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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Jeu 29 Sep - 2:39

Adossé près de la porte d'une boutique qui annonçait « Ferronerie, forge, métal. 7ème génération » Frédéric attendait, mains dans les poches et le regard perdu sur ses chaussures.
Devant lui s'ouvrait une petite place triangulaire décorée de deux hêtres rachitiques, largement déserte d'humains et vaguement éclairée par le soleil très matinal de ce mardi de septembre.
Quand un moineau voleta près de lui et se posa sur une poubelle, il leva la tête et... ah non en fait.
Yeux bleus. C'était Morgan. Crotte.



Debout dans la boutique du « Métal à tout Fer », Frédéric tenait dans ses mains une sorte de tuyau en métal noirâtre. Il le retourna dans tous les sens : une extrémité était fermée, l'autre était grillagée. Il y avait un crochet soudé et une chaînette. Il fronça les sourcils sur ses yeux noisettes. (AHA !)
- C'est tout juste ce que vous vouliez M'sieur Lenoir. Je n'ai rien changé de ce que vous m'aviez dit.
- Le crochet, là, le jeune homme en pointa la base, si ça casse ici c'est foutu.
- 'Vous inquiétez donc pas, c'est mon fils qui l'a soudé, c'est le meilleur. Ça ne cèdera pas même avec tout le feu de l'enfer en dedans.
Frédéric renifla.
- Et pour le feu, alors ?
- C'est mon meilleur métal. Pour un travail aussi fin je pouvais pas faire mieux que ça. J'ai...
- Vous l'avez testé comme j'ai dit ?
Une goutte perla au front du forgeron, qu'il essuya nerveusement. Un son de clochette dans l'entrée annonça l'arrivée de Morgan. Frédéric n'y prêta pas attention mais un frisson particulier parcouru le dos du commerçant.
Ces gamins, les Lenoir, étaient des clients spéciaux. Pas terriblement réguliers, mais toujours à demander des engins bizarres pour faire leurs tours de magie – il se demandait si c'était bien catholique de travailler pour eux, d'ailleurs – et à donner des consignes incroyables. C'était toujours le même qui lui parlait, même s'il ne savait pas bien lequel c'était (quand il n'en voyait qu'un il ne savait pas, puis quand il voyait les deux et remarquait leurs yeux et leur parler, il pensait « Ah oui, c'est lui », mais dès qu'ils étaient partis il oubliait lequel était qui). L'autre attendait généralement comme ça, dehors. Sauf parfois quand il faisait froid, ou pour des commandes où, sans qu'il sache pourquoi, son frère voulait qu'il regarde. Ils étaient effrayants, ces mômes. Tout jeunes, mais effrayants. Tellement pareils, c'était pas naturel. Et ces regards... !

Après... Marcel Phalempins devait bien reconnaître qu'il aimait forger pour eux. Le défi, le mystère. Il se sentait investi d'une mission ; ça le changeait des roues de cab et des entrées de jardins.  
Ils payaient toujours le prix juste et encore un petit peu, aussi. Il aimait ça chez eux : pas de chipotages, pas de négociations. Ça l'avait dérouté au début, mais il aimait bien leur franchise campagnarde. C'était rafraichissant.
Un drôle de mélange, ces gamins. Où est-ce qu'ils trouvaient tout l'argent aussi ? Ah ces artistes...
- Phalempin ?
- Ah oui, pardon m'sieur Lenoir. Euh oui, les tests. Il se frotta le front avec un mouchoir de sa poche de veston. Ben écoutez j'l'ai laissé dans mon four chauffé à fond pendant bien vingt minutes. C'est à peine s'il a bougé.
Le regard soudain du gamin lui fit comprendre qu'il avait dérapé.
- Non je vous assure, vraiment il n'a pas bougé du tout. Il est ressorti comme il est là. Voyez vous-même c'est régulier comme une horloge.
Frédéric soupira.
- Quand même. Si ça bouge...
- Ben écoutez, je vous en donne un, vous me payez que celui-là. Puis si ça vous convient pas vous aurez payé que la moitié.

Il lança un regard vers son frère. Quelque chose dans l'attitude de l'autre dut le perturber car il sembla prendre une décision.
- J'vous emporte la paire et j'vous paye aux trois quarts. J'ai b'soin des deux pour essayer. Ça vaudra just' le prix. Si c'est comme j'ai b'soin, j'paierai l'reste dans dix jours et ça vaudra l'travail.
- Frédéric.
Yeux-bruns hocha de la tête. Phalempin compris qu'ils étaient pressés. Il accepta le marché. S'il avait compris une chose avec ces deux-là, c'est qu'ils n'aimaient pas négocier. Et qu'ils payaient le prix juste, toujours.

En ressortant du magasin, tenant dans ses mains son nouveau projet de Bolas Spéciales Étincelles De Partout emballé et ficelé dans du papier journal, Frédéric demanda : « Alors, qu'est-ce qu'y avait ? ».
Morgan pointa seulement du doigt devant lui le moineau toujours perché sur la poubelle. Au milieu de la place, quatre gamins s'étaient accrochés à une branche basse d'un des deux arbres et s'y balançaient en rythme pour voir si elle tiendrait. Le végétal tenait bon mais deux pigeons zieutaient ça d'un air peu convaincu. Vu l'état dans lequel l'arbre était et vu l'automne qui s'amenait, si la branche craquait elle ne repousserait pas l'année suivante. Bordel, cette place était déjà assez triste comme ça...
- Ah d'accord...
- Y pensait qu'j'étais toi, l'oiseau. Pour qu'est-ce qu'y font ç-- Pourquoi'est-ce... Pourquoi... "font-ils" ça ?
Freddy était trop en rogne pour s'amuser des efforts du frangin pour parler Parisien.
- Tu t'souviens d'mes cousins ?
Morgan acquiesça d'un air inquiet.
- Oui.
- Bah pour ça.
- Oh.

