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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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  Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines

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Lotte Hochvogel
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Ven 21 Avr - 20:35

Cette chère Délia avait toujours aimé les enfants. Déjà petite fille elle avait la fâcheuse manie d'emporter des bébés avec elle, quand bien même ils n'appartenaient pas à sa propre famille. Ses parents avaient attribué cela à un fort désir maternel, un désir qu'elle concrétisa lorsqu'elle se maria et donna naissance à une première fille, Melinda. L'enfant était douce, généreuse et aussi raffinée que sa mère, mais rapidement l'amour étouffant de cette dernière l'avait forcée à quitter le nid familial pour ne plus jamais y retourner. Foudroyée par le chagrin, Délia parvint néanmoins à se reconstruire, et bien qu'elle avait gagné un peu de poids, son mari l'aimait toujours autant et lui donna la possibilité d'avoir une seconde fille, qu'elle appela Melinda. La petite demoiselle était pleine d'énergie et toujours rieuse, mais pour une raison difficile à comprendre, elle quitta elle aussi la maison rejoindre sa sœur. Délia ne comprenait pas, mais il était désormais trop tard pour espérer avoir un autre enfant. Alors, elle s'acheta un chien, ainsi que quelques kilos. Mélinda était une chienne pleine de vie, toujours heureuse aux côtés de sa maîtresse, à sautiller et aboyer pour attirer son attention. Quel dommage que Melinda se soit enfuie… Fort heureusement, Mélinda le chat trouva une belle vie dans la maison de Délia, la chambre de Melinda servit de chambre à Melinda après avoir servi de chambre à Melinda. Délia chérit Melinda de toute ses forces en dépit des quelques nouveaux kilos de trop. Mais Melinda disparut à son tour ! Heureusement que Melinda la perruche occupe aujourd'hui le quotidien de Délia, d'autant plus qu'elle a les mêmes yeux que Melinda ! Si ça, ce n'est pas un signe.

- Ooooh Melinda, allons-nous vraiment nous en sortiiiiir ! Ne t'inquiète pas, maman Délia te protègera de la moindre mena-HORS DE MA VUE VILAINE SAUTERELLE !

Et le sac s'écrasa violemment sur le pauvre insecte, dans une telle force que les breloques de la vitrine la plus proche manquèrent de perdre leur équilibre. Les insectes avaient en effet envahi le cabinet, mais ce n'était pas la préoccupation principale de la petite Lotte, qui luttait pour dégager sa petite main fébrile de l'étau de chair que formaient les doigts de Délia. De l'autre côté, Charles-Alexandre essayait également de combattre la terrible étreinte de la grosse dame en tirant sa patronne vers lui tout en faisant signe à la terrible femme pour lui demander de lâcher la pauvre enfant, mais Délia n'y prêtait guerre attention, trop concentrée à écraser par sa force titanesque les malheureux insectes qui daignaient approcher la robe de la blondinette. Celle-ci tentait désespérément de glisser sa main hors des pinces de Délia, mais à chaque tentative la dame rondouillarde tirait l'enfant vers elle et renouvelait sa puissante étreinte.

- Je sais que tu as peur Melinda ! Mais ne t'en fais pas, je sacrifierai ma vie pour venir à ton secoooours ! Comment oses-tu te poser sur le ruban de Melinda, mouche du démon !

Et elle attrapa l'insecte au vol pour le broyer entre ses doigts. Lotte s'immobilisa, tentant de garder son calme, puis écarta Charles-Alexandre de la machine à tuer que représentait son assaillante. Il serait trop bête de voir le corps de son balai préféré se faire pulvériser par un simple excès d'instinct maternel. Avec un peu de chance elle se calmerait et partirai une fois la situation apaisée ?

- Une fois que nous serons sorties Melinda, je t'emmènerai chez nous, et je te montrerai ta chambre ! NGRRRUIIAAAARGGGG !!! Umpf, que croyiez-vous, vilains perce-oreilles ?

Ou pas. Lotte tenta une approche, mais la seconde suivante le sac de Délia frôla son visage, alors qu'il venait tout juste d'envoyer contre le mur une malheureuse libellule qui n'avait même pas eu le temps de regretter le chemin qu'elle venait de prendre. L'onde de choc fut telle que plusieurs moucherons approchèrent le nez de la petite Simurgh, qui malgré les quelques secondes d'apnée qui suivirent, finit par relâcher un petit éternuement.

- A-tchi !

Puis un tremblement de terre. Une violente secousse qui accentua davantage le grouillement des insectes et fit même perdre l'équilibre à quelques personnes présentes dans le cabinet. Était-ce la colère de Délia qui générait un séisme de la sorte ? Non, impossible, elle aussi s'était retrouvé la tête par terre. Mais alors… Un nouvel éternuement.

- A—tchaou !!

La secousse se renforça, quelques vitrines se fissurèrent sous l'onde de choc, le choc des breloques contre les vitrines de verre s'ajouta au puissant vrombissement environnant. Lotte manqua de perdre l'équilibre fait fut rattrapée par Charles-Alexandre qui la leva pour la poser sur ses épaules, et s'éloigner le plus loin possible de la terrible Délia qui peinait à se relever. La bibliothécaire se tint le nez, le regard emprunt de panique. Elle avait compris, ces secousses, c'était elle qui venait de les provoquer, par un simple éternuement. Les yeux ronds de l'intendant des tâches ménagères trahissaient une panique semblable, tandis qu'il traversait le cabinet en dépit des nombreux insectes qui approchaient son visage. Le séisme n'avait duré que quelques secondes, mais avait été suffisamment fort pour faire tomber quelques objets délicatement entreposés dans des vitrines encore intactes il y a quelques minutes maintenant. Charles-Alexandre finit par approcher le fond du cabinet, aux côtés du gigantesque céphalopode embaumé. Il posa Lotte au sol et s'accroupit, espérant se cacher de la vue de Délia qui cherchait déjà Melinda dans la foule paniquée.

- Charles-Alexandre, la situation devient vraiment dangereuse. Je perds le contrôle de mes pouvoirs, si cela continue, je risque de réduire en cendres la capitale en entier.

Ses mains toujours verrouillées autour de son nez, elle jeta un œil inquiet à la foule, de crainte de voir la silhouette ronde de Délia la fendre pour venir la rejoindre.

- Si cette femme me retrouve et que je perds mon calme, je n'ose même pas imaginer les conséquences que cela aurait. Charles-Alexandre… et elle le regarda droit dans les yeux, elle risque de détruire la capitale entière si elle me retrouve.

L'homme balai resta immobile quelques secondes, imaginant déjà une gigantesque explosion volcanique détruire la tour Eiffel et la cathédrale de la ville. Il fallait trouver une solution pour éviter les réactions incontrôlables de la directrice. D'après elle, tant qu'elle avait le contrôle total de son corps, il n'y avait rien à craindre, mais si elle se mettait à tousser ou éternuer, qui sait ce que cela pourrait déclencher.

- Je dois trouver quelque chose pour me couvrir le visage. Va trouver quelque chose Charles-Alexandre, je ne vais pas me risquer dans cette foule !

Les mains autour de son nez et de sa bouche, Lotte posa le dos contre la caisse du poulpe desséché Rupert von Tentaculiromax ! qui a dit ça ? Quoi qu'il en soit, l'employé de la bibliothèque était déjà parti fouiller dans les vitrines dans l'espoir de trouver un objet pouvant empêcher sa patronne de tous les tuer. Ses mains se posèrent hâtivement sur des lampes à abat-jour inversés, sur des squelettes de poissons, des peignes en os de poulet… Jusqu'à ce qu'enfin un objet attire son attention.

- Tu te moques de moi ? Tu n'as pas su trouver mieux ?

Les hochements négatifs de la tête de Charles-Alexandre lui firent comprendre que non. Lotte soupira et mit ses mains sur l'objet en question, avant de le placer devant son visage. La seconde suivante, elle se figea.

- Oooooh Melindaaaa !

Délia fixa Lotte, pencha la tête, silencieuse, piétina un mille-patte sous son petit escarpin trop étroit pour son pied dodu, puis se remit à hurler.

- Oooooh ma chère enfant, j'espère que les insectes ne t'ont pas dévorééé ! Je n'ai pas suffisamment d'argent pour acheter un terrarium !

Et elle disparut. La petite demoiselle, dont le visage était recouvert d'un masque indigène en bois, entouré d'une imposante crinière constituée de plumes et de poils blancs, leva son visage vers Charle-Alexandre qui ne s'était de son côté pas encore remis de son traumatisme. Les deux trous circulaires faisant office de yeux laissaient apparaître le regard perçant de la petite directrice, dont le petit corps était presque entièrement dissimulé derrière la crinière du masque. La large bouche édentée du masque empêchait cependant de constater la réelle expression de la Simurgh. Un silence pesant s'installa entre la jeune fille et son balai ensorcelé, l'un tentant sans doute de ne pas croiser le regard de sa patronne pour ne pas rire, l'autre faisant de son mieux pour garder son sérieux afin de ne pas commettre une erreur irréparable.

- … C'est lourd.

En effet, les deux cornes pointues en ivoire qui décoraient le sommet du masque devaient certainement peser son poids.
Maintenant c'était chose sûre, la soirée ne pouvait pas être pire.

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Lotte râle en #D45F8C
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 22 Avr - 11:48

Aldrick n'avait guère eut le temps de comprendre que déjà son corps entier était projeté en arrière en dérapant sous une sorte de mélasse à l'odeur bien trop forte. Son assaillant, quant à lui, terminait sa course dans le mur le plus proche. Sa tête et sa truffe malmenées, le lycanthrope se releva maladroitement en laissant échapper un juron transylvain coloré. Mais quand il observa autour de lui, tout semblait redevenu normal. Du moins, c'est fut ce qu'il crut.

Il avait à peine apostrophé Tala pour s'enquérir de son état qu'une kyrielle d'insectes tentaient d'envahir la salle. La nuée bourdonnante paraissait s'intensifier au fil des secondes. Un nouveau cri. Froid. Pétrifiant. Lentement, une partie des présents se tourna vers la jeune femme qui avait hurlé et de son doigt pointé vers le plafond, ils ne distinguèrent qu'une ombre immense se faufilant à vive allure entre les lustres.

- Mon Dieu, elle est énorme !
- Quelle abomination !
- AAAAaaah ! Éloignez-les !
- Par où l'araignée est-elle entrée ? Elle a bien dû se frayer un che...

L'homme ne sembla pas achever, sa voix masquée par l'incessante mélodie plus grouillante, avait laissé place à la terreur d'une femme, qui s'était évanouie face à un scolopendre interminable. Son mari, un petit homme tassé à la moustache fournie, semblait bien en mal de la maintenir debout malgré ses bras dodus. Le fracas de plusieurs objets se renversant obligea le loup à se boucher les oreilles et lorsqu'il chercha ce qui s'était passé, il n'avisa que la louve à ses côtés.

- Tala ! Tout va b...Raaah ! La barbe ! Va t-en... Sale... Papillon ! Vous êtes blessée ?

Il l'observa rapidement et ne discerna aucune blessure visible. Soulagé et feintant d'avoir eu un discours particulièrement cohérent, le brun posa une main sur son épaule, opina de la tête puis retira finalement un objet fin de son veston avant de le lui jeter sur la tête. Ce n'était pas le bouclier le plus efficace, mais c'était ce qu'il avait de plus ample. Sans attendre de réponse, ni même s'enquérir de l'état de Ryden, le loup, se fraya tant bien que mal un chemin jusqu'au buffet.
La nourriture, littéralement prise d'assaut, n'avait à présent rien à envier à certains squelettes des vitrines, quelques bouts restant ci et là tout au plus.

Un frisson lui remonta le long de l'échine et aussitôt, il sautilla sur place en grommelant. Se tortillant dans tous les sens, l'agent entama une chorégraphie douteuse avant de s'arrêter aussi subitement qu'il avait commencé. Le souffle un peu plus court, il tenait entre ses doigts un scarabée qui était parvenu à se glisser le long de dos. Secouant la tête d'un air dégoûté, le commissaire reposa la bête sur la table et trouva enfin une serviette de toile. Un soupir le gagna, avant qu'il ne plonge la main dans un plat empli de sauterelles. Ses dernières accueillirent l'intrus avec une stridulation désapprobatrice et commencèrent à le pincer. À la hâte, il récupéra l'os qu'il convoitait et s'éloigna à grands pas, semant les plus entêtées de ses adversaires sur sa route.

Un haut-le-cœur le prit, tandis qu'une incroyable magie semblait à l’œuvre. D'instinct, il chercha Charlotte dans la foule compacte des présents, mais il ne fit aucune mèche blonde parmi le flot brunâtre d'insectes, mais il crut reconnaitre la voix d'Edward, qu'il appela plusieurs fois, mais seule une secousse répondit à son appel. Comme pour le dissuader de le déranger. Le bourdonnement continu lui vrilla plus insupportablement encore les oreilles, au point de nuire à son équilibre. Le loup eut toutes les peines du monde à gagner les tables voisines sans renverser chacune d'elles sur son chemin. Si la pratique du tir lui avait ôté un peu d'audition, ce n'était pas suffisant en revanche pour ne pas être affecté par pareil vacarme. Tel un complot, le sol semblait se mouvoir sous ses pas, comme si la terre elle-même prenait un malin plaisir à le faire chuter. Aldrick dut donc faire preuve d'une grande concentration pour parvenir à la table qui l'intéressait.

Quand le loup s'y appuya enfin, il lui fallut quelques secondes pour réorganiser ses pensées et nouer convenablement la serviette autour de l'os et tremper les deux dans le fond d'alcool qui émanait d'une immense coupe. D'une main moins assurée que d'ordinaire, il alluma son briquet et tenta d'enflammer sa torche improvisée. Pas moins de trois essais furent nécessaires avant qu'enfin le tissu ne brûle sur toute sa superficie.

La flamme orangée attira de nombreux moustiques qui s'y brûlèrent les ailes, mais pas tous.

- NE BOUGEZ PLUS !

Derrière un garçon brun, portant manifestement des lunettes, Aldrick avait hurlé, sa main de libre le retenant à peine par sa chemise. Sur l'épaule d'Adams, qui écoutait tant bien que mal Dolores, un scorpion semblait près à piquer.

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Jade Perez
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Ven 28 Avr - 23:10

Le monde s'était arrêté de tourner, ne laissant derrière qu'un grand vide. Jade devait utiliser toute sa concentration pour continuer à respirer correctement et ne pas perdre conscience. Il lui était impossible de bouger le moindre muscle pour éviter que les insectes ne fassent d'elle leur prochaine cible. Sa peau était glacée et sa vision était embrouillée par les larmes. Au moins, elle avait cessé de hurler. Elle ne réalisa donc qu'à moitié ce qui se passait lorsque des voix se firent entendre près d'elle. Elle se laissa porter, tout simplement, comme si elle flottait. Un visage lui semblait familier, l'empêchant de paniquer davantage, mais pour le moment, elle était trop perdue dans le brouillard épais que lui offrait de mélange de peur et de douleur pour vraiment reconnaître quoi que ce soit.

Sous l'abri de fortune, elle commença à retrouver un peu ses sens. La petite blonde était celle qui accompagnait Llewyn, non ? Quant au visage qui lui était familier ... Oh. C'était l'un des jumeaux Lenoir. Fred, ou Morgan ? Elle ne réussissait jamais à les différencier. Il faut dire que, ils avaient beau être collègues, ils n'avaient jamais vraiment eu l'occasion de vraiment discuter. Une nouvelle information la frappa, faisant remonter la panique. Le cracheur de feu. Non. Jade recula un peu plus sous la nappe. Elle ne laisserait personne faire du mal à SA plante.

Peut-être avait-il vu son raisonnement, ou il cherchait simplement à l'aider, mais la promesse de Frédéric fit son effet. Il n'allait pas la brûler. Elle se sentait un peu idiote d'avoir pensé que c'était possible, mais ce n'est pas comme si elle était entièrement rationnelle en ce moment ! Non, elle était plutôt hystérique, et elle se sentait plus ou moins comme le lendemain d'une soirée beaucoup trop arrosée. Se concentrer sur sa plante. Oui. Plus facile à dire qu'à faire. Elle ne faisait que cela, mais elle n'avait pas assez d'expérience. Rien de tout cela ne serait arrivé s'il en avait été autrement. Elle releva ses yeux larmoyants sur le petit mage, tentant tant bien que mal de laisser passer quelques mots. Ses émotions reprirent le dessus.

