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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Clair de Lune [Libre]

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Ester Jones
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Age : 24
Localisation : Derrière un flash !

MessageSujet: Clair de Lune [Libre]   Lun 8 Aoû - 16:32

Toc, tac, toc, tac. Les bottines de la jeune femme martelaient d’un pas régulier les pavés humides de la capitale. Une averse estivale venait de lustrer les carrés de pierre et avait emplit l’air de son odeur caractéristique. Ce parfum de nature rendait habituellement nostalgique notre petite campagnarde. Ce soir là cependant, son esprit était occupé ailleurs. La tête haute, le regard aux aguets, elle ne voulait pas se perdre ! Les rues entremêlées de la ville ne lui étaient pas très familières, et encore moins dans ce quartier là.

La main serrée sur sa carte à moitié déchirée, elle vérifia son parcours. Le fiacre l’avait déposé ici… elle avait continué par-là, puis tourné à droite… puis là à gauche… oui, elle ne devait plus être très loin de sa destination.
Pourtant, elle avait toujours un doute… elle soupira, et resserra son châle autour de ses bras. Se devait être à cause du fantôme qui ne la lâchait plus depuis. Même si l’esprit se ne manifestait pas directement, elle la sentait tout près d’elle. Cette jeune mamie transparente était si perturbée, qu’elle n’était même plus sûre de son identité. Ces inquiétudes étaient si fortes qu’elles influençaient les pensées de la photographe. À cause de cela, la demoiselle vérifia trois fois de suite qu’elle avait bien lacé ses chaussures avant de partir.

« Allez ! Secoue toi ma vieille ! se dit-elle en tapant dans ses mains. Le cimetière doit être tout près ! »

Elle reprit ainsi sa route, baignant dans les reflets orangés du crépuscule.
Le cimetière… il était pour la plupart un lieu sinistre, triste, voire effrayant. Pour Ester en revanche, c’était un endroit tranquille, un brin mélancolique, mais idéal pour parler avec les morts. À cette heure de la journée en plus, les parisiens fuyaient ces coins lugubres au profit des quartiers lumineux, et vibrant de musique. Quoi de mieux pour s’entretenir avec un esprit errant (comme on les appelle) ?

Elle arriva à un grand carrefour, et consulta à nouveau sa carte. Ici, elle devait se diriger vers la droite… oui mais c’était quelle rue ? Il y en avait deux ! Ce devait être… la première… ou la deuxième ? Raah… voilà qu’elle hésitait encore !
Tandis qu’elle pestait contre son sens de l’orientation, une main se posa sur son épaule :


- Eh ben mam’zelle ! Ça va pas ? Vous êtes perdue ?

Ester poussa un petit cri de surprise et se retourna. Un papy, béret sur la tête, pipe au bec, et petite barbe au menton, lui sourit. Elle se rassura :

- Oui, je…
- Jeannot ! Arrête de draguer la minette et viens jouer !

Tous deux tournèrent la tête vers la nouvelle voix, et la petite rousse découvrit trois autres hommes assis à la table d’un café, cartes en mains. Poussée par la curiosité, elle s’approcha d’eux et demanda :

« Bonsoir messieurs, à quoi jouez-vous ?
- Au tarot ! Et vous, où allez-vous ?
- Je cherchais la direction du cimetière…
- À cette heure-ci ? C’est pas un endroit pour une demoiselle ! Joignez-vous plutôt à nous, il nous manque un cinquième !
- Une prochaine fois peut-être. Je dois retrouver quelqu’un…»

Bien que cela ne soit qu’une piètre excuse, cela devait suffire à les éconduire gentiment. Et en effet, après quelques soupirs de déception, le dénommé Jeannot lui montra la rue à suivre. Elle les quitta avec un sourire. Longeant la rue déserte, elle glissa sa main dans son sac, et attrapa la crosse de son arme. C’est bon, son révolver était toujours là. Ces joueurs de cartes n’avaient pas tort. Une femme seule dans les rues moins éclairée de la capitale, ce n’était pas très prudent. Mais Ester avait de quoi se défendre, alors elle pouvait se détendre.

Elle arriva enfin au cimetière, et plongea son regard dans ce nouveau paysage. Le dédale des tombes s’étendaient à perte de vu sous les rayons naissant de la lune. Elle en restait bouche-bée.
Finalement, ce n’était peut-être pas une si bonne idée de vouloir se rendre sur la tombe de son fantôme… enfin, maintenant qu’elle était là, elle n’allait pas faire demi-tour.

