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Neige

Cabaret du Lost Paradise - Forum RPG

Forum RPG fantastique - Au cœur de Paris, durant la fin du XIXe siècle, un cabaret est au centre de toutes les discussions. Lycanthropes, vampires, démons, gorgones… Des employés peu communs pour un public scandaleusement humain.

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 Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]

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MessageSujet: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Lun 22 Oct - 11:15

Après cette histoire de Nonnes, Snorri m'avait passé un savon, au grand plaisir d'Edward. Snorri c'est un chef auquel je tiens beaucoup. Lui faire de la peine est loin d'être ce que je veux. J'ai surtout envie de lui montrer que je peux être ce bras droit dont il pourrait être fier et que surtout je mérite de l'être. C'est loin d'être mon genre d'être sentimental. Mais Snorri est quelqu'un qui m'est très cher. Je ne répondais rien, et le laissait dire ce qu'il voulait durant ses réprimandes. Je voyais bien aussi qu'il avait été super inquiet. Il voulait comprendre. Alors je lui avais tout expliqué calmement. Il avait soupiré et m'avait demandé si je ne pouvais pas faire autrement que dire mes prédictions à voix haute. Je lui avais expliqué que je ne savais pas faire autrement et qu'écrire les choses aurait pu être encore pire que de les dire. Au moins les paroles peuvent être effacées par le cerveau, le temps tout ça. Un papier même si tu le déchires, l'encre ne s'efface pas. Elle reste là. C'est gravé dans le papier. Et puis qu'importe le moyen. On ne me croira jamais. Je lui disais le fond de mes pensées : les nonnes auraient pu y voir la voix divine, mais elles avaient préféré la voix du diable sous la terreur de voir l'une d'entre elles mourir. J'aurais pu être en haillons, laisser visible mes yeux vitreux, et sourire au ciel bêtement, elles m'auraient prises pour un fou atteint par la maladie du démon. Snorri savait que j'avais toujours eu une aversion contre les gens parce qu'ils ne voulaient jamais croire en ce que je disais. Et surtout que je prenais plaisir à leur donner les chocottes en les leur disant. Il me donna un papier avec une adresse dessus et me demanda d'y aller, sans faire d'arrêt et de parler à la personne qui y habite, soit disant qu'il était doué pour l'écoute et la compréhension. J'haussais un sourcil. Il savait que je ne voyais rien ? Je jetais son bout de papier et lui demanda l'adresse. Une église. Ben tiens. Comme si je n'avais pas eu ma dose. Mais il semblerait que le prêtre soit un de ses amis. Je compris où Snorri voulait en venir. Un prêtre sait écouter et juger des actes des gens..... J'y crois pas trop, mais faisons comme si pour cette fois ci.

Je quittais le cabaret. Tout seul. Une nouvelle fois. L'adresse bien notée dans ma tête. Aujourd'hui il était hors de question que je foute la pagaille. Je n'aime pas du tout quand Snorri est inquiet et paniqué. Mais je ne savais pas ce qui lui avait pris pour aller m’envoyer dans une église. Quelle ironie. Je soupirais. J’avais fini par ne pas du tout apprécier ce genre de lieu. Et puis qu’a-t-il de si particulier ce prêtre ? Il est un prêtre quoi ! Comme tous les autres. Les mains dans les poches, je marchais dans les rues en direction du lieu qu’il m’avait donné. Pas besoin de voir pour savoir où c’est. Snorri le sait. Je suis un aveugle presque incroyable tellement on ne peut vraiment pas remarquer que je le suis. Enfin bref. J’ai l’esprit occupé par ce rendez-vous bizarre. Qu’est-ce qu’un prêtre pouvait bien réussir à changer chez moi hein ? Devenir un ami de Dieu ? Mais je ne crois pas du tout en l’existence de ce mec. Et puis… Si c’est Dieu qui m’a donné ce don, alors je ne peux être que maudit comme tout le monde le pense. Je soupirais à nouveau. C’était incroyable. Je pariais que Snorri avait pensé à son ami, pas parce qu’il était prêtre, mais parce que… C’était son pote. Et qu’il devait l’écouter calmement aussi… Je ne sais pas. Et puis le nom de ce mec me dit quelque chose, mais sans plus. Et qui me dit qu’il va me supporter hein ? Si ça se trouve, il va me jeter.

J’arrivais à l’église. L’odeur d’encens, de cire, de bougies allumées caressèrent mes narines. Le son du l’orgue parvenait aussi à mes oreilles. Il y avait aussi cette légère odeur de vin. Je poussais la porte du lieu de culte et entra. J’entendais des pas. Il y avait des gens. Mais je supportais pas ce silence. Des pas passèrent pas loin de moi. J’arrêtais le passant et lui demanda :

« Vous ne sauriez pas où est Mr. Cartier ? »

On me répondit par la négative.

« Mais vous pouvez l’attendre ici, si vous voulez. J’ai entendu dire qu’il était au parc juste à côté. Vous pouvez donc tenter de voir s’il y est encore. »

Je remerciais l’inconnu et sortit de l’église. Je ne supportais pas ce silence royal. C’était trop perturbant pour mes sens. J’avais comme l’impression que je pouvais me perdre dans l’édifice et me prendre des murs aussi. J’allais donc trainer mes pieds dans le jardin public, sans vraiment avoir une très grande conviction. Pfft… Comment retrouver un prêtre quand on ne le voit pas ? Ca avait quelle odeur ? Quelle type de voix avait un prêtre ? Si je le touchais, j’allais sentir quoi ? Qu’est-ce que je pouvais avoir comme info de la part de mes sens actifs pour le différencier des autres ? J’étais vraiment perdu, parce que là, je ne sentais que les plantes… J’avançais encore, trainant les pieds sur les graviers. Allais-je le trouver ? Et puis une odeur d’encens fut de nouveau perçue par mon odorat. L’avais-je trouvé ? Je m’arrêtais, n’osant plus faire un pas. Comme si je voulais qu’il vienne de lui-même vers moi.

