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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889] - [Fini]

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Frédéric Lenoir
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Frédéric Lenoir

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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889] - [Fini]   Jeu 4 Oct - 9:20


Fred se battait contre une quinte de toux et l'autre voulait qu'il éteigne le feu qu'il avait lui-même généré. La colère étreignit si vite le cœur du jeune mage qu'il parvint à trouver la force de répondre entre deux toux :
- Bordel, qu'est-ce vous croyez  - teheu ! - qu'chui en train d'fiche ?!
Lancer un sort – ou en arrêter un – n'était jamais chose aisée quand on était en train de cracher ses poumons. Ni quand on avait une migraine. Ni quand on venait de se faire envoyer valdinguer par une centaure. Ni quand on s'était fait droguer. Ni quand on était trimballé en urgence à bout de bras par un géant, comme un doudou usé, négligemment trainé au sol par un môme malhabile et peu regardant.
Arrêter le feu, oui, ç'eut été facile s'il était sagement resté magique : géré et généré par lui, il aurait pu l'éteindre. Or il n'avait fait qu'allumer une flammounette minuscule, qui avait engendré un feu tout à fait commun et hors de contrôle. Comment un théâtre entier pouvait-il s'embraser aussi vite ?

Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Hein ?
Plié en deux par la toux et la douleur, Fred remarqua seulement le follet brun. Bien-sûr qu'il ne le comprenait pas, que croyait-on ? Même s'il les attirait anormalement depuis qu'il était môme, il n'était pour autant pas diplômé de la faculté de Langues Fééri--
L'explosion le prit par surprise. Son corps n'apprécia pas. Il aurait bien vomi encore s'il n'avait pas déjà rendu l'intégralité de son dîner... En se relevant maladroitement, la colère monta un cran plus haut : pourquoi réagissait-il aussi fort ? La fatigue et l'usage de magie l'affaiblissaient parfois, mais jamais à un stade pareil. Était-ce la drogue qui chamboulait ses entrailles ? En toussant à nouveau, il maudit un instant la partie de lui-même héritée de Morgan qui lui faisait parfois réagir bizarrement aux maladies et aux aliments. Le feu et la fumée n'étaient d'habitude pas un problème pour lui... Il eut une pensée pour son frère : depuis quand étaient-ils séparés ? À quelle distance se trouvait-il ? Son état général et leur éloignement ne devait pas aider non plus, c'était certain... Un juron lui échappa. S'il avait eu son frère... Ses yeux lui piquaient mais c'était la fumée, oui, rien que la fumée... !
La scène ! Nous sommes montés sur la scène !
- Comment ça sur la Seine ?!
Le loup était-il aussi en train de perdre les pédales ? L'appel d'air créé par le décor les séparant de la fosse et des balcons soulagea un instant sa quinte de toux. Fred réfléchit clairement l'espace d'une minute.

Sur la scène.
Arrêter le feu.

Il voulait bien, mais comment ? Parti comme c'était il ne pourrait pas l'arrêter à lui tout seul : on pouvait étouffer un feu en en volant l'énergie, en la prenant en soi, mais ça nécessitait concentration et maîtrise si on ne voulait pas se faire cuire. Ç'avait été le funeste destin d'un Lenoir du siècle passé, mené au bûcher : il avait éteint les bûches, mais s'était calciné tout seul...
On pouvait aussi commander au feu de s'éteindre simplement en connaissait son nom, mais ici aussi, ça demandait une belle concentration. Dans l'état des choses, c'était à peine si l'ardennais se souvenait de son propre prénom... Il pourrait essayer de le re-diriger vers une source d'eau mai--
Le coup de feu le déconcentra un instant. Puis tout ne fut plus que chaleur.

------

Le Noiraud se sentait tout petit. Son corps était maigrichon, ses bras étaient des brindilles... Le monde lui semblait grand et mal adapté. La seule chose qu'il sache vraiment faire lui était interdite. Par conséquent il pouvait à peine lutter contre sa brute de cousin et les autres mômes...
La vie était pesante mais les flammes étaient légères. Elles faisaient s'envoler les petits bouts d'herbe qui faisaient des étincelles en s'allumant. C'était presque aussi beau que les trainées de couleurs scintillantes que faisait Papa autrefois pour l'amuser. Presque aussi joli que les lumières vertes des marais ardennais. Il essaya de se souvenir du visage de son père mais ne vit que son sourire. Son père avait été grand et Fred se sentait tout petit.
Maman, de sa fenêtre donnant sur le jardin, était parfaitement effrayée. Elle criait par-dessus les flammes qui entouraient l'enfant : « Arrête-ça, Freddy ! Arrête ça tout de suite ! ».

