité vis à vis du corbeau, un vrai gosse. Frédéric, lui, était impressionné : se transformer comme ça, par somnolence, c'était assez... inusité, disons. Et le brin de magie qu'il avait dû utiliser pour les éloigner des yeux inquisiteurs l'avait passablement perturbé : ça faisait longtemps qu'il n'avait pas dû faire ça. Décidément, la capitale - et le Nonnet - lui réservaient bien des surprises.

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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Lun 2 Fév - 10:50

A moitié endormi, Robin finit par se rendre compte de sa transformation en cours quand deux bras le saisirent et le secouèrent. Il rouvrit les yeux et remarqua alors qu’il n’était plus sous forme humaine : il était redevenu un corbeau.

Il regarda les deux jumeaux, fort embarrassé, et un peu apeuré : il savait que les corbeaux n’était pas les oiseaux les plus populaires qui soient, parmi les humains comme parmi les légendaires. Et les paroles trop rapides pour qu’il en saisissent le sens ainsi que l’attitude des jumeaux qui se penchaient vers lui n’amélioraient pas la situation. Robin lâcha un croassement terrifié.
Ce moment de terreur, cependant, ne dura pas, et c’est la honte de ne pas avoir su contrôler sa transformation qui prit le dessus : il voyait des gens arriver au bout de la rue, des gens qui l’avaient peut-être vu se transformer. Il avait mis ses amis dans un sacré pétrin. Il ne savait absolument pas quoi faire pour rattraper le coup. Aussi, c’est avec soulagement qu’il vit Morgan attraper ses vêtements et l’inviter à sauter dessus. Il s’exécuta.

Restait les témoins…comment fuir ? Lui, il aurait pu s’envoler, c’est ce qu’il avait toujours fait dans ce genre de situations, heureusement assez rare. Il avait d’ailleurs remarqué que les gens oubliaient ce qu’ils avaient vu, ou le réinterprétait de  façon à pouvoir l’expliquer de manière rationnelle : l’esprit des humains étaient ainsi fait qu’il préféraient souvent ignorer ce qu’ils ne pouvaient pas comprendre. Fuir, donc… Mais ils ne pouvait pas laisser ses amis ainsi. Eux n’avaient pas la ressource de la fuite par les airs, et qui sait de quoi cette foule belliqueuse serait capable.

Mais, encore une fois, les jumeaux eurent plus de ressource que lui. Il vit Fred créer en quelques instants un écran de fumée à partir de quelques morceaux de boue. Les passants une fois aveuglés, ils coururent se mettre à l’abri. Le corbeau, pendant leur course, réfléchissait. Fred était donc un mage ? Et alors qu’est-ce qu’était son jumeau. Malgré les apparence il lui semblaient qu’ils n’étaient pas exactement de même nature… Et puis, une idée lui vint à l’esprit… Est-ce qu’un tel pouvoir pourrait servir des buts utiles, comme cuire des gâteaux par exemple. Ou de manière plus conforme à son état actuel, attirer quelques vermisseaux ? Bref, il avait faim. Ce fut de nouveau les actes de Fred, ou plutôt ses paroles qui tirèrent le volatile de ses réflexions gastronomiques :

Un Change-peau hein ? Ou bien t'es une sorte de corbeau-garou ?

Les mots parvenaient déformées à Robin sous sa forme d’oiseau, aussi il lui fallut quelques secondes pour comprendre la question. La question était légitime, même si à vrai dire, il aurait aussi pu poser à Fred une question de la même sorte. Aussi, oubliant qu’il n’avait présentement pas d’organe adapté à la formation de sons articulés, Robin répondit :

-Croooâaa, croâ, crooooo.

