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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 20 Jan - 18:10

Morgan toussait, et Frédéric avait peur.

La situation n'était pas plus compliquée que ça : elle se résumait à ces 6 petits mots formant une phrase toute simple.



La situation n'était pas simple. Morgan était malade, et Frédéric n'arrivait pas à le soigner comme il fallait. Et ça le rendait dingue.


Tout avait commencé avec un pressentiment. Le mage en avait quelques fois, et il n'avait jamais aimé ça. Comme leur situation au Lost Paradise était assez risquée dans l'ensemble (certes ils étaient parmi des frères, et en sécurité relative, mais il suffirait qu'un seul artiste soit démasqué pour que tous soient mis en danger), le rebouteux avait mordu sur sa chique et fait ce qu'il n'aimait pas faire : il avait cherché dans les étoiles un peu plus de précisions.
Il en avait eu : il savait le jour, il savait le lieu. C'était le Lost, évidemment. Et le jour J, après qu'il eut prévenu le patron (au cas où), on avait attendu que quelque chose se passe.
Un oiseau avait effectivement joyeusement déféqué sur la veste en velours de M. White. Andréa avait effectivement cassé un verre à la cuisine. Un artiste s'était même foulé une cheville, et on avait cru que c'était ça qu'annonçait le pressentiment. Sauf que le sentiment restait, et il ne s'estompa qu'à la fin de la journée, avec l'évènement le plus insignifiant de la journée : en allant se coucher, Morgan éternua.

C'était assez cocasse à vrai dire, et on en aurait bien rit, si Frédéric n'était pas devenu blanc comme un mort dans la seconde qui suivait.

Depuis lors le stress de Frédéric grimpait en exponentielle, inversement proportionnelle à l'état de Morgan. Et ça ne rassurait personne.
Il avait tout essayé pour soutenir son “frère“. Son père avait été un très bon rebouteux, mais Frédéric n'était pas un expert, même s'il l'avait cru.

Beaucoup étaient venus voir comment Morgan allait, Fred les avait tous éconduits (plus ou moins durement d'ailleurs). Il n'avait même pas ouvert au Nonnet, et il s'en voulait un peu pour ça. Il avait juste ouvert au vieux Llewyn et au Patron, lesquels avaient insisté pour qu'il demande l'aide de la nouvelle médecin du cabaret. «  Pour toi aussi Fishy Boy » avait dit l'irlandais. Frédéric et son orgueil avaient rembarré ces bonnes volontés-là aussi, quoique plus gentiment. Concernant l'hydre, il ne faisait confiance à personne.

Ainsi, après une semaine de bataille acharnée, l'état de Morgan stagnait. La fièvre faisait des bonds et la toux suivait. Morgan, lui, dormait la plupart du temps, en grande partie à cause de Frédéric qui préférait le voir inconscient : l'hydre récupérait toujours mieux comme ça, et ça évitait qu'ils se montent une mayonnaise tous les deux. On avait bien assez d'une personne angoissée par pièce, merci bien.

La pièce, justement, était un vrai capharnaüm de runes écrites un peu partout, de colifichets pendus autour du lit et de récipients, tellement nombreux qu'on se demandait comment le bureau ne s'était pas encore écroulé sous leur poids.
… Et dans le petit miroir de poche accroché près de l'armoire, il se vit lui : paniqué, sous tension, des cernes sous les yeux, qu'il avait féroces et las à la fois. Il revit sa mère en lui, et ça lui fit peur. Tant de morts... mais la Grande Dame n'aurait pas Morgan ! Pas cette fois !

Il se prit le visage entre les mains et se força à faire le vide. On n'en était pas là. Il était juste en train de se monter la tête, une vraie mère poule complètement paniquée. Il devait se reprendre. Un instant il envisagea d'aller la voir, cette médecin.

Mouais...


L'on toqua à la porte, un toc toc doux, mais clair. Il décida que ça devait être Llewyn, ou M. White. Peut-être même Robin. Il ouvrit, conscient de sa mine peu engageante.

Ça n'était pas Robin, ni Llewyn, ni le patron. Ça n'était même pas un ami proche. Il connaissait la jeune femme qui se tenait devant lui, et il fut surpris de la voir là. C'est pourquoi il ne put que souffler un « Rose ? » étonné, car s'il l'avait aperçue de nombreuses fois avant son embauche, il ne la connaissait que sous son nom de scène. Ç'aurait pu être son prénom, Rose. Mais il savait qu'il n'en était rien, et il se sentit mal de ne pouvoir l'appeler par son nom. Il se sentit mal aussi de lui avoir ouvert.
Décidément, il ne se reconnaissait pas lui-même...

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Eglantine Jocor
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Jeu 22 Jan - 21:12

Cela ne faisait pas bien longtemps qu’Eglantine avait été engagée au Lost. Elle s’était de fait encore assez peu mêlée aux autres, qu’elle connaissait plus par leurs numéros, leurs personnages qu’en tant que personnes réelles.

Elle avait aménagé sa chambre, ce qui lui avait pris un certain temps. La pièce était assez petite, mais suffisante pour elle seule. Elle avait mis ses vêtements dans un placard, ses quelques livres sur la console, le reste dans des tiroirs. Cette partie avait été assez rapide. Par contre, elle avait tout à fait modifié l’aspect de cette petite chambre assez claire. Elle y avait mis des plantes. Beaucoup de plantes. Ainsi, lorsqu’on entrait, on pouvait se croire dans une serre, une jolie serre avec des meubles.  La pièce faisait ainsi assez humide, mais très lumineuse, toute en nuances de vert, avec, par instant, des touches de couleurs différentes là où fleurissaient des bourgeons, ou bien là où dépassaient des vêtements ou des meubles. L’état des plantes semblait suivre son humeur, ce qui pouvait être assez déroutant : une fleur pouvait fleurir puis se flétrir rapidement, sans autre explication que la joie et la soudaine morosité de la dryade.
La Rose Blanche utilisait d’ailleurs parfois les fleurs qu’elle cultivait pour se numéros, pour les piquer dans ses cheveux. Mais la plupart du temps, c’était Eglantine qui utilisait les feuilles, les pétales, les branches ou les racines afin de concocter des remèdes. C’était d’ailleurs très certainement ce à quoi ça allait lui servir.

Cela faisait une semaine que l’émoi s’était emparé de l’un d’eux. Frédéric Lenoir, dit Follet, ou feu Follet, leur cracheur de feu, était affolé de l’état de  celui qu’elle supposait être son frère. Jusque-là, la jeune fille ne s’en était pas mêlée, retenue par une certaine pudeur, la peur de le déranger. Pourtant, il avait l’air de s’enfoncer de plus en plus dans une fébrilité inquiète, qui semblait bien témoigner du manque de progrès dans la situation.  
Alors, ce jour-là, elle s’était dit qu’il fallait réagir. Elle s’était levée, avait enfilé une robe, un foulard, des chaussures, et avait attrapé sa sacoche. Sans même prendre le temps d’attacher ses cheveux, elle y était allée. Devant la porte, elle s’était arrêtée, se demandant si elle ne faisait pas une bêtise. Puis, elle avait décidé qu’au pire des cas elle se ferait repousser par un jeune homme à qui elle n’avait jamais parlé. Mais peut-être qu’avec un peu de chance, il voudrait bien de son aide, et elle pourrait faire en sorte que tout revienne à la normale.

Elle prit une grande inspiration, et frappa, deux fois, doucement, pour ne pas réveiller le malade s’il dormait, mais assez fort pour que Frédéric l’entende clairement.
La porte s’ouvrit, et elle se retrouva nez à nez avec un jeune homme un peu plus grand qu’elle –mais assez peu contrairement à beaucoup-, qui lui sembla un peu débraillé, mais surtout très fatigué. Ses yeux noisette brillaient d’un éclat presque fou et terriblement las à la fois, ce qui était souligné par des cernes marqués, d’une couleur un peu inquiétante.  Ses traits étaient tirés, il lui semblait plus vieux qu’elle ne l’avait cru sur scène. Elle se demanda si elle n’allait pas avoir deux personnes à soigner et non pas une seule. Le regard qu’elle put glisser dans la pièce lui fit apercevoir des choses étonnantes. Si sa chambre débordait de plantes et pouvait donner une impression de désordre, ce n’était rien face à celle-ci ! Il y avait des choses partout. Vraiment partout. Colifichets, petits récipients, meubles, inscriptions runiques, le tout en vrac. Et puis, il y avait cette impression caractéristique des chambres de malades. Cette chaleur un peu étouffante, cette odeur un peu étrange, cette drôle d’impression de confinement, de fragilité, de temps suspendu.
Elle regarda Frédéric à nouveau. Il semblait bien surpris de la voir.  Elle avait noté qu’il l’avait appelée par son nom de scène et elle avait souri. Ca ne la choquait pas. Elle était nouvelle, il avait autre chose en tête.  Après tout, c’était bien compréhensible.

- Presque. Eglantine.

Sa voix était calme, douce, assez basse et plutôt sympathique. Un joli sourire faisait pétiller ses yeux clairs, qui le fixaient sans ciller.

- Je … suis désolée de te déranger, mais je me suis dit que je pourrais peut-être être utile, si tu veux bien. Je soigne par les plantes.

