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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Ainsi tourne le monde [PV Edward]

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Jade Perez
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MessageSujet: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Mer 5 Avr - 14:21

« Edward ! Edward ? ... Loup y es-tu ... ? Louloup ... Youhouuuu ... Échoooo-oooo ... »

Après avoir tambouriné comme cela pendant quelques minutes sur la porte menant au bureau du big boss pour lui faire part d'une affaire absolument ur-gente, avant de s'amuser toute seule de la résonance particulière qu'offrait ce couloir, Jade dut se rendre à l'évidence. Il n'y avait personne. Pourtant, il était tard, enfin pas aux petites heures du matin non plus, la dryade savait se tenir un minimum après tout, mais tout de même, en théorie, aucune affaire ne devrait requérir la présence de monsieur White en dehors du cabaret maintenant que le spectacle s'achevait. Elle le savait parce qu'elle avait jeté un coup d'œil discret et parfaitement innocent à son emploi du temps à très exactement 17h30. Il n'aurait tout de même pas eu l'audace de le changer depuis ! Non ! Il n'oserait pas ! Un pareil gentleman ? Oh le rustre ... Il cachait bien son jeu !

Incertaine de ce qu'elle devrait bien faire à présent, entre attendre et abandonner l'affaire, Jade posa son front contre la porte, déprimée comme jamais de voir son plan mis en échec par un détail aussi insignifiant ... Prise soudain d'un doute, ou guidée par le regard bienveillant d'Hermès, ses doigts fins firent tourner la poignée. Dans un clic qui l'a laissa bouche bée, la voilà dans l'antre de la bête. Le regard brillant, sans plus attendre, elle referma doucement la porte derrière elle et s'installa dans l'une des chaises qui reposait dans la pièce, observant ce qui l'entourait. Elle n'avait jamais trop fait attention au décor de cette pièce, pour s'y être retrouvée peu de fois. Elle se demandait si Edward avait choisi chaque détail méticuleusement, ou s'il avait plutôt demandé conseil à un décorateur farfelu. N'empêche, quiconque était le responsable, il avait bon goût, bien qu'il soit un peu triste de voir que les arbres ne servaient bien souvent plus qu'à autre chose qu'être transformés en objets insolites, s'ils ne se retrouvaient pas dans une zone désignée à leur protection.

Sauf que voilà, l'immobilité, ce n'était pas trop son truc, surtout lorsqu'elle avait une idée derrière la tête. La mélancolie non plus. Bien vite morte d'ennui, elle s'assit sur le meuble imposant, laissant ses jambes flottant dans le vide, soufflant sur les quelques papiers qui y traînaient jusqu'à ce qu'ils tombent par terre afin de pouvoir prendre place. Quelle importance, puisqu'il n'avait pas pris la peine de les ranger ! Combien de temps comptait-il encore la faire attendre ? ... D'accord, tout cela aurait été plus productif si elle avait prévenu de sa visite, mais ce serait mal connaître Jade ! Elle était guidée par ses émotions et ses impulsions. Et puis, les surprises, c'était toujours plutôt chouette, non ? Dans un soupir, elle s'étala de tout son long sur le bureau. Aussi bien dormir ici, si Edward ne revenait pas. Il la chasserait au petit matin, et elle tenterait de lui expliquer ce qu'elle faisait là, mais elle doutait qu'il lui prêterait vraiment attention. Pire, une pareille occasion ne risquait pas de se représenter de sitôt ... Dommage qu'il soit son patron, on ne mélange pas affaires et plaisir ! Elle avait retenu la leçon, pour s'être prise au jeu une fois, et y perdre gros.

La porte grinça alors, la sortant de son humeur morose. Oh joie, oh bonheur ! Quelqu'un pour lui tenir compagnie ! Sans regarder s'il s'agissait bel et bien du patron, qui d'autre aurait l'audace de se pointer ici d'une telle manière après tout, ou même s'il était seul, elle lança dans un éclat de rire, index levé vers le plafond, fière de sa découverte, avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit :

« Ce qui manque, en fait, c'est une secrétaire sexy ! »

Non pas qu'elle se proposait pour le poste. Elle avait déjà amplement de quoi s'occuper les mains ... Se relevant gracieusement, elle offrit un sourire guilleret à celui qui lui faisait face, comme si tout cela était parfaitement naturel.

« Franchement, quel étourdi tu fais parfois ... Laisser la porte de ton bureau déverrouillée, c'est inviter le premier voleur à s'emparer de toutes ces informations que tu laisses traîner. »

Son sourire s'étira davantage sur ses lèvres roses, toute l'ironie de sa remarque ne lui échappant pas, bien au contraire, puisque le parallèle était entièrement voulu. Et ses remontrances pour son retard inexpliqué ? Disparues, pour le moment, accaparée par toute autre chose. Elle était assez curieuse de savoir ce qui lui avait fait oublier de fermer à clé. Peut-être Andréa, ou un autre employé qui causait des problèmes !? Ou bien les jolis yeux d'une demoiselle ... Huhuhu ...
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Edward White
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Dim 9 Avr - 21:35

Le pas agacé d'Edward martela une à une les marches qui le rapprochaient de ses appartements. Sa main gauche courrait le long de la rambarde, la droite s'acharnait à effacer une belle marque rouge qui décorait sa joue. Le dessin de deux lèvres sanguines s'étalait un peu plus à chaque passage de ses doigts et même sa manche, pourtant fermement appliquée, ne parvint qu'à répandre davantage le rouge à lèvres. Il pesta et serra les dents. Le pallier du troisième étage franchi, deux foulées furieuses suffirent à le conduire jusqu'à son bureau. La poignée hurla sous ses doigts crispés.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

Edward est assis à son bureau. Il s'occupe de la paperasse qu'il a accumulé ces dernières semaines. Entre un serveur, essoufflé.

SERVEUR – Monsieur White ! Monsieur White !
EDWARD – J'ai demandé à ne pas être dérangé.
SERVEUR – Pardon monsieur.
EDWARD – Et bien quoi ? Ne restez pas là la bouche ouverte. Que se passe-t-il ?
SERVEUR – On vous demande.
EDWARD – Qui ?
SERVEUR – Une femme… Elle menace de retourner tout le cabaret si vous ne descendez pas…

Tous deux quittent la scène, Edward en premier. La porte du bureau est fermée, mais pas verrouillée.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

Le loup blanc s'était figé. Sa respiration vive s'écrasa sur le battant de bois près duquel il venait de percevoir une odeur anormale. Elle était fraîche et boisée avec en note de fond, un arôme de baies tout juste cueillies. Ce parfum il le connaissait. À sa nervosité palpable s'ajouta une soudaine méfiance et ce fut du du bout du pied qu'il fit pivoter sa porte. Jade était étendue sur son bureau. Elle l'accueillit d'un éclat de rire qu'elle ponctua d'une de ces remarques dont elle avait le secret. Edward leva les yeux au ciel et referma la porte derrière lui. La mâchoire serrée, il parvint à articuler :

J'ai dévoré de fatigue toutes celles qui ont occupé le poste. Que faites vo-

Elle se redressa et reprit la parole. Il croisa son regard et par réflexe, il chercha à nouveau à débarrasser sa joue de la trace écarlate. Comme il n'y parvint pas, il sentit son visage chauffer soudainement et finit par détourner les yeux. Edward entreprit alors de ramasser les papiers éparpillés au sol et gagna son fauteuil. D'un geste nerveux il essaya d'aligner les feuilles entre ses doigts en les tapotant contre le bois de la table tout en abandonnant, faussement concentré :

Il y a eu un… imprévu.

