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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Dim 25 Jan - 23:25

Quand Aldrick reprit connaissance, un mal de crâne désagréable lui martelait si habilement le cerveau qu'il se demanda ce qu'il avait bien pu boire de si infecte pour être soumit à pareil supplice. L'obscurité régnait dans la pièce. De cette dernière, il ne vit rien, contraint de refermer les yeux immédiatement tandis que son corps se soulevait suite à un violent éternuement. Il pesta dans sa langue natale contre la personne chargée du ménage tandis qu'il remontait ses mains à son nez pour se gratter la truffe. Ses iris d'or s'agrandirent sous la surprise lorsqu'il réalisa que ses poignets étaient entravés de cordage serrés. Tâchant de se situer, il comprit bien vite que ce décor ne lui apporterait guère d'explications. Malgré sa nyctalopie, il ne distinguait qu'un pan de mur partiellement troué, ce qui lui semblait être le feuillage d'un arbre étonnement immobile et une demie lune écornée si proche du sol qu'un amoureux n'aurait eu qu'à la ramasser pour se la procurer. Inutile donc d'aller chercher une échelle pour la décrocher, à ce stade, il aurait presque était souhaitable de la nouer de ruban pour l'offrir à l'heureuse élue. Un nouvel éternuement secoua son corps et cette fois il se cogna la tête contre une grille.

Là seulement le commissaire réalisa qu'il était dans une sorte de cage. Celle-ci était si basse qu'il lui était impossible même de se mettre totalement debout. C'était d'ailleurs en voulant se relever qu'il remarqua enfin la forme qui s'étalait à ses pieds. Quand elle se mut, il sursauta, craignant dans un premier temps qu'il ne s'agisse d'un piège, d'une quelconque boite vouée à l'explosion et à l'annihilation, avant d'apercevoir une tignasse brune. Se figeant, il observa -avec pour seul son, les battements de son cœur pulsants à ses oreilles, entrecoupés par une respiration calme- la créature qu'il finit par assimiler à l'un des artistes du Lost. Rasséréné partiellement, supprimant enfin de la liste des possibilités la bombe de taille humaine, il vint s'accroupir à la hâte, puis secouer le brun dans l'espoir de le réveiller :


- Hey petit ! Debout ! Lève-toi !

Grand mal lui prit d'avoir pareils réflexes ! La nacelle tangua avant de descendre dans un grincement sinistre, soulevant un nuage de poussière opaque, qui lui fit serrer les dents et se raccrocher à la ferraille avoisinante. Alors qu'il aurait voulu hurler son désarroi, il ne put que se crisper davantage, cloué sur place, n'envisageant même pas la perspective d'appeler à l'aide. A l'instant même où il songea à récupérer le corps du jeune homme et à tenter de s'extirper de la boite de fer, avant que le crash n'ait lieu, le monte-charge se figea dans un hoquet sec. Sa tête heurta le plafond avant qu'il ne retombe, telle une masse, s'écraser sur le plus jeune. L'instable plateforme se prit de nouveau pour un bateau malmené par des courants invisibles durant quelques interminables secondes, puis se figea définitivement. Chamboulé, l'officier eut envie de faire réapparaitre son déjeuner, se redressant à peine, il grommela des propos agacés qui s'achevèrent dans un nouvel éternuement sonore. Aldrick eut mal au genou, et rien de ce qui avait pu le mettre dans cette désagréable situation ne sembla trouver utile de se rappeler à son bon souvenir. L'agent eut du mal à distinguer quoique ce soit, tant la propreté des lieux paraissait proscrite, et ce fut les yeux plissés et le nez rougi qu'il crut discerner une porte entrouverte avant que l'oreiller sur lequel il s'était affalé ne semble lui suggérer qu'il n'avait aucunement mérité un tel traitement de faveur. Se redressant aussi vivement que possible malgré son entrave, le policier cogna son coude et s'excusa autant pour l'artiste que pour le mobilier, comme si ce dernier avait pu avoir des réclamations à faire ; mais cela ne lui parut aucunement étrange, tant il était désorienté.

Que fichaient-ils là au juste ?

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Dernière édition par Aldrick Voelsungen le Ven 27 Fév - 23:50, édité 1 fois
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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mar 27 Jan - 16:46

Frédéric était aveugle, et se démenait comme il pouvait dans un marais de noirceur lourde et malsaine. Il lui semblait que tout son corps était lourd, que ses gestes étaient lents et que ses sens ne lui parlaient plus. Mais il se démenait toujours, car c'est ce qu'on tend à faire dans un rêve comme celui-là.

Du noir autour de lui, il entendit une voix l'appeler « Hé petit », ou quelque chose comme ça.
Ses sens s'éveillèrent peu à peu, en même temps que son cerveau s'indignait qu'on l'appelle « petit ». Il voulut protester, et finit par émettre un genre de grommellement inintelligible.
Il éternua. La voix éternua en même temps.
Il tenta de prendre pieds dans ce qui devait être la réalité, mais ses yeux ne voulaient pas s'ouvrir, et son crâne, comprit-il avec regret, était malmené par un batteur de fer qui s'amusait à forger quelque chose à grands coups de masse sous son crâne. Bon sang, avait-il enfin accepté de boire l'immonde liqueur que Llewyn gardait toujours sur lui, pour se sentir aussi mal au réveil ? Ou bien Morgan lui était-il tombé dessus en répétition, et l'avait-il cogné à la tête ?

Il ne sut rien : son monde aveugle tangua subitement, et même temps qu'il tombait, dans un bruit inquiétant de poulie qui couine. Il ouvrit les yeux et tenta de s'agripper à ce qu'il pouvait. Le truc sur lequel il était posé s'immobilisa soudain, et il fut écrasé par une masse moyennement molle, qui jurait dans une langue étrange.
Frédéric grogna – il avait décidément bien du mal à s'exprimer ce matin. La masse sur son ventre disparut, et s'excusa platement.

- Bon sang, Morgan !

La voix qui répondit n'appartenait pas à Morgan. L'étonnement s'amplifia, et força son cerveau à reprendre du service un peu plus rapidement qu'il n'aurait voulu. Il observa autour de lui, et ne distingua que des ombres. Celle qui se mouvait près de lui aurait pu correspondre avec la voix qu'il pensait reconnaître. Il grommela un "Commissaire ? " perplexe.
Il voulut ensuite se lever, et découvrit la cage.    Merde...?
Il voulut bouger, et sentit la corde à ses poignets.    Merde !!
Il voulut ensuite sentir, et éternua bruyamment.    Bon sang on se serait cru dans le grenier de Matante Julia. Il paniqua un instant et murmura :

- Merde c'est quoi c'brain ?

Si l'autre répondit, Frédéric ne l'entendit pas : se redressant comme il pouvait, il se cogna le crâne douloureusement.

- Ouch ! Du Diab' de m—aïaïayyyye, merde... !

Se frottant le front, il se concentra sur les sons : il faisait noir comme dans un fond de chaudron par une nuit sans lune, dans une cuisine sans fenêtres. Pas la moindre chance de distinguer quoi que ce soit d'utile. Les sons suggéraient une pièce plus grande qu'il n'aurait voulu, moyennement encombrée, et plus vide de monde que jamais.
Surtout, plus vide de Morgan que Frédéric ne le supportait. Il n'était même pas tout près, d'après ce que ses sens lui disaient.
Une angoisse sourde lui enserra la poitrine, et il préféra la nier dans l'oeuf : Si Morgan n'était pas dans le coin, c'est qu'on ne l'avait probablement pas eu. Il devait être en sécurité quelque part. Ça valait mieux pour lui, même si ça laissait Fred tout seul.

Ou presque. Il se souvint de la nature de son compagnon d'infortune (légendaire, et animal, pour ce qu'il en savait). Toujours un peu angoissé, il posa ses deux premières questions intelligentes du jour :

- On est où là ? Vous y voyez quèqu'chose vous ?

Comme l'autre éternuait avant de pouvoir répondre, il osa en poser une troisième :

- Ça va ?

Mais le commissaire ne put répondre tout de suite : d'une autre pièce s'élevaient maintenant des voix et des bruits de choses qu'on déplace. Cela dura un instant, puis plus rien. Frédéric se tourna instinctivement vers la silhouette à sa gauche, en silence. Décidément, cette situation n'avait aucun sens.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mar 27 Jan - 20:05

Quand le jeune homme pesta contre son frère, l'agent en déduisit qu'il avait affaire à Frédéric. Cela l'arrangea de ne pas avoir à divulguer qu'il était encore incapable après les avoir vu, une seule fois de près véritablement, de les reconnaitre. Orgueil professionnel 1, moyens mémo-techniques pour aider Aldrick à survivre en société : 0.

Aldrick s'était rapproché, plus précautionneusement cette fois de la masse sombre qu'était le cracheur de feu, il posa une main sur ce qu'il pensait être son épaule et déclara doucement :


- Oui, tou...AAAïïiïeeuuuuh !

S'il n'avait absolument rien compris au charabia du second propos de son interlocuteur, celui-ci s'était si vivement redressé qu'il avait heurté son menton, remontant sans préavis ses dents qui vinrent resserrer leur étau autour de sa langue dans un désagréable goût métallique. Par habitude, il porta ses mains, encore liées, au bas de son visage, tirant sa langue meurtrie sans pouvoir échanger le moindre mot avant plusieurs secondes. Quand la douleur lui sembla plus passagère, il s'éloigna quelque peu, préférant éviter de reproduire incident si désagréable pour eux deux, avant d'observer les alentours.

- De la poussière, beaucoup de... Atchoum !

Il renifla bruyamment d'une bien étrange façon. Cela aurait pu faire penser à un couinement plaintif tant la saleté lui paraissait s'être immiscée partout.

*La poisse, si j'attrape l'abruti qui est censé nettoyer ici, il va m'entendre !*

- Oui, oui, ça va. Et toi ? Glissa-t-il évasif pour pallier à toute remarque moqueuse. On dirait qu'il y a une porte à droite, et... Euh... Des angelots plutôt clairs, en face de nous, je crois. Il pencha la tête sur le côté, comme si cela avait pu lui donner tort ou raison. Peut-être des statues. Ils sont plutôt imposants et assez laids, je dois dire. La fin de la phrase dénotait une certaine répugnance à leurs attraits, davantage qu'un avis sur le plan religieux.

*J'ai l'impression de les avoir déjà vu quelque part, mais où ?*

Réalisant le saugrenu de ce qu'il avançait, il s'attarda sur la cage qui les confinait, comme s'il s'agissait de la suite logique de ce qu'il annonçait plus tôt :

- La ferraille a l'air plutôt solide, mais certains de ces croisillons, semblent rouillés. Ses doigts passèrent sur l'espace qui lui paraissait le plus patiné par le temps. On dirait une sorte d'ascenseur, comme à la Tour Eiffel, mais il y aurait plus de lumière si on était là-bas, non ? Il prit une grande inspiration et reprit fort : Y'A QUELQU'UN ?! ON EST LA !

Comme par défi du destin, leur parvint d'au-dessus d'eux, une lointaine musique, mélange savant d'instruments et de vocalises, partiellement coupée par des bruits de pas prononcés. Puis plus rien. Le silence. A nouveau. Pied de nez prononcé à leur calvaire ténébreux. Le silence toujours. Plus oppressant encore parce qu'ils n'eurent pas même un murmure en guise de réponse. Un vague flash sembla vouloir combler vainement l'abime de sa mémoire. Peine perdue. C'était sans succès. Un soupir fit s'affaisser ses épaules.

*Evidemment, c'eut été trop simple !*

- Euh... Tu te souviens de comment on en est arrivé là ? S'enquit-il plus bas qu'il ne l'aurait voulu, ayant l'impression que la poulie capricieuse venait de grincer à nouveau, pour l'empêcher d'hurler et que le monte-charge risquait de redescendre.

Cette idée lui broya l'estomac, lui qui détestait les endroits exigus et de surcroit amovibles, il était servi ! Tentant de reprendre une respiration plus calme, et sans véritablement attendre de réponse, il argua dans un souffle -n'ayant cure d'être passé sans autorisation au tutoiement avec un jeune homme qu'il connaissait peu :


- Si on sortait d'abord de là ?

*Si ce truc chute à nouveau sans crier gare, je ne donne pas cher de nous...*

Les battements de son cœur semblaient si irréguliers et alarmés que c'était à peine s'il entendait la voix juvénile de Frédéric lorsqu'il lui parlait, et il lui fallut se répéter une bonne vingtaine de fois que tout irait bien, qu'ils seraient bientôt hors de cette prison minuscule pour qu'il ne se décide enfin à tâter la grille à la recherche d'une ouverture. Il dégluti avec difficultés, le sang s'immisça de nouveau le long de sa gorge, semblant vouloir s'introduire dans chaque parcelle de sa chair, pour en contaminer son organisme de son odeur et de son goût. Aldrick ferma les yeux, cela faisait remonter à son esprit des souvenirs de ses débuts dans la police. D'autres également, de plaines originellement immaculées puis abreuvées de pourpre. Des souvenirs qu'il avait enfoui au mieux, et qui ne l'aideraient aucunement pour l'heure. Un nouvel éternuement le prit, soulevant son corps dans un soubresaut agité, avant que ses liens nouvellement accrochés à l'un des croisillons n'aient raison d'un de ses jurons les plus colorés, puis de sa patience.