C’était, selon elle, un exposé suffisant. Sa proposition d’aide lui paraissait évidente, et insister dessus lui aurait paru indécent. Elle ne voulait surtout pas le mettre plus mal qu’il devait déjà l’être. Alors, elle lui souriait, gentiment, sans bouger, sans le presser, sans insister.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Ven 23 Jan - 9:50

La surprise empêcha le cracheur de feu de faire quoi que ce soit pendant un long moment. Puis son cerveau décoda qu'elle s'était présentée, et l'habitude (et les vieux préceptes de feu sa mère) lui firent s'excuser dans un sourire faiblard, mais sincère.
- Pardon. Enchanté. Il tendit une main qu'elle serra. Frédéric. On m'appelle Fred.
Après tout, elle faisait partie de la grande famille, pas vrai ? Son joli prénom ne l'aidait pas à savoir pourquoi elle était là, debout devant sa porte. Elle fournit la réponse d'elle-même.
- ...je me suis dit que je pourrais peut-être être utile, (...) je soigne par les plantes.
Et le mage bloqua.



De l'aide.
Pour Morgan.

Malgré ses pensées quelques instants plus tôt, la simple notion l'emplissait d'effroi.
D'un autre côté, l'éventualité que son incapacité à demander de l'aide condamne finalement son frère le terrorisait littéralement.
Et il était fatigué. Tellement fatigué, bon sang...

Tels deux petits antagonistes religieux posés sur ses épaules, un dialogue s'instaura entre ses oreilles : fais-toi aider / NON ! Morgan n'est pas humain ! / Elle ne l'est pas non plus... / Je dois le protéger !! / Mais tu n'y arrives pas / Mais j'y arriverai ! / Tu es trop fatigué, paniqué etc. / On s'en fout de moi, c'est lui qui compt-- etc etc etc.

Le tout ne dura qu'un millième de seconde, mais ce fut assez pour qu'un instant, son visage prenne une expression étrange : un genre de mélange entre l'effroi et le défi.
Enfin, le cerveau ankylosé du mage vit ce qu'il aurait dû sentir depuis le début. Bon sang, il aurait reconnu cette race de Légendaires les yeux fermés ! Il y en avait une famille entière dans les bois d'Ardennes.
Cette douce Églantine au teint frais comme son nom de scène, qui apaisait son âme par sa seule présence ne pouvait être qu'une fille des bois. Dans une pensée qui n'avait rien à faire là, il espéra qu'elle approuverait l'état de leur seule plante verte, cachée près de la porte : un petit hêtre chippé d'un parc.

Frédéric n'était pas du genre à stagner longtemps. Il prit sa décision et s'écarta de l'entrée pour qu'elle puisse voir et entrer si elle le désirait. Ce faisant, il dit :
- Je... C'est gentil de ta part, j'ai... Il soupira, jetant un regard à Morgan. J'ai essayé toutes les plantes que je connais, mais...
Elle entra, et il se fit la réflexion que Morgan et lui se ressemblaient d'autant plus en cet instant : marqués tous deux par cette semaine exténuante... les yeux fermés, on n'aurais jamais pu les reconnaître.
La panique monta en lui quand il réalisa qu'elle était là, dans leur chambre à lits superposés, à un mètre de son frère malade. Son instinct le calma de suite : elle ne pourrait faire de mal à son frère que si elle était mal informée. Il suffisait de lui dire tout ce qu'il pouvait pour aider.

Argh, tout ce qu'il pouvait ?! Bon sang, il commençait à le haïr ce cabaret où on se disait tout.
Fermant la porte et s'appuyant contre le montant du lit, il décida, pour son propre bien, d'y aller en douceur.
- Son nom c'est Morgan. Il laissa passer un temps, puis, de but en blanc mais sans méchanceté il lâcha : Il dort à cause d'un sort à moi. Je suis un mage (mais elle l'avait peut-être déjà compris ?). Et toi tu es une dryade. Un temps. Lui...

Il regarda Morgan, et des années de silence et de méfiance instinctive l'empêchèrent de dire la suite. C'était déjà beaucoup en une journée...
Soupirant il se répéta une fois de plus qu'il devrait faire mieux. On ne parlait pas aux gens comme ça ! Il n'agissait pas comme ça d'habitude, mais son corps et son esprit malmenés par des nuits de cauchemars et d'angoisse ne l'aidèrent pas à trouver l'énergie nécessaire.

Pour Morgan, se dit-il. Oui, pour Morgan il ferait ce qu'il avait à faire.
Un regard à la jeune femme au milieu de la pièce lui fit rectifier ses pensées de plus tôt (bon sang ce que sa voix était douce à entendre !). Le destin avait bien fait les choses, finalement : de toutes les personnes qui auraient pu frapper à cette porte, aucune n'aurait été reçue, sinon une dryade, car Freddy était mage, et Morgan un Légendaire tout particulier.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 3 Fév - 11:50

Eglantine avait vu la surprise sur le visage de Frédéric, mais elle ne s’attendait pas vraiment à ça. Elle eut l’impression qu’il venait de se retrouver bloqué. Immobile, plusieurs expressions semblèrent passer sur son visage, dont une qui donna un rictus très étrange, entre effroi et défi, qu’elle ne comprit pas. Un instant, elle eut vraiment peur qu’il la rabroue, et lui dise qu’elle n’avait rien à faire là. Son visage se détendit alors de façon soudaine, et il ‘écarta pour la laisser entrer. Un sourire de soulagement vint sur le visage de la dryade.
Elle pénétra dans l’antre des Lenoir, cette chambre surchargée de bibelots de toutes sortes. Elle sentait une présence végétale dans la pièce, sans parvenir à trouver où … Ses yeux allaient un peu partout, très vite. De ce fait, elle repéra rapidement le lit superposé. En bas, il y avait quelqu’un. Son regard s’y arrêta, et elle se concentra là-dessus, cessant de chercher le végétal caché. Elle s’approcha doucement, alors que Frédéric commençait à parler.
La personne là-dedans … Son regard fit des allers-retours entre Frédéric et lui. Elle était décontenancée. Les jumeaux étaient assez rares pour qu’elle n’en ait jamais vus, et cette découverte lui faisait un drôle d’effet. Elle avait la sensation d’être face à Frédéric lui-même, mais en version endormie. C’était très étrange. Elle cligna des yeux plusieurs fois, alors qu’il lui expliquait ce qu’il y avait à savoir.
Morgan, donc. Quelque chose en elle lui disait qu’il n’était pas mage comme son frère. Elle s’agenouilla près de lui et lui mit une main sur le front, touchant une peau moite et chaude. Il y avait des pauses dans ce que disait Fred, comme s’il avait du mal à s’exprimer. Elle le regarda, avec un sourire. Il venait de mentionner sa nature.

- Tout juste.

Elle reporta son regard sur celui allongé dans le lit, décidant de ne pas poser plus de questions quant à sa nature. Sûrement cela viendrait-il plus tard. Et puis, si elle se rendait compte que ça lui était indispensable, elle demanderait sûrement à Fred.

- C’est très bien qu’il dorme, ça permet à son corps de ne pas se fatiguer inutilement.

Eglantine sourit à Fred, se voulant rassurante. Elle se doutait qu’il en avait besoin, lui qui semblait si fébrile, si fatigué, lui qui devait se sentir si impuissant. C’était une sensation qu’elle connaissait aussi.

- Explique-moi … Qu’est ce qui lui arrive ?

Elle sentait qu’il avait de la fièvre, mais se doutait que ce n’était pas la seule source d’inquiétude de Frédéric. Pourtant, ça aurait pu suffire : si depuis une semaine, sa fièvre ne baissait pas, c’est qu’il y avait un vrai problème. A priori, elle avait de quoi calmer cela dans son sac. Mais pour savoir exactement ce qu’elle devait utiliser, elle devait savoir ce qui arrivait exactement au frère du cracheur de feu.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 3 Fév - 14:41

Frédéric ferma la porte tandis que la jeune femme approuvait le sommeil de son frère. Il profita du moment de silence qui suivit pour réfléchir.

Elle avait eu l'air prise de court en voyant Morgan. Il avait pris peur un instant, attribuant ça à l'état de son frère, mais les allers-retours que son regard fit entre eux deux le rassurèrent : rien de plus à priori que leur gémellité qui faisait une curieuse de plus.

La dryade s'était accroupie près de Morgan, douce et prévenante. Cette fleur-là était une guérisseuse née, ça se voyait. Elle devait avoir ça dans le sang, cet instinct de l'aide à autrui : on le sentait dans sa voix, dans son attitude et dans ses mots. Elle était calme et rassurante. Frédéric connaissait ça : son père aussi avait eu ce calme apparent, même quand la mort rôdait dans l'ombre. Lui aussi avait toujours su trouver les mots qui soignaient, qui rassuraient. Le cracheur de feu lui-même avait soigné en son temps. Plus d'animaux que d'humains, certes, mais il fallait être aussi attentif pour les uns que pour les autres. Se retrouver de l'autre côté de la « profession » avait quelque chose d'angoissant.

Il traversa la pièce et alla s'asseoir sur l'appui de fenêtre près du lit et observa l' « invitée ». Son instinct aurait voulu qu'il s'asseye près de son frère, mais il voulait laisser de l'espace à la dryade. Celle-ci sourit gentiment.

- Explique-moi … Qu’est ce qui lui arrive ?