Je n’aime pas les lieux religieux. Ca a le don de me faire perdre tous mes repères. C’est stressant. Et ça m’énerve.


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Nathanaël Cartier
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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Mar 23 Oct - 4:43

Comme pratiquement tous les jours, Nathanaël avait passé toute la matinée à l'église, notamment pour écouter les confessions des paroissiens. Et en ce jour, rien de spécial à signaler. Des confessions banales, sans réelle gravité, même si, au moment où cette vieille dame s'était confiée à lui, le fait d'avoir enfermé son chat dans la cave de sa demeure sans le vouloir, était une véritable tragédie et un péché presque impardonnable ! Oui, parfois, les gens exagéraient et faisaient tout un fromage pour pas grand chose. Toutefois, le prêtre se devait de rester neutre et de traiter toutes les confessions de la même façon, quelle qu'en soit la gravité. Évidemment, le chemin vers la rédemption variait selon le péché commis. Mais nous n'allons pas entrer dans les détails. Sur les coups de midi, il était sorti pour déjeuner, son estomac criant famine depuis une bonne demi heure déjà. Pas facile d'être un vrai ventre sur pattes ! Il s'était donc rendu à l'auberge la plus proche pour prendre son repas. Il aimait s'y rendre car la nourriture y était vraiment excellente ! Et puis, il avait certains souvenirs là-bas...et un certain espoir à chaque fois qu'il franchissait le seuil de cette porte - un espoir qui, pourtant, n'avait pas lieu d'être !

Mais passons. Après avoir mangé, il fit un petit saut à la pâtisserie du coin pour s'acheter quelques gâteaux en guise de dessert. La gourmandise, quel cruel péché ! Mais un péché pleinement assumé par le jeune homme ! Presque tout le monde connaissait son amour invétéré pour ces choses sucrées. C'était même carrément une drogue pour lui ! Il ne pouvait tout simplement pas s'en passer ! Il lui fallait sa dose de sucre journalière, sinon il devenait vite très nerveux. Si, si. Bref, il avait pour coutume d'aller savourer son dessert dans le parc juste à côté de l'église, histoire de ne pas être trop loin si jamais on avait besoin de lui avant qu'il ne reprenne officiellement son service. Il s'installa sur un banc et ouvrit la petite boîte contenant une part de gâteau au chocolat et une part de tarte aux fraises. Il en salivait d'avance ! Il ne lui fallut pas bien longtemps pour avaler les deux parts qui, d'ailleurs, le rendirent très heureux. Parfois, il n'en fallait pas plus pour avoir le sourire aux lèvres !

Il se releva au bout de quelques minutes et alla jeter le carton dans la poubelle la plus proche. Il avait encore un peu de temps avant de devoir retourner à l'église, alors pourquoi ne pas en profiter pour se balader un peu ? Et puis, c'était bon pour la digestion ! Du moins, à ce que l'on disait.
Il n'avait fait que quelques pas avant d'apercevoir une silhouette qui ne lui était pas inconnue, un peu plus loin. Une tête blonde qui traînait souvent avec Snorri. Alors qu'il s'approchait, le peu de doute qu'il avait encore se dissipa peu à peu. Il s'agissait bien d'Henri, le bras droit de Snorri. Or, Snorri était un bon ami de Nathanaël, il était donc normal que ce dernier connaisse ce type, même s'il ne lui avait jamais parlé plus que ça. A vrai dire, il avait toujours ressenti quelque chose d'étrange en sa présence, quelque chose qui lui donnait des frissons. Mais sans doute n'était-ce là que son imagination. Quoiqu'il en soit, Henri avait l'air un peu perdu et ce fut donc tout naturellement que Nathanaël s'avança vers lui jusqu'à s'arrêter à quelques pas de lui.

"Bonjour ! Vous cherchez quelque chose ? Pardonnez mon indiscrétion, mais vous m'avez l'air un peu perdu..."

Et voilà. Ce sentiment de malaise refaisait son apparition, mais Nathanaël était bien décidé à en faire abstraction. Il observa un instant le blond face à lui. Il avait toujours eu du mal à croire qu'il était aveugle vu la façon dont il se déplaçait...et pourtant, il n'y avait pas de doute possible.
Le prêtre était loin de se douter qu'Henri le cherchait, en fait. Il allait être surpris ! Enfin...il espérait seulement que le blond n'allait pas lui faire l'un de ces sourires qui lui donnaient la chair de poule pratiquement à chaque fois... Il avait beau se dire qu'il se faisait des idées et qu'Henri ne devait pas être un mauvais bougre si Snorri lui faisait confiance, mais cette sensation étrange que quelque chose clochait refusait de le quitter. Et puis, les rumeurs qu'il avait entendues au sujet du jeune homme ne l'aidaient pas du tout à baisser sa garde.