- Fichus liens ! Nu e ceea ce mă va opri !1
1Ce n'est pas ça qui va m'arrêter !

Ainsi le commissaire, dont l'angoisse grandissait comme rarement à l'idée d'être en cage, en vint à mélanger les deux langues sans s'en rendre compte.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 28 Jan - 7:50


Frédéric rit doucement devant la critique esthétique du commissaire face aux angelots. Néanmoins... des chérubins ? Ici ? Bon sang, mais où étaient-ils au juste ? Face à la remarque sur l'ascenseur de la Tour Eiffel, Frédéric allait rétorquer que surtout, pendus au monument ils auraient été en extérieur, quand l'autre lui grilla complètement un tympan en hurlant à tout va. Il protesta pour la forme, mais dû reconnaître qu'il fallait au moins essayer d'appeler à l'aide une fois pour être sûr. Il déboucha tout de même son oreille avec son petit doigt pour le geste.

La musique plus haut et les pas lui parlèrent aussi. Il lui faudrait un moment pour retrouver ce que ça lui évoquait : son compagnon d'infortune parlait. Il haussa les épaules, bien que l'autre ne put probablement pas le voir.

- Aucune. Trou noir total. On d'vait être ensemble, probablement.

Un souvenir lui revint, il se mit à parler plus doucement, fouillant sa mémoire.

- On a joué, Morgan est allé s'coucher. Puis...Vous étiez dehors, non ? J'ai souvenir qu'on cause dehors... J'ai rêvé ça ou bien ?

Mais M. Voelsungen n'écoutait qu'à moitié. Frédéric qui était concentré sur les sons, à défaut d'y voir quelque chose d'utile, entendit sa respiration irrégulière. Se pouvait-il que... ?

- Si on sortait d'abord de là ?
- Avec joie.

Frédéric n'était pas petit, ni frêle. Il n'étais pas grand et gros non plus. Il parvint plus ou moins à se mettre à genoux, faisant osciller le sol tranquillement. Il allait se mettre à tâtonner lui aussi, quand il sentit l'agitation du commissaire croître. Elle enflait autour de lui comme une bulle d'air autour du nez d'un nageur qui expire. Bientôt elle exploserait, et le jeune mage ne voulait pas voir ce qu'il arriverait. Il se figea, attentif. Si le commissaire se mettait à paniquer ici, dans ce lieu inconnu, sur une nacelle instable potentiellement à plusieurs mètres du sol, et à la merci d'on-ne-sait-qui, Fred ne donnerait pas cher de leurs peaux. Il attendit donc cinq secondes interminables.


Et la bulle explosa.

- Fichus liens ! Blurg blabla blorgiblll ! (?)

La nacelle tangua de plus belles, l'agitation se fit angoisse. Sans réfléchir une seconde, Frédéric agit. Il se tourna vers le transylvain, posa à tâtons une main contre les siennes, puis remonta vers son visage, qu'il tint entre ses paumes fermement, mais avec douceur. (Il faillit lui mettre un doigt dans l'oeil au passage, mais l'autre ne sembla pas le remarquer)
Dans sa tête, il fit le vide. Parce qu'il était mage, que son père avait fait ça avec lui maintes fois et qu'il l'avait fait avec son frère à son tour, le jeune homme sut que son calme serait contagieux. Il prit une voix neutre, parla presque dans un souffle, mais sa voix résonnait et forçait l'attention.

- Commissaire. M'sieur Voelsungen.

Ça ne marchait pas. Il fouilla sa mémoire.

- Aldrick ! (c'était comme ça qu'on disait?) Aldrick écoute-moi. L'autre s'immobilisa. Ça va aller. On va trouver un moyen hors d'ici, mais pour ça il faut être calme. D'accord ?

Au dessus d'eux on entendit des rires, une autre musique, quelque chose qui tombait au sol. Ça lui donna une idée.

- On doit être sous un cabaret, ou dans leur salle de décors. Ça va aller, respirez un bon coup, lentement, et ça ira mieux, croyez-moi. Concentrez-vous seulement.

En fait, il n'en savait rien, mais il se rendit compte que c'était plausible. Un cabaret ou un théâtre... Il avait sorti ça au pif, mais ça pouvait être aussi vrai que n'importe quoi d'autre. Voire plus, tout bien considéré.
Il attendit un instant et sentit que l'autre légendaire se reprenait plus ou moins. Bien. Frédéric en profita pour souffler discrètement lui aussi. Ben quoi ? Vous croyiez quand même pas que cette situation impossible ne l'angoissait pas un minimum ? Bon sang il avait les nerfs à vif... Mais les mages meurent jeunes s'ils n'ont pas un minimum de maîtrise d'eux. Son truc c'était de transformer la peur en colère. Or soudainement, Freddy se sentit très, très en colère contre la situation dans son ensemble. Se rasseyant, il proposa :

- 'Faut qu'on sorte d'ici et 'faut qu'on fasse ça vite. Y sont où ces bouts d'grillage rouillés ? J'propose qu'on d'y fouttre un bon coup d'pieds les deux ensemble, ça l'f'ra p'têt' sauter un brin.

C'était la seule idée du moment. Bien calés contre la grille du fond, ils tentèrent le coup.

- T'nez vous bien par derrière, si ça saute par devant. Prêt ? Un... Deux...TROIS !

Et il visa, un peu au pif, puisqu'il ne distinguait rien de précis...

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 28 Jan - 21:38

Un vague écho s'empara de son esprit, le plongeant dans un état second. Son mental vacillait et son mal de crâne s'aggravait.

* On discutait, hein ?*

Vaguement il se souvint de la porte du Lost, d'Andréa qui lui demandait des nouvelles d'Eléna avant qu'un bruit de vaisselle cassée ne fasse hurler Lûka. Au louveteau qui filait sans demander son reste, avait succédé les jumeaux, puis plus qu'un des deux. D'autres personnes étaient entrées et sorties, ils avaient parlé du spectacle, des nouveaux arrivants puis du vol de chocolat Lindel avant qu'il ne s'enquiert de l'état de Rita et après ? Que s'était-il passé après ?

Pourquoi ne s'en rappelait-il pas ? Avait-il réalisé tardivement que la lune était pleine ce soir-là ? Non, cela n'aurait eu aucun sens ! Il n'aurait pas eu si soif sinon. Lorsque la Bête parvenait encore à prendre le dessus, il savait plus ou moins encore ce qui se produisait dans ses rêves éveillés morbides. Et puis... Il empestait le sang. Ici, ça avait le goût du sang mais ça sentait seulement la poussière. Cette immonde poussière qui démange. Il tira violemment sur ses liens, au point de les déchirer à demie, et de remonter une partie du croisillon vers eux. Le brun se gratta vivement le nez et eut l'impression d'être sur une patinoire tant cela lui sembla bouger. Il laissa échapper un cri de surprise, avant que ne s'immisce un nouveau juron dans sa langue natale. Puis quelque chose de chaud le fit tressaillir, frôlant son œil si vivement que cela lui hérissa le poil, et de chaque côté de ses joues une chaleur moite se diffusait. Le lycanthrope eut un grognement pour tout signe, il n'aimait pas ça. Vraiment pas. L'agent s'apprêtait à grogner et à mordre, quand la voix tonna son nom.  


- Oh la ferme Edward ! Décréta-t-il, abrupt, en campant sur ses positions.

Qui d'autre à part lui daignait encore l'appeler par son prénom pour exiger le calme ? Nath' ne se s'y serait pas risqué et Valentine s'amusait davantage de ses accès de colère que de ses moments d’accalmies. De plus, le timbre était trop grave pour qu'il s'agisse de la journaliste.


*"Hors d'ici ?"*

Seuls ces mots étaient parvenus à se frayer un chemin dans la logique détraquée par le stress du commissaire. Il ne sut pourtant pourquoi la voix lui sembla si fébrile et ne comprit pas bien ce qu'il fallait faire, jusqu'à ce qu'enfin, son côté bourrin n'intègre l'idée principale. Un éclair de lucidité passa au fond de ses iris d'or lorsqu'il vit Frédéric se préparer à cogner contre la grille. Alors seulement les paroles qu'il lui avait adressées auparavant trouvèrent un écho dans son esprit. Instinctivement, il leva les yeux au ciel, d'où une nouvelle aria, plus fluide et plus entrainante leur arrivait, et il contempla la poulie qui les maintenait, se demandant si elle tiendrait un tel choc. Le policier n'eut guère le temps de s'attarder davantage sur les détails, que déjà Frédéric frappait et le monte-charge descendit de plus belle. De nouveau, il se cogna contre l'une des parois avant que cela ne se stabilise. Un nouvel éternuement le prit et cette fois ce fut à son tour de servir partiellement d'oreiller. La sensation d'un corps sur le sien, le dérouta tant qu'il se redressa plus vivement qu'il n'aurait dû. Grimaçant sous les multiples coups qu'il avait subi, et sous ceux que lui infligeaient encore des cordages plus lâches, il observa avec autant de calme qu'il lui était possible, l'endroit où le mage avait fait usage de la force.

- Bah ça alors... Ça s'est embouti ! On dirait même que ça nous a bloqués entre deux niveaux ! S'étonna-t-il franchement face au renfoncement en forme de cercle.

Avisant autour d'eux, il ne distinguait à présent qu'un pan de mur griffé et rien que le noir en périphérie. En se tordant à demi le cou, dans ce qui était le plus proche de la position verticale, il distinguait encore les colonnes qui soutenaient les angelots, une épaisse couche de poussière et crut voir une forme sombre se déplacer rapidement. Cela le fit reculer sous la surprise tandis qu'il fronçait les sourcils, pas certain d'avoir discerné des yeux dans les ténèbres qui les entouraient.


- Je crois qu'on n’est pas tous seuls... Murmura-t-il dans un souffle.

Il frémit de plus belle : cette fois une seconde forme venait de rejoindre la première.

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Jeu 29 Jan - 9:02

La plateforme tomba encore, au moment où Frédéric frappait. Il n'aurait su dire si c'était à cause de lui qu'elle était tombée, ni si c'était grâce à lui qu'elle s'était arrêtée, mais dans tous les cas il préféra éviter de réfléchir à l'intelligence de son geste. Ça valait mieux pour sa santé mentale, d'autant plus que son réflexe de transformation de la peur en colère était toujours activé.
Bon, au moins, si son action avait pu les stabiliser un peu, c'était toujours ça de gagné.
Il prit donc une seconde pour reprendre ses esprits, espérant que son compagnon y verrait mieux que lui.
Il le sentit d'ailleurs se tordre à son côté, et il conclut à raison que l'autre inspectait des yeux leur entourage. Il fut moins rassuré lorsqu'il le sentit s'écarter vivement sous la surprise. Qu'avait-il vu au juste ?

- Je crois qu'on n’est pas tous seuls...

Frédéric soupira, exaspéré.

- 'Manquait plus qu'ça... soupira-t-il d'une voix un peu plus tremblante qu'il n'aurait voulu.

Mais Aldrick frémit une fois encore, et Frédéric n'en put plus. Se redressant comme il pouvait dans ce lieux plus qu'exigu, avec ses deux mains toujours jointes contre leur gré, et tentant de ne pas écraser son co-prisonnier dans cette purée de poix, il grommela dans ses dents, et tout bas :
- J'en peux plus de c't'endroit, ça commence à bien faire !

Bon sang, il avait vraiment peur, et ça commençait à le mettre vraiment en colère. Il en avait (peur) marre de cette cage, (peur) marre de ce lieux, (peur) marre d'être si loin de son frère, (peur) marre de ce commissaire inutile, (peur) marre de cette saleté d'obscurité entêtante, et surtout, marre de ces ombres traîtresses et de leurs geôliers qui ne prenaient même pas la peine de se présenter décemment. Que faisaient-ils là au juste ? Hein ?!

Par toutes les dryades d'Ardennes on y voyait vraiment rien dans ce trou... Et avec ces « on est pas tout seuls » de mes deux, il commençait sérieusement à paniquer. Il leur fallait de la lumière... Il lui fallait de la lumière. Il pourrait lancer une flamme mais ça risquerait de les exposer plus que de raison. Les choses qu'avait vu Aldrick étaient peut-être des êtres sombres enfermés ici. On les avait peut-être enfermés ici, Aldrick et lui, justement pour qu'ils soient pris par ces bestioles... La lumière ne ferait qu'exposer les prisonniers à leur faim millénaire...

À moins que leur salut, jusqu'ici, n'ait été dû qu'à la cage. Les choses ne pouvaient peut-être pas les atteindre, et la plupart du temps, les êtres qui vivaient dans le noir et le froid n'aimaient pas trop la lumière et la chaleur.


... Bon sang mais quel imbécile il était ! Freddy était tellement (apeuré) énervé qu'il avait failli lancer un sort sans même prendre la peine de prévenir Voelsungen. Il prit soudain conscience de son état personnel. Bon sang si l'enquêteur irradiait d'angoisse, Frédéric lui-même empestait la peur à des kilomètres. Où était son frère ? Il devait arrêter de jouer seul : il était trop perturbé sans son hydre...
Il murmura donc, aussi bas que possible :

- Commissaire. Ça va ? Une pause. Commissaire. 'Nous faut d'la lumière. J'peux en faire que les autres verront pas, d'accord ? Nous seuls verrons, mais 'faudra se taire, parc'que si y'a quelqu'un il pourra toujours nous entendre. D'accord ?

