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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Lieu de perdition bis (Libre)

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Matt Carey
Le roux maudit
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MessageSujet: Lieu de perdition bis (Libre)   Mer 29 Juil - 1:28

La lumière rouge diffuse, presque tremblotante, perçant dans la ruelle sombre de la nuit… Elle emplissait ses cauchemars. Et maintenant, parfois, trop souvent, certaines de ses soirées. Bien sûr, jamais il ne s’en approchait. Il se contentait de l’observer de loin. Un angle de rue plus loin pour être exact, adossé aux vieilles pierres grises d’un quelconque bâtiment. Mais à cette heure-ci, tout était gris de toute façon. Sauf cette lanterne rouge. Et les rires qui surplombaient la musique lorsque la porte s’ouvrait sur un client pour se couper aussitôt celle-ci refermée, laissant la rue à son silence pesant.  

Au départ, il n’avait absolument pas cherché cette lumière. Il ne la connaissait d’ailleurs que trop bien pour y avoir déjà été une fois confronté. Et depuis, il n’avait eu de cesse de la fuir et d’en oublier jusqu’à sa lueur dans la pénombre des rues parisiennes. Mais il fallait croire que le Mal était partout. Et plus encore les antres de la luxure…
C’est parce qu’il avait suivi un chat boiteux croisé tout à fait par hasard qu’il s’était retrouvé dans cette rue qu’il n’empruntait jamais habituellement. Avec l’idée de tenter de le récupérer pour essayer de soigner sa patte blessée, il avait découvert entre des poubelles et une soupente d’escalier, non pas un chat mais une chatte et ses petits. Et c’est en se relevant parce qu’il y faisait maintenant bien trop sombre pour pouvoir faire quoi que ce soit, qu’il l’avait vu. Cette lumière si lointaine et si proche à la fois, et qui semblait n’être là que pour lui.

Il était donc revenu, les poches pleines de cochonnailles, toujours de jour. Et repartait bien assez tôt pour ne pas se faire surprendre par la nuit. Mais il fallait croire qu’on n’oubliait pas si facilement le goût du péché. Il se réveillait la nuit, persuadé d’être dans un autre lit que le sien avec dans les oreilles le relent de rires et de musique appartenant à un autre temps. Alors comme pour conjurer le sort, il y retournait. La nuit, cette fois-ci. Guère plus d’une ou deux fois par semaine au début pour finalement très vite y revenir toutes les nuits. Et rester adossé à ce mur des heures durant, le regard tourné vers cette lumière alors qu’il était en réalité perdu dans les affres de sa propre âme.

Ce soir-là ne dérogeait en rien à la règle. Sauf en une chose. Il pleuvait. Chapeau vissé sur la tête et une lourde veste sur le dos, il se moquait totalement du fait que la pluie ruisselait sur lui. Il attendait patiemment que la porte s’ouvre sur chaque client et qu’à nouveau sur un court instant, il ait vue sur l’enfer et ses tentations.

Ce qui était d’une bêtise incommensurable. Une seule nuit avait suffi à faire de lui un dépravé. Au point de parfois rechercher -fort heureusement, très rarement- des rencontres sordides dans des lieux tout aussi glauques. Et il se trouvait là aujourd’hui à regretter ? de n’être jamais retourner là-bas… Une bouffée de haine contre lui-même le submergea, ce qui le fit quitter son poste d’observation. Refusant qu’il puisse être ainsi dicté par des désirs aussi bassement physiques, il s’éloigna en tournant au coin de la rue. Il n’alla cependant pas loin. Sous la pluie, dans la ruelle sombre, on n’y voyait pas à trois pas. Et il ne trouva rien de mieux à faire que de bousculer un homme, de toute évidence un dandy de la haute société au vu de son haut de forme et manteau de pluie ample, qui sortait d’une maison de jeux ? D’un théâtre ?...  Quoi que cela pouvait être, il n’y avait pas de lanterne rouge à l’entrée. Cette simple constatation suffit à la convaincre d’en franchir la porte.

