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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Manche n°3 – Mélodie du mal

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Edward White
l Dans l'ombre du loup l BIG BOSS l
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MessageSujet: Manche n°3 – Mélodie du mal   Dim 24 Aoû - 16:55


    « Edward ne fait pas l’enfant !
    Je ne fais pas l’enfant, je me concentre !
    Depuis dix minutes ! On gêne M. Pinocchio tu vois bien !
    Aaaah ! Arrête hein ! Ne me mets pas la pression !!
    Mais tu ne crains rien ! Tu es équipé du dernier prototype d’ailes intelligent. Maintenant saute. s’il te plait.
    Il n’y a que moi pour songer que si on s’écrase ce sera extrêmement douloureux ? Les gens font la taille de fourmis en bas ! Aaaah ! Ne me pousse pas !!
    Je ne t’ai pas touché ! Bon lâche au moins une main, tu me massacres l’épaule là.
    Ok ok… Je vais y aller. C’est bon je vais y aller.
    À trois d’accord ? Un…
    Deux…
    Ani ! Non !!
    Oups ~ »

    Un sourire angélique collé au visage, Anastasia prit la pose de l’innocence même tandis que le cri de terreur d’Edward remontait sans mal jusqu’au ballon, malgré sa chute. Vladimir leva les yeux au ciel, et remerciant une dernière fois le pantin, il s’élança à son tour, se laissant tomber dans le vide le dos affublé des Deltaplailes, modèle IC dernières générations lui permettant de voler aussi souplement qu’un oiseau. Toutefois le loup s’en abstint pour le moment, plongeant le plus vite possible pour rejoindre son aîné qui hurlait toujours alors qu’il tombait comme une pierre. Vladimir fit de son mieux pour l’aider, mettant les ailes en pilotage automatique, sans prendre garde que la molette « sensation » était restée sur « grand frisson ». Les ailes d’Edward se déployèrent, le stoppant dans sa dégringolade. Il remonta en flèche d’un battement puissant, manquant de rentrer dans Anastasia qui avait suivi le mouvement. Elle le regarda passer avec surprise, avant de rejoindre son mari, pâle comme un linge, et chercha à savoir à quoi jouait exactement son dégénéré de beau-frère.
    Le pauvre Edward n’en menait pas bien large, lui qui avait le vertige, il vivait là un véritable calvaire, montant, redescendant, tournoyant, enchaînant les loopings, le tout avec une grande dextérité si l’on omettait les jurons qu’il poussait entre deux cris de panique et les mouvements désordonnés de ses bras et deux ses jambes. Il entendit vaguement les exclamations de Vladimir qui lui expliquait comment arrêter le massacre, mais ne réussit pas à comprendre le sens de ses mots à cause de ses mouvements trop brusques. Il essaya bien de se détacher, appuya sur tous les boutons qu’il trouvait, tira sur toutes les ficelles, mais ce ne fut que pour aggraver son cas.
    Soudainement ses ailes s’emballèrent. Il monta, monta, monta, monta encore. Le manque d’oxygène commença d’ailleurs à se faire sentir, et il arrêta de crier. L’esprit un peu plus calme, et surtout plus embrumé, il essaya de se reprendre afin de se sortir de là. Il avisa les sangles de ses ailes, songeant vaguement que ce IC lui rappelait quelque chose. Et puis il s’arrêta. Un hoquet souleva son corps, le ramenant un peu plus à la réalité. Il était si haut, le soleil lui sembla à bout de bras. Il tendit doucement la main, comme pour s’en saisir, avant de basculer en arrière. Il tombait. La panique s’empara de nouveau de son cœur, qui battait à tout rompre malgré l’altitude, lui foudroyant les tempes. Il essaya de redémarrer l’engin, mais cela s'avéra inutile compte tenu du fait que le loup repéra, à mesure qu’il dégringolait, qu’il délaissait de plus en plus de plumes, ces dernières tombant bien plus lentement que lui. Écarquillant les yeux, il s’acharna davantage, psalmodiant une série de jurons dans sa langue natale avant qu’une exclamation supplémentaire ne lui échappe :

    « IC ! IC ! Icare !! Mais quel plan foireux !! »

    Sa chute se poursuivit. Il se débarrassa des ailes, qui ne lui servaient, de toute façon, plus à grand chose, ferma les yeux et ralentit au maximum sa chute en écartant ses bras et ses jambes pour freiner au mieux sa progression, et torse nu, cela n’avait rien d’agréable. Puis une ombre passa au dessus de lui et deux mains enserrèrent simultanément chacune de ses chevilles :

    « On te tient ! »

    Edward eut un haut le cœur, sa course freinée si brutalement manqua de lui retourner l’estomac. La tête en bas, il se contorsionna au mieux pour apercevoir Vladimir et Anastasia qui  le maintenaient au mieux tandis qu’ils rejoignaient lentement le sol. Il trouva tout de même judicieux de souligner :

    « Vous ne pouviez pas m’attraper par les mains non ?
    Oh, ne commence pas hein ! On te lâche sinon, rouspéta Anastasia.
    Waah ! Non ! Non c’est bon ! Ça me va aussi les jambes.
    Ani, s’il te plaît !
    T’as grossi non ?
    Bah… J’ai peut-être pris un peu de muscles c’est vrai ~
    On aurait dû le laisser s’écraser…
    Ne dis pas n’importe quoi. Ça reste mon frère.
    Hey ! Ça veut dire quoi ça ? »

    Le trio regagna lentement le plancher des vaches, y déposant Edward qui s’allongea de tout son long sur le sol, heureux de retrouver sa bonne vieille terre bien dure où il pouvait sauter, marcher, danser, exécuter toutes les cabrioles du monde sans risquer sa vie. Ani souligna qu’il leur faisait honte et qu’il serait bien gentil de se lever. Ce qu’il fit, pour lui sauter immédiatement dessus, bien décidé de se venger de sa chute forcée depuis la nacelle de Pinocchio. Vladimir essaya de les arrêter, alors qu’ils s’étaient lancés dans une folle partie de « loup-garou » dont le but était de mordre l’autre le plus fort possible. Et oui, on ne se refait pas.
    Le plus jeune loup profita donc de leur altercation pour jeter un coup d’œil à leur environnement. Ils avaient atterri dans une zone un peu escarpée, mais qui surplombait légèrement une vaste plaine, elle même donnant sur une dense forêt au sud. Songeant qu’il était grand temps de rentrer, il finit par employer les grands moyens afin de calmer les deux membres de sa famille, annonçant d’une voix forte :

    « Allons y, Andréa va s’inquiéter. »

    L’effet fut immédiat. Edward et Anastasia se redressèrent d’un bloc, acquiesçant vivement avant de prendre les devants, marchant d’un bon pas sous le regard amusé du cadet des Wolkoff. lls trouveraient assurément la ville la plus proche sans soucis à ce train là, et il ne leur resterait plus qu’à prendre le premier moyen de transport valable pour rentrer à Paris. Enfin, ça c’était dans l’optique que tout irait bien dans le meilleur des monde, car il restait un mystère à percer… Qui les avait enlevé ? La réponse allait se présenter d’elle même à eux.

    Alors qu’ils avançaient dans un calme approximatif — Edward et Ani ne mettant jamais plus de quelques minutes à se disputer pour un rien — une ombre les survola. Une ombre immense qui les dépassa avant de grandir et grandir encore, jusqu’à ce qu’un imposant voilier ne s’écrasa littéralement devant eux. Anastasia lut son nom à haute voix et Edward grimaça.

    « A… Argo.
    Pitié pas ça… »

    Sur la proue du navire, une dispute semblait avoir lieux au sujet d’une permanente ratée dû à une conduite de « sauvages hystérico-psychotique », le tout prononcé d’une voix suraiguë entre des sanglots et d’autres cris qui paraissaient sans rapport. Puis tout ce petit monde sembla se rappeler de ce qu’ils faisaient là et l’on entendit l’ordre de lancer la musique. Ce fut fait et aussitôt un rire grave, mais puissant s’éleva. Un adolescent pas bien grand prit les devant, s’exclamant d’une voix hystérique :

    « Il est graaaaand ! Il est beauuuu ! Il est démoniaaaaque ! Il est sexyyyyy ! Voici Goooooooold Faiiiiiiiiiryyyyyyyy ! »

    Feux d’artifices, vacarme assourdissant, projecteur fou… La mise en scène était plutôt réussie, mais Edward se garda bien de rester pour y assister. Il invita Vladimir et Ani à soigneusement contourner le bateau, alors que le plus grand DJ de tous les temps se présentait sous les applaudissements seuls de son équipage, cheveux au vent, regard brillant, collants dorés et chemise ouverte jusqu’au nombril laissant au public féminin le soin de constater sa musculature huilée.
    Il y eut un entracte de groupies hystériques saluant l’artiste, avant que celui-ci ne s’exclame :

    « Ainsi vous avez vaincu mon temple et mes pièges ! Ah ! Mais qu’à cela ne tienne, ma magnificissime personne ne vous laissera pas vous en sortir !
    Attends… C’est toi qui nous a kidnappé ? S’étrangla Edward.
    Vous et tous les autres ! Mes sbires se sont chargés de leur médiocre sort mwahahahaha ! C’est le prix à payer pour ne pas avoir su apprécier le talent inné et le génie unique de Goooooold Faiiiiiiiiry !!!! »

    Nouveau cri de fan girl de la part de Jason, l’adolescent prépubert, pose l’Oréal du terrible DJ alors que les flashs des paparazzi le mitraillaient sans qu’on sache d’où.
    Edward posa un regard perplexe sur ses compagnons, se demandant ce qu’il entendait par « les autres ». La question fut inutile, car à peine le regard du loup parcourut la pleine, qu’il aperçut d’autres silhouettes dont certaines lui étaient bien trop connues à son goût. Il n’avait déjà pas été très malin en les kidnappant tous les trois, mais à bien y regarder, il avait assurément fait la pire stupidité du siècle si, comme Edward avait cru l’apercevoir, il avait enlevé Élise Voelsungen ou Dolores. Pourtant le musicien excentrique n’en démordit pas, un sourire ravageur — et peut être un poil bottoxé — collé au visage, il s’arma de sa lyre, aussitôt rejoint par sa petite armada qui surplombait la pleine depuis leur bateau. Il gratta les quelques cordes de son instrument, avant de lancer d’une voix chantante mais menaçante :

    « Que la danse commence ! »





Manche n°2 ouverte !


L’aventure arrive à son terme et l’affrontement final se profile contre le terrible individu ayant orchestré votre enlèvement et celui de vos proches ! Certains le connaissent, d’autres le découvrent, et vous avez peut-être même déjà son disque ! Voici GooooooldFaiiiiiiry !!

N'oubliez pas de faire défiler sur la droite, pour découvrir tout l’équipage !

Le déroulement de la manche est très simple : c’est un RP habituel et collectif. Vous pouvez poster autant de fois que vous le voulez, sans ordre particulier, tout en prenant en compte les postes précédents.


  • Vous atterrissez donc sur la plaine décrite précédemment. Vous pouvez faire ça par une action logique comme si votre temple avait sa sortie à cet endroit, ou de manière complètement improvisée (enlèvement extraterrestre, nouveau niveau, sort raté de vos compagnons…).
  • En arrivant vous découvrez ce groupe d’énergumènes, membre de l’Argo et à la solde du terrible GoldFairy, DJ frustré qui s’est vengé de vous en vous kidnappant ou en donnant l’ordre que cela soit fait. Monokuma par exemple, était à sa solde, de même que la sorcière qui se chargea d’Adam.
  • Pour ceux qui s’en souviennent, ce personnage est tiré du RP de l’été dernier. Apparu lors de la seconde manche, il avait animé la fin de la dernière épreuve de sa musique très… Particulière. Il est resté très rancunier de ne pas avoir pu distribuer ses autographes comme il le souhaitait.
  • Le but est donc de se débarrasser de cet individu un poil collant et de ses comparses et ce par tous les moyens ! Mais attention, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y parait, l’homme peut se montrer dangereux, tout comme son équipage et son navire, même échoué, qui renferme certainement un armement peu commode.
  • Les personnages présentés sont à votre disposition, vous pouvez les utiliser comme vous le souhaiter, histoire de mettre des bâtons dans les roues d’un autre membre. Vous pouvez également ajouter des personnage, et bien évidemment conserver vos PNJs si vous en avez envie, le tout étant de s’amuser !


Vous posterez à la suite ce message, sans ordre particulier et vous avez jusqu'au dimanche 7 septembre pour en finir avec cette histoire !!

N'hésitez pas à contacter le staff si un élément vous semble flou, on vous répondra le plus vite possible !

Vaincrez vous le grand GoldFairy ?
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Valentine Lefevre
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Mer 27 Aoû - 13:00

L'aventure avait été des plus mouvementées et Valentine n'était pas mécontente d'avoir terminé son escapade dans cette salle gigantesque. Et puis elle avait Loki. Il était sain et sauf et c'était tout ce qui importait.
La cage était toujours au plus profond du sol, ne remontant pas et à vrai dire, la rouquine espérait ne pas à voir ce que son geste monstrueux avait créé.
Finalement le groupe se ressaisit et se remit en mouvement. Brady clignait des yeux, dans l'incompréhension la plus totale tandis que Shania s'approchait du bord pour regarder en bas. Elle finit par siffler et se tourna vers Valentine, toujours cramponner à son compagnon mi-humain, mi-canin.

"Eh beh ma grande, faut pas te faire chier toi O_O. Tu m'avais pas dit que t'étais dans le genre femme fatale, sinon je t'aurais adoré encore plus vite... Et fais pas cette gueule tu as bien fait !"

"Tu crois ? J'ai quand même..."

"Sauvé la vie de quelqu'un ? Ma vie ?"

La journaliste tourna la tête vers Loki qui la regardait en souriant doucement. Même si on sentait l'effort qu'il faisait pour se remettre de ses émotions, elle se sentit rassurée. Le pauvre avait échappé à la mort et rien que pour ça, elle était finalement heureuse de son action.
Se reprenant elle parvint enfin à le lâcher et observa les deux autres avec un air plus déterminé. Il était temps pour eux de partir d'ici !


Cependant quelque chose bougea dans son champ de vision, lui faisant froncer les sourcils. Une petite chose remuait derrière le fauteuil de Monokuma. Curieuse, comme d'habitude, elle s'en approcha et découvrit une peluche ligotée... Sauf qu'elle semblait être l'opposé radical de Monokuma.
Elle la détacha et la regarda de redresser, les larmes aux yeux. (Image)


"Uwawawawawa... Merchi de m'avoir détachée ! Chet ourch méchant m'avait volé mon étage perchonnel et l'avait transformé en salle de miche à mort ! Ch'est Horrible, vraiment horrible !!"

"Ton étage ? C'est normalement chez toi ici ?"

"Oui oui oui !! Ohlalala, il a tout cashé !! Mes belles décorachions ! Che vais devoir tout refaire... uwawawa... Che chuis Monomi ! Enfin normalement ch'ai un autre nom mais Monokuma a dit à tout le monde que che m'appelle comme cha..."

Valentine observa ce petit lapin rose, la trouvant assez adorable. Pour une raison qui lui échappé, elle ne pouvait s'empêcher de la prendre en pitié. Peut-être que sa façon de parler ou son air désolé lui donnait l'impression que cette peluche avait tout de la pauvre victime qui jouait le rôle de souffre douleur. Qui sait, peut-être était-ce vrai ?

"Je m'appelle Valentine. Est-ce que tu... as besoin d'aide pour tout ranger ?"

"Uwawa ? Oh non, ne vous inquiétez pas, che vais me débrouiller toute cheule comme une grande ! Che chuis habituée vous chavez. Encore merchi Valentine ! Che vilain ourch est pas prêt de revenir !"

"Je vois. Alors bonne chance pour la suite, Monomi."

"A vous auchi !!"

Souriant tendrement à la petite peluche déjà motivée à fond dans l'optique de tout remettre comme avant, avec pleins d'objets mignons et roses, la rouquine prit congé et rejoignit les trois autres, à présent rassuré que la salle serait géré par quelqu'un de sincèrement gentil. le Yin et le Yang, l'ours mauvais et sadique contre la lapine adorable et pacifique.

Le retour fut moins bordélique. Le Cerbère dormait à nouveau poings fermés, Hades restant près de lui tout en s'entrainant aux cartes. Ils ne mirent que 5 minutes à retrouver le 1er étage, celui de Brospa. Brady prit congé, recevant à nouveau des remerciement sincères de la part de Valentine et de Loki.
Mais avant de partir, la jeune femme n'omit à aucun moment d'aller prévenir les compagnons de Voldy qu'il avait... décidé d'aller... prendre un bain dans une source bien chaude... Bien bien BIEN chaude. Ils ne posèrent pas de questions, haussant les épaules et retournant dans leurs occupations respectives qui était de s'ennuyer et de déblatérer des bêtises. Bastian était toujours là et fut apparemment ravi de voir Loki. Même s'il se prit une claque à l'arrière du crâne de la part de l'humaine qui lui en voulait toujours de ne pas les avoir aidé.


"Bastiaaaaan è_é"

"Je suis en vacances bordel ! Et je serais un piètre démon si je passais mon temps à sauver la vie de tout le monde enfin !! Sans compter qu'il va bien là, non ? Bah alors tu vois bien que tu n'as pas eu besoin de moi ! Aller zou, laisse moi faire ma sieste."

"... Mets mieux ton kimono, le proxénète. Je vois tout et franchement j'aimerais ne pas partir d'ici avec cette image gravée dans la rétine è_é"

Bastian sursauta et s'empressa de cacher un peu mieux ses bijoux de famille devant Shania qui le regardait de face, ayant suivit, tout comme Loki. Elle faisait la tronche, sa clope pendant lamentablement aux lèvres. Elle semblait légèrement déprimée depuis qu'ils avaient quitté la zone de Hades. Valentine ne parvenait pas en comprendre la raison.
Ils prirent congés et purent en très peu de temps, arriver devant la porte de sortie. Malgré cette idée constante qu'ils allaient enfin pouvoir savoir une liberté bien méritée, une intuition soufflé à leur oreille, leur intimant de rester sur leur garde, que cette fin restait douce amère.
Et ils n'eurent pas tord au final.

Sortant enfin à l'air libre, les deux femmes soupirèrent et s'échangèrent un regard ravi. Sentir le vent sur leur peau rougit par le feu du temple faisait un bien fou. Le sentiment constant d'être prise d'une légère claustrophobie venait de disparaître.
Il ne restait plus qu'à trouver le chemin du retour. Ils marchèrent, prenant enfin le temps de discuter, mais en réalité, personne ne savait comment il avait finit là. Loki mentionna un étrange bruit qu'il avait entendu dans la chambre de Valentine. Il s'était levé pour voir mais à peine avait-il franchit le seuil que quelqu'un l'avait attrapé et avait finit par lui faire perdre connaissance d'un bon coup sur le crâne. Il lui avait cependant cru entendre un "lui aussi y était, emmènes le." avant de succomber à l'agression.
Au final seule Shania savait plus ou moins ce qu'elle traficotait là. Un objet de contrebande à dénicher semblerait-il. Mais elle s'était fait avoir, séquestrée et finit avec un Usopp dans les basques.

Tandis qu'ils conversaient pour émettre des hypothèses, que Loki tentait d'enlever sa chemise et convaincre Val de la mettre pour se couvrir et qu'ils marchaient vers une sorte de plaine, un bruit et un choc les firent sursauter. Là juste devant eux se dressait un bateau, comme ça, en plein milieu. Un peu plus et ils auraient finit dessous.
Mais ils n'eurent pas réellement le temps de se demander ce qui se passait qu'une manifestation les prit au dépourvu. Des individus étranges, un DJ qui parlait avec... Edward ?!
Même s'il était encore loin, Valentine le reconnaissait. Mais que faisait-il ici ? Et d'ailleurs que faisait tous les autres ici ? Car en lançant un regard circulaire, d'autres visages familiers apparaissaient un peu partout  autour de ce bateau.

Elle ne comprenait pas tout, mais une chose était sûr, ils allaient à présent devoir en démordre avec l'équipage. Pourquoi ? Qu'avaient-ils encore fait ? Ne pouvaient ils pas leur foutre la paix une bonne fois pour toute ?! Shania afficha un sourire sadique, à nouveau en pleine forme.


"Ah bah voilà, suffisait de le dire qu'on allait pouvoir encore s'amuser ensemble ! Prems sur le gros tas de muscles !!!"

Sans même attendre l'avis de ses deux compagnons, elle traça vers un colosse qui portait le doux nom de Hercule et sortit ses flingues, acceptant les hostilités dont ces adversaires avaient fait preuves. Valentine l'observa avec surprise mais n'en fut pas si choqué que cela. Après tout, il s'agissait de Shania. Non, en revanche, ce fut Loki qui n'en revint pas. Il regarda sa maîtresse dans une incompréhension totale s'attendant à recevoir une explication. Mais elle se contenta de hausser les épaules d'un air blasé et s'approcha aussi. Elle ne comptait pas se battre mais au cas où, elle serait là pour ramasser les restes de la contrebandières si elle était mise K-O.

Sauf que celle-ci, au lieu de chercher à le canarder, semblait engager la conversation, observant la réaction de son adversaire, analysant sa mentalité. Et le verdict fut sans équivoque: C'était un crétin congénital. La seule idée qui lui vint pour l'avoir ? Lui sortir quelques questions, pourtant pas très poussées, afin que son cerveau vide bloque dessus. Mais est-ce que cela allait fonctionner ?


[ouais bon c'est nul mais je sais pas trop comment finir tout ça.]

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Mer 3 Sep - 23:01

Le bruit de la porte se refermant résonna dans toute la salle, faisant se retourner la petite troupe qui ne s'attendait pas à ce que leur entrée fasse autant de bruit. Chacun réprima un petit sourire gêné à un autre membre du groupe avant de regarder dans quelle salle ils étaient arrivés. L'endroit était gigantesque, tellement qu'en son centre trônait un magnifique bateau aux voiles dorées et aux ornements dignes des opéras de Paris. Regroupés sur leur petite plateforme, tous ce rapprochèrent et penchèrent la tête afin d'analyser la situation. À bord du bateau se tenaient sept personnes, probablement l'équipage, dont le capitaine se tenait fièrement, torse bombé, au sommet de la figure de proue qui lui était en tout point identique. Ses cheveux dorés volaient au vent (bien qu'il n'y en ait pas) et suscitaient l'admiration chez un jeune garçon, probablement son second, le visage gonflé par les larmes qui poussait des cris d'admiration à l'égare de son capitaine. Derrière, deux femmes, un colosse et deux frères jumeaux toisaient du regard les autres personnes présentes dans la salle.

Au pied du bateau se tenaient de nombreuses personnes, d'autres venaient d'arriver sur des plateformes semblables à celle sur laquelle se tenait le groupe incontable, tous regardant l'équipage qui était sans doute le boss de fin. Face au bateau se tenait un homme au physique facilement reconnaissable, du moins pour Dolores, qui ne put s'empêcher de pousser un cri qui se fit entendre dans toute la pièce.

- Ooooooouhouuuuuuh Edyyyyyyyy !! *BAM* Aïeuh…
- Mais tait-toi ils vont nous voir !
- Je crois que c'est déjà fait…

La petite fille aux allumettes qui s'était jointe au groupe quelques minutes plus tôt pointa du doigt une des femmes présentes sur la proue du navire, le visage serré et le regard assassin dirigé vers Dolores qui se contenta d'un petit salut de la main. Le capitaine du bateau leva alors les bras et exécuta un petit pas de danse avant de hurler gaiement (sans vilain jeu de mot) :

- Que la danse commence !

Alors, d'innombrables projecteurs sortirent des murs et de dessous la plateforme sur laquelle le groupe était perché, et s'allumèrent en même temps, plongeant la salle dans un arc-en-ciel lumineux. Chaque rayon de lumière changeait de couleurs toutes les trois secondes, au rythme du déhanché endiablé de l'homme aux cheveux d'ors qui ondulait ses bras, appuyé par les cris de son fan boutonneux. Le reste de l'équipage sauta du bateau et fondirent sur les autres personnes, engageant le combat. Du côté de notre charmant petit groupe, ce fut la dame de tout à l'heure qui donna l'assaut.

