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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]

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June Ravenclose
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MessageSujet: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Lun 15 Déc - 5:35

Malgré tout ce qu'on pouvait lui assurer, June savait que parmi tous les artistes du Lost Paradise, elle n'avait rien à envier. Sa voix n'était pas aussi jolie que celle des Sirènes, même si elle atteignait quelques octaves supérieurs que la plupart des gens, et sa peau maladive ne paraissait plus éclatante que grâce à un maquillage léger. Pourtant, elle était vraiment heureuse sur cette scène, et cela se voyait chaque soir. Son visage s'illuminait et elle chantait du plus profond de son cœur, ses pas graciles fascinant les spectateurs. Alors lorsque certaines personnes semblaient assister fréquemment à ses spectacles, ou si on lui offrait des fleurs, cela ne pouvait que l'enchanter davantage.

Parmi ceux-là, une signature revenait souvent. Aldrick Voelsungen. Le commissaire devait pourtant être bien occupé. C'était assez flatteur... D'autant plus qu'elle avait bien remarqué qu'Edward et lui avaient plutôt tendance à se bouffer le nez. Presque littéralement. Que faisait-il au cabaret, alors ? Elle avait déjà cherché à lui adresser la parole pour davantage qu'un merci, mais chaque fois, il trouvait un prétexte pour s'esquiver, ce qui était navrant. C'est pour toutes ces raisons qu'elle s'était décidée à lui écrire une lettre attentionnée, une fois tout son courage rassemblé, afin de passer tout simplement un peu de temps en sa compagnie, soulignant bien qu'un refus était hors de question ! Ce n'est pas parce qu'elle était une artiste qu'il fallait la traiter différemment, et elle comptait bien le prouver. Il fallait simplement espérer qu'il ne soit pas trop déçu. Cela permettrait au moins à June de prendre un peu d'air frais... Sa dernière sortie en ville s'était plutôt mal terminée et son courage, comme toutes choses, avait une certaine limite. Elle préférait donc sortir accompagnée, sans pouvoir expliquer cette angoisse, sans pouvoir trouver une solution non plus, ne faisant que détourner les yeux, sous l'embarras.

La date imposée, il ne restait plus qu'à trouver quelques suggestions pour que la journée soit un minimum agréable, sans quoi elle donnerait l'impression d'être une faible femme dépendante d'autrui. C'était peut-être en partie vrai, mais elle voulait pouvoir l'oublier, ne serait-ce qu'un instant. Elle ne désirait toutefois pas l'ennuyer avec des occupations futiles de petite dame aisée. D'un autre côté, elle fatiguait facilement, alors il ne fallait pas que cela demande trop d'énergie ou qu'ils s'éloignent beaucoup. Il faudrait aussi qu'elle revienne à temps pour le spectacle. Heureusement, il traînait toujours toutes sortes de petits pamphlets promotionnels soulignant les grands événements de la capitale à l'entrée du cabaret. June encercla de rouge ceux qui lui semblaient les plus intéressants, pour que le choix soit ainsi plus facile. Et puis, avoir un plan B sous le coude, c'était toujours une bonne idée. Cela lui permettait au moins d'être enthousiaste, chantonnant à voix basse, sourire aux lèvres. Faire des projets, cela lui occupait l'esprit, et cela éloignait l'angoisse.

Il lui en faudrait un nouveau lorsque ce jour serait passé, mais pour le moment, June ne voulait que profiter de sa joie au cœur. Il viendrait, n'est-ce pas ? Ce ne serait pas très honorable pour un flic que de faire poireauter une jolie demoiselle ! Elle mit une robe bleue légère, et toute simple. Ses cheveux, elle les attacha en une courte tresse, espérant ainsi ne pas trop attirer l'attention des passants. L'ombrelle à la main, elle était fin prête pour affronter la journée. Elle resta près de la fenêtre, se fichant bien du regard que les autres pourraient lui porter. Ah ! Voilà son admirateur ! Elle lui offrit un grand sourire et l'entraîna à l'extérieur presque aussitôt. D'accord, elle était un peu excentrique, et alors ? Cela faisait partie de sa personnalité depuis toujours. Il ne restait plus qu'à voir ce qu'il penserait de ses plans.

— Il y a une petite course de bateaux organisée cet après midi, cela me semble amusant ! Nous n'aurons qu'à nous placer à la ligne d'arrivée pour avoir la meilleure vue.

Les activités avec un prix à la clé étaient toujours plus exaltantes, n'est-ce pas ? Et surtout, cela devrait leur permettre de discuter un peu, une fois au calme. June ne demandait pas grand chose. Juste un après-midi agréable. Mais elle n'y arrivait pas, pas un mot ne dépassait ses lèvres, elle était un peu intimidée, c'est vrai, maintenant qu'elle se retrouvait seule en compagnie de cet homme. Elle avait peur de sembler idiote quoi qu'elle dise, quoi qu'elle fasse. Il fallait pourtant qu'elle se lance, sinon le silence s'étirerait et Aldrick partirait, une fois encore. Elle devait dire quelque chose. N'importe quoi.

— Vous semblez avoir compris que les lys blancs sont mes préférés. M'espionneriez-vous, cher commissaire ?

Elle ne pût s'empêcher de rire à sa propre remarque, cachant avec espièglerie sa bouche fine de sa main comme se devait de le faire toute fille de bonne famille. Elle ne faisait que le taquiner, évidemment. C'était sa façon de briser la glace, tout simplement, lorsqu'elle sentait qu'un certain malaise s'installait. Et puis, ce secret, ce n'en était pas vraiment un. Son nom de scène n'en était-il pas la preuve ? Oh, bien sûr, ce n'était pas sa seule signification, mais cela, personne ne le savait bien, jusqu'à présent.

Cependant, peut-être n'auraient-ils tout de même pas l'occasion de discuter énormément sur le coup, car un certain nombre de personnes commençait à se rassembler non loin. Oh, bien sûr, ce n'était pas forcément quelque chose de mauvais. Cependant, ce serait peut-être suffisant pour qu'un doute s'élève dans l'esprit du loup-garou, ne serait-ce que par déformation professionnelle.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Mar 16 Déc - 6:52

*Encore une farce ?*

Ce fut la première pensée du commissaire en lisant le mot signé qu'on lui avait fait mander. Un soupir las s'échappa de ses lèvres avant que ses épaules ne s'affaissent. Déposant la missive au sommet d'une pile de papiers, il feinta de n'être affecté en rien, espérant ainsi coincer l'abruti du poste de police qui s'amusait de la sorte. Mais la date resta inscrite dans sa mémoire, comme marquée au fer rouge et après avoir tenté sa chance dans son entourage, il en était arrivé à la conclusion suivante : il ne restait plus que deux choix. L'un agréable et improbable, l'autre irritant et stupide : soit June lui avait bel et bien écrit ce qui l'intriguait beaucoup, soit Edward se payait joyeusement sa tête pour changer.
Si l'écriture semblait fine et féminine, il n'était pas certain que le maître du Lost Paradise n'ait pas trouvé une complice à embrigader dans ce genre de mascarade. Puis pour une raison qu'il ignorait -outre leur rendez-vous programmé- l'agent s'étonnait que l'étoile montante du Lost lui ait écrit en personne. S'il lui écrivait régulièrement, il n'avait en revanche jamais eu la chance de recevoir de réponse écrite, difficile alors de comparer pour s'assurer de la réalité des faits. Par ailleurs le point de rendez-vous l'intriguait. S'ils se retrouvaient là-bas, tout le monde -Edward le premier- saurait qu'ils se verraient ! Or le secret à ce sujet était l'unique faveur qu'il lui ait demandé s'ils venaient à se revoir. L'avait-elle omis ?

Le jour J arriva pourtant et, un brin stressé, à peine plus soigné que d'ordinaire, de crainte d'être raillé, le policier s'était présenté au Lost. Là il resta bien bête. Tout le temps qu'il avait pu passer à douter de tout et de rien fit bien pâle figure à côté de la joie qui paraissait irradier de la belle. Scotché sur place dans un premier temps par cette apparition divine il fallut qu'elle l'éloigne du cabaret pour qu'il songe enfin que cela était bel et bien réel. Aussi troublé que mal à l'aise d'avoir pensé à mal, il la salua maladroitement, sentant son cœur s'emballer à chaque éclat de rire qui illuminait sa voix, et ses joues rougir plus encore lorsqu'elle déclara vouloir passer l'après-midi au moins en sa compagnie. Il n'avait osé en espérer tant.