L'une des pages refusa de rentrer dans le rang. Bien mal lui en prit. Agacé par cette rébellion le loup frappa d'un coup sec les documents sur le plan de travail et tous, sans exception, prirent un mauvais pli. Ses lèvres se pincèrent pour contenir à grand peine un magnifique juron. Alors d'un geste brusque Edward plaqua les feuilles sur son bureau de sa paume large et puissante avant d'interroger sèchement :

Que faites-vous ici Jade ?

Il releva la tête. Cette fois-ci son regard ne se déroba pas et il reprit rapidement, en croisant les bras sur son buste solide :

Après être entrée sans autorisation, j'imagine que cela doit être de la plus haute importance. Je l'espère même.

L'un des papiers rebiqua. Edward lui jeta un regard noir avant d'appuyer à nouveau sa main à sa surface. La seconde vint en renfort pour essayer de le défroisser. Plusieurs essais infructueux eurent raison de sa patience et après l'avoir en parti déchiré, le loup blanc tenta malhabilement de cacher sa maladresse en le recouvrant de son presse-papier. Il soupira, à moitié satisfait, puis glissa dans un coup d'œil pour la Dryade :

Et descendez de mon bureau.

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Jade Perez
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Dim 24 Sep - 2:14

Au lieu d'Edward, elle avait l'impression que c'était le tonnerre qui était entré dans le petit bureau. Son visage, ses mouvements, tout laissait transparaître une couche d'agitation irritée juste sous la surface. Elle avait mal choisi son soir. Oups ! Pourtant, ce n'était la faute de la lune, elle en était à peu près certaine, sinon quelqu'un l'aurait arrêté en cours de route pardi. Mais alors quelle mouche l'avait piqué ... ? Jade resta muette un moment, tentant de se faire petite, confuse. Les réprimandes n'étaient pas sans raison, soit. Mais elle n'avait rien fait qui méritait un pareil comportement, cette fois ! La porte était ouverte, monsieur n'était pas au milieu d'un rendez-vous important et elle n'avait pas trop mis le bordel, vu l'état dans lequel le bureau était déjà à son arrivée. Mais alors, soudain, il cessa de tourner autour de la pièce et, même si de son aveu trop vague, Edward lui offrait bien peu d'explications, la marque rouge sur son visage laissait deviner une partie de l'histoire, tout comme ses tentatives de la faire disparaitre.

« Je vois ça ... »

Sa voix n'aurait pas dû se faire narquoise, son large sourire devenant bien plus moqueur. Ça n'allait franchement pas améliorer toute cette affreuse situation. Mais elle n'y pouvait rien ! Il fallait bien avouer que la situation était comique ! En public, et plus encore le soir d'une représentation, Edward était toujours tellement poli, trop droit, se répandait en courbettes, sourires et mots cordiaux pour épater la galerie. Et avouez qu'avec ses yeux vairons, sa voix qui laisse parfois tomber un mot d'une langue étrangère, il a un certain charme exotique ! Pas étonnant que les demoiselles rêvent de tomber dans l'œil d'un tel homme, ou plutôt dans son cœur. Eh bien, c'était un juste retour de bâton ! Enfin, elle allait éviter de lui dire, elle tenait à sa peau, et elle doutait qu'il apprécie cette blague, vu qu'il était déjà de mauvais poil. OH ! Il avait une sale humeur de chien, oui, voilà ! Retenant un éclat de rire mal venu, elle tapota plutôt la surface froide à côté d'elle avant de se lever enfin, quoique c'en était très peu pour son ordre bien sec.

« Viens là, mon lapin, que je sauve ton honneur. »

Il ne fallait pas tenter de comprendre les surnoms que Jade pouvait bien attribuer aux membres de son entourage. Il y avait toujours une logique derrière, mais parfois, il valait mieux ne pas savoir. Ne pas poser de questions était tellement plus simple, de toute façon ! Pourquoi se prendre la tête lorsqu'on pouvait tout simplement profiter des petits plaisirs de la vie ? Une chose qu'Edward ne semblait pas bien comprendre, eh bien, il avait de la chance qu'elle soit tombée sur lui ce soir !

« Alors, chéri ? Qu'est-ce que tu attends ? Il n'y a pas de non qui tienne. Tu n'en mourras pas ! Ce n'est pas comme si je te demandais de te déshabiller pour me prouver qu'il n'y a pas d'autres traces de cet horrible rouge ailleurs, même si je doute que ta veste pourra être sauvée maintenant. Je te préviens, Edward White. Je ne partirai pas avant d'avoir fait amende honorable. »

Le sérieux devait être contagieux. Même si, pour être honnête, elle ne l'était qu'à moitié. Quant à la véritable raison de sa présence ici, question soigneusement évitée, eh bien cela viendrait plus tard. Chaque chose en son temps ! Il lui en devrait bien une, après tout cela. Elle n'avait pas son matériel sous la main, après tout ce n'est pas ainsi qu'elle prévoyait leur rencontre tardive, mais elle arriverait bien à le débarbouiller, va. N'était-elle pas, après tout, la maquilleuse favorite de leurs artistes ?! Ah non, c'est vrai. Son humour était trop déstabilisant, apparemment ...

Tout de même, Jade préférerait qu'il se calme vraiment, avant d'entrer dans le vif du sujet. Enfin ... Si elle était honnête, elle était sans doute un peu inquiète aussi. Elle avait beau aimer le taquiner, il y avait certaines limites à ne pas transgresser. Simple question de respect. Quelle était la dernière fois que le patron s'était mis dans une colère pareille ... ?
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Edward White
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Sam 30 Sep - 18:26

Edward devait se calmer, il le savait. Mais dans son cas, la chose n'avait jamais été aisée et elle frôlait l'impossible lorsqu'une nymphe pénétrait son antre sans autorisation et s'aventurait à le surnommer « mon lapin ».
Après un coup d'œil réprobateur pour son employée, le loup blanc se laissa tomber dans son fauteuil pour s'intéresser de plus près à sa paperasse. Il n'en avait que faire en réalité, si bien qu'à la première distraction offerte par Jade, il en oublia jusqu'à l’existence. Les déclarations de la jeune femme lui firent d'abord hausser un sourcil, avant de le renfrogner tout à fait. Instinctivement, il passa sa main sur sa joue marquée, l'essuya sans espoir, puis laissa glisser ses doigts sous son col anormalement serré par sa cravate. Geste anodin qui lui colora pourtant brusquement les joues, car il venait de se trahir.

