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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 La nuit réveille les démons [PV Lenny]

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Layth Aeterna
♦ Prince du désert | Sa Majesté l'Idiot ♦
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MessageSujet: La nuit réveille les démons [PV Lenny]   Dim 5 Avr - 3:40

Le tintement des fioles accompagnait le rythme de ses pas alors que le soleil se couchait derrière l’horizon parisien. Occupé au cabaret pour la journée, Lenny lui avait donné une liste d’achats à effectuer aux halles de la ville. Des ingrédients d’alchimie pour la plupart, dont il connaissait désormais les noms par cœur. Si bien que la liste trônait au fond de sa poche depuis la sortie de la seconde boutique où il avait traité le commerçant de bandit de grand chemin. Où avait-on idée de vendre du mercure aussi cher ? Les temps changeaient, et pas en bien. Sourcils froncés, il examina les passants sur son chemin, levant le nez sur la singularité de la mode actuelle. Si peu de paillettes, d’or et de voile. Soufflant sa désapprobation, il doubla la cadence qu’il calma aussitôt conscient du danger du verre s’entrechoquant. Agacé d’être forcé de se tenir tranquille par la stupidité d’un objet trop fragile, il serra ses emplettes contre sa poitrine sous le regard suspicieux de deux hommes s’interrogeant sur l’éreinte féroce du djinn envers son sac.

Peu enclin à la conversation vu son humeur en chute libre, Layth poursuivit sa route jusqu’à ce que la nuit tombe, fuyant les trajets des premiers allumeurs de réverbères. Il se sentait en paix dans ce manteau de ténèbres duquel il perdit trop vite le réconfort une fois le feu offert à toutes les chandelles des environs. Sans penser aux conséquences du temps qu’il mettait à rentrer, il se permit une halte au jardin du Luxembourg. Las, il s’assied près d’un bassin sans grande conviction et se pencha vers l’arrière en usant de ses jambes en guise de crochet autour de la pierre, puis étira les bras de sorte à faire la planche au-dessus de l’eau dont le bruit parvenait à chasser sa mauvaise humeur en coulant au creux de ses oreilles. Lentement, ses doigts se murent vers la cascade et, désirant atteindre le jet de leur pointe, sa pensée devint un jeu, puis un défi. Un sourire réapparut sur son visage qu’il inclina sur le côté. Tout juste de quoi happer un reflet sous l’éclat de lune.

Se redressant, il se hissa de sorte à s’accroupir les pieds à l’extrémité du rebord. Intrigué par le scintillement qu’il n’osait approcher, il chercha à capter des vibrations d’argent en passant sa paume ouverte au-dessus des remouds. En ressentant une, il suspecta d’emblée un piège et releva les yeux pour analyser son environnement. Rien. Le désert de l’endroit n’ajouta qu’une couche supplémentaire à sa méfiance, et plus encore lorsqu’il détecta d’autres pièces d’argent à travers les vagues. Persuadé de la présence d’un chasseur, il se repassa mentalement son trajet de la journée, tout aussi convaincu qu’il l’aurait senti si on l’avait pisté. D’un regard circulaire à l’obscurité du parc, il inspira une profonde bouffée d’air et s’adressa aux ténèbres devant lui.

-Montre-toi et j’y penserai peut-être deux fois avant de te briser les os !


Plissant les yeux, il se mit à scruter le feuillage dansant sous le souffle nocturne, guettant le moindre signe de vie.

-Il faut plus de quelques pièces d’argent cachées en plein cœur d'une fontaine pour m’affaiblir !

Était-il de mèche avec le marchand de mercure ? Peut-être même des deux hommes croisés plus tôt, voire l’un des allumeurs de réverbères. Oui, l’ennemi avait sûrement acheté l’un d’entre eux pour changer son itinéraire de sorte à le conduire jusqu’au jardin. Malin. Un rire remonta le long de sa gorge, et d’ores et déjà impatient de se battre, il fit pression contre ses phalanges qui craquèrent sous le poids de sa hâte.
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Lennox Von Wolfstadt
Ω Of Gunpowder and Magic Ω
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MessageSujet: Re: La nuit réveille les démons [PV Lenny]   Mer 26 Aoû - 23:27

Laisser Layth partir faire ses courses avait-il été une bonne idée? Visiblement la réponse est non. Pourquoi donc, peut-on se demander. Eh bien c'est bien simple; le soir approchait déjà, le ciel rougeoyant, et le fracas de son retour restait encore sans signe.