– C'est une excellente idée. Confia-t-il lorsqu'elle lui parla de la course maritime.

Il acquiesça pourtant à peine, incapable de communiquer tant il craignait que le trouble de tout son être ne soit dévoilé par un mot malheureux. Il fallut qu'elle le taquine pour que le naturel revienne au galop.


– Aucunement ! Je ne me serais pas permit de... Surtout pour vous ! C'est impossible... Je... Je ne vous ai rien apporté en plus et... S'emporta-t-il le visage rougi à l'extrême, confus, sans parvenir à faire une phrase correcte ; la fixant craintif de s'être attiré ses foudres pour un méfait qu'il n'avait pas commis. Mais l'éclat de rire qui suivit le déstabilisa avant de le faire soupirer de soulagement.

Ce rire si franc et cristallin arracha un air tendre au lycanthrope qui se rasséréna au point de redevenir pratiquement lui-même en dépit de la chaleur qui acculait encore ses joues.


*On dirait un ange*

– Vous êtes magnifique... Abandonna-t-il à la suite de ses pensées.

*Pourtant... Avec tant d'humanité...*

Aldrick la fixa intensément, comme s'il avait souhaité lire ce qui était caché dans son âme pour en recueillir chaque parcelle susceptible de lui causer du chagrin, et quelque part s'assurer de ce que son instinct s'évertuait à lui hurler depuis leur première rencontre, avant de se rendre compte de son impolitesse à la dévisager de la sorte. Pour se changer les idées, il huma l'air chargé de l'odeur des livres anciens apportés les bouquinistes, mêlée à celle de la peinture fraiche qu'utilisaient les artistes, avant de se souvenir brusquement de la question ; il reprit donc après s'être un peu éclairci la voix  :


– Disons que j'ai de bonnes sources. Il lui adressa un sourire timide, s'arrêtant un instant pour contempler un arbre qui paraissait bien décidé à pousser dans une configuration étonnante par rapport à ses confrères. Mais j'avoue n'avoir pas encore réussi à résoudre l'énigme de votre nom de scène. Serait-ce votre deuxième prénom ? Hasarda-t-il d'un air plus curieux en lui jetant un regard intrigué avant de poursuivre leur marche. A moins que cela ne soit lié à votre famille ? Votre mère peut-être ? Vous avez de la famille d'ailleurs, dans la capitale ?

Il l'écouta avec une attention toute particulière, ne détournant le regard que pour observer sur le trottoir voisin, un jeune homme haut comme trois pommes hurlait sa douleur en tentant d'échapper à une avalanche de coups de parapluie prodigués par une vieille femme. Le concerné n'avait pourtant fait que lui demander l'heure sans aucune autre forme de courtoisie que celle prônée pour ce cas de figure, sans aucun impair, il en était certain. Agile, le bambin rudement malmené parvint à s'éclipser en montant à un balcon. La saynète le fit sourire.

*On dirait une scène de ménage* Songea-t-il sans détourner les yeux des deux autres jusqu'à ce qu'un corbeau fasse part de sa présence par son cri si singulier, lui arrachant une moue rigolote.

Ils durent ralentir, car sur leur route, on se massait. Petits et grands, dans un large cercle, avaient pris possession d'une petite place pour écouter les dires d'un conteur de rue. Naturellement, ils se fondirent parmi les présents, arrivant au premier rang. L'artiste semblait avoir besoin d'une volontaire et le sort tomba sur la plus jeune. Si bien que l'agent fut surprit lorsqu'il fut question que June s'illustre aux côtés de celui qu'il identifia comme un légendaire à l'odeur féline. Cette simple constatation lui déplut fortement et il ne put s'empêcher de glisser lorsque le jeune homme passa à sa hauteur, pour lui seul :


– Gare à vous si vous lui causez du tort.

Vexé de s'être fait ainsi kidnapper sa charmante compagne, Aldrick ne put retenir une moue boudeuse, en croisant les bras sur son torse.

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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Mar 26 Mai - 0:24

June avait beau en recevoir régulièrement, les complimente lui allaient toujours droit au cœur, comme si elle ne savait s'y habituer. Trop longtemps avait-elle été reléguée à la cinquième roue du carrosse... Encore heureux que ses joues ne se teintent plus d'un rose délicat à chacun d'entre eux ! Elle se contenta de lui adresser un merci poli, bien plus contente que son admirateur pas si secret semble enfin un peu moins nerveux. Autrement ils ne s'en seraient jamais sortis à bon compte ! Son silence l'avait bien inquiétée. Elle avait craint qu'il ne la déteste à présent. Il lui avait demandé une faveur et elle n'avait pas tenu parole. Oh, elle ne pensait pas à mal, en vérité. Seulement, pourquoi demander le secret alors qu'il était presque tous les soirs présent au poste ? À cause de cette haine qu'Edward et lui semblaient se vouer ? Tout cela, des choses qu'on lui cachaient, sans qu'elle ne puisse en comprendre la raison. Peut-être cherchait-on préserver son innocence. Quelle farce ! Elle était lassée de tout cela. À voir si son stratagème marcherait ou pas. Dans tous les cas, le plan de départ n'avait pas changé ; passer un moment agréable en charmante compagnie. Quoique ... Le commissaire s'emballait un peu trop dans ses hypothèses, si June s'en serait sans doute amusée en d'autres circonstances, ce sujet là était bien plus délicat. Une ombre passa sur son visage, son sourire accablé d'une fausse note. Il était rare qu'on la questionne à ce sujet, et cela ravivait les souvenirs. Elle gardait toujours une certaine distance entre elle et les autres pour éviter que le personnel n'empiète trop...

— Je ... Non. Elle fit une pause et reprit avec un peu plus d'assurance. Je préfère oublier des gens mauvais qui ne sont plus. Ne vous excusez pas, trancha-t-elle, sans appel. Vous ne pouviez pas savoir. Mais pour vous répondre, ce n'est que pour me rappeler une promesse faite à une vieille amie, que j'espère pouvoir remplir bientôt... Vous n'êtes pas trop déçu ? Mais votre nom n'est pas très commun non plus, vous savez ! Vous venez d'ailleurs ?

Elle se jouait du sort, mauvaise joueuse, préférant passer à un autre sujet, chassant les pleurs par un enthousiasme bien plus rafraîchissant. Du moins jusqu'à ce que le trop plein ne fissure son cœur en un millier d'éclats de verre tachés de larmes. Ce qui ne risquait pas d'arriver de sitôt ! On voyait toutes sortes de choses en ville. C'est tout un petit attroupement qui se tenait devant eux, sur la route menant aux quais. En prêtant attention, il était possible d'entendre une histoire incroyable être contée. Cet homme allait jusqu'à demander à la foule de participer. Oh ! Comme c'était amusant ! Mais voilà que le conteur s'était fait une idée, approchant plutôt June. Elle hésita à s'avancer. Et si elle craquait, sous le regard de tous ces gens ? Elle avait désiré une journée simple, tranquille. Et la voilà propulsée sur les devants de la scène...

« Ce n'est rien de plus que ce qu'il faut affronter au Lost. Tu peux le faire. »

Et puis, Aldrick ne la laisserait pas tomber ... non ? Il semblait tout dépité, pour une raison qui lui échappait. Pourtant, il devait bien apprécier ce genre de spectacles aussi ? Elle se maudissait d'avoir ordonné à Adam de rester dans sa loge. Lui aurait su, comment lui donner du courage. Elle aurait pu se dérober, mais que dirait-on ensuite ? Elle ne serait plus qu'une faible femme, lâche, aux yeux de tous ceux qu'elle voulait aider, puisque sa passion pour les bonnes histoires n'était un secret pour personne. Cet homme n'y était peut-être pas si étranger, semblant posséder une aura bien plus lourde que la plupart des autres parisiens. Peut-être pourrait-elle tenter de mettre tout cela au clair plus tard... Pour le moment, elle prit simplement la main de l'homme de grands chemins, courtoise, sous les applaudissements des petits et des grands et autres cris de joie. Il ne restait plus qu'à trouver une histoire intéressante. Elle en connaissait tant que cela ne devrait pas être trop difficile, non ? Mais elle ne désirait pas raconter une histoire commune. Et le plus important, c'était surtout la manière de raconter cette fable. Tant par les mots que par les gestes.

