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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson

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Ester Jones
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MessageSujet: Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson   Dim 8 Mar - 13:40

Paris en cette fin de matinée était un peu froide. Les passants grognaient à chaque brise fraiche qui passait sur eux. Ester elle, était plus joyeuse. Elle rentrait d’une livraison effectuée non loin de son habitat, et clopinait sur les rues de pavés, Elle s’amusait du son de ses bottines sur le trottoir. Enfantin n’est-ce pas ? Mais il en fallait peu pour ravir le cœur de la demoiselle. La vente s’était déroulée sans encombre, et le client était satisfait. Que demander de plus ? Elle qui commençait peu à peu à se faire à sa nouvelle occupation, ne en être que rassurée. En plus, un déjeuner spécial l’attendait aujourd’hui, et elle en salivait d’avance.
Quand elle arriva aux abords de la boutique, elle remarqua que celle-ci était close, et s’arrêta surprise. Pourquoi était-elle fermée ? M. Augustin repoussait souvent l’heure de fermeture en disant qu’il y avait toujours des clients de dernières minutes. Intriguée, Ester passa donc par la porte secondaire, et vérifia toutes les pièces. Personne, c’était vide et silencieux. Ou était-il donc passé ? Ce n’est qu’en repassant une seconde fois dans la cuisine qu’elle fit attention au petit bout de papier griffonné qui y trainait. Il y était marqué les mots suivant :
« Moi pas restaurant
Imprévu, gros client.
Toi aller restaurant.
Pas perdre réservation »
signé « A. »
À la vue de ce mot, Ester le relu plusieurs fois avant de soupirer. Il fallait y comprendre : « Je ne peux pas aller au restaurant. Il y a un imprévu, je vais voir un gros client. Vas-y-toi, pour ne pas perdre la réservation. Augustin. »
Agacée, elle attrapa le bout de papier, vérifia qu’il n’y avait rien d’autre d’écris dessus, puis le chiffonna et le jeta dans le poêle de la cuisine. Non mais franchement ! Non content de lui écrire comme s’il envoyait un télégramme, il se désistait au dernier moment pour leur sortie au restaurant ! Dire qu’elle avait déjà fait décaler la réservation une fois. En plus c’était son idée à lui au départ, de fêter leur belle affaire par un déjeuner en ville. Et finalement, il lui faisait faux bond. Ester était agacée. Certes, elle savait que le travail – et donc le client - était plus important, mais tout de même. On n’abandonne pas une jeune femme au dernier moment, c’est impoli non ? Elle lui en toucherait deux mots quand il rentrerait ! Il ne s’en sortirait pas si facilement, non mais !
Et puis qu’est-ce qu’elle allait bien pouvoir faire toute seule au restaurant ? Un repas n’obtient tout sa saveur qu’en le partageant avec autrui ! Mais il voulait qu’elle y aille ? Très bien ! Elle allait faire ce qu’elle pouvait pour en profiter quand même !
Elle alla donc se recoiffer, remontant sa tresse en un chignon, et se mit une minuscule touche de rouge à lèvres. Pas davantage, car sinon, elle allait ressembler à un monstre ! Elle récupéra les sous sur la table, referma la boutique derrière elle, et partit vers Châtelet.

Arrivée dans l’établissement, elle s’adressa à la réception :

« Bonjour, j’ai réservé une table au nom de Jones.
- Ah oui, bonjour mademoiselle, je vous reconnais ! C’était une table pour deux n’est-ce pas ?
- Oui… cependant, la personne qui devait me tenir compagnie s’est… désistée au dernier moment,
avoua-t-elle un peu embarrassée.
- Oh, je vois ce n’est pas grave. Veuillez me suivre je vous prie »
La jeune femme suivit donc le serveur, et s’installa bientôt sur une table près de la fenêtre. De légers rayons de soleil l’éclairaient et reflétaient la blancheur de la vaisselle.

