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Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Les frères Lenoir préseeeentent...!

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Morgan Lenoir
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MessageSujet: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Lun 20 Aoû - 23:24

*le projecteur se braque sur la scène tandis que le rideau s'ouvre*

Mesdames, mesdemoiselles z'et messieurs !

En c'jour exceptionnel, Follet et Fadet ont l'HONNEUR d'poster pour vous des textes I-NÉ-DITS, qui trainaient jusqu'à tantôt dans des dossiers secrets, pour le seul plaisir d'vos grands yeux z'éblouis ! Numéros époustouflants, fusions magiques et anecdotes fraternelles vous s'rons données t'à voir, pour la plus grande joie des p'tiots z'et des grands !

*le projecteur s'éteint*

...Oui, bon, ce sont à la base des textes qu'on s'échangeait avec Freddy par mp, et qu'à la demande de certains, nous nous sommes décidés à rendre publics. À la base, ils n'avaient pas vraiment pour vocation à finir sur le forum, alors on ne peut qu'espérer qu'ils vous plairont... Et quoi qu'il advienne : pas taper nous ! What a Face

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Morgan Lenoir
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MessageSujet: Re: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Lun 20 Aoû - 23:25

En coulisse, Morgan regardait droit devant lui, les mâchoires serrées. Dans son dos le rideau de velours ondulait mollement, ébranlé de temps à autres par les manœuvres des machinistes. Fred était pour l’heure à ses côtés, mais pour ce numéro, il devrait d’abord se présenter seul face à la foule : le scénario exigeait que le cracheur de feu ne le rejoignît qu’après le prologue. Il baissa la tête, ferma les yeux, expira lentement, comme il avait appris à le faire pour se donner une contenance.

Enfin, les préparatifs ayant été effectués, le rideau se dégagea tout à coup pour révéler un paysage de montagne en toile de fond. Sur le plateau, des rochers en papier mâché dessinaient comme l’entrée d’une caverne. Le silence se fit dans la salle. L’acrobate patienta encore un instant ; puis il entra en scène d’un pas leste. Sur son visage, un sourire espiègle avait spontanément pris la place de son expression préoccupée : il se devait de faire bonne figure, autant qu’il anticipait avec plaisir la suite du numéro.

Il s’avança vers le public d’une démarche assurée, qui caricaturait délibérément celle de Frédéric, et mit un genou en terre, son armure factice étincelant sous le feu des projecteurs.

« Nobles mesdames, z’et nobles sires,
Je suis venu pour vous servir ;
Et au nom du Christ et tout ça,
J’vais tuer l’monstre qu’hante nos États ! »


Pour cette soirée, il serait un prétendu chevalier, venu terrasser un féroce dragon incarné par Fred. Ç’avait été une trouvaille de Freddy, cette histoire, d’ailleurs, comme souvent, mais il se targuait d’y avoir apporté quelques bonnes idées aussi, notamment sur la fin.
Il fit mine de peiner à se relever sous le poids des plaques de métal, qui en vérité ne pesaient pas plus lourd que ses costumes ordinaires, et se dirigea à pas feutrés vers les blocs de pierre qu’il pointait de son épée, toujours sans cabrioles.

« Il vit par là, de c’qu’on m’a dit…
C’est dans cette grotte qu’est son abri. »


Plaqué contre l’une des colonnes, il passa discrètement la tête devant l’ouverture, comme s’il craignait d’être vu par la chose qui vivait là. Puis, avec une grimace, il se retourna vers les spectateurs en se bouchant le nez, agitant devant lui l’une de ses mains.

« Pouah ! Et ça pour sûr, quelle odeur !
Ça sent pire qu’aux fesses d’une bonne sœur ! »


De premiers rires s’élevèrent dans la salle. Morgan écarquilla les yeux avec une mimique ridicule, posa fébrilement un doigt sur ses lèvres, et agita les mains pour leur intimer le silence.

Trop tard.

Un jet de flamme s’échappa de la cavité, puis un deuxième, bientôt suivis d’un Frédéric en habit de dragon. Il avait sur la tête un énorme masque qui lui donnait une allure disproportionnée, tout en laissant deviner son visage au travers de la gueule béante. Le reste de son corps était enveloppé dans une étoffe rougeâtre qui scintillait, attachée à ses bras comme des ailes, et qui contrastait avec la cape bleue de l’hydre.

