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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]

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Valentine Lefevre
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MessageSujet: Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]   Dim 11 Oct - 15:11

Mon RP, mode d'emploi



Privé (oui/non) : Oui
Nombre de participants maximum : 0, RP Solo
Nombre de mots par posts (max ou min) : Un max o/
Type (fantastique, science fiction…) : Horreur ?

Autre chose ? Il s'agit surtout d'une histoire qui s'est déroulée entre Valentine et Alex sur un autre forum avec le theme de Larkfield, un village hanté qu'on retrouve sur ce forum dans les posts de Valentine, Horace et Bastian dans l'event Halloween. ayant beaucoup aimé ce village, j'ai relancé cette histoire sur un autre forum où j'ai déjà posté une bonne partie de leur aventure. je n'ai jamais pu la terminer car le forum est mort, mais j'ai beaucoup aimé l'écrire aussi je souhaite l'achever ici, que ces péripéties soient ou non gardées dans leur souvenir commun à tous les deux.
Il s'agit en quelque sorte de la suite des mésaventures de Valentine lors de l'event Halloween sur ce forum.

Si l'histoire intéresse des gens, je pourrais bien sûr faire une 3eme partie ouverte dans cette rubrique pour que d'autres viennent visiter cette ville fantôme. o/

Voici un lien vers une playlist d'un jeu que j'aime beaucoup et dont chacune des musiques vont parfaitement à l'ambiance, l'une étant même le thème de Alex XD. Par ici pour le frisson auditif ♥


"On m'a un jour conté une étrange histoire.
Il est dit qu'il existe un village, par delà la grande forêt, au Nord Est de la Capitale. Il est isolé de tout, entouré par les arbres épais et étouffants, de sorte que la lumière ne parvienne jamais à s'infiltrer suffisamment. Aussi, il y fait toujours très sombre, de jour comme de nuit. L'atmosphère y est lugubre et glaciale... Mais peut-être est-ce seulement à cause de l'absence de soleil.
Il est extrêmement difficile de trouver la route qui s'y dirige et pour cause: on raconte qu'elle n'existe pas. Ou du moins pas tout le temps.
Car c'est là que les choses deviennent intéressantes: Ce hameau n'apparaîtrait et ne serait accessible aux voyageurs que les soirs de pleine lune ou durant la fête des morts, le 31 octobre et le 1er novembre.

Cela vous paraît grotesque ? Pourtant pour qu'une rumeur se créer, il faut bien qu'il y ait un témoin... Or, il semblerait qu'il y en ait quelques-uns, mais ils sont extrêmement rares. On a tendance à ne pas les croire hélas. Vous savez pourquoi ? Car ces petits rescapés de ce village fantôme ont été soigneusement enfermés dans l'asile ou refusent tout bonnement d'avouer y être un jour allés. On les considère comme des fous, leurs histoires et souvenirs de là-bas les rendant proches de l'hystérie. Ils en ont peur, disent que les esprits s'y sont installés et hantent les maisons et même les rues.
La brume qui nous accueille est traitresse et nous rend aveugle. Il n'y a aucun habitant vivant et pourtant il semble y avoir tout le temps d'étranges présences. Les animaux fuient cette zone et on ressent constamment l'impression angoissante d'être observé où que l'on aille. Pourtant lorsqu'on se retourne, il n'y rien sinon un silence étouffant.

Pourquoi est-ce que je vous en parle ? On m'a dit que s'y rendre et en revenir permettait de se découvrir soi-même, que l'on apprenait à affronter ses plus grandes peurs. Certains réussissent à sortir de ce village, d'autres non. La plupart deviennent fous et il existe quelques héros qui, en plus de garder leur esprit, reviennent plus forts qu'avant. C'est l'un d'eux qui m'a expliqué ceci. En revanche, il m'a mis en garde... Il n'est pas question que de lutter psychologiquement, mais également physiquement. Car les esprits cherchent à vous garder avec eux... L'homme en question n'avait plus son bras gauche et arborait quelques cicatrices à faire frémir n'importe qui.

Et si je vous mettais au défi ? Vous qui semblez trouver cette histoire ridicule, pourquoi n'iriez vous pas dans ce village et nous prouver que les histoires de fantômes n'existent pas ? Vous n'allez certainement pas frémir à l'idée d'être confronté à vos plus grandes peurs, n'est-ce pas ?
Je vous y attendrai, alors venez si vous n'avez pas froid aux yeux.

Rejoignez-moi dans ce lieu hanté par des esprits tourmentés, rejoignez-moi à Larkfield..."

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Valentine Lefevre
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MessageSujet: Re: Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]   Dim 11 Oct - 15:15

Depuis quand faisait-il nuit au juste ? Les arbres étaient tellement dense que l'estimation de l'heure était faussée. Cela ne rassurait pas la jeune journaliste mais il était hors de question de faire demi-tour. Non, elle était trop près du but pour cela. Resserrant sa veste autour de sa taille, elle tourna la tête pour regarder derrière elle. Une silhouette sombre la suivait en silence depuis un certain temps déjà. Elle le savait, l'avait repéré depuis plusieurs minutes déjà mais n'avait montré aucun signe d'inquiétude. Cependant, à l'approche du village, elle devait avoir le coeur net une bonne fois pour toute.
Faisant demi-tour, elle s'approcha de l'ombre qui s'immobilisa en la voyant approcher. Quand ils ne furent plus qu'à quelques pas l'un de l'autre elle croisa les bras et fit la moue.


"Pourquoi m'avez vous suivit ? Je vous ai pourtant dit que je pouvais me débrouiller toute seule ! De plus je vous rappelle que vous n'êtes pas qualifié pour ce genre d’excursion. Vous êtes toubib !"

Car alors que certain aurait pu penser que l'homme devant elle allait se révéler être Loki, son compagnon brun aux yeux rubis, ce fut une toute autre personne, blonde avec un regard saphir. Le docteur Wenhams se présentait devant la rouquine, l'observant avec attention. Le bleu d'un clair cristallin lui donna des frissons mais elle ne cilla pas. Elle ne comprenait toujours pas cette soudaine lubie. Il finit par s'animer dans la pénombre ambiante et afficha ce qui semblait être un rictus.

"Je vous l'ai déjà dit. Cela n'est guère prudent pour une femme de s'aventurer ainsi dans un lieu sois disant hanté. Qu'il le soit ou non, rester seule n'est pas une solution. De plus... cet endroit attise ma curiosité."

Il avança de quelques pas, la dépassant et s'arrêta pour détailler le paysage qui ressortait faiblement dans le halo de sa lampe. Le chemin avait été dur à dénicher et il n'y avait aucun lampadaire... ni de route à proprement parlé. Juste un sentier suffisamment grand pour permettre à une chariote de passer à l'occasion. La journaliste le suivit du regard, essayant de savoir si elle devait s'offusquer ou se sentir flatté de la décision du médecin.
Elle était venue à son cabinet pour faire un check up avant de partir, elle souhaitait être sûre qu'elle était au meilleure de sa forme. Mais il avait été indiscret et elle, très bavarde. Une rumeur qui était parvenue jusqu'à ses oreilles sur cet endroit, une curiosité maladive la forçant à s'y rendre. Au final, le blond avait ressentit quelques inquiétudes pour cette téméraire... Et cette histoire de fantômes et de folie le convainquit de la suivre, qu'elle le veuille ou non... Et Loki ? Il était restait à l'appartement. Il n'était pas au courant et s'il l'avait été, il ne l'aurait jamais laissé y aller, c'était une certitude.


"Très bien, mais il faudra faire attention, peut-être que vous, vous n'y croyez pas, mais moi, si. Aussi méfiez vous de tout et même ce qui ne semblerait pas dangereux rationnellement. D'accord, Docteur Wenhams ?"

Il tourna la tête vers elle et pendant une fraction de seconde, elle cru distinguer une étrange expression avant qu'il ne l'efface dans un sourire bienveillant.

"Ne vous en faites pas... Et je vous en prie, appelez moi Alexander, nous ne sommes pas dans mon cabinet, inutile d'employer ce titre entre nous. Continuons notre route, nous sommes presque arrivés."

La jeune française se sentit rougir légèrement. En plus d'être un docteur talentueux, il se montrait gentil et rassurant. Sans oublier qu'il était plutôt bel homme, parfaitement à son goût. Mais elle se déconcentrait aussi se reprit elle et le rejoignit pour marcher à ses côtés.
Lorsqu'ils franchirent ce qui semblait être l'entrée du village, ils remarquèrent immédiatement le manque de luminosité. Non pas à cause de la forêt, mais des éclairages absents. Il s'agissait bel et bien d'un lieu abandonné par l'humanité. Plus rien ne vivait dans cet endroit. C'était un peu triste... et légèrement angoissant.
Valentine marcha droit devant elle avec prudence, sur ses gardes. Le sol était dallé et claquait au contact de ses talons, résonnant dans le silence ambiant... Un silence lourd et glacial. Plus rien n'y vivait... même pas les animaux.
Un frisson la parcouru entièrement quand elle ressentit comme une impression de déjà vue. Elle détestait cela au plus haut point.


"Pourquoi souhaitiez vous autant venir ici ? Vous aimez tant que cela les histoires de fantômes ?"

La voix de Wenhams la fit sursauter. Elle était devenue nerveuse sans même s'en rendre compte. Elle tourna la tête vers lui et l'observa, celui-ci tendant sa lampe vers une ruelle pour observer quelques ruines poussiéreuses. Il ne semblait aucunement inquiet par l'endroit. Elle finit par répondre, se reprenant pour ne pas laisser entendre le tremblement léger qui envahissait son corps.

"J'ai toujours adoré cela, depuis toute petite... Je rêverais de pouvoir un jour écrire un bestiaire fantastique de toutes les créatures existantes dans nos légendes... et qui sait, sont peut-être réels ?"

"Vous étudiez donc de tout ? Des démons et autres loups garou ? Tout ce qui parle de choses non humaines ?"