Frédéric soupira, observant le visage fermé de Morgan. Celui-ci dût sentir sa présence tout près, car ses lèvres formèrent son nom. Tout au fond de lui, il le sentit qui s'accrochait à leur lien.

- Ça a commencé il y a sept jours. Des éternuements. Ensuite il a toussé, puis la fièvre est montée. Il ne mange plus depuis trois jours. Il désigna un bol vide sur la table. Je lui fais des bouillons, il n'y a que ça qui passe.

Il voulut se lever, emmener Églantine au bureau, lui montrer ce qu'il avait préparé, les plantes qu'il avait utilisées. En temps normal, l'angoisse le rendait agité. Aujourd'hui il n'avait simplement pas la force. Il se contenta de lui expliquer tranquillement ce qu'il avait utilisé en lui montrant du doigt les flacons et les sorts correspondant. Il énuméra la liste affreusement courte des diagnostics qu'il avait fini par rayer, celle des symptômes bénins dont il ne fallait pas s'inquiéter : par exemple, Morgan avait toujours eu tendance à faire la diète une fois malade.
Au final, la liste des causes possibles restait trop longue pour Frédéric. Après tout, Morgan avait sa façon à lui de se guérir : il avait peut-être contracté deux choses en même temps ; Frédéric avait peut-être mal dosé quelque chose, à force que vouloir aider malgré son état...
Il prit son temps pour expliquer le tout : la dryade avait besoin d'informations, et de temps pour les digérer ; pas du babillage frénétique d'un frère paniqué.

À la fin cependant il s'autorisa une note de lassitude et de tristesse. Regardant ses mains, il en vint au détail qu'il avait évité jusque là.

- Morgan... Il prit une inspiration. Morgan et moi, on est liés : il puise sa force en moi, et vice-versa. Ça m'aide moi dans ma magie, et lui... Lui ça l'aide maint'nant.

Bon sang, c'était pas évident de briser la méfiance instinctive.. ! Jetant un oeil à la dryade, il ne put soutenir son regard et se tourna vers Morgan. Mentalement, il se morigéna vertement : « Bon sang Freddy, crache le morceau une fois pour toutes, qu'on soit quitte ! T'es contre le mur, t'as pas d'autre choix bordel ! ». Il soupira et avoua le reste.

- C'que j'veux dire, c'est que Morgan a une âme animale. Son cœur, son âme, tout c'qui fait qu'il est lui... ça n'est pas humain. Mais son corps l'est. Une pause, histoire de jauger la réaction de la dryade. C'est pour ça qu'il est dur à soigner : les blessures il les guérit plus vite que toi ou moi, mais l'reste, ça peut v'nir de n'importe quoi. Son âme et son cœur savent pas parfaitement comment fonctionne son corps d'humain. Donc ça peut être à cause de ça, ou à cause de moi, ou juste à cause d'un mal tout bête qu'ni lui ni moi n'avons su voir.

Il sourit doucement, se voulant sympathique.

- Je sais plus trop quoi faire. J'crois bien que chui plus trop en état d'l'aider non plus d'ailleurs...

Il allait ajouter quelque chose, mais il sentit Morgan paniquer dans son sommeil, en proie à un cauchemar ou à la fièvre. Le jeune mage se tourna vers son frère, regard voilé et visage fermé. Le visage de l'hydre s'était crispé. Fred se concentra: il devait se calmer lui-même, et rassurer son frère par sa présence mentale. Morgan le sentirait et s'apaiserait à son tour. Ça marchait la plupart du temps, mais ça fatiguait Fred énormément : devoir maîtriser à chaque instant son angoisse grandissante pour le bien de son frère ne lui permettait pas de lâcher prise, et il n'avait pas eu droit à une vraie nuit de sommeil (naturel et sans cauchemars) depuis trois jours...

Il était heureux finalement qu'Églantine prenne le relais un instant. Elle trouverait probablement une raison toute bête à l'état de Morgan, un détail énorme qu'il ne voyait plus à force d'avoir le nez dans le bouillon.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mer 4 Fév - 17:45

Elle hocha lentement la tête, prêtant une oreille attentive à ce qu’il avait à lui dire, perché sur le rebord de la fenêtre. Il lui parlait calmement, et cela permettait à la dryade de tout assimiler. Elle regardait attentivement Morgan en écoutant Frédéric. Elle voyait le visage contracté, fatigué. La douleur, la maladie s’étaient inscrites sur ses traits. Si elle parvenait à le guérir, et elle devait y parvenir, il devrait beaucoup se reposer pour récupérer. Les éternuements, la toux, la fièvre … C’était une suite souvent logique, surtout en cette saison. Il allait falloir un peu d’aide au corps pour surmonter cela, d’autant plus maintenant qu’il était épuisé. Déjà il faudrait un cataplasme sur le torse, et …
Fred, qui s’était interrompu un instant, reprit. Son ton était plus hésitant. Eglantine comprit qu’il y avait là quelque chose d’important, de très important. Elle releva la tête, alors qu’il exposait leur lien. Ils puisaient leur force l’un dans l’autre ? Alors peut-être que l’état de Fred expliquait aussi celui de Morgan, et vice-versa. Elle vit son regard la chercher, puis la fuir. Le voir ainsi lui procura un pincement au cœur. Il avait du mal à se confier, c’était évident et compréhensible. Leur statut de Légendaires e devait d’être caché, déjà, et cela développait la méfiance. Ensuite, la gémellité était souvent source de curiosité, et apparemment elle était justifiée dans leur cas. Cacher devait être son quotidien.
Ceci lui fut vite confirmé par le soupir et la suite. Oh oui, il devait très certainement cacher cela tous les jours … Un … animal. Elle était face à un animal à corps humain. Bizarrement, entre ça et leur lien, beaucoup de choses s’expliquaient. Son air d’étonnement s’apaisa lorsqu’elle comprit cela. La jeune fille semblait presque rassurée : il était tout à fait guérissable, juste différemment. Elle finit d’intégrer cela, se laissant un peu de temps pour réfléchir, sans cesser de lui sourire et en le laissant parler. Sa dernière phrase rendit son sourire un peu plus vivant.

- T’en fais pas, va, on va pouvoir l’aider à tous les deux.

Elle fit une légère pause, commençant à farfouiller dans sa sacoche bien remplie. Il y avait beaucoup de feuilles, de racines, de fleurs qui se baladaient dans des sachets, séchées ou fraîches, coupées, rappées, réduites en poussière ou entières. On pouvait aussi trouver des pommades, des baumes, des cataplasmes, des boissons, des bandages, de l’alcool, pour désinfecter. Et de l’eau. Soudain elle s’arrêta, et releva la tête, regardant Fred.

- Quel animal est-ce ?

La question avait été posée de but en blanc, sans aucun préavis. Elle prit alors conscience que cela pouvait gêner Frédéric, qui pouvait croire que c’était là de la curiosité mal placée.

- Je ne dirai rien de tout cela, promis. Mais j’ai besoin de le savoir : certaines plantes peuvent empoisonner certaines espèces.

En effet, même si le corps de Morgan qui était celui censé réagir aux plantes, état humain, elle craignait que le cœur et l’âme, quoique cette distinction lui semblait étrange, ne les repoussent. Elle avait peur d’empirer son état. Elle ne précisa pas cela, supposant que Frédéric le comprendrait, oubliant peut-être que le raisonnement était le sien, celui d’une dryade habituée au soin par les plantes, et pas celui du jeune homme fatigué et inquiet face à elle. D’ailleurs, elle commençait à se demander sérieusement si elle n’allait pas avoir deux personnes à soigner au lieu d’une. Fred lui semblait réellement épuisé, à bout de forces, à bout de nerfs.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Ven 6 Fév - 12:48

Frédéric sourit à sa remarque. Il ne doutait pas qu'ils parviennent à l'aider. Il en fallait plus que ça pour venir à bout de Morgan. C'était de ses capacités à lui qu'il doutait : il n'aurait pas toujours une Églantine à portée de main.

Il ne put s'empêcher de se pencher vers le sac de la belle lorsqu'elle se mit à fouiller dedans. Tant de choses, tant de plantes. Jusqu'ici il n'avait pas trop fait attention à son attirail, mais il commençait à penser qu'il devait être ensorceler pour renfermer autant de trucs sans craquer. Il redressa la tête quand elle parla. ses propos ne l'étonnèrent pas, mais c'est vrai qu'il marqua un temps de réflexion. Cette prise en main de la situation par autrui lui faisait du bien, finalement. La jeune dryade était professionnelle dans sa manière de faire. C'était rassurant.

- Merci pour la promesse. Il sourit brièvement. T'as raison pour les plantes, c'est logique en fait. Il se redressa contre la vitre. C'est une hydre. Enfin, c'en était un.

Il jaugea la réaction d'églantine. Tout le monde ne connaissait pas l'espèce. Ceux qui connaissaient n'y croyaient pas, ou n'en avaient jamais vu. Elles étaient rares. D'autant plus en cette époque d'industrialisation : les hydres, déjà peu nombreuses, avaient du mal à s'adapter. Morgan n'avait survécu que grâce à leur amitié. Si la dryade avait des questions, il y répondrait du mieux possible.

- Pour le corps, c'est mon jumeau parfait. C'que j'supporte pas, il supporte pas non plus. Mais on est allergique à rien en principe. Par contre il réagit plus fort. 'faut pas forcer les doses.

