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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Vous avez demandez un docteur ? [en cours]

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Alexander Wenhams
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MessageSujet: Vous avez demandez un docteur ? [en cours]   Dim 4 Oct - 18:49

Présentation, Lost ParadiseGunji | Togainu no chi

Alexander Wenhams

Il existe deux catégories d'individus...

    Surnom(s): Certains me nomment Docteur, d'autres Alex. On me connait aussi dans les journaux Londoniens sous le nom de As de Carreau.
    Âge : 26 ans
    Sexe : Masculin
    Nationalité : Anglaise
    Orientation sexuelle : Hétéro
    Race : Sorcier
    Métier : Docteur
    Taille : 193 cm



You look like…

... ceux dont je sauve la vie...

La journée déclinait légèrement et cette fin d'après midi. Elle avait été surchargée, mais n'était pas encore terminée, loin de là...

"Bonjour Docteur !"


La vieille femme entra dans la salle d'auscultation, posant son regard vers l'individu installé derrière un bureau de bois sombre, rédigeant quelques notes. A son apparition, celui-ci posa son crayon et leva vers elle un visage doux et aimable.

"Madame Steevenson, je vous en prie, asseyez vous. Que vous arrive-t-il ?"

La patiente s'approcha et s'installa sur la chaise vide en face du médecin. Ce dernier l'observait avec un léger sourire agréable. Ses yeux, aussi bleus qu'une Aigue-marine, arborant des nuances de gris et à demi cachés derrière de fines lunettes rectangulaires, pétillaient malicieusement, curieux d'en savoir d'avantage.
La patiente appréciait beaucoup ce jeune docteur, le trouvant toujours très agréable et à l'écoute. Malgré son âge, il arborait un professionnalisme déroutant, soignant toujours comme il faut et là où il faut que se soit des blessures ou des virus.

"Oh vous savez, mon dos me fait toujours mal, j'aimerais renouveler mes cachets...Et j'ai des maux de tête en ce moment, c'est très désagréable."

Le docteur l'écoutait attentivement, gardant le silence. Il notait quelques mots sur un carnet de notes, semblant déjà prescrire des médicaments à l'avance. Il fallait dire qu'il connaissait très bien ses patients et pouvait énoncer leur dernière visite sans un seul oubli.
Prenant la parole, il la questionna de sa voix légèrement rauque mais douce, souhaitant des informations complémentaires concernant ses migraines. A chaque réponse qu'elle lui donnait, il ciblait la source du mal, fronçait légèrement les sourcils, semblant soucieux de la santé de la vieille patiente. Finalement, lorsqu'il eu terminé sa première analyse, il l'invita à s'assoir sur la table d'auscultation où il comptait l'observer plus en détail.
Il se leva de sa chaise, dévoilant une carrure grande et svelte, surement très athlétique s'il ne dissimulait pas cela derrière une blouse d'une blancheur immaculée.
Il semblait être quelqu'un de très soucieux de son apparence et de son hygiène. N'importe quel individu ayant un jour pénétré dans son cabinet pouvait le comprendre, ne serait-ce qu'avec l'odeur de propre de la salle, ou, s'ils étaient amenés à être très près du médecin, le léger parfum qu'il dégageait, semblable à du savon, du désinfectant et d'autres produits antiseptiques... Cependant, une très légère essence inconnue ornait parfois sa peau, ressemblant à des relents de fer ou de cuivre.

Il s'approcha de la vieille femme et commença à l'ausculter, prenant sa tension, vérifiant sa respiration et sa gorge. Cela n'était guère nécessaire mais il s'agissait d'une vérification de routine que tout bon médecin faisait à chaque fois. Puis, il s'intéressa enfin à sa tête, se plaçant devant elle et apposant ses longs doigts fins de chaque côté, frôlant les tempes. La patiente frissonna à leur contact froid. Malgré la température ambiante plutôt agréable et chaude, il semblait avoir froid, ne serait-ce qu'à cause de sa peau pâle et toujours un peu fraiche.

Il l'interrogea de nouveau, tentant de cibler la zone douloureuse. Madame Steevenson avait beaucoup de mal à se concentrer, intimidée par le regard clair et perçant du jeune médecin. Il était plutôt beau garçon et même si elle pouvait être sa grand-mère, elle ne niait pas le trouver séduisant, surtout avec ses longs cheveux blonds. Il les attachait toujours lorsqu'elle venait, mais aux mèches rebelles et aux fines pinces qu'il plaçait pour maintenir l'ensemble, il était facile de deviner qu'ils étaient plus souvent libres et détachés en général. Elle eu envie de le voir ainsi, curieuse de se demander s'il n'était pas encore plus charmant avec ce petit côté sauvage que cela lui donnerait.

Tentant de se concentrer, elle tenta de regarder ailleurs, orientant ses yeux sur le côté, notant soudain un nouvel élément qu'elle n'avait jamais relevé. Des marques sur ses oreilles, comme des trous très fins. Portait-il des boucles d'oreilles ? Cela semblait très étrange pour un garçon aussi sérieux. Lui qui était toujours propres sur lui, le col de la chemise relevé et serré grâce à une cravate sombre, les tenues sur mesures lui donnant un air de gentleman.


Le médecin recula enfin et l'invita à regagner son siège tandis qu'il rejoignait son propre fauteuil. Il se concentra quelques minutes en silence, écrivant les soins nécessaires et leva les yeux vers la patiente, l'abordant à nouveau, prenant cette fois-ci une expression sérieuse.

"Vos maux de têtes sont causés par vos yeux. Vous les fatiguez beaucoup trop. Gardez tout le temps vos lunettes et faites en sorte d'être toujours dans un espace bien éclairé. Le problème se réglera rapidement. Néanmoins je vais vous prescrire un médicament à prendre lorsque vous sentez une migraine apparaître... Un soucis ?"