"Oh, vous seriez surpris d'apprendre que certain sont on ne peut plus humains. Comme les alchimistes, les mages, les sorciers ou encore les nécromanciens, les chamans et les druides... pour ne citer qu'eux."

Un léger tressautement du faisceau de la lampe se fit à l'énoncé de ces noms. Le docteur lâcha ses ruines pour se tourner vers elle, comme animé d'une soudaine fascination. Là encore, Valentine cru distinguer quelque chose dans l'expression de l'homme, mais l'obscurité ne lui permettait pas d'en savoir plus. Il avait un air sérieux, voir un peu inquiétant.

"Intéressant... Vous y croyez en ces différentes magies ?"

"Euh... eh bien oui, pourquoi pas. La nature possède tellement de choses, pourquoi ne pourrait-on pas en bénéficier pour créer de la magie ? Le plus plausible reste l'alchimie qui touche la science. Et le plus difficile à croire... peut-être la nécromancie ? Les chamans discutent avec les morts, mais les nécromanciens, font de la magie noire et seraient capable de ramener les morts à la vie sous forme cadavérique... Je dois avouer que cette magie est très... malsaine. Hum, par exemple vous, si vous étiez capable de magie, je vous verrais bien Alchimiste ! Vous êtes très rationnel et vous confectionnez vos propres concoctions, c'est digne de l'alchimie."

Elle sourit, prenant un air plus détaché et tranquille. Elle tentait de rendre les explications plus légères, ne voulant pas ennuyer le médecin dans des passions paranormales grotesques. Il ne fit aucune remarque, fronçant les sourcils en écoutant ses remarques, puis, après une profonde réflexion, sourit légèrement avant de reprendre leur route. Il n'avait pas répondu à la comparaison entre lui et la magie, mettant la journaliste mal à l'aise. Est-ce qu'il avait mal prit d'être vu comme un alchimiste ? Elle avait vraiment du mal à cerner cet homme.

Ils continuèrent un moment en silence avant qu'encore une fois, Valentine soit prise d'une désagréable impression d'être déjà venue ici. Cela lui fit cet effet quand elle passa devant une maison incendiée. Pourquoi avait-elle le sentiment qu'elle n'aurait pas dû être dans cet état là ? Comme si elle l'avait déjà vu, mais avant qu'elle ne brûle...
Elle secoua la tête, se sentant de plus en plus nerveuse. Était-ce le lieu qui lui faisait perdre la tête à cause de son imagination débordante, ou était-elle vraiment déjà venue ici ? Elle ne pouvait détacher son regard de la bâtisse, ayant une furieuse envie d'aller fouiller ces ruines en cendres pour dénicher la preuve de ses souvenirs fugaces. Elle fixa des formes immobiles dans ce qui devait être la salle de séjour, avec intensité, comme si le faire allait changer quelque chose.


"Il y a quelqu'un là-bas."

Son cœur manqua un battement quand la voix d'Alexander l'interrompit à nouveau dans ses observations. Elle paniqua légèrement, essayant de voir où se trouvait la personne qu'il avait aperçu, mais après constatation, elle réalisa, qu'il n'observait pas la maison mais la rue principale.
Elle réprima un nouveau frisson et s'avança avec lui dans cette direction, les emmenant vers une petite place qui devait être située au centre même du village. Ils furent assez surpris de constater que sur la fontaine, un flambeau illuminait des silhouettes humaines. Elles semblaient toutes aussi perdues et inquiètes, observant une autre calme et posée, assise sur le rebord de pierre.
Valentine reconnu alors l'individu qui lui avait soufflé la rumeur sur Larkfield.
Elle s'avança vers lui, plus que surprise.


"Attendez, mais je vous reconnais ! C'est vous qui m'avez parlé de cet endroit. Ne serait-ce que de la pub pour appâter les plus curieux ? Il n'y a de fantôme ici que ce village ?"

"Hinhin... détrompez vous jeune demoiselle. Cet endroit est bel est bien envahit de fantômes. Mais dites moi, savez vous pourquoi plus personne ne vit ici ? Il n'a pas toujours été aussi dévasté. Avant on y vivait paisiblement... mais un drame s'est produit. Du jour au lendemain, la population disparut, que se soit mystérieusement ou simplement parce qu'elle était retrouvées mortes. On a jamais pu comprendre ce qui avait pu arriver aux habitants, mais on dit que leurs âmes n'ont jamais pu quitter le village. Sans compter qu'en plus d'eux, certains esprits dangereux n'ayant pu trouver le repos, ont finit par s'installer ici sans pouvoir en repartir. Tout fantôme arrivé ici ne peut repartir, ne soyez donc pas surprise s'ils vont tout faire pour vous garder parmi eux.
Vous pensez qu'ils ne sont pas là car vous n'en avez croisé aucun, mais nous ne sommes qu'en début de soirée... Tout va bientôt commencer et croyez moi, vous verrez de tout genre et de tout poils.
Vous êtes tous très courageux... ou complétement suicidaires hinhinhin...
Aaaah, entendez vous ? On dirait que les festivités commencent."


Avant même que Val ne réponde quoi que se soit, un courant d'air glacé envahit la place et souffla sur le flambeau qui, malgré sa densité, s'éteignit sans la moindre hésitation, les plongeant dans l'obscurité la plus totale. Elle chercha tant bien que mal à comprendre auprès de l'individu ce qui était en train de se passer, mais elle réalisa rapidement qu'il avait disparu. La surprise lui coupa le souffle et elle recula, heurtant quelque chose qui la fit pousser un cri de surprise. Fort heureusement, elle réalisa qu'il s'agissait du médecin et se cramponna à lui par pur réflexe.
Elle qui n'avait jamais ressentit la peur, voilà qu'elle se sentait complétement angoissée.


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Valentine Lefevre
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MessageSujet: Re: Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]   Dim 11 Oct - 15:27

L'obscurité avait envahit la place, laissant les personnes présentent abandonnées à leur sort. Il n'y avait plus aucun son, que se soit le vent ou même leur propre respiration. Ils ne voyaient plus rien, n'entendaient plus rien. Ils avaient été privés de leurs sens, ne leur laissant qu'une profonde angoisse. Qu'allait il se passer à présent que cet étrange individu avait disparu ?
Valentine se sentait perdue dans un vide immense où il était impossible de se repérer. C'était comme tomber dans un précipice sans fond et ne plus savoir où était le ciel et le sol.
Pourtant un élément l'empêchait de tomber dans les abîmes. Elle s'accrochait au bras du Docteur Wenhams. Il était la preuve qu'elle n'était pas seule avec elle-même. Elle ne devait surement pas être la seule à ressentir cette oppression de ne pouvoir lutter que contre sa propre conscience. La question était de savoir s'ils étaient capable de supporter cela encore longtemps.

Elle serra sa prise, réalisant une autre chose qui à présent la tourmentait bien plus: Avant que tout devienne noir, elle avait cru distinguer quelques fractions de seconde, des silhouettes apparaissant tout autour d'eux, les encerclant afin de leur bloquer tout échappatoire. Qui étaient-elles et que leur voulaient-elles ?
Comme pour répondre à cette question, un hurlement de terreur déchira soudainement l'obscurité, glaçant le sang de tout un chacun.


"NON !!! AU SECOURS AIDEZ MOI !!"

"Hiiii ! Ils sont en train de le manger, oh mon dieu !!"

Le cœur de la française eu un raté. De toutes les propositions qu'elle avait fait défilée dans son esprit, l'anthropophagie restait bien loin derrière, direction les possibilités qu'elle s'était strictement refusée d'imaginer. Mort vivants ou cannibales, ces créatures ne leur souhaitez aucun bien si ce n'était que de remplir leur panse !
Il fallait fuir au plus vite, ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne mettent la main sur eux. Beaucoup avait eu la même idée et des bruits de courses et de cris apparurent. Hélas, dans la pénombre que ses yeux parvenaient enfin à voir, elle distingua un nombre effrayant de victimes attrapées par ces prédateurs gloutons, les dévorant encore vivants. Les gens, aveugles, fonçaient tête baissée entre leurs mains et tout portait à croire que eux, les voyaient parfaitement.

Elle savait malheureusement qu'elle avait deviné juste. Un bruit de pas lourd s'approchait d'eux, comme pour le confirmer. Une respiration pénible, proche du grognement bestial, se faisait de plus en plus fort et gutturale à mesure que la sensation d'être traquée et épiée, envahissait la rouquine.
Il fallait qu'elle s'élance le plus vite possible loin de cette créature probablement immonde. Elle amorça un mouvement pour agripper le docteur et s'enfuir avec lui. Mais celui-ci eu une réaction plus rapide, faisant l'inverse d'elle. L'attrapant vivement, il l'étreignit contre lui et lui intima de ne plus bouger. Surprise de cette réaction, elle obéît bien malgré elle. Préférant ne pas se concentrer sur ce qui se passait derrière elle, son esprit se focalisa alors sur un détail futile. Toujours aveugle, son attention se perdit sur le parfum que dégageait l'homme. Elle s'était toujours attendu à ce qu'il porte une de ces eaux de toilettes ou après rasage couteux et écœurant qu'ils aimaient tous porter. Pourtant, elle prit plaisir à sentir une odeur de savon fleurit. Elle surpassait celle des antibiotiques également présent. Mais il y avait une pointe de métal qu'elle ne parvenait pas à reconnaître... Pourtant terriblement familière.

La voix du médecin la sortit de ses réflexions. Il prononçait quelque chose qu'elle ne parvenait pas à comprendre. Était-ce des thermes anglais qu'elle n'avait pas encore apprise ? Non cela ressemblait à une autre langue.
Il ne tremblait pas, ni ne cillait malgré les ténèbres et les cris d'agonies qui résonnaient tout autour d'eux. Un son à rendre fou n'importe qui. Elle ne savait d'ailleurs pas comment elle faisait pour tenir le choc.
Il lui sembla distinguer une bagarre s'enclencher près d'eux, se rajoutant au tableau, surprenant un peu la rouquine. Mais elle ne parvenait pas à savoir ce qui se passait près d'elle.
Aussitôt que cela débuta, Alex bougea enfin et l'entraina avec lui à travers la place. Aucune créature ne vint à leur rencontre et ils purent quitter l'endroit sans le moindre tracas.