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Edward est en compagnie d'une femme dans une salle privée. Elle tient l'un de ses poignets avec une force colossale et se rapproche toujours un peu plus tout en s'amusant avec sa cravate.

INCONNUE – Ne faites pas l'enfant ce n'est qu'un baiser !
EDWARD – Un de trop déjà !
INCONNUE – Sur la joue ! C'est un signe d'amitié. Mais je peux vous offrir plus !
EDWARD – Sans façon ! Je vous ai accordé ce que vous vouliez, maintenant partez !
INCONNUE – Après m'avoir si vilainement accueilli ? Je demande une compensation ~
EDWARD – Hors de question !
INCONNUE – Mais, je ne vous demande pas votre avis !

L'altercation prend fin sur un baiser supplémentaire de la femme adroitement déposé dans le cou de son vis-à-vis.

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Pendant un bref instant, le loup blanc fut perdu. Il savait que Jade était loin d'être stupide, mais l'idée même d'admettre qu'il avait été incapable de se protéger de choses aussi stupides que des baisers lui retournait le cœur. Silencieux, ses mains nerveuses trouvèrent à s'occuper en maltraitant un crayon de papier que le malheur avait mis sur leur route. Le bois craqua à plusieurs reprises sous sa poigne avant qu'il ne réussisse à rassembler tout son talent d'acteur pour poursuivre la conversation avec le plus d'aplomb possible :

Votre sens du sacrifice est honorable Jade, mais inutile. Vous n'avez rien à vous faire pardonner.

En fait si. Plusieurs choses. Être entré sans autorisation, s'être allongée sur son plan de travail et l'avoir, par deux fois, affublé d'un surnom de son cru. Toutefois, il y avait des concessions nécessaires à la préservation d'une fierté lupine et ne pas blâmer une habile et intelligente maquilleuse en faisait partie. Comme pour s'assurer de son silence, il trouva judicieux d'ajouter, la mâchoire crispée d'une aigreur qui n'était destinée qu'à lui-même :

De plus cette affaire idiote ne vous concerne pas.

Le crayon se brisa brusquement entre ses doigts, dans un claquement sec qui surprit Edward. Il fit discrètement disparaître les preuves de sa nervosité dans son tiroir avant de lever les yeux vers la Nymphe. Il lui fallut des trésor d'audace et d'entêtement pour parvenir à la regarder en face sans qu'une honte colossale ne vienne s'immiscer entre eux. Pourtant, le loup blanc tint bon et enchaîna d'un ton volontairement accusateur qui avait comme uniquement but de détourner définitivement la conversation de lui :

Et répondez aux questions qu'on vous pose. Qu'est-ce que vous faites là ?

Il lui fallut rapidement retrouver une occupation. Son choix se porta sur un morceau usé de buvard qu'il commença à méticuleusement dépecer. Le bout de ses doigts prit légèrement la couleur de l'encre, tandis qu'il ajoutait d'un même ton fâché après que ses iris se soient posés sur l'une des rares plantes d'intérieur qui ornait la pièce :

Si c'est pour vous occuper des fleurs, je vous ai déjà dit que je n'y voyais aucun inconvénient. Vous pouvez même les emporter.

Le papier se déchira à nouveau dans sa main. Un geste anxieux de plus le poussa à repasser une mèche de ses cheveux derrière son oreille et il laissa, à cette occasion, une marque bleue rejoindre la trace rouge décorant sa joue.

Peut-être allait-il finir par lancer un style après tout ?

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Jade Perez
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Dim 15 Oct - 10:53

C'était tout de même assez amusant de voir à quel point Edward pouvait être mauvais menteur, parfois. Toute sa gestuelle transpirait la nervosité, et le fait qu'il se refuse à croiser son regard suffisait à en dire long sur toute cette affaire. Jade avait probablement vu juste, ou alors, elle n'était pas bien loin de la vérité. Par contre, elle n'aurait jamais cru  le loup si prude ! Cela devait être la marque de rouge à lèvres qui l'embarrassait autant. Une preuve indélébile, pour le moment, qu'il était loin d'être aussi parfait qu'il voulait bien le laisser croire.

Alors Jade le laissa parler, parler, un peu absente, puisqu'il ne voulait pas aborder le vif du sujet qui l'intéressait vraiment. Et elle ne savait pas encore exactement comment aborder son propre problème. Grave erreur, sans doute. Son sourire disparut lorsqu'il mentionna les plantes. Jade se plaça instinctivement entre le loup et le pot le plus près, le défiant de faire un mouvement de plus d'un regard hautain. S'il voulait déverser sa colère sur quelque chose, qu'il ne s'attende pas à ce qu'elle reste les bras croisés. S'il croyait comme tant d'autres qu'elle était invivable avec sa nature enjouée ... Alors il n'avait encore rien vu. Même les dryades pouvaient se montrer cruelles, plus encore lorsqu'elles vivent trop longtemps dans le monde des hommes. Mais pour le moment, il ne méritait pas qu'elle risque de se casser les ongles, et puis s'il décidait de riposter, elle n'en mènerait pas large.

« Imbécile ! » Son index alla tambouriner contre le torse de ce grand homme qui avait bien besoin d'être remis à sa place. « Je te ferai remarquer que je n'ai rien d'une enfant ! Je n'ai pas besoin d'obtenir ta permission cent fois, et encore moins en ce qui concerne la nature ! » Si cela ne tenait qu'à elle, il n'aurait tout simplement pas à donner son avis sur la question. Surtout lorsqu'on ressentait le manque d'attention qu'il leur témoignait. Peut-être une autre raison qui la poussait à être aussi sur les nerfs. « Tu penses que je vais te juger, peut-être ? MOI ? Je m'en fiche de ce qui s'est vraiment passé ! Je ne sais pas ignorer une perche qui m'est tendue, c'est tout ! Tu devrais être bien plus inquiet de ce que les autres penseront lorsqu'ils te verront demain ! Ou alors, as-tu perdu la tête au point de refuser complètement de voir la réalité en face ?! Tu me déçois ! »

Elle détourna le regard, les épaules basses, consciente d'être allée trop loin. S'ils continuaient à crier ainsi, c'est le cabaret tout entier qu'ils rameuteraient autour du bureau, et ce serait elle qui ramasserait le blâme pour toute cette situation bizarre. Mais elle ne s'excuserait pas d'avoir été honnête. Malgré tout, sa voix était un peu plus faible lorsqu'elle reprit, toute trace de légèreté disparue. La pièce lui semblait tout à coup beaucoup trop petite, elle aurait préféré mettre plus de distance entre eux.