Il s’entendit et se rendit compte qu’il ne risquait pas d’être compris. Et le sourire de Fred lui semblait fort inquiétant. Aussi, il s’envola, pour se laisser le temps de réfléchir à la conduite à suivre. Il sautilla un peu, ouvrit ses ailes, en battit deux ou trois fois, s’élevant lentement, puis repéra une thermique ascendante et se laissa porter. Il ne sentait pas trop le froid, et la sensation de vol était plutôt agréable, même s’il la connaissait bien. Arrivé au dessus des immeubles, il se souvint soudain qu’ils étaient perdus. Et il comprit aussi rapidement où ils étaient. C’était moins pire qu’ils ne l’avaient cru. Il n’étaient qu’à environ cinq cent mètres d’une pâtisserie, qui n’était pas celle à laquelle il avait pensé initialement mais qui était cependant tout aussi connue de lui. Miam. Il essaya de se lécher les babines, et se mordit la langue avec son bec. L’itinéraire pour se rendre à cette pâtisserie semblait cependant assez obscur. Il lui faudrait sans doute guider ses amis depuis là-haut.

La perspective d’un bon gâteau ayant fait oublié au corbeau toute crainte, il redescendit près de ses amis et entreprit de leur expliquer son projet, en mimant.

-Petit saut, flap,flap, crooô

Les jumeaux semblaient perplexes :
- Si la question est « Avez-vous mes habits ? », la réponse est oui.
- Y sont là, j'les ai gardés pour toi.
- Si non, j'espère que d'un, tu nous comprends et d' deux, t'as pu r'pérer un endroit chaud...
- Et sec !  
- ...de là-haut..?

Ses habits ! Il en avait un peu oublié l’existence, mais il était content que Fred et Morgan en aient pris soin. Mais il n’arrivait pas à se faire comprendre. Il aurait pu se changer en humain, mais il ne voulait pas risquer d’être de nouveau vu en pleine transformation. Aussi il trouva une solution intermédiaire. Les transformations partielles étaient toujours assez délicates à contrôler mais il allait essayer : un gâteau en valait la peine. Il transforma sa gorge de corbeau en gorge d’humain, et eut aussitôt envie de mettre une écharpe. Il réussit cependant à articuler :

-J’ai trouvé une pâtisserie, suivez-moi !

Sa voix était rauque mes compréhensible. Ayant dit ce qu’il avait à dire, il redevint entièrement corbeau et prit son envol, jetant un oeil derrière lui de temps à autre pour vérifier que les jumeaux le suivaient.
Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Ven 6 Mar - 7:37

Le corbeau qu'était Robin Goodfellow (c'était bon de se le rappeler) resta pantois un moment. Il semblait réfléchir.
Enfin... En tout cas il était immobile, et qui sait de quoi un corbeau à l'air quand il pense ?
Les jumeaux lui laissèrent le temps : avec aussi peu de place dans un crâne comme ça pour un cerveau "humain", il fallait peut-être plus de temps pour réfléchir...?

Ils n'eurent pas à attendre longtemps. Le volatile-- Robin ! Il s'agissait de Robin, bon sang. C'est fou l'importance qu'on apporte à ce que les yeux voient, quand tous les autres sens crient l'inverse -- Robin, donc, se mit de côté un instant, et agita la tête (le crâne ?) comme quelqu'un qui va vomir. Fred pensa aux chats qui crachent des poils ou qui ont mangé de l'herbe.
Il ne vomit pas. à la place, la tête s'éloigna du corps et entre deux rangées de plumes apparut une horreur rosâtre, pleine de peau, trop large pour un corbeau, qui ressemblait à... (bon sang c'était une pomme d'Adam ça ?) une gorge.
Frédéric ne put s'empêcher une grimace horrifiée. Il en avait vues des choses bizarres, mais ça... ça c'était passablement dérangeant. Étonnamment, Morgan ne fit que sursauter légèrement.
Le... euh... La chimère (?) se tourna vers eux.

- J’ai trouvé une pâtisserie, suivez-moi !

Frédéric lança un regard à Morgan, dont les yeux brillaient d'excitation.
Ma foi... advienne que pourra !
- Euh...  d'accord.

Robin, (à la grande satisfaction du mage) fit disparaître les cordes vocales et redevint un corbeau ordinaire. Après tout, se dit Fred, c'est vrai que voler avec cette gorge-là n'aurait pas été particulièrement pratique (ni discret d'ailleurs). L'image le fit pouffer. Un corbeau, dans le ciel, tête plus basse que le ventre, pendouillant au bout d'une gorge humaine croassant des "par ici, par ici !" torturés...