Ils marchèrent un long moment sans dire quoi que se soit. Valentine se sentait perdue. Elle ne comprenait pas ce qui s'était passée. Pourquoi les créatures ne les avaient elles pas attaquées ? Pourtant elle avait bien sentit l'une d'elle toute proche d'eux... Et comment le docteur pouvait-il se repérer dans le noir ? Elle qui avait un mal fou à distinguer ce qu'il y avait autour d'eux malgré la pénombre à présent revenue, alors sur la place...
Elle ferma les yeux un instant, suivant cet homme en qui elle avait toujours eu confiance pour l'avoir soigné à maintes reprises. Mais au final le connaissait-elle réellement ? Elle sentit alors quelque chose qu'elle n'avait pas remarqué à cause de la panique. Il tremblait. Elle sentait sa main dans la sienne, la tenant toujours avec fermeté, mais vibrant sous l'effort.
Avait-il eu peur lui aussi ?

Ils finirent par s'arrêter, le vacarme de la place n'étant plus qu'un soupire dans le vent à nouveau présent.
Il patienta, bougeant que très peu, puis, la lâcha et alluma sa lampe à huile, mettant à nouveau une pointe de vie dans cette noirceur à couper au couteau. Valentine retrouva enfin la vue avec soulagement. Mais elle fut surprise de découvrir un homme métamorphosé. Son teint avait incroyablement pâlit et des cernes ornaient à présent son visage crispé par la fatigue.
Comment avait-il pu changer autant en si peu de temps ? Avait-il eu si peur qu'il avait frôlé la folie ? Elle ne savait pas quoi penser de tout cela et l'observa un instant avant de recouvrer la parole.


"Vous... Comment avez vous fait pour nous faire passer entre ces monstres ?"

"J'ai l'habitude du manque de luminosité, je suis parvenu à nous frayer un chemin dans la pénombre."

Il ne cessait de jeter des coups d’œil autour d'eux, attentif. Malgré sa soudaine faiblesse et son air épuisé, son regard restait vif et calme. Ce spectacle laissait la jeune femme interdite. Quel curieux individu. Elle finit cependant par passer outre de ce qu'elle voyait enfin et tourna la tête vers la direction de la place.

"... des civils sont encore là-bas. Ne pouvons nous rien faire pour les aider ?"

"Non, ils sont probablement déjà morts ou c'est tout comme. Y retourner serait du suicide, il vaut mieux s'en éloigner. Il va falloir s'y faire, après ce que l'homme étrange a dit, maintenant, c'est du chacun pour soi si vous voulez survivre."

Elle aurait voulu s'opposer à ce qu'il disait, mais elle savait qu'il avait raison. Néanmoins, venant d'un médecin, cela sonnait assez faux. Elle soupira et se remit de ses émotions. Elle ne devait pas être défaitiste. Après tout, il l'avait sauvé malgré sa déclaration. Il n'était pas aussi égoïste qu'il le disait.
Ils s'éloignèrent donc de la place et cherchèrent un endroit pour s'abriter et attendre le lever du jour.
C'était leur plan.

Malgré sa vigilance constante, Valentine ne cessait de jeter des coups d’œil vers l'homme. Il avait vraiment une sale mine.
Après un moment à vadrouiller, ils découvrirent une bâtisse plutôt grande et à étages. Une sorte d'auberge peut-être ? Impossible à dire, il n'y avait aucune pancarte ou enseigne. A moins qu'il ne s'agissait de la propriété d'un ancien noble étant donné qu'elle était entourée d'une muraille de taille impressionnante, comme pour délimiter un grand jardin. Cependant on pouvait distinguer une lumière à l'étage et des silhouettes passer devant. Des survivants s'y cachaient sans le moindre doute. Elle soupira de soulagement, réalisant qu'ils n'étaient pas les seuls humains à errer ici. Elle se tourna vers son compagnon pour savoir la suite des évènements. Il regardait dans la même direction mais n'était pas aussi joyeux de cette découverte. Il sembla un instant pensif, puis posa son regard bleu clair sur elle.


"Nous allons y aller, cependant, j'aimerai d'abord m'isoler quelques instants. Je dois... Vérifier quelque chose. Je ne serais pas long. Si jamais vous entendez quelque chose de suspect, allez-y sans moi."

Avant même qu'elle ne puisse protester, il tourna les talons et fila dans une ruelle. Il avait été d'une très grande rapidité et la rouquine resta seule et immobile au milieu de la petite avenue, surprise. Que devait-elle faire à présent ?! Faisant la moue devant cet abandon injustifié, elle se mise à réfléchir. Pourquoi était-il partit d'ailleurs ? Tout cela était très étrange. Cependant elle n'eut pas le temps de pousser la réflexion plus loin. Un craquement se fit beaucoup plus loin derrière elle. Une maison qui tombait en ruines ou autre chose ? Par mesure de précaution, elle décida de prendre congé et passa le grand portail de métal rouillé qui ouvrait ses bras aux voyageur égarés...

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MessageSujet: Re: Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]   Dim 11 Oct - 15:38



L'idée était pourtant à la base, assez bonne. Des signes de vie s'étaient manifestés sous ses yeux, à cette fenêtre du bâtiment encore debout. Une lumière qui lui indiquait où se rendre pour trouver d'autres personnes dans le même cas qu'elle. Oui, n'importe qui aurait préféré tenter le coup plutôt que de rester dans une rue où des créatures anthropophages rôdaient.
Mais avait-elle été trop téméraire ?
Valentine avait franchit le portail rouillé, immobilisé par des décennies d'humidité et d'absence d'utilisation. Même en utilisant toute sa force, elle devinait qu'elle n'aurait pas pu le bouger d'un centimètre. Et ce n'était pas plus mal. Au moins elle était sûre qu'en cas de fuite, cet accès resterait toujours ouvert.

Elle traversa le petit parc dont l'herbe s'était desséchée et n'était plus qu'un tapis de brindilles fragiles, cédant sous le moindre poids. Il n'était pas difficile de voir les traces de pas d'autres personnes. A présent elle en était certaine: elle n'était pas la seule à être venue ici.
Tant pis pour le docteur qui s'était cru malin de partir en solitaire sans explications. Elle ne pouvait lutter contre son instinct de survie et sa curiosité.
Contrairement à ce qu'elle s'était imaginée, la grande porte d'entrée s'ouvrit en silence et sans résistance, lui permettant d’accéder à l'intérieur en toute discrétion. Et c'était le meilleur des scénarios pour elle. Ainsi pouvait-elle circuler sans prendre le risque que quelque chose lui tombe dessus. Elle savait se montrer extrêmement silencieuse et invisible quand il le fallait.

L'endroit était poussiéreux et un peu étouffant. Malgré le léger bruit de courant d'air, aucune fraicheur ne s’immisçait ici. La jeune femme prit cela comme un signe encourageant. S'il ne faisait pas froid, alors il ne devait y avoir aucune présence maléfique ou fantomatique.
Grâce à sa lampe à huile, elle put facilement se repérer et prit la direction des escaliers. La fenêtre qu'elle avait vu, se trouvait à l'étage et il s'agissait du passage le plus simple à emprunter pour y accéder.
Elle nota cependant que certaines marches étaient fissurées. Elle dût faire très attention en posant ses pieds dessus, sentant le bois craquer dangereusement sous son poids. Mais aucun incident ne se produisit et elle parvint au niveau supérieur sans heurts.
Elle souffla, soulagée, avant d'observer cette nouvelle zone. Contrairement au rez de chaussé, les couloirs étaient encombrés d'objets en tout genre. Des chaises, des meubles cassés, des caisses pourries par la moisissure. Circuler à travers tout cela allait s'avérer plutôt compliqué.
Elle grimaça, dépitée. Était ce les civils qui les avaient mit ainsi afin de bloquer l'accès à d'éventuels agresseurs ? Où les tous derniers propriétaires s'étaient-ils amusées à tout saccager avant leur disparition ?

Son regard s'arrêta sur une commode placée contre le mur. Elle ne semblait pas faire partie de tout cela, probablement déjà là au départ. Quelques babioles la décoraient, ensevelis sous une couche épaisse de poussière. Elle resta un moment à l'observer, réalisant qu'elle était presque surprise de ne pas y voir une poupée de porcelaine dessus. Pourquoi avait elle donc eu ce genre de raisonnement ? Elle ne savait pas et cela la contrariait. Depuis son arrivée ici, elle ne pouvait s'empêchait de ressentir des impressions de déjà vu. Se pouvait il qu'elle était réellement déjà venue ici auparavant ?

Chassant cette idée qui lui collait des frissons désagréables, elle reprit enfin sa route, slalomant délicatement entre les objets, avançant jusqu'à la porte d'où se dégageait une lueur de plus en plus forte à mesure qu'elle s'en approchait.
Dans la pénombre, elle aperçut une silhouette, accélérant son rythme cardiaque. Quelqu'un était assit sur une des chaises vieillies par le temps. Il lui tournait le dos, ne la regardait pas, surveillant l'endroit où devait se trouver les autres, un peu plus loin. Il remuait légèrement, répétant un va et vient du torse. La seule fois où elle avait vu quelqu'un faire cela, c'était lors d'une visite à sa mère à l’hôpital. Elle avait croisé un jeune garçon atteint d'autisme. Perdu dans son monde, il remuait de la même manière sans s'en rendre compte. Était ce le cas pour celui-ci aussi?
Elle passa timidement à côté de lui, se retournant pour l'observer. Il ne semblait même pas la voir et cela, même quand elle tenta de lui parler. Non, il ne voyait rien, son regard restant perdu le vague, remplie d'une douce folie. Il n'avait probablement pas supporté ce qu'il avait vu dans le village, le traumatisant au point de le rendre fou. Pauvre âme... Elle renonça et continua son chemin jusqu'à la porte, espérant que les autres étaient dans un meilleur état.
Là encore, la journaliste fut estomaquée de constater qu'ils n'avaient pas fermé. Avaient ils tellement confiance en cet abri au point de ne rien barricader ?

