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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Parmi les morts [Gabriel Delcroix]

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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Jeu 6 Fév - 21:12

Quatre années avaient passé. Dans le doute et la tristesse, dans l'espoir et la déception. Et pourtant, pas une seule fois cela ne lui avait traversé l'esprit... jusqu'à cette nuit-là. Quelques secondes à peine avant d'entrer sur scène, il avait eu comme une révélation, acclamée par les applaudissements de la foule derrière le rideau. Pas une seule fois depuis son arrivée au Cabaret en tant que pianiste l'envie pressante de quitter la scène pour vaquer à des occupations plus importantes ne l'avait secoué. Le piano était tout pour lui. Rien n'était jamais plus important que de monter sur scène. Toutefois, cette nuit-là, il ne pensait qu'au moment où il jouerait la dernière note.

Dominik n'arrivait pas à croire qu'il n'y avait pas pensé plus tôt. Il était forcément stupide. Toutes ces années il s'était demandé si sa bien aimée avait finalement mis fin à ses jours comme elle l'avait tant désiré... Il n'avait jamais su pourquoi elle était partie si subitement pour la France, alors que le moment était finalement venu, ni ce qu'elle comptait y faire. Il était temps d'en avoir le cœur net. Si elle était passée de l'autre côté, il ne la chercherait plus en vain parmi les vivants. Cette nuit, il irait au cimetière. C'est ce qui le démangeait tant depuis le début du numéro. Même le chant ravissant de June ne pouvait lui changer les idées de place. Il était plus que temps.

À peine le rideau fut-il fermé que Dominik avait déjà quitté la scène et entamé sa route jusqu'au hall. La nuit était fraîche. La lumière de la lune presque pleine n'éclaira pas ses pas bien longtemps. De gros nuages gris sillonnaient le ciel noir et venaient cacher l'astre telles des ombres menaçantes. Le pianiste remonta ses épaules pour se réchauffer, plus comme une habitude que parce qu'il avait vraiment froid. Après tout, il n'était lui même qu'un courant d'air en quelque sorte. Il piqua à travers quelques terrains pour sauver du temps. La nuit était jeune, mais le temps pressait. Il ne pouvait plus attendre une seconde de plus. C'était insupportable.

Le cimetière du Père-Lachaise était le plus grand cimetière au cœur de Paris. Il arriva devant l'imposante arche à l'entrée et s'arrêta net un moment, comme importuné par sa grandeur. Il aurait pu se trouver devant Cerbère gardant la porte des Enfers que cela aurait été du pareil au même. Il se sentait tout petit devant les portes de cet endroit obscur où reposaient dans un calme sinistre des centaines d'âmes qu'il s'apprêtait à déranger.

Les tombes s'étendaient de chaque côté de lui dans une mer bruyante de silence. Dominik s'avança entre les tombes, hésitant. Il n'avait franchement aucune idée par où commencer. Du choix, il n'en manquait pas... mais il lui faudrait des heures pour en trouver une précise, et il n'avait aucune certitude que celle qu'il cherchait puisse même exister. Il soupira. Il lui arrivait d'être flemmard quand l'envie lui prenait. Il continua d'avancer, plus ou moins attentif aux noms qui défilaient. La mer de pierres tombales qui s'étendait sur des kilomètres l’accablait. Au bout de quelques minutes, il s'assit sur une tombe, les bras ballants. Son regard bleu se posa alors sur la lune et les quelques étoiles qui perçaient les nuages. Il fallait se faire à l'idée, il ne la retrouverait jamais...

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Dernière édition par Dominik Steadworthy le Dim 15 Juin - 7:10, édité 1 fois
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Gabriel Delcroix
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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Dim 2 Mar - 18:12

Qu'est-ce qu'il faisit au cimetière en plein milieu de la nuit ? Sachant que Gabriel ne s'aventurait que rarement en ces lieux, on pouvait effectivement se poser la question. Mais à vai dire, il n'y avait pas de réelle explication à sa présence ici. Il avait tout simplement fini ici sans s'en rendre compte, ayant laissé ses pas le guider sans trop faire attention où il allait. Cela ne lui arrivait pas souvent, mais ça arrivait. La preuve. Cette nuit, il avait tout simplement eu envie de se vider un peu la tête et de s'éloigner du tribunal où il passait le plus clair de son temps pendant quelques heures. Il fallait dire qu'il travaillait beaucoup. Certains diraient même qu'il travaillait trop. Mais qu'est-ce que ça pouvait bien leur faire ? Son travail, c'était sa vie. Il n'avait que son travail auquel se raccrocher, la seule constante dans son existence depuis quelques années déjà.