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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Mer 24 Oct - 19:48

Nathanaël Cartier. Jamais je n’avais eu l’occasion de lui parler. A part lui dire « bonjour » et « au revoir, rentrez bien chez vous » Je ne disais rien d’autre. Je ne le reconnaissais que par le timbre de sa voix. Son odeur était trop commune à tous les hommes et femmes de sa profession, et Snorri m’avait toujours fait sentir sa réticence à ce que mes doigts effleurent les traits du visage de son ami. Il est vrai que ce geste fait que par un aveugle, embarrasse plus qu’il ne met à l’aise. Snorri aussi avant de savoir que j’étais aveugle, n’avait pas eu une très bonne impression de ce geste quand il m’avait rencontré la première fois. Mais moi j’avais envie de savoir ce que ce prêtre avait de particulier qui faisait d’ailleurs qu’il venait au cabaret. Comment un type aussi pieux, pouvait passer du temps dans le cœur même du péché ? Il y avait quelque chose là-dessous qui faisait que j’avais souvent envie d’en savoir plus sur ce monsieur. Jusqu’ici, comme avec tous les autres clients, je ne lui avait fait que donner les chocottes. Un sourire carnassier, et puis l’impression d’être regardé alors que je ne vois rien. Mais ça c’était au début. Et puis, je sais pas… Il fait partie de ces rares types que je voulais me mettre sous la dent. Alors au cabaret, ça passait par les mêmes comportements, mais là dans le lieu même du sacré où tous mes sens étaient brouillés, il n’y avait rien. J’étais juste perdu. Snorri le savait. C’est pour ça qu’il m’a envoyé dans l’église et pas fait venir son ami au cabaret. Je l’avais compris.

Dans le parc, je devais avoir l’air bête à ne plus bouger et juste m’amuser à titiller des fleurs d’un buisson qui se trouvait à ma hauteur. Je n’avais juste rien d’autre comme preuve de la présence de quelqu’un qu’une odeur d’encens, du sucré, du chocolat, du vin et de l’ostie. Comment savoir si c’était Nathanaël ? Je préférais ne pas me ridiculiser encore plus en allant voir un inconnu et lui dire « bonjour monsieur Cartier, je viens… parce que Snorri me l’a demandé... ». Je me pinçais discrètement la lèvre. Intérieurement je maudissais tous les lieux religieux de la terre. Et puis j’entendis des pas se rapprocher de moi. L’odeur d’encens vint narguer mon odorat. Et puis cette voix si connue de mes oreilles me fit comprendre de qui il s’agissait. Ma main d’ailleurs s’arrêta de titiller le pauvre buisson qui n’avait demandé qu’à être tranquille dans sa petite vie de plante verte.

« Bonjour ! Vous cherchez quelque chose ? Pardonnez mon indiscrétion, mais vous m’avez l’air un peu perdu »

J’eu un sourire fin en tournant mon visage, barré de ma mèche blonde. J’étais heureux d’avoir pu le trouver rapidement. Et puis je me rappelais de la raison de ma venue et là, je détournais le visage, croisant les bras.

« Je vous cherchais vous. Snorri m’envoie vous voir pour… » J’eu une grimace, parce que je n’avais franchement pas besoin de faire ça ! Nan mais en plus parler du fait que j’avais fait peur à des nonnes à un prêtre ! Mais il s’en fiche le gars ! Et puis j’avais pas besoin de nettoyer mon âme ! « … Parce qu’il veut que je vous raconte un truc sans intérêt qui m’est arrivé il y a quelques jours, et que selon lui vous êtes le seul qui pourrait comprendre. » Je demande à voir ! Quand il apprendra que j’peux dévoiler aux gens quand ils mourront, je ne crois pas qu’il me prendra au sérieux ! Et puis il aura peur comme tout le monde. Parce que tout le monde redoute le futur sauf moi. Je murmurais :

« Pfff… comme si vous pouviez vraiment comprendre quand les autres de votre espèce ne comprennent pas et ne comprendront jamais… »

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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Jeu 25 Oct - 4:09

C'était assez étrange de croiser quelqu'un du cabaret ici, en plein jour. Il y avait des lieux comme ça où on avait l'habitude de voir les mêmes personnes, mais uniquement en ces lieux précis. Du coup, oui, c'était même plus qu'étrange. Néanmoins, il ne fallait pas s'arrêter là-dessus et même si le blond avait toujours filé des frissons à Nathanaël, ce n'était pas pour autant qu'il allait faire comme s'il ne l'avait pas vu. Car au fond, il était quand même curieux de savoir ce qu'il faisait là et vu son air un peu perdu, il devait chercher quelque chose...ou quelqu'un !
Il s'approcha donc de lui pour le saluer et le questionner par la même occasion. Une seconde ! Il faisait quoi à ce pauvre buisson avant de se tourner vers lui ? Nath...tu délires, là ! Ce n'était qu'un buisson ! Toutefois, dès qu'il aperçut le sourire d'Henri, il eut la chair de poule. Quel était donc cette sensation ? C'était très dérangeant...et il se jura de découvrir ce qui se cachait derrière ! Un jour...

Et là, nouvelle surprise ! Henri lui annonça qu'il le cherchait, lui ! L'espace de quelques secondes, Nathanaël le fixa, les yeux écarquillés. Il avait l'air fin, ainsi ! Le blond enchaîna en lui disant que Snorri lui avait demandé de venir le voir pour lui parler de quelque chose. Mais si cette chose était vraiment sans intérêt, comme l'affirmait Henri, son ami ne lui aurait pas demandé de venir le voir. Il devait y avoir autre chose derrière tout ça...mais ce qui était sûr, c'était que le jeune homme n'était pas vraiment là de son plein gré. Cela fit légèrement sourire Nathanaël qui imaginait déjà Snorri faire la morale à Henri. Il pouvait se montrer très persuasif quand il s'y mettait, le bougre.
Tout de même...de quoi pouvait-il bien vouloir lui parler ? Lui seul était capable de comprendre, selon Snorri ? Cela devait avoir un rapport avec ses activités un peu particulières, dans ce cas. Toutefois, le blond ne semblait toujours pas convaincu.