« Je vous apporte la carte » annonça le serveur avant de s’éloigner.

Ester le remercia, et retira tranquillement son manteau, pour dévoiler sa robe pourpre à col rond et un léger décolleté, avec ses manches évasées au poignet.
On lui apporta la carte et elle commença à regarder les menus. Qu’allait-elle choisir… un bouillon ? Cela ne faisait pas plus d’une minute qu’elle se posait la question que le serveur revenait. Déjà ? Mais elle n’avait pas eu le temps de faire son choix.
Il la regarda avec un sourire et annonça :

« Vous ne serez pas seule finalement. »
S’écartant de quelques pas, il dévoila une jeune femme derrière lui, et lui indiqua la table où se trouvait Ester. Celle-ci leva des yeux incrédules vers l’inconnue. Pourquoi donc venait-elle à sa table ? Elle ne la connaissait pas…
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Campbelle Jones Wilson
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MessageSujet: Re: Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson   Sam 28 Mar - 0:02

Une douce brise à l'avant-goût de mi-journée, venait annoncer la fin de matinée. La Capitale s'était éveillée, au moment où le soleil s'était élevé dans le ciel, à son plus haut sommet.
Les restaurants avaient enlevé les formules de petits-déjeuners, pour annoncer les spécialités du jour étant plus au goût des déjeuners.
Des hommes jouaient de la musique près des fontaines, tandis que des personnes visiblement pressées de regagner leurs appartements, face à cette longue journée de travail qui s'annonçait, passaient leur chemin afin d'aller manger, têtes baissées et mallettes aux poignets. D'autres s'attardaient et laissaient une pièce aux musiciens pour les remercier d'égayer les rues de Paris ainsi que la journée morose qui les narguait.
Il y avait des vieilles dames qui vendaient des roses qui rappelaient la douceur de la beauté des femmes.
Il y avait les calèches qui se bousculaient pour servir les premiers clients, qui se présentaient sur le bord des trottoirs, perchés telles des perruches.
Il y avait les fonctionnaires de ville qui arrosaient les pavés afin de dévoiler leur couleur anthracite, devenus ternes par tout ce qui les écrasait.
Il y avait les couples enchantés. Qui riaient, se regardaient amoureusement. Les femmes pensaient au déroulement du déjeuner : qu'allait-il bien pouvoir se passer durant ce repas ?
Les hommes pensaient à comment offrir une belle journée à leurs dames : qu'allait-il bien pouvoir se passer après ce repas ?
Puis il y avait Campbelle. Campbelle et son visage pâle, Campbelle et ses yeux d'opale, Campbelle et son regard maussade. Elle était droite au milieu de ce mouvement de corps en fête. Bien trop droite. Aussi immobile que l'arbre ne se pliant pas sous les pressions du vent. Elle demeurait. Elle observait. Elle réfléchissait. Elle pensait. Elle pensait que la journée, elle ne travaillait pas et que tout à l'heure, elle serait au restaurant à une table pour deux, au milieu de tous ces couples en émoi, mais que personne ne viendrait. Qu'elle dînerait, réglerait la note puis rentrerait chez elle et conclurait le repas par « J'ai passé une excellente journée avec... Le passé ».
Il s'agissait de l'histoire d'une femme et d'un homme qui s'étaient aimés comme un seul être. Mais... La femme devait maintenant vivre comme pour deux êtres. Et aujourd'hui, c'était leur anniversaire. Ils ne s'étaient jamais dits « oui » mais... Ils étaient unis.

Oh oui, elle déjeunerait ce midi. À une table pour deux. Il ne mangerait pas, bien sûr. Car les spectres ne mangent pas à la même table que les êtres fait de matière, mais il prendrait place face à elle pour un moment partagé... Bien qu'elle serait la seule à le savoir. La seule à le croire. La seule à se l'imaginer. Elle passerait une bonne après-midi à se souvenir du temps où ils dînaient encore ensemble. Elle rejouerait ce souvenir et son âme serait rassasiée, son psychisme satisfait.
Oui, une excellente journée s'annonçait. Elle serait mélancolique et nostalgique, mais Campbelle aimerait ce moment plus que tous les spectacles qu'elle ait pu donner, plus que tout ce qu'elle ait aimé sur cette terre. Simplement, car ce moment lui rappellerait Andrew. La saveur du passé était sa préférée et il était certain qu'elle s'en délecterait.