Bien entendu, il savait qu'il ne pourrait pas agir ainsi éternellement, après tout, il ne tenait pas à éveiller les soupçons à son égard. Tôt ou tard, les gens finiraient par remarquer qu'il ne vieillissait pas, qu'il avait toujours les mêmes traits que lorsqu'il avait commencé. Enfin, avant que cela n'arrive, il avait probablement encore quelques années devant lui. Ensuite, il verrait ce qu'il ferait. Pour l'heure, il n'y pensait pas, c'était totalement inutile.

Ce soir, il ne voulait plus penser à rien et pourtant, certaines pensées, certains souvenirs refirent surface, des souvenirs qu'il aurait préféré oublier l y a de cela longtemps. Il avait beau paraître froid extérieurement, lui aussi avait des sentiments, ressentait les émotions, bien qu'il s'efforçait de les réprimer. Car c'étaient ces émotions qui avaient eu raison de lui par le passé, qui avaient même failli avoir raison de sa santé mentale. Et il était hors de question qu'une telle chose se reproduise. Alors, il avait décidé de se fermer à tout et à tout le monde. C'était mieux ainsi - aussi bien pour les autres que pour lui-même.

De plus, une existence solitaire lui convenait parfaitement. Il n'avait de comptes à rendre à personne et il n'avait à s'inquiéter pour personne. Que demander de plus ? Et tant pis si les gens le qualifiaient de glaçon, d'insensible, de sans-coeur et j'en passe. Tout cela n'avait aucune importance.

Alors pourquoi ? Pourquoi se sentait-il tellement mélancolique ce soir ? Au final, chacun avait ses moments de faiblesse, même lui. Il soupira lorsqu'il se rendit compte qu'il avait fini au cimetière. Sérieusement ?

Enfin, maintenant qu'il était là, autant y jeter un oeil. Il se mit alors à déambuler dans les allées, lisant les différentes inscriptions sur les tombes. Certains noms lui étaient connus, d'autres non. Ah oui. Voilà pourquoi il n'aimait pas les cimetières. Cela lui rappelait à chaque fois que le temps passait, que les gens finissaient par disparaître. Tous, sauf lui. Bon, d'accord, il n'était pas le seul dans ce cas-là, mais c'était sans doute là l'une des raisons pour lesquelles il avait décidé de ne se rapprocher de personne, de ne s'attacher à personne. Peur de souffrir ? Sans doute. Car la souffrance, il ne la connaissait que trop bien et il avait assez donné dans le domaine.

Alors qu'il s'apprêtait finalement à revenir sur ses pas, il crut entendre un bruit. Il aurait pu passer son chemin, mais quelque chose le poussa à aller voir. Avec la vague de meurtres qui sévissait en ville actuellement, on n'était jamais trop prudent. Ou plutôt, il voyait là une occasion de briller si jamais c'était lié. Allons bon. Le voilà qui s'imaginait que le tueur se cachait au cimetière. Et pourquoi pas, d'abord ?

Quoiqu'il en soit, il se rapprocha assez pour distinguer une silhouette assise sur une tombe. Un homme, manifestement. D'ailleurs, Gabriel avait vaguement l'impression de le connaître. Se rapprochant un peu plus, il finit par distinguer ses traits. Il le connaissait, en effet. Du moins, de vue. Cet homme était l'un des artistes du Lost Paradise. Gabriel s'y rendait assez souvent pour le savoir.

"Drôle d'endroit pour méditer."

Sérieusement ? Pourquoi diable s'était-il montré et adressé à ce type ? Bah, il était trop tard pour ça maintenant. Il ne faisait que se montrer poli, rien d'autre. Ce n'était pas comme s'il cherchait à discuter avec quelqu'un.