De nouveaux gloussements amusés jaillirent à la vue de la créature improbable, mais pour le moment, on était encore surtout dans l’expectative.

Le faux reptile regarda à droite à gauche avec d’étranges mouvements de tête – imitant en cela certaines attitudes passées de Morgan, ce que la salle ne serait malheureusement pas en mesure d’apprécier –, avant d’arrêter son regard sur le jeune homme qui lui faisait face. Il décrivit un cercle autour de lui tandis que l’autre reculait craintivement contre les rochers, la main sur la garde de son épée.

« Queuqu’c’est que ça ? Un chevalier ?
Dire qu’j’commençais t’à m’ennuyer !
Tu tombes à pic, pauv’ bécasson !
J’aime les humains – pour mon gueul’ton ! »


Le mage approcha sa torche de ses lèvres, et souffla à l’endroit où se trouvait Morgan une gigantesque flamme, qui sembla envelopper l’acrobate, puis se dissiper en ne laissant derrière elle que des cendres. Visiblement satisfait, il se retourna vers le public, salua, et esquissa le mouvement de regagner sa tanière.

C’était sans compter sur la tête de l’hydre qui reparut plus haut, derrière les rochers, où il s’était réfugié d’un bond. Ne laissant affleurer que ses yeux, il épiait le manège du dragon. Puis, au moment où ce dernier passa à sa portée, il s’élança, et, avec un saut périlleux, il atterrit tout droit sur ses épaules, l’épée fièrement brandie.

L’animal surpris sursauta, se débattit, cabra, tentant de se débarrasser du guerrier qui le chevauchait tant bien que mal. Morgan, au-dessus, prenait à chaque secousse une nouvelle position, manquant à de nombreuses reprises de perdre l’équilibre, pour finalement se restabiliser comme par miracle. Tout du long, il agitait son épée en l’air, mais sans jamais parvenir à atteindre sa cible déchainée.

« Arrière, arrière, dragon fumeux !
J’vais t’casser la tête en moins d’deux !
Le pourfendage, ça me connait !
Tu r’verras pas l’jour se lev-eeeeeeh !!! »


Fred venait de lui donner une impulsion qui le propulsa en avant. Il plongea la tête la première et toucha le sol quelques mètres plus loin, dans une roulade.

Aussitôt, le dragon s’élança sur lui avec une nouvelle gerbe de feu, qu’il n’évita qu’au tout dernier moment d’un salto désespéré. Le duel se transforma en une sorte de danse effrénée, le monstre chargeant à grand renfort de flammes, tandis que son adversaire esquivait, enchainant les pirouettes, les glissades et les vrilles, qui souvent le transportaient au sommet des éléments du décor.

« Voilà aut’ chose ! Saute pas comme ça !
C’est une puce que j’combats ou quoi ?
En plus tu jacasses comme un gueux.
T’as jamais lu d’bouquins sérieux ? »


Le garçon ripostait parfois et envoyait des coups d’épée, que l’animal évitait ou parait de sa torche dans un nuage d’étincelles.

« Les livres j’y ai pas trop mis l’nez,
Mais j’sais m’servir de mon épée !
Tu peux bien rire et bien causer :
Moi j’vas t’occire dans mon parler ! »


Le face-à-face dura encore quelques minutes, durant lesquelles les combattants se rapprochèrent de plus en plus. Il se changea en véritable corps-à-corps, qui donna lieu à une série de passes cocasses : Morgan profitait des inspirations exagérées que prenait le pyromancien pour rouler par-dessus son dos quand il se penchait, ou se faufiler entre ses jambes pour échapper à sa furie ; quant à Fred, il arborait systématiquement un air confus, à chaque fois qu’il découvrait que son ennemi avait disparu de devant lui.

Le dragon finit cependant par acculer le chevalier à l’un des murs de la grotte, ne laissant à celui-ci d’autre choix, pour échapper à sa colère, que de s’enfuir, jambes en avant, dans une course qui n’avait strictement rien d’héroïque, pendant qu’il le pourchassait et se rapprochait dangereusement.

Morgan, avec un petit cri aigu, se jeta sur une corde qui pendait sur scène, et commença à l’escalader. Arrivé au sommet, il regarda son adversaire, et releva les jambes aussi haut que possible des deux côtés de sa tête, pour s’assurer qu’il était hors d’atteinte – adoptant ce faisant une posture particulièrement comique, fesses vers le bas. En-dessous de lui, le dragon reprit son discours, avant de remplir profondément ses poumons d’air. Les spectateurs égayés retinrent leur souffle.