Un hennissement de cheval la sortit brutalement de sa pensée. Une calèche s'approcha à vive allure. Une fois à sa hauteur, elle s'arrêta brutalement. Le cavalier se pencha et laissa apparaître son visage :

-Bonjour, ma belle-dame. Voulez-vous que je vous conduise quelque part ?

-Non merci.

-Oh ! Soupira-t-il. Pardonnez-moi. En vous voyant sur la chaussée, j'ai cru que vous...

-Je préfère marcher. Une autre fois, peut-être. Merci. Répondit-elle en ne le laissant pas finir sa phrase.

Campbelle lui fit un sourire pincé et contourna la calèche par l'arrière dans le but de gagner l'autre côté de la route. Une fois sur la place, elle se dirigea vers le restaurant. Très réputé sur Paris, il faisait d'excellentes spécialités. Une fois arrivée, elle constata amèrement qu'il était submergé de clients. Elle soupira. Heureusement, elle avait réservé. Elle pénétra alors et se dirigea directement vers le comptoir des réservations, en donnant son nom au jeune homme qui s'en chargeait. Après avoir cherché quelques longues minutes, il expliqua à Campbelle que ceci en était, à ne rien comprendre. La table avait été donnée, car une jeune femme du nom de Jones était déjà présente. Elle était d'ailleurs bien installée et prête à commander. Le visage de Campbelle se vit se voiler d'un air chagriné. Elle devait soit patienter, soit partir.
Elle commença alors à gagner la sortie... Allait-elle vraiment regagner le cabaret et passer une après-midi à se préparer ou à fixer les secondes incessantes s'écouler jusqu'à la nuit tombée ?! Elle ne se produisait pas sur scène avant ce soir et elle n'avait aucun intérêt de rentrer. Elle n'allait pas aller dans un autre restaurant, c'était celui-là qu'Andrew aurait voulu. Elle le savait aussi sûrement que son cœur battait présentement, dans sa poitrine. Aussi sûrement qu'elle avait réservé l'avant-veille et aussi sûrement que cette femme était assise à sa table. Puis elle se retourna brutalement vers le jeune homme :

-Je voudrais manger avec cette femme !

-Je crains que ce soit impossible, Madame.

-Mais je vous le demande.

-Ce n'est pas possible.

-Demandez-lui. Dites que je voudrais manger avec elle.

-Mais elle attend quelqu'un, il me semble.

-Alors je resterais avec elle, le temps qu'il arrive. Puis je partirais. Dîtes lui, s'il vous plaît.

L'Homme fit alors signe à Campbelle de le suivre et se dirigea vers la dite Table. La femme à la table était blonde et fine. Très élégante, toute en longueur. L'archétype de la grâce.

-Vous ne serez pas seule finalement. Annonça-t-il.

Campbelle s'avança alors lorsqu'il se décala latéralement, tel le rideau qui dévoilerait une scène. La jeune femme leva ses yeux étonnés et les posa sur Campbelle qui sentit un malaise la gagner. Elle posa sa main sur l'épaule du serveur, se suivit un regard pesant comme pour lui rappeler ce qu'elle lui avait demandé.


-Hum ! Oui. Madame Jones. Aimerez sincèrement vous tenir compagnie le temps que votre compagnon vous rejoigne. Dans le doute qu'il vous rejoigne, devrais-je plutôt dire.

