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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Des deux côtés du miroir [ft Bloody Mary]

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Rita Upset
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MessageSujet: Des deux côtés du miroir [ft Bloody Mary]   Sam 3 Déc - 0:34

Spoiler:
 

L'humeur était à la fête au cabaret. Plusieurs heures de danse, de chant et de beuverie bien accueillies s'étaient écoulées ce soir-là, les clients avaient été plus que satisfaits et avaient bien profité de la compagnie des artistes et des employés, tout aussi agréable fut-elle. Emerald et ses collègues avaient encore fait fureur en cette soirée, rendant honneur au dur programme qu'ils avaient préparés : le thème de la rose avait rebondi en chants langoureusement et terriblement trop sucrés, la musique avait été suave à en baver de plaisir et les danses avaient sillonné entre l'électrique et le slow à l'eau de rose.
Pourtant, peu à peu les vives lumières de joie s'éteignaient, s'égrainant tels les clients qui traversaient les portes du Lost, souvent seuls dans l'épaisse nuit ébène de Paris. Les dernières lampes se taisaient au passage des employés, et bientôt l'on ne voyait plus que les bougies fluettes des diverses chambres aux dormeurs bien secrets. Des derniers pas pointilleux clapotaient sur le lit de parquet, et les voix amusés de Rita et de ses camarades résonnaient à travers les murs fins des dortoirs. La jeune femme chuchota un dernier adieu fatigué, avant de faire grincer les gonds de sa porte pour pénétrer dans son sanctuaire humide. Ne prenant guère soin de son déshabillage, balançant par-ci par là les divers morceaux de son costume de scène, la banshee s'effondra sur son lit dans un gros « pouf », en culotte froncée et chemise de nuit enfilée à la va-vite. L'air dégagé par la couette agita ses petites babioles accrochées au dessus d'elle, cognant les clochettes, les attrape-rêves, les tresses et les pendentifs de perles entre eux. Un silence tranquille s'installa autour de la vieille créature, qui plongeait de plus en plus dans une torpeur bien méritée. Ses paupières brillaient dans le noir, encore maquillées de paillettes émeraudes, reflétant la lumière lunaire qui s'infiltrait au travers les vitres.

Cependant, ces dernières s'ouvrirent d'un coup, lorsque la banshee sentit se planter une piqûre particulière et la chair de poule se répandre rapidement sur son épiderme. Elle se redressa brusquement, appuyée sur ses bras tendus, examinant d'un œil vif les recoins de sa loge. L'obscurité et la peur faisaient barrage à ses sens, alors aussitôt prit-elle la boîte d'alumettes sur sa table de nuit et en sortit un des petits bâtons de saindoux, le craqua et enfin dirigea la flamme juste née vers le reste de sa bougie. Le flambeau maigrelet se protégea d'un halo chaleureux, que Rita n'appréciait pas vraiment, si ce n'est pour la lumière qu'il lui procurait.