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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Ven 30 Mai - 16:56

La lune était belle. Quelques nuages venaient la couvrir ici et là, mais elle était belle, encore plus que d'habitude. Elle brillait d'une lumière plus dorée qu'argentée et semblait le double de sa taille habituelle. Elle n'était pas entièrement pleine, mais elle ne tarderait pas à l'être. Cela la rendait encore plus imposante et pourtant si réconfortante.

Dominik soupira. Il aurait aimé que la lune ait le don de parole. Ou encore mieux, qu'elle soit quelqu'un. Elle avait toujours su lui remonter le moral, d'une façon ou d'une autre. La lune était le seul témoin de ses longues nuits qu'il passait à retourner dans son esprit milles souvenirs et regrets, à se torturer. Seule la lune était présente pour lui dans ces cas-là, seule la lune était présente pour le relever et le remettre sur le droit chemin. Il aurait bien voulu lui demander conseil cette fois-ci pour qu'elle puisse le guider dans sa recherche de Sylwia. Mais il était seule dans cette quête sans espoir. Il aurait dû être déjà de retour entre les tombe à vérifier chacun des noms minutieusement, au lieu de quoi il restait là, installé sur une tombe, inerte. Toute son énergie l'avait quitté. Il avait beau essayer, rien n'y faisait. Il n'arrivait plus à bouger un seul membre. Il lui sembla alors percevoir du mouvement tout près.

« Drôle d'endroit pour méditer. »

Dominik sursauta. Cette voix... elle s'élevait du néant, de la noirceur complète. Elle venait d'outre-tombe! Chouette, un ami! De quoi foutre les jetons à n'importe qui, sauf à lui. Après tout, n'était-il pas mort lui-même? D'ailleurs, il trouvait ce cimetière plutôt vide pour l'heure. Ou peut-être avaient-ils tous trouvé le repos éternel...? Tous sauf un, visiblement. Le pianiste observa la silhouette de longues secondes avant de répliquer, à la fois curieux et hésitant quant à la réponse qu'il voulait fournir. Il était loin d'être là pour méditer, plutôt pour répondre à ses questions incessantes qui le perturbaient depuis trop longtemps. C'était dans un élan de quasi désespoir qu'il s'était rendu en ces lieux, qui le rendaient franchement mal à l'aise, et non pour une simple contemplation des étoiles, aussi belles soient-elles. Se retrouver dans un cimetière en sachant que son corps matériel reposait quelque part dans un tel lieu de l'autre côté de la mer le troublait. Il n'aurait su expliquer ce qu'il ressentait, mais c'était ainsi. Et pour une quelconque raison, les paroles de l'individu l'avaient blessé.

« Je ne vous ai pas demandé votre avis. »

Sa voix était morne et sans énergie, avec une légère pointe de rancune. Dominik leva son postérieur de son siège et s'avança vers la silhouette tapie dans l'ombre pour mieux la détailler. Une fois un peu plus près, il lui sembla l'avoir déjà croisé quelques fois. D'une carrure droite et imposante, le revenant se demanda l'espace d'un instant s'il avait bien fait de s'adresser à lui sur ce ton. Oh, et puis pourquoi pas? Que pouvait-il bien lui faire? Le dévorer? Soyons sérieux un instant (non, jamais!). Néanmoins, Dominik n'arrivait pas à replacer sa petite tête à lunette dans sa mémoire. Il se hasarda quand même.

« Ne vous aurais-je pas déjà croisé quelque part? Au Lost Paradise, peut-être? »

C'était l'hypothèse la plus plausible, en effet, mais il sentait le besoin de le demander quand même. En dehors de ses promenades en ville où il ne remarquait que très rarement les autres, perdu dans le flot de ses pensées, l’affluence de clients au cabaret lui permettait de croiser une quantité phénoménale de visages. La plupart de ses connaissances de Paris venaient de là, d'ailleurs. Certaines le reconnaissaient en dehors des murs de l'établissement, mais c'était très souvent parce qu'ils l'avaient vu jouer sur la scène du Lost (et avaient été éblouis par son immense talent par le fait même).