Sans crier gare, elle avait sauté du mat en direction de la plateforme, le poing serré et la mine sérieuse, avant de l'abattre sur le mur derrière le groupe, générant une importante explosion qui souffla le groupe partout dans la pièce. Seule Rouge parvint à éviter le coup et sauta sur un débris en train de chuter avant de tirer plusieurs balles sur l'incroyable guerrière qui attrapa les loups apparus par la queue avant de les faire tournoyer et les lancer à l'autre bout de la pièce, éraflant presque dans leur passage le capitaine toujours perdu dans sa danse qui par une souplesse arrière incroyable évita les loups, toujours avec le sourire.

- Tou es ploutot forte krasnaia diévouchka, mais ce n'est pas moi, Atalante, que tou va faire peur.
- Diable, cet accent me remémore mon tendre chez moi…

Surprise, ladite Atalante, accrochée au mur à main nue, leva la tête et aperçut une silhouette imposante tomber sur elle. Sa vue masquée par la cape de Dracula, elle fut arrachée du mur et tomba avec le vampire qui, même si son coup était impressionnant, n'avait pas du tout fait exprès de tomber sur son adversaire…

~✚~✚~✚~ Aiko et PFAA, alias la petite fille aux allumettes ~✚~✚~✚~

Soufflée par le coup de la folle furieuse, la tanuki fut projetée quelques mètres plus loin. En vol elle attrapa Pfaa (c'est sympathique comme nom!) et se transforma en parachute, de sorte que toutes deux atterrirent derrière le bateau sans se blesser. La petite fille remercia timidement la yokai et, le regard baissé, ne put s'empêcher de lâcher quelques larmes de panique, effrayée par ce qui était en train de se passer. Aiko, absolument mauvaise avec les enfants, tenta de réconforter celle qui avait presque tué Adam quelques minutes plus tôt mais dû répéter quatre fois sa phrase pour être entendue, couverte par la musique disco qui empreignait les lieux, les basses se trouvant en effet à l'arrière du bateau…

D'abord, la tanuki se demanda comment elle allait se débrouiller pour mettre un terme à toute cette histoire, puis rapidement, voyant l'indescriptible carnage qui avait lieu, se contenta de s'asseoir par terre à attendre que ça passe. Faut dire, elle n'avait rien demandé non plus, c'était sans doute Dolores qui avait été embarquée là-dedans, et elle, pauvre tanuki inoffensif, avait sûrement été un simple dommage collatéral. Donc le bordel, oui, mais sans elle, car ce n'était pas son affaire, non mais…

- Iiih, y a un monsieur !
- Hm ?

Adossée au mur derrière le bateau, elle n'avait même pas vu que Pfaa s'était éloignée quelques secondes et était revenue en pleurant, pointant du doigt une silhouette qui s'approchait. Aiko leva un sourcil, perplexe, puis se résolut à se lever, agacée par les sanglots de la petite fille qui vraiment ne ressemblait en rien à ce qui les avait affronté quelques heures plus tôt. Sentant des ondes négatives provenir de la silhouette en approche, la yokai se plaça devant la pleurnicharde et croisa les bras, s'attendant à voir un des membres de l'équipage venir lui chercher des noises. Illuminé par un projecteur, la silhouette fut subitement dotée d'un visage, qui fit parcourir des frissons dans le dos de la jeune femme. Si il y avait une personne sur qui elle devait tomber, ça ne pouvait être que lui, évidemment. Randon Gray, alias le chasseur de paris qui n'est évidemment pas tendre avec les monstres, surtout ceux qui ne respectent pas totalement la loi, comme Aiko par exemple ~ Elle se souvenait d'un de ses contacts qui lui avait fait passer les papiers d'avertissements « Si vous voyez cet homme, courrez », ou un truc du genre. Faut dire, les légendaires se méfient très facilement de tout ce qui se prétend être un chasseur, car de près ou de loin, leur but est de tuer ce qui n'est pas humain. Alors, la Yokai fit disparaître ses oreilles et sa queue de tanuki et se contenta de faire comme si de rien était.

- Vous faites partie de l'équipage vous aussi ?

L'homme répondu par la négative. Visiblement il n'était pas très bavard, ce qui irrita la tanuki qui ne changea pas sa moue agacée. Derrière l'homme surgit alors une petite demoiselle, un peu plus grande que Pfaa mais plus jeune que Rouge. Dotée de trois pauvres cheveux sur le caillou, elle était sans doute atteinte d'une calvitie précoce ou alors on lui avait arraché les trois quarts de ses cheveux durant son sommeil, et elle n'est toujours pas au courant… Alors, en voyant la jeune fille surgir, Pfaa fit de même avec Aiko, heureuse de voir une connaissance, visiblement.

- Raiponce ! Ça faisait longtemps qu'on t'avait pas vue chez nous !
- Désolé mon père m'a récupérée et depuis il me laissait plus partir… Mais maintenant je suis dehors et je suis heureeeeuse !
- Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux au juste ?
- Hm ? De quoi tu parles ?
- Ohoh ~ Il semblerait que Dyonysos m'ait été très généreux pour m'avoir préparée un tel festin…

Le groupe se tourna alors et aperçut la deuxième femme de l'équipage, le sourire aux lèvres. Ses cheveux roux dressés sur son crâne lui donnait un drôle d'air, mais c'étaient surtout les deux énormes serpents qui sifflaient à ses côté qui firent comprendre à Aiko que elle, c'était une méchante. Les deux fillettes retournèrent se cacher derrière leur bouclier humain, les laissant tous deux à leur dépends, sans trop leur demander quoi que ce soit. La yokai, agacée, afficha une mine passablement énervée et avança de quelques pas, prête à faire face à son adversaire du jour. Visiblement le chasseur n'était pas armé (quel comble), elle fit donc abstraction du fait qu'il pourrait lui couper la tête et l'utiliser comme porte-manteau et fit à nouveau apparaître ses oreilles et sa queue, prête à en découdre. Adoptant une pose bien spécifique, la yokai sentit l'adrénaline circuler dans son corps, lui arrachant un sourire carnassier.

- Je suis sûre qu'avec le venin de tes serpents je pourrai faire un médicament bien couteux.
- Ha ! Pour qui me prends-tu misérable rat, aucun rongeur ne surpassera mes bébés ! Allez-y mes chéris, mais laissez-la en vie, il faut plonger ces bestioles dans l'eau bouillante vivantes ~
- C'est pas les crustacés ?
- Le surimi ? C'est pas froid que ça se mange ?
- Tu vas comprendre ta douleur vipère !

Entourée d'un nuage mystérieux, Aiko entama sa métamorphose et disparut derrière la brume magique. Amusée, Médée claqua des doigts, balayant le nuage rose en quelques secondes, faisait réapparaître la yokai comme si rien ne s'était passé. Perplexe, elle ne put s'empêcher de pousser un petit « Ehw ? » avant d'afficher une mine paniquée, comprenant que sous cette forme les deux cobras risquaient de la casser en deux. Médée poussa un rire sadique et pointa du doigt le petit groupe, dont le chasseur avait essayé de se faire la malle mais était paralysé par les deux petites filles qui s'étaient accrochées à lui et refusait de bouger, trop effrayées.

- Non non non non non non ! Faites quelque chose chasseur de crotte là !
- Amenez-les moi…

Les serpents rampèrent à toute vitesse en direction du groupe, les faisant disparaître sous leurs imposants anneaux reptiliens.

~✚~✚~✚~ Rouge et Dracula ~✚~✚~✚~

- N-Non, attendez, c'est une méprise, je ne voulais pas…
- Arrête de parler, chauve-souris, tou va mourir, c'est tout.

Embêté, Dracula se tourna vers Rouge qui venait de sortir sa tête de sous des gravats. La demoiselle rajusta alors sa capuche et au moment même où elle se tourna vers le vampire, elle l'aperçut voler vers elle, lancé par Atalante qui n'était visiblement pas de bonne humeur. La dresseuse de loup évita avec agilité le corps du vampire et posa son panier par terre avant d'en sortir deux imposants revolver qui feraient pâlir de jalousie tout collectionneur d'armes dignes ce nom (hein Randon ~).

- Je ne sais pas qui tou es, diévouchka, mais j'aimerai te touer rapidement. Tes armes ne serviront rien.

Rouge afficha un sourire satisfait et chargea ses deux armes, prête à tirer. Soudain, une drôle d'expression occupa son visage, la faisant baisser les bras et se tourner vers Dracula qui venait à peine de retrouver ses esprits. Perplexe, la demoiselle leva la tête, embêtée.

- C'est bien une méchante hein ?
- … Évidemment, elle essaye de nous tuer !
- Hm… Mais c'est pas bien ?
- Damnation…

Alors qu'elle réfléchissait au cas d'Atalante, la chasseresse fit apparaître sa lance dans sa main et fondit sur Rouge contre qui elle asséna un puissant coup. Ayant à peine le temps d'éviter, la demoiselle frôla la pointe de l'arme avant d'exécuter une roulade sur le côté et de tirer plusieurs coups de feu, encerclant en quelques secondes Atalante de loups affamés. Pas effrayée pour un sous, la jeune femme se contenta de prendre un des canidés et de frapper les autres avec, les faisant disparaître dans des volutes noires. Une paire de mâchoire arriva alors à quelques centimètres du visage de la navigatrice, qui, surprise par la vitesse du coup, dut donner un violent coup de pied rotatif pour se débarrasser du molosse. Ce dernier tomba aux côtés de Rouge qui visiblement était fière de son coup.

- Tes toutous ne sert à rien, je tou tous tes toutou en tout un tour.

Tandis que Rouge tentait de compter le nombre de « tou » dans la phrase d'Atalante, cette dernière sauta sur la demoiselle et lui colla un formidable coup de pied au creux des hanches, la projetant à quelques mètres plus loin. Profitant de la présence d'un mur pour se réceptionner, Rouge posa ses pieds sur le mur et l'utilisa comme appui pour se précipiter vers son adversaire. Un enchaînement incroyable de coups de pieds et de coups de feu se fit alors, jusqu'à ce moment fatidique où Rouge profita d'une ouverture pour glisser une incroyable feinte et tirer un coup de feu, fatal si la guerrière ne l'avait pas évité au dernier moment. Une plaie rouge se dessina sur la joue de cette dernière, qui, à la vue du sang, sembla entrer en mode berserk. Atalante enfonça alors un puissant coup de genou dans le ventre de son adversaire, la projetant quelques mètres plus loin.

Ce fut une personne présente au mauvais endroit au mauvais moment qui freina sa chute, l'empêchant de disparaître plusieurs mètres plus loin. Le choc fut brutal, faisant tomber la jeune femme sur qui était tombée le personnage de conte. Discutant passionnément avec son épée, la pauvre victime n'avait en effet pas vu la masse rouge voler dans sa direction et se l'était prise de plein fouet.

- Oooh, pardon… J'ai tué quelqu'un ?

La question emplie d'innocence de Rouge ne trouva pas de réponse, la jeune femme venant tout juste de se relever, légèrement confuse. La demoiselle se leva à son tour et rajusta à nouveau sa capuche, puis, voyant sa victime poser ses doigts sur une épée, crut comprendre qu'il s'agissait d'un ennemi aussi et pointa son arme au niveau du front de celle dans qui elle venait de rentrer dedans. La mine sérieuse, elle semblait être prête à tuer de sang-froid, ce qui sembla intimider, ou plutôt interloquer sa future (?) victime.

- Quel camp ? Gentils ou méchants ? Répond !
- Il semblerait que dans ce cas de figure, nous soyons les gentils.
- Ah ! Tant mieux alors. J'aime beaucoup votre chapeau. Vous pouvez m'aider à battre elle alors ?

Par elle, Rouge désignait Atalante qui approchait en marchant, la mine assez effrayante, entourée d'une aura meurtrière qui avait déjà eu raison de Dracula qui s'était évanoui de son côté. La guerrière sauta alors et arriva à toute vitesse au niveau de Rouge et de ses acolytes de fortune avant d'asséner un coup de pied incroyable, qui, par chance, n'eut pas raison de la demoiselle qui fut sauvée par la présence de l'épée de son amie du jour. En effet, malencontreusement ou non, elle s'était protégée avec son épée dont la lame avait absorbé toute la force du coup, laissant Atalante surprise quelques secondes, suffisamment pour que Rouge prépare la contre-attaque et tire un coup de feu à quelques centimètres du visage d'Atalante qui recula rapidement pour ne pas se faire dévorer par un loup. Énervée, la guerrière laissa tomber sa lance et fit craquer les os de ses mains.

- Au débout, je pensais que tou était gentille, diévouchka, mais maintenant je ne suis pas contente. Je vais presser ta petite tête dans ma main pour faire du jous de frouit, da ?

Rouge se tourna vers ses deux drôles d'amis et leur adressa un franc sourire avant d'afficher une mine meurtrière et de pointer ses énormes armes sur Atalante. Après avoir prit soin de cracher par terre, Rouge serra les dents et montra qu'elle non plus, n'était pas là pour rigoler… Sauf si il y a une cueillette de fleur à la fin !

~✚~✚~✚~ Dolores et Adam ~✚~✚~✚~

De leur côté, la doctoresse et son assistant étaient tombés sur le pont du bateau, leur chute ayant été amortie par une des voiles dorées. Ainsi l'homonculus toucha le bois du bateau sans difficulté, suivie par Adam qui lui rencontra le bois, oui, mais avec ses dents. Prenant soin d'arranger une mèche qui était tombée devant ses yeux, elle tourna rapidement la tête, amusée par ce qui était en train de se passer. Le jeune homme quant à lui eut de la peine à se lever et arrangea ses lunettes qui étaient, ô miracle, encore entières après tout ce qui lui était arrivé. Vu de l'intérieur, le bateau était bien plus grand que ce qu'on pouvait penser, ce qui logiquement, voulait dire que la pièce était elle aussi beaucoup plus grande que prévu (la logique, y a que ça de vrai). Après avoir jeté un œil un peu partout, les deux intrus arrêtèrent leurs observations sur l'homme aux cheveux dorés qui se tenait sur la proue de son navire, bougeant ses bras et ses jambes en rythme avec la musique qui résonnait dans toute la pièce. Dolores fit alors un pas, curieuse de discuter avec ce drôle d'énergumène, mais fut arrêtée par le petit adolescent boutonneux qui venait de surgir de derrière un tonneau rempli de paillettes dorées.

- Vous avez pas le droit de déranger GoldFairy !
- Pourquoi ?

La question de Dolores perturba le pré-pubert qui ne s'attendait sans doute pas à une réponse de la sorte. Ne sachant quoi répondre, il hésita quelques secondes tout en grattant un des boutons qui avait poussé sur le coin de son nez. De sa voix pas entièrement muée, il répondit, hésitant.

- Baah, parce que c'est son concert !
- Et ?

À nouveau, le garçon ne sut quoi répondre. Le dialogue continua ainsi de longues minutes inutiles, avec d'un côté un jeune ado qui ne sait pas vraiment faire une phrase et de l'autre une scientifique qui chercher vraiment, vraiment trop souvent des réponses à ses questions. Au final, agacé, Jason laissa s'échapper quelques larmes puis éclata en sanglot. Son cri fut d'une intensité telle que Dolores et Adam furent projetés en arrière, assourdis par les cordes vocales du garçon. Ce dernier se plaignait de jamais savoir quoi répondre aux questions et commença à se critiquer grassement, sans plus vraiment prêter attention à ses deux adversaires (encore faut-il qu'ils en soient vraiment).

- J'en aaaai maaaaaaaaaaaarre, je suis nuuuuuuuuuuuuuuul, je serai jamais bien pour Goldfaaaairyyyyyyyyyyy !! Euaaaaaaaaah !
- MOUAAAAAHAHAHAH ! Est-ce donc là la qualité de tes groupies, GoldFairy ?

Silence dans la salle, la musique s'interrompit au même moment que GoldFairy cessa de danser. L'homme se raidit soudainement et posa sa main vers son oreille pour mieux entendre ce qu'il venait d'entendre (tout à fait). Alors, une expression de surprise ternit son visage, le poussant à grimacer quelques fractions de secondes pour ne pas altérer sa magnificence. Le capitaine recula de quelques pas et cacha son visage derrière sa main, pour un effet de style sans doute, avant de demander le silence pour pouvoir s'exprimer ouvertement, de sorte que tout le monde l'entende.

- … Cette voix !

La beauté, la surprise, la compassion, la tristesse, la joie ! Tous ces sentiments réunis dans ces quelques mots, remplis de « feelings » et de « touch » afin de faire comprendre à tout le monde que comparé à lui, personne ne peut être comme GoldFairy. Quoi qu'il en soit, le danseur chanteur exécuta un nouveau pas de danse et passa sa main sur son front avant de faire voler ses cheveux au vent (arrachant au passage un cri de Jason avant qu'il ne s'évanouisse d'admiration). L'homme écarta alors les bras et leva la tête. Le torse bombé, il continua sa phrase.

- Je la reconnais !

Le regard déterminé, l'homme fixa une caméra imaginaire, digne d'un personnage d'anime culte, avant de fermer les yeux quelques secondes, probablement le temps nécessaire pour afficher les nombreux flashbacks de sa vie. GoldFairy caressa alors du bout des doigts ses lèvres écarlates et tout en murmurant quelques notes « groovy », l'homme baissa la tête et afficha une expression teintée de nostalgie, de peine et de haine.

- Montre-toi…

Alors ! Dans un mouvement d'une incroyable prestance, GoldFairy leva la tête, bomba le torse et fléchit son genou droit de quelques degrés afin d'adopter la posture parfaite tout en pointant du doigt la porte qui lui faisait face. Dans un éclat doré, perlé de la rosée de la destinée, il prononça ces mots :

- Barbe-Bleue !

Retournement de situation, toute l'assistance eut le souffle coupé (même si vous le voulez pas, vous le devez, pour GoldFairy) et tourna son attention vers la porte d'où venait de résonner la voix. Cette dernière s'ouvrit alors subitement, laissant entrer une incroyable lumière qui aveugla tout le monde, sauf GoldFairy, évidemment. Ce dernier resta les yeux fixé vers la lumière, luttant corps et âme pour ne pas cligner des yeux. Alors, une silhouette s'avança et franchit le seuil de la porte qui se referma juste derrière.

- Ravi de te revoir, mon cher rival.

Face à face, Barbe-Bleue et GoldFairy se tenaient à la même hauteur, l'un sur une petite plateforme, l'autre sur son formidable navire. Le comte sanguinaire s'avança de quelques pas et écarta les bras, faisant sortir du sol un pilier en pierre qui s'arrêta pile au moment où il posa son pied. La plateforme derrière lui s'effondra alors, condamnant à jamais la porte. Le combat était inévitable. D'innombrables projecteurs sortirent du pilier et illuminèrent l'homme à la toison bleutée, qui, d'un geste, fit sortir un micro du sol pour arriver au niveau de sa mâchoire.

- Ça va être une lutte à mort, GoldFairy. Le dernier debout aura vaincu. Tu es prêt ?

Le chanteur, affublé d'une expression mêlant la peine, le courage et la compassion bougea son visage de deux centimètres avant de lever son menton pour regarder son rival droit dans les yeux. Après avoir cligné des yeux un temps bien précis pour donner une touche de suspens à la scène, l'homme avança à son tour et alors que son pied sembla tomber dans le vide, un pilier, doré quant à lui, sortit du sol et vint au même niveau que celui de Barbe-Bleue. L'homme claqua alors des doigts et sembla être prit d'une convulsion passionnée avant de donner son ordre.

- Médée ! Mes danseurs.

Les serpents de la magicienne s'enroulèrent autour du pilier et déposèrent derrière GoldFairy quatre personnes que Dolores ne reconnut pas sur le moment.

- JE DANSERAI PAS POUR CETTE ESPÈCE DE GROS-

Ah ! C'est juste Aiko en fait. Elle était accompagnée d'un homme et de deux jeunes filles, dont Pfaa et une qui avait sans doute abusé de son shampoing décolorant. Sous leurs pieds se creusèrent des trous, qui guidaient sans doute jusque dans le plus profond du pilier, voulant sûrement dire que s'ils ne respectaient pas les pas de danses, ils tombaient.

- Han la chaaaaance !!! GOLDFAIRY JE VOUS AAAAAAIME !

Tandis que Jason beuglait tout son amour envers son idole, Barbe-Bleue caressa son épaisse toison et claqua des doigts à son tour, faisant surgir du sol ses fidèles choristes décomposées, dont une était nettement différente des autres car elle était étrangement hexagonale et bizarrement vêtue. Vêtue en aventurière, la dernière choriste avait sans doute récemment rejoint le club des fans du comte et faisait probablement ses débuts. Encore peu décomposée, sa peau gonflée et grisâtre laissait croire qu'elle était morte par noyade. Bizarre…

- Nous avons chacun nos armes. Dans ce cas, COMMENÇONS ! GOUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!
-  Hmhm, ridicule… GOUAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!
- Qu'est-ce que … ?

Entourés d'une aura de puissance, les deux hommes criaient tous les deux, l'un serrant les poings et adoptant une pose disgracieuse, l'autre le menton levé, le visage tourné et la main gauche posée au niveau du nez et des yeux, l'intensité du combat de décibel était sans égal. Le visage déformé par leur cri ridicule, ce fut au final Barbe-Bleue qui gagna le premier affrontement. L'homme se vanta d'un rire narcissique avant d'adopter une pose, imité par ses chères choristes. La musique commença alors, le bassin du comte suivant le rythme par un fantastique déhanchement.

Parfoooois ~ On me dit que je ne suis pas gentiiiiiil ~
Pourtaaaaant ~ Je fais ainsi mais oui comme siiiiii ~
C'est pourquoi ! Dans ma vie siiiii je suis comme ci matin midi debout du lit mais oooooui !
CAAAAAR c'eeeest pour luiiiiiiiiii…


*BAM BAM BAM*

Oui pour aujourd'hui ! C'est touteuh MA vie quiiii est ainsi pour luiii ! Iiiih ~ Iiiih ~
Je n'ai plus peur de luiiii ! Et quand bien même siiiiii c'est magique de viiiivre !
Oh Oh Oh !!
Danse avec les étoiles ! La LUMIÈRE viiit bien malgré toi ! C'est PAREIL siiiii je ne suis plus comme tu l'a diiiit.
Mais oui mais ouiiii ~
Ceeeee bol de riiiiiiiiz ! Que tu gonfles DANS ce cieeeeeeel de pluiiiiie ! Les larmes DE la sirène du payyyyyys ! Est ameeeeeeeeeeeer… Est ameeeeeeeeeer…

OH ! Danse avec ces étoiles ! C'est la lune QUI te sourit ainsiiiiii ! Je ris si j'ai enviiiiiie, mêmeuh SI l'amour c'est pas si faciiiiiile… Tu comprendraaaaaaaaas, ce jour-lààààààà, je ne peux plus être avec tooooooooooooi…

Car le rideau du MENSONGE !! ……… Se ferme avec tooooooooooi… Avec tooooooooooi…

Les choristes qui accompagnaient Barbe-Bleue ne purent retenir une larme d'émotion face à ce texte empli d'amour et de sentiments sincères. Le comte tourna la tête, comme ému d'avoir fait une telle performance, c'était comme si il venait de réciter toute sa vie face à ce public qu'il aimait tant. Livrer ainsi ses sentiments n'était pas chose facile, même pour ce sanguinaire au grand cœur qu'est Barbe-Bleue. Les projecteurs changèrent alors d'éclairage et se regroupèrent cette fois sur GoldFairy qui venait de prendre la pose. L'attaque du magnifique chanteur allait se faire sentir. L'homme approcha ses lèvres brillantes près de son micro et susurra sensuellement…

- Je dédicace cette chanson… À moi-même.

Dolores crut entendre à ce moment là Jason pousser un cri d'admiration envers son idole mais, trop absorbée par la chanson de Barbe-Bleue, n'y prêta guère attention. La musique changea alors subitement, pour suivre les mouvements du bassin de GoldFairy qui n'avait pas son pareil pour mettre en valeur son incroyable déhanché.

Oh let's go ! Oooooh yeah ! GoldFairy est dans la place ce soooir ! Welcome everyone ! I love me !

Down in the dark… I feeeel the wind of tragedy !
Down in the dark… I seeee you in my dreaaaaaaams !
YOU ARE HERE ! You're FEELING my lubric activity !
Heeeeere you are ! Loooooking at me…

Am I beau ? Am I sexy ? Am I magnifique ?