« T’aurais jamais dû v’nir ici !
Tu f’ras un excellent rôti !
Toi qu’en voulais à mes écus,
J’vais pas m’gêner pour t’cramer l’- »


Au moment où l’animal s’apprêtait à en finir, il l’interrompit, sur le ton de la défensive.

« C’est pas pour l’or que je viendais !
C’pour son Altesse que t’as enlevé !
La plus grande beauté du royaume…
J’veux l’épousailler pour m’faire homme ! »


La lumière se tamisa alors légèrement, et un halo illumina un câble tendu qui surplombait la scène. Les deux antagonistes, immobiles, levèrent les yeux vers lui. Un pied timide s’avança calmement dans un chausson noir, puis un second. Au-dessus, c’était une silhouette encapuchonnée qui progressait sur le fil avec une grâce éthérée. À chaque pas, elle semblait sur le point de prendre son envol par effet de l’élasticité de la corde, sur laquelle elle oscillait avec légèreté. Elle défiait la gravité par de lents mouvements, qui soulignaient la souplesse de son corps élancé. L’agilité de l’équilibriste valait sans conteste celle de Morgan ; mais il s’en dégageait un sentiment d’élégance qui tranchait assez radicalement avec la frénésie burlesque des deux jumeaux. Enfin, du haut de son promontoire, elle exécuta une roue soignée, s’inclina, et s’assit sur le fil, les pieds suspendus dans le vide.

Le dragon tourna les yeux vers son adversaire, qui la contemplait toujours, les yeux éperdus d’adoration. À cette vue, et contre toute attente, il éclata soudainement de rire, se tenant les côtes à deux mains et se roulant presque par-terre. Le regard confus du chevalier retomba aussitôt sur lui.

« Celle que t’es venu sauver
A c’que d’autres ont pas, il est vrai :
C’est qu’ta damoiselle en détresse,
C’est un prince et pas z’une princesse ! »


À ces mots, Narcisse laissa retomber son capuchon en arrière, et adressa à Morgan un petit signe de la main plein d’embarras.

« Je suis le prince Sigismond,
J’aime la magie et les dragons…
Je m’étais laissé capturer
Pour mieux pouvoir les étudier. »


L’hydre tourna la tête vers le prince, puis vers le dragon, puis vers le prince, et cela à plusieurs reprises, avec sur les traits une expression parfaitement déconcertée. Amusée de sa pantomime, autant que du comique de la situation, la salle se gaussait.

Il sembla enfin reprendre ses esprits, et se laissa glisser jusqu’au sol, sans cacher sa déconvenue.

« Alors celle-là, c’est la meilleure !
V’là qu’ma promise est un seigneur !
Mais qu’importe vot’ Majesté :
J’m’en vas quand même vous délivrer ! »


Au moment où il touchait terre, ses yeux avaient déjà retrouvé leur éclat de détermination. Ses lèvres s’étirèrent dans un sourire fougueux et il se jeta sur son ennemi, qui, cette fois, ne vit pas le coup venir. Il ne l’esquiva qu’avec peine. Les assauts succédaient aux feintes ; le guerrier paraissait danser avec son épée. En plus d’une occasion le reptile manqua de finir transpercé : les gestes, de plus en plus brutaux, qu’il effectuait pour se défendre, trahissaient sa rage montante.

Avec violence, il finit par envoyer valser l’épée de Morgan à l’autre bout de la scène d’un coup de son flambeau. Pendant que celui-ci s’élançait pour s’en ressaisir, il attrapa un paquet de torches qui trônait au pied d’un arbre mort du décor, et les enflamma. Quand le chevalier se retourna, il le découvrit qui jonglait, dessinant entre eux comme un mur de flammes tourbillonnant.

« Pauvre fou ! J’vais t’brûler tout vif !
Tu s’ras plus grillé qu’un rosbif !
Viens un peu par là, pipelette :
J’vais t’couper l’goût des galipettes ! »


Morgan tenta d’attaquer – sans succès. Fred se rapprocha de lui, tandis que ses torches décrivaient dans l’air des figures variées. Elles passaient au-dessus du câble sur lequel se trouvait Narcisse. Ce dernier, pour les éviter, devait faire preuve de talent et de réactivité : un tour autour de la corde ; une arabesque ; un grand écart. Il en attrapa une au passage, qui manqua de lui arriver en pleine figure. Les plus investis de l’assistance témoignaient successivement leur anxiété et leur soulagement.