Prenant équilibre contre un arbre en attendant la suite, il ne put s'empêcher de se demander s'il s'agissait d'un revenant, comme lui. Qui d'autre viendrait au cimetière en pleine nuit? D'accord, toutes sortes de gens, mais tout de même... Il ne le distinguait pas encore assez bien pour pouvoir le dire, mais quelque chose d'inhabituel se dégageait de lui. Si c'était le cas... peut-être en saurait-il plus à propos de la tombe de Sylwia, si elle existait bel et bien. Dominik jeta un coup d’œil vers la lune, toujours aussi majestueuse. Elle l'avait entendu.

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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Mar 28 Oct - 19:46

Gabriel regrettait déjà d'avoir adressé la parole à ce type pour le moins étrange? Ce dernier semblait être sur la défensive et Gabriel n'avait absolument pas envie de se prendre la tête avec qui que ce soit. Il poussa un soupir imperceptible, ne bougeant pas d'un poil. Ce fut d'ailleurs l'inconnu qui finit par se déplacer pour venir se planter devant lui - sans doute pour mieux le distinguer. L'avocat l'observa en silence tout en considérant ses options. Il pouvait partir tout de suite et éviter d'éventuelles questions ou alors rester un peu et satisfaire sa propre curiosité au sujet de la présence du pianiste ici. Bah, en même temps, pourquoi s'y intéresserait-il ?

Finalement, le jeune homme reprit la parole. C'était d'un ennui. Mais parler de choses insignifiantes faisait partie des convenances. Il fallait passer par là quand on voulait faire plus ample connaissance avec quelqu'un. Sauf que cela n'intéressait aucunement Gabriel.

"En effet, c'est possible. Je m'y rends régulièrement."

A vrai dire, il appréciait les passages sur scène de l'artiste, étant lui-même pianiste à ses heures perdues.

"J'apprécie votre façon de jouer."

Dieu que tout ceci était agaçant. Il n'avait, au fond, aucune envie de discuter. Alors pourquoi ne s'en allait-il pas tout de suite ? Il regarda autour de lui, ne pouvant s'empêcher de se remémorer certaines choses en voyant les tombes. Son passé était si lointain et pourtant si proche, toujours présent dans ses souvenirs, bien que cela faisait longtemps qu'il ne se rendait plus malade à cause de ça. Le passé appartenait au passé, il le savait et pourtant... il ne parvenait pas à oublier. Toutefois, il avait réussi à enfermer ses sentiments et même ses émotions dans un coin tout au fond de son être.
Il observait toujours le pianiste, se demandant quel genre de créature il était. Car contrairement aux humains, il savait très bien qui était vraiment les artistes du Lost Paradise. Bah...non pas que cela fût d'une importance quelconque. C'était tout au plus un soupçon de curiosité.

"Avez-vous un proche enterré ici ?"

Sa voix était neutre, indifférente. Il avait dit ça simplement pour faire la conversation car au fond, les raisons de la présence de cet homme ici lui importaient peu. Comment ça, c'était paradoxal ? Non, en fait, il tenait de se convaincre du fait que ça ne l'intéressait pas, mais au fond, il voulait des réponses. Ah, des réponses. Ces choses que l'on cherchait constamment tout au long d'une vie et même d'une existence.
En observant toutes ces tombes, Gabriel ne put s'empêcher de penser que jamais il ne serait à la place des personnes dans ces cercueils. Le repos éternel, il ne connaîtrait jamais. A moins d'être très malchanceux et encore. Il ignorait s'il y avait une vie après la mort pour les vampires, mais il savait qu'il y en avait une pour les humains. Les fantômes existaient, après tout.

Qui était ce type, au juste ? Il n'avait pas l'odeur d'un humain ni d'aucune créature qu'il connaissait. Fantôme ? Après tout, ça se tenait dans un tel endroit. Peu importe.