« Si tu veux tout savoir, je venais te demander un peu d'argent. Ne fais pas cette tête, je t'expliquerai. Mais il y a plus important pour le moment. Sois franc, cette fois ! Crois-tu vraiment que je ne t'offrirais pas mon aide lorsque je le peux ? »

Et pas seulement parce qu'elle lui était redevable, ou parce qu'elle voulait lui demander cette faveur. Elle ne méritait peut-être pas son respect, elle n'était peut-être pas aussi douée que les autres créatures peuplant ce cabaret, mais elle aurait aimé croire qu'il avait au moins appris cela. Peut-être croyait-il plutôt qu'elle répandrait cette histoire comme une mauvaise blague, mais elle voyait bien qu'il était perturbé par toute cette affaire. Était-elle tombée si bas dans son estime ? Et si c'était le cas ... Devait-elle ramasser ses affaires et partir au petit matin, disparaitre sans un mot de plus ? Elle pensait avoir trouvé sa place, ici. Un endroit où elle pouvait être utile et peut-être devenir quelqu'un de bien, malgré tous ses vices. Et ses amis lui manqueraient atrocement. Mais comment pourrait-elle travailler pour quelqu'un qui ne tente pas même de voir au-delà des apparences ? Enfin. Cela faisait beaucoup de si. Pour le moment, elle préférait encore attendre la réponse du loup-garou, les mains sur les hanches pour les empêcher de trembler. Elle ne flancherait pas.
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Edward White
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Mar 24 Oct - 20:42

Deux mains se levèrent face à la colère soudaine de Jade. Elles se levèrent lentement, en signe de paix et d'excuse afin de sauver le peu qui restait de cette détestable journée. Edward écouta en silence, soupira brièvement, acquiesça vaguement avant de poser son regard dépareillé sur la jeune fille. Mince. Il l'avait vraiment mise en rogne. Une légère grimace déforma ses traits. Il le savait pourtant, s'interposer entre une dryade et ses plantes c'était comme empêcher un lycan de mordre dans un bon steak, soit l'une des pires idées du siècle. Il n'avait pas réfléchi et voilà le résultat.

« Tu me déçois. »

Là il tiqua. Pour des fleurs ? Sérieusement ? Ce n'était pourtant pas un mystère, Edward n'avait jamais compris l'intérêt de la végétation d'intérieure. La verdure n'était belle qu'à sa place, dehors, pas emprisonnée dans un pot trop petit dans un coin de bureau. Il aurait volontiers partagé sa façon de penser, si un doute soudain ne l'avait pas arrêté avant. Parlait-elle vraiment de ça ? La suite lui laissa entendre que non.

« De l'argent ? »

Sa surprise dut être visible, car Jade répliqua aussi sec. Le loup se renfrogna et s'acharna à détruire un nouveau bout de papier en des milliers de petits morceaux. La jeune fille reprit son discours et brusquement, le loup se figea. Stupéfait, Esward se tourna vers la maquilleuse, la scruta comme s'il la rencontrait pour la première fois et articula péniblement :

« Pardon ? »

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

La salle privée est plongée dans la pénombre. Edward est seul, adossé au mur, il n'a pas l'air bien. La porte s'ouvre, entre à peine un employé.

EMPLOYÉ – Monsieur, on m'a dit que vous pourriez avoir besoin d'aide pour déba…
EDWARD – Dehors !!

La porte se referme.

EDWARD murmurant – Je n'ai pas besoin d'aide…

Il reste seul.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------


Les mots résonnèrent clairement dans sa tête, pourtant le loup blanc eut l'impression de les avoir imaginé. Il ne les comprenait pas. Un long silence s'installa entre eux, uniquement rompu par le son grinçant du papier qu'Edward écrasait entre ses doigts. Il aurait pu le réduire en poussière tant sa poigne était féroce, mais à la place il le jeta brutalement sur son bureau et se redressa si violemment que le fauteuil faillit en perdre l'équilibre. Sa haute silhouette toisa un instant celle de Jade, mais aucun mot ne quitta ses lèvres pincées. Alors il repoussa la Dryade et s'éloigna d'un pas vif tout en s'exclamant :

« Et bien vous ne pouvez pas m'aider Jade. À moins que vous soyez soudainement en mesure de remonter le temps, non, vous ne le pouvez pas ! »

Il s'acharna sur la petite clef d'un meuble et grogna dans sa barbe toutes les insultes du monde lorsque, dans son emportement, la poignée du tiroir lui resta dans les mains. Il aurait tué pour moins que ça, mais ce léger incident eut l'avantage de faire prendre conscience au loup qu'il perdait tous ses moyens. Il fallait qu'il se calme et rapidement. Alors il se tut, s'appuya de ses deux paumes crispées sur le meuble, inspira et appliqua à la lettre les conseils de son frère cadet.

4532, 4531, 4530, 4529…

Il avait envie de hurler.

4528,  4527,  4526,  4525…

Comment avait-il pu se laisser humilier à ce point ?

4524,  4523,  4522,  4521…

Comment ?!

Ses poings se resserrèrent. Il ferma les yeux, se mordit les lèvres et s'arracha enfin à son immobilisme. Sa main s'engouffra dans le tiroir estropié et en retira une petite boîte métallique.
En deux pas, Edward avait rejoint son bureau où il déposa avec une force exagérée son butin. Son regard alla droit à Jade et ce fut d'un timbre froid et lointain qu'il lâcha :

« Et quand bien même vous le pourriez, pourquoi le feriez-vous ? Je ne suis que votre patron, alors ne soyez pas idiote et gardez votre grandeur d'âme pour les gens auxquels vous tenez. »

Le couvercle sauta sous les doigts tendus du roi des loups. Il retira de la boîte un petit paquet de billets qu'il conservait par sécurité et interrogea d'un ton sans timbre cette fois :

« Combien ? »


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Jade Perez
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Jeu 11 Jan - 5:29

Non mais il avait de la merde dans les yeux ou quoi ? Pourquoi les hommes étaient-ils incapables de ravaler leur foutue fierté ? Elle lui avait pourtant expliqué clairement. Non ? Elle lui avait dit qu'elle s'occuperait d'effacer la trace de rouge à lèvres. Elle avait insisté sur le fait que cela ferait jaser. Jade ne comprenait pas. Pensait-il que pleurer sur son oreiller suffirait ? Mouais, non, ça non plus, ça ne risquait pas d'arriver. Une ride menaçait d'apparaître sur son front, signe de sa contrariété et de sa confusion. Puis tout explosa.

Enfin, pas vraiment, hein ! C'était une simple expression !