La banshee se leva doucement, bougeoir à la main, scrutant scrupuleusement les murs de son atelier. Elle s'avança prudemment, un frisson sous sa peau sablée, et tourna ses pieds hésitants vers sa coiffeuse. Celle-ci était encombrée de tant d'objets intimes, allant des petits produits de ses mains expertes aux cadeaux exquis et chargés d'amitiés. Pourtant, il lui était désormais détestable.  La chanteuse sentit un malaise en fixant son seul miroir, et hésita un instant avant de cheminer discrètement vers le mobilier. D'une main, elle y dégagea un petit espace pour y poser sa bougie, et tatillona ensuite pour s'appuyer sur le pupitre, approchant son visage de la surface lisse de son reflet. Passés quelques secondes, la jeune femme finit par douter de ses perceptions, mettant ces derniers sur le compte de la fatigue. Elle s'apprêtait à quitter le miroir du regard, lorsqu'elle s'arrêta soudainement.
Son œil vert avait été attiré par autre chose. Cela n'avait duré que peu de temps, un millième de fraction de seconde, mais Rita savait qu'elle ne se trompait pas. Son regard d'outre tombe voyait en son miroir plus que sa propre silhouette. Une lumière furtive s'était envolé avec les ombres de la pièce, mais déteignait d'un sinistre rouge pourpre. Elle avait filé au coin du regard de la banshee, qui avança sa main jusqu'à toucher la glace gelée. L'image s'en retrouva troublée, donna au monde inversé un effet moiré et continua d'onduler, jusqu'à ce que la présence décide enfin à se réveler. La banshee en était stupéfaite : elle qui connaissait la plupart des créatures vivantes et celles qui ne le sont pas, voilà qu'elle se trouvait en face d'une chose qui, à son sens, n'existait pas. Oh bien sûr connaissait-elle la magie des reflets, et comment l'on peut se retrouver piégé par sa propre image, mais ces sortilèges ressortaient du domaine aquatique et sûrement pas du sable fondu. Quel mage assez puissant avait-il pu obliger son reflet à se distordre en jeune femme aux yeux aussi vivaces ?

Sans quitter l'apparition des yeux, Rita s'assit lentement sur son tabouret au velours pourpre, assujettant son corps à rester le plus immobile possible devant la femme à la mèche rouge.

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"Maintes et maintes fois, maintes et maintes fois, j’ai cherché sans trouver la réponse à mon existence
Mais rien n’est certain, et encore moins
La raison des larmes sur mes poings
J’ai beau continuer, à la nuit tombée
Je m’arrête épuisée et me réveille quand le soleil est levé

Alors "Je suis heureuse, heureuse de vivre" pour tout les nouveaux jours à voir...
Je prie pour un jour y croire..."


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Dernière édition par Rita Upset le Dim 25 Déc - 11:52, édité 1 fois
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Mary Bloody
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MessageSujet: Re: Des deux côtés du miroir [ft Bloody Mary]   Lun 5 Déc - 0:58


Mary avait essayé de dormir ce matin, ce qui était toute une affaire quand on était pur ectoplasme. Elle s'était juste allongé quelque part, avait fermé les yeux et tenté de ne penser à rien, jusqu'à ce qu'elle en ait assez. La notion de veille et de sommeil n'avait plus vraiment de signification pour elle mais il y avait parfois des moments ou ses propres pensées étaient lourdes et lui causaient ce qu'elle identifiait comme des migraines. Ses séances de pseudo sommeil étaient tout ce qu'elle avait trouvé pour y remédier.

Elle avait rouvert les yeux vers la fin de l'après-midi, du moins c'est ce qu'elle en avait conclu au vu de la luminosité ambiante qui régnait au Lost Paradise. Elle avait suivi sans trop d'intérêt les festivités prévu pour la soirée. Les numéros, les chants, les danses. Mary n'avait plus aucune notion artistique en quoi que ce soit. Elle reconnaissait une œuvre ou un spectacle quand il y en avait un devant elle mas la subtilité ou la portée artistique de la chose butait complètement en son esprit. C'était une des choses qu'elle avait perdu quand elle était passé dans l'après-vie.

De toute manière, elle n'était pas là pour regarder les spectacles offerts par le cabaret. Son travail était de surveiller et elle surveilla donc. Edward White avait prévenu ses employés qu'il avait embauché un esprit pour veiller à leur protection via les miroirs du cabaret, ce qu'il leur avait caché s'était que Mary, depuis le monde du reflet, pouvait observer le monde réel depuis n'importe quel reflet : couverts bien propres, eau particulièrement claire, vitres... si le plus pratique restait un bon miroir, Mary avait tout de même des yeux partout au Lost, et elle n'avait rien perdu de la représentation.