Il hésita une seconde. Il n'avait pas peur de s'exposer ainsi face à Velsungen : après tout il état Légendaire, lui aussi, même s'il ne savais pas exactement ce qu'il était. Mais bon sang c'était tellement plus dur sans Morgan... Dans son état, il n'était même pas sûr si l'autre avait accepté ou non. Il n'en eut cure : il avait trop besoin de lumière. Il deviendrait fou sinon : il avait connu un autre monde que celui-ci, sans lumière. Il ne voulait pas que son souvenir le prenne ici. Surtout pas sans Morgan...

Le jeune mage se mit donc en besogne, et passa ses doigts à travers le grillage au dessus d'eux. Marmonnant dans ses dents un langage vieux comme le monde, il lança le premier sort, faisant appel au plus profond de lui au souvenir de son frère, espérant que, où qu'il soit en ce moment, l'autre l'entendrait peut-être un peu. Deux êtres aussi liés qu'eux deux ne perdaient jamais vraiment le lien qui les unissait, mais la distance l'affaiblissait toujours : il n'était pas certain que Morgan puisse l'aider de si loin.

Un voile d'obscurité vaguement translucide commença à apparaître autour de la cage, partant du haut, descendant vers les parois, pour descendre jusqu'au sol. Le sort n'était pas dur en soi : il suffisait de condenser les ombres, mais Frédéric ne l'avait jamais aimé. Il puisait dans les réserves de mauvais souvenirs, les ombres du cœur. Sans Morgan pour le maintenir à flots au milieu des ténèbres, le mage avait peur d'y sombrer.
Il n'état pas tout à fait sûr d'avoir besoin de ce sort-là à vrai dire, mais on n'était jamais trop prudent...

Quand ce fut fini, il ne perdit pas de temps à lancer le "sort" suivant. Il lâcha le grillage, se rassit dans un couinement de cage et forma une boule avec ses mains jointes. Pas évident avec le cordage, mais faisable. Puis il appela, du fin fond de son être (et il remercia le ciel et la terre d'avoir eu le temps d'apprendre de son père à invoquer en silence). Il appela les êtres qui lui avaient donné son nom de scène, ceux qui vivaient dans son cœur depuis toujours, qui lui seraient toujours liés : car il était le Mage de la Forêt d'Ardennes, et les feu follets en étaient les Gardiens. Ils éclairaient les bois, leur lumière éthérée visible uniquement de ceux qu'ils voulaient attirer hors (ou dans les bras) du danger.

Au milieu de ce bordel sans nom, le « p'tit Lenoir » sourit. La Forêt de son Coeur était bien loin d'ici. La sentir si proche lui fit du bien à l'âme.
« Viens Follet, j'ai besoin de toi. » pensa-t-il – et peut-être le murmura-t-il aussi.
Alors au milieu de ses paumes jointes, une lumière filtra, bleue-verte, puis tandis qu'il ouvrait les mains, le follet apparut, petit être plus clair pris dans son aura lumineuse. Il n'agressait pas l'oeil, mais il éclairait bien, et comme Frédéric se tournait vers le commissaire, souriant mais exténué (Morgan était effectivement trop loin pour l'aider ici), le petit gardien du bois rendit sa flamme visible pour lui aussi, éclairant les alentours aux yeux du commissaire.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 4 Fév - 20:54

Si la patience était indéniablement l'un des traits de caractère les plus absents de la génétique d'Aldrick, nul besoin de douter que sa curiosité avait su s'approprier la place supplémentaire qui aurait dû revenir à cette vertu. Aussi, sans vraiment réfléchir, le brun s'était rapproché malgré tout, de l'endroit où -quelques secondes plus tôt- il avait discerné plus d'un regard. Il répondit vaguement par l'affirmative à Frédéric, doutant déjà qu'il s'agissait bien de lui et non de son frère, avant que la lumière ne soit réclamée. Son mal être le poussa sans s'en apercevoir vraiment à râler quand même :

- A part qu'on est coincé on ne sait où dans une cage minuscule, au dessus du vide, dans le noir et ligoté sans raison ? Ouais ça va...

Pourtant, machinalement, il s'arrêta dans son analyse des lieux pour lever une main, suivie de sa consœur -lien oblige- jusqu'à la poche interne de son manteau. Il n'eut en revanche pas le temps d'y chercher son briquet que déjà, son compagnon d'infortune commençait à marmonner un monologue incompréhensible. Le policier arqua un sourcil, se demandant quelle mouche l'avait piqué, jusqu'à ce que l'obscurité semble s'éclaircir partiellement. Cela le surprit tant qu'il se recula jusqu'au fond de la cage, dans un détestable grincement de ferraille qui le fit aussitôt tressaillir. Un cri de surprise franchi distinctement la barrière de ses lèvres lorsqu'une sorte de bougie obèse inversée flotta au-dessus du sol.

Nouveau bruit de ferraille, et la carlingue ne sembla pas bien le vivre non plus. Le commissaire porta la main à son arme de service et la pointa sur l'étrange cierge. Oui mais voilà, malgré tout son professionnalisme reproduit avec exactitude par son corps... D'arme il n'y a avait point !
Ce fut alors comme s'il venait d'apprendre qu'Edward avait un frère jumeau ! Un cri d'horreur, de colère et de surprise mêlés, s'échappa de son être, tandis qu'un frisson lui remonta désagréablement tout le long de l'échine et bêtement il observa autour de lui, espérant retrouver son bien. Ses iris d'or parcoururent la base sans rien déceler, avant de se fixer sur le plus jeune puis sur sa flamme étrange.

D'un doigt mal assuré, l'officier pointa la chose avant de s'enquérir :


- Qu'est-ce que c'est que ce... ça là ?! Sa voix indiquait une certaine méfiance. Où est mon arme ? C'est toi qui l'a ? Ou la bougie bizarre ? Puis d'abord tu... C'est toi qui gères ce fantôme étrange ? T'es quoi au juste ? Un nécromant ? Un alchimiste ? Un chaman ? Mais sans attendre de réponse il parut soudain frapper d'une illumination sans précédent : Oh j'ai compris ! C'est lui que j'ai vu tout à l'heure ! C'est lui qui nous a fichu dans cette galère et maintenant, il appelle ses petits copains, parce qu'il veut prendre le contrôle de ton corps !

Tout allait vite. Les iris d'Aldrick passaient de Frédéric à la flammèche malade, jusqu'au sol, où il espérait encore avec utopie retrouver son arme de service, avant de se perdre sur le grillage qui lui donnait plus que jamais l'impression d'étouffer, sans compter son cœur dont les battements effrénés nuisaient à quelque réflexion salvatrice que ce soit.

Le lampion verdâtre lui parut se rapprocher et n'ayant jamais rien vu de tel, il se recula encore davantage contre la paroi qu'il exécrait à présent et qui couina violemment sous son poids.


*Où est mon arme ?! Est-ce que ce spectre sait s'en servir ? Et si jamais il prend possession de quelqu'un d'autre et qu'il l'utilise ?! AAAhhh mais ce truc flotte tout seul, c'est horrible !* Ses mains vinrent en barrière de son visage, alors que ses pensées décousues défilaient. *Il va me bouffer le cerveau et l'aspirer jusqu'à ce qu'il n'en reste rien ! J'vais crever dans une cage ! Sans même avoir foutu la raclée de sa vie à Edward ! CREVER DANS UNE CAGE ! CREVER DANS UNE CAGE ! NON !*

L'image morbide de la mort d'Yvan Voelsungen se rappela si violemment à l'esprit d'Aldrick qu'il crut avoir encore le goût du sang engendré par les combats qui s'infiltrait dans sa gorge. Cette seule idée suffit à faire rugir la Bête. Une colère effroyable s'empara du lycanthrope, qui se refusa si intrinsèquement de fuir cette fois, qu'il frappa du poing la paroi contre laquelle il était adossé. Tant et si bien qu'il était parvenu sans s'en apercevoir à rompre ses liens. Il n'eut pas le temps de s'en réjouir : le monte-charge s'ébranla de nouveau et acheva finalement sa course à l'étage du dessous. Sous le choc de ce nouveau séisme et l'absurde réflexe de l'ainé, une partie du grillage s'était pliée vers l'extérieur, laissant un trou d'une vingtaine de centimètres en guise d'ouverture. Un nouvel assaut démoniaque du nuage de poussière maléfique secoua le corps malmené du commissaire, avant que son esprit déluré ne pose sur les environs un air égaré. Ses oreilles le faisaient souffrir bien plus que tout autre sens, tant le vacarme de la chute avait empli l'espace de sa gifle cinglante. Son cœur manqua un battement lorsqu'il réalisa que Frédéric était allongé et que le revenant se penchait au-dessus de son corps.

- NE LE TOUCHE PAS !

Avant même qu'il ait réalisé ce qu'il faisait, le commissaire s'était déjà précipité vers l'artiste pour le prendre dans ses bras et repousser son agresseur phosphorescent, en montrant les crocs et en grognant rageusement. Ce qui -comme chacun sait- est particulièrement utile et efficace lorsque l'adversaire est immatériel...

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Ven 6 Fév - 13:08

La réaction de Voelsungen n'étonna pas Freddy outre mesure, tant qu'il se contenta de demander ce qu'était Frédéric et ce qu'était le feu follet. Il fut cependant agacé par son manque d'écoute. Ne l'avait-il pas prévenu ?
Ensuite il vit le visage du commissaire, et il commença à s'étonner (et à re-paniquer : avec le boucan qu'ils faisaient, il auraient aussi bien pu allumer une flamme réelle et crier au monde "on est là, venez nous bouffer !"). Pourquoi le commissaire paniquait-il comme ça ? Bon sang il était flic, merde ! Et légendaire avec ça. C'était quoi cette réaction ?!

Il n'eut pas le temps de se questionner plus avant sur la véracité de la fonction de son vis-à-vis : l'étonnement céda le pas à la méfiance et à l'angoisse pures quand l'autre se mit à déblatérer tout un tas d'âneries au sujet du feu follet.
Un revenant ? ça ?! Mais merde il était aussi effrayant que ça son petit feu follet de rien du tout ?
Bon sang, se serait-il trompé en faisant confiance au commissaire (si c'en était vraiment un) ?

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose quand l'autre frappa carrément la grille (et le mur) derrière lui. Frédéric s'écarta instinctivement, le feu follet se positionnant entre lui et Voelsungen.

Puis la nacelle tomba de nouveau, et Freddy ne sut plus rien.

Un moment il tombait, l'autre il se cognait la tête au sol. Point. L'instant suivant, Frédéric n'était plus là. Il ne restait de lui qu'une masse informe couchée par terre. Son esprit s'était éteint de lui même. "Un choc au crâne ? Fermez tout les gars ! Faites sauter les plombs, c'est moins risqué que d'être conscient ! ". Foutu réflexe physique.


Dans les ténèbres mitoyennes à la vie et la mort, Frédéric se sentit comme chez lui. Pendant ses dix secondes d'inconscience, il se crut revenu aux Ardennes, à ses bois et à son enfance heureuse, quand son père l'emmenait partout, que sa mère leur faisait des crêpes.

- NE LE TOUCHE PAS !

Tiens, on aurait dit la fois où son père l'avait sauvé des mains de Jean Metz, l'enflure qui avait fini par l'assassin-- quoi ? Mais...

- Père ?

Il ouvrit un oeil et découvrit d'abord du tissu. Ça sentait bon, c'était un peu rêche, mais sans plus. La lumière était étrange. Il y avait une main sous sa tête, on le serrait contre soi. Bizarre, il ne se souvenait pas de son père comme ça. Pas assez massif, un peu trop... l'odeur...

Du coin de l'oeil il vit un petit gardien du bois qui avait l'air triste (bleu foncé, c'était pas très joyeux). Mais qu'est-ce qu'il faisait là ?... Son cerveau se souvint d'un coup et il gémit de désespoir. Pas de père, non. Son père était mort. À la place maintenant il avait un ami. Son frère, on disait. Morg... Morgan, oui. Et sa mère... Il gémit encore. Bonne branche, c'était douloureux d'un coup. Celui qui le tenait n'était « que » ce commissaire à la noix.
Il sentit la magie qui le liait au feu follet et son crâne malmené ne put en supporter autant. Il grogna et tenta de se redresser un coup, tandis que la lumière vacillait, et que le feu-follet faiblissait. Il ne s'éteint pas complètement, mais resta là, en retrait et à peine visible, éclairant faiblement les alentours.

Tandis qu'il essayait faiblement de se redresser malgré la poigne qui le "protégeait" du "spectre", un grand bruit se fit entendre. Une sorte de long grincement, grave et profond, dont il n'aurait su dire la provenance. Puis un grand Boum au dessus d'eux, et un silence assourdissant. Le follet faiblit encore et Fred préféra s'immobiliser. Ne plus rien dire, ne plus rien faire, et voir. Son corps en avait besoin, son esprit aussi, et il avait déjà assez fait de bêtises pour aujourd'hui.
Se faire enlever et enfermer dans une nacelle instable, dans un lieu inconnu, sans lumière, avec une vague connaissance légendaire pour compagnon d'infortune étant la première et la plus grosse de la liste.
Jusqu'ici, cela dit.