Un grand crac se fit entendre. Vu l'endroit où se trouvait le boss, Jade pouvait plus ou moins deviner que le bureau venait de faire les frais de la colère du loup-garou. Ses traits restaient crispés, son regard furieux, et les mots qu'il lui crachait n'étaient pas très flatteurs. En deux pas silencieux, elle se rapprocha de la porte. Cette fois, c'est bon, elle commençait à être un peu effrayée. Mais qui croyait-elle tromper ? Elle n'aurait pas le temps de fuir. Elle n'aurait peut-être même pas le temps de hurler avant que la sentence ne soit tombée. Peut-être aurait-elle dû tenter sa chance devant le reste de la Curia alors ! Cela leur aurait évité de perdre du temps. Dans une autre vie, peut-être. Au lieu de cela, Jade attendit, sans bouger davantage, que l'agitation retombe. Puis elle se remit à bouger, contournant le bureau pour revenir à la hauteur d'Edward, retour au point de départ de cette soirée catastrophe, en somme. Elle soutint le regard vairon de son vis à vis, cherchant à juger ce qu'elle pouvait dire ou non, ses propres iris rosés tentant de cacher sa tristesse.

« Qui te dis que je ne tiens pas à toi un tant soit peu ? »

Tant pis si c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Elle posa ses mains frêles contre celles bien plus grandes d'Edward. Ces mains qui n'avaient cessé de s'agiter, depuis le moment où il était entré dans la pièce. Le chaud contre le froid. Il lui semblait alors bien plus vulnérable qu'il ne l'avouerait vraiment. Seul. C'était un bien triste tableau. Dans d'autres circonstances, elle lui aurait sans doute embrassé la joue. C'est comme cela, elle était tactile, tous ses mots devaient être ponctués de petits gestes qui venaient leur donner tout leur sens. Et cela lui aurait peut-être offert un peu de réconfort, même s'il répétait ne pas avoir besoin d'aide. Le monde ne s'arrêterait pas de tourner pour une bêtise. Mais c'était risquer qu'il lui prenne l'envie de lui tordre le cou. Elle préférait largement garder sa tête sur les épaules ! Elle soupira plutôt, fermant les paupières, choisissant de remettre un peu de légèreté dans la pièce. Retour au poste, patron ! Avec beaucoup de douceur, elle réussit à déserrer quelque peu la prise qu'il exerçait contre la boîte de métal, la laissant retomber sur le bois verni. Elle laissa passer quelques secondes ainsi, dans le silence, regardant ailleurs. Ils avaient tous deux besoin de se recentrer un peu, au bout du compte.

« Bon ... Tu es peut-être très sexy quand tu te mets en colère, Edward, mais cela devient vite lassant, alors puisque tu sais si bien comment te défaire tout seul de la ma-gni-fique marque violette que tu as sur la joue et les doigts avant d'en mettre un peu partout ... »

Elle se pencha sur la liasse de billets, faisant mine de compter les billets à son tour. Prenant grand soin de les faire tourner lentement entre ses doigts, pensive, avant de finalement prendre une décision. La petit pile disparut dans son soutif, le tout ponctué d'un clin d'œil presque coquin. Bah quoi ? Il n'avait tout de même pas raté toute la scène ? Peu importe. C'était tant pis pour lui, s'il ne pouvait plus profiter du charme des femmes. Il finirait dans un monastère, au pire, au lieu de mener un cabaret. Lieu de plaisir et de délices ...

« Je ne te rendrai le reste que si tu t'excuses. »

Ou bien il pouvait la tripoter et reprendre son butin par la force, mais ce n'était pas vraiment son genre. Encore moins après la mésaventure qu'il lui était arrivée. Oui, c'était un peu puéril. Mais il l'avait blessée. En échange, elle ne lui demandait pas même d'écouter son histoire. C'était le moins qu'il pouvait faire. Sinon, qu'il agisse en homme et fasse ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps : la jeter hors de son bureau sans plus de cérémonie. Cela l'aiderait peut-être enfin à surmonter son complexe d'infériorité ! Au moins, elle n'avait pas parlé d'une prime de départ. Inutile de lui donner de belles idées, maintenant qu'elle était revenue sur ses menaces silencieuses ... De toute façon, il serait bien trop perdu, sans elle, oh !

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Edward White
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Sam 20 Jan - 21:22

Les billets froissés dans ses mains, Edward attendait la réponse qui devait abréger ses tourments. Celle qu'il obtint les aggrava.

Qui te dis que je ne tiens pas à toi un tant soit peu ?

Il fronça les sourcils sans comprendre. Ses lèvres s'entrouvrirent légèrement, perlées d'interrogations que jamais il ne formula. Tenir à lui ? Pourquoi ? Comment ? Depuis longtemps ? L'incompréhension dévora ses traits et il se pinça les lèvres, recherchant activement dans ses souvenirs le geste ou le mot qui aurait pu entraîner pareil sentiment chez Jade. Ses fouilles furent minutieuses, mais infructueuses. Si bien que lorsque la main de la demoiselle se posa sur la sienne, il en oublia un mouvement ce recul qui l'avait toujours tenu hors de portée du reste du monde. Son cœur se serra au contact de leur peau et il voulut savoir. Il ouvrit la bouche pour la questionner, mais elle le coupa, le clouant sur place.

Il était lassant. Bientôt, elle ne tiendrait plus à lui.

Ce résultat, il le croyait inévitable, mais il souhaita le retarder. Il chercha les mots pour s'excuser, sans prendre garde à la honte qui lui colorait les joues. Il y réfléchit sérieusement, vraiment, mais il en avait si peu l'habitude que cela lui prit un temps monstrueux. Temps que Jade employa à se jouer de lui.

Chacune des dernières syllabes qui glissèrent de ces petites lèvres rosées furent aussi perçantes et douloureuses qu'un tisonnier brûlant. Edward en grimaça nettement et cette fois-ci, prit ses distances avec la jeune femme.


----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

Edward rejoint le hall où l'attend une femme visiblement impatiente. Il se crispe en la voyant, mais elle lui sourit.

INCONNUE – Chéri enfin vous voilà !
EDWARD – Vous ?!
INCONNUE – Oh tant d'ardeur ! Je vous ai manqué ?
EDWARD – Je croyais que nous avions convenu d'enterrer cette histoire.
INCONNUE (riant) – Vous êtes adorable !
EDWARD – Mais-
INCONNUE – T-t-t, je ne vous pardonnerai que si vous m'accordez un tête à tête ~

Edward serre les poings, puis l'invite à le suivre.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------


Ça vous amuse ?

Sa voix était plus forte et plus froide que jamais. Elle l'avait blessé, encore, comme l'autre. Elle lui avait presque fait courbé l'échine pour une tendresse qui n'existait même pas. Il était idiot, mais un idiot si avide d'un tant soit peu de reconnaissance qu'il se faisait inlassablement avoir par les mêmes ruses. Il se dégoutait.

On ne monnaye pas le pardon des gens auxquels on tient Jade.

Elle avait menti. C'était évident. Il recula encore. Il voulait dresser un gouffre entre elle et lui, mais dû se contenter de son frêle bureau. Il se sentait fiévreux, furieux contre lui-même, répugné de s'être abandonné à une faiblesse qui lui avait valu un coup si bas et si douloureux. Ses jambes tendues ne l'autorisèrent à rester en place que lorsqu'il trouva le dossier de son fauteuil pour y enfoncer ses doigts tremblants. Pourquoi lui ? Pourquoi lui infligeait-elle ça ? Son regard, perdu entre un vide monstrueux et une colère pire encore, retrouva un semblant de vie lorsqu'il crut comprendre.