Il s’y engouffra donc  après s’être rapidement excusé sans vraiment tenir compte des récriminations de l’homme. Il se serait d’ailleurs précipité avec la même célérité si le lieu avait été une église. Sur le moment, il n’avait pensé qu’à fuir  la tentation que pouvait exercer sur lui ce lieu de perdition. Il fut donc quelque peu surpris de se retrouver dans un autre lieu de perdition. Sans nul doute plus chic et sans toute une nuée de femmes venant vous agripper de tous les côtés.
Toujours est-il qu’il faisait un peu tache là, à dégouliner sur le luxueux tapis avec ses vêtements … Qui étaient tout sauf la tenue chic attendue dans ce genre d’établissement. Le pire étant qu’un membre du personnel s’avançait déjà à sa rencontre.

Enlevant son chapeau par réflexe, il tenta d’aplatir les frisettes que ses cheveux adoraient faire par temps humide -et là, c’était très humide- près à s’excuser platement une nouvelle fois avant de devoir prendre la poudre d’escampette.

« Je suis désolé de vous importuner comme cela. Je suis entré ici un peu par hasard et… »

Il ne poursuivit pas car du hall où ils se trouvaient, on pouvait sentir un changement d’ambiance dans la salle. Embarrassé comme jamais, il tentait de faire bonne figure tout en triturant son chapeau. C’est qu’il pleuvait quand même un peu beaucoup dehors et qu’ici, il faisait bon. Bref, il n’était pas si pressé de retourner sur ses pas, d’autant que ce qui se passait dans la salle l’intriguait en vérité assez.
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Snorri Nummelin
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MessageSujet: Re: Lieu de perdition bis (Libre)   Mer 12 Aoû - 2:08

Première soirée au cabaret depuis son retour au bercail, vivant et en un seul morceau, état notable, vous comprendrez bien assez tôt. Il a passé une semaine en Finlande, certes, dans le sud et en milieu urbain donc peu de chance de croiser un autre Berseker, un Ulfsark ou tout autre personne faisant partie de son clan (Théoriquement, les autres clans, c’est bon, comme il n’est plus dans la course, il n’est plus ennemie et le tuer serait rendre un service à un ennemie donc impensable. Ceci dit, le « Théoriquement » compte beaucoup, il n’a pas souvenir d’avoir entendu quoi que ce soit sur le sujet. ). Et seuls les dieux savent que les Bersekers sont capables de faire pour confronter et supprimer leurs traites. Il ne vaut mieux même pas y penser. Il a suffisamment angoissé sur le sujet par le passé, passé où il s’imaginait déjà six pieds sous terre et où il découvrait la merveilleuse invention du carillon de porte qui le faisait sursauter à chaque tintement. Jusqu’à ce qu’il comprenne le truc, soit la relation entre la porte et l’actionnement dudit carillon. Passons, ce temps est révolu. Snorri est revenu en pleine forme avec de nouveaux vêtements dans ses malles (et une sainte promesse faite à sa sœur Aamu que, oui, dès qu’il ferait froid à Paris, il enfilerait les pulls qu’elle lui a tricoté amoureusement, y compris celui dont les motifs dépassent un peu l’entendement, bleu, rouge et blanc avec des motifs de renne) (Snorri imagine déjà les éclats de rire moqueurs de ses collègues , que même un grognement et une démonstration de force ne pourra pas empêcher). Il a vérifié que ses chats ont bien été nourris, ainsi que ses corbeaux et s’est cogné plusieurs fois contre les poutres faitières de sa chambre. Il s’est changé, a enfilé rapidement son costume et s’est arrangé avec le cuisinier pour qu’il lui fasse une rapide tartine avant le service. Il a passé en revue les événements des semaines passées et manquées, s’est mis au gout du jour de la programmation, a discuté avec Alexander à qui il avait laissé les clés de la salle, a regardé froidement trois (ou peut quatre) fois Andréa, faisant tonner son prénom de sa voix grave et rauque dans la salle qui n’accueillait pour l’instant aucun client. Pourquoi ? Il ne sait plus. Une chaise dérangée, un verre cassé, ce ne sont pas les occasions qui manquent.