A vrai dire, cela faisait déjà un moment que Lennox se demandait ce qui retenait le Djinn, mais pour dire vrai, alors que l'après-midi ne touchait qu'à sa fin et que le soir se faisait encore attendre, l'alchimiste n'y attribua pas plus d'importance que ça. Il avait seulement été surpris par le fait que Layth n'était pas rentré quand il était rentré se reposer après avoir fini son travail à la salle – il  n'était pas du spectacle ce soir là, mais avait dut passer sa journée à aider, lui volant ainsi le temps nécessaire pour ses emplettes, et envoyer Layth lui avait paru comme étant la seule solution à ce moment là, où la demande d’aide impromptue l’avait surpris.  

Mais maintenant que le ciel s’assombrissait à grand vitesse, il commença à s’inquiéter un peu. Ce sentiment était étrange. Il savait que Layth pouvait se défendre seul, et qu’il ne craignait rien. Et pourtant, rien ne pouvait enlever ce sentiment pesant sur son estomac, ce serrement de sa gorge, presque comme le goût amer des pleurs dans l’œsophage. Ce n’était qu’anxiété sans raison, résonnait-il depuis les dernières vingt minutes. Bien sûr, Layth avait du faire sa limace toute la journée, et seulement vers la fin de l’après midi s’était il rendu compte qu’il n’avait pas fait les courses ! Voilà ! Voilà pourquoi il tardait, c’est bien ça – c’est ainsi qu’il essayait de se convaincre. Mais il est bien connu que ce genre de déni ne fait qu’empirer la situation, si bien qu’au bout d’une demi-heure d’attente, il poussa un soupir déchirant et rempli d’amère anxiété, et enfila ses chaussures. Une fois sa cape ajustée, ses cheveux réarrangés et ses gants enfilés, il se dirigea vers la sortie du cabaret, et puis vers le chemin que Layth avait – ou aurait dut, pensa t’il avec un serrement de cœur – empreinter.

Avec une chance incroyable, il arriva à la première boutique alors que le propriétaire fermait la porte à clef. Avec une inspiration hâtive, il se précipita vers le vieil homme, et sans aucune formalité l’interrogea sur la venue de son usuel compagnon. Le vieillard avait bel et bien vu et encaissé Layth. Bien que ce n’offre aucun soulagement, Lennox eut la satisfaction d’avancer un peu, ce qui calma un peu l’acide qui commençait à ronger son estomac.

Il alla de boutiques en boutique, pour découvrir que Layth avait bel et bien fait son devoir lui avait fait ses courses à la lettre – ce qui lui arracha un sourire attendri, tel un maître qui voit son chien lui amener le journal. Bon chien. Mais bref, il n’avait guère le temps de s’attarder sur ce sujet, ni devant cette boutique. Et c’est après cette réflexion que l’alchimiste se rendit compte que Layth pouvait très bien être en fait déjà rentré, pendant qu’il le cherchait – non. Impossible, il l’aurait croisé ! Il soupira et, faute d’alternative, prit le chemin du retour.

Préférant la tranquillité du parc du Luxembourg au brouhaha des rues, il prit un léger détour – et connaissant son Djinn, il la préférerait aussi. Il avait donc tous les avantages à passer par ce chemin là.

Il fut interrompu en plein bâillement dans sa traversée du parc – désert à cette heure-ci, bien étrange – par une voix bien familière. Layth. Bien que ne pouvant distinguer ses mots – sa voix porte bien, mais il ne faut pas pousser non plus – il était sûr qu’il s’agissait de son compagnon. Aussi, décrire l’irrationnelle vague de soulagement qui s’écrasa contre son estomac et sa gorge à cet instant serait bien difficile. Une chose était bien sûre ; un poids avait été ôté de tout son être. Ses pas se transformèrent en marche rapide, puis en il se mit à courir, en direction de la voix.

Et Il trouva bel et bien, Layth. Mais pourquoi craquait il ses phalanges et avait il un air de défit sur son visage ? Il s’arrêta à quelques mètres de la fontaine – et de Layth, par conséquent – haletant, un air confus sur le visage.