Frédéric s'avança d'un pas décidé, paquet en mains et suivi de près par son frère, pour aller dire aux gamins sa façon de penser.

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Dernière édition par Frédéric Lenoir le Lun 10 Oct - 17:00, édité 2 fois
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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Dim 2 Oct - 21:26


Ah, la forge, la ferronerie… Tout un art !


Après avoir reçu une lettre de la part de sa mère et de son maître, en visite dans un pays lointain où les arts sont tellement différents des nôtres et où celui, plus précisément, des armes blanches, avait été poussé à son paroxysme… Lydia Gray, dans son éternelle curiosité et son air de perdue, s’est proposée d’aller faire un tour dans une armurerie, afin de discuter avec les armes et apprendre à les connaître un peu mieux.

A son grand désespoir, cependant, si le romantisme exacerbé de son maître et de sa mère lui dépeignait l’art de la forge vu d’un œil de tourisme, il n’empêchait que dans la réalité, les armes à feu… étaient un peu plus efficaces, et c’est là tout le discours que lui tinrent les objets. A chaque entrée de la demoiselle dans une boutique d’armes, celles-ci étaient en guerre ouverte contre les armes à feu, et les rangées s’insultaient copieusement de part et d’autres de la boutique. Les baïonnettes tentaient bien de calmer le jeu, mais sans succès… Après tout, elles étaient un peu les « bâtardes » du coin, et même elles se disputaient pour savoir qui elles préféraient.

Un grand programme, je vous le dis.

Ainsi, Lydia, en désespoir de cause, finit par protester : « Mais, ciel », dit-elle, « N’y a-t-il donc aucun endroit sauf de votre haine ! » Oui, et bien forcément, à entendre la Révolution avec un Grand R à toutes les enseignes, ça vous donne des idées et des inspirations lyriques. L’arme en provenance de l’Amérique, un peu plus loin, lui lança avec un accent à couper au couteau :

« Heya, ma’am, ask the good old folks of ‘Metal of Toufaire’ ! Hear’ the guys were cool over thair, might take a louk ! »

Heureuse et surprise de s’entendre interpellée dans sa langue d’origine, quoique parlée avec un accent épouvantable, Lydia se hâta de s’incliner et de remercier son interlocuteur dans la petite boutique où elle se trouvait, peu de temps avant que son propriétaire ne finisse par considérer l’idée de la fichtre dehors parce que pour le coup, quelqu’un qui parle, encore une fois, à une baïonette ça rassure pas vraiment. A l’instant où il commençait à se dire cela, cependant, la demoiselle se redressa et lui adressa un grand sourire, même si peut-être un tantinet indirect, et lui demanda :

« Pardonnez-moi, mon cher monsieur ! Je cherche la boutique du Metal of Toufaire, pourriez-vous nous aiguiller, Toto et moi ? » Toto, c’était son crayon à papier. Et Lili, sa plume. Mais le pauvre homme n’avait aucun moyen de le savoir. De son côté, Lydia ne s’autorisait à lui demander que parce que les armes n’avaient, avouaient-elles, pas l’habitude de sortir de là et ne connaissaient pas non plus le nom de la rue où était le Metal of Toufaire. Et puis, la cravate du monsieur lui semblait sympathique.

« Euh… Pourquoi, si vous avez besoin de quelque chose, je… » Et puis, avant de lui donner le nom de son fournisseur ou de lui proposer quoi que ce soit, il se dit que cette fille semblait du genre à faire des trucs pas net avec son arme, et il acquiesça, préférant la refourguer à un collègue. « Ouais, j’vais vous marquer ça… »



Ainsi, quelques dizaines de minutes plus tard, Lydia arrivait au Metal of Toufaire (elle venait d’apprendre que c’était en réalité le « Métal à Tout Fer »), avec la ferme intention d’y rencontrer quelques armes, ou peut-être mieux, les mamans de ces armes, les valeureuses et vaillantes forges ! Malheureusement pour elle, il s’avéra que deux garçons se trouvaient devant la sortie, et qu’ils semblaient trop préoccupés pour faire attention à elle… Ni elle non plus, d’ailleurs, car un bruit l’interpella.

La plupart des gens auraient été interpellés par exemple, par le craquement de la branche qui ne tarderait pas à se briser, très probablement… Ou encore, par le soupir des oiseaux, pour un mage plus sensible qu’elle à la nature, ou peut-être même un druide. Mais voilà, Lydia était un mage urbain, et tandis que quelque chose accrocha son regard chez les jeunes, à savoir un bout de papier journal qui, comme tous les papiers journaux avait beaucoup à dire, et qui en prime dissimulait un secret qui selon lui valait de l’or…

Il y avait quelque chose d’autre à côté, quelqu’un qui poussait des hurlements de désespoir. A savoir, non pas l’arbre, encore une fois, mais… Le pantalon de l’un des gosses qui s’amusait avec l’arbre. Plus précisément, le deuxième en partant de la droite. Non pas que ça change quelque chose à son cerveau, du reste.

« Non, » criait-il, « Je n’en puis plus ! Maître, pourquoi donc me fais-tu cela ? N’ai-je pas été un bon ami ? N’ai-je pas fermé la bouche lorsque vous m’avez rapé contre le sol, ne me suis-je pas tut quand votre mère m’a réparé à la dague et à la cape ? »

[color=#C984D9]« Que se passe-t-il ? » demanda Lydia inquiète en s’approchant, mais les gosses se retournèrent et firent une expression impossible. Apparemment, avec sa bouille de perdue, elle avait l’air ridicule – qui sait – et ils préférèrent tirer la langue... Peu importe, ils ne l’intéressaient pas. Ils ne ressemblaient pas à son frère quand il était petit, lui, il avait toujours été sérieux. Ca, ça ressemblait juste à rien.