« J-Je n'ai rien pu faire ! »

Il était le seul dont elle était sûre qu'il pouvait vraiment comprendre ce qui était en train de se passer, entre eux deux. Si Lizzie était humaine, elle devait trouver que Fred avait des « amis » bien étranges. Elle devait être pâle comme un linge, ou verte peut-être. Elle était en colère, et elle avait la nausée. Bon sang, il ne manquait plus que ses cheveux tournent au blanc tout à coup eux aussi. Comment exercer son charme naturel si elle ressemblait à une vieille femme ? Elle saisit une mèche entre ses doigts pour vérifier. Cela pouvait paraître un peu superficiel, mais cela lui permettait de se recentrer. Elle tenta d'ignorer les étincelles qui apparurent dans le coin de sa vision, et l'agitation qui avait clairement repris dans le reste de la pièce.

« Je pourrais te poser la même question ... » Elle lui offrit un bien mince sourire, pour les rassurer tous les deux. « Ça va aller. Si on s'en sort vivants ... »

Et après, elle prendrait quelques jours de congé pour se remettre de tout cela. Bah quoi ? Au moins, elle avait essayé d'être positive, envers et contre tout.
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Ryden Haesmar
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 29 Avr - 14:51

* Impact dans cinq, … *

Était-ce possible que finalement Aldrick se fasse frapper par le rhinocéros ? Ryden n’en croyait pas ses yeux et même une petite voix à l’intérieur lui disait que c’était trop beau pour être vrai. Cependant, ce ne l’empêcha pas d’observer la scène avec beaucoup, beaucoup d’attention. Un peu plus en retrait, il jubilait de voir la crainte dans les gestes du commissaire. Le voir se débattait avec les chaines de Tala avec tellement d’ardeur lui procurait une certaine satisfaction.

*… quatre, … *

Trop concentré par l’issus de l’animal cornu, il réalisa à peine lorsque Tala se trouva dans ses bras. Il attendait avec beaucoup d’impatience d’avoir les réponses aux questions qui l’intriguaient pour réellement s’intéresser à la jeune fille.

*… trois, deux,… *

Lorsqu’il enleva l’énorme quantité de gélatine qu’il avait au visage, il dût constater l’échec lamentable de son plan. Dégoûter par l’absurdité de la situation, la mâchoire à terre, il n’en revenait juste pas. Pourquoi et surtout qui avait osé interférer dans son plan ? Qui l’avait empêché de voir le commissaire se faire charger par l’énorme bête ? Même si, comme il s’en était attendu, il n’aurait pas été tué, saurait été tout de même un plaisir de le voir. Malheureusement, on lui avait enlevé cette joie !

Puis, quelque chose bougea légèrement dans ses bras. Obnubilé par sa colère, il avait oublié Tala. Cependant, elle, elle ne l’avait pas oublié et il le comprit assez vite lorsqu’elle le gifla. Pour une personne aussi menue, elle avait toute une force. Il en fut presque sonné et ne vit nullement le deuxième coup venir. Mais il le sentit très bien. Plié en deux par la douleur, il finit à genoux, le front au sol, les deux mains tenant ses précieuses et vénérables parties endolories.


- Vous auriez pu trouver mieux comme insulte, miss Harcourt.

Ce fut tout ce qu’il réussit à lui lancer au visage, le souffle coupé. Il n’était pas en mesure de faire autre chose. La douleur était telle qu’il peinait à se concentrer sur ce qui se passait dans le cabinet. Il n’eut pratiquement pas conscience lorsque les animaux cessèrent de bouger et lorsque les insectes prirent leur place. Cependant, il s’attendait d’un instant à l’autre à ressentir la vengeance de son supérieur.

Finalement, il se releva. Étrangement, son premier réflexe fut de chercher Aldrick. Ce qui fut plus ardu qu’il ne l’avait pensé. De nombreuses bestioles volantes lui troublaient la vision. Il finit par le trouver plus loin, près du buffet, à faire une bizarre de petite danse. Comprenant qu’il n’avait rien à craindre de lui, il s’intéressa à nouveau à la bête sur sa plateforme à roulette, et plus particulièrement aux dégâts qu’elle avait causés. Déçu, mais pas étonné, il s’était attendu à un résultat plus ou moins similaire. Après tout, la chance n’avait jamais été pour lui une alliée fiable.

Puis, un essaim de mouches de toute espèce; de la domestique, à la mouche des égouts passant même par la musca vetustissima, se mit soudainement à tourner autour de lui. Perplexe devant cette soudaine apparition, devait-il comprendre quelque chose à cela ? Une force mystique essayait-elle de lui faire passer « subtilement » un message ? Agacé par tout ce va-et-vient, il se mit à se débattre afin de les faire fuir, sans grand succès. Mais le mouvement d’un énorme objet au-dessus de lui le fit s’arrêter net. Il leva lentement les yeux au plafond, peu certain de vouloir vraiment savoir de quoi il s’agissait.


* Ce doit être une mauvaise plaisanterie... *

L’énorme araignée qu’il avait aperçue plus tôt bougeait lentement ses trop longues pattes velues. Elle semblait en mode chasse et curieusement, elle se rapprochait un peu trop près du démon. Paralysé devant cette vision d’horreur, il tentait de garder son calme. Se répétant sans cesse qu’il devait s’agir d’une simple illusion, comme tous le reste. Qu’elle devait être aussi dangereuse qu’Igor, donc pratiquement inoffensive, mais une petite voix énervante en lui n’arrêtait pas de répéter : « Et si… ».
Soudainement les mouches, qui volaient autour de lui, et les bousiers, qui lui montaient les jambes, ne le préoccupèrent plus autant. Surtout quand ladite aranéide décida que le plafond ne l’intéressait plus. Il la vit descendre très lentement, se rapprocher de plus en plus de sa petite personne. Ce fut finalement ses jambes qui réagirent les premières. Son regard toujours rivé, il se mit à reculer, ne réalisant même pas que sa démarche avait légèrement changé. Cependant, il n’alla pas très loin avant de heurter une vitrine. Par pur réflexe, il se retourna vers ledit obstacle et soudain un cri strident et non viril sorti de sa bouche.

- Mais que m’arrive-t-il ?

Choqué, il voyait son reflet dans la vitre. Ses yeux ambrés avaient pris leur apparence d’origine, soit deux orbites vides, dépourvu de paupières et où une lueur de braise en sortait. On avait presque l’impression d’avoir un aperçu de l’Enfer lorsqu’on regardait à travers eux. Malheureusement, ils n’étaient pas les seuls à avoir changé. Ses lèvres si parfaites avaient disparu pour laisser des lattes de peau fusionnée ensemble à certains endroits. Sous ses yeux, il vit une partie de son visage se parsemer lentement de cicatrices aux motifs étranges.
Depuis combien de temps sa forme démoniaque avait-elle commencé à reprendre le dessus sur sa forme humaine ? Il ignorait la réponse, il n’avait ressenti aucun changement. Ce qui était anormal. Même s’il se demandait si tout cela était bien réel, il tenta de reprendre le contrôle de son apparence, sans résultat. Il se doutait que si sa transformation continuait, le pire était à venir et il devrait faire avec.

Puis, un couinement attira son attention. Il vira son regard vers la source du bruit. Il vit le professeur Sumerlee, paralysé par la terreur. Il semblait même sur le bord de perdre connaissance.


- Votre mère ne vous a jamais dit qu’il était impoli de dévisager les gens ainsi…

Il balaya ensuite rapidement le cabinet du regard et trouva une solution pour ce sortir de ce mauvais pas. Même s’il savait que faire cela pourrait lui causer des problèmes. Il resta fidèle à lui-même. S'il devait tomber ce soir, il ne tomberais pas seul. Même les papillons de nuit, attirés par la lueur de ses yeux, qui semblaient lui dire de se la fermer, ne l’arrêtèrent pas.

- Voulez-vous bien arrêtez de me regarder. Je ne suis pas le seul être bizarre, vous savez. Si vous regardez par-là, il y a cet homme cracheur de flamme qui tente de dissimuler son bras recouvert d’écailles. Il y a aussi la femme là-bas avec sa patte d’ours. Ou peut-être préférez-vous l’homme qui a aussi des yeux inhumains ? Puis, il fit une courte pause avant d'enchaîner.Ah bien y penser, vous êtes peut-être le prochain à se voir attribuer une nouvelle apparence ! Et puis, est-ce vraiment l’évènement le plus étrange de la soirée ?

Soudainement, une première secousse se fit sentir, et une seconde suivit peu de temps après. Cependant, la dernière ne lui fit pas seulement perdre l'équilibre, une gigantesque ombre apparue aussi devant lui. C’est à ce moment-là qu’il comprit. Depuis tout ce temps, le professeur ne le regardait pas, ou pas juste lui, mais surtout l’énorme araignée qui se trouvait maintenant derrière le démon.

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Je vous insulte en #330000

Comment décrire Ryden bièvement ?
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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 29 Avr - 20:32

23 h 40, Cabinet des De Montalant. Comment dire… Bourdonnements, hurlements, re-bourdonnements, évanouissement, bruits de pattes, encore bruits de pattes, beaucoup d'hurlements, et à nouveau bourdonnements. Manfred lui ne bourdonne pas, mais se demande s'il retrouvera son aile droite un jour.
Bien que la pièce soit remplie d'une multitude d'insectes en tout genre, et malgré les cris incessants de ces dames, effrayées par la moindre créature frôlant leurs oreilles, l'une des invités ne semblait pas se porter si mal que ça.

« Adaaaaaaaaaam regardeeeeez je viens d'attraper une drosophile ! Vous saviez que c'est un insecte holométabole diptère radiorésistant ? Vous le connaissez sans doute sous le nom de mouche du vinaigre ou mouche des fruits. Ooooh et regardez ce beau phasmoptère sur votre main ! Noooon ne la secouez pas il va tomber ! Vous avez tout noté petite Rose-Lise ? Je ne le répèterai pas ! Combien de t à phasmoptère ? Un seul ! Oh c'est très bien dessiné ! Ils n'ont pas autant de pattes cependant. Laissez, je vais vous montrer ! Hmmmmmgggggnnnnnnnndddrrrrrrr HA ! Splendide ! C'est une vache ? Un diplodocus ! Ooooh ! Ma petite Rose-Lise, nous assistons à un évènement sans précédent ! La cohabitation d'autant d'espèces d'insectes dans un endroit si restreint, c'est tout simplement une première historique ! Vous tenez votre scoop, croyez moi ! À propos, les insectes ne vous dérangent pas ? Vous avez un très bon sang-froid vous savez ! … Adam lâchez cette chaise vous ne chasserez rien avec ce meuble ! Vous pourriez blesser quelqu'un ! J'ai vécu à la campagne avant d'arriver à Paris, les insectes ne me posent pas de problème ! Je vois ! Vous êtes très professionnelle, je suis admirative. Bon Adam ça suffit maintenant lâchez cette chaise ! Ces insectes ne vont pas vous manger allons, comme disait mon cher père, ce n'est pas la petite bête qui va manger la grosse ! Il disait cela pour vous rassurer ? Non je crois qu'il parlait de moi quand j'étais encore petite. J'avais un appétit féroce paraît-il. Ooooh ! D-D-D-D-Docteur c'est l-la panique générale, comment p-p-pouvez-vous restez a-aussi calme ! C'est simple ! Il suffit de ne pas prêter attention aux insectes, et ils ne prêteront pas attention à vous. Par exemple, je ne fais pas attention au scolopendre qui s'enroule autour de votre jambe, et je n'ai aucun pro IIHIHIIIIIHIIH !!! Arrêtez de sauter dans tous les sens cela ne va pas le faire tomber ! Levez la jambe ! Plus haut cher assistant, je ne vais pas me baisser avec mon bras blesser ! V-Vous profitez o-outrageusement de la situation… Moi ? Je me demande ce qui vous fait dire ça-ah ! Oooh Rose-Lise regardez, c'est un Attacus atlas qui vient de se poser sur mon nez ! Ça alors ! Je n'avais jamais vu de papillon aussi grand ! Il s'agit de l'un des papillons nocturnes les plus grands du monde ! Je vais l'appeler Plipou ! C'est mignon n'est-ce pas Plipou ? Et son nom de famille sera Blerkflellruh C-Ce n'est pas le moment docteur, i-il faut trouver une- Combien de l à Blerk… Blirk… Blerkflellruh ! Trois si je ne m'abuse, un puis deux. Adam vous disiez quelque chose ? Oh une sauterelle verte est accrochée à votre oreille ! C'est si délicat ! Vous êtes un homme à femme Adam, ça je vous l'ai toujours dit ! Selon vous Docteur Keller, d'où sortent ces insectes ? Ma foi c'est évident, je suis prête à parier qu'il s'agit d'un complot ! De qui en revanche, je ne le sais pas encore. Cependant vu la masse d'insectes, Adam arrêtez de gesticuler je vous prie, je dirais qu'à moins d'ouvrir les portes il n'y a aucun solution au problème actuel. Oooh ouhlala ! Quelle était cette secousse ? Nooon Plipou Blerkflellruh revieeeens ! »

23 h 48, Cabinet des De Montalant. La deuxième secousse fit tomber plusieurs personnes, dont Adam qui manqua de s'écraser contre Rose-Lise si Dolores n'avait pas tiré la journaliste vers elle à la dernière minute. Manfred leva la tête, était-ce un battement de son aile qui avait fait trembler la maison ?
Les secousses ne durèrent que quelques secondes mais augmentèrent encore davantage le niveau de panique ambiant. Dolores restait immobile avec ses deux camarades, confiante en sa technique qui semblait plutôt efficace en réalité, si on oubliait les quelques scarabées et lucanes posés sur sa tête.

« Adam, ce n'était qu'un simple séisme, cessez d'imaginer des choses tirées par les cheveux M-Mais c'est c-ce que vous faites en permanence ! Moi j'ai le droit, parce que je suis un savant démoniaque ! Notez bien cela petite Rose-Lise. Et je vous ferai aussi remarquer qu'en dépit de cette terrible accusation que vous venez de me porter Hein ?! Votre chère et incroyable docteur Keller a trouvé qui était responsable de toute cette agitation ! Ce n'est autre que vous, RUPERT VON TENTACULIROMAX ! D-Docteur tout le monde nous regarde… C'est étrange, il devrait s'offusquer, crier son innocence puis s'enfuir. Aurais-je fait une erreur de calcul ? Peut-être que c'est parce qu'il est embaumé ! Oh ! Excellente déduction petite Rose-Lise ! Cela ne m'étonne guère que vous soyez journaliste avec un esprit aussi aiguisé que le votre ! Incroyaaable ! Vous avez vu la taille des pattes de cette araignée ! Tralalalalongue ! Ce sera son nom ! À propos, où est ce cher Plipou ? Monsieur Adam vous ne devriez pas bouger autant ! D-D'accord mais quelque chose m-me démange ! Ce n'est que votre imagination ! Vous savez le cerveau possède des pouvoirs extraordinaires, il suffit de voir ou de parler d'insectes pour que votre corps pense ressentir l'effet urticant de leurs petites papattes sur votre peau. Alors qu'il n'y a rien ! De même, si vous discutez avec quelqu'un qui a subi une opération, il suffit d'en reparler pour sentir une nouvelle douleur à l'endroit de l'intervention ! Vraiment ? C'est incroyable ! Une fois je me suis cognée le petit orteil contre une chaise, et un autre jour en voyant le pied de la chaise j'ai ressenti une douleur ! N'est-ce pas, n'est-ce pas ? Le cerveau est suffisamment machiavélique pour mimer une douleur inexistante ! Il semblerait même qu'une personne douée d'une très forte volonté et mémoire pourrait se rendre malade à volonté ! Une fois j'ai- NE BOUGEZ PLUS ! Je suis innocente ! Euhw, commissaire ? M-Monsieur Adam s-s-sur votre épaule ! E-E-e-e-E-E-E-E-e-e-E Je pense qu'il voulait dire qu'il l'a vu, mais qu'il n'a pas su nous le dire. Tout va bien Adam, seuls les scorpions avec des petites pinces sont considérés comme vraiment dangereux ! Celui-ci est reeeelativement plutôt un petit peu selon les points de vue en considérant la taille du diamètre du tooooour de la circonférence totale un shouia assez je dirais sommes toutes avec mon savoir scientifique, qui n'est pas siii grand que ça, je dois dire, bien que j'ai lu et relu l'immense bibliothèque sur la biologie de mon père, queeeeee les pinces sont après tout assez toutes petites riquiqui ? J-J-Je v-vais mourir ? Allons tout de suite les grands mots Adam ! Il ne faut pas aggraver la situation avec des propos pareils ! Vous voyez il y a une technique imparable contre les scorpions, d'abord il faut les regarder droit dans les yeux, mais le tout est d'abord de trouver les yeux ! Sinon vous pouvez les imaginer, disons qu'ils sont là, vous voyez ? Non ? Ne répondez pas, de toute manière si vous bougez d'un millimètre il y a de fortes chances pour que son aiguillon se plante dans votre cou. Essayons de lui trouver un nom, peut-être qu'il serait d'accord pour quelques pourparlers ? Que dites-vous de- EEEEEEEEEEEEYH !! R-Rose-Lise, qu'est-ce qu'il vous a pris ? Pardon, excusez-moi le coup est parti tout seul ! J'avais mon petit carnet dans la main et puis j'ai profité que vous attiriez son attention pour lui mettre un coup sur la tête et l'envoyer voler ! Ahaaa je vois ! Formidable initiative ! Ce terrible Manana nana ninana regrette sans doute d'avoir osé fouler l'épaule d'Adam ! N'est-ce pas Adam ? G-G-g-g-G-g Il vous remercie ! Adam ? Vous êtes en vie Adam ! Allô allô ? Il faut lui tapoter les joues, en général ça lui permet de revenir à lui, Adaaaam ? Il est tout coincé. Commissaire, merci de sauver la vie de mon assistant ! J'ai cru à un moment que j'allais devoir le remplacer. Vous allez bien ? Vous m'avez l'air un peu pâle. Rose-Lise je crois que votre attaque éclair a fait mouche. HOOOOO ! Mais quel jeu de mot fantastique ! Notez-le Rose-Lise, notez-le ! Voilà, et dessinez moi à côté, sous ce profil ! Ou celui-là plutôt. Si vous voulez je peux le redire ! Non ? Ah, Adam ne bougez pas, Plipou est venu vous faire un câlin ! Il a l'air de s'être attaché à vous. À propos, j'aimerais bien retrouver ce petit scorpion, je n'ai pas eu le temps de lui dire son nom… »

23 h 53, Cabinet des De Montalant. Les insectes redoublaient d'énergie, mais les invités semblaient avoir trouvé un moyen de s'en protéger ici et là. Les gentilshommes protégeaient leur dame à coup de talons bien placés, tandis que certaines invitées avaient pris les choses en main et montraient l'art du maniement du sac à main à leur époux ou ami. Manfred croit comprendre, il n'aurait jamais pensé qu'une flatulence puisse être si puissante.
La tête plongée dans un tas d'insectes, Dolores continuait de chercher Manana nana ninana, bien décidée à pouvoir lui apprendre son nom. Rose-Lise tentait de son côté de faire revenir Adam à lui tapotant ses joues, tout en indiquant au commissaire Voelsungen de faire attention au scarabée goliath qui s'était empêtré dans ses cheveux.