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mar 10 Mar - 8:27

Contre toute attente, la tactique bancale du lycanthrope parut efficace, puisque la bougie se fit plus timide. Pourtant le seul mot que prononça le jeune homme lui arracha un bref mouvement de recul de la tête. Il l'observa comme s'il le contemplait pour la première fois et s'étonna de la chaleur de cette petite main toujours accrochée à lui. Cela eut pour effet de calmer si prodigieusement la colère qui l'animait qu'il douta même qu'elle ait jamais été présente dans son corps. Sa vision sembla s'élargir, et sa capacité de réflexion revenir à un stade convenable. Comme si par ce seul mot, une magie puissante avait libéré le lycanthrope de l'emprise d'une drogue.

- Euh... Non... Je... Il n'acheva pas, ne sachant vraiment pas comment formuler sa réponse maladroite, avant de déclarer perplexe : Tu as fumé ou quoi ?

Avisant toujours du coin de l’œil leur adversaire, le commissaire ne fit rien pour empêcher Frédéric de se mouvoir, tendant même l'oreille, lorsqu'il lui sembla que le garçon avait dû entendre du bruit.
Les secondes s'écoulèrent et rien ne changea, si ce n'était que la respiration faible de l'artiste lui sembla plus sereine. Aldrick en fut grandement calmé. Toujours sur ses gardes cependant, il ne quittait pas des yeux la flammèche bleutée, sans parvenir pour autant à définir ce sentiment nouveau qui l'envahissait à l'idée qu'il ait pu être confondu avec un père. Ce fut comme une douche froide ! Lui si imparfait et maladroit, être comparé à ses êtres qui protègent sans failles leurs progénitures ? Lui que la Bête avait jusqu'à très récemment toujours su mener par le bout de la truffe comme elle l'entendait, pouvait paraitre assez digne de confiance pour écoper des responsabilités qui découlent d'une vie plus jeune ? Était-ce seulement parce qu’il parvenait parfois à accepter qu’elle et lui n’étaient qu’un en réalité ? Mais un père ! UN PÈRE ! Serait-il seulement jamais prêt pour ça ?


- Navré petit, mais ton père n'est pas là. On ira le voir en sortant d'ici, promis. S’engagea-t-il d'un ton d'une douceur étonnante.

Quelque part ce petit bout d'homme, lui semblait bien affaibli, et il décida de se charger de lui, comme il aurait probablement dû le faire avec Andréa si les circonstances avaient étaient différentes. Par ailleurs les rares mises en condition lors d'entrainements lui revinrent enfin en mémoire, et l'agent finit par jeter un coup d’œil furtif à l'ouverture. Il était trop grand pour passer, il lui faudrait l’agrandir mais vu comme le jeunot semblait faible, impossible de garantir leur sécurité à tous les deux à ce moment-là, mieux valait jouer la prudence pour l'heure. Il grogna de plus belle lorsqu'il lui sembla que l’entité se rapprochait. D'un mouvement lent, il porta la main à sa veste et en extirpa une boite en métal au parfum sucré, qu'il tendit à Frédéric sans annuler son duel visuel avec le feu-follet.


- Tiens, reprends des forces, faut qu'on sorte de là.

S'asseyant à demi, de sorte à lui offrir une assise plus confortable, et à pouvoir se mouvoir rapidement si le besoin se faisait sentir, Aldrick poursuivit :

- Je ne sais pas ce que veut ce spectre, mais je ne le laisserais pas t'embêter alors savoure-le, c'est ma voisine qui l'a préparé.

Un sourire rapide étira ses traits. Jamais en débarquant à la capitale il n'aurait songé que le destin lui prodigue chance aussi grande que celle d'avoir une apprentie chocolatière en voisine de palier.

- Toi recules ! Tout de suite ! Ordonna-t-il en un grognement, sans omettre un regard noir pour leur adversaire ; prenant malgré lui les traits qu'Yvan Voelsungen arborait jadis lorsqu'il s'agissait de faire valoir son autorité de chef.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 11 Mar - 8:17

Les bruits cessèrent, et le commissaire ne bougea plus. Frédéric non plus. Ils auraient peut-être dû commencer par ça, se dit-il. Malgré la bosse qu’il garderait probablement, Fred se dit que ses dix secondes d’inconscience, ainsi que ces bruits étranges avaient au moins eu le mérite de les calmer tous deux. Les paroles du Commissaire, soudain plus calme, le firent marrer :

- Euh... Non... Je... Tu as fumé ou quoi ?

Fred rit doucement, amusé. Il avait mal au crâne, et le Follet lui semblait lourd, ainsi que le sort qu’il avait posé sur la cage pour les dissimuler tous deux. Il décida d’arrêter celui-ci et n’eut à faire qu’un simple mouvement de la main, que le commissaire ne verrait ni ne comprendrait probablement pas. Tant mieux. Il se sentit un peu mieux, le follet lui parut moins lourd aussi.
Ça ne dura pas.

- Navré petit, mais ton père n'est pas là. On ira le voir en sortant d'ici, promis.

Le chagrin le reprit d’un coup, comme un poids immense se nichant au creux de son ventre, qui grossissait, grossissait… Il avait toujours comparé le chagrin en lui à un ballon de baudruche, un sac imperméable greffé entre le cœur et l’estomac : quand tout allait bien, il était léger, on ne le sentait plus. Mais il suffisait qu’on en parle, ou qu’on y pense un instant, et il se mettait à gonfler, gonfler, gonfler… Si on le laissait faire, il pourrait enfler ainsi jusqu’à ce qu’on ne sente plus que lui. Si on le laissait faire, un jour il exploserait, et ce serait la fin.

Fred ne le laissait jamais enfler. Pas même un petit chouïa. Il le dégonflait à grands coups de masse, sautait dessus à pieds joints et s’asseyait sur lui comme on écrase sans pitié le moustique qui ruine nos nuits. En silence il se redressa. C’était du passé. C’était gentil de la part du commissaire, en tout cas. Il n’eut pas le temps (ni l’énergie encore) d’expliquer quoi que ce soit : une boite en métal atterrit entre ses paumes ouvertes.

- Tiens, reprends des forces, faut qu'on sorte de là.

Fred renifla l’odeur qui en sortait.  

- Je ne sais pas ce que veut ce spectre, mais je ne le laisserais pas t'embêter alors savoure-le, c'est ma voisine qui l'a préparé.

Fred l’ouvrit, découvrit son contenu enivrant. Le monde entier s’arrêta.

-… Du chocolat… ?

Incrédule, il se tourna vers Voelsungen, puis, comme un automate, il prit une part et la croqua. Ce petit morceau de bonheur en barquette au milieu de ce champ de foire chaotique et sombre, lui fit un bien fou. Aussi improbable que ça puisse paraître.

- Merci…
Puis le lycan s’énerva contre le feu follet et Frédéric entendit en lui grogner une chose qu’il n’avait pas sentie (ou n’avait pas voulu sentir) jusque-là. Le feu follet ne bougea plus, et Frédéric comprit soudain. Un Garou. Un garou en cage. Voilà ce qu’était cet étrange commissaire, enfermé avec lui. Pas étonnant qu’il n’aime pas les grilles et l’obscurité. Pas étonnant qu’il voie plus clair que lui. Frédéric se dégagea doucement de l’étreinte protectrice du commissaire et lui posa une main sur l’avant-bras, qu’il laissa là. C’était autant pour maintenir un contact physique (il en avait besoin), que pour stabiliser ce mal de crâne qui n’aimait pas les changements d’altitude.

- Ça va mieux, merci.

Il garda la main sur la manche de Voelsungen pour attirer son attention sur lui, plutôt que sur le « spectre ». S’ils voulaient sortir de là en faisant les choses bien, il allait devoir éclaircir certains points, or il ne voulait pas réitérer la panique de plus tôt. S’assurant que l’habitué du Lost Paradise le regardait dans les yeux, il expliqua d’une voix qu’il espérait posée et calme malgré les circonstances :

- Vous devriez pas vous énerver contre lui. Il désigna la lueur.C’est un feu follet. Ça vit dans tout un tas d’endroits brumeux et ça éclaire les ch’mins pour les gens comme nous. Il observa le garou, s’assurant qu’il écoutait. C’est moi qui l’ai invoqué tout à l’heure ; il nous f’ra pas de mal, croyez moi. C’est just’ qu’il s’fait voir que d’ceux qu’il veut bien. J’pensais qu’ça s’rait bien pour y voir plus clair sans s’faire voir…

Frédéric n’était pas sûr que le loup le croyait. Les feux follets étaient communs, mais le monde les ignorait de plus en plus et de moins en moins de gens pouvaient les voir, que les follets le veuillent ou pas. Par ailleurs il appréhendait la réaction du commissaire, vis-à-vis du feu follet autant que vis-à-vis de lui : le mage venait ni plus ni moins de lui avouer une partie de ce qu’il était. Pour faire bonne mesure, et d’une voix plus fatiguée qu’il ne l’aurait voulu, il ajouta :

- J’ai voulu vous l’dire d’t à l’heure, mais vous étiez pas là…

Nul reproche dans sa voix, juste une sorte d’excuse : il aurait pu mieux s’y prendre. Comme pour ponctuer, le feu follet se déplaça tout lentement de manière à s’aligner près de Freddy, à l’opposé du commissaire. Il resta là sans plus bouger.

Sans laisser le temps à l’étranger de répondre à ses dires et quitte à continuer sur les Révélations et les Explications bien épaisses, Frédéric ajouta :
- Quant à mon père… c’est gentil de vot’ part, mais il est plus de c’monde. Ça fait longtemps…
Il lui rendit la boite de chocolats.
- Mais merci quand même.

Et il sourit comme il put, observant sa réaction qui ne tarderait certainement pas. Il était sincèrement reconnaissant des efforts du commissaire (réussis en partie) pour lui remonter le moral dans de telles circonstances.

En tout cas il était content d’avoir mis les choses à plats (et au calme). La fatigue soudaine qu’il ressentait et qui ne s’en allait pas l’inquiétait. C’était Morgan, surtout, qui lui manquait plus que tout : il avait besoin de lui pour se sentir entier. Il avait besoin de lui pour chasser le chagrin, aussi, et faire fuir les démons. Ces saletés de démons de la peur qui le poursuivaient depuis toujours…
Par-dessus tout, en même temps que revenait à lui la conscience aigüe de leur situation précaire, remontaient les questions sans réponse (où sommes-nous ? Pourquoi ? Qui ? Où est Morgan ? OÙ est MORGAN ?!). Pour ne pas y penser, il attendit la réaction du commissaire.


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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 11 Mar - 14:33

Le petiot glissa d'une voix faible que ça allait mieux et il dût faire des efforts incroyables pour ne pas répliquer du tac à tac que s'il allait bien, lui était l'être le plus patient de l'univers. Le garçon paraissait si faible qu'Aldrick avait craint de le voir s'évanouir au fil des secondes. L'étreinte à peine perceptible qu'il apposait sur lui ne fit que le conforter sur ce fait.
Pourtant il lui semblait qu'il avait quelque chose d'important à dire, et il dû se résoudre à laisser une marge de manœuvre à leur adversaire. Cela ne lui plaisait pas. L'inattention ne pardonnait rien en combat. Il avait vu bien trop des siens mourir avant même d'avoir atteint l'âge de Frédéric pour ne pas se méfier constamment de ce qu'il ignorait. La suite pourtant le laissa coi de surprise.


*Un feu follet ? Alors c'est à ça que ça ressemble ?*

Le récit du brun, lui arracha un "o" étonné, muré de silence, tandis que ses iris allaient et venaient sur les présents.

*"Invoqué" ? Je rêve ! Qui s'est chargé de l'éducation de ce gosse ? Et la DDHL alors ?! A t-il seulement conscience de ce qu'il aurait encouru si je n'avais pas été un Légendaire ?! Bon sang !*

Son poing de libre se serra. Retenant colère et frustration, il s'apprêtait à l'exprimer lorsque les dires du mage lui arrachèrent un bête :

- Mais je n'ai pas bougé d'ici !

Quand son cerveau fit enfin le rapprochement, le plus jeune lui rendait sa boite la mine sombre, et le commissaire eut vaguement l'impression qu'il allait fondre en larmes. Rangeant machinalement son trésor, son poing serré vint se poser sur la tête de son vis à vis pour s'y aplatir doucement, lui ébouriffant les cheveux dans un geste calme.

*Ah c'est pour ça... Tout s'explique.*

– Ça prendra peut-être un peu plus de temps pour aller jusqu'à sa tombe alors. Aldrick eut un sourire entendu. Il avait promis. Un Voelsungen ne revient pas sur sa parole. Jamais. Avisant le feu follet, il déclara ensuite pour ce dernier. Navré d'avoir été agressif avec toi, je n'avais pas réalisé que tu lui étais lié.

*Pourtant lui aussi il sent l'écorce, j'aurais dû m'en douter.*

Un sourire contrit ponctua le propos, en guise d'excuse. S'il était aisé au commissaire de statuer généralement sur la race d'un Légendaire, il ne pouvait en revanche voir la magie dans toute son ampleur. Une part de son instinct l'acceptait pourtant pleinement mais l'autre plus humaine, refusait ce phénomène. Aussi la conversation était parfois houleuse, notamment avec des originaux comme Lydia Gray.

L'agent fut tenté de sortir rapidement maintenant qu'il savait que le spectre était avec eux, néanmoins, l'état du jeune artiste l'inquiétait, à tel point qu'il doutait même qu'il puisse marcher. S'il pouvait se passer amplement de son arme de service pour trouver la sortie, il doutait en revanche, que cela plaise à son supérieur. Un soupir franchi la barrière de ses lèvres, et il finit par attirer le plus jeune contre lui.