Bon à vrai dire, il n'y avait jamais grand chose à craindre à ce moment là. En public, devant tout le monde, les exactions des clients étaient rares et de toute manière, si problème il y avait à ce moment là ils étaient suffisamment visibles pour n'importe qui et la surveillance de Mary servait surtout à remplir sa journée à elle. C'était la nuit que son travail prenait tout son sens. C'était à ce moment là qu'elle était quasiment la seule à veiller au grain. Là, et pendant les représentations privées que donnaient parfois les artistes dans leur loge, mais ces dernières se passaient souvent au début de la nuit.

Il n'y eut d'ailleurs pas grand chose à déclarer entre la fin du spectacle et l'extinction des chandelles. Quelques artistes finirent de se parler entre elles dans un couloir du premier étage. Mary se permit de les ignorer et alla surveiller ceux et celles qui étaient les premières à se coucher. Elle les regardait préparer leurs draps, se glisser dedans. Parfois répéter encore un peu devant la glace. Elle vit même une personne pleurer un peu toute seule. Peut-être un chagrin d'amour, cela n'avait pas fait hausser un sourcil au spectre.

Avec l'image de Mary les surveillant tous s'endormir les uns après les autres, on pourrait penser à une mère aimante s'inquiétant du bien être de tous ses enfants. La vérité était que Mary était seulement très consciencieuse à propos de son travail et l'accomplissait du meilleur qu'elle le pouvait, sans se fatiguer ou s'ennuyer à la vitesse d'un vigile humain ; c'étaient là des avantages propres à sa condition.

L'une des dernières à allez au lit fut... Emerald ? Mary pensa que c'était Emerald. Elle n'était là que depuis une semaine environ et n'avait pas encore mit un nom sur tous les visages du cabaret. D'ailleurs en bonne artiste, Emerald devait avoir en plus un nom de scène. D'ailleurs c'était certainement là son nom de scène, à y bien réfléchir. En revanche elle ne savait pas, ni avait cherché à comprendre, la logique d'un tel surnom.

Ladite Emerdal, donc, était en train de s'endormir, sous la surveillance un brin blasée de Mary. A l'évidence rien ne menaçait directement l'artiste et le travail du spectre était inutile ici. Pourtant Mary allait passer la nuit à allez de chambre en chambre, et passer par tous les reflets de la bâtisse afin de prévenir des effractions ou des soucis nocturnes. Ensuite quand l'aube allait pointer par delà l'horizon, elle allait certainement rejoindre Mu pour discuter un peu avec lui. C'était la petite récompense qu'elle s'offrait après chaque nuit à veiller inlassablement le Lost Paradise.

Mais cette nuit là il se passa quelque chose qui fit dresser les cheveux de Mary sur sa tête : Emerlad se releva d'un seul coup, les sens visiblement en alerte. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : elle avait vu ou senti la présence de la spectre. Mais c'était pourtant impossible ! Mary était un spectre du monde du reflet, même si un indésirable fixait le miroir dans lequel elle se trouvait elle n'était visible que si elle, le voulait. Enfin non... c'était impossible pour un être humain doté de sens classiques. Emerald devait avoir des capacités extra-sensorielles ou alors une sensibilité particulière avec les esprits, Mary n'en savait rien.

Quand l'artiste alluma une petite flamme pour y voir plus clair, Mary s'était déjà réfugiée dans un recoin sombre du miroir. Elle aurait pu partir allez surveiller une autre chambre mais elle restait un minimum curieuse de cette situation et voulait savoir comment elle avait pu être repérée.

L'artiste s'approcha doucement et finit par s'asseoir devant sa coiffeuse, qu'elle fixa de ses grands yeux verts. Ce fut à ce moment là que Mary comprit d'où elle tirait son surnom d'Emerald. A son air un peu perdu la spectre devina que l'artiste ne la voyait pas. Elle allait probablement repartir se recoucher mais Mary était curieuse de tester sa perception qui l'avait prise en défaut une fois. La spectre se prépara puis passa en un coup de vent vers l'autre bord du miroir. Elle n'était pas limitée par des règles humaines quand elle était dans un miroir. Pour autant sa rapide traversée restait perceptible pour un regard vif. Si son intuition était bonne, l'artiste l'avait vu ou au moins devait se douter qu'il y avait quelque chose de louche avec sa coiffeuse. Elle avança d'ailleurs sa main afin de toucher le miroir.