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Edward White
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 30 Avr - 22:35

Lorsqu'Edward repéra enfin Louna, il sut que les secondes étaient comptées.

La chimère avait trouvé refuge dans un recoin de la pièce. Recroquevillée contre une vitrine, ses deux mains posées en barrière de son visage, elle alternait entre un immobilisme parfait pour se protéger des escadrons d'arthropodes ailés et une agitation violente qui devait la libérer des troupes d'insectes au sol. Elle aurait hurlé si elle n'avait pas maintenu ses lèvres closes de peur qu'un assaillant ne s'y engouffre. Acculée et terrifiée, elle fut sourde aux appels répétés de son patron qui tentait tant bien que mal de réduire la distance entre eux.

Pour la rejoindre, Edward dut composer avec les défenses improvisées de chaque convive, ce qui transformait une quinzaine de mètres à peine en un véritable parcours du combattant. Il esquiva un premier coup de sac, bouscula un petit groupe barricadé derrière deux vitrines, enjamba débris de verres ou meubles renversés, le tout en luttant face aux attaques répétées des mouches et moucherons qui le contraignaient à respirer en se protégeant de son bras. L'angoisse du loup blanc augmentait à mesure que le temps passait. Il connaissait suffisamment la coiffeuse pour ne rien ignorer du danger qui les menaçait et si sa vue n'avait pas été si mauvaise, elle aurait conforté ses craintes.
Excessivement nerveuse, Louna peinait à conserver une apparence stable. À plusieurs reprises, plumes, puis poils se répandirent brusquement sur les mains ou le visage de la chimère, pour disparaître aussitôt. Il arrivait que ses doigts s'allongent, que son dos se voute ou s'étire quand ce n'était pas sa figure toute entière dont les traits se trouvaient brièvement remodelés.

Loun-

Une secousse coupa court à l'élan d'Edward. Par réflexe, il soutint la vitrine la plus proche qui ne perdit dans la bataille qu'un vase de très mauvais goût. Il se serait remis aussitôt en route si une étreinte soudaine autour de sa jambe ne l'avait pas arrêté. Dans un frisson de dégoût le loup blanc tourna ses yeux vers le sol et s'écria :

Encore vous !
Mais le poulet…
Il ne vous suit plus ce poulet ! Lâchez m- Il recracha une mouche et s'essuya la langue d'un revers de manche.
M-Mais les insectes !
Allez au diable !
Je vous en supplie !
Dans quelle langue je dois vous le dire ?

D'un geste brutal, Edward essaya de libérer son pied, mais le cabinet vibra à nouveau et il fut contraint de le reposer au sol pour ne pas perdre l'équilibre. Grave erreur. Effrayé par ce nouveau tremblement de terre le bourgeois en profita pour resserrer son étreinte et cloua définitivement le lycan sur place. Ce dernier pesta un juron dans sa langue natale et se prépara à imprimer sa semelle dans sa face rouge et dodue du petit parisien lorsqu'un tressaillement violent lui glaça l'échine. Le cœur serré, le loup blanc fit aussitôt volte-face. Louna hurla.

Poussée à bout la chimère s'était résolue à un ultime échappatoire. Sous le regard impuissant d'Edward, elle se métamorphosa. De multiples contorsions agitèrent son corps frêle, ses bras s'allongèrent, s'épaissirent, dévoilant une peau changeante d'aspect et de teinte. Elle s'arc-bouta brusquement, ses épaules gagnèrent en volume au point de déchirer sa robe en même temps que sa silhouette toute entière prenait des dimensions monstrueuses. Renversant cadres, tables, et vitrines sur son passage, un céphalopode immense se dressait à présent face à eux. Impossible de le rater, même depuis l'autre bout de la pièce. Sa tête ronde, énorme, touchait sans peine le plafond tandis que s'élevaient autour d'elle huit bras plus longs et plus redoutables encore, tous menaçant de s'abattre sur eux.

Hiaaaaah ! Mais qu'est-ce que c'est que ça !
À votre avis ?! S'étrangla Edward en essayant une fois de plus de se détacher de l’importun de ses bottes.
Le Kraken !

La voix de Jules s'était élevée comme aucune autre au-dessus du torrent de panique qui balayait la salle. Oubliés les insectes, oubliées les portes et fenêtres closes, la terreur emporta tout avec elle. Et puis, plus rien. Un flottement. Durant une dizaine de secondes chacun retint son souffle les yeux rivés sur le monstre des abysses. Il s'agitait alors dans un désordre absolu et imprévisible rendant son approche impossible jusqu'à ce qu'une chose attire son attention. Il leva son bras puissant et une goutte de sueur perla sur le front d'Edward.

F-f-f-faîtes quelque chose ! Couina le bourgeois en agrippant la veste du loup de ses petits doigts potellés.

La masse s'abattit dans un fracas formidable qui fit trembler le sol. Trois vitrines tombèrent à la renverse, un guépard empaillé explosa littéralement sous le choc. Sa tête ronde et vide roula lentement et sans bruit, terminant sa course aux pieds d'Edward. Le cœur battant à tout rompre, il avait tout juste réussi à se jeter sur la droite. À présent assis dos à une étagère leur assaillant ne pouvait plus les voir. Une maigre consolation car un nouveau bruit sourd, suivi de cris terrifiés s'élevèrent à un autre coin de la salle.

À ce rythme là Louna détruirait la pièce toute entière. Et eux avec.
----------v∆v-----------v∆v-----------v∆v-----------

Murmures curieux



Après les cinq mouches avalées et le réveil de votre phobie des araignées vous pensiez être avoir vécu le pire ? Et bien non !

Louna n'a pas fait exception à la règle et comme beaucoup de Légendaires présents ce soir : ses pouvoirs se sont déréglés. Ajoutez à cela une panique étouffante et vous avez la recette parfaite pour obtenir un colossal Kraken. Retranché au fond de la pièce l'animal ne semble pas pouvoir se déplacer, mais en a-t-il seulement besoin ? Ses bras puissants s'abattent au hasard dans la pièce, gare à vous si vous êtes dans les parages.

Vous allez tous, sans exception, avoir affaire à l'un de ses tentacules. Votre mission ? Y survivre tout simplement. Si vous êtes regroupés sur un même espace au sein de vos RPs vous pouvez vous arranger avec le rôliste le plus proche pour affronter ensemble un même bras. À vous de voir !

Vous êtes également libre d'avoir vu, ou non, la demoiselle se transformer.





Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au samedi 13 mai (au soir) pour participer à cette quatrième partie !


Vous pouvez toujours nous joindre par MP pour la moindre question ! Nous répondrons au plus vite, comme d'habitude.

Vous n'avez pas pu poster à la manche précédente ? Aucun problème, vous pouvez participer à celle-ci.
Pour les autres, toujours merci pour votre participation !
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Frédéric Lenoir
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Mar 2 Mai - 13:59

- J-Je n'ai rien pu faire !
Sa jolie collègue - décidément, quel était encore son prénom ? Ils avaient tous des noms incroyables au cabaret... - commençait à avoir le teint bizarre et il se demanda si en plus de pleurer elle n'allait pas aussi se mettre à vomir. S'il avait eu un seau, ils auraient pu se le partager.
- Ça va aller. Si on s'en sort vivants...
Au moins elle restait positive. Il lui adressa un maigre sourire.

- J'espère bien oui, qu'on va s'en sortir. Y'a pas d'raisons.

Il osa jeter un regard en dehors de leur abris de fortune et constate la panique qui régnait dans la pièce - il avala également un moucheron au passage mais comme disait un de ses insupportables cousins " d'la viande c'est d'la viande ". Puisque malgré ses dires il était tout à fait possible qu'ils ne s'en sortent pas (il s'attendait presque à voir débarquer une armée de zombies, à ce stade), il crut bon d'être honnête avec la demoiselle et se retourna vers elle en écartant une abeille posée sur son nez :

- Dis, j'peux te d'mander un truc...? J'me souviens absolument pas de ton prénom...
Il s'apprêtait à s'excuser platement quand Lizzie sursauta violemment.

- Fred ! Je... je crois qu'il y a un truc qui me grimpe dessus... !
- Panique pas, c'est sûr'ment juste une fourm-- une araign-- euhm. Just' un phasme.
- Un quoi ?!
- Un pha-euh... Une chenille ! D'ailleurs oui je la vois, bouge pas t'inquiète elle va juste continuer son ch'min.
Ça n'était pas vrai, mais voilà au moins qui devrait rassurer Lizzie.
Lizzie, mais probablement pas sa dryade de collègue. Mince, les chenilles mangeaient les plantes, non ? gaaaah, comment trouverait-il un nom d'insecte qui puisse ne pas effrayer ni la dryade, ni l'humaine ?!
Il abandonna la lutte et prit une main de chaque fille :
- Vous inquiétez pas, la p'tite bête mange pas la grosse, pas vr--
Un regard à Jade - Jasmine ? Rosette ? - le fit taire. Les mites mangeaient des arbres entiers. Dans le monde d'une dryade, c'était souvent la petite bête qui mangeait la grosse plante.
- Gaah...

Sa nausée augmenta. Manifestement il avait la migraine aussi, parce que ça secouait comme s'il y avait un tremblement de terre. Il y avait au moins une chose qu'il pouvait promettre aux deux demoiselles :
- Vous faites pas d'bile. On reste ensemble et ça d'vrait passer. Pour Jade il ajouta plus bas : Et moi j'trouve que réussir à sauver c'te combattante-là - il désigna la plante - jusqu'ici, j'trouve ça déjà très fort.

C'est alors que la cohue hors de leur tente s'intensifia. Frédéric osa un second regard en dehors de leur tente et ne vit d'abord qu'une cohue. Heureusement qu'ils étaient contre le mur sinon ils auraient fini piétinés.
- Qu'est-ce qu'y s'passe encore ...?

C'est alors qu'entre deux groupes de personnes, il vit. Une bête. Une énorme chose vivante que son cerveau humain n'aurais jamais dû pouvoir identifier mais que ses souvenirs confus empruntés à Morgan nommèrent immédiatement.
Il n'en connaissait pas le nom en langage humain, aurait été bien en peine de le prononcer en langue d'hydre, mais il savait.
Un frisson glacé lui parcourut l'échine tandis qu'il voyait les tentacules de la bête prendre en taille, commencer à s'agiter.

Son seul instinct aurait été de nager loin d'ici. Mais il n'était pas une hydre, et le kraken était apparu ici, en plein Paris. D'où venait-il ?

Il resta figé un long moment, blanc comme un linge. Il souffla juste inconsciemment :
- Oh Morgan...
Tandis qu'un tentacule semblait prêt à s'abattre sur eux.

_________________
Freddy parle en #cc6633.




Dernière édition par Frédéric Lenoir le Jeu 25 Mai - 12:34, édité 1 fois
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Lotte Hochvogel
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 13 Mai - 12:44

Vraiment, c'était la dernière fois qu'elle acceptait de sortir en ville. Et là personne n'était en matière de la contredire. Si encore sa sortie s'était soldée par une petite mésaventure sans grande importance, il aurait été possible de la persuader, mais cette soirée avait définitivement mis fin à toute envie de la Simurgh de sortir de sa bibliothèque. D'ailleurs, comment se débrouillaient-ils là-bas ? À cette heure-ci la bibliothèque est assez calme donc il ne devrait pas y avoir de problème.

*** Pendant ce temps là à la bibliothèque de Minerve ***

- Ladli le serpent géant est arrivé dans la section botanique ! Boniface le retient mais il est complètement déchaîné !
- Ladliiii un dragon a mis le feu à un rayon, les livres ont eu le temps de s'enfuir mais on n'arrive pas à trouver Niklas !
- On ne sait pas comment faire !
- Ladli mais qu'est-ce que tu fais ! Le géant de l'Himalaya est encore coincé dans les escaliers et bloque tout le passage !
- … Pourvu que la directrice ne revienne pas tout de suite.
- Eeeeh un sorcier maléfique transformé en poule géante est entré dans la section enfants !
- …

*** Retour à Paris ***

Oui, il n'y avait pas de raison pour qu'il y ait un problème là-bas. Mais bizarrement Lotte n'arrivait pas à se débarrasser du léger sifflement dans ses oreilles. Sans doute les nombreux cris des invités, à croire qu'ils n'avaient pas compris que hurler ne servait à rien sont vraiment…

- Eeeh ! Mais ça va pas la-

Surprise, Lotte ferma immédiatement la bouche et se retint de respirer quelques secondes pour éviter de provoquer un nouveau séisme. Perchée à deux mètres au-dessus du sol, elle s'aperçut que Charles-Alexandre la portait les bras levés au-dessus de sa tête, pour éviter qu'un énorme tentacule gluant ne l'atteigne. L'homme-balai se débattait du mieux que possible à coups de pieds contre le terrible monstre aquatique mais parvenait à peine à le repousser. Agitée de droite à gauche, la petite directrice fulminait de rage et détestait chaque nouvelle seconde un peu plus cette maudite soirée, qui après tout était un argument suffisant pour la laisser rayer Paris de la carte. Mais elle se ferait encore disputer par la Curia, chose pire encore que cette soirée.

Retranché dans un coin du cabinet, Charles-Alexandre combattait bravement le morceau de poulpe à coup de talons, tandis que Lotte s'efforçait de lui faire comprendre d'arrêter de la secouer dans tous les sens pour qu'elle puisse faire quelque chose. Mais visiblement l'homme de ménage était trop perdu dans la confusion pour comprendre quelque chose. C'était son instinct de balai qui parlait, et il lui disait quelque chose d'assez difficile à comprendre, puisqu'il parle en langue de balais. Mais le pauvre Charles-Alexandre avait bien compris la situation, si d'un côté il luttait désespérément contre un énorme tentacule qui le trouvait à son goût, au-dessus de lui ce n'était pas une petite fille qu'il tenait, mais une bombe à retardement qui pouvait exploser au moindre sentiment de trop. Autant dire que notre cher balai aurait préféré être à la bibliothèque à l'heure qu'il est, là au moins il aurait été tranquille.

*** Pendant ce temps là à la bibliothèque de Minerve ***

- Beuheuheu c'est l'apocalyyyypse !
- SNIGLUOOOOOOAAAADRALALA !
- Gneheheh…
- Il faut rester calme et trouver une solution avant que la directrice n'arrive.
- Mais le géant a été avalé par le serpeeeeent !
- Et le dragon affronte une vouivre qui s'est aussi échappée de la section des livres maudits maintenant.
- Aaaaah j'en ai assez je ne veux pas mourir iciiii !
- Les livres s'enfuiiient !
- Nooon reveneeeez !
- …

*** Retour à Paris ***

Oui, il aurait été tranquille.