OF COURSE I AM ! Becaaaaaaaause you will…

DANCE ! Oh with meeee ! I'm so proud of me to be like me ! When you
DANCE ! Oh with meeee ! Just don't love me you can't be me ! But you
DANCE ! Oh with meeee ! You feel happy 'cause you see me ! Oooooh oh… Ooooh oh…

Oh GooooldFairyyyyyyyyyyyyy…

Down in the dark… I heaaaar the feather of the destiny !
Down in the dark… I'm touchiiiing your honey love of me…
I AM HERE ! I just LOOOVE to be a rhapsody !
Here I am ! Smiling to meeee…

Am I grand ? Am I parfait ? Am I sensationnel ?

OF COURSE I AM ! Becaaaaaause you will…

DANCE ! Oh with meeee ! I'm so happy when you're ugly ! 'Cause you
DANCE ! Oh with meeee ! My little bee I am your queen ! So you
DANCE ! Oh with meeee ! I am the god you are searching ! Oooooh oh… Ooooh oh…

Oh GooooldFairyyyyyyyyyyyyy…


La chorégraphie n'était pas si compliquée, si tant est qu'elle était ridicule pour les pauvres danseurs qui accompagnaient malgré eux le chanteur doré. Le bras en l'air ! Le bras à droite ! Déhanchement du bassiiiiiin… Le bras en l'air ! Le bras à gauche ! Déhanchement du bassiiiiiin…  Eeet on touuuuurne ! Pour faire simple, car évidemment les pas sont très précis et particulièrement mesuré, il ne faut pas que la chorégraphie du fabuleux GoldFairy soit gâchée par de malencontreux pas de danses de débutants. Derrière lui donc, dansaient Randon, Aiko, Pfaa et Raiponce, l'un semblant presque prendre plaisir à danser de la sorte tandis que l'autre ruminait sa haine à chacun de ses mouvements ridicule. Je vous laisse deviner qui est l'un et qui est l'autre. Un indice, celle en colère a des oreilles de tanuki.

En attendant, le combat à mort de Barbe-Bleue et de GoldFairy faisait rage, Dolores imitait les chorégraphies avec plaisir, suivie par Adam qui le faisait lui aussi bien malgré lui. À côté, les combats continuaient à faire rage, bien que cette fois ils se déroulaient dans un rythme endiablé pulsé par la voix du comte Barbe-Bleue et de GoldFairy.

Tuons-nous les uns les autres ! Mais en chanson, s'il vous plaît ~

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Mes diagnostiques se font en #BE9C84.
Et Adam crie en deepskyblue /o/

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Randon M. Gray
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Ven 5 Sep - 23:28

« Nous allons nous marier. »

Cette phrase, si lourde d’engagement, de sens et d’amour, venait de tomber telle une Lydia à un congrès de mathématiciens. C’est-à-dire totalement hors sujette à la conversation capillaire de Raiponce qui racontait son passage quotidien à la douche et la minutie dont il fallait faire preuve lors du shampooinage quand on avait des cheveux d’un mètres septante (pardon, soixante-dix) de long. Elle ne se rendait évidemment pas compte qu’elle n’avait plus beaucoup de tignasse, et Randon faillit mordre la queue à Edgar lorsque ce dernier voulut le lui faire remarquer.

Aussi, quand les deux dragons annoncèrent cela avec une voix emplie de gravité joyeuse, cela coupa immédiatement court à la conversation des protagonistes. Ou de LA protagoniste. Pour en lancer une autre…

« Félicitaaaaaaaaaaaaaatiooons ! C’est important de se marier ! Surtout quand on est un dragon ! Hé, vous savez jamais quand un preux chevalier vient vous éventrer après tout ! Vous avez beau vivre plus de cent ans, faut  vite profiter de la vie ! ET penser à l’assurance vie, à la responsabilité civile du château, les assurances accidents et maladie aussi pour les futurs mini-dragons, l’hghghtage, fle rembmmmsment fde vla dmmetfe mhypo… »

Bien que la main, désormais humide, de Randon se fût posée sur la bouche d’une Raiponce très pipelette depuis qu’elle les avait rejoint derrière l’immense porte, la conversation continua. Au plus grand daim du chasseur.

Edgar n’en fit pas cas. Il ne vannait même pas sur leur « complicité maso-sadique trop meuugnonne » (terme qu’il utilisait pour qualifier ce duo improbable). Ses yeux reptiliens fixaient son compagnon humain avec une tristesse bien visible, qui n’échappe pas au trentenaire, mais qui l’indifféra au plus haut point.

« Notre route se termine ici… mec. »

Après un silence flagrant de Raiponce pendant plus de deux secondes et trois quarts de micro-secondes, le noiraud osa retirer sa main qu’il essuya sur son pantalon (qui était le seul élément ici présent qui lui donnait une certaine satisfaction… celle de plus porter des bas de femme).

« J’voulais te dire…tu m’as donné la liberté. Tu m’as appris le courage. Tu m’as fait rencontrer l’amour de ma vie… »

L’aîné Gray examinait désormais sa main avec une certaine consternation, espérant juste que la jeune blonde n’avait pas hérité des propriétés moléculaires de la salive de son père…

« … Je ne pourrai jamais te remercier Mec. Je t’aime… »
*pouf*

Une masse de plus de deux-cent kilos lui fit un câlin, ce qui ressembla à un test de la résistance osseuse du chasseur qui poussa un « hmpf » de surprise et de douleur.

« Enfin, j’t’aime. Pas autant que ma femme, hein ! »

Un long et ennuyeux monologue aurait pu se faire, avec un Edgar se justifiant que le « je t’aime » n’avait pas de signification douteuse, mais heureusement, sa dragonne de femme eut le réflexe de lui prendre sa mini-main multicolore, ce qui permit à Randon de retrouver de l’air dans ses poumons, et de l’entraîner au loin, commençant à voler dans un ciel immaculé et blanc.

« Adieu… Ran-ran… la suite se fera sans moi………… »

Et, alors que Raiponce commençait à renifler bruyamment, et qu’on aurait pu rester sur cette note plutôt neutre pour le chasseur, Edg se dut de rajouter une phrase :

« Ah ! Et pour la suite, vu la personne qui t’attend, si tu dois t’baisser pour une raison Y ou Z, ne le FAIS surtout PAS… Princesse… Héhé. Yop, à une proch, Ran-ran ! »

Raiponce hurla que « oui, c’était noté ». Mais en fait le regard du dragon était porté sur Randon au moment de cette phrase, ce qui donna envie à ce dernier de lever les mains d’incompréhension.

Mais il s’en abstint, et se décida à poursuivre cette route blanche dont on ne voyait aucun décor, en compagnie de la vraie princesse blonde qui poursuivait son discours de shampooing.
♦♦♦

Quand il rouvrit les yeux, après un clignement d’œil exaspéré après 10 minutes de « Raiponversation », Randon se retrouva devant un immense navire, majestueux, et dont la sirène de proue avait une poitrine plutôt plate. Etrangement, ce fut ce que remarqua en premier le chasseur, lui donnant ainsi une teinte légèrement rosée sur les joues. Puis il se demanda fichtrement comment il était arrivé là. Mais cette question de logique, comme toute autre question de logique lui ayant traversé l’esprit depuis pas mal de temps, s’éteignit dans un oubli infini.

Il avait de la compagnie.

A quelques mètres devant lui se trouvaient de drôles de personnages…
Une silhouette drapée d’un manteau rouge dont il était dur de déterminer le sexe, vu de dos. Pas très loin d’elle une petite fille, d’un âge véritablement bien trop bas pour se retrouver coincer dans un univers aussi saugrenu. Elle était très petite, maigre avec des haillons lui servant de vêtements. Raiponce ne put s’empêcher de commenter qu’un « bon broshing lui ferait du bien » au vu de l’air miséreux qu’avait cette gamine…

Il y avait également d’autres silhouettes mais aucun des deux ne put les percevoir d’avantage car une voix sur-enthousiasmée vola leur attention.

« Que la danse commence ! »

Un homme, dont l’entretien qu’il donnait à ses cheveux pouvait sans autre rivaliser avec celui de Raiponce, se trouvait sur le bateau devant lequel ils étaient soudainement apparus. Il ne fallut qu’une nano-seconde à Randon pour faire le lien avec la « sirène » de proue… Et rapidement, la blague d’Edg lui revint en tête, alors que des lumières agressives de différentes teintes perturbèrent leur quiétude visuelle.

La fatigue, l’agression sonore, la perte de logique totale et Raiponce à ses côtés clapotant de ses mains, attendant impatiemment une valse qui ne viendrait jamais………

………..… rendirent la blague d’Edgar drôle.

Randon en rit. Raiponce en fut déboussolée.

« Bah quoi ? Je clapote pas bien des mains ? »
*KABOUM*

Alors qu’une seconde auparavant la jeune femme posait avec un regard interloqué une question au trentenaire, elle disparut de son champ de vision, emportée par un baril lancé super-soniquement.
Cela rendit la blague d’Edg encore plus drôle, ou pas… Quoi qu’il en fût, Randon en rit d’avantage.

Mais les rires s’estompèrent rapidement lorsque ses réflexes humains le firent esquiver de justesse une pointe de javelot qui allait s’abattre sur sa main.

Tou as ploutôt de réflexes honorrables, pour un homme. »

Devant lui, une femme à la coupe courte, cheveux foncés et habits de corsaire… armée d’un regard déterminé qui eut le mérite de redonner tout le sérieux du monde à Randon. A la va-vite, le chasseur observa sur sa droite et y prit un une dague qui traînait là pour on ne savait quelle raison. Mais lorsqu’il tourna le regard, la jeune femme fonça sur lui à une telle vitesse qu’il eut à peine le temps de prendre puis de relever la lame pour parer son coup de pointe qui aurait pu lui traverser la gorge dans un « schling » effrayant.

La combattante se retira, mania de mouvements habiles son arme puis relança l’assaut. L’aîné Gray se tenait prêt, dague quasiment à hauteur de ses yeux. Mais alors que la distance les séparant se faisait très proche, la pirate utilisa son javelot comme d’un tremplin pour passer au-dessus du chasseur, lui assénant au passage un coup sur la tête. Chose faite, elle le snobba totalement en continuant sa route sur la personne au manteau rouge.

Randon en resta bouche bée, tout en massant l’arrière de son crâne qui avait ramassé un sacré coup.

Raiponce quant à elle émergeait de son baril de vin qui avait explosé en rencontrant le mur avec la princesse. Cela lui donna un air de « Carrie » sortie du roman de Stephen King. Sans les cheveux. La pauvre…elle avait eu très mal, et était toute paniquée.

« Mais… comment je vais faire pour enlever ça de mes cheveux maintenant ? »

Randon fut presque tenté de répondre qu’elle n’avait pas de soucis à se faire pour ça, étant donné son état de calvitie accidentelle, mais se mordit la langue pour ne rien dire. Il tenait à sa survie…
Et justement, elle était en péril.

Une ombre projeta Randon dans l’obscurité. Lorsqu’il releva les yeux, une masse aussi imposante qu’Edg quasiment lui barrait la route.

« Hercule aimer les ennemis, car Hercule aimer CASSER des ennemis. »

Il ne fallut pas plus d’argumentation au noiraud pour passer à l’action, et ne pas attendre que les deux immenses poings que le colosse levait au ciel s’abattent sur sa tête. Aussi, il planta sa lame en plein dans le ventre (qui lui arrivait à hauteur de tête) du mastodonte.

Le chasseur fut tenté d’esquisser un sourire de victoire.
Mais lorsqu’il lâcha le couteau, le pensant enfoncé dans cette immense masse musculaire, il retomba au sol. Sa lame faisait désormais un angle droit, qui partait sur la droite.

« Hercule pas aimer casser ses couteaux ! HERCULE PAS CONTENT, PAS CONTENT ! »

Les poings étaient à nouveau menaçants. Sous la surprise, Randon était immobile. Son destin semblait……. Clos.

« Taratata ! »

Une main blanche, doucereuse, se posta devant le colosse, comme pour lui signifier de faire halte.

« On ne vous a pas appris les bonnes manières, Monsieur. N’est-ce pas ? Pour avoir des choses dans la vie, il ne suffit pas de hurler et de taper des poings ! »

Gentiment, mais sûrement, les bras du musclor s’abaissèrent, sous le regard plus que surpris du trentenaire qui voyait Raiponce lui sauver la mise… la demoiselle parlait fort, pour tenter de couvrir le bruit de disco ambiant. Et apparemment elle était écoutée…

« Pour que les gens vous apprécient il faut faire preuve de politesse, demander avec gentillesse les choses ! Et pas besoin de crier fort parce que vous êtes très en hauteur ! On vous entend très bien ici en bas ! »

Le dénommé Hercule semblait se froisser des neurones à tenter de comprendre les propos de l’ancienne blonde devant lui, mais faisait preuve d’une certaine écoute, voire d’une certaine patience…

« Je suppose qu’avec votre physique vous avez dû avoir l’étiquette « grognon » qui vous a collé toute votre vie. Ce n’est pas grave, ce n’est pas une fatalité, vous êtes moches, vous êtes grand, musclé, et avait une barbe… c’est pas une raison pour maugréer dedans !  Ouvrez-vous au monde ! Souriez, même si vos dents sont pourries ! faites ressortir votre douceu-»

Randon avait bien tenté de glisser quelques mots à Raiponce comme quoi il vaudrait mieux arrêter son speech, Hercule fronçant désormais des sourcils et s’agitant, mais il n’en eut pas le temps que le géant les balayait tous deux d’un immense coup de revers de main. Ce qui projeta, encore, Raiponce, qui atterrit sur Randon, et dont l’impact les fit poursuivre un bout de route en planant ensemble.

Lorsqu’ils atterrirent, après au moins un vol de deux minutes, leurs vertèbres semblèrent crier scandale de paralysie lombaire. Un craquement sonore retentit, mais il n’avait rien d’osseux… Puis Randon sentit quelque chose d’humide sous lui..
Il se releva aussitôt, quelque peu anxieux à l’idée d’avoir fait un jus de Raiponce, mais soupira de soulagement quand il constata que… rien de grave. Un baril d’eau. Qui n’avait pas supporté leur poids commun. Et qui avait de ce fait laver toute trace de rouge de la jeune demoiselle… qui se relevait péniblement, maugréant comme quoi elle avait mal. Mais ce n’était que des beuglements, et cela n’empêcha ni la frêle princesse, ni le preux chasseur de serrer les dents et de poursuivre leur marche. Leur marche à la recherche de…

De quoi ?

De la normalité. Sans doute.

Mais que nenni.

Le chasseur était déterminé à aller décapiter le blondinet sur le bateau, rien que pour avoir la paix niveau sonore (il le pensait contrôler l’ambiance disco de la plaine), cependant la main de Raiponce vint agripper la sienne et l’entraîna ailleurs.

Il y avait un projecteur, et au vu du bruit qui s’y trouvait au-delà, certainement d’autres combats auxquels Randon ne souhaitait pas vraiment participer. Mais la demoiselle en eut cure et le poussa devant elle, histoire que si c’était des méchants pirates au-delà du projecteur, il se fasse dégommer en premier, ce à quoi elle s’excusa par un « Quoi ? C’est le chevalier qui est censé être preux et courageux ! »

Ce fut ainsi que Aiko et PFAA aperçurent cette sombre silhouette, précédée d’une plus frêle, se démarquant de la lumière violette du projecteur.
Dès que le regard bleuté de Randon tomba sur ses personnes plutôt… extraordinaires, il y eut comme un moment de froid. Comme si on se demandait des deux côtés qui allait dégainer ou rompre la glace en premier.

Ce fut la jeune fille aux cheveux châtains clairs qui s’avança, apparemment assez neutre, lui demandant s’il faisait partie de l’équipage. Un hochement de tête à la négative fut considérée comme une réponse concise et suffisante pour le chasseur, se disant que moins il parlait à des personnages fous dans le monde des fous, mieux sa santé mentale se porterait.
Raiponce agit inversement, pour changer.

- Raiponce ! Ça faisait longtemps qu'on t'avait pas vue chez nous !
- Désolé mon père m'a récupérée et depuis il me laissait plus partir… Mais maintenant je suis dehors et je suis heureeeeuse !
- Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux au juste ?
- Hm ? De quoi tu parles ?

Randon avait écrasé le pied de la demoiselle par un réflexe de survie, mais ce n’aurait pas été nécessaire. Effectivement, à peine les deux amies réunies, un cinquième individu s’incrusta. Elle faisait effectivement partie de l’équipage, arborant une coupe de cheveux que Raiponce qualifia de « De dieu de dieu ».

La connaissance de Raiponce s’avança, comme dans une épreuve de défi face à cette ennemie qui avait tout des vilains dieux grecs. Puis, alors que Randon s’attendait à un speech virulent, des réponses cinglantes et un début de combat… il eut le droit à une discussion culinaire qui lui décrocha un fatigué facepalm à l’intervention de Raiponce, puis en bonus il assista à la pousse soudaine d’oreilles de chat et d’une queue à la jeune fille châtain clair.

Randon, à ce moment, fut évidemment la seule personne qui désigna d’un doigt perplexe la forme féline qui venait de disparaître dans une brume disco. Des points d’interrogation semblèrent flotter au-dessus de sa tête, mais une grimace d’incompréhension et d’abandon à la compréhension balaya rapidement ces points en suspens. Puis, sans prévenir qui que ce soit, il fit demi-tour, en marchant, tranquillement.

« I quit…. »

Mais, alors que cela semblait bien parti pour lui, deux masses vinrent saisir chacune de ses jambes.
Il n’eut pas besoin de baisser la tête pour savoir de qui il pouvait bien s’agir, et se contenta d’un profond soupir.

« Non non non non non non ! Faites quelque chose chasseur de crotte là ! »

« Randydou, vous êtes mon preux chevalier. Vous avez L’OBLIGATION de rester…. Enfin … euh de me pro... pro….. veiller sur mes fesses quoi !… »

Le mot « protéger » pour quelqu’un avec un tel orgueil malgré un manque d’audace flagrant sembla dur à prononcer. Peu lui importait. Même les yeux reluisants de l’autre gamine à l’air malheureux ne sut que lui procurer un haussement d’épaules.

Amenez-les moi…

Cette phrase en revanche, sut le faire réagir. Sans attente supplémentaire, le chasseur courut, gamines accrochées à ses pieds ou non, et tenta de se défaire de l’emprise des serpents qui allaient se fondre sur sa personne.
Malheureusement, les deux poids morts le ralentirent considérablement, et il ne fallut que quelques secondes à la femme rousse pour les engloutir sous ses immenses serpents, qui bloquèrent de ce fait les voies respiratoires de leurs proies.[/justify]

♦♦

Il faisait noir. Entièrement noir. Le silence était assourdissant, comme s’il venait d’entrer dans une autre dimension, une où la vie n’avait jamais perturbé la quiétude de l’univers. Il se sentait… presque bien. Fini les tympans qui bourdonnaient en réaction au vacarme, ou les yeux qui combattaient la crise d’épilepsie, tandis que les cordes vocales s’activaient pour tenter de se faire comprendre.

C’était… calme. Serein…

Du moins jusqu’à une voix, d’abord simple songe, devint murmure… puis chuchotement… et enfin… parole.

- Ça va être une lutte à mort, GoldFairy. Le dernier debout aura vaincu. Tu es prêt ?

Il ouvrit soudainement les yeux.
Pour une raison ou une autre, à quelques mètres devant lui se trouvait un gros barbu bleu-t-onnant, qui arborait la mine la plus sérieuse au monde. Plus proche de lui, mais de dos, se trouvait la sirène, ou plutôt, le modèle de sirène…
l’instigateur de tout ce foutoir, ce qui sut faire grincer des dents Randon.

Cela évoqua également le mécontentement de la fille féline qui hurla ne jamais danser pour ce gros…. On ne saura jamais quoi, mais ce n’avait pas l’air élégant.
Et, entre une femme à moitié chat qui fumait de rage, une petite fille à l’air morose silencieuse comme une carpe qui ne semblait pas réagir du tout, une Raiponce tremblotant de peur et commençant à monologuer sur son héritage tout en s’arrachant quelques cheveux lui restant, un blondinet se croyant le centre de l’univers, un obèse à barbe-bleu qui le défiait à la chanson…

Ce qui choqua réellement le chasseur, c’était les figures bleuâtres, grisâtres, verdâtres, et apparemment mortes qui leur servaient d’adversaire, en face d’eux et qui suscitèrent même une certaine curiosité.

« Zombies are real ? »

Question jamais répondue car noyée d’un « GOUAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH » sorti des entrailles des deux adversaires.
Puis… tout s’enchaîna vite.

Primo, Randon se rendit compte qu’il n’était pas libre d’aller où il voulait car dessous lui se trouvait des pierres paraissant frêles, et dessous ces pierres un gouffre certainement trop profond pour avoir envie d’essayer de l’atteindre.
Puis, il releva les yeux. Et là….

Ce fut comme si sa boîte crânienne s’était ouverte, avec son cerveau qui prenait sa valise, sa femme la Conscience, et son toutou Hypothalamus pour partir dans un monde où il trouverait du boulot. Car là…

Toute activité neuronale cessa.

Et, alors que les mouvements de anches, les larmes des morts-vivants, les cris des fans et la voix grave de Barbe-bleu résonnaient, le rythme se désaccéléra et rapidement, c’était déjà la fin de la chanson. L’activité neuronale ne reprit pas pour autant…

Effectivement, en enchaînant de suite, c’était au tour du blondinet de faire sa chorégraphie. Et le chasseur réalisa qu’eux quatre, une blonde avec 40 % de sa masse capillaire en moins, une fillette en état permanent de post-traumatisme et une semi-chatte furieuse, et lui, étaient ses chorégraphes.

« Oh, crap »

Les mots étaient sortis spontanément alors que la musique reprenait, avec plus de force que celle de la musique précédente, comme pour la couvrir et renchérir le duel.

Randon n’eut que le temps d’entrapercevoir d’autres personnes en bas, peu décidées à leur prêter main forte, certaines clappant même des mains au rythme de la musique.

Et devant Raiponce, PFAA, Aiko et lui le sol se fragmentait, disparaissant là, réapparaissant ailleurs, forçant les protagonistes à sautiller sur place, en haut, en bas, à droite ou à gauche avec rapidité et dextérité sous les paroles enjouées du chanteur.

« Ohw que c’est bon ! WOUHOU »

La voix féminine et aiguë de la princesse aurait pu décrocher un autre facepalm à son preux chevalier si ce dernier n’était pas en train de lutter pour sa survie face à des mouvements de chorégraphie qu’il ne comprenait pas et n’arrivait qu’à assimiler en se disant que s’il tombait ; il mourrait.

La dénommée Aiko elle semblait avoir les poils hérissés en permanence, et les veines temporales tambouriner constamment. La petite fille aux allumettes elle… exécutait les mouvements comme un enfant sage ferait ses devoirs. Sans plus d’enthousiasme, sans nonchalance non plus.

Randon était le plus désynchronisé des trois, et particulièrement ridicule à côté d’une Raiponce qui s’en donnait à cœur joie et maîtrisait le coup.
Et ça, ça l’interpella beaucoup.

La jeune fille avait beau être très émotionnelle, elle tremblait de peur quelques minutes auparavant. Pourquoi prendrait-elle son pied tout à coup ? Une vague pensée telle que « C’est déjà assez compliqué comme ça, va pas chercher à expliquer le comportement chez une fille, quand tout s’explique par «  les Anglais qui débarquent » s’immisça dans sa tête…

Et, de cette pensée, vint la réflexion que… si la moitié des gens présents semblaient soit suivre le mouvement tels des morts-vivants sans pensée, soit danser avec frénésie… et pas lui, c’était que peut-être il était le seul dans cette foutue assemblée qui comprenait les paroles débiles du frappadingue devant lui ? Ou qui s’efforçait de le faire… Les autres ayant abandonné. Mais, étant purement anglais de souche, Randon avait l’impression d’entendre la Reine Victoria se faire violer par Bonaparte tant la prononciation et le sens des phrases étaient lamentables.