Puis, comme la curiosité prenait légèrement le pas sur l'inquiétude, maintenant qu'il ait lâché le morceau, il zieuta son sac une fois encore, reconnaissant un sachet de feuilles parmi d'autres. Plutôt que de poser des questions maintenant, il se leva et fit de la place sur le bureau, prenant soin de ne pas déranger les sorts en cours, déplaçant des objets communs avec milles précautions et d'autres sans faire attention du tout.

- Si t'as b'soin d'place tu peux t'étaler là. 'faut juste faire attention aux trucs dans ce coin. Si ça bouge, ça cassera tout mon système. Y'a le poêle là au fond pour chauffer d'l'eau si besoin. J'peux t'aider, j'ai l'habitude des plantes. si t'as besoin t'as qu'à m'expliquer.

Maintenant qu'il se détendait un peu, il avait envie d'agir. Il ne voulait pas rester là à ne rien faire. Il se savait trop fatigué mentalement (et physiquement) pour pouvoir gérer tout seul, mais il n'était pas inutile pour autant. Pour meubler, il s'appuya contre une barre du lit, attendant ses remarques, questions, ou actions suivantes.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Jeu 12 Fév - 12:28

La révélation la surprit. Elle le regarda, sourcils levés, geste interrompu. Un Hydre ? Elle croyait ces Légendaires-là réellement légendaires. Elle n’en avait jamais croisé et les croyait presque disparus. Sa mère lui en avait parlé, certes, et ils faisaient partie des légendes folkloriques bretonnes, où la mer était toujours très présente. Comment diable avait-il rencontré une hydre ? Elles se cachaient toujours ! Elle cligna des yeux, et regarda Morgan. Il avait pris forme humaine, sûrement par son lien avec Frédéric. Son regard revint vers Frédéric, puis sur Morgan, faisant des allers retours. Elle comprenait mieux par rapport aux blessures et aux réactions du corps. C’était délicat. Elle hocha doucement la tête lorsque Fred lui dit de ne pas trop forcer les doses. Oui, forcément …
Elle le vit regarder dans son sac, et le regarda lui, un peu surprise, alors qu’il se levait. Puis elle se rappela qu’il lui avait dit avant qu’il avait essayé des plantes, et se dit qu’il devait les connaître. De là, elle le regarda débarrasser un peu le bureau, si encombré, en semblant faire très attention avec certains objets qui semblaient sans importance. Il lui expliqua ensuite qu’elle pouvait se mettre là. Elle lui sourit. Il confirma aussi son hypothèse : il s’y connaissait en plantes.

- Merci.

Il alla s’appuyer contre la barre du lit, alors qu’elle fouillait encore. Elle finit par trouver ce qu’elle cherchait, petit sachet de plantes aux propriétés anti-inflammatoires, qui permettraient de faire descendre la fièvre et de soigner différents symptômes.

- Les voilà !

Elle se leva, se dirigea vers le fond de la pièce. Elle mit un peu d’eau dans un récipient, et y ajouta des feuilles, en assez petit nombre pour qu’il ne se sente pas barbouillé ensuite, ce qui aurait été bien dommage. C’était un effet secondaire fréquent de ces plantes-là. Elle mit le tout dans le poêle, et revint près du malade et son frère.

- Lorsque ça aura bouilli, et infusé, tu pourras le sortir s’l te plaît ? C’est pour faire baisser fièvres et douleurs.

Eglantine sourit à Fred, puis regarda Morgan.

- Est-ce que je peux le toucher, même directement sur la peau, ou est-ce qu’il vaut mieux éviter tu crois ?

Elle avait un peu peur de gêner l’hydre ou le mage par ses palpations. Elle ne savait pas à quel point le malade supportait d’être touché, et savait que ce pouvait être très gênant. Pourtant, cette opération pouvait lui être très utile : elle pourrait, par le contact de ses doigts, et ce qu’elle sentirait, savoir où se trouvaient les problèmes, où appliquer les cataplasmes, quelles potions préparer, quoi faire mâcher.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Lun 16 Fév - 14:52

Elle ne posa pas de questions sur les hydres. Elle ne s'effraya ni ne s'excita pas. Il en fut surpris, et il admira son tact. Naître légendaire ne conférait pas forcément une sympathie innée envers les autres légendaires, mais Églantine semblait être de ces gens qui donnent et respectent naturellement. C'était une dryade, avec tous les bons côtés qu'on pouvait attendre, semblait-il.

Elle se mit en action alors, sortant des plantes de son sac magique que Frédéric n'avait jamais vues, ou dont il ne connaissait pas les propriétés médicinales. Il n'eut pas le temps de poser de questions : la soigneuse s'était mise en marche, et elle était concentrée. Ses questions muettes trouvèrent réponse lorsqu'elle décida d'inclure le mage dans son travail. Il lui en fut éternellement reconnaissant : rester là à regarder l'aurait rendu dingue. Il lui sourit.

- Je ne savais pas que ça servait à ça.

Apprendre éloignait la peur, pensa-t-il. Bien. La question suivante l'étonna un peu. Avait-elle peur de Morgan ? Ou s'inquiétait-elle simplement pour un malade ? Il n'aurait su dire : les gens étaient généralement précautionneux quand il s'agissait de "déranger" les Lenoir, parce qu'ils étaient artistes, parce qu'ils étaient jumeaux (et cela semblait signifier dans leur esprit que les frères s'appartenaient d'une manière ou d'une autre...?), parce qu'ils étaient sauvages dans leur comportement... Ceux qui sentaient leur nature l'étaient parce qu'ils sentaient le pouvoir de Frédéric, sans l'identifier, ou parce qu'ils sentaient que les jumeaux ne l'étaient pas tant que ça, sans pouvoir se l'expliquer...

Venant d'Églantine, il crut qu'elle avait peur de l'hydre. Après tout, ils étaient sensés être agressifs de nature (une belle légende que cette rumeur-là, d'ailleurs).

- Bien-sûr que tu peux, tu n'as pas à craindre de lui. Je le réveille si tu préfère, tu pourras lui demander ce qu'il sent.

Si elle voulut protester, Frédéric n'y prêta pas d'attention. Il avait envie de réveiller Morgan. Il voulait voir ses grands yeux bleu marine s'ouvrir , même un instant. Il ne supportait plus de le voir endormi.

Il s'assit sur le lit auprès de son frangin, posa une main sur son épaule, sourit tristement : Morgan était chaud, saleté de fièvre. Se concentrant, il se pencha au dessus de lui pour atteindre un système de fils et d'osier, pas tellement différent des attrape-rêves amérindiens dont il ignorait l'existence. Touchant un galet en son centre, il le fit s'éclairer d'une lumière douce, qui s'éteignit ensuite. Morgan grogna. Frédéric rit dans ses dents, fit un clin d'oeuil à la dryade et passa la paume sur le front de son sosie.

- Je sais, frangin. Réveille-toi maint'nant, on a d'la visite.

Sa main sur son front s'éclaira elle aussi d'une aura à peine visible. Le mage marmonna dans ses dents des mots incompréhensibles, et ses yeux s'éclairèrent d'une énergie inattendue. Le tout s'apaisa en quelques secondes, et les yeux chéris (mais cernés) de son frère s'ouvrirent en papillonnant.

- Fred...
- J'suis là Morg'. Prends ton temps.
- Grmmm !

L'autre se replaça dans le lit, zieuta la jeune femme sans que la surprise ni l'émerveillement qu'il ressentait ne se trahissent sur son visage : il était épuisé. Eût-il été humain, il aurait hoché de la tête pour dire bonjour, au moins. Mais il ne l'était pas, et à la manière des bêtes, il se contenta de la fixer, sans animosité. Puis il sembla se souvenir.
- Ton nom c'est une fleur...
Frédéric rit.
- Rose Blanche, oui. En vrai c'est Églantine.

Morgan hocha de la tête, pour dire bonjour, ou oui, impossible de dire avec certitude. Le mouvement le fit grimacer.
- grmblmm... tête...
- Je sais.
- J'ai rêvé d'la Tante...
L'autre fit non de la tête.
- Non, ça c'était mon rêve à moi. D'quoi t'as rêvé cette fois ?
L'hydre fronça des sourcils.
- D'la neige et des bois... C'tait froid... il gémit.

Frédéric le sentit, le froid dans les os de son frère, comme s'il était en lui. Il ne dit rien, n'osa regarder personne, serra la main de son frère, puis s'écarta pour faire de la place à la dryade. Elle, il lui lança un de ces regards tristes qu'elle seule comprendrait.

- On s'est connus comme ça, dans la neige et le froid. Il était malade, déjà. Il força un sourire, se rabrouant d'avoir divulgué ça, en plus du reste. J'vais voir l'eau.