Elle entra enfin dans la pièce, s'excusant à mi-voix pour ne pas les effrayer. Ils eurent tous des réactions très opposés. Entre ceux qui sursautèrent, armes aux poings prêt à se défendre, et ceux qui ne réagirent qu'à peine, tournant vers elle un regard vide et résigné.
Tous avaient eu leur dose d'épouvante, la plupart n'en pouvait déjà plus. Elle ignorait ce qu'ils avaient pu voir, mais cela ne semblait pas être très réjouissant. Elle fut même surprise de constater qu'il y avait des blessés plus ou moins grave parmi eux.
Son regard s'arrêta sur une femme qui se tenait le bras, enroulé de draps servant de bandages de fortune. Après observation, la rouquine réalisa qu'il lui manquait le reste du membre à partir du coude.

Pâle comme la mort, elle faisait partit de ceux qui n'avaient plus goût à la vie... Et tout prouvait que personne autour d'elle ne se préoccupait de son sort. Choquée par cela, Valentine se rapprocha doucement d'elle, affichant un air calme et rassurant, indiquant le bras du doigt.

"Laissez moi voir votre blessure. J'ai des bandages propres dans ma besace et je suis accompagnée d'un médecin, il pourra vous soigner, je vous l'ass..."

"A quoi bon... ? Nous allons tous mourir ici... Nous sommes condamnés."

"Allons ne dites pas cela, je suis certaine qu'en se serrant les coudes et en gardant espoir, nous pourrons nous en sortir ! Il faut tenir bon. Il faut vous soigner sinon cela risque de s'infecter..."

"Ne me touchez pas ! Vous n'avez encore rien vu, vous ne savez pas ce qui traine ici ! Nos cauchemars les plus refoulés... ils les devinent, ils les utilisent pour nous rendre fous, pour nous tuer ! Et si vous ne craignez rien, alors ce sera la Mort elle-même qui viendra vous torturer ! J'ai perdu un compagnon. Il ne craignez aucune phobie... Alors ils ont prit possession de son corps. Il m'a arraché le bras !!!"

D'un regard d'abord épuisé et brisé, une soudaine lueur s'anima au fond de ses pupilles. Elle se remémorait la scène, ressentait à nouveau la peur et la douleur.
Valentine sentit une boule se former dans sa gorge. Voir cette pauvre femme dans un tel état l'attristait énormément. Personne ne méritait cela.
Elle renonça à l'approcher plus et à la soigner. Elle risquait de devenir hystérique, encore en état de choc pour son bras.
Elle observa alors les autres personnes avant d'avancer vers la fenêtre, espérant voir Alexander revenir. Mais seule l'obscurité se dévoilait. Pas une seule lueur dénonçant la présence de sa lampe.
Un homme, plutôt nerveux et qui n'avait cessé de la regarder depuis son arrivée, frissonna et regarda aussi dehors avant de tourner la tête vers elle.


"V... Vous aussi c'est à cause de c... cet homme que vous êtes là ?!" Vous s... savez ce... celui avec la longue veste s... sombre. Il... il racontait partout en vi... ville des rumeurs sur Larkfield. Il s'a... s'agissait juste d'une épreuve de courage pour moi. Que... que vous a-t-il dit pour vous convaincre de ve... venir ici ?!"

"Vous voulez parler de cet étrange individu ? Il n'a pas raconté la même chose à tout le monde ?"

L'homme rit nerveusement, faisant sursauter certain survivants qui les regardèrent, apeurés.

"Si... s'il avait dit la vérité s... sur ce lieu, jamais je ne serais v... venu ici !"

"... Je suis venue parce qu'il avait mentionné le fait qu'il s'agissait d'une ville fantôme et maudite. Je pense avoir eu les véritables grandes lignes... J'ai eu la bêtise de venir car je suis fascinée par le paranormal. Je n'ai apprit qu'une fois arrivée, que les esprits n'étaient pas du genre à laisser de survivants repartir. J'étais loin de me douter que cela allait être si dangereux. Fais chier, merde !"

"Voilà des mots bien vulgaires sortant de la bouche d'une jeune femme. Vous devriez surveiller votre langage, Miss Lefevre."

Le temps sembla se suspendre tandis que cette voix familière résonna dans la pièce. Elle n'avait rien à faire ici et aussitôt, l'esprit de Valentine lui fit comprendre le danger. Tournant la tête vers l'entrée, comme la plupart des personnes, elle découvrit le fameux individu, porteur de quolibets mensongers et qui avait amené dans cette ville damnée, de nouvelles proies pour les esprits tourmentés.

"Vous..."

"Dites moi... A combien estimez vous votre vie ? J'ai sur moi quelques talismans protecteurs très efficaces dans cette ville que j'accepterais volontiers d'échanger contre paiement. N'ayez crainte si vous n'avez pas d'argent, j'accepte les objets de valeurs hehe..."

Valentine n'en cru pas ses oreilles. Il les avait piégé ici, elle l'avait vu faire apparaître ces maudites silhouettes qui les avaient attaqués sur la place, et voilà qu'il venait la bouche en cœur pour faire de la vente ? Il croyait vraiment que cela allait réellement marcher ?! Elle afficha un air outré et s’apprêtait à lui envoyer un commentaire cinglant dont elle avait le secret. Il était hors de question qu'il s'imagine qu'il pouvait jouer avec eux ainsi. Mais elle n'eut hélas pas le temps de le faire que les autres bougèrent, s'avançant vers lui, demandant si les talismans marchaient réellement, si cela allait les sauver. Elle resta médusée, tandis qu'ils demandaient tous sans exception une protection en échange d'argent, de montres, d'objets pourtant importants. Eux qui avaient pourtant affiché un air révolté contre lui quand le nerveux l'avait mentionné, voilà qu'ils étaient tous à ses pieds ?!

Elle ne put rien faire que de les regarder dans ce spectacle stupide qui les rabaissait à l'état de moutons, suivant aveuglément les sornettes d'un loup déguisé. La jeune française secoua la tête, exaspérée, jetant un coup d’œil vers l'extérieur, espérant voir venir son compagnon. Mais toujours rien. Où était il ? Le rire agaçant de l'Individu la sortit de ses pensées. Il avait fournit un talisman à tout le monde, sauf à elle.


"Vous en voulez un, Miss Lefevre ?"

"Comment connaissez vous mon nom ?"

"Je lis vos articles... J'apprécie tout particulièrement ceux concernant les rumeurs et les enquêtes menées sur des phénomènes paranormaux. Il était évident que je ne pouvais vous présenter cette ville que sous sa véritable identité."

"Si vous aimez tellement ce que je fais, pourquoi me coincer ici et prendre le risque que je disparaisse ?"

"Vous n'avez jamais eu envie d'être le personnage principal de toutes ces histoires de fantômes en temps que tel ? héhéhé... Un talisman ?"

"Allez au diable !"

Elle serra les dents, se retenant de sortir des insultes de mauvais goût en français. Cet idiot... Mais bon sang qui était-il pour la connaître ainsi. Même si son nom apparaissait à la fin de ses articles, elle n'avait jamais laissé son visage apparaître dans le Journal. Alors comment avait-il pu la reconnaître et savoir qu'elle allait passer dans la ruelle où il se trouvait, au moment même où il contait la rumeur qui circulait sur cette ville, à des passants lambda ? Non, il jouait avec elle. Et son petit doigt lui disait qu'elle n'était pas la seule à avoir été ciblée consciemment.
Il se remit à rire, trouvant la situation apparemment hilarante. Il finit néanmoins par se calmer et afficha un grand sourire qui colla la chair de poule à la rouquine.


"Bien... et si nous vérifions si ces talismans sont efficaces, qu'en dites vous ?"

Valentine eut à peine le temps d'assimiler cette question qu'un affreux craquement se fit entendre dans toute la bâtisse. Le sol et les murs tremblèrent, faisant tomber à la renverse les meubles et la chandelle. Celle-ci heurta un tissu crasseux avant de s'éteindre, les plongeant à nouveau dans le noir. Mais contrairement à ce qu'elle cru, ce ne fut que de courte durée. La lumière revint aussitôt. Comme animée par une force obscure, la flamme se ralluma et incendia le sol dans des flammèches bleues. Elles dansaient curieusement et s'élevaient très rapidement, comme ravivées par un produit inflammable. La rouquine distingua alors quelque chose bouger à travers, comme si... c'était vivant ?

Des cris s'échappèrent du groupe et malgré leurs piteux états, ils fuirent à vive allure dans le couloir sans regarder derrière eux, ni vérifiant que les blessés pouvaient se déplacer. L'Individu avait de nouveau disparu sans laisser la moindre trace. A présent, elle savait que son apparition était un signe de danger imminent. Il provoquait le chaos pour jouer avec leur esprit, il voulait les rendre fous sous la peur engendrée par les évènements.
Refusant de rester plus longtemps seule avec cette étrange silhouette de flamme, elle sortit de la pièce, un peu après les autres. Peut-être était ce de la bêtise, mais elle avait préféré vérifier qu'il ne restait plus personne en danger avant de partir à son tour.

Quand elle se retrouva dans le couloir, un silence pesant l'accueillit brutalement. Plus de craquement, plus de feu. Que se passait-il donc ici ?! Elle avait l'impression d'être retournée dans le passé peu de temps avant qu'elle ne découvre ces survivants. La même luminosité, ce même calme... Cependant un détail changeait et elle le remarqua aussitôt sortit. A présent, elle sentait un froid glacial régner en maître.
Ce n'était pas bon. Elle ignorait encore pour combien de temps elle était en sureté mais une chose était sûr: il fallait qu'elle évacue, sans quoi elle risquait fort de perdre légèrement la tête.