Aussi, alors qu’il sautillait toujours n’importe comment, et écouter les absurdités du dénommé « Orphée » il se sentit devenir fou… tant de fautes… tant de……… mots sans suite logique, sans réel sens… comment les gens pouvaient-ils danser là-dessus ?? Ils étaient donc si sourds ? Ou insouciants qu’une phrase pour être valable doit vouloir dire quelque chose ? Ajouter à cela la fatigue autant mentale, psychique, que musculaire et les humiliations successives enchaînées depuis le hochet de troll…

Cours-circuit…
Down in the dark… I heaaaar the feather of the destiny !
Down in the dark… I'm touchiiiing your - *
VLAM

*
pam
*

Une botte, oui, une botte, s’était écrasée contre l’arrière de la tête du chanteur qui en fut tellement interloqué qu’il en interrompit momentanément sa chanson, ce qui sembla redonner un cerveau à Raiponce (ou quelque chose de comparable à un cerveau. N’oublions pas que nous parlons ici d’une blonde ET d’une princesse) car elle stoppa tout mouvement, comme ses deux autres collègues, et parut perplexe. Tous regardèrent le blondinet… Tous, même Jason qui avait une main portée à son cœur et l’autre vers sa bouche, manifestement choqué…
Un silence se fit.

« Une interruption… si brutale… destinée … à moi ? Le GRAAAND *PAM* »

Deuxième, et dernière botte, qui l’atteignit cette fois en pleine face alors que Goldfairy allait se retourner pour confronter son agresseur.

« Lubric activity, lubric activity… IT ISN’T EVEN A FREAKING WORD DUMBASS ! »

Les cordes vocales de Randon étaient désormais visibles sur son cou, et son visage d’habitude si pâle avait viré au rouge…. Trop... c’était trop. On lui avait fait jouer au hochet avec un bébé troll, enfiler des vêtements pas adapté à sa morphologie son genre, fait chevaucher un dragon rappeur un peu débile, forcer à jouer à flambe-moutons, forcer à réciter un exorcisme laineux, fait rencontrer un xénomorphe bègue et père d’une enquiquineuse intersidérale, risquer sa vie pour une sorte de canard en bouée…

Et maintenant on le faisait danser sur un anglais massacré ?

Trop, c’était trop. Randon était froid, patient, calculateur et maître de lui-même. Mais pas dans cet univers…
En plus, pieds-nus, il était à court de choses à jeter. Aussi, il laissa échapper sa folie furieuse et profita que le système du sol en dance floor soit momentanément interrompu pour rejoindre Goldfairy et le saisir par la gorge.
Mais on l’en empêcha.

Un frêle corps, puant, en plus, lui atterrit dessus avant que sa main n’atteigne Orphée. C’était Jason. Qui défendait son idole.

« T’as paaaaaaaaaaaaaaaaas le droiiiiiiiiiiiiiitt ! Il mériiiite pas çaaaaa ! »

Randon aurait pu vouloir se défendre mais il laissait les mains guillerettes du garçon s’agiter dans tous les sens et le fouetter sans violence pendant un petit moment.

Au loin, tous entendirent Barbe-Bleu rirent narquoisement et profondément.

« On dirait que le pari est perdu Goldfairy! Tes danseurs préfèrent te lancer leur chaussure que de te suivre ! C’est navrant de pitié. »

Un dialogue s’ensuivit, entre les deux fous du déhanchés, l’un défendant son honneur tout en se pouponnant un nez rougi par la douleur, tandis que l’autre se moquait ouvertement. Randon n’écoutait plus, son cerveau n’avait désormais qu’un objectif : planter son pouce dans le larynx de cette andouillette et ne plus avoir affaire avec lui.

Aussi, éjectant Jason d’un coup de pied ventral, le chasseur se releva. Il se dépoussiéra, et profita que Goldfairy fut distrait par son rival de toujours pour s’avancer en sa direction. Jason, pendant ce temps, s’était relevé et semblait reparti pour un assaut.

Et, alors qu’une musique d’ambiance mythique résonnait, tel le héros allant transpercer de son épée le cœur du méchant, faisant pleurer d’émotion Raiponce au passage, le héros, ici Randon…..…

….fut poussé par derrière par un Jason qui, aussitôt après avoir utilisé toute sa force maigrelette pour ce méfait, se retira aussi vite qu’il était venu. La poussée n’était pas forte. Mais suffisante pour mettre en déséquilibre Randon et le faire basculer dans le gouffre que leur danse avait formé…

La seule chose qu’il entendit, alors que sa chute était imminente, fut le « HéHéhéhéhéhéhééééééy » d’un Jason fier d’être un lâche purulent.

*vlam, boum, bim, bam*

Ce fut l’espèce de bruit que le chasseur fit quand il tomba, tomba, toujours plus bas, se cognant contre des parois vertigineuses et irrégulières…

Jusqu’à ce que …

*PAM*

Ses os lui faisaient mal, ses articulations étaient en feu.

Il avait atterri sur une plateforme un peu irrégulière et était sonné… il… se voyait à la fin. Il était tombé dans un précipice, heureusement la chute ne l’avait pas tué… sur le coup. Il souffrait, était étalé de tout son long par terre et n’avait aucun plan de comment diantre remonter tout ce qu’il avait descendu en quelques secondes…

Il tapa du poing, frustré. En hauteur il pouvait entendre les dialogues se poursuivre, et pendant un moment il eut peur de n’avoir que ça comme compagnie orale au moment de sa mort.

Mais… au-dessus de lui, se dessina une forme rendue floue par le manque de lumière. L’aura que dégageait cette forme avait quelque chose de tellement familier qu’il fut presque tenté de croire qu’il faisait une commotion et hallucinait de voir sa mère.

Cependant, ses yeux s’habituèrent à cette obscurité, et rapidement, la forme cessa d’être floue.
… Ces cheveux…

Ces yeux d’or…

C’était…

Il ne fallut qu’une nanoseconde au chasseur pour se relever, malgré la douleur.
Et, là…
Durant l’espace d’un court instant, les rancœurs, la jalousie, la haine, et même la peur… furent oubliées

« Lily »

Son corps vint à la rencontre du sien et il la serra fortement dans ses bras tellement rapidement que la fille Gray ne s’y était probablement pas attendu et n’avait pu réagir.

Lorsqu’il la sentit contre elle, l’irréalité dans laquelle il lui semblait vivre arrêta d’être désagréable et lui parut… douce. Où qu’il fût, et bien que la logique de ce monde se soit fait la malle et que les protagonistes les plus bizarres les uns que les autres composaient son entourage actuel, Randon acceptait cette situation pour un instant… Car oui, pour un instant, il pouvait surnommer sa petite sœur comme durant leur enfance, et la prendre dans ses bras… sans que son cœur soit étreint de mauvais sentiments ou de jalousie irrépressible… Comme si dans cet univers, une partie de ce qu’il était avait été mis aux oubliettes… le temps de permettre à ce câlin fraternel d’exister.



Il ne voulait se défaire de cette étreinte, mais rapidement, il comprit que cela pouvait devenir gênant… Surtout qu’une agitation certaine se faisait entendre à l’étage supérieur.

Sur cette pensée, l’aîné relâcha sa cadette et l’observa dans le blanc des yeux, légèrement désorienté… comme s’il cherchait une excuse qui expliquerait son geste. Mais il n’en trouva point… aussi… il se contenta de dire…

« Je suis content de connaître bien au moins une folle dans ce monde de fous…. Que fais-tu là ?… »


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Lydia Gray
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Sam 6 Sep - 18:14

— Et la dernière épreuve, si vous l'acceptez – ou que vous ne l'acceptez pas, hihihi – sera d'affronter le concepteur de la bande-son  des épreuves précédentes !

La... Bande-son ?
Lydia étant Lydia, elle s'imagina une bande... Une bande, quoi. Un rouleau. Un rouleau qui fait de la musique. En conséquence de quoi, évidemment, la jeune femme se mit à chercher l'objet en question, sous l'étonnement global. C'est impressionnant comme elle était capable d'occulter toute une salle de personnes qui attendaient de voir sa réaction, tout en discutant, tout excités, des superbes œuvres du concepteur, œuvres qu'elle n'avait pas entendu et dont elle se fichait totalement.

Vous... êtes prête ? Demanda Vanelloppe, sur le point d'appuyer sur un levier.

— Attendez ! S'écria une grosse voix qui attira l'attention de Lydia, qui, pensive, un doigt sur les lèvres, se tourna vers lui et...

— Oh, Ganondorf. Où est la bande-son dont elle parle ?

Le géant, qui était arrivé à côté d'elle en écartant les bras et en menaçant de transformer en porcs à crête tous ceux qui oseraient le perturber avant qu'il n'ait fini, s'accroupit à côté d'elle et lui tendit son épée :

— Tu en auras besoin si tu dois vaincre le concepteur son. N'oublie pas de la poser après la bataille, je viendrai la récupérer.

Une blonde dans l'assistance que Lydia reconnut comme la princesse Zelda s'étonna :

— Tu es bien gentil, d'un coup...

— Eh ! Fit-il en se relevant. Tu sais bien qu'en dehors du boulot, je suis un vrai ours en guimauve.

Un cochon, non ? Remarqua Lydia. Bon, en tout cas, merci !

Elle se mit à danser sur place, en faisant la valse avec sa nouvelle compagne, l'épée, au détriment total du reste de la salle qui n'attendait sûrement plus de la voir affronter ce qui avait été prévu pour elle...


… Ce qui ne tarda pas d'ailleurs. Le sol s'ouvrit sous ses pieds et Yoshi bleu fonça en criant « mamaaaan » pour l'aider, chevauché par le Professeur Layton qui était en train de dire quelque chose comme « ce jeu est cruel, il faut arrêter ça ». En un plongeon superbe qui méritait 10/10, le duo dinosaure/professeur parvint à attraper la main de Lydia et la hisser sur le dos du dinosaure, mais alors qu'ils s'apprêtaient à remonter, ils s'aperçurent que la trappe avait été fermée et que la seule voie qui leur restait était celle que Lydia était initialement supposée prendre.

— Vous allez bien ? S'inquiéta Layton quand la mage posa les pieds sur les bords de la selle qui poussait naturellement sur le dos de Yoshi quand il grandissait.

Et, évidemment, Lydia le snobba complètement pour parler à l'épée.

— C'est vrai ? C'est vous qui avez demandé à me rejoindre pour me tirer de ce mauvais pas ? Oh quelle bonté ! Je vous suis éternellement reconnaissante !

— … C'est maman, faut pas chercher à comprendre, indiqua Yoshi.

— Je... Crois que je commence à mieux saisir la personnalité de votre « maman », nota Layton, une grosse goutte de sueur sur les tempes. Allons y.

Et à l'instant même où il prononça ces mots, une cabine de téléphone bleu apparut de nulle part dans le puits noir dans lequel ils étaient, la porte s'ouvrit, une tête de jeune homme châtain avec des lunettes rectangulaires en sortit et s'écria :

— C'est MA réplique !

Sur ce, la porte se referma et la boîte bleue disparut à nouveau dans un ramdam que Layton aurait décrit comme « une pompe abîmée ». Le problème étant que, brusquement, il se rendit compte que Lydia n'était plus là. Et Yoshi non plus.


Un « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH » sonore de quelqu'un qui chutait aurait dû les guider vers la bonne solution.


Quelques dizaines de mètres plus bas, Lydia manqua de s'écraser comme un gros caca dans une nouvelle salle, si ce n'était pour Yoshi qui la rattrapa in extremis avec une descente en piqué digne des plus grands rapaces. Layton lui tendit la main pour l'aider à se lever, ce qu'elle ignora et bondit sur ses pieds, en boudant.

— Je voulais faire un câlin à la boite bleue...

— On en parlera plus tard, si vous le voulez bien, nota Layton. Pour le moment, nous avons d'autres problèmes...

Et en effet, en parlant de problèmes, un gros souci se présenta très vite. Un bateau se présenta, avec dessus ce que Lydia aurait qualifié de bande d'hurluberlus frappadingues, et ce, en parlant des vêtements seulement des individus, ce qui peut vous laisser imaginer la santé mentale de ces derniers. Un type qui maltraitait son micro et transpirait littéralement l'arrogance se présenta en se la pétant vachement trop, un type que Lydia ne connaissait pas et ne voulait d'ailleurs point connaître. Elle n'aimait déjà pas beaucoup ses semblables qui parlaient trop dans une voix insupportable, mais lui, c'était encore pire.
Lydia étant Lydia, elle ne comprit pas grand chose, mais retint qu'il y avait plein d'autres personnes dans la pièce, qui avaient l'air plus intéressants que la compagnie sur le bateau.

— Je vais chercher un chemin pour sortir, déclara Yoshi en déployant des mini-ailes dont on se demandait encore comment elles pouvaient soutenir son poids et à plus forte raison celui de deux personnes.

Layton acquiesça.

— Et moi, je vais protéger notre amie.

— Ouais, ouais, c'est ça, fit machinalement Lydia en faisant un bisou à la garde de l'épée.



Et comme d'habitude, en moins de temps qu'il n'en faut pour comprendre cette histoire de chat de Shrödinger, Lydia reçut un chaperon rouge dans la figure. Non, non, pas le vêtement : une fille habillée en chaperon rouge. Accompagnée d'un vampire qui pleurait dans un coin. Complètement absorbée par le chaperon qui était en train de raconter des contes de fée, Lydia laissa le reste du monde s'énerver tout seul et se battre. Elle entendit vaguement le professeur Layton déclarer fièrement que, dans ce cas de figure, ils étaient les gentils...
… Et l'épée de Ganondorf, à qui Lydia était en train de répéter les contes – et qui semblait, selon elle, jalouse, se dressa toute seule, interceptant la lance d'une sauvageonne avec un accent russe à couper au couteau. La dame s'écria quelque chose que Lydia comprit vaguement comme un compliment sur ses capacités de combattantes, et, complètement paumée, la mage répondit, l'épée se décala d'elle-même sur un autre côté et parant un autre coup :

— Mais je n'y suis pour rien, moi... Ce n'est pas très gentil de minimiser les compétences de monsieur l'épée...

— Mademoiselle Gray ! S'écria le professeur Layton en courant vers elle. Prêtez-moi l'épée !

Lydia regarda le professeur un peu endormie, et tandis que Rouge, avec une maestria digne d'une ninja, reprenait l'attention en bondissant comme une folle et reprenant le combat contre Atalante, l'anglaise resserra les mains sur la poignée de l'épée dont elle posa le plat sur sa joue, pensive.

— Han, je suis désolée, mais...

— S'il-vous-plaît ! Insista Layton.

Un nouveau cri de Diane retentit, et un javelot fonça droit sur eux. Layton s'apprêta à faire quelque chose – tellement badass – mais l'épée agit avant lui et projeta des étincelles violettes, la claymore tranchant le javelot en deux parts et le réduisant en cendres, mettant le feu aux restants du javelots. Atalante ouvrit toute grande la bouche et...


… Et un équipage adverse de Goldfairy apparut : Barbe-Bleue.


L'attention de tout le monde fut attirée vers le nouvel arrivant... A l'instant où les groupies de Barbe-bleue sortirent et qu'il se mit à chanter, Layton fit remarquer, pour distraire Lydia pendant qu'il lui volait l'épée, que Lara s'y trouvait. Lydia acquiesça, et la tentative échoua, l'anglaise se fichant totalement de ce que leur ancienne compagne qu'elle n'aimait pas soit revenue à la vie – juste un peu plus moisie que d'habitude. Atalante se métamorphosa en groupie et en résolut de se battre entièrement aux poings et aux pieds tout en dansant contre Rouge qui avait apparemment fait de même. Pour leur défense, la musique de Barbe-Bleue était bien catchy, et même Lydia se surprit à faire un petit pas de danse. Le tout en souriant à l'épée, rougissante.

— Oh, je crois bien que je n'ai que rarement dansé auparavant ! C'est tout nouveau pour moi et...

— MAMAAAAAANNNN, rugit de quelque part la voix de Yoshi bleu.

Un coup d'oeil au mât du bâteau de Goldfairy lui apprit que les jumeaux étaient en train de faire très mal à Yoshi en lui jetant des bombes dessus. Absolument furieuse, Lydia attrapa la main de Layton et cria :

— Venez ! On va leur montrer de quel bois on se chauffe ! Et tenez !

Tout en se mettant à courir, elle lui tendit la poignée de l'épée de Ganondorf, sans poser plus de questions, remerciant simplement tout bas cette dernière de bien vouloir aider l'épeiste.


Cependant... Goldfairy se mit à chanter, et Layton et Lydia, au moment de faire l'échange, s'arrêtèrent net... Et eurent la même réaction que le frère Gray.

— … What ?

Mais alors que le professeur chassa cela pour un aspect « artistique » - après tout, selon lui, tant que c'était catchy, et que les paroles n'étaient pas trop offensantes, on pouvait très bien écrire une chanson sur les bruits d'animaux et ça pourrait faire un carton – prouvant que oui, c'était quelqu'un de très gentil, Lydia, elle, ne fut pas aussi sympathique.
Oooh... Pour des raisons différentes.

— J'entends d'ici son micro souffrir ! Portez secours à mon bébé, je vais aller lui couper le sifflet, moi !

Layton acquiesça et lui demanda de ne pas prendre de risques inutiles, en parlant tout à fait dans le vide. Lydia lui donna la poignée de l'épée et regarda le bateau en se demandant bien comment elle allait grimper, jugeant utile de dire à haute voix son trouble....
… Puis une main rude lui attrapa le poignet et la tourna vers un tas de planches de bois, de la corde .

— Catapulte.

Lydia, intriguée, leva le nez, et aperçut que Layton avait encore changé de forme, et qu'il était toujours avec un chapeau, cette fois, mais.... Et bien, un peu plus âgé. Et aussi un tantinet plus blanc. Il s'était transformé en gentleman avec une moustache et collier de barbe blancs, et aussi des lunettes rondes épaisses dans lesquelles les spots de lumière dirigés vers les scènes se reflétaient.
Lydia tomba amoureuse à nouveau... Des lunettes et du chapeau cette fois et s'exclama :

— Dommage que la polyandrie ne soit pas autorisée en angleterre...

— Vous êtes mage, non ? Fabriquez une catapulte !

— Une catapulte ?!

— Et bien ! Pour rejoindre les objectifs plus vite, que diable !

— … Vous voulez leur tirer dessus ?! S'écria Lydia. Mais on va les tuer !

— Vous n'avez jamais entendu parler de boulets humains ?

Lydia resta bouche bée, écouta les lunettes qui étaient de loin l'objet le plus intelligent qu'elle ai jamais rencontré lui expliquer le plan. Mais le résultat des courses : elle sautilla sur place et s'exclama :

— Ça a l'air drôle ! Allons-y !



Quelques minutes plus tard, la chanson continuant mais les deux semblant apparemment complètement ignorer la mélodie – en même temps, le bois grinçait avec un tel boucan que c'était difficile de l'entendre – une catapulte se dressa devant eux, avec de quoi faire deux projectiles. Le nouvel anglais voulut passer en premier et se dirigea avec succès pour aller, je cite, attraper un dragon qui serait fort utile pour canarder ces saletés de monstres. Lydia libéra, et le gaillard fit un grand bond jusqu'à la destination, en s'écriant « POUR GILNEAS !!! » et prit au passage un placard. Lydia pria pour que ses lunettes ne soient pas cassées, mais entendit bientôt quelqu'un rugir et supposa à juste raison qu'il devait se battre avec l'épée à présent.
On sait rarement les conséquences de nos choix, et elle ignorait qu'elle venait de confier l'épée de Ganondorf à un well-intentioned extremist qui ferait sûrement un gros bazar dans le monde des jeux vidéos pourvu qu'il survive.
Lydia avait de toute façon autre chose en tête, et se dirigea, elle, vers l'endroit où se trouvait Goldfairy. Seulement voilà, elle, elle visait beaucoup plus mal et n'atterrit pas exactement sur le bateau, mais en contrebas, sur une plateforme.


Alors qu'elle se massait le crâne et essayait de comprendre, une voix retentit – qu'elle n'aurait jamais cru entendre dire cela. Quelqu'un l'appelait « Lily », et ce quelqu'un c'était...

—... Randon ?! Fit-elle abasourdie. Ils t'ont eu, toi aussi ?

Mais elle n'eut pas le temps de demander grand chose parce que son grand frère, quand elle l'aperçut, se leva pour lui faire un câlin. Les mots ne suffisent pas à décrire ce qu'elle ressentit, mais elle rendit l'étreinte en serrant aussi fort que possible, comme s'il était un doudou, et inonda ses joues de larmes.
Tout ne pouvant pas durer, et comme il y avait du ramdam à côté, Randon lâcha sa sœur et la considéra, un peu gêné, apparemment.

— Je suis content de connaître bien au moins une folle dans ce monde de fous…. Que fais-tu là ?…

— Et bien, la même chose que toi, fit-elle en haussant les épaules. On m'a coincée ici, et j'essaie de sortir... Je crois que pour y arriver, il faut vaincre ce Goldfairy. Mais j'aimerais bien aussi porter secours à mon bébé.

Et sur ce, ne comprenant absolument pas que ça pouvait faire paniquer Randon, elle pointa le bateau, puis les restes de la catapulte en bas. Et enfin, le bateau.

— Je pense qu'on doit pouvoir l'escalader... On essaie ?

Puis... Une idée folle lui vint, et elle lui tendit la main en rosissant. Et, comme si de rien n'était, elle précipita des rochers sur les parois du bateau afin de créer des aspérités en pouvoir y grimper.


La montée fut dure, surtout à cause de l'adolescent qui pleurait, ne voulant pas qu'ils montent, qui leur jetait des mouchoirs usés et salis de morve (il ne trouvait apparemment pas d'autres projectiles). Lydia s'écria même :

— Comment oses-tu jeter ainsi tes compagnons ? Ils ont essuyé tes pleurs pour toi ! Tu vas prendre une de ces fessées, et tu vas voir, mon grand frère il y va pas de main morte !

Oui, puisque apparemment jeter ses mouchoirs pour Lydia c'est comme trahir ses amis. Passons. La montée fut dure pour une autre raison, et non moins ridicule : Apparemment, Goldfairy et Barbe-Bleue venaient de se lancer, en face à face, dans un combat de clash toujours en gardant leur mélange de musiques si particulière, la plateforme où Barbe-Bleue se trouvait venant de se rapprocher du navire et celui-ci de se décaler, grâce au pouvoir de la MUSIQUE. Oui, oui, c'est bien ce qu'ils ont trouvé pour justifier ce déplacement impossible.
Evidemment, le déplacement de telles masses était un peu perturbant pour ceux qui s'y trouvaient, et le mât, brisé, tomba net. Lever le nez en l'air permit d'apercevoir l'ancien Layton, monté sur le Yoshi bleu, qui salua Lydia de façon militaire et reprit son chemin en direction du champ de bataille, haut dans le ciel, pour y délivrer des bombes piquées aux jumeaux. Ceux-ci n'étaient pas exactement défaits et essayaient de lui tirer dessus avec une arbalète géante.
Au moins, ils ne voyaient pas Lydia et Randon.
Le bastingage ne fut pas trop compliqué à escalader, mais ils tombèrent pile sur Dolores qui dansait dans un coin comme une folle. Lydia l'appela plusieurs fois...
… Mais apparemment, sa petite voix était trop faible. Goldfairy et Barbe-Bleue criaient comme des putois, et maintenant, Lydia n'entendait absolument plus rien d'autres. Ses oreilles bourdonnaient. Mais ce fut une bonne chose, parce que l'illumination lui vint.
Elle contempla le micro...
Et posa la main sur l'épaule de Randon.

— Bouche-toi les oreilles, grand frère !

Et sans attendre, elle plissa les yeux et s'attaqua au micro de Goldfairy.


Un larsens épouvantable retentit, et tout le monde put entendre la musique de Goldfairy s'arrêter. Barbe-Bleue éclata de rire et s’autoproclama vainqueur du clash...
… Et Randon attrapa le bras de Lydia, puis celui de Dolores, et sauta avec les deux femmes dans le vide jusque dans de la flotte en contrebas. Juste à temps, parce que tout le monde se tournait vers eux, furieux que la musique se soit arrêtée.  Un cri retentit, et Adam les suivit.
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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Dim 7 Sep - 20:41

Dominik devait avouer qu'il s'en était étonnement bien sorti, tout de même. Ce n'était pas tous les jours qu'on affrontait un monstre sorti d'un bouquin à la bouche tentaculaire et des extraterrestres. Toutefois, ce qu'il n'arrivait toujours pas à croire dans tout ça, c'était qu'il marchait présentement côte à côte avec Sylwia. Ils marchaient dans le long couloir sombre à nouveau, ne sachant trop où cela menait (probablement nulle part) et aucun d'entre eux, pas même Dracula, ne disait mot. Comme si, après tout ce qui était arrivé, parler était devenu un effort surhumain. Ils étaient tous plongés dans leurs pensées les plus profondes quand l'accent transylvain du vampire s'éleva.