Et il se leva.
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 10 Mar - 16:43

Elle sourit à sa remarque. Rares étaient ceux qui savaient toutes les facultés de cette plante. On l’utilisait pour plusieurs autres choses, mas rarement pour ça. Apprendre des choses lui plaisait, en apprendre aux autres peut-être plus encore. Elle n’eut pas le temps de plus lui expliquer les nombreuses fonctions du végétal que l’étonnement s’était peint sur le visage de Frédéric suite à sa question précédente. Elle comprit à la façon dont il lui répondit qu’il avait mal interprété e qu’elle lui avait demandé, pensant que Morgan lui faisait peur. Elle n’eut pourtant pas le temps de protester que déjà il réveillait son frère, par un procédé très étrange, qu’elle voyait pour la première fois, et qui l’émerveilla quelque peu.
Assis près de son frère, un sourire triste aux lèvres, il avait atteint un système de fils tendus, avant de toucher un galet qui, soudain, diffusa une douce lumière. Elle n’avait jamais vu à l’œuvre aucun mage, et le coup du galet lumineux qui réveillait, franchement, elle ne s’y attendait pas, et trouvait cela à la fois impressionnant, assez incroyable, tout en regardant cela avec une étincelle d’émerveillement tout à fait enfantin dans ses jolis yeux. Il y eut un grognement, un rire léger, un clin d’œil, puis de nouveau de la lumière, qui, cette fois, venait de sa main. Il était en train de réveiller son frère à coup de lumière magique.

En voyant s’ouvrir ces grands yeux bleu marine, un peu vitreux, un peu brillants, elle sourit, et s’approcha un tout petit peu tout en remettant derrière son oreille une mèche blonde. Il appela son frère, comme on appellerait un sauveur. Celui-ci le rassura tout de suite.
L’hydre se replaça dans le lit, et Eglantine nota une certaine difficulté dans les mouvements effectués, qu’elle attribua à la fièvre, à ses douleurs. Et leurs regards se croisèrent. Il n’exprimait rien, la regardant sans surprise, ni sympathique, ni animosité. Juste comme un animal sauvage toise un inconnu attendant son premier mouvement pour savoir s’il doit attaquer ou laisser passer. Ils restèrent immobiles tous deux un instant, elle souriante, avenante, lui, inexpressif et épuisé.
Puis il sembla se souvenir. La fleur. Elle sourit plus largement, hochant la tête, alors que Fred confirmait tout en précisant son vrai nom.
Un peu en miroir, le malade hocha la tête, peut-être pour dire oui, peut-être pour la saluer. Cela lui fit mal, de façon assez évidente. La tendresse et la complicité des deux frères était assez évidente, touchante aussi. Elle les regarda, tous deux, se parler de leurs rêves, comprenant que le lien était fort entre les deux esprits. Elle craignait que cela pose problème, mais décida de faire confiance à Fred. S’il lui disait que ce ne le serait pas, ce ne serait pas un problème. Il le savait mieux qu’elle, après tout.
Elle comprit en voyant Fred s’éloigner, son sourire, triste, terrible, et sn explication rapide, lâchée, sûrement, sans le vouloir, et sa fuite vers l’eau que les sujets du froid, du souvenir, de la maladie étaient compliqués pour lui. Elle lui rendit un sourire qui se voulait rassurant, sans qu’il puisse la voir pourtant, tout en hochant la tête en guise d’appui à sa décision d’aller regarder l’eau. C’était en effet important : elle risquait de chauffer vite, et il la fallait bouillante pour faire l’infusion, mais si elle était trop chaude, il allait falloir attendre plus longtemps encore pour la faire boire à Morgan. Elle vint se mettre près du lit, accroupie, à hauteur de son malade.

- Bonjour. Je suis Eglantine, comme l’a dit ton frère, et je suis une dryade qui soigne par les plantes.

Son ton était doux, calme. Sa voix chantante, musicale, était là pour rassurer Morgan.

- Je suis contente que tu sois réveillé. Je vais avoir besoin que tu m’aides. Comment tu te sens ? Où as-tu mal ?


Elle lui sourit gentiment. Il la regarda, calmement, comme avant, semblant toujours un peu se demander pourquoi elle était là. Puis il hocha la tête, ses yeux toujours brillants de fièvre.

- Comme un poisson hors de l’eau au soleil.


Elle rit. C’était une jolie comparaison, mais elle se rendit compte que l’hydre ne prendrait peut-être pas bien ce rire.

- Pardon. Je trouve l’image sympathique. Tu peux me dire où tu as mal ? La tête ? La gorge ? Le ventre ?


Elle venait d’énumérer ce qu’elle imaginait déjà auparavant.

- Oui. Tout ça, et dans mes bras et mes jambes aussi.


Elle hocha la tête.

- Dans mon ventre ça se tord comme des serpents, et dans ma gorge …


Il fut interrompu par une quinte de toux.

- C’est un peu du feu, tu vois ?


Elle lui sourit.

- Oui je vois … Est-ce que ça fait comme du tonnerre du coup dans ta tête ? et ton nez ? Tu respires bien ?


Il hocha la tête, ferma les yeux un peu. Les épaules d’Eglantine s’affaissèrent un peu. Ce qu’elle pressentait n’était pas bien grave, mais expliquerait la fatigue du pauvre hydre.

- Je peux te toucher ? Ou tu ne préfères pas ?


Elle demandait toujours cela à ses patients : elle ne désirait pas les prendre par surprise, et donc s’exposer à des réactions violentes, mais aussi car certaines personnes détestaient être touchées, et que d’autres avaient la peau sensibilisée par la maladie. Enfin, elle-même aurait détesté qu’on la palpe sans lui demander son avis. Ainsi, certains refusaient parfois, et elle ne s’en vexait pas. Ça lui compliquait un peu la tâche, mais elle faisait avec. Mais Morgan émit une sorte de grognement en hochant la tête, et elle prit ça pour un oui. Eglantine se mit donc à la tâche. Elle papa doucement, presque avec tendresse, la peau trop chaude de l’hydre, et découvrit des tensions, des sources de chaleur, des gonflements et des lassitudes qui lui confirmèrent ce qu’elle pensait.

- Voilà c’est fini !


Son ton était assez enjoué.

- Vous vous êtes un peu surmenés tous les deux, ces derniers temps, non ? Beaucoup de travail, des préoccupations diverses, pas assez de sommeil, des promenades, ce genre de choses-là ?


La question était posée à la fois aux deux jumeaux, alors qu’elle s’était mise à fouiller dans sa sacoche en cherchant ses plantes.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Jeu 19 Mar - 21:49

La douce rose blanche ne se trompait pas dans son analyse du Lenoir : c’était vrai que le froid, les souvenirs et la maladie n’étaient pas des sujets qu’il aimait particulièrement. Surtout quand on les associait comme ça. Non, il n’aimait pas du tout.
L’eau chauffait tranquillement, et il prit un instant pour se vider la tête. Cette jeune dryade, constata-t-il en observant autour de lui, avait un effet indéniable (et indéniablement inconscient) sur les choses et les gens. À sa droite, il pouvait presque entendre leur petit arbre chanter pour elle, et son œil avisé le voyait déjà reprendre des couleurs : au soleil dans un bois il n’aurait pas été plus heureux. Elle l’apaisait lui aussi, qui avait grandi dans des forêts insondables. La magie qui composait tout son être faisait vibrer toutes les fibres de l’esprit du jeune mage. Quant à Morgan…
Morgan lui faisait confiance. C’était aussi clair que de l’eau de roche. C’était aussi un fait rare. Très rare. L’hydre faisait souvent des boulettes (quoique moins qu’avant), et parlait souvent trop légèrement avec n’importe qui, mais il ne faisait réellement confiance à personne. À part lui-même, bien entendu. Il était encore plus méfiant que Frédéric (si c’était possible).

Posé près du poêle, il rajouta une poignée de charbon en observant attentivement l’échange entre la dryade et son frère. Morgan n’allait pas bien, mais il semblait mieux, déjà, et Frédéric se demanda si c’était dû à la présence même de la dryade, ou si enfin ses efforts payaient. Il se demanda aussi s’il s’imaginait des améliorations pour se rassurer ou si, en sens inverse, il ne les avait pas vues plus tôt à cause de son propre état d’angoisse.
Débat débile. C’était interdit de soigner la famille, il le savait bien. Ça n’avait pas empêché son père de soigner sa mère, mais il l’avait rencontrée en la soignant, donc ça ne comptait pas. Et son père avait été un professionnel.

Il sourit aux remarques du frangin, apprécia Églantine pour les siennes. L’eau étant prête, il la sortit du feu et la versa dans un bol (à peu près propre) qu’il gardait sur la table au milieu d’autres usagés.

C’était bien, pensa-t-il, qu’Églantine soit passée. Peut-être devrait-il écouter plus souvent Llewyn et M’sieur White et accepter (voire demander) de l’aide de temps en temps. Tous ces gens étaient des légendaires. Tous pris sous l’aile du patron, qui était un légendaire pas comme les autres.
La jeune femme eut bientôt fini de palper le frangin et son air détendu le rassura. Après un moment, elle se tourna vers eux deux :

- Vous vous êtes un peu surmenés tous les deux, ces derniers temps, non ? Beaucoup de travail, des préoccupations diverses, pas assez de sommeil, des promenades, ce genre de choses-là ?

Les garçons mirent exactement le même temps de réflexion. Ils se tournèrent l’un vers l’autre au même instant, et Fred finit par faire un signe du menton vers Morgan, qui dit :
- Un peu tout ça, oui.
- On fait souvent des balades, après les spectacles. Et on a dû en inventer un nouveau y’a deux semaines.
- Un grand. Avec des phrases…
Frédéric sourit.
- L’aime pas trop les phrases. Il retient bien, mais…
- … j’aime pas trop.
Ils firent une petite pause, puis Morgan eut l’air désolé, et Fred se souvint qu’il ne savait pas que la dryade savait. Il exprima donc à l’intention d’Églantine et à la place de son frère :
- C’est trop humain, parfois.