Alors que le prêtre allait lui répondre, Henri se mit à murmurer des paroles plutôt déroutantes, même s'il ne comprit pas tout car il ne parlait pas bien fort. Pourquoi parlait-il d'espèce ? Nathanaël fronça les sourcils. C'était louche, tout ça. Mais pour l'heure, il allait déjà écouter ce que l'autre avait à lui dire...tout ça l'avait rendu bien curieux et quand il se mettait quelque chose en tête, il était quasiment impossible de le faire changer d'avis !

"Vous dites que c'est sans importance, mais je ne pense pas que Snorri vous aurait envoyé vers moi si c'était le cas. Pour le reste, laissez-moi donc juger par moi-même. Je peux comprendre beaucoup de choses, vous savez."

Il avait parlé sur un ton bienveillant, le ton avec lequel il s'adressait à tout le monde, en fait. Si quelque chose troublait Henri, il voulait vraiment l'aider à y voir plus clair - sans mauvais jeu de mots ! - et lui montrer, dans la mesure du possible, qu'il n'était pas seul.

"Allons donc nous asseoir, on sera mieux pour discuter."

Il hésita un moment, se demandant s'il devait tout simplement attraper le bras d'Henri pour le guider jusqu'au banc le plus proche, mais il laissa rapidement tomber cette idée. Il savait se débrouiller seul et il n'aurait donc aucun mal à repérer la direction que venait d'emprunter le brun. Il s'installa donc sur le banc et attendit qu'Henri ait fait de même.

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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Mer 9 Jan - 0:43

Je déteste vraiment les églises. Pourquoi y’a pas d’odeur ? Hein ? Et pourquoi y’a pas de bruit ? Et je faisais comment moi ? A part marcher comme un débile ou à rester droit comme un piquet je ne savais pas quoi faire d’autre. C’était donc ça la punition de Snorri ? Je la retiendrai pour le coup. M’envoyer voir son ami Cartier pour une histoire de nonnes… Tss… Comme si ça allait faire rire un prêtre ! Il était bête parfois. Mais bon. Autant lui faire confiance hein ? Après tout… Peut-être qu’il comprendrait. Ou pas. Non mais à part me dire que j’avais mal agis, que voulez-vous que le prêtre Cartier me dise ? Et me purifier de mon péché n’allait pas m’empêcher de recommencer. Je suis maudit. Il faut qu’il le sache ? Ah mais ce n’est surtout pas lui qui pourra me guérir de ce mal. La seule personne qui le pourra c’est la mort. Mais elle ne semble pas prête d’arriver celle-là. Parler à un prêtre… La bonne blague ! En plus c’était clairement un moyen de juste faire perdre du temps à Nathanaël. Au pire, ce n’est pas grave, vu que je m’interrogeais encore sur « à quoi ressemble un prêtre ? », j’en profiterai pour répondre à la question… Au risque de passer encore pour un mec fou. Bah ! Ca ne sera pas la première fois, et je commence à m’y faire. Et puis oui je suis fou, là ! Voilà. Y’a pas de mal à être fou ! Genre c’est mal… Pfff. Et puis j’ai jamais vu d’anges, alors dieu autant vous dire que pour moi il n’existe absolument pas. Pourtant on dit bien que les aveugles ont le pouvoir de voir au-delà de ce que voient les vivants. Et bah je vous le dis, moi ! Tous les papes ont pris trop d’opium par le passé ! Mais qui croira mes dire hein ? Tseuh. Finalement, Cassandre aurait mieux fait de dire oui à Apollon plutôt que de le fuir comme la peste.

J’étais donc là, dans le jardin. Nathanaël, fort heureusement, s’était approché de moi, tandis que je faisais passer le temps en dépouillant un buisson de son feuillage, branche par branche et feuille par feuille. Je sais bien qu’il ne m’a rien fait le buisson, mais il fallait qu’il s’y fasse ! Je n’étais pas bien. Perdu même ! Brouillé par mes propres sensations ! Et ça m’énervait. Enormément. Alors je faisais passer mon agacement sur lui. C’était le hasard. Et le hasard était un vilain. Qui avait décidé que ça tomberait sur lui et pas son voisin. J’étais vraiment ravi d’entendre enfin la voix de la personne que je cherchais que je n’avais pu m’empêcher de lui sourire... A ma façon. J’avais même enfin laissé tranquille le pauvre petit buisson en rangeant ma main dans ma poche. Il m’avait demandé ce que je faisais là et moi je lui fis comprendre qu’en fait je ne comprenais pas vraiment pourquoi Snorri avait voulu que j’aille le voir pour lui parler d’un truc inutile que de toute façon personne ne pourrait comprendre et que j’étais vraiment certain que même LUI le prêtre soit disant intelligent ne pourrait pas comprendre. Bah quoi ? Il n’était pas humain par hasard ? Un humain ne pouvait qu’avoir peur du futur ! Alors lui faire comprendre que, moi, en annonçant la mort d’une nonne, n’avait fait que le travail d’une cassandre des temps modernes… Autant attendre que les poules aient des dents tiens !

Pourtant le prêtre ne sembla pas du tout de mon avis :

"Vous dites que c'est sans importance, mais je ne pense pas que Snorri vous aurait envoyé vers moi si c'était le cas. Pour le reste, laissez-moi donc juger par moi-même. Je peux comprendre beaucoup de choses, vous savez."

Ben voyons ! Il ne se vantait pas un peu là ? Bon… Admettons qu’il soit capable de comprendre… je fis quand même une moue sceptique. Mah ! Mah ! Je ne perdrais rien ! Et puis ce n’est pas comme si je n’avais pas du tout l’habitude de faire peur non plus ! Il m’invita à aller m’assoir avec lui sur le banc pour mieux en parler. Et je le sentis s’éloigner. Soudainement j’eu peur de paumer sa trace. De ne plus savoir où il est. De ne pas savoir où se trouve le banc et surtout de finir la tête dans les plantations. Je déteste cet endroit. Ca a le don de me rendre si faible. Si démuni. Ronchonnant contre moi-même, j’attrapais sa manche, l’air de rien et me laissais guider jusqu’au banc. Si ce geste l’avait surpris, je peux vous assurer que… Je m’en fichais ! Tout ce que je voulais c’était ne pas finir les fesses dans les roses !