- Charles… Charles-Alex… Arr…

Et ce maudit masque qui n'aidait en rien la pauvre directrice à placer un mot, tant elle était secouée dans tous les sens. Puis ce fut trop, et Lotte retira son masque ethnique et accompagné d'un juron parfumé au rhododendron et au narcisse (autant dire quelque chose qu'il ne vaut mieux pas entendre) et dans une langue indéfinie, fut projeté à travers le cabinet avec une force telle qui fin se ficher presque entièrement dans le mur à l'autre bout de la pièce, à moins d'un mettre au-dessus du corps du poulpe. Au moins elle n'avait tué personne par accident. Jean-Charles votre chapeau ! Il a été coupé en deux !

Reprenant doucement sa respiration, Lotte, qui avait enfin attiré l'attention de son père d'un soir, lui demanda de la reposer sur le sol car perchée aussi haut elle était à la vue de tous, et ce n'était pas… Une minute. De tous ?

- MEEELIIIIINDAAAAAA !

Traversant la foule tel un brise-glace vêtu de soie et de froufrous, la terrible Délia n'avait eu besoin que de quelques millisecondes pour reconnaître sa chère enfant. Elle courut, sauta, virevolta, roula, trébucha, insulta, frappa, s'envola et rejoignit finalement la petite Lotte dont le visage pétrifié d'horreur en disait long sur son état d'esprit.
La grosse dame essuya ses larmes et s'apprêta à refermer son étau fatal sur le corps de la petite Simurgh qui empressa Charles-Alexandre de la soulever à nouveau pour la placer hors d'atteinte des bras potelés de Délia. Apercevant le tentacule qui était toujours là et s'agitait de plus belle, Lotte, assise sur les épaules de son faux papa de bois, tira sur sa moustache et lui indiqua le membre gluant long de plusieurs mètres. L'homme-balai comprit immédiatement et esquiva un premier assaut de Délia avant de sauter par-dessus le tentacule, espérant qu'il fasse office de bouclier face à la terreur en jupon. Mais celle-ci n'avait même pas fait attention au gigantesque Kraken dont le corps avait envahi la totalité du cabinet et lorsqu'elle aperçut le membre du céphalopode, elle l'attrapa violemment avec sa terrible poigne et lui jeta un regard assassin. Le tentacule s'éloigna.

- Charles-Alexandre, fuis ! Et ne te retourne pas !

L'homme de ménage reprit sa course, tenant sa chère directrice par les chevilles pour s'assurer qu'elle ne tombe pas de son perchoir. Mais la panique régnait bien trop pour faciliter la démarche de l'homme dégingandé qui à défaut de pouvoir s'excuser essayait de profiter de ses longues jambes pour se faufiler dans des grands groupes d'invités compact. Mais Délia et sa force de titan repoussait aisément tous ces obstacles et s'approchait de plus en plus du duo, qui vraiment se disait qu'ils auraient dû rester à la bibliothèque.

*** Pendant ce temps là à la bibliothèque de Minerve ***

- Avec un peu de chance elle ne remarquera rien !
- Oui, et puis ce serpent n'est pas si dangereux que ça si on ne l'approche pas de trop près.
- Vous croyez que Ladli et Niklas vont s'en sortir ?
- Je ne sais pas combien de temps ça dure la digestion d'un serpent de cette taille.
- GRLIRGDUDOUDIDA !
- Ah je crois que je l'ai entendu ! Ça dort longtemps un serpent géant ?
- Nous demanderons à la directrice lorsqu'elle reviendra.

*** Retour à Paris ***

Oui, pensèrent Lotte et Charles-Alexandre, rien ne vaut la tranquillité de la bibliothèque. À propos, où était Délia, il n'y a pas si longtemps elle était sur le point de les rattraper et… Oh.

- C'est le loup-garou qu'elle tient dans ses bras non ?
Charles-Alexandre acquiesça.
- Comme il est aussi grand que toi, elle a dû vous confondre.
Charles-Alexandre acquiesça.
- Hm. Éloignons-nous encore un peu.

La question était maintenant de savoir pour qui la soirée allait être la pire.

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Ryden Haesmar
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 14 Mai - 15:31

Comment avait-il fini ainsi ? Alors qu’il la regardait dans le blanc des yeux, même si théoriquement elle n’en avait pas, le démon n’arrêtait pas de se demander si le pire restait à venir ou s’il avait atteint le paroxysme. Et pourquoi cette maudite araignée semblait avoir une fixation sur lui. Ce n’était sûrement pas pour lui faire un câlin.

Ils restèrent immobiles pendant quelques instants à s’étudier. Chacun se demandant comment se débarrasser de l’autre, mais chacun pour une raison différente. Finalement, un hurlement de femme mit fin à leur combat de regard. Ce fut Ryden qui fit le premier pas. Il tenta de fuir, mais aussitôt son pied glissa sur une substance gélatineuse et perdit l’équilibre. Le temps de le dire, il se retrouva sous la masse immense de l’arachnide. Au même moment, alors que le démon esquivait les attaques contre sa personne, un énorme céphalopode prenait de plus en plus de place dans le cabinait. Cependant, il s’en aperçu seulement lorsqu’un de ces tentacules manqua de les écraser, lui et son assaillante. Tous deux s'immobilisèrent instantanément. À peine eut-il le temps de cracher un juron de son cru et de comprendre la provenance de cette attaque surprise, que l’araignée recommençait leur petite danse.
Comment allait-il se sortir de cette mauvaise situation ? Ce n’était pas suffisant d’avoir à gérer cette chose à huit pattes, maintenant il en avait une en plus à huit tentacules. Décidément, cette soirée, il n’allait pas l’oublier de sitôt. La prochaine fois qu’Axel allait recevoir ce genre d’invitation, il y repenserait à deux fois avant de lui voler son carton.

Roule par-ci, esquive par-là, il n’arrivait tout simplement à fuir. Dès qu’il pensait avoir trouver une échappatoire, elle le bloquait avec l’une de ses pattes ou avec son abdomen. Exaspérer par toutes ses attaques répétées, il se mit à vociférer à qui voulait bien l’entendre :


- Que quelqu’... Aïe !

À nouveau, un juron sorti de sa bouche suite à l’intrusion d’un insecte non identifié dans son œil droit.

- Que quelqu’un me fasse frire cette araignée de malheur… et ce calmar géant ! Finit-il par dire après avoir écrasé une nouvelle tentative d’intrusion.
- Cceeccii… n’est paaas un calmaaar...

Profitant d’une mini-accalmie, le démon chercha la petite voix bégayante qui venait de le corriger. Éberlué, le démon n’en revenait juste pas, malgré la terreur et la flaque jaunâtre à ses pieds, Sumerlee continuait à faire son monsieur connaissant au lieu de fuir.

- Ce céphalopode, êtes-vous content maintenant, Monsieur le Professeur ?

Ryden ne put voir le moustachu essayer de répondre à son sarcasme, car son assaillante revenait à la charge. Finalement, après moult tentatives, il réussit à s’échapper des griffes de son assaillante, mais il était évident qu’elle tenait toujours à l’avoir. Voyant que le professeur semblait complètement paralysé de terreur puisqu’il n’avait pas bougé d’un centime, le démon alla le rejoindre. Aussitôt il l’agrippa et attendit le bon moment. Lorsque l’araignée s’apprêta à l’attraper pour la énième fois, il poussa Sumerlee dans ses bras velus.

- Tiens, va faire connaissance avec mon amie. Et maintenant,
vous allez vraiment servir à quelque chose.
Se préoccupant nullement des hurlements de l’homme, le démon s’éloigna d’eux soudainement plus calme. Ça devrait la distraire pendant un petit instant… tout du moins.

Maintenant qu’il s’était débarrassé de l’atrocité à huit pattes, il ne restait plus que le Kraken. Malheureusement, il n’avait pas sous la main un navire pour occuper ses tentacules.
Alors qu’il cherchait n’importe quoi qui pourrait lui être utile, son regard alla vers l’emplacement de la supposée dague divine. Au premier abord, il ne remarqua aucune menace près d'elle. Au contraire, la vitrine se tenait-là, rare survivante, comme si elle l’appelait. Mais après avoir évité un troupeau de bourgeois affolé, il jeta un second regard et constata qu’elle était vide. Soudainement, la lueur dans ses yeux sembla plus forte, plus présente.


- Qui a osé prendre ma dagu… AAAAAAAAAAHHHHH !

Sans qu’il ne s’en rende compte, un tentacule s’était insinué entre ses jambes et venait de le projeter dans les airs. Impuissant, il vit un de ces confrères à ventouses se rapprocher dangereusement de lui. Il tenta bien des manœuvres aériennes, ce qui était presque un spectacle en soi, mais au final, l’évitable arriva pareil. Il se fit happer. Sonné, il eut à peine conscience des autres bras de l’invertébré qui le frôlèrent. Malheureusement pour lui, son atterrissage fut quasiment aussi mémorable. Il finit son vol plané dans ce qui restait du pudding.

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Comment décrire Ryden bièvement ?
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Layth Aeterna
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 14 Mai - 21:24

Le cabinet ressemblait de plus en plus à un champ de bataille et la panique l’empêchait de se concentrer. On n’envoyait pas un djinn au combat, on lui confiait des missions d’espionnage ou d’assassinat, quelque chose de discret, à la mesure de ses aptitudes métamorphes. Un éclair fendit subitement l’air, suivi du cri d’Elise pour Ashton. Est-ce que des gens mourraient déjà ? Sa vision prenait forme, on entendait des coups voler, des corps atterrir au sol – si pas contre des murs, il n’en savait rien. Et Narcisse qui le regardait comme on s’accroche à son seul espoir de l’heure. Quelle grotesque situation. Au moins le dragon se calmait, ses jambes levées aussitôt demandé. Penché sur les chaînes le djinn fit de son mieux pour ignorer les bruits environnants et scier ce maudit métal. De ce qu’il en avait vu Jade était en voie de se libérer, mais il ne pouvait se permettre de vérifier. Narcisse s’inquiétait de l’apparence de sa main recouverte d’écailles, et avec des humains dans la pièce l’angoisse était compréhensible.

-Prend mon manteau pour la cacher, ça devrait suff-

Le lien de fer se brisa au même instant où de puissants bras se resserrèrent autour de Narcisse dont le regard s’affola aussi certainement que ses muscles se tendirent au contact.

-Mu relâche-le, il…

Qu’est-ce que… La main levée pour arrêter Mu et attirer son attention attirait maintenant la sienne. À la place de deux ongles se présentaient désormais deux griffes alors que ses doigts changeaient de couleur et de texture. Ramenant sa main contre lui dans un hoquet nerveux – du moins le supposa-t-il – Layth n’eut guère le temps de questionner sa nouvelle apparence que Narcisse reprenait l’origine de la sienne. Une nouvelle flamme apparut, alarmant le djinn dont le genou relevé retomba au sol soudainement tremblant. De la cendre tombait du ciel, mais pour quelle raison ? Trop de choses se passaient autour d’eux, et ce ne fut qu’à cet instant qu’il remarqua l’étrange silence qui accompagnait la pluie de neige noire au-dessus de sa tête. Un nouveau hoquet lui secoua les épaules sans qu’il ne réalise ses cheveux devenir aussi sombre que la suie les recouvrant, trop préoccupé qu’il était par l’arrivée des insectes.

Quel était donc ce cauchemar ? Pourquoi les animaux et d’où venaient toutes ces bestioles à six pattes ? Sûrement pas de l’extérieur, personne n’y avait accès. Un sortilège ? Une illusion ? Mais dans quel but ? Y en avait-il seulement un ? L’accident semblait peu probable, tout paraissait si bien orchestré depuis la disparition des De Montalant, comme les actes d’une pièce de théâtre ou d’un numéro du cabaret. Un Légendaire se trouvait assurément derrière tout ça. Tiré de ses pensées par un désagréable chatouillement sur son bras droit le djinn s’empressa d’écraser l’intrus d’une main revenue humaine mais plus délicate, à la peau basanée. Si seulement la surprise s’était arrêtée là.

-Qu’est-ce qui m’arrive ?

Ce n’était pas un insecte qu’il avait tué. À dire vrai il n’avait rien tué du tout, simplement écrasé ses propres cheveux. Comment en était-il arrivé à porter une aussi longue chevelure sans le vouloir ? Et quelle horrible sensation que de sentir des choses volantes s’y emmêler. Il ne se fit pas prier pour se réfugier sous une aile de Narcisse ayant retrouvé un peu de maîtrise de soi, suivant du regard Frédéric accourir à la rescousse de Jade avant d’être obligé de se mettre à chasser tous les insectes croyant bon de se nicher dans ses cheveux. Il essaya de reprendre son apparence habituelle dont le seul résultat fut le retour de cet agaçant hoquet concordant avec un changement radical de sa vision. Il se mit soudain à voir très mal, mais d’un champ plus élargi. Une forte odeur de poisson l’assaillit et il se surprit à se pencher vers Narcisse sans même y penser, attiré par… quelque chose d’appétissant ? Sans bien comprendre ce qui lui prenait il s’approcha de son bras et y passa un coup de langue happant un grouillant mille-pattes dont la fine carapace fendit sous ses dents. Layth l’avala quasiment tout rond, le visage doté de beaucoup trop d’yeux pour une apparence humaine. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond avec sa magie.

Le sol se mit alors à trembler de nouveau, l’obligeant à se rattraper à Narcisse pour ne pas tomber, ce qui eut pour effet de recouvrir une joue entière d’écailles lui grimpant jusqu’au nez tandis qu’une rangée de crêtes acérées perçaient sa tunique le long de son dos. Hoquet, encore. Il ne contrôlait plus rien de son apparence très probablement soumise au même dérèglement qui avait amené les ailes de Narcisse à apparaître. Ainsi privé de sa capacité à se transformer selon son bon vouloir tout autant que de son arme, que lui restait-il ? Leur ennemi – car il y en avait un, c’était indéniable – avait bien calculé son coup. Et le chaos ne faisait qu’augmenter.

-Narcisse je ne vois pratiquement rien, je n’arrive pas à reprendre mon apparence !

L’impuissance était terriblement frustrante, et ses efforts ne contribuaient sans doute qu’à maintenir le maigre physique humain qui lui restait. Sa magie était pourtant sienne, de quel droit la pliait-on à une volonté extérieure ? Comment pouvait-il combattre dans cet état, et avec des humains plein la pièce ? Cette soirée tournait au désastre, et comme une catastrophe en appelle généralement une autre, quelqu’un chose vint s’abattre violemment à leurs pieds. Layth aurait pu supposer une poutre ou tout autre objet lourd si un mouvement discernable n’avait pas accompagné sa chute si près d’eux. Quel cataclysme vivant venait de leur tomber dessus, cette fois ?

-Mu, lance-moi dessus. J’ai peut-être du venin, sinon je pourrai toujours gagner en taille ou en force, ce truc a l’air immense.

Le pari était risqué, mais avait-il vraiment le choix ?

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 20 Mai - 18:19

00 h 00, Cabinet des De Montalant. Les insectes maintenant disparus, c'est à présent à un véritable kraken que doivent faire face les invités. Qui aurait pensé que des tentacules puissent être aussi longs ? Manfred le savait lui, mais ce qu'il l'intéressait surtout était de savoir qui était le véritable Manfred, lui, ou l'autre ?
Une chose est sûre, c'est que si beaucoup d'invités étaient horrifiés par ce que leurs yeux leur offraient, l'une d'entre eux ne vivait pas cette expérience de la même façon.