– T'as pas l'air bien petit. Reposes toi un instant.

Le brun ferma brièvement les yeux. L'idée de rester dans cette cage à lapins ne l'enchantait guère, mais il avait l'impression que s'ils bougeaient maintenant, Frédéric ne serait plus en état de faire quoique se soit. Et puis comment savoir ce qui les attendait alors que l'ouverture était si petite ? Seul des bruits sourds lui parvenaient des étages supérieurs, et de petits couinements irréguliers plus proches, comme une conversation hachée, mais rien qui puisse lui permettre d'anticiper une conduite à adopter pour l'avenir.

– Il était comment ? Ses iris passèrent sur Frédéric. Ton père.

Le policier reporta son attention sur le plafond, le détaillant en tâchant de rester serein. Écoutant avec attention la réponse de son interlocuteur avant de poursuivre :

– Il savait que tu étais... Le rouge colora légèrement ses joues d'embarras, ne sachant trop comment exprimer le fond de sa pensée. ... Enfin que ton frère et toi, n'étiez pas comme les autres ? Mais même si vous vous ressemblez... Au fond, vous êtes différents, n'est-ce pas ? Intrinsèquement différents, non ?

Le commissaire ne précisa rien de plus, ne trouvant pas de formulation plus appropriée, ne parvenant pas à masquer la perplexité qui s'était immiscée dans sa voix. Vaguement, il se dit qu'il était peut-être irrespectueux en présentant les choses ainsi et son regard coula sur le cracheur de feu, puis sur le gardien des bois, s'attendant presque à une répartie cinglante de sa part en dépit de son mutisme prolongé.

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Jeu 12 Mar - 19:06

- Ça prendra peut-être un peu plus de temps pour aller jusqu'à sa tombe alors.

Simple. Efficace. Telle était la réaction tant appréhendée du commissaire. Cette façon de ne pas en faire un plat tout en comprenant intrinsèquement l'importance de la chose, rassura et toucha le jeune mage plus qu'il n'aurait su dire. Aussi se tut-il.

Voelsungen s'excusa auprès du follet qui, fidèle à sa nature, se contenta de se faire plus clair et plus brillant, flottant à présent au centre de la cage, éclairant les alentours d'une lueur irréelle, entrecoupée des ombres que dessinaient les barreaux de la grille.

Frédéric observa la cage qui les retenait prisonniers. Elle ne permettait pas vraiment de distinguer quoi que ce soit au dehors. Tout juste devinait-on, grâce aux rais de lumière filtrant par le grillage, une pièce sombre encombrée de caisses en tous genres. On aurait dit un sous-sol encombré, plein de caisses et d'outils étranges.Un instant son esprit s'envola vers d'autres lieux, d'autres temps, où il avait observé les ombres projetées par des bougies et des follets pendant des heures. Son silence et son immobilité durent inquiéter le commissaire, qui lui conseilla de se reposer. Le jeune mage comprit qu'il ne devait pas être dans son état normal : en pleine urgence, laisser son esprit flâner comme ça, ça ne lui ressemblait pas du tout.
Il tendit une main vers le follet, qui s'approcha à le frôler. Il ne se touchèrent pas (toucher un follet était une impossibilité physique : on ne les atteignait jamais vraiment, ils étaient toujours à 10 cm de soi, sans qu'on sache pourquoi). C'était un réflexe. Il sentait l'Ardenne à travers son gardien, il en avait besoin d'une certaine manière...

- Il était comment ? Frédéric leva les yeux vers le garou, silencieux. Ton père.

Le garçon reporta son attention vers la cage. Son père ?
Il se demanda un instant s'il avait envie d'en parler. Il n'avait jamais eu peur d'en parler. En parler ne faisait pas mal : c'était la soudaineté qui ramenait le chagrin. Le reste du temps, ça allait. Son père était dans son esprit comme une figure floue, un concept issu de l'enfance. Sa mère, elle, restait dans sa mémoire comme une peinture nette et précise. Il se souvenait d'elle comme s'il l'avait toujours eue à ses côtés. Le souvenir de son père était fait de sensations, de visions du passé,,.
Il prit une inspiration qu'il soupira longuement. Comment était son père ? Il avait su qui était son père pour les autres (le rebouteux, l'hermite, ce maudit Lenoir...) Mais comment était son père pour lui ?

- Intelligent.
Il marqua une pause, surpris d'avoir dit ça en premier. Il regarda le follet. S'il avait pu, il lui aurait demandé son avis, mais les follets ne parlaient pas.
- Grand j'crois bien. Mais j'étais p'tit aussi. Il haussa les épaules. Droit dans ses bottes, dur au travail. Une pause. Comment résumait-on un père, en quelques mots ? Il ne le savait pas, ne voulait pas le faire. Il haussa les épaules, encore. C'était mon père quoi. L'était bon dans c'rôle-là. M'a beaucoup appris. Puis il aimait ma mère...

Voelsungen assimila un instant, et Frédéric sentit le "calme" environnant entrer en lui. Effectivement, ça lui faisait du bien de se poser, malgré la profondeur du sujet. Vu le calme nouveau avec lequel son compagnon d'infortune s'exprimait, ça devait lui faire du bien à lui aussi. La lumière n'y était certainement pas pour rien. Il finit par continuer la conversation :

- Il savait que tu étais... Enfin que ton frère et toi, n'étiez pas comme les autres ? Mais même si vous vous ressemblez... Au fond, vous êtes différents, n'est-ce pas ? Intrinsèquement différents, non ?


Le mage mit un temps à répondre à ça. Ça, c'était un autre problème.
Il opta pour l'honnêteté, sa voix se faisant plus claire, calme, posée.

- Il savait, dit-il. Il était comme moi. Quant à mon frère... Vous avez raison : on est pas faits du mêm' bois. J'suppose qu'ça doit sauter aux yeux d'pas mal des nôtres. Il réfléchit. Mais on est plus que des frères. Plus mêm' que des jumeaux. Il hésita. Lui et moi c'est... au-delà, qu'ça s'passe.

Il leva les yeux vers le garou, jaugeant sa réaction, sans animosité.
- C'est tout c'que j'peux vous en dire, honnêt'ment. Mais pour répondr'à vot' question : non, il est pas comm' moi. Mais il est comm' vous et moi. C't'un des nôtres.

Il faillit ajouter « et j'ai besoin de lui, tout de suite », mais il se tut. C'était assez comme ça. Jamais, depuis le jour où il était partit de chez son oncle, il n'avait avoué autant à quiconque. Jamais il n'avait parlé de son père, ni de sa mère, et de sa vie avant Morgan. Même avec Morgan, il n'en parlait pas : l'hydre avait tout vu, tout ressenti de sa vie d'avant. Nul besoin d'en parler avec quelqu'un qui partage votre âme. Bizarrement... bizarrement, il sentit que ça faisait du bien, d'en parler comme ça. Ça lui fit bizarre.

Reportant son regard autour d'eux, il eut envie de sortir, de rentrer chez eux, mais il se savait trop faible. Encore un instant... un instant...

- Et vous ? Demanda-t-il soudain. Vot' père, il est comment ?

L'homme ne paraissait pas trop vieux, peut-être son paternel vivait-il toujours. Il n'en savait rien, mais il préférait ne rien supposer.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Ven 13 Mar - 16:23

Aldrick garda le silence autant qu'il lui sembla que Frédéric pouvait en avoir besoin pour vider son sac. Aussi patiemment que possible, il l'écouta, attendant en redoutant malgré lui un trop plein d'émotions qu'il n'aurait probablement pas été à même d'épancher. Mais à son grand soulagement, cela n'arriva pas. Aussi se contenta t-il de rectifier à voix basse :

- Sauter aux yeux, non, je n’irais pas jusque-là, mais c'est vraiment, troublant quand on vous regarde. Puis beaucoup des nôtres ne savent reconnaitre que les leurs, tu devrais faire attention à ce sujet, partir du principe que ton interlocuteur est un Légendaire peut te coûter la vie en dehors du Lost. Crois-moi, ce ne sont pas les chasseurs qui manquent !

S'il ne comprenait toujours pas bien ce que l'artiste entendait par se passer "au-delà", il eut l'impression qu'il n'avait pas envie d'en dire plus, aussi il n'insista pas se contentant d'acquiescer aux dires sur Morgan.

*Au-delà... Au-delà de quoi ? Au-delà du réel ?*

Quand la question lui fut renvoyée, Aldrick afficha un air surpris puis soupira doucement, fixant le feu follet sans le voir, déclarant d'une voix sans timbre :

- Il était... Fort. Têtu aussi, parait que du coup c'est de famille. Mère dit parfois que je lui ressemble énormément, mais dans ces moments-là j'ai l'impression que ça la fait plus souffrir encore plus. Il eut un demi sourire et reprit : Il était colérique et exigeant, trop à cheval sur les bonnes manières pour ne pas me donner envie de faire l'école buissonnière. Mais il a tenu tête aux miens longtemps pour faire accepter ma mère et même s'il était souvent absent je sais que c'était pour assumer des responsabilités qui m'échappaient.

Le lycanthrope laissa un instant le silence planer autour d'eux et poursuivit :

- Je ne me souviens pas bien de lui, hormis sur la fin. Son poing se serra et la haine déborda de ses propos en dépit du murmure qui tentait de la contenir : Ça, impossible de l'oublier.

Malgré lui, l'agent afficha un air agacé, repenser à Edward White alors qu'il était dans une telle situation ne lui plaisait pas. Mais le rapprochement subite du gardien des bois le fit redescendre rapidement sur terre et tâchant de paraitre serein, il glissa en penchant la tête :

- Tu crois que tu peux marcher petit ? Tu as l'air sacrément patraque. Sans vouloir te vexer.

Prit d'un doute, l'agent leva d'ailleurs sa main de libre à la hauteur de son interlocuteur et la posa doucement sur son front pour tenter d'en déceler une éventuelle variation de température.

- On dirait que t'as un peu de fièvre... Mais malgré ça ! Comment se fait-il que ton pouls soit si faible ? S’inquiéta-t-il à voix haute. Il peut t'aider, lui ? S'enquit-il en désignant le feu follet d'un signe de la tête.

Incapable de comprendre le moindre ressenti de la bougie, le policier fixa tout de même le spectre, comme si par un quelconque miracle ce dernier allait enfin se décider à employer la langue de Molière. Il n'en fut rien, et il fut contraint de reporter son attention sur le cracheur de feu, pour annoncer avec un air professionnel :


- Je vais agrandir la brèche. Y'en a pas pour longtemps si tu te sens toujours pas bien après, je te porterais.

Sur ses sages paroles, le commissaire tenta de se relever sans gêner Frédéric sans l'optique d'éventrer la grille.

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Ven 17 Avr - 7:54


- … Beaucoup des nôtres ne savent reconnaître que les leurs, tu devrais faire attention à ce sujet,…

Frédéric, de là où il était, haussa un sourcil. Tiens donc… Il avait toujours supposé que les autres (au moins la majorité) devaient au minimum sentir quand quelqu’un… Quoique. Après tout, ça paraissait logique. Beaucoup d’humains ne savaient pas sentir entre eux qui était honnête ou menteur, qui était bon et qui était foncièrement mauvais (lui-même n’y parvenait pas trop) ; il avait été stupide de croire que les légendaires, entre eux, pourraient faire quelque chose de similaire. Mais il avait grandi dans les bios des Ardennes où les êtres légendaires étaient encore nombreux (quoique farouches) et le connaissaient déjà. Lui-même étant mage, fils de mage, les voyait pour ce qu’ils étaient à tous les coups.
Pour ce qui était des chasseurs…
- Mouais. Et qu’est-ce qui vous dit qu’cest pas un chasseur qui nous a d’jà fourré ici ?


Il écouta le commissaire parler de son défunt père, de sa famille, de sa mère… Frédéric, qui connaissait ça, compatit du plus profond de son être.
Le garou se crispa à son côté et il reconnut en lui une étincelle qu’il avait portée (portait toujours) depuis la disparition de son propre paternel. Décidément, ils avaient pas mal en commun. Mais Aldrick changea de sujet, s’inquiétant pour lui.

Le jeune mage fit le bilan de son état général. C’est vrai qu’il ne se sentait pas particulièrement bien. La main fraiche du commissaire sur son front chaud le fit sursauter.

- On dirait que t'as un peu de fièvre... Mais malgré ça ! Comment se fait-il que ton pouls soit si faible ?

Frédéric haussa les épaules. Tandis que le commissaire lui lâchait le poignet.
Faisons le bilan : il avait été enlevé, enfermé dans une cage au bout d’un treuil, avait lancé un sort qui puisait dans la tristesse des gens, un autre qui puisait dans son cœur, le lien qu’il maintenait avec son frère était affaibli, et il avait réussi à se cogner la tête et à perdre conscience sans qu’aucun des sorts ne s’efface…
Comment expliquer tout ça à quelqu’un qui n’était pas mage ? Il fallait l’avoir vécu, probablement… Morgan était peut-être dans le même état, quelque part. En tout cas, il le serait prochainement s’ils n’étaient pas réunis d’ici un ou deux jours. C’était la limite extrême, et il espérait ne pas l’atteindre bientôt. Comme il ne répondait pas, Voelsungen proposa :" Il peut t'aider, lui ?"

Frédéric soupira.