« Ça suffit! Sortons de ce couloir de malheur! Suivez-moi! »

Muni d'une mimique plus ou moins rassurante, Dracula souleva sa longue cape des ténèbres et, sans même qu'ils n'aient pu réagir, enveloppa Sylwia et Dominik dans une gestuelle théâtrale. Un tour sur lui même et « pouf! », ils s'étaient envolés. Ils atterrirent – ce fut un atterrissage un peu brutal – sur une grande plaine déjà bondée de monde. Sans prendre la peine de prendre connaissance de leur nouvelle situation, Dracula s'excitait déjà.

« Acclamez la grande puissance du comte Dracuuuula! »

« Je ne savais pas qu'il faisait de la magie... »

« Sylwia! Ne l'encourage pas, je t'en pris. »

« Pardon, pardon. Heu... c'est quoi tout ça? Il nous a débarqué au pays imaginaire? »

Dominik parcouru les alentours du regard. Il ne pouvait pas se cacher que la situation n'avait pas tout à fait l'air normale – encore. Un énorme bateau était planté devant eux, un homme à la chevelure blonde volant au vent se tenant à l'avant, comme s'il eut été la reine d'Angleterre. Partout sur la plaine, des gens arrivaient de partout, exténués, comme si une guerre venait de s'achever et qu'ils étaient les seuls survivants. Des battants qui rappelaient un peu trop des visages connus au pianiste... Il en reconnaissait plusieurs, la plupart étant des employés du cabaret, voire même des clients. Et il avisait également le Big Boss de l'établissement qui semblait en grande conversation, presque inaudible, avec l'homme en mode pose Capitaine Morgan. Tout ce qui parvint aux oreilles du trio furent les paroles inquiétantes lancées par le blondinet.

« Que la danse commence! »

L'anglais déglutit. Il n'avait jamais été le plus doué pour la danse, peut importait laquelle. Sylwia s'agrippa alors à son bras, probablement inquiète par les piètres techniques de danse du revenant. La honte allait encore une fois s'abattre sur eux, il le sentait.

« Que voulait-il dire par c'est le prix à payer pour ne pas avoir su apprécier le talent inné et le génie unique de... »

« Goooooold Faiiiiiiry! »

Le couple lança un regard noir au vampire.

« Hé, oh. Je ne voulais qu'aider. »

Dominik réfléchit. Cela voulait dire que ce Gold Fairy était l'auteur de tout ce scénario. Pourtant, le pianiste n'avait aucune idée de qui il s'agissait ni de quoi. Il n'était même pas aux faits des productions de cet homme, comment pouvait-il en avoir reconnu le talent? Une bande de gens aux allures peu rassurantes s'éparpillèrent alors parmi la foule, ce qui mit un terme aux questionnements du revenant. Des combats s'enchaînèrent, créant la confusion dans le trio. C'était officiel, ce n'était pas terminé. Le niveau augmentait. C'était... le boss final.

Sans préavis, les trois compagnons se firent surprendre par un assaut d’œufs arrivant d'on ne sait trop où. Sylwia fit un bond de côté, percutant brutalement Dominik, pour éviter d'en recevoir un en pleine tête. L'oeuf s'écrasa au sol, mais au lieu d'éclater et d'y déverser son contenu, il explosa. Une forte fumée s'en dégageait, de même que pour tous les autres œufs qui s'écrasaient partout autour et sur les chaussures du pianiste.

« Waaah! Bien visé Pollux. C'est une belle limace que v'la là! »

« Bah, c'est rien, avec ce qu'on leur prépare! »

Les deux jumeaux armés, qui se tenaient devant les trois compagnons, échangèrent un regard complice. Dominik crut bon de s'éloigner discrètement avant que la prochaine attaque ne se fasse sentir. Il détalla tel le lapin, suivit de très près par Sylwia et Dracula. L'anglais entendait les œufs éclater derrière eux à une vitesse hallucinante. Il se demanda si leurs deux adversaires n'avait pas la capacité de se dédoubler en plus, rendant l'assaut plus redoutable. Il n'avait toutefois pas le courage de se retourner, sachant que cela ralentirait invariablement sa coures et qu'il risquait de perdre pied sur un objet non identifié.

« Il faut trouver un endroit ou se planquer! », s'écria Sylwia, rattrapant Dominik qui songeait avant tout à sauver sa propre peau.

« Oui, mais où? Nous sommes sur une %?*- Attention, les propos qui suivent ont étés jugés inappropriés et pourraient choquer certains spectateurs, pour des raisons évidentes, nous avons pris le soin de bien les censurés-TAIN de plaine! PLAIIINE! »

« Gardez votre sang-froid mon cher, il est toujours meilleur ainsi »

« Drac! Ta cape. »

« Ma... »

« TA CAPE. »

« Je suis navré, mais il ne s'agit pas d'une cape d'invisibilité! »

Un œuf s'écrasa tout juste devant le vampire, stoppant leur course à tous les trois. Pollux et Castor étaient à nouveau devant eux, brandissant leurs armes avec fierté, un sourire très peu rassurant collé aux lèvres.

« On a fait un rond? », s'enquit, surtout pour lui même, le fantôme, une expression ébahie sur le visage.

« Mince, ils sont rapides... »

« On a plus d'un tour dans notre sac, amateurs. Pas vrai, Castor? »

Ce dernier plongea la main dans un énorme sac sorti de nulle part, tâtant les objets à l'intérieur un instant. Puis il acquiesça, clin d’œil à l'appui. Dominik ayant comme philosophie de vie que les clins d’œils ne voulaient jamais rien dire de bon, il préféra renoncer à les affronter. Il tourna les talons, mais n'eut pas la chance d'aller bien loin. Leur chemin était bloqué par une troupe de danseurs peu ordinaire, dirigée par Michael Jackson, qui se faisaient aller d'un côté puis de l'autre en mode « Je suis un dinosaure » et en chantant des « Thrilleeeeer ». (Preuve à l'appui)Quoi que pas vraiment plus saine d'esprit, cette musique offrait au moins un soulagement aux tympans des aventuriers de la musique de Gold Fairy. Merci, Michael Jackson.

Le pianiste se retourna vers leurs adversaires, ceux-ci arborant un visage tout aussi surpris que le sien, voire même affichant un certain dégoût.

« Qu... Qu'est-ce qui se passe!? »

Le pianiste se tourna vers sa douce moitié, paniquée. Elle regardait ses mains, dans lesquelles une lueur violette crépitait et qui devenait de plus en plus intense.

« Eh bah merde, Pollux. »

« J'allais te dire la même chose, Castor. »

Sylwia lança un regard inquiet vers Dominik. Ce dernier ayant plus d'expérience avec le paranormal et la magie, il eut l'idée de placer la paume de ses mains radiantes vers leurs ennemis. Le résultat ne se fit pas attendre. Un faisceau de lumière violette s'en dégagea, ratant de justesse les pieds des jumeaux.

« On décampe, merde. »

Les jumeaux détallèrent, mais ce n'était pas terminé pour autant. Cette fois, c'était le trio infernal, les poursuivants. Trio infernal, c'était le cas de le dire. Alors qu'ils pensaient que seule Sylwia avait été touchée par de subits changements, Dracula lâcha un gémissement. Avant qu'ils n'aient pu remarquer quoi que ce soit, le vampire était devenu une énorme bête de poil, aux canines surpuissantes et aux griffes acérées. Il était devenu un chien des ténèbres.

« Dracula ?!!! »

« Enfin, on ne l'entendra plus parler... », soupira Dominik.

« Ah, tu crois? »

« NOOOOOOOON!!! »

Sylwia mit fin au cri de désespoir en soulevant une question d'une pertinence sans égal, tout en examinant le pianiste.

« Et toi, tu fais quoi? »

Dominik n'avait pas vu cette éventualité venir. Alors que Michael Jackson et sa troupe se faisaient toujours aller le popotin,Dancing QUEEEN ils étaient là à examiner chaque parcelle de l'anatomie du revenant pour y déceler un indice d'un quelconque pouvoir. Mais rien.

« C'est pas juste! », pleurnicha Dominik.

« Ça ne fait rien. Allez, montez sur mon dos! On a des mollusques à rattraper. »

Sylwia, soudainement secouée d'une vivacité entraînante, sauta sur le dos du loup, tirant Dominik par le poignet à sa suite. L'animal s'élança. La blonde se leva et s'équilibra pour avoir une meilleure position de tire. Et ce fut parti. De ses mains, les éclaires violettes fusaient de toutes parts. Le loup, quant à lui, foulait le sol de ses pattes puissantes, se rapprochant dangereusement des jumeaux. Et le petit Dominik restait assis, faisant la moue sur la chanson de Michael Jackson, déçu de n'avoir reçu aucun pouvoir. Bien sûr, il lui restait toujours ses facultés de revenant, mais Dracula avait celles de vampire avant de devenir un loup, pourquoi lui n'avait-il rien eu? Ne serait-ce qu'un lance canards en plastique...

Un cri le ramena brutalement à la réalité. Une araignée géante venait de se coller dans les cheveux de Sylwia. Nul doute que cela provenait de Pollux et Castor, et les rires qui s'élevèrent au loin confirma cette théorie. La blonde essayait de s'en débarrasser tout en tentant de conserver son équilibre sur le dos du loup qui ne s'arrêtait pas. Puis, sans préavis, la blonde chuta. Dominik se ressaisit aussitôt et tendit les bras pour la rattraper, en vain. Au lieu de quoi Sylwia s'écrasa avec fracas... sur un nuage tout duveteux couleur pastel. Le pianiste observa ses mains une seconde, puis essaya de reproduire ce phénomène, question de voir s'il s'agissait vraiment de sa création. Des petits nuages apparurent les uns après les autres devant ses yeux, passant du rose pastel au jaune canari.

« Wow... SÉRIEUSEMENT?! »

Tout compte fait, le lance canard en plastique aurait certainement été d'une plus grande utilité. Et beaucoup plus badass. Dominik n'en revenait tout simplement pas. Mais il n'eut pas le temps de monter sur ses grands chevaux (il avait déjà Dracula, après tout).

« Dominik! »

Ce dernier regarda en arrière. Sylwia était toujours sur le nuage au loin, entourée par une armée d'araignées qui ne voulaient visiblement pas la laisser descendre. C'était à son tour de jouer. Il plaça ses mains devant lui et créa une série de nuages, qui formèrent un chemin pour Sylwia. Sautant sur chacun d'entre eux, la blonde les rejoignit rapidement.

« Ne t'arrêtes pas! »

Une fois côte à côte avec Dracula, Sylwia reprit de plus belle avec ses faisceaux incandescents tout en sautant sur les nuages que Dominik créait devant elle. La victoire était proche, ils le sentaient! Puis, la musique s'arrêta. Sylwia sauta à nouveau, mais le nuage n'apparut jamais et elle s'écrasa au sol. Ses mains n'illuminaient plus non plus. Dracula reprit sa forme normale, éjectant Dominik par terre également. Merci, Michael Jackson...? Pollux et Castor avaient également disparus des environs. Seul le bateau se tenait bien droit devant eux, duquel leur parvenait la musique du DJ névrosé.

« Peut-être sont-ils entrés. Allons voir! », lança Sylwia.

Toutefois, Dracula ne semblait pas de cet avis, ayant avisé un autre vampire étrangement similaire à lui-même plus loin.

« Mais...mais... C'est moi?! Qui ose me voler mon identité? »

Il déguerpit en direction dudit vampire sans plus un mot.

« Enfin débarrassé. »

« Arrêtes, tu dois avoué qu'il nous a été utile tout de même. »

« Mais... je voulais un instant seul avec toi. »

« C'est pas pour maintenant. Allez, montons à bord. »

Sur le bateau, ils se retrouvèrent au beau milieu d'une foule dansante sur la musique désagréable. C'était bien trop de danse pour Dominik dans une même journée. Puis, la musique s'arrêta. Gold Fairy venait de recevoir une botte en pleine tronche, puis une autre s'en suivit. L'anglais ne pu s'empêcher d'éclater de rire. Sylwia lui lançant un regard réprobateur, il dû se raviser. Il reconnaissait bien des visages dans la foule. Peut-être auraient-ils des informations supplémentaires quant à la façon de se débarrasser de cette énergumène. Il faut dire qu'il était également très curieux de savoir leurs propres récits d'aventure. Dans quelle merde s'étaient-ils ramassés?

Le pianiste sursauta soudainement. Quelque chose frétillait dans sa poche. Il ne savait trop s'il avait vraiment envie d'y mettre la main pour découvrir ce que c'était. Mais invité par le regard de Sylwia, il se résigna à le faire tout de même. Il ne semblait pourtant y avoir que des feuilles dans cette poche... Il en extirpa le paquet d'écrits et avisa une des feuilles, glissée entre les autres, qui semblait secouée par une brise inexistante. Il la sortit du tas et avisa un dessin de rat sur la page vierge.

« Hen...Henry?! »

À cet instant, le rat sauta hors de la feuille, provoquant un cri de la blonde, et atterrit dans la main du revenant.

« C'est bien moi, mon cher! Je t'ai manqué? »

« Il me semblait que tu ne voulais pas venir! »

« J'ai reconsidéré la question, et je me suis dit que tu aurais encore besoin que je te sauve la peau. Me voilà! »

Cela ne pouvait pas mieux tomber. Ils avaient vraiment besoin de quelque chose pour se sortir définitivement de cette situation.

« Je crois que j'ai une idée... »

Très minutieusement, le pianiste agrippa le veston fraîchement refait de son compagnon.

« Hey! Qu'est-ce que tu... Domi... »

D'un geste il le retira.

« Mon...VESTOOOON! »

Dominik le glissa au fond de sa poche et empoigna le bras de Sylwia.

« On ferait mieux de se planquer et attendre que tout soit finit. »

Il remarqua une sorte de placard dans un mur plus loin et il s'y précipita, tirant sa belle derrière lui. Une fois la porte fermée, elle se blottit contre lui. Dans le noir, ils avaient enfin un petit moment pour eux tandis que l'apocalypse faisait rage à l'extérieur. Ou pas.

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Andréa Eyssard
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Lun 8 Sep - 13:46

La première partie de ce post, explique comment Andréa, Lazare, Eurydice et Marcelus se sont retrouvés sur le champs de bataille. Si vous ne voulez pas tout lire, le début devrait au moins vous guider sur l’identité et la nature des deux derniers énergumènes ayant rejoins la danse o/
Sinon, cliquez ici, pour débuter directement votre lecture à l’arrivée du quatuor sur la plaine !

Un résumé de tous les postes précédents est également disponibles à la fin du post.





    Quelques heures plus tôt, au cabaret du Lost Paradise.

    « C'est moi, je suis rentré. Pardon du retard, mais j'ai croisé Laz… »

    Andréa s'arrêta. Il arrivait au second étage de l'établissement et trouva étrange l'absence de bruit qui régnait dans les lieux. Il avait bien en mémoire les jours de repos que son oncle avait accordés à ses employés, s'étant rapidement résolu à éviter toute représentation par une telle chaleur, mais là n’était pas le problème. Sa mère et son père adoptifs étaient arrivés la veille au soir, et depuis, pas une seule minute ne s'était écoulée sans qu'Edward et Anastasia ne se disputent. C’était encore le cas lorsqu’il était allé porté son courrier, alors pourquoi ne les entendait-il pas ? S'était-il passé quelque chose ? Le louveteau était à tel point habitué à leurs éclats de voix, que l’idée ne lui sembla pas excessive et il voulut rapidement en avoir le cœur net. Il entreprit de gagner au plus vite le bureau de son oncle, mais un bruit sourd provenant du pallier supérieur, suivi un éclat de voix inconnu lui fit changer d'avis.

    « Et voilà les paquets bien ficelés, bien joué Pollux.
    Allons Castor, tout le mérite te reviens. C'était une très bonne idée ces sarbacanes à air comprimé.
    Mais c'est l'ajout de la propulsion au souffle de grenouilles qui a fait toute la différence, non notre victoire te revient, j'insiste !
    Bon bon ! Mais j'accepte seulement pour cette fois. Allons, ramenons tout ce petit monde au patron !
    Herc’ ? Tu fais le transport ? »

    Un grognement, puis des bruits de pas. On descendait. Judicieusement, Andréa se cacha derrière un meuble imposant, d'où il pouvait voir le couloir sans révéler sa présence. Il retint son souffle, puis s'accroupit doucement, tâchant de s'enfoncer un peu plus dans ce recoin de la pièce à mesure que les inconnus se rapprochaient. Le regard fixé sur les premières marches, il écarquilla les yeux de surprise lorsque deux garçons en costume et qu’il découvrait pour la première fois, atteignirent le pallier. Mais ce qui la laissa réellement sans voix, ce fut la vue de l'épaisse montagne de muscle qui les suivait. Non seulement il portait une sorte de jupe en cuir particulièrement atroce, mais en plus il transportait sur ses épaules, les corps inertes d'Edward, de Vladimir et d'Anastatia.

    Cette vision effrayante manqua de lui arracher une exclamation de stupeur, mais il porta assez rapidement ses deux mains à sa bouche pour la contenir et suivit, inquiet, la suite des événements.

    Le petit groupe continua sa route, gagnant sans plus de précaution l'étage inférieur pour finalement quitter le cabaret, laissant Andréa, adossé à son mur, prostré, ayant encore du mal à réaliser ce qu’il venait de se passer. Sa famille venait de se faire enlever sous ses yeux par un monsieur muscle en jupe… On aurait put faire pire, certes, mais toujours était-il que sa panique était, elle, bien réelle et que son cœur ne semblait nullement décidé à le laisser appréhender calmement la situation.

    Ce fut l’éclat de rire de l’un des ravisseurs, en provenance de la rue qui le tira de sa torpeur. Se relevant brutalement, il se précipita à la fenêtre la plus proche d'où il observa avec inquiétude les trois silhouettes s'éloigner, avec leurs prisonniers, en direction de la Seine. Craignant le pire, le jeune loup quitta sa tour de guet improvisée et dégringola les escaliers quatre à quatre et se précipitant sur le pavé parisien. De là il repéra facilement les kidnappeurs qui ne se cachaient nullement, et ce fut avec assiduité et discrétion qu'il entreprit de les suivre.
    Il se dissimulait à chaque intersection, et avançait prudemment de crainte d'être aperçu, et avançait en sautant d'abri en abri, comme il l'avait vu faire par une de ses connaissances à l'emploi douteux. Mais cela paya, car ce fut sans incident qu'il rejoignit les quais, découvrant avec stupeur que la destination du trio malveillant était un immense voiliers appareillé au beau milieu de la Seine.

    Outre le fait sa taille exceptionnelle, qui ne lui aurait, d'ailleurs, jamais permis de passer sous les ponts de la capitale, les cordages et voilages dorés du navire laissaient à penser qu’il n'avait rien de très naturel. Le coupée était descendu, et ils purent tous monter à bord sans le moindre problème. Restait à Andréa de pouvoir faire de même.

    « Hum… Ça s'annonce complexe.
    Lazare ! S’exclama Andréa qui recula si brutalement qu’il fit tomber une caisse.
    Shhhht… Tu vas nous faire repérer. Baisse toi.
    Mais… Qu’est-ce que tu fiches ici ?
    Bah je te suis. C’était tellement curieux de te voir slalomer entre les fiacres et les porches abrités que je n’ai pas résisté. Tu as de l’avenir dans le métier, tu sais ? Tu es bon élève au final, je ne vois pas pourquoi ton oncle s’échine à te donner des cours ~
    Sans doute pour que je n'applique pas les tiens. Mais tu pourras lui poser la question dès qu'on l'aura sorti de là. »

    Le nouvel arrivant, blond comme les blés, de grands yeux bleus et un visage auquel on aurait donné le bon dieu sans confession, arqua les sourcils, surpris. Il jeta un coup d'œil vers le navire avant de reporter son attention sur Andréa qui manifestait son impatience de passer à l'action, sa poigne s'étant resserrée sur les tonneaux de bois derrière lesquels ils étaient dissimulés. Lazare posa sa main sur son épaule, ouvrit la bouche pour tenter de le rassurer, mais il fut coupé dans son élan par une voix inconnue qui les fit tous les deux sursauter :

    « Il y a un passage secret. »

    Les deux garçons firent brutalement volt face, presque dans les bras l’un de l’autre tant le ton employé les avait effrayé. Monocorde, grave, froide… Elle appartenait pourtant à un petit bout de femme qui leur arrivait à peine aux épaules. Elle aurait été charmante avec sa longue chevelure noisette et son regard en amende s’il n’y avait pas eu ce teint blafard et ces deux cernes violacées pour lui marquer le visage. Ce fut Lazare qui se remit le premier de cette étrange vision. Endossant son rôle de joli cœur, il dégagea son visage d’un revers de main avant de prendre celle de la nouvelle arrivante dans les siennes. La toisant d’un sourire, il demanda :

    « Je me présente, Lazare, enchanté. Et voici Andréa. Pouvons nous savoir à quelle adorable créature nous avons à faire ?
    Eurydice.
    Quel nom charmant ! En hommage à cette dryade qui n’a malheureusement pas pu quitter les enfers. Bien belle histoire.
    C’est moi-même.
    Hu ? »

    Fait extraordinaire, Lazare ne savait plus quoi dire. Son regard parcourut avec attention la silhouette de la demoiselle, avant qu’un élément gluant n’entre en contact avec l’un de ses doigts. Il réussit à étouffer une exclamation paniquée, mais défit aussitôt son étreinte d’un mouvement vif.

    « Tch… Marcelus, je t’ai déjà dit de ne pas faire peur aux gens.
    S’cuse Eury, mais il a la peau toute douce, j’ai pas pu résister. Hey baby, dès que tu passes l’arme à gauche on s’appelle hein ?
    A… Attendez… Vous parlez à qui là ? Interrogea Andréa.
    Bah à Marcelus. »

    La demoiselle leva la main, présentant aux regards des garçons un asticot qui se dandinait sur sa peau déconfite. Cette vision leur arracha une grimace, ainsi qu’un mouvement de recul commun alors qu’ils plaquaient leurs mains sur leur bouche. Eurydice arqua un sourcil, surprise par leur réaction, tandis que Marcelus notait à haute voix :

    « Ah ! Je crois qu’ils viennent de comprendre que t’es morte, poupée.

    Vous voyez les gars, c’est pas marrant tous les jours d’être un macchabée, ça demande pas mal d'entretien ! Alors avec Eury on a trouvé un p’tit arrangement. Elle me loge, et moi je la débarrasse des autres parasites, des petits bouts de peaux en décomposition, des…
    D’accord ! D’accord… On a bien l’image. Merci. Coupa Andréa, pâle comme un linge, tandis que Lazare semblait prêt à rendre son petit déjeuner. Vous avez parlé d’un passage secret… Vous savez comment entrer ?
    Oui. »

    Reprenant espoir, Andréa passa outre la nature particulière de leur interlocutrice, ainsi que de son asticot qui lui faisait de l’œil depuis son arrivée, pour préférer lui demander son aide. Il expliqua rapidement que ses parents et son oncle avaient été transportés dans le navire et qu’il devait à tout prix les en sortir. Cela sembla suffire, car Eurydice acquiesça, et les invita à la suivre. Les garçons ne se firent pas prier, et lui emboîtèrent le pas, se glissant à sa suite entre les différents abris qu’offraient le quai, pour finalement se laisser glisser sur une petite plate-forme au plus près de l’eau. En bon gentleman, il aidèrent d’ailleurs la jeune fille à les rejoindre. Lazare posa malgré lui son regard sur ses jambes livides, entraînant une remarque coquine de Marcelus :

    « Hé blondinet ! T’as vu ces gambettes ? Je peux te dire que c’est du logement cinq étoiles que je me suis trouvé là. Mais je peux partager si on trouve un arrangement ~
    N… Non ! Ne vous donnez pas cette peine allons !
    Bwhahaha ! Il me vouvoie. C’est bien la première fois. Qu’il est chou ! Il te fait pas penser à ton homme dans ses jeunes années Eury ?
    … C’est là. »

    Elle pointa du doigt une statue de mauvais goût qui décorait la proue du navire, représentant un homme tout en muscle, à l’interminable chevelure blonde et à la pose manquée de super star. Elle n’était pas sans rappeler quelque chose à Andréa, mais il n’aurait su dire quoi. Lazare et lui échangèrent un regard, perplexes, ne voyant pas la moindre trace d’une ouverture. Pourtant Eurydice ne s’en inquiéta pas, et ce fut tout naturellement qu’elle se dirigea dans la direction indiquée. Les deux garçons se précipitèrent pour la retenir, car pas moins de trois mètres d’eau les séparait de la coque, mais la belle leur échappa avec une facilité déconcertante et ce au prix d’un bras et d’une main. En effet, la composition particulière du corps de la dryade décédée la rendait facilement… Détachable. Et les deux amis l’apprirent à leur dépend.