Un petit silence suivit, complice. Les jumeaux réalisèrent qu’ils avaient peut-être trouvé une alliée dans la place, ça leur fit du bien.
- Tu crois que c’est juste ça ? Il aurait choppé un truc parc’qu’il était fatigué et stressé, et moi qui l’était pas, j’ai suivi parc’que j’avais peur ?

Si c’était ça, voilà qui l’aiderait bien à l’avenir : les jumeaux étaient  partis pour passer le reste de leur vie ensemble (après tout, leurs âmes fractionnées n’étaient entières qu’en présence l’un de l’autre). Si Églantine avait raison, ça serait à prendre en compte à chaque maladie de l’un ou de l’autre.
Bon sang, ce pacte improbable, ils en apprenaient les tenants et les aboutissants chaque jour. Parfois, Frédéric avait du mal à croire que c’était lui, ou plutôt le gamin qu’il était, qui l’avait concocté dans l’urgence.

Comme Églantine répondait, une idée lui vint, qui lui plaisait tellement qu’il avait peur de la proposer. Si seulement la jeune femme, qui en savait autant, pouvait lui montrer… pouvait lui expliquer même un dixième de ce qu’elle savait… Il décida d’attendre qu’elle se soit occupée de Morgan.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 31 Mar - 15:54

Elle sourit en les voyant faire : ils agissaient en miroir, dans une sorte de totale connivence assez étonnante. Ils étaient en symbiose chacun complétait les phrases de l’autre et même leurs silences étaient complices ! Sa tête allait de l’un à l’autre, et finissait par tourner.
Elle cessa de les regarder, et s’appuya sur ses talons.
 
- Ce n’est pas que parce qu’il était fatigué, mais ça l’a fragilisé, et ça explique cette réaction disons.


Elle passa ses doigts dans ses cheveux blonds, les ramenant un peu en arrière, et sourit à Frédéric et à Morgan.
 
- C’est rien de grave : un coup de froid qui a dégénéré en fait.


Elle se tourna vers le poêle, et se leva. On entendit un léger craquement de protestation de ses genoux, qui ne l’inquiéta pas outre mesure : elle était restée trop longtemps à genoux, et plus elle devenait souple, plus cela s’accentuait. Voyant que l’eau était assez chaude, elle sourit à Fred.
 
- Merci.


Elle récupéra le petit bol, et retourna près de Morgan, avant d’y ajouter ses plantes, créant le mélange. Elle souffla doucement dessus afin que l’hydre ne se brûle pas, et le lui tendit.
 
- Tiens. Ca va t’aider, c’est contre la fièvre.


Elle lui sourit, avant de se remettre sur ses talons.
 
- Donc voilà ce que je vois : c’est un coup de froid qui a dégénéré à cause de la fatigue et de la tension. Donc il y a de la fièvre, qui peut provoquer délires et réminiscences, ainsi que des tremblements, des sueurs, et beaucoup de douleurs dans les muscles ou les articulations, ainsi qu’une grande fatigue … De fait, je pense que tout a commencé dans le nez, qui devait être irrité, puis pris, et ça a dû vite descendre dans la gorge, irritant les différents organes, et ensuite arriver sur la poitrine. Ce n’est pas très grave, mais il vaut mieux ne pas trop laisser traîner, sinon, ça va encore s’empirer.


Elle se tourna vers Frédéric.
 
- Je suis d’ailleurs assez impressionnée de la façon dont vous avez maîtrisé ça à vous deux ! Sans toi et tes traitements, ça aurait déjà dégénéré en infection sur les poumons je pense …


*Et là … là, j’aurais eu beaucoup plus de mal à l’en sortir.*

La dryade farfouilla dans sa sacoche, et en sortit un petit pot.
 
- Je pense qu’en se soignant efficacement, dans  une semaine ça ira nettement mieux et tu pourras t’activer normalement, et d’ici deux à trois semaines, tu seras encore plus en forme qu’avant d’être malade si tu te reposes correctement.


Ses yeux pétillaient gentiment. Elle désigna le pot.
 
- Tu veux bien que je te fasse un massage avec ça sur le torse ? C’est un mélange de m composition, ça devrait t’aider à avoir moins mal. Par contre, ça risque de ne pas être très agréable comme sensation sur l’instant.


Froid, puis brûlure légère et poumons qui se décollaient tout en débouchant toutes les voies respiratoires, voilà ce qui ressortait de la bouche de ceux qui avaient testé ça. Elle avait repris le remède de sa mère, et savait à quel point cela pouvait être désagréable …

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Ven 17 Avr - 7:45

ding dong:
 


Frédéric écouta attentivement les explications d’Églantine, réfléchissant au fur et à mesure aux conséquences que ça avait. Tandis que Morgan buvait tranquillement, Frédéric, lui, tombait des nues. Bon sang… alors ce n’était que ça ? Une connerie de coup de froid ?! Certes, en cette époque de médecine approximative, les « coups de froids » pouvaient devenir fatals, mais enfin, quand même… Sa surprise et son désarroi durent se traduire sur son visage car la dryade offrit gracieusement des félicitations qu’il ne pensait pas mériter.

- Je suis d’ailleurs assez impressionnée de la façon dont vous avez maîtrisé ça à vous deux ! Sans toi et tes traitements, ça aurait déjà dégénéré en infection sur les poumons je pense …

Elle se voulait rassurante, la pauvre, et il lui sourit un peu pour lui montrer qu’il était reconnaissant, mais en lui un gouffre s’était ouvert. Retarder l’heure fatale… n’était-il bon qu’à ça, finalement ? Ne savait-il faire que ça : retarder l’échéance dans l’attente d’une aide extérieure ?

Merde ! Par les quatre fils Aymon et le cheval Bayard il ne voulait pas n’être bon qu’à ça !
Tandis que la dryade se tournait vers Morgan pour lui expliquer les choses, Frédéric, lui, recula jusqu’à être presque assis sur le bureau, ses mains agrippant machinalement le rebord comme pour se soutenir. Alors ses craintes étaient avérées…
Que lui importait d’être un bon illusionniste, de savoir faire des sorts physiques comme on cuit un gâteau, de soigner les oiseaux, lapins et papillons ? Quel sens y avait-il à être un bon cracheur de feu quand on ne pouvait pas soigner son propre frère ? (sa propre mère… son propre père…)

Une spirale infernale sembla s’ouvrir sous lui tandis que son esprit se noyait dans le froid, la maladie et les souvenirs… Sa mère, il n’avait pas pu la sauver non plus. Tout ce qu’il avait réussi à faire, ç’avait été de retarder l’échéance une fois de plus… Et Morgan… Morgan non plus il n’avait pu le sauver ni la première fois, ni celle-ci : s’il n’était pas mort à la cascade, c’est parce que Frédéric avait mis sa propre vie en jeu pour monter un plan B improbable. Et cette fois-ci, c’était pareil : son incompétence, son orgueil, tout ça pour une magie qui ne savait que retarder… !
Agrippé à son bureau, il sentit monter la frustration et ses yeux cernés eurent du mal à retenir les larmes de rage. Bon sang, il avait tellement étudié pourtant, depuis tellement longtemps…

Églantine posa une question à Morgan, lequel était plus que ravis de s’entendre dire qu’il irait même mieux après qu’avant. Quand elle lui proposa un massage du torse avec un onguent bizarre, il acquiesça encore, incertain mais déterminé. Cependant, c’est alors qu’il sentit le changement dans la pièce et en lui : c’était comme une soudaine agitation ambiante, une vibration de magie difficilement contenue dans les objets de Fred disposés un peu partout… Et en lui, l’hydre sentit le lien avec son frère qui bougeait.
Morgan ne comprenait pas toujours pourquoi Frédéric ressentait tel ou tel sentiment : les seules clefs de compréhension qu’il possédait venaient des souvenirs de Frédéric qu’il avait partagé lors de son propre sauvetage, de la compréhension qu’il avait de son fonctionnement ou des éléments disponibles dans le contexte actuel. Or, de son frère humain, il sentit soudain venir une vague d’angoisse et de désespoir qu’il n’avait pas anticipée. Son propre visage se décomposa alors qu’Églantine lui expliquait ce qu’elle s’apprêtait à faire, et comme il était trop faible lui-même pour calmer son frère, il posa un doigt sur la main de la dryade et souffla, paniqué :

- Frédéric…

Celui-ci en l’entendant releva les yeux vers lui et Églantine, bien incapable de cacher son désespoir soudain.