Ils suivirent les bifurcations du volatile pendant un certain temps. Celui-ci voletait de toit en toit, attendant les jumeaux tandis que ces derniers débattaient de l'incident dans la rue, de leurs réflexes et, finalement, de la vie au Lost Paradise. Frédéric était d'avis que leur position était pratique et confortable, mais qu'ils ne devaient pas perdre de vue leur vulnérabilité. Morgan rétorquait sans inquiétude qu'ils s'en étaient toujours sortis jusqu'ici, y'avait pas de raisons que ça change. Fred le traita de triton buté. Morgan rit et le traita d'humain. Frédéric conclut qu'il regrettait lui avoir appris l'humour.

Ils arrivèrent bientôt à portée de nez d'une pâtisserie : il faisait toujours froid, et les jumeaux furent heureux de sentir l'odeur chaude et réconfortante de la pâte qui cuit. La nourriture n'était plus très loin. Morgan, d'en bas, tendit en un geste théâtral, les vêtements de Robin au corbeau-garou posé sur une gouttière. Il allait falloir se transformer et se rhabiller quelque part où on ne les zieuterait pas : Frédéric n'avait pas trop envie de faire de magie forte en plein milieu d'une rue. Il devait bien y avoir une ruelle dans le coin, où on pourrait se cacher. Au besoin il pourrait refaire le tour démontré plus tôt pour camoufler l'issue.

Il y avait une ruelle, à leur droite. Plutôt un genre de traboule en fait. Ils firent signe à Robin, et s'y engouffrèrent.

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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Jeu 12 Mar - 22:21

Droite, gauche, gauche, droite droite. Un virage en dérapant sur l’aile, un petit coup d’oeuil vers les jumeaux en dessous de lui pour vérifier qu’ils suivaient. La sensation avait beau être familière, voler était toujours aussi amusant. Mais il avait faim.

Enfin l’entrée d’une pâtisserie ! Malgré l’excitation du vol, cette vue fut un grand plaisir pour le  volatile, dont le ventre gargouillait si fort qu’on se demandait commun un si petit animal pouvait comparativement faire autant de bruit. Il avait trouvé. Il se redescendit vers ces amis et se mit à leur voleter au tour en signe d’excitation. Il en aurait même coassé de plaisir mais il se souvenait encore qu’il ne fallait mieux pas qu’il soit repéré, il lui fallait encore se transformer, et cela l’inquiéter un peu. Comment trouver un endroit pour le faire sans risque. Et puis, il allait se retrouver nu en pleine rue, ce qui n’était pas une expérience très agréable, même si, avec le temps, il avait acquis une célérité dans l’habillement que n’aurait pas renié un acteur obligé de changer de costume entre chaque scène. L’idée l’aurait fait rougir si un corbeau avait eu cette possibilité, et gâchait un petit peu son plaisir d’être arrivé à destination. En l’état, cependant, son embarras ne se remarquait pas, seul un mouvement un peu rapide de sa tête aurait pu le dénoter, si tant est qu’en cette fin de XIXe siècle, quelqu’un se préoccupât des mouvements de la tête des corbeaux.

S’étant un peu perdu dans ses pensées, ce qui lui arrivait souvent, Robin avait un peu oublié de se préoccuper de la résolution effective du problème qui se posait à lui : trouver un endroit où se transformer sans risque d’être vu. Encore une fois cependant, et cela devenait une habitude en cette froide matinée d’hiver, les jumeaux avaient eu plus de sens pratique que lui, et il remarqua qu’ils lui faisaient signe de les suivre dans une petite ruelle presque souterraine qui aurait pu faire croire qu’on était plutôt à Lyon qu’à Paris. Il les suivit. L’endroit paraissait adéquat : sombre, humide, étroit, désert. Et si froid !!! Et il allait falloir s’y retrouver nu, enfin, il avait un peu l’habitude. Robin se posa donc à terre devant ses amis et donna quelques derniers coups d’ailes pour profiter encore un peu de la chaleur relative que lui offrait sa forme aviaire. Alors, il se concentra un peu et ses mains commencèrent à apparaître, ses plumes redevinrent peau et poils (pas assez abondant à son goût par ce froid) et, toute dernière, son bec laissa place à une bouche dont les dents se mirent à claquer avant même d’avoir entièrement fini d’apparaître, ce qui ne manqua pas de produire quelques bruits étranges.