Suivant les indications mêmes approximatives de la dame, elle arriva quelques minutes plus tard devant la pierre qu’elle cherchait. La terre était encore meuble, et les fleurs se dressaient encore de toute leur fraicheur. Agathe Nazaire avait été enterrée récemment.

Ester s’agenouilla alors, la tête basse. Ses cheveux ondulés retenus par un simple ruban retombèrent en cascade sur ses épaules. Les yeux clos et les mains jointes, elle se mit à prier. Immobile, seules ses lèvres remuaient dans la quasi-obscurité.
Elle resta un long moment ainsi, jusqu'à ce qu'un bruit se fasse entendre non loin. Aussitôt, elle redressa la tête, la main sur la crosse de son arme.


HRP :
 

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Lydia Gray
A wonder seeker
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Messages : 32
Date d'inscription : 24/01/2014
Localisation : Paris, ces jours-ci

MessageSujet: Re: Clair de Lune [Libre]   Dim 2 Oct - 15:28

« … Gégé, t’es sûr qu’il y avait pas de l’alcool là-dedans ? »

La matronne de la laiterie « Et puis tant pis » se gratta la tête, l’air perplexe. Son mari, à qui elle venait de chuchoter ces mots, avait l’air tout aussi confus qu’elle. Et pour cause : devant eux, ils avaient ou l’adoratrice la plus pure de fromage de la Terre entière, ou alors, une cinglée totale.

Il avait demandé en envoyant des lettres à tous les journalistes et écrivains du quartier à ce que quelqu’un vienne faire l’éloge de sa laiterie/fromagerie en vantant leur bonne senteur, l’atmosphère de son magasin, et les vertes prairies que le fromage lui-même évoquait, en gros, qu’on vienne décrire l’ambiance de tout chez lui… Et puis, quand on lui avait répondu qu’avec une lettre d’une telle sincérité et d’un tel bon cœur on ne pouvait lui refuser, il en avait sauté de joie au plafond. Et ensuite, en se renseignant, il avait été encore plus ravi quand on lui avait dit que les articles de Mlle Lydia Gray vendaient du rêve, qu’ils étaient merveilleusement imagés, et qu’on ne pouvait manquer de vouloir visiter l’endroit dont elle parlait avec tant de ferveur qu’on avait l’impression que tout là-bas était vivant. Lui qui était en concurrence permanente avec son voisin le « Maroilles » du Grand Nord cherchait à tout prix à gagner le dessus, d’où sa requête… Et il ne s’était pas attendu à ce qu’on le prenne au pied de la lettre.
Bon, d’accord. Faire l’effort de lire un article de la dame en question, ça l’aurait peut-être préparé à ça. Mais même. Ou alors, c’était peut-être juste qu’il avait formulé sa demande en de mauvais mots, et au mauvais endroit. Ou peut-être qu’on avait voulu lui faire des blagues.

Parce que pour l’instant, la jeune femme qui était en train d’interviewer son Brie de Meaux, en notant scrupuleusement les différences fondamentales entre celui-ci et le Brie de Melun selon l’avis d’un des intéressés, avait tout l’air ou de se payer leur tête, ou d’avoir vraiment des choses à raconter en parlant à un fromage, ce qui, des avis de tous les gens présents dans la pièce, était quand même franchement bizarre. Très intéressée, gribouillant au crayon dans son carnet et acquiesçant à de multiples reprises face à un interlocuteur invisible, et posant d’autres questions en se tournant parfois vers les autres fromages de l’étal comme s’ils avaient des choses à ajouter, le spectacle était… pour le moins particulier.

Ledit Gégé se gratta la tempe, puis sa démangeaison se répandit jusque sur son crâne chauve et puant.
« Non, je te jure qu’il y avait rien… »
Il jeta un œil aux alentours, et vit que ses clients habituel semblaient un peu… perdus eux aussi. Il aperçut aussi Madame Michou qui, venant d’entrer, avait les yeux rivés sur l’étrange journaliste, et qui, jugeant que la situation était étrange, avait choisi de faire demi-tour à reculons à pas de loup. De là, il déduisit que l’étrange personnage était nuisible pour son magasin, et il se déplaça lentement derrière elle, pour se pencher et murmurer :
« Euh, mademoiselle… Si vous voulez, je vous donne des échantillons comme ça vous pourrez continuer plus tard, hein ? On a beaucoup de monde d’un seul coup… »

« Et donc, vous disiez qu’on vous a sacré ‘Roi des Fromages’, c’est ça ? »
Lydia l’ignora complètement. De façon étrange, il apparut que les informations qu’elle obtenait du fromage étaient, effectivement, justes. Perplexe, le commerçant attrapa une bonne tranche en présentation de chacun de ses fromages et les envoya à la va-vite dans un panier qu’il comptait lui fourrer entre les pattes, et ce fut au moment où il lui retira le brie que la jeune femme releva les yeux vers lui et protesta haut :
« Mais qu’est-ce que vous faites ?! »

