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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 O Brother where art thou ? || Félicien

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Llewyn O'Malley
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Date d'inscription : 01/01/2014

MessageSujet: O Brother where art thou ? || Félicien    Dim 20 Nov - 19:48

« Stay here little one, Imma be quick I’m tellin’ ya. »
« Please Fels I’ll be so quick you wont even know I left. We need to find something to bloody eat. »
« Don’t worry I’ll be fine. »

Des mensonges tous ça, des mensonges.


Il y avait dans l’air cette odeur de sang et de poudre. Ce maelström d’horreur était tombé d’un coup sur le petit marché de ville portuaire. Il y a à peine un instant quelques marchands hurlaient à qui vendait le plus beau poisson, les petites tables aux nappes colorées exposaient des paniers remplis de pomme de terre, les poules gloussait gentiment.
Et puis, dans la seconde le temps sembla s’être arrêté alors que les soldats anglais débarquaient sur l’esplanade.  La perception du temps tend à changer dans les instants de panique, ou peut -être était-ce du au fait de se souvenir, mais Llewyn s’était senti comme anesthésié, tout son corps et son esprit comme cotonneux et amorphe dans l’horreur de l’instant. Il était peut être en train courir. Il était surement en train de courir. Il était en train de courir.
Mais les gens eux couraient en sens inverse. Une vague, un tsunami, une marrée humaine fébrile et désordonnée au milieu des poules et des pomme de terres maintenant écrasée, les coups de feu électrifiant l’air.

Félicien. Félicien. Félicien.

C’était la seule pensée qu’il avait en tête en écartant comme il pouvait gens sur son passage,recevant divers coups, les balles sifflant à ses oreilles.

Félicien !

Il n’était plus certain d’avoir crié, ou juste pensé son nom très fort avant de sombrer, frappé d’un coup à la tête plus cinglant que les autres.


Llewyn se réveilla en sursaut cognant au passage sa tête contre le bas plafond de la mansarde. Grognant il se retourna sur le matelas miteux portant une main à sa tête pour faire passer la douleur. Il fronça les sourcils et laissa sa main retomber sur le parquet, soulevant un petit nuage de poussière, là où filtraient quelques rayons pâles de soleil matinal. Le jour venait de se lever. L’Irlandais resta un moment pensif, sentant comme une sorte de boule se former dans sa gorge l’obligeant à serrer ses lèvres. Il avait trop peur de fermer les yeux pour plus de quelques secondes. Les souvenirs lui revenaient en flashs, désagréables comme de la bile acide jetée sur l’écran de ses yeux. Il senti une boule poils chaud s’installer sur sa main et griffer ses doigts, rouvrant les yeux il se retrouva nez à nez avec son compagnon roux lui lançant un regard concerné. Il lui caressa la tête avant de ce lever. Pauvre petit bête qui n’aimait pas le voir triste.

L’eau glaciale de la douche sur son visage ne fit rien pour l’aider à débarrasser sa tête de ses idées noires; Il y a des matins comme ça. Il avait peut être pensé que la chaudière qui ne marchait jamais et cette eau hivernale allaient l’aider à glacer sa cervelle, la ralentir et l’empêcher de penser. Il était bien naïf. Il passa une de ses mains contre ses poignets marqués de fines cicatrices blanches, avant de les perdre dans ses cheveux. Des gouttes d’eau formaient des petites flaques sous ses pieds tandis qu’il sortait de la cabine de douche qui grinça dangereusement. Elle avait du connaitre de meilleurs jours, pauvre vieillerie. Il eut un rire amer tout en songeant que le même constat pouvait s’appliquer à sa personne. La glace ébréchée et bossue vaguement posée sur une étagère lui renvoyait un reflet. Celui d’un homme fatigué, un homme sans âge qui paraissait aussi vieux que jeune et dont les boucles brune tombaient devant des yeux tout aussi sombres. D’une main il retraça le contour de ses pommettes marquées et de la barbe qui lui mangeait le visage.

« Llewyn, chaton, tu es sûr que ça va ? »
« Hum.. ? Oh, oui… oui. Merci pour tout Elsa. » Répondit-il, le nez dans son café. Le Macchabée Geignard était vide à cette heure si matinale, il n’y avait qu’eux deux : Elsa d’un côté du comptoir s’affairent à ranger ses verres, Llewyn de l’autre pensant peut être se noyer dans son café. Le reste de la salle, tout en poussière et chaises retournées semblait si familière, intimiste.
« Y’a pas de quoi, c’est bien le minimum que j’puisses faire chaton. J’aime mieux te savoir avec un toit sur la tête de temps en temps, et pis, tu m’rends bien la pareille en m’filant un coup de main ».
Il se contenta de lui sourire avant que son regard ne se reporte sur la vase au bout du comptoir. Il contenait quelques fleures, toutes fanées. Une main glaciale se posa sur son bras, une main morte.
« Chaton… Tu es certain que ça va ? »

Il hocha la tête distraitement ne lâchant pas les fleurs du regard. Elles étaient mortes et sèches, leurs pétales se détachaient un à un alors que l’eau dans laquelle reposaient leurs tiges avait pris une couleur jaunie. Elles lui rappelaient avec amertume que les choses qu’il contemplait avait tendance à mourir avant lui.
C’est si éphémère la vie. Et lui était condamné à la constance.