Enfin, il fut de nouveau entièrement humain et tout aussi nu. Alors, il attrapa d’une main le tas de vêtement et s’aperçut alors que Morgan, dans sa hâte les avait tous emmêles les uns les autres. Après quelques bons sous l’effet du froid, il finit cependant par réussir à attraper sa chemise et son pantalon et à les enfiler à la hâte. Quant cette opération fut achevée, la chimère grelottait et le résultat n’était pas des plus réussis, mais après tout, ils allaient dans une pâtisserie et pas dans un restaurant de luxe. Aussi, sans plus se préoccuper de son élégance inexistante, Robin se tourna vers les jumeaux et d’une voix rendue un peu tremblante par le froid il parvint cependant à proclamer :

-Allons manger des gâteaux !!!!

Sans se préoccuper d’avantage de ses amis il sortit de la ruelle et entra dans la boulangerie. Au moment où la chaleur qui en émanait lui faisait retrouver un peu de sens commun, il s’arrêta un instant, se retourné et dit :

-Merci, Fred, merci Morgan…

Et puis, son regard fut attiré par ce qui lui sembla être le plus bel assemblage de gâteaux qu’il eût jamais vu et il se senti plongé dans les affres de l’indécision. Lesquelles de ces douceurs allaient-elles finir dans son estomac ?
Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Ven 17 Avr - 7:50

Une fois dans la ruelle, leur ami corbeau ne prit pas cent ans pour se transformer en humain : à peine les jumeaux s’étaient-ils positionnés de part et d’autre de la ruelle pour faire le guet que Robin s’était déjà transformé, rhabillé et exprimé :

- Allons manger des gâteaux !!!!

Bon sang, il devait être congelé… Observant son frère, Frédéric vit que Morgan aussi se dandinait d’un pied sur l’autre pour éviter la congélation imminente par les orteils. Freddy, lui, en digne représentant du nord-est, soufflait son nuage de vapeur sans s’en inquiéter : lui, il aimait bien ce petit picotement des joues qu’amenait la bruine humide, cette remontée de froid qui vous prenait les os. Enfin… disons que l’opportunité d’un bon gâteau tout chaud disponible dans moins de dix minutes lui permettait de supporter avec beaucoup plus de philosophie sa chaussure droite qui commençait à percer.

Ils suivirent Robin dans la boulangerie, immédiatement assaillis par l’odeur alléchante de la pâte qui cuit et du chocolat qui fond.
C’était relativement nouveau, le chocolat, et il semblait au mage qu’on inventait chaque jour de nouvelles façons de le déguster. Un jour qu’il en avait parlé à Morgan celui-ci lui avait rétorqué, avec son pragmatisme et son sens de l’observation habituels, que les humains inventaient chaque jour des tonnes de nouvelles choses, et qu’il ne voyait pas pourquoi le chocolat (qui était si bon) ne subirait pas le même sort.

Observant les lieux tandis que Robin et Morgan collaient leurs nez à la vitre protégeant heureusement les gourmandises, Frédéric remarqua qu’ils étaient entrés dans une sorte de boulangerie assez petite, mais très correcte, avec (comble du bonheur) trois tables posées dans le fond autour d’un poêle à charbon. L’une d’elles était occupée, mais pas les deux autres. Ils pourraient s’installer sans problème.

Il se tourna donc à nouveau vers l’offre sucrée déballée devant lui et son cerveau perdit pied.

Seigneur Marie Joseph, par tous les sorts du monde et toutes les dryades ! Bon sang, comment était-on sensé pouvoir choisir entre tant de beautés culinaires ?! Il y avait de tout !
Des tourtes, des tartes, des couques, des chouquettes, des pains fourrés d’un morceau de chocolat, des tartes recouvertes de chocolatine (cette poudre cacaotée un peu amère), du sucré, du salé, du chaud, du chaud, du CHAUD !