------

La brûlure mordit sa jambe gauche, Fred l'arrêta en un instant. Il était coincé sous le rideau en flammes. Du tissu partout autour de lui et pas un brin d'air pour se protéger. Que la magie. Sa jambe droite était coincée sous quelque chose de lourd. Il se débattit, invoqua du vent pour lever le drap en feu autour de lui mais ne parvint qu'à une petite brise ridicule. Même en prenant le drap à pleines mains, il était tellement lourd, tellement grand, on n'en voyait pas la fin... ses yeux piquaient, ses poumons refusaient de respirer – réflexe d'apnée hydre pour une fois bienvenu, mais limité à ses petits poumons d'humain...
Il fallait arrêter le feu. Le rediriger, faire quelque chose ! La chaleur l'enveloppait de partout, il parvenait à peine à la maîtriser...!
Enfin, il tira assez de rideau derrière lui pour se dégager la tête. Il prit une grande bouffée d'air mais n'avala que de la fumée.
Des larmes plein les yeux et des cendres dans la bouche, il vit que des feux-follets étaient là, en rond autour de lui, un autre au dessus. Freddy ne réfléchit pas. Il tendit la main vers le plus proche et pensa « si le marais existe, c'est de là que ceux-ci viennent ».

Il toucha le follet.

L'être était étrangement frais ; il sembla entrer en lui et l'envelopper de sa fraicheur – Fred ne sut jamais si ça avait été le cas, ou juste la sensation que ça lui avait provoqué.
Il n'y avait qu'une idée : rediriger le feu vers un feu similaire, ou trouver le marais dont ils étaient issus, noyer son énergie de façon littérale. Le mage frissonnant ouvrit son cœur privé à tout le feu qu'il put. L'énergie pure et brûlante passa de lui au follet et il comprit pourquoi l'autre l'acceptait. Le marais était abîmé, trop de constructions faites dessus. Les follets, issus d'un seul feu de magie générée par la région – il avait eu raison – n'arrivaient plus à le maintenir. Les follets étaient seuls, ils n'avaient pas de mage.
Jusqu'à aujourd'hui.
Fermant les yeux, le Noiraud ne pensa plus qu'au flammes, à ce qu'il devait faire pour les transformer et les transmettre aux feux follets. Il ne sut pas ce que ceux-ci en faisaient. Il se contenta de canaliser le brasier pour en faire de l'énergie qu'ils pourraient absorber, qu'ils pourraient stocker. Le trop plein serait éteint par les eaux du marais. Telle était la nature des follets.

Dans la pièce, celui qui flottait au dessus du rideau tinta une deuxième fois ; il fut entouré de trois suites de runes flottant en cercles autour de lui et le brasier de la pièce, les flammes léchant les décors, les braises rongeant le plancher, les étincelles qui se répandaient dans l'air, tout cela s'éteignit progressivement. Comme le follet grandissait à vue d'oeil, les runes lumineuses aussi s'agrandirent un instant puis, soudain, tout cela disparut dans un dernier son de clochette assourdissant.
L'onde de choc se répandit dans toute la pièce, soufflant tout sur son passage, faisant s'effondrer les décors encore debout, jetant au sol les observateurs. Ensuite tout ne fut plus que silence.


Fred était allongé sous le rideau fumant, ou plutôt ce qu'il en restait. Dans le calme irréel régnant dans la pièce, se redressa comme il put et décoinça de ses mains tremblantes son pied de la barre de fer qui l'avait entravé plus tôt. Il se remit debout comme un zombie chancelant. Dans la pénombre grise, ses yeux luisaient d'une lumière propre. Au loin, on entendit un souffle :
- Un sorcier... un authentique sorcier...
Le coup de feu partit du pistolet d'Aldrick, tenu par le dernier malfrat fidèle à Philippe, resté en retrait sur un des balcons. La balle n'atteignit pas sa cible. Le balcon s'effondra, les deux hommes toujours dessus.
Frédéric, comme dans un état second, détourna le regard de la poutre qu'il avait mise à bas d'une pensée. Ses vêtements étaient troués en plusieurs endroits, tout le bas de la jambe gauche de son pantalon avait disparu. Dessous, la peau était brûlée. Les paumes de ses mains et ses avant-bras l'étaient aussi légèrement. Lentement, son regard se posa sur le visage du commissaire en contre-bas.