La journée avait fini par passer. La nuit était tombée. Inévitablement. Parfois Llewyn se sentait comme prisonnier enfermé entre quatre murs, (et dieu sait qu’il détestait être enfermé) obligé de compter les jours. S’il avait du faire une croix sur le mur pour tous les jours passés,même la cathédrale de notre-dame n’aurait pas été assez grande.
Assis au bord d’un quai, les pieds dans le vide et l’eau sale de la seine coulant sous lui, aussi sombre qu’une pinte de Guiness il serrait dans ses mains calleuses une bouteille d’un quelconque whisky déjà bien entamée. Il fit glisser ses doigts autour du goulot puis, dans un rayon de lumière que lui offrait un vieux lampadaire se perdit dans la contemplation de sa paume. Elle était abimée et pleine de corne sur les phalanges, quelques épines s’étaient d’ailleurs glissées sous sa peau. Il avait passé la journée sur les quais, ayant trouvé un petit boulot de docker d’un jour pour aider a charger quelques bateaux. Il était payé des clopinettes, mais c’était toujours ça de pris, puis, ça l’empêchait de penser. Il avait beau eu reprendre une douche dans une des douches publiques de Paris, il n’avait pas réussi à enlever la sciure et le cambouis qui s’était glissé ça et la sous ses ongles. Il se laissa aller contre le pied du pont, s’offrant une nouvelle rasade du liquide brun. Il allait peut être passer sa soirée à boire jusqu’à s’endormir là. Même le chat était parti faire un tour loin de lui. Il rejeta ses yeux noirs sur dans les remous de la Seine. Avec un peu de chance il pourrait boire jusqu’à s’endormir et finirai par tomber dans cette eau sombre. Il refréna un hoquet puis soupira, posant une main sur son visage, serrant la bouteille de l’autre. A quoi pensait-il ? Rita serait bien capable de venir chercher sa dépouille au milieu de ce bras de la seine, et il n’avait pas envie de s’exposer à son courroux même dans l’au-delà. Et Il avait une Lizzie sur laquelle veiller… en parlant d’elle, il lui semblait que lors d’un de ses derniers babillages incessants elle avait vaguement évoqué un inconnu qui avait fait les mêmes yeux que lui. Il ne savait pas pourquoi ce souvenirs lui revenait ainsi, après tout Lizzie avait tendance à s’émerveiller de tout et de rien. Une fois, elle l’avait obligé à rester tranquille pendant qu’elle observait ses yeux à la lumière d’une bougie et il avait du inventer un beau mensonge pour ne pas éveiller les soupçons quant à leur véritable nature. Tout ça ne le renvoya qu’a des souvenirs trop désagréables qui finissaient par se cacher et mourrir dans un coin de sa tête. Comme des bêtes malades.

Il avait le coeur au bord des lèvres et dans l’âme un tourbillon noir du même acabit que ceux qui agitaient les eaux de dame Seine. Rinçant sa gorge une fois de plus, il se laissa aller à baisser les yeux, les paupières presque closes ne laissant filtrer qu’un peu de l’image de l’eau, les sens éteint,comme endormi.

« Oh all the money that e'er I spent
I spent it in good company
And all the harm that e'er I've done
Alas, it was to none but me .. 
»
Il avait la voix un peu rauque, d’avoir trop bu et trop fumé. Du moins c’est ce qu’il se disait. Il se souvenait de cette chanson, une chanson populaire qu’il avait eu l’habitude de chanter avec d’autres, à la fin de célébration ou autres funérailles. Il se souvenait aussi l’avoir chanté sur les routes avec Félicien et leurs compagnons d’infortune, fuyant le pays tant qu’ils le pouvaient, marchant le jour et se réchauffant la nuit dans des camps de fortunes. Il restera sa prise contre le goulot de la bouteille.

« And all the harm that e'er I've done
Alas, it was to none but me
And all I've done for want of wit
To memory now I can't recall
So fill to me the parting glass
Good night and joy be with you a-..
 »

Soudain, il senti une main se poser sur son épaule. Il s’était perdu dans sa chanson et avait oublié que les quais pouvaient être un endroit peu sûr. Son sang ne fit qu’un tour et d’un réflexe rapide il attrapa le bras et coinça l’inconnu contre le pied du pont, une main sur sa gorge. Il n’était pas si violent d’habitude, mais la surprise et l’interruption de ce moment l’avaient rendu nerveux.
La lumière des lampadaires, douce et changeante révéla le visage de l’inconnu, et ses pupilles se plantèrent dans des yeux semblables aux siens
Non.
Sa main desserra son emprise.
Non. Impossible.
Les mots, s’il avait voulu en dire, se bloquèrent dans sa gorge tandis que sa main tremblante de spasme, fébrile et terrifiée effleura des doigts ce visage qu’il connaissait par coeur. Il se senti chanceler un instant, comme sous le coup d’une fièvre, d’une émotion trop forte, et d’un espoir qui avait tellement peur d’être déçu.
Il effleura le visage à nouveau, ses mains tremblant toujours comme possédée et s’attardant sur l’angle de la pommette il sentait sous sa peau la chaleur de cet autre, contre son épiderme le rêche contact de poil de barbe. Une image du passé se superposait à celle du présent dans la lumière malicieuse des lueurs parisiennes.
Il pris une respiration déchirante, se rendant compte qu’il l’avait retenue tout ce temps. Et si ces traits paraissaient être un mirage, cette odeur, cette odeur ne le trompait pas.

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