Finalement je m’asseyais à côté de lui sur le banc et y pris toute mon aise. Je poussais un soupire et pris la parole :

« Bah ! Puisqu’il faut que je raconte ce qui n’est pas important, autant le faire ! Mais ne vous plaignez pas si ça vous donne des frissons ! » Nouvelle moue. « Hier j’ai pris le risque de sortir me balader du côté du sacré cœur. Il y avait une messe. Une messe de bonne sœur. J’aime pas les messes alors je ne suis pas entré. En plus je n’aime pas les églises non plus. Mais là-haut l’air est si frais, que j’aime bien m’y rendre parfois. Bref. Toujours est-il que… » Non mais en fait je faisais une grosse gaffe ! Dire à un humain que je lisais l’avenir ??? Mais j’avais bu trop de vin rouge ou quoi ? «… Nan mais vous ne me croirez pas de toute façon ! » Je croisais les bras, et eut un air agacé. « Tsch.. comme si j’allais dire mon secret comme ça ! Pff ! Tout ce que vous avez à savoir c’est que j’ai fait peur à une nonne quand elle est sortie en lui disant qu’elle allait mourir et comment elle allait mourir. J’y peux rien, je suis maudit, depuis ma naissance je dis des trucs pareils… voilà. »

Bête ? Moi ? Non. Je n’avais pas envie de lui dire que j’étais une cassandre masculine ! Question de principe. Imaginez sa tête aussi ! Moi je ne pouvais pas la voir, mais j’imaginais bien ! Il ne me prendra pas pour un fou mais pour un malade mental ! Qui croirait à une histoire pareille ! Hein ? Sûrement pas un prêtre !

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Nathanaël Cartier
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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Dim 3 Fév - 14:39

Nathanaël ne savait pas vraiment quoi penser de cet étrange personnage que Snorri avait envoyé vers lui. Il ignorait d'ailleurs encore qu'il était aveugle, mais nul doute qu'il ne tarderait pas à le découvrir. Bref, manifestement, le blond n'avait aucune envie d'être là ni aucune envie de se confier à lui, alors, le brun tenta de l'inciter à parler en lui assurant qu'il pouvait comprendre beaucoup de choses. Et c'était vrai. Il n'était pas un prêtre comme les autres, après tout. Il était au courant de choses dont le commun des mortels ignorait l'existence et il avait été témoin de certains événements qu'il aurait préféré oublier...Mais c'était aussi ça qui lui permettait de comprendre plus de choses que les autres et de croire des paroles qui pouvaient sembler totalement insensées aux yeux de quelqu'un d'autre.
Bref, il proposa d'aller s'asseoir car c'était quand même plus pratique pour discuter ! Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il sentit le blond attraper sa manche et ne la lâcher que quand ils arrivèrent au banc.

Nathanaël l'observa alors attentivement et se rendit compte qu'il devait avoir un problème de vue. Mais il ne portait pas de lunettes, cela voulait-il dire que...? Il ne dit rien pour l'instant et laissa son interlocuteur se confier à lui, malgré ses réserves. Car il était évident qu'il ne lui disait pas tout. Il avait mentionné un secret...chose qu'il n'aurait jamais dû faire car le prêtre était quelqu'un de très curieux ! Néanmoins, il n'était pas non plus du genre à forcer les autres à dire quelque chose qu'ils voulaient garder pour eux. Certaines choses demandaient un certain degré de confiance pour êtres dites. Or, ni l'un ni l'autre ne se connaissaient.
Le brun l'écouta attentivement, mais jamais il ne se serait attendu à ce qui allait suivre. Cet étrange personnage avait prédit la mort d'une nonne ? Car comment appeler ça autrement ? Avait-il le don de voir l'avenir ? Certains n'y croyaient pas du tout, mais le jeune homme, lui, n'excluait pas la possibilité que certains étaient dotés de ce genre de...pouvoir. Il aurait pu croire à une mauvaise blague de la part de son interlocuteur, mais dans ce cas, il ne serait pas venu le voir...Snorri ne lui aurait pas demandé de lui en parler.

"Je vous avouerai que c'est la première fois que l'on me parle d'une chose pareille. Mais je ne vois pas pourquoi vous me mentiriez...Est-ce que...cela vous arrive souvent ?"

Il était curieux, très curieux même. C'était peut-être idiot de prêter une telle attention à ces dires alors qu'il n'avait aucune certitude de leur véracité, mais bizarrement, il avait envie d'y croire. Ne disait-on pas que certains prophètes avaient été capables de voir l'avenir ? Et quand on remontait encore plus loin, il y avaient plusieurs exemples de la sorte dans la mythologie...Nathanaël la connaissait un peu et ne put s'empêcher de penser à une certaine Cassandre...étrange coïncidence, non ?

"Qu'avez-vous vu au juste ? Si ce que vous dites est vrai...peut-être y a-t-il un moyen de sauver cette nonne ?"

Qu'il était naïf. Lutter contre le destin lui-même...néanmoins, il ne reculait jamais devant une épreuve, quelle qu'elle soit, surtout si cela permettait de sauver des vies. Il leva un instant les yeux vers le ciel et se tut. A vrai dire, il ne savait toujours pas quoi penser de tout ça, mais il ne devait rien laisser au hasard. Il était même persuadé que Dieu avait mis cet homme un peu étrange sur son chemin. Et Dieu ne faisait jamais rien sans raison valable. Et puis, au bout de plusieurs minutes, il se tourna vers le blond, un petit sourire aux lèvres.