Puis chacun a pris sa place dans la mécanique huilée du Lost et les clients sont arrivés, Snorri plaçant respectueusement chacun d’entre eux, appelant les habitués par leurs noms et titres quand ils en ont un, gérant d’un œil les réservations et de l’autre vérifiant que ses serveurs faisaient bien leur travail. Enfin surtout Andréa. Les lumières se tamisent, le lourd rideau de velours rouge se levé, le spectacle peut commencer. Commence maintenant une mission délicate, placer les retardataires. Le client est roi, même quand il arrive avec une heure de retard. Alors, Snorri attend, droit, immobile, indiquant de gestes discrets et succincts des directives aux employés sous ses ordres. Certaines commandes se perdent, on les retrouve bien vite, rien de bien affolant donc. Puis l’œil de l’ours blond est intrigué par une ombre qui s’est faufilé à l’intérieur, une ombre lourde de pluie. Avançant à de grandes enjambées, il se pose doucement devant le nouveau client, tendant la main par réflexe pour récupérer haut de forme et manteau et les poser à sécher sur un cintre derrière lui, époussetant le vêtement et le tirant pour qu’il ne perde pas sa forme. Il revient vers lui, sans sourire mais avec professionnalisme, le dominant de près de trente bons centimètres. La première pensée qu’a Snorri est que le rouquin va partir en courant, de peur, lui qui bafouillait déjà quand le finnois lui a pris son manteau et son chapeau. Il faut donc le rassurer. Voix posée, basse pour ne pas déranger le déroulement du spectacle et la quiétude des autres clients, teintée d’un accent différent, un léger accent belge, étrange dans la bouche du géant.


« Bienvenu au Lost Paradise, Monsieur. Vous vous trouvez ici dans un cabaret d’excellente réputation, ne vous en faites pas. Il me reste une bonne table, idéalement placée sans pour autant être collée à la scène et nous pouvons vous servir un repas chaud et un verre d’alcool durant le spectacle, cela vous permettra peut-être de vous réchauffer un peu de cette mauvaise pluie. Le spectacle n’a pas commencé depuis longtemps, qui plus est, vous n’avez absolument rien raté de notre soirée d’illusion. »


Il lui désigne la table en question, ronde, dressée pour une personne dans un petit coin tranquille et à l’abri des regards. L’idéal, avait-il pensé, pour un homme qui lui semblait plutôt réservé et timide. Attendant son approbation, il continue.

« Je peux me charger personnellement de vous, si vous le souhaitez, le service ira d’autant plus vite. Si cela vous convient, j’aurais juste besoin de votre nom, Monsieur, pour que vous puissiez récupérer votre chapeau et votre imperméable à la sortie. »


Il est prêt à le conduire et à le servir comme il se doit, redonnant quelques directives à Alexander au loin.
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Matt Carey
Le roux maudit
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MessageSujet: Re: Lieu de perdition bis (Libre)   Mar 18 Aoû - 4:26

Un géant… Il se trouvait face à un géant. Et toute retraite se révélait impossible puisqu’on lui avait retiré son manteau et son chapeau des mains. Il n’eut donc d’autres choix que de se conformer aux directives qu’on lui donnait. Parce que soyons honnête, ce n’était certainement pas lui qui irait contrarier son hôte. Il n’avait pas la carrure pour. Et surtout, celui-ci était trop bien éduqué pour qu’un simple homme peuple -même si ses parents étaient reconnus dans le petit cercle de la communauté scientifique- se permette le moindre écart de conduite envers celui-ci.

Et puis, il était impressionné. Par le lieu tout d’abord. Il ne doutait d’ailleurs pas que son salaire du mois allait fondre comme neige au soleil après cette soirée. Mais cela ne le chagrinait pas vraiment. Le désir d’en découvrir davantage suffisait à lui faire oublier ce léger désagrément. D’autant que la promesse d’un repas chaud aurait certainement fini de le convaincre si cela avait été nécessaire.