— Autrefois, on répandait la rumeur qu'un trésor se cachait par-delà les nuages. Plusieurs tentèrent de s'en emparer avec des plantes ou des échelles qui sauraient les y mener... Mais ils ne furent récompensés que par le ridicule, la folie ou la mort. Tous incapables d'obtenir le fruit de leur désir. Et pourtant, il était bien là ! Il suffit de lever les yeux la nuit pour voir ... Elle laissa quelques secondes passer bien leva la main vers le ciel. Les étoiles.

Les hommes étaient avides de richesse matérielle bien plus que de noblesse et de beauté... Cela, elle le garda cependant pour elle seule, ne désirant pas décevoir ses spectateurs avec sa morale bien amère. C'était l'une des règles d'or, toujours penser au client. Elle leur offrit donc plutôt enfin un sourire, en guise de reconnaissance d'avoir été écoutée, puis alla retrouver son ami, prête à lui offrir quelques excuses, toujours aussi confuse sur la raison exacte pour laquelle on l'avait choisie en particulier. Quelqu'un l'interrompit toutefois avant qu'elle ne puisse dire un mot.

— Eh ... Je vous ai déjà vu quelque part ... Non ? Mamz'elle ... Du cabaret ...

June resta figée, ses yeux seuls démontrant toute l'horreur faisant vibrer son âme. Oh non. Elle savait que cela allait arriver. Quelqu'un finirait forcément par la reconnaître. Mais l'homme n'avait pas l'air bien sûr de lui-même. Elle s'agrippa au bras d'Aldrick, silencieuse. Il fallait qu'il l'aide. D'habitude, elle était heureuse qu'on vienne la trouver pour lui glisser un bon mot sur ses performances d'artiste. Elle qui ne pouvait prétendre à rien. Mais là, tout de suite, cela ne lui laissait qu'un goût amer dans la bouche. Si on ne la laissait plus tranquille, s'en était fini de leur rendez-vous. Elle ne pouvait faire parjure à sa parole par deux fois. Alors il leur fallait une diversion.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Mer 27 Mai - 14:27

Le commissaire fut surprit. S'il était habitué à toutes sortes de réactions avec les questions qu'il posait, il n'avait pas soupçonné même, que celle-ci puisse être douloureuse. Car ce fut son ressenti. Aldrick l'avait observé beaucoup. Certes, contrairement aux habitants du Lost, il ne pouvait prétendre connaitre ni toutes les facettes de June, ni chacun de ses changements d'humeur, mais de ce qu'il a avait vu sur scène et le peu que le destin lui avait offert, avaient suffi pour qu'il le ressente comme tel. Il ne sut que dire pour se faire pardonner, glissant simplement :

- Oh... Je vois. Déçu ? Non aucunement. C'est honorable de votre part. Ce doit être important.

Le brun avait ouvert la bouche pour demander de quoi il en retournait -déformation professionnelle obligeant- mais June le devança lui arrachant un air troublé :

- Ainsi donc... Il ne vous a rien dit.

Ce n'était qu'un murmure, tant sa surprise était grande. Mais quelque part, une part de lui comprenait ce choix. Le lycanthrope lui sourit, reprenant d'un air plus joyeux :

- En effet ! Vous auriez fait une bonne enquêtrice ! Je suis originaire de Transylvanie.

L'agent n'ajouta rien. Il n'en avait pas envie.
Sur ces entre-faits, on lui avait ravi June, et il fallut attendre la conclusion de sa poétique histoire pour qu'il retrouve de sa bonne humeur. Souriant de ce lyrisme qui enchantait chacun. Levant bêtement les yeux au ciel en arquant un sourcil, Aldrick se demanda où elle voulait en venir jusqu'à ce que la conclusion apporte des étoiles dans les yeux de chacun.
Le brun sourit. Peu importait qui elle était réellement, c'était une vérité indéniable : la facilité avec laquelle June faisait à sa façon naitre la magie autour d'elle, ne pouvait être que l’œuvre d'un être légendaire. Le policier posa sur l'artiste un regard doux, applaudissant à tout rompre, même après que la majorité se fut arrêtée. Quand la belle fut de nouveau près de lui, il la gratifia d'un air tendre, qu'il arborait peu : à présent il était certain de sa nature, certain qu'elle n'était pas celle qu'elle disait être, mais cela ne changeait rien pour lui.


- C'était un très beau récit. Je ne vous savais pas si éloquente autrement qu'en musique ! Je suis agréablement surpris. Vous...

Il n'acheva pas, sa petite main s'était agrippée à lui, et son cœur se fit un devoir de le lui signaler bruyamment. June parut pourtant mal à l'aise. Plus qu'elle ne l'avait jamais été en sa présence. Les pièces du puzzle s'emboitèrent lorsqu'à l'entente du mot "cabaret", la blonde parut plus fébrile. Aldrick posa alors une main rassurante sur la sienne, déclarant pour l'individu, d'un ton calme mais un peu sec :

- Je regrette Monsieur, mais cette demoiselle a promis de passer la journée en ma compagnie. Quelles que soient vos éloges, elles resteront vaines.
- C'pas ça... C'est qu'elle ressemble drôlement à...
Un soupir las échappa au brun. Pourquoi fallait-il toujours que les badauds s'entêtent ?
- N'ai-je pas été assez clair ? Coupa-t-il. Cessez de nous importuner.
- Ça va, pas l'peine de monter sur vos grands ch'vaux ! Reprit l'autre. C'est toujours pareil avec vous les grand' gens ! On peut jamais rien vou'dir' ! J'ai juste cru qu'c'était...

Mais l'agent n'écoutait déjà plus, n’ayant cure d’être impoli, il resserra son étreinte sur la main de June, tout en se penchant à son oreille pour glisser, comme une confidence faite entre deux amants :
- Partons, il y a un endroit que je voudrais vous montrer.

Il se redressa, sourit, et sans tenir compte des bavardages qui se faisaient autour d'eux, la pria de l'accompagner en continuant à longer le fleuve d'un air fier et détaché.

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Félicien Matagot
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Lun 24 Aoû - 19:26

[H.R.P. : Édit administratif] : Quelques mots pour préciser aux lecteurs que le personnage de Félicien est en cours de modification, il va devenir un employé de la Curia, aussi ne pas se fier à la couleur de son groupe qui sera changée une fois sa fiche à jour. [/H.R.P]

Félicien était venu sur les quais de la Seine comme tant d’autres pour venir profiter des divertissements offerts par la ville de Paris. Il se contentait d’un rien pour tromper l’ennui, pire ennemi que puisse se faire une créature vouée à vivre plusieurs siècles. Une course de bateau avait été prévue dans l’après-midi, le chat s’était laissé prendre par la curiosité bien que doutant u réel engouement que pouvait provoquer un tel évènement. Les courses de lévriers ou de chevaux avaient encore un intérêt, dû à l'incertitude de l'animal franchissant la lune d'arrivée. En revanche, pour ce qui concernait les courses de bateau, Félicien estimait que le premier bateau partit serait également le premier arrivé, les eaux de la Seine n’étaient pas vraiment réputées pour leurs courants forts. En dépit de ses réticences dues à la nature de l’évènement, et notamment pour éviter une scène de ménage avec Fabienzo, furieux que Felix eut commis l’incommensurable audace de ranger ses chaussures dans un ordre non-alphabétique se rapportant à leur fonction, le chat s’était empressé de sortir. Il était temps de trouver un nouveau logis.