Campbelle glissa dans la plus grande discrétion un billet dans la manche du serveur ; qui retourna à son comptoir immédiatement et Campbelle pris place face à la femme. Elle mit quelques minutes avant d'oser prononcer la phrase qu'elle avait grandement formulé. Elle se pencha vers la femme :

-Je suis Campbelle Jones Wilson. Je travaille au Cabaret en tant qu'Artiste, mais je n'aime pas ce terme, bien trop présomptueux. Alors je dirais simplement que je suis une dompteuse de rubans de soie. Mais je me vois contrainte de m'arrêter là, car je dois cultiver le mystère jusqu'à l'arrivée du dessert.

Elle se redressa légèrement :

-Je vois que vous n'avez encore rien commandé. Vous prendrez bien un peu de vin. Dit-elle en appelant d'un geste de la main, l'un des serveurs.

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Dernière édition par Campbelle Jones Wilson le Jeu 10 Mai - 15:43, édité 2 fois
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Ester Jones
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MessageSujet: Re: Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson   Dim 17 Mai - 22:55

Spoiler:
 

Des yeux clairs et déterminés croisèrent ceux d’Ester, emplis de surprise. Elle vit l’inconnue presser l’épaule du serveur et échanger un regard appuyé. Incapable de comprendre les tenants et les aboutissants de cet évènement, la médium observa la scène, en simple spectatrice.
L’homme se retourna alors vers elle, et bredouilla quelques mots, visiblement mis en port-à-faux.  


« Hum ! Oui. Madame Jones. Aimerez sincèrement vous tenir compagnie le temps que votre compagnon vous rejoigne. Dans le doute qu'il vous rejoigne, devrais-je plutôt dire. »

Madame Jones ? Mais madame Jones c’était elle normalement non ? Bon certes, elle n’était pas encore « Madame » et encore moins une madame Jones, mais... c’était son nom... à moins que cela ne soit aussi celui de la jeune femme ? mais le serveur rappelait un point important. Il était peu probable qu’elle ait de la compagnie à part cette jeune femme.
Elle hocha alors silencieusement la tête. L’inconnue s’assit en face d’elle, et l’homme s’en retourna d’où il venait. Une voix s’éleva alors dans le dos de la belle brune.


« Allons ma chère enfant ! Soudoyer un employé ? Ce n’est pas comme ça que je vous ai éduqué. »

L’apprentie photographe regarda instinctivement derrière sa nouvelle compagne de table. Il n’y avait rien de plus qu’une ombre, et elle la fixa pendant quelques secondes avant de réagir. Evidemment ! Il n’y avait personne, personne faite de chair et de sang. En revanche, il y avait bien un esprit qui s’accrochait à la jeune femme. Il semblait plutôt proche d’ailleurs, vu ce qu’il lui disait. Mais elle l’ignorait complètement. Elle ne réagissait pas au moindre des paroles qui lui étaient adressées. Quoi de plus normal. Rares étaient celles ou ceux qui ne pouvaient ne serait-ce que sentir la présence de fantôme. Ester ouvrit les yeux plus grand. Elle reposa la carte devant elle. Cette situation devenait de plus en plus incroyable. Elle n’osa encore prononcer le moindre mot et regardait alternativement ces deux invités inattendus.

« Et bien, où sont passez vos manières ? Présentez-vous au moins. » rajouta l’esprit.

A l’entendre de nouveau, la  rousse sursauta à moitié sur sa chaise. Comme son interlocutrice ne pouvait entendre cette remarque, Ester décida de prendre elle-même la parole. Elle demanda alors timidement, pour engager la conversation :

« Puis-je savoir qui vous êtes ? »

Après plusieurs seconde de silence son inconnue se pencha vers elle, et se lança dans une impressionnante tirade. Elle la vit ensuite commander du vin, sans vraiment tenir compte de son avis ou non. Elle confirma néanmoins avec un sourire :

« Seulement du vin rouge, si ça ne vous ennuie pas. »