Il venait de remarquer que la dame trépignait sur ses pieds, comme gênée par quelque chose. Après un moment d'hésitation, elle lui répondit, n'osant pas le regarder en face.

"Vous... Je ne peux pas prendre l'une de vos lotions miracles ? Elles me font un bien fou vous savez..."

"Je suis navré, mais vous savez que je ne suis pas apothicaire et ne peux donc en vendre. Il s'agissait d'une exception car vous alliez vraiment mal. N'ayez crainte, le marchand au coin de la rue, fait de très bonne concoctions qui soulagera vos douleurs."

"J'ai entendu dire que vous alliez bientôt déménager, docteur. Vous nous quittez ?!"

Le médecin resta un instant silencieux, fronçant légèrement les sourcils. De toute évidence, l'une de ses connaissances avait vendu la mèche et la nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre. Il resta ainsi, réfléchissant, puis retira ses lunettes, les posant sur son bureau.

"En effet, j'ai l'intention de voyager un peu. J'ai encore beaucoup à apprendre et à découvrir ailleurs. Mon confrère partageant cet étage s'occupera de vous aussi bien que j'ai pu le faire, soyez sans crainte, c'est un bon médecin..."

***

Finalement, sa patiente s'en alla quelques minutes plus tard, terminant ainsi la journée du docteur.
Épuisé, il regagna l'étage du dessus où se trouvait ses appartements privés et s'enferma chez lui.

Enfin seul et à l'abri des regards indiscrets, il retira sa blouse et commença à déboutonner sa chemise, avançant dans le couloir pour rejoindre la salle d'eau. Sa cravate se desserra et chuta sur le parquet, rejoint par son gilet.
Lorsqu'il entra dans la pièce, il n'avait plus que la chemise, à présent complètement ouverte qu'il retira également.
Ses mains plongèrent dans la bassine préalablement rempli et remontèrent un peu d'eau qui aspergea le visage de l'homme.
Alexander fit un brin de toilette bien mérité avant de se redresser, se regardant enfin dans le miroir accroché en face de lui.

Il s'observa un instant, détacha ses cheveux et tenta de les mettre négligemment en arrière, laissant échapper de nombreuses mèches rebelles qui le fit renoncer à ce projet. L'esprit ailleurs, il s'approcha un peu plus de la glace et leva ses doigts vers sa gorge, frôlant une cicatrice de brûlure. Il en avait d'autres du même genre sur tout le corps, mais la plupart avaient été dissimulées sous d'énormes tatouages lui ornant les épaules, le dos, le torse, le cou et les bras. Il détestait tellement les voir qu'il avait tout bonnement choisi de les faire disparaître sous de l'encre indélébile. Du noir en grande partie, des pointes de rouge de temps à autre, le tout formant des dessins étranges, presque alchimiques.

Il aimait beaucoup ces dessins, mais hélas, ne pouvait en aucun cas les montrer au premier venu. Il aurait été considéré comme un paria, un sataniste peut-être ? Aussi les cachait-il toujours avec soin sous ses vêtements, au risque de passer pour un individu trop propre sur lui.

Il soupira et s'empara d'une serviette, ressortant de la salle d'eau. Il se dirigea vers sa chambre où il récupéra un haut ample et léger qu'il enfila avant de se laisser aller sur son lit.
Il avait envie de se laisser aller dans un sommeil sans rêves, mais avant de le faire il devait encore réaliser quelque chose qui l'obsédait depuis plusieurs heures déjà. Se redressant légèrement, il fouilla dans un de ses tiroirs de commodes de nuit et ressortit une house de cuir qu'il ouvrit doucement. Il releva l'une de ses manches et passa ses doigts sur la veine à l'intérieure de son bras, passant sur les nombreuses marques laissées par le temps. Les brûlures, les tatouages, les infimes bleus causés par l'aiguille de ses seringues...
Cela aussi, il le cachait ardemment, mais cette fois-ci, il ne l'assumait aucunement.


You are…

... et ceux que je tue.

Quelques jours passèrent tranquillement, sans heurt ni incident. Ses derniers patients venaient, parlaient de leurs soucis, il les soignait, ils repartaient. Une routine ordinaire un peu ennuyeuse en soit qu'il acceptait malgré tout, conscient qu'il ne pouvait faire autrement pour l'instant. Il ne ressentit aucune émotion particulière quand il salua celui qui clôturait officiellement son cabinet à Londres.

Le lendemain, il commença à sortir des cartons et autres supports renforcés qui conserveraient à l'abri ses effets personnels durant leur voyage vers Paris. Cela allait probablement lui demander un temps fou, mais il ne s'en alarmait pas, il était consciencieux et patient.
Remontant ses manches de chemise et sans crainte qu'une personne indiscrète ne voit ses tatouages, il commença tranquillement le travail, se préoccupant en priorité des bibelots inutiles, la plupart offert par ses patients reconnaissant. Il n'attachait pas grande importance aux objets mais il n'avait pas eu le cœur de les jeter, bizarrement.

Il s'écoula plusieurs heures lorsqu'on vint frapper à sa porte, le figeant dans son action. Stoïque, il hésita quelques secondes, puis se redressa, demandant à l'inconnu derrière la porte, qui voulait le voir. Un raclement de gorge se fit très légèrement entendre derrière la paroi de bois et une voix familière s'en dégagea, presque offusqué qu'on ne vienne pas immédiatement lui poser la question en face à face.


"Détective Fitzgerald Conley, j'aimerais m'entretenir avec vous."

Alexander analysa le ton que prenait l'homme avant de secouer légèrement la tête. Il se montrait formel, il n'était donc pas seul. Jetant un rapide regard vers ses cartons il s'assura que rien de trop privé n'était exposé et se dirigea vers l'entrée, redescendant ses manches et boutonnant son col pour dissimuler sa peau meurtrie. Il détestait qu'on le dévisage et la police avait ce réflexe très horripilant.