Vous vous vengez ? C'est à cause de ce qui est arrivé à Louna chez les De Montalent ?

Edward connaissait la relation fusionnelle de ses deux employées. Il savait aussi que, depuis cette soirée cauchemardesque, les sourires tendres de la petite Louna s'étaient teintés de peur et de tristesse. Il lui avait demandé pardon maintes fois, il s'en était voulu plus souvent encore, mais il ne pouvait pas changer le passé, alors :

Je comprends que vous m'en vouliez, mais soyez rassurée, je me sens suffisamment coupable. Vraiment ! Inutile de perdre votre temps à vous amuser avec mes nerfs.

Oui inutile. Les hurlements de l'armature de son fauteuil, broyée entre ses doigts, en témoignaient. Ce fut au prix d'un violent effort qu'Edward parvint à garder son calme, allant jusqu'à se mordre la langue au sang pour ne pas hurler son amertume. Le liquide cuivré glissa dans sa gorge et emporta avec lui de nombreux espoirs. Si bien que lorsqu'il reprit la parole, une profonde fatigue se mêlait à l'agacement qui y perlait :

Sortez.

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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Dim 4 Fév - 1:34

« Quoi ? »

Bah oui, il allait falloir qu'il précise, parce que Jade avait un peu de mal à suivre. Un tas de choses l'amusait, mais elle doutait que cela l'intéresse vraiment. Que cherchait-il à savoir au juste ? Pourquoi s'énervait-il autant, encore une fois ? Oh. « On ne monnaye pas le pardon des gens auxquels on tient » hein ? Elle haussa les épaules, sa langue claquant contre son palais. Elle lui faisait déjà une faveur. Elle aurait très bien pu s'enfuir avec son butin sans demander son reste ! Il faisait encore une tête de poisson rouge, il n'y a pas quelques minutes de cela ! C'est ce qu'elle aurait fait, il y a quelques années à peine. Mais elle tentait d'apprendre. Ce que c'était, justement, d'avoir quelques personnes auxquelles on peut tenir, et comment agir avec ces personnes. La panthère rose n'avait jamais pu prétendre à rien de tout cela ! Edward connaissait très bien son passé, même si ce n'était pas dans tous les détails. Pourtant, il osait lui dire une chose aussi ... odieuse ?

Une blessure n'attendait pas l'autre. Voilà qu'Edward lui lançait d'autres accusations au visage, sans qu'elle puisse se défendre ou même hausser le ton à son tour. Se venger ? Et puis quoi encore ? Qu'avait-elle dit, de si terrible ? Elle ouvrit la bouche pour le questionner davantage à ce sujet, pour lui demander de s'expliquer. Au diable son rang et son nom, il n'avait pas le droit de la traiter de la sorte sans raison. Mais il mentionna le mot de trop. Louna. De brûlant, le sang de Jade devint gelé, et toute sa colère fut emportée en une poignée de secondes. Ne laissant derrière que des regrets et une profonde tristesse.

« Non ... Je ... »

Le reste de sa phrase mourut sur ses lèvres, regard fixé au sol. Edward pouvait au moins être fier de cela : il avait réussit à clouer le bec à sa petite employée un peu trop effrontée. Mais il avait touché un point sensible, et il avait touché juste. La soirée dans le cabinet morbide avait laissé ses marques. Jade se sentait tout aussi coupable qu'elle accusait le loup. Si elle avait su surmonter son malaise, si elle avait prêté plus attention ... Elle aurait dû faire quelque chose pour protéger sa meilleure amie, sa seule amie. Peut-être aurait-elle pu la calmer, la ramener à la raison. On ne le saurait jamais, maintenant.

L'ordre sonna, haut et lourd. Sortez. Impersonnel, glacial et sans appel. Elle n'avait plus rien à faire ici. N'était-ce pas exact ? Elle avait obtenu ce pour quoi elle était venue. Il ne voulait pas de son aide. Jade releva la tête, tenta un sourire incertain. Son regard n'avait plus rien de son étincelle habituelle, pleine de joie de vivre. Entre cris et silences, nombres de non dits de part et d'autre, quelque chose s'était brisé. Sa voix se fit plus feutrée :

« Ne t'inquiète pas. Je pars quelques jours. »

Sa main laissa retomber plusieurs billets froissés. Les excuses qu'elle ne savait pas lui offrir. De la part d'une voleuse, n'était-ce pas la preuve de quelque chose ? Jade avait l'impression que si elle continuait à parler, cela ne servirait à rien. Elle ne ferait que gâcher les choses un peu plus parce qu'elle ne comprenait pas. Elle n'avait pas besoin d'une si grosse fortune pour payer son billet de train, après tout. Les autres menues dépenses pourraient être couvertes par ses économies. Elle ne s'attendait pas moins à ce que ce montant soit récolté sur ses paies à venir. Elle n'aurait pas dû partir en laissant une situation aussi tendue derrière elle. Mais elle avait promis. Et peut-être que le temps saurait apaiser cette blessure. Sans un mot de plus, ni un dernier regard, sans lui laisser le temps de tenter peut-être des excuses, qu'elles soient sincères ou non, elle tourna les talons et referma doucement la porte derrière elle, sans prendre la peine de ramasser les plantes non plus. Cela pouvait attendre. Elle ne pouvait plus en supporter bien davantage.

Elle resta appuyée un instant dos contre la porte. Une barrière entre elle et le reste du monde. N'y était-elle pas habituée ? On récolte ce que l'on a semé. Elle le savait mieux que quiconque. Alors pourquoi cette brûlure en son cœur ? Des larmes se mirent à couler silencieusement sur ses joues. Elle les essuya du revers de la main, étouffant le reste de l'émotion qui menaçait de déborder en sanglots et autres reniflements. Il ne le méritait pas. Il était comme tous les hommes et ne voyait que ce qui pouvait bien lui plaire ...

De l'autre côté de la porte, les feuilles tombaient lentement, une après l'autre, comme pour faire écho à sa douleur, à chaque pas qui l'éloignait.
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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Sam 10 Fév - 17:40

La porte claqua doucement, mais le bruit n'étouffa pas le malaise d'Edward. La petite silhouette de Jade disparut, mais son amertume n'en fut que plus grande. Il avait la tranquillité à laquelle il aspirait, mais il ne ressentait que de la solitude. Alors le colosse vacilla.
L'espace d'une seconde, son corps faiblit et l'obligea à se rattraper à son bureau. Il y apposa sa large main et passa l'autre sur son visage. Quelques mèches retrouvèrent leur place derrière son oreille avant qu'il essuie une nouvelle fois et toujours aussi nerveusement sa joue marquée. Une profonde inspiration et il passa à autre chose. Mettre de côté ses sentiments, rien de plus facile. Ce n'était pas la première fois, ce ne serait pas la dernière.
----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

La scène se passe quelques semaines plus tôt à la Curia. Sont présents : Edward, Olek et Peter, assis dans l'Agora.