    « Non, non, non ! Je lui ai arraché le bras ! Balbutia Andréa qui agitait le morceau d’Eurydice dans un mouvement de panique incontrôlée. Qu’est-ce que j’ai faiiiit !
    Yeaaaahaaa ! Rodéo ! Vas y poulette, bouge moi cet avant-bras ! S’exclama Marcelus, qui suivait le mouvement.
    D’un coup… Je ne me sens pas très bien… Gémit Lazare le regard fixé sur les doigts dont il n’étaient pas propriétaire et qui s’agitaient tranquillement sous son étreinte.
    …Vous venez ? »

    Le calme revint soudainement sur le petit groupe qui observa avec stupeur Eurydice qui était arrivée à bon port grâce à la naissance d’imposants nénuphars — un brin décomposés — à chacun de ses pas. Elle se tenait sous la statue et ne sembla pas s’émouvoir davantage de la disparition de certaines parties de son corps. Andréa et Lazare la rejoignirent rapidement, s’excusant platement tandis qu’ils rapportaient les pièces détachée de la jeune femme. Celles-ci se réunirent très facilement avec l’épaule et le poignet dont ils avaient été séparés, précédant une très brutale réaction chez Eurydice qui attaqua violemment le visage de la figure de proue en poussant des hurlements de rages :

    « Guaaaaaaaargh ! Raaaaahrgm ! ! Meuuuuuurmf… Mmpf !!!! »

    Andréa avait miraculeusement eut le réflexe de saisir la demoiselle, plaquant sa main sur sa bouche tout en la maintenant le plus fermement possible, mais elle trouva encore la force d’utiliser ses pieds qui s’abattirent à de nombreuses reprises sur la virilité de l’œuvre de bois. L’un des coups, plus fort que les autres enfonça la partie dans la coque et fit sauter le pied d’Eurydice, sauvé in extremis de la noyade par Lazare, tandis qu’un mécanisme ouvrait un passage sur le faux-pont du bateau. Le quatuor s’y précipita, et la porte dérobée se referma sur eux.

    « Bon sang mais qu’est-ce qu’il lui a pris ! Murmura Lazare qui se débattait avec le peton sauvage de la belle, en essayant de le recoller à sa propriétaire.
    C’est l’effet Orphée, expliqua Marcellus. Elle a toujours un temps de latence comme ses connexion neuronales ont un peu dépéries, mais quand elle capte que c’est la tête de son ex elle se transforme en folle furieuse. Genre : « Bleuaaaaaaaargh ! Je vais te tueeeeer ! Greuuuuh ! ». Vous voyez le topo.
    Vous auriez peut-être pu nous avertir avant ! Grommela Andréa, qui maintenait son étau sur Eurydice qui se calmait lentement.
    Mais non, vous assurez comme des chefs. Et puis ça fait longtemps que je ne me suis pas autant éclaté ~ »

    Les deux garçons échangèrent un regard, avant qu’un soupir de soulagement ne quitte leurs lèvres. Ils étaient entrés, et a priori, sans attirer l’attention. Le calme régnait dans la pièce et ils purent finalement libérer Eurydice lorsqu’ils furent certains qu’elle avait retrouvé son état de prostration habituel.

    « Bon… Il faut qu’on retrouve mon oncle et mes parents maintenant. Vous avez une idée du lieu où ils ont pu être retenus ?
    … Dans la cale.
    Et on y accède comment ?
    Je pense qu’on est sur le pont principal, en descendant de deux étages ça devrait être bon, informa Lazare.
    Hé, mais en plus d’être sacrément mignon, l’a un cerveau le beau blond. Tu m’plait de plus en plus toi ~
    Depuis quand tu connais l’architecture d’un bateau ? Interrogea Andréa perplexe.
    Tu serais étonné de l’étendue de mon savoir !
    C’est marqué là. » Nota Eurydice.

    Elle pointa du doigt un plan détaillé du trois mats, où une gommette rouge indiquait clairement « vous êtes ici ». Ce qui lui valut un coup derrière la tête du jeune parisien par le jeune loup qui s’offusqua à mi-voix :

    « Tu ne peux pas t’en empêcher hein ?
    Je ne vois pas de quoi tu parles ~ »

    Andréa soupira, puis d’un commun accord ils se mirent en route. L’avancée fut quelque peu délicate, car en plus de prendre garde à ne rencontrer personne, ils devaient régulièrement faire machine arrière lorsqu’Eurydice perdait un doigt, une oreille, ou parfois même un bras entier sans s’en apercevoir. Ils atteignirent le premier escalier dans trop de difficulté et il s'apprêtaient à descendre lorsqu’un bruit de pas en provenance de l’étage inférieur les força à trouver refuge dans un placard à balais. Lazare observa la scène à travers une encoche dans le bois, et vit remonter une rousse à la coiffure improbable et un adolescent pas plus haut que leur compagne de voyage qui discutaient de vive voix :

    « Il va être content heiiiiin ? Diiiiis ? On a bien fait tout comme il a dit. Je pourrais augmenter ma collection d’autograaaapheuh ~
    Niark, t’as raison mon petit pot-au-feu, on a plus qu’à lever l’ancre ! Par la barbe de Zeus, on va les cuisiner aux petits oignons ces gars là !
    Tu feras ta soupe de vermicelle sauce cabot ? S’il te plaiiiiiiit ~ »

    Andréa avait pâli et dès que la voie fut libre, ils quittèrent leur cachette de fortune et descendirent les marches les plus silencieusement possible, du moins jusqu’à ce qu’une mains d’Eurydice ne se décroche et dégringole mollement le reste des escaliers. Retenant leurs souffles, ils tendirent l’oreille, et rassurés de ne rien entendre, ils gagnèrent le faux-pont qui semblait désert.
    La un mouvement brusque du navire manqua de leur faire perdre l’équilibre. Ils se rattrapèrent aux parois de bois et Andréa actionna malencontreusement un interrupteur qui éclaira toute la pièce. Là, il découvrirent avec effroi une galerie complète dédiée au culte du même type blond que la dryade avait tenté d'écharper quelques minutes plus tôt. Une boule à facette descendit du plafond, et une musique affreuse aux airs avant-gardistes de disco se lança.

    « Arrête ça ! Lança Lazare inquiet.
    J’essaie ! Mais c’est un minuteur !
    Et on se bouge le bassin, yeah !
    Mrglm…
    Ah ! La crise arrive !
    Andréa coupe ce truc !! »

    Paniqué, le louveteau abattit son poing sur l’interrupteur qu’il explosa, coupant du même coup la lumière, mais pas la mélodie infernale et la voix en trémolo qui se déchaînait dessus. Les deux garçons se pensaient sauvés, mais ils ignoraient que l'interprète n’était autre que l’ex d’Eurydice. Tous les membres de la belle se figèrent, précédant une colère monstre qu’Andréa contint à nouveau de son mieux, empêchant ses exclamations de se propager. Il leva la tête vers Lazare et lança :

    « Enlève lui ses oreilles !
    Quoi !?
    Arrache ses oreilles !
    J’avais entendu, merci. Je demandais plutôt si tu étais sérieux.
    Lazare !
    Bon, bon… Puisqu’il le faut. Mes excuses mademoiselle… »

    Le jeune homme plaça ses mains de part et d’autres du visage d’Eurydice, et ce fut avec une grimace de dégoût qu’il lui ôta ses oreilles, apaisant la jeune femme presque aussitôt. Ils soupirèrent de soulagement, le jeune parisien ne sachant absolument pas quoi faire de sa prise qu’il observa perplexe. Andréa en profita pour le taquiner un peu, lui donnant un coup de coude avant de lancer :

    « Vois le bon côté des choses, c’est pas toi qui nous répète qu’il faut d’abord être dans l’oreille d’une femme avant d’être dans son cœur ? T’es bien parti non ?
    Je déteste quand tu fais de l’humour. Heureusement que ça n’arrive pas souvent ~
    Gnagnagna… Bon on y va ? »

    Lazare sourit, rangea les oreilles dans la poche de sa veste et suivit Andréa qui parcourut une bonne dizaine de mètre du faux-pont avant que son regard ne se fige sur l’une des écoutilles. Il resta un moment à observer par la vitre, rejoint par son ami qui venait de trouver les marches menant à la cale.

    « Qu’est-ce que tu fais ?
    On vole.
    On vole ?
    Là regarde.
    Ah… Oui on vole.
    C’est tout ce que ça te fait ? On est dans un bateau, qui vole !
    Andréa. J’ai des oreilles dans ma poche et un asticot me drague depuis plus d’une demi-heure. »

    Le jeune loup entrouvrit la bouche, restant un moment en suspend. Il essaya de voir laquelle des deux informations était la plus incroyable, et finit par acquiescer :

    « Tu marques un point. »

    Ils rebroussèrent chemin, et descendirent enfin le dernier étage qui menait à la cale. Andréa songeait qu’il allait être bien complexe de faire sortir ses parents et son oncle de là s’ils étaient à plusieurs mètres du sol, mais c’était encore bien peu de choses en comparaison à ce qui les attendait.
    La salle était plongée dans l’obscurité, à l’exceptions de plusieurs rond lumineux de couleurs différentes qui semblaient surmonter des tubes géants alignés sur toute la longueur de la pièce, technologie dernier cri. On distinguait avec difficulté des silhouettes à l’intérieur, et un rapide coup d’œil suffisait à s’assurer qu’il y en avait bien plus que trois. Andréa perplexe, s’avança prudemment. Sa vue de loup-garou lui permit d’observer tour à tour les visages endormis des prisonniers. Il ne reconnut pas les premières figures, jusqu’à tomber nez à nez avec un irlandais barbu dont le souvenir lui arracha une grimace.

    « Qu’est-ce qu’il fait là celui-là ?
    Andréa, viens voir. »

    Le jeune homme tourna les talons, rejoignant Lazare qui avait découvert, à la lueur des cercles lumineux, Dolores. La doctoresse du cabaret dormait profondément, de même qu’Adam logé dans le tube à sa droite, qui bavait un peu. Un peu plus loin, ils trouvèrent Aldrick et sa famille, entre autre Elena dont la vu causa un grand émoi au louveteau. Il conserva pourtant son calme et passa au tube suivant où il vit enfin Edward, puis Anastasia et Vladimir, dans le même état de somnolence que le reste des présents. Andréa fut tout de même rassuré de voir qu’ils semblaient bien se porter, et il se mit à chercher un moyen de les tirer de là, laissant son ami à ses réflexions :

    « Ils n’ont pas tous la même couleur tu as vu ? On dirait qu’ils ont été séparé par famille. La tienne à le bleu, celle du commissaire le blanc…
    Cherche plutôt un moyen de les sortir de là tu veux ?
    Vous avez peut-être une idée Eurydice  ?

    Eurydice ?

    Est-ce que tout va bien ?
    C’pas vrai ça ! T’as ses oreilles dans ta poche blondinet. T’as déjà oublié ? Maugréa Marcelus.
    Au temps pour moi. »

    Lazare replaça soigneusement les deux oreilles après une brève réflexion, histoire de ne pas se tromper de sens, et réitéra sa question. La dryade eut un instant de flottement, observa la salle perplexe, puis haussa les épaules annonçant le plus calmement du monde :

    « C’est une salle de transport ionique à densité réduite haute vitesse.
    Qu… De transport quoi ? Questionna Andréa.
    Une sorte de machine qui peut t’envoyer n’importe où en un claquement de doigt, expliqua Lazare qui joignit le geste à la parole.
    Allons bon ! Et tu as lu ça où cette fois ? Demanda le louveteau dans un sourire.
    Dans un livre.
    Mouais…
    Ne fais pas cette tête là, je t’assure que c’est vrai !
    Est-ce que tu sais comment on ouvre alors ?
    Il doit y avoir un tableau de bord, ou un truc plein de boutons.
    …Là. »

    Eurydice pointa du doigt un mur sur lequel se dressait une sorte de tableau coloré, couvert de diodes luminescentes, d'interrupteurs et autres indicateurs farfelus. Andréa se dirigea rapidement dans sa direction, observant perplexe la disposition des éléments. Il porta tantôt sa main à droite, puis à gauche, hésita et tout s'accéléra.

    Un bruit sourd et inquiétant retentit.

    « Andréa ?
    Je n’ai rien touché ! »

    Il fut suivi d’un grondement métallique sinistre en provenance du plafond. Une imposante ventilation se mit en marche, les assourdissants du tumulte de ses hélices alors que son souffle s’étendait dans toute la pièce. Puis une vive lumière les aveugla. ils portèrent leurs mains au niveau de leur visage, pour s’en protéger, mais aussitôt le calme revint et l’obscurité avec elle. Tous les cercles étaient éteints. Le silence s’installa sur le petit groupe, encore sonné, puis la voix d’Eurydice annonça :

    « Partis.
    Qu… Quoi ? Non ! »

    Andréa se précipita vers le premier tube venu. Vide. Les suivants ? Vides également. Le louveteau releva la tête et porta un regard désespéré vers son ami. Lazare réfléchissait. Ses mains jointes, il porta son regard azure sur toute la pièce avant de l’arrêter sur Eurydice. Il posa finalement ses deux mains sur les épaules de le demoiselle, et la questionna soigneusement.
    Sans doute auraient-ils dut le faire plus tôt, mais au moins apprirent ils les raison de sa présence. Elle était en mission top secrète. Puis elle expliqua le projet de vengeance du propriétaire du bateau, rappelant enfin Andréa à ses souvenirs.

    « Goldfairy !
    Qui ?
    Un type a qui mon père a fait sauté la moitié des dents l’été dernier.
    Vous êtes pas un peu nerveux dans votre famille ?
    Non pourquoi ?
    Comme ça… Mais si Eurydice dit vrai, on a juste à attendre que le navire se pose pour retrouver tout le monde, non ?
    J'espère, parce qu'on a pas vraiment d'autre solution. »

    D’un commun accord, ils s’installèrent au fond de la cale, dans un recoin dissimulé par de vieux cartons. Ils discutèrent un moment de tout et de rien, mais rapidement, la chaleur des lieu et son étouffante atmosphère eurent tendance à les assoupir. Au bout d’une quarantaine de minutes, seules leurs respirations calmes et les ronflements de Marcelus troublaient encore le silence de la pièce.


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    Le réveille fut difficile.

    Une secousse brutale les tira de leur torpeur, et ils s’éveillèrent dans un sursaut commun. Il fallut quelques minutes aux deux garçons pour reprendre leurs esprits, mais dès que ce fut fait, ils rejoignirent au pas de course le faux-pont pour s’assurer qu’ils avaient bel et bien atterrit. Collant leur visage au premier hublot qui leur fit face, une exclamation soulagée quitta leurs lèvres en apercevant une belle étendue d’herbe. Lazare redescendit ensuite chercher Eurydice, prenant soin de lui retirer de nouveau ses oreilles, le temps d’atteindre l’étage supérieure d’où ils perçurent quelques exclamations.
    Craignant une rencontre avec l’équipage, ils préférèrent quitter les lieux par là où ils étaient venus, et ce fut au pas de course qu’ils rejoignirent le passage secret emprunté un peu plus tôt. Ils ouvrirent la trappe, et se préparèrent à abandonner le navire, mais lorsque que le passage fut ouvert, il se retrouvèrent nez à nez avec un colosse de deux mètres de haut brandissant sa massue vers eux.

    « Ferme Andréa, ferme !!
    J’essaie mais c’est le… »

    La lourde masse s’abattit sur le bois avec force, fracassant le visage de la statue d’un côté, explosant complètement le mécanisme de fermeture de l’autre. Le mastodonte avait toutefois avoir coincé son arme dans le choc et peinait à la retirer, ce qui lui valut les moqueries de Marcelus :

    « Alors gros tas sans cervelle ! On fait moins le malin là hein ! Allé vient te battre ! J’vais te mettre la fessée du siècle !
    Hercule pas sans cervelle ! Hercule broyer pour Hercule content !
    Marcelus tu l’as énervé… Souligna très calemenment Eurydice.
    Bwahaha ! Tu crois qu’il me fait peur ?! Mais je le mets KO en un coup c’gros tas ! Vas y, viens ! Viens mon coco !
    Marcelus si vous pouviez… » Tenta Lazare, stupéfait de voir que le musclor avait finalement décidé de se frayer un passage à mains nues.

    L’arrière du vaisseau explosa, tout comme la colère d’Hercule qui s’était mis à mâchonner puis briser les planche de rage, à grand coup de molaires. Il tendit le bras, saisit la main d’Eurydice qui heureusement, se détacha de son corps. Andréa la récupéra de justesse sautant de tout son frêle mais puissant gabarit sur le poignet du colosse pour lui faire lacher prise, et tournant les talons, il récupéra le bras de la demoiselle en s’exclamant :

    « Courez ! »

    Toute la bande se mit en route à toute allure, prenant garde de ne perdre aucune partie du corps d’Eurydice dans leur fuite, tandis que Marcelus poursuivait ses invectives de sa grosse voix d’asticot et qu’Hercule continuait de se frayer un passage au travers de la coque.
    Dans un dérapage contrôlé, ils atteignirent les escaliers donnant sur le pont, et les hurlements se rapprochant, il ne s’inquiétèrent pas plus que ça de l’étrange vacarme qui y régnait. Ils auraient peut-être dû, car le spectacle qui s’offrit à leurs yeux lorsqu’ils sortirent à l’air libre, leur fit regretter la douceur d’Hercule.

    « Qu’est-ce que…
    C’est la fin du monde ? »

    Le brouhaha était apocalyptique. On s’entendait difficilement à trois mètres, sans comptait l’ambiance de bagarre générale qui régnait dans la pleine. Eurydice, amorphe, ne semblait aucunement s’en émouvoir, contrairement à Lazare et Andréa qui devaient choisir entre un affrontement avec un demi-dieu hyper testostéroné, ou des groupes de fous furieux disséminés ça et là. Ils prirent le parti de s’abriter le plus rapidement possible, ne remarquant pas toute de suite la battle sonore qui se jouait au-dessus d’eux.

    Puis il y eut un grand bruit, le bateau s’ébranla et l’un des mats se fracassa sur le reste de la coque, se brisant net lorsqu’il heurta la tête d’Hercule, tout juste sortit de l’étage inférieur. Le gaillard nullement dérangé par ce « choc », et se contenta de lever sa massue et se dirigea droit vers le petit groupe fraîchement débarqué. La solution la plus simple aurait été de sauter du navire, mais il y avait de forte chance pour qu’Eurydice finisse en miette, et probablement qu’eux non plus n’auraient pas apprécié la chute.
    Bloqués sur la poupe, Andréa eut tout juste le temps d’apercevoir Dolores en compagnie d’un homme et d’une demoiselle qu’il ne connaissait pas, mais il ne fut pas assez rapide pour l’appeler et déjà, ils disparurent, poursuivis par un petit être chouineur qui réclamait à corps et à cri, un micro. Désespéré, il abandonna pour son ami :

    « Lazare, si tu veux avoir une de tes idées de génie, ne te prive surtout pas. »

    Hercule brandit son arme. Il se préparait à l’abattre lorsqu’un pied lui déforma violemment le visage avant de l’envoyer valser à plusieurs mètres de là. Sa forte stature explosa le bastingage, mais il se rattrapa à temps pour ne pas basculer de l’autre côté du navire et s’écraser quelques mètres plus bas. L’auteur de ce coup magistral s’arrêta face à eux, la mine sévère, et levant un index accusateur Anastasia s’exclama :

    « Andréa Eyssard ! Peux tu me dire ce que tu fais ici !?
    Ce n’est pas le moment Ani, protesta Vladimir qui se hissa à son tour sur le pont. Mais tu ne pers rien pour attendre jeune homme ! Ils faudra que l’on ait une discussion sérieuse en rentrant ! »

    Il évita de justesse un homme au teint pâle, et vêtu d’une cape, qui fila droit sur Hercule, non sans s’excuser au passage, de l’importunité causée. Le demi-dieu s’en débarrassa aussitôt, attrapant sa pèlerine pour le faire tournoyer sur lui même et le renvoyer droit sur une fillette au chaperon rouge, qui semblait tirer à vu sur tout ce qui bougeait. Cette dernière évita gracieusement le choc d’un salto arrière maîtrisé, et le pauvre projectile heurta de plein fouet une belle brune armée d’un javelot qui venait de gagner le navire.

    Arriva alors Edward et toute sa finesse. Après s’être hissé sur le bateau, avoir réprimandé son neveu et jeté un regard réprobateur à Lazare, il fonça droit sur Hercule, avec qui il avait un petit compte à réglé. Sous le regard dépité d’Andréa, les deux hommes débutèrent une lutte acharnée qui les fit basculer dans le vide. Le jeune loup était désormais partagé entre la joie d’avoir retrouvé sa famille et la gêne manifeste qu’ils réussissaient presque systématiquement à faire naître en lui.
    Il ne vit pourtant pas la suite de l’affrontement, un éclat de voix inquiet de Lazare le tirant soudain de sa torpeur :

    « Andréa ! Eurydice… Là ! »

    Il pointa du doigt la demoiselle qui avait parcouru la longueur du bateau au pas de course, dans un hurlement déchaîné, après que son intellect ait réussi à faire la liaison entre l’individu blond qui sommait qu’on lui rapporte son micro et son ex qui l’avait laissé croupir en enfer. Il était assez étonnant de la voir sprinter comme une athlète de haut niveau, au son des exclamations hystériques de Marcelus qui s’éclatait comme un petit fou.
    Arrivée à l’autre bout du bateau, la belle s’élança d’un bond prodigieux, atterrissant directement sur la colonne menant à la plate-forme de son ancien petit ami. Elle y enfonça doigts, et pieds dans un craquement sinistre qui fit tanguer l’édifice, hurlant d’une voix d’outre tombe :

    « Orphéééée !
    Qu’ouuuuïs-je !? Qui ose m'interpeller par ce nom désuet ! Sachez que je suis le grand Go…
    Oooooooooooorrrrphééééééééééééee !!
    … O… Oh c’est… C’est toi ma caille ?
    OOOOOOOOOOORRRRPHÉÉÉÉÉÉÉÉEEE !!
    Si tu m’en veux pour cette histoire de séjour prolongé… Je t’assure que je ne savais pas que les baignades dans le Styx impliquaient une telle contrepartie !
    OOOOOOOOOOOOOOOOORRRRPHÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉEEE !!
    Iiiiiih ! À moi ! Qu’on sauve mon moi ! Je serais une trop grosse perte pour l’humanitéééé ! »

    Coup de chance ou pas, Eurydice n’était plus qu’à quelques mètres du sommet lorsqu’un effort violent fit lâcher ses doigts. Ces derniers se détachèrent de sa main et la pauvre demoiselle bascula dans le vide en s’agitant avec rage tandis que Goldfairy reprenait une pose fière. Après un mouvement l’Oréal et un déhanché impeccable, il reprit la chansonnette sur un rythme endiablé dont les paroles restaient douteuses :

    « Ooooooooh ! You catch !
    Catch my microphoooooone !
    Yeah ! Catch !
    Without a saxophoooone !
    Of course ! Catch !
    And don't break my smartphoooone !
    If you would like to call meeeeeeeee ! But…

    Catch ! Lady, baby, cherry, lovely, love meeeeee and catch !
    Catch ! Betty, beauty, puppy, honey, love meeee and catch !