Le médecin déverrouilla le loqué et découvrit le visage de son interlocuteur, grand avec de courts cheveux bruns, au regard vert et brulant d'une personne ayant le sang chaud, un peu agacé par cette attente. De toute évidence il était irrité depuis un petit moment et prenait sur lui pour ne pas flancher en pleine journée durant ses heures de boulot. A ses côtés, un jeune en uniforme l'accompagnait, probablement envoyé par des supérieurs désirant le former sur le terrain.

"Quelle incroyable surprise, Fitz. Vous ne pouvez plus vous passez de moi, on dirait."

Le policier fronça les sourcils mais ne releva pas le ton ironique du blond, entrant sans attendre à l'intérieur, comme si une voix venue de nulle part lui avait donné l'autorisation pour s'introduire chez lui.

"C'est ça, très amusant. Notre légiste est débordé, impossible d'avancer dans notre enquête sans l'analyse d'un expert... Tient mais... Tu déménages ?"

"Quel sens aiguisé de l'observation... Vous me surprendrez toujours."

Il laissa échapper un petit rire moqueur et fit signe au novice d'entrer également. Celui-ci accepta en retirant son casque et le remerciant bien bas, se glissant à l'intérieur un peu timidement, comme craignant d'enfreindre une quelconque loi. Fitz laissa échapper un petit bruit agacé entre ses dents et s'avança vers le canapé où il se laissa choir, déposant un dossier sur la table basse, invitant le médecin à y jeter un coup d’œil.

Alexander referma la porte et prit une chaise qu'il plaça de l'autre côté du meuble afin d'être face au détective.
Gardant un silence presque inhabituel, les deux hommes s'observèrent avant que le blond ne tourne son attention vers le tas de papiers. Il devinait déjà ce qu'il allait voir dedans et avait du mal à contenir son émotion. Cependant il la refoula dans une grande inspiration et se pencha pour prendre le dossier.
Prenant ses aises contre le dossier de son siège, il croisa les jambes et ouvrit enfin le porte documents.


Bien entendu, une première feuille présenta brièvement un inconnu, son nom, son âge et d'autres informations plus ou moins futiles pour l'homme. Une petite photo d'identité montrait de quoi il avait l'air. De toute évidence, Alex sentait qu'il allait bientôt oublier son visage. Il tourna la page et découvrit les images.
Une scène de crime, un corps en charpie, des détails de ses plaies béantes, une arme entachée de sang... Voilà tout ce qui restait de cette pauvre âme. Il n'était à présent qu'une simple feuille d'identité.


Le jeune médecin releva les yeux, les posant sur le policier qui attendait sans un mot, semblant le dévisager dans les moindres détails. Typique.
Le jeune semblait en revanche un peu pâle. Il avait déjà dû subir cette vision atroce et la simple ouverture du dossier lui imposait à nouveau les images dans son esprit. Les novices avaient vraiment du mal avec ça.
Fitz amorça un geste pour prendre quelque chose dans la poche de sa veste mais Alex tourna immédiatement la tête vers lui, lui jetant un regard froid qui stoppa net son geste.


"Je vous ai déjà dit que je ne tolérais aucune cigarette chez moi, Conley."

Sa voix était sèche et peu enclin à une réplique. Il n'en reçu d'ailleurs aucune, ce qui lui permis de se détendre légèrement et de s'intéresser à nouveau au plus jeune.

"Vous n'avez pas l'air dans votre assiette. Puis-je vous proposer quelque chose ? J'ai surement ce qu'il faut pour vous redonner des couleurs, je suis médecin après tout."

"Euh... je... non... merci mais..."

"Sors prendre l'air, gamin. Tu n'as qu'à m'attendre dehors, ça vaut bien mieux."

"Bi... bien monsieur, à vos ordres !"

Le jeune agent salua de nouveau et fit demi-tour, trouvant tout seul le chemin de la sortie. Il les laissa ainsi enfin seul, libre de converser librement.

"Fufu... Il débute juste, je me trompe ?"

"J'en ai marre de me coltiner les bambins sortit tout juste de l'école... Bref, tu peux me dire ce que tu peux voir sur ces clichés ? Le corps est encore en chambre froide pour un moment avant que le légiste puisse s'en occuper et j'aimerais assez en finir avant qu'il pourrisse."

"Si peu de considération envers une victime ?"

"Parle pour toi, tu es tellement inexpressif devant le spectacle que ça me file des frissons."

"J'ai été amené à voir beaucoup de choses, surtout quand je venais donner un coup de main à votre toubib. Le pauvre, ce ne doit pas être reposant de travailler pour Scotland yard... ah et comment il va d'ailleurs ?"

"Ne change pas de sujet..."

Un rictus apparut sur les lèvres fines du blond. Si le contexte ne prêtait pas à sourire, taquiner le détective était toujours divertissant. Il adorait chercher la petite bête quand il en avait l'occasion, même s'il ne s'adonnait pas souvent à cela. Peut-être ne le faisait-il qu'avec les personnes à qui il accordait assez de confiance et d'estime ?

Il finit cependant par reprendre son calme et examina de nouveau les images, relevant les détails importants. C'était du travail... de cochon. Une boucherie incontrôlée qui devait être polluée par des preuves laissées par le tueur. Il était d'ailleurs surprenant que celui-ci n'avait pas été trouvé dans une rue voisine, couvert de sang et riant comme un cinglé. L’œuvre d'une personne psychotique...
Il analysait tout ce qu'il voyait et bientôt, une scène apparut dans sa tête, retraçant l'acte avec précision. A présent il en était certain: c'était vraiment brouillon et irréfléchi.