Félix avait traîné sur les quais, observant de loin la presqu’île et les bateaux flottant mollement sur la Seine. Il y avait rencontré une bande d'enfants penchée au-dessus de l’eau, à qui il avait envoyé une boutade "Ne te penche pas trop où tu vas finir comme Narcisse". Les enfants, peu cultivés, ne comprirent pas. Félicien avait entrepris de leur raconter l'histoire de Narcisse, noyé pour être tombé amoureux de son reflet. À vrai dire, le gamin qui s'était penché avait un grand œil au beurre noir, la remarque de Félix était plus moqueuse qu'autre chose, néanmoins, il voulait surtout éviter que l'un d'entre eux tombe dans la Seine. Mais les enfants se révélèrent être de véritable garnement.

« Elle est pas terrible ton histoire
-Un garçon qui tombe amoureux de son reflet c'est nunuche.
-Moi j'ai pas compris, piailla la seule fille du groupe. »

Félicien leur jeta un regard suffisant, déçu : les enfants n'avaient plus aucune imagination de nos jours... Le chat ne les contredit cependant pas, lui-même n'appréciant pas particulièrement cette histoire. Il avait haussé les épaules puis avait demandé aux enfants :

« Ah, yeah ? Vous préférez quoi comme histoire ?
-Les histoires de batailles !
-Avec des chevaliers !
-Oh oui, comme le roi Arthur !
-C'est ma sœur qui aime les histoires de princesse !
-eh ! Protesta la petite fille »

Félicien leva un sourcil. Sales gosses. Il eut pitié pour la petite fille. Cela ne devait pas être facile de rester avec ces trois gaillards. Les garçons qui grandissaient dans la rue devenaient vite de vraies teignes. Il essaya d'estimer leur âge. Il donnait six ans à la petite, douze ans au plus grand, le Narcisse moderne. Cela dit, la fillette haute comme trois pommes avait du plus en voir déjà qu'un jeune homme de la bourgeoisie. Pauvre destin qu’était celui des gamins des rues, condamné à devenir les répliques de leur détestés parents, à cultiver ignorance et bêtise. Il jeta un regard courroucé aux garçons, le chat aurait aimé qu'on laisse les petites filles condamnées à laver du linge toute leur vie croire aux histoires de princesses.

« Il existe de très belle histoire de princesse. Et le "Petit chaperon rouge" et "Cendrillon" sont des histoires plutôt terribles.
-C'est des jolies histoires, renchérit la petite fille en babillant, toi tu racontes que des histoires de croquemitaine !

La fillette en robe pointa le plus grand des garçons, celui avec le coquard. Le chat eut, un frisson dans le dos. Croquemitaine… Voilà un nom digne de faire froid dans le dos. Félicien considéra outrer le jeune garçon à l’œil au beurre noir. En tant que petit frère, il compatissait, avec tous les autres cadets subissant les tentatives obstinées de leurs aînés de les effrayer. Toutefois, le garçon jouerait moins au dur s'il en rencontrait un.

« Ça finit toujours bien, argumenta l'intéressé en haussant les épaules, peu convaincu.
Le chasseur ‘y tue le loup, et la grand-mère et le chaperon ‘y sont toujours vivant après avoir été mangé, t'appelles ça terrible ?
-Ça c'est pour que les mioches comme vous puisse s'endormir le soir. Rien à voir avec les histoires originales. »

Les garçons se vexèrent immédiatement et protestèrent de tous côté. Félicien songea à leur tête s'il leur racontait sous un jour plus réaliste l'histoire de cendrillon ou la petite sirène. Cela faisait d'ailleurs bien longtemps qu'il n'avait pas conté d'histoire. Maintenant qu'il avait été embauché par la Curia, il ne gagnait plus sa vie par des petits boulots ou en contant des histoires. Ces dernières lui manquaient. Le chat infernal était d'ailleurs persuadé que certains contes fantastiques prenaient racine dans des faits réels impliquant des légendaires. Une conviction qui en avait fait rire beaucoup. Pour lui, l'exemple le plus évident était la sorcière d'Hansel et Gretel. Par ailleurs, Baba Yaga était une vraie célérité dans le monde des sorciers ! Félicien d’ailleurs, gardait le secret espoir de l’existence de Merlin, son héros de jeunesse par excellence.

Il repensa à une vieille légende tout à coup.

« Mhm... ! J'ai peut-être une histoire qui pourrait vous plaire... »

Les trois enfants échangèrent un regard entre eux, intrigués, puis finirent par se laisser tenter et se pressèrent autour de lui.

« Quel genre d'histoire ? Demanda le plus insolent des trois
-Vous aimez les histoires avec de grands guerriers... ? »

Les enfants acquiescèrent en cœurs. Ils le fixaient avec des sourires effrontés, prêts à lui remettre dans les dents la moindre parole.

«...et les histoires de princesses ?»


Il se tourna vers la petite fille qui lui adressa un sourire ravissant en hochant vivement la tête. La petite était trop adorable pour que Félicien ne lui cède une histoire avec des princesses. Les garçons, eux, avaient l'air d'être de vraies teignes, Félicien n'avait pas l'habitude de se fouler pour des gens qu'il n'appréciait guère, mais ces derniers l'avaient à moitié vexé aux sujets des histoires.

« J'ai l'histoire qu'il vous faut alors ! »

Le conteur se frotta énergiquement les mains, réfléchissant comment il pourrait raconter son histoire pendant que les enfants échangèrent un regard interloqué. Ils devaient alors penser que les histoires de princesse et de guerriers ça n'existait pas, c'était soit l'un soit l'autre, c’était d’ailleurs bien connu.
« Un guerrier qui sauve une princesse ?
-Oh non, du tout ! Écoutez plutôt ! Avez-vous avez déjà entendu parler de Thor et de Mjöllnir ?
- C'est un prénom ça ?
- Dis-moi le tien pour voir, je parie qu'il y a une chance sur deux qu'un chien porte le même, répliqua le chat sèchement.

L'enfant ouvrit la bouche puis la referma aussitôt. Satisfait d'avoir mouché le marmot proprement et d'avoir obtenu le silence, Félicien continua, bien décidé à raconter son histoire.

« Maintenant ne m’interrompez plus, à part si c’est pour dire quelque chose d’intelligent, ce qui ne risque pas d’arriver. Donc, Thor est un dieu de la mythologie nordique. Si vous vous sentez capable de fermer votre clapet pendant quelques minutes, je pourrais vous conter une de ses aventures. »

Ce dernier mot révéla des propriétés magiques calma les enfants instantanément et leur mit l'eau à la bouche.

« Thor était donc un dieu viking. Il était l'un des plus puissants des Dieux. Le plus grand guerrier et protégeait le royaume des géants. Il créait les orages et faisait pleuvoir la foudre grâce à son marteau. Le nom de ce marteau était "Mjöllnir". Mjöllnir était la chose à laquelle Thor tenait le plus. C’était une arme redoutable, et il revenait toujours à son bras lorsque le dieu le lançait. Mais un jour... »

Les lèvres du chat s'étirèrent en un sourire mystérieux. Il avait réussi à captiver l'attention des enfants. Face à des excités et des effrontés pareils, c'était déjà une victoire en soi. Les enfants n'étaient d’ailleurs pas les seuls à tendre l'oreille. Un groupe de batelier qui faisait une pause non loin remarquèrent cet homme à l'accent étrange, ils s'approchèrent du petit groupe pour mieux écouter.