Une onde glacée traversa le monde du reflet qui fit frissonner la spectre de tout son être. Alors ça... elle détestait quand on touchait le miroir où elle se trouvait ! Seul Mu, avec un contact timide et plein de prévenance pour son miroir, avait diffusé une onde rugueuse et tiède, comme le bois dont il était fait. Emerald, là... avait quelque chose en elle qui avait rendu le contact glacé. Mary était désormais convaincue qu'elle n'était pas humaine, ou alors elle en était une mais possédait une âme froide comme la glace. Mais cela collait peu avec son métier de chanteuse, voilà pourquoi Mary pariait que la froideur du contact était plus dû à la nature de l'artiste plutôt qu'à son âme ou sa personnalité.

Quoiqu'il en soit le contact et l'onde qui s'en était ensuivit lui avait fait perdre toute maîtrise de son environnement et elle était maintenant au centre du miroir. D'une pichenette, elle transforma le reflet de l'artiste en brume, de façon à avoir toute la place pour soi. Emerald s'était maintenant assise, sans parler, fixant Mary avec ses yeux verts et vivaces. Mary fit de même, faut d'avoir un reflet elle ne savait pas à quoi elle ressemblait mais Mu lui avait assuré qu'elle avait elle aussi des grands yeux expressifs. Elle regarda l'artiste sans bouger pendant un certain moment. Puis finalement, n'en tenant plus :

« Tu sais, au jeu de qui a le plus de patience, je suis sûr de gagner. » Commença t-elle avec une ironie qui lui était familière. Après tout si jeu il y avait, elle venait d'y perdre en assurant sa maîtrise de la chose. La suite fut du même acabit. :

« À  cette heure-ci tu es couchée habituellement, il y a quelque chose qui te dérange ? » fit-elle en faisant mine d'ignorer que c'était manifestement sa présence qui maintenant Emerald éveillée. Dans le pire des cas elle se sentait capable de tenir la conversation toute la nuit. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas parlé à quelqu'un d'autre que Mu ; et Mary était experte en insomnie.

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Rita Upset
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MessageSujet: Re: Des deux côtés du miroir [ft Bloody Mary]   Ven 23 Déc - 18:46

Cela faisait longtemps que Rita n'avait plus eu de frissons. La plupart des choses avaient cessé de l'effrayer depuis belle lurette,  puisqu'un seul coup de son œil maudit pouvait lire leur nature profonde. Mieux, elle pouvait même deviner quand ils arrêteraient de hanter ses nuits, de serpenter son épiderme fluctuent, de gratter sa gorge au point où elle devait s'arracher la trachée pour ne plus en souffrir. Ses yeux n'étaient désormais usés plus que par la fatigue, parfois aussi par les vies décadentes, mais hélas s'étaient également lassés des mystères que pouvait encore receler ce monde, des merveilles qui naissent tous les jours et dont Rita en avait perdu la curiosité. Son ancien temps lui manquait cruellement, du temps où une simple fleur contenait plus de sens que tout autre être, et où les âmes étaient bien plus nombreuses que les chairs.

Aussi fut-elle bien surprise, quand son cœur factice se mit à battre à tout allure, quand ses yeux damnés se révulsèrent au point de se piquer la cornée, quand son corps chétif et froid frémit d'angoisse, face à l'apparition soudaine que son miroir se donnait plaisir à lui montrer.
Elle s'était accroché à son tabouret, ses doigts calleux d'avoir trop joué de harpe serrant le bois vernis solidement, offrant une ancre ferme à la banshee, qui se sentait plutôt d'humeur à tomber à la renverse et à jouer à l'esprit évidé.
Le visage contrarié de son impossible interlocutrice la fixa à son tour et Rita sentait mugir en elle une bile anxieuse. Sa bouche ne s'entrouvrit même pas un instant, alors qu'un goût acide s'y accumulait, incommodant la banshee d'un silence gênant.  Cependant, ses remontés redescendirent très vite, lorsqu'une voix résonna à travers le verre encadré.