Évitant de trop s'impliquer en révélant ce genre de choses, il finit par exposer la manière dont était morte la victime et la façon d'opérer du tueur. Fitz notait ce qu'il lui disait avec minutie, retenant chaque information comme si tout était capital. Quand ils eurent finit, Alex lui redonna son dossier et se releva, faisant quelques pas dans son appartement, semblant hésiter quelques instants sur où se rendre.
Le policier rangea tout ce qu'il avait emmené et jeta un rapide coup d’œil au médecin, suspicieux. Il l'était toujours quand il venait requérir son aide. Il aimait gagner du temps et avoir l'avis d'un expert en médecine, mais ses connaissances étaient parfois trop parfaites pour être innocentes. Ils avaient fait connaissance lors d'une première enquête alors qu'il cherchait un tueur en série. Il avait été d'une grande aide et avait même aidé à dénicher le tueur. Hélas, ils l'avaient retrouvé gisant dans une mare de sang avec un As de Carreau, la signature d'un autre tueur faisant sa loi depuis un peu plus longtemps et qui restait encore introuvable. Le seul à n'avoir jamais laissé la moindre preuve ou trace de lui, restant un mystère pour tous.


"Tu pars pour la France ?"

L'homme se tourna, légèrement surprit, et remarqua que Fitz lui montrait un livre sur le français, laissé par mégarde sur le canapé.

"Effectivement. Il vous faudra trouver de l'aide ailleurs, je le crains."

"Pourquoi ne pas m'avoir prévenu. Tu pars comme un voleur..."

"J'ignorais qu'il me fallait votre autorisation."

"J'ai la vague sensation que tu ne dis pas tout. Tu caches quelque chose, mon gars."

"Tout comme vous, mais je n'en formalise pas pour autant."

"Je ne saisis pas."

"Nous nous connaissons depuis un petit moment déjà, j'ai eu le loisir de vous observer et j'en sais bien trop sur vous que vos propres collègues."

"Héhé, j'aimerais bien voir ça."

Quelque chose brilla dans le regard d'Alexander, comme s'il avait été mis au défis. On sous-estimait ses capacités d'observations ? Le policier allait vite regretter son arrogance. Il pencha légèrement la tête, prenant un air sardonique, n'ayant plus vraiment envie de faire dans la dentelle.

"Vous faites du bon travail au sein de Scotland yard, même si vous êtes amené à employer des méthodes peu orthodoxes. On vous a collé ce gosse pour que vous ne puissiez plus vous promener où vous le souhaitez et ça vous ennuie grandement n'est-ce pas ? Après tout, ce n'est pas toujours facile de s'éclipser pour recevoir quelques pots de vins de la part des mafieux du coin. Vous êtes corrompu même si vous vous évertuez à ne pas le dévoiler. Mais soyez sans crainte, vous êtes suffisamment astucieux pour éviter le pire."

Fitzgerald Conley écarquilla les yeux un instant, puis se mit à rire, se levant à son tour, toisant Alexander. Il n'allait certainement pas lui avouer la vérité et à ses mimiques irritées, il se préparait à faire passer au médecin un sale quart d'heure. Mais celui-ci ne s'en démonta pas pour autant et termina tranquillement comme si le dire avait quelque chose de banale.

"Oh, et vous êtes un loup-garou. La lune est bientôt pleine, je vous sens nerveux, comme à chaque cycle. Je vous comprend, vous devez avoir peur de refaire la même bêtise qu'à votre arrivée dans la capitale. Une porte mal fermée, une folle envie de galoper dans la nuit et cette pauvre femme qui a croisé votre route par malchance. Et dire que vous êtes devenu ami avec ce pauvre apothicaire endeuillé par remords, est-il au courant que son nouveau meilleur ami n'est autre que la bête sauvage qui a dévoré son épouse ?"

Cette fois-ci, le détective se figea brutalement, devenant livide. Il avait vu juste et de toute évidence, il n'était pas paré psychologiquement contre cette révélation. Il balbutia, cherchant soudain ses mots pour réfuter cette mascarade venant des contes de grand-mères. Il souffrait à présent, à cause de quelques mots ravivant des souvenirs enfouis.
Cela amusa Alex, il s'en délecta quelques secondes avant de se rendre vers une étagère rempli d'étranges flasques. Il revint et sans la moindre peur du loup, il lui tendit l'objet qu'il y avait prit.


"Prenez, c'est une concoction spéciale. Elle vous soulagera avant et après la pleine lune et vous permettra de mieux vous contrôler pendant cette funeste soirée. Vous transformer doit vous faire mal et vous épuiser, cela vous fera l'année si vous en prenez avec parcimonie. Je vais vous donner la recette pour en faire d'autres. Disons que c'est mon cadeau d'adieu. Vous avez vos secrets, j'ai les miens, nous sommes d'accord ?"

"... Oui."

"Dans ce cas, je vous souhaite bon courage pour votre enquête, Fitz. Peut-être nous nous reverrons dans une autre vie. Je vous apprécie, vraiment, alors ne gâchez pas tout... Et pensez à arrêter de fumer, c'est mauvais pour la santé."

Il le raccompagna jusqu'à la porte et lui serra la main d'une poigne ferme et puissante. Avant qu'il ne referme, ils croisèrent à nouveau leur regard et le policier entre-aperçu quelque chose qu'il aurait préféré ne jamais voir. Les yeux du médecin brillaient sans vie en le regardant, un large sourire malveillant sur les lèvres.
Quand le policier jeta plus tard un coup d’œil à sa liste d'ingrédients pour son remède, il y trouva une carte à jouer horriblement familière...



Alexander verrouilla derrière lui et retourna vers le salon où une silhouette était apparut, sirotant une bouteille prise irrespectueusement dans le placard d'Alex. L'homme n'y prêta guère d'attention, fermant la fenêtre par laquelle elle s'était infiltrée.

"Quelle drôle d'idée de lui laisser ce cadeau, tu n'as pas peur de voir la police débarquer dans quelques heures ?"