« Il faut que je reprenne les affaires, je vous l’ai dit ! Désolé – je compte sur vous pour nous faire un bel article ! »

« Oui mais ça ne va pas être possible si-»

La protestation de Lydia s’effaça en même temps que le fromager filait de l’autre bout des étals, avec son interlocuteur. Elle se releva, faisant une grosse moue, essaya une ou deux nouvelles fois de s’approcher mais se fit bloquer par la foule des gens qui avaient décidé d’acheter leur fromage, et, frustrée, décida de s’en aller.


Elle fila à grandes enjambées, râlant sur l’absence totale de bienveillance de ces gens qui faisaient de mal à de si braves personnes que les fromages aux seuls desseins de s’emplir la panse, et choisit de trouver un autre endroit où finir de faire son article, car elle n’était pas certaine que ce pauvre brie dont elle avait une tranche continuerait à survivre bien longtemps. Celui-ci la rassura très vite, comme elle l’installait sur un banc avec ses autres amis, ça leur faisait juste un peu mal, mais pas autant que de les manger.

Mais, lui apprit-il, même si ça faisait mal, ce n’était pas grave… Car, pour un fromage, c’était le but ultime de leur vie ! L’interview prit alors une toute autre allure, Lydia écoutant passionnément toutes les anecdotes du Brie et de ses amis, en pleine rue, et notant tout scrupuleusement, encore une fois.
Ce n’est qu’à la nuit tombée que son entretien dût prendre fin, car après tout… Et bien, elle ne voyait plus rien. Et même si sa plume, sa fidèle plume, n’avait pas forcément besoin de beaucoup de lumière non plus… Là, il n’y avait vraiment plus rien. Lydia se releva et rangea Lili, sa plume, après l’avoir remerciée.

« Merci bien, messieurs ! Je crois que j’ai tout. Je vais rentrer, est-ce que vous voulez venir, et… »  Elle fit un petit sourire gentil, « Est-ce que vous voulez que je vous trouve un endroit où vous accomplir, du coup ? »
Ennuyée, elle admit qu’elle ne pourrait jamais manger un ami, et qu’elle ne pourrait jamais se débarrasser d’eux. Mais son hôtesse, peut-être… ?

Pourquoi pas, après tout ?

Il fut décidé à l’unanimité qu’elle rentrerait et donnerait les fromages à son hôtesse qui avait plein d’enfants, et à qui ça ferait du bien, à moins de rencontrer des gens qui auraient encore plus besoin de calcium. Lydia fut émue d’une telle bienveillance de leur part et se mit à pleurer en pleine rue, alors qu’un badaud passant derrière la considéra avec peu ou prou autant de perplexité que s’il avait vu un ver de terre armé d’un couteau sautillant autour d’une poule. Sa crise de larmes passée, Lydia prit tous ses fromages dans le panier et choisit de rentrer à pied jusqu’à chez elle, en suivant les instructions des sols, comme d’habitude. Après tout, il fallait maintenant apprendre aux murs toutes ces nouvelles choses qu’elle avait appris… Leurs murs externe et eux n'avaient pas souvent l'occasion de parler avec des fromages, au moins, en tout cas, à moins qu'ils ne soient à proximité d'un restaurant ou d'une terrasse.


… Sauf que, entre-temps, elle se perdit. Bah ouais. Si vous parlez à toutes les rues du monde, à toutes les plaques de noms des avenues, vous vous perdez très vite… Surtout quand votre conversation, parfois, tourne à l’ubuesque. Suite à une série d’associations d’idées, les plaques de rues, apprenant qu’il y avait beaucoup de fromage dans son sac, qui cherchaient à s’accomplir et savaient que Lydia ne mangerait pas tout, et que le fromage, c’est plein  de calcium, et que les squelettes, c’est fait d’os, qui ont besoin de calcium, les plaques l’orientèrent tout naturellement vers le cimetière…

Et c’est ainsi que le bruit qu’entendit Ester provint en réalité de Lydia, qui arriva avec son brie de Meaux en main, au milieu des tombes dont chacune retenait son intérêt pour l’homme ou la femme enterré en-dessous, et qui demanda tout haut à son fromage :

« Je ne vois personne qui ait besoin de calcium ici… A qui est-ce que vous voulez demander ? »

_________________
#C984D9, that's Lydia's vooooiiice! Thank you, Dolores!
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