Mais plus encore que le luxe feutré des lieux, ce fut la prestance de l’employé qui le laissait admiratif. Outre sa carrure impressionnante, c’était son niveau de professionnalisme qui évoquait à Matt plus le titre de majordome ou de chef d’orchestre que celui de basique employé, même chef de salle. Parce qu’il était évident au vu des discrets signes que celui-ci envoyait aux autres employés que celui-ci gérait tout de main de maitre. A commencer par la table qu’il lui attribua.
Un regard appréciateur et quelque peu soulagé plus tard, Matt tenta de prévenir un autre problème.

« Ce sera parfait, merci. Pour la table et le service… Et je voudrais par avance m’excuser pour mes manières qui risquent de dénoter quelque peu du standing généralement attendu dans ce genre d’endroit. »

Pas qu’il ne savait pas se tenir à table mais on était là, bien loin de son petit appartement sous les toits parisiens ou de la cuisine de campagne de sa vieille tante. Quant au campement de ses parents, en plein désert égyptien, il ne voulait même pas y penser.

Quelque peu gêné d’avoir dû ainsi avouer sa basse condition sociale dans ce parterre de robes aux étoffes précieuses, de bijoux clinquants ou de costumes taillés sur mesure, fort heureusement plongés dans la pénombre de la salle, il se présenta rapidement.

« Matt Carey. Mais vous pouvez m’appeler Matt. Je ne suis guère habitué au Monsieur… Et moi, comment dois-je vous appeler ?»

Il réalisa trop tard que sa demande pouvait être inconvenante pour l’homme sensé le servir. Mais décidant de ne pas se confondre en excuses une nouvelle fois, il ne s’arrêta pas dessus. Il ne doutait pas que l’homme saurait parfaitement le remettre à sa place -avec classe et distinction, tout ce que lui-même ne possédait pas- s’il dépassait les limites. D’autant que pour le moment, alors qu’il se trouvait assis à sa table avec vue sur la scène, tout autre chose lui occupait l’esprit.

« Lorsque vous parlez d’illusion, vous voulez parler de lapin blanc sortant d’un chapeau et de foulards se transformant en colombes ?... Je n’ai jamais compris le truc mais je me dis qu’à force de chercher, je finirais bien par trouver. »

Là, il avait su avant même de poser la question que tout cela sonnerait très enfantin. Ça sonnait d’ailleurs horriblement enfantin à ses propres oreilles… Mais ce qu’il craignait, bien plus que de passer davantage pour le nigaud de service, c’était le genre de tours que sa tante qualifiait volontiers de sorcellerie. Il y avait bien sûr un truc. Il y avait toujours un truc dans les spectacles d’illusion, c’était bien connu. Mais il fallait avouer que voir une femme entière entrer dans une boite et être ensuite coupée en deux avait quelque chose de particulièrement dérangeant. Même si celle-ci ressortait ensuite parfaitement normale de la boite. Il… N’aimait juste pas ça.

« Enfin, j’imagine que les tours sont un peu plus évolués que cela… »

Histoire de ne pas passer pour le demeuré complet, quand même ! Mais pour le coup, oui, il y avait de quoi avoir peur. Parce qu’il y avait aussi la femme transpercée par une dizaine de sabres et avec le sourire s’il vous plait -un classique du genre !- et celui où elle disparaissait complètement. Pour généralement réapparaitre quelques instants plus tard, toujours avec le sourire aux lèvres bien sûr. Fallait juste pas qu’il y ait des loupés.

Comme quoi, les lapins et les colombes, c’était juste le top en matière d’illusion. Ou alors ce qui se passait de l’autre côté de la scène, où un chef d’orchestre animait à lui seul une salle entière d’automates…

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Snorri Nummelin
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MessageSujet: Re: Lieu de perdition bis (Libre)   Sam 12 Sep - 22:42