-Mais un jour, reprit le félin conteur, Thor se réveillant, son marteau a disparu ! Mjöllnir, symbole de sa puissance, la seule chose qui retenait les géants d’envahir le royaume des dieux et de plonger le monde dans le chaos ! Thor, le plus grand guerrier de tous les temps, est alors en panique. Le dieu va se confier à son frère, Loki, le dieu de la discorde et le plus rusé des dieux. Ensemble, ils vont voir leur sœur, Freyja, Loki lui demande de lui prêter son manteau de plume. C’est un long manteau, sans couture, sans tissus, sans lanière, fait uniquement d’un millier de plume de tous les oiseaux. Un manteau magique qui plus est, qui permettait à celui qui le revêtait de se transformer en oiseau et de traverser tous les mondes.
Loki enfile le manteau et survole le monde des géants. Arrivé dans le monde des géants, il rencontre le géant des glaces Thrym. Thrym révèle à Loki que c’est lui qui a volé le marteau de Thor. Il lui déclare également qu’il n’est prêt à le rendre qu’à une condition : que les dieux, les Ases, lui permettent d’épouser Freyja. Loki revient voir Thor, et lui répète ce que lui a dit le géant. Ils retournent tous les deux voir Freyja, mais la déesse refuse catégoriquement d’épouser Thrym. Épouser un géant, imaginez-vous l’horreur ? »


Félicien repéra un homme qui venait d’arriver dans la foule. Très grand, les cheveux blonds, longs, une moustache épaisse, il devina à son tablier en cuir qu’il devait être forgeron ou maréchal-ferrant. La foule, avait grossi jusqu’à dépasser la dizaine, puis la vingtaine de personnes puis le chat n’essaya plus d’estimer le nombre d’auditeurs face à lui. Peu de gens à Paris connaissait la mythologie nordique, préférant les prêches bibliques ou les romans périodiques des journaux. Son histoire attirait, semblant exotique.

« Les Dieux se rassemblent, pour trouver un moyen de récupérer Mjöllnir. La situation est critique, le marteau de Thor était la seule chose empêchant les géants d’envahir Asgard, le monde des dieux ! »


Félicien fendit l’attroupement pour aller chercher celui qu’il avait désigné son Thor parisien qu’il ramena à sa scène imaginaire.

« C’est alors que Heimdall, le dieu chargé de garder un pont d’arc-en-ciel reliant le monde des humains et celui des dieux, suggère de déguiser Thor en Freyja, afin qu’il puisse s’introduire dans le monde des géants sans alarmer ces derniers. Je vous laisse imaginer Thor, il tendit la main vers le forgeron, plus deux mètres de haut, plus musclé qu'un taureau, considéré comme le plus viril des hommes et des dieux, devoir se déguiser en Freyja, déesse des plantes et de la fertilité. »

Il fixa un moment son Thor du 19e siècle puis désigna son tablier en souriant :

« C'est très aimable de votre part d'être venu en robe. Merci, cela m'arrange bien. »

Le forgeron bras croisé sur le torse esquissa un sourire sous son épaisse moustache blonde, puis il finit par quitter la scène imaginaire du conteur rejoignant le reste de l’attroupement.

« Thor refuse, il est hors de question qu’il se travestisse ! Il pense que s’il le fait, les autres dieux douteront de sa virilité ! Mais Loki insiste, invoquant la sécurité du royaume entier, car si le marteau n’est pas récupéré, les géants envahiront le royaume des dieux. Thor, finit par accepter.
…Bien des femmes on put dire que Thor étais le plus beau des hommes qu'elles avaient rencontré, je pense en revanche que peu d'hommes ont déclaré que Thor-Freyja étais la plus belle femme qu’ils leur furent donné de voir. Mais une fois son visage dissimulé par un voile, ses énormes muscles sous une robe semblable à celle de la déesse, quelques breloques en or sur ses bras et une mignonne couronne de fleurs sur sa tête, les dieux estiment que le déguisement est convaincant. Quant à Loki, il est déguisé en servante pour accompagner Thor à la cérémonie. Tous les deux partent pour le royaume des géants… »


Félicien esquisse un sourire, se délectant de pouvoir à nouveau conter des histoires. L’auditoire a l’air concentré sur ses paroles, il décide de tenter quelques petites digressions, d’autant plus qu’il a remarqué certains tenté d’articuler les prénoms légendaires le visage grimaçant.

« Freyja, Mjöllnir, Heimdall, ... Comme vous avez dû le constater, mesdames et messieurs, les noms de nos voisins du nord sont particulièrement imprononçables. J'ignore s'il s'agit d'un complot pour que cette langue reste sibylline à nos oreilles, mais ! il existe une théorie sur le sujet. Voyez-vous, il fait très froid dans le nord, et ce, pendant toute l'année. Vous voyez un peu lorsque l'on a froid, on est complètement serré sur soi-même, complètement tendu, on ne laisse rien dépasser. Avec les épaules qui grimpent jusqu'au aux oreilles, les bras plaqués contre ses côtes, comme ça. Il s'agirait là de la clé pour prononcer : il faut avoir la mâchoire et la gorge complètement contracté. Et parler bien plus fort aussi, en faisant un effort d'articulation, parce que le vent souffle dehors en plus de la tempête de neige. Évitez de claquer de dents en revanche, c'est un tout autre dialecte, on ne comprendra plus rien de ce que vous dites !

Mais trêve de tergiversions ! Les noces arrivent ! Le géant est tellement heureux de pouvoir enfin épouser la belle Freyja et de fêter leurs noces qu'il organise une somptueuse réception à laquelle il a invité toute sa famille. Loki et Thor arrivent à temps pour le banquet. Face à Thor la belle, vêtue de sa jolie robe, le géant succombe d’amour. Elle est si gracieuse, si exquise, il la trouve si féminine. Thrym regarde amoureusement sa future épouse qui…. avale à elle seule sous ses yeux une vache entière…. »


Le chat esquissa un énorme cercle avec ses bras pour illustrer l’énorme animal. Puis il arrête brusquement son récit, laissant le publique réagir, et se représenter cette princesse musclée avalant un bovin sous le regard stupéfait de son amoureux. Les rires ne tardent pas et le chat alors tend une main, tend les doigts un à un semblant compter.

« Ainsi que huit saumons… »

Il hoche la tête l’air de vouloir assurer la véracité du menu. Il perçoit des étoiles dans les yeux de certains à l’évocation de ce plat de roi.

« Et trois tonneaux d’hydromel… ! Achève-t-il en s’exclamant. Le géant a les yeux ronds comme des plats à tartes : il n’en croit pas ses yeux ! Continue-t-il l’air aussi surpris que ses auditeurs. C’est alors que Loki, déguisé en servante se précipite au secours de son frère et pour sauver la situation. Il cherche vite une explication : Oh seigneur… Enfin pardon, avec une voix servante bien sûr : Seigneur Thrym ! Fit-il d’une voix aigüe et comique. Si votre fiancée à un tel appétit, c’est que, Freyja n’a pas mangé depuis huit jours tant son excitation était grande de venir au royaume des géants ! Loki sauve ainsi la situation in extremis… Ce qui est compréhensible cela dit. Toutes les demoiselles présentent ici pourront nous le confirmer. N'est-ce pas ? Reprend-il en haussant le ton, interpellant volontairement le publique de manière très directe. Avant de voir vos admirateurs vous jeûnez pendant des jours, voire des semaines pour les plus enflammées ! En même temps, il faut dire que nous les hommes, avons un charme un fou. Eh, quand même ! Avouez-le mesdames. »

Il eut comme réponse des "oui" particulièrement virils venant du fond, un groupe de jeune fille pouffa au premier rang. Il se joignit au rire au général.

« Thor a fini son repas, le seul point positif qu’il ait à vrai dire trouvé à cette mascarade. Il retrouve vite sa mauvaise humeur. Thor… soyons très clair là-dessus, je ne vous ferais pas de dessin, Thor, et bien Thor fait très clairement la gueule, sous son joli voile de soie blanche. »

Il passe une main sur son visage vers le bas, arborant une mine ravagée, sombre, incarnation de la mauvaise humeur. Une expression que Félicien avait apprise en imitant son frère le matin pour se moquer de lui. Mais seul Llewyn possédait le véritable secret de cette tête à faire peur.

« Oh yes, toi tu la fais très bien, reste après la fin de l’histoire, il faut que tu m’apprennes. »

Il pointa du doigt un homme âgé semblant perdu dans ses pensées qui avait une expression mémorable sur le visage. Il fut tiré de sa rêverie et ne comprit pas pourquoi le conteur s’adressait à lui, faisant rire les personnes autour de lui.