Sans prévenir, le mage souffla soudain une langue de feu en direction de l’hydre, qui dut plonger au dernier moment pour l’éviter. Il atterrit lourdement sur le sol, à plat ventre. Sous l’effet du choc, son épée lui échappa de nouveau des mains.
Le dragon en profita pour rassembler ses torches en un bouquet flamboyant, et, sans pitié, s’apprêta à souffler… En le voyant faire, Morgan se laissa retomber sur le sol, couvrant vainement de ses bras l’arrière de son crâne.

« Arrêtez cette barbarie !
Je veux pas voir de ça ici !
Puisque j’vous dis qu’j’suis magicien !
Je suis là pasque j’le veux bien ! »


Et, avant qu’ils n’aient eu le temps de réagir, le prince, perché sur sa corde, porta la torche qu’il tenait encore à la main devant lui. Il en fit jaillir un véritable brasier, bien plus imposant que toutes les flammes qu’avait pu cracher Freddy depuis le début du numéro, qui sépara les combattants. Le public ignorerait qu’il ne provenait pas du dérisoire flambeau, mais des poumons incandescents du funambule.
Les adversaires se figèrent, sidérés.
Puis Morgan se redressa d’un bond, après avoir récupéré son épée.

« Un prince-dragon ! C’est sorcellerie !
- Tu crois qu’des flammes m’filent la pétoche ? »

Le dragon et le chevalier avaient répondu presque en même temps. Leurs regards se croisèrent, noirs, et ils reprirent leur posture de combat, oublieux du prodige auquel ils venaient d’assister. Témérairement, ils s’élancèrent de nouveau l’un vers l’autre, Frédéric brandissant ses torches, Morgan sa lame, pour un ultime assaut.

« Prépare-toi à êt’ refroidi !!!
- Et toi à passer l’arme à gauche !!! »

Narcisse se redressa, avec une grâce et une autorité qui lui donnaient un air intimidant aussi bien que fragile. Quand il parla, ce fut d’une voix vibrante, qui trahissait une émotion que d’aucun pouvait croire incongrue, au regard des gags bouffons de l’intrigue.

« Arrêtez, que j’dis, nom de non !
C’est moi qui dirige ce canton !
Vous voyez pas qu’vous vous r’ssemblez ?
Bêtes et têtus comme des mulets ! »


Il tendit brusquement ses deux mains en avant en direction des adversaires, au moment où ils allaient se rentrer dedans. À ce signe, Fred les enveloppa, lui et Morgan, d’une grande flamme violacée, pour donner l’impression qu’ils venaient de recevoir un sort. C’était son premier feu magique de la soirée ; il ne les brûlait pas. Pendant les quelques secondes qu’il dura, le mage décrocha de ses bras le tissu qui lui servait d’ailes : en retombant, il se révéla former un drapé identique, par sa coupe, à la cape que portait son frère. Celui-ci, de son côté, en profita pour attraper à deux mains le masque de dragon, et l’envoyer valdinguer derrière les rochers de la caverne. Les spectateurs, aveuglés, n’en virent naturellement rien.

Aussitôt que la flamme eût disparu, ils découvrirent donc devant eux le chevalier du début, indemne, et, en face de lui, un deuxième garçon, qui présentait le même visage, et presque la même tenue – à la couleur près. Les deux frères se dévisagèrent d’un air estomaqué, comme s’ils se contemplaient l’un l’autre pour la toute première fois. Puis, après de longs moments de silence passés à se regarder ainsi, bouche béante, leur stupéfaction éclata sur la scène à grands cris.

« Tonnerre de feu !!! Et mes écailles ?!...
- T’as volé ma tête, sale canaille !!!
- T’as toujours la tienne, t’plains pas trop !
Queuqu’j’vais dev’nir, moi, sans mes crocs… »


Le dragon métamorphosé baissa les yeux vers son nouveau corps et le palpa, constatant l’étendue du changement. Il tourna sur lui-même pour tenter d’apercevoir son dos, sans y parvenir. Il semblait parfaitement déboussolé.