Son but était clair et affiché. Il fallait que ce petit gars rouquin entre et s’installe dans la pénombre de la salle. Rameuter le client, lui mettre l’eau à la bouche, c’est aussi son rôle. Alors quand monsieur Carey accepte sans trop sourciller, il esquisse un sourire vainqueur. Le mauvais temps parisien a ses avantages, il invite le client à rentrer sans trop se poser de questions. Un nouveau client, c’est toujours important, parce qu’on le fidélise, il reviendra, pour sûr. Peut-être pas tous les soirs, mais il reviendra. Pour voir, pour être vu, comme toute personne attirée par ce genre d’endroit. Ou peut-être pas. Dire du jeune homme qu’il faisait éléphant dans un magasin de porcelaine serait exagéré. Le comparer à un agneau découvrant pour la première fois la pâture d’été serait bien plus juste. Il en avait son attitude gauche attendrissante, attisant le côté paternaliste de Snorri qui le cacha bien vite derrière son professionnalisme. Il n’allait pas non plus poser sa main sur son épaule avec un air rassurant, cela ne serait pas du tout correct pour son rang et son rôle ici. Son rôle est bien s’accompagner avec la discrétion qui se doit les invités-clients dans leur soirée et dans leur expérience au Lost. Le géant écrit rapidement à l’aide d’un porte-plume les noms, prénom et qualité de son hôte en ces lieux et accroche le papillon de papier au cintre sur lequel pend le manteau délavé. Tout doit être impeccable et surtout dans l’ordre pour ne rien oublier dans son action. La perfection ne s’obtient qu’avec de l’ordre. Il s’excuse encore, le rouquin. Ne lui a-t-on jamais expliqué que s’excuser en permanence était une marque de faiblesse ? Surtout que dans ce contexte là, au niveau de l’échelle sociale, il est bien au-dessus de Snorri. Sans contexte aussi d’ailleurs. Bon, qu’importe, il fallait le rassurer à tout prix, ce brave garçon.

« Si jamais, il vous vient un doute, n’hésitez pas à me demander. Je pense ne pas trop m’avancer en m’autoproclamant spécialiste dans l’art de se tenir en société, depuis le temps que je tiens le rôle d’observateur. Si je puis me permettre monsieur, tenez-vous droit et ayez l’air assuré, le temps de rejoindre votre table, c’est à ce moment et à ce moment seul que les gens vous jaugeront. Imaginez-vous comédien jeune premier dans le théâtre du monde .Après, ils seront bien trop occupés par ce qu’ils trouveront dans leur assiette, en face d’eux ou sur scène pour prêter attention à vous. Ne vous en fait donc pas pour vos manières, je pense d’ailleurs que vous les sous estimez grandement. Est-ce la première fois que vous vous rendez seul ou accompagné dans ce genre d’endroit ? »


Il l’invite à le suivre dans le brouhaha de la salle, surveillant à ce que son hôte ne se perde pas au milieu des tables, espérant qu’il suive les conseils qui lui avaient prodigués. Bon, d’accord, il faisait un peu tâche dans le décor mais pas suffisamment pour qu’on ne le juge pas digne d’entrer. Et puis, il n’allait pas être installé sur une table centrale, non. Et ce n’était pas comme si le cabaret s’attachait, dans un secret de Polichinelle, à mélanger les classes dans son monde d’illusion. Le spectacle s’adresse à tous, il y en a pour toutes les bourses. Snorri finit par tirer une chaise d’une table à la nappe impeccable, des couverts d’argents et de la porcelaine de bonne facture. C’était à se demander si cette table n’avait pas toujours attendu Matt de pied ferme, alors que la pluie ne l’avait pas décidé à entrer et à explorer. Le finnois tends au rouquin une carte joliment calligraphiée, annonçant plats et vin du jour ainsi que leurs coûts. Un murmure, juste un, tandis qu’il continue son rôle de guide dans ce monde étrange.


« En ces lieux, vous serez pour tout le monde, employé comme convive, Monsieur Carey. Faites-vous y, ce sera votre costume de scène. Quant à moi, je n’aurais pas de nom, à la limite un petit « Nummelin » glissé entre deux ordres. Pour ce soir, je vous conseille la sole, pour le relevé et le Jambon d’York pour le rôti »


Il se contente d’un simple sourire à l’évocation des tours. S’il s’attendait à ne voir que de faut prestidigitateurs et des colombes, il allait être déçu. Ou pas. Mais il n’y a que Snorri dans le groupe pour savoir quel créature fantastique se cache dans le recoin du cabaret.

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