- Je…

Il aurait voulu dire qu’il était désolé, qu’il était fatigué, que ce n’était rien, que ça allait passer (ça passait toujours, n’est-ce pas ?), mais la rage contre lui-même et la frustration qu’il ressentait étaient si fortes qu’il n’osait pas bouger, de peur qu’elles explosent.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Sam 9 Mai - 11:45

Spoiler:
 

La jeune dryade avait cessé de se préoccuper de Fred, toute contente qu’elle était d’avoir trouvé comment rendre la santé à Morgan. Celui-ci, d’ailleurs, semblait bien content aussi de ce qu’elle lui annonçait, et semblait prêt à se plier à ses instructions. Il buvait sagement, acquiesçait doucement. Même l’onguent, il l’acceptait,  ce qui fit sourire la jeune fille. Elle lui sourit, et mit de la pommade sur le bout de ses doigts, prête à appliquer le tout sur son torse par des mouvements doux, mais avec des pressions bien appuyées. Soudain, Morgan l’effleura, et elle sentit la panique dans son ton, alors qu’il prononçait le nom de son frère. Elle se tourna alors vers Fred, alertée.
Ce qu’elle vit fut bien loin de la rassurer. Frédéric, blanc comme un linge, s’agrippait à son bureau, ses yeux cernés rougissant, sa mâchoire serrée. Il lui semblait voir des ombres apparaitre sur son visage. Il y avait un problème, c’était évident. Il ne parvint pas à parler, et la seule syllabe qu’il articula fut retenue, tremblante. Elle ne s’attendait pas à ça …
Elle essuya ses doigts sur le rebord du pot, qu’elle posa à terre, très vite, tout en murmurant quelques mots d’excuses envers Morgan –après tout, elle l’abandonnait de façon bien soudaine- et se leva, ses genoux craquant un peu. Elle alla vers le mage, se mit près de lui, sans trop s’approcher, afin de lui laisser de l’espace pour respirer.

- Frédéric ?

C’était un souffle léger. Elle mit sa main sur la sienne, espérant que ça puisse le calmer, le ramener à l’instant. Elle se doutait que c’était une réaction de fatigue, conjuguée à l’inquiétude de ces derniers jours ainsi que, peut-être, à la rage de n’avoir pu sauver son frère lui-même.

 - Qu’est ce qui se passe ?

Elle lui parlait doucement, et n’était même pas sûre que Morgan puisse entendre les mots qu’elle disait à son frère. Elle se tenait prête à réagir au quart de tour s’il montrait un signe de trop grande faiblesse, prête à l’allonger, à l’aider à s’asseoir, à lui donner à boire, ou à lui faire respirer quelque chose pour qu’il reprenne ses esprits, prête aussi à ouvrir la fenêtre pour qu’il puisse avoir de l’air frais, ou bien prête à se faire renvoyer car elle était trop curieuse. La peau du mage lui semblait un peu moite sous ses doigts frais, et elle sentait trembler la main. Non, décidément, elle ne s’était pas attendue à devoir soigner les deux Lenoir …

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Mar 8 Déc - 19:15

Frédéric vit la Dryade se lever et sa saleté d'éducation lui rappela qu'il ne devait pas pleurer. Ne pas pleurer devant les étrangers, jamais. Ne pas montrer ses faiblesses.

Mais la dryade était là, au courant de toutes ses faiblesses, à le soigner, à les soigner tous les deux. Une dryade pour soigner une hydre. Une églantine pour apaiser un Légendaire et son incompétent de mage.
Il la vit se lever, à la fois pressée et attentionnée, si frêle et si puissante, tellement plus douée qu'il ne serait jamais...
- Frédéric ?
Elle lui prit la main et un hoquet lui échappa qui fissura ses défenses internes. Tendu qu'il était, il sentit sur sa joue couler une larme qu'il n'avait pas pu retenir.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Un autre hoquet, qui aurait pu être un rire ; et d'autres larmes. A travers sa détresse, il essaya de lui sourire. Il y parvint l'espace d'un instant seulement. ensuite le barrage s'effondra et les larmes se mirent à couler d'elles-mêmes, comme un petit ruisseau pas bien méchant, qu'on n'arrive pourtant pas à endiguer.
Saloperie de corps.

- Désolé, parvint-il à articuler d'une voix plus tremblante qu'il n'aurait voulu.
Derrière elle il sentait Morgan s'inquiéter aussi, trop faible pour faire quoi que ce soit et il s'en voulut pour ça aussi.
Il voulut se reprendre alors et s'un geste brusque de sa main libre il s'essuya le visage en reniflant. Ravalant un sanglot, tentant de maîtriser toute cette panique, cette fatigue constantes qu'il avait pourtant l'habitude de refouler. On n'avançait pas dans la vie en ayant peur de son ombre, pas vrai ?

Il soupira.
- C'est juste que...
Il n'y avait pas de mot pour ça dans la langue française, si ?
Il prit la main d'églantine entre les siennes et son cerveau s'éteignit une fraction de seconde. C'était impulsif, inconsidéré, certainement proscrit mais il s'en moquait. Elle sentait la forêt, les sous-bois couverts d'anémones, les jonquilles des talus. Il parvint enfin à baragouiner :

- Bon sang j'ai l'impression qu'ça finira jamais...

Il n'avait pas su sauver son frère.
Il ne pourrait jamais sauver son frère.

Il ne savait pas sauver son frère.

Voilà. Tout était là. Et s'il perdait son frère sans pouvoir rien y faire, alors il serait seul, encore. Et pour toujours cette fois car nulle part dans ce monde n'existait d'autre Morgan. Il serait seul. Seul comme le monde et amputé de la moitié de lui-même. Un infirme dans un monde vide. Comment pourrait-il jamais vivre avec ça ?

Les pleurs revinrent alors et il entendit Morgan qui versait une larme avec lui en silence, du fond de sa couchette, sans même savoir pourquoi.
Il serra la main d'églantine, comme on s'accroche à une bouée de couleurs dans un monde grisâtre.

C'est alors qu'il prit une grande résolution : il devrait accepter l'aide des autres tant qu'il ne serait pas plus fort. Il devrait toujours, en toute circonstance, connaître ses limites et les accepter afin d'agir au mieux. Apprendre, s'améliorer, ravaler sa fierté, affronter ses angoisses. Et ce jusqu'au jour où il serait assez fort pour ne dépendre de personne. Calmé, il lâcha la dryade et jeta un regard à son frère.
Ils s'étaient compris, seulement ni l'un ni l'autre n'y pouvait rien faire. Morgan ne pleurait plus.

A travers ses yeux bouffis et picotants, il regarda devant lui la fleur qui soignait si bien et ses yeux exprimèrent toute la gratitude et le respect qu'il pouvait lui porter. D'une voix craquante, éraillée mais décidée, il expliqua alors :

- Mon père c'était un rebouteux mais il est mort avant qu'j'aie pu apprendre. J'peux pas perdre Morgan - et là ses yeux se firent durs, puis las - j'peux pas... alors... tu voudrais bien m'apprendre ? Tout ce que j'sais pas encore. Tu voudrais bien ?
Il se rendit compte de l'énormité de sa demande et se reprit avant même qu'elle ait pu répondre :
- Ou au moins juste un peu, juste c'que j'ai b'soin d'savoir pour que ça arrive plus... ?



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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Jeu 21 Jan - 16:14

Soudain, il se mit à hoqueter, et lui prit la main. Ses défenses se fendirent d’un seul coup, et des larmes sortirent, à flot. Il tentait de se maitriser, de lutter, c’était manifeste, et pourtant, ce n’était pas suffisant. Il tenta de s’essuyer le visage mais rien n’y faisait. Elle lui mit une main sur l’épaule, et à cet instant précis, il prit sa main entre les siennes. Elle fut un peu surprise. A vrai dire, conventionnellement, ce n’était pas très bien vu, mais au fond, cela lui importait peu : les conventions partaient au feu lorsqu’elle soignait. C’était une situation bien particulière, qui pouvait autoriser des familiarités gênantes dans d’autres cas. Elle lui pressa doucement l’épale, en écoutant ce qu’il disait, ou plutôt ce qu’il tentait de bafouiller. Morgan les observait, elle le sentait.
Comme toujours, lorsque quelqu’un pleurait, elle le laissait faire, ne tentant pas de l’arrêter, partant du principe que les larmes permettaient de faire sortir une partie de la pression accumulée. Elle se disait qu’il valait mieux s’effondrer près d’elle que devant une salle pleine, par exemple, ou devant un supérieur. Elle lui pressait doucement la main qu’elle pouvait attraper, une de celle qui enserrait la sienne, et l’épaule, rassurante mais discrète.
Elle ne savait pas exactement ce qui lui arrivait, mais se doutait, évidemment, qu’il s’agissait de la maladie de Morgan. La maladie de l’hydre inquiétait manifestement beaucoup le mage rebouteux, entre autres sans doute car il n’avait pas réussi à soigner son frère. Il était très fatigué, très tendu. Tout cela devait jouer.
Il s’accrocha à elle, serrant sa main. Puis soudain, il y eut une autre expression dans ses yeux. Il la lâcha, et la regarda beaucoup plus droit. Ses yeux étaient rougis, un peu bouffis. Elle lui donna un mouchoir en tissu, évitant de le regarder dans les yeux Il y avait là-dedans quelque chose qui la gênait un peu, qui l’impressionnait en fait. Cette gratitude mêlée de respect, comme si elle avait fait quelque chose d’extraordinaire, alors qu’en fait, elle n’avait fait qu’appliquer ce pour quoi elle avait été modelée depuis son enfance. Certains savaient parler, elle, elle savait soigner.
Puis il lui parla, et cette fois, ce fut plus clair. Il craignait de perdre son frère, et il voulait son aide, à elle pour lutter contre ça. Elle lui sourit, et ce sourire s’élargit, un peu amusé, lorsqu’il se reprit.