Morgan posa à son tour les yeux sur l’épée qu’il tenait, sans paraître savoir qu’en faire, ni comment se comporter. Puis il releva la tête vers son double, et, comprenant bien qu’il ne pourrait de toute façon jamais lever la main sur ce jeune homme à la mine anéantie, qui en plus du reste arborait ses traits, il soupira et rangea sa lame dans son fourreau. Après quoi il s’approcha de son jumeau, avec une gestuelle un peu gauche.

« Allez, t’mets pas dans cet état… »

Fred jeta un coup d’œil dans son caleçon, avant d’adresser au public un regard chargé de détresse.

« Ma queue est même plus derrière moi !!! »

(Quelques rires gras.)

Le cracheur de feu, insensible à autre chose qu’à son malheur, se laissa tomber, dépité, sur l’une des pierres qui bordaient la caverne ; Morgan l’y rejoignit d’un pas prudent, s’assit à côté de lui, et posa sur son épaule une main réconfortante – fraternelle.
Il lui sourit.
Frédéric lui adressa en retour un regard égaré, mais déjà plein de confiance.

L’hydre conclut la scène sur une promesse, prononcée d’un ton sincère et rassurant :

« Je t’apprendrai à être humain… »

– Il lui ébouriffa affectueusement les cheveux. –

« …Et puis ma tête, elle te va bien. »

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MessageSujet: Re: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Lun 20 Aoû - 23:36

Du coup c'est mon tour avant de changer d'avis :p
On continue donc avec un bout de truc qui trainait dans un coin poussiéreux de mon ordi )o)
Enjoy.

PS : ah et au fait, hésitez pas à nous dire c'que vous en pensez hein =)

--------------------

La salle de répétitions, qui sert aussi de coulisses lors des spectacles du soir, est l'une des salles les plus intéressantes si vous souhaitez comprendre ce lieu mystérieux. Elle en est le cœur, autant que le bureau du Patron en est la tête. Passons donc la scène et rapprochons-nous-en tandis que des voix s'en élèvent :
- Nan, Morgan j'ai dit nan !
Un silence, une voix plus calme répond trop bas pour qu'on l'entende. Posons la main sur le rideau avant de l'écarter.
- Nan mais paske tu vas t'cramer ou quoi, encore, pis d'toutes façons c'que j'fais tu pourras p-- Nan mais j'ai dit nan Morgan... Morgan !

Écartons le rideau et entrons dans la pièce sans nous faire remarquer et restons en retrait derrière un des décors. Au centre de celle-ci, on ne voit qu'un garçon, l'un des Lenoir, qui a les larmes aux yeux mais le visage fermé, énervé. Une larme coule sur sa joue, qu'il essuie rageusement. Il dit à quelqu'un devant lui qu'on ne voit pas encore :
- T'es pas logique. T'es jaloux. Je te dis, je veux apprendre. Les humains le font, t'es pas logique Fred.
Apparaît un autre garçon – le même – qui tient à la main une torche allumée qu'il agite dans son énervement.
- Arrête de dire « les humains » c'est dangereux.
- Arrête d'me dire ce que j'dois faire.
- Mais tu sais pas c'que tu dois faire !
- Je sais ce que j'VEUX faire !
Les jumeaux se taisent. Un silence s'installe et ils reprennent chacun de son côté l'entrainement du jour. Morgan fait mine de s'étirer ; il fixe son frère d'un regard noir. Il pleure toujours sans pouvoir s'arrêter. Frédéric l'ignore, allume une deuxième torche et se met à jongler, dos à son frère.

Ça dure comme ça quelques secondes, puis soudainement Morgan se redresse et se met à courir. D'un bond il saute sur le dos de Freddy qui tangue sous la surprise mais tient bon.
- MORGAN !
Celui-ci ne dit rien, il sourit gaiement, les joues toujours mouillées et agrippe les épaules de son frère, sur lesquelles il se hisse sur les genoux et il se tient au crâne du jeune mage. Confiant envers l'équilibre et la résistance de celui-ci, il se penche alors en avant, appuie son ventre sur le crâne du frangin,croise les mains derrière sa nuque et zieute le visage de son frère par en-haut. Celui-ci fulmine. S'il bouge son frère tombera, il ne peut que résister et lui crier dessus.
- Morgan, descends d'là !
D'un mouvement de tête, Morgan refuse.
Frédéric, n'y tenant plus, prends ses deux torches dans une seule main et s'agite. La lutte dure un moment, pendant lequel Morgan se marre, puis il finit par tomber par terre en riant malgré la chute. Frédéric a failli tomber aussi en l'éjectant, mais il se redresse et le fixe en silence.