"Quel est votre nom ?"

Ou comment passer du coq à l'âne ! Néanmoins, il voulait vraiment savoir à qui il avait affaire, alors commencer par connaître son nom serait un début !
Et puis, il enchaîna en prononçant des mots sur un ton très naturel, alors que la plupart des gens auraient probablement pensé qu'il était un peu fou, voire illuminé...

"Je pense que Dieu vous a guidé vers moi. J'ignore encore quel est mon rôle dans tout ça, mais il n'agit jamais sans bonne raison. Peut-être même est-ce lui qui vous a prévenu de ce qui allait arriver à cette pauvre femme..."

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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Jeu 14 Fév - 12:02

"Je vous avouerai que c'est la première fois que l'on me parle d'une chose pareille. Mais je ne vois pas pourquoi vous me mentiriez...Est-ce que...cela vous arrive souvent ?"

Et moi qui m’attendais à une réaction autre que celle-là… Le prêtre me laissa presque sans voix. Il y croyait ? Mais… Comment LUI pouvait croire à… Euh ouais, en fait, peut-être qu’il en est capable vu qu’il croit en un type qui n’existe même pas. Mais devais-je vraiment lui dévoiler mon secret ? Même si Snorri avait confiance en lui, je n’avais pas envie que ce gars aille crier partout sur les toits qu’il avait rencontré un homme doté du don de voyance. Sauf qu’il devait croire que je prédisais les avenirs heureux. Sauf que je prédis les avenirs malheureux. C’est comme ça. Je croisais les bras, me renforgna, et hésita tout simplement à dire ce que je cachais si bien à tout le monde. Mais je le sentais curieux maintenant… D’ailleurs, voilà qu’il me demandait plus de détails :

"Qu'avez-vous vu au juste ? Si ce que vous dites est vrai...peut-être y a-t-il un moyen de sauver cette nonne ?"

La sauver ? J’eu un sourire sardonique. Elle est déjà morte mon gars ! Et c’est toujours comme ça. J’ai la sale manie de dire quand les gens vont mourir, 30 minutes avant que celle-ci n’arrive. C’est… pas ma faute ? Juste… Un peu… Je poussais un soupir.

« Cela m’arrive régulièrement, voire même quotidiennement. Et je ne prédis pas le bonheur des gens voyez-vous. » Zut j’avais employé le verbe fatidique, qui dévoilait tout… Tant pis. Je l’aurais dit sans l’avoir dit, ce petit secret que je tenais caché. « Quand je prédis la mort de quelqu’un il est souvent bien trop tard pour faire quoi que ce soit. Vous pourriez simplement la reculer de… Quelques heures ou quelques minutes… »

C'était donc trop tard pour la sauver mon cher. Il allait falloir s'y faire, la vie n'est pas une partie de plaisir. Elle est un jeu, mais un jeu dangereux, où l'homme n'a aucune emprise sur son destin. Il peut le connaître, mais il ne pourra en échapper.

"Quel est votre nom ?" Il est vraiment trop curieux. A quoi cela pourrait lui servir ? M’enfin, autant satisfaire sa curiosité non ? « Henri Toglione. » Au moins maintenant, il ne viendra plus au cabaret sans me connaître. Dans le fond, peut être que Snorri a raison : ce prêtre n’est pas comme les autres. Il n’a pas crié que c’était impossible, que j’étais un fou ou autre chose du même genre. Fou ? C’était sûr ! J’avais perdu ma raison depuis très longtemps déjà. Et puis je ne suis pas humain non plus. Je peux vous dire, que c’est bien pour ne pas blesser Snorri que je me retiens de faire des bêtises ou de faire mon sauvage partout où je vais.

"Je pense que Dieu vous a guidé vers moi. J'ignore encore quel est mon rôle dans tout ça, mais il n'agit jamais sans bonne raison. Peut-être même est-ce lui qui vous a prévenu de ce qui allait arriver à cette pauvre femme..."

Il est surprenant, mais… comique aussi. Et très sérieusement, ce qu’il venait de dire me fit rire à gorge déployée. Dieu qui m’avait envoyé vers lui ? « Monsieur Cartier… C’est Snorri qui m’a guidé vers vous… » Je me calmais. Navré, cher prêtre, mais pour moi Dieu n’est pas. Je me calmais tout de même histoire de ne pas le blesser d’avantage. « Par contre, je reconnais que vous me surprenez bien plus que je ne l’avais prévu. Dire que ce que je vois c’est grâce à votre Dieu… Vous n’êtes décidément pas comme les autres. »

Non. Car pour les autres, c’était le diable qui parlait quand j’ouvrais la bouche. Pour tout le monde c’était un démon qui vivait en moi et qui m’avait donné ce don. J’étais donc forcément une créature du mal. Je me redressais et me pencha vers le prêtre, un sourire fin sur mon visage.

« Monsieur Cartier… Dites-moi franchement… N’avez-vous jamais eu peur que l’on vous annonce votre avenir ? Votre fin prochaine ? Parce que tout être humain normalement constitué en a horreur, et il suffit qu’on leur en fasse la confidence pour qu’il vous chasse en vous traitant de démon. »

La mort a toujours fait peur. Le futur et l’avenir ont toujours été appréhendé. Mélangez les deux et vous avez un coktail suffisamment explosif pour que l’on soit mal vu. Sauf que pour moi, c’est un jeu. Oui un jeu. Je ne suis pas né pour être doux, tendre ou autre. Je suis né monstre. Avec un don incroyable certes. Mais cela n’allait pas changer ma nature. Et faire peur m’amuse plus qu’autre chose.
Nathanaël Cartier
† Prêtre Gourmand †
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Localisation : Au cabaret ou dans une sombre ruelle, sans doute. Ou peut-être à l'église, à vous de me trouver !

MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Dim 17 Fév - 14:33

Quelle rencontre surprenante. C'était le moins que l'on pût dire. C'était bien la première fois que Nathanaël se retrouvait face à une personne telle que ce blond, quelqu'un qui affirmait pouvoir voir l'avenir. Et d'après ce qu'il avait compris, ce n'était pas un avenir joyeux qu'il prédisait. Henri parut surpris par la réaction du prêtre qui croyait en ses paroles. Nul doute qu'il devait le plus souvent rencontrer des gens qui le traitaient de fou ou qui pensaient qu'il délirait, tout simplement. Mais Nathanaël avait déjà été témoin de pas mal de choses et, finalement, ce que lui avait confié le blond n'était pas si surprenant que ça, bien qu'inédit en ce qui concernait le brun. Et il avait envie d'en savoir plus. Il était curieux et en même temps, il avait une certaine appréhension car son interlocuteur ne prédisait apparemment que la mort des gens, une mort inévitable. Ainsi, cette pauvre nonne était déjà morte... Nathanaël se sentit attristé par cette nouvelle et prit un instant pour adresser une prière silencieuse à cette pauvre âme en espérant qu'à présent, elle était heureuse aux côtés du Seigneur.

"Paix à son âme..."

Il ne put s'empêcher de rajouter ça à haute voix, avant d'enchaîner.

"Cela doit être très dur...Voir la mort de quelqu'un en sachant que vous ne pouvez rien faire pour le sauver... Comment faites-vous pour tenir le coup ?"

Il y avait tout de même quelque chose qu'il ne comprenait pas. Si tout ça était bel et bien vrai, pourquoi Dieu aurait-il donné ce don à Henri alors qu'il ne pouvait absolument rien faire pour changer le cours du destin ? C'était même plutôt horrible ! Nathanaël refusait de croire que Dieu était capable d'une chose pareille. Peut-être qu'Henri n'avait pas encore trouvé la solution...ou peut-être n'était-ce pas le fait de Dieu, finalement...Le prêtre secoua la tête. Non, il ne devait pas envisager le pire. Le pire ? Que les visions d'Henri étaient l’œuvre de Satan et non de Dieu...
Le rire du blond le tira de ses pensées. Qu'y avait-il de si drôle ? Il s'apprêtait à le lui demander lorsqu'Henri prit la parole pour lui dire que Snorri l'avait envoyé vers lui. L'espace d'un instant, le brun ne sut quoi dire. Son ami avait demandé à Henri de venir le voir ? Pourquoi ? Croyait-il qu'il pouvait l'aider ? A cet instant, il n'était pas vraiment sûr de pouvoir le faire, même s'il essaierait tout pour, évidemment.

"En effet, je ne suis pas comme les autres. Vous seriez surpris..."

Cependant, il n'allait très certainement pas raconter à Henri ce qu'il faisait presque toutes les nuits et qu'il était loin d'être un simple homme d’Église.
Et puis, Henri lui posa une question à laquelle il ne s'était pas du tout attendu. S'il avait peur qu'on prédise sa mort ? Nathanaël n'eut même pas à réfléchir. La réponse allait de soi.

"Je n'ai pas peur de la mort. Si Dieu décide de m'appeler à ses côtés un jour, qu'il en soit ainsi. Bien sûr, j'espère qu'il ne le fera pas avant longtemps car j'ai encore beaucoup de choses à accomplir en ce monde, mais... je n'ai pas peur. J'y suis préparé depuis ma plus tendre enfance."

Cela pouvait paraître surprenant, mais c'était la vérité. Le prêtre exorciste qui l'avait élevé et qui lui avait enseigné tout son savoir l'avait également préparé aux risques de ce "métier" hors du commun. Il savait qu'il pouvait mourir à tout moment, tué par une créature, et il s'y était préparé. La mort faisait partie intégrante de sa vie, elle planait sur lui telle une épée de Damoclès qui s'abattrait sur lui un jour.
Il sortit de ses pensées et se tourna de nouveau vers Henri, posant une main qui se voulait rassurante sur son avant-bras.

"Ne vous en faites pas. Je vais vous aider. J'ignore encore comment, mais...je vais tout faire pour vous alléger de ce fardeau..."

Qu'il était naïf...mais ça, ce n'était pas nouveau. Il chercha le regard du blond, mais ne le trouva pas sous cette tignasse blonde. Et puis, maintenant qu'il faisait un peu plus attention, il avait l'impression qu'Henri ne le voyait pas. L'évidence le frappa soudain comme un coup de tonnerre.

"Vous...Vous êtes aveugle ?"

Pour ce qui est de la délicatesse, repassez plus tard...

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MessageSujet: Re: Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]   Mer 24 Avr - 13:19

"Paix à son âme..."

Sacré prêtre. Je me contentais d’un fin sourire en l’entendant dire ces mots. Il n’est pas comme les autres, mais il reste un prêtre et prier pour une nonne morte, venant de sa part cela ne m’étonnais pas mais suffisait juste à m’amuser. Comment des gens pouvaient croire à quelque chose qui n’existe pas ? Je me contentais de penser que Nathanaël était l’être le plus crédule de tous les temps. Et je vais vous faire une confidence. Cette conversation était bien la première que je trouvais vraiment saugrenue et peu commune. En général, j’arrive à foutre la chair de poule à mon interlocuteur. Mais j’ai la vague impression que la crédulité excessive de Nathanaël le protégeait d’une certaine manière à ce genre de chose. J’étais bien servit dis donc. Mais il n’allait pas pouvoir m’attendrir. J’étais déjà bien trop maudit pour devenir au bout de quelques heures un être dépourvu de toute malhonnêteté.