- Bien sûr. Ca … Ça risque d’être un peu long, parce que ma mère m’enseigne tout ça depuis que je suis toute petite fille, et parce que je n’ai jamais essayé de transmettre ça. Il y a des choses qui sont un peu instinctives, je pense, aussi … Mais on peut essayer. Je ferai de mon mieux pour te donner ce dont tu as besoin.


Il y avait beaucoup de douceur dans sa voix, dans ces mots. Elle n’était pas sûre d’arriver à quoi que ce soit. A vrai dire, elle n’avait jamais tenté de transmettre ça. Sa mère elle-même le lui avait certes transmis, mais elles étaient de la même race, et ceci les aidait dans leur maîtrise des plantes. Cela serait-il aussi simple, si on n’était pas dryade ? Elle n’en savait rien, voire en doutait. Mais elle était prête à l’aider tout de même, car même si elle lui transmettait un peu, il pourrait soigner des infections bégnines, des fièvres, et cela lui serait toujours utile. Elle-même ne pouvait pas faire de miracles.
Elle le regarda. Il brillait encore un peu, sa peau moite reflétait la lumière. Ses yeux rougis étaient fatigués. Elle secoua légèrement la tête.

- Par contre, maintenant, tu as besoin de repos et de ménagement. Il faut que tu dormes, tout comme Morgan. Je peux aller chercher de quoi m’occuper, et revenir vous veiller tous les deux si tu veux. Si Morgan a un quelconque problème, je serai là, je m’en occuperai, même si je suis sûre que ça n’arrivera pas. Ton sommeil pourra être plus serein.


Elle était toujours près de lui. Elle se retourna et sourit à Morgan aussi. S’ils avaient besoin d’elle, elle serait là, évidemment. Elle ne supporterait pas que des collègues du Cabaret, des gens comme elle qui plus est, aillent mal, et soient livrés à eux-mêmes.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Ven 14 Oct - 20:06

Quand elle sourit à sa demande, un instant il crut qu'elle allait refuser, se moquer de lui, partir d'un grand rire ou le prendre en pitié. "T'es tellement bête, Noireaud !" comme les gosses autrefois.

À la place, elle fit quelque chose de merveilleux : elle accepta.
Il sentit un poids tomber de ses épaules, un autre le remplacer (il allait falloir étudier, mais avec quelqu'un pour lui montrer ce serait plus facile). Tandis qu'elle se reprenait, minimisait ce qu'elle pourrait faire, le prévenait, Frédéric prit le mouchoir en tissu qu'elle lui tendait et s'en servit pour s'essuyer les yeux, puis le nez. elle évitait son regard et il se sentit timide, lui aussi. Empli de gratitude.

- ...Mais on peut essayer. Je ferai de mon mieux pour te donner ce dont tu as besoin.

Un silence passa. Il aurait voulu reprendre sa main, la prendre dans ses bras, la remercier mais ça la gênerait sûrement encore, il le savait. Il ne pensait pas être des plus engageant non plus, dans l'état où il était.

Pour essayer de détendre l'atmosphère, il souffla dans un demi-sourire :
- Merci beaucoup... Et promis j'essayerai d'apprendre sans faire ma tête de mule.

Il savait qu'il avait une petite réputation au cabaret. Les Lenoirs, ces enfants sauvages. Des farceurs, des impulsifs. Il avait entendu Llewyn le traiter de "Monsieur-tête-en-bois" auprès de son patron, à sa dernière visite la veille au soir.

Il allait la remercier vraiment quand elle ajouta :
- Par contre, maintenant, tu as besoin de repos et de ménagements. Il faut que tu dormes, tout comme Morgan.

Il la regarda sérieusement, à l'écoute. Elle avait raison, bien-sûr.

- Je peux aller chercher de quoi m’occuper, et revenir vous veiller tous les deux si tu veux. Si Morgan a un quelconque problème, je serai là, je m’en occuperai, même si je suis sûre que ça n’arrivera pas. Ton sommeil pourra être plus serein.

Il acquiesça en silence. Il savait reconnaître un ordre quand il en recevait un. Et l'ordre d'un soigneur, ça ne se transgressait pas. Celui d'un futur professeur non plus.

- D'accord. Ça marche, t'as raison.

Comme elle allait sûrement sortir pour chercher de quoi s'occuper, et avant de se coucher lui-même, il lâcha :
- Merci à toi Eglantine. D'être passée...

Il se gifla mentalement. Ça n'était pas ce qu'il avait voulu dire.

- Enfin j'veux dire... il soupira.

Morgan vint à sa rescousse, du fin fond de son lit :
- Y veut te dire merci.

Frédéric sourit.

- Merci pour tout. Et chui désolé, c'était pas... Enfin bref, merci.

Comme première impression, on pouvait faire mieux. Et pour une première rencontre "normale et gentillette" on repasserait. Mais il espérait qu'elle comprenait.
Et il sentait ses yeux qui lui piquaient et son corps qui le lâchait et Morgan qui le regardait d'un air bizarre de "je suis ton frère, je te connais, vas te coucher" qui ne lui plaisait qu'à moitié. Il décida de ne plus y réfléchir et d'aller se coucher.

Contrairement à ce qu'elle avait dit, son sommeil ne serait sûrement pas tout calme - il en fallait plus pour rassurer un Fred dont le jumeau était malade - mais en tout cas il dormirait et c'était déjà ça.

Avant de monter dans sa couchette, sur le haut du lit superposé, Morgan tendit la main et lui attrapa le bras pour l'attirer à lui. Fred s'accroupit près de lui et lui prit la tête entre les mains. Morgan fit de même et ils se touchèrent le front comme ça pendant un petit moment. Puis ils s'enlacèrent et Frédéric se détacha de lui.

Pas un seul instant il ne pensa à la prévenir qu'ils parlaient en dormant, parfois se répondaient. Il ne pensa pas non plus à lui dire qu'ils se levaient parfois, encore tout endormis, pour changer de lit et se rejoindre l'un l'autre. Il n'évoqua pas les phases de silence où on entendait plus que leur respiration : synchrone ou alternée, mais un brin inquiétantes. Il n'y pensa pas car il l'ignorait et Églantine se souviendrait sûrement longtemps de sa veille des jumeaux.

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MessageSujet: Re: Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)   Dim 11 Déc - 11:29

Oui, elle comprenait. Elle sourit pour toute réponse, considérant que c’était là largement suffisant. Elle comprenait ses remerciements difficiles à formuler –c’était toujours dur d’être aidé lorsqu’on était habitué à sa solitude-. Elle comprenait ses inquiétudes pour son frère. Elle comprenait ses réticences à le laisse entre ses mains, et à s’endormir. Elle comprenait tout cela. C’étaient des réactions somme toute très humaines …. Et aussi très habituelles.
Frédéric lui était apparemment très reconnaissant de bien vouloir lui transmettre une partie de son savoir, et si l’idée d’avoir un élève l’angoissait un peu, elle était contente de lui faire plaisir. De plus, elle aimait partager, ce qui pouvait sembler étonnant pour une dryade.
Lorsqu’il s’effondra dans son lit, il s’endormit presque instantanément. Elle sourit. Oui, il était vraiment épuisé. Elle fit un clin d’œil à Morgan, et sortit, afin d’aller chercher de quoi lire, écrire, dessiner, trier, bref s’occuper, avancer dans son travail. Sa chambre n’était pas bien loin, et elle ne mit pas longtemps à y accéder. Elle mit dans sa sacoche un carnet et un crayon, ainsi qu’un épais roman intitulé Le Rêve, qu’elle avait presque terminé, et dont elle attendait la suite, ainsi qu’un autre, plus fin, le dernier Maupassant. Elle aurait ainsi largement de quoi s’occuper, et de manière diversifiée, le temps du sommeil réparateur des jumeaux Lenoir.
Lorsqu’elle revint dans leur chambre, tous des semblaient profondément endormis. Elle se permit d’arroser, et de remettre un peu d’ordre, tout doucement, en faisant attention à ne rien déplacer de ce qui aurait pu être chargé de magie. Puis elle s’assit, et se mit à lire.
Evidemment, elle fut assez surprise lorsqu’ils se levèrent, encore tout endormis, pour changer de lit et se rejoindre l'un l'autre. Elle fut aussi étonnée lorsqu’au milieu du silence, elle entendit pour la première fois leurs respirations synchronisées, puis alternées. C’était un brin inquiétant pour la soigneuse qu’elle était, aussi elle se leva plusieurs fois afin de vérifie qu’ils allaient bien. Elle ne constata aucun signe inquiétant, et elle se rassit donc, continuant tranquillement son Zola, qui finit par lui tomber des mains pour une sieste rapide.
Ainsi se passa le reste de la journée. Lorsque Frédéric se réveilla, et qu’elle eut décidé qu’il avait assez dormi pour pouvoir de nouveau être sur pied, elle consentit à laisser les jumeaux, qu’elle repassa ensuite voir tous les jours afin de prodiguer des soins à Morgan et de vérifier que Fred allait bien, et ce jusqu’au rétablissement complet de l’hydre. Puis, leurs vies reprirent leurs cours. Elle commença à enseigner à Frédéric.
Eglantine s’état sans doute fait ce jour-là ses premiers amis au Lost.

[Fin ? ^^]

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Chambre des Lenoir : des mains tendues - Pv Eglantine (1889)

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