Elle reprit la carte entre ses mains, et peu à peu ses lèvres s’étirèrent dans un sourire encore plus grand. Elle reposa de nouveau le menu, ses yeux se plissèrent légèrement, et cela se mua en un rire impromptu. Un fou rire même, peu sonore, mais qui secoua la jeune femme malgré elle. Elle mit la main devant sa bouche, et tenta de se calmer. Quelques secondes plus tard, sa respiration redevint plus calme. Elle se tourna vers Campbell, et s’expliqua :

« Excusez-moi... sincèrement. Je m’appelle Ester Jones et je... je ne me moquais pas de vue, non vraiment pas mais... voyez-vous, je devais déjeuner ce midi avec mon patron, pour fêter une affaire. Mais celui-ci m’a posé un lapin à la dernière minute. J’en étais très énervée vous comprenez ? Et vous êtes apparus si subitement, avec une telle audace que vous m’avez arrêtée net dans ma colère.
Enfin...
Je suis ravie que vous me teniez compagnie. Un repas à plusieurs est toujours plus gouteux qu’un repas dans la solitude non ? »

D’une voix plus feutrée, elle termina avec un sourire complice :
« Ce n’était pas la peine de payer le serveur pour si peu... »
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Campbelle Jones Wilson
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MessageSujet: Re: Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson   Jeu 10 Mai - 15:42

1 New msg ♥:
 

La sylphide à la volatile chevelure de cuivre se présenta à son tour. « Ester » quel doux prénom, songea Campbelle.
Cela faisait longtemps que la triste créature n'avait vu un être aussi lénifiant. Elle sentit toute l'inquiétude qui valsait et macérait dans ses entrailles s'évaporer dès lors ou ces étonnants péridots crépitants, comme des flash d'appareil photographique, la captèrent malgré elle. Elle avait été si contrarié au contact de la cohue parisienne. Et intensément rembrunie par l'annonce du serveur à son arrivé au restaurant. Campbelle avait alors placarder son visage d'un masque de courtoisie et tout le monde avait ignoré à quel point elle avait été soucieuse. Et croyez moi. Elle l'avait été. D'un tel degré qu'elle fût pousser à s'imposer à une table.
La qualité première de Campbelle était bien son audace ultime face aux mauvaises postures.

L'Autrichienne était une personne constamment mélancolique, c'était ainsi depuis longtemps. Sa tendresse extrême et cette innocence élémentaire faisait d'elle, un être en perpétuelle souffrance et décalage face à la sauvagerie du monde, au tumulte humain. Et ce décalage était sûrement dû au fait qu'au même titre que les grands singes de ce vaste monde, Campbelle ne serait jamais rien de plus qu'un Anthropoïde malgré ses attraits hominiens.
La cause vraisemblable à son incapacité d'être un véritable humain, était bien l'absence totale de vice et animosité chez la créature. Andrew avait bien veillé à cela.
Et il va s'en dire qu'Ester, tout en l'ignorant, avait apaisé en un sourire aimant tous ces maux et craintes qui agitaient Campbelle au milieu des foules.

Elle n'était pas sociable, c'était évident, mais elle avait bien envie de l'être avec la flamboyante de suavité. C'est ainsi qu'elle prie place à cette table pour deux qu'était devenu pour quatre, avant de finalement se décider pour trois car le cher patron de la belle dame avait fait faux-bond.
Cette dernière s'excusa brièvement puis stipula un vin rouge, à la proposition de Campi.
Également, Ester la flatta grandement, en lui faisant l'aveu d'avoir été soulagée par son impromptue venu, tout en soulignant qu'il était bien mieux de dîner accompagner que seul. Campbelle n'osa pas réellement répondre mais acquiesça. Effectivement, le repas serait plus léger avec une jeune dame à ses côté face au fantôme du passé. Elle ne la connaissait pas mais si elle devait être un breuvage de prestige, elle serait sans nul doute un champagne léger et voluptueux.
La dame pleine de légèreté abouta que Campbelle n'aurait pas dû soudoyer le serveur pour si peu... De prime abord, elle soupira. Elle croirait entendre son Amour qui n'aurait jamais cautionné qu'une femme se comporte de la sorte. Décidément, il s'agissait bien là de sa journée. Elle se mit alors alors à ricaner timidement, si Andrew pouvait être présent physiquement comme il est en son cœur, elle aurait voulu qu'il la réprimande de la sorte, comme il le fît souvent, pour jouer les effrontés et l'agacer. Sans le dire, elle remercia Ester d'avoir fait cette remarque qui raviva ces savoureux souvenirs.