… Puis le pantalon, remarquant une alliée, se mit à l’appeler au secours.

« Ce qu’il fait, ça tire tellement, je vais finir par me déchirer ! Je suis fait pour être porté par des jambes sur un sol dur, mais pas dans les airs ! S’il-vous-plaît, madame, faites quelque chose, vous qui m’entendez ! »

« Attendez, je vais vous aider, » répondit-elle avec sincérité. Si elle avait été adulte, responsable et tout le tintouin, elle aurait probablement choisi de sermonner les enfants, et tout… Mais c’est Lydia dont on parle, et elle entendait les suppliques de leurs quatre pantalons.

Prise de pitié, elle donna momentanément pouvoir de libre mouvement au pantalon de départ, qui se hâta de se défaire de sa ceinture déjà débraillée, de toute façon, et tomber par terre. Il fut bientôt suivi par les autres, qui la remercièrent tandis que les enfants tombaient par terre de surprise et se hâtaient de se relever, ramassant leur pantalon et se frottant le derrière, puis s’enfuyant à toutes jambes.

Contente d’avoir pu aider autrui, Lydia fut brusquement prise d’un doute, et elle
se retourna vers les deux jeunes hommes à l’entrée, demandant, inquiète, à leurs pantalons :

« Et vous, ça va ? On ne vous pas trop maltraités non plus, j’espère ? »


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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Lun 10 Oct - 21:30

La façon de penser de Frédéric s'apprêtait à être exprimée sous forme de tirage d'oreilles et de remontrances polies mais indiscutables, quand il fut coupé dans son élan par l'apparition dans son champ de vision d'une demoiselle. Elle leur passa littéralement juste sous le nez et devança les jumeaux auprès des quatre gosses.
- Que se passe-t-il ?

Frédéric haussa un sourcil devant l'étrange énonciation et le petit accent qu'il ne plaçait pas encore. Morgan s'arrêta à sa hauteur pour observer la scène.
Les gamins lui tirèrent la langue. L'un d'eux - peut-être bien une fille, mais tellement gavroche, c'eut été difficile à certifier - se balança d'autant plus fort et lui lança un :
- On fait c'qu'on veut c'est NOTRE arbre !
Frédéric voulut intervenir.
- Ça n'est pas une raison pour l'amputer d'une bran--
- Attendez, je vais vous aider.
Frédéric failli s'étrangler.
- Pardon ?
Il lança un regard à la demoiselle : tenue sobre, un peu stricte, les cheveux un petit peu débraillés mais sans plus. Elle voulait faire quoi, au juste ?

C'est alors qu'ils la virent lever un doigt discret et le pantalon d'un des gosses tomba à ses chevilles. Le gamin lâcha la branche de surprise et ramassa son pantalon.
Les jumeaux la voyaient de dos, et pensèrent qu'elle avait dû, d'un geste preste, lui détacher la ceinture... sauf que non. L'instant d'après tous les pantalons l'imitèrent et ce coup-ci, Frédéric n'en perdit pas une miette. Ses yeux de mage virent la magie partir d'elle, irradier les vêtements un instant, et les vêtements se tortiller pour se libérer d'eux-mêmes. L'un d'eux parvint même à éviter les chaussures et tomber jusqu'au sol. Fred crut même le voir tenter une fuite. Morgan exprima la pensée générale :
- Y s'sont détachés tout seuls...!
Fred aquiesça. Les enfants abandonnèrent la branche, ramassèrent leurs pantalons et partirent en courant. Frédéric bénit le monde entier qu'il fût si tôt : la place était quasi déserte, personne n'avait rien dû voir mais quand même...
- Elle est inconsciente...!
L'un des gosses, dans sa fuite, tomba violemment tète la première sur les pavés, et Morgan rit de bon coeur. L'oiseau sur sa poubelle retourna dans son arbre.
Frédéric, lui, zieutait la jeune femme d'un oeil expert, encore perplexe.
C'est alors qu'elle s'approcha d'eux.
- Et vous, ça va ? On ne vous pas trop maltraités non plus, j’espère ?
Elle avait un accent vaguement anglais, des drôles d'intonations.
- Pardon ?
- Hein ? Euh... non ?
Fred remarqua alors qu'elle ne les regardait pas eux... mais disons euh... légèrement plus bas.
Il recula d'un pas et la regarda étrangement. Elle ne parlait quand même pas à leurs euh.. enfin à leurs... à ce qui faisait d'eux des hommes et pas elle ?!
Elle ne pensait pas sérieusement à les déculotter aussi ?!
En un instant sa vision s'élargit, superposant au monde réel tout ce qu'il voyait de magique autour de lui et il se prépara à toute magie éventuelle. Autour de lui et de son frère s'instaura une sorte d'aura de conscience qui le ferait réagir au quart de tour si elle faisait quoi que ce soit.
- Mais vous faites quoi, là au juste ?!

C'est alors qu'un des gosses chassés plus tôt reparut à sa droite, accompagné d'une matrone en colère, portant tablier et chignon haut. Le gamin les pointait du doigt et chouinait à sa mère :
- C'est la dame là-bas M'man ! Elle m'a déculotté, j'avais rien fait !