Il pencha la tête. Il y avait du sang sur la veste du garou. Il plissa les yeux, tendit une main paume levée et attendit une seconde. La balle fusa de l'épaule du garou et atterrit dans sa main couverte de sang. Il n'y prêta pas un regard ; la lueur dans ses yeux s'effaça. Il pensa « Voilà, c'est éteint... » mais fut incapable de le dire.

Frédéric tomba à genoux sur le rideau calciné, son regard absent figé dans les orbes dorés du garou. Du sang coulait de son nez et d'une oreille. Un pan de plafond se décrocha.

Conscient mais incapable de rien, Freddy n'eut plus qu'une pensée unique et totale.
- Morgan.
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Après les trois coups... [PV Frédéric Lenoir] | [1889] - [Fini]   Lun 17 Déc - 23:34

L'irréaliste spectacle avait figé Aldrick sur la dernière marche de l'escalier, son instinct affolé lui dictait à la fois de s'éloigner et d'aller chercher le mage. Rien de tout ça ne lui fut permit.

La déflagration lui vrilla violemment les tympans, le propulsant avec force au bas de l'escalier, où son dos heurta de plein fouet l'un des sièges. Cela fit résonner dans tout son corps la douleur de la balle d'argent aussi efficacement qu'un diapason vibrant pour donner le la. Le brun en eut le souffle coupé.
À demi-conscient, se tenant l'épaule, le loup noir resta immobile de longues secondes, regroupant ses pensées et ses forces, tandis que son instinct semblait prendre le dessus. Il ne comprit que quelque chose s'était effondré derrière lui que lorsqu'une nouvelle onde de choc lui parvint du sol. Se contorsionnant pour voir, il eut juste le temps de distinguer une immense volute de poussière et de débris épars, qu'aussitôt, ses doigts se crispèrent sans ménagement sur sa peau, la balle ressortant, une douleur nouvelle lui dévorait le bras.

Un cri bestial et rauque empli alors l'espace.

Le silence qui suivit, seulement parsemé du crépitement du décor, fut pesant. Pourtant, dans l'air vicié, quelque chose de pire encore gronda.

Lentement, la Bête s'était redressée, blessée, mais puissante, impossible à éluder, même cloîtrée dans le corps sanglant du commissaire.

Sans détourner ses iris d'or de ceux de son vis-à-vis, le loup vacilla légèrement, mais son premier pas lui permit de raffermir sa position. Les suivants le menèrent jusqu'à Frédéric. Alors qu'un fragment du plafond tombait derrière eux dans un bruit sourd, il se pencha pour saisir le petit avec ses griffes, afin de le soulever par la peau du cou. Mais le garçon lui semblait si affaibli et épuisé, qu'à son corps chétif se superposa un instant l'image d'Andréa, la nuit où il avait, sans le savoir, fait de lui son mordu. La vision de cette silhouette filiforme et mutilée le troubla grandement. Tant et si bien qu'il eut un mouvement de recul, entraînant sa proie avec lui, lorsqu'un sifflement furtif lui parvint. Ce fut juste avant qu'un autre morceau du toit ne termine en miettes là où plus tôt trônait l'enfant. Poussières et cendres se mélangèrent, son cœur s'affola, l'angoisse au ventre, l'animal songea aux chasseurs avec affolement. Les sens affûtés, il scruta la pièce d'un regard acéré, détailla chaque craquement, prêt à bondir sur n'importe quel opposant pour défendre son butin. Mais il ne distingua rien d'autre qu'un gémissement étouffé au fond de la pièce. Clignant des yeux, ne notant rien d'alarmant, il se reprit. Alors seulement, la carrure de sa prise lui apparut trop frêle et menue pour être celle du louveteau. Tout empestait le cramé, la chaleur était encore dense près de la toile en lambeaux, mais l'odeur qui lui parvint était différente : il était mage et non mordu.
Ce simple constat réanima partiellement la conscience d'Aldrick.
Sans même prendre la peine de le prévenir autrement qu'en ordonnant abruptement « Accroche-toi » il le hissa sur son dos, envisageant trop tard qu'il était probablement inconscient. Le contact avec le corps chaud du jeune homme le troubla, mais ce ne fut rien en comparaison avec la vision singulière qui s'offrit à lui.