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Dominik Steadworthy
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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Ven 10 Juil - 17:43

Le dos contre le grand arbre, les jambes croisées au niveau des chevilles pour ne pas s'entremêler dans les racines, le revenant continuait de détailler son vis-à-vis sans arriver à se faire une idée sur son identité. Il ne se surprit pas face à sa réponse affirmative suite à la question qu'il lui avait d'abord posé. Maintenant qu'il en avait la certitude, il se rappelait en effet l'avoir vu à plusieurs reprises dernièrement. En dehors de ses apparences sur scène et de quelques discussions avec ses collègues, Dominik n'avait rien d'autre à faire que d'observer. C'est ce qu'il savait le mieux faire. Il connaissait presque toutes les habitudes des clients qui venaient le plus souvent. Les verres qu'ils prenaient, le numéro qui les émoustillait le plus... C'était à s'en demander comment il avait fait pour ne pas reconnaître son partenaire de balade nocturne d'un seul coup d’œil.

Il fut flatté d'entendre qu'il aimait ses performances, même si cela semblait plus d'une réplique de convenance qu'une vérité immuable. L'habitué du Lost semblait chercher un exutoire quelconque pour se sortir de cette conversation pour le moins banale. Qu'avait-il donc de si mieux à faire en ces lieux pour chercher à s'échapper de cette situation? Dominik plongea dans ses pensées. Peut-être avait-il des fantasmes particuliers qui le poussaient à venir déterrer le corps de jeunes vierges pour faire toutes sortes d'activités. Une balade au musée entre amoureux, tiens, pourquoi pas. Ou bien une petite traversée de la Seine, se servant du corps comme barque. Il secoua légèrement la tête pour retrouver un minimum de raison. D'où lui étaient donc venues ces curieuses images? Ce n'est qu'après un bon moment que le pianiste remarqua que celui-ci le détaillait également. Puis, celui-ci se prononça à nouveau.

Un proche... Dominik voulut répondre non sans attendre, puisque les possibilités étaient peu probables. Toute sa famille vivait en Angleterre et y avait toujours vécu  de ce qu'il en savait. Il avait certes quelques parents éparpillés du côté de l'Irlande et de l'Écosse et seulement une cousine qui avait marié un médecin allemand et s'était donc installée dans le comté du Bretzel, mais il n'avait jamais entendu parler de parenté du côté de la France. Néanmoins, il se ravisa de répondre en repensant à ce qui l'avait mené ici, à sa douce... Elle n'était pas officiellement de sa famille, mais comptait pourtant tellement plus que chacun des membres de celle-ci réunis. Son regard se figea dans le vide l'espace de ce qui lui sembla être une éternité. Il se rappela tous les vieux souvenirs qu'il se remémorait presque tous les jours depuis des années. Son visage de porcelaine, ses cheveux fins, son regard triste...

« Peut-être... », répondit-il alors sans vraiment sans rendre compte, revenant doucement à la réalité.

Les courtes minutes inattendues qu'il avait passé à discuter avec cet homme lui avaient changé suffisamment les idées pour qu'il en oublie son objectif. Et soudainement, la douleur lui revenait et semblait encore plus grande qu'avant. Il n'était plus certain s'il avait réellement envie de savoir, tout d'un coup. Pas ce soir... Pourtant, quelque chose le poussa à s'écarter.

« Excusez-moi... », lança-t-il d'une voix absente.

Si elle était morte elle aussi, rien ne garantissait qu'elle était une revenante. Il n'en avait pas croisé des masses depuis son arrivée. Peut-être y avait-il une autre destination après la mort. Il ne le saurait que s'il réussissait à s'y rendre. Mais comment? Néanmoins, si Sylwia était toujours en vie, rien n'indiquait non plus qu'elle était à Paris. Il avait parcouru une bonne partie de la Bretagne à son débarquement en France, posant des tonnes de questions concernant la femme qu'il aimait sur son chemin par le sud de la Normandie, zigzaguant à travers quelques villes du Pays-De-La-Loire jusqu'au Centre. Jamais personne n'avait entendu parler d'elle, tout comme lui... Jusqu'où s'était-elle rendue? Et si elle avait quitté la France comme elle avait laissé derrière elle l'Angleterre. Comme elle l'avait laissé lui, brisant la promesse qu'ils s'étaient faits, brisant ses rêves et son avenir, sans prévenir d'avance... Elle l'avait abandonné.