- Boarf, y fait déjà c’qu’y peut. C’est la magie qui veut ça. Mais vous inquiétez pas, ça paraît pire qu’ça n’est. Sortir d’ici, ça, ça m’aiderait.
Et voir mon frère, ajouta-t-il mentalement.
- Je vais agrandir la brèche. Y'en a pas pour longtemps si tu te sens toujours pas bien après, je te porterai.
- D’accord.

Frédéric observa un instant le garou scruter la grille à l’endroit où elle était enfoncée.
Se désintéressant bien vite de ce spectacle, il décida de ne pas rester à ne rien faire. Liste des priorités : faire libérer des mains attachées, récupérer un moment, sortir de al cage, partir en courant de ce lieu maudit. Beau programme !
Appelant le follet et lui présentant ses poignets toujours liés, il vit celui-ci tendre deux mains minuscules. La flammèche prit un des cordages entres ses toutes petites paumes et celui-ci se mit à fumer doucement dans un chuintement discret. Le cordage se scinda en deux sous l’action du feu follet et Frédéric fut bientôt libre de tout lien.

Se redressant sur les genoux, « le p’tit Lenoir » sentit que le commissaire avait peut-être eu raison : la proximité du gardien des bois semblait lui avoir fait du bien, sa migraine reculait doucement. C’était peut-être sa bosse qui pulsait moins aussi. Dans tous les cas, la torche bleuâtre décida soudainement de venir flotter à dix centimètres de son épaule et n’en bougea plus. Fermant les yeux, Frédéric tenta de puiser un peu ce « contact » rassurant.

C’était une drôle de chose que la magie. Elle apparaissait différemment à tous ceux qui la pratiquaient. Certains s’imaginaient que la magie n’était que la traduction de leur propre énergie vitale, extraite d’eux-mêmes et retravaillée. Pour d’autres, c’était une science : on étudiait les objets, les choses, et on en tirait une liste de propriétés qu’on mélangeait pour faire des sorts et des breuvages. Pour d’autres encore, c’était une source et on se servait en elle indéfiniment jusqu’à ce que son contact finisse par nous détruire.
Pour Frédéric, la magie était une énergie présente en toutes choses. Il la voyait dans la terre, dans la sève des arbres, en lui-même. Il la voyait qui coulait dans le sang des légendaires, il la voyait qui brillait dans leurs yeux. Elle était de mille couleurs, de mille formes, et toutes étaient réelles. Il vivait constamment dans un monde sur deux plans : le plan réel, concret, et le plan spirituel, magique. Ses yeux passaient de l’un à l’autre avec aisance et quand il lançait un sort, ils se superposaient. Passer un contrat avec Morgan pour lui sauver la vie avait été comme un voyage romanesque dans un monde magique, dépourvu de formes, qu’il avait dû comprendre et parcourir pendant ce qui lui avait semblé être des milliers d’années.

Fermant son esprit au monde extérieur, ouvrant son cœur à la magie du Feu Follet, il se crut une fois encore revenu en Ardennes, et ça lui fit du bien.

Il s’éveilla au contact d’une main sur l’épaule qui le rappelait doucement au monde réel. Ouvrant ses yeux encore baignés de magie sur le Commissaire, il vit que la brèche avait été ouverte. Jetant un regard au follet ravi qui flottait devant lui, il comprit que sa rêverie passagère avait dû durer plus longtemps que prévu, et que le petit gardien ne devait pas être étranger au pourquoi du comment. Se redressant, il marmonna :

- Mooarf, saleté, t’aurais pu m’demander mon avis avant d’m’envoyer dans les limbes ! Saleté.
Au commissaire, il adressa pourtant un sourire.

- Bon ben j’crois qu’ça d’vrait aller, pour marcher, déclara-t-il. C’était un’ bonne idée, le follet.
Il se redressa, accroupi dans la cage.
- On fait quoi maint’nant ?
CHU PA MORT:
 

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Dim 3 Mai - 9:31

A la question sur le chasseur, Aldrick n'eut pour toute réponse qu'une grimace peu prononcée dans un premier temps. D'ordinaire, il se serait abstenu d'explications, mais compte tenu de la méconnaissance miraculeuse de Frédéric sur le sujet, il jugea bon de lui filer quelques-unes des recommandations primordiales, tout en lui tendant la main.

- Sortons d'ici. Répondit le brun avec détermination en l'aidant à se relever, avant de s'engouffrer dans la brèche, sortant avec joie de la cage. C'est vraiment incroyable que tu en aies si peu croisé, petit ! Ils s'en donnent généralement à cœur joie avec les êtres de l'ombre... Enfin, ce n’est pas plus mal d'un autre côté.

Le commissaire attendit que le feu follet soit sorti de la cage pour poursuivre :

- Je doute que ça soit dû à l'un d'entre eux, le dernier mot fut appuyé avec plus de haine que nécessaire, à cela il y a eu moins deux bonnes raisons : la première étant que s'ils t'endorment, c'est souvent pour te livrer à quelqu'un et pas pour t'oublier dans un endroit lugubre. A moins qu'ils soient sadiques, ça arrive aussi. Tu noteras le pluriel. Un chasseur n'agit pas toujours seul hélas. Ce ne serait pas drôle sinon ! La seconde étant qu'il y a des clients prêts à payer plus ou moins cher, selon le légendaire capturé. Les djinns par exemple, on connut un esclavage intensif par le passé, et leur faiblesse face à l'argent les rend particulièrement vulnérables et très recherchés. Avec leurs forces et la capacité de certains à exaucer des vœux... Autant te dire qu'ils sont traqués sans ménagement. Le rang aussi peut jouer aussi. Capturer un roi, ou une princesse peut faire une différence saisissante au moment du paiement.

Le lycanthrope se tut un instant, enjambant un tas de draps poussiéreux et troués, avisant la salle quasi vide et se dirigea vers la porte la plus proche, laissant au plus jeune le temps d'assimiler tout cela avant de commenter :

- L'argent n'est pas le seul motif. La vengeance, la peur de l'inconnu, l'attirance, le fait de collectionner parfois aussi, peuvent justifier -soit disant- une capture. Un brin de mépris s'immisça dans ses propos. Par ailleurs, il n'est pas toujours nécessaire que le légendaire soit vif. Mort cela peut être tout aussi bien, même si c'est plus encombrant.

Là-dessus, il n'ajouta rien, se contentant de le fixer dans l'attente d'un signe, la main sur la poignée de la porte. La position ravivait quelque peu la douleur de ses membres, mais les sens aux aguets, il se montra professionnel. Du reste, si l'artiste avait compris ne serait-ce que ça. Frédéric n'aurait peut-être pas perdu l'intégralité de sa journée. Avec calme, il ouvrit, avant d'entrer précautionneusement, continuant lorsqu'il fut sûr qu'il n'y avait rien à signaler :

- Alors pour juste nous endormir et nous ficeler, je pense qu'il s'agit de quelqu'un d'autre. D'autant que tu n'as pas d'ennemis dans le milieu apparemment, ce qui n'est pas mon cas. Je crains que celui, ou ceux, qui ont fait le coup, n'aient été contraint de t'emmener parce que tu étais au mauvais endroit, au mauvais moment.

La porte s'ouvrit ensuite dans un grincement, sur la gauche le feu follet -qui lui semblait plus curieux qu'avant- éclaira une étagère aux draps pliés impeccablement, à droite des dizaines de bassines de cuivre s'entassaient, et du savon. Non loin, un imposant tuyau gouttait, rendant le sol humide sur un faible rayon d'action.

- Un buanderie. Souffla l'agent avant de remarquer les différentes teintes sur les tissus. En penchant la tête il parvint à lire, sur l'un d'eux : Ham-let ? Un théâtre !

Le lycanthrope leva les yeux au plafond, se remémorant leur chute, ça expliquait ces incohérences dans la première salle ! C'était des décors ! Et les voix qui s'élevaient ?

- On serait dans les coulisses ?

La question était rhétorique et le flammerole fit du surplace au-dessus d'une nouvelle poignée, coupant court à ses réflexion. Aldrick eut un sourire. Ce petit être était pour le moins efficace. C'était un avantage non négligeable.

- Ce doit être dur de gagner à cache-cache contre lui, non ? Comment s'appelle-t-il d'ailleurs ?

Il abaissa la poignée, n'entendant rien d'alarmant de l'autre côté, il ne fut qu'à demie surpris de voir la bougie inversée survoler les premières marches d'un escalier de bois rongé par les mites.

- Mmm on dirait qu'on n’a pas le choix.

*De toutes façons il faut que je retrouve mon arme de service rapidement*

- Attention où tu mets les pieds.

A pas de loup, il monta les marches, en faisant craquer très peu malgré son poids et l'état déplorable du parquet. Une fois en haut, de nouveau, il tendit l'oreille, tâchant de percevoir un son, un indice. Rien. Cette fois-ci en revanche, il fut surpris de découvrir ce que la nouvelle salle leur réservait...

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Dim 25 Sep - 21:11

Frédéric garda le silence. Ça faisait pas mal à digérer.
Jusqu'ici il avait toujours essayé de se faire discret, surtout parce qu'il avait l'habitude des gens et de leurs frayeurs débiles. Son village en avait regorgé. Mais il n'avais jamais imaginé tout ce trafic...
Si sa mère avait su... !
Il suivait doucement derrière le Garou quand l'autre entra dans une nouvelle pièce et ajouta :

- ...je pense qu'il s'agit de quelqu'un d'autre. D'autant que tu n'as pas d'ennemis dans le milieu apparemment, ce qui n'est pas mon cas. Je crains que celui, ou ceux, qui ont fait le coup, n'aient été contraint de t'emmener parce que tu étais au mauvais endroit, au mauvais moment.

Pas d'ennemis, c'était vite dit. Quand on entrait au Lost Paradise, on gagnait avec la paie la jalousie de pas mal de gens. Mais l'autre avait raison : Frédéric n'avait pas d'ennemis assez fous pour vouloir tuer quelqu'un. Pas à Paris en tout cas.
Enfin, pas qu'il connaisse, vu ce qu'il venait d'apprendre sur les chasseurs.
Il faudrait qu'il en parle à Morgan.

- Un buanderie.
Frédéric entra aussi et observa les lieux.
Il vit le commissaire se pencher sur des draps.
- Ham-let ? Un théâtre ! On serait dans les coulisses ?
Frédéric se contenta de le regarder. Il réfléchit un instant et hocha la tête.
- Ça paraitrait pas fou, si on suit votre idée. Et on doit pas être sortis d'la ville : j'le saurais sinon.
La ville était énorme et Morgan était (probablement toujours) au centre. S'ils en étaient sortis, il ne le sentirait plus. Il sentirait les arbres aussi ; plus proche de la nature, sa magie serait plus forte.
L'autre ne répondit pas mais continua leur avancée, guidé par le follet.
- Ce doit être dur de gagner à cache-cache contre lui, non ? Comment s'appelle-t-il d'ailleurs ?
Freddy sourit à l'idée de jouer avec les follets.
- Y sont imbattables. J'crois pas qu'y z'aient de noms. C'est un peu tous les mêmes.

Ils gravirent un long escalier et Frédéric souffrit un peu mais ne laissa rien paraître. Le commissaire ouvrit la porte trônant au bout et dans le rai de lumière azurée du feu follet, la silhouette de Voelsungen s'entoura d'un halo diffus. Frédéric le suivit et découvrit un surprenant pallier.

C'était une petite pièce grise, parquée. Une ouverture dans le mur en face était couverte par un rideau attaché derrière. Les murs étaient tapissé sobrement, d'un tapis usé et fade. Deux fauteuils contre le mur de gauche encadraient une table de bois noir, lugubre et poussiéreuse.
Le mur de droite arborait un cadre en bois, dont la peinture représentait une sorte de paysage aussi triste que la pièce elle-même. L'oeuvre était entourée par deux masques grotesques.

Frédéric ne vit pas grand-chose des masques et du tableau. Il s'était approché de l'ouverture en face d'eux : des runes étaient inscrites au charbon tout autour sur le tapis et gravées dans le chambranle en bois.
Trois runes, toujours les mêmes, répétées à l'infini, et dans toutes les combinaisons possibles. Il fronça les sourcils : ces runes, il les connaissait : des dessins inoffensifs, sensés vouloir dire "retourne-t'en démon" ou un truc du genre. La première défense enseignée dans le manuel du parfait petit chasseur de sorcières amateur. Aussi populaire qu'inefficace. Au commissaire il murmura.

- Çui qu'a fait ça, c'est un superstitieux.

Et comme il ne craignait pas les runes, il ouvrit le rideau et entra dans la pièce suivante.

C'était un bureau. Vieux, luxueux, sale et un brin dégoûtant, rempli de choses à ne plus rien y voir.
Au centre de la pièce trônaient une table, un fauteuil, deux lampes à huile dont une toujours allumée, des livres un peu partout. Et pas une âme en vue.
Le gamin s'avança, curieux d'en savoir plus. Il suivit le feu follet, flottant au raz du sol.
Par terre devant le bureau, il ramassa un papier sale et chiffonné qui ne disait que 5 mots : "Ils sont au Lost Paradise".
Sans un mot, choqué, Frédéric le tendit au Commissaire.

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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Jeu 20 Oct - 12:37

Le commissaire grimaça, répétant sans comprendre :

- « Tous les mêmes » ? Allons bon, c'est quoi cette histoire ? Ton frère et toi, vous ressemblez pour autant, vous êtes bien différents, c'est un peu pareil avec eux, non ? Personne lui a jamais donné de nom ?