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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Lun 17 Oct - 11:33

Pour Lydia, il n’y avait absolument rien d’anormal. Ce n’était pas une question de folie, ou d’inconscience, mais d’échec total à réaliser que, et bien, le reste du monde n’entendait pas les pantalons. Ni les pavés du sol. Encore moins le béton autour de l’arbre qui la remerciait, parce que sa symbiose avec la terre qui protégeait son ami, et ce qu’ils s’apportaient l’un à l’autre, pourrait durer plus longtemps ainsi… Même si elle n’avait aucune idée, pour le coup, de ce qu’elle avait fait de bien : à part permettre aux pantalons de se libérer de leur souffrance épouvantable. Ou plutôt, si, elle savait que ce n’était pas normal de pouvoir entendre les voix, surtout quand elles se confondaient ainsi, le béton la remerciant de son aide, et le fantôme des pantalons aussi… Mais elle l’oubliait en permanence, alors c’était peut-être, effectivement, une preuve d’inconscience. Tout du moins, c’était son état 90% du temps.

Mais aujourd’hui, quelque chose allait le changer… Ou tout du moins, la faire revenir à la réalité quelques secondes.

Alors qu’elle parlait aux pantalons des deux jeunes, elle remarqua brusquement que quelque chose s’était modifié – mais quoi ? Ils venaient de se taire, mais pour quelle raison, quel pourquoi ? Le regard qu’elle avait au préalable fixé plus sur leurs pantalons que sur eux – et qui, de l’extérieur, pouvait sérieusement prêter à confusion – se releva vers eux, alors qu’elle arquait un curieux sourcil. Se pouvait-il qu’ils aient réussi à communiquer à leurs pantalons l’ordre de se taire… ? Etaient-ils, eux aussi, en contact avec le sens profond des choses ? Encore mieux… Voyaient-ils le même monde qu’elle ? Non, ils n’en avaient pas l’air… Et pourtant, ce sentiment – il était le même que lorsqu’elle voyait son maître, une impression, étrange, de partager quelque chose avec quelqu’un. Plus, de fait, avec le jeune qui n’avait pas les yeux bleus... Celui qui s'était mis sur les gardes en premier. L’étonnement la fit sortir momentanément de son espèce de transe habituelle où elle ne prêtait attention qu’aux choses et pas aux gens, considérant brièvement la simple idée que peut-être… Elle n’était pas seule, dans cette grande ville.

La jeune femme, les observant à présent et entendant les appels des potentielles armes à l’intérieur de la forge que la scène avait fait passer en mode guerrier, murmura, en guise de réponse à leur demande :


« Je ne fais rien du tout de spécial, j’allais juste me renseigner dans la boutique derrière vous… Mais vous, qui êtes-vous… ? Pourquoi est-ce que vos vêtements se sont… »

Elle fut interrompue par l’irruption soudaine de deux choses : l’une, d’un pantalon criant de bonheur d’avoir été libéré et de revoir sa sauveuse, l’autre, d’un tablier qui sentait la lavande, la lessive, l’énervement, et un mélange tout particulier entre du pain et une tambouille bien chaude, bien nourrissante, mais aussi bien cuivreuse. Lydia se retourna pour faire face à ladite matronne et l’enfant qu’il y avait avec elle, et au lieu de répondre, se contenta de faire un grand sourire, et un petit signe de main. Pas à la matronne. Au tablier, bien entendu. Elle discuterait avec les pauvres jeunes qu’elle venait d’ignorer, mais vers qui elle se promenait de revenir, plus tard :


« Bonjour madame ! Je vois qu’il se porte mieux ! (Elle adressa un nouveau sourire au pantalon du garçon) Ah, mais dites-moi, vous avez l’air en pleine forme, maintenant ! J’espère qu’il ne vous a pas trop étiré, si ? »

Elle s’immobilisa presque instantanément cependant, sentant que le tablier lui disait « Va-t-en ! Va-t-en ! Tu vas te faire gronder ! » et lui parlait de choses qu’elle ne comprenait pas, « Poli sera là », « Pierre Martine et Dolores arrivent » et d’autres. Qu’est-ce que… Lydia leva les sourcils et fit une légère moue, curieuse. Pourquoi ces menaces ? Pourquoi tout le monde avait l’air de lui dire qu’il fallait fuir, et vite… ? En désespoir de cause, elle murmura :


« Je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je… »

Comme le tablier continuait à la supplier de partir, car si elle n’avait fait qu’aider le pantalon, ce n’était pas l’avis de leur maître, elle tourna la tête vers les deux autres jeunes, qu’elle ignorait être aussi des mages mais qui avaient paru pouvoir eux aussi entendre les voix des objets, ou au moins, communiquer avec eux, et leur demanda, espérant qu’eux au moins avaient réussi à suivre :


« Attendez… Vous qui devez comprendre un peu mieux que moi... J’ai fait quelque chose de mal ? »

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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Dim 23 Oct - 12:54

- Mais vous faites quoi, là au juste ?!
Quand Fred le dit, Morgan la sentit : la magie de son frère - qui résonnait en lui aussi, quand il l'utilisait - et qui les entourait tous deux. Ça pétillait gentiment dans son âme et Frédéric, instinctivement, sentit son frère se tendre, observer avec attention.

La demoiselle les regarda alors tous deux, puis s'arrêta sur Frédéric. Elle avait l'air surprise et il fut pris de court quand elle leva les yeux vers lui. Dorés...
« Les yeux m'gamin, les yeux ça ment jamais. » disait toujours son oncle. C'était tellement vrai, en magie comme ailleurs, que même sa mère le disait – elle qui n'était pas magicienne – en parlant des menteurs et des mauvaises gens.
Morgan ne les avait pas bleus pour rien.
… Dorés, bon sang. Pas étonnant qu'elle ait l'air perdu avec un regard pareil. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien voir derrière le prisme de ces orbes-là ? En le fixant comme ça... que voyait-elle du monde ? Il eut l'impression qu'elle les remarquait seulement.