Dominik s'éloignait d'un pas las, sans vraiment regarder où il allait. Ses pensées qui se livraient bataille dans sa tête lui embrouillait la vue. Elle l'avait laissé tomber. Pourquoi devrait-il continuer à la chercher? Parce qu'il ne comprenait pas pourquoi. Pourquoi elle était partie si brusquement, et pourquoi ici. Pourquoi elle lui avait fossé compagnie. Pourquoi.

Le pianiste avait oublié la présence de l'homme non loin derrière lui. La douleur était telle que, s'il avait encore possédé un corps de chair et d'os, il aurait pensé mourir. On aurait dit que ses entrailles avaient explosé. Il s'arrêta, exténué. Posant la main quelques instants contre une tombe, il se laissa glisser par terre, à bout de souffle. Malgré tout cela, même s'il n'avait que cette envie, aucune larme ne parvenait à apparaître. Et c'était peut-être mieux ainsi. De son point de vue, Dominik aperçu l'habitué du cabaret, cet homme mystérieux qu'il ne parvenait à identifier entièrement, toujours à sa place. Il ne pouvait dire s'il l'observait, mais il était à peu près certain qu'il avait remarqué en bonne partie son malaise. La grande question était de savoir s'il allait considérer cela comme une porte de sortie à prendre sans hésitation ou s'il allait réagir. Il ne voulait cependant pas montrer de faiblesse devant lui.

L'énergie particulière qu'il dégageait intriguait le revenant. Il tentait de reprendre le dessus sur lui-même. Il se demanda si Sylwia pensa même à lui de temps en temps... Il ne devait pas se laisser tomber dans un tel état... Il ne trouva pas la force de se lever tout de suite, mais jeta un coup d'oeil insistant vers l'homme un peu plus loin. Il ne pouvait l'expliquer, mais il avait envie d'en connaître plus sur lui. Et c'était la solution la plus évidente dans le moment pour l'aider à oublier toutes les pensées sombres qui étaient venues le torturer en ces lieux. S'il s'agissait d'une conséquence de la présence peu joyeuse de cet individu, il devait en avoir le cœur net.

« Qui êtes-vous? », lança-t-il d'une voix un peu plus forte.
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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Mar 17 Nov - 0:36

Il était vrai que Gabriel n'avait pas spécialement envie de discuter, mais d'un autre côté, quelque chose chez son interlocuteur l'intriguait fortement. Et puis, il aimait sa façon de jouer du piano, ce n'était pas un mensonge. Peut-être se sentait-il inconsciemment un peu plus proche de lui parce qu'il jouait lui-même du piano et affectionnait particulièrement cet instrument. Oui, peut-être. Il poussa un petit soupir imperceptible en entendant la réponse du pianiste à sa question. Apparemment, il n'avait pas très envie de discuter non plus. Ou du moins, ça en avait tout l'air. Alors pourquoi insistaient-ils, tous les deux ? C'était très étrange. Et puis, pourquoi "peut-être" ? Bah, le vampire n'avait aucune intention de se mêler des affaires d'un inconnu. Ni de qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Il n'insista donc pas.

S'en suivirent de longues minutes de silence pendant lesquelles le jeune homme semblait totalement perdu dans ses pensées. Il était peut-être temps de partir, du coup...Sauf que quelque chose d'inattendu se produisit. Le pianiste sembla soudain pris d'une certaine douleur et s'effondra presque au sol. Gabriel avait tout vu car même s'il faisait sombre et que l'autre était un peu plus loin, l ne fallait pas oublier qu'un vampire, ça a une excellente vision. Il demeura un instant sur place observant toujours. Au moins, le jeune homme n'avait pas l'air d'être sur le point de mourir. Et puis...l'avocat était tout sauf un bon samaritain. Ils s'observaient mutuellement, à présent. C'était ridicule. La voix de l'autre se fit à nouveau entendre, sa crise - ou quoique ce fut - sembla passée, même s'il restait à terre.Il s'avança donc vers lui et s'arrêta juste à côté.

"Gabriel Delcroix."