« Moi ! Moi ! Attrape-moi ! Je suis làààà ! Ouiii par ici petit tentacule d'amour ! Noooon revieeens ! Rupeeeeert ne m'abandonne paaaas ! Ha… Rose-Lise comme vous pouvez le voir, les céphalopodes ont vraiment un sale caractère, en particulier ceux qui pèsent plus lourd que trois vaches et cinq petits cochons. Rose-Lise ? E-Elle est toujours avec le commissaire, elle l'a aidé à retirer le scarabée goliath je c-crois Vraiment ? Pourtant il était joli ce scarabée ! Personnellement je l'aurais adopté, et je l'aurais appelé Gudule. Je sais qu'en général c'est le nom d'une libellule mais les libellules n'ont pas le monopole de Gudule ! Non Adam ! Cessez de m'interrompre, je suis convaincue que Gudule est un nom qui convient à n'importe qui ! Tout comme Anémone d'ailleurs, qui ne va pas qu'aux anémones. D'ailleurs qui appellerait une anémone Anémone, je vous le demande, c'est comme si moi on ne m'appelait pas Docteur mais Génie absolu ! Je devrais le proposer à Edward tiens, je suis sûre qu'il serait d'acc- RUPEEEEERT REVIEEEEEENS ! Zut il est encore parti. J'étais pourtant si sûre qu'entre nous ce n'était pas qu'une simple histoire d'amitié, mais bien au-delà ! Comme si nos deux esprits vivaient côte-à-côte ! Aah, aah il revient ! Je vais l'attraper cette fois ! Vous allez voir Adam, cette fois-ci c'est la bonne ! Hop ! Aaahaaa ! Je l'ai touché, je l'ai touché ! *splotch* Oh *splotch* *splotch* Huhu ~ Adam j'ai un tentacule moi aussi ! E-E-E-EE-EEE-EE Élastique ? Oui c'est de circonstance je pense ! Regardeeeeez j'ai un bras ours tout mou d'un côté et un tentacule de l'autre ! Je peux faire une danse super chouette ! Enlevez-moi mon bandage, je ne peux pas le faire avec ce nouveau bras ! Hooo-ors de q-question ! C-Cachez leee ! Ce que vous pouvez être vieux jeu Adam, ça va devenir la mode d'avoir un bras de poulpe, c'est moi qui vous le dit ! Bon laissez-moi faire… Aaah ! Docteur votre bras ! Rose-Lise vous êtes revenue ! C'est charmant n'est-ce pas ? Je suis un hybride entre Igor et Rupert von Tentaculiromax ! Rigooooor von Tentacoursiromax ! Ooooh c'est très intriguant ! M-M-M Ne vous inquiétez pas Rose-Lise, il panique pour un rien quand il voit un bras transformé en tentacule, pourtant c'est la deuxième fois il devrait être habitué ! Regardez j'arrive presque à le contrôler ! Il faudrait que je réussisse à agrandir mon réseau nerveeeeux… Hmmmmmm… Nnnnnnnh… Aha ! Et hop, le bandage est parti ! Mais Docteur ce n'est peut-être pas très sûr… Allons Rose-Lise, tout le monde est trop occupé par Rupert pour faire attention à moi ! Regardez, regardez ! J'attrape le bout de ma patte d'ours eeeeeet… Hop ! Hop ! Hop ! Je peux faire de la corde à sauter avec mes bras ! Hop ! Hop ! Oooooh ! C-C-C'EST N-NNNNN'IMP-PORTE QUOI ! Tenez Adam, câlinez ma papatte, ça va vous calmer ! Vous voyez ? C'est doux n'est-ce pas ? On pense que le pelage d'ours est désagréable au toucher mais en fin de compte c'est très délicat ! Je vais le garder je pense, quoique pour mes auscultations cela risque de poser problème… Cela dit un tentacule possède une très grande précision et je suis certaine qu'avec un peu de pratique je pourrai pratiquer des interventions complexes les yeux fermés ! Vous voyez toujours tout de façon si positive ! N'est-ce pas ? C'est souvent ce qu'on me dit, mais sous forme de reproche, alors c'est moins drôle. Aaah Rupert revient nous voir ! Préparez-vous Rose-Lise il va- AOUTCH ! »

00 h 16, Cabinet des De Montalant. Le Kraken est complètement déchaîné, il est presque impossible de le contenir, quiconque d'approche de son corps se voit projeter à l'autre bout de la pièce ou bien assommer par un violent coup de tentacule. C'est qu'il n'est pas commode le céphalopode ! Du côté de Manfred, pas de poulpe, mais un véritable dilemme entre lui, lui, et l'autre là-bas, qui a l'air de bien s'entendre avec eux.
Dolores avait reçu un coup de tentacule sur la tête en ayant voulu s'approcher de trop près du tentacule. Un peu assommée elle mit quelques secondes à revenir à elle.

« Il faudrait que nous soyons clairs Rupert, je ne suis pas pour une relation violente, j'ai déjà eu des maris battus par leur femme, et ce n'était pas beau à voir. Qu'est-ce que c'est que cette chose qui pendouille devant mes yeux ? Je ne vois rien ! V-Vos ch-cheveux ! Ils se sont tentaculi… tenti… tentacularisés ! Vraiment ? Vraiment ? Oooooh ! Vraiment ? Un miroir, je veux voir ! Ah merci Rose-Lise ! Ooooooooh ! OOOOOOOOH ! C'est plutôt pas mal non ? Cela me donne un certain genre, je suis sûre que je pourrais faire craquer un trit- A-AaaaaaahHAAAAHAAaa Adam qu'est-ce qu'il vous prend ? Vous faites ce genre de cri quand je vais dire quelque chose qu'il ne faut pas dire ! Est-ce que j'allais dire quelque chose qu'il ne faut pas dire ? C'est rigolo à dire de dire quelque chose qu'il ne faut pas dire. Dites-moi Rose-Lise, est-ce que j'allais dire quelque chose qu'il ne faut pas dire, et est-ce que vous trouvez rigolo de dire dire quelque chose qu'il ne faut pas dire ? Je ne sais pas, et oui ! V-Vous avez compris q-quelque chose ? Oui ! Le docteur voulait savoir si elle allait dire quelque chose qu'il ne fallait pas dire, pour ça je ne savais pas Tout à fait ! Et ensuite elle voulait savoir si je trouvais rigolo oui oui ! De dire dire quelque chose qu'il ne faut pas dire ! Et là la réponse est oui ! Fantastique ! Votre cerveau fait des merveilles Rose-Lise ! Et donc Adam ? Je… Je suis bien d'accord avec vous ! Écoutez Rose-Lise ! Quand je bouge ma tête ça fait un bruit rigolo ! Il faut que je refasse de la corde à sauter ! Hop ! Hop ! Vous entendez ? On dirait… Oui ? Hmmm… A-Arrêtez par pitié… Le bruit d'une salade de calamar que l'on essore ! Ooooooooh ! Excellente comparaison ! Pour ma part j'imaginais plutôt un poulpe qui avait le hoquet ! Mais votre idée fonctionne très bien ! Bon l'ennuie c'est que je ne vois pas grand-chose, je peux voir vos pieds par contre ! C'est amusant de parler à des pieds ! Est-ce que des gens nous regardent ? Un petit peu oui… J-Je ne s-sais plus quoi penser… Ils doivent être jaloux ! Si je tourne très vite sur moi même, je suis sûre que la force centrifuge pourra lever les tentacules ! Attention je vais essayer ! Zoooou ! Aïe ! Oh j'ai tapé quelqu'un ? Pardon ! Aoutch ! Qui a mis cette chose inconnue sur le chemin de ma tête ! Mes tentacules sont un peu plus long que tout à l'heure non ? Cela devient problématique, même si c'est très amusant ! Rose-Lise ? Adam ? Oui je suis ici ! Mais le kraken devient de plus en plus violent et… Aaah ! D-Docteur b-baissez v-v-v De quoi ? OURMPGFS ! »

00 h 24, Cabinet des De Montalant. Certains tentacules du Kraken ont été repoussés par des invités aguerris, d'autres ont malheureusement volé d'un coin à l'autre de la pièce en essayant d'y faire face. Le poulpe semble en réalité être plus paniqué qu'autre chose. Manfred aussi est paniqué, il n'aurait pas pensé que discuter avec soi-même, lui-même et Manfred n°2 serait si compliqué.
Cette fois-ci le tentacule frappa la doctoresse de plein fouet dans le visage, la couchant par terre. Ayant perdu tout contrôle de son corps, elle eut besoin de l'aide de son assistant et de Rose-Lise pour se redresser. Elle avait toujours ses jambes et son corps tenait encore d'aplomb, par contre sa vue était étrange…

« Bblblblb ? Blb ? Blblblbblllbl blblbl blbllbbllbb blblb ! Blblblblb !! E-E-EEE-EEE-EE O-OOO… Docteur… Votre visage… Vos yeux ils sont… Et votre bouche est… Blb ? Blbllbbl ! Blb blblblblb bllllblb blblblblbl bllblb blblblblblblb blblblbllblbllblbbblblblblbllbblbblbbl ! Le dernier mot était très compliqué… V-Vous comprenez ce qu'elle d-dit !? Pas vraiment non, mais c'était un très long mot alors je pensais… Blb blblb ! Docteur ! Essayez de bleub bleub une fois pour dire oui, et deux fois pour dire non ! Blb ! Ah fantastique nous pouvons communiquer ! D-Docteur, est-ce que vous allez b-bien ? P-Personne n-ne doit vous voir dans cet é-état ! Blb ! Blb bllbl blblblblb ! Bllbl blbl ! Blb ! Blb ! Blb ! A-Arrêtez de faire de la corde à s-s-s-sauter !! Blbl… Quoi qu'il en soit nous ne devons pas attirer l'attention ! Et… Et peut-être que tout finira bien ? Monsieur Adam qu'en dites-vous ? C-C'est la première fois q-que le Docteur ne p-peut pas parler… J-Je me sens heureux ! BLB ! Aïe ! P-Pardon ! Blbl blbllblbllbl ! Blblbllbllblb blblblbllbllbl lblblbllblbllbl lbllblblblbbblblblblblblb bllblblbblblblblblb blbllblblblblblb bbllblbllb blblbl blbllblblblbl blblbl blblblb llbllblblbllllblblbllblbl ! Blbllblbllblbllblbl blbl blb blllllllblblbllb ! Blllblbllb blbllblb ! Blbllblblblb ! Blbllblb bllblbllblb ! Blbllblb ? Bblbllblblb ! Euh… Euhm… Blb ? Blblb blb ? Blblb blbllbblbl ! Blbllblbllblblbl ! J-Je crois qu'elle rit là… C'est une langue très difficile ! C-Ce n'est pas u-une langue ! C-C'est le docteur qui… Blblb blblblbl ! Blbll ! A-Arrêtez de parler on ne comprend rien ! Je ne comprends rien ! Mademoiselle Rose-Lise ne comprend rien ! Rien ne se comprend ! On a été attaqué par des animaux empaillés, des insectes, et maintenant un poulpe géant ! Qu'est-ce que je fabrique ici ! Et pourquoi suis-je le seul ici à me dire que rien n'est normal ! Je veux rentrez chez moi ! Haaa… Haaa… Monsieur Adam… Vous n'avez pas bégayé ! C'était incroyable ! Mais personne ne vous a entendu parce qu'une dame a crié au même moment. Blb blblblb ! Blblb ! Je pense qu'elle vous dit qu'il n'y a rien à craindre ! Blb ! D-De toute manière, u-un éléphant entrerait dans la pièce, cela ne m'étonnerait m-même plus… Blbllb ! Blblbllb blbllb ! N-Non ce ne serait pas ch-ch-chouette !! Oh vous avez compris aussi ! Blb ! »

00 h 30, Cabinet des De Montalant. Le céphalopode semble s'être fatigué, ses gestes sont moins virulents et permettent une meilleure approche. Peut-être est-il temps d'en profiter pour lui faire reprendre la raison ? Manfred a trouvé quelqu'un avec qui converser ! Il s'appelle Manfred lui aussi, et a un charisme indéniable. Serait-ce… Son frère jumeau !?
Tandis que Dolores essaye de pouvoir rejouer à la corde à sauter avec ses bras, Rose-Lise et Adam la cachent aux yeux des autres invités qui, heureusement, sont surtout captivés par le Kraken.

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Et Adam crie en deepskyblue /o/



Dernière édition par Dolores Keller le Jeu 25 Mai - 11:32, édité 1 fois
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 20 Mai - 22:38

Un frisson saisit le commissaire quand enfin, les doigts fins de la belle retirèrent le scarabée de sa tignasse brune. Alors seulement, il abandonna son air brimé et remercia grandement la journaliste.

- Eh bien, rien ne vous effraie, on dirait ! Vous...

Il n'acheva pas. Le second séisme, plus conséquent cette fois, avait malmené la plupart des gens, mais plus que tout se fut sa cause qui inquiéta le loup.  Particulièrement, quand, suivant l'interminable tentacule sur lequel il  avait chu, Aldrick découvrit le corps d'un Kraken en chair et en os. Son sang se glaça tandis que tout son corps se figeait de stupéfaction et de craintes mêlées. Son cœur manqua plusieurs battements vitaux et il eut l'impression que son monde allait s'écouler.

- Oh non pas ça... Abandonna-t-il dans un murmure désespéré sans parvenir à se défaire du profil de l'imposant monstre marin.

*Les humains... Impossible ! Ils ne comprendront jamais... Ils ne voudront pas comprendre... Comment faire ? ... Ils sont en danger. Nous sommes tous en danger !*

Une grimace douloureuse déforma les traits du commissaire. À l'odeur à présent aqueuse, se mêlait celle d'un être chimérique qui sentait le cabaret à pleine truffe. La fragrance lui semblait vaguement familière. Avait-il déjà rencontré cette personne ? Comment s'appelait cette fille avec la panthère rose déjà ? Son odeur la suivait aussi. Luna ? Louane ? Louna !
Il secoua la tête et grimaça davantage en réalisant que ce n'était pas le pire. Oh non, le pire, c'était qu'à ce parfum, se mélangeait partiellement celui du loup blanc. La Curia entière saurait bientôt.  Un juron coloré lui échappa malgré sa torpeur, et il aurait renchéri si  un nouvel assaut ne l'avait pas réduit au silence en massacrant un  meuble. Non, non, il ne fallait pas que ça arrive !
Aldrick se redressa au mieux, mais ce ne fut que pour choir et être malmené davantage : sa torche improvisée avait brûlé partiellement l'animal qui se débattit violemment.

Meurtrie et acculée, Louna émit un son pour le moins déroutant, désagréable et pénible.  Paniquant davantage, elle s'enfonça un peu plus dans l'angle de la  pièce, ses nombreux tentacules, quant à eux, parurent emprunts d'un  instinct de survie propre et frappèrent tout ce qui passa à leurs  portées.
Son jugement mit à mal, la chimère se fit un devoir d'éloigner autant que possible toute source de danger. Ce fut efficace. Le lycanthrope en eut le souffle coupé, et fut projeté contre un meuble retourné. Celui-ci éclata sous le choc, déversant sur le passage une multitude de petites perles d'Afrique en os sur le plancher. Sa torche, elle, valsa à travers la pièce pour fondre près des restes de la gelée verdâtre directement sur Ryden.

- Aïeuh... Ça f...

Un nouvel assaut, plus brutal, ébranla la salle. Traçant dans le bois ou le tissu au sol, des sillons imposants sous les cris d'agonie du parquet et ceux affolés des présents.  Les tentacules, aléatoirement, frappèrent à travers la pièce,  propulsant ensuite ci et là, malchanceux et objets, le plus loin  possible du corps du céphalopode. Le plafond même en trembla, à peine moins martyrisé que le sol.  Dans son agitation, Louna lança des regards paniqués à l'assemblée,  sembla vouloir tenter une fuite, esquissant un mouvement à droite, mais  revint quasi immédiatement sur ses positions dans un nouveau son  déchirant.

Le cerveau en bouilli, un  désagréable goût de sang dans la bouche, sa vision renversée, Aldrick  mit plusieurs secondes avant d'identifier la forme qu'il découvrait  comme étant des ailes de dragon. Sa main s'abattit sur son visage, dépité, remarquant enfin que les insectes avaient définitivement disparu.

* Non ! Non ! Non ! C'est un cauchemar !*

- Pas maintenant... Pas comme ça...

S'agenouillant  douloureusement, Aldrick ne trouva plus aucune trace du dragon derrière  lui, il fronça les sourcils, en se demandant s'il ne venait pas de  rêver. Mais aucune de ses craintes ne se  volatilisa lorsqu'il découvrit les visages terrifiés des humains autour  d'eux, et parmi eux, ceux des quelques Légendaires qu'il connaissait.

Alors  l'instinct du loup noir prit le dessus et d'un même accord avec la  bête, il se redressa, et avec toute la force et la stature de sa race,  s'engagea dans une nouvelle traque : celle de stopper l'énorme Kraken coûte que coûte.


Spoiler:
 

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Jade Perez
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 21 Mai - 10:54

Jade ouvrit de grands yeux. La petite bête ne mange pas la grosse ! Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre ! Et puis, il n'était pas seulement question des plantes. Elle grinça des dents et dut se retenir de ne pas gratter les piqûres d'insectes qui lui brûlaient les bras. S'il n'avait pas remarqué, sans la nappe, ils auraient fini dévorés par les moustiques, les araignées, les scorpions, et qui sait ce qu'il y avait d'autre dans ces foutues vitrines ! Et puis, il paraît que certains serpents pouvaient manger des proies bien plus grandes qu'eux ! Si ça se trouve, les humains / Légendaires en faisaient partie aussi ! Enfin, elle avait beau être remontée comme pas deux, presque prête à se lancer dans un long discours moralisateur, elle avait bien remarqué que Frédéric avait tenté de rattraper le coup, et puis, c'était plutôt rigolo de le voir se mettre les pieds dans les plats en tentant de les rassurer toutes les deux ! Du coup, elle décida de ne pas lui en tenir trop rancune et de plutôt répondre à sa question, encore heureux, parce qu'il n'y a rien de moins sexy qu'une enquiquineuse. Enfin, certains auraient dits qu'une femme en colère avait aussi un certain charme, mais bref ... Elle préférait le rire !