- Je ne fais rien du tout de spécial, j’allais juste me renseigner dans la boutique derrière vous… Mais vous, qui êtes-vous… ? Pourquoi est-ce que vos vêtements se sont…

Il baissa les yeux sur son propre attirail. Bon d'accord il était toujours vêtu disons... Eh bien il ne faisait pas toujours très attention aux modes en cours, surtout. Mais pour une fois il ne se trouvait pas si décalé que ça...
Puis il se souvint qu'elle avait donné mobilité à des pantalons et il entendit le « se » dans sa phrase. Il la fixa et fronça les sourcils :

- Se sont quoi ?

En silence Morgan lui prit le coude. Pour le prévenir, ou pour le tenir proche de lui au cas où... Frédéric se retourna pour savoir et vit la mère qui arrivait. Un instant il crut qu'elle venait pour faire s'excuser le fils. Ç'aurait été agréable... Sauf que non. Vu l'air du gamin et vu le pas de la mère (et son air courroucé) ça n'allait sûrement pas se passer comme ça. Bah, 'manquait plus que ça... Une magicienne inconsciente et une matrone en colère. Frédéric soupira. Morgan ne lui lâcha pas le coude pour autant.

Avant que le duo n'ait eu le temps de les atteindre, la fille afficha soudain un grand sourire.
- Bonjour madame ! Je vois qu’il se porte mieux !
- Ah oui ça, bonjour à vous ! La p'tite dit qu'vous avez--
- ...mais dites-moi, vous avez l’air en pleine forme, maintenant ! J’espère qu’il ne vous a pas trop étiré, si ?

Il y eut un moment de flottement. Puis la femme secoua la tête comme pour reprendre son chemin de pensées et recommença :
- Ma p'tite dit qu'vous l'avez déculotée devant tous les enfants. Z'avez pas honte ?

L'enfant hocha la tête, Frédéric voulut hausser un sourcil, mais ils étaient déjà dressés tous les deux. Une petite ? Où ça ?

Morgan pencha la tête et Frédéric avisa la môme : godasses poussiéreuses, pantalon relevé, chemise bleu sale, casquette enfoncée jusqu'aux oreilles... Mais des joues roses, un regard en amande et des mèches blondes pendouillant un peu partout. Une vraie gavroche la gamine ! Les jumeaux s'étonnèrent ensemble :
- Ah parc'que c'est une fille ?!
- Je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je…
- Qu'est-ce que vous « comprenez pas » ? Vous êtes une femme et vous mettez fesses à l'air des p'tites filles sur la place publique ! 'faut vous rééduquer !

Frédéric vit la jeune magicienne avoir un petit mouvement de recul. Il la comprenait : les mères pareilles... ça choquait toujours.
Elle se tourna vers les jumeaux en désespoir de cause cependant seul Morgan l'entendit parler ;
- J'crois qu'c'est la manière qu'vous avez fait ça, surtout...
Frédéric, lui, se mettait déjà en route, argumentant d'une voix qu'il voulait tranquille, mais ferme.
- On se calme, la mère. Déjà vot' fille excusez-moi mais 'faudrait voir à la rhabiller si vous voulez qu'les gens sachent qu'c'est pas un gamin. Et avant d'v'nir râler on s'renseigne un peu.
- Je ne vous permets p--
- Elle vous a dit au moins, pour qu'est-ce qu'elle s'est r'trouvée les fesses à l'air vot' môme ?

« La mère » en question fronça les sourcils.
- Peu importe c'qu'elle a fait. Ma Lila c'est une perle. Et son habillement c'est justement pour éviter qu'des pervers dans vot' genre s'attaquent à ses jupons. Mais j'vois qu'ça suffit pas !

Freddy fit non de la tête, campant sur ses positions. Il ne se laisserait pas détourner.

- Qu'est-ce qu'elle vous a dit, exactement ?

Prise d'un doute quand même, la maternelle jeta un regard à sa progéniture, laquelle eut soudain un air un peu moins fier. Un peu de rose colora ses joues malgré son air courroucé et il n'en fallut pas plus pour Fred, qui sourit :

- Bah renseignez-vous la prochaine fois. Les gosses voulaient ébrancher l'arbre là, ils se sont faits gronder, c'est tout. Y'a pas d'mal.

Il avait l'air calme, le bougre, mais intérieurement il était tendu, car tandis qu'il parlait il la sentait de plus en plus distinctement, l'espèce d'aura de magie qui entourait la demoiselle. Ça venait d'elle, clairement et lui collait à la peau. Ça la devançait, restait où elle était passée. Bon sang elle était quoi, au juste ? Un genre de sorcière ? Une magicienne sans interrupteur interne ?! Elle devait dormir quinze heures par nuit pour recharger une aura pareille !

… Est-ce qu'il faisait le même effet aux autres Légendaires, lui ?

Morgan lui lançait un regard appuyé. Bien-sûr, son frère ne voyait pas comme lui, mais il ne pouvait pas être dupe. Il avait vu les pantalons... Pendant que la mère et la fille s'expliquaient, Frédéric se tourna vers la jeune femme. Sa magie à elle vint en contact avec son champs de conscience à lui. Ça le fit tiquer mais il tenta de maintenir son sang froid :

- Si vous pouviez juste arrêter d'faire ç --- il se reprit, se souvenant au dernier moment qu'elle n'était pas sensée savoir qu'il avait vu et qu'il était mage--- Essayez d'vous contenter d'les gronder, juste, l'prochain coup...