Sans trop savoir pourquoi, Aldrick trouvait ça triste. Qu'un être légendaire soit relégué au rang "d'uns parmi tant d'autres", le brimait.

- Il t'est lié, non ? Tu devrais lui en trouver un. Ça le rendrait sûrement heureux. Enfin, il me semble.

Le lycanthrope se tut, songeant un peu tard qu'il se mêlait peut-être de ce qui ne le regardait pas. Par réflexe, il haussa les épaules sans mot dire, et écouta la suite avec attention. Quand ils arrivèrent enfin devant la porte, l'ainé posa un doigt sur ses lèvres pour obtenir le silence, écouta attentivement, les sens aux aguets et s'y glissa à pas de loup. Quand il jugea qu'il n'y avait pas de danger, il fit signe à Frédéric de le suivre, et examina la pièce.

Sa truffe l'avait guidé jusqu'à la table, où trônait un petit carnet. Tout y était inscrit en si petit qu'il n'en comprit pas une ligne. Néanmoins, l'objet semblait propre, et dénué de poussière, en plus d'être accompagné d'une légère fragrance. Un mélange de tabac froid et de fruits rouges.

L'entrechoquement des anneaux du métal au-dessus du rideau, attirèrent l'attention du loup, qui songea tardivement, qu'il aurait dû insister davantage auprès du mage pour qu'il limite le bruit. L'insouciance de la jeunesse probablement.

Ses iris d'or scrutèrent la pièce, tâchant de déceler quelque autre piège que ce soit, mais il lui sembla que la petite bougie venait d'émettre un léger tintement et il récupéra avec un brin de perplexité, puis murmura :

- Superstitieux mais pas forcément idiot... Méfions-nous.

D'un geste impatient, il fourra le papier dans sa poche, le froissant davantage, comme s'il avait craint que ce grand secret ne soit hurlé par le papier lui-même, au monde entier dans la seconde.

*Que feraient-ils tous si les Légendaires du Lost étaient découverts ?*

Un puissant frisson le gagna, quand il distingua dans l'amas d'objets entassés, ce qui paraissait être une sorte de piège à ours, plus loin, plusieurs pieux se dressaient, sur l'un d'eux étaient empalé une page de livre où un phénix déployait ses ailes. Il y avait également d'autres masques, des cartes, une théière à l'odeur douteuse, et tout un tas de bric-à-brac qui semblait destiné à des fins plus que machiavélique.

- Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Souffla-t-il en s'avançant vers le fond de la pièce.

Sur la table, trônait un livre d'invocation, un plan de la capitale, ainsi qu'une boite remplie de pastilles aux fruits rouges. Un léger courant d'air fit vacillait la flamme de la lampe, et il sembla à Aldrick qu'il venait du mur le plus proche. En l'observant attentivement, il se rendit compte que la pièce était plus grande qu'il n'y paraissait et qu'une porte entrouverte s'en détachait. Sur le qui-vive, le loup s'approcha, et contempla avec soulagement, balais et serpillières entassés dans le fond d'un placard presque propre -compte tenu du capharnaüm alentours. Cependant, aucun doute n'était possible : aucun de ses ustensiles n'était couramment utilisé.

Un léger tintement résonna, forçant le loup noir à redresser la tête. Frédéric disparut alors en une fraction de secondes, avalé par l'obscurité du placard. Une main sur son épaule, l'autre sur sa bouche, le commissaire et le mage, désormais à l'étroit, purent distinctement entendre résonner des pas, tandis qu'une voix grave s'élevait :

- Je te dis qu'on perd notre temps une fois de plus ! Il n'y a rien là-bas !
- Bien sûr que si, c'est écrit dans le livre sur...
- Oh toi dès que c'est écrit dans un livre ! Tout devient parole d'évangile ! Passe-moi donc une plume que je fasse de même ! Peut-être entendras-tu enfin raison comme ça ?!
- Très drôle. Glissa la voix avec ironie. Tu as fini ? Je suis sûr que ça va marcher cette fois !
- C'est ce que tu as dit aussi pour le chat de la Rue Brocard et il n'y avait pas plus de pièces d'argent sur cette table que tu n'as de femme de ménage !
- Cette fois, c'est différent ! J'ai capturé un exorciste !

Un profond silence suivit l'information. Tandis que les deux Légendaires, ne pouvaient distinguer vaguement que deux silhouettes debout aux ombres dansantes, à travers l’entrebâillement léger de leur cachette.

- Tu as... Quoi ?
- J'ai « invité » un exorciste ! Rectifia la voix d'un ton d'excuse, en feintant de n'avoir pas saisi l'indignation de son vis-à-vis. Il pourra nous aider à...
- As-tu perdu l'esprit ? Qu'as-tu fait de ce malheureux ?
- Oh, mais rien ! Je... Et puis d'abord pourquoi tu t'énerves ?
- Par tous les Saints ! Philippe ! Amener quelqu'un ici ! Sans autorisation ! Si le Conseil l'apprends... Un silence lourd de sens tomba. Où est ce malheureux ?!
- Ils vont très bien, la drogue a dû les endormir un peu...
- Les ???! Seigneur ! Mais qu'as-tu fais ?!
- Ce qu'il fallait pour sauver Maria ! Répliqua l'autre comme si c'était l'évidence même. C'est pour ça qu'il fallait aussi un sacrifice !

Un bruit de meuble que l'on bouge suivit l'annonce, manifestement cette annonce avait étourdi grandement l'un des protagonistes.

- Tout est déjà prêt. ~ Le feu sacré est allumé !
- Maudit soit cet illuminé qui t'a mis pareilles idées dans la tête !
- Ne blasphème pas allons Henri ! Ça ne fera qu'empirer l'état de Maria !
- Mais enfin ! Jamais elle ne voudrait être sauvée à ce prix là ! Où sont-ils ?! Parle !
- Dans le monte-charge, ça n'a pas été facile, mais...

Un grand fracas suivit, puis il y eu une exclamation, puis d'une seconde, avant que Philippe ne reprenne, estomaqué :

- Volatilisés ! Cet exorciste, vraiment, est extraordinaire ! N'est-ce pas ? Un vrai magicien !
- Seigneur ! Il faut les retrouver au plus vite !

Une nouvelle débandade accompagnée d'un grand fracas eut lieu, puis plus rien. Le loup noir fronça la truffe, furieusement démangé par une envie d'éternuer, tandis que les deux autres ne semblaient pas très loin...

Spoiler:
 

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Jeu 12 Jan - 13:10

Ding Dong :
 

Frédéric resta un instant interdit. Un nom pour un feu follet ? Quelle idée saugrenue...
- C'est pas pareil, nous on est...
Incapable d'exprimer son sentiment de façon logique, il se tut.
Les follets c'étaient... Bah c'était du feu quoi. Des genres d'esprits du feu et des bois. Des espèces d'apparitions, pourrait-on dire. Enfin... Fred était en tout cas quasiment certain qu'ils étaient tous issus du même « esprit », du même feu d'origine. Comme des clones. Ou plutôt comme des flammes de bougies qu'on aurait toutes allumées de la même torche. Pas des individus, mais des parties d'un tout. « Un peu tous les mêmes » parce que tous liés.

L'argument des jumeaux se tenait, cependant. Si Morgan et Fred avaient été de vrais frères, ils auraient été comme deux flammes identiques, nées du même feu...
Il grimaça soudain : tout ça c'était du n'importe quoi ! Fred et Morgan étaient comme les follets : issus de la même âme fusionnée. La seule raison pour laquelle ils étaient deux, c'était l'insupportable pression que leur âme unique aurait imposé à un son corps seul. Ils étaient deux âmes re-divisées au petit bonheur la chance. Chacun partie d'un tout. Comme les follets.

... pourtant ils avaient un nom chacun.
Le commissaire n'avait pas fini dans sa mission de confusion :
- Il t'est lié, non ? Tu devrais lui en trouver un. Ça le rendrait sûrement heureux. Enfin, il me semble.
Rendre heureux un Follet ?!
Il en aurait bien rit s'il avait pu, mais se contenta de sourire. Il jeta un regard à la fumerole qui flottait silencieusement devant eux et vit ses minuscules yeux, à peine visibles dans la flammèche de son corps. Freddy, d'aussi loin que remontent ses souvenirs, pensait toujours aux follets  au pluriel, même quand il n'y en avait qu'un. Il ne savait pas trop bien pourquoi, mais ça lui semblait logique. Et comme toujours en magie, il suivait son instinct avant tout, quoi qu'en pensent les gens.

Un nom pour un follet...
- Bah j'suppose qu'il faudra qu'j'y réfléchisse. Observant toujours la flamme, il ajouta plus bas, réalisant à peine qu'il s'adressait à lui : T'en dis quoi toi ? T'as un avis là d'sus ?
Le Gardien se contenta de verdir légèrement. Tu parles d'un indice.

---

Dans le bureau en haut des escaliers, Fred n'avait pour l'instant remarqué que le petit papier froissé. Le commissaire sembla prendre la nouvelle un peu mieux que lui, quoi qu'avec une certaine nervosité.
- Superstitieux mais pas forcément idiot... Méfions-nous.
Il procéda alors lui aussi à l'inspection de la pièce, tentant de se calmer. Il fit cependant ça d'une manière tout à fait différente de celle du garou : posant le regard tout autour de lui, ses yeux noisete cherchèrent la magie. Oh il n'étais pas assez fou pour lancer un sort ici, naturellement, mais la magie se faisait voir pour ceux qui avaient les yeux adaptés. Et Frédéric avait des yeux fabuleux, même pour un mage.

Tout d'abord il ne remarqua rien. Malgré les colifichets pendus ou exposés çà et là (amulettes, attrape-rêves, pierres gravées, dents d'animaux inconnus, une patte de lapin...) il ne vit rien de très inquiétant.
Il y avait bien un peu de magie résiduelle sur certains objets, mais rien de vraiment explosif.
À part peut-être ce drôle de globe posé sur un socle en marbre, près du mur de gauche... Il était recouvert d'une couche de poussière poisseuse, mais il s'en dégageait un je-ne-sais-quoi de... Il s'en approcha en gardant une distance de sécurité respectable et fit la moue : ça crépitait en dedans, et ça avait une aura visqueuse... Mouais, mieux valait rester loin de ce truc-là, au cas où.

Il remarquait seulement les pièges et autres instruments peu inspirants quand il fut agrippé par son compagnon et fourré dans une pièce minuscule dans laquelle le géant devait se pencher pour tenir. Se rendait-il compte qu'il l'écrasait complètement ?!
Il faillit protester, mais se rappela à la dernière minute qu'il ne valait mieux pas. De toutes façons, avec une main aussi grande plaquée sur la bouche, il n'aurait pas pu. L'autre ferma une porte presque à fond et Frédéric entendit des pas. Tandis que ses yeux découvraient un balais et un seau dans la pénombre, par réflexe il ouvrit la main droite et le feu follet vint flotter dans sa paume. Fermant les doigts légèrement et rapprochant la main de son propre cœur, il renvoya le petit Gardien aux Ardennes et la flamèche s'éteignit sans un bruit. Si les gens qui arrivaient avaient un quelconque moyen de détecter la magie, ils ne les trouveraient pas.

---

Son ouïe de simple mortel était moins développée que cette du garou, mais il comprit quand même l'essentiel de la conversation, malgré une irrépressible envie de se gratter le mollet droit que venait chatouiller les franges d'une serpillère, agitées par un courant d'air et le mal de crâne qui revenait lentement mais sûrement se manifester à lui.

- J'ai capturé un exorciste !
Freddy retint son souffle et sentit derrière lui le commissaire faire de même. Un silence suivit.
- Tu as... Quoi ?
- J'ai « invité » un exorciste !
Il entendit les guillemets et les ressentit en lui-même comme s'ils avaient été gravés au compas dans l'espace même. Il ne savait pas d'où venait cet énergumène-là, mais en tout cas chez lui, on « invitait » pas les gens en les assommant à coups de masse et en les fourguant dans une cage au bout d'un treuil !
Ah tiens, non, ils ne les avaient pas assommés mais simplement « drogués ». Magnifique !
- ... ça qu'il fallait aussi un sacrifice !
Le cœur du mage rata un battement. Ils étaient dans la mouise. Dans la mouise jusqu'au cou.
- Mais enfin ! Jamais elle ne voudrait être sauvée à ce prix là !
Sans le vouloir, Freddy acquiesça de tout son cœur. Qui que soit cette Maria, certainement elle ne voulait pas de leur mort. Tout à fait, tout à fait. Lui non plus ne voulait pas mourir, si son propre avis avait le moindre poids dans la balance !
- Où sont-ils ?! Parle !
Fred remarqua alors seulement qu'il tremblait. Pas bon ça. Il tenta de se maitriser : ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu peur à cause de quelqu'un d'autre. Se concentrant, il tenta de maîtriser la peur, et la colère sous-jacente : si ses dix-sept années de vie lui avaient appris quelque chose, c'était bien qu'on ne peur pas résoudre tous ses problèmes par un peu de pyrotechnie et beaucoup de magie vengeresse.

Tout le reste de la conversation fut un supplice pour l'ardennais. Tant de superstition et d'intentions détournées... Un exorciste, un sacrifice, du « feu sacré ». Il n'aurais pas pu simplement passer une annonce dans les églises du coin, cet imbécile ?! La température autour de lui montait doucement et il dut faire appel à toute sa volonté pour se maîtriser.