Elle rebroussa chemin, tentant de faire le point sur les évènements. Son regard survola à peine la silhouette de l'homme toujours assit sur sa chaise, inlassablement perdu dans son monde. Il était déjà perdu, fallait-il vraiment l'évacuer ? Elle hésita en s'approchant de lui, se demandant si elle devait s'arrêter ou passer à côté de lui. Cependant avant qu'elle ne se décide, il le fit à sa place.
Alors qu'il ne l'avait même pas vu lors de son premier passage, il se leva brutalement quand elle fut à portée de main et lui sauta dessus, la plaquant contre le mur, violemment, cherchant à l'étrangler. Il ria comme un dément, profitant qu'elle soit paralysée par le choc pour retrouver enfin l'usage de la parole.


"Tous... Tous morts ! Aucune échappatoire ! Condamnés à rester ici jusqu'à en crever ! Alors... moi... j'ai réfléchit et j'ai comprit ! Il faut... s'adapter et faire comme eux, ils m'accepteront et je pourrais rester en vie !"

Il recommença à rire comme un fou. Il avait les yeux exorbités, ne lâchant pas Valentine du regard, compressant toujours sa gorge. Il était grand et malgré sa carrure mince, il possédait une force colossale. Elle ne pouvait pas se dégager et commençait à souffrir du manque d'oxygène.

"Toi... tu es parfaite. Les autres étaient trop amochés, pas assez fortes. Mais toi... On va bien s'amuser tous les deux, tu vas voir. Et après je te tuerais vite si tu es sage !"

Il détacha une main de sa gorge et elle le vit la poser sur son propre corps, se caressant jusqu'à descendre au niveau de son entrejambe. Il afficha un sourire à la fois excité et démentiel, faisant comprendre avec horreur ses intentions à son encontre. Cela aussi, il s'agissait bien d'une des dernières choses qu'elle aurait imaginé en venant ici. Pire que la mort, il cherchait à la violenter de toutes les façons qui soit.
Tremblant de tout son corps, la colère l'envahit soudain, surpassant sa peur. Non, elle refusait cela !
Profitant d'avoir regagné un peu d'air, elle fronça les sourcils et avec mépris, frappa méchamment, de son genou, les bijoux de famille de son agresseur.


"Commences donc avec ça, sale porc !"

La violence de son coup porta ses fruits et l'homme la lâcha, accusant le choc, grognant de douleur.
Valentine, ayant récupérée une grande bouffée d'air, prit alors la fuite vers la sortie. Si seulement ces meubles ne lui bloquaient pas le chemin, elle serait sortit avant qu'il ne se reprenne. Mais la fatalité était telle qu'il se mit en chasse avant même qu'elle n'atteigne la moitié du chemin. La colère face à cette rébellion donna de la vigueur au fou qui avançait plus vite qu'elle.
Elle paniqua, faisant de son mieux pour accélérer, essayant de faire tomber des objets derrière elle pour le bloquer, mais rien n'y faisait, il se rapprochait.
Par miracle, elle arriva aux escaliers mais une nouvelle angoisse la rattrapa. Les marches instables. Cependant si les autres étaient passés par là sans rien casser, elle supposait qu'elle n'avait rien à craindre, n'est-ce pas ?

De toute façon elle n'avait pas vraiment le choix. Prenant son courage à deux mains, elle descendit le plus rapidement possible, manquant de chuter quand l'une des marches céda sous son poids. Ce ne fut que par réflexe, en se raccrochant à la rambarde, qu'elle ne s'enfonça pas dans le vide. Lui, n'eut pas le bon geste et alors qu'elle touchait enfin le plancher des vaches, elle entendit un nouveau craquement et un cri rauque. Il était coincé, elle était sortit d'affaire et aurait le temps de fuir dans la ville avant qu'il ne sorte de là. En terrain plat elle était imbattable dans ses accélérations.

Ouvrant la porte, toujours avec facilité, elle traversa en courant l'étendue d'herbe séchée avec un sourire soulagé. Mais il s'effaça hélas rapidement quand son chemin se coupa net. Le portail... était complétement fermé.
Comment ? Qui avait pu le déplacer ? Tout ceci n'était qu'une mauvaise blague !
Elle poussa un juron, révoltée qu'on s'acharne ainsi sur elle.
Il ne restait plus qu'à l'escalader. Elle pouvait le faire, elle le savait.
Attachant sa lampe à sa taille, elle prit son élan et sauta, agrippant la barre de métal horizontale la plus haute et commença à se hisser vers le sommet, le voyant apparaître. Par chance, la rouille aidait à l’adhérence de ses chaussures. Victorieuse, sa tête dépassa enfin le haut du portail après un effort épuisant. Il ne lui restait plus qu'à passer de l'autre côté et...

Une tenaille puissante et douloureuse interrompit ses pensées, serrant l'une de ses chevilles et la tira sauvagement vers le bas. La surprise fut telle qu'elle ne put se maintenir et tomba en arrière sentant quelque chose l'attraper et la projeter contre le sol. Sa tête cogna durement et une douleur fulgurante l'aveugla. Elle réalisa trop tard que la pression qui la bloquait au sol n'était pas celle du choc mais du fou, l'immobilisant totalement. Il avait finit par la rattraper beaucoup plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé.

La peur l'envahit de nouveau, il se montrait encore plus violent, lui assénant une claque qui accentua son mal de tête. Un goût de sang lui envahit la bouche. Elle s'était mordue la lèvre sous le coup. Il recommença, cherchant probablement à la sonner afin qu'elle ne se débatte plus comme une diablesse. Finalement, c'était comme cela qu'elle allait finir. Elle avaitt espéré que se soit plus héroïque... Était ce pour la punir de ne pas avoir acheté un de ces foutus talismans ?!
Elle cria de toutes ses forces, mais il lui plaqua une main sur la bouche, l'empêchant de reprendre son souffle. Elle commençait à se sentir partir, mais si elle perdait connaissance, elle savait qu'elle était fichue.
Elle l'entendait rire à nouveau comme un dément, le voyait dans son champ de vision avec ces yeux exorbités toujours aussi effrayants.
C'était finit pour elle ... ?

Finalement, le poids se retira soudainement, comme arraché. L'air revint dans ses poumons, la réveillant suffisamment pour réaliser qu'elle était toujours en vie et intact. Pourquoi l'avait-il lâché ?
Elle tourna légèrement la tête, toussant pour reprendre un peu d'air, tentant de voir ce qui se passait. Deux silhouettes étaient en conflit. Tout se passait très vite, et l'une d'elle bougea très rapidement, laissant l'autre s'écrouler, juste à côté de Valentine.
Il s'agissait du fou. Il avait les yeux grands ouverts, la tête tournée vers elle. Il semblait l'observer. Mais il ne pouvait plus rien voir. Il était mort et elle le savait. Sa nuque était brisée et formait un angle inquiétant et infaisable en temps normal.

Qui... avait fait cela ? Finalement un des civils présent dans la bâtisse avait fait demi-tour en l'entendant crier ?
Où était-ce juste un autre fou voulant cette proie pour lui, maintenant qu'elle n'avait plus de force pour se débattre ?
Sa tête lui faisait tellement mal...
Finalement, la silhouette toujours en vie s'approcha d'elle, poussant le cadavre du pied comme s'il s'agissait d'un vulgaire objet, et s'accroupit auprès d'elle, passant sa main en dessous du crâne de la jeune femme. Comme s'il vérifiait... qu'elle ne saignait pas ? Elle sentit cette main la toucher à plusieurs endroits, la mettant mal à l'aise. Vérifiait-il la marchandise ?! Elle avait envie de pleurer, et lorsqu'elle entendit sa voix, elle ne put s'empêcher de verser quelques larmes. Mais pas de résignation... de soulagement.


"Aucune commotion, juste quelques petites plaies. Vous m'entendez ? Soyez sans crainte, je vais vous soigner. Pardonnez moi de vous avoir laissé seule, je n'aurais jamais dû faire cela."

Le docteur... Il était revenu la chercher. Elle n'était plus toute seule. Se redressant péniblement, elle le sentit près d'elle, l'aidant à s'assoir. Oubliant les bonnes manières, elle se laissa tomber contre lui et pleura, encore tremblante. Il ne la repoussa pas et posa même une main douce sur sa tête, la laissant décompresser.
Elle l'avait échappé belle et malgré tous ces évènements, la nuit était encore loin de se finir...

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Dernière édition par Valentine Lefevre le Jeu 15 Oct - 2:06, édité 2 fois
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Valentine Lefevre
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MessageSujet: Re: Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]   Dim 11 Oct - 15:45



(une petite musique d'ambiance ♥)

Même si elle aurait souhaité ne plus bouger et attendre que le jour se lève, ils furent contraint de quitter les lieux. Sa tête lui faisait affreusement souffrir, provoquant un début de migraine et quelques vertiges. Comment allait elle bien pouvoir continuer dans ces conditions ?
Elle avait cessé de pleurer vainement, passant l'une de ses mains sur sa tête. La douleur qu'elle ressentit la crispa et un gémissement s'échappa de ses lèvres. C'était un miracle qu'elle n'ait pas de bosse. Le médecin s'était redressé, la laissant se remettre de ses émotions. Il n'avait plus rien prononcé depuis qu'elle avait craqué. Le silence était devenu de plus en plus pénible à supporter pour la jeune femme qui le chercha du regard, tentant d'enclencher un dialogue avec lui.
Cependant, lui semblait peu enclin à lui parler, lui tournant le dos et observant le corps du fou. Comme fasciné, il ne le lâchait pas des yeux. Ressentait il des remords d'avoir ainsi détruit une vie pour en sauver une autre ? En temps que médecin, n'était-ce pas son rôle de sauver tout le monde ?
Mais depuis qu'ils étaient ici, tout avait été chamboulé et même lui s'était montré froid envers les victimes des monstres.
Lutter pour survivre voilà ce qu'ils devaient à présent faire.