Il était vrai qu'il ne s'était pas présenté et puis, il n'avait aucune raison de cacher son nom. Il doutait que l'artiste aille crier sur tous les toits que le célèbre avocat aimait traîner au cimetière, la nuit tombée.

"Pouvez-vous vous lever ? Si vous avez un quelconque problème de santé, je vous conseille d'aller voir un médecin."

Bien entendu, il espérait ne pas devoir en venir à emmener ce type chez le médecin ou un truc du genre. Il se tut à nouveau et leva les yeux vers le ciel étoilé. La nuit était plutôt paisible, alors même que les pires dangers pouvaient se tapir dans l'ombre, non loin d'eux. Non pas que Gabriel avait peur, ce serait ridicule. Il s'interrogeait quand même sur le "peut-être" du pianiste et sur la nature de ce dernier. Toutefois, il ne pouvait pas simplement le lui demander, c'était évident. Alors, il décida tout bonnement de poursuivre avec les banalités.

"Je joue moi-même du piano. Voilà pourquoi j'apprécie tout particulièrement votre art."

Autant parler de piano, un sujet qu'il abordait sans le moindre souci. Néanmoins, c'était quand même étrange qu'il veuille poursuivre la discussion. Peut-être qu'au fond, il se languissait quelque peu de compagnie, quelle qu'elle soit... oui, il avait beau tenter de se convaincre de n'avoir besoin de personne et d'être très bien tout seul, au fond, ce n'était peut-être pas tout à fait vrai. Et puis, il n'y avait pas de mal à échanger quelques banalités, après tout.

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MessageSujet: Re: Parmi les morts [Gabriel Delcroix]   Jeu 17 Déc - 11:18

Le souffle lui manquait toujours, mais au moins il se sentait mieux. Il ne parvenait pas à comprendre ce qui s'était produit. L'homme, qui disait se nommer Gabriel, s'était approché de lui. De là où il se tenait, toujours assis par terre, son vis-à-vis semblait plus grand qu'auparavant. Ce dernier le regardait du haut de sa carrure. Vu d'en dessous, la faible lumière des lampadaires au loin et des étoiles découpant l'ombre sur son visage plus distinctement, ses traits semblaient mesquins et menaçants. S'il n'était pas déjà mort, le dos déjà contre une pierre tombale devant ce quasi-inconnu, Dominik aurait pu croire que son heure était venue. Cela aurait tout de même été un bon endroit pour mourir, songea-t-il. Déjà sur place.

« Pouvez-vous vous lever ? Si vous avez un quelconque problème de santé, je vous conseille d'aller voir un médecin. »

Le revenant refoula une soudaine envie de rire. Il imaginait la tête que ferait le médecin en question en réalisant après analyse qu'il ne vivait déjà plus. Bien sûr, il n'avait pas besoin d'aller consulter, d'autant plus que cela créerait tout un émoi s'il y allait. Nul doute que le big boss du Lost n'apprécierait pas trop la blague. Dominik essayait de se convaincre mentalement de se lever pou montrer à Gabriel qu'il se portait bien et éviter que ce dernier n'insiste pour l'emmener à l'hôpital, mais il se sentait étonnement très confortable dans cette position.

Puis, il se souvint de la raison de sa visite en cet endroit. Il n'avait pas porté attention au nom gravé sur la tombe sur laquelle son dos était appuyé. Se pouvait-il que... Il se retourna vivement. William F. Aubert. Non. Ça ne se pouvait pas, évidemment. La voix de Gabriel, qui ne semblait pas avoir remarqué sa distraction, attira son attention à nouveau.

« Je joue moi-même du piano. Voilà pourquoi j'apprécie tout particulièrement votre art. »


« C'est très aimable à vous, répondit l'Anglais, avant de se demander s'il s'agissait réellement d'un compliment. Hum, vous jouez depuis longtemps?»

Maintenant qu'ils avaient mis son métier et passion sur la table, sa position d'infériorité l'incommodait quelque peu. Sans vraiment réfléchir, il tendit le bras en direction de Gabriel, en attente d'une aide, puis se rappela que le commun de mortels avaient l'habitude de demander poliment. Il songea à se raviser, mais n'en fit rien. Son bras était déjà levé, après tout.

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