"Il ne dira rien... J'ai ébranlé sa confiance, atteint une part de son être qu'il s'évertuait à dissimuler... J'aurais le temps de faire le tour du globe avant qu'il ne reprenne ses esprits et n'ose m'approcher de nouveau."

"Ahahaha ! Tu peux pas t'empêcher de faire ça, hein ? En tout cas, il a mit du temps à partir, un peu plus et j'entrais pour le tuer... Enfin, il t'a montré de jolies photos j'espère."

"Assez amusantes en effet, cette victime a eu une mort lente, c'est un travail bâclé. Toutefois c'est toujours divertissant de voir l’œuvre d'un idiot qui s'improvise tueur... Tu sais que cette bouteille coûte une petite fortune, d'après le patient qui me l'a offert, Sully ?"

L'homme aux longs cheveux roux fit un petit rire et s'enfila l'alcool d'une traite, lâchant une exclamation de dégout.

"Eh bien il t'a mentit, c'est infâme ! Tu ne trouvera pas meilleur nectar qu'en enfers... A te damner, si j'ose dire... Vas-tu laisser un petit souvenir à Londres avant de partir ?"

"J'en ai bien envie mais il ne serait pas prudent. Scotland yard peut souffler un peu, ils vont avoir des cadavres en moins sur les bras jusqu'à ce qu'un autre prenne ma place."

"Dommage... Quand partons nous, Diamond ?"

"Je n'ai jamais dit que tu étais du voyage, démon de pacotille."

"Allons tu sais pourtant que tu ne peux pas te débarrasser de moi ainsi. Pour peu qu'on y fasse attention, nous sommes qu'un couple marié. Inséparable."

"Compare nous encore une fois à un couple et je te tranche la gorge !"

"Je plaisantais... Tu as vraiment un soucis avec l'homosexualité."

"Ferme la ça me répugne. Vous collectionnez peut-être les orgies en enfers, mais ici c'est indécent !"

"Soit... Alors quand Paris va-t-il avoir affaire à toi et tes mauvais tours ?"

Alex ferma les yeux pour calmer ses pulsions meurtrières. Prendre sur lui était très difficile, mais sa force de volonté était bien plus grande qu'on pouvait l'imaginer. Un croassement de corbeau se fit non loin de sa fenêtre, le sortant de ses pensées. Il regarda alors le démon roux et haussa les épaules.

"Bientôt, très bientôt..."


Once upon a time…

Et toi ? Dans quelle catégorie seras-tu ?

La nuit faisait encore régner l'obscurité dans les rues de Londres quand le fiacre s'arrêta devant le lotissement, attendant patiemment que la silhouette dissimulée dans les ténèbres monte à son bord.
Le médecin se glissa à l'intérieur sans un mot, déposant une simple valise de cuir et un étrange panier en osier, d'où s'échappait un léger grattement, à ses côtés. Le véhicule reprit sa route et disparu au coin de l'avenue sans que l'homme ne jette un seul regard d'adieu vers cet endroit qui l'avait pourtant abrité durant quelques années singulières.

Il avait soigné beaucoup de personnes dans ce quartier, devenant populaire auprès de ses patients et accumulant suffisamment d'argent pour mener une vie confortable. Mais les choses devenaient ennuyeuses au fur et à mesure qu'il restait ici, et à présent, il n'avait plus qu'une seule envie: refaire sa vie ailleurs, là où personne ne le connaissait réellement et où il ne risquait pas de s'attirer autant d'ennuis que s'il restait ici.
Il ne fuyait pas, pas vraiment. Il avait juste envie de découvrir de nouvelles expériences dans un pays qui n'avait pas encore eu l'occasion de le rencontrer. Il était après tout un très talentueux médecin et scientifique... Et accessoirement un tueur en série envisageant de prendre une retraite bien méritée.

Son regard se perdit dans le défilement des trottoirs, des échoppes encore fermées, des lampadaires brillants, passant subrepticement devant la fenêtre de la portière.
Alexander se sentait fatigué, faisant le point sur sa vie, sur les hauts et les bas, se demandant bien s'il pouvait vraiment espérer un jour obtenir la paix de l'âme. Il en doutait sincèrement. Il avait semé beaucoup trop de chaos et de morts sur sa route pour être pardonné. Pourtant il n'avait pas débuté son histoire sur quelque chose de triste, bien au contraire...
Si seulement...

***

Il avait vu le jour dans le nord de l’Angleterre, d'une famille simple et gentille. Des parents aimants et une petite sœur adorable, le regardant toujours avec beaucoup de joie et de douceur de ses grands yeux bleus.
Son père était médecin dans leur village, faisant de son mieux pour améliorer la vie des blessés et des malades, ne se tracassant jamais de savoir si ses patients pouvaient le payer ou non.
Sa mère quand à elle, était sage-femme et avait un don particulier, parvenant à soulager les douleurs liés aux accouchements. Herboriste à ses heures perdues, elle emmenait souvent Alexander avec elle pour cueillir des plantes médicinales, lui inculquant son savoir et sa passion pour les recherches alchimiques. Il paraissait que c'était quelque chose qui s'apprenait depuis des générations dans sa famille.

Ses parents misaient beaucoup d'espoir en lui, le voyant grandir et montrer une intelligence hors norme dès son plus jeune âge. Ils voulaient le voir partir faire de grandes études à la Capitale pour devenir un homme de science.

Quel dommage que tout cela fut gâché en une seule et unique nuit d'automne.

Il pleuvait ce soir là, et Alexander, assit sur son lit, ne parvenait pas à sortir le nez d'un livre qu'il avait découvert dans le bureau de son père. Une étrange histoire sur l'alchimie, le paranormal et d'autres récits irrationnels. Cela n'avait pas beaucoup de sens pour le jeune garçon, mais il appréciait apprendre de nouvelles choses inédites, cet ouvrage provenant de l'un de ses ancêtres maternels.
Il savait bien que ce genre de lecture pouvait être très mal vu par ceux ayant un esprit trop obtus, mais il se voyait déjà en temps que grand scientifique, s'ouvrant déjà à de nouvelles connaissances.