Derrière lui la gamine lança :
- Mais M'man, j'te dis qu'c'est une sorcièèèreuh !
Frédéric sentit un frisson lui parcourir la nuque. Morgan, qui instinctivement s'était posté entre les deux factions tandis que Frédéric causait, répondit heureusement du tac au tac :
- Ça existe pas les sorcières.

Mais comme il disait ça, il vit arriver un autre homme du même coin de rue, et il entendit d'autres pas un peu plus loin que ça.

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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Lun 31 Oct - 15:12

Lydia écouta avec attention les deux jeunes, et surtout leurs "auras" même si... Même si elle sembla beaucoup peiner à les comprendre. Puis, elle commença lentement à réaliser – principalement grâce aux vêtements de la dame qui lui disaient que pour le coup, ça pourrait être utile de faire attention au reste du monde – ce qu'on lui disait, et ce qu'on croyait qu'elle avait fait. Et, accessoirement, aux vêtements des frères qui s'harmonisaient de plus en plus avec eux, quitte à ne plus former qu'une seule créature – la seule personne qu'elle connaissait, et qui avait ce genre de dons, à ne faire plus qu'un avec tout ce que les gens voyaient comme inanimés qui les couvraient, était son maître. Son cœur s'emplit de joie : enfin quelqu'un d'autre, peut-être ?! Une troisième, une quatrième personne qui, comme eux, sentaient les choses ?

Tout cela lui permit de comprendre, progressivement, la situation. Apparemment – non seulement ces gens, à noter, la mère, sa fille, et les autres gosses, n'entendaient pas ce que le monde leur disait, mais en plus, ils se méprenaient sur ses intentions. Lydia n'avait pas une seconde voulu punir qui que ce soit, seulement aider des gens en peine, mais... Pourquoi est-ce que comme d'habitude tout se passait mal ?

En désespoir de cause, elle vint en effet chercher du soutien auprès de celui des deux garçons qui semblait le plus sensible à ce qui se passait en réalité. Ils devaient, eux aussi, percevoir la réalité, même s'ils avaient du mal, n'est-ce pas ? Et alors qu'elle était en quête, dans les yeux du jeune aux miroirs bruns, d'aide, celui-ci grosso-modo, la gronda...

Arrêter de faire ça ?

Juste les gronder ?

Grâce à tout cela, Lydia perçut tout, effectivement, notamment le fait qu'il lui valait mieux faire ce qu'on lui disait - et la brune acquiesça, faisant de son mieux pour avoir l'air normale. Même si ce simple terme lui rappelait trop son frère, et sa haine de ce qui la rendait si particulière.
Elle adressa un sourire contrit à la mère et à la petite, et voulut parler pour s'excuser et improviser une excuse, peut-être offrir un dédommagement, quand la petite largua ce qui – de toute évidence – ne pouvait être bon :

Que Lydia était une sorcière.

Certaines personnes le vivaient très mal, d'autres beaucoup mieux. La plupart des gens croyaient juste qu'il y avait un tour d'illusion derrière, mais...
Le deuxième jeune vint à leur aide, mais c'était un peu trop tard. Lydia perçut à son tour les bruits de pas, et surtout les hurlements déchirants du tablier de la mère qui criaient que Poli est là, que Pierre, Martin, Dolores arrivent – puis enfin, trois... non, deux personnes, pour la plupart des gens normaux arrivèrent.

Un policier, et un grand type qui ressemblait comme deux gouttes d'eau au policier et muni d'un martinet attaché à sa ceinture – un martinet, donc qui faisait de la douleur là où il passait. Lydia réalisa enfin dans un rare éclair de lucidité ce que les vêtements avaient dit, entendit le pantalon de la petite qui hurlait que non, il n'avait rien fait, et cligna des yeux en se retournant vers eux, ébahie :

— Attendez... C'est d'eux dont ils ont si peur?


Le Pierre en question leva le nez fièrement, contempla le petit trio de mages sans pour autant savoir ce qu'il en était réellement, et sa fierté se changea en grimace. Son frère, ou celui qui devait être son frère, se rapprocha de lui avec son bel uniforme, et se passa la main sur la nuque, d'un coup beaucoup moins menaçant.


— Dis... T'es sûr que c'est ça, les dangereux pervers qu'il convenait de corriger ?



— Bah j'en sais rien, c'est ce que Nanou a dit... C'est eux, hein ?
Demanda-t-il à sa femme, sans toutefois avoir l'aide de s'y intéresser malgré le potentiel grande gueule de cette dernière car il se hâta de baisser les yeux vers sa « fille » et pointer le doigt sur Morgan aussi irrévérencieusement que s'il avait été un meuble (quoique, pour Lydia, c'eut été une insulte) : C'est eux qui t'ont fait du mal ?

— Nan ! Protesta la gavroche, en montrant ensuite du doigt Lydia, et criant : c'est elle, c'est la vilaine sorcière !


Lydia pâlit, ayant la désagréable impression de se retrouver comme dans l'ancien temps. On ne l'avait jamais corrigée, ou en tout cas pas avec ça, mais le martinet était en train de proposer divers châtiments pour une jeune fille et deux jeunes garçons qui n'avaient pas été gentils et qui étaient de mœurs étranges, que la jeune femme n'aimait absolument pas. Un peu trop créatif à son goût – elle l'aurait bien fait taire, cet engin, mais apparemment le jeune aux yeux bruns insistait pour qu'elle ne le fasse pas... Qu'elle ne fasse pas le "ça" dont avait si souvent parlé Randon, le "ça" de sa magie. Qu'elle ne laisse pas les objets se servir de son pouvoir, et à plus forte raison, ne pas s'en servir elle non plus.

Que faire ?