Il crut défaillir.
Morgan, lui, ne s’en sortait pas mieux : pointant chaque chose du doigt, il en demandait le nom, la composition, et comment c’était fait, et comment ça se mangeait, et quel goût ça avait…

La boulangère lui répondait avec bonne humeur, mais Frédéric préféra le stopper, pressentant que ça pouvait devenir gênant assez rapidement (« Le pain et le chocolat ? Ben… ça sent le pain quoi… la farine, le beurre… et le chocolat, quoi… »).

Il demanda s’il y avait du chocolat chaud. Il y en avait. Et du café, et de la chicorée. Et si les trois petits seigneurs en voulaient, il y avait du lait sucré, du thé, et même des bières qu’on pouvait aller mander en haut.

Frédéric tiqua au « petits seigneurs », détaillant sa mise, celle de ses compagnons de festin… Et c’est vrai qu’ils avaient belle allure. Ils n’étaient pas vêtus en seigneurs, loin s’en faut, mais leurs manteaux étaient chauds, neufs ou si bien rapiécés par Kaito qu’on n’y voyait rien. Non, ils n’étaient pas nobles, et la femme le savait, mais on sentait bien qu’ils étaient payés, et bien logés, et bien nourris. Frédéric lui sourit doucement et elle lui sourit aussi. Ils se reconnaissaient en travailleurs qui s’en sortaient enfin, après un peu de galère probablement.

-J’arrive pas à choisir. Fred, je veux tout !
- On n’a pas les sous, Morgan, faut en garder pour…
Il soupira. Son frère fit la moue, boudeur, et se tourna vers Robin qu’il trouvait sûrement plus enthousiaste.
-Robin, tu veux quoi ? Tu veux à boire aussi ?

Le choix était difficile, tellement difficile.



Soudain, Frédéric craqua. Merde alors, tant pis pour les économies ! Ils avaient tous reçus leurs paies la veille. Ça n’était pas faramineux, mais après tout, ils économisaient depuis un an qu’ils étaient là. Il était grand temps de profiter un peu, crotte ! Coupant court aux débats de Morgan et Robin quant au meilleur choix à faire, il lança.

-Mettez-nous un peu de tout ! Un p’tit bout de chaque, et on se le partagera à table.
Il sortit sa bourse et présenta une feuille de chèque. C’était la moitié de la paie de cette semaine des jumeaux.
-J’peux donner ça pour nous trois. Avec une chicorée pour moi. Morgan tu prends quoi ?
Son frère ne tenait plus en place.
-Chocolat chaud ! Chaud bouillant !
- Voilà, et toi Robin ?


La boulangère n’en pouvait plus. Elle accepta son chèque et calcula.
- Avec ça et trois boissons, oui, y’a de quoi faire… Ben installez-vous là, j’vais voir c’que j’peux vous trier. Justine ! Viens-y donc préparer les tasses pour ces trois-là.
Une jeune fille déboula en courant de l’escalier du fond et courut jusqu’à la cuisine derrière le comptoir.
- Nan pas par là, sotte ! Et la table ?
Frédéric, qui agissait partout comme s’il était chez lui, et avec tout le monde comme s’ils étaient ses cousins, objecta.
- C’est bon la mère, on s’en charge.

Prenant un torchon humide qui séchait sur l’appui de fenêtre, il fit signe à Robin et à son frère de s’installer côté poêle. Il frotta la table et reposa la lavette avant de prendre une chaise supplémentaire à la table d’à côté et de s’installer à son tour, côté porte. Ah ça, un peu de chaleur ça faisait du bien. Il souriait comme un gosse, content de son « craquage ».
- Ça va Robin, tu t’réchauffes ?