« Thrym veut alors déposer un baiser sur les lèvres de son aimée. Il est épouvanté du regard féroce que lui lance sa future épouse ! Loki trouve encore une explication, il dit au géant Thrym : Freyja n’a pas dormi depuis huit jours, tant était grande son excitation de venir dans le monde des géants ! Le géant acquiesce et retourne aux festivités, les deux dieux sont à nouveau soulagés. Mais ! Le géant cause délibérément le geste qui causera sa perte. Il fait venir Mjöllnir, car il désire l’offrir à sa fiancée pour consacrer leur union. Le marteau est déposé sur les genoux de la future épouse. Thor s’empare de son marteau, il arrache sa robe, la belle couronne de fleurs, les bijoux, et dévoile sa vraie nature. Furieux, il massacre alors tous les géants présents au banquet.
C’est ainsi que Thor récupéra son marteau ! Vous connaissez à présent l’histoire du vol du marteau de Thor, comment le dieu le récupéra, et que le plus grand guerrier de tous les dieux fut transformé en princesse. Malgré cette fin brutale, n’oublions pas de tirer une morale à cette histoire, qui je l’espère inspirera respect et crainte envers les travestis ! »


Le félin conteur fut salué par des applaudissements, Félicien adressa un clin d’œil à la petite fille toujours agenouillé au premier rang. Entraîné par son petit succès, et les personnes présentes réclamant une seconde histoire, il se laissa aller à quelques fantaisies. Le chat encouragea le public à participer aux contes de fées. Ce dernier apprécia grandement cette originalité et l’engouement pour les histoires s’en trouva décuplé. Il fit venir plusieurs personnes à ses côtés pour conter les histoires, et le meilleur d’entre eux se révéla être une petite fille de sept ans qui s’avéra la conteuse la plus investie dans son récit, comme avait coutume de le faire les enfants. En revanche, une grand-mère fut intarissable à en devenir presque un problème et Félicien eut bien du mal à la convaincre par sous-entendu de laisser sa place.

Félicien se balançait d’un pied à l’autre en scrutant la foule d’un œil expert pour choisir qui serait le prochain conteur intérimaire. Ignorant les mains levées, ce fut une jeune femme blonde qui arrêta son regard. Arrêtée depuis peu, semblait-il au dépens de l’homme à son bras, il reconnaissait dans ses yeux l’étincelle des passionnés. Et en arrêtant des gens de passages, il avait plus de chance que ces derniers restent un peu plus. Il considéra une jeune femme blonde arrivée avec son compagnon.

« Mademoiselle ! Oui, vous ! »

Le chat sauta de son perchoir improvisé et se dirigea vers la jeune femme. L’attroupement se fendit à son passage, curieux de voir qui était l’heureux élu.

« Permettez. »


Il tendit la main à la jeune femme, son sourire d’enfant turbulent aux lèvres. Elle sembla hésiter, Félicien ne la lâcha cependant pas du regard, se permettant d’insister. Il voulait que cette femme raconte une histoire, les regards ne mentaient pas. Elle sembla lui donner raison, finissant par se résigner à monter. Il sembla au chat qu’elle chuchota quelque chose pour elle-même, puis elle lui donna la main, pour le plus grand ravissement du matou qui la guida jusqu’au carré de pavé réservé au conteur. Il eut juste le temps d’entendre la menace de l’homme qu’il feignit d’entendre, jusqu’à ce qu’un fumet lui arrache un frisson à l’échine. L’homme lui susurrant menace à l’oreille était un loup-garou. Il avait choisi la compagne d’un loup-garou. Il aurait volontiers rit de la situation si les loups n’étaient pas des créatures si virulentes, vindicatives, et ayant une dent contre les chats. Il ne se retourna cependant pas, et guida la jeune femme jusqu’au promontoire. La jeune femme blonde semblait à la fois gênée et heureuse, ce qui amusa beaucoup Félicien. Ce qui l’amusa encore plus fut la mine boudeuse de son compagnon lycanthrope. Félicien jugeait ces créatures d’une susceptibilité sans pareil.
La jeune femme commença à conter son histoire. Félicien fut forcé de détacher son regard moqueur du loup afin de consacrer toute son attention à la jeune femme. Elle était absorbante, ses paroles envoutantes, sa timidité apparente se changea en une douceur immense, chaque mot fut comme une caresse. Elle était une de ces personnes à la voix délectable que l’on aurait voulu faire parler indéfiniment tant leur voix était agréable. La conteuse –puisqu’elle en méritait le titre- lança un sourire puis elle alla rejoindre son compagnon.
Mais le charme fut rompu.

— Eh ... Je vous ai déjà vu quelque part ... Non ? Mamz'elle ... Du cabaret …


Le visage de la jeune femme se décomposa. Elle se crispa contre son compagnon qui ne tarda pas à répliquer au perturbateur.

- Je regrette Monsieur, mais cette demoiselle a promis de passer la journée en ma compagnie. Quelles que soient vos éloges, elles resteront vaines.
- C'pas ça... C'est qu'elle ressemble drôlement à...
- N'ai-je pas été assez clair ? Coupa-t-il. Cessez de nous importuner.
- Ça va, pas l'peine de monter sur vos grands ch'vaux ! Reprit l'autre. C'est toujours pareil avec vous les grand' gens ! On peut jamais rien vou'dir' ! J'ai juste cru qu'c'était...

Les commérages montèrent. Félicien se mordit la lèvre, il était fâcheux que la jeune femme soit importunée de la sorte. Il était devenu spectateur de l’échange mouvementé, ironique retournement de situation. Le chat jeta un regard pensif à la femme à la chevelure d’or, la plaignant un peu. Elle avait l’air timide, qu’elle torture cela devait être pour elle d’être harcelé de la sorte dès qu’elle sortait. Cependant, le chat n’avait nulle doute sur les affirmations du gêneur, il avait la conviction que cette jeune femme avait déjà eu l’occasion de se retrouver face à un public, et ce, pour une activité relevant de l’éloquence.

« Monsieur je vous prie, cessez d’importuner ma sœur ! » Tonna le chat.

Il fendit la foule, lançant un regard agacé à l’homme, il se dirigea droit vers la jeune femme puis osa lui attraper les deux mains dans un geste d’excuse. Il les attrapa fermement, plantant ses yeux dans les siens, priant pour qu’elle n’esquisse pas un sursaut ou un geste de recul.

« Juliette, je suis navré, il semblerait que tu aies un sosie à Paris. Il fronça les sourcils, semblant s’apercevoir de la présence du loup, allait-il considérer cette mésaventure de la jeune fille comme étant sa faute ? Il se contenta d’un regard rapide sur l’homme. Tu me présenteras ton ami plus tard. »

Il expira un grand coup, tentant de chasser le mauvais menteur qu’il habitait. La seule technique qu’il avait trouvée était de mentir sans jamais réellement mentir en jouant le plus possible avec les mots et les dites vérités. En ce qui concernait la situation présente, il était sincèrement désolé et si la jeune femme s’avérait conteuse, ils étaient parentés de loin par leur profession.

« Vot’ sœur ?

-Y dit qu’la loupiote c’est sa frangine ? » répéta une tonitruante au fond.
-Oui, ma sœur, c’est pour cela que je l’ai désigné pour conter. On a les mêmes yeux et le même sourire, dit-il, vous nous excuserez pour le moment, mais ni elle ni moi n’en avons l’envie. Elle n’a jamais mis les pieds dans un cabaret, elle est chapelière. »

Lui attribuer métier de création serait tout à fait crédible après la prestation qu’elle venait de leur offrir. Il se retourna vers la jeune femme.

« Juliette chérie, pardonne-moi, je ne savais pas que tu sortais aujourd’hui, c’est une chance que l’on se soit croisé. Tu te rends compte, ce monsieur t’a pris pour une artiste ! Il étira un sourire. Je devrais faire attention à toi la prochaine fois que je t’emmènerais souper. D’ailleurs, j’espère que cela tient toujours pour mardi prochain ? Tu n’as rien dit à père et mère, j’espère ? »

Il baissa la voix à sa dernière question qui offrait à l’artiste l’opportunité de ne répondre que par un hochement de tête, ce qui correspondrait à la timidité de la jeune femme. Il lui adressa un regard désolé, mais se força à étirer un sourire.

« Cela dit, je suis surpris, monsieur, que le sort soit tombé sur ma sœur. »


Il se retourna vers les badauds dont la présence le réjouissait quelques minutes plus tard.