Ce fut un bruit inédit qui le sortit de ses pensées. Quelqu'un se promenait dans la maison à une heure avancée ?
Mettant le livre contre lui, il se leva et sortit de sa chambre, scrutant le couloir plongé dans le noir. Il ne détectait rien d'étranges, pourtant il sentait que quelque chose clochait.
Il descendit les escaliers et explora le salon, ne trouvant rien qui aurait pu créer ce son inconnu. Finalement, il remonta et c'est à ce moment là qu'il le vit.

La porte de la chambre de ses parents était ouverte. S'en approchant pour en comprendre la raison, il découvrit une vision d'horreur. Tous les deux étaient allongés dans leur lit, une mare de sang les recouvrant, dévoilant des plaies horribles.
Ils venaient d'être assassinés... Le pauvre garçon ne put hélas pas assimiler cette informations qu'aussitôt, les cris apeurés de sa petite sœur résonnèrent dans tout l'étage. Il voulu courir jusqu'à sa chambre mais le bruit qu'il avait déjà entendu revint, provoquant un lourd silence.
Il comprit alors... qu'il s'agissait de l'acier de la lame entrant dans la chair.

La peur l'envahit quand il réalisa qu'il risquait de subir le même châtiment. Il retourna alors dans la pièce où gisait toujours ses parents et se cacha dans leur armoire, serrant son livre contre lui, comme un bouclier pouvant vainement le protéger.
Il attendit de longues minutes qui lui semblèrent interminables, entendant le tueur rôder dans la maison, provoquant un tumulte, retournant les meubles, volant ce qu'il pouvait dans l'habitation et dans la clinique.
Ce cauchemars cessa quand une étrange lueur, suivit d'une chaleur insupportable, se manifesta. Il avait mit le feu à la maison en partant.

Le garçon parvint à s'enfuir de l'endroit qui l'avait vu naître et vivre sans vraiment se rappeler comment il y était parvenu. Des flammes, la douleur insupportable de sa peau entrant à leur contact.
Il sut qu'il avait survécu lorsque la pluie l'accueillit et atténua ses brûlures, que des voisins épouvantés se précipitèrent vers lui pour l'aider, quand la police vint lui poser des questions.
Il n'avait plus rien... hormis ce satané livre qu'il tenait toujours, comme si sa vie en dépendait.

****

Le cab s'arrêta, le sortant de ses pensées sombres. Il lui arrivait encore de rêver de cette soirée, le réveillant en sueur et apeuré. Tout avait changé dans son monde à cause d'un sale cambrioleur assoiffé de sang.
Il prit ses affaires et descendit, prenant la direction du hall de la gare centrale. Il avait encore du trajet à faire et son train risquait de partir sans lui s'il trainait trop.

Vérifiant le quai, il s'avança vers la locomotive fumante, déjà présente et prête. Un contrôleur lui indiqua son wagon et en quelques minutes, il trouva son siège et pu profiter que personne ne partageait son compartiment pour se laisser aller aux songes. Il avait besoin de dormir un peu, vider son esprit torturé par ce passé trop sombre pour un simple enfant.
Le train siffla, un mouvement de marche le secoua et le cliquetis des railles le berça, le plongeant dans un sommeil léger.


****

Les années qui suivirent cet évènement furent désagréables au possible. N'ayant aucune famille pour le recueillir, il fut envoyé dans une sorte d'orphelinat particulièrement strict et religieux.
On lui rabâchait sans cesse de faire sa prière, de se montrer reconnaissant chaque jour envers dieu de lui avoir sauvé la vie. Mais Alexander se refusait d'y croire, n'y voyant que des mensonges et des prétextes. Si cette entité était vraiment toute puissante et miséricordieuse, pourquoi avoir laissé mourir sa famille aussi cruellement alors que le meurtrier s'en était tiré ? Cela n'avait aucun sens pour lui et bien vite, il se rebella contre les prêtres et les bonnes sœurs, préférant se cacher quand venait l'heure des prières. Il finit par haïr ce dieu que tant de personnes aimaient.

Heureusement ce calvaire ne dura pas longtemps. Grâce à l'héritage de ses parents et son intelligence hors du commun, il parvint à se faire accepter dans une grande école et pu partir pour le pensionnat de garçons qui serait sa nouvelle demeure le temps de ses études.

Là-bas, il dévoila son plein potentiel, gravissant les classes très rapidement, trop malin et intelligent pour rester avec ceux de son âge. Il en déstabilisa plus d'un quand il se retrouva dans une classe supérieure, en compagnie d'adolescents qui avaient presque cinq ans de plus.
Si cela déplu à certains, d'autres le prit sous leur aile, touchés par sa détermination et son jeune âge. Un véritable petit génie qui faisait la fierté de l'établissement. Pourtant il ne s'en enorgueillit jamais, allant même jusqu'à rester indifférent au regard des autres, qu'il soit positif ou négatif. Il se sentait vide, ne souhaitait pas remplacer sa famille et combler cela par de fausses amitiés purement intéressées. Et par dessus tout, il ne supportait pas de voir les jeunes et les professeurs tenter de se rapprocher de lui, voulant savoir pourquoi il ne recevait jamais la visite de ses parents, pourquoi restait-il à l'internat même durant les vacances et surtout, comment s'était il fait ces affreuses brûlures que l'on entre-apercevaient parfois sur ses bras ou sur sa gorge durant les heures d'éducation physique.

La seule chose dans laquelle il trouvait encore du réconfort était son grimoire, sauvé des flammes qu'il s'évertuait à cacher au fond de sa valise, dernier vestige de sa vie passée. En s'y intéressant de plus près et avec une vision plus instruite et mature, il en avait apprit des informations incroyables et en découvrait de nouvelles à chaque fois qu'il ouvrait le livre.