Un tintement familier retentit dans l'enceinte assombrie. Au milieu d'une allée bordée de sièges mal-en-point, le feu follet marron scintillait faiblement, semblant l'inciter à le suivre. Cela ne dura qu'une poignée de secondes, juste le temps d'un battement de cils et cette vision fantomatique s'évapora tout en réitérant son tintement, comme pour le presser.  Il l'avait cru disparu pour toujours, mais ces petits êtres avaient plus de ressources qu'il n'y paraissait.

Secouant la tête pour se défaire de sa torpeur, le loup noir, réajusta sa prise sur le mage, sans tenir compte du sang qui s'écoulait abondement de son épaule, il rebroussa chemin et abandonna le souffle court pour le feu follet sans nom, une fois qu'il l'eut rejoint dans le couloir :

- Merci.

Un nouveau tintement et il disparut pour réapparaître près des Humains et de la sortie. Seulement, il n'était pas seul. Un loup blanc se tenait sous ses rayons sombres, figeant le sang d'Aldrick, alors qu'il abandonnait d'une voix sans timbre :

- Edward... ?

La Bête en lui grogna, méfiante, ne semblant pas comprendre comment pareil miracle pouvait être possible alors que l'agent conservait son propre corps d'humain. Précautionneusement, sur ses gardes, les sens aux aguets, flairant une odeur inconnue, différente, il se rapprocha à pas de loup, réduisant considérablement la distance entre eux, non sans s'octroyer le luxe d'une fuite possible. Il fallut que leurs regards se croisent pour qu'il comprenne : des yeux carmin.

- Qui... Êtes-vous ?

Il était prêt à en découdre pour défendre l'enfant, mais le mystérieux loup indiqua simplement la sortie de sa truffe, où le feu follet les avait devancé, avant de rejoindre d'un bond l'humain malmené, pour tenter de le sortir des décombres du balcon. Mille questions tiraillaient l'agent sans qu'il n'osât bouger, jusqu'à ce qu'un nouveau mouvement du loup ne dégage davantage l'homme. Alors seulement il l'envisagea comme un allié potentiel.
Le commissaire pensa d'ailleurs un instant à l'aider, mais un filet de sang lui dégoulina dans le cou, lui rappelant sa priorité absolue. Toujours méfiant cependant, il rejoignit le feu follet sans quitter les deux autres des yeux jusqu'à ce qu'il cogne contre quelque chose. Bien que cela ne lui fit pas mal, un juron lui échappa et le petit être translucide émit un son réprobateur. Aldrick s'excusa à mi-voix, s'étonnant de retrouver son arme à ses pieds. Elle avait dû voler loin des bandits lors de leur chute. Il la ramassa au mieux, non sans tâcher davantage le sol, avant de la coincer dans sa ceinture et de s'engouffrer dans l'embrasement dénué de porte de la sortie.

L'air frais lui fouetta le visage, lui redonnant des couleurs. Miraculeusement, dans la nuit déserte, les sabots de chevaux claquèrent non loin sur le pavé. Sans réfléchir, il se jeta presque sur le cab pour l'arrêter, confiant au cocher alarmé qui l'écouta avec effroi :

- Vite... Rue Saint-André des Arts, il faut qu'il voit le Docteur Keller...

Le brave homme les aida à monter tous deux et lorsqu'il claqua la porte derrière lui, Aldrick discerna alors par la fenêtre, dans la pénombre du théâtre, la luminescence du feu follet qui éclairait le pelage ivoire du loup. Son ultime tintement, tel un au revoir, accompagna la métamorphose de l'animal, dont l'immense silhouette humaine aux yeux carmin le salua d'un signe de la main, avant de lever son pouce vers le ciel.
Pour une obscure raison, l'instinct du commissaire, plutôt que de l'inciter à retourner chercher les rescapés, lui dicta que tout irait bien pour ces Humains. La sérénité qu'engendra cette pensée suffit pour qu'il s’effondre de fatigue en serrant le corps malmené du mage contre lui.


Spoiler:
 

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