C'est alors que le Commissaire... éternua. Discrètement, certes, mais tout de même : l'éternuement ébranla son grand corps qui vint cogner contre les balais et les seaux.
- Qu'est-ce que c'est ?
Un grand tremblement répondit à l'homme : c'était tout le placard qui s'ébranlait. Frédéric vit avec horreur l'entrebâillement de la porte glisser vers le bas de son champs de vision tandis que le placard semblait se soulever. Comme il baissait la tête, suivant des yeux la porte qui disparaissait pour laisser place au mur de l'étage du dessus, il vit la porte s'ouvrir et de petites lunettes rondes cachant deux yeux grisâtres se tourner vers eux. Il marcha sur le pied du commissaire sans le vouloir.
- Oh Seigneur, le passage ! Arrêtez-vous ! Philippe !
- Oh bordel !

Les sons disparurent peu à peu, à mesure qu'ils montaient sans à-coups particuliers. Reprennant son souffle, le gamin murmura dans le noir :
-  C'est pas d'la magie, c'est mécanique. On a dû cogner un truc...
Surgit alors dans un courant d'air le bas d'une autre porte, puis le milieu, puis la porte en entier et le placard s'immobilisa.
Freddy, qui vu l'espace, était toujours coincé contre le commissaire, pris une grand inspiration.

Bon sang, où allaient-ils encore arriver cette fois ?! S'agrippant aux rangées des étagères clouées devant lui l'ardennais jura un long moment dans sa tête.

La porte s'entrouvrit peu à peu d'elle-même, dans un son mécanique et un couinement de charnières discret. Les deux fuyards purent alors distinguer devant eux un grand espace éclairé faiblement : de grands panneaux décorés pendaient du plafond devant eux et laissaient entrevoir une scène de théâtre. Ils devaient être dans les coulisses ? Deux silhouettes sombres apparurent sur scène, leur faisaient dos et parlèrent en chuchotant à grands renforts de mouvements de mains nerveux. Devant eux, on distinguait l'extrémité d'un fauteuil où reposait quelqu'un dont on ne voyait que deux petits pieds chaussés de pantoufles de laine.
- Philippe enfin, vas-tu me dire pourquoi tu m'as demandé d'emmener ma fille ici, dans son état !
- Marcel, écoutez-moi. C'est notre dernière chance ! Je...

Frédéric murmura :
- Y 'faut qu'on s'carapate, c'est la fosse aux lions !
Il allait passer la tête hors du placard pour entamer une fuite mais ce fut le moment très opportun que choisit la porte pour finir de s'ouvrir totalement avec un petit son de clochette délicat et parfaitement sonore.
Ting
Les deux silhouettes se retournèrent vers eux : ils découvrirent un vieillard bien habillé et un homme rondouillard aux yeux cernés qui se mit à avancer vers eux.
- Eh bien, je ne pensais pas que cette chose fonctionnait encore. Henri, c'est toi ?

Manifestement la lumière manquait dans les coulisses, mais Fred ne doutait pas qu'une fois passés les panneaux, ses yeux s'habitueraient et l'homme pourrait les voir. Il murmura à son acolyte :
- C'est par où la sortie dans un théâtre ?
Et sans attendre la réponse, Fred sortit du placard. Une exclamation suivit sa sortie :
- Bon dieu, le sacrifice ! Ils sont là, attrapez-les !
Et derrière lui l vit l'homme rondouillard foncer vers le placard qu'il venait de quitter.
« Bon sang, Voelsungen ! », pensa-t-il.

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Mer 1 Mar - 22:47

Les doigts d'Aldrick se crispèrent sur l'encadrement du placard. La veine sur sa tempe avait doublé et un air renfrogné mangeait son visage.

- Care a instalat murdăria clopot acolo ? 1
1 Qui a installé cette saleté de clochette là ?

Le loup mécontent s'extirpa du pseudo-placard avec le tintement désagréable du petit objet qui se rappelait trop vivement à ses oreilles sensibles. Il n'eut même pas conscience d'avoir employé sa langue natale tant ce petit bruit lui avait traversé les tympans de part en part. Pour cause : le délicat objet se trouvait tout près de lui quand la porte s'était ouverte. La minute suivante, il gisait plié en deux au sol après son ultime glas.

Le brun mit quelques secondes à retrouver des repères que la drogue avait déjà beaucoup trop perturbés à son goût. Il ne distingua la silhouette d'un homme qu'au dernier instant et par réflexe, il se décala sur le côté. L'homme voulut virer de bord, mais le dérapage manquait d'anticipation, il chancela en ralentissant, clopinant sur un pied pour essayer freiner, s'arrêtant miraculeusement avant de repartir dans la direction opposée. Mais Aldrick n'en eu cure.

- Tu vois une sortie quelque part petit ?

Puis avisant l'homme qui lui faisait face avec des yeux ronds comme des soucoupes tandis qu'il s'avançait un peu plus dans la lumière, il s'enquit :

- On est où, là, exactement ?
- Oh mon Dieu !
- Vous pouvez m'appeler simplement "commi..." Umpf !

Le loup serra les dents, dans son dos, l'individu, tel un animal buté avait chargé pour tenter de le plaquer au sol, lui enserrant la taille avec une certaine force. L'impact l'avait fait chanceler, mais son opposant manquait cruellement de forces pour faire face à un lycanthrope de mauvaise humeur. Récupérant l'un des poignets de Philippe, il l'éloigna de lui, et l'obligea à une contorsion peu agréable en grognant :

- Bon ça suffit ! La plaisanterie a assez duré ! Où est mon arme ?

L'autre n'eut qu'un cri de douleur pour réponse.

- J'ai rien compris, articule.
- Lâchez-moi !
- Mauvaise réponse.

Il s'apprêtait à lui tordre le bras, quand la jeune femme horrifiée, se mit à hurler dans un timbre suraiguë qui acheva de lui vriller les tympans. Ses mains se plaquèrent sur ses oreilles endolories, tandis que Philippe décampait à vive allure.
La belle s'arrêta alors, manifestement surprise de son emprise sur le loup. C'est de ce moment hors du temps dont profita Philippe pour se jeter sur Fred, lui passant le coude sous le cou en beuglant :

- Ne bouge pas ! Ou je lui tords le cou !
- Philippe... Qu'est-ce que... ? Gémit le vieil homme en blêmissant violemment, manifestement mal à l'aise.

Mais déjà les hommes qu'avait mandé le rondouillard précédemment faisaient leur apparition, et les entouraient d'un air décidé. Trois gaillards aux physiques plutôt éclectiques, les toisaient d'un œil mauvais, le loup grogna de mécontentement, mais un dernier homme se hissa péniblement sur la scène, pour se précipiter vers la jeune femme.

- Maria ! Vous allez bien ?

La demoiselle opina, reniflant aussi élégamment que possible après sa grosse frayeur, s’agrippant faiblement à Henri.

- Philippe enfin, mais qu'est-ce qui se passe ?
- Nous allons sauver Maria !

La concernée le fixa avec de grands yeux surpris, et il opina violemment, resserrant son étreinte sur le cou de Fred.

- Descendons ! Tout est prêt !

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889]   Jeu 20 Avr - 20:22

- Tu vois une sortie quelque part petit ?
- Euh... non ?
ils avaient dû jouer le conte de Barbe Bleue récemment : tous les pans de décor représentaient des portes. Il avait beau s'enfoncer dans la pénombre il trouvait tout, mais pas de vraie porte. Pas de vraie sortie. Juste des caisses, des éléments de décor et euh... un mannequin ? Ah tiens non, une vraie personne, barbue et plus grande que lui. La sortie était derrière lui. Eh m... !
Il se carapata comme il put : il n'était peut-être pas hydre de corps, mais d'esprit il l'était à moitié et des années de vie avec son frère l'avaient rendu plus souple. Il évita une grande main de peu, une grande jambe encore plus difficilement et revint vers les autres.
Tout ça pour se faire choper bêtement par le rondouillard.
- Ne bouge pas ! Ou je lui tords le cou !
- Hein-hmpf ?!
- Philippe... Qu'est-ce que... ?

Voelsungen était debout devant lui et Frédéric n'aimait pas ce qu'il voyait dans ses yeux. Une pensée lui traversa l'esprit comme un éclair : "Pitié, faites que jamais ces yeux-là ne se tournent contre moi".
Il y avait une femme et un vieillard qui avaient l'air surpris et gênés de le voir là, lui. Il crut qu'on l'avait démasqué en tant que mage, puis il se dit que non, puis il se demanda pourquoi on le regardait comme ça alors que Morgan n'était pas là et qu'il était donc impossible que ce soit encore sa gemellité qui choque, puis l'homme derrière lui enfonça sa pomme d'Adam et la douleur effaça toute pensée.
- Grk !
Il vit dans une brume de douleur "grande main" et "grande jambe" qui avaient failli l'attraper tout à l'heure se hisser sur scène et les entourer et il en eut assez. Largement assez. Des années de lutte contre ses cousins, les gosses du village et les gamins des rues se rappelèrent à lui.
- Descendons ! Tout est prêt !
Comme il ne pouvait pas mordre, il attrapa le petit doigt du bras qui le tenait et il tira de toutes ses forces. Le bras eut un réflexe, Fred était presque libre. L'homme agrippa son vêtement de son autre main et Fred se retourna. Ses yeux à lui aussi pouvaient lancer des éclairs et il vit de l'hésitation dans les yeux du rondouillard. Il s'en moquait : son pied vola entre les jambes de l'autre dans un geste déloyal et il fut libre. L'autre, plié en deux, hurla ses ordres.
- Aargh, M'man ! Gaaaah rattrapez-moi ce petit morveux ! Huargh petit fils de...
- Essayez seulement !
- Hiiii, Philippe !

Grande Main - qui aurait pu s'appeler "Sale tête" - se jeta vers lui ; Fred l'esquiva. Grande jambe - qui aurait pu s'appeler "Squelette" - tenta sa chance à son tour, par derrière et lui coinça un bras. Fred tenta la technique déloyale à nouveau mais l'autre sentit le coup venir tandis que le troisième se jetait sur Voelsungen.
- C'est qu'il est farouche le gamin !
Ah, parce que ça l'amusait, en plus ! Le Lenoir vit rouge. Il mordit purement et simplement la main qui le tenait. Un poing voulut s'abattre, mais dans la fraction de seconde où la main meurtrie avait desserré son étreinte, Frédéric s'était décalé, avait empoigné la main de son assaillant et se trouvait à présent à son côté. D'un seul mouvement, il tira la main qu'il tenait vers le bas, forçant l'homme à se baisser et envoya son poing vers sa tempe. L'autre ne s'évanouit pas, mais il tomba effectivement à la renverse, désorienté pour un instant. L'ardennais allait l'insulter de tous les noms et lui envoyer un coup de pied pour faire bonne mesure quand un coup de feu retentit soudain, suivi d'un deuxième et d'un joli trou dans le mur face à lui. Il se retourna doucement, les mains sur les oreilles, tandis que la détonation résonnait à ses oreilles comme un gong chinois interne.
Philippe se tenait devant lui, quoiqu'un peu penché en avant et à côté de lui le premier malfrat - Grande Main Sale Tête - portant une arme dans chaque main et visant Aldrick et Frédéric. Le mage aurait voulu vérifier l'état du commissaire, mais il ne le voyait pas, caché par un malfrat. Il était presque certain qu'il s'était fait tirer dessus...
- Devriez la r'connaitre cell'-là, exorciste, dit-il en agitant une des armes. Sacré engin j'dois dire.
Philippe, d'une voix légèrement voilée par la douleur toujours présente à son entre-jambe, l'interrompit.
- Suffit. Nous n'avons pas le temps pour tout cela ! Qu'on me les calme ! Il se tourna vers le vieillard et la jeune femme. Maria, comprenez-moi, j'ai trouvé un remède ! Un remède contre votre mal ! Nous devons essayer ! Je vous jure que personne n'en pâtira. Nous avons simplement besoin de l'aide de ces personnes qui ne veulent rien entendre...
Oh comme sa voix était douce tandis qu'il pointait Fred du doigt, lequel ne comptait pas se laisser faire.
- Tu rêves oui ! Y veut jouer au sorcier, v'la c'qu'y veut faire, c'malade ! Z'êtes pas bien dans vot' tête !
- Phillippe, une fois pour toutes, quelle est cette mascarade ?
- Et qu'on me les fasse taire ! Venez Maria, tout sera bientôt fini. Cet enfant n'est qu'un âne bâté.

Frédéric s'était tourné vers la femme et le vieillard ; fatale erreur. Celui qu'il avait désorienté le bâillonna effectivement avec un mouchoir malgré ses protestations.
- Maria, je vous en prie, aceptez au moins d'essayer.
- Je... J'imagine..
- Faites moi confiance mon amie !
- J-je vous suis.
- Tu l'ouvre encore, gamin, j'explose ta petite tête. Y rest'ra bien assez d'sang dans l'reste de ton sale petit corps.
Frédéric eut la présence d'esprit de ne plus bouger. Il avait beau se répéter qu'user de magie devant un potentiel amateur de magie noire n'était pas une bonne idée du tout, elle le titillait quand même farouchement, malgré sa migraine et son piètre état physique.

Fixant les deux armes pointées vers eux, il n'eut qu'une pensée : elle fut pour Morgan.

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