On lui demanda souvent d'être plus sociale et coopératif avec les autres, lui faisant comprendre que c'était important s'il voulait vivre en société. Ce fut donc avec de grands efforts qu'il se força a reprendre contact avec ceux qui l'entouraient au quotidien, refoulant en lui le dégoût ou la lassitude qu'ils provoquaient en lui.
Hélas, ce changement n'eut pas que des retombées positives. On finit par beaucoup trop l'apprécier, dépassant le stade du soutien ou de l'amitié. Si le jeune homme ne le réalisa pas dû à son âge peu avancé, cela ne l'empêcha pas de se sentir parfois épié quand il se pensait pourtant seul.

N'appréciant pas cette sensation déplaisante, il rendit visite un jour à son professeur principal à la fin des cours, afin de lui en faire part. Il l'écouta sans rien dire, le dévisageant sans ciller. Allait il lui dire qu'il mentait ? Que ce n'était qu'une lubie d'un jeune garçon traumatisé ?
Mais il se contenta de lui sourire et le rassurer d'une voix exagérément douce. Il se leva de son bureau et se dirigea vers la porte, lui promettant de le protéger s'il avait peur, qu'il était unique. Alex réalisa qu'il le dévorait des yeux et sentit aussitôt son cœur s'arrêter quand le verrou de la serrure s'enclencha sous les doigts de l'homme, les enfermant dans la pièce, lui et cet horrible sourire figé.

***

Alex sursauta, sortant des cauchemars que son esprit refusait de dévoiler la suite, comme un souvenir qu'il ne valait mieux pas se remémorer... Jamais.
Il jeta un coup d’œil vers la fenêtre de son compartiment et réalisa que l'aurore apparaissait plus loin, dévoilant les premières lueurs du jour. Cette vision l'apaisa, calmant sa respiration. Il resta immobile, le regard perdu vers ce paysage, ne souhaitant plus penser à rien.
Le panier posé près de lui recommença à faire un petit bruit d'impatience, mais le médecin se contenta de lui demander gentiment le silence en un chuchotement que la créature à l'intérieure entendit et respecta, se rendormant.


***

Il continua dans cette école quelques années avant d'être remarqué par une académie de médecine et de science, ayant découvert son attrait pour ce domaine. Il eu droit à une recommandation du directeur et pu ainsi quitter l'endroit sans le moindre regret, gagnant ce nouvel endroit un peu avant sa majorité.

Là encore, il fut le plus jeune, provoquant une très grande rivalité entre lui et ses confrères, mais il appréciait cela. Mieux valait la compétition que la fascination. Il prit goût à cette course à la première place. Travaillant dur, se surpassant et passant des heures à la bibliothèque. Il était devenu l'homme à vaincre pour beaucoup d'élèves et au final, il accentuait énormément le niveau général de l'académie, à la grande satisfaction des médecins et scientifiques enseignants.
Plus sûr et déterminé que jamais, il repris confiance en ses capacités, se repris en main et pu enfin se considérer comme adulte et respecté.

Pourtant il ne voulait pas effacer entièrement sa différence. S'il avait enfin appris à fermer son cœur, jouer la comédie et vivre normalement en société, il cherchait toujours à se démarquer des autres.
Quand il eut enfin dix huit ans, il s'offrit un cadeau bien singulier. N'en pouvant plus de voir tous les jours ses brûlures dans la glace, il entreprit de se faire tatouer le haut du corps, le cou et les bras.
Il assimila très vite la discrétion, s'évaporant sans laisser de trace afin de s’éclipser le soir pour agrandir le tableau qu'était devenu son corps. Enfin ses cicatrices disparurent, remplacées définitivement par des dessins.
Il fut si doué dans la dissimulation que personne ne remarqua ses nouveaux tatouages, l'amusant grandement.

Malgré l'acharnement des autres élèves, il sortit diplômé et major de sa promo alors qu'il atteignait tout juste la vingtaine.
On voulu le recruter dans un établissement pharmaceutique, un grand hôpital, un laboratoire scientifique, et même l'académie lui proposa un poste de professeur. Par jeu, il faillit presque accepter la dernière proposition, histoire de taquiner un peu plus ses anciens camarades qui avaient dû prolonger leurs études. Mais il refusa poliment les offres, désirant voyager et retourner dans son village pour se recueillir sur la tombe de ses parents et de sa sœur qu'il n'avait pas vu depuis leur enterrement.

***

Le train ralentit alors que la matinée avait enfin débuté et que le ciel était encore coloré de magnifiques palettes de rose orangé. Il ne pleuvrait pas aujourd'hui, comme saluant son départ en dévoilant un paysage plus serein loin de ses griffes meurtrières. Alexander trouva cela très ironique et s'en amusa. En se penchant un peu il pouvait distinguer la mer. Il aurait bientôt l'occasion de l'observer pleinement, devant prendre place à bord d'un bateau.
Le contrôleur passa l'avertir qu'ils allaient arriver et il se leva afin de récupérer ses affaires, s'assurant de ne rien oublier. Le médecin ramassa le livre de petite taille qu'il s'était mis à lire et le plaça dans la poche intérieure de sa veste.
Une fois tout prêt, il s'engagea dans le couloir et attendit patiemment l'immobilisation totale du train pour s'engager tranquillement dans la ville terminus pour regagner le port d'embarcation à pieds, une folle envie de se dégourdir les jambes le prenant.


***

Tant d'années s'étaient écoulées depuis son départ, retrouver son village natal le déstabilisa, découvrant des détails que ses yeux d'enfants n'avaient jamais relevés. Les fermes, le pub, les habitations... tout semblait tellement familier et horriblement différent à la fois. Il ne chercha pas à renouer contact immédiatement avec les villageois, se rendant en premier lieu au cimetière, cherchant les tombes dissimulant les restes de sa pauvre famille. Il les dénicha en quelques minutes et resta devant un long moment, ne sachant pas s'il était heureux de retrouver enfin les siens ou s'il était triste de comprendre qu'il était bel et bien seul.