Valentine se redressa péniblement, les jambes tremblantes comme jamais. Il fallait néanmoins se reprendre. A la moindre faiblesse, elle serait bonne pour finir en fantôme.
Reprenant son souffle, elle se donna du courage et s'approcha de l'homme. Il fallait partir, aussi posa t-elle sa main sur son bras pour le sortir de ses pensées.


« Doc.... Alexander ? Nous ferions mieux de trouver un abri... Je vais mieux on peut partir. »

Comme au ralenti, il tourna la tête, posant sur elle un regard vide et glacial, la faisant frissonner. Qu'avait-il ? Il la détailla, puis cligna des yeux, reprenant peu à peu vie. Il était impossible de savoir ce qui lui traversait l'esprit et cela mettait la rouquine assez mal à l'aise.
Il se contenta de hocher la tête, ramassant sa sacoche et se dirigea vers la sortie. Le grillage était à nouveau ouvert, comme s'il n'avait jamais bougé. Cette constatation sortit Valentine de son mal être, à nouveau exaspérée. Elle avait de plus en plus l'impression qu'on s'acharnait sur elle.
Secouant la tête avec agacement, elle parvint bêtement à accentuer la douleur qu'elle avait au crâne. Elle grogna un instant, puis rejoignit le médecin qui délia enfin sa langue.


« Souhaitez vous un médicament pour faire passer ça ? J'ai un anti-douleur dans mon sac... »

Il fronça légèrement les sourcils à cette évocation, comme s'il regrettait d'avoir donné cette information. La française, qui allait probablement donner une réponse favorable, déchanta et refusa poliment. Il la dévisagea un instant, puis reprit sa marche, s'assurant qu'elle le suive.
Il était vraiment bizarre tout d'un coup.
Elle se mordit la lèvre inférieure, s'inquiétant de plus en plus à son sujet. Pourquoi s'était-il absenté et où était il passé au juste ? Son changement de comportement était lié à tout cela ? Non il l'avait secouru, n'est-ce pas ? Et puis il était un peu étrange depuis leur arrivée dans le village après tout... Elle le cernait de moins en moins. Cependant, elle était forcée de constater qu'il avait reprit des couleurs, en bien meilleur état qu'avant son absence... Et si ça aussi c'était lié ?
Trop de questions, c'était bête de se tracasser pour tout ça, non ?

Ils reprirent donc la route, cherchant un nouvel abri, espérant ne plus dénicher un nid de fantômes. Mais était-ce vraiment possible ? L'individu qui les avait emmené ici semblait garder un œil sur elle, où qu'elle se cache. Cela devenait vraiment embêtant.
Valentine soupira et leva les yeux au ciel, se perdant dans l'immensité du néant. Elle ne voyait rien, pas d'étoiles, pas de lune. Y avait-il au moins quelque chose au dessus de leur tête ? Elle commençait à en douter.
L'esprit ailleurs, elle fit vagabonder son regard autour d'elle. Ne penser à rien soulageait sa migraine, mais lui rappelait qu'elle se sentait somnolente. Encore combien d'heures à tenir ?
Une lueur se dessinait un peu plus loin, dévoilant un lieu probablement habité par d'autres rescapés. Mais était-ce une bonne idée de s'y rendre ? Elle douta malgré elle avant de faire quelques pas dans cette direction, tel un papillon inexorablement attiré par une chandelle au milieu de la nuit.

Le médecin lui agrippa le bras, l'empêchant de continuer. Quand elle tourna la tête vers lui pour le questionner du regard, il secoua la tête, son visage toujours aussi impassible dont les yeux ressemblaient plus que jamais à de la glace. Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas ce changement. Par esprit de contradiction, elle fit mine de vouloir se dégager de sa prise.


« Il y a des gens là-bas, c'est peut-être sécurisé ! »

« N'y pensez même pas. »

La réponse de l'homme mit un froid entre eux, révoltant encore plus la française. Elle réfléchit rapidement à une remarque désobligeante, contrariée, mais il ne lui laissa pas le temps et la tira avec force dans une autre direction, la tenant avec fermeté. Elle lâcha un 'hey !' de protestation, son agacement augmentant au fur et à mesure qu'il la traînait derrière lui sans la consulter. Comme elle commençait à se débattre, il finit par reprendre la parole, toujours aussi sévère.

« Rejoindre un groupe ne fera qu'augmenter les chances d'être attaqué. S'ils pensent s'en sortir, grand bien leur fasse, mais je refuse de courir à leur secours. Je vous rappelle que je ne suis pas venu en temps que médecin. Ici, c'est du chacun pour soit. »

« Mais ce sont des êtres vivants, vous ne pouvez pas être aussi insensible ! »

« Bien sûr que si. L'avidité humaine fera qu'ils préféreront vous sacrifier si cela leur permet de survivre. N'en avez vous pas tiré la leçon à deux reprises déjà ?! »

La rouquine était outrée par de tels propos, lui donnant plus de rage dans sa tentative de se libérer, cet égoïste lui tapant sur le nerfs. Mais elle avait encore mal, aussi ne pouvait-elle pas y conférer toute son énergie. A la place, elle se mit en colère, répliquant d'un ton mauvais.

« Si la vie des autres vous indiffère, pourquoi être venu à mon secours ? Je suis un poids mort, comme tous les autres, non ?! »

Alexander sembla se crisper, resserrant sa prise, avant de se stopper, se tournant vers elle, la foudroyant du regard. Le voir soudain figé déstabilisa la jeune femme qui cessa aussitôt de se débattre, écarquillant les yeux sous la surprise. Il lui donnait froid dans le dos. Il resta muet quelques instants, puis d'une manière inattendue, esquissa un étrange sourire.

« Non... Je ne laisserais personne vous toucher. Ce ne sont pas à eux de vous condamner à mort. Ce serait du gâchis. »

Le souffle coupé, Valentine tenta de comprendre ce qu'il était en train de signifier. Que voulait-il dire ?! Osait-il sous entendre que c'était à quelqu'un d'autre de s'attaquer à elle ou de la laisser pour morte ? Parlait-il... de lui ? Les idées s’enchaînèrent dans son esprit, semblant lui donner enfin un début de réponse. Et les paroles de la femme blessée lui revint.
''Et si vous ne craignez rien, alors ce sera la Mort elle-même qui viendra vous torturer ! J'ai perdu un compagnon. Il ne craignez aucune phobie... Alors ils ont prit possession de son corps. Il m'a arraché le bras !!!"
Alexander ne semblait pas s'effrayer de grand chose, il l'avait déjà prouvé sur la place. Est-ce qu'il... avait été possédé par un esprit ? Lui qui faiblissait était réapparu en pleine forme... De l'homme aimable qui l'avait suivit, il était devenu une âme cruelle tuant des gens. Pourtant quand il l'avait rassuré et sauvé... Tout cela n'était donc qu'un vil subterfuge pour endormir sa méfiance ?
Elle le savait à présent : elle ressentait de la peur. Pas des monstres ou de ce village, mais de ce que l'esprit présent en Wenhams pouvait faire à elle et à lui. C'était un homme fort et agile, son corps devait donc faire une parfaite marionnette...
A la simple pensée d'être prisonnier de sa propre enveloppe charnelle à cause d'un autre angoissa encore plus la jeune femme sans saisir vraiment la raison. Elle n'était pas la victime, pourquoi donc tremblait-elle à présent comme une feuille ? Comme si son corps se remémorait quelque chose que son cerveau, lui, refusait ardemment. Encore cette sensation... Bon sang mais qu'est-ce qu'elle avait à la fin ?!

Pâle comme la mort, elle refusait de prononcer quoi que se soit d'autre, dévisageant toujours le docteur. Il dû prendre cela comme un signe qu'elle avait saisit le message et ne reviendrait plus dessus, aussi la tira t-il vers lui et la poussa vers l'avant, la lâchant enfin. Dans cette simple action, elle comprit ce qu'il attendait d'elle. Qu'elle passe devant afin qu'il puisse la garder à l’œil. Et il était évident qu'elle ne pouvait pas envisager de fuir, elle était bien trop affaiblit et lui avait toute son énergie. Prenant sur elle même pour ne pas céder à la panique, elle obéit, marchant d'un pas hésitant droit devant elle, à nouveau à l’affût. Que se soit autour d'elle, mais également derrière elle. Il la fixait, elle le sentait.

Ils avancèrent ainsi pendant quelques minutes qui semblaient devenir des heures pour la jeune femme. Au final, ils débouchèrent sur une maison plutôt grande, ressemblant à celle où elle avait rencontré les rescapés. Heureusement cette fois-ci, il n'y avait pas de portail fourbe. Finalement ce village semblait bien plus grand qu'il ne voulait le faire penser.
Elle s'arrêta devant, l'observant avec une grande hésitation. Il n'y avait aucun signe de vie et son état ne donnait pas envie de s'y aventurer. Alexander s'arrêta aussi, méditant probablement sur les possibilités d'être en sécurité à l'intérieur. Valentine, devant le perron, se tourna vers lui et observa sa réaction. Allait-il vraiment les faire entrer là dedans ? Mais avec un immense soulagement, elle le vit secouer la tête, s'éloignant de quelques pas pour chercher un autre itinéraire. Le fait qu'il ne cherchait pas à l'isoler à l'intérieur la réconforta mais ne calma pas sa méfiance. Il était possédé après tout. Elle restait immobile, le détaillant. Et si elle en profitait pour fuir ? Oui, mais où ?