Son maître l'aurait protégée... Il aurait trouvé quelque chose à faire, à dire pour régler la situation en deux coups de cuillère à pot, mais voilà, elle était différente. Et en général, elle marchait hors des dangers en retournant au pire ce que les gens n'aimaient pas contre eux. Mais là ? Elle n'était pas seule, et deux autres personnes comme elle risquaient de se voir houspiller par ces instruments méchants.
Elle se recula sans s'en rendre compte derrière Fréderic, mais monsieur papa n'aimait à priori pas tout ça, et tourna le visage pour suivre la jeune fille du regard.


— Attendez... C'est vous ? La vilaine?


Fort heureusement, la mention de sorcière le laissa totalement froid. En revanche, le tablier de la dame protesta : « Mais - qu'est-ce que tu fiches ici?!! On t'avait pourtant demandé de ne pas venir, de nous laisser tout régler tout seuls! Tu vas encore t'énerver comme un idiot ! » mais personne ne l'écouta, mis à part Lydia qui avait bien perçu qu'à partir de ce moment, tout ce qu'elle pourrait dire en rapport avec un objet inanimé passerait très mal. Elle murmura, cependant, à Fréderic :

— Leur fouet et leur matraque ont envie de nous assaillir... Mais j'ai peur que, suite à mon départ, ils ne s'en prennent à vous aussi. Pouvez-vous courir vite ?

Il semblait néanmoins que ce que percevait Lydia – soit une agressivité absolument pas masquée – ne soit toutefois pas la même chez les deux hommes. Le papa se tourna vers le policier quand la mage dut, face à son regard dur, avouer qu'elle était bien celle qui les avait grondés, et avec son instrument accroché à sa ceinture, grommela :


— Bon... On fait quoi, alors ?



— Je sais pas, j'avais prévu une arrestation en bonne et due forme mais là...


Mais là, leur colère – tout du moins concernant la fille, qui avait de toute évidence plus l'air d'une clocharde folle qu'autre chose – était un peu retombée, et la décullotée qu'ils avaient eu l'intention de mettre aux pervers qui avaient grondé respectivement leur fille et nièce n'avait du coup plus trop de lieu d'être.

A moins que...


— Et eux ?
Demanda le policier en montrant les deux jumeaux. Ils y sont pour quelque chose ?

Avant même que quelqu'un ne puisse répondre, ou protester qu'ils en faisaient beaucoup pour pas grand chose, que les deux autres mages n'y étaient pour rien, Lydia sentit l'énervement du tablier monter, monter et monter encore – et pria pour que soit la dame qui soit en train d'influer le tablier, et non pas ce dernier qui s'énervait et qui prendrait d'office possession du pouvoir de Lydia pour agir. La situation avait tellement de moyens de tourner mal, et elle avait si peu d'options à part la fuite ou le combat et vu l'agressivité des objets de ces hommes, c'était une mauvaise idée...

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#C984D9, that's Lydia's vooooiiice! Thank you, Dolores!
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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Magie, Magie, et vos idées... [ Lydia Gray ]   Mar 22 Nov - 0:52


Toc toc toc:
 

Comme quoi quand ça démarre mal, ça peut aller que de mal en pis.
Bah non hein, ils n'étaient pas déjà assez embêtés comme ça avec une magicienne délurée, une gamine mal éduquée et une matrone pas assez occupée dans sa vie pour avoir autre chose à faire que de venir chercher des noises aux gens. Non non, le destin s'était senti inspiré aujourd'hui et leur avait envoyé des enquiquineurs supplémentaires. Plus on est de fous plus on rit !

La demoiselle à son côté réagit à ses remarques par une question qui le laissa perplexe.

- Attendez... C'est d'eux dont ils ont si peur?
- Hein ?
- Dis... T'es sûr que c'est ça, les dangereux pervers qu'il convenait de corriger ?

Frédéric, une fois de plus, soupira.
Les deux hommes qui s'étaient approchés étaient plus grands, plus vieux et plus costauds qu'eux. Histoire de rajouter au tableau, Fred sentit que Morgan se rapprochait de lui instinctivement et le mage comprit qu'il devenait nerveux. Évidemment, c'était le genre de situations dans lesquelles les Lenoir n'aimaient pas se retrouver...
C'était quoi tous ces gens sans cervelles ?! Il y avait même un policier dans le tas, maintenant, et il n'avait pas l'air plus doué que les autres.

La magie de la demoiselle le frôla encore et ça le fit tiquer à nouveau. Il se tourna vers elle et s'apprêta à lui demander discrètement d'arrêter une fois pour toutes quand celle-ci se rétracta brusquement.

— Attendez... C'est vous ? La vilaine?
Freddy se retourna vers l'homme qui avait parlé. Ça n'était pas le policier, mais ça ne le rassura pas vraiment.
Il entendit en fond sonore la gamine qui rajoutait.
- Et m'man regarde les deux autres ils sont tout pareils ! C'est des démons d'la sorcière !
Ce à quoi la mère répondit en lui secouant le bras et en lui lançant une regard noir tandis que Morgan ouvrait de grands yeux, toujours nerveux.
- On est jumeaux. C'comme ça qu'on dit. Pas démons, ça existe pas.
Frédéric se bénit d'avoir un jour appris à Morgan à jouer le sceptique en toutes circonstances.
L'homme s'approchait de la "sorcière", laquelle blêmit d'un coup et Frédéric intervint encore, bien qu'on ne lui ait pas demandé son avis :

- Dites vous trouvez pas qu'vous en faites pas un peu trop là ? Des gosses font les zouaves et vous v'nez en renfort pour fouetter les ceusse qui les grondent gentiment ? Elle s'est excusée c'bon 'faut pas en f--
- Leur fouet et leur matraque ont envie de nous assaillir... Mais j'ai peur que, suite à mon départ, ils ne s'en prennent à vous aussi. Pouvez-vous courir vite ?
Elle avait parlé bas, mais les propos tenus lui coupèrent la chique aussi sûrement qu'une faux coupe un doigt. Il se tourna vers elle avec une tête de merlan frit qui trahissait clairement sa surprise.
- Bon... On fait quoi, alors ?
ENFIN une question sensée ! Il aurait bien applaudit tant elle faisait écho à ses propres pensées. Morgan, manifestement, était aussi perplexe que lui.