"Cela doit être très dur...Voir la mort de quelqu'un en sachant que vous ne pouvez rien faire pour le sauver... Comment faites-vous pour tenir le coup ?" De nouveau j’eus un sourire fin. « Il est certain que pour un être mortel de votre espèce ce serait quelque chose de bien insupportable, d’autant que j’ai vu tous les types de morts possible. De la plus naturelle à la plus… Cruelle. Mais voyez-vous, avec le temps, on s’y habitue. » J’en avais assez d’être assis sur ce banc. Je me levais tout en continuant mon discours. « Je vais vous faire une confidence. Vous êtes un prêtre donc je sais que vous n’irez pas divulguer tout ce que je vais vous dire ici, à moins que l’on vous fasse boire une boisson pour vous faire parler. Je vois ce genre de chose depuis que je suis enfant. Bien entendu qu’à cet âge, je pensais que ce n’était que des cauchemards. Mais quand vous remarquez que ces soit disant cauchemars sont vrais et que vous perdez dans le même temps tout le soutien d’une famille et que vous finissez rejeté par celle-ci et par l’ensemble de la population parce que l’on vous prend pour un démon, sachez qu’au final, vous jouez de cette faculté. Vous vous en amusez, et vous vous en servez aussi à bon escient bien entendu. » Mon sourire devint légèrement machiavélique. « Je ne suis pas né pour sauver les gens grâce à mes prédictions. J’en ai pris conscience très tôt, quand j’ai remarqué que les êtres humains préféraient penser que ce n’était que des histoires ou de mauvaises blagues. Et surtout quand j’ai tenté de sauver la première victime. » Je restais debout face à Nathanaël. Je ne pouvais pas percevoir ses réactions mais il suffisait que j’écoute un peu sa respiration et autre éléments de ce type perceptible par mes sens pour en avoir connaissance. L’avais - je choqué ? Ou bien avais-je de nouveau fait naître chez lui une forme de pitié inutile ?

Le prêtre me surprenait et je ne manquais pas de lui faire savoir ce détail. "En effet, je ne suis pas comme les autres. Vous seriez surpris..." Surpris, je l’étais déjà. « Je le sens bien que vous ne l’êtes pas. Et vous me surprenez déjà. D’autant que réussir à me faire dire tout ceci, n’est vraiment pas commun. Même Snorri n’en sait rien. Et puis que vous le sachiez ou non, cela ne changera absolument rien. » Il était tellement surprenan que je n’avais pas pu m’empêcher de lui demander s’il était comme tout les autres : effrayé de sa fin prochaine. "Je n'ai pas peur de la mort. Si Dieu décide de m'appeler à ses côtés un jour, qu'il en soit ainsi. Bien sûr, j'espère qu'il ne le fera pas avant longtemps car j'ai encore beaucoup de choses à accomplir en ce monde, mais... je n'ai pas peur. J'y suis préparé depuis ma plus tendre enfance." Comment pouvait-il être aussi assuré de ne pas en avoir peur ? Du coup, cela me tentait d’être le premier à savoir comment il allait mourir. J’étais curieux. Curieux non pas de comment il mourra mais curieux vis-à-vis de sa réaction quand il l’apprendra et quand il sera face à la mort elle-même. Il dit y être préparé. Mais moi, je n’y voyais que des balivernes. Je me rassis à ses côtés, me contentant d’hocher la tête.

Et puis soudainement sa main alla sur mon avant bras et il me dit de nouveau des paroles bien surprenantes : "Ne vous en faites pas. Je vais vous aider. J'ignore encore comment, mais...je vais tout faire pour vous alléger de ce fardeau..." Je me remis à rire. Me sauver ? M’aider ? M’alléger de ce fardeau ? Mais de quel fardeau parlait-il ? Celui de voir l’avenir mortel des hommes ? Non c’était juste comique à nouveau. Je me calmais et tourna ma tête vers lui , retirant avec politesse sa main de mon bras. « Monsieur Cartier. Je vais de nouveau vous faire une confidence. Quand bien même vous trouverez la solution, le seul moyen de retirer la malédiction est de me tuer. Mais voyez-vous, je l’aime bien cette malédiction. Au moins je ne m’ennuie pas. Au contraire je m’amuse dans ce bas monde en propageant mes prédictions à droite et à gauche, quitte à finir dans un poste de police pour avoir été fauteur de trouble. Monsieur Cartier, vous n’avez pas face à vous une âme qui a une chance infime d’être sauvée. Vous avez devant vous un individu qui s’amuse de voir la mort des hommes. »

Au moins, si je lui foutais la chair de poule, là, tout de suite, j’avais réussi ma journée ! Et puis soyons honnête. Je n’ai pas à être sauvé. Je suis né comme ça, je le resterai un point c’est tout. Et je n’ai pas besoin de l’amour des autres pour vivre. J’ai grandi sans eux, je vivrai sans eux et je mourrai sans eux.
Je sentis un malaise s’installer, tandis que je lui montrais toujours mon visage à demi caché par ma frange bien épaisse. "Vous...Vous êtes aveugle ?" mon sourire s’élargit un peu. Il avait bien vu. Mais il lui en avait fallu du temps : « En effet. Depuis ma naissance. » Je soulevais ma frange. « J’ai les yeux voilés à la réalité mais c’est ainsi que je vois ce que vous ne verrez jamais dans votre vie.»

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Os iusti meditabitur sapientiam et lingua eius loquetur iudicium [FT. NATHANAEL]

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