« Tu sais, au jeu de qui a le plus de patience, je suis sûr de gagner. »

Une ironie bienvenue se dégagea de ces quelques mots, et fit s'interroger la chanteuse sur sa compagne impromptue. Ainsi cette créature pouvait parler en tout intellect qu'elle pouvait posséder, et même faire preuve d'esprit. Elle pouvait faire vibrer l'air et le verre qui l'entourait, afin d'atteindre quiconque frapperait à son Miroir. Ce n'était donc pas une de ces pauvres engeances des enchantements et des pierres ensorcelées, celles que désormais tous utilisent sans scrupule comme servant ou comme puit d'énergie jetable.

Se murant toujours dans le silence, Rita plissa des yeux et fit taire sa stupeur froussarde un instant, osant même jusqu'à pousser son corps à se pencher en avant, les coudes sur les genoux, la tête au creux des mains. La prudence ne put empêcher ni son interêt d'aller s'afficher fièrement dans son visage, ni son sens du défi de s'installer, de façon orgueilleuse, au fond de son regard vert. La peur coinçait encore ses articulations, mais au moins ce sentiment avait l'humble savoir que l'on ne peut résister longtemps à une nouvelle curiosité.

Une curiosité qui avait, par ailleurs, l'art d'être remarquable. Hormis son apparition des moins communes, son apparence singulière attirait Rita particulièrement : on pouvait aisément constater que c'était un être féminin, d'apparence humaine, sûrement un format de naissance. Ah, si les habitants des Miroirs pouvaient refléter tous ce qui passait devant eux, Rita, à leur place, aurait sûrement choisit une silhouette plus singulière. Mais non, l'autochtone qui la toisait avait tout d'une jeune fille, aux cheveux d'un bleu de minuit écourtés comme ceux d'un homme, dont une mèche ardente se dégageait, trônait de tout son saoul sur le front d'un visage couvert de tâches de rousseur.
Ce dernier détail d'ailleurs démarquait d'un manque de soin bien apparent, mais enfin était-ce dans les habitudes des êtres des Miroirs que de couvrir ces vilaines tâches ? Qu'importe d'ailleurs, car ceux-ci ne distrayait guère de l'élément le plus incroyable de cette apparition mystique : ses yeux dorés comme ceux d'un loup, qui se mélangeaient avec les reflets aveuglants du verre, perçaient, acerbes, la glace cristalline et lumineuse.

« À  cette heure-ci tu es couchée habituellement, il y a quelque chose qui te dérange ? »

Oh, tout la dérangeait dans cette silhouette singulière. Son humanité trop visible, sa négligence insolente, son être tout entier qui rayonnait grâce aux autres, mais qui ne dégageait nul éclat de par elle-même. Rita n'avait fichtrement aucune idée de ce qui pouvait siéger face à elle, mélangeant en elle terreur, interêt et, au final, aigreur. Une anomalie au nouveau monde et à l'ancien, qui échappait au pouvoir de la dame séculaire. La banshee se consumerait-elle déjà ?

Cela expliquerait pourquoi un doute se formait au sein d'elle même : avait-elle oublié qu'elle avait déjà rencontré cette erreur de l'univers ? Les propos de cette dernière le laissait penser, pourtant Rita n'avait aucun souvenir d'avoir déjà constaté telle chose.
Il faut dire qu'elle ne prêtait jamais guère attention aux personnes qui entraient au Lost, et aussitôt se flagella-t-elle de cette vilaine habitude qui lui aurait sûrement évité une crise d'effroi. Elle fit silencieusement la liste des personnes qu'elle connaissait de près ou de loin au cabaret ou même en dehors, mais hélas ce décompte se fit très court, malgré plusieurs tentatives courageuses de la part de la banshee.