Leur matraque voulait leur faire la peau ?! Alors elle était quoi, un genre de médium des objets ?! Comment un objet pouvait-il avoir "envie" de quoi que ce soit ? Les végétaux, d'accord, la pierre à la limite - dans un lieu hautement chargé et probablement éloigné - mais les objets...?!

Il pensa à son paquet, toujours dans sa main droite.
Puis à ses godasses.
Puis à son pantalon.

...

Par réflexe, il y baissa les yeux pour vérifier qu'il n'y avait toujours pas plus de magie dans ses culottes que dans la cervelle de ses cousins.

- Et eux ? Ils y sont pour quelque chose ?
- C'est les démons d'la dame, ils étaient derrière elle.
- Y t'ont touchée, Nina ? Il t'a touchée çui-là ?!

Le policier pointait Morgan du doigt et ça fit exploser Frédéric.
- Mais ça va pas ?! On a juste vu la gosse faire l'imbécile, se faire gronder et la d'moiselle s'est excusée depuis. La d'sus ça vous ramène toute la maréchaussée ? M'sieur, sauf votre respect j'crois qu'vous en faites des caisses.

Le jeune mage s'interrompit. Entre lui et la matrone, quelque chose venait de passer. Il n'aurait su dire quoi, mais instinctivement Morgan, qui avait senti Fred sur la trajectoire du truc, le tira en arrière.
Il faillit tomber sur Lydia et se retint à son bras tandis que le tablier de la matrone se mettait à... onduler ? Comme pris par le vent, il s'agitait, donnait l'impression d'enfler.
Fred se redressa en s'excusant, tiquant de l'oeil gauche tant la magie de la jeune femme le perturbait, vue de si près. Il vit alors le tablier claquer au hasard, au visage de la petite qui se mit à chouiner. La mère se pencha vers elle pour voir ce qui n'allait pas et le martinet d'un des hommes sauta de sa main pour voler en l'air et s'abattre sur la jupe de la mère, sur laquelle pendait ledit tablier. L'homme tenta de le rattraper - pensant sûrement avoir été maladroit - alors que la mère sursautait, ramassait l'objet, le regardait un instant d'un air surpris et se redressait, plus courroucée que jamais.
- Hé dis-donc ça va pas bien, toi ?
L'homme protesta vainement.
- Mais j'ai rien fait, il m'a échappé...

S'ensuivit une début de dispute entre les deux, sur les qualités requises chez un homme de sa stature et chez l'emportement maladif de certains représentants du sexe féminin, comme attesté par la situation présente.

Frédéric, d'abord surpris, vit qu'on ne prêtait soudainement plus trop attention à eux.

Son esprit fit alors un virage à 360 degrés. A ce stade, il était énervé - l'homme s'en était (presque) pris à Morgan - perplexe, las et bien au delà de sa tolérance habituelle à la bêtise humaine - ou légendaire, car déculotter des gosses à coups de magie n'était pas le truc le plus discret qu'on puisse imaginer.
Il souffla donc un grand coup, se releva et décida qu'il était grand temps de s'amuser un peu. Notre jeune homme de dix-huit balais prit donc une grande décision pas très mature elle-même. La demoiselle avait raison : poudre d'escampette ou pas, ça avait bien assez duré. Ses méthodes à elle n'étaient peut-être pas très catholiques, mais au moins, ma foi, ça marchait.

- Bon vous avez raison, tant qu'à y aller...

Il n'était pas très doué pour mouvoir des objets, mais ça valait le coup d'essayer.
Prenant le poignet de son frère, il fixa la matraque, dans la main de l'autre molosse.
Elle chauffa doucement, doucement, doucement... jusqu'à ce que son propriétaire s'en défasse violemment tant elle lui brûlait. D'un petit coup de vent, il s'assura qu'elle tomberait - bien plus lourdement qu'elle n'aurait dû - sur le pied de l'ex-porteur de martinet. Celui-ci hurla, commença d'engueuler son frère dans des termes parisiens qu'il serait douloureux de retranscrire ici, mais dont la traduction en ardennais n'était pas difficile à Frédéric.

La dispute éclata entre les trois, se mit à inclure des griefs familiaux vieux de plusieurs générations et des noms d'oiseaux à faire blêmir un rouge-gorge.
Relâchant toute sa concentration d'un coup, le jeune cracheur de feu prit à parti la matrone :
- Bon, ben la mère, j'crois pas qu'il soit nécessaire qu'on reste ici, nous et la d'moiselle, pour entendr' des mots pareils après s'êtr' fait accuser pour rien. Encore un' fois pardon du dérang'ment et bien l'bonjour chez vous.

Elle n'eut pas le temps de lui répondre que le policier la prenait à parti sur le fait que son imbécile de mari soit incapable de tenir un martinet correctement et que la police n'était pas à mander pour des affaires de rien du tout, et qu'il avait un travail correct, lui, madame, et que la petite dame avait pas l'air du genre à déculotter les gens.

Dans la rue des têtes passèrent par des portes et des fenêtres, y compris celle de Marcel Phalempin, ferronnier de son état, qui demandait à "ces jeunes messieurs Lenoir" s'il y avait un souci.


_________________
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