Ils s'observent un instant comme ça : Morgan à terre, les joues humides mais les yeux rieurs, un sourire satisfait plaqué sur le visage ; Frédéric debout, qui se masse une épaule et le fixe d'un œil mauvais. Morgan finit par dire :
- Je t'apprends si tu m'apprends.
Freddy soupire, regarde ailleurs, serre les dents. Finalement il bougonne :
- On a d'jà essayé, t'sais bien que j'saurais pas.
Morgan fait « non » de la tête.
- Si tu saurais. Il fait un geste vague vers son frère. Ça c'est pas dur. Des humains le font. Y crachent aussi du feu.
- Arrête de dire « humains », tu saoûles.
Morgan s'essuie les joues et tend la main vers lui.
- J't'apprends si tu m'apprends.
Sans un mot, Frédéric lui prend la main et l'aide à se relever. Il regarde son frère puis détourne les yeux mais d'un petit mouvement, timide, à peine visible, il hoche de la tête et Morgan saute de joie.

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MessageSujet: Re: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Dim 26 Aoû - 11:50

J'espère qu'on en aura d'autres !

En tout cas les deux textes sont vraiment chouettes.

Je peux dire qu'Ed a dû vous faire une sacrée pub pour le premier numéro qui réunit tout ce qu'il faut pour plaire au public. Drôle, avec du suspense, des rebondissements et une fin toute en subtilité. La participation de Narcisse était aussi une bonne trouvaille. Le tout subtilement saupoudré de magie, j'adore /o/

Le deuxième est plein de tendresse, même si vous êtes vraiment deux bourriques ! La complicité et la complémentarité des Lenoir sautent aux yeux et vous rend horriblement attachant. Vous êtes pas possibles !

En tout cas c'est très agréable de vous lire sur des petits bouts d'aventures. Je me demandais, vous écrivez chacun un texte ou vous les rédigez ensemble ?

Si vous n'avez jamais tenté d'écrire un récit à 2 je vous recommande d'essayer, ça pourrait vous plaire ! Il y a des tas d'outils pour ça, je vous en donnerai si ça vous tente.

J'attendrai avec impatience de découvrir d'autres de vos péripéties !

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MessageSujet: Re: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Mar 28 Aoû - 22:47

Merci Ed ! Tes retours détaillés sont toujours un plaisir, personnellement ça me donne matière à réflexion et pas mal d'éclaircissements, moi qui me demande toujours ce que les gens prennent de mes textes. Et en bonus c'est chouette de savoir qu'ils ont plu =D

Le premier texte est de Morgan (et oui, moi aussi je le trouve sacrément bien bidouillé!). Merci à Ashty d'avoir approuvé pour qu'on puisse publier le texte ici !
Le deuxième est de moi. Et je suis PAS une bourriqueuuuuuuh /pan Je suis très contente qu'il t'ai plu ^v^

Je pense qu'à moins qu'on ne précise "texte écrit en commun" au début, vous pourrez considérer que les textes dans cette section ont été écrits par celui qui les postera.

Vous aurez sûrement droit à des textes communs plus tard, donc Ed si tu as des outils pour écrire en commun à nous refiler, on est partants pour les tester avec grand enthousiasme !

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MessageSujet: Re: Les frères Lenoir préseeeentent...!   Dim 9 Sep - 17:28

Mais de rien Freddy. C'est un plaisir de découvrir aussi vos textes. J'avoue à chaque fois être surpris que vous l'écriviez chacun de votre côté. C'est sûr que vous n'êtes pas jumeaux pour rien !

Pour l'écriture en commun, vous avez Google Docs, mais ça oblige au moins l'un de vous deux à avoir un compte Google.
Sinon vous avez Framapad. La présentation est un peu plus rudimentaire. Vous pouvez créer un espace de texte dont la durée de vie va de 1 an à 1 jour et y inviter qui vous voulez avec le lien donné. Pas besoin de compte, il faut juste bien garder l'adresse de la zone de texte qui vous est dédiée.

Pour les deux supports, vous pouvez inviter autant d'écrivains que vous souhaitez ! Ensuite, il ne reste plus qu'à tapoter furieusement son clavier.

En bonus, si vous écrivez des bêtises (et vous en écrirez), vous pouvez les garder en « bêtisier » pour vos RPs !

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