EDWARD (se dressant sur ses pieds) – Hors de question.
OLEK – Ça ne me plait pas non plus, mais il faut reconnaître que c'est notre meilleure option.
PETER – Ne soyez pas plus stupide qu'à l'accoutumée Edward. Il s'agit, tout au plus, d'un peu de charme et de lui donner rendez-vous.
EDWARD – Et bien faîtes le si c'est si simple.
PETER – Mais c'est pour vous que l'ogresse a un faible.
EDWARD – Ce n'est pas réciproque et je refuse de jouer à ça.
OLEK – C'est peut-être notre seule chance de le coincer. Ils doivent partir aux États-Unis dans deux jours.
PETER – Pitié, ce n'est qu'un mensonge parmi tant d'autres pour vous ! Vous passez vos journées à jouer la comédie, ça ne changera pas de d'habitude.
EDWARD (tournant les talons) – Non !
OLEK (soupirant) – Sauf ton respect, t'es un exécrable diplomate Peter.
PETER (dubitatif) – Ma foi, si ce cabot ne craint pas d'avoir sur la conscience les larmes d'une autre ondine…
EDWARD (s'arrêtant, puis tapant nerveusement du pied avant de se retourner, son timbre est glacial) – Uniquement pour cette fois.

Il se rassoit et la discussion reprend sur l'expédition en préparation.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

Allé. Il n'avait qu'à s'installer à son bureau, se pencher sur quelques papiers et oublier. Bon plan. Enfin presque. Lorsqu'il se redressa son geste fit tomber l'un des billets rendus par la dryade, son cœur se serra. Le loup blanc se pencha et le ramassa, jetant malgré lui un coup d'œil vers l'entrée de la pièce. Il n'y vit qu'un battant de bois, froid est clos, à côté duquel fanait une azalée.

Quelle plaie !

Un violent coup dans la table la déplaça d'un bon mètre, quelques feuilles volèrent, plusieurs crayons tombèrent et sa lampe vacilla dangereusement. Deux balancements eurent raison de son équilibre. Elle chuta, mais Edward n'était déjà plus là pour le voir.

Jade, attendez !

Il la rattrapa juste avant qu'elle s'engage dans l'escalier, sans la toucher, s'arrêtant juste derrière elle. Il était à peine essoufflé, mais sa mise, aussi désordonnée que ses gestes, trahissait son malaise et son inhabileté à le résoudre. Ce n'était pourtant pas la volonté qui lui manquait, il ne savait tout simplement pas s'y prendre.

Écoutez…

Sa voix s'éteignit et une chape de plomb lui écrasa l'estomac. Elle avait pleuré. La panique lui fit détourner les yeux. Son regard se perdit tour à tour sur le vide, le mur, les tableaux ou la tapisserie, puis revint furtivement sur la dryade et se perdit à nouveau la seconde suivante. Il ne tenait pas en place, ou plutôt, il était encore plus agité qu'à son habitude.
Comment faire ? S'excuser ? Mais de quoi ? La rassurer peut-être ou la questionner sur son départ ?  Se montrer compatissant ? Bon sang c'était tout juste s'il savait ce que ce mot signifiait ! Quel enfer.

C'était d'autant plus complexe qu'Edward connaissait le passé de Jade. Il savait ce que ces billets rendus signifiaient pour elle, il savait les efforts qu'elle avait fourni et à quel point elle souhaitait changer. Comme lui.
Alors non. Définitivement, il ne pouvait pas lui refuser la main tendue à laquelle lui-même aspirait depuis si longtemps. Même si elle avait Louna et même s'il était le pire soutien qu'on puisse espérer. Fort de cette conviction, il retrouva un semblant de calme. Ses épaules se détendirent légèrement et après une brève inspiration, il abandonna pour la dryade :

Quoi que j'ai pu dire Jade, vous avez votre place au cabaret aussi longtemps que vous le souhaiterez.

L'hésitation s'imprima sur ses traits, rapidement remplacée par un sourire crispé. Cette fois-ci ses iris dépareillés ne se détournèrent pas de ceux, encore humides, de Jade et il ajouta doucement :

Et que vous me supporterez.

Le reste releva d'un effort colossal. Edward n'était pas de ceux qui allaient naturellement vers les autres. Il les tenait à bonne distance, toujours, bridant sa méfiance uniquement pour jouer le rôle de l'avenant patron de cabaret. Le reste du temps il était seul, il se débrouillait seul, ne demandant de l'aide qu'en cas d'ultime recours et encore. Il ne voulait plus être redevable, son ardoise était suffisamment longue comme ça. Mais il fit une exception. Une exception timide et mal-assurée, mais où on l'entendait hisser haut et fort le drapeau blanc :

Et… Je suis preneur si vous avez un conseil pour disons… effacer du rouge à lèvres ?


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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Mer 18 Juil - 21:11

Son pied avait à peine eut le temps de se poser sur la première marche menant au premier étage que la voix d'Edward éclata dans son dos, la poussant à s'arrêter tel qu'il le demandait. Pourquoi ? Pourquoi l'avait-il pourchassé ? Pourquoi hésitait-elle ? Si c'était pour encore se faire crier dessus, Jade aurait préféré qu'il la laisse tranquille. Mais non, alors qu'elle se retournait, il lui devenait évident que quelque chose était différent, dans sa posture, dans sa voix hésitante, elle n'en était pas sure. Alors la voleuse repentie qu'elle était se contenta d'écouter, en silence. Cela prit quelques minutes de malaise, mais finalement, quelques mots lui furent offerts.

Était-ce des excuses qu'Edward était en train de lui présenter ? Alors qu'un peu plus tôt, il s'y refusait catégoriquement ... La dryade le fixa, toujours sans rien dire, le regard presque acéré comme le ferait un fauve blessé, tentant de juger ses intentions. Cherchait-il à se moquer d'elle à son tour ? Ou bien était-ce seulement parce qu'elle avait encore les yeux rougis et bordés de larmes ? Elle ne voulait pas de sa pitié. Elle valait mieux que cela.

D'un geste rapide, Jade essuya ses paupières. Elle devait avoir une mine affreuse ! Elle releva pourtant la tête, prête à faire comprendre à ce vieux loup qu'il ne fallait pas la prendre à la légère, mais elle se ravisa par un seul regard. Qui était cet homme devant elle ? Jade avait du mal à reconnaître son patron. Son physique avait beau être identique à tout à l'heure, jusqu'à la tache de rouge à lèvres, elle n'avait jamais vu sa tenue aussi désordonnée et son regard fuyant manquer d'assurance. Il avait ravalé sa fierté, juste parce qu'elle avait pleuré ? Peu importe. Puisqu'il faisait des efforts, elle pouvait en faire de même. Bon. Commençons par remettre un peu d'ordre. Ce serait sa façon de le remercier.