« Oh. »

Cependant, son esprit antédiluvien se souvint d'une consigne, d'un discours ferme de ce si cher directeur qu'était Edward, de son désintérêt quand celui-ci refusa une énième autorisation de livraison de matériel farfelu. Ses paupières s'écartèrent lentement, dévoilant ses grands iris verts et bien humains, suivis dans leur mouvement par ses lèvres qui encerclèrent ses dents blanches. Elle se redressa doucement, sans lâcher le Miroir du regard, la Lune profitant de cette distraction pour lui lécher ses mèches brunes. Sa gorge ne grattait pourtant point, et pourtant ne lâcha-t-elle pas plus que dans un souffle :

« Tu es Mary. »

Ainsi un autre nom était marqué dans l'éther, chargeant d'une nouvelle importance la silhouette aux iris d'or. Elle était toujours autant emplie d'énigme pour la banshee, mais désormais un lien ancestral commençait à se tisser subrepticement, comme à chaque fois que l'on possède des appellations nouvelles. Encore faudrait-il que son interlocutrice obtienne le sien, pour que ce fil soit accroché à leur deux âmes. C'était peut-être un peu égoïste de sa part, mais Emerald se sentait d'humeur à ne point se dévoiler ce soir.
La chanteuse se rebalança en avant, les bras croisés sur le torse et un début de sourire étonné, soulagé et moqueur, tordit ses lèvres plus rosées que d'habitude.

« Et bien, on m'avait dit que quelqu'un veillerait à notre sécurité, mais je n'imaginais qu'il s'agissait de quelqu'un... D'aussi particulier. Ni qu'il se promenait dans nos jolis Miroirs ! » lança-t-elle, plus railleuse qu'elle ne le souhaitait.

Mais bon, qu'importe.

« Pas que ça ne me dérange particulièrement. J'adore les visites impromptues. » mentit-elle, puisque les surprises, elles en avait déjà soupé plus de mille fois.

Mais bon, qu'importe.

« Et bien, je te souhaite la bienvenue au sein du Lost Paradise ! En espérant que tu réussiras à y trouver ton compte au sein de celui-ci. Notre petit refuge est bien sympathique, et on a le plaisir d'y trouver les choses les plus insolites. Oh, mais comme en cet instant, en fait ! » plaisanta-t-elle, mais la terreur qui l'avait secouée, il y a quelques instant, remuait encore son estomac. C'était étrange à quel point son corps se manifestait si humainement d'ailleurs.

Mais bon, qu'importe, il était dur de changer un personnage aussi bien travaillé que celui d'Emerald.

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MessageSujet: Re: Des deux côtés du miroir [ft Bloody Mary]   Lun 26 Déc - 23:52

Elles restèrent ainsi un petit moment, sans parler. Emerald devait être en pleine réflexion à propos de l’apparition dans son miroir. Cela déclenchait rarement chez les gens une envie immédiate de discuter avec l'inconnue que Mary représentait alors. Plus d'une fois elle avait eu la mauvaise surprise de voir son miroir violemment rabattue sur le meuble où le sol sur lequel était posé le miroir. Et vu la réaction qu'avait eu la jeune femme dans son lit, quand elle avait senti la présence du spectre, Mary se préparait à une telle fin à leur discussion ; pour l'instant à sens unique.

Mais rapidement, Emerald se pencha vers elle, sans intention menaçante, juste pour observer Mary d'un peu plus près. Plus un petit mélange d'émotion dans lequel la spectre croyait y reconnaître au moins un petit peu de peur. Cela déclencha chez elle une petite poussée de fierté. Comme ça, pour le plaisir.