Un bruit de pas les alerta, tournant la tête simultanément dans la direction, épiant l'obscurité. Finalement, un homme parfaitement banal et apparemment terrorisé, s'approcha d'eux, comme s'ils étaient des messies. Depuis combien de temps courrait il ainsi dans la ville tout seul ? Il émit un petit rire et s'approcha d'eux, jetant un coup d’œil vers Valentine qui la fit frisonner. A voir son regard, lui aussi était proche de la folie. Pourtant ses paroles révélèrent qu'il avait encore toute sa tête.


« Dieu soit loué ! Je croyais être abandonné et tout seul dans cet endroit maudit ! Si vous saviez tout ce que j'ai traversé jusqu'à maintenant, vous n'y croiriez pas haha... »

Elle ne savait que lui répondre, guettant toujours la réaction du médecin. Celui-ci semblait analyser l'inconnu avec désapprobation, le fixant de la tête aux pieds. Son arrivée semblait véritablement le déranger et il lui lançait un regard glacial. L'autre s'approcha encore plus de lui. Comme si son intuition lui criait de faire attention à un danger imminent, Valentine recula d'un pas et cria malgré elle.

« NON N'APPROCHEZ PAS !! »

Mais il était trop tard. A peine avait-elle crié que les deux hommes, plus qu'à un pas l'un de l'autre, s'affrontèrent. Alexander attrapa le bras de l'inconnu d'une main, et de l'autre, donna un violent coup de poing dans sa tempe, le tirant et le faisant tomber à la renverse dans un angle qui cacha le reste de la scène à Valentine. Elle entendit crier, vit les pieds de l'homme remuer, puis des bruits semblables à des coups de couteaux. Elle assistait à un meurtre sans pouvoir rien n'y faire. Elle plaqua ses mains contre sa bouche, étouffant ses cris du mieux qu'elle le pouvait.
Rajoutant un peu plus d'horreur à ce qu'elle pouvait voir, elle vit la tête du médecin se tourner un peu vers elle, l'observant du coin de l’œil. Son iris de glace la transperça tant elle était vide de tout sentiment. Bientôt cela serait son tour ! Il la fixa un instant, puis lui tourna à nouveau le dos, continuant d'attaquer l'autre au couteau... Mais d'ailleurs, depuis quand il avait cette arme ?!

Seulement elle n'avait aucune envie de faire la queue et d'attendre son tour bien gentiment. Non, hors de question ! Serrant la mâchoire pour ne pas hurler, lentement, elle recula, se tourna et entra rapidement dans la bâtisse, refermant la porte, la bloquant avec un vieux meuble. Elle devait se cacher ou trouver une autre sortie !
En observant les lieux, elle aperçu un très long couloir à sa gauche, des portes à sa droite et des escaliers de pierres en face d'elle. Encore des marches... Au moins celles-ci avaient elles l'air solides. Reprenant son souffle, elle décida donc de les franchir. Se cacher était sa priorité.
Le contact dur la rasséréna et elle put ainsi se hisser jusqu'à l'étage supérieur. Mais à peine avait elle commence son exploration qu'un vacarme se produisit en bas. Il défonçait la porte... Elle n'avait pas le temps de visiter ! Accélérant sa marche, elle ouvrit les portes qu'elle rencontrait, jetant un rapide coup d’œil dedans afin de se faire une idée de l'identité du lieu. Enfin, elle recula pour retourner dans l'une d'elle et se précipita sous un lit dépareillé au moment même où elle entendit le meuble céder et la voix d'Alexander résonner dans la demeure, l'appelant.

De fines particules de poussières s'enfuyaient subrepticement au rythme du souffle court, limite haletant de la française, tandis que son regard ne quittait pas un seul instant l'ouverture menant au couloir. Elle n'avait pas fermé, cela était pleinement réfléchit. Réprimant un léger frisson, elle fit tous les efforts du monde pour ne pas quitter sa cachette et trouver une sortie, lorsque la voix, si crainte à ce moment précis, émergea des escaliers. Il se rapprochait, la traquant. Alors qu'elle avait cru distinguer d'abord un appel inquiet, il se transformait, devenant plus impersonnel, comme énoncé comme s'il s'agissait d'une chose agaçante à prononcer. Puis, l'excès, le cri d'exaspération, lasse de jouer la carte de la gentillesse.
Des pieds apparurent sur le seuil de l'entrée, s'arrêtant quelques instants, tournés vers la pièce. On pouvait entendre une respiration forte, essoufflée. Il la cherchait.


« Valentiiiine... »

Mais personne ne répondait, s'obstinant au silence. Il n'était accueillit que par un silence de mort. Il était intéressant de noter que jamais elle ne l'avait entendu l'appeler par son prénom avant cet instant et cela la dérangea. En revanche la raison était encore indéterminée. N'aimait-elle pas qu'il perde ses bonnes manières, ou au contraire, prenait-elle la mouche de ne pouvoir l'entendre s'adresser à elle aussi familièrement que dans une situation pareille ? Difficile à dire...
Quoi qu'il en soit, il ne s'attarda pas plus longtemps et reprit ses recherches. Son plan avait marché. Il avait prit cette pièce grande ouverte comme un lieu très certainement vide et la fouiller aurait été une perte de temps. Très bien...

La rouquine attendit sagement que ses appels s'éloignent. Elle avait remarqué que le couloir tournait plus loin et là-bas, elle n'avait touché aucunes portes. Il allait probablement s'attarder plus en longueur dans ce secteur.
Lentement et tout en douceur, elle s'extirpa de sa cachette, se redressant avec précaution. Vigilante comme personne, elle s'approcha de la sortie sur la pointe des pieds et jeta un coup d’œil discrètement dans le couloir.
Personne à l'horizon. Comme supposé, des bruits de pas craquaient de plus en plus loin. Il fallait qu'elle regagne la sortie avant qu'il ne termine son tour de la propriété.
Aussi silencieuse qu'un félin, elle se glissa vers le chemin du rez de chaussée et grâce aux marches de pierres, sa descente se fit sans le moindre problème.
Rassurée, elle s'avança vers la porte mais freina à mi-parcours, en pleine réflexion. Tandis que son regard se posait sur le meuble toujours présent contre la porte à moitié dégagée, juste ce qu'il faut pour qu'un homme du gabarit du docteur puisse passer, elle ne put s'empêcher de se demander ce qu'elle allait bien faire dehors. Bien sûr, elle ne pouvait pas s'éterniser ici, ne voulant pas croiser au hasard d'un tournant l'anglais possédé. Cependant, il était peut-être préférable qu'elle fouille rapidement la demeure pour voir si elle ne pouvait pas dénicher une arme ou n'importe quel objet qui pourrait l'aider pour la suite de sa promenade de tous risques.

Adjugeant que cela était la seule idée raisonnable du moment, elle se détourna de la sortie et se dirigea vers les portes à sa gauche. Il y avait toujours le long couloir à sa droite, mais elle s'y engagerait qu'en cas d'échec dans ses recherches. Il valait mieux qu'elle ne s'éloigne pas trop de l'entrée.
Elle ne découvrit hélas rien de très concluant. La plupart des choses étaient trop abîmées ou complètement dénuées d'intérêts. De plus, elle n'avait pas le luxe de s'attarder trop longtemps sur chaque pièce. Il fallait faire vite.
Toujours au plus pressé, Valentine finit par découvrir ce qui semblait être la cuisine. Le manque de luminosité ne le lui confirma pas, mais le sol arborait du carrelage fin, preuve que l'endroit se devait d'être facile à nettoyer. Et il s'agissait d'une zone trop grande pour n'être qu'une salle d'eau.
Quoi qu'il en soit, elle envisagea sérieusement d'y pénétrer pour pousser un peu plus son exploration quand un détail attira son attention. A l'autre bout, derrière ce qui semblait être des tables de travail et des fourneaux, quelque chose se mouva rapidement, se cachant derrière des meubles.
Impossible de définir ce à quoi elle avait à faire, mais la française renonça finalement et recula, refermant la porte.
Cette chose indéfinissable semblait très vive et se déplaçait à quatre pattes. Un chien, un gnome ou un rat géant, elle ignorait ce que c'était, mais la respiration gutturale qui s'en échappait n'avait rien de rassurant. Et compte tenu de l'endroit où ils étaient, mieux valait ne prendre aucun risque. Cela pouvait même être un enfant sauvage, qu'elle s'en moquait éperdument.

Cette pensée la choqua, se surprenant finalement à raisonner comme Alexander. Avait-il raison ? Ou était-ce l'endroit qui leur insufflait cet état d'esprit hypocrite ?
Mais même si elle ne voulait pas ressembler à ceux qui avaient déjà cédé à la folie et à la part sombre présent dans leur cœur, elle s'éloigna de la pièce et dût se rendre à l'évidence qu'il fallait qu'elle passe à présent par le long couloir.
Au passage, elle jeta un coup d’œil vers les escaliers, mais aucun bruit ne lui parvenait. Il devait encore être en train de fouiller à l'autre bout de l'étage. Bien...

Ses pas étaient plus sûrs, plus rassérénés. Valentine avait toujours été quelqu'un de très indépendant, malgré ses compagnons. Qu'il s'agisse de Loki ou de son ami d'enfance, auprès de qui elle se sentait protégée et choyée, elle demandait malgré tout une certaine liberté et une solitude qui en surprenait plus d'un. Mais c'était ainsi. Elle était née trop tôt pour cette génération et aspirait à ce que les femmes puissent, comme elle, se livrer aux plaisirs simples de pouvoir se gérer toutes seules. Pas de mariages forcés, pas de quolibets sur elles si jamais il leur venait l'envie d'exercer un métier d'homme. Affichant un léger sourire triomphant en pensant à la directive qu'elle avait pu prendre dans sa vie, elle partit à l'aventure, traversant ce long couloir qui paraissait sans fin. Il n'y avait même pas de portes sur sa route. Que pouvait-il bien y avoir de l'autre côté du mur ? Une salle de bal peut-être ?
Un battant se détacha de l'obscurité, prouvant les pensées de la jeune femme. Il n'y avait qu'une entrée de ce côté. Il s'agissait bel et bien d'une seule et unique salle.
Alors qu'elle aurait dût continuer son chemin et se retrouver dans un virage qui tournait à droite, elle s'arrêta et se mit face à l'ouverture. Peut-être était-ce vide, peut-être pas... Elle était curieuse et actionna la poignée. Mais elle refusa d'obtempérer, fermée à clé.


