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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Éclats d'une autre vie [PV Mary]

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Samuel Roderick
☆ Le miroir est brisé ☆
Samuel Roderick

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Localisation : Au coeur des miroirs ♥

MessageSujet: Éclats d'une autre vie [PV Mary]   Dim 25 Fév - 20:19

C'était une très mauvaise idée.

Voilà ce que se répétait Samuel depuis trois jours maintenant, à chaque fois qu'il passait devant la porte. Pourtant, il avait fini par l'ouvrir. L'appréhension continuait à lui enserrer le cœur, mais ... Il avait l'impression, plus désagréable encore, qu'il n'avait pas vraiment le choix. Depuis le décès d'Alicia, il n'avait pas remis les pieds dans la chambre qui lui appartenait autrefois. À quoi bon ? Cela ne la ramènerait pas sur cette terre, et il ne comptait pas se départir de tous les effets personnels qu'elle avait laissé non plus. Malgré tout, il restait une affaire en suspens qu'il ne pouvait plus ignorer plus longtemps. C'était déjà une bonne chose que toute cette histoire ne le hante pas à chaque instant de sa journée ...

Au fond de la pièce, il était impossible de rater le carré rouge contre la couleur crème du mur. Après un énième soupir, Samuel finit par s'en approcher et le soulever. Inutile de retarder davantage les choses, ces derniers jours l'avaient prouvé, il ne ferait qu'en revenir au même point plus tard. Dans un nuage de poussière qui lui fit plisser légèrement des paupières, il se retrouva face à face avec le grand miroir devant lequel sa sœur s'asseyait autrefois pour se faire belle. Sous l'influence de ces souvenirs doux amers, d'un geste absent, ses doigts frôlèrent le cadre en bois et le verre poli. La réaction ne se fit pas attendre. Sa peau lui démangeait. Il retira vite la main, grattant plutôt son épaule en grimaçant, hésitant à reculer d'un pas. Ce n'était pas vraiment douloureux. Juste ... Dangereux. La tentation restait là, profonde, sous la surface. Seule sa volonté l'empêchait de succomber, mais pour combien de temps encore ? Il ne savait toujours pas grand-chose sur le monde des miroirs, après tout. Remarque, le monde des humains le laissait parfois tout aussi perplexe. Tout cela le confortait au moins sur son plan : il fallait s'en débarrasser. Oui, il était sans doute mieux de garder une approche détachée pour toute cette affaire.

Tout de même ... Franchement, il devait avoir l'air idiot, figé comme cela avec un bout de rideau entre les mains, tout son corps tendu comme jamais. Mais pourquoi quelqu'un regarderait-il ? Ce n'était plus qu'une fenêtre brisée, à présent. Sa propriétaire avait disparu. Ils avaient gagné. Certes, un nouvel éclat de vie pouvait attirer la curiosité, peut-être, mais ce n'était que lui, de l'autre côté. Une existence bien fade comparé au reste des vivants.

« Pardonne-moi, Alicia. »

Il détourna le regard quelques secondes, un profond soupir soulevant ses épaules. Il s'en prenait déjà suffisamment à lui-même. Le bout de tissu toujours dans les mains, il se rapprocha à nouveau de la surface lisse, prêt à la recouvrir. Il devait accepter cette défaite. Il n'était pas assez fort, en fin de compte, pas aujourd'hui, une fois encore. Il aurait dû se débarrasser de ce foutu miroir depuis longtemps, le seul qu'il restait encore entre ces murs, le briser en mille pièces, et tant pis pour la malchance. Il était déjà maudit.
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Mary Bloody
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Mary Bloody

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MessageSujet: Re: Éclats d'une autre vie [PV Mary]   Dim 11 Mar - 17:45

Éclats d'une autre vieMary Bloody & Samuel Roderick
Aujourd'hui et comme tous les jours, j'avais un Lost Paradise entièrement vide pour moi toute seule.