« Il y avait peu de chance pour que cela tombe sur Juliette, enfin, vous ne l’avez pas remarqué ? Enfin, je veux dire… Personne ne les a remarqués ? Cependant, ma sœur vous offert une très jolie histoire la moindre des politesses auraient été de la remercier autrement que de lui parler comme à un ramasseur de mégots. »

Il pinça les lèvres, l’air courroucé, lançant un regard lourd d’avertissement à l’homme ainsi qu’à l’ensemble des personnes présentes, digressant volontairement de sujet pour frustrer l’auditoire.

« Z’êtes donc d’accord avec moi qu’elle ressemble à… Hein ? D’qui vous parlez ? »

Les badauds de la foule commencèrent à être interloqués. Sans que personne ne s’en aperçoive, le conteur venait de commencer une autre histoire bien plus fantasque que toutes celles qu’il avait pu leur conter dans l’après-midi. Il utilisait exactement les mêmes stratagèmes pour capter leur attention, Félicien feinta d’être étonné, il passa un regard dans la foule, comme se demandant si toutes les personnes rassemblées ici n’étaient venu pour lui faire la même farce. Il accentua son effet en reposant la même question :

« Non, s’il vous plait ! Répondez-moi franchement je vous prie. Personne n’est au courant ? »

Face à l’absence de réponse et les chuchotements interrogateurs de la foule commençant à se multiplier, il feignit d’être sidéré. Il s’aperçut qu’il tenait toujours les deux mains de sa sœur fictive, il les lâcha pour les placer sur ses hanches.

« De quoi tu parles ? »
« Oui, dis-nous ! »

Félicien les fit taire d’un geste de mains.

« Vous êtes tous venu ici pour voir la course de bateau sans savoir... ? Ma sœur a bien du talent -contrairement à ce que père et mère veulent bien te reconnaître, dit-il à son adresse l’air désolé, mais votre sens de l’observation laisse à désirer. Une artiste de « cabaret » aurait les moyens d’une toilette bien plus luxueuse. La paye du patron suffit bien, mais une belle chanteuse a de quoi dévaliser les boutiques les plus chics de Paris avec les pourboires de ces admirateurs. Mais vous devez être au courant n’est-ce pas ? Vous êtes tous venu pour voir la course de bateau sans savoir pourquoi elle avait lieu ? ‘Lisez pas le journal vous dis-donc, pourtant ça a fait les gros titres partout. »

Félicien s’efforça de parler normalement, sans forcer sur sa voix pour que tout le monde l’entende, tentant de paraître le plus décontracté possible.

« Le nouveau palais de justice qui est en train de se construire, la mairie à emprunté de l’argent aux patrons des magasins Dip & Jones, l’une des plus grosses pointures de la ville. Ils organisent tout ça, il esquissa un geste de la main pour désigner l’évènement, en leur honneur, en guise de remerciement, pour leur porte-monnaie, quoi ! Mais m’sieur Dip est bien connu pour écumer les cabarets. Il a eu donc une unique exigence… Vous devinez ? »


Les badauds étaient subjugués, bien plus que lors des contes précédents. Les gens du peuple étaient complétement hypnotisés dès qu’il était question de fortune et de célébrité. Et tellement facile à embobiner. Félicien était mauvais menteur, mais lorsqu’il s’agissait de raconter des histoires abracadabrantes et de les étoffer de détails plus invraisemblables les uns que les autres, le chat savait faire preuve d’adresse.

« La tulipe, du moulin rouge. » dit-il sur le ton de la confidence.

Des exclamations admiratives fusèrent. Les bavardages se muèrent en commérages et reprirent de plus belle, acquiesçant largement ses dires et créaient eux-mêmes l’histoire de toutes pièces.

« Oh ! la tulipe ! »
« Qui ne voudrait pas rencontrer cette femme ! »
« J’ai entendu dire qu’elle avait plus de bijoux que la reine d’Angleterre. »
« Haha, et oui, qui ne connaît pas la tulipe du moulin rouge ? »
« Ha ! C’est sûr. »

Qui ne connaissait pas la tulipe du moulin rouge ? Et bien Félicien pour commencer. Il avait juste aperçu une affiche de spectacle placardée contre un lampadaire, situé juste derrière le petit attroupement et qui annonçait les têtes d’affiche de la semaine. « la Tulipe » était le prénom marqué dans une police deux fois plus grosse que les autres noms de scène.

L’église sonna treize heures. Les badauds, tout excités d’avoir l’occasion d’apercevoir une véritable célébrité se dirigèrent vers la rive, espérant obtenir de bonnes places, non pas pour mieux voir les bateaux. Malheureusement pour le couple, l’ensemble de l’attroupement se précipita dans la même direction qu’eux, leur coupant le chemin et interrompant la ballade que le loup avait voulu continuer. Les ouvriers, quant à eux, rejoignirent leurs ouvrages, partant dans des directions diverses, Félicien aperçut le forgeron moustachu s’éloigner. L’attroupement se dispatcha, laissant seul le loup, le chat et sa fausse sœur. De l’ensemble de l’attroupement seul restait les bambins qui jouaient dans un coin avec des cailloux et jetaient des regards curieux aux adultes restés. Le chat alla vite récupérer son couvre-chef qu’il avait laissé par terre avant de revenir vers la jeune femme, avant que son compagnon ne veuille l’emmener. Il la salua respectueusement la jeune femme. Bras croisé dans le dos, il s’inclina légèrement en avant.

« Vous avez perturbé mon auditoire Mylady ! Il m’est impossible de continuer à travailler dans ses conditions.»


Il arborait un sourire jusqu’aux oreilles, le chat avait l’impression d’avoir réellement sauvé la jeune femme. Et il était plutôt fier d’avoir réussi à convaincre une bande de badauds de s’en aller.

« Je suis désolée pour les désagréments qu’on put vous causer ces gens, votre histoire était pourtant réussie. Il soupira en vissant sa casquette sur sa tête. Le peuple ne se contente jamais de ce qu’on lui donne. Enfin… Ils sont partis maintenant. Vous ne risquez plus, je l’espère, d’être importunée. Oh et, veuillez me pardonner, je n’ai absolument rien contre votre robe. Juliette ne vous allait pas du tout d’ailleurs »

Puis il se tourna vers le loup. Il le salua d’un hochement de tête timide, la main sur sa casquette. Il le considéra un moment, une envie terriblement suicidaire le chatouillant. Puis il finit par franchir le pas, Félicien était trop moqueur et taquin pour laisser passer l’occasion.

« Pardonnez mon impolitesse ! Enchanté de faire votre connaissance, monsieur. Et aussi ravi, que ma cousine vous plaise. »

Un grand sourire s’étira malgré lui sur ses lèvres. Les loups étaient très méfiants avec les chats… Mais que diable, pensa-t-il, si cela marchait, il aurait de quoi faire rire tous les chats de Paris pendant des mois ! Puis il jeta un regard à la jeune femme, insinuant d’un coup d’œil tous les soupirs amoureux qu’avaient pu échanger les deux amants, compatissant au bonheur de sa nouvelle cousine, si ce n’est qu’il lui adressait tous ses vœux dans cette œillade. Il espérait que la jeune femme veuille bien marcher, elle le lui devait bien. Autrement, Félicien était un bon pour dormir dans un coffre-fort pour le reste des semaines à venir.
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June Ravenclose
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Jeu 31 Déc - 17:00

June était soulagée de ne pas être toute seule pour affronter cette situation difficile, elle aurait bien été incapable de répliquer comme Aldrick venait de le faire. Elle jeta malgré tout un regard inquiet derrière elle. Cet homme insistait beaucoup trop pour les laisser partir sans faire d'histoire. Et comme il fallait s'y attendre, ses cris indignés avaient fini par attirer l'attention d'autres passants. Les voilà encerclés, coupant court à leur promenade. Qu'allait-il de passer à présent ... ? Elle ne put s'empêcher de se remettre à trembler légèrement. Il finissait toujours par se produire des événements qui la poussaient au bord du gouffre et lorsque les autres voyaient derrière le masque ... Elle se retrouvait horriblement seule.