« Flûte... »

Produisant un petit bruit entre ses lèvres pour montrer sa déception, elle soupira et lâcha prise. Tant pis, finalement elle ne pourrait pas assouvir sa curiosité. Quoi que... il devait sûrement y avoir une autre entrée, celle-ci étant beaucoup trop petite pour suffire à un lieu pareil. Oui se devait être cela !
Elle recula, mains posées sur les hanches et fit la moue.


« Toi, je ne sais pas ce que tu caches mais tu vas bientôt me le dire, foi de ... »

Un grincement l'interrompit, résonnant loin par delà la zone qu'elle avait déjà exploré. Était-ce le médecin ? Cela ressemblait à des gonds mal graissés. En fouillant dans sa mémoire, elle se rappela qu'elle avait entendu le même bruit, moins sonore en revanche, quand elle avait regardé dans la cuisine. Quand était-il descendu ? Elle ne l'avait pourtant pas entendu.
Puis le souvenir de la forme qui remuait dedans lui revint. Elle ne savait pas ce que c'était mais apparemment, elle allait pas tarder à le savoir... et finalement elle n'en avait pas vraiment envie. Réfléchissant à la situation, elle réalisa qu'elle était actuellement bien plus loin de la sortie que la Chose. Elle ne pourrait s'enfuir avant qu'elle ne la rejoigne sur le perron. Hésitant sérieusement entre attendre d'apercevoir à quoi ressemblait le danger et se tirer dans la partie non explorée du bâtiment à la recherche d'une éventuelle fenêtre cassée où elle pourrait s'échapper, elle se tourna vers le couloir qu'elle avait déjà traversé dans sa quasi totalité.

Après moult réflexions, fuir s'avérait le plus judicieux au final. Ne voulant pas prendre de risques elle se prépara à tourner les talons quand un déplacement interpella son regard. Cela était déjà arrivé à la grande porte d'entrée. Cette silhouette à quatre pattes s'approcha de l'ouverture, semblant humer l'air. Allait-elle sortir ? Au final c'était peut-être une bonne solution, même si cela allait signifier qu'elle allait encore trouver une autre horreur dans la rue. Mais la Chose s'arrêta à mi-parcours, et commença à se dresser lentement sur ses deux postérieurs.

La rouquine fronça les sourcils, se demandant bien quelle pouvait être cette bestiole et fut fort surprise quand elle réalisa qu'elle était en train de fermer la porte en se servant de ses antérieurs. Ce n'était pas l’œuvre d'un animal ça... Il s'agissait de quelque chose d'humanoïde ! Et elle ne semblait pas aimer les courants d'air dans sa demeure. Ou alors...
Le souffle court, la femme réalisa que la silhouette tournait lentement dans sa direction, sa respiration écœurante s'entendant jusque là. Non c'était pire en fait, elle avait parfaitement comprit qu'elle était encore dans la maison... Et où elle se trouvait !
Se retenant de cracher un juron, Valentine recula. Mais aurait-il mieux valu qu'elle ne dévoile pas sa position ? Dans tous les cas, la Chose commença à s'avancer vers elle, toujours sur ses deux jambes, de façon très lente et saccadée. Cette vision n'avait vraiment rien de ragoutant.
Et puis, elle se laissa retomber à quatre pattes et fit déchanter la rouquine qui envisageait déjà la possibilité de la semer en courant le plus rapidement possible, en trouvant une vitesse effarante. Elle était dans la merde, elle le savait.

Reculant toujours, préférant garder le danger imminent et encore indéterminé face à elle, elle en oublia bien évidemment de surveiller ses arrières, comme toutes bonnes idiotes qui se respectent... Mais comment tout cela avait pu s’enchaîner aussi mal ? Elle devait vraiment avoir la guigne.
Quoi qu'il en soit, quand son dos heurta quelque chose alors que le mur était encore loin, elle comprit immédiatement, qu'elle aurait dû faire plus attention. Et cent fois plus quand deux bras l'attrapèrent, lui bloquant tout moyens de riposter. Elle poussa un cri, mélange de surprise et de hargne, vexée par son manque de vigilance.


« On pourra dire que tu m'as fait courir cette nuit, Valentine. »

Elle reconnue aussitôt la voix. Alexander. Mais comment avait-il pu arriver derrière elle alors qu'il s'était égaré à l'étage dans une direction complètement opposée ? Elle n'y comprenait plus rien. Perdait elle la tête ? A présent qu'allait- elle devenir entre le possédé tueur et la Chose qui se rapprochait de plus en plus. Et plus cela se faisait, plus Valentine commençait à entre apercevoir la cruelle vérité de l'identité de la créature. Elle ne voulait pas le savoir, au plus profond d'elle-même, elle devinait que si elle découvrait sa véritable apparence, elle frôlerait la démence.

L'homme ne bougeait plus, focalisé lui aussi sur le danger qui venait du couloir. Aussi bizarre que cela pouvait paraître, le contact chaud de son corps contre le sien avait quelque chose de légèrement rassurant. Une sottise pensée par une pauvre fille qui allait se faire égorger ou dévorée... Triste fin, volume deux.
Elle qui pourtant se vantait toujours de ne pas avoir peur, tremblait à présent comme une feuille.
Au final, même la surprise d'être piégée par le docteur ne fut qu'une douce inquiétude comparé à ce qui s'approchait d'eux.
Fin et petit avec de longs cheveux emmêlés lui tombant sur le visage, une simple étoffe de tissu déchirée et sale comme habits... Cela ressemblait réellement à un enfant, légèrement plus grand peut-être … un adolescent ? Quand à savoir s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille... Sa respiration faisait entre apercevoir un timbre rauque, mais même une femme aurait été capable de le produire, en réalité. Quoi qu'il soit cette créature qui devait être un simple humain à une époque, avançait telle une goule, se déplaçant d'une façon grotesque, le ventre rasant le sol alors que chacun de ses membres touchaient le sol avec agilité. Cela ressemblait presque à une araignée mutante n'ayant que deux paires de pattes.
Valentine avait à présent l'impression de n'être qu'un papillon prisonnier d'une toile géante, voyant la mort se diriger droit vers elle sans pouvoir rien y faire. Se résigner à la mort était une sensation atroce qu'elle ne parvint pas à supporter.
Elle avait l'impression d'étouffer comme si quelque chose l'empêchait de respirer et bientôt les larmes lui montèrent aux yeux. Elle n'avait même plus la force de crier ou de bouger, paralysée de ces fils.

La piqûre qu'elle ressentit soudain à la gorge ne parvint même pas à la sortir de son état de choc. La brûlure ne fut que de courte durée mais une étrange sensation l'envahit. Comme une drogue s'écoulant doucement dans son corps, son esprit dériva et sa vue se brouilla sans prévenir. Et puis, la française réalisa alors qu'elle n'était plus tenue que par un seul bras. Le docteur lui avait injecté quelque chose ?! Que voulait il faire d'elle à un moment pareil ? Sans lui laisser le temps d'en comprendre d'avantage, le deuxième bras réapparut mais cette fois-ci, pas pour la maintenir mais pour bloquer sa vision. Une main se posa ses yeux embuées de larmes. Ne voulait-il pas qu'elle voit la mort arriver ? Cela était hélas bien trop tard...
Tout devint silencieux par la suite... Ou alors était-ce simplement son inconscience qui refusait de faire fonctionner ses sens. Dans tous les cas, l'impression de se retrouver dans une autre atmosphère l'envahit, comme si elle était plongée dans l'eau, le son ne résonnant que bien trop loin pour qu'elle puisse le comprendre.

Combien de temps resta t-elle dans ce monde à part, impossible à dire, mais quand il lui sembla reprendre un peu conscience de ce qui l'entourait, son souffle était plus calme et son corps accepta de bouger. Il semblait ankylosé mais intacte. Levant difficilement un bras vers la main qui lui bloquait toujours la vue, elle s'y accrocha et chercha à dégager sa vue. Il ne sembla pas vouloir résister et la laissa faire, lui dévoilant l'obscurité... et le vide. Il n'y avait plus personne dans le couloir. Où avait pu disparaître la créature ? Tout lui paraissait flou et sa migraine revint.
Le médecin ne bougeait pas, respirant calmement. Valentine sentait son souffle dans sa nuque, il l'observait. S'il avait prévu de faire quoi que soit, il devait déjà être en train de peser le pour et le contre. A présent que le danger imminent avait disparu mystérieusement, toute son attention était sur lui et dans une voix qu'elle reconnu à peine, elle s'adressa à lui, le provoquant même si cela ressemblait plus à de la résignation.


« Je n'ai pas peur de vous... »

Cette remarque sembla le perturber, sentant une légère crispation dans les bras de l'homme. Il parut en pleine réflexion, puis approcha ses lèvres de l'oreille droite de la femme. Il semblait soudain amusé et elle le réalisa quand il lui répondit enfin... Sauf qu'elle ne réalisa pas que cette remarque allait à nouveau lui porter mal.

« En es-tu sûre... ? »

Ses nombreuses impressions de déjà vu qui la tenaillaient depuis son entrée dans le village lui revint à l'esprit en un seul gros bloc de souvenirs. Cette phrase pourtant anodine, lui provoqua un sentiment de grande angoisse et avant même qu'elle ne se ressaisisse, son esprit s'embrouilla à nouveau.
La drogue n'y était pour rien cette fois-ci. Alors qu'elle comprenait enfin pourquoi tout lui était familier, elle perdit connaissance dans les bras du tueur...

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Larkfield et ses tourments [LP alternative/ Solo entre Valentine et Alexander]

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