Et pour faire honneur à sa compagnie, Campbelle commanda le meilleur vin de la carte. Un provençal, par ailleurs, frais aux notes de fruits noirs aussi mélodieux au palet qu'en descente avec sa subtile longueur en bouche et sa belle robe grenat d'ébène.
Elle avoua à la bienveillante, qu'il s'agissait de son nectar de prédilection et que c'est grandement pour cet aspect qu'elle avait choisi ce restaurant qui proposé une carte de vins de qualité.

Le temps suivant, le garçon apporta une bouteille d'un vert obscur daté d'un demi siècle. Il servit les deux jeunes femmes et l'experte des vignes souligna le caractère exquis du liquide.

-Vous voyez, délicate Ester, il est tel le jus d'une demi lune sanglante. Le meilleure vin pour la rencontre fortuite la plus inattendue et inespérée de mon existence.

Campbelle reprit une gorgée, savoura et ajouta :

-Je ne suis pas démonstrative mais cette journée m'étant précieuse je veux faire une exception... Je tiens à appuyer à quel point votre compagnie me ravie. Et votre amabilité me touche.

C'est alors, que l'âme lucide remarqua que son interlocutrice semblait par bride d'instant distraite et captivée par un abstrus élément externe. Ou justement intimement lié à ce dîner.
Le regard d'Ester était toujours en sa direction mais divaguer par moment, légèrement sur les côtés comme si elle était préoccupée ou percevait quelque chose.
De nature anxieuse, elle se mit à craindre que cette plausible amie n'est compris qu'elle était un être factice ou pire... L'est reconnue. Elle. La meurtrière. La nervosité voilà sourdement l'autrichienne qui décida de lever le voile sur le mystère :

-Dites moi, belle enfant, que vous préoccupe-t-il temps. J'ai l'impression que vous percevez plus que vous ne le laissez présager.  Demanda-t-elle d'un regard perçant Si nous voulons goûter aux mets d'exceptions que propose l'enseigne, je pense qu'il serait judicieux de jouer carte sur table.

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MessageSujet: Re: Une réservation... pour deux PV Campbelle Jones Wilson   Ven 25 Mai - 11:43

La discussion s’interrompit une minute, alors que le serveur prenait note de leur commande d’alcool. À l’énonciation du cru, Ester scruta discrètement la carte, à la recherche du prix. Rien qu’au nom – qu’elle ne retiendrait pas – elle se doutait qu’il n’était pas donné. Elle finit par l’apercevoir sur la carte. Pas le temps d’en voir le prix, l’artiste s’adressait de nouveau à elle dans un air de confidence. Notre demoiselle l’écouta, tout en réfléchissant. D’accord, elle était là pour se faire plaisir… mais pas pour ruiner toutes ses économies ! C’était pas avec son « salaire d’apprentie » qu’elle allait pouvoir s’offrir tout le luxe parisien. Elle prit une grande inspiration. Bon. Inutile de paniquer avant l’heure. Elle n’avait même pas vu le prix, alors elle s’inquiéterait une fois la note arrivée.
Elle prit tout juste le temps de déplier sa serviette sur ses genoux que le serveur revenait avec le vin demandé. L’ombre massive accroché à l’artiste s’avança vers la bouteille d’un œil sévère. Puis finalement, il se redressa en hochant la tête.