Alex sortit de ses pensées quand il entendit quelqu'un approcher. Il s'était assis afin de méditer silencieusement près de ses parents et de sa sœur, aussi se sentit il vulnérable, cherchant l'auteur de l'intrusion.
Il distingua une vieille femme qui se figea en le voyant, tellement surprise en le reconnaissant qu'elle en fit tomber le bouquet de fleurs qu'elle tenait.
Il l'observa et derrière les rides de son visage blessé par le temps, il retrouva les traits de sa voisine, celle qui avait accouru quand l'incendie s'était déclaré.

Elle l'invita à boire un thé dans sa petite chaumière, à la fois heureuse et intimidée par son retour, ne cessant de lui dire qu'il était devenu un jeune très élégant. Il l'observait, restait courtois et demandait des nouvelles du village après l'incident.
Comme soulagée de le voir aussi calme et respectueux, elle lui donna toutes les informations possibles et inimaginables. Typique des vieilles femmes aimant colporter des ragots à qui le voulait.

Finalement il obtint des détails sur l'incendie et sur le responsable. Les autorités avaient soupçonnés plusieurs personnes, mais la plupart avaient un alibi ou n'avaient pas assez de preuves à leur encontre pour être arrêtés. Le responsable n'avait donc pas encore payé...
Alexander remercia sa voisine et repartit après quelques heures de conversation en tout genre. Une idée s'était mise à germer dans son esprit et n'allait plus le quitter, il devait faire justice lui-même.

Durant son séjour au village, il mena sa propre enquête, venant innocemment vers les habitants qui n'osaient pas lui cacher quelques vérités qu'ils n'avaient osé lui dire étant enfant. Il récolta bien vite suffisamment d'indices pour avoir une petite liste de suspect. Que se soit des patients en manque de médicaments ou des rivaux potentiels, Alex chercha toutes les pistes, rayant au fur et à mesure des noms, découvrant des alibis trop parfaits pour être coupables.

Il perdit la notion du temps, focalisé sur ses recherches et sans même savoir combien de jours, de semaines, voir de mois cela lui avait prit, il le trouva.
Dans une grande ville, un soir de pluie, dans un vieux pub miteux.
Il était remonté à lui grâce à une rumeur tenace d'un drogué récidiviste, pillant les chaumières et autre apothicaire pour se trouver sa dose, ou du moins de quoi la payer.
Alexander le traquait depuis quelques jours quand il trouva enfin l'occasion de se retrouver seul avec lui. Le bougre ne sembla pas comprendre la raison de son interpellation, déjà soûl d'un trop long entretient avec son amie la bouteille. Cette erreur de la nature se fâcha rapidement et l'esprit embrumé, déblatéra le genre de menaces qu'il n'aurait jamais dû faire à un jeune homme animé par la vengeance. Il lui raconta qu'il savait comment s'occuper de son cas, qu'il avait déjà tué, et même une jeune fille... Il ne lui fallut même pas une fraction de seconde pour réagir et l'ivrogne, avant même de terminer sa phrase, reçu un violent coup sur le crâne.
Prit d'une colère froide et incontrôlable, le médecin ramassa une pierre et lui éclata violemment la tête à plusieurs reprises, déchaînant toute sa rage trop longtemps étouffée.

Il s'acharna sur lui jusqu'à ce que ses mains n'aient plus la force de frapper... jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à détruire. Il ne restait plus qu'un amas répugnant de chaire à la place de la tête. Et si cela aurait dû le faire revenir sur terre et le faire fuir les lieux en vitesse, il observa son œuvre sans un mot, se sentant... léger. Libérer d'un poids. Il avait détruit une vie et n'en ressentait aucun remord.

Était-ce ça la solution à ses soucis ?
Il se redressa enfin et ramassa les affaires personnelles de l'homme, souhaitant faire passer cela pour un règlement de compte avec des hommes avec qui il devait de l'argent. Ce n'était qu'un déchet humain, qui allait enquêter sur lui ?

S'il seulement il s'en était arrêté là, peut-être aurait-il reprit une vie sans histoire... mais complétement vide de sens.

C'est ainsi qu'il souhaita aller encore plus loin dans les ténèbres, ne voulant finalement qu'une chose, se débarrasser de ses démons.
Il rendit visite à son école, celle qui voulait se montrer accueillante mais qui lui avait voler le peu d'innocence qui lui restait alors.

Il s'aventura dans les couloirs le nuit tombée, se faisant le plus discret possible, et frappa à la porte de son cher professeur, apparaissant avec un air bienveillant.
Mais dès qu'ils s'enfermèrent dans la pièce, le ton changea et le vieil homme vécu des atrocités inimaginables. Sur lui, le jeune médecin fut imaginatif. Pourquoi l'achever rapidement ? Il ne le méritait aucunement !
Il expérimenta sur lui des examens réservés aux cadavres offert à l'académie des sciences, et fit même une découverte. Comme quoi, un organe encore en fonctionnement était bien plus utile !

Quand il eut finit avec ce qu'il restait de l'homme, le matin pointait son nez. Il jeta les restes dans l'incinérateur de l'établissement, prêt à décamper avant que l'école ne s'éveille. Pourtant un enfant passa près de lui, ensommeillé et souhaitant de toute évidence se rendre aux wc. La chance voulu qu'il ne le repéra pas, à son plus grand bonheur.
Mais Alex réalisa avec un pincement au cœur, probablement le dernier avant longtemps, qu'il s'était déjà préparé à le tuer aussi, si jamais il avait eu l'erreur de tourner la tête vers lui, devenant un témoin gênant.
Son âme devenait plus sombre, plus assoiffée que jamais. Était il devenu un monstre, lui aussi ?



Sous le masque

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