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MessageSujet: Re: Trio glacé et quête gourmande ~ Pv Robin (1889)   Mar 2 Juin - 13:46

La pâtisserie. Enfin. Absolument glacé, Robin en avait presque oublié sa faim. Mais maintenant que la chaleur revenait lentement à ses membres endoloris, il se rappelait les gargouillis de son estomac. Les étals étaient absolument magnifiques, couverts de tant de gâteaux différents qu’il ne saurait jamais quoi choisir. Oh, il avait bien sûr une préférence pour tout ce qui contenait de la crème pâtissière. Mais cela ne réduisait pas tant que cela les possibilités. Il regardait d’un air béat l’’étalage. Décidément, il préférait la forme humaine. Bien sûr c’était drôle de voler, et Paris d’en haut, il ne s’en lassait pas. Mais être un corbeau limitait les occasion de goûter à de la pâtisserie et à toutes les autres bonnes choses que les humaines savaient cuisiner. Quand bien même il en avait l’occasion, son palais d’oiseau était bien moins délicat que celui qu’il avait étant humain : à peine capable de faire la différence entre les différentes variétés de caramel mou ! Cette rêverie était certes fort agréable, mais n’approchait pas Robin plus prêt de la résolution de son dilemme actuel : que manger ? Il compta les pièces qu’il avait dans sa poche, et qui n’étaient pas si nombreuses : le salaire d’homme de ménage n’était pas énorme, et l’argent qu’il devait dépenser pour soigner les égratignures et racheter les habits abimés lors de ses transformations involontaires le rendait plus maigre encore. Il avait ce qu’il  fallait pour un gâteau ou deux et une tasse de lait, mais pas plus, s’il voulait manger tout le mois. Il avait d’ailleurs pris la précaution de ne pas emporter tout son salaire avec lui. Alors qu’il réfléchissait, il se rendit compte que les jumeaux avaient le même problème. Il entendit alors Fred arriver à une solution.
-Mettez-nous un peu de tout ! Un p’tit bout de chaque, et on se le partagera à table.
Un grand sourire s’afficha sur le visage de la chimère. Il ne lui vint pas à l’idée de refuser, il avait faim, et son éducation sommaire ne se préoccupait pas de telles subtilités.
Fred lui avait aussi commandé une boisson. Robin, peut accoutumé à un tel luxe, avait commandé comme Morgan, un chocolat chaud. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu l’occasion d’en boire, et il se rappelait avec délectation et par avance la densité suave du breuvage.
Ils s’assirent enfin tout trois à une table que Fred, prenant les choses en main, avait sélectionnée. L’excitation était palpable, surtout de la part de Morgan qui semblait sautiller intérieurement. Robin contemplait la table devant eux, couvertes de gâteau multiples : choux à la crème, tartelettes amandines, poupelins, brioche, et autres gâteaux dont il ignorait le nom. Certains dégoulinaient de chocolat, d’autres de crèmes, d’autres enfin étaient couverts des fruits de la saison ou de confiture, et un gâteau était même recouvert de crème de marron. L’odeur de ces gâteaux, mêlée à celle du chocolat, aurait fait défaillir la chimère, s’il n’avait pas eu la présence d’esprit de commencer à manger. Il ne laisserait pas tout à Morgan. Il attrapa d’abord un morceau de madeleine qu’il trempa dans son chocolat, et le mangea en essayant d’être distingué. Sa nature revint cependant au galop et il commença à s’empiffrer. Son visage était plein de chocolat, il ne disait pas un mot. Il mangeait, un peu de tout, oubliant presque de respirer. Ce que c’était bon ! Il entendit à peine la question de Fred qui demandait s’il se réchauffait et répondit la bouche pleine quelque chose de parfaitement inintelligible. Il était heureux. Il se demanda s’il n’aurait pas dû devenir apprenti pâtissier, mais il se rappela sa maladresse et sourit. Ce fut sa première pensée en dehors du bonheur de manger. Au bout d’un moment, son rythme de dévoration se ralentit, et il regarda les jumeaux, qui eux aussi semblaient voir leur appetit se calmer. Il dit :
-Ch’est bon. Merchi Fred.
Après encore quelques minutes passées à manger et à boire il ajouta, regardant l’heure
-Faudrait qu’on rentre non ?
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