Enfin bien sûr, cela n'était valable que de mon côté du miroir : les salles étaient vides et je m'y baladais sans souci mais des éclats de voix, des spirales d'activités et des laminaires de vie se portait tout de même à ma connaissance. Chaque reflet, miroir, verre ou qu'importe était une porte par lequel je pouvais voir le monde réel sans être vu si je le désirais. Je maîtrisais même assez mon essence pour paraître grande ou minuscule, j'apparaissais à leurs yeux ou non à l'envie. Une personne m'avait dite un jour qu'en temps que fantôme, les lois physiques n'avaient plus aucune prise sur moi. Je l'avais écouté d'un air poli sans l'interrompre parce que si je concevais relativement bien ce qu'était un fantôme, j'avais en revanche perdu toute notion du terme « physique », je l'ai donc rangé dans ma case « probablement important pour les vivants, mais tu n'as plus à t'en faire maintenant ».

Surveiller le Lost était assez aisé dans ma condition. Voir sans être vu était naturellement un avantage, j'étais en revanche assez gêné par mon incapacité à prévoir ou comprendre certaines action qu'il m'était arrivé d'observer. Les humains et leurs cousins fantastiques étaient parfois affublés de tics et de réactions complètement saugrenues et qu'ils trouvaient pourtant parfaitement justifier.

En soi c'était une chance que je ne pouvais quitter le monde du Reflet (tel que je l'appelais, il n'y avait eu personne pour m'apprendre les règles de ce monde, j'avais donc crée les miennes). Je ne saurais comment me comporter chez les vivants, ou alors était-ce parce que justement je n'étais jamais parmi eux que je me retrouvais comme cela ? La réponse à cette question, au finale, ne m'intéressait pas : j'étais comme j'étais et ça m'allait très bien.

J'avais cru comprendre que, confronté sans cesse aux mêmes situations, les vivants éprouvaient parfois un sentiment d'ennui chronique. J'en étais capable aussi mais visiblement de manière différente, il faut dire que ma perception du temps n'était pas la même que la leur. Il n'empêchait que je passais rarement mon tour quand un événement imprévue survenait : il fallait que j'aille voir de quoi il en découlait.

D'ailleurs à ce propos, j'ai dit que de mon côté du miroir, le Lost était toujours vide. Ce n'est qu'à moitié vraie : on y trouvait parfois quelques chats errants qui, comme chacun le sait, sont des vrais passe-muraille, pas mal d'insectes volants et surtout des voix, présences et sensations parfois abscons, torturés, susurrantes, et quelque part je me dis que j'en suis juste une de plus. Aussi peu présente dans le champ des autres qu'elles le sont pour moi. Enfin j'en trouvais surtout quand je m'aventurais hors du Lost : le cabaret, c'était moi qui le hantait.

Un beau jour, ou peut-être une nuit, je ne sais pas et m'en souci rarement, il y a eu comme un éclat de voix et de lumière nouveau dans mon petit monde. J'en ai ressenti l'écho le long de mon échine, quelqu'un venait de découvrir un miroir, probablement collé contre un mur ou enveloppé dans un tissu. Seulement quelque chose clochait, littéralement. Les modulations des remous étaient bizarres, quelque soit la chose qui venait de se refléter dans le miroir, elle y avait laissé une perturbation qui ne me laissait pas insensible. Je me concentra et remarqua que l'événement avait eu lieu ailleurs que dans mon champ d'influence. Je le ressentis tout aussi clairement que ça n'aurait pas d'importance en l'occasion : j'étais comme un papillon attiré par l'éclat de la Lune. Peut m'importait les distances, en un clin d’œil je fus dans le miroir, invisible, à observer la personne qui en avait retiré le tissu aveuglant (je le voyais bien maintenant, rouge encore dans sa main).

Son apparence était complètement banal, du moins à mes yeux, j'étais infichue de parler pour un être vivant qui aurait pu le trouver bizarre, belliciste, amical, moi je voyais juste qu'il avait les bras et les jambes où il convenait de les trouver. Pilosité claire, yeux assorties, j'étais tout juste capable de dire qu'il ne semblait pas représenter une menace, mais c'était plus par instinct que par autre chose que je pensais cela.

Ne pouvant rien apprendre de particulier quand à son apparence, je résolus de devenir visible, afin d'engager la conversation. Quelqu'un m'avait déjà dit à quoi pareil phénomène ressemblait : je prenais forme en à peine une seconde mais c'était comme si une tâche d'huile auparavant invisible prenait forme sous les pinceaux d'un peintre particulièrement précis.