« Layth ?», appela t’il bêtement, un sourcil haussé alors que sa respiration se régulait lentement.

Qui sait ce que cet idiot était encore en train de s’imaginer, dans ce parc désert…

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Layth Aeterna
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MessageSujet: Re: La nuit réveille les démons [PV Lenny]   Mer 13 Juil - 19:43

De par son état surnaturel, la paranoïa de Layth causa bon nombre de débandades au fil des siècles. Car quoi de mieux qu’une créature surnaturelle pour capter les subtilités échappant à l’œil humain ? Parfois à raison, souvent à tort, mais ne valait-il pas mieux prévenir que guérir ? Une fausse alerte demeurait certes un garde-à-vous inutile, pourtant devant une attaque surprise elle pouvait s’avérer des plus efficaces. Que coûtait un peu de bruit face à l’éventualité d’un danger mortel ? C’était un fait, le djinn criait régulièrement au loup, et trop peu le remerciaient de sa dévotion après s’être levés pour constater l’absence du moindre ennemi. On ne lui montrait de la gratitude que lorsqu’il y avait bel et bien débusqué un voleur ou un assassin. Tel un chien de garde, on ne lui donnait un os que s’il aboyait avec un motif tangible, autrement on lui reprochait sa vigilance. Quelle ingratitude.

Vint une nuit où, veillant l’extérieur de la tente d’un général, une ombre passa dans le lointain. Le djinn se leva et la suivit comme on s’accroche au craquement suspect d’une latte de plancher quand tout le monde dort. La veille de la bataille, il avait reçu comme consigne de ne réveiller le général qu’en cas de menace imminente. Ainsi il demeura silencieux, traquant l’obscurité mouvante autour du campement jusqu’à s’en approcher suffisamment pour apercevoir un blaireau regagner son terrier. À son retour, il trouva le général assassiné dans son lit. Un malheureux hasard il en convint, qui ne se serait pas produit si on l’avait autorisé à le tirer de son sommeil, quitte à aller chasser un bête animal dans le sous-bois. La majorité des humains diminuait sans cesse l’importance du hasard, prêt à critiquer la moindre perte de temps si elle ne leur avait rien fait gagner. Qu’en savaient-ils, de ce qu’ils avaient évité ?

Seul, on ne le surprendra pas à négliger un bruissement suspect dans le feuillage voisin, fusse-t-il le repère d’une innocente souris ou d’un chasseur embusqué. La nuit était un camouflage trop pratique pour qu’il le néglige. Paré à la moindre attaque, des pas se muèrent en marche rapide dans son dos. Une diversion ? Bras levé il fait volte-face, des griffes déjà en place sur ses doigts se figeant en plein mouvement au son de la voix.

« Lenny ? »

Incrédule de le trouver là il se rua vers lui, ses griffes se refermant sur sa chemise pour l’amener en sécurité derrière l’arbre le plus proche.

« Ne fais pas un bruit, je crois que nous ne sommes pas seuls. »

Prudemment il jeta un coup d’œil au-delà de la fontaine, puis au-dessus de leur tête à l’apparition du vent entre les branchages. Chuchotant toujours, il s’adressa à nouveau à Lenny.

« J’ai laissé le sac là-bas, reste ici je vais le chercher. »

Sans attendre de réponse il s’accroupit et se faufila derrière une rangée de cèdres puis se redressa dos à un cyprès, ses cheveux désormais noirs pour mieux se fondre dans la nuit. Le détour le distançait du but pour mieux l’y ramener sans se montrer à découvert. Un seul bémol se présentait : les environs étaient trop calmes. Pas un hululement d’hibou ni de chant de cricket. Le contenu du sac coûtait cher, mais valait-il vraiment le risque avec Lenny dans les parages ? Sa décision prise il rebroussa chemin jusqu’au tronc d’arbre dans le silence le plus absolu. Il retournerait acheter le nécessaire au lever du soleil, quitte à piocher dans ses économies personnelles mises de côté depuis leur arrivée à Paris. À moins qu’avec un peu de chance le sac soit encore là au petit matin ? Il aviserait, d’abord il devait retourner auprès de Lenny.

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