    You catch !
    Catch my microphoooooone !
    »

    Croyez le ou non, mais cette mélodie, si affreuse fut elle, eut un effet détonnant sur Jason qui passa de l'adolescent empêtré dans ses lacets à un fan acharné bien décidé à récupérer le micro de son idol. Ses mouvements se firent plus assurés, ses pas téméraires et rapidement, il tira le glaive de bois de sa taille, l'agitant dans un cri hystérique et surtout supersonique, qui manqua de peu d'atteindre ceux qu'il poursuivait.

    Andréa et Lazare avait réussi à quitter le pont grâce à l'aide d'Ani et de Vladimir, qui étaient ensuite allés aider Edward ce dernier tentant d'arrêter Hercule alors qu'il se précipitait sur une demoiselle inconnue au bataillon, cette dernière ayant fait la terrible erreur d'abîmer la massue du colosse d'un coup de feu. Le gourdin lui ayant été légué par sa grand-mère paternelle, il n'avait plus été question de parlementer. Et dès lors, il souhaita lui écrabouiller gentiment, mais sûrement, le crâne. C’était ce que la famille Wolkoff tentait d'arrêter, ou au moins, de ralentir.

    Les deux jeunes hommes avaient, de leur côtés, retrouvés Eurydice qui s'était bien abîmée sur le sol. Ils tentèrent de la reconstituer le plus soigneusement possible, se trompant de temps à autres dans le sens d'une articulation. L’erreur était aussitôt rectifiée sous les ordres de Marcelus qui prenait soin de maintenir l'état d'énervement de la demoiselle par des encouragements dignes d'un coach.
    Malchance supplémentaires, le second chanteur manifesta pour la belle une attention toute particulière, arguant Goldfairy d'un air goguenard, alors qu'il annonçait fièrement :

    « Mouahahahaha ! Je lis la terreur en toi Goldfairy ! Tu viens de découvrir mon arme secrète ! Ma fan n°1 ! Eurydice… Ta caille !
    Que dis tu ? Quelle traîtrise ! Quelle infâmiiiie ! Ah ! Non ! Je ne te crois pas ! Je le sais, je le sennnnns ! Tu tentes de me tromper.
    Dans ce cas, regaaaaarde ceci ! »

    Il sortit son Bpad de sa barbe imposante, dévoilant la page qui lui était dédié sur Fesses de Bouc, où le « like » d'Eurydice avait modifié le classement du top des artistes, le plaçant à égalité avec Goldfairy. Ce dernier, terriblement choqué, porta ses deux mains à son visage, basculant dans un mouvement de recul gracieux, tandis qu'il s'exclamait :

    « M'abandonner, moiiii ! Moiiiiii ! Le grannnnd… »

    Andréa déconnecta. Son regard venait de tomber sur une silhouette qui ne lui était pas inconnue, et pour cause. C'était celle d'Elena, la cadette d'Aldrick. Sa famille semblait avoir été plus ou moins contrainte de s'éloigner de plusieurs mètres les uns des autres pour éviter de se faire canarder par les jumeaux et leurs œufs explosifs. Il repéra Aldrick, mais également Élise qui lui semblait décidée à mettre aux tapis leurs ennemis.
    Néanmoins, dans la cohue générale, un des serpents de Médée — sans doute Polly car elle avait un adorable ruban sur la tête — s'était glissé entre les rochers et se rapprochait dangereusement de la jolie brune. Le sang du louveteau ne fit qu'un tour.

    « Attends moi là Lazare !
    Quoi ?! Andréa, où tu vas !? »

    Le parisien soupira, jetant un regard désespéré à Eurydice qu'il voulut finir de rapiécer le plus rapidement possible, certain que son ami se mettrait dans le pétrin sous peu.

    Le louveteau traversa la plaine le plus vite qu'il pu, non sans perdre régulièrement l'équilibre, se rattrapant de justesse en invectivant les reliefs farfelus de l'endroit. Il monta une petite côte entre verdure et roches, atteignant rapidement la proximité de l'aînée des filles d'Élise, et s'exclama alors que le serpent se rapprochait encore :

    « Éléna ! Derrière toi ! »

    Il y eut un instant de flottement. Mais bien vite la jeune fille se reprit et tournant la tête, elle put éviter à temps l'attaque du reptile dont le nez se heurta au sol dur et la mâchoire se referma sur du vide. Il siffla d'insatisfaction, et pivota lentement sa tête vers la belle qui avait entreprit une fuite organisée dans la direction d'Andréa. Dès qu'il l'atteignit, ce dernier lui attrapa la main, sans réfléchir, et l'entraîna dans une course effréné, tâchant de semer l'animal dans un dédale de roche où leurs silhouettes fines se faufilaient à merveille. Polly eut beaucoup plus de mal à s'y frayer un chemin.
    Mais alors qu'ils semblaient arriver au bout de leurs peines débouchant sur la sortie de l'encastrement rocheux, ils se trouvèrent nez à nez avec Paul, dont la langue bifide frôla la joue d'Andréa, lui coupant momentanément le souffle. Il resserra son étreinte sur la main de la demoiselle, prêt à la protéger jusqu'au bout et à en découdre avec les deux serpents.

    Puis un sifflement, et un projectile coloré atteignit Paul à l'œil, le déboussolant. Elle fut suivi d'une seconde, et d'une troisième, qui firent bâtir momentanément l'animal en retraite, permettant à Andréa et Éléna de s'échapper du chemin escarpé pour retrouver un sol moins capricieux qui les rapprochait, même, de la famille Voelsungen. Le sourire aux lèvres, malgré son cœur battant la chamade, le louveteau leva la main vers Lazare qui courrait parallèlement à eux à une dizaine de mètres de là, et s'exclama :

    « Toujours là quand il faut !
    À ton service ! Et enchanté mademoiselle ! Mais dépêchez vous, le second se rapproche ! »

    Le blond s'arrêta. Il arma sa fronde de fortune, composée d'un morceau de tissu récupéré sur l'une des voiles décrépies, et la chargea d'un des quelques œufs explosifs tombés au sol sans se déclencher. D'une main de maître il tira, atteignant en pleine face une femme renard qu'il n'avait absolument pas vu auparavant. Ne sachant pas s'il s'agissait d'une ennemi ou d'une ami, il préféra profiter de son étourdissement pour donner son arme de fortune à la première personne venue, un gentleman à barbe blanche découvert plus tôt sous le nom de Layton.

    Puis il fila, rejoignant au pas de course Andréa et Éléna.





Report de la fin de la 3e manche !


Histoire de laisser sa chance à tout le monde de poster au moins une fois, comme la rentrée a dû bouleversé pas mal d'entre vous, nous avons pris le parti de laisser une semainde de plus aux participants pour postés !

Vous avez donc jusqu'au dimanche 14 septembre, au soir pour participer ou re-poster, car je vous rappelle que c'est un RP collectif, au nombre de poste par personne illimité /o/

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Résumé des épisodes précédents


Compte tenu de la longueur des postes respectifs, je prends le temps ici de faire un petit résumé replaçant chaque personnage au dernier endroit indiqué dans les posts.
N'hésitez pas à m'envoyer un Mp si je me suis trompé quelque part, c'est possible.

Nous avons donc :

Dolores, Lydia, Randon, et Adam, dans la plaine. Lydia a volé le micro de Goldfairy et ils sont poursuivis par un Jason dopé qui tente de le récupérer.

Aux dernières nouvelles, Hercule tente d'écraser Shania qui a abîmé son précieux gourdin, il est tant bien que mal retenu par la famille Wolkoff, soit Edward, Ani et Vladimir.

Atalante est toujours en combat contre Rouge, ses loups et ses fusils, elles sont au niveau du bateau. La chasseresse ruse s'est momentanément pris Dracula1 (de Dolores) dans la tête, mais ce n'est sans doute pas ça qui l'arrêtera. Le vampire risque d'ailleurs d'avoir à s'expliquer avec Dracula2 (de Dominick) qui n'apprécie pas ce genre d'usurpation.

Médée n'est pas reparue depuis qu'elle a envoyé Randon, Aiko, Pfaa et Raiponse danser avec Goldfairy, mais elle n'est probablement pas loin de ses serpents, Paul et Polly. Ces derniers étant tout proches de la famille Voelsungen ainsi que d'Andréa, d'Éléna et de Lazare qui a malencontreusement tiré sur Aiko après avoir canardé Paul d'œufs explosifs.
Raiponse danse, sans doute, toujours avec Goldfairy, pour Pfaa c'est l'incertitude, elle a peut-être suivi Aiko et est redescendue sur le sol.

Goldfairy et Barbe-bleu se font toujours face à face sur leur plate-forme, mais le second a pris l'avantage en révélant qu'Eurydice (ex du DJ) était devenue sa fan nº1. La demoiselle, raccommodée, est dans la plaine et cherchera d'ailleurs, certainement, à se venger de nouveau d'Orphée. Marcelus est toujours avec elle.

Castor et Pollux se sont attaqués à Yoshi et à la famille d'Aldrick à grand renfort de leur bombes œufs si particulières, avant d'être mis momentanément en fuite par Sylwia. On ne sait pas exactement où ils se trouvent.

Dominick et Sylwia sont cachés dans un placard. Layton est au beau milieu de la pleine, une fronde en main, Yoshi est… Quelque part. Il vole. Loki et Valentine sont en retrait, probablement toujours non loin de la sortie de leur temple.

Je crois que je n'ai oublié personne !

Si d’aventure vous faites des longs messages et que vous avez la foi, je vous conseille de faire également un petit résumé de vos dernières positions sur cette toile abracadabrante, à mettre sous spoiler par exemple, histoire de rendre les réponses plus fluide et de ne pas avoir de petit bug o/

Bonne lecture et bonne écriture à tous !

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Dolores Keller
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Dim 14 Sep - 21:46

- Lily, lâche ce micro, lâââââche!
- Moi vivante, jamais !
- RENDEZ-LE MOOOOI !!

Tandis que la fête avait principalement lieu sur le bateau à moitié détruit de GoldFairy, notre chère doctoresse et son fidèle assistant couraient du mieux qu'ils pouvaient, poursuivis par un Jason en pleine crise d'adolescence dont les cris supersoniques parvenaient à générer des explosions impressionnantes. En d'autres termes, se prendre un cri en plein visage rimait avec tympans et cerveau hors d'usage. Ainsi, dans leur course effrénée, chaque membre du groupe tentait de convaincre Lydia de rendre le micro qu'elle avait dérobé au chanteur, mais elle refusait catégoriquement, sous prétexte que lui aussi souffrait, comme tout le monde. C'est au final dans une lutte acharnée que le micro glissa des mains et tomba dans celles d'Adam, qui, embêté, poussa un cri de femmelette et jeta l'objet en l'air. Dans une courbe magnifique, l'objet tournoya dans les airs sous les innombrables explosions environnantes, puis retomba sur le sol. D'abord indemne, le micro se brisa d'un coup en deux, provoquant la panique autant chez Lydia que chez Jason.

- Excellent travail cher assistant, au moins il ne nous poursuivra plus. Allons jeune homme, il est temps de rentrer chez toi maintenant ! Oust !
- … Je crois que nous l'avons énervé.
- Allons, qu'est-ce qu'une épée de bois pourrait bien nous faire ?

Tandis que Dolores arborait son sourire satisfait et naïf dont elle a le secret, le petit Jason poussa quelques grognements avant de pointer son jouet ridicule vers le petit groupe. Intriguée par les regard inquiets de ses compagnons, l'homonculus se tourna vers leur adversaire amusée. Enfin, jusqu'à ce que le jeune homme appuie sur un bouton creusé dans le bois, ouvrant l'épée en deux et laissant s'échapper un condensé impensable de technologie, remplaçant le simple jouet par un gigantesque sabre dont la lame était parcourue par des chaînes en mouvement (à la façon d'une tronçonneuse) et d'un courant électrique suffisamment puissant pour que des éclairs s'en échappent et viennent claquer le sol au pieds de Jason, définitivement énervé.

- Oh, j'avoue que je ne m'y attendais pas.
- IYAAAAAAAAAAAH !!!

Récupérant Adam au bord de l'évanouissement, Dolores fit rapidement demi-tour et partit en courant, accompagnée par Randon qui lui tenait le bras de sa sœur qui était tombée en admiration devant l'impensable arme du petit capitaine. Ce dernier était sans doute entré en mode berserk et poursuivait ses adversaires, armé de son épée plus grande que son propre corps, tout en poussant un cri de prépubère assez ridicule. Comprenant que la situation était relativement désespérée, Dolores s'arrêta de courir au bout de plusieurs minutes, imitée par ses collègues qui commençaient à être essoufflés (surtout Adam qui était au bord de la syncope). Affublée d'un regard déterminé, la doctoresse fit craquer ses doigts et dans un geste fulgurant stoppa la lame de Jason avec ses mains. L'intensité du choc était telle que les lunettes de la jeune femme se fissurèrent mais le contact mais l'homonculus tenu suffisamment pour que ses mains absorbent la matière de l'épée, jusqu'à ce que son corps complet soit recouvert d'acier électrique. Surpris, l'ado recula de quelques pas, la bouche grande ouverte.

- Mais… Mais, mais c'est pas juste !
- Hohoho ! Petit bonhomme au nez plein de morve, tu ne sais pas avec qui tu as à faire ! Prends garde à mon courroux !

Dans un élan d'héroïsme incroyable, Dolores s'élança vers Jason et exécuta un fantastique saut avant d'abattre son poing, créant une puissante onde de choc électrique. L'assaut était fulgurant, encore eut-il fallu qu'il touche la personne visée…

- Euhwn ? Il a disparu ?
- Vos lunettes !
- Aaah, exact, elles sont cassées. Oh je vois tout en plusieurs fois ! C'est amusant ! Adam vous faites une drôle de tête…
- Je suis là docteur Keller, ça c'est un caillou…

Perplexe, Dolores toucha le rocher en question pour vérifier les dires de son assistant et comprit qu'en effet, à moins qu'Adam n'ait fricoté avec une gorgone, c'était un vulgaire caillou. Ne sachant trop comment réagir face à une telle situation, Jason décida d'achever les trois ridicules humains (bon une n'est pas vraiment humaine mais elle est plus ou moins sans défense, donc on se comprend). Brandissant son excalibur 2.0.6, le capitaine s'apprêta à abattre son arme sur le groupe, avant de se faire intercepter par une créature gigantesque qui le fit voler quelques mètres plus loin. Adam, encore sous le choc, se retrouva face à un serpent géant léthargique et peinturluré avant de se tourner vers là d'où il venait d'être jeter, et de voir une immense créature entourée de flammes faire tournoyer le deuxième serpent au dessus de sa tête.

- Quelques minutes plus tôt, du côté d'Aiko et Pfaa -

- Qui. a. fait. ÇA !?

Silence, ou plutôt musique horriblement forte et chants cacophoniques si on veut rester réalistes, mais on va dire silence quand même. Recouverte de peinture multicolore, Aiko avait arrêté de dansé depuis quelques temps, à partir de la disparition du chasseur en fait, lui permettant de retourner, avec Pfaa et Raiponce qui elle aurait bien aimé continuer de danser encore un petit peu, sur une plateforme dépassant du pilier de GoldFairy. Rongée par la colère et la haine, la tanuki n'était plus vraiment d'humeur à quoi que ce soit et cherchait du regard quelqu'un sur qui se défouler. Et c'est donc en cherchant cette personne qu'un des serpents de Médée lui passa devant le nez, suivi d'un jet de plusieurs œufs colorés qui lui explosèrent à la figure dans un nuage de poudre colorée.

C'était la goutte de trop.

Rouge de colère (et de peinture), la yokai serra les dents et grogna bizarrement, à la recherche de qui avait bien pu lui faire ça. Ses yeux s'arrêtèrent enfin sur un drôle de bonhomme, portant une fronde, un peu perdu face à tout ce qui était en train de se passer. Ne cherchant pas vraiment qui d'autre cela pouvait être, Aiko bondit de son perchoir, suivie par les deux jeunes filles, l'une poussant sans arrêt des cris de joie et l'autre restant impassible, et arriva devant le gentleman qui se retrouva dans une situation plus que tendue. L'homme chercha à s'expliquer et pointa du doigt la personne qui lui avait donné la fronde, mais il n'eut pas le temps de terminer sa première phrase qu'il était sur le point de manger son chapeau sous la force d'Aiko. Fort heureusement pour lui, la jeune femme n'eut pas le temps d'arriver au bout de son œuvre qu'elle fut interrompue par un cri.

Les deux jeunes filles étaient entourées par les deux serpents de Médée, les crocs brillants et dégoulinant d'un poison fatal. Raiponce, apeurée, était assise par terre et criait bêtement à l'aide tandis que Pfaa restait silencieuse en arrière. La yokai jeta le gentleman anglais quelques mètres plus loin puis avança vers les serpents, la mine passablement furieuse (en gros elle pourrait tuer quelqu'un avec un rouleau de scotch). Mais encore une fois, ses pas s'arrêtèrent, car en face d'elle était apparue Médée, un sourire aux lèvres.

- 2e Round chère raton-laveur, cette fois tu vas finir dans mon potage. Paul, Pollie, laissez ces filles et occupez-vous d'elle.

Les deux serpents obéirent immédiatement aux ordres et avancèrent vers Aiko qui cette fois était prête à tuer les cobras de l'intérieur s'il le fallait. Cependant, un des serpent érafla le bras de la petite Pfaa, provoquant une légère douleur sur sa pauvre peau d'enfant.

Ce fut le début de la fin.

Immobilisé subitement à l'arrière de son corps, le serpent se tourna et aperçut Pfaa, elle aussi énervée, le pied sur le bout de la queue du serpent. La petite fille dégaina alors ses allumettes de sa poche et les craqua sur la peau écailleuse du reptile. À ce moment là, Médée perdit tout sourire.

- Ouilleuh… Ça picote……… VAS Y MÉMÉ ! ARRACHE LUI SA TÊTE DE MORUE !

Du corps de Pfaa émana une incroyable aura flamboyante de laquelle apparue une immense grand-mère de feu qui aussitôt attrapa la queue du serpent et le tira en arrière, le faisant voler à quelques mètres plus loin. D'autres grand-mère apparurent, ainsi que des tables, des sapins de noël et des dindes rôties, prêtent à l'assaut. La magicienne lança aussitôt son deuxième serpent à l'attaque mais ce dernier fut cette fois arrêté par la tanuki qui allait enfin être en mesure de se défouler. La jeune femme disparut dans un nuage de fumée pourpre d'où surgit un monstre gigantesque, une sorte de raton-laveur cornu croisé avec un tyrannosaure, dont les crocs suffisaient pour montrer le taux de colère qui habitait actuellement la yokai. Cette dernière attrapa alors le deuxième serpent, fit un nœud avec son corps et le lança derrière son dos, le faisant, par miracle, s'écraser sur Jason situé un peu plus loin.

Médée, poussée dans ses derniers retranchements se transforma à son tour en une immense créature reptilienne, prête à faire face au monstre raton-laveur et aux grand-mères pyrotechniques. Digne d'un king-kong, le combat fut ridiculement gigantesque, si bien que le pilier de Barbe-Bleue servit de massue à Aiko pour frapper sur la tête de Médée.

Le chanteur barbu était en effet monté sur le pilier de GoldFairy pour l'affronter à coup d'épée musicale et lumineuse, encouragé par ses groupies encore entières. Le duel était au sommet de tout ce que l'on pouvait imaginer, tous les projecteurs ciblaient le combat qui enchaînait les « pouic ~♪ » et les « tabadam ~♪ » tandis que les deux combattants continuaient de chanter à tue-tête, ce qui, au final, faisait une chanson pas si mauvaise que ça, suffisamment pour plaire à Dracula qui après avoir joué au voltigeur avait terminé ses lancés perché sur un côté du pilier de GoldFairy, tentant de se cacher d'Atalante qui trouvait qu'il était « un très très bon projectile » (à lire avec l'accent russe).

De leur côté, Rouge et la guerrière continuaient leur affrontement surhumain, croisant le fer sans arrêt, enchaînant les coups de crocs avec les coups de pieds, l'une passant d'une position de défense à une position d'attaque en quelques secondes, tandis que l'autre faisait l'inverse. Alors que Rouge évitait le corps de Pollie qu'Aiko venait de lâcher, elle tira plusieurs balles sur Atalante qui elle aussi évita la bête parfaitement avant de parer les tirs avec sa lance pour ensuite placer un coup de pied surpuissant dans le sol, faisant trembler toute la plaine.

- Tou ne couriras pas indéfiniment diévouchka, moi si.
- Ha ! Inutile de courir quand je t'aurai écrasée ! Tiens !

À ses mots la demoiselle exécuta une formidable figure aérienne, passant au-dessus de la tête d'Atalante avant d'atterrir sur ses épaules. Rouge poussa alors un puissant sifflement, rappelant tous ses loups dispersés un peu partout dans la plaine à revenir vers elle. Bientôt ce fut une meute interminable qui s'était réunie autour de la guerrière.

- Tou es pleine de sourprise, diévouchka…

Atalante attrapa alors la demoiselle par les jambes et par une figure complexe, parvint à se glisser derrière elle, la pointe de sa lance posée sur son coup de jeune vierge. Les loups, fidèles et dociles, s'immobilisèrent de peur de blesser leur maîtresse.

- Tout comme moi.

- Pendant ce temps, du côté de Dolores -

- À gauche ! Non, pas cette gauche, l'autre !
- Oui voilà, tout droit !
- Il est derrière !

Tandis que la plaine était envahie par des explosions, des projecteurs et des hurlements bestiaux, Dolores et son groupe jouait à colin maillard avec Jason, Adam Lydia et Randon tentant tant bien que mal à diriger leur seul espoir qui, sans ses lunettes, était comme aveugle. De ce fait, la doctoresse tentait de suivre les directions qu'on lui hurlait, mais avec la forte musique ambiante et le bruit des explosions, ce n'était pas chose facile. Jason lui essayait d'abattre son épée sur Dolores mais étant recouverte du même matériau que son arme, elle ne sentait rien et tapait bêtement dans le vide dans l'espoir de toucher quelque chose.

- Je te tiens ! *BOM*
- Non c'est une pierre ça !
- AHA ! *SBAM*
- Cessez de frapper les cailloux, les pauvres !

Le petit groupe quant à lui évitait tant bien que mal les attaques de Jason qui au final se révélait moins dangereux que Dolores qui elle était capable de frapper ses compagnons sans les reconnaître. Dans sa furie, l'adolescent cherchait uniquement à abattre son arme sur quelqu'un, trop frustré de pas pouvoir le faire sur l'homonculus. Ce fut donc au prix de plusieurs minutes que le ridicule capitaine parvint à séparer Adam du groupe et à placer son épée juste sous son menton. Sur le point d'abattre sa lame, il fut surprit par le cri de Randon qui avait rejoint Dolores et l'avait tournée de sorte à être directement en face de son adversaire.

- TOUT DROIT !
- Facile ! YAHAAAAAAAAAAAAH !

Semblable à un troupeau de buffle, Dolores chargea à toute vitesse et prit de court le pauvre petit Jason qui se retrouva avec le coude électrifié et dur comme de l'acier de la doctoresse dans son nez. Le choc fut surpuissant, si bien que Jason fut propulsé dans les airs dans un cri pré-pubère digne d'une femme enrhumée.

- … Adam, dites quelque chose, ce n'est pas vous que j'ai frappé au moins.
- C'est un arbre docteur, je suis ici et non ce n'est pas moi.
- Ah ! Tant mieux, ça m'aurait bien embêté. Il a volé loin ?

Amusée comme une gamine de cinq ans, Dolores retira ses lunettes et en sortit une nouvelle paire de sa poche à la surprise générale. Décrétant que tout aurait été trop simple autrement, l'homonculus fixa les airs, amusée à l'idée de voir Jason retomber, tandis que Randon se colla un enième facepalm, sans doute le dernier.

- Ah ! Je le vois ! Il va tomber sur cette chose là-bas !

- Plus loin -

- Ce n'est pas ta magie de bas étage qui m'aura le rongeur !
- Parle pour toi vieille vipère !