J'ignorais un peu ce que je pouvais lui dire en préambule, il ne me connaissait ni d'Eve ni d'Adam et n'avait peut-être jamais vu d'êtres comme moi. A vrai dire on ne courrait pas les rues, plus exactement je n'avais jamais rencontré d'être semblable à moi. Toutefois je ne voyais qu'une seule explication aux bouleversement que sa présence devant un miroir provoquait : cet homme était lié aux Miroirs, d'une façon ou d'une autre. J'espérais juste que ce n'était pas un adepte de la catoptromancie sinon il chercherait peut-être à m'asservir. Dans le doute, je resta naturelle et donc, relativement hautaine :

-Hey, qu'est-ce que tu fais là ? Tu as fait un drôle de raffut en ouvrant ce miroir, tu as quoi derrière la tête ?

Et toc, les circonvolutions, c'étaient pour les faibles de toute manière. Et puis bon, soit il me répondait et j'avais ma réponse, soit il se montrait hostile et je pouvais toujours décarrer. J'étais assez insaisissable dans mon genre, n'empêche que j'étais curieuse de savoir qui était ce gazier.

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Samuel Roderick
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MessageSujet: Re: Éclats d'une autre vie [PV Mary]   Jeu 3 Jan - 16:32

Alors que Samuel s'apprêtait à déposer le rideau en tissu, une voix résonna dans le silence qui s'était installé. Clairement féminine. Pendant une seconde, il resta figé, les bras suspendus, un air absent sur le visage, la bouche entrouverte. Alicia ... ? C'était impossible. Puis, les mots prirent enfin tout leur sens à ses oreilles. Oh putain de bordel de merde. Non non non non ! D'un geste vif, Samuel rabattit le drap contre la surface du miroir. Il recula, manquant de tituber sous l'émotion, la main sur son torse pour empêcher son cœur de s'en échapper. Une fois qu'il fut un peu plus calmé, c'est le ridicule qui l'envahit. Comme si cela allait suffire maintenant ... Ce n'était pas un simple problème de poussière soulevée ou un truc du genre après tout. Pour confirmer, il retira un petit coin du tissu. Ouais. Le visage déformé de la femme s'y trouvait encore. Ils l'avaient retrouvés. Il fronça les sourcils, laissant retomber le drap au sol.

« Qui êtes-vous ? »

Non mais attend Sam ... Il était en train de sauter à pieds joints dans leur piège là ! S’ils lui mettaient le grappin dessus, ils ne le relâcheraient pas aussi facilement, cette fois, pas avant de l’avoir relégué au rang de murmures à nouveau ou d’en faire une sorte de marionnette des horreurs. Elle allait vite capter que son essence était différente des humains non ? Si ce n'était pas déjà le cas. Il aurait vraiment mieux fait de se débarrasser de ce bout de verre maudit, ce n'était que tentation à l'état pur ! Est-ce que c'était lui qui avait attiré ce facsimile de femme ici, indirectement ? Son contact aurait réveillé quelque chose de l'autre côté ? Il décida finalement de laisser de côté ses questions pour lui lancer un regard noir, sortant sa voix dure des mauvais jours avant qu'elle n'eut le temps de placer un mot de plus. Sans doute trouvait-elle la situation aussi étrange que lui ... Non mais quelle idée aussi de se dévoiler comme ça, sans crier gare ! N'importe qui qui ne s'y connaissait pas du tout en magie aurait hurlé, ou pire !

« Oh et puis je ne veux même pas savoir. Dégagez de là ! »

Voilà qui ressemblait un peu plus à une réaction normale ! Logiquement, puisqu'elle était apparu ici, elle pouvait aussi bien disparaître dans les ténèbres, pour que sa voix ne s'élève plus jamais en écho, même si ce n'était que dans sa tête. De toute façon, c'était la pure vérité. Les autres reflets ne pouvaient lui causer que des ennuis. Un qui savait prendre forme humaine ... Un frisson lui parcourut le dos, c'était ses pires peurs qui prenaient réalité. Soit qu'il pouvait bien exister quelqu'un comme lui, ailleurs en ce monde, mais ô combien plus monstrueux. Certes, il n'était pas trop tard pour briser le miroir ... Mais ce serait un peu vain, cela ne ferait pas vraiment disparaître cette menace potentielle pour sa tranquillité, n'est-ce pas ? Il n'était même pas sûr que cela la ferait souffrir. Dire qu'il commençait tout juste enfin à s'adapter un peu à cette vie d'entre deux mondes.​


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