« Jade. Je m'appelle Jade. »

Et tout à coup, avant qu'elle ait pu demander à Frédéric ce qu'il avait vu là-dehors, leur abri de fortune fut détruit, ayant à peine le temps d'apercevoir l'ombre d'un ... Tentacule ? Jade resta empêtrée quelques minutes sous la toile qui leur était tombé dessus, mais après avoir aidé Lizzie à se sortir de là, elle porta instinctivement la main à son visage, le cachant sous sa manche, toussotant de plus belle. Cela sentait la fumée à plein nez, entre le petit incendie de Narcisse et les insectes brûlés ça et là, vu que les fenêtres étaient toujours condamnées. Elle jeta un regard inquiet à sa plante carnivore, mais elle n'avait pas trop l'air en piteux état, enfin, au rythme où allaient les choses, d'ici la fin de la nuit, elle aurait épuisé toute sa force vitale. Oh, rien d'aussi dramatique que cela pouvait laisser entendre. Elle risquait de perdre conscience pour quelques heures, voilà tout ... En espérant que ce soit après que le danger soit écarté. Elle doutait de pouvoir vraiment faire une brochette délicieuse, mais on ne sait jamais, avec les monstres géants sortis du vide intersidéral. Comment expliquer autrement cette créature sortie de nulle part, bien plus imposante et dangereuse que le pauvre poulpe décrépi qui se trouvait derrière la vitrine tout à l'heure ? Une chimère, peut-être, comme ... Non. Non non non !

« Ne lui faites pas de mal ! »

Cela ne ferait qu'aggraver la situation. Enfin, restait à voir si quelqu'un voulait bien l'écouter ... Et ne croyait pas qu'elle ne savait plus ce qu'elle disait parce qu'elle s'était rudement cogné la tête tout à l'heure ! Jade lança un regard désemparé au petit mage, il fallait faire quelque chose, et vite, avant qu'il ne soit trop tard !
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Edward White
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 21 Mai - 17:59


Un champs de bataille. Voilà à quoi ressemblait à présent le cabinet des De Montalent. Le sol était jonché de débris. Plâtre, faïence, verre, tout ce que les lieux avaient compté de fragile s'était vu réduit en miettes. Les vitrines balayées s'entassaient ça et là entre deux meubles miraculés. La poussière avait remplacé les insectes et s'ajoutait aux bruits sourds de lutte ainsi qu'aux cris qui résonnaient aux quatre coins de la pièce. La grande majorité des convives s'étaient entassés au fond de la salle, le plus loin possible des va-et-vient imprévisibles et brutaux des bras de leur assaillant. D'autres, plus courageux ou plus fous, s'étaient instinctivement faits soldats et affrontaient la bête avec ce que les lieux leur offrait, ignorants pour la plupart du mal qu'ils étaient en train de faire.

Edward aussi combattait. Il avait réussi à se débarrasser de son encombrant bourgeois en le jetant sous une table où il se terrait encore, puis sans tarder, il avait engagé son premier assaut contre « Kraken ». Mais l'effort s'annonçait complexe. Dans sa volonté  de préserver Louna, le lycanthrope se contraignit à une modération pénible et à laquelle il n'était pas habitué. Il n'attaquait pas, il esquivait, il ne déchirait pas, mais repoussait. À trois reprises, il parvint à se rapprocher de Louna. Il l'appela à chaque fois et à chaque fois, un nouveau mouvement de défense de la chimère l'éloignait violemment. Le dernier coup fut le plus rude, au point qu'il recula d'une dizaine de mètres et termina sa course aux pieds de Frédéric, lui coupant toute retraite.
Si tôt tombé, si tôt sur pieds, le patron du Lost Paradise tenta de faire bonne figure. Sa mise en avait pris un coup, autant que son avant bras gauche dont la manche déchirée laissait entrevoir une peau entaillée, mais ce fut avec un aplomb à toute épreuve qu'il lâcha :

Vous voyez, les soirées au cabaret ne sont pas si intenses que ça finalement.

Un fracas formidable obligea Edward à tourner la tête et ce juste à temps pour apercevoir un ballet aérien à nul autre pareil. D'abord un inconnu fendit magnifiquement les airs pour s'écraser lamentablement non loin d'eux, puis un condor prit littéralement son envol soufflé par un balayage tentaculaire. Il esquissa une parabole superbe et pleine de grâce avant de fondre sur eux.

Attention !

Le loup fit volte-face, encerclant ses employés et la demoiselle qui les accompagnait de ses bras immenses pour les protéger de l'impact.

Mon corps sera ton rempart Mélinda !

Une explosion de plumes plus tard et les restes du malheureux volatiles s'ajoutèrent aux reliquats de meubles et de sculptures. Il n'avait pas résisté au choc avec la silhouette fortifiée de Délia qui, non contente de l'avoir réduit en charpie, s'assurait qu'il ne pourrait plus jamais faire de mal par un piétinement aussi appliqué qu'effrayant. L'instinct d'Edward lui hurla de filer. Il ne se fit pas prier, mais il put tout juste souffler un : « Mettez-vous à l'abri » à la petite troupe survivante qu'il poussait devant lui, que deux mains rondes et colossales attrapaient sa veste.
En un battement de cils, il se retrouva nez-à-nez avec Délia dont le maquillage avait sinistrement coulé suite aux chaudes larmes qui rougissaient encore ses yeux. Le loup eut un vif mouvement de recul, mais la bourgeoise resserra son étau sur ses bras et coupa court à toute tentative de fuite. Ses lèvres tremblantes et charnues se déformèrent en une grimace désespérée et elle s'exclama en secouant de toutes ses forces son prisonnier :

Mélinda ! Mélinda ! Où est Mélinda ? Vous pensiez me tromper, mais je sais touuuuut ! J'ai tout compriiiis !
Q-qq-q-qqu-oi-ii-i-iii ?
Vous la retenez captive grand vilain ! Mais je te sauverai Mélinda ! Parlez ! Dîtes moi où est ma douce petite Mélinda !
Je ne la-aa-a-a con-nn-n-nn-nais pa-aa-a-aaas !
Honis mensonges ! Vous ne m'aurez pas gredin ! Mélinda n'ait pas peur ma chérie ! Maman Délia va faire parler le méchant monsieur, même si elle doit casser tous les os de son grand corps !
Pardon ?! S'étrangla le lycanthrope qui mit plus d'ardeur encore à essayer de se libérer de ce qui ressemblait à présent à un gros câlin.

Et comme il restait encore un peu de marge à l'horreur pour atteindre son paroxysme, une nouvelle exclamation s'éleva un peu sur la gauche d'Edward. Malgré l'étreinte désagréable à laquelle il était contraint, il eut tout le loisir d'en assimiler l'ignoble sens.

Armand ! Lâchez ça ! C'est une créature unique, vous ne pouvez pas…
Unique ou pas, elle va tous nous tuer Jules ! Dégagez de là !
Hors de question ! Je ne vous laisserai pas lui tirer dessus !
Laissez-le faire !
Oui laissez-le ! Qu'il la tue !
Retenez-le !
Qu… Non ! Non lâchez moi ! Armand ! Je vous en conjure ne faîtes pas ça !

Parmi toutes les vitrines éparpillées, l'une d'elle contenait les trophées d'une chasse au tigre en Asie. En plus de la peau de la bête, l'arme qui avait servi à lui ôter la vie et une boîte de cartouche y trônait fièrement, jusqu'à ce qu'une attaque du titan des abysses ne fasse voler le tout en éclats. Le fusil avait glissé jusqu'à Armand Delcambre, dont le regard avait rapidement trouvé deux balles qu'il espérait en état de marche. Jules s'en était rendu compte trop tard.
Avec espoir de le raisonner, il s'était mis en barrière entre lui et le « Kraken » qui commençait à s'épuiser. Mais d'autres courageux combattants se rangèrent aux côtés d'Armand et deux d'entre-eux saisirent Jules par les bras pour l'écarter de la trajectoire. Alors le fusil se dressa au-dessus du champs de bataille et chercha le point faible à la bête. Jules hurlait. Le cœur d'Edward était en passe de s'arrêter. Les mots qui s'arrachèrent à sa gorge s'élevèrent comme une supplique.

Ne tirez pas !

Un grincement, puis le bruit reconnaissable d'un claquement de porte figea la salle. Tous les regards se tournèrent vers l'issue jusqu'alors bouchée et tous découvrirent avec terreur cinq silhouettes sombres et aviaires comme celles qui avaient enlevé les De Montalent. À l'instar des précédentes, elles se mouvaient sans bruit dans leur longue traine noire et vaporeuse. Leur vue affola à nouveau Louna, qui mit ses dernières forces dans une tentative de fuite maladroite.
Alors Armand mis en joue, suivit du canon la silhouette immense du céphalopode et alors que Jules et Edward parvenaient à s'arracher simultanément de leurs geôliers, il fit feu.

Le coup résonna prodigieusement. Une odeur de poudre s'éleva, mais alors que tous scrutaient la créature marine, ce fut un des êtres indescriptibles qui s'effondra sous les exclamations horrifiées de ses pairs. Au dernier moment, Armand avait changé de cible. L'un des monstres se jeta aux côtés du blessé, les trois autres se précipitèrent jusqu'aux fenêtres. Ils en tirèrent les rideaux et les ouvrirent toutes, sans exception. Et toutes offrirent une vue magnifique de Paris en même temps qu'un air frais et revigorant s'engouffrait dans le cabinet.
Mais il restait un coup au fusil d'Armand. Sans tarder, il mit en joue une autre de ces effrayantes créatures. Il aurait tiré sans l'intervention de Jules qui se jeta sur l'arme pour tenter de la lui arracher des mains. Délia le rejoignit et fit lâcher prise au tireur d'un sacré coup de sac, furieuse qu'un coup de feu ait pu effrayer Mélinda.

Edward s'était élancé vers le fond de la salle où le Kraken avait disparu. Le cœur battant à tout rompre, il scruta le sol en retenant son souffle, jusqu'à repérer une toute petite souris blanche qui filait à toute allure au travers des débris. Un soupir de soulagement souleva ses épaules. Il la récupéra dans ses grandes mains, s'adossa au mur où cadres et tableaux vacillaient dangereusement, puis abandonna dans un murmure :

Je suis désolé.

D'abord affolée de cette soudaine étreinte, Louna s'agita vigoureusement entre les mains contre lesquelles elle ne pouvait plus rien. Trop affaiblie pour se transformer à nouveau, elle finit par se calmer lorsque la voix d'Edward lui parvint. Dans son habit de fourrure, la petite chimère se lova dans la paume du loup, qui finit par la déposer soigneusement dans la poche intérieure de sa veste. Il lui promit de rentrer sous peu, mais une voix s'éleva, celle d'Adélaïde De Montalent :

Mais enfin, mais vous êtes fous ! Vous avez essayé de tuer mon mari ! Edmond, Edmond, mon chéri je t'en prie, dis moi que tu vas bien ! Oh mon dieu, mon dieu, il saigne ! Quelqu'un est-il médecin ? S'il vous plaît !

Edward se rapprocha, enjamba deux statues tombées au sol, puis découvrit la silhouette de leur hôtesse penchée sur celle de son époux, blessé à l'épaule. Derrière eux trois serviteurs, une femme et deux hommes, achevaient de fermer les encensoirs. Tous les cinq étaient vêtus d'une longue et large  combinaison noire qui les couvrait entièrement et portaient autour du cou le masque qu'ils venaient de retirer. Ce masque blanc et long avait toutes les similitudes avec ceux des médecins de peste et n'était cerclé que de deux grandes vitres rondes pour permettre à leur porteur de voir sans être vus.
Le loup blanc commençait à comprendre et l'ultime couinement de Summerlee lui donna raison. Le pauvre professeur se battait à bras le corps avec un large draps noir que Jules eut la délicatesse de retirer. L'intellectuel hurla à l'arachnide monstrueuse, chercha à s'éloigner jusqu'à ce qu'il ait réajusté ses binocles. L'immense tarentule dégonfla doucement sous ses yeux et retrouva la forme qu'elle avait toujours eu, celle d'une vaste toile de jute à la couleur du charbon.

De nouveaux murmures s'élevèrent, mais comme Madame De Montalent était toute entière occupée à la santé de son mari, ce furent les domestiques qui en prirent pour leurs grades. Armand éclata le premier. Il jeta l'arme au sol avec rage avant d'empoigner le portier par le col :

Que nous est-il arrivé ! Expliquez-vous !
Du calme Armand, vous n'arriverez à rien en…
Qu'est-ce que c'étaient que toutes ces choses que l'on a vu ! Pourquoi il n'y a plus rien !
Je… Je vais tout vous expliquer, mais lâchez moi, s'il vous plaît…

Les autres employés de maison aidèrent l'antiquaire à séparer les deux hommes et la salle toute entière se pendit aux lèvres du serviteur.

Mélindaaaaa !?

Presque tous.
----------v∆v-----------v∆v-----------v∆v-----------


Murmures curieux



Que d'émotions sur ce grand final !

Vous avez vécu toute la scène, jusqu'au coup de feu puis le retour de De Montalent et de leurs employés sur la scène. Après quelques manifestations encore étranges dans la pièce, tout semble petit à petit retourner à la normale depuis que les portes et fenêtres sont rouvertes. Il en est de même pour les Légendaires qui retrouvent le contrôle absolu de leur corps.

Plus de Kraken donc, mais la salle reste dans un sacré désordre et Monsieur De Montalent est blessé. L'un des serviteurs, Stéphane, se jure de faire toute la lumière sur cette histoire.





Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au samedi 3 juin (au soir) pour participer à cette cinquième et dernière partie !


Vous pouvez toujours nous joindre par MP pour la moindre question ! Nous répondrons au plus vite, comme d'habitude.

Vous n'avez pas pu poster à la manche précédente ? Aucun problème, vous pouvez participer à celle-ci.
Pour les autres, toujours merci pour votre participation !
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Aldrick Voelsungen
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 3 Juin - 12:23

Tout semblait redevenu "normal". Pour peu qu'il y ait jamais rien eu de normal dans le cabinet des De Montalent. Aldrick s'était figé, une moitié de nappe en main, prêt à tenter de maitriser l'un des bras du Kraken, quand ce dernier avait tout simplement disparu. Tout était allétrès vite. Le coup de feu lui avait vrillé les tympans. Monstrueusement.  Évaporée la chimère. Remplacée par les mêmes étranges créatures que précédemment.

Le loup noir avait rejoint la rixe, le souffle court, le cœur affolé, Aldrick ne put s'empêcher de soupirer de soulagement en constatant que l'unique blessé n'était autre que leur hôte. Son regard affolé coula sur la salle, sans qu'il ne parvienne à retrouver l'odeur de Louna, probablement masquée par celle du sang. Mille questions lui vinrent alors que les esprits s'échaudaient. Mais il discerna nettement les contours métalliques de l'arme, dont Armand venait d'être privé, et qui avait volé un peu plus loin.
Par réflexe, autant que par habitude, il éloigna les curieux avant de l'emmailloter dans le tissu partiellement. Un nouveau soupir souleva ses larges épaules, avant qu'enfin, il ne fasse le rapprochement entre la tenue singulière de leurs hôtes et les sombres créatures. Il fallut pourtant quelques secondes encore au commissaire pour jauger au mieux la situation, malgré l'avalanche de craintes et de doutes qui l'assaillait.

*Ont-ils tous compris ? Vont-ils nous faire payer tous ces mensonges ?*

Sur ses gardes, prêt à en découdre, le lycanthrope jaugeait ses plus proches présents d'un air dissuassif. Mais le temps passa, et malgré les tracas des invités, seul semblait importer les dires du majordome, pour pallier à l'incompréhension commune. Alors sans un mot, il se rapprocha finalement d'Edmond De Montalent.

Un son déchirant de tissu fit sursauter quelques présents, coupant le discours du serviteur, tandis que le brun, malgré une colère sourde qu'il peinait à contenir, s'agenouillait près du maitre affabulateur. D'un geste machinal mais sûr, il entoura l'épaule d'Edmond plusieurs fois avec l'étoffe, avant de faire un nœud extrêmement serré.

- Aïe !
- Faites attention, il est bl...