Enchaînant les coups de pilier et de griffes, les deux professionnelles de la métamorphose avaient l'air de deux monstres dénués d'intelligence dont l'immense carrure les contraignait à faire des mouvements ridiculement lents. À force égale, Médée parvenait à repousser les assauts de Pfaa et à faire face à la fureur d'Aiko qui ne se gênait pas pour ramasser tout ce qu'elle trouvait sous la main, notamment le mât du bateau qui finit par lui servir de vulgaire bâton qu'elle abattait sur le crâne écailleux de Médée. Soudain, un cri venant du ciel interrompit le combat, poussant les trois protagonistes à lever la tête et apercevoir une ridicule silhouette tomber comme une pierre en direction de la créatures reptilienne. Cette dernière, aveuglée par le soleil, se prit Jason dans un œil, lui arrachant un cri de douleur et la poussant à fermer les yeux quelques secondes.

Quelques secondes de trop qui permirent à Aiko et Pfaa de retourner la situation, au sens propre du terme, puisque la tanuki et les grands-mères attrapèrent la queue de Médée et la souleva avant de la faire tourner, tourner et tourner autour d'elle puis de la lâcher à la manière d'un lancer de poids au jeux olympique. L'immense créature vola grossièrement dans les airs avant de s'écraser non loin du bateau, là où une meute de loup s'était rassemblée autour de deux jeunes femmes, l'une sur le point d'égorger l'autre.

Cependant, en voyant tous les loups s'écarter, Atalante baissa son attention brièvement, le temps d'apercevoir l'immense masse reptilienne tomber dans sa direction. Figée par la stupeur, elle ne sentit pas Rouge glisser entre ses doigts et lui attacher des pièges à loup aux chevilles avant de s'écarter en rigolant, tandis que l'immense Médée allait atterrir. Prête à accepter son destin, Atalante eut seulement le temps de murmurer un petit « Oh oh… » avant que la femme serpent géante ne s'écrase sur elle.

Le choc fut indescriptible tellement il fut incroyable. Le sol s'ouvrit presque sous le poids de Médée, créant un tremblement de terre suffisamment fort pour que le bateau de GoldFairy ne bascule et tombe sur le côté dans un fracas épouvantable. À la place de la giga Médée se trouvaient les trois membres de l'équipage de GoldFairy, inconscients, les uns sur les autres. Victoire par K.O.

- Haha ! Tu es fait lalaaa  ~♪ GoldFairy !  tibidadam ~♪ Ton heure de Oaaaaah  ~♪ gloire est terminée ! ding ding  ~♪
- C'est impossible !  tidoudam ~♪ Jamais le grand piiiiiiih  ~♪ GoldFairy ne peut perdre ! Lalalaaaa ~♪ Jamais je ne perdrai face à aaaahwn ~♥ … Tiens ? Je ne me souviens pas avoir enregistré un tel bruit…
- Cette fois c'est moi le grand gagn-
- LE VOILÀ !

Une voix profondément virile vint interrompre le cri de gloire de Barbe-Bleue. Ce dernier se tourna alors et aperçut au bas du pilier de GoldFairy trois hommes armés d'une épée (musicale ou pas, qui sait) et vêtus d'une belle cape et d'un attirail de grand cavaliers. L'un d'eux avait le doigt pointé en direction du chanteur et ne se gêna pas pour interrompre le fabuleux combat qui avait lieu.

- Tu es fait Barbe-Bleue ! Anne nous a dit où tu te trouvais, et tu ne tueras plus de femmes une fois que nous t'aurons occis ! Nous sauverons notre sœur !
- Descend de ton estrade, félon !
- N… Non ! Je suis très bien en haut !
- Dans ce cas, mon incroyable générosité va t'aider ~

Profitant de l'occasion, GoldFairy posa son pied sur les fesses de son grand rival et le poussa gracieusement du haut du pilier. Le chanteur barbu poussa un cri peu poli envers le DJ tout en tombant vers les trois hommes, prêts à le réceptionner avec leur épée. Fort heureusement pour lui, Barbe-Bleue fut secouru in extremis par ses groupies zombie qui, à l'aide d'une chaîne de bras, atteignirent leur idole et le firent atterrir quelques mètres plus loin. Le barbu épousseta alors sa barbe, et, voyant les trois frères courir dans sa direction en hurlant, comprit que c'était là l'heure de sa retraite.

- Nous nous reverrons, GoldFairy ! Et la prochaine fois je te vaincraaaaai ! HAAAHAHAHAHAHAH !
- Attrapons-le !
- Iiiiiiih !

Échappant de peu à la lame de ses poursuivants, Barbe-Bleue partit en courant, poursuivi par son armée de zombies et les trois hommes, jusqu'à disparaître dans la plaine, ses cris étant étouffés par la musique ambiante. Profitant de son moment de gloire, le chanteur passa sa main dans ses cheveux dorés et, affublé d'un magnifique sourire brillant, se contenta d'un « Aah ~ » digne des plus grands hommes au sex appeal irrésistible.

Spoiler:
 

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Edward White
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MessageSujet: Re: Manche n°3 – Mélodie du mal   Lun 15 Sep - 12:06


    La masse énorme d’Hercule manqua de peu d’écraser le pied d’Anastasia qui s’interrogeait de plus en plus sérieusement sur l’utilité de l’étreinte qu’Edward portait à la gorge du colosse. Elle n’eut pourtant pas le temps de s’attarder davantage sur la question que le demi-dieux levait de nouveau son arme dans un rugissement guerrier, et l'abattit aussitôt en direction de la lycanthrope. De nouveau Ani esquiva. Elle enchaîna avec une rotation puissante de tout son corps, et décocha un coup de pied ravageur dans la main de leur assaillant afin de lui faire lâcher son arme. L’attaque fut bien plus douloureuse pour elle que pour lui tant elle eut l’impression d’avoir heurté un bloc de granit. Le choc lui fit d’ailleurs perdre l’équilibre.
    Elle tomba assise par terre, les mains dans la terre et le regard levé vers la massue qui tournoyait à l’aplomb de sa tête. Il lui revint alors en mémoire une technique ancestrale et secrète que lui avait légué la kunoïchi Pidipince en récompense pour son apprentissage exemplaire. C’était risqué, très risqué même, mais cette enseignement était connu pour sortir n’importe qui d’un mauvais pas, et compte tenu que son mari était à terre et qu’Hercule venait de se débarrasser d’Edward en le soulevant par la ceinture de son pantalon, elle n’avait guère le choix. Inspirant profondément, elle sentit son pouls s’accélérer, et elle dut attendre le timing parfait pour s’élancer. Son regard croisa celui d’Hercule. Maintenant !

    « Technique secrète ancestrale ! Du sable dans les yeux ! »

    En l'occurrence ce fut plutôt une poignée de terre qu’elle lança en plein dans la face d’Hercule. Le colosse, surpris, vacilla, il relâcha son arme pour venir se frotter les yeux de ses deux gros poings velus. Cela ne fit qu’aggraver son cas, étalant la poussière sur son visage au point de lui donner un petit côté Sioux. Il éternua ce qui déracina tout de même un arbre, avant de reporter son attention sur le trio Wolkoff, de nouveau réuni. Visiblement très tendu, on distinguait sans mal les veines gonflées sur ses tempes et sa nuque. Il poussa un cri rauque, et leva ses deux bras puissants vers le ciel, mettant sur leurs garde les lycanthropes qui lui faisaient toujours face. Le demi-dieux se mit alors à trembler de toute part, avant de se laisser choir au sol, causa la plus grande surprise à Anastasia, Edward et Vladimir, qui échangèrent un regard dubitatif. Un reniflement acheva de les troubler, et ce fut le roi des loups qui osa demander en premier :

    « Il… pleure ?  »

    Le déluge suivit. Un sanglot éclata dans la gorge d’Hercule qui tambourina des pieds et des poings sur le sol, faisant sautiller les cailloux alentours. Il y eut un instant d’égarement entre les loups qui l’observaient mi-perplexe, mi-désespéré, avant qu’Edward ne donne un coup de coude à sa belle sœur, glissant dans un sourire mauvais :

    « T’es un monstre ma parole !
    Mais enfin je…
    C’est un gros chagrin on dirait.  » Ajouta Vladimir qui n’avait pas pensé à mal.

    Cela réveilla pourtant l’instinct maternelle d’Anastasia, qui, après avoir mis sa raclée au mastodonte, s’approcha doucement. Elle récupéra la massue qui pesait bien un quintal, et la traîna difficilement jusqu’à Hercule qui l’attrapa  le plus facilement du monde et l’enserra comme il l’aurait pu le faire avec un doudou. Un doudou très tourd, en pierre et qui avait servi à écrabouiller plein de têtes. Ani eut un instant de flottement, elle jeta un coup d’œil vers les deux frères, levant les yeux au ciel lorsqu’elle vit le sourire de l’aîné, et dans un soupir, elle s’avança un peu plus vers le colosse qui, même assis, faisait sa taille, et tapota doucement son épaule, abandonnant sur un ton qu’elle voulait compatissant :

    « Là… Là, c’est fini. On va débarbouiller tout ça.
    Hercule veut un calin…
    Un ca… Commença la demoiselle avant de jeter un regard noir à Edward qui n’avait pas réussi à contenir un éclat de rire. Bon, bon… Je suppose que je te dois bien ça. »

    Finalement elle obtempéra, songeant qu’il valait mieux s’y plier plutôt que reprendre l’assaut contre un type pareil, au risque qu’il s’éternise et qu’ils restent coincés ici. Elle passa donc ses bras autour du corps massive du musclor, avant qu’une exclamation ne lui fasse tourner la tête. Elle aperçut un peu plus loin Barbe-bleu, qui battait en retraite poursuivit par des individus dont elle ne compris pas les griefs, le plagiat peut-être, avant que son regard ne coule sur la silhouette d’Andréa. Là son sang ne fit qu’un tour et le « câlin » accordé à Hercule, se transforma en un étreinte proche de la clé d’étranglement. Le colosse tenta de faire par de son malaise, mais le souffle lui manqua, et il dut son salut à Vladimir. Ce dernier ayant remarqué le regard assassin de son épouse pour Élise Voelsungen, à qui Andréa ramenait tranquillement sa fille, il se précipita à leur rencontre afin d’apaiser les tentions et d’éviter à Hercule une mort lente et douloureuse.
    Judicieusement, Edward préféra éviter de se mêler à l’affaire, bien que le plaisir d’aller embêter Aldrick le chatouilla grandement. Il profita plutôt que l’attention ne soit plus portée vers lui pour chercher le meilleurs moyen de régler une bonne fois pour toute cette affaire en atomisant Goldfairy qu’il lui fallait maintenant rejoindre.

    Ce dernier n’était pas dur à trouver, la récente débâcle de Barble-bleu n’ayant fait qu’augmenter son naturel narcissisme et son déhanché de superstar. Visiblement, l’absence de son micro ne le dérangeait nullement, et en gloire à lui même, il avait reprit un de ces couplets farfelus glorifiant sa « lubric activity » d’une voix tonitruante.
    Le principale problème c’était que l’énergumène dandinait du bassin à plusieurs mètres de hauts et qu’il était impensable pour Edward de gravir ne serait-ce que trois mètres de ce promontoire, sans compter qu’il était également hors de question qu’il retourne récupérer les deltaplailes. Son regard dépareillé parcourut les lieux et s’arrêta très naturellement sur les arcs d’une impressionnante baliste qui dépassait du pont du navire récemment renversé sur le côté. Le sourire de quelqu’un qui allait faire une grosse bêtise étira ses lèvres, et ce fut au pas de course qu’il rejoignit le cordage qui leur avait permis, un peu plus tôt, de monter à bord.

    Il s’excusa auprès du petit groupe composé de Jason, Atalante et Médée, empilés les uns sur les autres et sur lesquels il grimpa pour réussir a récupérer la corde, écrasant avec un plaisir certain le visage de Jason avant de se hisser à la force de ses muscles, gagnant sans difficulté la coque, désormais à l'horizontale. Bien évidemment, il aurait été trop simple que la baliste soit déserte, tout comme l’Argo, de manière à ce qu’Edward puisse profiter très tranquillement de l’arme de destruction massive dont il disposait. Encore est-il qu’il eut de la chance dans son malheur, car loin du monsieur muscle, tel Hercule, ou de la combattante aguerrie qu’était Atalante, ce fut aux jumeaux Castor et Pollux, visiblement remis de leur affrontement avec Silwia et très excités par l'agitation qui avait renversé le bateau, qu’il eut affaire.
    Les deux jeunes gens riaient aux éclats en bombardant la foule au gré de leurs envies, visant tout de même Jason — qui avait tôt fait de récupérer l'usage de ses jambes dans l'espoir de retrouver son idole — avec une régularité qui ne devait rien au hasard. Edward s’abstint tout à fait de souligner que l'adolescent était dans leurs camps et tenta une approche discrète en songeant qu’en s’y prenant bien, il devrait pouvoir les assommer en les frappant l’un contre l’autre. Hélas, dans sa précipitation, il ne vit pas le piège tendu par les deux énergumènes. Son pied se prit dans une corde qu’il tendit en avançant, déclenchant un vacarme insupportable s'ajoutant à celui déjà ambiant, et qui fit tourner le regard des deux garçons dans sa direction. Le loup recula aussitôt, prêt à combattre, mais à sa grande surprise, les deux frères lui allaient lui faire une toute autre proposition.

    « C’est ça que tu veux pas vrai ? Demanda le premier en pointant du doigt l’arme.
    Déstresse papi, on veut bien de la laisser.
    Pardon ? Interrogea Edward qui ne savait pas encore si c'était le« papi », ou la proposition de céder l'arme qui le choquait le plus.
    Ouais ! On s’ennuie là !
    C’est pas drôle de canarder de loin !
    Alors on veut bien te laisser la baliste de Goldy.
    Mais à une condition.
    Laquelle ?
    Tu nous racontes une blague !
    Et une drôle ou on tu deviendras notre seule cible ~ »

    Le sourcil d’Edward se souleva très lentement, pris de court par cet ordre des plus originaux, qui lui fit bêtement entrouvrir la bouche. Toutefois, devant le regard insistant des jumeaux, il se reprit et afficha un air de profonde réflexion. Les secondes passèrent, durant lesquels il s’échina à farfouiller ses souvenirs à la recherche d’une blague, se rendant rapidement compte qu’il ne faisait pas partie des personnes qui pouvaient en déballer à la pelle. Mais enfin ! L’une d’elle lui revint. Ce ne fut pas sans une grimace car elle était de haut vol et de très loin. Reprenant une attitude plus naturelle, il leva l’index, indiquant :

    « Je préfère vous prévenir. C’est mon frère qui me l’a racontée, aussi je ne garantis pas sa fiabilité. Je préfère ne jamais savoir comment elle lui a été confiée d'ailleurs… »

    Edward se prépara psychologiquement, espérant de tout cœur que cette seule et unique « blague » que contenait son répertoire, suffirait à lui faire éviter le tir au loup-garou. Il laissa un silence s’installer, s’étonnant quelque peu du vif intérêt que lui portaient les garçons et commença d’une voix posée après s’être mûrement raclé la gorge :

    « C’est l’histoire d’un pingouin, qui respirait par les fesses. Un jour, il s’assoit, et il meurt. »

    Et c’était tout. Un silence de mort régna durant de longues et interminables secondes avant que Pollux ne pouffe, essayant d'étouffer un éclat de rire en plaquant ses mains sur ses lèvres, les joues gonflées par l'air qui s'agglutinait derrières elles. Castor eut moins de scrupule à laisser éclater un gloussement qui vira rapidement au ricanement. Et puis se tombant dans les bras l'un de l'autre, ce fut le fou rire. Edward en resta complètement bouche bée, mettant de longues minutes avant de comprendre qu'il venait de passer haut la main le challenge sans même avoir eut à mettre un petit coup de poing par-ci, par-là. Ce ne fut pas sans lui manquer d'ailleurs, mais enfin, il avait réussi son coup. Les jumeaux le saluèrent en essuyant les larmes qui leur étaient montées aux yeux et quittèrent très précipitamment leur poste, pressés de pouvoir raconter leurs nouvelles blague au premier venu. L'heureux élu fut d'ailleurs Hercule, qui dut avoir beaucoup de mal à comprendre l'intitulé car pas moins de cinq minutes s'écoulèrent entre le moment où Castor et Pollux lui rapportèrent le « trait d'esprit », et l'instant où son gros rire s'éleva.

    Cela laissa tout son temps à Edward pour installer le mécanisme, charger la baliste d'un bon sceau rempli d'œufs explosifs, avant de mettre en ligne de more Goldfairy toujours en pleine ode à lui même.

    Et feu !

    Les projectiles fusèrent, mais pas un seul n'atteignit sa cible. La majorité colora l'herbe au sol, les voiles éparpillées ou les arbres, arrachant un grognement à Edward qui réarma aussitôt l'arbalète XXL.

    Feu !

    Cette fois-ci, il avait beaucoup mieux visé, un exploit le concernant, et le promontoire complet du DJ se retrouva badigeonné des plus improbables mélanges de coloris. Toutefois l'artiste eut soit énormément de chance, soit son improbable déhanché était en réalité une technique d'esquive redoutable, car pas un des œufs qui lui étaient destinés ne l'atteint. Une rotation lui fit éviter une bombe bleue, un limbo le sauva d'une rouge, un coup de postérieur et il s'épargnait une coloration mauve. On ne put malheureusement pas en dire autant du pauvre Dracula qui se retrouva avec le visage d'un schtroumph et le postérieur d'un poussin, ce qui lui épargna tout de même une dispute avec son homologue qui ne se risqua pas sur le champs de bataille.
    Edward resta très vexé de cet échec et il dut prendre sur lui pour ne pas réduire en miette la baliste dans la seconde. Sa patience légendaire l'invita cependant à charger l'appareil de tout son stock d'œuf qu'il amoncela sans pitité ni réflexion aucune.

    Et f…

    « Fais moi monter. »

    Edward sursauta. Il tourna ses iris vers Eurydice qui l'avait rejoint dans sa discrétion habituelle. Elle leva vers lui ses yeux cernés, et il sembla aussitôt au loup que refuser lui aurait causé beaucoup d'ennuis. Il l'invita donc très poliment à prendre place, ne faisant pas cas du regard charmeur de Marcelus qui tenta de lui refourguer son numéro, expliquant qu'il serait ravi d'occuper un corps comme le sien dès qu'il aurait passé l'arme à gauche. Le loup jugea tout de même préférable de tirer avant que l'asticot n'essaie de lui envoyer un baiser, et ce fut dans une grimace à cette simple idée qu'il s'empressa d'actionner le mécanisme.

    Feuuuu !

    Un paquetage de plusieurs centaines d'œufs explosifs, un asticot coureur de dépouilles et une ex-fiancée folle furieuse fut donc projeté droit sur Goldfairy. Ce dernier évita de la même manière les mini-bombes, se permettant même un moon walk de la victoire, avant que la voix rauque d'Eurydice ne perturbe son groove.

    « OOOOOOOOOOOOOOORRRRPHÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉEEEEEEEEEE !!
    Iiiiiiiiiiiiiiiih !! »

    L'impacte fut atroce. Eurydice heurta te plein fouet le DJ, s'agrippant à lui sous les conseils de Marcelus qui encourageait avec force sa propriété, lui rappelant avec le plus de détails possible comment son ex petit ami avait pris la poudre d'escampette lorsqu'il avait fallut aligner les frais de leur réservation, au Tartare, au bord du Styx. Le duo fut d'ailleurs projeté hors de la plate-forme, et entreprirent une chute vertigineuse au cours de laquelle la demoiselle eut tout le loisir de défigurer, à grand coup de crâne, la figure de Goldfairy. Ils auraient très probablement terminés en bouillies sans l'intervention inopinée d'Hercule.

    Guidé par Anastasia, avec qui il avait l'air de désormais très bien s'entendre, il rattrapa le duo qu'il sépara aussitôt. La lycanthrope récupéra la demoiselle qu'elle contint au mieux, quand le colosse s'occupait du DJ au visage boursouflé qui ressemblait désormais à s'y méprendre à la statue explosée par Hercule lors de l'arrivée d'Andréa et Lazare. Une bonne chose, il n'aurait pas à refaire le décoration immédiatement comme cela, en revanche, il était à parier que cela ferait la une des magazines peoples.

    Terrassé, Goldfairy ne demanda pas son reste et tout l'équipage de l'Argo ré-embarqua précipitamment. Ils manquèrent d'oublier Jason que les jumeaux avaient réussi à pendre par le caleçon au bout du branche, mais Médée le fit récupérer par Paul et Polly. Sous le regard des présents, le navire se redressa dans un grincement sinistre, et ce fut au bruit d'une pétarade qu'il s'éleva lentement vers le ciel. Peu avant de disparaître dans l'horizon, on entendit de nouveau la mélodie du dernier single du DJ s'élever et enfin, le silence.

    Le soulagement fut immense, mais rapidement, il fallut trouver une solution pour rentrer. La foule se dispersa, certains prenant le parti de rejoindre la première ville venue, d'autres reprenaient des forces. Une idylle naquit également entre le Dracula peinturluré et Eurydice qui semblèrent merveilleusement bien s'entendre, la belle ayant toujours eu un faible pour les canines proéminente quand le vampire semblait tout à fait conquit par la jointure instable de ses articulations et Marcelus n'étant pas contre résidence secondaire il vit d'un très bon œil ce rapprochement. Les nouveaux tourtereaux quittèrent à leurs tours les devant de la scène, quand une multitude d'ombres tâcha le sol de la plaine.
    Edward mot sa main en barrière de ses yeux, levant la tête vers le ciel où il reconnu sans mal la silhouette d'un troupeau d'animaux qui lui étaient familiers. L'un d'eux se posa. C'était un pégase, et il était monté par un individu bien connu du loup-garou qui ne put retenir un grognement désespéré lorsqu'il entendit :

    « Persée dépannage à votre service ! Pour un vol au gaz 100 % naturel !
    Pitié… Murmura le roi des loups, complètement dépité.
    Pinnoch' m'a dit qu'vous étiez en galère. J'vous emmène à la gare la plus proche ?
    Ah ! Ce monsieur Pinnochio est vraiment quelqu'un de bien ! Lança joyeusement Vladimir, très heureux de cette rencontre qui lui permettait d'étudier l'équidé légendaire en détail.
    Trop génial, lâcha Lazare, tandis qu'Andréa avait déjà été adopté par l'un des pégases qui lui fourrait ses naseaux dans ses cheveux.
    Je rentre à pied ! Reprit Edward en tournant les talons.
    Mais non ! Enfin, c'est une race cousine des chevaux, tu n'as rien à craindre ! Expliqua Vladimir qui connaissait l'amour fou entre son frères et ce mammifère.
    Ça a la tête d'un cheval, les pattes d'un cheval, l'arrière train d'un cheval, et ça vole ! C'est le pire animal qui puisse m'être donné de monter !
    Frouuuuuussard ~ Glissa Ani en lui donnant un coup de coude.
    Je tiens juste à ma vie !
    Tu parles ! Le grand Edward White a les pétoches ~
    Ani ! Ce n’est pas comme ça que tu le convaincra !
    Tu peux monter avec moi si tu veux. » Annonça naturellement Andréa qui avait l’habitude de côtoyer des chevaux depuis son enfance, et caressait, d'ailleurs, avec une grande simplicité la tête de l’un des l'animaux.

    Edward détourna le regard et croisa les bras, une moue de gamin vexé déformant ses lèvres, le sourire vainqueur de Vladimir et Anastasia, qui savaient qu'il ne dirait pas non à son neveu, achevant de l'agacer. Finalement poussant une exclamation de dépit, il lança en agitant les bras d'une manières peu ordonnée, signe de son malaise :

    « Bon d'accord ! Mais c'est uniquement pour m'assurer qu'il ne t'arrive rien !
    Évidemment ! » Répliqua Andréa dans un éclat de rire.

    Et quelques heures plus tard, tout était rentré dans l'ordre.





Troisième et dernière manche terminée !


Et voilà, notre évent estival s’achève sur la cuisante défaite de l’équipage de l’Argo et une folle aventure pour tout le monde. Un grand merci pour votre participation !

J’espère que vous vous êtes autant amusé que moi à passer ces épreuves farfelues, personnellement ça a été une joie de lire vos trouvailles et d’imaginer vos personnage dans cet univers illogique où tout était permis !

On espère toujours vous avoir aussi nombreux pour la suite et on souhaite une bonne rentrée a tous ceux ayant déjà retrouvés les bancs de l’école !

Encore merci à tous !
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Manche n°3 – Mélodie du mal

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