« Oh. »

Fit Emerald.

« Tu es Mary. »

Ah ! Ainsi donc on lui avait dit son nom... sûrement le chef !

« Ah ! Ainsi donc on t'as dit mon nom... sûrement le chef je présume ? Lança Mary sans vraiment attendre de réponse. Elle disait surtout ça pour meubler la conversation, et puis vu l'air de la chanteuse cette dernière avait l'air d'être partie sur sa lancée :

« Et bien, on m'avait dit que quelqu'un veillerait à notre sécurité, mais je n'imaginais qu'il s'agissait de quelqu'un... D'aussi particulier. Ni qu'il se promenait dans nos jolis Miroirs ! »

L’ego de Mary était d'accord avec ce choix de mot. Bien sûr qu'elle était particulière. Unique même ! Après tout le Maître Miroir ne lui avait jamais dit qu'elle avait des semblables, ce n'était pas une preuve, ça ? Un peu enjouée, Mary répondit :

« Ah bah ma foi, que serait le monde sans une part de mystère, hein ? Et puis après tout ça facilite mon travail que vous ne sachiez pas tout sur moi. Par contre il me semble qu'Edward était sensé vous avertir de mon... affinité avec les miroirs. Je crois que l'une d'entre nous somnolait pendant l'explication si cela t'as échappé. » Ajouta-t-elle malicieusement. Elle avait noté la petite pique sarcastique de son interlocutrice sans savoir à quoi l'attribuer : son caractère qu'elle ne connaissait pas encore ou le fait que la spectre avait interrompu son sommeil.

« Pas que ça ne me dérange particulièrement. J'adore les visites impromptues. »

Ah ? Mary détesta ça, elle... elle imaginait mal quelqu'un aimer ce genre d’événement. Elle haussa les épaules mais de toute manière, Emerald continua de parler :

« Et bien, je te souhaite la bienvenue au sein du Lost Paradise ! En espérant que tu réussiras à y trouver ton compte au sein de celui-ci. Notre petit refuge est bien sympathique, et on a le plaisir d'y trouver les choses les plus insolites. Oh, mais comme en cet instant, en fait ! »

Difficile ici de dire si sarcasme il y avait, mais Mary serait tentée de dire que non, c'était des salutations en bonne et due forme. Dans le doute, elle s'inclina telle une artiste finissant un numéro sous les applaudissements.

« Merci merci ! J'ai eu l'occasion d'explorer un peu les lieux et en effet, l'insolite et le surnaturel y est assez concentré en ce lieux. Je n'ai plus l'impression d'être si... particulière ! » ironisa t-elle. Mary avait envie d'enchaîner en demander qui ou plutôt « quoi » était Emerald (elle avait encore en mémoire cette désagréable sensation de froid intense quand elle avait touché le miroir) mais ce n'était pas très polie et Mary avait un minimum de convention sociale tout de même. Autant commencer par les bases.

« Du coup, tu connais mon nom mais je crains fort que l'on ne t'ai pas présenté à moi. J'ai cru entendre ton nom de scène tout à l'heure : Emerald. C'est le tien c'est ça ? C'est pour faire référence à tes yeux j'imagine ? Ils sont tellement brillants que je suis sûr que je peux me refléter dessus. » Dit Mary, à moitié en plaisantant : il faudrait vraiment qu'elle essaie un jour en fait...

« Sinon, je ne vais pas te déranger plus longtemps, j'imagine que tu aimerais bien retourner te coucher ? Promis je ne t'espionnerais pas pendant ton sommeil. Enfin... probablement... met un tissu devant ton miroir sinon... » Cela tenait à son état de spectre ou sa personnalité profonde ? En tout cas, Mary était incapable de mentir. Au mieux (ou au pire, c'est selon) elle pouvait dire la vérité de façon extrêmement détournée afin de faire entendre l'inverse de ce qu'elle était sensée dire, mais sans plus.

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