Le regard du commissaire, quasi dépourvu d'humanité, disait à lui seul combien aucune réclamation n'était envisageable, et Madame De Montalent, ne se risqua pas à finir sa phrase. Stéphane quant à lui, reprit le fil de son récit, comme s'il n'y avait eu aucune interruption :

- Monsieur, nous a demandé de vêtir ses tenues pour participer à une sorte "d'expérience". Les lubies de Monsieur sont souvent déroutantes, nous pensions simplement que c'était là une de plus...
- Venez en aux faits ! D'où venez ces immondes créatures ?!
- J'ai l'impression d'entendre encore leurs pattes qui grouillent de partout autour de nous ! Glissa une bourgeoise en se rapprochant de son mari, tremblotante.
- Moi aussi ! Gémit Summerlee en avisant le drap noir d'un air méfiant.

Aldrick fronça les sourcils, le silence succinct qui avait suivi, lui avait également donné cette impression. Mais Armand Delcambre vociféra aussitôt :

- Cessez vos jérémiades ! Où sont ces monstres ?!
- Il n'y avait pas de monstres, monsieur.

L'assemblée, telle un seul homme se mura dans un mutisme d'incompréhension, avant de s'emporter :

- Comment ?!
- Mais on les a vus !
- Et senti ! Reprit Summerlee, à qui peu de crédit fut apporté étonnement.
- J'ai été frappé !
- Il n'y avait pas de monstres. Du moins, pas tout à fait. Monsieur nous a demandé de mettre en place des...
- Police, les voisins ont appelé, que se passe t-il ici ?

Trois hommes déboulèrent sans difficulté dans la pièce, l'arme au poing, sous les yeux ébahis des présents. Le commissaire eut l'impression que la scène était irréaliste tant il y avait longtemps qu'il n'avait pas était du côté des "fauteurs troubles" pour assister à ce genre d'entrée. Le capharnaüm qui régnait dans la pièce laissa ses collègues perplexes un instant, car même Jean, fort de son expérience, paraissait sidéré. Comme pour achever le tableau, un nuage de poussière s'éleva lorsque la plaque de l'Amazonie, restée miraculeusement suspendue, s'écrasa au sol avec le boa qui l'accompagnait.

- Hiiiiii ! Il a bougé ! Il a bougé !
- Il vient de tirer la langue !
- Comment ? Mais…
- Il va nous dévorer ! Hurla la belle en se précipitant dans les bras de Billy pour tenter de rester en vie.
- Mais ce serpent n'a pas bougé enfin ! Calmez-vous !

Les iris d'or d'Aldrick coulèrent sur Billy avec stupéfaction lorsque la fille pendue à son cou, se fit violemment éjectée par Délia, qui s'enquit, l'inquiétude dans l'âme.

- Mélinda ! Où est Mélinda ?!

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Lotte Hochvogel
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 3 Juin - 17:44

- Ils sont tous complètement fous.

Lotte poussa un long soupire d'agacement puis se tourna vers Charles-Alexandre qui se tenait droit et fixait l'attroupement d'invités qui s'était construit autour du chef de cérémonie maintenant à terre. La directrice de bibliothèque scruta l'assemblée à son tour, pensant que son père d'un soir avait vu la terrible Délia, mais personne ne s'était encore fait piétiné, signe que la terrible femme était encore perdue quelque part dans le cabinet. Le regard perçant de la Simurgh se posa temporairement sur Edward, qu'elle avait vu en train de déposer la petite chimère dans sa poche à l'abri des regards, puis sur le second loup-garou, maintenant affairé auprès de Monsieur de Montalant pour panser ses blessures. La situation était vraisemblablement réglée, ou en tout cas il ne semblait plus y avoir de danger principal. La petite magicienne se sentait maintenant à nouveau pleinement maîtresse de ses capacités, la chose responsable de toute cette agitation ne faisait plus effet, du moins plus sur elle.

Lotte finit par attraper la main sèche de Charles-Alexandre puis pencha la tête vers la porte d'entrée pour lui faire signe qu'il était l'heure de s'éclipser. Elle ne pouvait pas rester ici plus longtemps, toutes ces personnes lui tapaient sur le système, à geindre, à poser des questions, à se plaindre et à vouloir crier plus fort que l'autre. Voilà le résultat de la pensée humaine, s'imagina la petite fille, tandis qu'elle s'approchait de la sortie. Mais alors que Charles-Alexandre allait poser sa main sur la poignée de la porte, celle-ci s'ouvrit brutalement, révélant plusieurs hommes en uniforme de policiers.

Les trois hommes restèrent coi quelques secondes en regardant l'état du cabinet, puis comprirent rapidement l'état de panique dans lequel se trouvait la majorité des invités. Lotte s'apprêta à faire demi-tour mais elle sentit une main s'agripper autour de son poignet. Pensant qu'il s'agissait de Délia, elle se retourna et ouvrit la bouche mais fut surprise de voir le visage de l'un des policiers. L'homme, accroupit, fixa la petite fille puis se leva pour saluer Charles-Alexandre qui ne comprenait pas vraiment ce qu'il était en train de se passer (il n'avait rien compris à ce qu'il s'était passé de toute la soirée de toute manière).

- Tout va bien monsieur ? Votre fille n'est pas blessée ?
Charles-Alexandre hocha négativement la tête puis tira Lotte vers lui.
- Les voisins nous ont fait venir, ils se plaignaient du grabuge et ont parlé d'un coup de feu. Je ne m'attendais pas à voir un père et sa fille ici. Tu as l'air fatiguée petite, à cette heure-là tu dois sans doute faire dodo.

Un sourcil de Lotte se leva, puis retrouva doucement sa place initiale tandis que l'officier sortit un portefeuille de sa poche et montra une photo de sa fille tout juste née il y a quelques semaines à Charles-Alexandre qui se contenta d'hocher la tête à défaut de pouvoir dire quoi que ce soit. Après la mère en manque d'affection, le jeune père niais. Vraiment, elle devait les attirer.

- Ne vous inquiétez pas, vous allez bientôt pouvoir sortir. Regardez c'est ma fille et ma femme. Nous l'avons appelée Melinda ! Haha pardon je vous raconte ma vie…

S'il existait un dieu en ce monde, ou quelqu'un qui pouvait s'amuser avec la réalité comme l'on pourrait s'amuser avec une maison de poupée, Lotte s'imaginait déjà attraper ce sale type par l'oreille et le trainer derrière elle sur plusieurs mètres avant de le rendre plat comme une crêpe pour l'utiliser quotidiennement comme paillasson, en particulier les jours où son pied aurait le malheur de rencontrer ce genre de chose dans lequel tout le monde espère ne jamais marcher dans une vie.

- Tu as quel âge ma petite ?

Deux mille ans et des poussières.

- 10 ans Monsieur.
- Haha tu es déjà grande !

L'homme posa sa main sur la tête de Lotte avant de retourner discuter avec Charles-Alexandre qui ne comprenait décidément pas pourquoi cet homme lui tenait la jambe ainsi. La directrice de son côté ignorait si elle devait détester ce type pour lui avoir touché la tête, ou bien lui pardonner toute offense puisqu'il était l'un des premiers à lui avoir dit qu'elle était grande. Non, elle ne devait pas marcher dans une tentative de corruption aussi grossière.
Mais quand même, cet abruti avait habilement su sauver sa peau. Crétin. Mais gentil. Mais quel crétin !

- Tout va bien ? Oh tu dois être fatiguée, je vais voir mes collègues pour savoir si vous pouvez sortir.

Oui elle était fatiguée, fatiguée de ces maudits êtres humains qui sont si fragiles que tous les réduire en cendre pousse à la culpabilité alors que leur existence même conduit à leur propre destruction. Même des fourmis ne sont pas aussi idiotes ! Vraiment, il lui faudrait au moins une année pour se purger d'autant de contact humain. De contact tout court même.

- Ils ont vraiment intérêt à ce que la bibliothèque soit dans un état impeccable quand je reviens…

Charles-Alexandre jeta un regard curieux à Lotte qui marmonnait derrière sa bouille agacée, puis se redressa pour voir ce qu'il en était du reste des invités. De toute évidence le policier qui leur avait mis le grappin était abordé de toutes parts, l'empêchant de rejoindre ses deux autres collègues qui étaient autour des serviteurs et du couple De Montalant. La porte était grande ouverte, il suffisait de quelques pas de côté discrets pour s'échapper, mais s'ils étaient vus cela ne ferait que poser encore plus de problèmes et ralentirait encore davantage le retour à la bibliothèque. Tout n'était donc qu'une affaire de patience.

Les yeux de Lotte se posèrent successivement sur plusieurs paires de jambes d'invités, écoutant à peine ce qui se disait, attendant patiemment que les policiers autorisent aux invités de sortir. La petite fille réfléchissait aux nombreuses robes qu'elle voyait, certaines étaient en partie déchirées par les évènements de la soirée, sans doute du fait que quelqu'un ait marché dessus tandis que la propriétaire tirait de son côté, ce genre de chose. Certains hommes étaient encore débraillés, leur chemise sortant partiellement de leur pantalon, tandis que d'autres semblaient avoir perdu une chaussure ou avaient les lacets défaits. Puis les yeux de Lotte croisèrent ceux d'une autre personne, cachés parmi les jambes des invités. Si la petite fille ne réagit pas sur le coup, son corps se pétrifia soudainement lorsqu'elle comprit à qui ces yeux appartenaient. La masse noire s'approcha encore davantage, glissa entre les invités à la manière d'un serpent avide et assassin, puis se leva dans une souplesse grotesque pour enfin dévoiler sa splendide silhouette ronde et joufflue.

- Meeee…liiinn…daaaaaaa !!

La terrible ogresse se tenait à quelques mètres de la petite fille. Ses yeux luisaient à la manière d'un monstre sur le point d'attraper sa proie. Une fumée opaque et toxique s'échappait de ses nasaux. Sa bouche édentée esquissa un croissant au cadre sanguinolent. Puis elle fondit sur elle à une telle vitesse qu'elle sembla glisser sur le sol.

- J'ai pu voir mes collègues, ils ont dit que- Oh ? Bonsoir madame, vous êtes la mère ?

Le policier venait à son tour de traverser la foule pour rejoindre Lotte et Charles-Alexandre et se trouva par mégarde dans le trajet de Délia qui s'immobilisa aussitôt et se retrouva face au jeune policier. Celui-ci se tourna vers les deux bibliothécaires qui hochèrent frénétiquement la tête de gauche à droite, puis fit de nouveau face à la grosse dame qui affichait son sourire le plus charmant.

- Eh bien, je… c'est que… Hohohoho c'est une question délicate jeune homme ~ C'est Melinda qui-
- Melinda ? Incroyable ma fille s'appelle également ainsi !

Le policier dégaina aussitôt les photographies de sa fille et les posa sous le nez à Délia qui bizarrement ne dit rien et se contenta de se comporter comme une femme normale et intègre aux côtés du jeune papa. Cet homme avait réussi l'impossible, tel David contre Goliath, il avait su arrêter le monstre que jusqu'ici personne n'était parvenu à vaincre. C'était plus que le hasard, c'était un véritable miracle qui se produisit sous les yeux de Lotte qui resta immobile quelques minutes avant de profiter de la situation pour s'éloigner avec Charles-Alexandre du duo fatal et se réfugier plus loin dans le cabinet, la faisant s'éloigner de la sortie, mais également de Délia qui bien qu'adoucie, était capable de montrer son véritable visage à tout moment.

- J'ai également des photographies de ma famille ! Voici ma fille, Melinda, et sa sœur, Melinda. Oh et ici il s'agit de Melinda ! N'est-elle pas adorable ?
- Toutes se prénomment Melinda ?
- Toutes ? Vous parlez de Melinda ?
- Ah oui bien sûr ! Quoi qu'il en soit vous avez une très belle famille !

Ce n'était pas un policier, mais l'incarnation d'un miracle divin.

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Pour connaître les bibliothécaires qui travaillent avec Lotte, et trouver des informations sur la bibliothèque, rendez vous ici.
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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Sam 3 Juin - 21:17

00 h 45, Cabinet des De Montalant. Après le tir de coup de feu et une grande vague de panique, le kraken et les autres anomalies se sont volatilisées et ont été remplacées par ce cher monsieur de Montalant, blessé au milieu de son propre cabinet. Tout le monde parvient à reprendre son calme, doucement mais sûrement, bien que la moindre chose puisse encore faire sursauter certains. Manfred danse devant son alter-ego muet depuis plusieurs minutes maintenant. L'affrontement est intense.
Le trio a rejoint l'ensemble des invités qui se sont rassemblés au centre du cabinet. Adam profite d'être le plus grand pour y voir mieux mais n'arrive pas à apercevoir grand-chose. Rose-Lise est bien trop petite pour espérer pouvoir s'approcher et Dolores… Dolores ?

« Le cricri de la crique crie son cri cru et critique car il craint que l’escroc ne le croque et ne le craque. Un pâtissier qui pâtissait chez un tapissier qui tapissait, demanda un jour au tapissier qui tapissait : vaut-il mieux pâtisser chez un tapissier qui tapisse ou tapisser chez un pâtissier qui pâtisse ? Oh mais c'est une question intéressante ! Hmmmm… L'ouïe de l'oie de Louis a ouï. Ah oui ? Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ? Elle a ouï ce que toute oie oit. Et qu'oit toute oie ? Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit "ouah ouah". C'est bon Rose-Lise, je ne parle plus poulpi, c'est officiel ! Vous avez une élocution incroyable docteur ! Je n'arrive même pas à dire pianer panio… Ah ! C'est tout un travail Rose-Lise ne vous inquiétez pas, et puis je parle allemand, l'articulation n'est pas un problème pour moi ! Vous devriez essayer Adam, je suis sûre que cela pourrait vous aider ! S-Sans façon… C'était quand même chouette d'être un poulpe, je me suis sentie toute chose ! Docteur vous devriez parler moins fort quand même… Allons, tout le monde cherche à voir ce qu'il se passe, ils ne vont pas s'occuper de ce que je dis moi. Regardez je peux dire par exemple… LA SALADE FARCIE ! … Vous voyez ? Personne ne réagit. Ah si ce monsieur m'a entendu. Bonsoir ! Oh bah il est parti. Je l'ai impressionné je pense. J'ai envie de r-rentrer, j'en ai assez… Moi je m'amuse plutôt bien ! Pas vous Rose-Lise ? C'était une soirée que je n'oublierai jamais ! Mais je reconnais être assez fatiguée… CONCOMBRE TROGLODYTE ! E-Eh ? Non pardon je faisais une nouvelle tentative, mais tout le monde parle en même temps donc personne ne fait attention… Peut-être si je lève les bras et je me trémousse ? P-Pourquoi voulez vous que l'on v-vous regarde ! Je ne sais pas, je suis frustrée sans doute. Finalement Adam nous aurions peut-être dû aller aider Monsieur de Montalant au lieu de rester en retrait. Je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas voulu. Vous savez cela ne sert à rien d'être timide lorsque la vie d'un homme est en jeu ! Docteur c-c'est vous qui… c'est vous qui parliez trop et on a pas entendu Vraiment ? Je suis sûre que vous exagérez pour ne pas culpabiliser. Mais monsieur le commissaire lu est venu en aide, et vous avez dit Docteur que sa blessure n'était pas sérieuse. C'est tout à fait vrai ! Nous sommes des héros masqués Adam, nous devons rester dans l'ombre ! V-vous ne vouliez juste pas être vue Vous savez bien que je ne suis pas secouriste, je ne suis pas de ces prétendus médecins qui courent sauver les gens la blouse au vent. Je suis avant tout une scientifique, une chercheuse et GLANDE PROTOZOAIRE ! … protozoaire ? C'est rigolo comme mot hein ? Bien changeons de sujet, et si on partait ? Je m'ennuie finalement, tout le cabinet a été mis sens dessus dessous et tout ce qui était intéressant a maintenant disparu ou est abimé. Mon père sera sans doute déçu de l'apprendre mais c'est ainsi. Adam que vous arrive-t-il ? J-Je devrais peut-être aider monsieur Voelsungen… Pourquoi voulez-vous l'aider, il s'en est très bien sorti ! Ce n'est pas un peu de sang qui va tuer ce malheureux, d'autant plus que sa plaie est… Ah Adam revenez ! Zut. Monsieur Adam est très courageux ! Bien sûr ! Il ne paie pas de mine comme ça mais il a demandé la main à une demoiselle vous savez. Monsieur Adam est fiancé… ? Oui ! À une charmante demoiselle qui plus est. C'est un bon petit ! Même si des fois il crie un peu pour rien. »

00 h 50, Cabinet des De Montalant. Un trio de policier a fait irruption dans le cabinet, y instaurant un nouveau climat. Tandis que plusieurs personnes cherchent à sortir, les agents cherchent à les contenir et savoir ce qu'il s'est passé. En dansant, Manfred s'est rendu compte qu'Yvonne était en train de mordiller sa queue dans son sommeil. Peut-être est-ce un message caché ?
L'un des trois policiers s'est adressé Dolores mais a rapidement compris qu'il gagnerait du temps à parler avec quelqu'un d'autre. La doctoresse essaye de récupérer Adam qui est auprès de Monsieur de Montalant et réalise un nouveau bandage à l'hôte à l'aide de la trousse de secours apportée par un majordome.