Mais à sa grande surprise, le conteur qu'ils venaient de quitter les sortirent de ce pétrin. La surprise la laissa figée, ne pouvant nullement réagir à ce que cet homme racontait. Et qu'est-ce qu'une fleur avait à voir avec toute cette histoire, de toute façon ? Ce ne fut qu'une fois les badauds disparus qu'elle put souffler un peu à nouveau. C'était tout de même dommage... Étant donné que toutes ces personnes étaient parties dans la direction où Aldrick voulait l'amener, leur promenade devrait attendre encore un peu. Lui qui semblait si enthousiaste par cette surprise improvisée... Ce n'était peut-être que partie remise, mais c'était sa faute, une fois de plus. Elle aurait mieux fait de ne jamais envoyer cette lettre ! Elle ouvrit la bouche pour s'excuser une fois encore, mais on lui coupa l'herbe sous le pied, la laissant bouche bée.

Était-ce vraiment l'impression qu'ils donnaient ? Celle d'un ... Couple ? Elle ne put s'empêcher de rougir cette fois, ne sachant plus trop où se mettre, regardant simplement ses mains. D'accord, ils s'entendaient bien, mais ils se connaissaient à peine, en vérité, ayant tout juste commencé à gratter la surface tout à l'heure... Elle ne savait pas y faire en matière d'amitié, et encore moins avec les hommes. Sa petite main en relâcha presque celle du commissaire. Mais si elle n'aurait pas voulu le blesser et puis tout cela n'était pas sérieux ! Elle en avait suffisamment fait aujourd'hui. Qu'elle n'aille pas tourner de l'œil à cause de toutes ces émotions en plus ! Dolores lui avait trop souvent fait remarquer qu'avec son teint palot, elle devait être anémique. Ce n'était pas le moment de vérifier cette hypothèse. Elle préféra s'intéresser à cette nouvelle connaissance pour le moins particulière. Il ne ressemblait pas vraiment à un gamin des rues ... Et pourquoi tenait-il autant à prétendre à un lien de sang avec elle ? Enfin, peu importe. Elle avait une dette envers lui. Mais qu'il ne s'attende pas à ce qu'elle ne demande rien en retour, quand même. Elle ne connaissait même pas son nom ! Mais comment expliquer l'existence d'un cousin alors qu'elle avait déjà mentionné qu'elle n'avait plus de famille ? Ce qui n'était pas tout à fait vrai, d'ailleurs, ni tout à fait faux... Elle se contenta d'observer Aldrick du coin de l'œil avant de tenter de changer de sujet le plus délicatement du monde. Après tout, pourquoi s'inquiéter de l'opinion d'un parfait inconnu ? Voilà. Elle avait retrouvé ses esprits et son sens de la répartie, surtout. Le reste, elle pouvait le mettre sur le compte d'un simple choc nerveux. Elle serait plus à l'affût, à l'avenir.

— Je l'espère bien ! C'est mon plus grand fan, figurez-vous ! J'ignorais par contre que vous étiez à Paris, cher cousin.

Enfin ... Avec toutes ses sautes d'humeur depuis tout à l'heure et son rire qui restait un peu nerveux, on croirait peut-être qu'ils se connaissaient, oui, mais pas forcément de façon tout à fait cordiale, voir pire. Mais étant donné les circonstances, il fallait bien le lui pardonner, non ? N'empêche, une question bien plus importante lui vint à l'esprit. Cet étrange garçon était-il un Légendaire ? Cela risquait de la mettre dans une situation un peu délicate, si c'était le cas. Elle aurait aimé comprendre un peu plus ce qui se passait au juste ici. Elle était médium, pas télépathe ! Quoique sa curiosité était bien ce qui la poussait à jouer son rôle dans ce qui préparait, elle l'espérait, une plaisanterie aimable. Sans quoi elle y mettrait fin aussitôt, et de façon cassante.
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MessageSujet: Re: Un pour tous, et tous pour un ! [Pv Aldrick & Félicien] | [1889]   Dim 4 Déc - 17:56

Le loup soupira, lassé d'avance de tout ça. Même le badaud sembla moins insister que ce chat de malheur.

- D'abord elle est votre sœur et maintenant votre cousine ? Vous vous emmêlez les pinceaux je crois, damoiseau.

Il s’apprêtait à lui sortir une remarque bien sentie quand la main de June s'éloigna de lui, le surprenant autant que cela le laissa perplexe.
La scène qui se joua ensuite sous ses yeux ne fit qu'accentuer ce trouble. Arquant un sourcil d'un air plus que dubitatif, le commissaire ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son ne trouva grâce à ses yeux. Ses iris d'or passèrent de l'un à l'autre, tandis qu'il refermait la bouche sans trop savoir quoi faire de cette information.
Il eut pour la demoiselle un regard interrogateur prononcé, avant qu'il ne lui vienne à l'esprit qu'il était indélicat. Aldrick ne put pourtant empêcher un soupir léger de soulever ses épaules, ni sa main de délaisser celle de la belle pour passer sur son front, enfin, reprenant contenance, il se redressa légèrement et tendit sa main au chat, en faisant au mieux pour prendre sur lui.

- Je vois. Je suis navré d'avoir été désagréable. Enchanté, Monsieur... ?

Que n'aurait-il pas fait pour les beaux yeux de la belle, franchement ! Il n'y avait probablement qu'elle pour le convaincre malgré son aversion pour les chats, d'agir ainsi.
S'il persistait dans son esprit ce doute d'une famille absente, l'ignorance et la surprise de l'artiste semblaient corroborer l'hypothèse d'un cousin dont elle ignorait la présence à Paris.
Le loup, droit et fier, reprit ensuite, avec un calme qui ne pensait pas posséder :

- C'est une singulière occupation que celle de distraire les foules ainsi. Est-ce qu'il vous arrive souvent de raconter des histoires de la sorte ?

Une pointe de raillerie souligna le propos malgré lui. Taquin, il s'entendit déclarer avant même d'en avoir conscience :

- Peut-être pourriez-vous me conter quelques anecdotes sur votre cousine ? Elle est trop humble, j'ai peine à en apprendre à son sujet.

Comme un gosse trop conscient de sa bêtise, l'agent afficha un sourire d'innocent aux mains pleines, et tira légèrement la langue à June en guise d'excuse. Il n'entendit cependant que partiellement la réponse qui lui fut faite, car un jeune homme, d'une dizaine d'années attira son attention en apostrophant les passants :

- Prix de dernières minutes ! Achetez vos tickets pour la loterie ! Deux pour le prix d'un ! 2 Francs le ticket ! Saisissez votre chance m'ssieurs dames ! De merveilleux lots à gagner dans moins de 10 minutes ! Deux billets pour le prix d'un !

Sans tenir compte de la conversation, il glissa tel un gamin impatient d'entamer un nouveau jeu :

- Oh, j'ignorais qu'il y avait aussi une loterie ! Ce doit être drôle. Vous voulez des tickets ?

Mais il n'attendit pas de réponse, un seul regard vers June lui avait suffit pour noter la curiosité au fond des yeux clairs de la blonde. Il farfouilla dans sa poche intérieure, en sortit de quoi payer quatre tickets et écouta avec attention les indications du plus jeune.
Quand il fut certain d'avoir compris où se situait l'estrade sur laquelle la loterie devait avoir lieu, il rangea ses affaires et avisa le haut de la rue, où un cab débouchait à vive allure, faisant place nette sur son passage.
Sans réfléchir, il saisit la main de June, pour la rapprocher d'eux, tandis que le cab laissait derrière lui une envolée de chapeaux et des passants mécontents.

- Ben Diou ! C'est qu'il r'garde pas où y va l'bougre ! Se renfrogna le plus jeune, en passant une main sous son nez, perdant malgré lui l'exemplarité de langage qu'on avait exigé de lui pour la vente des tickets. Où c'est qu'elle est la police quand y faut, hein ?! J'vous jure !

Cette fois, ce fut Aldrick qui se renfrogna, et après avoir affiché une moue vexée, leur emboita le pas, gardant sans s'en rendre compte la main de June dans la sienne en leur emboitant le pas, il déclara :

- Ne traînons pas, ou on va louper le départ.

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