« Tu remettrais mes talents en doute ? Suis-moi. » dit-elle en lui ébouriffant les cheveux comme on le ferait à un gosse pris en faute. Il en avait toute l'apparence alors pourquoi pas ?

Oui, après tout, ils avaient déjà mis le petit bureau à l'envers, enfin Edward surtout même si c'était parce que Jade avait mis de l'huile sur le feu, mieux valait ne pas y retourner. En plus cela leur rappèlerait leur dispute encore trop fraîche. Elle se retourna une dernière fois, esquissant un petit sourire. Une pale ombre comparé à ceux qui marquaient habituellement son visage, mais il ne fallait pas trop lui en demander. Elle lui était reconnaissante, mais elle préférait le charrier ... Et peut-être le rassurer un peu.

« Ne prends pas trop la grosse tête Edward. Si je pars ... C'est pour Martha, pas pour tes beaux yeux. »

Le nom qu'il ne fallait jamais prononcer devant elle. Le sujet délicat. Son plus grand échec. Mais elle n'avait jamais pu rien lui refuser, alors ... Elle écouterait ce qu'elle avait à lui dire, même si cela devait lui briser le cœur une nouvelle fois. S'il avait des questions à lui poser, cela devrait attendre qu'ils soient derrière la porte du petit atelier. C'était son tour d'avoir le regard un peu fuyant, joant avec ses doigts. Il faut croire que c'était contagieux l'embarras !

Elle lui désigna finalement un siège où s'asseoir, attendant une réaction quelconque.

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MessageSujet: Re: Ainsi tourne le monde [PV Edward]   Dim 5 Aoû - 14:04

Une main dans ses cheveux.

L’action fut brève, une seconde peut-être, mais elle suffit à effaroucher le loup. Il eut un regard envieux vers son antre tout juste quittée. Il n’avait que quelques mètres à avaler, pousser le battant, le refermer et il retrouverait sa tranquillité. Sa solitude aussi. Mais à présent, elle lui semblait plus douce, plus sûre aussi. Sans risque de faire couler des larmes.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

La scène se passe dans un jardin à l’abri des regards. Olek est en retrait, Edward fait face à une femme. Elle le gifle.

INCONNUE - Vous avez osé !
EDWARD (silencieux)
INCONNUE – Vous avez utilisé mes sentiments pour vous comme s’il ne valaient rien ! Vous m’avez trompée, manipulée !
EDWARD (toujours silencieux)
INCONNUE (pleurant) – Jamais je n'ai été aussi humiliée ! Je ne vous le pardonnerai pas !
OLEK (se rapprochant) – Monsieur White était contre l’idée, mais n–
INCONNUE (repoussant Olek avant de s’éloigner) – Vous me le paierez Edward !

Elle sort.

OLEK – Tout va bien White ?
EDWARD (la tête basse) – Oui.

Olek passe son bras dans le dos d’Edward et l’entraîne plus loin. Ils quittent la scène.

----------«◊»-----------«◊»-----------«◊»-----------

Martha. Le nom résonna familièrement à l’oreille de l’animal et attira de nouveau son attention. Il observa Jade dévaler doucement les escaliers. Il savait qu’il devait l’accompagner, mais il ne lui emboîta pas le pas toute de suite. Il attendit qu’elle disparaisse au pallier suivant, puis descendit à son tour quelques marches, prudent. Il la suivit ainsi jusqu’à ce qu’elle atteigne le rez-de-chaussée, se laissant la possibilité de rebrousser chemin à tout moment. Il y pensa à plusieurs reprises. Deux fois même, il tourna les talons, mais le souvenir des yeux rougis de la dryade et l’aide qu’elle était venu trouver auprès de lui, le convainquirent d’avancer un peu plus à chaque fois.
Mètres après mètres, il traversa la salle de spectacle, vide maintenant, se glissa dans l’obscurité apaisante des coulisses, ne croisa que deux âmes en grande discussion, puis tourna à gauche et gagna la petite porte entrebâillée de l’atelier de maquillage. Il pila net.

Un homme lui faisait face. Un homme débraillé, échevelé, au regard farouche et à la joue marquée d’un reste de baiser. Il fallut une minute à Edward pour comprendre que cet homme, c’était lui, ou plutôt, son reflet.

Tout ceci était une très mauvaise idée.

Écoutez Jade…

Elle lui indiqua le siège installé en face du miroir et le loup blanc sentit son courage vaciller. S’asseoir, faire face à son orgueil blessé, échanger en fixant cette figure dont il détestait chaque trait, si c’était ça le prix à payer pour se débarrasser d’une pauvre trace de rouge à lèvres, alors il préférait encore se passer la joue au grattoir jusqu’à en arracher la peau. Il soupira. Allé. Encore un effort.
D’un geste lent, presque éteint, il retira sa veste. Il pénétra la petite pièce en une foulée courageuse et dissimula la glace de son vêtement. Il se laissa ensuite tomber dans le siège et observa, avec une attention trop prononcée pour être naturelle, les nombreux produits qui s’étendaient sur le plan de travail.
Il en prit un, au hasard, dans ses grandes mains malhabiles. Pour s’occuper sans doute, et dissimuler son malaise. La petite boîte noire tourna entre ses doigts jusqu’à ce que son index trouve le mécanisme d’ouverture. Le clapet pivota brusquement et s’envola avec lui un peu de fard à joue. La poudre légère voleta jusqu’à la truffe du loup qui fut pris d’une belle crise d’éternuements. Il rejeta la boîte au fond de la table d’un geste brusque, puis se masqua le visage pour contenir une troisième et dernière exclamations avant de s’offusquer :

Mais c’est quoi ce truc !?

Ses iris croisèrent ceux de Jade. Il prit conscience de son propre emportement et les détourna aussitôt en marmonnant une excuse. Deux secondes ne furent pas écoulées qu’il tenait à nouveau, entre ses mains, une toute petite brosse bien étrange dont l’utilité lui échappa. Il s’amusa avec, la martyrisant sans en avoir conscience, le temps de trouver le courage de demander :

Est-ce qu’elle vous en veut toujours ?

Il commença à aligner les pinceaux à sa disposition par taille le long du plan de travail et ajouta après un bref silence :

Martha.

Il ne tenait pas en place. Son regard se posa sur une bouteille. Edward se pencha et la saisit afin d’en lire l’étiquette, mais elle était à moitié effacée. Il la déboucha par curiosité, mais l’éloigna sur l’instant dans une grimace marquée. La refermant précipitamment, il la reposa au hasard sur une étagère en interrogeant :

J’espère que ce n’est pas ce que je dois utiliser pour enlever cette trace, je tiens à mon odorat.

Peut-être découvrirait-il plus tard que ce n’était qu’un parfum.


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