- Cela me semble être un bon choix…


Campbell s’étant déjà saisie de son verre, le fantôme se pencha plutôt sur celui d’Ester, et remua les narines pour en humer le parfum. Sentait-il vraiment quelque chose ? La médium se l’était toujours demandé sans jamais oser poser la question. Elle l’observa faire malgré elle. Il opina de nouveau et dès qu’il se fut redressé suffisamment, elle attrapa son verre. Elle-même pencha le nez sur la liqueur. Effectivement, l’arôme en était prometteur… et la description de sa comparse le rendait encore plus alléchant.

« Voilà qui est joliment poétique ! À votre santé, et à cette rencontre ! »

Elle y trempa finalement les lèvres. Ce « sang de lune » parcourut ses papilles, les éveillèrent, intense. Notre ancienne campagnarde sourit. C’était sans doute la première fois qu’elle buvait un vin de cet acabit. Ah, il y en avait aussi de bons prêts de chez elle. Mais celui-ci avait en plus l’attrait de la nouveauté. C’était bien agréable. Elle reposa le verre, alors que sa compagne de table lapait sa seconde gorgée, et la chargeait de compliments.
Ester s’empourpra. Elle n’avait pas l’habitude qu’on lui fasse de telles louanges, surtout de la part d’une autre femme. Quels clients déjà s’étaient aventurés sur ce terrain, dans l’espoir d’obtenir une ristourne. Mais l’entendre si subitement et de la part d’une l’inconnue. La jeune rousse en était déconcertée. Elle répondit un brin timide :

« J’en suis flattée. Mais c’est plutôt à moi de vous témoigner ma reconnaissance, pour m’avoir sauvé de ce repas solitaire. »

Alors avec un doux sourire, elle reporta lentement son regard sur la carte. L’esprit les imita, marmonnant son approbation ou non en descendant la liste des plats. La voix de Campbell les tira néanmoins de son examen. Les prunelles persistantes de la jeune femme la saisirent autant que ces mots. Les mains de l’apprentie se crispèrent sur le menu. Elle, percevoir quelque chose ? Bien que ce soit à elle qu’on adressait les questions, elle avait l’impression que c’était Campbell qui en savait davantage. Pourquoi ? Comment ? Les battements de son cœur s’accélérèrent. Elle n’avait pourtant pas dis un seul mot à ce fantôme. Lui-même ne semblait pas encore se rendre compte qu’elle le voyait ! La brune rajouta encore quelques mots. La rousse sourit gênée et commença par répondre :

« Ahah… joli jeu de mots ! »

Malgré tout, elle n’en menait pas large. Qu’est-ce que Campbell avait compris ? Qu’est-ce qu’elle cherchait réellement à savoir ? Ester ne lui avouerait certainement pas son don, alors il fallait trouver autre chose. Elle balbutia :
« C’est que… et bien… »
Elle attrapa son verre, y trempa les lèvres à nouveau. « Réfléchis Jones, réfléchis ! ». Elle se figea une seconde et reposa d’un geste accomplit son verre. Elle l’avait son idée !
« À dire vrai, je suis intriguée. Vous portez bien le nom de « Jones » n’est-ce pas ? Le serveur vous à annoncer ainsi tout à l’heure. Je présumais qu’il parlait de moi, mais j’ai bien vu qu’il vous désignait. Alors je me demandais par quelle force du destin nous portions le même nom… »
Son excuse déblatérée, elle but la moitié de son verre dans l’espoir de faire passer la rougeur de ses joues. Peine perdu, le vin lui monterait bientôt à la tête. Ses iris retombèrent sur le menu. Elle enchaîna peu après :

« Et si nous commandions ces fameux plats ? Nous n’allons pas seulement les regarder n’est-ce pas ? »

D’où lui venait cet entrain ? De celui contagieux de sa comparse ? C’est ce qu’elle aurait répliqué si on l’avait interrogé. Mais il s’agissait bien plus de nervosité que d’un quelconque tempérament.

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