« Docteur ? Oui Rose-Lise ? Vous savez ce qu'il s'est passé durant cette soirée ? Ce cher monsieur va nous l'expliquer une fois que les policiers auront fait leur travail, il suffit d'attendre. Non non, ce n'était pas… Je voulais dire… Pour vos bras. Oh… Quoi donc ? E-Et bien votre bras transformé en ours et l'autre en tentacule ! Vous me mettez dans une position délicate Rose-Lise vous savez. Vous me demandez de révéler un terrible secret que je garde avec moi depuis de très nombreuses années. Êtes-vous sûre de vouloir connaître ce secret, malgré les terribles conséquences que cela pourrait engendrer ? Vous pourriez ne plus pouvoir faire marche arrière, ne plus jamais pouvoir retrouver votre vie actuelle ! Vous pourriez vous transformer vous aussi ! Est-ce que vous y avez bien réfléchi ? J'ignore les véritables conséquences que pourrait avoir mon secret s'il venait à être révélé, et je ne sais pas si je pourrai y survivre… V-Vraiment !? Mais qu'est-ce donc ? Je vois, vous choisissez donc cette route pleine de périls et de dangers ! La vérité est-elle si importante pour vous ? Seriez vous donc prête à détruire notre monde pour un simple secret ?! Êtes-vous prêtes à être tenue responsable de l'arrrrmageddon !! Oui !! … Ah bon ? Vous êtes drôlement déterminée pour une jeune fille de votre âge ! Malheureusement je n'ai rien à vous mettre sous la dent car moi-même je n'ai aucune idée de ce qu'il m'est arrivé. Je suis d'un naturel assez flegmatique donc je n'ai pas paniqué, et puis Adam canalise la moindre de mes craintes, donc au final je finis par m'amuser plus qu'autre chose. Mais à vrai dire je craignais quand même ne pas pouvoir reprendre mon apparence normale, sous le coup de la panique générale je n'ai pas pris le temps de réfléchir et heureusement parce que sinon cette soirée aurait été moins amusante ! Peut-être qu'il s'agissait d'un phénomène d'hallucination collective, ou alors un rêve éveillé ? Les rêves diurnes sont bien plus courants qu'on ne le croit vous savez, parfois nous en faisons sans même nous en rendre compte car ils s'incrustent parfaitement dans notre réalité. Vous savez c'est ce genre de chose qui fait que nous croyons voir quelque chose du coin de l'oeil, une ombre bouger, un bruit, quelqu'un appeler son nom. Ooh oui je vois ! Mais tout de même c'était bien plus flagrant qu'une simple ombre que l'on croit voir… Certes mais je pense qu'il s'agissait quand même de quelque chose de cet ordre. À moins qu'il s'agisse d'un canular extrêmement bien construit, et que certains invités étaient en fait de mèche avec les de montalant ? C'est bien possible ! Certains seraient donc des comédiens ? Mais et pour votre apparence ? Là encore je ne saurais pas quoi vous répondre, mais moi-même j'aimerais avoir la réponse ! Il peut également s'agir d'une succession de phénomènes variés, par exemple un canular matériel joint à des effets psychologiques immatériels. Vous savez l'esprit humain est capable de nombreux exploits ! Vous saviez que votre cerveau occulte volontairement votre nez de votre champ de vision ? Alors qu'en vérité vous le voyez en permanence ! Ça alors ! Oh ! Mais oui vous avez raison ! Autrement nous loucherions tous je pense. Ce serait amusant remarque ! Je ne suis jamais arrivée à loucher personnellement… Une fois j'ai essayé et ma mère a crié et a eu peur, alors je ne le refais plus ! Vous attisez ma curiosité maintenant Rose-Lise ! Essayez, essayez ! N-Non j'ai peur de rester coincée ! Je demanderai à Adam de le faire dans ce cas. »

00 h 55, Cabinet des De Montalant. L'ensemble des invités s'est désormais calmé, les policiers ont réussi à aider les dernières personnes en proie à la panique à reprendre leurs esprits. Tout le monde attend désormais les explications à ce qu'il leur est arrivé. Manfred ne veut pas savoir lui, puisqu'il sait déjà tout ! Mais ne sait pas qu'il sait. Mais sait-il qu'il ne sait pas qu'il sait ? Qui sait…
Rose-Lise et Dolores sont restées dans le groupe d'invités près de Monsieur de Montalant et arrêtent de discuter pendant que le serviteur commence à expliquer la situation. Rose-Lise absorbée note plusieurs choses dans son carnet, tandis que Dolores regarde sa main, silencieuse.

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MessageSujet: Re: Intrigue : Acte I Scène II | Curiosités malsaines   Dim 4 Juin - 20:42

Il n'y eut que peu d'intérêt pour le pauvre blessé. Seuls Aldrick puis Adam tentèrent de lui venir en aide. Les nerfs encore à vif des autres convives les avaient laissés hagards et suspicieux au point que plusieurs d'entres eux abandonnèrent un cri d'effroi lorsque la police fit brusquement irruption dans le cabinet. Edward regarda leur arrivée d'un mauvais œil et craignit qu'ils mettent leur nez dans des affaires qui les dépassaient. Par réflexe, il resserra un peu sa veste contre lui et suivit d'un œil méfiant le ballet des uniformes.

C'est l'arme qui a servi à faire feu ?
C'est ça. Le commiss… Euh… Monsieur Voelsungen l'a emmaillottée au besoin.
Et qui est le tireur ?
Un certain Monsieur Delcambre. Il est là-bas. Mais il tient des propos bizarres. Il parle d'un ours enragé, d'une pluie d'insectes et d'un, je cite « Kraken ».
Un quoi ?
Apparemment ce serait une pieuvre géante.
Une… Bon sang, c'est un détraqué celui là.
Je ne crois pas… Les autres personnes tiennent des propos similaires.
Bon. Il faut évacuer le blessé, on va essayer de faire la lumière sur cette affaire.

Le plus jeune des hommes de loi acquiesça. Depuis la fenêtre il appela deux de ses collègues restés en bas et qui vinrent aider à descendre Monsieur De Montalent pour le conduire à l'hôpital le plus proche. Le bourgeois en aurait peut-être profité pour se plaindre de son état, si Armand Delcambre ne s'était pas interposé, toujours hors de lui.

Ce type n'ira nulle part tant que nous ne saurons pas ce qui s'est passé ici !
Mais il est blessé Armand, vous devriez…
Jules ne commencez pas ! Des choses anormales se sont déroulées dans toute cette maison et j'exige de savoir ce que c'est !
Monsieur, je vous prie de bien vouloir vous écarter.
Non, il a raison !
Oui ! Laissez-les s'expliquer !
Si vous ne vous écartez pas, je devrais vous arrêter également.
Alors vous nous arrêterez aussi ! Grinça le professeur Summerlee depuis la chaise où il avait jeté son corps épuisé.
Et moi aussi !
Et nous également !

La témérité d'Armand avait échauffé les esprits et ranimé la colère d'une majorité de convives. L'un des agents jeta un coup d'œil à son supérieur et ce dernier lui fit signe de ne pas intervenir. Tous les regards se tournèrent à nouveau vers les maîtres de maison et leurs serviteurs. Nerveusement, Stéphane put reprendre son récit là où il l'avait arrêté :

Comme je vous l'ai dit, il n'y avait pas de monstre. Monsieur et Madame nous ont demandé de disposer une poudre particulière dans les encensoirs éparpillés dans la pièce. Elle devait avoir un effet sur tous ceux présents dans la salle dès lors que l'on aurait fermé les portes et les fenêtres.
Quelle poudre ? Et quel effet ? Questionna vivement Armand en serrant les poings.
Je ne sais pas… Une poudre légèrement verte mêlée à l’encens et…
À quoi servait-elle ?!
Je…
Laissez Stéphane, je vais prendre la relève.

Edmond De Montalent avait réussi à s'asseoir, aidé par son épouse et Adam. Il était encore un peu pâle, mais en pleine possession de ses moyens, si bien qu'il poursuivit après un brève pause :

Professeur Summerlee, connaissez-vous le Pied du Diable ?
C'est une plante je crois. Qui pousse en Afrique si mes souvenirs sont bons.
C'est cela. Et bien l'un de nos fournisseurs nous a rapporté un échantillon de la racine de cette plante en nous expliquant qu'elle avait de formidables propriétés hallucinogènes une fois brûlée. Nous en avions testé une infime quantité avec Adélaïde avec un grand succès, aussi l'idée nous est naturellement venue de faire partager cette expérience à d'autres, non sans leur en faire la surprise.
Vous voulez dire que vous nous avez drogué ?! S'étrangla Armand.
Non ! Cette racine n'a aucun des effets dépendant de l'opium. Voyez plutôt cela comme une hallucination collective.

Il y eut un bref silence. Tout le monde tenta d'assimiler l'information et de se convaincre que tout ce qu'ils avaient vécu relevait d'une invention de leur esprit. Mais le doute restait marqué chez beaucoup d'entre eux, notamment chez Delcambre, mais aussi le père qui avait essuyé un affrontement sévère avec l'ours Igor. Plongé dans ses réflexions, ce fut Jules qui leur donna une partie de la clef de ce mystère :

Ce serait cohérent…
Pour l'amour du ciel ! Que marmonnez-vous encore Jules ! S'emporta son ami.
Réfléchissez. La première chose que nous avons tous perçus en même temps fut les masques. Mais juste avant, quelqu'un a dit quelque chose comme « On dirait qu'ils se moquent de nous. » Et tous ont alors ris.
Qu'est-ce que vous essayez de nous dire à la fin !
Je dis que nous avons créé nos propres hallucinations. Elles se seront probablement amplifiées avec la quantité de gaz dans l'air.
Mais… Et l'ours ? Il m'a attaqué !
A-Attendez… Quel ours ? Coupa l'agent qui commençait à ne plus rien comprendre à cette histoire.

On indiqua du bout du doigt le grizzli empaillé couché au sol près d'une vitrine. Le policier arqua un sourcil, se frotta le menton avant de jeter un regard suspect à l'homme qui s'était dit avoir été agressé. Son fils confirma les faits, et Jules put s'expliquer :

Si une bête de cette taille vous avait vraiment attaqué, il vous aurait déchiqueté en une dizaine de secondes. Pourtant vous n'avez pas même une coupure.
C… C'est vrai…
Si je me rappelle bien, il y a d'abord eu une jeune fille qui a signalé que l'ours bougeait. Puis les créatures noires sont arrivées, mais c'était vous n'est-ce pas ? Demanda le jeune antiquaire aux serviteurs.
Oui. Monsieur nous avait demandé d'intervenir si leur comportement devenait un problème. Et comme le Professeur Summerlee est l'un de leur meilleur fournisseur, nous avons préféré couper court à la dispute en intervenant. Cette tenue devait nous protéger du gaz.
Et Monsieur De Montalent nous a rappelé la présence de l'ours « Igor » en quittant les lieux.
Alors c'est sa femme qui nous a cloué au sol en nous invectivant ? Grinça Armand.
Vous avez tout compris. Le reste était un jeu de l'esprit, c'est lui qui nous a permis de nous libérer plus ou moins rapidement selon notre volonté propre. Du moins c'est ce que je pense.

Le reste de la soirée fut décortiquée avec la même adresse par le jeune homme. Il supposa que l'ours avait probablement perdu l'équilibre, peut-être poussé par l'un des convives qui se débattait avec ses chaînes imaginaires. Les reste des animaux s'étaient animés à cause des craintes d'une dame et en se débattant contre ces créatures inertes, ils avaient commencé à saccager le cabinet. Les arthropodes avaient finalement éclipsés les mammifères, à nouveau à cause de la peur d'une personne qui s'était propagée lorsqu'elle avait crié. Et luttant toujours contre des créatures invisibles, l'état de la pièce n'avait fait qu'empirer. Il était cependant probable qu'un scarabée dans les cheveux n'ait, en réalité, été qu'un objet de décoration qui aura effleuré une tête. Il termina son compte rendu d'une mine pensive, abandonnant en passant une main sur son menton :

Il n'y a qu'une chose que je n'explique pas, c'est cette pieuvre géante.

Et pour cause. Celle-ci était bel et bien réelle. Edward sentit la petite souris s'agiter dans sa poche. Il chercha à la rassurer en posant sa main sur cette dernière, puis se décida à prendre la parole :

Depuis que nous sommes entrés dans cette pièce, la momie de ce calamar géant nous toise. Cela a dû suffire pour nous influencer. La drogue aura fait le reste.
C'est vrai qu'il est impressionnant mais…
Mais qu'aviez-vous en tête en organisant un cauchemar pareil ! Hurla à nouveau Armand que la police empêcha de s'en prendre à nouveau aux De Montalent.
Cela partait d'un bon sentiment ! Protesta Edmond. Nous voulions juste vous faire découvrir quelque chose de nouveau. Il y a peut-être eu un petit problème de dosage mais…
Nous aurions pu finir par nous entretuer !
Non ! Non, nous avions prévu un repas sans couvert et des verres en bois pour éviter qu…
Alors expliquez nous comment ce rideau a pris feu ? Comment une torche de fortune peut se trouver là et surtout, comment j'ai pu vous tirer dessus ?
Je reconnais que…
Nous étions présents pour intervenir en cas de nécessité, s'empressa d'ajouter l'un des serviteurs. D'ailleurs nous venions couper court à l'expérience quand vous avez fait feu.
J'ai tiré pour nous sauver. Je vous prenais pour des monstres !
Je ne vous accuse pas ! Je voulais seulement vous avertir que nous n'aurions pas laissé les choses dégénérer davantage.
Ce qui veut dire que vous nous observiez ? Demanda subitement Jules. Vous nous voyiez donc nous débattre dans le vide ?
Et bien au début oui, mais…

Il y eut un long silence. D'un geste proche, les trois employés passèrent nerveusement leurs mains sur les masques blancs toujours pendus autour de leur cou. Ils les palpèrent, les retournèrent, les examinèrent et comme on leur demandait à nouveau de se presser, ce fut Monsieur De Montalent qui avoua :

Nous les avions percés sans les en informer.
Vous êtes complètement inconscients !S'étrangla Armand.
Ils avaient le droit tout autant que nous de profiter de cette nouvelle expérience. Et puis les effets du Pied du Diable restaient beaucoup moins prononcé chez eux.
Encore heureux ! Sans quoi c'est l'immeuble entier que nous aurions détruit avant que vous interveniez !
Armand…
Calmez-vous monsieur. Laissez la police s'occuper de cette affaire.

Les De Montalent furent évacués après qu'ils aient réaffirmés à leurs invités qu'ils n'avaient aucunement prévus de leur faire du mal. Les civils qui le souhaitaient ou dont l'état nécessitait du repos furent également conduits à l'hôpital, les autres purent rentrer chez eux à condition de se tenir disponibles pour un éventuel interrogatoire. La police passa les lieux au peigne fin. Les contenus de chaque encensoir furent confisqués, ainsi que les autres échantillons de Pied du Diable en possession des bourgeois.

Edward ne sut si l'un d'eux nota le flan au poisson répandu, les restes calcinés de rideaux, la plante carnivore ou encore les vêtements déchirés de Louna. Son cœur se serra à cette ultime pensée et, balloté par le roulis du fiacre, il referma davantage ses mains sur la petite chimère qui dormait au creux de sa paume.

----------v∆v-----------v∆v-----------v∆v-----------

Ailleurs dans la capitale, la porte d'une voiture pivota et deux silhouettes en descendirent. La première esquissait de larges mouvements agacés et sa voix forte laissait entendre que son propriétaire avait passé une exécrable soirée. À ses côtés un garçon plus fin marchait en silence. Perdu dans ses pensées, il n'en fut tiré que par une bousculade volontaire de son acolyte :

À quoi pensez-vous encore, Jules ?
Un détail me chiffonne…
Seulement un détail ? Bon dieu, moi c'est toute cette soirée qui me retourne.
Avez-vous revu la demoiselle que nous avons aidé ? Celle qui avait peur du loup.
Pas dans mes souvenirs.
Je l'ai cherchée quand nous avons quitté les lieux, mais elle avait l'air de s'être évaporée.
Comme le Kraken ?
Précisément…




Ainsi s'achève la scène no 2 de notre intrigue !

Merci à tous ceux qui ont pris un peu de leur temps pour participer à cette aventure !
On espère qu'elle vous a plu et que vous en avez appréciés les rebondissements. D'autres aventures vous attendront sur le forum, on espère pouvoir compter sur vous lors de ces occasions !

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